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[Vue de Beyrouth].

Beyrouth, 1930. Aquarelle originale in-12 (14,6 x 10,9 cm), exécutée sur papier à dessin et montée sur papier noir.

Vue animée du front de mer de Beyrouth. Cette aquarelle, datée et signée dans l’angle inférieur gauche, comporte une signature difficilement lisible, peut-être «E. Castaing». Elle montre, au premier plan et dans la partie droite, ce qui semble être un entrepôt, monté sur pilotis, chacun étant renforcé dans la partie supérieure par trois poutres, l’ensemble soutenant un premier étage où quelques personnages sont représentés, attendant probablement l’arrivée de marchandises. Ce bâtiment comprend un deuxième étage surmonté d’un toit aux poutres apparentes; à proximité se trouve une barque. Au second plan, on aperçoit une partie des quais avec, dans la partie gauche, un groupe de personnes dont certaines sont assises sur le parapet, l’une d’entre elles étant face à la mer, et trois autres lui tournant le dos. Deux personnages, debout, semblent se déplacer sur le quai. Puis, séparée par un mur, se trouve à l’arrière-plan une importante végétation constituée de cyprès ou de peupliers, indiquant la présence d’un parc ou d’un jardin; on aperçoit aussi plusieurs constructions dont la plus importante se trouve dans la partie droite du dessin: il s’agit d’une maison de deux étages avec un toit horizontal sur lequel se dressent trois arbustes. Fondée vers 5000 avant J.-C., la ville de Beyrouth était, à l’origine, moins puissante que les autres cités phéniciennes telles que Tyr, Byblos ou Sidon. Elle gagna de l’importance sous l’empire romain puis sous l’empire ottoman, pour devenir, au XXe siècle, un centre financier, un port de commerce et un foyer culturel d’une importance majeure à l’est de la Méditerranée et au Proche-Orient. Placée, ainsi que le reste du Liban, sous mandat français par la Société des Nations après la Première Guerre mondiale, elle devint la capitale du pays en 1943, lorsque celui-ci obtint son indépendance. Intéressante vue pittoresque, montrant des constructions probablement aujourd’hui disparues.

BERTOU (Jules de).

Examen d'un nouveau voyage en Orient.

Paris, Charles Douniol, 1855. In-8 de 24 pp.; cartonnage de papier vergé brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le journal Le Correspondant, le 25 janvier 1855. Compte rendu de lecture de la traduction anglaise de l'ouvrage de Van de Velde, Narrative of a journey through Syria and Palestine in 1851 and 1852, publié à Londres en 1854. Ancien officier de marine dans l'armée néerlandaise, Van de Velde était également un peintre de paysage et un cartographe. De 1839 à 1841, il se rendit à Batavia afin d'établir des cartes de la région, avant d'effectuer son voyage d'exploration en Palestine et en Syrie en 1851. Le comte de Bertou consacra une grande partie de sa vie à l'étude topographique détaillée de la dépression Jourdain-mer Morte. Bon exemplaire. Numa Broc, Asie, 28. — Manque aux principales bibliographies.

CITROEN (André) — [EXPEDITION CITROEN].

Lettre autographe signée [au gouverneur Marcel Olivier].

[Paris], 27 mars 1932. 3 pp. in-8 (18 x 13,8 cm); en-tête imprimé «31, rue Octave Feuillet».

Belle lettre évoquant le souvenir de Georges-Marie Haardt, mort à la fin de l’expédition en Asie. «Merci, mon cher ami, de vos affectueuses pensées dans le grand deuil qui m’a frappé si brutalement. En apprenant la tragique nouvelle, j’ai de suite songé à faire prévenir les grands amis du cher Haardt dont vous étiez. Il […] me parlait toujours de vous, évoquant son arrivée à Madagascar où vous l’aviez si cordialement reçu. J’ai senti quelle peine était la vôtre et que vous pleuriez avec nous…». Pionnier de l’industrie automobile, André Citroën (1878-1935) organisa quatre expéditions: la traversée du Sahara (1922-1923), de l’Afrique (1924-1925, dite «Croisière noire»), de l’Asie (1931-1932, ou «Croisière jaune») puis de l’Alaska (1934, nommée «Croisière blanche»). Conduite par Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil, la Croisière jaune permit de relier Beyrouth à Pékin en 315 jours en passant par le Turkestan, le Xinjiang et le désert de Gobi. Elle fut un succès, mais Haardt mourut à Hong Kong le 16 mars 1932, des suites d’une maladie contractée au cours de l’expédition. Le destinataire de cette lettre, Marcel Olivier, avait été gouverneur général de Madagascar de 1924 à 1929; en 1925, il reçut les membres de la Croisière noire qui venait de s’achever. Document bien conservé.

[LIBAN] — ROMIEUX (Osmond).

[Vue d’une côte rocheuse au Liban].

S.l., [vers 1860]. Dessin in-4 oblong (32,1 x 44,8 cm) exécuté à la mine de plomb avec de légers rehauts de gouache blanche; cachet «O. Romieux» apposé dans l’angle inférieur droit, trace de montage au verso.

La côte libanaise au moment de l’Expédition de Syrie. Il montre, au premier plan, un personnage se déplaçant près du rivage et se dirigeant vers l’artiste. Au second plan apparaît une falaise d’où se sont détachés d’immenses blocs de pierre accumulés en contrebas. Deux personnages sont représentés : une femme, penchée, semble s’occuper d’un animal et un homme, assis sur un rocher, tient un fusil. A l’arrière-plan, on aperçoit deux constructions qui pourraient correspondre à un fort assurant la défense de la côte. Peintre orientaliste et officier de marine, Prosper Halvor Henri Oscar Romieux, dit Osmond Romieux, naquit à La Rochelle en 1826. Entré à l’Ecole navale en 1841, il effectua, de 1844 à 1847, un voyage en Polynésie d’où il ramena de nombreux dessins. Promu lieutenant de vaisseau en 1854, il fit partie du corps expéditionnaire envoyé en Syrie en 1860 et réalisa plusieurs aquarelles du Liban. Capitaine de frégate en 1867, il cessa ses fonctions en 1881 et mourut à La Rochelle en 1908. Sur Romieux et ses carnets de dessins, cf. KHOURY (Gérard D.), Le voyage d’Osmond Romieux au Levant: Beyrouth et le Mont-Liban, 1860-1861, Catalogue d’exposition au Musée d’histoire de Marseille, 22 avril-30 août 2010. Bon état de conservation.