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Catalogue des cartes géographiques, topographiques & marines de la bibliothèque du prince Alexandre Labanoff de Rostoff, à Saint-Pétersbourg.

Paris, Firmin Didot, 1823. In-8, maroquin rouge, dos à nerfs richement orné, filets en encadrement et fleurons aux angles des plats, plat recouvert de papier bleu postérieur, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Ouvrage publié à compte d'auteur, tiré à 340 exemplaires non mis dans le commerce. Ce catalogue fut rédigé par Charles Picquet et le prince Alexandre Labonov-Rostovski (1788-1866), diplomate russe. Bel exemplaire dnas une élégante reliure de l'époque. Il est enrichi d'une lettre manuscrite avec ex-dono, de la part du prince à M. Coulon, avocat lyonnais, membre de la société des bibliophiles français, et un ex-dono manuscrit de M. Chastel aîné à M. Laurent de Dignoscyo, inspecteur des domaines des hôpitaux civils de Lyon, avec ex-libris de ce dernier.

Conquête de l'isle de Minorque par les Français, ou journal historique de cette expédition par mer & par terre.

1756. In-12 de (2) ff., vij-(1 bl.)-180 pp.; demi-veau havane, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouge mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage attribué à François Morénas par La France Littéraire, et à Pierre-Laurent Buirette de Belloy par Barbier. [Suivi de :] - Lettre d'un négociant à un milord, dans laquelle on considère, sans partialité, l'importance de l'île Minorque, & de Port-Mahon; avec l'historique & une description abrégé de l'une & de l'autre. S.l., 1756. (2) ff., 63 pp. Traduction, par Guillaume Mazéas, de l'ouvrage anglais The importance of the island of Minorca..., publié la même année à Londres. - [FORBONNAIS (François Véron Duvergne de)]. Essai sur l'admission des navires neutres dans nos colonies. S.l., 1755. 107 pp. En 1755, au début de la guerre de Sept ans, l'Angleterre ouvrit les hostilités sans déclaration de guerre et captura de nombreux navires français. La marine française ne pouvant plus assurer le service des colonies dont elle avait le monopole, l'auteur proposa, pour remédier à ce problème, d'ouvrir les ports aux navires des nations n'ayant pas pris part à la guerre. - Nouvelle de Minorque. Compiègne, Louis Bertrand, 1757. 16 pp. - Lettre d'un Mahonois à un Anglois. S.l., 1756. 47 pp. - Lettre d'un grenadier à sa maitresse sur la prise du fort S. Philipp. S.l., 1756. 12 pp. Bel exemplaire.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Traité de navigation et de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. Conclu à Versailles le 26 septembre 1786.

Paris, Imprimerie Royale, 1786. In-4 de 45 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Texte du Traité Eden-Rayneval, du nom des signataires anglais et français. Conçu dès la fin de la Guerre d'Indépendance des états-Unis pour mettre fin au conflit économique que se livraient les deux puissances, ce traité instaura un système de réduction progressif des droits de douane. Mais, très vite, il se révélera trop favorable à l'Angleterre, dont l'avance industrielle sur la France était notoire, bouleversant ainsi l'équilibre économique français. Le marché français se trouva envahi de produits anglais moins chers et de meilleures qualités, provoquant l'abaissement des prix et la mise au chômage de milliers d'ouvriers et artisans. De ce fait, ce traité sera l'une des causes de la révolution de 1789. Bon exemplaire.

Vingt jours de voyage en Suisse. Manuscrit.

s.l., 1836. Petit in-8 (17,2 x 10,5 cm) de (1) f. de titre et 114-(1) pp.; cartonnage recouvert de papier marbré, étiquette de papier blanc en haut du dos (reliure de l’époque), charnières frottées, coins usés.

Récit d’un voyage à travers la Suisse. L’auteur, un Français dont les initiales «FB» figurent sur le titre, a divisé son récit en 38 chapitres d’une écriture régulière et parfaitement lisible. Emmenant quelques compagnons de voyage, il quitte Genève le 13 août 1836 à bord d’un bateau à vapeur qui le conduit à Villeneuve, à l’extrémité Est du lac Léman, au pied des Préalpes vaudoises. Peu avant son arrivée, il aperçoit le château de Chillon, un site pittoresque situé au bord du lac. De Villeneuve, il pénètre dans la vallée du Rhône et se rend à pied à Bex où il observe la cascade de Pissevache. Remontant le fleuve, il traverse successivement Martigny et Sion (Valais), puis arrive à Sierre après deux jours de voyage. L’étape suivante est Louèche, où le curé tient une petite auberge et dont les eaux attirent un grand nombre de malades. De là, il se dirige vers le Nord et pénètre dans le canton de Berne, passe par Frutigen le cinquième jour du voyage et parvient à la vallée d’Interlaken, le «bijou de la Suisse», remarquable pour ses deux lacs formés par les eaux de l’Aar, ce qui en fait un endroit très fréquenté. Remontant la vallée de l’Aar, il parvient à Handeck où il observe les chutes spectaculaires de ce fleuve qui impressionnent les touristes. Il se rend ensuite à la Grimsel, une montagne dont il effectue l’ascension. Le huitième jour, il arrive à la source du Rhône, puis se dirige vers Andermatt pour visiter le pont du Diable. Remontant vers le Nord, il traverse Altdorf et évoque l’histoire du Grütli où se réunirent, en 1307, les fondateurs de la confédération helvétique. Il donne ensuite une description du couvent d’Einsiedeln, qui est le centre du culte de la Vierge et reçoit 120000 pèlerins chaque année. L’étape suivante est Zurich, dont l’aspect lui rappelle Genève; il effectue la visite de la cathédrale ainsi que de l’arsenal qui contient une assez belle collection de vieilles armures. Le treizième jour du voyage, il arrive au pied du Rigi, une montagne située à proximité de Lucerne, dont il effectue l’ascension. De là, il aperçoit le Rossberg, situé dans les environs de Zoug, dont l’éboulement, en 1806, avait rasé un village entier. A Lucerne, le voyageur remarque le monument élevé à la mémoire des Suisses qui défendirent Louis XVI aux Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il se rend ensuite à Berne, siège du gouvernement fédéral, dont l’architecture annonce que cette ville est le centre d’un état riche et fortement constitué. Après un passage sur la politique, où il évoque une crise momentanée entre la France et la Suisse, l’auteur s’étend sur Fribourg, dont il mentionne les deux éléments les plus remarquables pour les touristes: le pont et l’orgue de la cathédrale. Le retour à Genève a lieu après vingt jours de voyage, soit au début du mois de septembre. Le manuscrit, daté du 11 octobre 1836, s’achève par une table des matières. Intéressante relation, qui ne semble pas avoir été publiée. Provenance: ex-libris manuscrit «Joséphine Müller» inscrit au crayon sur une page de garde.

Vue intérieure de Londres du côté de Somerset House.

1819-1829. 592 x 920 mm, monté sur papier avec une bordure de gouache noire.

Spectaculaire vue de Londres, gouache et aquarelle, prise depuis la Tamise et montrant le pont de Waterloo, le pont de Blackfriars au second plan, la façade de Somerset House sur la gauche et l'imposante silhouette de la cathédrale Saint-Paul en arrière-plan. Compte tenu des différents monuments présents sur la vue, le dessin peut être daté entre 1819, date de l'inauguration du pont de Waterloo, et 1829, date de la fondation du King's College de Londres, dont les bâtiments, inaugurés en 1831, ne sont pas présents sur cette vue, à droite de Somerset House où ils se trouvent encore aujourd'hui. Cette jolie vue est animée de passants et de voitures à cheval sur les ponts, ainsi que de plusieurs embarcations sur la Tamise : quelques barges remplies de charbon, des barques près du débarcadère sur la gauche du dessin (où un couple s'apprête à embarquer), un canot à voile et deux canots à rame. A noter également la présence de réverbères pour l'éclairage au gaz sur le pont de Waterloo. Titre manuscrit au dos. Piqûres et quelques auréoles dans la partie haute du dessin.

ALLEMAGNE — DITZLER (Anton).

[Panoramas de paysages allemands].

Cologne, Franz Carl Eisen, vers 1835. In-folio oblong (63,5 x 16,5 cm), demi-percaline chagrinée brune avec coins, filets dorés, dos orné (reliure de l'époque).

Rare suite de 17 planches de panoramas gravées à l'aquatinte par Johannes Ruff, et Weber & Appert d'après les dessins du peintre de paysages Anton Ditzler. Légendées en allemand et en français, elles représentent les villes d'Aix-la-Chapelle, Baden-Baden, Bingen, Bonn, Düsseldorf, Elberfeld, Ems, Francfort-sur-le-Main, Heidelberg, Coblence, Cologne, Kreuznach, Mayence, Nonnenwerth, Rotterdam, le château de Stolzenfels et Wiesbade. Bel exemplaire. Quelques frottements à la reliure, quelques rousseurs au premier panorama.

ANCKARSVÄRD (Michaël Gustaf, comte d').

Samling af svenska och norrska utsigter tecknade efter naturen af C. J. Fahlcrantz, August och Michael Anckarsvärd, lithografierade och utgifne av M. G. Anckarsvärd. Recueil de vues de Suède et de Norvège, dessinées d'après nature par C. J. Fahlcrantz, Auguste et Michel Gustave Anckarsvärd, litohgraphiées et publiées par M. G. Anckarsvärd.

Stockholm, Gjöthström & Magnusson, 1830-1837. In-folio de 10-22-x-xij pp.; cartonnage d'attente de papier brun, dos lisse muet, non rogné.

Ouvrage comprenant 2 titres lithographiés (l'un en suédois, l'autre en français), et 50 planches lithographiées (32 pour la Suède, 18 pour la Norvège), la plupart sur Chine monté. Le texte explicatif et les légendes des planches sont en suédois et en français. Fils de général et officier lui-même, Michaêl Gustaf d'Anckarsvârd fit également des études artistiques qui le menèrent à Paris et en Italie. Il lithographia lui même ses propres dessins, ceux de son frère Johan August, et ceux du peintre de paysage Carl Johan Fahlcrantz qui composent cet ouvrage. Rousseurs, défauts d'usage à la reliure.

BAYNE (Robert).

Moor park, with a Biographical Sketch of its Principal Proprietors.

London, Longmans, Green, and Co, 1871. In-8 carré de viij-124 pp.; percaline violette à la bradel, titre doré au dos et sur le premier plat, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Ouvrage illustrée de 8 photographies originales montées sur carton légendé d'Henry Victor Leménager. Moor Park est un manoir palladien situé dans un parc de plusieurs centaines d'hectares au sud-est de Rickmansworth, dans le Hertfordshire, en Angleterre. Il s’appelle Moor Park Mansion car il est situé dans l’ancien parc du manoir de More. Il sert maintenant de clubhouse au club de golf de Moor Park. La maison est classée au patrimoine national de l'Angleterre et le parc paysager au registre des parcs et jardins historiques. Bel exemplaire conservé dans sa reliure d'éditeur. Envoi autographe signé de Lord Ebury à la duchesse de Luynes, daté de 1880. Robert Grosvenor, baron Ebury, fut un des propriétaires de Moor Park. Quelques rousseurs.

BERGMANN (Benjamin).

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par M. Moris, membre de la Société Asiatique.

Châtillon-sur-Seine, C. Cornillac, 1825. In-8 de XXVIII, 361 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition française. Elle est illustrée d'un frontispice lithographié sur Chine représentant "la fête des lampes chez les Kalmuks" et de 11 planches lithographiées d'écritures et de transcriptions. Bergmann séjourna un an parmi les Kalmouks, les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois en Asie centrale. Il s'employa à apprendre leur langue, à observer leurs mœurs et leurs usages, et à étudier les progrès de leurs arts et de leurs sciences. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 433-436 (pour l'édition originale en allemand parue en 1804). — Chadenat, 5323. — Quérard, I, 285.

BESSE (Jean-Charles, ou Janos Karoly).

Voyage en Crimée, au Caucase, en Géorgie, en Arménie, en Asie-Mineure et à Constantinople, en 1829 et 1830.

Paris, Delaunay, 1838. In-8 de (4) ff., 464 pp.; demi-veau fauve, dos lisse, non rogné (reliure moderne).

Première édition, peu commune, illustrée de 5 planches lithographiées dont 3 dépliantes. L'auteur était un hongrois qui servit durant les guerres napoléoniennes dans l'armée prussienne puis au côté des Français. En 1829, il entreprit un voyage au Caucase à la recherche des tribus Magyars. Puis il poursuivit son voyage par la Crimée pour y étudier les Tatars, et traversa la Mer Noire vers Trébizonde, Erzurum, Tiflis, Constantinople et Trieste. Bon exemplaire. Légère mouillure claire en marge de quelques feuillets. Atabey, 105. — Blackmer, 131. — Weber, I, 269.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BÉNARD (Charles).

La conquête du pôle. Histoire des missions arctiques depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

Paris, librairie Hachette, 1904. In-4 de de xiv-383 pp.; chagrin fauve, dos lisse orné, deux aquarelles sur les plats dans un encadrement de chagrin orné de filets dorés, coupes filetées, encadrement intérieur, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure de l’époque de Durvand).

Première édition. Elle est illustrée d’une carte dépliante en couleurs et de nombreuses illustrations en noir dans le texte (cartes, photographies prises par les expéditions, dessins de sciences naturelles, et reproduction de gravures anciennes). Ouvrage dans lequel on trouve de nombreux renseignements sur les missions polaires, notamment sur l'outillage matériel des expéditions. La reliure est décorée de deux belles aquarelles originales représentant, sur le premier plat, un ours blanc nageant et, sur le second plat, un chien arctique assit sur la neige (d’après des illustrations du titre et de la page 219), dont le papier, légèrement gaufré, souligne les mouvements du dessin. Bel exemplaire dans une reliure spéciale.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

FLEURIAU d'Armenonville (Thomas-Charles).

Estat des missions de Grèce.

Paris, Antoine Lambin et Simon Besnard, 1695. In-12 de (1) f., 299-(9) pp.; veau fauve, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Procureur des missions jésuites établies au Levant, l'auteur donne une description de cette région à partir des lettres envoyées par les missionnaires. Ces missions étaient celle de Constantinople, Smirne, et des îles de l'archipel (Chios, Paros Athènes, Tinos, Syros, Naxos, Amorgos, Santorin et Eubée). Il en retrace l'histoire et donne de nombreux détail sur les mœurs locales. Bon exemplaire. Blackmer, 609. — Sommervogel, III, 788.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

HACQUET (Belsazar).

L'Illyrie et la Dalmatie, ou mœurs, usages et costumes de leurs habitans et de ceux des contrées voisines. Traduit de l'alemand par M. Breton. Augmenté d'un Mémoire sur la Croatie militaire.

Paris, Nepveu, 1815. 2 volumes in-18 de (2) ff., xij-155 pp., (2) ff. — (2) ff., 271-(1 bl.)-(1) pp.; veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette et filet encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition, traduite de l'allemand par Jean-Baptiste Breton, et illustrée de 32 planches gravées de costumes finement coloriées à l'époque. Médecin d'origine française, Belsazar Hacquet fut chirurgien durant la guerre de Sept ans dans l'armée autrichienne avant de parcourir à pied une grande partie de l'empire autrichien. Il réalisa d'importantes et nombreuses observations géologiques, pétrographiques, paléontologiques, botaniques et ethnologiques. Bel exemplaire. Brunet, I, 1226. — Colas, 1371. — Lipperheide, 879.

HENRION (Paul).

Voyage en Espagne. Manuscrit dactylographié.

Epernay, 1935-1938. In-8 (19,2 x 12,5 cm) de 248 - (2) pp., plus (18) pp. ajoutées; demi-toile verte, sous chemise de maroquin bleu-nuit, plats ornés d'un grand motif central constitué d'arabesques dorées, encadrement de roulettes et filets dorés avec fleurons d'angle (reliure de l'époque).

Le voyage d'un architecte français en Espagne. Accompagné de sa femme, l'architecte Paul Henrion participa à un voyage organisé en autocar à travers l'Espagne entre le 6 et le 24 mai 1935. Arrivé à Biarritz le 5 mai, il passa la frontière le lendemain et effectua un circuit dont les principales étapes furent Burgos, Ségovie, l'Escurial, Madrid, Tolède, Aranjuez, Cordoue, Séville, Cadix, Malaga, Grenade, Almeria, Alicante, Valence, Tarragone et Barcelone. De là, il rentra en France et passa par Perpignan et Toulouse avant de retourner à Epernay. Ce manuscrit est illustré de 17 aquarelles à pleine page (dont une signée "P.H."), 3 dessins à pleine page, 2 dessins dans le texte, 1 photographie, 8 cartes postales, 6 documents imprimés et 4 timbres de la République espagnole. Les aquarelles, pour la plupart exécutées sur papier fort, représentent les sujets suivants : Ségovie. L'aqueduc romain. – Ségovie. L'Alcazar. – Madrid. Porte de Tolède. – Madrid. La Telefonica. – Tolède. Pont d'Alcantara et Alcazar. – Tolède. La cathédrale. – Tolède. La maison du Gréco. – Tolède. Pont Saint-Martin, St Jean des Rois. – Cordoue. La Mosquée. – Séville. La Giralda et la Cathédrale. – [Grenade]. L'Alhambra. Cour des Myrtes. – Grenade. Salle de Justice, Cour des Lions. – Grenade. Les Grottes des Gitanes. – Séville. Parc Maria-Luisa. – Grenade. L'Alhambra. Entrée de la Salle des Ambassadeurs. – Les Gitanes de Grenade (signée P.H.). – Barcelone. La Sagrada Familia (datée mai 1935). Quant aux dessins à pleine page, ils représentent : Burgos. La Cathédrale (à l'encre noire). – Monastère de l'Escurial (à l'encre bleue). – Dans la Sierra Morena (au pastel brun). Ceux insérés dans le texte (à l'encre noire) montrent des réalisations de l'architecte Gaudi : maison avenue de Gracia et Parc Güell à Barcelone (p. 242). La photographie représente Paul Henrion et sa femme à Malaga, au milieu des palmiers dans la promenade de l'Alameda; elle a été prise par un photographe ambulant (p. 152). Concernant les cartes postales, elles montrent des vues de Madrid, Séville, Cadix, Gibraltar, Alicante, Valence (2) et Barcelone. Le texte fournit des descriptions très précises sur les endroits visités : monuments de Burgos, palais de l'Escurial, musée du Prado à Madrid, maison du Gréco à Tolède, mosquée de Cordoue, Alcazar de Séville, Alhambra de Grenade…, et contient de nombreuses observations sur les régions traversées : accueil dans les différentes villes, repas, hôtels, activité des habitants, costumes, fêtes et cérémonies, etc. L'auteur mentionne quelques événements ou anecdotes, comme la présence d'un banquet fasciste présidé par Primo de Rivera dans leur hôtel à Cordoue, ainsi que la tentative de fugue d'un jeune garçon qui est finalement repris par la gendarmerie (pp. 112-115). Il évoque aussi une visite aux grottes du Sacro Monte, à Grenade : "Nous montons ensuite à pied […] à l'Albaycin, quartier des Gitanes. Ces bohémiens habitent seuls ce quartier perché sur une colline. Les habitations sont creusées dans la montagne, en forme de grottes comprenant souvent plusieurs pièces successives […]. Nous assistons dans l'une de ces maisons à des danses et chants. Les femmes vêtues de couleurs voyantes, jaunes, rouges, bariolées de rouge, noir, violet, etc., dansent avec accompagnement de castagnettes, claquements de mains et furieux coups de talons […]. Nous sommes assaillis par une nuée d'enfants mendiant des sous, des cigarettes. Certains sont particulièrement exigeants et tenaces : deux petites gitanes passablement effrontées nous firent la conduite au retour jusqu'au centre de Grenade…" (pp. 174-175). A Barcelone, Henrion apprécie les réalisations du célèbre architecte espagnol Antonio Gaudi y Cornet (1852-1926), auteur de la Sagrada Familia, ou Eglise de la Sainte Famille, dont une représentation aquarellée figure dans le manuscrit : "[Elle] est une œuvre d'une telle étrangeté qu'il est rare d'en entendre parler sans passion […], les architectes français surtout nous ont paru acharnés à n'y vouloir rien comprendre […]. M. Gaudi est un maître ès pierres vives du moyen âge ressuscité à la fin du XIXe siècle. C'est un homme d'une foi ardente, d'une piété ascétique et d'un incontestable génie artistique. Il y a chez lui toute la mentalité disparue du grand constructeur de cathédrales, l'esprit religieux, la science de son art et la puissance créatrice…" (p. 236). En tête du manuscrit se trouve inséré le programme du voyage avec une carte indiquant l'itinéraire suivi. Organisé par l'agence "Le Tourisme français", il regroupait 17 voyageurs, plus Henrion et sa femme, ainsi que le guide, soit 20 personnes au total. La liste des participants se trouve à la fin du récit. Par ailleurs, Henrion s'était déjà rendu en Espagne en 1930, visitant Irun et Fontarabie, ainsi qu'il le mentionne au début de sa narration (p. 6). Intéressante relation d'un voyage en Espagne, effectué un an avant le début de la guerre civile (1936-1939).

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

LA CHAPELLE (Henri de).

Voyage aux Pyrénées en 1889. Lourdes. Excursion à Luz, Saint-Sauveur, Gèdre et Gavarnie. Manuscrit signé (relié avec un autre manuscrit et deux textes imprimés).

Cherbourg, fin 1889. 4 parties en un volume in-8 (19,6 x 12 cm) de (1) f. manuscrit, 62 pp. imprimées, (27) pp. manuscrites, (1) f. manuscrit, (59) pp. manuscrites et 39 pp. imprimées; demi-chagrin bleu foncé, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

Relation d’un pèlerinage à Lourdes et d’une excursion dans les Pyrénées. La partie manuscrite, richement illustrée, comprend1 page de titre, 5 en-têtes et 20 lettrines enluminées, 30 dessins exécutés à la plume et à l’encre noire dans le texte, 3 dessins coloriés et 2 photographies dans le texte. Soigneusement calligraphiée, elle comprend également 10 partitions musicales accompagnées de cantiques. Après avoir quitté son «domicile rural» de Flamanville, l’auteur arrive à Cherbourg le 25 août 1889 au soir. Le lendemain matin, il monte dans l’un des six trains réservés par le diocèse de Coutances pour le pèlerinage de Lourdes. A cette occasion, il reçoit son insigne de pèlerin ainsi qu’un manuel contenant les prières, chapelets et cantiques du voyage. Le trajet s’effectue en traversant un grand nombre de villes, parmi lesquelles Angers, Saintes, Bordeaux et Tarbes. L’arrivée à Lourdes a lieu le 27 août à midi. Le voyageur est alors logé dans la même famille qui l’avait accueilli lors de son précédent pèlerinage en 1881. Il effectue une visite à la Grotte et prend de l’eau à la Source, avant de se préparer pour la procession du diocèse de Coutances. Celle-ci a lieu à 4 heures et les pèlerins se dirigent vers la Grotte où ils écoutent le sermon d’arrivée prononcé par Mgr Germain. Le lendemain matin, le voyageur assiste à la messe pontificale, puis il effectue une promenade entomologique dans les environs. Il retourne ensuite à la Grotte pour les vêpres, visite le lac de Lourdes et revient pour la procession du soir. Le 29 août, La Chapelle effectue une excursion à Gavarnie: le trajet s’effectue en train, par Boô-Silhem, Argelès-Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur et Gèdre. Il visite le Chaos de Gavarnie, «entassement de blocs énormes arrachés à la montagne», puis la Brèche de Roland, et aperçoit, au loin, la cascade, qui, «au lieu de présenter une chute d’eau rapide, ressemble à une fumée blanche descendant lentement». Parvenu au village, il prend un guide et un âne, passe par le Pont de neige et arrive au Cirque de Gavarnie qu’il contemple: «De retour au village de Gavarnie, j’ai pu constater par maints exemples que si les Pyrénées n’ont plus de brigands avec chapeaux à plumes et tromblons, on y trouve des loueurs de voiture qui les remplacent jusqu’à un certain point…». Le voyageur rentre à Lourdes dans la soirée, après être passé par Luz et Pierrefitte. Il termine son pèlerinage le 30 août (messe à l’église du Rosaire, sermon d’adieu à la Grotte) puis rentre à Cherbourg où il arrive le lendemain. Le 1er septembre, La Chapelle assiste à une séance de la Société d’horticulture avant de retourner à Flamanville le 2 septembre. Le 1er octobre, il est de retour à Cherbourg où il reçoit une caisse contenant des plantes des Pyrénées. Il précise aussi qu’il a été témoin de la guérison d’une de ses parentes, avec laquelle il avait fait le voyage: «Ma cousine Marie Macé souffrait depuis longtemps d’une maladie nerveuse qui s’attaquait surtout aux pieds, l’empêchait de marcher et lui faisait tomber les ongles. Elle a fait le voyage et suivi les exercices du pèlerinage sans fatigue, et depuis ce moment, les symptômes ont disparu. Cette guérison est connue de tous ses parents et amis, et doit être considérée comme surnaturelle…» (Notes supplémentaires). Les dessins représentent, pour la plupart, des églises situées sur l’itinéraire du pèlerinage, ainsi que des sites pittoresques des Pyrénées: Eglise de Boô-Silhem, donjon de Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur, Gèdre, Chaos de Gavarnie, Brèche de Roland, église de Gavarnie, cascade, Pont de neige, Cirque de Gavarnie, pont Napoléon à Luz, etc. Certains d’entre eux ont été copiés dans Les Pyrénées françaises de Sadoux. Les deux photographies, non signées, montrent le site de Lourdes, où l’on aperçoit l’église du Rosaire (achevée en 1889), elle-même surplombée par la basilique de l’Immaculée-Conception. Cette relation est précédée d’observations sur les pèlerinages des diocèses de Coutances et de Vannes effectués à Lourdes en 1883, avec les cantiques correspondants. Quant aux deux textes imprimés, ils contiennent le compte-rendu, par L.-M. Mustel, des pèlerinages du diocèse de Coutances à Lourdes en 1883 et 1889. Ancien commis principal des Douanes, Henri de La Chapelle était membre de la Société d’horticulture de Cherbourg. En 1884, il publia, dans le Bulletin de cette société, un article intitulé «Les jardins et les jardiniers de Cherbourg. Les serres de M. E. Liais» (15e année, 1883). Il publia aussi, en 1890-1891, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg, le récit de deux voyages qu’il avait effectués dans les îles anglo-normandes en 1884 et 1890. La présente relation semble inédite. Intéressant manuscrit, bien conservé et d’une présentation soignée.

LA ROUVRAYE (Charles-Louis-Victor de).

Traité sur l'art des combats de mer.

Paris, Bachelier, 1815. In-4 de (3) ff., 86 pp.; cartonnage à la bradel de papier rouge, dos orné de filets, pièce de titre de maroquin noir, filet encadrant les plats, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, sur papier vélin, illustrée de 6 planches gravées dépliantes. L'auteur entra dans la marine en 1799. En 1805, il fut fait prisonnier par les Anglais dans un combat au large du cap de Bonne Espérance, et passa plusieurs années sur les pontons anglais avant d'être libéré en 1811. Promu lieutenant de vaisseau, il servit à Boulogne, Cherbourg, Brest, aux Antilles et participa à l'expédition d'Alger. Son Traité sur l'art des combats de mer est un ouvrage de référence sur l'histoire de la pensée navale française après les guerres de la Révolution et de l'Empire. Bon exemplaire. Polak, 5375.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MORGAN (Jacques de).

Mission scientifique au Caucase, études archéologiques & historique.

Paris, Ernest Leroux, 1889. 2 volumes in-4 de (2) ff., iij-(1 bl.)-231 pp. — (2) ff., iv-305-(1 bl.)-(1) pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première édition, illustrée de plus de 250 figures dans le texte, et de 23 planches dont 14 cartes en couleurs (et 4 sur double page). Compte rendu d'une mission archéologique pour le compte du Ministère de l'Instruction Publique. Le premier volume, sous-titré Les premiers âges des métaux dans l'Arménie russe détaille les découvertes archéologiques de l'auteur, et le second, Recherches sur les origines des peuples du Caucase, est une synthèse sur l'origine des populations à la lumière des découvertes faites lors des fouilles. C'est la première mission scientifique de l'auteur qui effectua par la suite des fouilles en Égypte et en Perse. Bel exemplaire. Inconnu de Hage-Chahine. — Wilson, 149.

ROTTIERS (Bernard Eugène Antoine).

Description des monumens de Rhodes.

Bruxelles, Mme Ve A. Colinez, H. Delpierre, 1830-1828. Un volume de texte in-4 de 426-(1) pp., et un atlas in-folio oblong; demi-veau fauve, dos à nerfs ornés (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition pour l'atlas et seconde édition pour le volume de texte. L'atlas, entièrement lithographié, est composé d'un titre, d'une carte dessinée par le colonel Rottiers, de 74 planches dont 7 coloriées (57 d'après les dessins de P. J. Witdoeck, 7 d'après H. Verbeyst, et 3 de Rottiers), et de la liste des planches. On trouve ainsi représenté des vues de l'île, de ses monuments (parfois avec des reconstitutions historiques), des détails architecturaux, des fresques en couleurs, des blasons et des pièces de monnaies. Officier hollandais, le colonel Rottiers se mit au service du tsar durant les guerres napoléoniennes, et quitta son service, en 1818. De 1824 à 1828, avec le dessinateur et peintre Pierre-Joseph Witdoeck, il effectua une mission scientifique pour le roi Guillaume Ier des Pays-Bas en Algérie, en Grèce, en Égypte et en Inde. Le présent ouvrage est consacré à l'étude qu'ils firent des monuments de Rhodes en janvier 1826. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques rousseurs dans le volume de texte. Atabey, 1056. — Blackmer, 1450. — Brunet, IV, 1415. — Droulia, 1474. — Weber, I, 164.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SESTINI (Domenico).

Voyage dans la Grèce asiatique, à la péninsule de Cyzique, à Brusse et à Nicée; avec des détails sur l'histoire naturelle de ces contrées.

Paris, Leroy, 1789. In-8 de (2) ff., viij-252 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre, tranches rouges (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'italien par Jean-Claude Pingeron. L'auteur séjourna à Constantinople pour s'occuper de l'éducation des enfants du comte Ludolfi, ambassadeur du roi de naples. Son ouvrage, rédigé sous formes de lettres, contient des observations sur les environs de Constantinople, la description de plusieurs villes qu'il visita, et des détails sur les antiquités de la péninsule de Cysique et sur les ruines des villes de Brusse et de Nicée. Bon exemplaire. Atabey, 1125. — Blackmer, 1529. — Boucher de La Richarderie, II, 139. — Weber, II, 587.

THEOTOKIS (Emmanuel Spiridon).

Détails sur Corfou.

Corfou, 1826. In-4 de vij-(1 bl.)-147 pp.; demi-basane à coins, dos lisse orné de filets, pièce de titre rouge (reliure du XIXe siècle).

Première et seule édition, de cet ouvrage rare. Elle fut imprimée, sur papier fort, à Corfou, capitale de l'île du même nom, avec le matériel typographique envoyé, en 1822, par la maison Didot de Paris (Deschamps, 331). L'auteur, Emmanuel Spiridon Thetokis, était issu d'une famille installée à Corfou depuis le XVIe siècle et dont plusieurs membres furent des militaires et diplomates au service de la république de Venise dont dépendait l'île de Corfou. Lui-même fut président du sénat de la province de Corfou durant tout le protectorat français, de 1807 à 1815, et il conserva son poste sous le protectorat anglais. Son ouvrage traite de la géographie, du climat, des ressources naturelles, de la population, de l'administration, des coutumes, des religions, de l'agriculture, ou encore de l'histoire naturelle de l'île. Bon exemplaire. Rares piqûres, papier marbré des plats renouvelés. Inconnu de Blackmer.

TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de).

Signaux généraux de monsieur le comte de Tourville, vice-amiral de France, portant pavillon d'amiral, & général de l'armée navalle [sic] du roy.

Entre 1689 et 1693. Petit in-folio de 79 pp.; demi-veau havane à coins, dos à nerfs fileté or (reliure à l'imitation).

Rare document, imprimée à petit nombre, répertoriant les différents signaux utilisés par l'escadre commandée par le comte de Tourville (nombre de coups de canon, couleurs et formes des pavillons ainsi que leurs emplacement dans la mâture). Anne-Hilarion de Costentin de Tourville fut nommé vice-amiral de la flotte du Levant en 1689, après la mort de Duquesne, et était commandant de fait de la Marine Royale, puisque le vice-amiral du Ponant, le maréchal d'Estrée, ne prenait plus la mer. Il participa aux combats de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et fut nommé maréchal en 1693. Bon exemplaire. Petite mouillure et tache d'encre dans l'angle supérieur des pages, rare piqures. Inconnu de Polak.

VRÉTO (Marino Papadopoulo).

Athènes moderne. Album contenant les vues des principaux monuments modernes de la capitale de la Grèce, accompagnées d'une description dédié à sa Majesté la reine de Grèce Amélie.

Paris, C. Reinwald, 1861. In-folio de 12-(2) pp.; demi-percaline bleue, titre imprimé sur le premier plat, dos lisse muet (reliure de l'éditeur).

Rare album de 12 planches lithographiées à fond teinté montrant des vues des principaux monuments modernes d'Athènes (le Pirée, vue de l'Athènes moderne, le château royal, le jardin royal, la cathédrale, l'université, l'observatoire, l'église Saint Nicodème, l'asile des orphelins, l'école supérieure pour filles, l'hôpital, et la ferme de la reine). En 1834, lorsqu'elle fut proclamée capitale du nouveau royaume de Grèce, Athènes ne comptait que très peu d'habitants et était en partie détruite par les combats de la guerre d'indépendance. D'importants travaux furent menés et une nouvelle ville fut construite à côté de la cité antique, dotée de tous les bâtiments nécessaires à une capitale. Le texte de présentation fut rédigé par Marino Papadopoulo Vréto, écrivain et journaliste grec, qui sera nommé, en 1870, consul général à Marseille où se trouvait une importante communauté grecque. L'ouvrage est dédicacé à la reine Amélie, ou Amalia d'Oldenbourg, épouse du roi Othon Ier, qui fut à l'origine de la création du jardin botanique d'Athènes. Texte imprimé sur deux colonnes avec le texte grec et la traduction française. Feuillet de table des gravures et de la liste des souscripteurs. Bon exemplaire conservé dans son cartonnage d'origine. Traces d'humidité sur le premier plat, coins usés. Weber, I, 1179. — Pas dans Blackmer.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.