19 résultats

Les Abyssiniennes et les femmes du Soudan oriental d'après les relations de Bruce, Browne, Cailliaud, Gobat, Dr Cuny, Lejean, Baker, &c...

Turin, Jean Gay, 1876. In-8 de 126 pp. ; broché, couverture imprimée saumon.

Recueil d'anecdotes sur les mœurs et coutumes des femmes d'Ethiopie, extraites des relations de voyage de différents auteurs qui voyagèrent en Éthiopie et au Soudan. Tirage à 400 exemplaires. Un des 50 sur papier vélin de fil à la forme (n°72). Bel exemplaire conservé dans brochure d'origine. Légères rousseurs.

L'Égypte de Murtadi fils du Gaphiphe, où il est traité des pyramides, du débordement du Nil, & des autres merveilles de cette province, selon les opinions & traditions des Arabes.

Paris, Thomas Jolly, 1666. Petit in-12 de (28) ff., 304 pp.; veau moucheté, dos à nerfs orné, coupes ornées (reliure de l'époque).

Première édition française, et seule édition ancienne, traduite de l'arabe par Pierre Vattier. Médecin, Pierre Vattier s'intéressa aux ouvrages d'Avicenne et étudia l'arabe, au point qu'en 1658, il fut nommé professeur d'arabe au Collège de France. Il publia de nombreuses traduction de texte arabe, dont celle-ci d'après un manuscrit arabe conservé dans la bibliothèque du cardinal Mazarin. Son auteur, Murtadá ibn Hatim ibn al-Musallam Ibn al-ʿAfīf (1154-1237), était un juriste égyptien qui avait recueilli toutes sortes de traditions sur les merveilles de son pays, parmi lesquelles les plus connues sont les crues du Nil et les pyramides. Bel exemplaire. Boucher de La Richardie, IV, 343. — Brunet, VI, 28352. — Gay, 2165. — Ibrahim-Hilmy, II, 54.

Précis pour la Compagnie du Sénégal.

S.l., 1790. In-4 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré rouge, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Mémoire rédigé, au nom de la Compagnie du Sénégal, par son administrateur-directeur, M. Fraisse dans lequel il dresse un bilan des opérations de commerce et des divers traités avec le gouvernement. Il y demande le renouvellement de la concession exclusive qu'à la compagnie pour le commerce avec le Sénégal, arguant que "le privilège de la compagnie est un titre de propriété sacré qu'on ne peut anéantir sans une indemnité proportionnée". Bon exemplaire. Roquincourt, 4118.

ALGERIE.

La danse des nègres (Alger).

Vers 1860. Dessin original rehaussé de couleurs, légendé au crayon (23 x 15 cm).

Très beau dessin en couleurs représentant un défilé, probablement en l'honneur de la venue de l'empereur Napoléon III à Alger. On y voit une foule amassée sous des arcades ou le long de la rue (dignitaires, spahis à cheval, grenadiers), un groupe de musiciens et des nègres en train de danser. L'un d'eux porte notamment un drapeau français accroché à son chapeau. Le 17 septembre 1860 au matin, Napoléon III fut le premier chef d'État français à débarquer à Alger. Il avait un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s'étendrait d'Alger à Bagdad, sous la protection de la France. Un royaume où régnerait l'égalité entre indigènes et Européens. De retour en France, il supprima le ministère de l’Algérie et des Colonies dont les fonctionnaires civils brimaient les indigènes au profit des colons, et envoya à Alger un gouverneur militaire. Bon état de conservation.

ALGERIE.

Livret de transporté.

1852. 16,3 x 10,7 cm; broché, couverture blanche muette

Livret de Prosper Durand, né en 1823 à Ancône, dans la Drôme, et condamné à la déportation en Algérie à la colonie de Saint-André-de-Mascara. Le livret, daté du 9 juin 1852, comprend 4 page pour l'état civil, 6 pages du règlement sur le régime des transportés, et 14 pages de compte (dont 3 seulement utilisées), détaillant les comptes des dépenses en habillement. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, élu au suffrage universel, fit un coup d’Etat pour conserver le pouvoir et, bientôt après, faire proclamer l’Empire. Contre cette violation éclatante de la Constitution, une résistance républicaine se produisit, mais elle fut vaincue. Le pouvoir se débarrassa alors de ses adversaires. Près de 27000 personnes furent arrêtées. Sur simple décision administrative, 19500 surent condamnées à des peines diverses, dont 9820 à la « transportation » à Cayenne ou en Algérie. Livret manié, trace de pliure longitudinale, coins écornés, couverture tachée.

BRIGNON (Pierre).

Rôle du croiseur cuirassé «Pothuau» pendant la guerre. Mémoires. Manuscrit autographe.

S.l., 1914-1915. In-4 de (1) f. de titre, (104) pp. et 10 ff. restés vierges; toile grise, dos muet, plat supérieur orné d’un motif imprimé (reliure de l’époque).

Une campagne au Cameroun et au Gabon pendant la Première Guerre mondiale. Pierre Brignon était matelot-mécanicien à bord de l’Amiral Pothuau, un croiseur cuirassé de la marine française construit à partir de 1893 et mis en service en 1897; ce navire faisait partie de l’escadre de la Méditerranée basée à Toulon. Ecrit sur un cahier d’écolier, d’une écriture régulière et très lisible, avec quelques passages à l’encre rouge, le récit couvre la période du 24 octobre 1914 (appareillage de Toulon) au 18 juillet 1915 (golfe de Gascogne). Après avoir quitté Toulon, le croiseur passe le détroit de Gibraltar le 26 octobre 1914 (le détroit étant miné, il est conduit par des torpilleurs anglais), puis arrive à Dakar le 1er novembre(visites à bord, approvisionnement en charbon et en vivres). Le départ a lieu le 3: le navire fait route avec le vapeur Saint-Simon dans des conditions difficiles (il fait 36° dans les batteries et 55° dans la chaufferie). Le 5 novembre, il mouille devant Conakry (Guinée) et reçoit un ravitaillement en eau douce. Le lendemain, l’équipage capture un requin puis Brignon répare un barbotin qui sert à actionner le monte-charge de la tourelle avant. Le 14 novembre, l’Amiral Pothuau arrive au large du Cameroun (colonie allemande de 1884 à 1916). Piloté par un navire français, le Bruix, il pénètre, avec le Saint-Simon, dans la rivière Cameroun (l’estuaire du Wouri à Douala). Quelques bâtiments anglais sont aperçus. Puis le Bruix part bombarder Victoria (actuellement Limbé), au pied du mont Cameroun. Les journées suivantes se passent au mouillage dans l’estuaire où a lieu le ravitaillement en charbon. Le 20 novembre, une canonnière amène à bord 6 prisonniers allemands; le même jour, le croiseur appareille pour le Gabon. Puis il arrive à Libreville (Gabon) le 21 novembre; le surlendemain, Brignon effectue une longue visite à terre au cours de laquelle il rencontre des habitants qui lui font bon accueil. Le 25, les prisonniers allemands sont débarqués. Au mouillage, des habitants viennent en pirogues pour vendre des fruits. Le 27, le navire appareille pour se rendre à Banana (Congo), à l’embouchure du fleuve Congo, où l’arrivée a lieu le 29. Le même jour, il pénètre dans le fleuve qui sépare le Congo français du Congo belge. Quelques personnalités embarquent sur le croiseur qui retourne mouiller devant Banana. Le lendemain, des coloniaux et des tirailleurs sénégalais montent à bord pour se rendre au cap Lopez (Gabon). Le 1er décembre, l’Amiral Pothuau quitte Banana à destination de Libreville, emmenant le gouverneur général de l’Afrique occidentale française. Brignon décrit la fête de la ligne qui a lieu le même jour. Le lendemain, les passagers sont débarqués au cap Lopez et le navire arrive à Libreville où le gouverneur descend. Le récit contient la retranscription d’une circulaire du gouverneur général de l’Afrique équatoriale française du 25 septembre 1914 annonçant la prise de Cocobeach (Gabon), chef-lieu du territoire allemand du Muni, par l’action combinée de la canonnière Surprise et d’un détachement français. Le croiseur reste à Libreville jusqu’au 22 décembre, date du départ pour Kribi (Cameroun) où l’arrivée a lieu le 23. Dans cette localité, les habitants, très pauvres, demandent de la nourriture aux marins. Le 24, un espion indigène allemand est fusillé. Un nouveau séjour dans la rivière Cameroun a lieu du 26 décembre 1914 au 12 janvier 1915. Brignon effectue de nombreux travaux d’entretien et de réparation, mais doit supporter les reproches continuels de son supérieur hiérarchique. Le navire se rend ensuite à Kribi, du 13 au 16 janvier, puis à Victoria (Limbé, Cameroun) les 17 et 18. Le 19, il retourne à son mouillage dans la rivière Cameroun, avant de retourner à Libreville (Gabon) le 28 janvier. Le navire effectue ensuite plusieurs allers et retours entre le Gabon et le Cameroun, puis effectue son voyage de retour à partir du 18 juin. Les principales étapes sont Cap Saint-Paul (Togo), Monrovia (Liberia), Dakar (Sénégal) et Funchal (Madère); le journal s’arrête le 18 juillet 1915 lorsque l’Amiral Pothuau se trouve dans le golfe de Gascogne. Brignon conclut: «Et c’est un miracle que je retourne en France en bonne santé. Ce que j’ai eu à souffrir le plus c’est l’ennui, rester de longs jours sans nouvelles de la famille […]. Enfin je reprends courage et je suis content d’avoir vu des choses, que jamais de ma vie j’aurai vu. Le Gabon est un pays plat, boisé, malsain, assez intéressant, mais je préfère le Cameroun, colonie magnifique et productive…» (18 juin 1915). Le récit est accompagné de la retranscription d’une lettre reçue par l’un de ses amis, Marcel Le Scaon, relatant le naufrage du Mousquet, un contre-torpilleur français coulé par le croiseur allemand Emden au large de Poulo Penang (Malaisie) le 28 octobre 1914. Précieux témoignage, inédit, riche en détails sur la vie à bord d’un cuirassé français. Un feuillet détaché, salissures et taches d’encre sur les plats. Bon état intérieur. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. II, p. 37.

CARPENTIER (P.).

Alger, M. le duc de Rovigo et M. Pichon, en mars et avril 1832. Essai politique.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de (4) ff., 48 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

L'auteur séjournait à Alger au moment où Savary, duc de Rovigo, était commandant en chef des troupes françaises en Algérie. Ce dernier avait des difficultés avec M. Pichon, intendant civil, avec qui il devait partager le pouvoir. Dans cet ouvrage, l'auteur prend le parti du duc de Rovigo malgré ses méthodes décriées. On trouve à la suite une description d'Alger et des conseils et renseignemens indispensables aux personnes qui vont s'y établir. Bon exemplaire. Playfair, 489. — Tailliart, 2305.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

[LA REUNION] — COSTE (Etienne).

La Houille blanche à la Réunion. Rapport au sujet de l’utilisation des chutes d’eau de la Colonie au point de vue de l’électrification du C.P.R. et des autres usages possibles de l’énergie électrique.

S.l. [Saint-Denis], janvier-février 1921. Tapuscrit signé, petit in-folio (31 x 21 cm) de (1) f. et 80 pp. dactylographiées (ch. 1-37, 39-76, 78-82, sans manque); demi-toile noire, dos muet, étiquette sur le plat supérieur.

La production d’énergie hydraulique à la Réunion. Ingénieur des Ponts et Chaussées, Etienne Coste fut directeur du Chemin de fer et Port de la Réunion (C.P.R.) de 1920 à 1925. Dans ce mémoire, il propose, à partir d’une étude approfondie des cours d’eau et de la pluviométrie, d’installer des usines hydroélectriques sur les principales rivières de l’île (en particulier sur la rivière des Roches et la rivière Saint-Etienne), puis d’électrifier le chemin de fer ainsi que le port de la Réunion. Ce travail est divisé en 6 chapitres: I. Orographie, géologie, hydrographie et pluviométrie de l’île (pp. 3-29). - II. Rivières susceptibles d’être captées pour la production de l’énergie électrique (pp. 30-51). - III. Consommation de charbon par le chemin de fer et risques d’incendie des champs de canne à sucre qui bordent la ligne (pp. 52-55). - IV. Avantages à remplacer le charbon par l’électricité (pp. 56-59). - V. Frais d’établissement et prix de revient du kilowatt an et du kilowatt heure. Construction de l’usine centrale de la rivière des Roches. Transport de la force et électrification du C.P.R. Etablissement de l’usine centrale sur la rivière Saint-Etienne. Ligne reliant les deux centrales. Dépenses de premier établissement. Renouvellement de la voie de Saint-Paul à Saint-Pierre. Prix de revient du kilowatt an et du kilowatt heure pour chacune des usines. - VI. Etude de l’électrification au point de vue financier. L’illustration comprend 6 graphiques hors texte et 6 photographies in texte contrecollées. Les photographies, non signées, représentent la rivière des Roches (bassin la Mer d’après le croquis de l’auteur, bassin la Mer en crue, bassin d’Argent en crue, bassin la Paix en crue), et la rivière Saint-Etienne (2 vues). Les graphiques, tirés sur fond bleu, sont les suivants: Schéma théorique du thalweg des rivières à la Réunion. - Graphique indiquant le nombre de jours dans l’année pendant lesquels le vent souffle de diverses directions. - Schéma théorique des sources à la Réunion (coupe). - Rivière des Roches (avec l’usine desservie par un canal). - Altitude du canal de fuite de l’usine Pradel. - Altitude des principales villes entre Saint-Benoît et Saint-Pierre. Extrait: «La rivière des Roches près St-Benoît (île de la Réunion) est formée par les eaux permanentes du plateau de Bélouve (partie est et sud) et par celles d’un grand cirque qui s’étend de la Rivière du Mât à la Rivière des Marsouins. Son bassin d’alimentation est très important, ses pentes et hauts plateaux très boisés, sa situation géographique à l’ESE de l’île où règnent les vents généraux, lui assure en toute saison un débit minimum d’environ 2000 litres à la seconde et en font un des cours d’eau les plus importants de la région […]. L’utilisation industrielle de cette force hydraulique peut à mon avis être entreprise dans de bonnes conditions. Une dérivation de cette rivière au-dessus des rapides permettrait d’obtenir une chute d’environ 80 mètres et avec un débit de 2000 litres à la seconde, en basses eaux nous aurions une force de 1600 chevaux sur l’arbre des turbines. J’estime à environ 6 à 700000 francs la somme qui serait à dépenser pour avoir une station centrale d’électricité pouvant alimenter le chemin de fer et le port (600 chevaux), les usines à sucre et tapioca de la région de St-Benoît et de St-André (environ 700 chevaux) et éclairer les villages et les propriétés particulières de 6 heures du soir à 6 heures du matin…» (pp. 31-32). Exploité entre 1882 et 1976, le chemin de fer de la Réunion empruntait la côte pour relier Saint-Benoît à Saint-Pierre, en passant par Saint-Denis et Saint-Paul. Il devait permettre un acheminement plus rapide des marchandises vers un port en eau profonde (Le Port, situé à la Pointe des Galets), destiné à accueillir les nouveaux bateaux à vapeur qui devaient passer par le canal de Suez. Sur une page de garde, envoi autographe signé: «A Monsieur le Docteur Auber, sénateur de la Réunion. Hommage de l’auteur. Saint-Denis le 11 mai 1921». Il s’agit de Joseph Pierre Jules Auber (1867-1928), docteur en médecine et homme politique, ancien directeur du service de santé et d’hygiène de la Réunion. Plats de la reliure frottés, coins usés. Ryckebusch, Inventaire des ouvrages concernant l’île Bourbon, 2082 et 2083 (pour une étude similaire publiée en 1925).

[MADAGASCAR] — TRANCHANT de LUNEL (Maurice).

Madagascar.

Paris, L'Agence de la France d'Outre-Mer, 1952. Lithographie originale en couleurs (66,5 x 103 cm).

Superbe et très grande affiche publicitaire de l'île de Madagascar, dessinée par Maurice Tranchant et publiée par L'Agence de la France d'Outre Mer. Dans le style des portulans anciens, la carte est décorée d'un titre inscrit sur une bannière, d'une rose des vents et d'un cartouche contenant une description de l'île, et illustré de personnages, de produits locaux et d'un portrait du maréchal Gallieni. Militaire et administrateur colonial français, ce dernier contribua à l'expansion de l'empire colonial français en Afrique, et notamment à Madagascar, à la fin du XIXe siècle. L'île est décorée de nombreuses vignettes figurant les productions de ses terres, ainsi que la faune et la flore. Les villes et les montagnes principales sont nommées. Maurice Tranchant de Lunel (1869-1944) était un artiste peintre, architecte et illustrateur français. En 1912, il fut nommé directeur du Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques du protectorat du Maroc par Lyautey. Il fut aussi le concepteur de la Grande Mosquée de Paris. Bel exemplaire, non entoilé. Pliures.

[MOZAMBIQUE]. — SAINT FRANCOIS-XAVIER.

Bénédiction d'un africain.

XVIII° siècle. Peinture originale sur toile montée sur chassis (58 x 47).

Saint François Xavier (1506-1552) était un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'«Apôtre des Indes». Béatifié en 1619, il fut canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. En 1541, il embarqua pour Goa alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, et fit notamment une longue escale au Mozambique en attendant des vents favorables pour repartir. Il visita notamment le Mozambique, l'Archipel des Comores, Ceylan, Malacca, les îles Moluques, le Japon où il convertissa de nombreuses personnes, et mourut de maladie sur l'île chinoise de Shangchuan. Bon état de conservation.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PIDOU DE SAINT-OLON (François).

Relation de l'empire de Maroc. Où l'on voit la situation du pays, les mœurs, coûtumes, gouvernement, religion & politique des habitans.

Paris, veuve Mabre Cramoisy, 1695. In-12 de (8) ff., 229 pp. (mal chiffré 127) ; veau moucheté, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice, de 8 planches gravées de costumes, et d'un plan dépliant de la ville et forteresse de Larache (El Araïch). En 1693, Pidou de Saint-Olon fut envoyé en ambassade auprès du sultan Moulay Ismail pour y signer un traité commercial et obtenir la libération de prisonniers capturés par les corsaires barbaresques. Il débarqua à Tétouan en mai, et rencontra le sultan à Meknès en juin 1693. Mais ce dernier refusa de s'impliquer dans la libération des prisonniers, déclarant que n'importe quel marchand pourrait résoudre la question. La première partie de son ouvrage contient la description de son voyage, et la seconde, le compte-rendu des audiences avec le sultan. Bel exemplaire. Manque le catalogue in-fine. Gay, 1275. — Playfair, 308. — Renou, 132.

SAUGNIER.

Relation des voyages de Saugnier, à la côte d'Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, etc.

Paris, Lamy, an VIII-1799. In-8 de (2) ff., xliv-viij-341 pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Troisième édition, augmentée d'un avertissement contenant une biographie et une bibliographie de Jean-Benjamin de Laborde qui publia cet ouvrage, d'après le journal de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première relate le voyage de l'auteur vers le Sénégal, son naufrage sur la côte mauritanienne où il fut capturé et vendu comme esclave au Maroc, puis racheté et libéré (1783-1784). La seconde retrace un nouveau voyage au Sénégal où Saugnier remonta le fleuve pour acheter des esclaves à Galam et les livrer sur la côte aux navires négriers (1785-1786). La troisième traite du commerce avec le Sénégal "avec des détails intéressans pour ceux qui se destinent au commerce de l'or, de l'ivoire, et autres productions de ce pays". Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, IV, 112. — Gay, 388. — Monglond, II, 337.

[SENEGAL] — AMICI (Domenico).

[Vue animée d’un comptoir français, probablement Saint Louis au Sénégal].

1872. Aquarelle originale datée et signée (26,4 x 36,9 cm) sur papier fort.

Cette aquarelle, signée et datée «D. Amici 1872» dans la partie inférieure, représente, au premier plan, un petit bassin délimité par une digue, d’où émergent de nombreux rochers. Deux personnages, dont l’un agenouillé sur la jetée et l’autre maniant une longue perche, vaquent à leurs occupations. Au second plan se trouvent trois constructions, montées sur pilotis: disposées parallèlement aux quais, elles semblent correspondre aux magasins et à la direction du comptoir. Un grand mât surmonté du drapeau français domine cet ensemble. Devant ces bâtiments, l’artiste a représenté des personnes vêtues à l’européenne, discutant entre elles ou se déplaçant, parmi lesquelles plusieurs jeunes femmes munies d’une ombrelle. Une petite embarcation, de couleur verte, est amarrée à proximité. Puis on aperçoit, à l’arrière-plan, une partie des quais où circulent des piétons ainsi qu’une calèche. Deux palmiers y ont été représentés. On remarque aussi deux bâtiments, l’un donnant sur le quai et l’autre construit en hauteur, avec un escalier ou une rampe permettant d’y accéder. Une large rangée d’arbres termine l’arrière-plan. Né en 1808 à Rome, Domenico Amici réalisa de nombreuses gravures et eaux-fortes représentant, pour la plupart, des vues d’architecture et des paysages pris dans cette ville. Il est notamment l’auteur d’un album intitulé «Principali vedute di Roma» (1832-1835, 42 pl.) et d’un autre portant comme titre: «Nuova raccolta delle vedute antiche e moderne di Roma e suoi contorni (1835-1847, 50 pl.). Parmi ses œuvres aquarellées, on peut citer «Assemblée devant une villa romaine, 1861» et «Le Forum, 1873». Sa signature est toujours composée de grandes lettres penchées tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite, selon la disposition des éléments du dessin. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, I, p. 270. – Site internet artnet.fr (indique par erreur 1871 comme date de décès).

[SENEGAL] — DRANER (Jules Renard, dit).

[Colon à l'éventail].

Vers 1870. Aquarelle originale et rehaut de blanc sur papier (29 x 20,5 cm), signée en bas à droite.

Très jolie aquarelle représentant un colon se pavanant au Sénégal, dessinée par le caricaturiste belge Draner. En arrière-plan se trouve un batiment arborant le drapeau français, ainsi qu'un couple d'africains dont l'homme porte une ombrelle. En 1814, le Sénégal fut donné à la France par le Traité de Paris, et se vit, par la suite, accorder le monopole du commerce. De 1854 à 1865, Louis Faidherbe fut nommé gouverneur de la colonie, et créa le port de Dakar. Bon état de conservation.