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Inauguraçao do caminho de ferro do Valle do Vouga Espinho-Vizieu-Aveiro.

1908. In-folio oblong; percaline verte de l'éditeur, titre en lettres dorées sur le premier plat.

Rare album comprenant 25 reproductions photographiques de Emilio Biel & Cie à Porto, dont 2 sur double page, montrant des vues d'ouvrages d'art et de villes traversées par la ligne de chemin de fer de la vallée de Vouga, au Portugal. La ligne relie Espinho, au sud de Porto, à Vizeu (dans la région centre), puis à Aveiro sur l'Atlantique. Elle fut construite par la Compagnie Française pour la Construction et l'Exploitation des Chemins de Fer à l'étranger, et dirigée par l'entrepreneur François Mercier, également propriétaire de la Société des chemins de fer du Centre. Rare exemplaire contenant 5 photographies supplémentaires, non répertoriées dans la liste des planches en début de volume: une autre vue de Oliveira de Azemeis, la construction d'une gare et 3 vues de la ligne de chemin de fer. Bel exemplaire. Coiffes et coins émoussés.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Souvenir de Chambéry et de ses environs.

Chambéry, Perrin, vers 1860. In-8 oblong, demi-percaline verte à la bradel avec coins, pièce de titre de maroquin rouge, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Album composé d'un titre et de 12 planches lithographiées d'après les dessins de J. Champod (Cathédrale de Chambéry, Hôtel de Ville, château, Colonne de Boigne, Les Charmelles habitation de Jean-Jacques Rousseau, ou encore une vue générale du Mont Blanc prise au-dessus de Sallanches). Bel exemplaire. Ex-libris avec la devise "librorum flos illibatus".

Traité de navigation et de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. Conclu à Versailles le 26 septembre 1786.

Paris, Imprimerie Royale, 1786. In-4 de 45 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Texte du Traité Eden-Rayneval, du nom des signataires anglais et français. Conçu dès la fin de la Guerre d'Indépendance des états-Unis pour mettre fin au conflit économique que se livraient les deux puissances, ce traité instaura un système de réduction progressif des droits de douane. Mais, très vite, il se révélera trop favorable à l'Angleterre, dont l'avance industrielle sur la France était notoire, bouleversant ainsi l'équilibre économique français. Le marché français se trouva envahi de produits anglais moins chers et de meilleures qualités, provoquant l'abaissement des prix et la mise au chômage de milliers d'ouvriers et artisans. De ce fait, ce traité sera l'une des causes de la révolution de 1789. Bon exemplaire.

Vingt jours de voyage en Suisse. Manuscrit.

s.l., 1836. Petit in-8 (17,2 x 10,5 cm) de (1) f. de titre et 114-(1) pp.; cartonnage recouvert de papier marbré, étiquette de papier blanc en haut du dos (reliure de l’époque), charnières frottées, coins usés.

Récit d’un voyage à travers la Suisse. L’auteur, un Français dont les initiales «FB» figurent sur le titre, a divisé son récit en 38 chapitres d’une écriture régulière et parfaitement lisible. Emmenant quelques compagnons de voyage, il quitte Genève le 13 août 1836 à bord d’un bateau à vapeur qui le conduit à Villeneuve, à l’extrémité Est du lac Léman, au pied des Préalpes vaudoises. Peu avant son arrivée, il aperçoit le château de Chillon, un site pittoresque situé au bord du lac. De Villeneuve, il pénètre dans la vallée du Rhône et se rend à pied à Bex où il observe la cascade de Pissevache. Remontant le fleuve, il traverse successivement Martigny et Sion (Valais), puis arrive à Sierre après deux jours de voyage. L’étape suivante est Louèche, où le curé tient une petite auberge et dont les eaux attirent un grand nombre de malades. De là, il se dirige vers le Nord et pénètre dans le canton de Berne, passe par Frutigen le cinquième jour du voyage et parvient à la vallée d’Interlaken, le «bijou de la Suisse», remarquable pour ses deux lacs formés par les eaux de l’Aar, ce qui en fait un endroit très fréquenté. Remontant la vallée de l’Aar, il parvient à Handeck où il observe les chutes spectaculaires de ce fleuve qui impressionnent les touristes. Il se rend ensuite à la Grimsel, une montagne dont il effectue l’ascension. Le huitième jour, il arrive à la source du Rhône, puis se dirige vers Andermatt pour visiter le pont du Diable. Remontant vers le Nord, il traverse Altdorf et évoque l’histoire du Grütli où se réunirent, en 1307, les fondateurs de la confédération helvétique. Il donne ensuite une description du couvent d’Einsiedeln, qui est le centre du culte de la Vierge et reçoit 120000 pèlerins chaque année. L’étape suivante est Zurich, dont l’aspect lui rappelle Genève; il effectue la visite de la cathédrale ainsi que de l’arsenal qui contient une assez belle collection de vieilles armures. Le treizième jour du voyage, il arrive au pied du Rigi, une montagne située à proximité de Lucerne, dont il effectue l’ascension. De là, il aperçoit le Rossberg, situé dans les environs de Zoug, dont l’éboulement, en 1806, avait rasé un village entier. A Lucerne, le voyageur remarque le monument élevé à la mémoire des Suisses qui défendirent Louis XVI aux Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il se rend ensuite à Berne, siège du gouvernement fédéral, dont l’architecture annonce que cette ville est le centre d’un état riche et fortement constitué. Après un passage sur la politique, où il évoque une crise momentanée entre la France et la Suisse, l’auteur s’étend sur Fribourg, dont il mentionne les deux éléments les plus remarquables pour les touristes: le pont et l’orgue de la cathédrale. Le retour à Genève a lieu après vingt jours de voyage, soit au début du mois de septembre. Le manuscrit, daté du 11 octobre 1836, s’achève par une table des matières. Intéressante relation, qui ne semble pas avoir été publiée. Provenance: ex-libris manuscrit «Joséphine Müller» inscrit au crayon sur une page de garde.

BAYNE (Robert).

Moor park, with a Biographical Sketch of its Principal Proprietors.

London, Longmans, Green, and Co, 1871. In-8 carré de viij-124 pp.; percaline violette à la bradel, titre doré au dos et sur le premier plat, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Ouvrage illustrée de 8 photographies originales montées sur carton légendé d'Henry Victor Leménager. Moor Park est un manoir palladien situé dans un parc de plusieurs centaines d'hectares au sud-est de Rickmansworth, dans le Hertfordshire, en Angleterre. Il s’appelle Moor Park Mansion car il est situé dans l’ancien parc du manoir de More. Il sert maintenant de clubhouse au club de golf de Moor Park. La maison est classée au patrimoine national de l'Angleterre et le parc paysager au registre des parcs et jardins historiques. Bel exemplaire conservé dans sa reliure d'éditeur. Envoi autographe signé de Lord Ebury à la duchesse de Luynes, daté de 1880. Robert Grosvenor, baron Ebury, fut un des propriétaires de Moor Park. Quelques rousseurs.

BERGMANN (Benjamin).

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par M. Moris, membre de la Société Asiatique.

Châtillon-sur-Seine, C. Cornillac, 1825. In-8 de XXVIII, 361 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition française. Elle est illustrée d'un frontispice lithographié sur Chine représentant "la fête des lampes chez les Kalmuks" et de 11 planches lithographiées d'écritures et de transcriptions. Bergmann séjourna un an parmi les Kalmouks, les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois en Asie centrale. Il s'employa à apprendre leur langue, à observer leurs mœurs et leurs usages, et à étudier les progrès de leurs arts et de leurs sciences. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 433-436 (pour l'édition originale en allemand parue en 1804). — Chadenat, 5323. — Quérard, I, 285.

BESSE (Jean-Charles, ou Janos Karoly).

Voyage en Crimée, au Caucase, en Géorgie, en Arménie, en Asie-Mineure et à Constantinople, en 1829 et 1830.

Paris, Delaunay, 1838. In-8 de (4) ff., 464 pp.; demi-veau fauve, dos lisse, non rogné (reliure moderne).

Première édition, peu commune, illustrée de 5 planches lithographiées dont 3 dépliantes. L'auteur était un hongrois qui servit durant les guerres napoléoniennes dans l'armée prussienne puis au côté des Français. En 1829, il entreprit un voyage au Caucase à la recherche des tribus Magyars. Puis il poursuivit son voyage par la Crimée pour y étudier les Tatars, et traversa la Mer Noire vers Trébizonde, Erzurum, Tiflis, Constantinople et Trieste. Bon exemplaire. Légère mouillure claire en marge de quelques feuillets. Atabey, 105. — Blackmer, 131. — Weber, I, 269.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

RICHTER (Johann Gottfried). — GEISSLER (Gottfried).

Jeux et divertissements du peuple russe. Spiele und Belustigungen der Russen aus den niedern Volks-Klassen.

Leipzig, au comptoir d'industrie, 1802-1805. In-4 de (3) ff., 32 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets avec le titre en long (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 12 planches gravées et très finement coloriées, d'après des dessins réalisés sur place par Gottfried Geissler. Elles sont accompagnées d'un texte explicatif, en allemand, de Johann Gottfried Richter, et de la traduction française au verso par P. Hacault. Le peintre et dessinateur Johann Geissler se rendit en Russie en 1790 pour y enseigner le dessin. En 1793 et 1794, il accompagna le naturaliste Peter Simon Pallas lors de sa seconde expédition scientifique en Russie du sud, et séjourna ensuite quelques années en Crimée chez le naturaliste. De retour dans sa ville natale de Leipzig, il publia plusieurs ouvrages sur la Russie illustrés des dessins qu'il avait réalisé sur place. Le texte fut écrit par Johann Gottfried Richter, lui aussi originaire de Leipzig, et qui fut, durant 16 ans, précepteur à Moscou. Dans ses commentaires, il fait preuve d'une grande connaissance des coutumes, ainsi que d'une grande tendresse envers le peuple russe. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Rares piqûres. Colas, 2554. — Monglond, VI, 1146.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SELDEN (John).

Mare clausum, seu de domino maris.

Leyde, Jean et Théodore Maire, 1636. Petit in-4 de (6) ff., 244 pp.; vélin souple, titre inscrit en long au dos (reliure de l'époque).

Édition publiée un an après la première parue à Londres en 1625. Elle est illustrée de quelques figures dans le texte, de 3 planches gravées sur bois (dont une carte des îles Britannique), et d'une carte dépliante de l'Angleterre gravée sur cuivre. Juriste et humaniste anglais, John Selden fut membre du parlement et défenseur des libertés contre la raison d'état (et le roi). Au moment de la rédaction de cet ouvrage, il était en liberté surveillée, après avoir été emprisonné plusieurs mois, sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui. Le roi Charles Ier lui accorda la liberté contre la rédaction de ce traité. Son titre Mare clausum (la mer fermée) indique bien son sujet. Il s'agit d'un traité juridique défendant la souveraineté britannique sur les mers environnantes. C'est aussi une réponse à l'ouvrage de Grotius, Mare liberum, publié en 1609, qui prônait la liberté des mers, considérant qu'il s'agissait d'un territoire international que chacun pouvait parcourir. Bon exemplaire en vélin de l'époque. Légères rousseurs, petite galerie de ver dans la marge interne.

TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de).

Signaux généraux de monsieur le comte de Tourville, vice-amiral de France, portant pavillon d'amiral, & général de l'armée navalle [sic] du roy.

Entre 1689 et 1693. Petit in-folio de 79 pp.; demi-veau havane à coins, dos à nerfs fileté or (reliure à l'imitation).

Rare document, imprimée à petit nombre, répertoriant les différents signaux utilisés par l'escadre commandée par le comte de Tourville (nombre de coups de canon, couleurs et formes des pavillons ainsi que leurs emplacement dans la mâture). Anne-Hilarion de Costentin de Tourville fut nommé vice-amiral de la flotte du Levant en 1689, après la mort de Duquesne, et était commandant de fait de la Marine Royale, puisque le vice-amiral du Ponant, le maréchal d'Estrée, ne prenait plus la mer. Il participa aux combats de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et fut nommé maréchal en 1693. Bon exemplaire. Petite mouillure et tache d'encre dans l'angle supérieur des pages, rare piqures. Inconnu de Polak.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.