[GUADELOUPE] Isle de la Guadeloupe scituée à 16 degrez de lat. septentrionale.
Paris, Pierre Mariette, [circa 1650]. 313 x 427 mm.
Très belle carte de la Guadeloupe, dressée par Nicolas Sanson d'Abbeville, gravée par Abraham Peyrounin, et publiée par Pierre Mariette vers 1650. La carte montre une Basse-Terre très détaillée, tandis que seuls quelques noms figurent dans la Grande-Terre, où il est mentionné "Terre fort peu habitée des François". La Basse-Terre est divisée en deux parties : la partie ouest est nommée Basse Terre, la partie est, Cabesterre ou Capesterre. Les trois forts de la Basse-Terre sont représentés : à la pointe nord, le Fort Saint-Pierre, construit en 1635, et le Petit Fort ou Vieux-Fort, et à la pointe sud, le Fort Royal, érigé vers 1640 et renommé Fort Delgrès en 1989. Sont également identifiés le logis du gouverneur, à cette date Charles Houël du Petit Pré, gouverneur de la Guadeloupe de 1643 à 1664, ainsi que celui de Mr Tresil. Daniel Trézel et son fils Samuel créèrent vers 1645 la toute première sucrerie de la Guadeloupe. Au sud de la Grande-Terre, on peut voir les îles de la Désirade et de Marie Galante, ainsi que les îles de Houël, aujourd'hui renommées Terre-de-Haut et Terre-de-Bas ; au nord de la Basse-Terre figure l'île aux Loups Marins, qui portait également au XVIIIe siècle le nom d'île Caourenne, et qui fut renommée îlet à Kahouanne au XIXe. La carte est décorée d'un cartouche de titre et d'une belle rose des vents. Reconnu comme le fondateur de la cartographie française, Nicolas Sanson quitta sa ville natale d'Abbeville pour Paris, où il rencontra Richelieu en 1627. Ce dernier, très impressionné par son œuvre cartographique, le présenta au roi Louis XIII qui le nomma Géographe Ordinaire du Roi. Il fut le premier, en France, à concevoir un atlas mondial et publia près de trois cents cartes. À sa mort en 1667, ses deux fils, Guillaume et Nicolas, lui succédèrent. Très bon exemplaire, contours aquarellés à l'époque. Taches claires dans la partie droite. Pastoureau, Atlas du Monde, Nicolas Sanson d'Abbeville, p. 197, 53.