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Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, Demonville, 1790. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Nombreux passages soulignés de l'époque à l'encre. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Arrest du conseil d'estat du roy, qui permet aux armateurs pour les isles & colonies françoises, de charger des sels en Bretagne, ou dans les autres ports où il est d'usage d'en tirer, pour estre employez au Cad-Verd, à la salaison des bestiaux & chairs destinez pour lesdites isles sans payer aucun droits.

Paris, Imprimerie Royale, 1741. In-4 de 4 pp.; broché, sans couverture.

Arrêt du 21 mai 1741 qui venait compléter celui du 27 décembre 1740. En effet, ce dernier accordait l'autorisation d'aller chercher des viandes au Cap-Vert pour les revendre aux Antilles françaises, et sans aucune taxe. Mais un négociant de Bordeaux demanda que cette exemption s'applique aussi au sel pour les viandes, "attendu qu'on ne trouve point ordinairement au Cap-Verd des chairs toutes salées". C'est chose faite avec ce second arrêt. Bon exemplaire.

Conseil des Cinq-Cents. Message.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1796]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Extrait du registre des délibérations du Directoire exécutif du 21 novembre 1796. Lettre du Directoire au Conseil des Cinq-Cents en réponse à une demande de ce dernier sur la situation politique et commerciale des colonies. Après avoir fait le point sur les évènements rapportés par les envoyés du gouvernement, le texte conclut : "Si le Directoire n'étoit pas intimement convaincu que le secret sur les opérations relatives aux colonies en assure presque toujours le succès, il auroit déjà rendu publique ses instructions à ses agens". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

Copie de la lettre de messieurs de l'Assemblée provinciale du Nord de Saint-Domingue, daté du Cap le 2 novembre 1790, à messieurs les commissaires extraordinaires auprès de l'Assemblée Nationale.

Paris, Baudouin, 1790. In-4 de 14 pp. ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Cette assemblée provinciale du nord s'était constituée en mars et avril 1790 pour s'opposer aux réformes de la Révolution Française. Elle contient également: - Adresse de l'assemblée provinciale permanente du nord, aux citoyens de la province, qui différent de principes avec elle. Cette adresse invite les municipalités opposées aux réformes à se joindre à l'assemblée. - Extrait des registres des délibérations de l'assemblée provinciale permanente du nord. Par crainte d'une guerre civile qu'ils jugent imminente, les membres de l'assemblée invite tous les citoyens, soldats ou non, à se rassembler sur le Champs-de-Mars de la ville du Cap le 23 octobre 1793, pour y prêter un serment de paix et "d'attendre en paix, & de recevoir avec soumission & respect la décision de l'Assemblée Nationale, acceptée par le roi, sur la contestation qui divise les citoyens de la colonie". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe. — Roquincourt, 3532.

Copie de la lettre du comité du Trou à une lettre de l'Assemblée du Cap.

[1790]. In-8 de 3 pp. ; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre marron (reliure moderne).

Lettre dans laquelle les habitants du Trou (actuelle commune de Trou-du-Nord, en Haïti), expliquent qu'ils ont révoqués les mandats de leurs députés à l'Assemblée du Nord, qui siégeait au Cap, et qu'ils en désapprouvent les actions, soutenant ainsi le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5217. — Roquincourt, 3533.

Courtes observations sur la demande des colons de Saint-Domingue, relative au renouvellement du sursis à toutes poursuites judiciaires pour raison de dettes par eux contractées avant la fin de l'années 1792.

Paris, Pillet ainé, [début XIX° siècle]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré mauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).

De nombreux colons de Saint-Domingue étaient endettés lors de la Révolution. La perte de la colonie les privait de leurs propriétés mais n'effaçait pas leurs dettes. Un sursis à rembourser fut voté en 1802 dont l'auteur demande la prolongation, tant que les rapports entre la France et Saint-Domingue ne sont pas clarifiés. Bon exemplaire. Roquincourt, 3556.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale par les députés de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue, le 25 novembre 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (1) f., 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Discours de remerciement pour le décret du 12 octobre 1790 qui annulait les actes de l’Assemblée Générale de Saint-Domingue, les déclarait attentatoires à la souveraineté nationale et à la puissance législative, et pourvoyait aux moyens de rétablir le calme dans la colonie. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Déclaration du roi, qui permet l'entrée & l'entrepôt, dans les différens port du royaume, des taffias venans des colonies françoises de l'Amérique.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

"Le commerce des eaux-de-vie extraites des sirops & mélasses, & connues sous le nom de taffias, a été prohibé dans toute l'étendue de notre royaume, par déclaration du 24 janvier 1713. L'opinion répandue alors que cette liqueur étoit dangereuse & nuisible à la santé. Mais l'expérience ayant depuis long-temps prouvé qu'elle étoit utile & salubre" cette interdiction est levée par la présente déclaration du 6 mars 1777. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Inauguration du bassin de Radoub de La Martinique (6 mai 1868).

Fort-de-France, 1868. In-8 de 7 pp. ; broché.

Compte rendu, avec le discours du gouverneur, de l'inauguration d'un nouveau bassin dans le port de Fort-de-France, en Martinique. Fort-de-France était alors la capitale administrative de la Martinique, mais Saint-Pierre en était la capitale économique. La construction de ce bassin (qui facilitait l'entretien des navires), devait permettre de développer le commerce à Fort-de-France. Bon exemplaire, avec au dos un morceau collé de l'enveloppe et une partie de la marque postale de Fort-de-France. Manque le coins supérieur des deux premiers feuillets, sans perte de texte.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux François.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Lettre datée du 13 septembre 1790, à bord du Léopard, et signée de Daugy, Bourcel, Le Ray de La Clartaisq, Venault de Charmilly, Daubonneau, et Denix. Ils firent partie du groupe de députés de l'Assemblée de Saint-Marc qui avait quitté Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les avait dispersés. Dans cette lettre, ils se disent les représentants d'une île opprimée, puisque la liberté d'assembler ne leur était pas accordée. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Lettre de la municipalité de Brest à MM. de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, à présent à Paris.

1790. In-8 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Lettre datée du 29 septembre 1790, et signée par le maire de Brest, Charles-François Malmanche, ainsi que des membres du bureau municipal. Elle est adressée aux députés de Saint-Domingue, récemment arrivée à bord du Léopard, et partis plaider la cause des colons devant l'Assemblée Nationale. La municipalité de Brest leur fait savoir que le détachement qu'ils ont laissés à Brest a été caserné à Caraihx. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6624. — Roquincourt, 3817.

Lettre du roi. A nos bons & amés [sic] sujets, les colons des îles sous le vent.

Paris, Imprimerie Royale 1790 In-4 de 2 pp.; en feuilles.

Lettre accompagnant l'envoi d'un décret de l'Assemblée Nationale. Le roi écrit "il est de toute justice que vous participiez aux avantages de la constitution dont mes sujets […] vont jouir" et demande aux colons "à faire connoître les dispositions qui peuvent établir le meilleur ordre au milieu de vous & réunir les habitans de Saint-Domingue par les liens du bonheur & de la confiance". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6651. — Roquincourt, 3842.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Mémoire sur le commerce maritime et colonial.

Paris, Imprimerie Royale, 1833. In-8 de 50 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre noire (reliure moderne).

Publication d'un mémoire rédigé alors qu'une commission d'enquête avait été formée, en 1828, pour savoir s'il vallait mieux garder le commerce colonial lié à un privilège entre la France et ses colonies, ou un commerce ouvert et de concurence. Ce rapport se base sur les chiffres de 1825, les plus récents disponibles, et conclut que le commerce colonial "est proportionnément beaucoup plus productif que le commerce libre". Bon exemplaire.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Ordonnance du roi, portant défenses aux capitaines de navires de laisser débarquer aucun Noir, Mulâtre ou autre gens de Couleurs, avant d'avoir fait leur rapport à l'Amirauté.

Paris, Imprimerie Royale, 1778. In-4 de 3 pp.; en feuilles, non rogné.

Ordonnance du 23 février 1778, faisant suite à celle du mois d'août 1777 qui ordonnait que "les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur de l'un & l'autre sexe, que les habitans des colonies amèneroient en France pour les servir pendant la traversée, seroient à leur arrivée dans les ports, placés dans des dépôts qui on été destinés à cet effet". Mais "Sa majesté étant informée que les capitaines marchands laissent débarquer les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur qui sont à leur bord, avant que d'avoir fait leur rapport aux amirautés", la présente ordonnance renouvelle la précédante, et y ajoute, pour les capitaines qui ne la respecterait pas, une amende de cinq cent livres, et une interdiction de leurs fonctions pour trois mois. Mouillure claire, traces de froissement et de poussière; une petite déchirure sans manque. Ryckebusch, 6072.

Prise de la Grenade. Le comte d'Estaing - 4 Juillet 1779.

[Paris, 1820]. Gravure originale par Gossard d'après le dessin de François Nicolas Martinet ( 29 x 44,5 cm).

Représentation de la prise de l'île de la Grenade par l'armée française dirigée par le comte d'Estaing en juillet 1779. Cet évènement entre dans le cadre de la guerre d'indépendance américaine. Le débarquement s'effectua le 2 juillet et les troupes françaises prirent ensuite d'assaut les fortifications britanniques d'Hospital Hill surplombant la capitale Saint-Georges. Après leur prise, les canons britanniques furent utilisés contre leurs anciens propriétaires positionnés dans le fort George. C'est à ce moment-là que le gouverneur Lord Macartney engagea les pourparlers. L'amiral d'Estaing rejeta les termes de la capitulation de Macartney et mit en avant ses propres conditions particulièrement dures. Macartney les rejeta à son tour et préfèra opter pour la reddition inconditionnelle. D'Estaing permit ensuite à ses troupes de piller la ville et Macartney fut envoyé en France comme prisonnier de guerre. Cette planche est issue de l'ouvrage du baron de La Perelle "Le Temple de la Gloire, ou les Fastes Militaires de la France, depuis le règne de Louis XIV jusqu'à nos jours"publié en 1820. Bel exemplaire.

Requête présentée aux États-Généraux du royaume, le 8 juin 1789, par les députés de la colonie de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 7 pp. sur papier bleuté, non rogné ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Requête signée par le marquis de Gouy-d'Arsy, le comte de Reynaud, le comte de Magallon, le marquis de Perrigny, le chevalier Dougé, le comte de Villeblanche, le marquis de Rouvray, ainsi que MM. de Cocherel, de Bodkin-Fitz-Gerald, et de Peyrac, tous députés de Saint-Domingue. Ces derniers demandaient à être admis comme députés aux États-Généraux, alors que les représentant des colonies n'étaient pas autorisés à y siéger. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7748. — Roquincourt, 4393.

Situation actuelle des colonies françoises; malheurs qui les menacent; nécessité d'une nouvelle administration; commentaire de la lettre de l'ambassadeur d'Angleterre, adressée à M. le comte de Montmorin, ministre des affaires étrangères...

1789. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre verte (reliure moderne).

Plaidoyer pour demander à ce que le marquis Du Chilleau, gouverneur de Saint-Domingue, retrouve son poste. Ce dernier était en route pour la France afin de s'expliquer sur le fait d'avoir permis, lors d'une disette, le commerce du blé avec l'Amérique, brisant le monopole des négociants français. Max Bissainthe, 7985. — Inconnu des principales bibliographies.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

AMBERT (Jean-Jacques, général baron).

De l'utilité des colonies pour la France, et du système des douanes appliqué aux denrées coloniales.

Paris, imprimerie de Guiraudet, mars 1822. In-8 de (1) f., 58 pp ; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Réponse à un discours du comte Beugnot à la chambre des député, le 27 juin 1821 qui a "jeté l'alarme aux Antilles et dans nos villes maritimes" (page 1) car il était dit que les colonies coutaient trop cher à la France. Bon exemplaire.

[ANTILLES]

Costume traditionnel antillais.

S. l., [vers 1860]. Aquarelle originale sur papier (22 x 14,5 cm).

Magnifique aquarelle représentant une jeune femme dans son costume traditionnel composé de madras utilisé en coiffe et en châle, d'une robe longue rayée, et de bijoux en or. Elle porte dans sa main gauche un évantail, et posée sur sa main droite se trouve une perruche. Très bon état de conservation.

[ANTILLES].

Prise de Saint Christophe. Le Marquis de Bouillé — 12 février 1782.

[Paris, 1820]. Gravure originale par Jean Nicolas Adam d'après le dessin de François Nicolas Martinet ( 29 x 44,5 cm).

La prise de Saint-Christophe par les Français également connue sous le nom de siège de Brimstone Hill (19 janvier – 13 février 1782) est un siège de la guerre d'indépendance des États-Unis. Après avoir débarqué à Saint-Christophe, les troupes françaises du marquis de Bouillé encerclèrent et assiègèrent la forteresse de Brimstone Hill. À l'issue d'un mois de siège, la garnison britannique inférieure en nombre et sans espoirs de recevoir des renforts, finit par capituler. Un an plus tard, le Traité de Paris rétrocèda Saint-Christophe et l'île voisine de Niévès aux Britanniques. Cette planche est issue de l'ouvrage du baron de La Perelle "Le Temple de la Gloire, ou les Fastes Militaires de la France, depuis le règne de Louis XIV jusqu'à nos jours"publié en 1820. Bel exemplaire.

[ANTILLES — GUYANE — SENEGAL].

Ensemble de 36 pièces signées concernant la carrière du sous-commissaire de la Marine Adolphe Treuille.

Fort-de-France, Cayenne, Saint-Louis (pour la plupart), 1853-1874. 37 pp. petit in-folio (env. 30 x 22 cm) ; en feuilles. On joint un livret de solde au nom d’Adolphe Treuille, dérelié, bords déchirés et froissés.

Intéressant ensemble permettant de retracer la carrière maritime d’Adolphe Edouard Treuille, né en 1834 à La Trinité (Martinique) et mort en 1875 à Basse-Terre (Guadeloupe). Ecrivain de la Marine en poste aux Antilles, Treuille embarque en 1853 sur l’aviso à vapeur la Vedette en qualité d’officier d’administration. Il se rend en Guyane, et revient l’année suivante à la Martinique à bord de la frégate l’Armide. Il est alors employé au bureau de l’inscription maritime de Saint-Pierre, dans le secrétariat de l’ordonnateur. En 1858, il est à bord du vapeur l’Achéron de la station navale des Antilles et du golfe du Mexique. Deux ans plus tard, il occupe les fonctions de chef de service au Port du Marin à la Martinique. En 1861, il est employé au détail des hôpitaux et continue son activité au secrétariat de l’ordonnateur de la Martinique. Toujours dans le même service en 1862, il est à cette date chargé du détail des approvisionnements et des travaux. La même année, il remplit les fonctions de chef du service administratif et administrateur du sous-quartier de La Trinité. En 1864, il porte le titre de commis de la Marine, employé au détail des travaux et approvisionnements de l’inscription maritime à Fort-de-France. L’année suivante, il est promu au grade d’aide-commissaire de la Marine. En 1866, on le retrouve en poste à Cayenne, chargé du détail des armements et de l’inscription maritime, avant de devenir chef du secrétariat de l’ordonnateur de la Guyane. Il conserve ses fonctions jusqu’en 1870, date à laquelle il est nommé chef du service administratif à Saint-Laurent-du-Maroni. Devenu sous-commissaire de la Marine, il obtient, en mars 1871, un congé de convalescence pour la France. Puis il part pour le Sénégal où il prend, à Saint-Louis, la direction du détail des revues, armements, inscription maritime, hôpitaux et prisons. En janvier 1872, il prend celle du bureau des approvisionnements et travaux et des subsistances à Saint-Louis, puis il devient chef du 1er bureau de la direction de l’Intérieur. En 1873, il sert à Gorée, puis il est détaché à Dakar en qualité de chef du service administratif. De retour à Cayenne à la fin de 1873, il prend la direction du détail des subsistances. En février 1874, il est nommé chef du secrétariat de l’ordonnateur de la colonie. Malade, il quitte la Guyane en octobre 1875 pour un congé de convalescence à la Guadeloupe. Après un passage à l’hôpital de Fort-de-France, il revient en Guadeloupe où il meurt le 22 novembre 1875 à l’hôpital militaire de Basse-Terre. Le livret joint contient des renseignements sur le versement de sa solde et ses dates de départ des différentes colonies (in-8 de 40 pp., en partie imprimées). Traces de plis et déchirures ; marge supérieure coupée dans la plupart des documents.

AUGY (d').

Lettre bien importante de la chambre d'agriculture de Saint-Domingue, adressée aux membres du Comité Colonial, séant à Paris.

1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Lettre rédigée au nom du Comité d'Agriculture de Saint-Domingue et demandant à ce que la colonie soit autorisée à envoyer des députés aux États-généraux. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4546.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BACON de LA CHEVALERIE (Jean-Jacques).

Observations présentées à l'assemblée de MM. les électeurs de la partie du nord de Saint-Domingue.

Paris, Quillau, 1789. In-4 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Lettre daté du 27 janvier, au Cap-François, et accompagnée d'un tableau dépliant. Représentant de la paroisse de Limonade à l'Assemblée chargée d'élire les députés de Saint-Domingue aux États-généraux, l'auteur présente un projet de contribution à la rédaction des cahiers de doléance. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4566. — Sabin, 2691.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'Assemblée Nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré rouge, pièce de titre marron (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée Nationale par le comité colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Roquincourt, 157. — Ryckebusch, 492.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CASS (Lewis).

Examen de la question aujourd'hui pendante, entre le gouvernement des États-Unis et celui de la Grande-Bretagne, concernant le droit de visite.

Paris; H. Fournier, 1842. In-8 de 82 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Cet ouvrage, simplement signé de la mention "par un américain", fut en fait écrit par l'ambassadeur des États-Unis en France, Lewis Carr. Il y présente le point de vue de son pays, contre le droit de visite des navires américains par les Anglais, ces derniers voulant ainsi s'assurer que la traite des esclaves n'était plus pratiquée. Mais, pour l'ambassadeur, "le droit de visite n'a que des rapports accidentels avec la traite des noirs" et que ce sont là"des prétentions qui ne sauraient être soutenues sans injustice ni subies sans déshonneur". Bon exemplaire.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Paris, Baudouin, [1789]. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre verte (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Roquincourt, 697. — Ryckebusch, 1793. — Sabin, 14050. — Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

COOLS (Amédée, baron de).

De l'agriculture coloniale.

S.l., 1834. In-8 de 32 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Article écrit en réponse à un texte de Sismondi, publié en décembre 1833 dans la Revue mensuelle d'économie politique, intitulé: De la condition dans laquelle il convient de placer les Nègres en les affranchissant. Mais le plan de Sismondi pour un affranchissement progressif des esclaves des colonies françaises, est jugé inapplicable par le baron de Cools, délégué de la Martinique ; ce qu'il entend démontrer par les exemples de Saint-Domingue ou des colonies anglaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 1983.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

CORRE (Armand).

Armateurs et marins bretons d'autrefois.

Vannes, imprimerie Lafolye, 1897. In-8 de (1) f., 34 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou. Deuxième série, intitulée Les armateurs et les armements nantais, à Brest, de 1689 à 1789. Un supplément à l'histoire de la course nantaise avant la Révolution. L'auteur s'intéresse à l'aspect économique de la course à Nantes, à ses armateurs et à ses corsaires. On y trouve notamment un passage sur le commerce des colonies et la traite des Nègres "dont un pareil commerce soutenait la fortune de quelques riches maisons". Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos et bords de la couverture passés.

COULLARD-DESCOS (Léon-Eugène-Aubin).

En Haïti, planteurs d'autrefois, Nègres d'aujourd'hui.

Paris, Armand Colin, 1910. In-8 de (2) ff., xxxv-(1 bl.)-348 pp.; demi-chagrin bleu à coins, dos lisse orné et mosaïqué de maroquin rouge (reliure d'amateur de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 cartes en couleurs dépliantes et de 32 planches en phtototypie avec chacune deux figures. Diplomate français en poste en Haïti, l'auteur parcouru la plus grande partie de l'île entre 1904 et 1906. Au cours de ses promenades et de ses voyages, il envoya au Journal des débats des lettres qu'il a réuni dans ce volume. Il dresse un tableau de la vie menée par les habitants d'aujourdhui dans le cadre colonial d'autrefois, et a recueilli d'utiles renseignements sur la culture et la préparation du café, principale ressource de l'ile depuis l'indépendance. "Les autorités militaires m'ont conduit de poste en poste. Dans les bourgs, les prêtres bretons m'ont donné l'hospitalité. La complaisance d'amis haïtiens ou de Français créole m'a mis en contact avec la superstition populaire et le culte du Vaudoux. J'ai vu des repas, des danses, des cérémonies africaines; j'ai visité les sanctuaires de sorciers réputés. Plus que quiconque de ma couleur, je crois m'être trouvé en mesure d'observer la coutume des campagnes haïtiennes" (page XXVIII). Bon exemplaire. Ex-libris de la Baronne La Caze. Une mention manuscrite attribue la reliure à Mr Georges Noireau (1883-1974). Quelques piqûres. Max Bissainthe, 5449.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

GERDE (Jean).

Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.

La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.

L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis aux commissaires auxquels l'Assemblée Nationale a renvoyé l'examen de la demande faite par les représentans de la colonie, pour obtenir provisoirement la liberté de ce pocurer des farines, dont elle manque absolument.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur publie ce petit opuscule pour préciser et appuyer une demande faite auprès de l'Assemblée Nationale. Il y pose quatre questions, et par ses réponses entend prouver que la colonie a un fort besoin de farine pour sa consommation, qu'elle n'a pratiquement plus de réserve, et que le plus simple et le plus rapide serait d'en importer depuis les ports américains. Il demande donc qu'un nouveau décret stipule que "l'ordonnance rendue le 27 mai dernier, par le sieur marquis du Chilleau, sera provisoirement rétablie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7478. — Roquincourt, 1339. — Ryckebusch, 3604. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis sur la position actuelle de la députation de Saint-Domingue, aux États-généraux.

1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Rédigé par Gouy-d'Arsy au nom d'un comité de la députation, le texte relate le processus électoral qui avait été mis en place à Saint-Domingue pour y élire des représentants aux États-généraux. Or ces représentants ne furent pas admis à siéger, au grand scandale du comité qui dénoncent "une prévarication". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6004. — Roquincourt, 4126.

[GUADELOUPE].

Loi relative aux colonies.

Dijon, imprimerie de Capel, 1792. In-4 de 4 pp., broché.

Loi du 6 juillet 1792 concernant Basse-Terre en Guadeloupe. "considérant qu'il faut empêcher cet abus de pouvoir, qui depuis longtemps s'exerce dans les colonies", l'assemblée nationale casse plusieurs décision prises par les fédérations de Sainte-Anne et de Basse-Terre et annule le bannissement de plusieurs citoyens. Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or. Roquincourt, 5266.

ISAMBERT (François-André).

Discours sur le budjet de la marine (service des colonies).

Paris, Mme Vve Agasse, 1838. In-8 de 24 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Discours prononcé devant la chambre des députés le 23 mai 1838. Son auteur dénonce la mauvaise volonté des colonies à faire le recensement des esclaves, conformément à l'ordonnance de 1833, car elle était considérée comme une mesure préparatoire à l'émancipation. Bon exemplaire. Ryckebusch, 4134.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

LAISNÉ de VILLEVÈQUE (Gabriel-Jacques).

Opinion sur les colonies.

Paris, Hacquart, 1819. In-8 de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Discours lu à la chambre des député lors de la séance du 5 juin 1819. L'auteur, député du Loiret, demande qu'on accorde les mêmes drpots aux hommes de couleurs libres qu'aux colons blancs. Suivi, du même auteur: Extrait du discours prononcé dans la séance du 7 juin 1819. Paris, Lenormant, 1819. In-8 de 4 pp. L'auteur explique que la France peut retrouver sa souveraineté sur Saint-Domingue pour peut qu'elle reconnaisse la liberté à ses habitant et leur droits qu'ils ont prit sur les propriétés des colons, moyennant une indemnisation der ses derniers. Inconnus des principales bibliographies.

LE MESLE (Charles).

Réponse à la brochure intitulée Le pour et le contre.

Londres, 1785. In-4 de 63 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge, non rogné (reliure moderne).

En 1784, le colon Jean-Baptiste Duboscq publia une brochure intitulée Le pour et le contre sur un objet de grande discorde et d'importance majeure . Convient-il à l'administration de céder part ou de ne rien céder aux étrangers dans le commerce de la métropole avec ses colonies ? Il défendait la possibilité pour les colons des Antilles de pouvoir commercer directement avec l'étranger sans passer par le monopole de la marine française sur ce commerce. L'auteur de la présente réponse, Charles Le Mesle, négociant au Havre et directeur de la chambre de commerce de Bordeaux (probablement lié aux armateurs), démonte tous les arguments de son contradicteur, tant historiques qu'économiques, considérant que "Si les colonies se sont enrichit sous l'origine des loix prohibitives, elles peuvent donc continuer à s'enrichir par la même voie" (page 10). Bon exemplaire. Mouillure claire marginale. Sabin, 69715.

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

[MARTINIQUE].

Territoire de St-James (Antilles). Quelques vues des plantations St-James.

S.l., [vers 1890]. Planche cartonnée (87 x 62,5 cm).

Grand panneau peu commun, composé d'un grand carton sur lequel sont montés 11 vues en photoglyptie et un cache laissant apparaître les illustrations et portant le titre et les légendes des vues. Les photoglypties sont tirées d'un album, Vues Photographiques prises sur le Territoire de St James (Antilles), publié vers 1890. Elles montrent des vues des plantations Saint-James à la Martinique dont une vue de Saint-Pierre avec des lettres gigantesques qui indiquent Plantations Saint-James sur les hauteurs dominant la ville (et placées bien avant celle dominant Hollywood), des vues de plantation, sucrerie et rhumerie ainsi que des groupes d'Indiens qui vivaient sur les plantations. En 1765, le Révérend Père Edmond Lefébure, Supérieur du couvent des Frères de la Charité et savant alchimiste, concurrent de Jean-Baptiste Labat, décida de créer sur les hauteurs de Saint-Pierre de la Martinique une distillerie de rhum afin de subvenir aux besoins de l'hôpital de la ville. Il fit ainsi jaillir des alambics, un tafia de canne à sucre hautement amélioré, appelée alors Guildive, qui évolua vers un des plus célèbres rhums agricoles. Le père Lefébure décida de donner à son rhum le nom de Saint-James (qui aurait été celui d'un amiral anglais ayant habité saint-Pierre) reconnaissable par les Anglais afin de faciliter la vente de sa production aux colons de Nouvelle-Angleterre, car l'importation de rhum était interdite. La première distillerie Saint-James se trouvait sur la route de Saint-Pierre, à Deux Choux, dans une ravine où coulait la rivière du Jardin des Plantes. À la suite de l'éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902, les plantations avoisinant la ville de Saint-Pierre ne furent plus que cendres. Seule la distillerie Saint-James fut en partie épargnée. Elle reprit son activité deux ans plus tard. Les photographies de ce panneau furent prisent par J. Depaz, photographe à St-Pierre de la Martinique, et le Capitaine Jean-Baptiste Moreau, de passage à St-James. Depaz était installé à Saint-Pierre de la Martinique d'après l'annuaire publié en 1897 par le Comptoir des intérêts coloniaux. Ses premiers clichés connus sont ceux publiés dans L'Illustration, en 1891, sur un cyclone qui ravagea la Martinique. En compagnie du capitaine Jean-Baptiste Moreau, il photographia la plantation Saint-James et en fit un album. La famille Depaz est une des grandes familles propriétaires de distilleries de rhum dans la région de Saint-Pierre et à Basse-Pointe. Elle y était encore installé dans les années précédant la seconde guerre mondiale, tout comme la distillerie du Galion. Bon état de conservation. Petits manques dans les bordures.

[MARTINIQUE] — JOUAN (E.).

Schœlcher. Baie de Fort de France (Martinique).

S. l., 1925 Aquarelle originale (16,5 x 25 cm), datée et signée en bas à droite.

Jolie aquarelle aux couleurs vives, signée E. Jouan, représentant la baie de Fort-de-France vue depuis la commune de Schœlcher, sur la côte nord-ouest de la Martinique. Ce point de vue panoramique offre une lecture claire du paysage caribéen : la plage de galets volcaniques au premier plan, l'étendue calme de la baie en plan médian, et la silhouette des mornes martiniquais en toile de fond. Cette œuvre s’inscrit dans la tradition des aquarelles de voyage et des vues topographiques réalisées durant l’entre-deux-guerres dans les territoires français d’outre-mer. C'est un témoignage visuel authentique de la baie de Fort-de-France en 1925, à une époque où Schœlcher était encore un bourg peu développé. Bon état de conservation. Quelques rousseurs.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

ROUME (Philippe-Rose).

Pétition adressée à l'Assemblée Nationale, par Philippe-Rose Roume, commissaire-ordonnateur de l'île de Tabago, et soldat dans la garde nationale de Paris; chargé par le ministre de la marine de répondre aux réclamation des hypothècaires Anglais.

S.l., 1791. In-8 de 10-(1) pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre marron (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. L'auteur, commissaire-général et ordonnateur de Tobago fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations, et dans cette pétition, il demande à l'assemblée de l'examiner avec impartialité. Inconnu de Monglond. — Roquincourt, 2871. — Sabin, 73470.

[SAINT-DOMINGUE].

[Compte-rendu des séances de l’Assemblée de Saint-Marc].

[Saint-Marc, 21 ou 22 mai 1790]. Manuscrit in-4 (22,3 x 19 cm) de 15 pp.; broché, rubans de soie bleue, date de réception du 22 mai notée en première page.

Les délibérations de l’Assemblée de Saint-Marc. Ce manuscrit contient le compte-rendu des séances de l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue, dite «Assemblée de Saint-Marc», entre les 18 et 20 mai 1790. Il est question des sujets suivants: démission de certains membres, du fait de leur appartenance au pouvoir judiciaire; remise des croix de Saint-Louis par les députés et refus de certains d’entre eux de le faire; demande des pensionnaires du couvent du Cap qui souhaitent rentrer dans leur famille; notification au général des décrets concernant les concessions et les réunions; transcription des décrets concernant le pouvoir judiciaire (18 mai). Le lendemain: requête du nommé Bigot, mulâtre, qui demande à passer en France pour cause de maladie, et accord de l’Assemblée à ce sujet, contre l’avis du gouverneur; lecture des pouvoirs des députés des Gonaïves; comparaison de M. de Sainte-Croix (ancien commandant au Môle), lecture de son mémoire justificatifet envoi de commissaires au Môle pour vérifier les faits à charge et à décharge; contestation de l’Assemblée au sujet d’une distribution de croix de Saint-Louis décidée par le ministre(19 mai). On relève ensuite: suppression des états-majors des places, officiers d’administration, commandants de paroisses et comités paroissiaux, fonctions qui doivent être attribuées aux municipalités; troubles à Port-au-Princeet destruction de son comité; établissement des municipalités, celles-ci ayant autorité sur les troupes réglées; soutien apporté à l’Assemblée par la commune de Saint-Marc, puis démenti de celle-ci; demande de quête pour le Régiment de chasseurs, afin d’organiser une fête, etc. (20 mai). A la fin: «M. Caradeux a averti l’Assemblée qu’on lui mandoit du Pt au Prince que Mr. le général partoit pour France sous 15 jours sur la frégate l’Engageante…». Ce voyage n’eut pas lieu; resté dans la colonie, le comte de Peynier dissoudra l’Assemblée de Saint-Marc à la fin du mois de juillet 1790. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE].

Copie de la lettre par les députés du petit Goave à l’Assemblée générale de la partie française de St. Domingue, aux membres du Comité du petit Goave.

Saint-Marc, 14 mai 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 19,9 cm) de 3 pp. sur une feuille double.

L’Assemblée de Saint-Marc s’oppose au comte de Peynier. Cette lettre (ici en copie), rédigée par les députés du Petit-Goâve à l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue (ou Assemblée de Saint-Marc), contient un résumé des séances qui eurent lieu les 11, 12 et 14 mai 1790. Il est d’abord question de la façon de voter au sein de l’Assemblée, du paiement des gratifications, de la remise des bordereaux de recette et de dépense au Comité des finances (11 mai), puis de l’organisation des tribunaux, des plaidoiries, des jugements, des appointements des conseillers, etc. (12 mai). Vient ensuite la séance du 14 mai, où l’Assemblée de Saint-Marc montre son opposition au gouverneur: «Lecture d’une lettre de Mr. de Proissy qui refuse d’obéir au décret qui le concerne en date du 4 may. Lecture d’une lettre de Mr. de Peinnier [sic] qui s’oppose aux décrets relatifs à MM. de Proissy et Auger, commandants à Jacmel; l’épée est tirée du fourreau. Il étoit écrit que nous aurions à conquérir notre liberté, que Dieu nous aide! Nous ne pouvons pas vous rendre compte de la lettre entière du général; mais ce sera vous en donner une idée, que de vous dire qu’il ne nous reste d’autre parti à prendre que celui de la guerre, si Monsieur de Peinnier ne se rétracte pleinement…». «L’agitation et le tumulte n’ont pas permis de prendre une détermination définitive. Mr. de La Chevalerie a proposé une copie de lettre à écrire au général. Cette lettre pleine d’énergie a été adoptée […]. Il nous est impossible de vous rendre compte des sentimens divers que ces lettres ont fait naître, tout le monde craint dans ce moment l’exécution du projet manifesté par des dispositions secrètes, de la part du général, de se retirer au Môle. On débite depuis hier que cent hommes sont partis du Port-au-Prince pour se rendre en cette ville…». Les auteurs de cette lettre sont Chanuaulme, Gaudin, Bernard et Delaumaray. Entrée en dissidence, l’Assemblée de Saint-Marc sera finalement dissoute par le gouverneur Peynier le 29 juillet 1790. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE].

Extrait des registres de la Compagnie des Volontaires du Port au Prince.

[Port-au-Prince], 20 juillet 1790 (date à la fin). Manuscrit in-folio (31,5 x 20,4 cm) de 4 pp. sur deux feuilles doubles; date erronée «16 juillet 1790» en première page.

L’Assemblée de Saint-Marc dissout la Compagnie des Volontaires de Port-au-Prince. Le 16 juillet 1790, l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue, dite «Assemblée de Saint-Marc», avait prononcé la dissolution de la Compagnie des Volontaires de Port-au-Prince, une milice qui avait été créée afin de veiller au maintien de l’ordre. Cet extrait, ici en copie conforme, est divisé en deux parties. La première reprend le texte du décret de l’Assemblée qui dissout cette milice: «Considérant que c’est à elle seule qu’il appartient d’y organiser la force publique, de même que les autres pouvoirs; considérant enfin les troubles que la nouvelle corporation formée au Port au Prince sous le nom de Volontaires a déjà excité dans ladite ville; décrète que la corporation dont il s’agit sera et demeurera supprimée, déclare déchu du droit de citoyen actif pendant dix ans tout membre de ladite corporation qui ne se réunira pas aux Gardes nationales…». L’Assemblée menace aussi d’engager des poursuites contre le gouverneur, le comte de Peynier, et contre le commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit. Dans la seconde partie, les Volontaires témoignent de leur patriotisme: «La Compagnie [considère] qu’elle ne s’est formée que dans le dessein de maintenir la sûreté et la liberté individuelle, le repos public, le respect pour les lois existantes et la soumission aux décrets de l’Assemblée nationale…». Puis ils contestent le décret de l’Assemblée de Saint-Marc, qu’ils considèrent comme illégal: «Si l’Assemblée de St Marc se trouve confirmée par une pluralité apparente, elle n’a pas acquis pour cela plus de pouvoirs que ne lui en confère l’Assemblée nationale […], que dès lors il ne lui appartient point le droit d’organiser aucun pouvoir, et bien moins encore la force publique, qui ne peut dépendre d’une assemblée purement consultative, qu’il ne lui appartient pas davantage de prononcer sur aucun corps, ni sur aucun individu, de statuer des peines et de priver un citoyen du droit actif qu’il tient principalement de sa qualité de Français…». En conclusion, la Compagnie des Volontaires continuera d’exister et réaffirme sa fidélité au roi et au gouverneur. Par ailleurs, elle invite les Gardes nationales à s’unir à elle et à se dégager de ses liens avec l’Assemblée de Saint-Marc. Les auteurs de cette déclaration sont Arnaud, président; Couarde La Villegay, vice-président et Brachet, secrétaire.

[SAINT-DOMINGUE].

Lettre non signée au comte de Peynier.

Les Cayes, 8 août 1790 (date erronée 8 avril au début). 3 pp. in-4 (24,2 x 18,3 cm) d’une petite écriture, sur une feuille double.

Longue lettre anonyme prenant la défense des colons après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc, le 29 juillet 1790. L’auteur reproche au gouverneur de s’être entouré de mauvais conseillers: «Je vous écris plein de respect & de vénération pour vous eu égard à toutes les actions de votre vie avant votre arrivée en ce paÿs & plein de douleur des scènes de dissensions et même meurtrières qui y sont survenues depuis que vous y êtes. Je vous conjure […] de nous sauver nous et la mère patrie des perfides insinuations de quelques gens entrant en votre conseil qui n’ont certainement d’autres vuës que d’ajouter aux calamités de la nation par la ruine totale & même la destruction de ses colonies, c’est là l’aveu non équivoque de la Société dite Les amis des Noirs…». Puis il conteste toute velléité d’indépendance de la part des colons: «Il faut partir d’après des principes bien certains, c’est que l’indépendance à laquelle vous dites que la colonie aspire est une chimère et que vous le savez vous-même & certainement encore la France notre mère patrie ne perdra jamais par là ses colonies mais bien par le fait de la cabale où vous vous êtes engagé sans le savoir, vous monsieur le comte, monsieur Coustard et peut-être quelqu’autre…». Il fait ensuite allusion à la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc: «Faites cesser nos appréhensions de voir renouveler la scène d’horreur du 29 juillet…», en reconnaissant toutefois que les décrets de l’Assemblée générale de Saint-Domingue doivent être approuvés à Paris. Il termine sa lettre en critiquant à nouveau le gouverneur: «Démêlez le langage de la vérité d’avec les conseils faux & perfides que quelques personnes de votre conseil vous donnent et votre nom sera béni. Mes avis seuls ne pourraient changer les travaux de l’Assemblée générale, que mes supplientions [sic] arrêtent au moins vos démarches hostiles et sanguinaires des déprédateurs qui vous entourent…». Protestant de la fidélité des habitants de Saint-Domingue à la métropole, il souhaite que les troubles de la colonie soient apaisés par un décret de la nation. Nommé gouverneur de la partie française de Saint-Domingue (actuelle République d’Haïti) le 1er juillet 1789, le comte de Peynier dut affronter les premières révoltes survenues dans la colonie, ainsi que l’hostilité de l’Assemblée générale de Saint-Domingue, dite Assemblée de Saint-Marc, qui sera finalement dissoute le 29 juillet 1790. Document bien conservé. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE].

Loi relative à l'envoi dans la colonie de Saint-Domingue, de trois commissaires civils, pour y maintenir l'ordre & la tranquillité publiques.

Dijon, Imprimerie de Capel, 1791. In-4 de 3 pp., broché.

Loi du 11 février 1791 qui décida d'envoyer à Saint-Domingue trois commissaires pour y rétablir l'ordre, et avec "tous pouvoirs […] même celui de suspendre […] les jugemens des affaires criminelles qui auroient été intentés à raison des troubles". Il est également spécifié que l'assemblée coloniale devra attendre l'arrivé des commissaires avant de "mettre à exécution aucun de ses arrêtés sur l'organisation de la colonie". Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or? Roquincourt, 5135.

[SAINT-DOMINGUE].

Proclamation du roi, sur un décret de l'Assemblée Nationale, relatif à l'insurrection qui a eu lieu à bord de deux vaisseaux de l'escadre de Brest.

Dijon, Imprimerie de Capel, 1790. In-4 en feuille de 3 pp., broché.

Proclamation du 21 septembre 1790 au sujet de troubles survenus à Brest après l'arrivée du navire le Léopard, en provenance de Saint-Domingue avec 85 membres de l'assemblée coloniale dite de "Saint-Marc", venus défendre les intérètes des colons devant l'Assemblée. La proclamation décrète qu'il faut "poursuivre & juger suivant les formes légales les principaux auteurs de l'insurrection", "désarmer le vaisseau le Léopard & en congédier l'équipage", et enfin " faire sortir de Brest […] les individus appartenant au régiment du Port-au-Prince arrivés à bord dudit vaisseau". Bon exemplaire. Roquincourt, 5547.

[SAINT-DOMINGUE] — ATTEL (le chevalier d’).

Lettre autographe signée [au comte de Peynier].

Habitation Borgella, 2 mai 1790. 1 p. in-4 (23,9 x 19,5 cm) sur une feuille double.

La révolte des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 entre un mulâtre et l’économe gérant d’une habitation du Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel évoque la recherche des suspects ainsi que les événements survenus sur d’autres habitations: «Je [ferai] exhumer, en présence de bas-officiers de mon détachement, les corps des deux Blancs assassinés sur l’habitation Borgella & d’en dresser un procès-verbal […]. Nous n’avons rien appris relativement aux mulâtres en fuite; si l’on peut s’en rapporter à ceux de leurs esclaves que l’on a arrêtés, partie d’entre eux se sont réfugiés avec leurs femmes chez les Espagnols & les autres courent les mornes du Pays-Pourri…». Il ajoute: «Toutes les cases, purgeries & moulins à sucres des trois habitations Renaud, Desmarc & Poisson ont été entièrement brûlées. J’ai pris tous les moyens possibles pour avoir des renseignements sur les attroupements que pouvaient faire les mulâtres des quartiers voisins. J’ai fait mettre à la barre les esclaves arrêtés sur les trois habitations incendiées; comme ils sont à charge, parce qu’il faut des sentinelles pour les garder, je désire qu’il soit donné des ordres pour les transporter ailleurs…». Propriétaire d’une habitation-sucrerie au Fond-Parisien, Bernard Borgella de Pensié fut maire de Port-au-Prince en 1797 et rédigea la Constitution de Toussaint Louverture en 1801 (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Quant au chevalier d’Attel, il pourrait être un parent de Louis Alexandre, baron d’Attel de Luttange-Weinsberg, major du régiment d’Auxerrois, originaire de Luttange, dans le diocèse de Metz. Cf. Plancard (Frédéric), Jean-François Didier d’Attel de Luttange (1787-1858), éditions de l’Université de Lorraine, 2017. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE] — ATTEL (le chevalier d’).

Procès-verbal de la prise du nommé Emmanuel, grif, se disant espagnol. Pour copie conforme à l’original.

S. l., 5 mai 1790. 3 pp. in-4 (22,8 x 18,6 cm) sur une feuille double.

L’interrogatoire d’un suspect lors de l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. En avril 1790, un incident eut lieu sur l’habitation Borgella, située au Fond-Parisien, près de Port-au-Prince. A la suite de cet événement, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel se mit à la recherche des auteurs de ces troubles. Il relate ici l’interrogatoire d’un «grif», c’est-à-dire une personne dont l’un des parents était mulâtre, et l’autre noir. «Au passage de la rivière du Pot-de-Chambre, un grif, armé d’un fusil et d’une manchette, donna par mégarde dans l’avant-garde, laquelle l’arrêta. Interrogé par le commandant de la patrouille, il s’exprima en espagnol, et s’obstina à ne répondre qu’en cette langue; la violence ayant été employée, il dit en jargon créole s’appeler Emmanuel, qu’il étoit espagnol et à gages sur l’habitation François, & que les mulâtres lorsqu’ils en eurent tué l’économe (Jacques Méger), le forcèrent à faire route avec eux. Interrogé pourquoi il étoit à pareille heure proche de la rivière, a répondu que les mulâtres l’avoient envoyé à la découverte afin de savoir si la troupe étoit encore sur l’habitation Borgella, et ce qu’elle y faisoit». «Questionné sur le lieu où étoient les mulâtres & leurs noms: a dit qu’ils étoient sur le chemin allant à l’espagnol, qu’ils étoient au nombre de dix armés de fusils et de manchettes, une de leurs femmes et plusieurs Nègres portant des enfans et du bagage. Quant aux noms des hommes armés, il les nomma ainsi qu’il suit: 1. Jean Louis Beaugé, mulâtre (c’est lui qui a tué Jacques Méger). - 2. Pierre Poisson. - 3. Paris Poisson. - 4. Jean Poisson. - 5. Nicolas, grif, de l’habitation Poisson. - 6. Gabriel, Nègre, de l’habitation Poisson. - 7. Buisson Desmares, mulâtre. - 8. Babo, Nègre libre des Poisson. - 9. Desruisseaux, mulâtre de l’habitation Renaud. - 10. Férier Robin, mulâtre de la même habitation…». Le procès-verbal précise aussi que les esclaves et une Négresse se disant libre ont été arrêtés sur les habitations Desmares, Poisson et Renaud. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE] — CHACHEREAU.

Copie de la lettre de M. Chachereau à M. de Mauduit en datte du Port au Pce le 12 7bre 1790.

Port-au-Prince, 11 octobre 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 20,2 cm) de 4 pp.; sur une feuille double.

Une tentative de subornation de soldats à Saint-Domingue. Commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit avait demandé des renseignements sur deux suspects nommés L’Esprit et Lafond. La présente lettre, ici en copie conforme signée Mauduit, contient la réponse de son correspondant: «J’ai appris que ces deux hommes ont été arrêtés comme suspectés d’avoir cherché les moyens de suborner les soldats du régiment et ceux du détachement du Cap avec lesquels ils ont été surpris […]. Le sieur L’Esprit, entr’autres, s’est montré dans toutes les occasions un des fauteurs de tous les désordres qui ont été fomentés dans le Comité de cette ville […]. Il a été remarqué parmi ceux qui ont cherché à séduire et corrompre les soldats du régiment et à les exciter à l’insubordination. J’ai sçu que cet homme qui naturellement en vain s’est répandu avec les soldats, les a suivis et attirés dans des lieux publics comme billards et cabarets […]. Quant au sieur Lafond j’ai sçu que depuis l’arrivée du détachement du Cap en cette ville, il a reçu plusieurs soldats de ce détachement à sa table sans en être connu et sans les connoître, qu’il les a engagés à lui amener plusieurs de leurs camarades, qu’il leur a tenu des discours capables d’éteindre en eux le sentiment de leur devoir […]. Je crois que ces deux personnages et plusieurs autres qui dans cette ville sont animés des mêmes principes peuvent y être dangereux et qu’il est urgent de les mettre dans l’impuissance de consommer la défection des troupes qu’ils ont commencée…». L’auteur de cette lettre pourrait être Etienne Chachereau, né à Thouars en 1745 et installé à Saint-Domingue comme avocat, ou son fils Charles Chachereau, procureur du roi à Saint-Domingue, puis avocat au Grand Conseil de Saint-Domingue. Le destinataire, Thomas Antoine de Mauduit du Plessis, né à Hennebont en 1753, s’était illustré pendant la guerre d’Indépendance américaine avant d’être nommé colonel du régiment de Port-au-Prince. Ayant refusé d’appliquer les décrets de l’Assemblée nationale, il sera assassiné par ses propres soldats en mars 1791.

[SAINT-DOMINGUE] — HANUS DE JUMECOURT (Charles Arnould Ignace.

Lettre autographe signée au comte de Peynier.

Au Cul-de-Sac, 26 septembre 1790. 2 pp. in-4 (25,5 x 20,5 cm) sur une feuille double; date erronée «26 oct. 1790» en première page.

Le retour des fugitifs après l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 sur une habitation du Fond-Parisien, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et des Blancs furent assassinés. L’insurrection fut réprimée par le chevalier d’Attel et de nombreux insurgés partirent se réfugier dans la partie espagnole de Saint-Domingue. Cette lettre évoque le retour de deux d’entre eux: «Les nommés Jean et François Poisson, mulâtres du Fond-Parisien, fugitifs à l’occasion des troubles arrivés dans ce quartier, viennent de se présenter pour demander permission de rentrer chez eux, ainsi que leurs femmes, leurs enfans et leur Nègres; je les ai jugés innocens des malheurs arrivés au Fond-Parisien et en leur permettant d’y retourner et d’y reprendre leurs cultures sous la sauvegarde de la paroisse et des officiers du district du Fond de la Plaine […], je les ai soumis à se présenter au Port au Prince, lorsqu’ils en seront requis par le ministère public pour y être déchargés du décret rendu contre eux». Jumécourt demande ensuite au gouverneur d’écrire au président espagnol de Santo Domingo afin de permettre le retour des familles de Jean et François Poisson; il lui demande aussi d’établir des certificats afin que Jean et François ne soient pas inquiétés par la maréchaussée. Né à Nancy en 1749, Hanus de Jumécourt servit sous les ordres de Rochambeau pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il devint ensuite capitaine au régiment d’Auxonne, puis commandant de la Garde nationale et maire de la Croix-des-Bouquets, où il possédait une plantation située au Cul-de-Sac. Député à l’Assemblée coloniale, il fut l’ennemi des autonomistes de l’Assemblée de Saint-Marc. Il mourut à la Jamaïque en 1798 (source: sites domingino.de et academie-stanislas.org).

[SAINT-DOMINGUE] — MONTULLE (Jean Baptiste Hyacinthe de).

Coppie des propositions faites à Mr le comte de Peinier par l’Armée patriotique de la partie françoise de St. Domingue campée à Léoganne [sic].

Léogane, 19 août 1790. Manuscrit in-folio (32,6 x 21,3 cm) de 6 pp., signé en dernière page; sur deux feuilles doubles.

L’Armée patriotique du baron de Montullé. Après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc et la dispersion de ses députés dans la nuit du 29 au 30 juillet 1790, des groupes armés restés fidèles à cette assemblée se constituèrent. L’une de ces milices, constituée d’habitants de la partie du Sud et de quelques paroisses de l’Ouest, se rassembla à Léogane sous le nom d’Armée patriotique commandée par le baron de Montullé. Dans le présent document, en copie conforme, ce dernier propose un accord pour retirer ses troupes de Léogane, en échange d’une réduction des pouvoirs du gouverneur: «Art. 1er. Tous les prisonniers et otages de part et d’autre seront remis en liberté. - Art. 2. Il ne sera formé aucune autre assemblée générale […] jusqu’à ce que l’Assemblée nationale fasse connnoître à la colonie son vœu et ses décrets sur les travaux de nos représentans […]. - Art. 5. M. le comte de Peinier ne pourra envoyer aucun détachement des troupes de ligne de la colonie, dans les villes et campagnes s’il n’en est requis par les municipalités. - Art. 6. M. le Cte de Peinier ne pourra envoyer dans aucune ville une garnison des troupes de la colonie plus forte que celle établie ci-devant, à moins qu’il n’en soit requis par les officiers municipaux et le cas de guerre excepté […]. - Art. 8. Tout militaire qui aura quitté ses drapeaux sera libre de rejoindre et ne pourra dans aucun cas être poursuivi comme déserteur […]. - Art. 12. On remettra à tous les citoyens les armes qui leur ont été ôtées…». L’accord sera finalement signé le 23 et l’Armée patriotique se retirera de Léogane le 26 août. Compte tenu des troubles fréquents survenus dans la colonie, et constatant que le contrôle de celle-ci lui échappait peu à peu, le comte de Peynier demanda et obtint son rappel en France vers la fin de 1790. Né à Paris en 1757, Jean Baptiste Hyacinthe de Montullé fut sous-lieutenant en 1774, capitaine dans le régiment d’Orléans-Cavalerie en 1777, capitaine commandant en 1784, chef d’escadron en 1788 et aide-major de place au Cap en 1789. Démissionnaire en mai 1790, il prit la tête d’une milice nomméeArmée patriotique et mourut en 1826. Fils de Jean Baptiste François de Montullé et d’Elisabeth Haudry, il avait épousé en 1787 Marie Louise Glaise de Maisonseule dont il eut un fils, Jean Baptiste Hyacinthe Barthélémy de Montullé, né à Port-au-Prince en 1791 (sources: Archives nationales d’Outre-Mer; Généalogie et Histoire de la Caraïbe).

[SAINT-DOMINGUE] — MOYSE (Hyacinthe).

Lettre signée au citoyen Gassonville.

Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.

Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.

[SAINT-DOMINGUE] — PLEMONT (de).

Lettre autographe signée au chevalier d’Attel.

Pays-Pourri, 3 mai 1790, à 11 h du matin. 2 pp. in-4 (21 x 16,3 cm), adresse.

La recherche des mulâtres insurgés. En avril 1790, des mulâtres assassinèrent quatre Blancs au Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince. Ils s’enfuirent, pour certains, dans la partie espagnole de Saint-Domingue, et, pour d’autres, au Pays-Pourri, près de la frontière espagnole. Le chevalier d’Attel, destinataire de la présente lettre, fut envoyé à leur recherche, d’abord au Fond-Parisien, puis au Fond-Verrette: «Un Nègre d’un habitant du Pays-Pourri ayant été pris par nos mulâtres à craindre, et qui s’est heureusement sauvé, vient de nous rapporter […] que le nombre des mulâtres s’est considérablement augmenté. Il en a compté 32 tous armés, et en outre un grand nombre de Nègres; leur gîte dans le bois est proche de l’habitation Coustard […]. Si vous demeurez quelques heures, il est très possible que vous les voyez défiler par le Fond-Verrette pour se rendre à l’espagnol car tel est leur dessein…». L’auteur de cette lettre était peut-être un parent de Joseph Bonne Hilaire Parisot de Plémont, propriétaire d’une caféterie et d’une cotonnerie (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Commandant le détachement au Fond-Verrette, le chevalier d’Attel semble apparenté à la famille d’Attel de Luttange, originaire de Lorraine. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[SAINT-DOMINGUE] — RIVOIRE.

Lettre autographe signée.

La Grande Anse, 23 juillet 1770. Petit in-folio (33,7 x 21,5 cm) de 4 pp. ; traces de plis.

Intéressant témoignage sur le tremblement de terre du 3 juin 1770. L’auteur, un négociant établi dans le sud de la colonie, décrit ce qu’il a observé lors de cet événement : « Je me promenois avec deux autres personnes devant mon magasin lorsque j’entendis un bruit sourd et violent, qui venoit du fond de la maison et en même tems le mouvement de la terre, je courus du côté du bord de la mer, le mouvement devint si violent que couché ventre à terre je roulois comme une boule, je me retenois à tout ce que je pouvois […]. Dans le moment toute la ville vint bas, ainsi que ma maison ras terre, la poussière fut si épaisse qu’il n’étoit pas possible de bouger de place. La terre se fendoit, et s’ouvroit de tous côtés autour de moy, il ne restoit d’autre espérance que d’être englouty ou par la terre, ou par la mer. Les cris de miséricorde mon Dieu étoient épouvantables. Lorsque la poussière me permit d’ouvrir les yeux, je cherchois à gagner les hauteurs… ». Après une nuit passée à la campagne, il retourne le lendemain sur l’emplacement de sa maison où il retrouve son personnel : « Mes commis et domestiques me joignirent. Les larmes alors me vinrent aux yeux tant par l’affreux spectacle que le jour éclairoit que de joye intérieure de voir que personne de ma maison n’étoit tué… ». Ne pouvant régler ses créanciers, il demande à son correspondant de lui faire payer la moitié ou du moins le tiers de ses « malheureux papiers du Mississipi », ou de les remettre à une personne qui pourra les négocier. Le tremblement de terre du 3 juin 1770 eut lieu à 7 heures 15 du soir, avec deux secousses de 4 minutes environ à Port-au-Prince et dans les régions du sud, provoquant la destruction des villes. Document très lisible.

[SAINT-DOMINGUE] — VILLARS (Claude Joseph Dubreuil de).

Lettre autographe signée [au comte de Peynier].

Léogane, 4 août 1790. 8 pp. in-4 (22,2 x 18,7 cm); sur deux feuilles doubles.

Longue lettre sur la situation à Léogane, peu après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc. Commandant à Léogane, Villars rend compte de l’ambiance qui règne dans cette ville, située à 20 km à l’ouest de Port-au-Prince, quelques jours après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc par le comte de Peynier. «Les esprits léoganais […] ne se sont pas refroidis longtems. Les voilà plus exaltés que jamais. La cause en est dans les adresses exécrables arrivées de St. Marc et dans la relâche et station non moins criminelles du vaisseau le Léopard. Longpré et Jolinger ont profité de cette dernière nouvelle pour rallumer le feu de la discorde. Ils ont tellement séduit le peuple et jeté la terreur dans la ville qu’il n’y paraît plus qu’une seule volonté, celle de se sacrifier pour soutenir l’insurgence et les crimes de l’Assemblée générale…». Il ajoute: «Le Petit Goave vient d’envoyer ici une adresse. Il y reproche à Léogane sa faiblesse, sa pusillanimité, son empressement à désarmer et il lui annonce que tous ses braves vont venir se réunir ici en conformité du décret de St. Marc. Si cette démarche du Petit Goave s’effectue, il n’y aura plus de sûreté à Léogane pour personne. Les assassins de Ferrand de Baudière exciteront certainement le meurtre et les exécutions. Mes enfans m’inquiètent: si je les enlève et que je m’éloigne avec eux, on croira que c’est la crainte qui m’a fait fuir…» (pp. 1-2). Villars évoque ensuite le baron de Montullé: «Il semble vouloir revenir à ce qu’il doit à son nom, à son état et à son honneur. Cette espèce d’indécision le rend suspect, on l’accuse de vouloir ménager tous les partis». Il est aussi question de certains notables de Léogane, qui ont immédiatement renvoyé les proclamations du gouverneur, montrant ainsi leur hostilité au représentant du roi. La lettre s’achève par un post-scriptum où il est question des députés de l’Assemblée de Saint-Marc: «Une goélette mouillée avant-hier soir ici a rapporté qu’elle avait pris à St. Marc deux députés de l’Assemblée générale qui avaient déclaré venir au Port au Prince à l’effet de s’y embarquer pour France sur le Léopard. Ces députés, dont je n’ai pu jusqu’ici découvrir les noms, avaient prétexté sans doute ce voyage en France pour couvrir leur intelligence et leurs trames avec l’équipage du vaisseau. La goélette ayant rencontré à la mer le Léopard, y a déposé les deux députés… ». Né en 1744 à la Nouvelle-Orléans, Claude Joseph Dubreuil de Villars fut lieutenant en second à la Guadeloupe, puis capitaine d’une compagnie d’artillerie à Saint-Domingue. Devenu lieutenant-colonel, il commanda les troupes de Léogane. Banni de l’île par les commissaires de la République, il passa à la Jamaïque, prit le parti des Anglais et retourna dans la colonie lors de l’occupation britannique. Au départ de ces derniers en 1798, il regagna la Louisiane et mourut à la Nouvelle-Orléans en 1808. Source: geneanet.org.

[SAINTE-LUCIE] — BELLIN (Jacques-Nicolas).

Carte de l'isle de Sainte Lucie.

1763. En 8 sections montées sur toile et pliées, formant une carte de 59,2 x 90,2 Cm ; titre manuscrit à l'encre au dos.

Belle et grande carte de Sainte-Lucie, île des Antilles située entre la Martinique et Saint-Vincent. Elle est ornée d'un beau cartouche de titre décoré des armoiries royales, et d'une rose des vents indiquant le nord, placé à gauche de la carte. L'île est divisée en deux parties : Basse Terre à l'ouest, et Cabesterre à l'est. Trois symboles désignent les endroits où les gros vaisseaux et les petits bâtiments de 40 à 50 tonneaux peuvent mouiller, ainsi que les terrains défrichés où l'on a planté anciennement du manioc et du mahy. La partie haute de la carte est occupée par trois plans : plan du port du Carénage, au nord-ouest de l'île, renommé Castries en 1785, et aujourd'hui capitale de Sainte-Lucie ; plan du cul de sac des Roseaux, à l'ouest ; et un plan des mouillages du Grand Islet et du Choc, au nord-ouest de l'île. À l'intérieur de l'île, très peu détaillé, on peut voir le volcan de la Soufrière. La carte a été dressée par Jacques-Nicolas Bellin. Ingénieur hydrographe français, IL entra en 1721 au Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, créé en 1720 par le Régent. C’est grâce à lui que le Dépôt de la Marine, constitué à partir des archives de la Marine, devint l’une des plus belles collections d’Europe. Il publia de nombreux ouvrages et atlas tels que la Description géographique de la Guyane en 1763 ou le Neptune François en 1773. Très bon exemplaire. Deux petites taches dans le coin inférieur droit. Tooley, MCC n°81, Printed maps of St. Kitts, St. Lucia and St. Vincent, p. 11.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VILLARET-JOYEUSE (Thomas).

Discours sur l'importance des colonies & les moyens de les pacifier.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 (1797). In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 31 mai 1797, par Thomas Villaret-Joyeuse, député du Morbihan et membre de la commission des colonies. Il avait un frère qui possèdait une plantation à l'île Maurice, et était le principal porte-parole des colons esclavagistes au Conseil des Cinq-Cents. Dans son discours, l'auteur demande que Saint-Domingue soit déclarée en état de siège et que le pouvoir y soit remis aux autorités militaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8359. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 99561.