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Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, Demonville, 1790. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Nombreux passages soulignés de l'époque à l'encre. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Adresses de l'Assemblée Provinciale du nord de Saint-Domingue, du 15 juillet 1791, à l'Assemblée Nationale, au Roi, aux 83 départemens…

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 29 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Coloniale réunie à Léogane rejetèrent le décret du 15 mai 1791 qui accordait aux "gens de couleur nés de père & mère libres" le droit de siéger dans les assemblées coloniales. Ils estimèrent que c'était "effacer la ligne politique qui séparoit les gens de couleur des blancs". "Il faut dans les colonies une classe entre les blancs & les esclaves, laquelle fasse envisager à ces derniers un espace immense entre eux & les blancs; il faut même que les esclaves ne puissent concevoir l'espérance de devenir jamais les égaux des blancs". (pages 7 et 8). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4530.

Album do Rio de Janeiro.

Vers 1930. 3 albums petit in-4 oblong(18 x 25 cm environ); couverture imprimée de papier gris (reliure de l'éditeur).

Ensemble de 3 albums comprenant en tout 30 tirages photographiques. Chaque album comprend 8 photographies (17 x 22,5 cm), un panorama replié (17 x 45 cm environ), et une vignette sur le titre (3,5 x 5,5 cm). Légendées dans l'image, elles montrent les principaux aspects de la ville: quartier de Botafogo, le Corcovado, le pain de Sucre, Copacabana, les places de Paris et de Floriano, panoramas de Corcovado, do pao de Assucar, ou encore de Botafogo. Joint une photographie de la statue du Christ Rédempteur (14,5 x 9 cm), avec, dactylographié au dos, tous les chiffres de sa construction et de ses mensurations. Exemplaire parfaitement conservé dans sa brochure d'origine.

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Arrêt du conseil du roi, pour l'encouragement du commerce de France avec les États-Unis de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1788. In-4 de 6-(2 bl.)pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Arrêt daté du 29 décembre 1787 et signé du secrétaire d'état de la marine La Luzerne, établissant les droit de douane pour les marchandises venant des États-Unis et qui "accorde aux citoyens & habitans des États-Unis, tous les privilèges & avantages dont ses propres sujets de France jouissent ou pourront jouir en Asie & dans les Échelles qui y conduisent". Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le commerce étranger dans les isles françoises de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Les lettres patentes d'octobre 1727 avaient exclu tout les étrangers du commerce des colonies françaises. Cet arrêt, daté du 30 août 1784, décida d'ouvrir les entrepôts des nouveaux ports des îles françaises des Antilles (Sainte-Lucie, Martinique, Guadeloupe, Tabago et Saint-Domingue) au commerce avec les navires étrangers. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le retour des Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleurs aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1777. In-4 de 2 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Arrêt du 7 septembre 1777, signé de Sartine (ministre de la marine) accordant aux colons ayant amené avec eux des domestiques "un nouveau délai de deux mois, à compter du jour de la publication du présent arrêt, pendant lesquels lesdits habitans pourront faire repasser lesdits domestiques Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleur, dans les colonies d'où ils les auroient amenés. Veut sa majesté que ceux desdits domestiques qui n'auroient pas été remis dans deux mois pour tout délai, aux dépôts établis dans les ports, en exécution de ladite déclaration, ne puissent être retenus que de leur consentement, au service de leurs maîtres." Bon exemplaire. Ryckebusch, 250.

Arrêt du conseil d'état du roi, qui, à compter du 10 novembre prochain, convertit en gratifications & primes l'exemption du demi-droit accordée aux denrées coloniales provenant de la traite des Noirs.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Afin d'encourager le commerce de la traite des Nègres, les lettres patentes du mois de janvier 1716 permettait une exemption des droit de douane sur le sucre exporté en métrople. Constatant "que la quantité des Nègres transportés aux isles françoises de l'amérique, qui s'élevait en 1716 qu'à deux ou trois mille Nègres, a été successivement porté au nombre de quinze mille, sans que l'importation des sucres consommés dans le royaume ait pu suivre la même progression", l'arrêt du 26 octobre 1784 décida qu'une prime remplacerait l'ancien système. Bon exemplaire. Ryckebusch, 263.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conseil des Cinq-Cents. Message.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1796]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Extrait du registre des délibérations du Directoire exécutif du 21 novembre 1796. Lettre du Directoire au Conseil des Cinq-Cents en réponse à une demande de ce dernier sur la situation politique et commerciale des colonies. Après avoir fait le point sur les évènements rapportés par les envoyés du gouvernement, le texte conclut : "Si le Directoire n'étoit pas intimement convaincu que le secret sur les opérations relatives aux colonies en assure presque toujours le succès, il auroit déjà rendu publique ses instructions à ses agens". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

Copie de la lettre de messieurs de l'Assemblée provinciale du Nord de Saint-Domingue, daté du Cap le 2 novembre 1790, à messieurs les commissaires extraordinaires auprès de l'Assemblée Nationale.

Paris, Baudouin, 1790. In-4 de 14 pp. ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Cette assemblée provinciale du nord s'était constituée en mars et avril 1790 pour s'opposer aux réformes de la Révolution Française. Elle contient également: - Adresse de l'assemblée provinciale permanente du nord, aux citoyens de la province, qui différent de principes avec elle. Cette adresse invite les municipalités opposées aux réformes à se joindre à l'assemblée. - Extrait des registres des délibérations de l'assemblée provinciale permanente du nord. Par crainte d'une guerre civile qu'ils jugent imminente, les membres de l'assemblée invite tous les citoyens, soldats ou non, à se rassembler sur le Champs-de-Mars de la ville du Cap le 23 octobre 1793, pour y prêter un serment de paix et "d'attendre en paix, & de recevoir avec soumission & respect la décision de l'Assemblée Nationale, acceptée par le roi, sur la contestation qui divise les citoyens de la colonie". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe. — Roquincourt, 3532.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale par les députés de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue, le 25 novembre 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (1) f., 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Discours de remerciement pour le décret du 12 octobre 1790 qui annulait les actes de l’Assemblée Générale de Saint-Domingue, les déclarait attentatoires à la souveraineté nationale et à la puissance législative, et pourvoyait aux moyens de rétablir le calme dans la colonie. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Déclaration du roi, qui permet l'entrée & l'entrepôt, dans les différens port du royaume, des taffias venans des colonies françoises de l'Amérique.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

"Le commerce des eaux-de-vie extraites des sirops & mélasses, & connues sous le nom de taffias, a été prohibé dans toute l'étendue de notre royaume, par déclaration du 24 janvier 1713. L'opinion répandue alors que cette liqueur étoit dangereuse & nuisible à la santé. Mais l'expérience ayant depuis long-temps prouvé qu'elle étoit utile & salubre" cette interdiction est levée par la présente déclaration du 6 mars 1777. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Décret de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, rendu le 28 mai 1790, à l'unanimité.

1790. In-8 de 61 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Le décret de l'Assemblée de Saint-Domingue confiait à elle seule le droit de légiférer, considérant que "aucun acte de corps législatif, en ce qui concerne le régime intérieur, ne pourra être considéré comme loi définitive s'il n'est fait par les représentants de la partie françoise de Saint-Domingue". L'ouvrage donne le texte de ce décret, suivi de plusieurs textes justificatifs et des réponses aux observations faites par l'Assemblée Provinciale du nord de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5392.

Exposé des États-Unis présenté au tribunal d'arbitrage réuni à Genève conformément aux stipulations du traité conclu le 8 mai 1871 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Washington, Imprimerie du Gouvernement, 1871. In-4 de viij-406 pp.; percaline rouge, dos lisse (reliure de l'éditeur).

Ouvrage illustré d'une carte dépliante en couleurs. Il expose les documents fournis par le gouvernement des États-Unis au tribunal arbitral de Genève, créé pour juger les différents l'opposant à la Grande-Bretagne. Lors de la guerre de Sécession, des navires corsaires confédérés avaient causé de gros dommages à la marine marchande nordiste. Après la guerre, les États-Unis accusèrent la Grande-Bretagne d'avoir soutenu ces corsaires et demandèrent un dédommagement. Un traité conclu à Washington en 1871 prévoyait qu'un tribunal constitué pour cette occasion devait trancher le débat, ce qui était le premier exemple d'une juridiction supra-nationale pour juger un différent entre deux états. Bon exemplaire.

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Extrait des registres des délibérations des citoyens de la paroisse de la Croix-des-Bouquets, isle Saint-Domingue.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-12 de 4 pp.; en feuille, non rogné.

Rare petite plaquette, datée du 25 juillet 1790 dans laquelle les citoyens de la paroisse de la Croix-des-Bouquets, dépendance du Port-au-Prince, se désolidarise de l'Assemblée générale de Saint-Marc. "Après avoir fait la récapitulation des événemens passés dans la colonie depuis le 13 juin dernier, ladite assemblée paroissiale reconnoît que l'assemblée générale de Saint-Marc manifeste de plus en plus son esprit d'indépendance, ainsi que le projet d'une scission avec la France". En conséquence, elle arrête "qu'elle ne reconnoit point pour assemblée coloniale légale celle de Saint-Marc, qui ne se conforme en rien aux décrets nationaux des 8 & 28 mars dernier". À la suite de cette proclamation est imprimée la liste de tous ceux qui ont participé à cette délibération. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

Inauguration du bassin de Radoub de La Martinique (6 mai1868).

Fort-de-France, 1868. In-8 de 7 pp. ; broché.

Compte rendu, avec le discours du gouverneur, de l'inauguration d'un nouveau bassin dans le port de Fort-de-France, en Martinique. Fort-de-France était alors la capitale administrative de la Martinique, mais Saint-Pierre en était la capitale économique. La construction de ce bassin (qui facilitait l'entretien des navires), devait permettre de développer le commerce à Fort-de-France. Bon exemplaire, avec au dos un morceau collé de l'enveloppe et une partie de la marque postale de Fort-de-France. Manque le coins supérieur des deux premiers feuillets, sans perte de texte.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux François.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Lettre datée du 13 septembre 1790, à bord du Léopard, et signée de Daugy, Bourcel, Le Ray de La Clartaisq, Venault de Charmilly, Daubonneau, et Denix. Ils firent partie du groupe de députés de l'Assemblée de Saint-Marc qui avait quitté Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les avait dispersés. Dans cette lettre, ils se disent les représentants d'une île opprimée, puisque la liberté d'assembler ne leur était pas accordée. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Le peuple juge, ou considérations sur lesquelles le peuple Anglois pourra décider si la lettre qu'on attribue dans le Précis des faits à S. A. R. le duc de Cumberland, est bien véritablement du prince.

S.l., 1756. In-12 de (1) f., viij-160 pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'anglais par Edme-Jacques Genest. L'auteur revient sur une polémique selon laquelle la défaite du général anglais Edward Braddock (commandant en chef des armées en Amérique du nord, mort de ses blessures après une expédition désastreuse dans la vallée de l'Ohio contre les Français et leurs alliés Indiens) aurait été dûe à une lettre attribuée au duc William Augustus de Cumberland, troisième fils de George II et chef des armées. Bon exemplaire. Sabin, 68284.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les députés de la province du nord de Saint-Domingue, à messieurs les citoyens des districts du Port-au-Prince.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-12 de 4 pp.; en feuille, non rogné.

Rare proclamation des députés de la province du nord pour tenter de convaincre les habitants qui avaient soutenu l'Assemblée dite de Saint-Marc. "Vous voulliez rester fidelle [sic] à la Nation, à la loi & au Roi; mais en même temps vous étiez fidelles & attachés aux opérations de l'assemblée coloniale & de votre Comité, ennemis déclarés de la Nation, de la loi & du roi". Et pour prouver leur bonne volonté, il est demandé à ces citoyens de faire une profession de foi, car, "si vous ne reconnoissez pas la forfaiture de l'assemblée de Saint-Marc, vous l'aprouvez, si vous l'approuvez, vous n'êtes plus François". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

Les j'ai vu d'un habitant du Cap. Nouvelle édition, augmentée par-ci, corrigée par-là, & le tout pour le mieux.

Le Cap ?, 1790. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Rare pamphlet dans lequel son auteur, par une succession de paragraphes commençant par "j'ai vu", relate les évènements survenus au Cap-François durant l'année 1790, notamment ceux liés à l'Assemblée de Saint-Marc, dont il dénonce les agissements et approuve la répression par le gouverneur de Saint-Domingue. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges. Roquincourt, 3782. — Inconnu de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Martha la bonne négresse.

Epinal, Pellerin, vers 1870. Planche lithographiée et coloriée (42 x 32 cm), n°1053, revue par Madame Marie Pape Carpentier.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à seize cases, relatant l'histoire d'une esclave à la Martinique, qui après la mort de son maitre, accompagna son héritière en France, avant de revenir sur son île. Bon exemplaire.

Maximilien, Empereur du Mexique. Sa vie, sa mort, son procès, détails intimes & inédits.

Paris, P. Lebigre-Duquesne, 1867. In-24 de (1) f., 157 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Petit ouvrage paru l'année de la mort de l'archiduc Maximilien, frêre de l'empereur d'Autriche François-Joseph. Il est illustré d'un portrait lithographié de Maximilien en frontispice. Depuis 1861, l'expédition française au Mexique cherchait à instaurer dans ce pays un régime catholique favorable aux intérêts européens, pour contrer l'influence des Etats-Unis, protestant, et alors en pleine guerre de Sécession. En 1864, Maximilien fut couronné empereur du Mexique et compta sur la présence des troupes de l'expédition pour assurer son pouvoir. Mais l'aventure tourna au désastre. Début 1867, les troupes françaises furent rapatriées. Maximilien décida de rester mais il fut capturé, jugé et condamné à mort. Il fut exécuté le 19 juin 1867. Bel exemplaire. Deux feuillets plus courts de marge avec perte de quelques lettres.

Mémoire pour la compagnie des Indes. Servant de réponse aux différentes requestes des prétendus armateurs du vaisseau le comte de Toulouse de Dunkerque.

Paris, P. G. Lemercier, 1726. In-folio de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Mémoire signé par Anisson de Haute-Roche, rapporteur, et Me Faroard, avocat. Publié pour le compte de la Compagnie des Indes, ce mémoire s'intéresse au vaisseau le comte de Toulouse, parti d'Ostende, qui "fit route pour le cap de Bonne Espérance, ensuite alla à l'île Maurice, de là à l'île de Bourbon où […] il traita quelques marchandises, parvint après à Madagascar, où il fit la traite de quatre cens quarante-cinq Nègres, s'en retourna au cap de Bonne Espérance, où il vendit une partie de ses Nègres, & enfin arriva au Cap François". Les rédacteurs du mémoire déclarent que ce vaisseau n'appartenait pas à des armateurs dunkerquois mais "à des armateurs étrangers, qui se servaient du nom de quelques armateurs français". En conséquence, la compagnie réclame réparation pour violation de son monopole sur le commerce avec les îles d'Amérique. Bon exemplaire.

Mémoires de la Société des Philantropes.

Berne, La Société Typographique, 1778. In-8 de (4) ff., 358-(1) pp.; demi-veau marbré, dos lisse orné, tranches rouges (reliure à l'imitation).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Contient: - FEBUÉ (abbé). Essai philantropique sur l'esclavage des Nègres. - SONNENFELDS (J. von). Mémoire sur l'abolition de la torture. - [LAFFON de LADÉBAR]. Discours sur l'amour de l'utilité publique. - Considérations sur l'abus de la sécularisation des biens ecclésiastiques. - MOUDEAU. Voyage de Moncacht-Apé pour servir de suite ou de pendant aux voyages de Gulliver. - [YOUNG]. Mémoire sur l'état actuel de l'agriculture en Angleterre. La Société des Philanthropes fut fondée en 1775 à Strasbourg par Jean de Turckheim. Ouverte à toutes les confessions, cette société eut des membres à travers toute l'Europe, notamment Panckoucke, l'abbé Baudeau, l'abbé Rozier ou encore l'abbé Grégoire. Elle prôna la tolérance, pratiqua la charité, et s'intéressa également à l'économie, la géographie, ou encore la pédagogie. Cet ouvrage est la seule publication périodique de la Société, qui éditait aussi des manuels scolaires, des calendriers pour les paysans et des traductions des auteurs classiques de l'antiquité. Bon exemplaire. Un feuillet manuscrit contenant l'errata, petite galerie de ver en marge intérieure avec perte de quelques lettres. Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Notices statistiques sur les colonies françaises. Imprimées par ordre de M. le Vice-Amiral de Rosamel, Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1837-1840. 4 tomes in-8 de (2) ff., iij-248 pp. — (3) ff., 271 pp. — (2) ff., ij-320 pp. — (2) ff., 216 pp.; veau bleu, dos lisses richements ornés, filet doré et dentelle à froid encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l’époque).

Les bibliographies sont en désaccord sur l'auteur de ces notices ; pour Quérard il s'agirait de Paul-Alexandre Tiby, sous-chef au ministère de la marine, et pour Barbier, d'Edme-Jean-Hilaire Filleau-Saint-Hillaire, directeur du bureau des colonies. Le premier tome est consacré à la Martinique, à la Guadeloupe et à ses dépendances; le deuxième à La Réunion et à la Guyane française; le tome 3 aux établissements français de l'Inde, au Sénégal et à ses dépendances; et le quatrième aux Possessions françaises à Madagascar et aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Bel exemplaire. Barbier, III, 486. — Brunet, VI, 28637. — Quérard, IX, 473. — Ryckebusch, 5984, 5985. — Sabin 95786.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Observations sur les intendances des Isles. Manuscrit.

Vers 1775. In-4 (21,6 x 16,8 cm) de 3 pp. 1⁄4 sur une feuille double; on joint 1 p. in-8 manuscrite sur le même sujet.

La Martinique souhaite le rappel de son intendant. L'auteur, resté anonyme, affirme dès le début que la probité seule est à désirer chez un intendant des îles, et que celui-ci a le devoir de surveiller ses bureaux où se font des "prévarications sans nombre". Puis il rappelle l'origine de cette institution, avant d'énumérer les responsabilités d'un intendant de justice, police et finances. Vient ensuite l'objet de la présente note : "A la paix on renvoïa pour intendant à la Martinique, M. de La Rivière, à qui succéda le président Peinier. C'est aujourd'hui le président Tachere qui remplit cette place. Il arrive assez ordinairement qu'on rappelle au bout de 3 ans les intendants des isles; il y a plus de 3 ans, et contre le vœu des habitans, que le président actuel est à la Martinique…". La note jointe va dans le même sens : "L'intendance de la Martinique est occupée par M. le Président Acher [sic] depuis 4 ans; cette intendance n'étant que triennale, M. le Président Acher pourroit être rappelé; c'est le vœu de la colonie…". Il s'agit de Philippe-Athanase de Tascher, ancien président à mortier au Parlement de Metz, qui occupa l'intendance de la Martinique de 1771 à 1777. L'auteur préconise aussi le rétablissement de l'intendance de la Guadeloupe, réunie depuis peu à celle de la Martinique. Traces de plis. Les documents sont très lisibles.

Ordonnance de l'amirauté de France, portant injonction à toutes personnes demeurantes dans l'étendue de l'amirauté de France, ou des amirautés particulières de son ressort, qui ont à leur service des Nègres ou Mulâtres, de l'un ou l'autre sexe, d'en faire leur déclaration en personne ou par procureur, au greffe de l'amirauté de France, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort; & à tous Nègres ou Mulâtres qui ne sont au service de personne; de faire pareille déclaration, sous telle peine qu'il appartiendra.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 16 avril 1777. Constatant que l'ordonnance du 31 mars 1762 qui portait sur le même point n'était plus appliquée, et que "le nombre de ces gens de couleur se sont multipliés à un tel point, que le plus petit particulier en a à son service: les colons en ont inondé le royaume & […] ont laissé une libre carrière à l'introduction de cette espèce d'homme, dont le nombre & la qualité du sang, ainsi que la nuance de la couleur, ne peut qu'altérer l'uniformité de celle des habitans de ce royaume", un recensement "des Noirs ou Mulâtre qui sont dans Paris & dans le ressort de la cour" est ordonné. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance de nosseigneurs de l'amirauté de France, portant prorogation du délai accordé par celle du 16 avril 1777, aux personnes ayant à leurs service des Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs, ainsi qu'aux Nègres, Nègresses ou Mulâtres n'étant au service de personne, pour faire leur déclaration au greffe de l'amirauté de France à Paris, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort, à peine de 300 livres d'amende contre les maîtres, & de prison contre les Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 7 juillet 1777 qui prolonge le délai de déclaration obligatoire des gens de couleur se trouvant sur le territoire français. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance du roi, concernant les procureurs & économes-gérans des habitations situées aux isles sous le vent.

Paris, P. G. Simon & N. H. Nyons, 1785. In-4 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Ordonnance du 3 décembre 1784, régissant les conditions de mise en gérance de leurs propriétés par les colons de Saint-Domingue. En effet, après "des abus qui se sont introduits dans la gestion des habitations situées à Saint-Domingue" cette ordonnance détaille toutes les obligations à respecter, tant pour les propriétaires que pour les gérants pour la gestion des biens et des esclaves. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Ordonnance du roi portant application du code d'instruction criminelle à l'île de la Martinique et à l'île de la Guadeloupe.

Paris, Imprimerie Royale, 1828. In-4 de 159 pp.; basane flammée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Publication du code d'instruction criminelle à destination des deux îles des Antilles, en application de l'article 7 de l'ordonnance du 24 septembre 1828 sur l'organisation judiciaire à la Martinique et à la Guadeloupe. Ce dernier stipule que ces deux îles seront régies par les différents codes (civil, de procédure civile, de commerce, d'instruction criminelle et pénale) "modifiés et mis en rapports avec leurs besoins". Bon exemplaire. Rousseurs en début de volume.

Ordonnance du roi, portant défenses aux capitaines de navires de laisser débarquer aucun Noir, Mulâtre ou autre gens de Couleurs, avant d'avoir fait leur rapport à l'Amirauté.

Paris, Imprimerie Royale, 1778. In-4 de 3 pp.; en feuilles, non rogné.

Ordonnance du 23 février 1778, faisant suite à celle du mois d'août 1777 qui ordonnait que "les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur de l'un & l'autre sexe, que les habitans des colonies amèneroient en France pour les servir pendant la traversée, seroient à leur arrivée dans les ports, placés dans des dépôts qui on été destinés à cet effet". Mais "Sa majesté étant informée que les capitaines marchands laissent débarquer les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur qui sont à leur bord, avant que d'avoir fait leur rapport aux amirautés", la présente ordonnance renouvelle la précédante, et y ajoute, pour les capitaines qui ne la respecterait pas, une amende de cinq cent livres, et une interdiction de leurs fonctions pour trois mois. Mouillure claire, traces de froissement et de poussière; une petite déchirure sans manque. Ryckebusch, 6072.

Ordonnance portant création d'une cour prévôtale, pour juger les prévenus du crime d'empoisonnement.

Saint-Pierre-Martinique, de l'imprimerie de Fleurot & Cie, 1822. In-4 de 34-(2 bl.) pp.; broché, couverture de papier blanc muet de l'époque.

Rare impression de la Martinique d'une ordonnance de 1822 portant création d'une cour spéciale pour juger les crimes d'empoisonnement. Ces crimes qui "se multiplient à un degré tellement allarmant" et qui "menace l'existence même de la société" doivent être retirés de la justice ordinaire et confié à une cour spéciale "dont la juridiction s'étendra sur toute la colonie de la Martinique", qui "se transportera […] autant que faire se pourra, sue le lieu même où le crime dénoncé aura été commis", jugera sans appel et pourra prononcer des peine capitales. Le texte reprend ensuite les ordonnances de 1724, sur "les vénéfices et poisons", de 1749 concernant "les Nèges empoisonneurs", et de 1757 "pour l'ouverture des cadavres soupçonnés être morts empoisonnés". Bon exemplaire. Mension manuscrite de l'époque sur la page de garde Imprimerie du Gouvrnt. Inconnu des principales bibliographies.

Petit noir et petit blanc.

Epinal, Pellerin, vers 1880. Planche lithographiée et coloriée (40 x 30 cm), n°857.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à seize cases, relatant l'histoire d'un fils de planteur, Anatole, et d'un homme de couleur, son frère de lait, Joachim. Après de nombreuses péripéties, Anatole remet en cause tous ses préjugés et s'exclame : Désormais tu seras mon égal et mon frère. Bon exemplaire.

Pièces officielles relatives aux préliminaires de Londres et au traité d'Amiens.

Paris, Imprimerie de la République, an XI. In-4 de 258 pp. ; cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné (reliure moderne).

Le traité d'Amiens fut signé le 25 mars 1802, entre l'Angleterre d'une part, et la France, l'Espagne et la République Batave d'autre part. Il stipulait la restitution de toutes les possessions qui avaient été prises pendant la guerre sauf l'île de la Trinité et Ceylan, qui furent laissées aux Britanniques. La Colonie du Cap retourna aux Pays-Bas, les frontières furent fixées entre la Guyane française et le Brésil, la République des Sept-Îles (îles Ioniennes) fut reconnue, les droits des pêches de Terre-Neuve et sur le bois de Saint-Pierre-et-Miquelon furent délimités, ou encore le statut de Malte et des chevaliers de Saint-Jean prévoyait leur indépendance à l'égard du Royaume-Uni et de la France. Ce document de première importance dans lequel sont examinées les conditions de l'autorité de la France sur les territoires de Saint Domingue et de la Martinique, entrainera le rétablissement de l'esclavage. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Portrait d'Abraham Lincoln.

Lyon, 1865. Oeuvre tissée (14 x 10 cm).

Portrait tissé par Guillet dans les fabriques lyonnaises de Paul Durand. Il a été réalisé d'après une œuvre de Mathew Brady, un photographe américain actif pendant la guerre de Sécession, et l'un des tout premiers photographes de guerre. Abraham Lincoln fut le seizième président des États-Unis. Il fut élu à deux reprises président, en novembre 1860 et en novembre 1864. Il dirigea les États-Unis lors de la pire crise constitutionnelle, militaire et morale de leur histoire, la guerre de Sécession, et réussit à préserver l’Union. C’est au cours de celle-ci qu’il fit ratifier le XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis, qui abolissait l’esclavage. Il sortit victorieux de la guerre, mais fut assassiné cinq jours plus tard, le 15 avril 1865, à la suite d'un complot organisé par des confédérés. Bon exemplaire.

Preuves de la fausseté de la relation imprimée de M. Mauduit, colonel du régiment du Port-au-Prince.

1790. In-4 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Le 29 juillet 1790, le colonel Mauduit, commandant de la place et du régiment de Port-au-Prince, reçu l'ordre du gouverneur de dissoudre le comité provincial qui s'était formé et d'en arrêter les membres ; ordre qui fut exécuté dans la nuit. Notre brochure présente une impression sur deux colonnes avec, à gauche, la relation du colonel Mauduit qui avait été publié, et, à droite, en guise de réponse, les témoignages du capitaine général du district du Port-au-Prince ainsi que du major général du même district, Rivière de La Souchère, qui fut fait prisonnier durant cette nuit. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7487. — Roquincourt, 4130.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Requête présentée aux États-Généraux du royaume, le 8 juin 1789, par les députés de la colonie de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 7 pp. sur papier bleuté, non rogné ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Requête signée par le marquis de Gouy-d'Arsy, le comte de Reynaud, le comte de Magallon, le marquis de Perrigny, le chevalier Dougé, le comte de Villeblanche, le marquis de Rouvray, ainsi que MM. de Cocherel, de Bodkin-Fitz-Gerald, et de Peyrac, tous députés de Saint-Domingue. Ces derniers demandaient à être admis comme députés aux États-Généraux, alors que les représentant des colonies n'étaient pas autorisés à y siéger. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7748. — Roquincourt, 4393.

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. de Cocherel & Reynaud, députés de l'isle de St. Domingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 55 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

En réponse à plusieurs brochures de députés de St. Domingue contre le prix du blé, un collectif de marchands de plusieurs ports de France, réfute point à point leurs affirmations, et cherche à montrer qu'il n'y a pas de pénurie et encore moins de famine dans la dite colonie. Bon exemplaire. Manque à Max Bissainthe.

Saint-Domingue, ou histoire de ses révolutions ; contenant le récit effroyable des divisions, des troubles, des ravages, des meurtres, des incendies, des dévastations et des massacres qui eurent lieu dans cette île, depuis 1789 jusqu'à la perte de la colonie. [Joint :] Débarquement de la flotte française à Saint-Domingue; faisant suite aux révolutions de cette île; Révolte des Nègres : Événemens déplorables de la guerre désastreuse qui suivit le débarquement; second incendie du Cap par les Noirs; massacre et destruction presque générale de l'armée et des colons; avec un précis historique de l'érection de cette île en royaume d'Haîti.

Paris, Tiger, [vers 1820-1830]. 2 volumes in-12 de 108 pp. — 107 pp ; cartonnage havane marbré à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Premières éditions. Elles sont illustrées de 2 frontispices gravés dépliants représentant l'incendie du Cap Français et le massacre des colons, et la Guerre à mort entre les Français et les Noirs. Très rare petites éditions populaires, sorte de petits condensés des nombreux ouvrages parus sur la révolution de Saint-Domingue et retraçant les évènements entre 1791 et 1804. Le second volume se termine par le texte de la constitution d'Haîti. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5370. — Sabin, 19086, 75195.

Supplique et pétition des citoyens de couleurs des isles & colonies françoises, sur la motion faite le 27 novembre 1789, par M. de Curt, député de la Guadeloupe, au nom des colonies réunies, tendante à faire nommer un comité des colonies, composé de 20 membres, mi-partie de députés des villes maritimes & des manufactures, et mi-partie de députés des députés des colonies.

1789. In-8 de 21-(3) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la Bradel, pièce de titre rouge(reliure moderne).

Rare brochure, publiée en réponse à une Motion de Louis de Curt, porte-parole des députés des colonies, et qui proposait la création d'un comité colonial, composé de colons et de commerçants. Les signataires, Joly, Raimond aîné, Ogé jeune, Du Souchet de S.-Réal, Honoré de S.-Albert, et Fleury exposent que les hommes de couleurs ont été oubliés, que leur situation est pire que celle dont les colons se plaignent mais que "personne ne s'est élevé en notre faveur, personne ne s'est occupé de nous" et "que les citoyens de couleurs, toujours voués à la honte, au mépris, sont encore menacés d'un oubli qui pourroit devenir la cause de leur perte" (pages 2 et 3). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5401. — Roquincourt, 4434. — Ryckebusch, 7668.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BACON de LA CHEVALERIE (Jean-Jacques).

Observations présentées à l'assemblée de MM. les électeurs de la partie du nord de Saint-Domingue.

Paris, Quillau, 1789. In-4 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Lettre daté du 27 janvier, au Cap-François, et accompagnée d'un tableau dépliant. Représentant de la paroisse de Limonade à l'Assemblée chargée d'élire les députés de Saint-Domingue aux États-généraux, l'auteur présente un projet de contribution à la rédaction des cahiers de doléance. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4566. — Sabin, 2691.

BALBI (Adriano).

Atlas ethnographique du globe, ou classification des peuples anciens et modernes d'après leurs langues […]

Paris, Rey et Gravier, 1826. In-folio de (5) ff., ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre cuivre (reliure moderne).

Ouvrage dédié à l'Empereur Alexandre de Russie et composé de 41 tableaux dont 22 sur double page. Curieux ouvrage de ce géographe italien, qui publia ces œuvres en France et en français. Dans celui-ci, il classa les peuples d'après leurs langues, et dressa des tableaux polyglottes où il compare les langues à partir de quelques mots usuels. Bon exemplaire.

BARAGA (Friderik Irenej).

Abrégé de l'histoire des Indiens de l'Amérique septentrionale.

Paris, à la société des bons livres, 1837. In-12 de (2) ff., 296 pp. ; demi-basane moucheté, dos lisse, pièce de titre fauve (reliure de l'époque).

Première édition française, de cet ouvrage qui traite principalement des coutumes des Indiens (habillement, nourriture, chasse et pêche, religion, guerre, maladies et pratiques funéraires). C'est une traduction abrégée de l'ouvrage allemand Geschichte, Character, Sitten und Gebräuche der nord-amerikanischen Indier. L'auteur, Frédéric Baraga, était un missionnaire catholique slovène. En 1830, il fut envoyé dans l'Ohio, y apprit la langue indienne Otawa et fut chargé d'une mission près du lac Supérieur. En 1853, il fut nommé à la tête du nouvel évêché de Marquette dans le Michigan. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Howes, 111. — Sabin, 3246.

BARBIER (Emile).

Un Pays jeune du Pacifique: la Bolivie.

Paris, Librairie Hachette et Cie, 1907. In-4 de 84 pp. numérotées [37]-84 et [421]-456; demi-percaline verte, pièce de titre de chagrin grenat, fleuron central, filets or en pied, premier plat de couverture conservé (reliure de l’époque).

Réunion des livraisons 4 à 7 et 36 à 38 du t. XIII (nouvelle série) de la revue Le Tour du Monde, contenant l’ensemble des articles d’Emile Barbier sur la Bolivie. L’illustration comprend 2 cartes et 91 photographies imprimées in texte. Ces illustrations ont été établies à partir de photographies originales, probablement prises par l’auteur pendant son voyage, puis retouchées par l’éditeur. A l’exception de la première, elles ne sont pas signées. Exemplaire de l’auteur, enrichi de 51 photographies en double état, avant la lettre, imprimées sur papier et présentant un tirage plus contrasté que celui des illustrations in texte. Le volume contient aussi 29 ff. de notes dactylographiées de différents formats contenant des passages inédits, ainsi que quelques annotations manuscrites à l’encre rouge. Emile Barbier était, en 1907, chargé de mission du ministère du Commerce et ancien conseiller du Commerce extérieur de la France. En 1895, il effectua un voyage dans l’ouest et le centre de la Bolivie, ce qui lui permit de rencontrer les populations rurales et indiennes, tout en visitant les usines et les installations minières du pays. Cette étude s’ouvre par des considérations générales sur la Bolivie: géographie, composition ethnique, langues, gouvernement, commerce, ressources minières, exportations, monnaie. Barbier y dénonce notamment les conditions de quasi-esclavage dans lesquelles vivent les Indiens domestiqués, décrit les Cholos ou métis, donne des indications sur les deux principales langues locales, le quichua et l’aymara, puis évoque les mines d’or, de cuivre, d’étain et d’argent. Le chapitre suivant contient des renseignements pratiques pour toute personne qui voudrait visiter la Bolivie; les autres chapitres donnent une relation détaillée du voyage: A partir du port chilien d’Antofagasta, l’auteur traverse, en chemin de fer, plusieurs localités (Cuevitas, Calama, Ollagué), avant d’atteindre la Bolivie. Arrivé dans le pays, il passe par Uyuni, Challapata et Oruro, le terminus de la ligne. Vêtu d’un costume local, il se déplace alors en caravane, avec guides, chevaux et mulets, pour se diriger vers Tapacari et Cochabamba. Les étapes suivantes sont Misqui et Sucre (Chuquisaca). De là, il se rend à Potosi, puis à Huanchaca où il reprend le train pour retourner à Oruro. Il se dirige ensuite vers La Paz et Chililaya, puis il s’embarque sur un petit paquebot qui parcourt le lac Titicaca et le dépose à Puno, au Pérou. De là, il prend le chemin de fer, passe par Arequipa et arrive au port de Mollendo (Pérou). Le dernier chapitre concerne les départements nommés Beni, Santa Cruz et Tarija, situés au nord, à l’est et au sud de la Bolivie, où l’auteur n’a effectué qu’une brève incursion. Ces régions sont occupées essentiellement par les tribus indiennes des rampes orientales des Andes, dont certains territoires restent encore inexplorés. Les photographies se rapportent en grande majorité à la Bolivie: Indiens domestiqués, Chola de condition moyenne, Indiens chunchos de la région du Beni, types boliviens, deux cholas élégantes, conducteurs de caravanes de lamas, l’auteur en tenue de voyage (p. 50), Indiens boliviens employés dans une raffinerie de nitrate de soude, relais de voyageurs sur les hauts plateaux de la Bolivie, voie ferrée vers Pulacayo, Indienne d’Uyuni, muletiers boliviens, Indiens dansant devant la gare d’Uyuni, ouvriers des mines, concassement du minerai à Oruro, abri dans le massif de Huanchaca, Indiens et Cholos un jour de fête dans les environs de Cochabamba, Indiens de Potosi employés aux mines d’argent, vues de La Paz, Indiens embrigadés pour la récolte du caoutchouc, etc. Quelques-unes concernent le Chili, principalement le port d’Antofagasta: femme du peuple, débardeurs, débarquement du bétail, raffinerie de nitrate de soude. Deux autres montrent les habitants de Calama et la voie ferrée autour du volcan San Pedro. On joint: - Barbier (Emile). Note de l’auteur. Manuscrit dactylographié. S.l., février 1907, 3 pp. in-4 (au sujet d’une controverse avec le géographe Schrader). - Schrader (Frantz). La Bolivie contemporaine. S.l., février 1907, 2 pp. in-4 imprimées (extrait du Tour du Monde, contenant une critique des articles de Barbier). - Menu. Table gauloise. S.l., 7 septembre 1895, 1 p. in-4 imprimée sur bristol illustrée des portraits des participants au repas. Une note au crayon précise: «Le portrait de E. Barbier qui faisait partie du cénacle ci-dessous fut oublié parce que Barbier était en Bolivie au moment où ces portraits furent exécutés». - Clerc (Ch.). Lettre autographe signée à E. Barbier. Paris, 2 février 1904, 2 pp. in-8, en-tête imprimé «Lectures pour tous - Librairie Hachette & Cie». La célèbre maison d’éditions lui demande un article sur le Chili. - Carte de la Bolivie. S.l.n.d., 1 p. in-12 imprimée. - Liste des lecteurs chez Hachette. S.l.n.d., 1⁄2 p. in-12 manuscrite, au verso d’une invitation. Provenance: Emile Barbier. – Envoi autographe signé de l’auteur: «J’ai vécu ce livre. Je le dédie à mes enfants bien aimés Marcel et Simone». – Marcel Barbier, externe des hôpitaux de Paris (carte de visite contrecollée au verso du plat supérieur).

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Journal d'un déporté non jugé, ou déportation en violation des lois décrétée le 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Paris, Firmin Didot frères, 1834. 2 volumes in-8 de (2) ff., xlviij-271 pp. — (2) ff., 312 pp. ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. Député au Conseil des Anciens, Barbé-Marbois fut déporté à Sinnamary en Guyane lors du coup d'état du 4 septembre 1797. Il ne put rentrer en France quen 1800 et, sur les dix-huit députés déportés, neufs décédèrent en Guyane. En 1834, au moment où il publia ses mémoires, Barbé-Marbois était le dernier survivant. On trouve, à la fin du second volume, le récit du Voyage dans l'intérieur du continent de Guyane chez les Indiens Rocouyens, par Claude Tony, mulâtre libre, qui accompagnait le docteur Patris dans ce périple. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur dont le nom du dédicataire a été effacé. Chadenat, 2779. — Sabin, 3308.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BELLON de SAINT-QUENTIN (Jean).

Dissertation sur la traite et le commerce des nègres.

1764. In-12 de (2) ff., 174 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Publié deux après le contrat social dans lequel Rousseau considérait l'esclavage comme illégitime, l'ouvrage du théologien Bellon répond que l'esclavage n'est contraire ni au droit naturel, ni à la loi divine, ni même à l'évangile. Son argumentation est basée sur de nombreux passage de la bible, et notamment sur ce passage de Saint-Paul "Que chacun demeure dans la vocation où il étoit lorsque Dieu l'a appellé", et "esclaves, obeissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, avec crainte, avec respect, dans la simplicité de votre cœur, comme à J. C. même." Bel exemplaire. Ex-libris gravé et armorié du comte Joseph de Mortemart. Quelques piqûres.

BIRKBECK (Morris).

Lettres sur les nouveaux établissements qui se forment dans les parties occidentales des États-Unis d'Amérique.

Paris, L'Huillier, Delaunay, 1819. In-8 de (2) ff., xvj-156 pp.; cartonnage fauve à la Bradel, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rare première édition française de l'ouvrage Letters from Illinois, publiées à Philadelphie en 1818, et illustrée d'une carte gravée dépliante. Issu d'une famille de quakers, l'auteur émigra aux états-Unis en 1817, avec sa famille, et fonda une colonie agricole dans l'état de l'Illinois. Ce recueil de lettres comprend sa correspondance durant sa première année avec des amis ou des futurs colons. Il y donne de très nombreux renseignements pratiques sur sa vie et les conditions de son installation. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Sabin, 5538.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Réfutation complette des accusations portées par MM. Ruste et Corio, députés de la ville de Saint-Pierre, contre M. de Damas.

Paris, G. A. Rochette, 1790. In-4 de 13 pp.; cartonnage de papier marbré pruneà la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Propriétaire foncier de sucreries, officier de la Milice, et député extraordinaire de la Martinique en 1790, l'auteur prit la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait réussi à mettre fin à l'affrontement sanglant opposant des homme de couleurs aux colons. Ces derniers avaient publié leur version des évènements que notre brochure s'attache à dénoncer. Bon exemplaire. Roquincourt, 348. — Sabin, 5850.

BRASSEUR de BOURBOURG (Charles-Etienne, abbé).

Popol Vuh. Le livre sacré et les mythes de l'antiquité américaine, avec les livres héroïques et historiques des Quichés.

Paris, Arthus Bertrand, 1861. In-8 cclxxxix-(1 bl.)-367-(1) pp.; demi-maroquin fauve, dos à nerfs orné de caissons à froid, pièce de titre de maroquin vert, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice lithographié, de 2 cartes gravées, et de quelques illustrations dans l'introduction. Le Popol Vuh est un texte mythologique maya; il fut rédigé en langue quiché et transcrite en caractères latins vers le milieu du XVI° siècle. Charles-Etienne Brasseur, prêtre et missionnaire, est considéré comme l'un des pionniers de l'archéologie et de l'histoire précolombienne. Il a découvert le manuscrit du Popol Vuh au Guatemala lors d'un de ses voyages en Amérique Centrale. Il en publia ici le texte, avec la traduction française en regard, précédé d'une importante dissertation sur les mythes de l'antiquité américaine. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur le faux-titre Yves Delamarre-Debouteville. Annotations manuscrites au crayon dans les marges. Leclerc, I, 203. — Sabin, 7436.

BRESSANI (Francesco Giuseppe).

Relation abrégée de quelques missions des pères de la compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France.

Montréal, des presses à vapeur de John Lovell, 1852. In-8 de 336-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'italien par le père Félix Martin. Elle est illustrée d'un frontispice, d'une grande carte dépliante de la Nouvelle-France levée par l'auteur, de 2 autres cartes dont 1 dépliante et l'autre dans le texte, de 8 planches dont une dépliante, et des illustrations dans le texte dont 2 à pleine page. Publié en italien en 1653, cette relation n'avait jamais été traduite en français avant 1852, malgré son intérêt. C'est la première synthèse sur les missions en italien et plus particulièrement chez les Hurons. Missionnaire jésuite en Nouvelle-France de 1642 à 1650, l'auteur fut chargé d'une mission auprès des Hurons mais fut capturé par les Iroquois près de Trois-Rivière, torturé puis vendu comme esclaves aux Hollandais. Après un bref voyage en Europe, il retourna au Canada et œuvra pour la paix entre Hurons et Iroquois. Bon exemplaire donné en prix par le collège des Jésuites de Vannes, avec le fer doré de l'école sur les plats et une vignette d'attribution datée de 1867. Mallet, 127. — Sabin, 7735. — Sommervogel, II, 133.

BRULLEY (Augustin-Jean).

Résultats de la révolution quant au commerce, à la marine et aux colonies. Aperçu de leur influence sur les forces et la prospérité de la France.

Paris, imprimerie de Laurens aîné, 1791. In-8 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Texte adressé à la Commission des Onzes, chargée par la Convention Nationale de la rédaction des loix constitutionnelles. Commissaire de Saint-Domingue, l'auteur constate que le commerce colonial "est nul actuellement", or, "c'est du plus ou moins de prospérité de ce commerce que dépend le degré de puissance de la France" (pages 10 et 11). Il demande donc, pour rétablir la prospérité de Saint-Domingue, que les colons, qui n'ont pas de députés à la Constituante, puissent prendre part à la rédaction des lois les concernant. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

CANADA. — RICARD (René).

[Aurore boréale].

Vers 1865. Dessin original signé. (12,3 x 17,2 cm).

Vue d’une aurore boréale, probablement au large de Terre-Neuve. Le dessin a été réalisé au lavis gris et à la mine de plomb, avec des rehauts de gouache blanche. Il est signé «R Ricard» suivi d’une ancre de marine dans l’angle inférieur gauche. On y voit une baie entourée de hautes falaises au relief très découpé, avec, au premier plan une petite embarcation de pêcheur et un personnage à bord. A l’arrière-plan on aperçoit un navire au mouillage. Le ciel nocturne est occupé par une grande aurore boréale qui s’étend sur toute la partie supérieure du dessin. Né en 1846 à Beauvais (Oise), Anselme René Marie Stanislas Ricard entra à l’Ecole navale en 1863. Il fut d’abord élève sur le Borda, avant d’embarquer comme aspirant sur le vaisseau-école d’application le Jean-Bart (1865-1866). Il effectua alors une longue croisière qui la mena au Sénégal, au Brésil, aux Antilles, aux Etats-Unis puis au Canada (Nouvelle-Ecosse, île du Cap-Breton, Terre-Neuve). Il passa ensuite par Saint-Pierre-et-Miquelon avant de rentrer en France. Devenu enseigne de vaisseau en 1868, il fut affecté au port de Toulon puis devint, en 1879, lieutenant de vaisseau de réserve. Il mourut à Bessancourt (Val d’Oise) en 1932. Ricard est l’auteur d’un album de dessins, actuellement conservé à la Bibliothèque municipale de Brest, qu’il réalisa en 1864 lorsqu’il était élève sur le Borda. Le présent dessin a probablement été exécuté vers la fin de son voyage à bord du Jean-Bart, lorsqu’il se trouvait au large des côtes canadiennes. Non mentionné dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CHAVANNES de LA GIRAUDIÈRE (L.).

L'Amérique délivrée, esquisse d'un poëme sur l'Indépendance de l'Amérique.

Amsterdam, J. A. Crajenschot, 1783. 2 tomes en un volume in-8 de xxiv-292 pp., (1) f., pp. 291 à 726 ; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première et seule édition, rare, comprenant deux titre gravés avec un médaillon de Binet. Long poème épique sur la guerre d'indépendance des États-Unis, accompagné de nombreuses et longues notes historiques. Bel exemplaire. Le feuillet d'errata n'a pas été relié. Habiles restaurations, pièce de titre refaite. Sabin, 1290.

CHÉRET (Jules).

La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876. - Liberty enlightning the World. Centennial anniversary of United States Independance. French-American Union. 1776-1876.

Paris, Sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de pierres lithographiques, entre 1875 et 1876. Lithographie originale (68,5 x 47,8 cm).

Exceptionnelle estampe, de toute rareté, figurant La Liberté éclairant le Monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté, à l'entrée du port de New York. Elle a été lithographiée en deux tons et imprimée par Jules Chéret à Paris, sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de Pierres Lithographiques, située à Paris. En bas à droite de l'estampe figure la mention Bartholdi scup.t, pour Bartholdi, sculpteur du monument. Cette estampe, lithographiée et imprimée entre 1875 et 1876, est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté, quelques années avant qu'elle ne soit construite, érigée et inaugurée en 1886 sur Bedloe's Island (renommée Liberty Island en 1956), face à Long Island, là où débuta la Guerre d'Indépendance le 27 août 1776. Autour du piédestal de la statue, construit par les Américains sur les fondations du Fort Wood, ancien fort reconnaissable à son plan en étoile à 11 branches, construit entre 1806 et 1811, on aperçoit quelques promeneurs et des pêcheurs. Cette vue plongeante nous offre au second plan un large panorama de la ville, avec Manhattan, le fleuve Hudson, l'East River et le quartier de Brooklyn. Le pont de Brooklyn n'est pas visible puisqu'il sera inauguré en 1883. Le port de New York est animé de voiliers et de bateaux à vapeur. Sur la droite, on aperçoit également la pointe de l'île de Governors Island, avec la fortification de Castle Williams . Né le 2 août 1834 dans une famille de notables de Colmar (Haut-Rhin), Frédéric Auguste Bartholdi présenta très tôt des aptitudes certaines pour les arts. Après avoir essayé la peinture et la photographie, c'est vers la sculpture qu'il se tourne, essentiellement monumentale. Après un voyage initiatique en Orient, il travaille sur sa première commande, une statue du Général Rapp, haut personnage de l'Alsace ; inaugurée en 1856 à Colmar, elle contribuera grandement à le faire connaître. Patriote et républicain, Bartholdi est profondément révolté par l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse en 1870, suite à la défaite de Sedan. Pour rendre hommage aux belfortains qui ont bravement affronté un terrible siège au cours du conflit, il sculpte le monumental Lion de Belfort en 1879, dont une réplique trône aujourd'hui place Denfert-Rochereau à Paris (Bartholdi, les Bâtisseurs de la Liberté. Exposition de photographies (1876-1886) . Musée des Arts et Métiers, 2004-2005). En 1871, Édouard Lefebvre de Laboulaye, président du Comité de l'Union Franco-Américaine, souhaite sceller l'amitié entre la France et les États-Unis, et demande à Bartholdi de réaliser un monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis (1776-1876) qui sera offert par la France aux États-Unis. La construction de la statue débute en 1875 dans les ateliers Monduit et Bechet, situés à Paris. Le sculpteur élabore un premier modèle de son oeuvre, d'une taille de 2,11 mètres, à partir duquel les ouvriers opèrent un découpage méthodique des différentes parties de la statue. L'architecte Eugène Viollet-Le-Duc, puis l'ingénieur Gustave Eiffel, participeront au projet. L'installation de la structure métallique et l'assemblage de l'enveloppe de la statue ont lieu en 1886 à New York. À leur arrivée le 25 octobre 1886, les membres de la délégation française entourant Auguste Bartholdi, découvrent, du pont du paquebot Bretagne , une oeuvre monumentale de 93 mètres. La statue sera inaugurée le 28 octobre. La Liberté éclairant le monde connut d'emblée un immense succès. Elle restera l'oeuvre majeure du sculpteur Bartholdi, à laquelle il aura consacré quinze années de sa vie. Jules Chéret (1836-1932) est l'affichiste majeur de la Belle Époque. En 1866, il ouvre à Paris une imprimerie qui est la première à proposer des affiches illustrées lithographiées en couleurs. Il répond à la forte demande publicitaire liée à l'apparition de nouveaux produits, à l'évolution des modes de vente et au développement intense de l'industrie du spectacle. Il a ainsi joué un rôle décisif dans l'avènement de la publicité commerciale et culturelle. Inventeur de l’affiche en couleurs et de l'affiche illustrée publicitaire en France, surnommé par ses contemporains « le roi de l’affiche », sa production d’affiches pour les spectacles et la publicité entre le Second Empire et 1900 est considérable. Il a réalisé plus de 1 400 affiches qui ont accompagné l'entrée de la France dans la vie moderne. Parallèlement à sa carrière d'affichiste, il consacra la seconde partie de sa vie à la peinture décorative, et réalisa des oeuvres pour ses mécènes mais aussi pour l'Hôtel de Ville de Paris, le musée Grévin, ou encore la préfecture de Nice (Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor . Les Arts Décoratifs, Paris, 2010). Cette estampe, d'une extrême rareté, est absente des collections publiques, françaises comme américaines . Elle manque également à toutes les bibliographies consacrées à Jules Chéret : Maindron, Les Affiches Illustrées (1886-1895) , Paris, 1896 ; Beraldi, Les graveurs du XIXe siècle. Guide de l'amateur d'estampes modernes , 1886, Tome IV ; Broido, The Posters of Jules Chéret , Toronto, 1980 ; et enfin la plus récente, Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor. Les Arts Décoratifs , Paris, 2010. Cette dernière bibliographie est la plus complète de toutes. Elle recense les 1430 affiches de Jules Chéret, avec une illustration pour chaque affiche. Elle mentionne une planche intitulée La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876 , mais celle-ci est plus petite que notre affiche (59 x 46 cm). C'est l'une des rares à ne pas être illustrée, car l'auteur de la bibliographie n'a pas été en mesure de la localiser. Notre vue est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté. On retrouve cette illustration sur l'affiche publicitaire de Jules Chéret annonçant le diorama représentant le monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique, présenté au Palais de l'Industrie sur les Champs-Élysées. Ce diorama avait été réalisé dans le cadre d'une campagne de promotion lancée, dès 1875, par le Comité de l'Union Franco-Américaine, afin de lever des fonds. Le diorama fut présenté une première fois en août 1877 au Palais de l'Industrie (journal quotidien Le Rappel du 28 août 1877), puis une seconde fois aux Tuileries en 1878 (journal quotidien Le Rappel du 3 avril 1878). Un exemplaire de cette affiche publicitaire se trouve au Musée Bartholdi à Colmar ; le musée lui attribue la date de 1874 ; mais si l'on s'en tient à l'article du quotidien Le Rappel , cette date est erronée. Un autre exemplaire de cette affiche annonçant le diorama se trouve à la Bibliothèque Nationale de France , qui la date de 1876, mais la date est ici également erronée. On peut donc penser que notre affiche a été réalisée avant celle annonçant le diorama, plus précisément entre 1875, date de lancement de la campagne pour la levée des fonds, et 1876, date du centenaire. Exemplaire en très bonne condition. Deux petites restaurations anciennes dans les marges gauche et droite, très légères cassures dans la partie haute de l'estampe, petites taches claires au bas du titre anglais.

CLAUSSON (L. J.).

Précis historique de la révolution de Saint-Domingue. Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., xij-155 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge, tranches jaunes (reliure moderne).

Première édition. Ouvrage publié pour répondre à plusieurs articles et ouvrages sur Saint-Domingue, dont celui du général Pamphile de Lacroix, Mémoire pour servir à l'histoire de la révolution de Saint-Domingue, publié en 1819. Daprès l'auteur, le général Lacroix, qui fit parti de l'expédition de Saint-Domingue, "avec les meilleurs intentions, s'est écarté de la vérité". C'est pourquoi il présente sa version des évènements, lui qui se déclare propriétaire et ancien magistrat au Port-au-Prince, avoir été "à Saint-Domingue six ans avant les premiers troubles qui ont éclaté dans cette colonie" (page vij), et "aussi dans la dernière expédition du général Leclerc", "témoin de toutes les horreurs et de tous les crimes qui l'ont accompagnée". Bon exemplaire. Leclerc, I, 341. — Max Bissainthe, 5134. — Sabin, 13511.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Apperçu sur la constitution de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 6 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur explique que Saint-Domingue n'est ni une colonie (car elle n'a pas été formée par une émigration venue de France mais est peuplée de divers peuple) ni une province (car trop éloignée de la métropole). En conséquence, elle ne peut pas être régie par la constitution française. "À ce titre, elle doit donc avoir une constitution mixte composée de la constitution de la France […] et d'une constitution particulière". Il termine en déclarant que les députés de Saint-Domingue demandent la fin du monopole des négociants des ports de mer, l'amélioration du sort des Noirs, "la liberté de tous les Nègres résidens en France, tant qu'ils y resteront", et qu'ils "consentiront encore à l'abolition de la traite des Noirs, faite par les négocians français, si c'est le vœu de l'Assemblée Nationale". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5147. — Sabin, 14048.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

CREUZÉ (Michel-Pascal).

Conspiration contre la République.

Paris, imprimerie de Bécquart, an III [1794]. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Député de la Vienne, l'auteur remet en cause l'action des commissaires civils à Saint-Domingue, Ailhaud, Polverel et Sonthonax, envoyés sur l'île pour y faire appliquer la loi du 4 avril 1792 qui accordait l'égalité des droits à tous les libres de couleurs. Mais, face à l'opposition des colons, ils promirent la liberté à tous les esclaves qui soutiendraient la République, en contradiction avec la loi qu'ils étaient venu faire appliquer. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5282. — Inconnu de Monglond et Sabin.

DAUMESNIL, marquis d'Aussigné (Bernard-Louis).

Adresse à messieurs les habitants du Petit-Goave.

Au Cap, 1789. 1 feuillet in-8 de 2 pp.

Rare adresse dans laquelle son auteur, propriétaire de sucrerie et caféteries, et capitaine de milice au Cap, invite à convoquer une assemblée coloniale qui sera chargée de la rédaction du cahiers de doléance. Il demande qu'y soit proposé que l'Assemblée Nationale ne pourra pas statuer sur les lois locales de Saint-Domingue, tout comme les députés de cette dernière à cette même assemblée ne pouront s'occuper des "questions d'intérêt général de la France". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Roquincourt, et de Sabin.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DU PONCEAU (Pierre-Étienne).

Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l'Amérique du nord.

Paris, Gide, Dentu, 1838. In-8 de xvj-464 pp.; demi-chagrin vert, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Première édition. L'auteur se rendit en Amérique en 1777, comme secrétaire de Friedrich Wilhelm von Steuben, qui avait combattu durant la guerre d'Indépendance des États-Unis aux côtés de George Washington. Il se tourna ensuite vers le droit, et devint un spécialiste des langues amérindiennes. Son ouvrage contient notamment un vocabulaire comparatif des langues algonquines et iroquoises, un vocabulaire comparatif et raisonné des langues de la famille algonquine et un rapport sur le caractère général et les formes grammaticales des langues américaines. Bon exemplaire. Rousseurs. Leclerc, I, 485. — Sabin, 21383.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DUVIVIER (Charles Pierre).

Journal de campagne à bord du croiseur d’application«Jeanne d’Arc» commandé par M. le capitaine de vaisseau Stolz.

1922-1923. Manuscrit autographe signé, in-4 (25 x 19,2 cm) de (1) f. de titre et (175) pp.; demi-toile marron, dos muet, étiquette manuscrite «Duvivier» sur le plat supérieur.

Relation d’un voyage aux Antilles, à la Nouvelle-Orléans, à Dakar et en Méditerranée. Il est illustré d’une trentaine de dessins exécutés à l’encre représentant des paysages, des vues de côtes, des scènes diverses et des portraits de marins ou de civils. Ce journal personnel, écrit dans un style très vivant et parfois humoristique, débute le 15 octobre 1922. L’enseigne de vaisseau Duvivier attend avec impatience le départ du navire-école qui doit l’emmener, dans un premier temps, aux Antilles. Trois jours plus tard, la Jeanne d’Arc appareille. Les premières étapes sont Lisbonne, Madère et Saint-Vincent du Cap Vert; puis a lieu la cérémonie du passage de la Ligne. L’escale suivante est Trinidad, dans les Caraïbes. Les jeunes officiers sont très bien accueillis; ils se rendent dans des clubs, sont invités à une soirée et effectuent des promenades à travers l’île, où ils admirent la nature sauvage. Ils arrivent ensuite à la Martinique, où de jeunes Martiniquaises appelées « doudous» montent à bord pour leur vendre des fruits tropicaux, des cigarettes, des sorbets, etc. Descendus à terre, les «midships» visitent le jardin botanique de Balata, près de Fort-de-France. Invité à dîner avec l’un de ses camarades, Duvivier annonce avoir dégusté un «délicieux repas créole» et garde un excellent souvenir de cette soirée. Puis la Jeanne d’Arc se rend à Kingston (Jamaïque) où il constate «un nombre considérable de boutiques chinoises, où l’on vend de tout sauf des articles chinois». Il ajoute: «Les petites vendeuses chinoises sont jolies et débitent avec une grâce inimaginable des portefeuilles en simili cuir de Russie et des éventails japonais fabriqués en série à Nuremberg». Après une soirée au Constant Spring Hotel, l’équipage remonte à bord du navire qui doit faire route vers les Etats-Unis. A la Nouvelle-Orléans, l’équipage est accueilli par le Père Giraud et ses fidèles qui brandissent des drapeaux français. Pensant découvrir une ville pittoresque, Duvivier est déçu en y rencontrant de hauts édifices, des monuments surmontés de coupoles blanches, un fleuve encombré de bâtiments de toutes sortes, des docks et des usines qui émettent des fumées toujours plus denses. En affirmant que «les Américains ne savent pas manger», il évoque la prohibition tout en précisant qu’il «est possible de se procurer de l’alcool en y mettant le prix». Dans un cinéma, il constate que les «colored» sont «parqués au second étage», tandis que l’assistance blanche trépigne sur place en regardant le film. Le navire-école d’application se rend ensuite à La Havane, où «flotte une odeur indéfinissable de cigare et de cuir grillé». Duvivier ajoute: «Sur le Prado, défilé incessant d’autos étourdissantes, mobiles témoignages de fortunes scandaleuses acquises dans le commerce des cannes[…]. Ici, la question des couleurs ne peut se poser, tous les Havanais ont du sang noir dans les veines et chez eux le préjugé des couleurs n’existe pas…». Il note que la presse diffuse une propagande antifrançaise, apparemment liée à l’actualité (occupation de la Ruhr). Puis il effectue une visite de l’intérieur de Cuba: champs de canne à sucre, villages, haciendas, etc. Après avoir quitté La Havane, le navire fait escale à Porto Rico. L’accueil est enthousiaste à San Juan: «Une musique militaire juchée sur une falaise joue des marches entraînantes et la population massée sur la rive nous salue joyeusement […]. La colonie française de Porto Rico, très active et fortement groupée autour du consul organisa en notre honneur toute une série de réceptions: bals, dîners et promenades…». Duvivier constate que l’influence française est considérable, et que les journaux sont francophiles en majeure partie. Puis il visite une habitation dans les environs de San Juan. Les étapes suivantes sont la Guadeloupe, les Saintes et la Martinique; puis la Jeanne d’Arc effectue la traversée de Fort-de-France à Dakar, où l’arrivée a lieu en mars 1923. Le jeune officier donne ses impressions sur la ville: quais, bâtiments, cafés, habitants, colporteurs chinois, etc. Avant de quitter Dakar, il assiste à une grande réception donnée par le gouverneur. Le navire rentre ensuite en France et passe par Monaco, avant d’effectuer une croisière en Méditerranée: Corse (Ajaccio), Malte (La Valette), Beyrouth, Tripoli, Latakieh, Alexandrette, Port Saïd, Ismaïlia, Bizerte et Alger. Le journal s’achève le 7 juillet 1923. Les dernières pages contiennent des notes diverses ainsi que des portraits de marins ou d’officiers. Charles Pierre Duvivier (1901-1996) entra dans la Marine en 1920. Enseigne de vaisseau de 2e classe en 1922, puis de 1ère classe en 1924, il devint lieutenant de vaisseau en 1929. Nommé au Service mobilisateur des bâtiments de commerce (SMBC) à Lorient en 1930, il fut affecté au port de Cherbourg en 1937 et promu capitaine de corvette. En 1941, il deviendra directeur de la Radiodiffusion nationale et adjoint au secrétaire général à l’Information et à la Propagande. En 1953, il ne figurera pas dans les effectifs de la Marine. Chevalier de la Légion d’honneur, Duvivier était breveté canonnier (source: ecole.nav.traditions.free.fr). On joint une lettre dactylographiée, signée Thompson, adressée à Duvivier (Nouvelle-Orléans, 2 janvier 1923, 1 p. in-4, en anglais). Plats frottés, coins usés, mais bon état intérieur.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.