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Commerce de l'Inde. Danger d'une liberté trop indéfinie.
Paris, P. F. Didot, 1790. In-4 de 4 pp.; broché, sans couverture.
Plaidoyer pour la ville de Lorient, où se trouvait le siège de la Compagnie des Indes, alors que la ville craignait de perdre le privilège d'être le seul port autorisé pour le commerce avec l'Inde. Bon exemplaire. Roquincourt, 3487.
Requête au roi.
Paris, P. Fr. Didot le jeune, 1790. In-4 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).
Requête des habitants de Pondichéry qui protestaient contre le retrait de la garnison qui assurait la défense de la ville. Bon exemplaire. Mouillure claire dans la marge inférieure. Roquincourt, 4392.
Essais de poésie védique.
Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).
Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.
Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.
Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.
Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.
Brouillon d’une lettre à «Monseigneur».
A l’isle de France, 15 mai 1785. 4 pp. in-folio (32,3 x 20,5 cm), avec corrections autographes ; sur une feuille double.
La fin de la campagne de l’Inde. En 1782, une division navale fut envoyée en Inde pour renforcer l’escadre du bailli de Suffren qui s’y trouvait depuis l’année précédente. Ces renforts, commandés par le comte de Peynier, arrivèrent sur place au début de 1783. En juin de la même année, Peynier participa à la bataille de Gondelour, puis succéda à Suffren en 1784 au moment où celui-ci fut rappelé en France. Lui-même quitta Pondichéry l’année suivante et arriva à l’île de France (Maurice) le 2 mai 1785: «J’étois parti de Pondichéry le 19 mars, avec 240 hommes du régiment d’Austrasie […]. J’ai trouvé à mon arrivée le vaisseau l’Annibal que j’avois expédié le 6 mars de Pondichéry avec 200 hommes du régiment d’Austrasie […]. On m’a remis à mon arrivée les paquets que vous m’avez adressé par la frégate la Subtile commandée par M. La Croix de Castries. Cette frégate étoit partie le 3 avril pour Pondichéry, elle y a passé M. le vicomte de Souillac qui m’a laissé en partant les dispositions qu’il avoit fait pour faire passer le régiment de Bourbon dans l’Inde sur le vaisseau le Brillant et la flûte l’Osterlaÿ: pour remplir leur mission, j’ai accéléré les travaux que l’on faisoit à ses vaisseaux, ils ne seront prêts à partir qu’à la fin du mois. Je ferai travailler ensuite au radoub et à la carène indispensable, de l’Argonaute, de l’Annibal, et de la frégate la Surveillante. Le peu d’ouvriers qu’il ÿ a dans le port rendra les ouvrages à faire très longs; je ne négligerai rien pour remplir le plus tôt possible les ordres que vous me donnez pour mon retour en Europe; je prévois que les radoubs à faire ne me permettront pas de partir avant le mois de septembre prochain. M. de Souillac me propose dans sa lettre de ne laisser qu’un vaisseau avec les frégates et corvettes, et de ramener les trois autres qui seront suffisants pour passer le régiment d’Austrasie. Je suivrai ses avis…». La suite concerne sa promotion au grade de chef d’escadre, ainsi que les promotions et distinctions à accorder aux officiers qui ont rendu d’importants services lors de la campagne de l’Inde: «M. Daugas enseigne très ancien qui doit être lieutenant mérite la croix de St Louis. M. de Saint-Laurent enseigne a rempli la place de major et officier chargé du détail général de l’escadre. Depuis mon départ d’Europe il s’en est acquitté avec valeur, zèle et la plus grande intelligence, il a des connaissances bien au-dessus du commun […], je vous demande le grade de lieutenant et la croix de St Louis pour lui et je vous assure qu’il mérite vos bontés…». Le destinataire de cette lettre, Charles Eugène de La Croix, marquis de Castres (1727-1801), avait remplacé Sartine en 1780 au secrétariat d’Etat à la Marine. Il poussa activement les opérations navales en Amérique et dans l’océan Indien, mit en place de grands travaux dans les ports et rationalisa les constructions navales. Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Copie de la lettre de M. le Cher de Peinier à M. le marquis de Bussy.
Goa, 19 janvier 1784. 3 pp. in-folio (43 x 27,4 cm) sur une feuille double, pliée.
L’approvisionnement des comptoirs français en Inde. Officier de marine, Peynier relate son passage dans différents ports (Colombo, Galles, Cochin, Mahé, Goa) afin d’y acheter des denrées destinées aux comptoirs français de la côte de Coromandel, ainsi qu’aux vaisseaux de son escadre. Il est essentiellement question de blé, de riz, d’animaux (bœufs, cochons) et de salaisons. Peynier mentionne les négociants qui servent d’intermédiaires, les quantités achetées ou disponibles, les règlements par lettres de change ainsi que les monnaies utilisées, leur valeur variant d’une ville à l’autre. Il évoque aussi l’état sanitaire des marins dont certains sont soignés à terre. Extraits : « A Colombo ou à Galles, il y a cinq cents milliers de riz dont une grande partie a été reçue par la Compagnie […]. A Galles il y a de 4 à 5 cents milliers de bled, que je voudrais faire passer à la côte de Coromandel et que je crains fort de ne pas pouvoir prendre dans nos vaisseaux, il y a également un peu de biscuit avarié. A Cochin il y avait cent bœufs et mille cochons au Roy, les vaisseaux en ont pris pour leur journalier et rafraîchissements pendant le temps que j’y ai resté et y en reprendront à mon retour. J’ai passé 24 heures à Mahé où j’ai vu M. de Cossigni […]. Vous avez dû recevoir de ses nouvelles par des officiers qu’il vous a envoyés, il y a très longtemps qu’il n’en a reçu de vous. De Mahé je suis venu à Goa où j’ai mouillé le premier janvier et où nous nous sommes tous réunis… » (p. 1). « J’ai trouvé à Goa 118 316 L. de bled que j’ai fait embarquer dans les vaisseaux. M. le gouverneur en a pris 50 000 L. qu’il me rendra à mon retour de Surate […]. Toutes ces provisions provenant des approvisionnements faits par feu M. de Beaubrun et non de celles que je devais trouver ici pour l’entière exécution du contrat passé à Colombo par M. Louis Monneron avec M. de Riboira - que vous me marquez devoir être de 1 000 000 L. de bled, 115 000 L. de bœuf salé et de 40 000 L. de cochon salé […]. En arrivant ici j’y ai trouvé une quarantaine d’hommes qui y sont entretenus par le Roy depuis près de 6 mois […]. J’ai embarqué tous les biens portants dans les vaisseaux. J’ai été obligé de mettre plusieurs malades à terre, il y en a actuellement environ 60 presque tous scorbutiques et plaies graves… » (p. 2). Né à Aix-en-Provence, Louis-Antoine de Thomassin de Peynier (1731-1809) appartenait à une importante famille de la noblesse provençale. Entré dans l'armée à 14 ans, il fut nommé lieutenant en 1747, puis passa dans la marine. Devenu capitaine de vaisseau, il participa à la guerre d'indépendance américaine avant d’effectuer, de 1782 à 1785, une longue campagne dans les mers de l'Inde. En 1789-1790, il fut gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il était le fils de Louis de Thomassin, marquis de Peynier (1705-1794), intendant de la Guadeloupe en 1763, puis intendant de la Martinique de 1765 à 1771. Son correspondant, Charles-Joseph de Bussy-Castelnau (vers 1720 - 1785) était à l’époque gouverneur des Etablissements français en Inde. Il avait effectué l’essentiel de sa carrière militaire dans ce pays, travaillant successivement avec La Bourdonnais, Dupleix et Lally-Tollendal, puis avec le bailli de Suffren qui venait de quitter l’Inde à la fin de 1783. Document bien conservé, sauf quelques petites déchirures sans gravité.
Copie d’une lettre à lui adressée.
S.l., 6 avril 1785. 1 p. in-4 (24 x 19,1 cm); sur une feuille double.
Projet d’un établissement français aux îles Andaman. Les îles Andaman sont situées dans l’océan Indien, entre l’Inde et la péninsule Malaise, à environ 280 km au sud-sud-ouest des côtes birmanes. Un navigateur attire ici l’attention du célèbre chef d’escadre au sujet de leur intérêt pour la marine française: «J’ai eu l’honneur de vous annoncer par ma lettre du 28 janvier dernier la vue de la grande Andaman […]. Le Sr Le Roy, pilote du Gange, reçut de moi ordre d’y passer à son retour de Visigapatnam […]. Cette terre paraît telle qu’elle est dans le plan; il n’a vu aucun habitant mais seulement de la fumée à terre. S’il est vrai qu’il puisse y avoir des ports, cette position seroit bien plus heureuse que celle du Pégou même, soit pour attaquer le Bengale dans la belle saison ou pour opérer à la côte de Coromandel et d’Oricha […]. Quel que soit le parti que prend le ministre à ce sujet, il est de la plus grande importance que le secret en soit gardé; car les Anglais ne manqueront pas de s’y établir s’ils se doutent du projet…». Finalement, le projet ne fut pas réalisé et les îles Andaman furent achetées en 1789 à la couronne danoise par le gouvernement britannique, ce dernier étant à la recherche d’un lieu de déportation pour les prisonniers politiques et de droit commun. Occupées par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, elles furent rattachées à l’Inde en 1947. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier. Mouillures dans la partie supérieure.
Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.
Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.
Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.
Mémoire lu à l'Assemblée Nationale en faveur des colonies françoises aux Indes.
Paris, Prault, 1790. In-4 de (1) f., 36-(4) pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).
Mémoire lu à l'Assemblée Nationale le 25 octobre 1790 dans lequel son auteur demande l'autorisation, pour la ville de Pondichéry, d'achever la construction de ses fortifications et d'entrenir une garnison. En contrepartie, la ville assumerait une partie des frais et le reste pourra être compensé par les avantage économiques et stratégiques qu'elle apporterait à la France. Bon exemplaire. Mouillure claire marginale. Roquincourt, 2171.
Réponses aux objections contre le rétablissement de Pondichéry, présenté à MM. de l'Assemblée Nationale.
Paris, L. Potier de Lille, 1791. In-4 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).
L'auteur demande aux députés, au nom "des principes d'humanité & des intérêts très-pressans de politique & de commerce" de "maintenir sur un pied respectable de défense vos établissemens aux Indes" Bon exemplaire. Mouillure claire dans la marge inférieure. Roquincourt, 2172.