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COULLARD-DESCOS (Léon-Eugène-Aubin).

En Haïti, planteurs d'autrefois, Nègres d'aujourd'hui.

Paris, Armand Colin, 1910. In-8 de (2) ff., xxxv-(1 bl.)-348 pp.; demi-chagrin bleu à coins, dos lisse orné et mosaïqué de maroquin rouge (reliure d'amateur de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 cartes en couleurs dépliantes et de 32 planches en phtototypie avec chacune deux figures. Diplomate français en poste en Haïti, l'auteur parcouru la plus grande partie de l'île entre 1904 et 1906. Au cours de ses promenades et de ses voyages, il envoya au Journal des débats des lettres qu'il a réuni dans ce volume. Il dresse un tableau de la vie menée par les habitants d'aujourdhui dans le cadre colonial d'autrefois, et a recueilli d'utiles renseignements sur la culture et la préparation du café, principale ressource de l'ile depuis l'indépendance. "Les autorités militaires m'ont conduit de poste en poste. Dans les bourgs, les prêtres bretons m'ont donné l'hospitalité. La complaisance d'amis haïtiens ou de Français créole m'a mis en contact avec la superstition populaire et le culte du Vaudoux. J'ai vu des repas, des danses, des cérémonies africaines; j'ai visité les sanctuaires de sorciers réputés. Plus que quiconque de ma couleur, je crois m'être trouvé en mesure d'observer la coutume des campagnes haïtiennes" (page XXVIII). Bon exemplaire. Ex-libris de la Baronne La Caze. Une mention manuscrite attribue la reliure à Mr Georges Noireau (1883-1974). Quelques piqûres. Max Bissainthe, 5449.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

DECAMPS (Alexandre-Gabriel).

Café turc.

Paris, Imprimerie Bertauts, vers 1850. Lithographie originale (72 x 55 cm avec les marges).

Belle représentation d'un café turc où l'on aperçoit un groupe d'hommes buvant un café ou fumant un narguilé. Cette planche a été lithographiée par Eugène Le Roux d'après Alexandre-Gabriel Decamps. Peintre et graveur français, Decamps fut l'une des grandes figures du romantisme. En 1828, il fut envoyé en mission en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray, chargé de commémorer par un tableau la victoire de Navarin, et poursuivit un périple qui le conduisit à Constantinople, en Asie mineure (Smyrne) et au Moyen-Orient. Cette expérience sera décisive. Au cours de son séjour, il prit des notes, réalisa des croquis et emmagasina les images avec lesquelles il façonnera à son retour sa vision de l'Orient, devenu une source profonde d'inspiration. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lança la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Bon état de conservation.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DISLÈRE (Paul).

Notes sur l'organisation des colonies.

Paris, Paul Dupont, 1888. Grand in-8 de (2) ff., 191-(1 bl.)-(2) pp.; demi-basane verte, dos à nerfs orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, sur papier vergé. Ingénieur naval et ancien directeur des colonies au Ministère de la Marine, l'auteur était vice-président du conseil d'administration de l'École coloniale au moment de la publication de son ouvrage. Ce dernier est une étude sur le mode d'organisation des colonies et de leurs relations avec la métropole. Elle se termine par plusieurs projets de lois dont la départementalisation de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion (alors qu'elle ne sera effective qu'en 1946), ainsi que d'une constitution coloniale. Bon exemplaire. Avec un envoi autographe de l'auteur au Général Joseph Brugère (1841-1918). Polytechnitien, tout comme l'auteur, et chef de la maison militaire, il était secrétaire général du président Sadi Carnot au moment de la dédicace.

DU CAMP (Maxime).

Souvenirs et paysages d'Orient. Smyrne. Éphèse. Magnésie. Constantinople. Scio.

Paris, Arthus Bertrand, 1848. In-8 de (2) ff., vi-380 pp.; broché, couverture bleue imprimée, non rogné.

Première édition, dédiée à « G.F. », désignant Gustave Flaubert. Maxime Du Camp était un écrivain et un photographe français, membre de l’Académie française. La fortune de son père lui permit de satisfaire le goût très vif qu’il avait pour les voyages. Le présent ouvrage relate son premier voyage en Europe et en Orient, fait en 1844 et 1845, sitôt ses études terminées. Il le conduisit de Marseille à Malte, Smyrne, Ephèse, et Constantinople auquel il consacre de nombreux chapitres. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur. Petites taches sur la couverture, sans rousseurs. Hage-Chahine, 1438. — Vicaire, III, 305.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DURAND (abbé).

Conférence sur le Tong-King et ses peuples.

Paris, Imprimerie Nationale, 1879. In-8 de 20 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Compte rendu d'une conférence donnée le 27 août 1878 au Palais du Trocadéro, lors de l'Exposition Universelle, concernant la région du Tonkin avec des renseignements sur sa géographie, son commerce et ses différentes populations. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, il fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883. Cordier, BI, 1624.

DURAND (Émile).

Une exploration française au Zambèze.

Paris, Challamel et Cie, 1888. In-8 de 115-(1) pp. ; demi-chagrin brun à coins, dos à nerfs orné de filets dorés (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un récit publié dans la Revue française. L'illustration se compose d'une carte gravée dépliante représentant les itinéraires de la mission. Ingénieur, l'auteur fit parti, en 1881, d'une expédition chargée d'étudier les ressources, et particulièrement les richesses minérales, du bassin inférieur du Zambèze. Cette expédition était dirigée par Joaquim Carlos Paiva de Andrada, militaire portugais, explorateur et administrateur de la Compagnie de Mozambique. Cette dernière était l'une des trois compagnies privées créées par le Portugal, pour mettre en valeur et développer sa colonie du Mozambique. Les capitaux de cette compagnie étaient en grande partie français. Parmi les douzes membres de l'expédition, neuf étaient français, d'où le titre du récit. Bon exemplaire. Coiffes et coupes frottées, coins usagés.

[ETATS-UNIS].

[Bâtiment à vapeur naviguant sur un fleuve].

S.l., [milieu du XIXe siècle]. Dessin original in-4 oblong (33 x 41,8 cm) non signé, à la mine de plomb, monté sur carton avec attache métallique au dos (35,6 x 44,2 cm avec montage).

Le transport fluvial aux Etats-Unis. Dessin finement exécuté, montrant un bâtiment à vapeur, le Nonsuch («Sans-Pareil») se déplaçant sur un fleuve américain, probablement le Mississippi. Le navire, qui mesure environ 45 m de long, possède un mât, deux ponts, deux roues à aubes et deux cheminées dont l’une laisse échapper de la vapeur. Sur le pont inférieur, une quinzaine de personnes sont visibles, vraisemblablement des membres de l’équipage ainsi que quelques passagers. Sur le pont supérieur, dont une partie est protégée par un toit, on aperçoit aussi quelques personnages. A l’arrière du navire se trouve le drapeau des Etats-Unis comprenant 16 étoiles. Au premier plan, une longue barque conduite par un marin se déplace dans une direction opposée à celle du navire, laissant derrière elle des troncs d’arbres flottants. Plus loin, dans la partie gauche du dessin, une petite embarcation est montée par trois personnes. Enfin, à l’arrière-plan, on aperçoit quelques maisons ainsi qu’un paysage montagneux recouvert d’une végétation dense. Sur le Mississippi, les premiers bateaux à vapeur apparurent au début du XIXe siècle. Construits en bois, ils mesuraient quelques dizaines de mètres de long, possédaient un faible tirant d’eau et étaient propulsés par une ou deux roues à aubes, ce qui leur permettait de naviguer aux basses eaux ou de remonter le fleuve en période de crue, lorsque le courant était au plus fort. D’une vingtaine de navires en 1810, on en recensa plus de 1000 en 1830 qui naviguaient entre la Nouvelle-Orléans et Saint-Louis. Ils permirent d’organiser les débouchés des plantations de coton et de canne à sucre vers les ports du Sud, facilitant ainsi les exportations vers l’Europe. Bon état de conservation. Source: Charpentier (S.), Navigation à vapeur sur le Mississippi au XIXe siècle, 2022, sur www.loire-odyssee.fr.

[ETATS-UNIS].

Capitulation de Cornwallis. Washington, Rochambeau, Lafayette -- 19 Septembre, 1781.

[Paris, 1820]. Gravure originale par Jean-Louis Delignon d'après le dessin de François Nicolas Martinet ( 29 x 44,5 cm).

Représentation de la reddition de Lord Cornwallis à Yorktown, en Virginie, le 19 octobre 1781, devant Washington, Lafayette et Rochambeau. La bataille de Yorktown se déroula en Virginie du 28 septembre au 19 octobre 1781, lors de la guerre d'indépendance des États-Unis. Elle opposa 7 500 Britanniques commandés par Lord Charles Cornwallis, et de l'autre 8 845 insurgés américains, les volontaires de La Fayette, menés par le colonel Armand, marquis de la Rouërie, et George Washington, ainsi que les 6 000 hommes du corps expéditionnaire français de Rochambeau. La flotte française, commandée par l'amiral de Grasse, assura le blocus du port de Yorktown empêchant tout ravitaillement des Britanniques par la mer (bataille de la baie de Chesapeake). Après 21 jours de combat, Lord Corwallis se rendit, avec le quart des forces britanniques engagées dans la guerre ; la bataille signa la défaite certaine de la Grande-Bretagne. Prétendant être malade, il envoya un de ses subordonnés remettre son épée aux vainqueurs. Cette planche est issue de l'ouvrage du baron de La Perelle "Le Temple de la Gloire, ou les Fastes Militaires de la France, depuis le règne de Louis XIV jusqu'à nos jours"publié en 1820. Bel exemplaire.

[ETATS-UNIS]

[Portrait en pied de Gilbert du Motier, marquis de La Fayette].

[XIX°] Aquarelle originale sur papier (36 x 21 cm) remontée sur un carton.

Belle aquarelle représentant le marquis de La Fayette, en uniforme militaire de la Garde nationale parisienne, tourné vers la droite, son chapeau à la main et la main droite sur son épée. Une trouve une mention manuscrite en bas à gauche " Croix de ST Louis et Indépendance américaine". Officier et homme politique français, figure emblématique des révolutions de 1789 et 1830, le marquis de Lafayette est célèbre en raison de son engagement dans les rangs de l'armée des insurgés américains (1777-1783). Convaincu de la noblesse de la cause des insurgés américains, il s'engagea à leurs côtés en 1777. Nommé général à l'âge de 19 ans par George Washington, La Fayette joua un rôle décisif dans la guerre d'indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne, notamment lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781. Surnommé le « héros des deux mondes », il fit, à l'invitation du président James Monroe, un voyage triomphal en 1824, au cours duquel il fut accueilli et honoré dans 182 villes des 24 États que comptait l'Union à cette époque. Bel exemplaire. Quelques rousseurs.

[ETATS-UNIS].

Souvenir Exposition St Louis.

[Saint-Etienne], Neyret Frères, 1904. Œuvre originale tissée (31 x 31 cm).

Oeuvre réalisée par les Frères Neyret pour célébrer le centenaire de l'achat de la colonie française de Louisiane. Cette célébration eut lieu durant l'Exposition universelle de 1904 dans la ville américaine de Saint-Louis (dans le Missouri). On y voit l'aigle, emblème des Etats-Unis, accompagné des portraits de Thomas Jefferson (président de 1801 à 1809), du Premier Consul Napoléon, et de Théodore Roosevelt (président de 1901 à 1909). C’est dans l’Hôtel Tubeuf, alors Ministère du Trésor, que fut signé, le 30 avril 1803, le traité de cession par lequel la France vendait aux États-Unis d’Amérique, pour la somme de 15 millions de dollars de l’époque (80 millions de francs), la colonie française de Louisiane. Les signataires étaient, côté français, le marquis de Barbé-Marbois, Ministre du Trésor, et, côté américain, James Monroe et Robert R. Livingston. Très bon état de conservation.

FAUCHER de SAINT-MAURICE (Narcisse).

Loin du pays. Souvenirs d'Europe, d'Afrique et d'Amérique.

Québec, imprimerie générale de A. Coté et Cie, 1889. In-8 de (2) ff., v-(1 bl.)-411 pp.; demi-veau vert à coins, dos à nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et brun, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Journaliste et écrivain québécois de langue française, l'auteur relate ici son voyage en 1888 qui le mena de Québec au Havre puis Rouen, Paris, Saint-Hippolyte-du-Fort, Nîmes, Arles, et Marseille. Ce voyage était l'occasion pour l'auteur de renconter les Québequois installés en France. Par la suite, il poursuivit son périple dans les colonies françaises de Tunis et d'Algérie. Bon exemplaire, portant sur la page de titre, un petit cachet N avec une couronne impériale dans un ovale, très probablement d'un membre de la famille impériale.

FAURE (Félix).

Ministère de la marine et des colonies. Discours prononcé par M. Félix Faure, sous-secrétaire de la marine et des colonies, le 11 février 1885, à l'ouverture de la session du conseil supérieur des colonies.

Paris, imprimerie du Journal Officiel, 1885. In-4 de 7 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Le Conseil supérieur des Colonies fut créé en 1883 par le ministre de la marine et des colonies Alexandre Peyron. Il avait pour mission de donner son avis sur les projets de loi ou de décret, et sur les questions coloniales soumises par le ministre. Il était composé de sénateurs et de députés des colonies, de délégués élus des colonies, de membres nommés, et d'administrateurs. Le présent discours relate rapidement "les faits saillants produits pendant l'année 1884 et les principales mesures prises par l'administration" dans les différentes colonies françaises. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Très petites déchirures sans manque à la couverture.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

[FRANCE — PREMIERE GUERRE MONDIALE].

Carnet de dessins.

Dixmude, Steenstraete (Belgique), 1914-1915. In-12 oblong (12,3 x 19,3 cm) de (33) ff., plus 5 ff. restés vierges ; toile beige, lacet de fermeture (reliure de l’époque).

Ensemble de 43 dessins, dont 10 aquarellés, réalisés pendant la Première Guerre mondiale. Ils montrent des soldats se déplaçant sur un pont ou se protégeant dans une tranchée, des brancardiers transportant un blessé, une église, un phare sur la côte, un malade dans une chambre d’hôpital avec des infirmières, une barricade sur un pont, des militaires traversant un cours d’eau, des soldats au repos ou transportant une marmite, un champ de bataille et un village avec des corps étendus, un combat la nuit avec une explosion au loin, des scènes d’escrime, etc. L’auteur de ce carnet, resté anonyme, a porté des légendes sur certains dessins: Tranchée haut de St Julien les 7 et 8 février 1915; Pont Steenstraate, 3 mars 1915; tranchée du pont de Steenstraate, 3 mars 1915; dans la cave attendant les brancardiers; hôpital Rouen, lundi 10/5 à samedi 15/5; devant le pont de Dixmude; lavage du linge; barricade du pont de Dixmude en décembre 1914 (en retournant le volume), etc. On lit aussi quelques commentaires; ainsi, pour l’hôpital à Rouen: «Anglade, mon voisin de droite, une balle qui lui a traversé la tête. - Darnis, mon voisin de lit, jambe coupée près du tronc», ou encore: «Pour laver une chemise et un caleçon plein de poux, le cuisinier Goury vient de les faire bouillir dans la marmite de l’escouade, tout aussitôt il fait dans le même récipient le café qu’il va distribuer». Blessé d’un éclat d’obus à la tempe droite, l’auteur est atteint de plusieurs pathologies à l’œil droitqu’il consigne dans son carnet: «O.D. irrégularité de la pupille, synéchie, cataracte incomplète, chorio-rétinite étendue, lésions maculaires…». Son acuité visuelle est alors de 1/30 pour cet œil. En séjour à l’hôpital d’Angoulême le 22 juillet, sa vue a encore baissé et est réduite à la perception lumineuse. Le 14 décembre, il note que la vision de l’œil droit est complètement et définitivement perdue; celle de l’œil gauche est normale. Située sur l’Yser, dans l’ouest de la Belgique, Dixmude fut l’objet d’affrontements sanglants lors de la Première Guerre mondiale: lorsque l’armée allemande arriva en octobre 1914, les Belges inondèrent la région en ouvrant les écluses de l’Yser, le fleuve devenant ainsi une ligne de front. La brigade des fusiliers-marins de l’amiral Ronarc’h participa héroïquement à la défense de la ville, où elle perdit la moitié de ses effectifs. Cette brigade combattit ensuite à Steenstraete et à Nieuport (Belgique) jusqu’à sa dissolution en novembre 1915. Emouvant témoignage sur les combats en Belgique en 1914-1915. Mors intérieurs fendus, petite tache d’encre sur le plat supérieur.

[FRANCE — PREMIERE GUERRE MONDIALE].

Ensemble de 375 photographies originales.

Est de la France et sans lieu, [vers 1917-1918]. Environ 4,5 x 7 cm ; quelques annotations au verso.

Important ensemble de photographies prises pendant la Première Guerre mondiale. Ces photographies, non signées, montrent des officiers en uniforme, parfois à cheval, en ville ou sur le terrain, des soldats dans des fermes, des réunions de militaires, des exercices de tir, du matériel d’artillerie, des explosions provoquées par des obus, des maisons et des églises détruites par les bombardements, des militaires surveillant une position, des troupes à proximité d’un train, un bivouac avec des soldats en tenue de campagne, des chars de combat (dont le célèbre Renault FT), des soldats assis sur un promontoire, l’entrée d’une tranchée, une reconstitution historique avec des uniformes du Ier Empire, des jeunes femmes en costume traditionnel, une messe, des officiers étrangers, etc. Quelques photographies, peu nombreuses, sont accompagnées d’une légende au verso : prisonniers conduits de Mézières (Ardennes) vers Villers-aux-Erables (Somme) ; panorama de la ferme des Chambelles, au nord de Verdun ; contrescarpe du fort Saint-Michel, à Verdun ; dépôt de matériel près du P.C. Hermitage, avec, à l’horizon, Douaumont (Meuse). On trouve aussi quelques légendes en espagnol se rapportant à des officiers, écrites sur un ton humoristique en rapport avec la corrida et la mort. En dehors de ces annotations, la plupart des clichés ne comportent au verso que des numéros de tirage photographique. Evoquée dans le présent ensemble, l’artillerie joua un rôle essentiel pendant la Première Guerre mondiale. Au début du conflit, elle était composée essentiellement d’une artillerie légère de campagne, avec une fonction d’appui auprès de l’infanterie. Mais la stabilisation du front conduisant à une guerre de tranchées provoqua un développement considérable de cette arme, donnant naissance à une artillerie lourde de grande puissance, avec des canons de plus en plus gros et l’apparition, vers la fin de la guerre, des premiers chars de combat. A la suite de cette évolution, l’artillerie sera la cause d’environ 75 % des pertes militaires. Certains sites représentés sur les photographies sont situés à Verdun ou dans les environs. Ils sont en rapport avec la bataille de Verdun, qui se déroula du 21 février au 18 décembre 1916, et qui opposa les armées française et allemande. Cette bataille, la plus longue et l’une des plus dévastatrices du conflit, fut une victoire défensive de l’armée française, permettant la reconquête du terrain perdu ainsi que la récupération des forts de Douaumont et de Vaux. Bon état de conservation.

[FRANCE] — TARDIEU (Pierre Antoine).

Carte de France physique et administrative. La France actuelle et ses anciens défenseurs.

Paris, Binet, 1838. Gravure originale (52 x 64,5 cm).

Très rare et belle carte de la France divisée par départements, dressée par Pierre Antoine Tardieu, et gravée par Gabriel-Xavier Montaut et François Houiste. Cette carte est un hommage de l'auteur au Premier Empire et à l'Empereur Napoléon, mort en 1821. Elle est encadrée d'une superbe bordure montrant les portraits de l'Empereur et des vingt maréchaux et généraux qui se sont illustrés lors de ses campagnes : Foy, Ney, Lannes, Eugène, Mortier, Lamarque, Masséna, Cambronne, Brune, Daumesnil, Junot, Berthier, Marceau, Lasalle, Hoche, Desaix, Poniatowski, Lefebvre, Kléber, et Augereau. Tous sont mis en scène dans un décor de bataille. Le général Desaix et le général Kléber, notamment, sont représentés lors de la Campagne d'Égypte. Napoléon, le chef des armées, est représenté à cheval, entouré d'une aura lumineuse, l'aigle impérial veillant au-dessus de sa tête. À ses pieds reposent un Code Napoléon, une palette de peintre symbolisant sa contribution dans le domaine des Arts, ainsi que des attributs militaires et des éléments illustrant la Campagne d'Égypte. De chaque côté de la carte figurent deux monuments érigés sur ordre de Napoléon : à gauche, la Colonne d'Austerlitz ou Colonne Vendôme, érigée en 1810 pour commémorer la victoire d'Austerlitz, à droite, la Fontaine de la Victoire ou Fontaine du Châtelet, construite en 1808 pour célébrer les victoires marquantes de l'Empire lors des batailles de Lodi et de Marengo (Italie), des Pyramides (Égypte), d'Ulm (Allemagne), et de Dantzick en Pologne. Ces portraits, ainsi que tous les éléments décoratifs, ont été dessinés par le peintre et lithographe Victor Adam. Il existe une autre édition de cette carte, publiée en 1852 par Fatout. Nous n'avons pas trouvé d'édition antérieure à la nôtre, datée de 1838, on peut donc penser qu'il s'agit de la première. Bel exemplaire, avec les contours aquarellés à l'époque, de cette carte très rare. Petites déchirures marginales restaurées. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1852, p. 680 (édition de 1852).

GABY (Jean-Baptiste).

Relation de la Nigritie, contenant une exacte description de ses royaumes et de leurs gouvernemens, la religion, les mœurs, coutumes et raretez de ce pays, avec la découverte de la rivière du Sénéga, dont on a fait une carte particulière.

Paris, Edmé Couterot, 1689. In-12 de (5) ff., 90 pp., (1) f. ; veau havane, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Édition originale, illustrée d'une carte gravée représentant le "Second sault de la rivière du Sénéga jusqu'à présent inconnu". Missionnaire français sous le règne de Louis XIV, le père Gaby entra dans l'ordre de l'Observance de Loches, dont il devint supérieur, et décida d'aller prêcher la foi aux Noirs de la côte d'Afrique. Il partit de Paris le 11 mars 1686, s'embarqua au Havre, et débarqua au Sénégal le 5 juin. La relation de son voyage donne de précieux détails sur les mœurs et coutumes de la population, la religion et la politique de la région, et présente les difficultés et les possibilités des voyages vers l'intérieur du pays par le fleuve. Bel exemplaire. Chadenat, 2881. — Gay, 2896.

GALARD de TERRAUBE (Louis-Antoine-Marie-Victor, vicomte).

Tableau de Cayenne ou de la Guiane française, contenant des renseignements exacts sur son climat, ses productions, les naturels du pays, les différentes ressources que l'on y trouve, et le degré de prospérité dont cette colonie est susceptible. On y a joint des observations nautiques, recueillies par l'auteur lui-même.

Paris, veuve Tilliard, an VII [1799]. In-8 de 230 pp. ; broché, couverture de papier violine.

Première édition. Le vicomte Galard de Terraube voyagea pendant un an en Guyane dans le but de rectifier des cartes marines. Il put ainsi dresser un tableau précis de la ville de Cayenne et de la Guyane. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Abonnenc, Hurault, Saban, Bibliographie de la Guyane française, p.120. — Chadenat, 3991. — Leclerc, 607. — Monglond, IV-860. — Nouvion, 226 (194). — Sabin, 26340.

GASPARIN (Agénor de ).

Une parole de paix sur le différend entre l'Angleterre et les États-Unis.

Paris, Michel Lévy frères, 1862. In-8 de 31 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).

Ouvrage relatant l'affaire du Trent, un incident naval et diplomatique survenu pendant la première année de la guerre de Sécession, et qui faillit provoquer une guerre entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Le 8 novembre 1861, à 240 milles au nord de Cuba, l'USS San Jacinto, commandée par Charles Wilkes, arrêta le RMS Trent, un navire britannique non armé, dans les eaux internationales entre Cuba et les Bahamas. Ce dernier avait en effet appris que deux hommes politiques sudistes avaient pris place à bord du Trent dont le départ pour Southampton était fixé au 7 novembre. Les deux personnalités en question, James M. Mason et John Slidell, avaient « forcé » le blocus de Charleston le 12 octobre pour rejoindre La Havane, port espagnol, dix jours plus tard. Leur mission était d’amener les gouvernements français et britannique à reconnaître officiellement l'existence de la nation sudiste. Les deux diplomates et leur famille furent débarqués manu militari du Trent malgré les protestations des membres d’équipage, arguant la neutralité du navire britannique. Par crainte d'un affrontement entre les deux nations, l’affaire fut résolue de manière pacifique lorsque les deux envoyés furent libérés le 1er janvier 1862 et qu’ils furent autorisés à se rendre en Grande-Bretagne. Bon exemplaire. Sabin, 26729.

GERDE (Jean).

Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.

La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.

L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis aux commissaires auxquels l'Assemblée Nationale a renvoyé l'examen de la demande faite par les représentans de la colonie, pour obtenir provisoirement la liberté de ce pocurer des farines, dont elle manque absolument.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur publie ce petit opuscule pour préciser et appuyer une demande faite auprès de l'Assemblée Nationale. Il y pose quatre questions, et par ses réponses entend prouver que la colonie a un fort besoin de farine pour sa consommation, qu'elle n'a pratiquement plus de réserve, et que le plus simple et le plus rapide serait d'en importer depuis les ports américains. Il demande donc qu'un nouveau décret stipule que "l'ordonnance rendue le 27 mai dernier, par le sieur marquis du Chilleau, sera provisoirement rétablie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7478. — Roquincourt, 1339. — Ryckebusch, 3604. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis sur la position actuelle de la députation de Saint-Domingue, aux États-généraux.

1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Rédigé par Gouy-d'Arsy au nom d'un comité de la députation, le texte relate le processus électoral qui avait été mis en place à Saint-Domingue pour y élire des représentants aux États-généraux. Or ces représentants ne furent pas admis à siéger, au grand scandale du comité qui dénoncent "une prévarication". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6004. — Roquincourt, 4126.

[GRECE].

Ruines du temple de Minerve Suniade.

Cap Sounion, 5 septembre 1846. Dessin original in-16 oblong (13,2 x 23,3 cm) à la mine de plomb, avec légende manuscrite à l’encre.

Vue du cap Sounion montrant des navires français et les ruines d’un temple grec. Le dessin, daté et signé «Ch. Lq.» dans l’angle inférieur droit, montre, au premier plan, des navires français, le Cerf, le Triton et le Cassini au mouillage près du cap Sounion, dans le sud de l’Attique (Grèce). D’autres navires, la plupart en train de naviguer, sont aussi représentés. Au second plan se trouve un immense promontoire rocheux sur lequel se dressent les ruines du temple. Celles-ci sont constituées de deux colonnades: la plus petite, au nord, semble contenir 4 colonnes et la plus grande, au sud, en contient 9. Anciennement désigné sous le nom de Minerve Suniade, le temple de Poséidon est un temple grec classique construit entre 444 et 440 av. J.-C. Etabli dans le style dorique, il domine la mer à l’extrémité du cap Sounion, à une hauteur de près de 60 mètres. Ses colonnes, initialement au nombre de 38, étaient faites de marbre blanc du Laurion. Ce n’est qu’en 1889, à la suite de la découverte d’une inscription, qu’on l’attribua à Poséidon, le dieu de la mer des anciens Grecs. Situés au premier plan, les trois navires français représentés appartenaient à la station du Levant commandée par le contre-amiral Louis Turpin (1790-1848). Le bâtiment le plus important, le Triton, était un vaisseau de 80 canons qui avait participé, en 1844, aux opérations contre le Maroc, notamment au bombardement de Tanger et au débarquement de Mogador. Le Cassini était une corvette à roues mise à flot en 1845 et qui sera utilisée en 1855 lors de la prise de la forteresse de Kinburn, pendant la guerre de Crimée. Quant au Cerf, il s’agissait d’un brig de 10 canons qui avait fait partie de la station du Brésil en 1841. Bon état de conservation. Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française, I, pp. 100 (Cassini), 105 (Cerf) et 447 (Triton).

[GRECE] — CHAIGNEAU (François Paul).

Lettre autographe signée à l’archéologue Raoul-Rochette.

Brig la Surprise, rade de Smyrne 18 septembre 1838. 7 pp. in-4 (27,2 x 20,5 cm) sur 2 feuilles doubles.

L’enlèvement des bas-reliefs du temple d’Assos (Turquie). Longue lettre du commandant de la Surprise, relatant le démontage des frises du temple d’Athéna à Assos, une ancienne cité grecque de la Troade située au nord-ouest de la Turquie actuelle, sur la mer Egée. Le début est consacré aux formalités nécessaires à leur enlèvement : réception du firman (ou décret) de la Porte, contact avec l’aga du village de Behram (Behramkale) où se trouve le site d’Assos, autorisation à demander au voïvode d’Aivagik (Ayvacik, province de Çanakkale). Puis l’auteur relate les difficultés de l’opération : « Vous savez […] combien est escarpé le pic sur lequel ils étaient situés et avec quelle difficulté on parvient à le gravir ; aussi a-t-il fallu à tout l’équipage du brig, la journée du 10 et une partie du lendemain pour y transporter trois jumelles de vaisseau et quelques espars. Pendant [ce temps], je m’occupai de reconnaître les bas-reliefs que nous avions vus ensemble, à les faire numéroter, et à tracer avec de la peinture sur les quartiers des rochers, la route qu’il nous faudrait frayer pour les descendre […]. Dans la journée du 11 nous avons mis la première pièce en mouvement. Le soir quatre de ces morceaux avaient franchi la pente la plus rapide du rocher d’Assos. Les Turcs rassemblés en grand nombre ne revenaient pas de leur extase… ». Chaigneau donne les noms des officiers qui ont dirigé les travaux : « Il a fallu six jours d’un travail assidu pour conduire au bord de mer les bas-reliefs d’Assos et près de deux pour les embarquer ». Au total, 18 sculptures furent prélevées : « Les bas-reliefs portant les n° 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 16, 17 et le chapiteau de colonne sont ceux que vous m’aves désignés ; ceux portant les n° 3, 10, 13, 14, 15 et 18 ont été trouvés par nous, et ceux portant les n° 1 et 2 ont été retirés de l’intérieur de maisons dans la construction desquelles ils entraient ». Il envoie à son correspondant, en même temps que la présente lettre, les dessins des bas-reliefs. Entré dans la Marine en 1823, François Paul Chaigneau (Lorient, 1808 - Toulon, 1874) fut nommé lieutenant de vaisseau en 1835. Il servit alors à la division du Levant et ramena, à bord de la Surprise, les bas-reliefs d’Assos donnés à Louis-Philippe par le sultan Mahmoud II. Capitaine de frégate en 1843, il effectua une expédition le long des côtes occidentales d’Afrique entre 1845 et 1848. Promu capitaine de vaisseau en 1850, il devint contre-amiral en 1861. Le destinataire de cette lettre, Désiré Raoul Rochette, dit Raoul-Rochette (Saint-Amand, 1790 - Paris, 1854), était un spécialiste de l’archéologie grecque et romaine. Conservateur du Cabinet des médailles à la Bibliothèque nationale, il était membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ainsi que de l’Académie des beaux-arts. Auteur de nombreuses publications, il avait effectué plusieurs voyages, notamment en Italie, en Sicile et en Grèce. Les frises du temple d’Assos sont actuellement conservées au Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

[GUADELOUPE].

Loi relative aux colonies.

Dijon, imprimerie de Capel, 1792. In-4 de 4 pp., broché.

Loi du 6 juillet 1792 concernant Basse-Terre en Guadeloupe. "considérant qu'il faut empêcher cet abus de pouvoir, qui depuis longtemps s'exerce dans les colonies", l'assemblée nationale casse plusieurs décision prises par les fédérations de Sainte-Anne et de Basse-Terre et annule le bannissement de plusieurs citoyens. Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or. Roquincourt, 5266.

GUARDIA (Joseph-Michel).

Les républiques de l'Amerique Espagnole.

Paris, L. Hachette et Cie, 1862. In-8 de 61 pp.; broché, couverture jaune imprimée.

Première édition. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante et coloriée par Vuillemin, intitulée Carte des états américains formés des anciennes colonies espagnoles. Cette brochure est une présentation des états nés de la disparition de l'empire espagnol en Amérique du sud. Le continent était en pleine évolution, alors que les États-Unis étaient en pleine guerre de sécession, que la France avait envoyé une expédition au Mexique, et que plusieurs pays connaissaient des guerres d'indépendance agitées. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Cachet de colportage sur plusieurs pages. Couverture empoussiérée et écornée. Sabin, 29059.

[GUYANE].

Arrêté concernant les dispositions à prendre pour la célébration, dans la colonie, de la fête de S.M. Louis-Philippe Ier, Roi des Français.

Cayenne, Imprimerie du Gouvernement, 1844. Affiche originale imprimée (40 x 30 cm).

Placard imprimé sur ordre du gouverneur de la Guyane Marie Jean-François Layrle concernant les dispositions prise pour la célébration de la fête du Roi. Le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, la fête du roi était une fête religieuse et loyaliste, alliant festivités civiles et militaires, accompagnée généralement d'une célébration religieuse, afin que le Ciel soutienne le roi «dans tous ses desseins pour la paix et la prospérité de la France». Bon état de conservation.

[GUYANE].

Ensemble de 9 documents, la plupart manuscrits.

Cayenne, Saint-Jean-du-Maroni, Paris, 1797-1911. 11 pp. de différents formats, quelques en-têtes imprimés.

Intéressante réunion de lettres et pièces signées sur la Guyane. Cet ensemble comprend: - Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée. Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire. Le retour d’un militaire malade du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie en métropole. Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque. - Certificat de décès. Pièce manuscrite signée (14 signatures). Cayenne, 11 prairial an 5 [30 mai 1797], 1 p. in-4 oblong. Concerne Laurent Igtershein, âgé de 35 ans, natif de Gelersheim, évêché de Vitzbourg (Allemagne), sergent au bataillon national du 53e Régiment en garnison à Cayenne, mort à l’hôpital de Paramaribo le 13 germinal an 5 [2 avril 1797]. - Extrait du registre des décès de l’hospice militaire de Cayenne. Pièce signée, en partie imprimée. Cayenne, 4 thermidor an 13 [23 juillet 1805], 1 p. in-4. Concerne Edem [Adam] Martin, de la 2e Compagnie de chasseurs, âgé de 29 ans, natif de Michery (Yonne), décédé à Cayenne le 27 floréal an 13 [17 mai 1805]. On joint un deuxième exemplaire, même date, 1 p. in-folio. Ensemble 2 documents. - ROUGER de LAGOTELLERIE (Pierre Frédéric), secrétaire-archiviste au gouvernement de la Guyane. Lettre autographe signée à Mme Vidal de Lingendes, à Paris. Cayenne, 15 mai 1827, 2 pp. in-4, adresse. A propos d’enfants dont il est le tuteur et qui sont en pension en France, du fils de sa correspondante, Félix Vidal de Lingendes, conseiller à la cour de Cayenne, et de la nomination comme maréchal de camp de Nompère de Champagny, député de la Guyane. - LAYRLE (Marie Jean François), gouverneur. Lettre autographe signée à Charles Marie de Lorgeril, lieutenant de vaisseau. Cayenne, 8 janvier 1845, 1 p. in-4. Il demande à son correspondant de lui fournir l’état de l’armement de la Mignonne, qui fait partie de la station de la Guyane. - [BAGNE]. Ensemble de 2 télégrammes. Saint-Jean-du-Maroni, 13 et 25 septembre 1892, 2 pp. in-8 oblong en partie imprimées. Au sujet de 6 relégués du pénitencier de Saint-Jean-du-Maroni, qui manquent à l’appel après avoir emporté leurs effets personnels. - COMPAGNIE GENERALE EQUATORIALE (Société minière et forestière des Guyanes). Action de 100 francs au porteur. Pièce imprimée. Paris, 2 mars 1911, 2 pp. in-folio. La première page est ornée d’un décor évoquant l’exploitation minière et les populations locales; la seconde est une planche de 24 coupons correspondant à cette action. Documents en bon état de conservation.

[GUYANE].

Notice statistique sur la Guyane française.

Paris, Firmin Didot frères, 1843. In-8 de (4) ff., 176 pp.; broché, couverture beige imprimée, non rogné et en partie non coupé.

Tiré à part de la notice consacrée à la Guyane, qui fut d'abord publiée dans les Notices statistiques sur les colonies françaises, en 1837. L'illustation se compose d'une grande carte lithographiée dépliante, publiée par la société d'études pour la colonisation de la Guyane française. Après une introduction historique, la notice présente la géographie, le climat, la population, et l'administration de la colonie. Viennent ensuite les cultures (sucre, café, coton, épices...) et le commerce. Elle se termine par les tableaux des relevés de population, de cultures, de commerce... pour les années 1839 et 1840. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Petit mouillure claire dans la marge intérieure des permiers feuillets, petit manque au dos. Abonnenc, Hurault, Saban, p.200.

[GUYANE] — BARTHELEMY (Charles).

Renseignements sur le régime de l’esclavage colonial. Etat statistique de la Guyane française.

Cayenne, 4 février 1837. Manuscrit autographe signé. In-folio (36,5 x 24 cm) de (3) ff. dont le titre, 15 et (12) ff.; broché, rubans de soie verte.

L’esclavage en Guyane, avec un projet de son abolition dans les colonies françaises. L'auteur, né à Cayenne, exerçait la profession d'avoué près les tribunaux, après avoir été secrétaire de mairie et greffier de justice de paix à Sinnamary. Il était aussi correspondant de la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin, ainsi que de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen. Son mémoire s’ouvre par quelques citations relatives à l’abolition de l’esclavage, suivies d’un discours préliminaire montrant la difficulté d’y parvenir. Il divise ensuite son étude en deux sections: la première, consacrée à l’origine de l’esclavage colonial, est divisée en 5 chapitres qui traitent de l’ancienneté de cette pratique, puis de l’esclavage en Guyane française à l’époque de sa première abolition (1794), au moment du décret du 1er messidor an IV, de son rétablissement le 5 floréal an XI et enfin lors de la restitution de la colonie à la France en 1817. La seconde section concerne son projet d’abolition de l’esclavage, divisé en 6 chapitres ou «conditions»: indemnité versée aux propriétaires, amélioration de la culture morale des Noirs, puis de leur condition matérielle, apprentissage ou rattachement des cultivateurs à la plantation où ils travaillaient lorsqu’ils étaient esclaves, établissement de commissions d’inspection ou de justice de paix dans les principaux quartiers, mise en place d’un inspecteur général pour veiller au succès du nouveau système. Cette section s’achève par un résumé où l’auteur estime que l’émancipation des Noirs doit se faire graduellement. En annexe se trouve un projet de règlement ou d’ordonnance royale, basé sur le règlement du 1er messidor an IV, qui prévoit de fixer l’abolition au 1er janvier 1843: rattachement des anciens esclaves à leur habitation pendant 10 ans, création d’une commission d’inspection, juge de paix, maisons de correction, missionnaires dans les quartiers, école chrétiennes et création d’un commissaire-général inspecteur. Vient ensuite le projet de loi sur l’abolition de l’esclavage: il contient 9 articles qui précisent notamment le montant du rachat des esclaves et l’emprunt que l’Etat devra faire pour réaliser ce projet: « L’esclavage est aboli aux conditions suivantes: 1. Le prix du rachat des esclaves est déterminé à 1000 F par tête, sans distinction de sexe ni d’âge. - 2. Les enfants jusqu’à 14 ans et les esclaves sexagénaires des deux sexes seront libres sans indemnité. - 3. Le rachat des 270000 esclaves qui existent dans les colonies françaises est évalué à 270000000 F. - 4. L’Etat contractera un emprunt de 270000000 F qui sera converti en une rente sur le grand livre de la dette publique, au profit des colons dépossédés. 5. Les esclaves payeront une contribution personnelle qui tiendra lieu de remboursement envers l’Etat du montant de l’emprunt de 270000000 F. Cette contribution sera acquittée pendant dix années, par les propriétaires sur le salaire des esclaves; savoir: pour les cultivateurs, à raison de 20 F par tête chaque année, pour les Nègres ouvriers et journaliers, 25 F par tête chaque année. - 6. Afin d’assurer à l’Etat le payement de la contribution extraordinaire fixée par l’article précédent, les esclaves cultivateurs, ouvriers ou autres individus resteront attachés pendant dix années au sol de leur établissement et habitations respectifs…» (Projet de loi concernant l’abolition de l’esclavage). A la fin se trouvent quelques notes suivies d’un état statistique de la Guyane française, où Barthélémy constate l’augmentation de la population esclave entre 1728 et 1820 («6745 têtes»), et où il détaille la population de la colonie au 1er janvier 1835: 17136 esclaves sur un total de 22083 habitants, avant d’énumérer les principales cultures de la Guyane: canne à sucre, café, coton, cacao, girofle, rocou, cannelle, muscade, poivre, avec l’indication des superficies cultivées; à la suite se trouve la répartition des 381 habitations de la colonie selon leur activité: sucreries, caféteries, cotonneries… D’après l’auteur, 28 moulins à vapeur étaient actifs dans les sucreries. Intéressant document, apparemment inédit, précédant de onze ans l’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises (1848). Quelques petites déchirures sur le premier feuillet, restaurées à la bande adhésive.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HERCHENRODER (Alcide).

Considérations générales sur Maurice.

Maurice, typographie Dupuy et Dubois, 1862. Petit in-8 de 83-(1 bl.)-(2) pp.; broché, couverture bleue imprimée.

Très rare petite plaquette publiée à compte d'auteur. Ecrit par un créole de Maurice, l'ouvrage est une réflexion sur son île, sur le caractère et l'évolution de sa population, sur son histoire et ses institutions. Exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelques annotations sur la première page de la préface. Couverture très usagée, manque une partie de la page de titre avec perte d'une partie d'un mot. Toussaint et Adolphe, A-754.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

ILE MAURICE.

Habitation au bord de la rivière des Lataniers.

[vers 1830]. Ensemble de 2 aquarelles originales sur papier, (22,3 x 28,9 cm pour le premier et 24,4 x 34,6 cm pour le second) ; texte manuscrit à l’encre au dos de chaque dessin.

Vues de l’habitation Courau, dans les environs de Port Louis (île Maurice). Le premier dessin montre, au premier plan, quelques animaux dans un pré. Au second plan se trouvent quatre bâtiments : d’après le commentaire figurant au verso, ces constructions correspondent, de droite à gauche, au cabinet de travail du planteur (bâtiment de forme carrée), à son logement particulier (pavillon de forme irrégulière), à la salle à manger (supportée par 4 piliers) et à la maison principale (grand bâtiment en partie caché par les arbres). Une importante végétation se trouve derrière les constructions. A l’arrière-plan, dans la partie gauche, on aperçoit la montagne des Signaux qui surplombe la ville de Port Louis, non visible sur le dessin. Sur le second dessin, on peut voir dans la partie gauche deux personnages apparemment en train de pêcher au bord d’une rivière ; au centre se trouve le logement du planteur et, dans la partie droite, son cabinet de travail. Ces deux bâtiments sont séparés par une végétation dense, également présente à l’arrière-plan ; au loin on aperçoit un paysage montagneux. Le commentaire précise : « Cette vue est pour mon père. Elle est prise comme on le voit dans le nord sur la rive droite de la petite rivière ». Le texte qui figure au verso est signé et daté « G. Courau 1834 ». Quelques références à « G. Courau » sont mentionnées dans Toussaint & Adolphe, Bibliography of Mauritius, sans qu’il soit possible d’établir un lien avec les présentes aquarelles. Le Dictionnaire de biographie mauricienne ne mentionne rien sous ce nom. G. Courau était peut-être apparenté à Alphonse Courau, auteur d’un plan lithographié de Port Louis publié en 1840 (Toussaint & Adolphe, F 748). La rivière des Lataniers est un cours d’eau de l’île Maurice qui se jette dans l’océan Indien à Port Louis. Elle est citée dans le célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, dont l’action se situe dans cette île. Pliures et quelques petites déchirures marginales, manque un coin ; les couleurs ont passé. Intéressant témoignage sur une plantation à l’île Maurice au XIXe siècle.

[INDE] — PEYNIER (Louis Antoine de Thomassin, comte de).

Brouillon d’une lettre à «Monseigneur».

A l’isle de France, 15 mai 1785. 4 pp. in-folio (32,3 x 20,5 cm), avec corrections autographes ; sur une feuille double.

La fin de la campagne de l’Inde. En 1782, une division navale fut envoyée en Inde pour renforcer l’escadre du bailli de Suffren qui s’y trouvait depuis l’année précédente. Ces renforts, commandés par le comte de Peynier, arrivèrent sur place au début de 1783. En juin de la même année, Peynier participa à la bataille de Gondelour, puis succéda à Suffren en 1784 au moment où celui-ci fut rappelé en France. Lui-même quitta Pondichéry l’année suivante et arriva à l’île de France (Maurice) le 2 mai 1785: «J’étois parti de Pondichéry le 19 mars, avec 240 hommes du régiment d’Austrasie […]. J’ai trouvé à mon arrivée le vaisseau l’Annibal que j’avois expédié le 6 mars de Pondichéry avec 200 hommes du régiment d’Austrasie […]. On m’a remis à mon arrivée les paquets que vous m’avez adressé par la frégate la Subtile commandée par M. La Croix de Castries. Cette frégate étoit partie le 3 avril pour Pondichéry, elle y a passé M. le vicomte de Souillac qui m’a laissé en partant les dispositions qu’il avoit fait pour faire passer le régiment de Bourbon dans l’Inde sur le vaisseau le Brillant et la flûte l’Osterlaÿ: pour remplir leur mission, j’ai accéléré les travaux que l’on faisoit à ses vaisseaux, ils ne seront prêts à partir qu’à la fin du mois. Je ferai travailler ensuite au radoub et à la carène indispensable, de l’Argonaute, de l’Annibal, et de la frégate la Surveillante. Le peu d’ouvriers qu’il ÿ a dans le port rendra les ouvrages à faire très longs; je ne négligerai rien pour remplir le plus tôt possible les ordres que vous me donnez pour mon retour en Europe; je prévois que les radoubs à faire ne me permettront pas de partir avant le mois de septembre prochain. M. de Souillac me propose dans sa lettre de ne laisser qu’un vaisseau avec les frégates et corvettes, et de ramener les trois autres qui seront suffisants pour passer le régiment d’Austrasie. Je suivrai ses avis…». La suite concerne sa promotion au grade de chef d’escadre, ainsi que les promotions et distinctions à accorder aux officiers qui ont rendu d’importants services lors de la campagne de l’Inde: «M. Daugas enseigne très ancien qui doit être lieutenant mérite la croix de St Louis. M. de Saint-Laurent enseigne a rempli la place de major et officier chargé du détail général de l’escadre. Depuis mon départ d’Europe il s’en est acquitté avec valeur, zèle et la plus grande intelligence, il a des connaissances bien au-dessus du commun […], je vous demande le grade de lieutenant et la croix de St Louis pour lui et je vous assure qu’il mérite vos bontés…». Le destinataire de cette lettre, Charles Eugène de La Croix, marquis de Castres (1727-1801), avait remplacé Sartine en 1780 au secrétariat d’Etat à la Marine. Il poussa activement les opérations navales en Amérique et dans l’océan Indien, mit en place de grands travaux dans les ports et rationalisa les constructions navales. Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.

[INDE] — PEYNIER (Louis Antoine de Thomassin, comte de).

Copie de la lettre de M. le Cher de Peinier à M. le marquis de Bussy.

Goa, 19 janvier 1784. 3 pp. in-folio (43 x 27,4 cm) sur une feuille double, pliée.

L’approvisionnement des comptoirs français en Inde. Officier de marine, Peynier relate son passage dans différents ports (Colombo, Galles, Cochin, Mahé, Goa) afin d’y acheter des denrées destinées aux comptoirs français de la côte de Coromandel, ainsi qu’aux vaisseaux de son escadre. Il est essentiellement question de blé, de riz, d’animaux (bœufs, cochons) et de salaisons. Peynier mentionne les négociants qui servent d’intermédiaires, les quantités achetées ou disponibles, les règlements par lettres de change ainsi que les monnaies utilisées, leur valeur variant d’une ville à l’autre. Il évoque aussi l’état sanitaire des marins dont certains sont soignés à terre. Extraits : « A Colombo ou à Galles, il y a cinq cents milliers de riz dont une grande partie a été reçue par la Compagnie […]. A Galles il y a de 4 à 5 cents milliers de bled, que je voudrais faire passer à la côte de Coromandel et que je crains fort de ne pas pouvoir prendre dans nos vaisseaux, il y a également un peu de biscuit avarié. A Cochin il y avait cent bœufs et mille cochons au Roy, les vaisseaux en ont pris pour leur journalier et rafraîchissements pendant le temps que j’y ai resté et y en reprendront à mon retour. J’ai passé 24 heures à Mahé où j’ai vu M. de Cossigni […]. Vous avez dû recevoir de ses nouvelles par des officiers qu’il vous a envoyés, il y a très longtemps qu’il n’en a reçu de vous. De Mahé je suis venu à Goa où j’ai mouillé le premier janvier et où nous nous sommes tous réunis… » (p. 1). « J’ai trouvé à Goa 118 316 L. de bled que j’ai fait embarquer dans les vaisseaux. M. le gouverneur en a pris 50 000 L. qu’il me rendra à mon retour de Surate […]. Toutes ces provisions provenant des approvisionnements faits par feu M. de Beaubrun et non de celles que je devais trouver ici pour l’entière exécution du contrat passé à Colombo par M. Louis Monneron avec M. de Riboira - que vous me marquez devoir être de 1 000 000 L. de bled, 115 000 L. de bœuf salé et de 40 000 L. de cochon salé […]. En arrivant ici j’y ai trouvé une quarantaine d’hommes qui y sont entretenus par le Roy depuis près de 6 mois […]. J’ai embarqué tous les biens portants dans les vaisseaux. J’ai été obligé de mettre plusieurs malades à terre, il y en a actuellement environ 60 presque tous scorbutiques et plaies graves… » (p. 2). Né à Aix-en-Provence, Louis-Antoine de Thomassin de Peynier (1731-1809) appartenait à une importante famille de la noblesse provençale. Entré dans l'armée à 14 ans, il fut nommé lieutenant en 1747, puis passa dans la marine. Devenu capitaine de vaisseau, il participa à la guerre d'indépendance américaine avant d’effectuer, de 1782 à 1785, une longue campagne dans les mers de l'Inde. En 1789-1790, il fut gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il était le fils de Louis de Thomassin, marquis de Peynier (1705-1794), intendant de la Guadeloupe en 1763, puis intendant de la Martinique de 1765 à 1771. Son correspondant, Charles-Joseph de Bussy-Castelnau (vers 1720 - 1785) était à l’époque gouverneur des Etablissements français en Inde. Il avait effectué l’essentiel de sa carrière militaire dans ce pays, travaillant successivement avec La Bourdonnais, Dupleix et Lally-Tollendal, puis avec le bailli de Suffren qui venait de quitter l’Inde à la fin de 1783. Document bien conservé, sauf quelques petites déchirures sans gravité.

[INDE] — SUFFREN (Pierre André, bailli de).

Copie d’une lettre à lui adressée.

S.l., 6 avril 1785. 1 p. in-4 (24 x 19,1 cm); sur une feuille double.

Projet d’un établissement français aux îles Andaman. Les îles Andaman sont situées dans l’océan Indien, entre l’Inde et la péninsule Malaise, à environ 280 km au sud-sud-ouest des côtes birmanes. Un navigateur attire ici l’attention du célèbre chef d’escadre au sujet de leur intérêt pour la marine française: «J’ai eu l’honneur de vous annoncer par ma lettre du 28 janvier dernier la vue de la grande Andaman […]. Le Sr Le Roy, pilote du Gange, reçut de moi ordre d’y passer à son retour de Visigapatnam […]. Cette terre paraît telle qu’elle est dans le plan; il n’a vu aucun habitant mais seulement de la fumée à terre. S’il est vrai qu’il puisse y avoir des ports, cette position seroit bien plus heureuse que celle du Pégou même, soit pour attaquer le Bengale dans la belle saison ou pour opérer à la côte de Coromandel et d’Oricha […]. Quel que soit le parti que prend le ministre à ce sujet, il est de la plus grande importance que le secret en soit gardé; car les Anglais ne manqueront pas de s’y établir s’ils se doutent du projet…». Finalement, le projet ne fut pas réalisé et les îles Andaman furent achetées en 1789 à la couronne danoise par le gouvernement britannique, ce dernier étant à la recherche d’un lieu de déportation pour les prisonniers politiques et de droit commun. Occupées par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, elles furent rattachées à l’Inde en 1947. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier. Mouillures dans la partie supérieure.

[INDONESIE].

Village.

[Vers 1880]. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

[INDONESIE].

[Vue d’une sucrerie].

S.l., [milieu du XIXe siècle]. Dessin original in-4 oblong (24,1 x 39 cm), non signé, exécuté à la mine de plomb et à l’aquarelle sur un ton bistre, sur papier fort.

Vue animée d’une usine à sucre, probablement en Indonésie. Au premier plan se trouve un petit massif de végétation d’où s’élèvent deux palmiers, et, à proximité, on aperçoit un groupe de quatre personnes ainsi qu’un habitant conduisant un charriot tiré par des bœufs, transportant vraisemblablement de la canne à sucre. Au second plan est représentée une usine en activité; celle-ci est composée d’un bâtiment principal constitué de deux étages recouverts d’un toit en forme de pagode, avec, sur le côté, une grande cheminée, et, du côté opposé, un bâtiment de forme allongée constitué d’un rez-de-chaussée sur lequel s’ouvrent plusieurs fenêtres et une porte. Un hangar est attenant au bâtiment principal; quelques personnes se trouvent à l’intérieur. Dans la partie droite du dessin, on aperçoit une construction basse dont le toit s’élève à peine au-dessus du niveau du sol; on voit aussi une grande gerbe de canne à sucre et plusieurs personnes en train de vaquer à leurs occupations ou se déplaçant entre cette construction et le hangar. Enfin à l’arrière-plan, on remarque, dans la partie gauche, une rade parcourue par deux voiliers et, dans la partie droite, un paysage montagneux. Originaire de Mélanésie où elle serait apparue vers 15000 à 8000 avant J.-C., la canne à sucre se développa d’abord en Inde, puis en Chine et en Perse. A partir de la fin du XVe siècle, les Espagnols et les Portugais contribuèrent à répandre sa culture aux Antilles et en Amérique. Les Néerlandais s’y intéressèrent aussi: en 1596, une expédition débarqua à Java et y trouva une industrie sucrière florissante qui était aux mains d’émigrants chinois; ils devaient par la suite la consolider et l’étendre. Source: Radt (Charlotte), Aperçu sur l’histoire de la canne à sucre, in «Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée», 1970, XVII, pp. 141-147. Quelques rousseurs, plus prononcées au dos.

IRMINGER (Carl Ludwig Christian).

Notice sur les pêches du Danemark, des îles Féroé, de l'Islande et du Groenland.

Paris, Challamel aîné, 1863. In-8 de 16 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue maritime et coloniale de septembre 1863. Amiral et hydrographe danois, l'auteur effectua une campagne hydrographique en 1854 au large de l'Islande et du Groenland, durant laquelle il laissa son nom à plusieurs lieux explorés : - le Courant d'Irminger, une composante nord-ouest du Gulf Stream ; - la mer d'Irminger, une partie de l'océan Atlantique au sud-ouest de l'Islande - le Bassin d'Irminger, bassin sous-marin entre les côtes orientales du Groenland à l'est, la ride de Reykjanes à l'ouest et le détroit du Danemark au nord. Dans cette petit étude sur la pêche, il passe en revue les pêches au saumon, hareng, morue, requin et cétacés, et décrit plus particulièrement les pratiques des îles Féroé. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couverture légèrement écornée.

ISAMBERT (François-André).

Discours sur le budjet de la marine (service des colonies).

Paris, Mme Vve Agasse, 1838. In-8 de 24 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Discours prononcé devant la chambre des députés le 23 mai 1838. Son auteur dénonce la mauvaise volonté des colonies à faire le recensement des esclaves, conformément à l'ordonnance de 1833, car elle était considérée comme une mesure préparatoire à l'émancipation. Bon exemplaire. Ryckebusch, 4134.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

KERAUDREN (Pierre-François).

De la fièvre jaune observée aux Antilles et sur les vaisseaux du roi, considérée principalement sous le rapport de sa transmission.

Paris, Imprimerie Royale, 1823. In-8 de (4) ff., 64 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre marron (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'un frontispice lithographié par Villain d'après Arago. Inspecteur général du service de santé de la marine, l'auteur livre une synthèse des connaissances sur la fièvre jaune, une fièvre hémoragique présente en Afrique et en Amérique tropicale, avec des incursions dans les port européens. Mais il ne peut trancher sur son caractère épidémique, le rôle des moustiques dans la transmission de la maladie n'étant pas encore connu. La première partie est un examen des motifs d'après lesquels on prétend que la fièvre jaune n'est jamais contagieuse. La deuxième partie montre les nouveaux faits concernant la transmission de la fièvre jaune et traite de la prophylaxie de la fièvre jaune sur les vaisseaux. Bon exemplaire. Quelques piqûres, frontispice rogné un peu court. Polak, 4847 (pour l'édition de 1822 publié sans frontispice). — Sabin, 37610.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LAGRANGE (Octavie).

Souvenirs de voyage. Algérie & Tunisie. Correspondance.

Langres, autographie Vathelet, 1868.Petit in-8 de (1) f., 407 pp.; broché, couverture beige imprimée, non rogné.

Première édition, probablement tirée à petit nombre, car l'autographie ne permettait pas de grands tirages. L'autrice accompagna son mari, Alphonse Lagrange, médecin et botaniste, dans son voyage de collecte de plantes. Son ouvrage reprend les lettres envoyées à sa mère, de janvier à mai 1864, dans lesquelles elle relate son voyage qui la mena à Alger, Blida, Cherchell, Tizi Ouzou, Biskra, Batna, Constantine, et Tunis. Elle y vante le colonialisme français, qui apporte selon elle sécurité et civilisation. De son côté, en 1867, son mari Alphonse Lagrange fit paraître un catalogue autographié intitulé Plantes recueillies par M. et Mme Lagrange, aux environs de Tanger (Maroc), dans un rayon de six à huit lieues. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'autrice à son cousin et son épouse. Couverture tachée et écornée, dos cassé avec de petits manques. Playfair, 2894. — Tailliart, 781. — Inconnu de Gay.

LAISNÉ de VILLEVÈQUE (Gabriel-Jacques).

Opinion sur les colonies.

Paris, Hacquart, 1819. In-8 de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Discours lu à la chambre des député lors de la séance du 5 juin 1819. L'auteur, député du Loiret, demande qu'on accorde les mêmes drpots aux hommes de couleurs libres qu'aux colons blancs. Suivi, du même auteur: Extrait du discours prononcé dans la séance du 7 juin 1819. Paris, Lenormant, 1819. In-8 de 4 pp. L'auteur explique que la France peut retrouver sa souveraineté sur Saint-Domingue pour peut qu'elle reconnaisse la liberté à ses habitant et leur droits qu'ils ont prit sur les propriétés des colons, moyennant une indemnisation der ses derniers. Inconnus des principales bibliographies.

LA REUNION.

[Vue d'une baie].

[vers 1860]. Aquarelle originale sur papier (17 x 26 cm).

Jolie aquarelle représentant une baie probablement sur l'Île de La Réunion. On y voit notamment un trois mâts ayant jeté l'ancre sur la gauche, et, sur la droite deux cases créoles ou paillottes, qui constituèrent l’essentiel de l’habitat populaire réunionnais jusqu’au milieu du vingtième siècle. A l’origine, les «paillotes» furent les premières habitations sur l’île, composée des matériaux du pays (bambou calumet, vacoa, palmes, latanier, vétiver…), puis rapidement les premières vraies cases créoles avec une armature en bois ont vu le jour, construites notamment par les premiers colons de la culture du café et des épices. Bon état de conservation. Coins coupés ou légèrement abîmés.

[LA REUNION] — BRUNA (Antoine Amédée).

Certificat de vie et résidence.

Saint-André, 8 avril 1811. Pièce manuscrite signée de 2 pp. in-4 (25,6 x 19,6 cm), sur une feuille double.

Rare document établi sous la domination britannique (1810-1814). « Nous, Antoine Amédée Bruna, commissaire civil et de police du quartier Saint-André, île de Bourbon, soussigné, sur l’attestation de Messieurs Charles Perrier d’Hauterive, Mathias Vetteo, Laurent Fantony et Toussaint Charles François Buttié, tous quatre habitants majeurs de ce dit quartier, certifions à tous qu’il appartiendra que Mademoiselle Louise Henriette Quesnel native de cette île, âgée de trente-deux ans […] a résidé et réside dans ce dit quartier de Saint-André, depuis fin de l’année mil huit cent six qu’elle a fait son retour d’Europe en cette île avec feu son père, jusqu’à ce jour, et qu’elle y a payée toutes ses contributions… ». La pièce comporte d’autres signatures : Perrier d’Hauterive, Vetteo, Fantoni, Buttié et Louise Quesnel. Suivent deux apostilles signées de légalisation de la signature de Bruna. Né à Cuneo (Italie) en 1749, Antoine Amédée Bruna s’embarqua en 1768 comme pilotin sur le Marquis de Castres allant au Bengale. Débarqué en juillet à l’île Bourbon (La Réunion), il resta dans la colonie et devint contrôleur des magasins du roi. Par la suite, il fut nommé commissaire civil et de police du quartier Saint-André. Epoux de Marguerite Suzanne Ricquebourg, il mourut dans cette localité en 1814 (source : site gw.geneanet.org). Rousseurs sur le 2e feuillet ; timbres d’enregistrement en première page

[LA REUNION] — QUENEAU (Félix).

Lettre signée à M. Marais, à Saint-Denis.

Nantes, 25 mars [et 9 mai 1825]. 3 pp. in-4 (25,8 x 20,4 cm) sur une feuille double ; adresse, marques postales.

Le commerce des denrées provenant de l’île Bourbon (La Réunion). Armateur à Nantes, Félix Queneau fait parvenir à son correspondant le duplicata d’une lettre qu’il lui a envoyée le 25 mars 1825. Elle concerne la remise d’une lettre de change tirée sur les armateurs nantais Perchais & Meade, ainsi que l’envoi d’objets à Saint-Denis : fusils, tissus et livres. Il est ensuite question du prix des denrées : « Les sucres sont à des prix satisfaisants pour les expéditeurs, & l’on peut compter sur un beau prix pour cette année, la récolte des Antilles étant très peu de chose ; les belles qualités se vendent de 85 à 87 fr. Les cafés par continuation jouent un triste rôle, & ceux qui ont profité d’un moment de hausse qui a eu lieu sur cette fève, ont bien fait, car aujourd’hui l’on vend difficilement à 25 et 26 s pour les bonnes qualités » (25 mars 1825). Suit la lettre du 9 mai, dans laquelle Queneau accuse réception d’une lettre du 3 janvier arrivée par la Victorine, puis annonce à Marais qu’il a assuré l’envoi des objets mentionnés dans la lettre précédente pour 2 200 fr. Il précise aussi que la traite tirée sur Perchais & Meade a été acceptée et qu’il a pu créditer son compte pour le même montant. Puis il ajoute : « Dans le cas où vous feriez quelques envois de denrée, donnez la préférence aux sucres, qui donneront toute l’année de beaux résultats, vu que la récolte des Antilles a manqué & que nous n’avons pas d’approvisionnements. J’ai vendu 6 000 [de] sucre pour Mr Félix Delpit qui donnent de produit net $ 9,40/100 du quintal ; ainsi je pense qu’avec de semblables résultats l’on doit être tenté d’expédier. Les cafés se vendent difficilement & ne présentent que de la perte… » (9 mai 1825). Enfin, il demande à son correspondant de lui faire obtenir quelques consignations, compte tenu de la concurrence qu’il y aura cette année pour le fret, puis il l’invite à contribuer au chargement de son navire l’Eole. Document bien conservé.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux États-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16-16-16 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées, non rognées (reliure de l'époque).

Première édition. Exemplaire enrichi d'un jeu d'épreuve corrigée, avec un tampon portant "épreuve du 27 avril", de l'édition française, puis de l'édition en anglais, French commerce and manufactures, publiée en même temps par l'éditeur Dentu. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrit au sujet de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des États-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Cachets de colportage. Sabin, 39381.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LECHEVALIER SAINT-ANDRÉ (Jules).

Commission de colonisation de la Guyane française. Extrait du procès-verbal de la séance du 4 mars 1842.

Paris, E.-J. Bailly, 1842. In-8 de (1) f., 42 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, pièce de titre noire, tranches mouchetées (reliure moderne)..

Polytechnitien et saint-simonien, puis fouriériste, l'auteur effectua un voyage de plus d'une année dans les Antilles et la Guyane. Au nom du ministère de la Marine et des Colonies, il y avait étudié les conditions de l'esclavage dans les colonies françaises, et les moyens pour y mettre fin. Devant la Commission, il exposa un projet de colonisation de la Guyane ainsi que la fondation d'une banque coloniale. Bon exemplaire. Abonnenc, Hurault, Saban, p.168. — Manque à Sabin.

LE MESLE (Charles).

Réponse à la brochure intitulée Le pour et le contre.

Londres, 1785. In-4 de 63 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge, non rogné (reliure moderne).

En 1784, le colon Jean-Baptiste Duboscq publia une brochure intitulée Le pour et le contre sur un objet de grande discorde et d'importance majeure . Convient-il à l'administration de céder part ou de ne rien céder aux étrangers dans le commerce de la métropole avec ses colonies ? Il défendait la possibilité pour les colons des Antilles de pouvoir commercer directement avec l'étranger sans passer par le monopole de la marine française sur ce commerce. L'auteur de la présente réponse, Charles Le Mesle, négociant au Havre et directeur de la chambre de commerce de Bordeaux (probablement lié aux armateurs), démonte tous les arguments de son contradicteur, tant historiques qu'économiques, considérant que "Si les colonies se sont enrichit sous l'origine des loix prohibitives, elles peuvent donc continuer à s'enrichir par la même voie" (page 10). Bon exemplaire. Mouillure claire marginale. Sabin, 69715.

LE PELLETIER de SAINT-REMY (Marie-Pierre-Romuald).

Trois mémoires sur les questions coloniales.

Paris, librairie de Guillaumin et Cie, 1859. In-8 de (2) ff., 91-viij-161-vj-(1)-(1 bl.)-67 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Réunion, sous un titre commun de trois essais publiés par l'auteur : - De la représentation des colonies dans le Parlement. Paris, librairie d'Amyot, 1847. L'auteur constate une incompatibilité de fait entre l'existence de l'esclavage et la représentation parlementaire des colonies. - Les Antilles françaises. Question monétaire. Entrepôts réels. Paquebots transatlantiques. Paris, librairie de Guillaumin et Cie, 1859. Avec une planche de monnaies. - Les colonies françaises depuis l'abolition de l'esclavage. Le travail. L'imigration africaine et asiatique. La production. La propriété. Paris, librairie de Guillaumin et Cie, 1859. Originaire d'une des plus ancienne familles de La Martinique, l'auteur fut avocat à Saint-Pierre et à Fort-de-France, avant de faire carrière dans l'administration coloniale à Paris. En 1848, il fut favorable à l'abolition, mais avec une indemnisation des propriétaires, et en 1854 il fut nommé président de l'agence centrale des banques coloniales. Bel exemplaire provenant de la collection du comte de Chasseloup-Laubat avec son ex-libris gravé aux armes, et avec un long envoi autographe signé de l'auteur. Ryckebusch, 5041 (pour le dernier texte). — Sabin, 40129 (pour le second texte)

LETOURNEAU (Charles).

L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humaines.

Paris, Vigot frères, 1897. In-8 de xxi-(3 bl.)-538 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Première édition. Vaste panorama historique dans lequel l'auteur considère l'évolution de l'esclavage depuis le règne animal, dans les îles du Pacifique, en Afrique, en Amérique, en Égypte, en Grèce, à Rome et dans l'Europe médiévale. On trouve notamment pp.132 à 144, un chapitre sur l'esclavage chez les Peaux-Rouges. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

[LIBAN] — ROMIEUX (Osmond).

[Vue d’une côte rocheuse au Liban].

S.l., [vers 1860]. Dessin in-4 oblong (32,1 x 44,8 cm) exécuté à la mine de plomb avec de légers rehauts de gouache blanche; cachet «O. Romieux» apposé dans l’angle inférieur droit, trace de montage au verso.

La côte libanaise au moment de l’Expédition de Syrie. Il montre, au premier plan, un personnage se déplaçant près du rivage et se dirigeant vers l’artiste. Au second plan apparaît une falaise d’où se sont détachés d’immenses blocs de pierre accumulés en contrebas. Deux personnages sont représentés : une femme, penchée, semble s’occuper d’un animal et un homme, assis sur un rocher, tient un fusil. A l’arrière-plan, on aperçoit deux constructions qui pourraient correspondre à un fort assurant la défense de la côte. Peintre orientaliste et officier de marine, Prosper Halvor Henri Oscar Romieux, dit Osmond Romieux, naquit à La Rochelle en 1826. Entré à l’Ecole navale en 1841, il effectua, de 1844 à 1847, un voyage en Polynésie d’où il ramena de nombreux dessins. Promu lieutenant de vaisseau en 1854, il fit partie du corps expéditionnaire envoyé en Syrie en 1860 et réalisa plusieurs aquarelles du Liban. Capitaine de frégate en 1867, il cessa ses fonctions en 1881 et mourut à La Rochelle en 1908. Sur Romieux et ses carnets de dessins, cf. KHOURY (Gérard D.), Le voyage d’Osmond Romieux au Levant: Beyrouth et le Mont-Liban, 1860-1861, Catalogue d’exposition au Musée d’histoire de Marseille, 22 avril-30 août 2010. Bon état de conservation.

LOSTANGES (Armand-Loius-Charles-Rose de).

Relation du combat de la frégate française La Surveillante, contre la frégate anglaise Le Québec.

Lorient, Éd. Corfmat, 1858. In-8 de 60 pp.; cartonnage de papier chagriné marron, pièce de titre verte, couvereture rose imprimée (reliure moderne).

Nouvelle édition, illustrée d'une planche lithographiée dépliante représentant le mausolée M. Du Couëdic. Cet ouvrage contient des détails importants sur une des plus célèbres batailles navales qui eut lieu pendant la guerre d'Indépendance américaine entre les Français et les Anglais, le 6octobre 1779 au large de l'île d'Ouessant. Le combat opposa la frégate française la Surveillante commandée par le capitaine du Couëdic de Kergoaler, à la frégate anglaise le Québec sous le commandement du capitaine Farmer. Il dura quatre heures et demie au bout desquelles les deux navires se trouvèrent démâtés et hors de combat. à partir de la page 43, on trouve des notes et des pièces relatives à M. Du Couëdic. Bon exemplaire. Polak, 6123. — Sabin, 69279 (édition de 1817).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

LÉON (Edwin de).

La vérité sur les Etats confédérés d'Amérique.

Paris, E. Dentu, 1862. In-8 de 32 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'un portrait lithographié de Jefferson Davis, président des Etats Confédérés. Originaire de Caroline du Sud, l'auteur était Consul en Egypte lors de la déclaration de sécession des Etats du sud. Il rentra chez lui en contournant le blocus et fut envoyé par Jefferson Davis en Europe pour obtenir la reconnaissance de la Confédération du Sud. Il contourna de nouveau le blocus et se rendit en Angleterre puis en France. Dans sa brochure, il nie les faiblesses attribuées aux Confédérés: le blocus n'est pas efficace (son propre exemple le prouve), il n'y a pas de manque d'approvisionnement, les esclaves restent loyaux à leurs maitres, et il termine par un éloge vibrant de Jefferson Davis, président des Etats Confédérés qui "est à la seconde révolution américaine ce que Washington était à la première". Bon exemplaire. Légères rousseurs. Howes, D239. — Sabin, 40071.

[MADAGASCAR] — TRANCHANT de LUNEL (Maurice).

Madagascar.

Paris, L'Agence de la France d'Outre-Mer, 1952. Lithographie originale en couleurs (66,5 x 103 cm).

Superbe et très grande affiche publicitaire de l'île de Madagascar, dessinée par Maurice Tranchant et publiée par L'Agence de la France d'Outre Mer. Dans le style des portulans anciens, la carte est décorée d'un titre inscrit sur une bannière, d'une rose des vents et d'un cartouche contenant une description de l'île, et illustré de personnages, de produits locaux et d'un portrait du maréchal Gallieni. Militaire et administrateur colonial français, ce dernier contribua à l'expansion de l'empire colonial français en Afrique, et notamment à Madagascar, à la fin du XIXe siècle. L'île est décorée de nombreuses vignettes figurant les productions de ses terres, ainsi que la faune et la flore. Les villes et les montagnes principales sont nommées. Maurice Tranchant de Lunel (1869-1944) était un artiste peintre, architecte et illustrateur français. En 1912, il fut nommé directeur du Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques du protectorat du Maroc par Lyautey. Il fut aussi le concepteur de la Grande Mosquée de Paris. Bel exemplaire, non entoilé. Pliures.

MAHER (Charles-Adolphe).

Relation médicale de deux épidémies de fièvre jaune à bord de la frégate l'Herminie, en 1837 et 1838, à La Havanne et à Vera-Cruz.

Paris, Félix Locquin, 1839. In-8 de xv-(1 bl.)-352 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Ouvrage rédigé par le chirurgien-major de l'Herminie. Cette frégate de 60 canons fut envoyée au Mexique participer au blocus de Vera-Cruz, dans le cadre de la guerre dite des pâtisseries, et à l'ocasion de laquelle la France réclamait le paiement d'indemnités pour le pillage de biens de Français. Le navire connut un épisode de fièvre jaune à son arrivée à La Havane, puis un autre à Véra-Cruz, sans compter le scorbut qui toucha une bonne partie de l'équipage. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "au camarade Réjan". Marge froissée page 338.

[MAROC].

Ensemble de 14 cartes postales anciennes.

S.l., [vers1920]. 9 x 14 cm.

On trouve ainsi représenté : - Oujda. Jeune femmeMarocaine. - Oujda. Ville indigène. - Oujda. Famille marocaine devant sa case. - Oujda. Fête du Ramadou. - Oujda. Campement de la Mahalla. - Tanger. Porte du grand Socco (marché). - Tanger. Magasin marocain. - Tanger. Coiffeur marocain en plein air. - Tanger. La ville, vue du phare. - Tanger. Le Wharf. - Tanger. Descente de douane. - Tanger. Scène de rue, près du Socco. - Tanger. la douane marocaine. - Tanger. Sur le grand Socco, près la Légation de France. Bon état.

[MARTINIQUE].

Territoire de St-James (Antilles). Quelques vues des plantations St-James.

S.l., [vers 1890]. Planche cartonnée (87 x 62,5 cm).

Grand panneau peu commun, composé d'un grand carton sur lequel sont montés 11 vues en photoglyptie et un cache laissant apparaître les illustrations et portant le titre et les légendes des vues. Les photoglypties sont tirées d'un album, Vues Photographiques prises sur le Territoire de St James (Antilles), publié vers 1890. Elles montrent des vues des plantations Saint-James à la Martinique dont une vue de Saint-Pierre avec des lettres gigantesques qui indiquent Plantations Saint-James sur les hauteurs dominant la ville (et placées bien avant celle dominant Hollywood), des vues de plantation, sucrerie et rhumerie ainsi que des groupes d'Indiens qui vivaient sur les plantations. En 1765, le Révérend Père Edmond Lefébure, Supérieur du couvent des Frères de la Charité et savant alchimiste, concurrent de Jean-Baptiste Labat, décida de créer sur les hauteurs de Saint-Pierre de la Martinique une distillerie de rhum afin de subvenir aux besoins de l'hôpital de la ville. Il fit ainsi jaillir des alambics, un tafia de canne à sucre hautement amélioré, appelée alors Guildive, qui évolua vers un des plus célèbres rhums agricoles. Le père Lefébure décida de donner à son rhum le nom de Saint-James (qui aurait été celui d'un amiral anglais ayant habité saint-Pierre) reconnaissable par les Anglais afin de faciliter la vente de sa production aux colons de Nouvelle-Angleterre, car l'importation de rhum était interdite. La première distillerie Saint-James se trouvait sur la route de Saint-Pierre, à Deux Choux, dans une ravine où coulait la rivière du Jardin des Plantes. À la suite de l'éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902, les plantations avoisinant la ville de Saint-Pierre ne furent plus que cendres. Seule la distillerie Saint-James fut en partie épargnée. Elle reprit son activité deux ans plus tard. Les photographies de ce panneau furent prisent par J. Depaz, photographe à St-Pierre de la Martinique, et le Capitaine Jean-Baptiste Moreau, de passage à St-James. Depaz était installé à Saint-Pierre de la Martinique d'après l'annuaire publié en 1897 par le Comptoir des intérêts coloniaux. Ses premiers clichés connus sont ceux publiés dans L'Illustration, en 1891, sur un cyclone qui ravagea la Martinique. En compagnie du capitaine Jean-Baptiste Moreau, il photographia la plantation Saint-James et en fit un album. La famille Depaz est une des grandes familles propriétaires de distilleries de rhum dans la région de Saint-Pierre et à Basse-Pointe. Elle y était encore installé dans les années précédant la seconde guerre mondiale, tout comme la distillerie du Galion. Bon état de conservation. Petits manques dans les bordures.

[MARTINIQUE] — LEYRITZ (Charles de).

Lettre autographe signée [probablement au marquis de Forbin d’Oppède].

Paris, 13 août 1843. In-4 (24,4 x 19,5 cm) de (4) pp.; sur une feuille double. On joint, du même, 2 pièces autographes (8 pp. in-4).

L’annulation de la vente d’une habitation à la Martinique. Ancienne propriété des familles Lahaye, d’Arros d’Argelos puis Thomassin de Peynier, l’habitation-sucrerie du Fond Lahaye était située près de Case-Pilote. En 1810, la comtesse de Peynier mit la propriété en vente; celle-ci fut alors vendue par adjudication à Michel Benoît Clauzel, un planteur de la Martinique, pour la somme de 484500 livres coloniales. Or, ce dernier n’en régla qu’une partie. Une procédure de folle enchère fut engagée et, le 27 novembre 1841, l’habitation fut vendue une nouvelle fois par adjudication pour un montant de 60000 francs à Louis de Percin de Montgaillard. Mais celui-ci ne disposait pas des fonds nécessaires pour en faire l’acquisition; de plus, il s’aperçut que 13 esclaves avaient été soustraits de l’habitation, ce qui conduisit à l’annulation de la vente. La présente lettre, écrite par Charles de Leyritz, notaire à Fort-Royal, est probablement adressée au marquis Sextius de Forbin d’Oppède (1764-1853), le mari de l’une des deux filles du comte de Peynier. Le notaire explique sa décision d’annuler la vente: «Je vous avais mandé qu’un traité avait été conclu entre M. Fabre et M. de Percin […]. Ce traité était chose illusoire puisque M. de Percin ne possède absolument rien et que jamais il n’aurait été en état de réaliser le comptant de 25000 qu’il devait donner. Je me suis donc décidé à le résilier de commun accord avec lui. Vous trouverez ci-inclus copie de l’acte qui a été passé entre nous […]. J’ai été visiter l’habitation; tous les bâtiments tombent en ruine; il ne faudrait pas moins de 15000 pour la mettre, non pas en bon état, mais en position de faire du revenu un peu régulièrement… (13 août 1843). «En signant le traité […] M. de Percin avait entendu que ladite habitation Fond Lahaye lui serait adjugée avec toutes ses circonstances et dépendances existant au moment dudit traité, et notamment l’intégralité des esclaves qui y étaient alors attachés. Il ignorait entièrement que par jugement du tribunal de première instance de St Pierre du 17 août 1839 les enfants mineurs du Sr Benoît Clauzel avaient été autorisés à distraire de ladite habitation Fond Lahaye les esclaves dépendant de la succession de leur mère et ci-après nommés, savoir: Antoinette, Joséphine, St Jean, Aimée et ses enfants nommés Louisia, Delphine, Ismène, Marie Elisabeth et Toussaint; Robertine, Constance et ses deux enfants Aline et Amélie…» (1e pièce jointe). «Les héritiers de Peynier (qui sont lesdites dames constituantes dudit Me Leyritz) possèdent une créance liquidée à 93000 f en capital par jugement du 23 mai 1829. Cette créance repose avec un droit de folle enchère sur l’habitation Fond Lahaye, située à la Case Pilote, dépendant de la succession bénéficiaire Benoît Clauzel. Les héritiers Clauzel soutiennent en ce moment (et ce sera probablement l’objet d’une instance) qu’en déduction de cette créance, ils ont, à diverses époques, payé […] une somme de quarante mille francs. Si la prétention des héritiers Clauzel est admise, il y aura lieu à une diminution de la créance telle qu’elle est énoncée ci-dessus…» (2e pièce jointe, comprenant une liste de 56 esclaves avec leurs noms et âges). Actuellement, Fond Lahaye se trouve sur la commune de Schœlcher, près de Fort-de-France. Intéressante lettre concernant une habitation-sucrerie à la Martinique.

[MARTINIQUE] — LEYRITZ (Charles de).

Lettre signée [probablement au marquis de Forbin d’Oppède].

[Fort-Royal], 15 février 1843. In-4 (27,1 x 20,7 cm) de (17) pp.; broché.

Les dettes de l’habitation du Fond Lahaye à la Martinique. Située près de Case-Pilote, l’habitation-sucrerie du Fond Lahaye avait appartenu à la famille Lahaye jusqu’en 1760, date à laquelle elle passa à la famille d’Arros par le mariage de la dernière héritière du domaine avec le baron Jean François d’Arros d’Argelos, officier de marine. A la mort de ce dernier (1791), elle passa à la famille de son gendre, Louis Antoine de Thomassin, comte de Peynier, ancien gouverneur de Saint-Domingue. Celui-ci mourut en 1809; l’année suivante, sa veuve mit la propriété en vente: le 18 juin 1810, Michel Benoît Clauzel, un planteur de la Martinique, en fît l’acquisition sur adjudication pour 484500 livres coloniales. Or, ce dernier ne versa qu’une partie de la somme; lorsqu’il disparût, en 1817, la famille Clauzel hérita du domaine mais ne régla pas la totalité du solde qui restait à payer. De son côté, la comtesse de Peynier, décédée en 1815, laissait deux héritières: Henriette de Thomassin de Peynier (1789-1864), épouse du marquis de Forbin d’Oppède, et Louise de Thomassin de Peynier (1791-1846), épouse séparée de biens de Jean-Baptiste de Villeneuve de Beauregard. Représentées à la Martinique par des fondés de pouvoir, les deux sœurs engagèrent des procédures pour tenter de récupérer les sommes qui leur étaient dues. La présente lettre, rédigée par Charles de Leyritz, notaire à Fort-Royal, semble être adressée au mari de l’une des deux héritières, probablement le marquis Sextius de Forbin d’Oppède (1764-1853). Dans sa lettre, le notaire énumère les griefs qu’il formule contre MM. Forsans, Pécoul et Fabre, trois fondés de pouvoir successifs de la famille Peynier depuis 1810. Il est aussi question du décès de Michel Benoît Clauzel, de sa succession, des paiements déjà effectués entre 1823 et 1827, de l’état de la dette envers la famille Peynier (93710,60 francs en 1829), de l’émission de billets à ordre, de la livraison de boucauts de sucre en paiement, de la procédure de folle enchère engagée contre la famille Clauzel, des jugements en première instance et en appel, de l’insolvabilité du dernier acquéreur lors d’une nouvelle adjudication en 1841, etc. «Le 18 mai 1839, M. Fabre a formé contre les Clauzel une demande de mise en séquestre de l’habitation. C’était là une excellente mesure, parce que forcer les Clauzel à sortir de l’habitation, leur enlever les revenus, c’était leur ôter les moyens de faire une guerre de procédure, qui ne tendait qu’à prolonger indéfiniment la vente de l’habitation. Un jugement du tribunal de St Pierre du 17 août 1839 prononça effectivement cette mise en séquestre, mais sur la demande des Clauzel il ordonna en même temps que treize esclaves et des bœufs de cabrouet seraient distraits de l’habitation comme propriété particulière des mineurs Clauzel […]. Les esclaves distraits l’ont été sous le prétexte qu’ils dépendent de la succession de Mad. Clauzel, et que ce n’est que la succession de M. Clauzel qui vous doit: mais Mad. Clauzel elle-même vous doit par suite du sous seing privé du 7 8bre 1830; M. Fabre devait former appel du jugement et faire valoir cette circonstance; il n’en a rien fait. Aujourd’hui il est trop tard, les esclaves seront détachés de l’habitation…» (p. 14). Belle lettre montrant la complexité des procédures juridiques liées à une habitation sucrière. Bruneau-Latouche (Eugène), 209 anciennes familles subsistantes de la Martinique, t. I, Paris, Aix, Fort-de-France, 2002, pp. 251-252 (Clauzel).

[MARTINIQUE] — MENARD (Jean).

Mémoire pour Monsieur Bastin. Pièce autographe signée.

Saint-Pierre, 11 avril 1778. 1 p. in-folio (32,7 x 21,3 cm) ; traces de plis.

Une commande d’objets d’orfèvrerie par un négociant martiniquais. Ce mémoire récapitule les différents articles commandés à Paris : « Vingt-quatre couverts avec quatre cuillères à ragoût d’argent à filets. - Trente-six garnitures boucles d’argent à la charte grande et petite avec leurs chapes en argent des nouveaux modèles à la mode. - Quatre paires d’éperon à chaîne. - Une épée d’argent doré grande et à la mode avec lame et fourreau de galuchat blanc […]. - Une tabatière en ovale long en or de couleur du poids de 4 à 5 onces. - Quatre petites tabatières du poids d’une once, à vue once et demy. - Un étui ovale en or de couleur du poids d’une once six gros, avec son étui de galuchat […]. - Deux joncs de 40 pour chaque d’une jolie couleur et menus et bien effilés avec leurs pommes en or de couleur du poids de six gros chaque… ». Marchand orfèvre et garde-poinçon à Saint-Pierre (Martinique), Jean Ninot Ménard était associé à Guillaume Costet. En 1784, ces derniers firent l’acquisition d’une maison à Saint-Pierre, située sur les rues Longchamp et Miral, pour la somme de 22 500 livres (source : Jacques Guérout, Vente en 1784 d’une maison à Saint-Pierre de la Martinique, in « Généalogie et histoire de la Caraïbe », mai 2022). Le destinataire du présent mémoire est probablement Jean Nicolas Bastin, reçu maître-orfèvre en 1774 à Paris. Cote d’inventaire notarié en milieu de page : « Soixante sixe invée quatorze ». Rare document sur l’orfèvrerie à la Martinique au XVIIIe siècle.

[MARTINIQUE] — PEINIER (Louis de Thomassin, marquis de).

Conseil supérieur de la Martinique (et) Chambre d'Agriculture.

S.l., ler et 11 février 1765. 2 manuscrits à lui adressés, 6 et 11 pp. in-folio.

Intendant de la Guadeloupe depuis 1763, le marquis de Peinier fut nommé, l'année suivante, intendant de la Martinique. À cette occasion, il reçut deux rapports détaillés, l'un sur les membres du Conseil supérieur de la colonie, et l'autre sur ceux de 1a Chambre d'agriculture. Ces rapports fuent rédigés par un proche de l'ancien intendant, Pierre Le Mercier de La Rivière, économiste de l'Ecole des physiocrates, qui venait d'être rappelé en France pour avoir tenté de favoriser le commerce de la Martinique avec les pays étrangers. Le premier rapport, consacré au Conseil supérieur, dresse un portrait sans complaisance des 14 membres qui le composent; ainsi, "M. Dubochet, Doyen. Il a le malheur d'être rarement de sang-froid, on s'en aperçoit davantage aux audiences de l'après-dîner... M. Mainant. Sous-doyen. C'est un homme âgé, excessivement borné, et qui n'a jamais été magistrat. Voilà les deux personnages qui sont à la tête du Conseil. Cela est affligeant". Mais la plupart sont des "honnêtes hommes" : "M. Perinelle. Conseiller. Il est très instruit, plus magistrat que ne le sont nos conseillers des Colonies. Nous en avons été fort contens M. de La Rivière et moy... M. Le Vacher Desepinais. Conseiller. I1 a beaucoup d'esprit : il est Subdélégué de l'Intendance dans la partie du Pêcheur. C'est un homme qui cherche à capter la bienveillance des gens en place... M. de Beuve Ste Catherine. Conseiller. C'est un de Mrs les Conseillers dont j'estime le plus la droiture, l'amour du bien et de la règle : excellent habitant d'ailleurs, et d'un caractère ennemi de l'intrigue...". Certains ont obtenu leur poste grâce à leurs appuis à la Cour : "M. Aubepin, assesseur (Na. Il se nomme de l'Aubepine). Il nous est arrivé avec la plus forte recommandation de feue Mme de Pompadour, voilà tout ce que j'en puis dire : nous ne l'avons pas encore vü à la besogne... M. Bourdin, greffier en chef. Il n'a d'autre mérite que la protection de Mr le Duc de Penthièvre; sa famille est attachée à cette maison. C'est un homme qui n'a pas bonne réputation : il est en France, et il a laissé la Caisse des Nègres justiciés dont il étoit chargé, dans un désordre qui ne lui fait pas honneur". Considérant les membres de ce Conseil "peu munis des grands principes de jurisprudence", l'auteur du rapport constate qu'ils sont"plus habitants que magistrats", et qu'ils ont "des (liens) d'intérêt, d'amitié et de parenté qui peuvent être, dans l'administration de la justice, la porte à de grands abus...". Le portrait des 8 membres de la Chambre d'agriculture est encore moins flatteur. Cette assemblée, qui se tient à Saint-Pierre "a cherché à se mêler beaucoup plus du gouvernement de la Colonie et de tous les objets qui ne la regardent pas, qu'elle n'a été occupée de ceux que l'ordonnance lui prescrit de traiter... Il y a eu jusqu'à présent beaucoup d'irrégularités dans sa marche. C'est M. Dubucq de Ste Preuve qui la mène comme il veut et où il veut... je le regarde comme l'ennemi personnel de M. La Rivière et le mien, comme 1'antagoniste de toutes nos opérations". "M. de Ste Preuve dans toutes les occasions décèle malgré lui un esprit républicain et d'indépendance qui depuis 50. ans a toujours été le caractère distinctif de ce qui porte son nom... IL est préoccupé du système de l'imposition sur la sortie de la denrée, il vouloit aussi imposer de même l'entrée de celles de France. Il a de bonnes raisons et les siens aussi pour être amoureux de ce système là : possesseurs de presque tous les biens-fonds de La Trinité où la tribu des Dubucq est très nombreuse, ils ont tant de facilité pour faire entrer et sortir ce qu'ils voudront...". "M. Girardin. Il a été proposé par M. de La Rivière plutôt à raison du zèle et des bonnes intentions que luy et sa famille ont toujours témoigné, qu'à raison des qualités qu'il peut avoir pour cette place... M. de Surirey. Il est moins que rien; il n'a point d'opinion à luy; hors de la Chambre, il ne pense pas comme M. de Ste Preuve, mais quand il y est, les sophismes et le faux-brillant de celuy-ci l'étourdissent... MM. Marraud & Leiritz sont d'abord les plus honnêtes gens de la colonie, la tête bien faite l'un et l'autre, bons habitans et capables... mais ils sont un peu foibles. M. Brunet, Secrétaire. C'est une créature et dans le fait âme damnée de M. de Ste Preuve. C'est lui qui l'a placé là, et pour cause, il tient les registres de toutes les délibérations de la Chambre, c'est luy qui tient la plume, et par qui toute la correspondance avec la Cour passe". L'auteur de ce rapport, qui demande son rappel, conclut : "Au reste il faut s'attendre que cette Chambre ayant la prérogative de nous juger, croit avoir celle de nous tenir en bride... Je plains M. de Peinier : il regrettera la tranquilité de la Guadeloupe. M. de Ste Preuve et la Chambre lui donneront de la peine". Bon état de conservation.

MATOU (pseud. de Petit d'Hauterive).

Guêpes mauriciennes.

Paris, Henri Plon, 1861. In-8 de (3) ff., 354 pp.; percaline verte estampée à froid, titre sur le premier plat, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Première et seule édition ancienne. Recueil de 53 chroniques sur la vie mondaine et culturelle de l'île Maurice écrites entre juillet 1858 et mai 1861, date du départ de son auteur. Bon exemplaire portant une étiquette mentionnant : Livre provenant de la bibliothèque du trois-mâts Alphonse commandé par mon grand-père Henry Maugat, de Paimboeuf. On trouve également un envoi autographe : Souvenir d'amitié. Marius Arnault, Tamatave 14 aout 1862. Légères piqûres, coins usagés, premier plat dédoré. Ryckebusch, 5576. — Toussaint et Adolphe, D-1069.

MAUROY (Prosper).

Du commerce des peuples de l'Afrique septentrionale dans l'antiquité, le moyen-age et les temps modernes, comparé au commerce des Arabes de nos jours.

Paris, au comptoir des imprimeurs-unis, 1845. In-8 de xi-(1)-199 pp.; demi-maroquin vert à long grain, dos lisse orné en long, couvertures conservées, non rogné (reliure de la seconde moitié du XX° de Devauchelle).

Première édition. Étant donné que la domination française ne cessait de s’agrandir en Afrique, l’auteur proposa de : « rechercher quel a pu être le commerce africain dans les temps antiques ; d’examiner sur quelles bases il reposait à cette époque ; quels peuples lui servaient d’intermédiaires, et si, les mêmes causes ou des causes semblables renaissant aujourd’hui, on peut raisonnablement espérer les mêmes résultats » (p. x). En appendice se trouve une Lettre de Ghadamès, par James Richardson, agent de la société anglaise pour l’abolition de l’esclavage. Bel exemplaire. Cachet d'une congrégation religieuse sur le faux titre et le titre. Gay, 309.

MERRUAU (Paul).

L'Égypte contemporaine. 1840-1857. De Méhémet-Ali à Said Pacha.

Paris, Didier et Cie, 1858. In-8 de (2) ff., lj-(1 bl.)-338 pp.; demi-maroquin vert, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, avec une préface de Ferdinand de Lesseps. Après une introduction relatant brièvement l'histoire de l'Égypte, l'ouvrage est consacré à l'administration et aux réformes de Mohamed Saïd Pacha (1822-1863), quatrième fils de Méhémet Ali et son troisième successeur. Il fut gouverneur d'Égypte et du Soudan de 1854 à 1863. [Relié avec:] LESSEPS (Ferdinand de). Égypte et Turquie. Paris, Plon, 1869. In-8 de 51-(1) pp. Édition séparée de deux chapitres publiés en 1860 dans Question du canal de Suez ; l'un sur la condition physique et politique de l'Égypte, l'autre sur l'intérêt de la Turquie au percement de l'isthme de Suez. Bel exemplaire. Chiffre M surmonté d'une couronne comtale en pied du dos. Gay, 2148. — Ibrahim-Hilmy, II, 32. — Maunier, 125. (pour le premier ouvrage). — Gay, 2112. (pour le second ouvrage).

[MEXIQUE].

Portrait de Luis Enríquez de Guzmán.

Vers 1850. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Luis Enríquez de Guzmán, Conde de Alba de Liste (1610-1680), fut nommé vice-roi de la Nouvelle-Espagne le 28 mai 1648, sous le roi Philippe IV d'Espagne, fonction qu'il occupa jusqu'au 14 août 1653. Sa principale réalisation fut de réformer la trésorerie de la colonie, entraînant une augmentation considérable des revenus, dont la plupart furent envoyés en Espagne pour soulager les difficultés financières de Philippe IV. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

[MEXIQUE].

Portrait de Pedro de Castro y Figueroa y Salazar.

Vers 1840. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Pedro de Castro y Figueroa y Salazar, duc de la Conquista et marquis de Gracia Real (1678-1741) était un officier de l'armée espagnole. Il fut nommé vice-roi de Nouvelle-Espagne, par Philippe V, en 1740 pour remplacer Juan Antonio de Vizarrón y Eguiarreta. Pendant sa période de vice-roi, il travailla à l'amélioration des mines de Zacatecas en améliorant le système de drainage, fit nettoyer les obstructions du port de Veracruz et ordonna la construction du fort San Juan de Ulúa. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

MEXIQUE. — CHAPLIN (Charles).

Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).

1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MONNERON (Louis).

Réponses aux objections contre le rétablissement de Pondichéry, présenté à MM. de l'Assemblée Nationale.

Paris, L. Potier de Lille, 1791. In-4 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).

L'auteur demande aux députés, au nom "des principes d'humanité & des intérêts très-pressans de politique & de commerce" de "maintenir sur un pied respectable de défense vos établissemens aux Indes" Bon exemplaire. Mouillure claire dans la marge inférieure. Roquincourt, 2172.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MOZAMBIQUE — PORTUGAL — JOSE Ier.

[Loi accordant la liberté du commerce avec le Mozambique aux sujets Portugais des Indes].

Lisboa, 1755. In-4 de (2) pp., broché.

Loi du 10 juin 1755 ouvrant le commerce des ports mozambicains à tous les sujets de l'État portugais de l’Inde, et à toutes les marchandises sauf les perles de verre. Mais la loi ne fut mise en place que le 29juillet 1757 à cause de l’opposition interne du gouverneur général lui-même. Colonie portugaise depuis le XV° siècle, la côte du Mozambique, et particulièrement l’île du même nom, étaient une escale majeure dans le long voyage qui menait les navires portugais de Lisbonne jusqu’en Inde. Bon exemplaire.

[MOZAMBIQUE]. — SAINT FRANCOIS-XAVIER.

Bénédiction d'un africain.

XVIII° siècle. Peinture originale sur toile montée sur chassis (58 x 47).

Saint François Xavier (1506-1552) était un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'«Apôtre des Indes». Béatifié en 1619, il fut canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. En 1541, il embarqua pour Goa alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, et fit notamment une longue escale au Mozambique en attendant des vents favorables pour repartir. Il visita notamment le Mozambique, l'Archipel des Comores, Ceylan, Malacca, les îles Moluques, le Japon où il convertissa de nombreuses personnes, et mourut de maladie sur l'île chinoise de Shangchuan. Bon état de conservation.

OLIVEIRA MARTINS (Joaquim Pedro).

Les explorations des Portugais antérieures à la découverte de l'Amérique.

Paris, Ernest Leroux, 1893. In-8 de (2) ff., viij-(1)-(1 bl.)-33 pp. , toile bordeaux, pièce de titre noire, couvertures conservées (reliure moderne).

Texte d'une conférence faite à Madrid en 1891, traduite et commentée par Alexandre Boutroue. Il est illustré d'une carte dépliante. Limité aux explorations avant 1492, l'auteur évoque la découverte des îles de l'Atlantique (Madère et les Açores), puis le début du contournement de l'Afrique par Christophe Colomb et Bartolomeo Diaz. Bon exemplaire. Envoi autographe signé du traducteur Alexandre Boutroue.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PATTY.

[Vue animée d’un village indochinois].

S.l., [milieu du XXe siècle]. Dessin original in-4 oblong (39,5 x 55 cm), signé dans l’angle inférieur gauche, exécuté à la gouache sur papier fort teinté.

La vie quotidienne d’un village vietnamien au milieu du XXe siècle. Grand dessin montrant, au premier plan, deux personnes assises, vues de dos, entourées de plusieurs plats posés ou empilés sur le sol. Au second plan se trouve un groupe de villageois s’occupant d’une récolte, probablement de bambous, autour d’une charrette à bras en train d’être déchargée. Une jeune femme transportant un panier au moyen d’un bâton posé sur son épaule passe à proximité du groupe en pleine activité. Au second plan se dresse un hangar, le long duquel des tiges de bambous ont été posées. On aperçoit aussi, dans la partie gauche du dessin, des huttes, un vélo et des villageois vaquant à leurs occupations. Bénézit, X, p. 641, signale un artiste américain du nom de William Arthur Patty, né en 1889 à New Hartford (Connecticut), peintre de paysages, marines et natures mortes. Cependant, la signature du présent dessin («Patty») ne correspond pas à celles figurant sur les œuvres reproduites en ligne («Wm. A. Patty»). Une autre hypothèse serait celle du major Patty, membre des services secrets américains (Office Strategic Services) qui effectua des missions secrètes au Vietnam vers 1945: parachuté au Tonkin, il livra des armes au Vietminh, soutenu à l’époque par les Etats-Unis qui voulaient évincer la France de l’Indochine. Cf. Pierre Labrousse, La Méthode vietminh. Indochine 1945-1954, Lavauzelle, 1996, pp. 25 et 31. Curieux dessin, montrant le Vietnam rural quelques années avant la fin de l’Indochine française.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PLANAT (Jules).

Histoire de la régénération de l'Égypte.

Genève et Paris, J. Barbezat, 1830. In-8 de (2) ff., iv-374 pp.; demi-maroquin havane, dos à nerfs orné de caissons à froid, tranches mouchetées (reliure légèrement postérieure).

Première édition, publiée à titre posthume. Elle est illustrée de 4 planches lithographiées dépliantes (frontispice montrant le nouvel uniforme des troupes égyptiennes, 2 plans dont celui de La Mecque et une carte de l'Arabie dressée par l'auteur). L'auteut fit parti des quelques officiers français qui accompagnèrent en Égypte le général Boyer chargé, à la demande de Méhémet-Ali, de réformer l'armée. Il séjourna cinq années au Caire (de 1824 à 1829) en qualité de chef d'état-major au service du pacha d'Égypte. Son ouvrage est rédigé sous forme de lettres addressées au député Alexandre de Laborde, membre du comité philhellène. Elles dressent un tableau de la nouvelle armée égyptienne, des conditions de sa formation, et traitent également des campagnes contre les Wahebis et de la guerre d'indépendence de la Grèce (à laquelle il n'a pas participé mais dont il donne le point de vue égyptien). Bel exemplaire. Légères rousseurs. Blackmer, 1320. — Hage Chahine, 3760. — Ibrahim-Hilmy, II, 122.

PORTUGAL — JOSE Ier.

Estatutos Da Junta Do Commercio Ordenados por El Rey Nosso Senhor no seu Real Decreto de 30 de Setembro de 1755.

Lisboa, Miguel Rodrigues, 1756. In-4 de (1) f., 37 pp. ; broché, couverture de papier marbré moderne.

A l'initiative du marquis de Pombal, le roi José Ier remplaça la confrérie de l'Espírito Santo da Pedreira de Lisbonne, sorte d’association de négociants, coupable d’avoir fait des représentations contre la Compagnie de Grão-Pará et Maranhão, par une sorte de chambre de commerce, Junta do commercio. La présente brochure détaille les statuts de cet organisme, dans lesquels est mentionné le commerce dans les colonies portugaises de l'Inde et du Brésil. Les produits mentionnés sont le sucre, le tabac, le poivre, le cacao et d'autres épices. Bon exemplaire. Petites galeries de vers marginales.

PORTUGAL — JOSE Ier.

[Loi sur l'affranchissement des fils d'esclaves].

Lisboa, Regia Officina Typografica, 1773. In-4 de 4 pp., broché.

En 1761, une première charte déterminait que tout esclave arrivé dans le royaume du Portugal et des Algarves venant d'Afrique, Amérique ou Asie, seraient automatiquement libres. En 1773, cette seconde charte stipulait que tout enfant né d'une esclave, serait automatiquement libre, quel que soit le statut de ses ancêtres. Cette proclamation officielle, comme les précédentes, furent initiées par le marquis de Pombal, l'homme fort du Portugal durant vingt ans, non pas pour des raisons humanitaires, étrangères à sa nature, mais parce que les esclaves constituaient une main-d'œuvre nécessaire au Brésil. Dans le même temps, il stimula le commerce d'esclaves noirs vers cette colonie, et deux compagnies furent fondées, avec le soutien et la participation directe du marquis de Pombal, la Compagnie de Grão-Pará et Maranhão, et la Compagnie générale de Pernambuco et Paraíba, dont l'activité principale était précisément le trafic d'esclaves, principalement des Africains, vers les terres brésiliennes. Ce n'est qu'en 1856 que cette dernière charte sera appliquée au Brésil, entraînant la chute de l'Empereur Dom Pedro II. Bon exemplaire.

PROUVE (Victor).

Ce que nous devons à nos colonies.

Paris-Nancy, Imprimerie Berger-Levrault, 1918. Lithographie originale (env. 65 x 45 cm).

Affiche de propagande sur la Première Guerre Mondiale, lithographiée par Victor Prouvé. Représentant un cavalier spahi, cette affiche rend hommage aux colonies françaises pour leur action durant la guerre : "Nous savons tous maintenant ce que nous devons aux milliers de volontaires indigènes qui ont combattu pour la France". Très bon état de conservation.

QUESNE (Jacques Salbigoton).

Histoire de l'esclavage en Afrique (pendant trente-quatre ans) de P. J. Dumont, natif de Paris, maintenant à l'hospice royal des incurables.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., 159-(1) pp.; cartonnage de papier bleu, dos lisse, pièce de titre rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées (2 portraits et un fac-similé d'écriture). Récit recueilli et retranscrit par Jacques Salbigoton Quesné, d'après des entretiens qu'il eut avec Pierre-Joseph Dumont. Ce dernier, jeune assitant d'un officier de marine, avait été fait prisonnier et réduit en esclavage en 1782, après qu'une tempête eut fait échouer son navire sur la côte algérienne. Il ne fut libéré qu'en 1816 lorsque la flotte anglaise de la Méditerranée bombarda Alger et força le Dey à libérer plus de mille esclaves. Bon exemplaire. Cachet de collection sur le faux titre. Gay, 161. — Playfair, 328. — Ryckebusch, 6740. — Tailliart, 1596.

RIGAILL (Henri).

Méditerranée-Niger.

S. l., 1957. Carte exécutée à la gouache et à l’aquarelle, signée et datée dans la partie inférieure, et mesurant 3 m 35 sur 1 m 50 ; enroulée, bords renforcés, traces de fixation.

Très grande et spectaculaire aquarelle illustrant le projet d’une ligne de chemin de fer entre l’Algérie et le Niger. Réalisée au 1/800 000e, elle comprend une vingtaine de dessins aquarellés montrant des sites pittoresques d’Algérie, du Maroc et du Mali : Laghouat, Saïda, Meknès, Colomb-Béchar (actuellement Béchar), Timimoun, Ain Salah, Tessalit, Adrar des Iforas, etc. Elle comporte une rose des vents ainsi qu’une légende inscrite dans un cartouche dans l’angle inférieur gauche. La partie de la ligne déjà en exploitation, située entre Nemours (actuellement Ghazaouet, Algérie) et Abadla (à 90 km au sud-ouest de Colomb-Béchar), est représentée par un trait noir; celle en projet, qui doit traverser le Sahara entre Abadla et Niamey (Niger), est mentionnée par un tireté rouge; un trait marron donne le tracé de la piste transsaharienne n° 2. Au départ de Nemours, la ligne déjà construite se dirige vers le sud, emprunte la ligne Alger-Meknès-Casablanca, traverse la frontière marocaine, passe par Oujda (Maroc), puis se sépare de cette dernière pour prendre la direction du sud marocain: Berguent, Tendrara, Tamelt, Mengoub, Menahba, Talzaza, puis revient en Algérie pour passer par Colomb-Béchar et Abadla, la dernière localité desservie par le chemin de fer existant. Vient ensuite la partie en projet: à partir d’Abadla, la ligne prend la direction du sud et passe par Zerhamra (au sud-ouest de Beni Abbès), Ougarta, El Kseib, Kerzaz, Ksabi, Adrar, Reggane, Balise 250, Bidon 5, Bordj le Prieur. Elle passe ensuite au Soudan (le Mali actuel): Anefis, Tabankort, Taberichat, Ain Tassit. Elle se divise alors en deux branches, l’une se dirigeant vers Tombouctou (Mali), et l’autre vers Gao (Mali) et Niamey (Niger). Cette ligne passe à proximité de la piste transsaharienne n° 2, qui s’étend de Colomb-Béchar à Gao. Le chemin de fer transsaharien, ou chemin de fer Méditerranée-Niger, était un projet de traversée ferroviaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française (AOF). Imaginé dès la seconde moitié du XIXe siècle, il fut interrompu en 1881 après l’attaque de la seconde mission Flatters. Relancé en 1939, il fut continué par le gouvernement de Vichy, puis par le gouvernement provisoire, avant d’être clos définitivement en 1949, la ligne s’arrêtant au barrage d’Abadla. Apparemment inédite, la présente aquarelle, réalisée vraisemblablement par Hippolyte Rigaill, témoigne d’une tentative de reprise du projet, peu avant l’indépendance des anciennes colonies françaises. Dans le Courrier du Maroc du 14 avril 1952, Hippolyte Rigaill est mentionné comme dessinateur, et comme membre du conseil municipal de la région d'Oujda. Dans celui du 3 avril 1953, on apprend qu'il participa à une exposition d'artistes locaux au grand hall des Services Municipaux : "notre ami Rigaill aime la mer et les grands espaces. Aussi est-ce une majorité de marines et de paysages, de dunes et de visages marocains qu'il présente à notre admiration. Peut-on lui reprocher de peindre sans artifice, de reproduire les choses telle qu'il les voit : avec beaucoup de soleil". Document d'une fraicheur et d'une taille exceptionnelle.