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De l'Andorre.

Toulouse, F. Vieusseux, 1823. In-8 de 80 pp.; maroquin vert, dos à nerfs orné, filets encadrant les plats, coupes filetées, dentelle intérieure, tête dorée, non rogné (reliure du XXe siècle de A. Valat).

Première édition, illustrée d'un frontispice lithographié représentant un Andorran en costume de cérémonie. Cet ouvrage est généralement attribué à Pierre Roche de Roussillou (parfois orthographié Roussillon), viguier (de 1820 à 1835) à Andorre pour la France (c'est à dire juge au tribunal supérieur de la principauté qui est cogérée par le roi de France et l'évêque d'Urgell). Il y traite de l'histoire, de l'administration (et plus particulièrement du système judiciaire), des coutumes et des habitants de la principauté. Bon exemplaire. Dos passé. Dendaletche, 1604.

Inauguraçao do caminho de ferro do Valle do Vouga Espinho-Vizieu-Aveiro.

1908. In-folio oblong; percaline verte de l'éditeur, titre en lettres dorées sur le premier plat.

Rare album comprenant 25 reproductions photographiques de Emilio Biel & Cie à Porto, dont 2 sur double page, montrant des vues d'ouvrages d'art et de villes traversées par la ligne de chemin de fer de la vallée de Vouga, au Portugal. La ligne relie Espinho, au sud de Porto, à Vizeu (dans la région centre), puis à Aveiro sur l'Atlantique. Elle fut construite par la Compagnie Française pour la Construction et l'Exploitation des Chemins de Fer à l'étranger, et dirigée par l'entrepreneur François Mercier, également propriétaire de la Société des chemins de fer du Centre. Rare exemplaire contenant 5 photographies supplémentaires, non répertoriées dans la liste des planches en début de volume: une autre vue de Oliveira de Azemeis, la construction d'une gare et 3 vues de la ligne de chemin de fer. Bel exemplaire. Coiffes et coins émoussés.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Traité de navigation et de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. Conclu à Versailles le 26 septembre 1786.

Paris, Imprimerie Royale, 1786. In-4 de 45 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Texte du Traité Eden-Rayneval, du nom des signataires anglais et français. Conçu dès la fin de la Guerre d'Indépendance des états-Unis pour mettre fin au conflit économique que se livraient les deux puissances, ce traité instaura un système de réduction progressif des droits de douane. Mais, très vite, il se révélera trop favorable à l'Angleterre, dont l'avance industrielle sur la France était notoire, bouleversant ainsi l'équilibre économique français. Le marché français se trouva envahi de produits anglais moins chers et de meilleures qualités, provoquant l'abaissement des prix et la mise au chômage de milliers d'ouvriers et artisans. De ce fait, ce traité sera l'une des causes de la révolution de 1789. Bon exemplaire.

Vingt jours de voyage en Suisse. Manuscrit.

s.l., 1836. Petit in-8 (17,2 x 10,5 cm) de (1) f. de titre et 114-(1) pp.; cartonnage recouvert de papier marbré, étiquette de papier blanc en haut du dos (reliure de l’époque), charnières frottées, coins usés.

Récit d’un voyage à travers la Suisse. L’auteur, un Français dont les initiales «FB» figurent sur le titre, a divisé son récit en 38 chapitres d’une écriture régulière et parfaitement lisible. Emmenant quelques compagnons de voyage, il quitte Genève le 13 août 1836 à bord d’un bateau à vapeur qui le conduit à Villeneuve, à l’extrémité Est du lac Léman, au pied des Préalpes vaudoises. Peu avant son arrivée, il aperçoit le château de Chillon, un site pittoresque situé au bord du lac. De Villeneuve, il pénètre dans la vallée du Rhône et se rend à pied à Bex où il observe la cascade de Pissevache. Remontant le fleuve, il traverse successivement Martigny et Sion (Valais), puis arrive à Sierre après deux jours de voyage. L’étape suivante est Louèche, où le curé tient une petite auberge et dont les eaux attirent un grand nombre de malades. De là, il se dirige vers le Nord et pénètre dans le canton de Berne, passe par Frutigen le cinquième jour du voyage et parvient à la vallée d’Interlaken, le «bijou de la Suisse», remarquable pour ses deux lacs formés par les eaux de l’Aar, ce qui en fait un endroit très fréquenté. Remontant la vallée de l’Aar, il parvient à Handeck où il observe les chutes spectaculaires de ce fleuve qui impressionnent les touristes. Il se rend ensuite à la Grimsel, une montagne dont il effectue l’ascension. Le huitième jour, il arrive à la source du Rhône, puis se dirige vers Andermatt pour visiter le pont du Diable. Remontant vers le Nord, il traverse Altdorf et évoque l’histoire du Grütli où se réunirent, en 1307, les fondateurs de la confédération helvétique. Il donne ensuite une description du couvent d’Einsiedeln, qui est le centre du culte de la Vierge et reçoit 120000 pèlerins chaque année. L’étape suivante est Zurich, dont l’aspect lui rappelle Genève; il effectue la visite de la cathédrale ainsi que de l’arsenal qui contient une assez belle collection de vieilles armures. Le treizième jour du voyage, il arrive au pied du Rigi, une montagne située à proximité de Lucerne, dont il effectue l’ascension. De là, il aperçoit le Rossberg, situé dans les environs de Zoug, dont l’éboulement, en 1806, avait rasé un village entier. A Lucerne, le voyageur remarque le monument élevé à la mémoire des Suisses qui défendirent Louis XVI aux Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il se rend ensuite à Berne, siège du gouvernement fédéral, dont l’architecture annonce que cette ville est le centre d’un état riche et fortement constitué. Après un passage sur la politique, où il évoque une crise momentanée entre la France et la Suisse, l’auteur s’étend sur Fribourg, dont il mentionne les deux éléments les plus remarquables pour les touristes: le pont et l’orgue de la cathédrale. Le retour à Genève a lieu après vingt jours de voyage, soit au début du mois de septembre. Le manuscrit, daté du 11 octobre 1836, s’achève par une table des matières. Intéressante relation, qui ne semble pas avoir été publiée. Provenance: ex-libris manuscrit «Joséphine Müller» inscrit au crayon sur une page de garde.

ALLEMAGNE — DITZLER (Anton).

[Panoramas de paysages allemands].

Cologne, Franz Carl Eisen, vers 1835. In-folio oblong (63,5 x 16,5 cm), demi-percaline chagrinée brune avec coins, filets dorés, dos orné (reliure de l'époque).

Rare suite de 17 planches de panoramas gravées à l'aquatinte par Johannes Ruff, et Weber & Appert d'après les dessins du peintre de paysages Anton Ditzler. Légendées en allemand et en français, elles représentent les villes d'Aix-la-Chapelle, Baden-Baden, Bingen, Bonn, Düsseldorf, Elberfeld, Ems, Francfort-sur-le-Main, Heidelberg, Coblence, Cologne, Kreuznach, Mayence, Nonnenwerth, Rotterdam, le château de Stolzenfels et Wiesbade. Bel exemplaire. Quelques frottements à la reliure, quelques rousseurs au premier panorama.

ANTHOINE de SAINT-JOSEPH (Antoine-Ignace).

Essai historique sur le commerce et la navigation de la Mer-Noire, ou voyage et entreprises pour établir des rapports commerciaux et maritimes entre les ports de la Mer-Noire et ceux de la Méditerranée.

Paris, H. Agasse, an XIII-1805. In-8 de xvj-300-(1) pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de Barbié Du Bocage. A l'issu de la guerre russo-turque de 1768-1774, la Russie obtint la liberté de naviguer sur la mer Noire, et, en 1778, Catherine II fit construire le port de Kherson sur le Dniepr. L'auteur, ayant fait fortune dans le négoce à Constantinople, reçut de Versailles la mission de se rendre en Russie pour y éudier la possibilité d'établir le commerce entre la France et la Russie par la méditerranée au lieu du long et couteux voyage par le nord. Son ouvrage contient le récit de son voyage en Crimée accompagné d'observations sur le commerce, le récit de l'établissement de relations commerciales entre Marseille et la mer Noire, les textes de traités et lois sur le commerce, des instructions nautique de la mer Noire, et d'autre informations pratiques pour les négociants désireux de se lancer dans ce commerce. Bel exemplaire. Ex-libris de l'auteur, et probablement sa signature autographe. Légères rousseurs. Atabey, 26. — Brunet, VI, 4172. — Monglond, VI, 1109. — Polak, 115.

BERGMANN (Benjamin).

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par M. Moris, membre de la Société Asiatique.

Châtillon-sur-Seine, C. Cornillac, 1825. In-8 de XXVIII, 361 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition française. Elle est illustrée d'un frontispice lithographié sur Chine représentant "la fête des lampes chez les Kalmuks" et de 11 planches lithographiées d'écritures et de transcriptions. Bergmann séjourna un an parmi les Kalmouks, les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois en Asie centrale. Il s'employa à apprendre leur langue, à observer leurs mœurs et leurs usages, et à étudier les progrès de leurs arts et de leurs sciences. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 433-436 (pour l'édition originale en allemand parue en 1804). — Chadenat, 5323. — Quérard, I, 285.

BESSE (Jean-Charles, ou Janos Karoly).

Voyage en Crimée, au Caucase, en Géorgie, en Arménie, en Asie-Mineure et à Constantinople, en 1829 et 1830.

Paris, Delaunay, 1838. In-8 de (4) ff., 464 pp.; demi-veau fauve, dos lisse, non rogné (reliure moderne).

Première édition, peu commune, illustrée de 5 planches lithographiées dont 3 dépliantes. L'auteur était un hongrois qui servit durant les guerres napoléoniennes dans l'armée prussienne puis au côté des Français. En 1829, il entreprit un voyage au Caucase à la recherche des tribus Magyars. Puis il poursuivit son voyage par la Crimée pour y étudier les Tatars, et traversa la Mer Noire vers Trébizonde, Erzurum, Tiflis, Constantinople et Trieste. Bon exemplaire. Légère mouillure claire en marge de quelques feuillets. Atabey, 105. — Blackmer, 131. — Weber, I, 269.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BÉNARD (Charles).

La conquête du pôle. Histoire des missions arctiques depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

Paris, librairie Hachette, 1904. In-4 de de xiv-383 pp.; chagrin fauve, dos lisse orné, deux aquarelles sur les plats dans un encadrement de chagrin orné de filets dorés, coupes filetées, encadrement intérieur, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure de l’époque de Durvand).

Première édition. Elle est illustrée d’une carte dépliante en couleurs et de nombreuses illustrations en noir dans le texte (cartes, photographies prises par les expéditions, dessins de sciences naturelles, et reproduction de gravures anciennes). Ouvrage dans lequel on trouve de nombreux renseignements sur les missions polaires, notamment sur l'outillage matériel des expéditions. La reliure est décorée de deux belles aquarelles originales représentant, sur le premier plat, un ours blanc nageant et, sur le second plat, un chien arctique assit sur la neige (d’après des illustrations du titre et de la page 219), dont le papier, légèrement gaufré, souligne les mouvements du dessin. Bel exemplaire dans une reliure spéciale.

CAMBIAGI (Giovacchino).

Istoria del regno di Corsica.

1770-1772. 4 volumes in-4 de xij-393-(1bl.)-(1) pp. — viij-345-(2) pp. — iv-324 pp. — iv-360 pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Première édition, illustrée d'une belle carte gravée dépliante de la Corse par Gaspero Pecchioni. Le premier volume traite des origines jusqu'en 1553 (expédition de Sampier Corso), le deuxième jusqu'en 1725, le troisième jusqu'en 1755 (arrivée de Pascal Paoli en Corse) et le dernier jusqu'en 1771 (soit jusqu'à la cession de l'île à la France). Son auteur, originaire de Florence, a également publié une Histoire de Sardaigne et un guide de la ville de Pise. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, surtout avec la carte. Mouillures marginaes aux tomes 1 et 4. Brunet, I, 1510. — Cervoni, Image de la Corse, 110.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

EYRIÈS (Jean-Baptiste-Benoît).

La Russie, ou costumes, mœurs et usages des Russes.

Paris, Gide fils, vers 1823. Grand in-8 de (28) ff. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre verte (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage illustré de 4 feuillets liminaires et de 24 planches gravées à l'aquatinte et finement aquarellées. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif et représente des costumes d'hommes et de femmes de différentes contrées de l'empire de Russie: Finlande, Tartarie, Estonie, populations de l'Oural, de Sibérie, de la Volga, du Kamtchatka, et de Mongolie. Voyageur polyglote, Eyriès publia plusieurs ouvrages sur la géographie et les voyages, traduisit de nombreux textes de l'anglais, de l'allemand et des langues scandinaves, et rédigea de très nombreux articles pour des encyclopédies. Il fut membre fondateur de la Société de Géographie, et membre de la Société Asiatique et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Bel exemplaire à grandes marges, rares piqûres. Colas, 1016. — Vinet, 2115

FLEURIAU d'Armenonville (Thomas-Charles).

Estat des missions de Grèce.

Paris, Antoine Lambin et Simon Besnard, 1695. In-12 de (1) f., 299-(9) pp.; veau fauve, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Procureur des missions jésuites établies au Levant, l'auteur donne une description de cette région à partir des lettres envoyées par les missionnaires. Ces missions étaient celle de Constantinople, Smirne, et des îles de l'archipel (Chios, Paros Athènes, Tinos, Syros, Naxos, Amorgos, Santorin et Eubée). Il en retrace l'histoire et donne de nombreux détail sur les mœurs locales. Bon exemplaire. Blackmer, 609. — Sommervogel, III, 788.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

LA CHAPELLE (Henri de).

Voyage aux Pyrénées en 1889. Lourdes. Excursion à Luz, Saint-Sauveur, Gèdre et Gavarnie. Manuscrit signé (relié avec un autre manuscrit et deux textes imprimés).

Cherbourg, fin 1889. 4 parties en un volume in-8 (19,6 x 12 cm) de (1) f. manuscrit, 62 pp. imprimées, (27) pp. manuscrites, (1) f. manuscrit, (59) pp. manuscrites et 39 pp. imprimées; demi-chagrin bleu foncé, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

Relation d’un pèlerinage à Lourdes et d’une excursion dans les Pyrénées. La partie manuscrite, richement illustrée, comprend1 page de titre, 5 en-têtes et 20 lettrines enluminées, 30 dessins exécutés à la plume et à l’encre noire dans le texte, 3 dessins coloriés et 2 photographies dans le texte. Soigneusement calligraphiée, elle comprend également 10 partitions musicales accompagnées de cantiques. Après avoir quitté son «domicile rural» de Flamanville, l’auteur arrive à Cherbourg le 25 août 1889 au soir. Le lendemain matin, il monte dans l’un des six trains réservés par le diocèse de Coutances pour le pèlerinage de Lourdes. A cette occasion, il reçoit son insigne de pèlerin ainsi qu’un manuel contenant les prières, chapelets et cantiques du voyage. Le trajet s’effectue en traversant un grand nombre de villes, parmi lesquelles Angers, Saintes, Bordeaux et Tarbes. L’arrivée à Lourdes a lieu le 27 août à midi. Le voyageur est alors logé dans la même famille qui l’avait accueilli lors de son précédent pèlerinage en 1881. Il effectue une visite à la Grotte et prend de l’eau à la Source, avant de se préparer pour la procession du diocèse de Coutances. Celle-ci a lieu à 4 heures et les pèlerins se dirigent vers la Grotte où ils écoutent le sermon d’arrivée prononcé par Mgr Germain. Le lendemain matin, le voyageur assiste à la messe pontificale, puis il effectue une promenade entomologique dans les environs. Il retourne ensuite à la Grotte pour les vêpres, visite le lac de Lourdes et revient pour la procession du soir. Le 29 août, La Chapelle effectue une excursion à Gavarnie: le trajet s’effectue en train, par Boô-Silhem, Argelès-Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur et Gèdre. Il visite le Chaos de Gavarnie, «entassement de blocs énormes arrachés à la montagne», puis la Brèche de Roland, et aperçoit, au loin, la cascade, qui, «au lieu de présenter une chute d’eau rapide, ressemble à une fumée blanche descendant lentement». Parvenu au village, il prend un guide et un âne, passe par le Pont de neige et arrive au Cirque de Gavarnie qu’il contemple: «De retour au village de Gavarnie, j’ai pu constater par maints exemples que si les Pyrénées n’ont plus de brigands avec chapeaux à plumes et tromblons, on y trouve des loueurs de voiture qui les remplacent jusqu’à un certain point…». Le voyageur rentre à Lourdes dans la soirée, après être passé par Luz et Pierrefitte. Il termine son pèlerinage le 30 août (messe à l’église du Rosaire, sermon d’adieu à la Grotte) puis rentre à Cherbourg où il arrive le lendemain. Le 1er septembre, La Chapelle assiste à une séance de la Société d’horticulture avant de retourner à Flamanville le 2 septembre. Le 1er octobre, il est de retour à Cherbourg où il reçoit une caisse contenant des plantes des Pyrénées. Il précise aussi qu’il a été témoin de la guérison d’une de ses parentes, avec laquelle il avait fait le voyage: «Ma cousine Marie Macé souffrait depuis longtemps d’une maladie nerveuse qui s’attaquait surtout aux pieds, l’empêchait de marcher et lui faisait tomber les ongles. Elle a fait le voyage et suivi les exercices du pèlerinage sans fatigue, et depuis ce moment, les symptômes ont disparu. Cette guérison est connue de tous ses parents et amis, et doit être considérée comme surnaturelle…» (Notes supplémentaires). Les dessins représentent, pour la plupart, des églises situées sur l’itinéraire du pèlerinage, ainsi que des sites pittoresques des Pyrénées: Eglise de Boô-Silhem, donjon de Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur, Gèdre, Chaos de Gavarnie, Brèche de Roland, église de Gavarnie, cascade, Pont de neige, Cirque de Gavarnie, pont Napoléon à Luz, etc. Certains d’entre eux ont été copiés dans Les Pyrénées françaises de Sadoux. Les deux photographies, non signées, montrent le site de Lourdes, où l’on aperçoit l’église du Rosaire (achevée en 1889), elle-même surplombée par la basilique de l’Immaculée-Conception. Cette relation est précédée d’observations sur les pèlerinages des diocèses de Coutances et de Vannes effectués à Lourdes en 1883, avec les cantiques correspondants. Quant aux deux textes imprimés, ils contiennent le compte-rendu, par L.-M. Mustel, des pèlerinages du diocèse de Coutances à Lourdes en 1883 et 1889. Ancien commis principal des Douanes, Henri de La Chapelle était membre de la Société d’horticulture de Cherbourg. En 1884, il publia, dans le Bulletin de cette société, un article intitulé «Les jardins et les jardiniers de Cherbourg. Les serres de M. E. Liais» (15e année, 1883). Il publia aussi, en 1890-1891, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg, le récit de deux voyages qu’il avait effectués dans les îles anglo-normandes en 1884 et 1890. La présente relation semble inédite. Intéressant manuscrit, bien conservé et d’une présentation soignée.

LA COUDRAYE (François-Célestin de Loynes de).

Théorie des vents, pièce couronnée, en 1785, par l'Académie Royale des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon.

Fontenay, Ambroise Cochon de Chambonneau, 1786. In-8 de (2) ff., 97-(3) pp.; basane mouchetée, dos lisse orné, pièce de titre rouge, filets encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une figure gravée sur bois dans le texte et d'un planisphère gravé dépliant. Lieutenant de vaisseaux, l'auteur traite de la théorie des vents, des alizés, des vents variables, des mossons, et des vents thermiques. Cet ouvrage constitue une des premières études scientifiques des phénomènes atmosphériques dus à l'interaction de l'air et de l'eau. Bon exemplaire. Polak, 4992.

LA ROUVRAYE (Charles-Louis-Victor de).

Traité sur l'art des combats de mer.

Paris, Bachelier, 1815. In-4 de (3) ff., 86 pp.; cartonnage à la bradel de papier rouge, dos orné de filets, pièce de titre de maroquin noir, filet encadrant les plats, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, sur papier vélin, illustrée de 6 planches gravées dépliantes. L'auteur entra dans la marine en 1799. En 1805, il fut fait prisonnier par les Anglais dans un combat au large du cap de Bonne Espérance, et passa plusieurs années sur les pontons anglais avant d'être libéré en 1811. Promu lieutenant de vaisseau, il servit à Boulogne, Cherbourg, Brest, aux Antilles et participa à l'expédition d'Alger. Son Traité sur l'art des combats de mer est un ouvrage de référence sur l'histoire de la pensée navale française après les guerres de la Révolution et de l'Empire. Bon exemplaire. Polak, 5375.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MORGAN (Jacques de).

Mission scientifique au Caucase, études archéologiques & historique.

Paris, Ernest Leroux, 1889. 2 volumes in-4 de (2) ff., iij-(1 bl.)-231 pp. — (2) ff., iv-305-(1 bl.)-(1) pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première édition, illustrée de plus de 250 figures dans le texte, et de 23 planches dont 14 cartes en couleurs (et 4 sur double page). Compte rendu d'une mission archéologique pour le compte du Ministère de l'Instruction Publique. Le premier volume, sous-titré Les premiers âges des métaux dans l'Arménie russe détaille les découvertes archéologiques de l'auteur, et le second, Recherches sur les origines des peuples du Caucase, est une synthèse sur l'origine des populations à la lumière des découvertes faites lors des fouilles. C'est la première mission scientifique de l'auteur qui effectua par la suite des fouilles en Égypte et en Perse. Bel exemplaire. Inconnu de Hage-Chahine. — Wilson, 149.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

RICHTER (Johann Gottfried). — GEISSLER (Gottfried).

Jeux et divertissements du peuple russe. Spiele und Belustigungen der Russen aus den niedern Volks-Klassen.

Leipzig, au comptoir d'industrie, 1802-1805. In-4 de (3) ff., 32 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets avec le titre en long (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 12 planches gravées et très finement coloriées, d'après des dessins réalisés sur place par Gottfried Geissler. Elles sont accompagnées d'un texte explicatif, en allemand, de Johann Gottfried Richter, et de la traduction française au verso par P. Hacault. Le peintre et dessinateur Johann Geissler se rendit en Russie en 1790 pour y enseigner le dessin. En 1793 et 1794, il accompagna le naturaliste Peter Simon Pallas lors de sa seconde expédition scientifique en Russie du sud, et séjourna ensuite quelques années en Crimée chez le naturaliste. De retour dans sa ville natale de Leipzig, il publia plusieurs ouvrages sur la Russie illustrés des dessins qu'il avait réalisé sur place. Le texte fut écrit par Johann Gottfried Richter, lui aussi originaire de Leipzig, et qui fut, durant 16 ans, précepteur à Moscou. Dans ses commentaires, il fait preuve d'une grande connaissance des coutumes, ainsi que d'une grande tendresse envers le peuple russe. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Rares piqûres. Colas, 2554. — Monglond, VI, 1146.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SELDEN (John).

Mare clausum, seu de domino maris.

Leyde, Jean et Théodore Maire, 1636. Petit in-4 de (6) ff., 244 pp.; vélin souple, titre inscrit en long au dos (reliure de l'époque).

Édition publiée un an après la première parue à Londres en 1625. Elle est illustrée de quelques figures dans le texte, de 3 planches gravées sur bois (dont une carte des îles Britannique), et d'une carte dépliante de l'Angleterre gravée sur cuivre. Juriste et humaniste anglais, John Selden fut membre du parlement et défenseur des libertés contre la raison d'état (et le roi). Au moment de la rédaction de cet ouvrage, il était en liberté surveillée, après avoir été emprisonné plusieurs mois, sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui. Le roi Charles Ier lui accorda la liberté contre la rédaction de ce traité. Son titre Mare clausum (la mer fermée) indique bien son sujet. Il s'agit d'un traité juridique défendant la souveraineté britannique sur les mers environnantes. C'est aussi une réponse à l'ouvrage de Grotius, Mare liberum, publié en 1609, qui prônait la liberté des mers, considérant qu'il s'agissait d'un territoire international que chacun pouvait parcourir. Bon exemplaire en vélin de l'époque. Légères rousseurs, petite galerie de ver dans la marge interne.

SESTINI (Domenico).

Voyage dans la Grèce asiatique, à la péninsule de Cyzique, à Brusse et à Nicée; avec des détails sur l'histoire naturelle de ces contrées.

Paris, Leroy, 1789. In-8 de (2) ff., viij-252 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre, tranches rouges (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'italien par Jean-Claude Pingeron. L'auteur séjourna à Constantinople pour s'occuper de l'éducation des enfants du comte Ludolfi, ambassadeur du roi de naples. Son ouvrage, rédigé sous formes de lettres, contient des observations sur les environs de Constantinople, la description de plusieurs villes qu'il visita, et des détails sur les antiquités de la péninsule de Cysique et sur les ruines des villes de Brusse et de Nicée. Bon exemplaire. Atabey, 1125. — Blackmer, 1529. — Boucher de La Richarderie, II, 139. — Weber, II, 587.

THEOTOKIS (Emmanuel Spiridon).

Détails sur Corfou.

Corfou, 1826. In-4 de vij-(1 bl.)-147 pp.; demi-basane à coins, dos lisse orné de filets, pièce de titre rouge (reliure du XIXe siècle).

Première et seule édition, de cet ouvrage rare. Elle fut imprimée, sur papier fort, à Corfou, capitale de l'île du même nom, avec le matériel typographique envoyé, en 1822, par la maison Didot de Paris (Deschamps, 331). L'auteur, Emmanuel Spiridon Thetokis, était issu d'une famille installée à Corfou depuis le XVIe siècle et dont plusieurs membres furent des militaires et diplomates au service de la république de Venise dont dépendait l'île de Corfou. Lui-même fut président du sénat de la province de Corfou durant tout le protectorat français, de 1807 à 1815, et il conserva son poste sous le protectorat anglais. Son ouvrage traite de la géographie, du climat, des ressources naturelles, de la population, de l'administration, des coutumes, des religions, de l'agriculture, ou encore de l'histoire naturelle de l'île. Bon exemplaire. Rares piqûres, papier marbré des plats renouvelés. Inconnu de Blackmer.

TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de).

Signaux généraux de monsieur le comte de Tourville, vice-amiral de France, portant pavillon d'amiral, & général de l'armée navalle [sic] du roy.

Entre 1689 et 1693. Petit in-folio de 79 pp.; demi-veau havane à coins, dos à nerfs fileté or (reliure à l'imitation).

Rare document, imprimée à petit nombre, répertoriant les différents signaux utilisés par l'escadre commandée par le comte de Tourville (nombre de coups de canon, couleurs et formes des pavillons ainsi que leurs emplacement dans la mâture). Anne-Hilarion de Costentin de Tourville fut nommé vice-amiral de la flotte du Levant en 1689, après la mort de Duquesne, et était commandant de fait de la Marine Royale, puisque le vice-amiral du Ponant, le maréchal d'Estrée, ne prenait plus la mer. Il participa aux combats de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et fut nommé maréchal en 1693. Bon exemplaire. Petite mouillure et tache d'encre dans l'angle supérieur des pages, rare piqures. Inconnu de Polak.

VAISSÈTE (dom Joseph).

Géographie historique, ecclésiastique et civile, ou description de toutes les parties du globe terrestre.

Paris, Desaint & Saillant, Jean-Thomas Herissant, Jacques Barois, 1755. 4 volumes in-4 de (8) ff., 498 pp. — viij-543 pp (mal chiffrée 431) — viij-484-4 pp. — viij-536 pp. ; veau marbré, dos à nerfs ornés, pièces de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 72 cartes gravées dépliantes avec les contours aquarellés par Robert de Vaugondy et datées de 1748. Moine bénédictin de l'abbaye de Saint-Germain-des-Près de Paris, l'auteur consacra une bonne partie de sa vie à écrire une monumentale Histoire générale du Languedoc, publiée entre 1730 et 1745. Puis, il rédigea et publia sa Géographie historique, ouvrage qui fut particulièrement remarqué pour la partie ecclésiastique. Le premier volume est consacré à l'Europe (îles britanniques, Scandinavie et le grand nord, Pologne, Russie, Turquie d'Europe, Hongrie, Italie), le suivant à l'Allemagne, les Pays-Bas, et la France, le troisième à la suite de la France, la péninsule espagnole, et l'Asie, et le dernier à la suite de l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. Bel exemplaire. Brunet, 19613.

VRÉTO (Marino Papadopoulo).

Athènes moderne. Album contenant les vues des principaux monuments modernes de la capitale de la Grèce, accompagnées d'une description dédié à sa Majesté la reine de Grèce Amélie.

Paris, C. Reinwald, 1861. In-folio de 12-(2) pp.; demi-percaline bleue, titre imprimé sur le premier plat, dos lisse muet (reliure de l'éditeur).

Rare album de 12 planches lithographiées à fond teinté montrant des vues des principaux monuments modernes d'Athènes (le Pirée, vue de l'Athènes moderne, le château royal, le jardin royal, la cathédrale, l'université, l'observatoire, l'église Saint Nicodème, l'asile des orphelins, l'école supérieure pour filles, l'hôpital, et la ferme de la reine). En 1834, lorsqu'elle fut proclamée capitale du nouveau royaume de Grèce, Athènes ne comptait que très peu d'habitants et était en partie détruite par les combats de la guerre d'indépendance. D'importants travaux furent menés et une nouvelle ville fut construite à côté de la cité antique, dotée de tous les bâtiments nécessaires à une capitale. Le texte de présentation fut rédigé par Marino Papadopoulo Vréto, écrivain et journaliste grec, qui sera nommé, en 1870, consul général à Marseille où se trouvait une importante communauté grecque. L'ouvrage est dédicacé à la reine Amélie, ou Amalia d'Oldenbourg, épouse du roi Othon Ier, qui fut à l'origine de la création du jardin botanique d'Athènes. Texte imprimé sur deux colonnes avec le texte grec et la traduction française. Feuillet de table des gravures et de la liste des souscripteurs. Bon exemplaire conservé dans son cartonnage d'origine. Traces d'humidité sur le premier plat, coins usés. Weber, I, 1179. — Pas dans Blackmer.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.