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[AFRIQUE DU NORD].

Auto-circuits Nord-Africains de la Cie Gle Transatlantique. Le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le désert.

S.l., [vers 1925]. In-8 de 16 ff. sur papier bleuté ; broché, couvertures illustrées.

Plaquette publicitaire illustrée d'une couverture en couleurs de Jeanne Thil au recto, d'une carte des itinéraires en couleurs au verso, et de 40 illustrations dans le texte d'après des photographies. Le texte, établi par Georges Rozet, donne des informations sur les 22 circuits proposés, sur les conditions de voyages avec des conseils pratiques, ainsi que la liste des hôtels. Dès 1919, le président de la Compagnie Générale Transatlantique John Dal Piaz fut à l’origine des premiers Auto-Circuits Nord-Africains. Ce projet touristique donnait la possibilité de parcourir en voiture Renault les territoires d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, et de loger dans des hôtels de luxe. Bon exemplaire de cette plaquette peu commune. Petits frottements à la couverture.

ALGERIE.

La danse des nègres (Alger).

Vers 1860. Dessin original rehaussé de couleurs, légendé au crayon (23 x 15 cm).

Très beau dessin en couleurs représentant un défilé, probablement en l'honneur de la venue de l'empereur Napoléon III à Alger. On y voit une foule amassée sous des arcades ou le long de la rue (dignitaires, spahis à cheval, grenadiers), un groupe de musiciens et des nègres en train de danser. L'un d'eux porte notamment un drapeau français accroché à son chapeau. Le 17 septembre 1860 au matin, Napoléon III fut le premier chef d'État français à débarquer à Alger. Il avait un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s'étendrait d'Alger à Bagdad, sous la protection de la France. Un royaume où régnerait l'égalité entre indigènes et Européens. De retour en France, il supprima le ministère de l’Algérie et des Colonies dont les fonctionnaires civils brimaient les indigènes au profit des colons, et envoya à Alger un gouverneur militaire. Bon état de conservation.

[ALGERIE] — LANCRENON (Paul).

Ensemble de 28 photographies de vues et de sites pittoresques d’Algérie.

Alger, Bougie, Colomb Béchar, Constantine, Philippeville, Timgad, etc., [1905]. Environ 17,5 x 23,5 cm; contrecollées sur papier, soit 28 x 36 cm avec le support.

Bel ensemble de photographies originales prises en Algérie au début du XXe siècle. Les épreuves, en tirage argentique d’époque, sont montées sur papier fort et accompagnées, dans l’angle inférieur gauche du montage, d’une légende manuscrite indiquant le lieu, la date et le nom du photographe. Toutes les photographies sont datées de 1905. Elles représentent des paysages, des sites pittoresques, des scènes animées, des édifices publics ou privés, des militaires, des cavaliers ainsi que des ruines romaines. Les localités sont situées dans le Sud oranais, dans la région d’Alger, en Kabylie et dans le Constantinois : Aïn Sefra [Vue générale]. – Colomb Béchar [actuellement Béchar], 4 photographies: L’oasis, l’oued Béchar (2); L’oasis, barrage sur l’oued Béchar; La Compagnie saharienne. – Alger: Place du Gouvernement. – Bougie[Bejaia], 4 photographies montrant le port, la côte et les environs. – Philippeville [Skikda], 2 photographies: Le port, vue prise du Grand Hôtel; Vue sur le golfe de Stora. – Stora, vue prise de la batterie d’El Kantara. – Gorges du Chabet [Kabylie]. – Constantine, 5 photographies: Le Rummel (4); Parc aux ânes. – Biskra, 2 photographies: Une fantasia; Bou Aziz [Si Bouaziz ben M’hamed ben Gana, bachaga des Zibans]. – El Kantara: L’oasis. – Timgad, 6 photographies: Arc de Trajan (2); Forum (2); Marché; Théâtre. Né à Besançon en 1857, Paul Lancrenon fit ses études à l’Ecole polytechnique, puis à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau. En 1881, il participa au corps expéditionnaire qui permit l’instauration du protectorat français en Tunisie. Officier d’état-major en 1890, il mena, parallèlement à sa carrière militaire, plusieurs expéditions et voyages dont il rapporta de nombreux clichés. Il parcourut ainsi la Russie, le Caucase, les Carpates, les Alpes, les Pyrénées, ainsi que l’Algérie et la Tunisie. Par la suite, il participa à la Première guerre mondiale, devint général de division en 1917 et mourut à Paris en 1922. Son fonds photographique, constitué de plus de 4000 pièces (plaques de verre et négatifs souples) est actuellement conservé à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie au fort de Saint-Cyr. Bon état de conservation des photographies.

[ALGERIE] — LECOMTE (Hippolyte).

Les pirates algériens.

Paris, Jazet, [vers 1850]. Gravure originale (49 x 59 cm à vue), et (60 x 70 cm avec cadre), cadre doré à décor.

Belle gravure à l'aquatinte par Jazet d'après une peinture de Lecomte représentant l'enlèvement d'une jeune femme par des pirates algériens sur la plage de Sciacca en Sicile. Sur le rivage, deux marins attendent dans une chaloupe pour transporter la jeune femme jusqu'au navire visible au large à gauche. En bas de l'estampe on trouve la légende ci-dessous : "Une jeune fille de Sciacca en Sicilie, accompagnée de sa mère, avait conduit son troupeau sur le rivage, à quelque distance des habitations. Accablees par la chaleur du soleil couchant, les deux femmes s'étaient endormies lorsque les aboiements de leurs chiens les réveillèrent. Au même instant, des pirates armés s'élancent d'une barque sur le sable, saisissent la jeune sicilienne et l'enlèvent tandis l'un d'entr'eux repousse la mère désolée qui veut suivre sa fille". Bel exemplaire. Quelques petites piqûres.

ALGERIE — VERNET (Horace)

Prise de la S'Mala d'Abd-El-Kader.

Vers 1850. Gravure originale (126 x 43 cm avec marges).

Spectaculaire gravure panoramique par Augustin Burdet d'après un tableau d'Horace Vernet, représentant la bataille de la Smala ou combat de Taguine. Cette bataille qui se conclua par la prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale le 16 mai 1843, est un épisode important de la conquête de l'Algérie par la France. A la demande de Louis-Philippe, elle fut immortalisée par Horace Vernet en 1843 par un tableau mesurant 21,39 m de large et 4,89 m de haut. Considéré comme le plus grand tableau du XIXe siècle, il est l'attraction principale des salles d'Afrique au musée de l'histoire de France à Versailles. La présente gravure est sans nul doute une des plus belles et impressionnantes reprises du tableau. Réalisée par Augustin Burdet, ce travail lui demanda cinq ans d'efforts, et constitue son principal titre de gloire. Très bon état de conservation.

BEN HIBRAHIM BAAMER (Sliman)— DINET (Etienne).

Mirages. Scènes de la vie arabe.

Paris, H. Piazza & Cie- Les Heures Claires, [2008]. In-4 de 225 pp., (3) ff. ; mouton mohair croisé pleine peau, décor d’arabesques en couleurs sur les plats, médaillon de cuir beige orné d’un visage ciselé au centre du premier, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné, étui (reliure d'art du centre à Limoges).

Ouvrage illustré de 54 compositions en couleurs d'Édouard Dinet dont 24 à pleine page. Sliman ben Ibrahim Baamer (1870-1953) était un essayiste algérien. Ami et compagnon de route du peintre orientaliste français Étienne Dinet, l'ayant guidé en religion après sa conversion à l'islam, il a écrit plusieurs ouvrages en collaboration avec lui sur le thème de l'islam et de l'Algérie. Étienne Dinet était un peintre orientaliste et lithographe français, qui vécut une grande partie de sa vie en Algérie. Membre fondateur de la Société des peintres orientalistes français, il illustra plusieurs ouvrages. Tirage à 400 exemplaires sur papier vélin de Rives (n°227). Le décor de la reliure et le médaillon central sont l’œuvre de Michel Vincent en hommage au relieur Charles Meunier.

BORY DE SAINT-VINCENT (Jean-Baptiste-Georges-Marie).

Ensemble de 2 lettres autographes signées.

Paris, 1826-1843. In-4 de 1 p. chacune ; apostilles marginales.

Intéressantes lettres évoquant ses difficultés et ses travaux. La première lettre, datée du 14 mars 1826, est adressée à « Monseigneur et illustre ami ». Le célèbre naturaliste et voyageur est alors emprisonné pour dettes à Sainte-Pélagie : « Toujours philosophiquement résolu à ne pas donner un sou à des coquins d’usuriers que j’ai payé deux ou trois fois avant de venir ici, conséquemment toujours décidé à demeurer où je suis tant que la loi révolutionnaire de germinal an VI ou VII ne sera pas réformée… ». Il remercie son correspondant d’avoir cherché à lui venir en aide, puis il ajoute : « Je charge ma fille chérie de vous porter elle-même le tome IX de mon Dictionnaire d’histoire naturelle qui paraît aujourd’hui même… ». Bory de Saint-Vincent ne quittera la prison de Sainte-Pélagie qu’à la fin de 1827 ; l’année suivante, il prit la direction de la commission scientifique de l’Expédition de Morée et explora ainsi, en 1829, le Péloponnèse, l’Attique et les Cyclades. Datée du 14 juillet 1843, la seconde lettre est destinée à « Monseigneur ». Le naturaliste, devenu membre de l’Institut, est alors président de la commission scientifique de l’Algérie : « Accusé de divers côtés de devenir paresseux, de vieillir inutilement, de me reposer sur le fauteuil académique où je suis parvenu avec une multitude de décorations, je me suis vu réduit, pour donner un démenti à mes détracteurs […] à faire quelques lectures à l’Institut sur les choses d’Afrique. Je prends la liberté d’adresser à votre Excellence la première des notices dont j’ai occupé mes illustres confrères et que j’ai extrait de nos comptes rendus… ». A la fin, il fait allusion à son passé militaire, au service « du premier de nos hommes de guerre et d’Etat ». Né à Agen, Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846) participa à la plus grande partie des campagnes de Napoléon dans la Grande Armée, devenant, en 1809, l’aide de camp du maréchal Soult. Membre de la Chambre des Cent-Jours en 1815, il fut proscrit et ne rentra en France qu’en 1820. Il se consacra à ses travaux scientifiques, publiant son Dictionnaire classique d’histoire naturelle de 1822 à 1831. Réintégré dans l’armée en 1830, il redevint député en 1831. Naturaliste, il est l’auteur d’un grand nombre de publications concernant les reptiles, les poissons, les animaux et végétaux microscopiques, les cryptogames, etc. Manque de papier sans atteinte au texte à la seconde lettre.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

LAGRANGE (Octavie).

Souvenirs de voyage. Algérie & Tunisie. Correspondance.

Langres, autographie Vathelet, 1868.Petit in-8 de (1) f., 407 pp.; broché, couverture beige imprimée, non rogné.

Première édition, probablement tirée à petit nombre, car l'autographie ne permettait pas de grands tirages. L'autrice accompagna son mari, Alphonse Lagrange, médecin et botaniste, dans son voyage de collecte de plantes. Son ouvrage reprend les lettres envoyées à sa mère, de janvier à mai 1864, dans lesquelles elle relate son voyage qui la mena à Alger, Blida, Cherchell, Tizi Ouzou, Biskra, Batna, Constantine, et Tunis. Elle y vante le colonialisme français, qui apporte selon elle sécurité et civilisation. De son côté, en 1867, son mari Alphonse Lagrange fit paraître un catalogue autographié intitulé Plantes recueillies par M. et Mme Lagrange, aux environs de Tanger (Maroc), dans un rayon de six à huit lieues. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'autrice à son cousin et son épouse. Couverture tachée et écornée, dos cassé avec de petits manques. Playfair, 2894. — Tailliart, 781. — Inconnu de Gay.

[MAROC].

Ensemble de 14 cartes postales anciennes.

S.l., [vers1920]. 9 x 14 cm.

On trouve ainsi représenté : - Oujda. Jeune femmeMarocaine. - Oujda. Ville indigène. - Oujda. Famille marocaine devant sa case. - Oujda. Fête du Ramadou. - Oujda. Campement de la Mahalla. - Tanger. Porte du grand Socco (marché). - Tanger. Magasin marocain. - Tanger. Coiffeur marocain en plein air. - Tanger. La ville, vue du phare. - Tanger. Le Wharf. - Tanger. Descente de douane. - Tanger. Scène de rue, près du Socco. - Tanger. la douane marocaine. - Tanger. Sur le grand Socco, près la Légation de France. Bon état.

MAUROY (Prosper).

Du commerce des peuples de l'Afrique septentrionale dans l'antiquité, le moyen-age et les temps modernes, comparé au commerce des Arabes de nos jours.

Paris, au comptoir des imprimeurs-unis, 1845. In-8 de xi-(1)-199 pp.; demi-maroquin vert à long grain, dos lisse orné en long, couvertures conservées, non rogné (reliure de la seconde moitié du XX° de Devauchelle).

Première édition. Étant donné que la domination française ne cessait de s’agrandir en Afrique, l’auteur proposa de : « rechercher quel a pu être le commerce africain dans les temps antiques ; d’examiner sur quelles bases il reposait à cette époque ; quels peuples lui servaient d’intermédiaires, et si, les mêmes causes ou des causes semblables renaissant aujourd’hui, on peut raisonnablement espérer les mêmes résultats » (p. x). En appendice se trouve une Lettre de Ghadamès, par James Richardson, agent de la société anglaise pour l’abolition de l’esclavage. Bel exemplaire. Cachet d'une congrégation religieuse sur le faux titre et le titre. Gay, 309.

MERRUAU (Paul).

L'Égypte contemporaine. 1840-1857. De Méhémet-Ali à Said Pacha.

Paris, Didier et Cie, 1858. In-8 de (2) ff., lj-(1 bl.)-338 pp.; demi-maroquin vert, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, avec une préface de Ferdinand de Lesseps. Après une introduction relatant brièvement l'histoire de l'Égypte, l'ouvrage est consacré à l'administration et aux réformes de Mohamed Saïd Pacha (1822-1863), quatrième fils de Méhémet Ali et son troisième successeur. Il fut gouverneur d'Égypte et du Soudan de 1854 à 1863. [Relié avec:] LESSEPS (Ferdinand de). Égypte et Turquie. Paris, Plon, 1869. In-8 de 51-(1) pp. Édition séparée de deux chapitres publiés en 1860 dans Question du canal de Suez ; l'un sur la condition physique et politique de l'Égypte, l'autre sur l'intérêt de la Turquie au percement de l'isthme de Suez. Bel exemplaire. Chiffre M surmonté d'une couronne comtale en pied du dos. Gay, 2148. — Ibrahim-Hilmy, II, 32. — Maunier, 125. (pour le premier ouvrage). — Gay, 2112. (pour le second ouvrage).

PLANAT (Jules).

Histoire de la régénération de l'Égypte.

Genève et Paris, J. Barbezat, 1830. In-8 de (2) ff., iv-374 pp.; demi-maroquin havane, dos à nerfs orné de caissons à froid, tranches mouchetées (reliure légèrement postérieure).

Première édition, publiée à titre posthume. Elle est illustrée de 4 planches lithographiées dépliantes (frontispice montrant le nouvel uniforme des troupes égyptiennes, 2 plans dont celui de La Mecque et une carte de l'Arabie dressée par l'auteur). L'auteut fit parti des quelques officiers français qui accompagnèrent en Égypte le général Boyer chargé, à la demande de Méhémet-Ali, de réformer l'armée. Il séjourna cinq années au Caire (de 1824 à 1829) en qualité de chef d'état-major au service du pacha d'Égypte. Son ouvrage est rédigé sous forme de lettres addressées au député Alexandre de Laborde, membre du comité philhellène. Elles dressent un tableau de la nouvelle armée égyptienne, des conditions de sa formation, et traitent également des campagnes contre les Wahebis et de la guerre d'indépendence de la Grèce (à laquelle il n'a pas participé mais dont il donne le point de vue égyptien). Bel exemplaire. Légères rousseurs. Blackmer, 1320. — Hage Chahine, 3760. — Ibrahim-Hilmy, II, 122.

PROUVE (Victor).

Ce que nous devons à nos colonies.

Paris-Nancy, Imprimerie Berger-Levrault, 1918. Lithographie originale (env. 65 x 45 cm).

Affiche de propagande sur la Première Guerre Mondiale, lithographiée par Victor Prouvé. Représentant un cavalier spahi, cette affiche rend hommage aux colonies françaises pour leur action durant la guerre : "Nous savons tous maintenant ce que nous devons aux milliers de volontaires indigènes qui ont combattu pour la France". Très bon état de conservation.

QUESNE (Jacques Salbigoton).

Histoire de l'esclavage en Afrique (pendant trente-quatre ans) de P. J. Dumont, natif de Paris, maintenant à l'hospice royal des incurables.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., 159-(1) pp.; cartonnage de papier bleu, dos lisse, pièce de titre rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées (2 portraits et un fac-similé d'écriture). Récit recueilli et retranscrit par Jacques Salbigoton Quesné, d'après des entretiens qu'il eut avec Pierre-Joseph Dumont. Ce dernier, jeune assitant d'un officier de marine, avait été fait prisonnier et réduit en esclavage en 1782, après qu'une tempête eut fait échouer son navire sur la côte algérienne. Il ne fut libéré qu'en 1816 lorsque la flotte anglaise de la Méditerranée bombarda Alger et força le Dey à libérer plus de mille esclaves. Bon exemplaire. Cachet de collection sur le faux titre. Gay, 161. — Playfair, 328. — Ryckebusch, 6740. — Tailliart, 1596.

RIGAILL (Henri).

Méditerranée-Niger.

S. l., 1957. Carte exécutée à la gouache et à l’aquarelle, signée et datée dans la partie inférieure, et mesurant 3 m 35 sur 1 m 50 ; enroulée, bords renforcés, traces de fixation.

Très grande et spectaculaire aquarelle illustrant le projet d’une ligne de chemin de fer entre l’Algérie et le Niger. Réalisée au 1/800 000e, elle comprend une vingtaine de dessins aquarellés montrant des sites pittoresques d’Algérie, du Maroc et du Mali : Laghouat, Saïda, Meknès, Colomb-Béchar (actuellement Béchar), Timimoun, Ain Salah, Tessalit, Adrar des Iforas, etc. Elle comporte une rose des vents ainsi qu’une légende inscrite dans un cartouche dans l’angle inférieur gauche. La partie de la ligne déjà en exploitation, située entre Nemours (actuellement Ghazaouet, Algérie) et Abadla (à 90 km au sud-ouest de Colomb-Béchar), est représentée par un trait noir; celle en projet, qui doit traverser le Sahara entre Abadla et Niamey (Niger), est mentionnée par un tireté rouge; un trait marron donne le tracé de la piste transsaharienne n° 2. Au départ de Nemours, la ligne déjà construite se dirige vers le sud, emprunte la ligne Alger-Meknès-Casablanca, traverse la frontière marocaine, passe par Oujda (Maroc), puis se sépare de cette dernière pour prendre la direction du sud marocain: Berguent, Tendrara, Tamelt, Mengoub, Menahba, Talzaza, puis revient en Algérie pour passer par Colomb-Béchar et Abadla, la dernière localité desservie par le chemin de fer existant. Vient ensuite la partie en projet: à partir d’Abadla, la ligne prend la direction du sud et passe par Zerhamra (au sud-ouest de Beni Abbès), Ougarta, El Kseib, Kerzaz, Ksabi, Adrar, Reggane, Balise 250, Bidon 5, Bordj le Prieur. Elle passe ensuite au Soudan (le Mali actuel): Anefis, Tabankort, Taberichat, Ain Tassit. Elle se divise alors en deux branches, l’une se dirigeant vers Tombouctou (Mali), et l’autre vers Gao (Mali) et Niamey (Niger). Cette ligne passe à proximité de la piste transsaharienne n° 2, qui s’étend de Colomb-Béchar à Gao. Le chemin de fer transsaharien, ou chemin de fer Méditerranée-Niger, était un projet de traversée ferroviaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française (AOF). Imaginé dès la seconde moitié du XIXe siècle, il fut interrompu en 1881 après l’attaque de la seconde mission Flatters. Relancé en 1939, il fut continué par le gouvernement de Vichy, puis par le gouvernement provisoire, avant d’être clos définitivement en 1949, la ligne s’arrêtant au barrage d’Abadla. Apparemment inédite, la présente aquarelle, réalisée vraisemblablement par Hippolyte Rigaill, témoigne d’une tentative de reprise du projet, peu avant l’indépendance des anciennes colonies françaises. Dans le Courrier du Maroc du 14 avril 1952, Hippolyte Rigaill est mentionné comme dessinateur, et comme membre du conseil municipal de la région d'Oujda. Dans celui du 3 avril 1953, on apprend qu'il participa à une exposition d'artistes locaux au grand hall des Services Municipaux : "notre ami Rigaill aime la mer et les grands espaces. Aussi est-ce une majorité de marines et de paysages, de dunes et de visages marocains qu'il présente à notre admiration. Peut-on lui reprocher de peindre sans artifice, de reproduire les choses telle qu'il les voit : avec beaucoup de soleil". Document d'une fraicheur et d'une taille exceptionnelle.

[TUNISIE] — LANCRENON (Paul).

Ensemble de 15 photographies de vues et de sites pittoresques de Tunisie.

Tunis, Sousse, Sfax, El Djem, 1905. Environ 17,5 x 23,5 cm; contrecollées sur papier, soit 28 x 36 cm avec le support.

Intéressant ensemble de photographies originales prises en Tunisie au début du XXe siècle. Les épreuves, en tirage argentique d’époque, sont montées sur papier fort et accompagnées, dans l’angle inférieur gauche du montage, d’une légende manuscrite indiquant le lieu, la date et le nom du photographe. Toutes les photographies sont datées de 1905. Elles représentent des villes, des monuments, des scènes animées et des vestiges archéologiques. Les localités sont Tunis, Sousse, Sfax et El Djem. Tunis, 9 photographies: Vue prise du Dar-el-Bey (3); Mosquée du Dar-el-Bey; Vue prise du Belvédère, la ville arabe; Vue prise du Belvédère, le port, la ville européenne; Rue Halfaouine; Souk du cuivre; Souk des selliers. – Sousse, 2 photographies: vues générales montrant la ville et le port. – Sfax, 2 photographies: vues montrant les remparts et une rue. – El Djem, 2 photographies: vues de l’amphithéâtre, l’un des plus grands de l’Empire romain. Né à Besançon en 1857, Paul Lancrenon fit ses études à l’Ecole polytechnique, puis à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau. En 1881, il participa au corps expéditionnaire qui permit l’instauration du protectorat français en Tunisie. Officier d’état-major en 1890, il mena, parallèlement à sa carrière militaire, plusieurs expéditions et voyages dont il rapporta de nombreux clichés. Il parcourut ainsi la Russie, le Caucase, les Carpates, les Alpes, les Pyrénées, ainsi que l’Algérie et la Tunisie. Par la suite, il participa à la Première guerre mondiale, devint général de division en 1917 et mourut à Paris en 1922. Son fonds photographique, constitué de plus de 4000 pièces (plaques de verre et négatifs souples) est actuellement conservé à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie au fort de Saint-Cyr. Bon état de conservation des photographies.