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RIVIÈRE (B.).

Notes et observations sur les colonies françaises des Antilles, et particulièrement sur Cayenne, avec la comparaison de ses produits à ceux des autres colonies.

Bordeaux, Pierre Beaume, mai 1825. In-8 de (2) ff., ij-30 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition. Présentation des avantages de la colonie de Guyane qui réunie "toutes les conditions qui doivent un jour la rendre la plus importantes de nos colonies (page 20). Exemplaire du directeur des douanes de Bordeaux Mr Charles des Moulins. Ce dernier fut également par la suite botaniste et malocologiste, et président de la Société linnéenne de Bordeaux. Quelques corrections autographes de l'auteur avec sa signature. Inconnu de Sabin.

ROCHET d'HERICOURT (Charles-Xavier).

Voyage sur la côte orientale de la mer Rouge, dans le pays d’Adel et le royaume de Choa.

Paris, Arthus Bertrand, 1841. In-8 de (2) ff., xxiij-(1)-439 pp; demi-veau brun, dos lisse orné, pièce de titre de veau noir, tranches marbrées (reliure de l’époque).

Première édition, peu commune, illustrée de 12 planches lithographiées (portrait, vues, objets et outils), et d'une grande carte dépliante. Négociant et aventurier, Rochet d’Héricourt fut le premier à ouvrir la route du Choa, itinéraire le plus court entre le golfe d’Aden et l’Éthiopie centrale. Parti du Caire en février 1839, il gagna Moka en cabotant et en recueillant de précieuses informations sur le commerce et la navigation en Mer Rouge. Arrivé à Tadjoura, il décida de pénétrer en Éthiopie par le Choa plutôt que par la route habituelle de Massaouah, puis se rendit au pays des Adel et la ville d'Ankober, où il fut accueilli par le roi. Il y séjourna presque une année avant de revenir en France en 1840. Il fut reçu au Ministère de la Guerre, des Affaires Étrangères et du Commerce où il recommanda l'installation de comptoirs français dans cette région. Excellent observateur, il s’intéressa surtout aux hommes, à leurs mœurs, leurs institutions, leurs religions, ainsi qu’aux problèmes politiques et économiques. On trouve, pages 371 à 432, un recueil de mots arabes, amharas et gallas employés usuellement dans la conversation. Bon exemplaire comportant un envoi autographe signé de l'auteur à "monsieur Eyries, membre de l'Institut". Rédacteur, traducteur de récits de voyages, et géographe, Jean-Baptiste Eyriès fonda, en 1807, avec Conrad Malte-Brun, les Annales des Voyages. Il fut membre fondateur de la Société de Géographie de Paris en 1821, président de la commission centrale de cette société savante en 1826, et fut élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1839. Cachet armorié à sec de la famille Journu sur une page de garde. La famille Journu est une famille subsistante de la noblesse française. Elle compte parmi ses membres de nombreux négociants et armateurs bordelais. Originaire de Villefranche-sur-Saône, elle s'installa dans la ville de Lyon, puis dans celle de Bordeaux au début du XVIIIesiècle. Elle se lança alors dans le négoce et dans l'armement de navires vers les Indes et les Antilles, et obtint rapidement une place distinguée dans la bourgeoisie bordelaise. Quelques rousseurs. Gay, 115. — Numa Broc, Afrique, 289.

ROGER (Eugène).

La Terre Sainte, ou description topographique très particulière des saints lieux et de la terre de promission. Avec un traité de quatorze nations de différentes religions qui l'habitent, leurs mœurs, croyance, cérémonies et police. Un discours des principaux points de l'Alcoran, et ce que les Santons leur prèchent dans les mosquées. L'histoire de la vie et mort de l'émir Fechrredin, prince des Druses. Et une relation véritable de Zaga-Christ prince d'Éthiopie, qui mourut à Ruel près de Paris l'an 1638.

Paris, Antoine Bertier, 1664. In-4 de (10) ff., 498-(29) pp.; demi-basane fauve à petits coins de vélin vert, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure début XIX° siècle).

Seconde édition illustrée de 37 figures gravées dans la pagination (dont une carte dépliante, 17 plans et vues de monuments; et 19 costumes). Le frère Eugène Roger, de l'ordre des Récollets, séjourna en Palestine durant cinq années où il put étudier la région, ainsi que les différentes communautés qui y vivaient : Druses, Maronites, Arméniens ou encore Géorgiens. Bon exemplaire. Coiffes et coins frottés, petites éraflures sur les plats. Atabey, 1051. — Blackmer, 1443. — Hage Chahine, 4108. — Röhricht, 248. — Tobler, 100. — Weber, II, 304.

ROUME (Philippe-Rose).

Pétition adressée à l'Assemblée Nationale, par Philippe-Rose Roume, commissaire-ordonnateur de l'île de Tabago, et soldat dans la garde nationale de Paris; chargé par le ministre de la marine de répondre aux réclamation des hypothècaires Anglais.

S.l., 1791. In-8 de 10-(1) pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre marron (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. L'auteur, commissaire-général et ordonnateur de Tobago fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations, et dans cette pétition, il demande à l'assemblée de l'examiner avec impartialité. Inconnu de Monglond. — Roquincourt, 2871. — Sabin, 73470.

[SAINT-DOMINGUE].

[Lettre sur l’habitation Chaussée].

[Nantes], [vers 1825]. 2 pp. petit in-4 (20 x 15,7 cm) ; sur une feuille double, ratures et corrections.

La difficile succession d’une habitation de Saint-Domingue. Brouillon d’une lettre écrite par l’un des héritiers de l’habitation Chaussée, à Saint-Domingue, au moment du versement des indemnités accordées aux anciens colons : « Nous avons cédé un peu bénévolement nos droits à la moitié des 12784,77 que nous laisse l’obligation de 1791 : mais enfin nous acceptâmes la proposition des héritiers Gerbier de nous en tenir au tiers en grand de l’indemnité, et bien certainement ma femme et moi eussions signé l’acte que vous nous avez soumis s’il nous eût accordé ce tiers. Les héritiers Gerbier élèvent de nouvelles prétentions au lieu de se considérer comme liés par notre acceptation… ». En conséquence, il renonce à accepter le tiers de la somme, et demande à nouveau la moitié de l’indemnité accordée. Il évoque ensuite une autre difficulté : « Il paraîtrait que les héritiers Gerbier n’ont pas été indemnisés sur Valière des Nègres y transportés de l’habitation Chaussée ? Il paraîtrait aussi que M. Chaussée depuis son acquisition fit valoir son habitation avec le tiers seulement des Nègres nécessaires à sa culture ? Est-ce possible ? … ». Une autre branche de la famille, les héritiers Lafaucherie, a aussi des droits sur la succession ; comme elle comprend des enfants mineurs en faveur desquels il pourrait se désister, il demande à son correspondant de lui fournir des renseignements sur leur position juridique. De plus, il existe une créance sur l’habitation qu’un autre héritier voudrait récupérer en partie : « Que veut dire cette réclamation si rigoureuse de M. Fairmaire pour le 1/10e des 60000 # des colonies ou 40000 f argent de France. C’était bien le moment d’être exigeant quand nous venions d’abandonner nos prétentions à la de l’indemnité ? Et puis les héritiers Gerbier peuvent-ils croire que nous devions toujours ces 60000 # ? Les héritiers Gerbier doivent être indemnisés en raison des droits […] et non en raison de la créance qu’ils avaient d’abord contre M. Chaussée ». Il pourrait s’agir de Nicolas Olivier Chaussée, né à Nantes en 1762, décédé avant 1798, propriétaire d’une caféterie à Saint-Domingue et qui émigra par la suite à Goshenhoppen, en Pennsylvanie (Etats-Unis). Sa sœur, Françoise Claudine Chaussée, née à Nantes en 1761 et morte à Paris en 1814, avait épousé en secondes noces Aimé Jean-Baptiste Gerbier de Vologé (sources : sites domingino.de et gw.geneanet.org). Cote d’inventaire ajoutée au début, probablement lors du dépôt des dossiers relatifs aux demandes d’indemnisation des anciens colons de Saint-Domingue. Intéressant document.

[SAINT-DOMINGUE].

Loi relative à l'envoi dans la colonie de Saint-Domingue, de trois commissaires civils, pour y maintenir l'ordre & la tranquillité publiques.

Dijon, Imprimerie de Capel, 1791. In-4 de 3 pp., broché.

Loi du 11 février 1791 qui décida d'envoyer à Saint-Domingue trois commissaires pour y rétablir l'ordre, et avec "tous pouvoirs […] même celui de suspendre […] les jugemens des affaires criminelles qui auroient été intentés à raison des troubles". Il est également spécifié que l'assemblée coloniale devra attendre l'arrivé des commissaires avant de "mettre à exécution aucun de ses arrêtés sur l'organisation de la colonie". Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or? Roquincourt, 5135.

[SAINT-DOMINGUE].

[Pièce signée concernant l’habitation Sacquenville].

Le Cap, 4 mars 1769. Manuscrit in-folio (37,2 x 22,8 cm) de (12) pp.; broché, rubans de soie verte, sceau de cire rouge en dernière page.

Le redressement d’une erreur dans les comptes d’une habitation. Propriétaires d’une habitation sucrière située sur la paroisse de l’Acul, à environ 10 km au sud-ouest du Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien), les héritiers Sacquenville, qui résidaient en France, avaient chargé la maison Auger, Andrieux et Cie, négociants au Cap, de la régie et de l’administration de leur exploitation agricole. Ces derniers ont géré eux-mêmes l’habitation, avant d’en confier la gestion à un négociant nommé Duplessis. Lorsque le temps de la régie fut expiré, les régisseurs durent rendre des comptes. On s’aperçut alors d’une erreur: «Par le compte rendu par le Sieur Duplessis il se trouva un article à la date du quatorze janvier mil sept cent soixante par lequel il étoit dit qu’il avoit payé au Sieur Boissou raffineur sur ladite habitation une somme de dix mil huit cens vingt cinq livres cinq sols huit deniers pour solde de ses appointements à compter du premier janvier mil sept cens cinquante sept jusques au quatorze janvier mil sept cens soixante…». Apparemment, Duplessis aurait payé en trop au Sieur Boissou une somme de 9 228 livres 7 sols et 4 deniers. Les héritiers Sacquenville se retournèrent contre Auger, Andrieux et Cie, qui eux-mêmes menèrent une action contre Duplessis. Après un examen plus approfondi, on constata que l’erreur ne venait pas des appointements du raffineur, mais d’une somme de 8445 livres 13 sols qui correspondait à des dépenses effectuées par Boissou pour l’exploitation, et qu’on lui avait remboursées en les ajoutant par erreur à ses appointements. Or, cette somme fut enregistrée deux fois dans les comptes de l’habitation: «Il a été pleinement reconnu que le Sieur Duplessis qui avoit reçu du Sieur Boissou toutes les quittances au soutien du compte au détail […], avoit porté ces mêmes quittances au détail et article par article par ordre de date dans le compte par lui rendu aux héritiers Sacquenville […]. Cette somme il l’avoit portée deux fois dans la dépense de son compte…». Duplessis étant décédé depuis cette date, c’est le Sieur Aubert, son exécuteur testamentaire, qui devra rembourser les héritiers Sacquenville en hypothéquant les biens de Duplessis. Cet acte, ici en copie authentique, est signé par Grimperel et Pertuis, notaires du roi au Cap-Français, et contresigné par Esteve, sénéchal, juge civil et criminel au siège royal du Cap. En dernière page se trouve le sceau aux armes de France de la juridiction royale du Cap. Moreau de Saint-Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l’isle Saint-Domingue, t. I, Philadelphie, 1797, p. 637 (sucrerie Sacquenville).

[SAINT-DOMINGUE].

Proclamation du roi, sur un décret de l'Assemblée Nationale, relatif à l'insurrection qui a eu lieu à bord de deux vaisseaux de l'escadre de Brest.

Dijon, Imprimerie de Capel, 1790. In-4 en feuille de 3 pp., broché.

Proclamation du 21 septembre 1790 au sujet de troubles survenus à Brest après l'arrivée du navire le Léopard, en provenance de Saint-Domingue avec 85 membres de l'assemblée coloniale dite de "Saint-Marc", venus défendre les intérètes des colons devant l'Assemblée. La proclamation décrète qu'il faut "poursuivre & juger suivant les formes légales les principaux auteurs de l'insurrection", "désarmer le vaisseau le Léopard & en congédier l'équipage", et enfin " faire sortir de Brest […] les individus appartenant au régiment du Port-au-Prince arrivés à bord dudit vaisseau". Bon exemplaire. Roquincourt, 5547.

[SAINT-DOMINGUE].

Transaction entre les intéressés aux Maisons de Saint-Domingue et de la Martinique, d’une part, et le Sr J. André Cropp, d’autre part.

Nantes, 23 octobre 1755. Manuscrit in-folio (38,5 x 25 cm) de (3) pp. ; en feuilles.

Le cautionnement d’une société établie à Saint-Domingue. Jean André Cropp dirigeait une société, probablement une maison de commerce ou une habitation, située à Léogane, dans l’ouest de la partie française de Saint-Domingue. Endettée, cette maison ne pouvait pas négocier avec ses créanciers pour étaler ses remboursements parce qu’elle n’était pas couverte par un cautionnement. La présente transaction (ici en copie), conclue entre Cropp et les actionnaires, a pour objectif de nommer une personne qui se portera garante de cette société. « Nous soussignés intéressés aux Maisons et Sociétés établies à l’Amérique, l’une à Léogane sous la direction du Sr J. André Cropp, l’autre à la Martinique sous la direction du Sieur Louis François Hellin, sommes convenus de ce qui suit, à savoir que sur ce qui nous a été représenté par le Sr Cropp, que les propositions d’arrangement qu’il avoit faites en diverses fois à la généralité de ses créanciers, ont été sans effet, principalement à cause qu’il ne pouvoit leur fournir caution de leur exécution… ». L’existence d’un procès à Rennes sur la validité ou l’invalidité des sociétés de l’Amérique, empêchait également de trouver une caution. Finalement, le choix se porte sur Martin Linoeno, négociant à Nantes, beau-frère de Cropp, aux conditions suivantes : « Nous susdits intéressés, d’une part, et Jean André Cropp de l’autre […] avons accepté et acceptons la présente transaction et dès à présent ses offres de nous céder et abandonner, comme il nous cède et abandonne l’intérêt de quarante mille livres à lui comptant dans la société de St Domingue, et de celuy de cent vingt mille livres dans celle de la Martinique ; et en conséquence nous autorisons le Sr Martin Linoeno à se porter caution envers les créanciers dudit Sr Cropp… ». Cropp cède ainsi ses parts : « Moy Jean André Cropp adhérant aux conventions accordées cy dessus par Messieurs les Intéressés aux Maisons de l’Amérique, et aux conditions à moy imposées, m’engage à faire l’éligement des fonds de la maison que j’ay gérée avec tous les soins et l’exactitude dont je seray capable, moyennant ma provision de deux pour cent, approuver autant qu’il sera en mon pouvoir la prompte rentrée des fonds ; à ne faire aucune opération sans l’avis de la personne qui me sera donnée pour conseil… ». La transaction est approuvée par Linoeno, « tant comme acceptant le cautionnement porté en la transaction cy dessus, que comme intéressé pour cinquante mille livres aux dites Maisons de l’Amérique ». Quelques légères rousseurs.

SAINT-DOMINGUE — BOYER (Jean-Pierre).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire Joseph Balthazar Inginac.

Port-au-Prince, 10 novembre 1825. In-folio (30,5 x 20 cm) de 1 p. sur une feuille double ; grande vignette gravée de la République d’Haïti accompagnée de l’intitulé « Jean-Pierre Boyer Président d’Haïti ».

L’arrivée d’un diplomate français au Cap-Haïtien. « Vu les provisions de vice-consul de France au Cap-Haïtien, accordées par Sa Majesté Charles X, Roi de France et de Navarre, à Monsieur Mollien, le quatorze août mil huit cent vingt-cinq ; mandons et ordonnons à tous ceux qu’il appartiendra que Monsieur Mollien soit admis et reconnu au Cap-Haïtien, comme vice-consul de France, et qu’il en exerce les fonctions sans trouble ni empêchement… ». Militaire et homme politique, Jean-Pierre Boyer (1776-1850) participa à la guerre d’indépendance haïtienne avant de devenir premier ministre d’Haïti de 1809 à 1815. En 1818, il fut nommé président à vie, succédant à Alexandre Pétion dont il était proche. En 1820, il unifia le nord et le sud de l’ancienne colonie, puis il annexa la partie espagnole de l’île. Devenu chef suprême d’Haïti, il fut renversé par la révolution de 1843 et s’exila. Explorateur et diplomate, Gaspard Théodore Mollien (1796-1872) fut l’un des rares rescapés du naufrage de la Méduse en 1816 au large des côtes africaines. Il explora ensuite le Cap-Vert, le Sénégal, la Gambie et le Niger. En 1823, il visita la Colombie avant d’occuper plusieurs postes consulaires en Haïti, d’abord au Cap-Haïtien, puis à Port-au-Prince. Il quitta Haïti en 1831 pour devenir consul général à La Havane, poste qu’il occupa jusqu’en 1848. Précieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Afrique, pp. 234-235.

[SAINT-DOMINGUE] — MOYSE (Hyacinthe).

Lettre signée au citoyen Gassonville.

Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.

Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.

[SAINT-DOMINGUE] — RIVOIRE.

Lettre autographe signée.

La Grande Anse, 23 juillet 1770. Petit in-folio (33,7 x 21,5 cm) de 4 pp. ; traces de plis.

Intéressant témoignage sur le tremblement de terre du 3 juin 1770. L’auteur, un négociant établi dans le sud de la colonie, décrit ce qu’il a observé lors de cet événement : « Je me promenois avec deux autres personnes devant mon magasin lorsque j’entendis un bruit sourd et violent, qui venoit du fond de la maison et en même tems le mouvement de la terre, je courus du côté du bord de la mer, le mouvement devint si violent que couché ventre à terre je roulois comme une boule, je me retenois à tout ce que je pouvois […]. Dans le moment toute la ville vint bas, ainsi que ma maison ras terre, la poussière fut si épaisse qu’il n’étoit pas possible de bouger de place. La terre se fendoit, et s’ouvroit de tous côtés autour de moy, il ne restoit d’autre espérance que d’être englouty ou par la terre, ou par la mer. Les cris de miséricorde mon Dieu étoient épouvantables. Lorsque la poussière me permit d’ouvrir les yeux, je cherchois à gagner les hauteurs… ». Après une nuit passée à la campagne, il retourne le lendemain sur l’emplacement de sa maison où il retrouve son personnel : « Mes commis et domestiques me joignirent. Les larmes alors me vinrent aux yeux tant par l’affreux spectacle que le jour éclairoit que de joye intérieure de voir que personne de ma maison n’étoit tué… ». Ne pouvant régler ses créanciers, il demande à son correspondant de lui faire payer la moitié ou du moins le tiers de ses « malheureux papiers du Mississipi », ou de les remettre à une personne qui pourra les négocier. Le tremblement de terre du 3 juin 1770 eut lieu à 7 heures 15 du soir, avec deux secousses de 4 minutes environ à Port-au-Prince et dans les régions du sud, provoquant la destruction des villes. Document très lisible.

[SAINT-DOMINGUE] — SIMOND, HANKEY & fils.

Lettre signée à M. Mérot fils aîné, à Jersey.

Londres, 25 novembre 1796. 3 pp. in-4 (22,8 x 18,2 cm) sur une feuille double, en français.

Le remplacement du gérant de l’habitation Mérot à Saint-Domingue. Originaire de Nantes, la famille Mérot possédait une habitation-sucrerie au Boucassin, dans la paroisse de l’Arcahaye, au nord de Port-au-Prince. Au moment de la Révolution, une partie de la famille émigra en Angleterre et continua à suivre les affaires de Saint-Domingue par l’intermédiaire de la maison Simond, Hankey et fils, de Londres, auteur de la présente lettre. Il est d’abord question du courrier reçu et envoyé, d’un crédit non encore utilisé, d’un « paquet » en provenance de Saint-Domingue et qui n’est pas arrivé, du départ du général britannique Simcoe, des renforts attendus (3 000 hommes) et de la guerre que l’Espagne veut déclarer au Portugal. Viennent ensuite les nouvelles de l’habitation : « [On] vient de recevoir à l’instant lettre […] annonçant que […] Mr Guy de Mareil gérant votre habitation est décédé dans la nuit du 28 au 29 août dernier avant que la fièvre dont il étoit attaqué lui ait laissé le tems de consommer ses dispositions en faveur de Mr Goyon des Murlières. [Cependant] après un mûr entretien avec notre ami commun [celui-ci] pense que Mr de La Tullaye major des vaisseaux & à son défaut Mr de La Tullaye lieutenant des vaisseaux frère du susdit, méritent votre confiance entière, ils avoient celle de leur famille ainsi que de Mr Drouet général des finances, qui habitoit souvent la Ville-au-Blanc, mais dont l’habitation à Léogane est au pouvoir des brigands ; ils sont à la tête de l’artillerie à St Domingue, jouissent de la réputation & du crédit le plus distingué, sont vos concitoyens nantais & sûrement capables de tenir une place de confiance dont dépend le bonheur de votre famille respectable… ». Une procuration va être envoyée à Mérot qui devra la remplir et la retourner à Simond, Hankey et fils ; il devra aussi donner des instructions précisant que son nouveau gérant aura pour correspondant la maison E.J. Guieu Bion & Cie, négociants à Port-au-Prince. Le destinataire de la lettre est probablement Jean Mérot (1754-1843), qui confia la gestion de ses biens à Saint-Domingue à la famille de La Tullaye. Il était le frère de François Mérot du Barré (1761-1843), dont l’un des fils, Edouard, naquit à Londres en 1796. Rentré en France en 1802, François devint alors entreposeur des tabacs et poudres à Nantes (source : Archives départementales de Loire-Atlantique). La maison Simond, Hankey et fils (ou Simond, Hankey et Cie) était une banque nouvellement créée qui accordait de nombreux crédits aux réfugiés des Antilles. Cf. Chevalier (G.A.), Debien (G.), Dermigny (L.) et al., Les Papiers privés de l’Amérique française (suite et fin), in « Revue d’histoire de l’Amérique française », 1953, 7 (2), p. 279.

[SAINTE-LUCIE] — BELLIN (Jacques-Nicolas).

Carte de l'isle de Sainte Lucie.

1763. En 8 sections montées sur toile et pliées, formant une carte de 59,2 x 90,2 Cm ; titre manuscrit à l'encre au dos.

Belle et grande carte de Sainte-Lucie, île des Antilles située entre la Martinique et Saint-Vincent. Elle est ornée d'un beau cartouche de titre décoré des armoiries royales, et d'une rose des vents indiquant le nord, placé à gauche de la carte. L'île est divisée en deux parties : Basse Terre à l'ouest, et Cabesterre à l'est. Trois symboles désignent les endroits où les gros vaisseaux et les petits bâtiments de 40 à 50 tonneaux peuvent mouiller, ainsi que les terrains défrichés où l'on a planté anciennement du manioc et du mahy. La partie haute de la carte est occupée par trois plans : plan du port du Carénage, au nord-ouest de l'île, renommé Castries en 1785, et aujourd'hui capitale de Sainte-Lucie ; plan du cul de sac des Roseaux, à l'ouest ; et un plan des mouillages du Grand Islet et du Choc, au nord-ouest de l'île. À l'intérieur de l'île, très peu détaillé, on peut voir le volcan de la Soufrière. La carte a été dressée par Jacques-Nicolas Bellin. Ingénieur hydrographe français, IL entra en 1721 au Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, créé en 1720 par le Régent. C’est grâce à lui que le Dépôt de la Marine, constitué à partir des archives de la Marine, devint l’une des plus belles collections d’Europe. Il publia de nombreux ouvrages et atlas tels que la Description géographique de la Guyane en 1763 ou le Neptune François en 1773. Très bon exemplaire. Deux petites taches dans le coin inférieur droit. Tooley, MCC n°81, Printed maps of St. Kitts, St. Lucia and St. Vincent, p. 11.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

SAY (Horace).

Histoire des relations commerciales entre la France et le Brésil, et considérations générales sur les monnaies, les changes, les banques et le commerce extérieur.

Paris, Guillaumin, 1839. In-8 de 333 pp, (1) f. avis au relieur, (1) f. prospectus de l'ouvrage ; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tranches marbrées (reliure signée de Lortic).

Edition originale. L'illustration se compose de 3 planches gravées d'après les dessins de J. Blumenthal (carte de la baie de Rio de Janeiro, (carte de Bahia et de la baie de Todos Os Santos, (plan de Pernambouc), d'un tableau synoptique dépliant du cours des changes et des marchandises à Rio de Janeiro de 1808 à 1839, et d'une carte dépliante du Brésil rehaussée en couleurs. Intéressant aperçu de l'histoire et de l'économie du Brésil, de ses liens avec la France, avec une attention particulière sur le rôle joué par l'esclavage et la nécessité de son abolition. On trouve en fin d'ouvrage des tableaux d'importation du café, cacao, bois d'ébénisterie, cuirs et cornes. Horace Say fut un des plus importants économistes français du XIXe siècle. Après des études à Genève, il entra dans la maison de commerce de Delaroche-Delessert et partit en 1813 aux États-Unis puis au Brésil pendant plusieurs années. De retour en France, il fonda à Paris en 1818 une maison de commission pour l’Amérique du Sud. En qualité de président de la Chambre de Commerce, il dirigea une enquête sur l’industrie de Paris entre 1848 et 1851. Son rapport obtint en 1853 le grand prix de statistiques décerné par l’Académie des Sciences. Exemplaire enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur à Natalis Rondot. Les deux dernières lettres du nom ont été coupées à la reliure. Économiste, historien de l'art et industriel français de la soie, Natalis Rondot fut notamment délégué par la chambre de commerce de Reims afin de représenter la France en Chine lors d'une mission extraordinaire pour négocier des traités de commerce de 1843 à 1846. Au cours de ce voyage, Natalis Rondot s'intéressa aux cultures chinoise, japonaise et indochinoise, à leur travail de la soie et apprit le chinois. A son retour, il contribua de façon déterminante à l'essor de l'industrie de la soie à Lyon dans les années 1850. Nommé par la Chambre de commerce en 1856, il fut le fondateur du musée d'Art et d'Industrie de Lyon, futur musée historique des Tissus, qu'il inaugura en 1864. Cet ouvrage propose un remarquable tableau de l’économie brésilienne au temps des empereurs et de l’avenir qu’elle offrait au monde. Horace Émile Say ou Horace Say, né à Noisy-le-Sec le 11 mars 1794 et mort le 25 juillet 1860, est un négociant et un économiste français connu surtout pour être le fils de Jean-Baptiste Say et le père de Léon Say. Biographie d'Horace Say Bel exemplaire dans une reliure signée. Borba de Moraes, 779 : an excellent work. — Garraux, 275. — Sabin, 77353.

SAYVE (Félix, comte de).

Étude sur la révolution des États-Unis.

Paris, E. Dentu, 1863. In-8 de 47 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).

Rare tiré à part d'articles publiés dans l'Écho de la Presse, du 9 au 15 décembre 1862. On y trouve l'analyse de la première année de la guerre de Sécession, aussi sévère pour un camp que pour l'autre, ainsi qu'une attaque des institutions américaines. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 77423.

[SENEGAL].

Ensemble de 51 cartes postales anciennes.

S.l., [vers 1920]. 9 x 14 cm.

Ensemble de cartes postales représentant notamment différentes ethnies ou tribues (Ouolof, Maures Trarza, Laobé), des vues (Marché aux poissons à Dakar, panorama de Saint-Louis, place du gouvernement sur l'île de Gorée, fleuve Sénégal à Saint-Louis), des scènes (préparation du couscous, élections), ou encore des métiers (musicien, bijoutier, cordonnier, sculpteur sur bois, marabout, tailleur). Bon état de conservation.

[SENEGAL] — DRANER (Jules Renard, dit).

[Colon à l'éventail].

Vers 1870. Aquarelle originale et rehaut de blanc sur papier (29 x 20,5 cm), signée en bas à droite.

Très jolie aquarelle représentant un colon se pavanant au Sénégal, dessinée par le caricaturiste belge Draner. En arrière-plan se trouve un batiment arborant le drapeau français, ainsi qu'un couple d'africains dont l'homme porte une ombrelle. En 1814, le Sénégal fut donné à la France par le Traité de Paris, et se vit, par la suite, accorder le monopole du commerce. De 1854 à 1865, Louis Faidherbe fut nommé gouverneur de la colonie, et créa le port de Dakar. Bon état de conservation.

SOBRY (Jean-François).

De la colonisation. Chapitre 25° ou 35° d'un Traité intitulé: La politique du Bon Sens.

Paris, P. Dufart, 1819. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre marron (reliure moderne).

Seule édition de ce rare petit opuscule. Commissaire de police à Paris, l'auteur s'élève contre la pratique française d'envoyer les condamnés en rélégation dans les colonies: "les gouvernements […] n'ont point le droit de composer des peuples de malfaiteurs. Ils n'ont point le droit d'envoyer des ramas de gens pareils hors de chez eux. Ils doivent supporter, contenir, séquestrer leurs méchans, et ne sont point admissibles à s'en décharger sur le reste du monde. Ce mode de colonisation est une infraction si évidente au droit des gens …" (page 10). Bon exemplaire. Piqûres. Inconnu des principales bibliographies.

SOLOGOUB (Leonid Romanovitch).

Murailles de Constantinople.

1919. Aquarelle originale sur carton signée en bas à gauche (46 x 34 cm).

Belle aquarelle originale représentant une vue des vestiges des murailles de Constantinople. Léonid Romanovitch Sologoub (1884-1956), intègra, en 1910, l'union des architectes artistes, et participa à Moscou et Saint Petersbourg aux expositions du monde de l 'art dont il devint membre en 1918. En 1919, il partit en Chine puis visita Ceylan, l'Inde et le Japon, pour arriver enfin à Constantinople à la fin de l'année. Bon état de conservation.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

TERRE SAINTE — PETIT (B.).

Souvenir du mont Carmel. Aquarelle datée et signée.

Mont Carmel, 11 novembre 1847. 1 f. in-32 oblong monté sur papier noir (7,4 x 10,4 cm ; 12,6 x 15,3 cm avec montage).

Vue du monastère du mont Carmel. Elle montre le monastère de Notre-Dame-du-Mont-Carmel (ou monastère Stella Maris), situé près de Haïfa (Israël). Au premier plan, on aperçoit quelques personnages, debout ou assis. Le bâtiment principal, surmonté du drapeau français, apparaît au second plan. Entouré d’un mur d’enceinte, il comprend deux étages. On aperçoit aussi le dôme de l’église du monastère, et, à l’arrière-plan, le phare construit à proximité des bâtiments. Son origine remonte à 1185, date à laquelle un groupe d’ermites commença à habiter les grottes du mont Carmel, avant de créer l’Ordre des Frères de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ou ordre des Carmes. Plusieurs fois détruit, le monastère fut reconstruit de 1827 à 1836 à la suite d’une intervention du roi Charles X. Le phare fut construit en 1864. Sous l’église se trouve la grotte du prophète Elie, qui, selon la tradition, y aurait vécu. Au bas de l’aquarelle, envoi autographe signé : « Souvenir du mont Carmel. B Petit. 1861 ». L’auteur de cette aquarelle pourrait être Antoine Baptiste Petit (Paris, 1800 - Versailles, 1864), peintre d’architectures et professeur de perspective, qui participa au Salon de 1833 à 1850. En 1849, il exposa trois œuvres parmi lesquelles « Mosquée du sultan Hassan, au Caire » et « Bazar indien au Caire ». Bénézit, X, p. 800. - Bellier de La Chavignerie et Auvray, II, p. 248.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

[TUNISIE] — LANCRENON (Paul).

Ensemble de 15 photographies de vues et de sites pittoresques de Tunisie.

Tunis, Sousse, Sfax, El Djem, 1905. Environ 17,5 x 23,5 cm; contrecollées sur papier, soit 28 x 36 cm avec le support.

Intéressant ensemble de photographies originales prises en Tunisie au début du XXe siècle. Les épreuves, en tirage argentique d’époque, sont montées sur papier fort et accompagnées, dans l’angle inférieur gauche du montage, d’une légende manuscrite indiquant le lieu, la date et le nom du photographe. Toutes les photographies sont datées de 1905. Elles représentent des villes, des monuments, des scènes animées et des vestiges archéologiques. Les localités sont Tunis, Sousse, Sfax et El Djem. Tunis, 9 photographies: Vue prise du Dar-el-Bey (3); Mosquée du Dar-el-Bey; Vue prise du Belvédère, la ville arabe; Vue prise du Belvédère, le port, la ville européenne; Rue Halfaouine; Souk du cuivre; Souk des selliers. – Sousse, 2 photographies: vues générales montrant la ville et le port. – Sfax, 2 photographies: vues montrant les remparts et une rue. – El Djem, 2 photographies: vues de l’amphithéâtre, l’un des plus grands de l’Empire romain. Né à Besançon en 1857, Paul Lancrenon fit ses études à l’Ecole polytechnique, puis à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau. En 1881, il participa au corps expéditionnaire qui permit l’instauration du protectorat français en Tunisie. Officier d’état-major en 1890, il mena, parallèlement à sa carrière militaire, plusieurs expéditions et voyages dont il rapporta de nombreux clichés. Il parcourut ainsi la Russie, le Caucase, les Carpates, les Alpes, les Pyrénées, ainsi que l’Algérie et la Tunisie. Par la suite, il participa à la Première guerre mondiale, devint général de division en 1917 et mourut à Paris en 1922. Son fonds photographique, constitué de plus de 4000 pièces (plaques de verre et négatifs souples) est actuellement conservé à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie au fort de Saint-Cyr. Bon état de conservation des photographies.

[TURQUIE].

[Costume ottoman].

S.l., [vers 1860]. Aquarelle originale avec rehaut de gouache et de blanc (24 x 16 cm) sur papier, contrecollée sur carton.

Belle aquarelle représentant un homme debout, à la longue barbe blanche, vêtu d'un gilet rouge, et richement armé d'un sabre, d'une dague et d'un fusil Bon état de conservation.

UJFALVY DE MEZÖ-KÖVESD (Charles Eugène).

Le Kalévala, épopée finnoise.

Paris, Ernest Leroux, 1876. In-8 de 40 pp.; toile bordeaux, pièce de titre verte (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec le texte en finnois et la traduction française de Charles Eugène Ujfalvy de Mezô-Kôvesd. Seule la traduction de la première livraison fut publiée. Ethnologue et linguiste, il était spécialiste des langues finnoises et asiatiques. En 1876, il fut chargé par le Ministère de l'Instruction Publique d'une mission scientifique en Russie, en Sibérie et dans le Turkestan. A son retour, il fut nommé professeur d'histoire et de géographie de l'Asie centrale à l'École des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, ce dernier fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883.

VAN HALEN (Juan).

Mémoires de don Juan Van Halen, chef d'état-major d'une division de l'armée de Mina en 1822 et 1823. Écrite sous les yeux de l'auteur par Ch. Rogier.

Bruxelles, H. Tarlier, 1827. 2 tomes en un volume in-8 de (3) ff., 238-(1) pp. — (2) ff., v-(1 bl.)-310 pp. (mal chiffré, la pagination saute de 304 à 309 sans manque); basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de veau rouge (reliure de l'époque).

Contrefaçon bruxelloise de la première édition. Elle est illustrée de 2 portraits en frontispice, de 6 feuillets lithographiés de fac-similés, et d'une carte dépliante de la Géorgie. Juan Van Halen y Sartí (1788 – 1864) était un officier espagnol et russe d'origine flamande. Après avoir combattu aux côtés des vaincus lors de la guerre d'Espagne, il fut contraint de fuir en Espagne. Van Halen devint un aventurier militaire à travers l'Europe et servit 18 mois comme colonel dans le régiment de dragons russes du Caucase jusqu'à sa destitution par le tsar Alexandre Ier de Russie . La première partie de ses mémoires contient le récit de sa captivité dans les cachots de l'inquisition d'Espagne en 1817 et 1818, ou encore de son évasion. Et la seconde partie contient son voyage en Russie, sa campagne au Caucase sous Yermolow en 1819 et 1820, et de son retour en Espagne. Bon exemplaire. Habiles restaurations.

VERGUET (Léopold).

Histoire de la première mission catholique au vicariat de Mélanésie.

Carcassonne, imprimerie de P. Labau, 1854. In-8 de (1) f., 319-(1) pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre noire, couvertures bleues conservées, non rogné (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 24 planches hors texte (dont un portrait, 3 cartes, 12 visages de Polynésiens, 5 vues, 1 fac-similé de lettre, et 2 planches diverses). Prêtre de l'ordre des Maristes, l'auteur fit partie de la première mission catholique en Mélanésie. Partie de France en 1845, la mission fit escale à Sydney puis en Nouvelle-Calédonie avant de s'établir dans les îles Salomon. En 1847, il tomba malade, et regagna la France. Il continua néanmoins à rédiger l'histoire de la mission jusqu'en 1848 et jusqu'à la mort de Monseigneur Jean-Georges Collombs, successeur de Monseigneur Épalle. Bon exemplaire. Couvertures passées. O'Reilly, Nouvelle-Calédonie, 2934.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VERNON (William Henry).

Discours à l'Assemblée Nationale, au nom des citoyens unis de l'Amérique.

Paris, Baudouin, 1790. In-8 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Discours prononcé le 10 juillet 1790, au nom des citoyens des États-Unis se trouvant à Paris (dont les noms sont imprimés à la suite du discours). Très élogieux envers l'Assemblée, ils demandent à ce qu'elle veille bien "accorder l'honneur d'assister à l'auguste cérémonie qui doit assurer pour toujours le bonheur de la France". On trouve à la suite la réponse du président de l'Assemblée, qui accorde avec plaisir l'autorisation demandée de prendre part à la célébration du premier 14 juillet, ou fête de la fédération. Bon exemplaire. Roquincourt, 3236. — Sabin, 99254.

VIDAL (Victorin).

L'Andorre.

Paris, librairie centrale, 1866. In-8 de (2) ff., iv-196-1 pp.; broché, couverture beige imprimée, non coupé ni rogné.

Première édition, peu commune, de cette étude approfondie sur l'histoire, la géographie, la culture et la société de la principauté d'Andorre.. Avocat à Foix, l'auteur visita l'Andorre à plusieurs reprises pour recueillir des informations sur le pays et ses habitants. Il connaît bien le pays et les institutions dont il parle. Dans ce livre, il décrit les montagnes majestueuses de l'Andorre, ses vallées verdoyantes et ses rivières cristallines. Il raconte également l'histoire fascinante de la principauté, depuis sa fondation au VIIIe siècle jusqu'à nos jours. Vidal explora également la culture unique de l'Andorre, y compris sa langue, sa musique et ses traditions. Enfin, il examina les problèmes sociaux et politiques qui affectèrent le pays au fil des ans. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Petites mouillures claires au dos. Dendaletche, 1854.

VILLARET-JOYEUSE (Thomas).

Discours sur l'importance des colonies & les moyens de les pacifier.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 (1797). In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 31 mai 1797, par Thomas Villaret-Joyeuse, député du Morbihan et membre de la commission des colonies. Il avait un frère qui possèdait une plantation à l'île Maurice, et était le principal porte-parole des colons esclavagistes au Conseil des Cinq-Cents. Dans son discours, l'auteur demande que Saint-Domingue soit déclarée en état de siège et que le pouvoir y soit remis aux autorités militaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8359. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 99561.

[WALLIS ET FUTUNA].

[Tapa du XXe siècle].

Tissu tapa en fibre naturelle peint à la main (41,5 x 139 cm).

Tapa provenant de Wallis et Futuna en Polynésie française. Il est divisé en trois parties, le côté droit représentant l'île de Wallis (ou Uvea), le centre avec un personnage entouré d'arbres fruitiers (mangue, banane, ou encore noix de coco), et le côté gauche représentant les îles de Futuna et d'Alofi. Le mot "tapa" vient de Tahiti et des îles Cook, où le capitaine Cook fut le premier Européen à le collecter et à l'introduire dans le reste du monde. L'arbre le plus couramment utilisé pour produire ce tissu d'écorce est le mûrier à papier ou encore de l'arbre à pain. Des bandes d'écorce sont détachées du tronc, puis superposées et enfin battues pour aplatir et lier les fibres ensemble. Elles sont ensuite peintes à la main. Bon état de conservation.

WEEMS (Mason Locke).

Entrevue de Guillaume Penn et de Charles II (1681).

Paris, imprimerie Claye, Taillefer et Cie, 1840. In-8 de 4 pp.; toile verte, pièce de titre ouge (reliure moderne).

Chapitre extrait et traduit de l'ouvrage de Weems, Life of William Penn, publié en1819. Il s'agit d'un dialogue entre le roi Charles II d'Angleterre et William Penn, concernant des terres en Amérique que ce dernier venait d'acquérir auprès de la couronne, ainsi que du futur accueil des Indiens. William Penn naquît dans une famille anglaise des plus aisées. En 1667, il se convertit aux principes de la Société religieuse des Amis, secte puritaine radicale connue depuis sous le nom de Quakers. Il se rallia progressivement au projet de s'exiler dans les territoires d’Amérique du Nord pour y fonder une colonie où les Amis pourront y vivre selon leurs principes. A la mort de son père, il hérita d’une fortune importante, en particulier d’une créance de 16 000 livres due par la couronne. Il négocia auprès de la Cour son remboursement contre des terres en Amérique du Nord. Le 4 mars 1681, Charles II lui octroya par charte un vaste territoire situé à l'ouest du New Jersey. En 1682, William Penn y fonda la ville de Philadelphie, en y appliquant les préceptes de gouvernement d'une société libérale idéale. La jeune colonie quaker devint rapidement prospère. Même si Charles II lui en avait donné la propriété, William Penn acheta la terre aux Amérindiens afin d’établir avec eux des relations pacifiques. Il signa donc un traité d'amitié avec Tamanend, le chef de la nation Lenape qui vivait dans la vallée du Delaware. Ce traité fut ratifié à Shackamaxon dans les environs de Philadelphie. De 1682 à 1684, il veilla au développement de cette colonie appelée Pennsylvanie qui devint par la suite l'État américain de Pennsylvanie. Bon exemplaire.

ZUCHI (Andrea) — BALDUINO (Giacomo).

Imagini degl'abiti con cui Va uestita la Nobiltà della Serenis.ma Republica di Venezia.

Venezia, Ragheno, 1702. In-folio, vélin rigide, étiquette de maroquin rouge recollée sur le plat supérieurportant l’inscription «M. de Souzy» (reliure de l’époque).

Rarissime suite de costumes de hauts dignitaires vénitiens avec en arrière-plan des monuments de Venise. Elle est bien complète de son titre et de ses 12 planches gravées. Les planches sont signées du monogramme de Giacomo Balduino suivi du nom du graveur A. Zuchi et de l’adresse de l’éditeur Ludovic Ragheno. Liste des planches: Nobile Veneto in eta Puerile – Doge di Venezia in Abito d’inverno – Kau:er e Procurator di S. Marco con la Ducale – Dama Veneziana – Procurator di S. Marco in abito d’estate – Doge di Venezia in Abito d’estate – Nobile Veneto in Abito di Lutto – La Dogaressa Veneta in Abito d’Inverno – Nobile Veneto prima di metter Veste – Procurator di S. Marco in Abito d’inverno – Nobile Veneto in Abito d’inverno – Nobile Veneto in Abito d’estate. Seuls trois exemplaires ont pu être localisés dans des bibliothèquespubliques : à la British Library, St. Pancras à Londres; à la Gottfried Wilhelm Leibnitz Bibliothek-Niedersächsische Landesbibliothek à Hanovre, et à la Staatliche Museen zu Berlin, Preußischer Kulturbesitz, Kunstbibliothek à Berlin. Petites taches brunes affectant 3 planches (encre) mais très bon état général. Cicogna, Saggio di bibliografia veneziana 1744. [Relié avec :] WOLFF (Jeremias). [Augsburger Kleidertrachten]. Augsbourg, J. Wolff, [vers 1715]. Très rare suite de costumes d’Augsbourg comprenant 24 planches gravées et finement coloriées à l'époque. Publiées par J. Wolff avec légende trilingue allemand-français-italien, elles représentent des femmes et des hommes d’Augsbourg de différentes conditions, à différentes époques de l’année, devant des maisons bourgeoises et des églises. Liste des planches: Le guet – Une Servante qui porte des présents nuptials - Un Ministre de la Confession d’Augsbourg – Un Espoux – Une Espousée à la Bourgeoise – Femme de Condition allant à la Noce – Demoiselle de Qualité allant à la Noce –– Une Sagefemme portant un enfant au Baptesme – Femme de Condition allant à l’Eglise en Esté – Une Demoiselle allant à l’Eglise en hyver – Fille allant à l’Eglise en Esté – Fille d’un Ouvrier allant à l’Eglise en hyver – Une femme Catholique allant à l’Eglise – Dame de qualité Sortant en habit d’Eté - Dame de qualité Sortant en habit d’hyver – Fille de Condition allant à la promenade en Esté - Demoiselle Catholique – Fille d’Augspourg passant par les rües – Femme d’un Ouvrier en habit de düeil allant a un enterrement – Une Servante en habit de düeil – Une Servante Catholique en habit de düeil –Servante à la maison – Une Servante revenant du Marché – Un Huissier du Bourguemaitre. Suite la plus complète jamais identifiée. La bibliographie de Lipperheide ne cite que 19 planches. Les 8 dernières planches portent, en haut à droite, des traces d’emboutissage dans le papier, déchirure sur 12 cm en marge intérieure à la planche «Une servante, qui…», large déchirure consolidée à la planche de la «Servante a la maison», petits trous de ver dans la marge en haut à gauche des planches. Malgré les quelques défauts indiqués, ces deux suites sont d’une insigne rareté. Reliure usagée, frottée et tachée, vélin légèrement rétracté. Lipperheide, Dfd 2 u. 3.