30 résultats

Algérie et Désert. Carnet de dessins.

Algérie, Espagne, Grèce, Turquie, Ukraine (pour la plupart), 1880-1885. In-16 oblong (11,4 x 17 cm) de (33) ff.; toile grise, titre manuscrit sur chaque plat, lacets de fermeture (reliure de l’époque), taches sur les plats.

Carnet d’un voyageur en Algérie, en Méditerranée et en mer Noire. Il comprend 61 dessins exécutés à l’encre sur papier fort, dont 40 aquarellés, le premier étant rehaussé de pierre blanche. Les dessins occupent généralement une page entière au recto ou au verso de chaque feuillet, sauf pour 4 d’entre eux exécutés sur double page. Une légende manuscrite, à l’encre, permet de situer les sujets représentés. La partie la plus importante est consacrée à l’Algérie, avec 37 dessinsmontrant des vues pittoresques, des montagnes, des maisons avec leur architecture, des habitants en costumes, etc. La disposition des dessins permet de reconstituer l’itinéraire du voyageur: il part du Djurdjura (Grande Kabylie) où il dessine deux villageois ainsi qu’une jeune fille, puis il se dirige vers le Sud-Est et représente un marabout entre El Kantara et Biskra. Il dessine la Montagne de Sel au nord de Biskra, puis une caravane à Souk-Ahras. Il prend ensuite la direction du Sud-Ouest, traverse un désert pierreux et arrive à Berriane où il dessine l’intérieur de la maison du Caïd. Parvenu à Ghardaïa, il réalise deux vues générales, l’une aquarellée et l’autre en noir, sur double page, montrant les fortifications. Il dessine aussi deux portes de la ville, dont celle d’El-Ateuf. Dans les environs de Ghardaïa, il donne une vue de Beni-Isguen avant de dessiner une oasis ainsi que quelques portraits de jeunes femmes. L’étape suivante est Ouargla, où il dessine la mosquée ainsi qu’une rue avec ses maisons basses. Puis il se rend à Sedrata, un site archéologique situé au sud de Ouargla, dont il fournit trois dessins et un plan du palais, ainsi qu’une vue extérieure. Remontant vers le Nord, il arrive à Touggourt où il effectue le portrait d’une jeune femme en costume. Il rejoint ensuite Biskra, traverse le village de Mdoukal, dessine un campement dans l’Aurès puis parvient à Bou Saada où il représente une rue avec ses habitants. Se dirigeant à nouveau vers le Sud, il dessine, sur double page, le djebel Milok près de Laghouat, puis continue vers l’Est pour visiter Ain Mahdi et Aflou. La suite du carnet contient deux vues de Barcelone, une de la côte corse, deux des côtes grecques (cap Matapan, Taygète), et, sur double page, un beau panorama de Constantinople (Corne d’Or) puis un autre représentant l’entrée du Bosphore. Après une dernière vue du Bosphore, le voyageur arrive à Odessa (Ukraine) où il dessine une habitante en costume, une grande place entourée de maisons ainsi que trois vues du port montrant différents navires. Le carnet continue par une vue du détroit des Dardanelles, puis de Salonique et un détail architectural de l’Acropole d’Athènes. Il s’achève par une vue de l’île d’Öland, au large de la Suède, en mer Baltique. Ensemble bien conservé. Provenance: ex-libris manuscrit «Madame A. Gerlaud» au verso du premier plat.

Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger.

Paris, Ch. Picquet, 1830. In-12 de viij-238 pp., et un atlas in-folio oblong ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre noires, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et augmentée de 20 pages et de 4 cartes et 5 lithographies dans l'atlas. L'atlas contient 7 cartes ou plans gravés, dont 6 dépliants (2 sont d'après les relevés du capitaine Boutin) et de 14 planches lithographiées, dont plusieurs issues de la collection du colonel Rottiers représentant des vues et des costumes. Ouvrage publié par le Dépôt Général de la Guerre à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique, qui quitta le port de Toulon le 25 mai 1830, en direction d'Alger. Il fut rédigé par le géographe Charles Picquet, en grande partie d'après le rapport du capitaine Boutin, envoyé en mission d'espionnage, en 1808, dans la régence d'Alger; c'est en grande partie sur ses plans que l'armée française s'emparera d'Alger le 5 juin 1830. Le texte comprend une partie historique qui est un résumé des principales expéditions dirigées par diverses nation européennes contre l'Afrique du nord, depuis la fin du XVe siècle. La deuxième partie est une description du pays, et la troisième un exposé de son organisation militaire. Bon exemplaire. Manque la page de titre de l'atlas. Gay, 852 (première édition).

Deuxième mission Flatters. Historique & rapport rédigés au Service Central des Affaires Indigènes avec documents à l'appui.

Alger, Adolphe Jourdan, 1882. In-8 de xvj-365-(3) pp.; demi-veau brun clair à coins, dos à nerfs orné, pièces de titre de maroquin rouge et bleu, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée repliée dans une pochette en fin de volume. En 1880, le lieutenant-colonel Paul Flatters fut chargé de diriger une mission d'exploration dans le Hoggar dans le but d'y établir un chemin de fer. Après une première exploration, il dut rebrousser chemin devant l'hostilité des Touareg, opposés à ce qu'une troupe armée traverse leur territoire. Il repartit le 4 décembre de la même année avec 93 hommes dont 7 membres de la mission scientifique, 2 sous-officiers, 2 ordonnances, des troupes indigènes et des guides. Après deux mois de progression, la colonne fut attaquée au puit de Bir el-Gharama, où Flatters fut massacré avec trois de ses compagnons. Les autres membres de la mission furent tués les jours suivants, seuls quelques indigènes de l'escorte parvinrent à regagner Ouargla. Bon exemplaire. Quelques feuillets non coupés. Numa Broc, Afrique, 140. — Tailliart, L'Algérie dans la littérature française, 1163.

Extrait de la première édition de la Carte de l'Isthme de Suez dressée pour l'avant projet du canal de communication des deux mers par Linant de Bellefonds.

1855. Circa 304 x 348 mm, entoilée et pliée.

Carte manuscrite, encre et aquarelle, copie d'une partie de la carte de l'isthme de Suez dressée par Linant de Bellefonds, directeur général des travaux publics en Égypte et ingénieur en chef du canal de Suez en 1855. Cette belle carte, entièrement aquarellée, représente la région nord de l'isthme, autour de la ville de Péluse et du lac de Menzaleh. Y figurent le détail topographique des bras du Nil, les nombreuses îles du lac, les puits, les routes antiques et modernes avec les relais de poste, quelques habitations, les ruines de Péluse et de quelques tels ou tells (terme archéologique désignant un site en forme de monticule). Des observations dans un cartouche donnent des indications sur la nature des sols, la végétation et les parties inondables. La carte n'indique pas le tracé du canal de Suez. L'échelle est en myriamètres et en milles romains. Très belle condition. Catalogue cartes manuscrites 2013, n° 160, marqué 3 000 €

ALGERIE.

Livret de transporté.

1852. 16,3 x 10,7 cm; broché, couverture blanche muette

Livret de Prosper Durand, né en 1823 à Ancône, dans la Drôme, et condamné à la déportation en Algérie à la colonie de Saint-André-de-Mascara. Le livret, daté du 9 juin 1852, comprend 4 page pour l'état civil, 6 pages du règlement sur le régime des transportés, et 14 pages de compte (dont 3 seulement utilisées), détaillant les comptes des dépenses en habillement. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, élu au suffrage universel, fit un coup d’Etat pour conserver le pouvoir et, bientôt après, faire proclamer l’Empire. Contre cette violation éclatante de la Constitution, une résistance républicaine se produisit, mais elle fut vaincue. Le pouvoir se débarrassa alors de ses adversaires. Près de 27000 personnes furent arrêtées. Sur simple décision administrative, 19500 surent condamnées à des peines diverses, dont 9820 à la « transportation » à Cayenne ou en Algérie. Livret manié, trace de pliure longitudinale, coins écornés, couverture tachée.

ALLARD (Hugo ou Huych) — ALGERIE.

Algiers. [Alger].

Amsterdam, vers 1680. 425 x 503 mm.

Très rare vue de la ville d'Alger, dessinée par Hugo Allard. La vue est prise depuis la mer, animée de nombreux voiliers, et montre la cité dans son ensemble. Ainsi on distingue la Grande Mosquée Djamâa El Kebir, dont le minaret date de 1324, la mosquée du roi, et sur la droite, le sérail des sépultures des rois. Sur les hauteurs, on peut voir le château impérial, le château neuf, et la mosquée Zidi Bohonor. Le titre est contenu dans une bannière flottante, et orné en tête du blason d'Alger. Au bas de l'estampe figurent quelques vers en hollandais, latin et français. Le graveur Hugo Allard (1625-1691) fonda sa propre compagnie d'édition à Amsterdam. Sa production était relativement petite et consistait en des cartes et des atlas utilisant souvent les travaux de ses plus célèbres compatriotes tels que Blaeu. À sa mort, son fils Carel lui succéda. Très rare. Manque à Koeman qui ne cite que la vue dessinée par Carel Allard, qui diffère de celle de son père. Marge supérieure restaurée, pliure centrale restaurée et renforcée avec petit manque au niveau de la 5ème ligne de vers en latin.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

CARONNI (Felice).

Ragguaglio del viaggio compendioso di un dilettante antiquario sorpreso da Corsari condotto in Barberia e felicemente ripatriato.

Milano, Francesco Sonzogno, 1805-1806. 2 volumes in-8 de 140 pp. — ix-(1)-270 pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison beiges, tranches bleues (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, illustrée de 2 portraits, de quelques figures de monnaies gravées dans le texte, et de 13 planches (sur 12 feuillets) dont 2 cartes dépliantes. En juin 1804, lors d'un voyage de Palerme à Naples, le navire sur lequel l'auteur se trouvait fut capturé par des pirates. Il fut retenu prisonnier à Tunis quelques mois pendant lesquels il put se livrer à l'étude des monnaies et monuments de l'antiquité. Le premier ouvrage contient le récit de sa captivité, et le second, qui a pour titre Ragguaglio di alcuni monumenti di antichita ed arti raccolti negli ultimi viaggi da un dilettante ... le fruit de son étude des ruines de Carthage et des monnaies qu'il trouva sur place. Bon exemplaire. Gay, 415 bis.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

COOPER (Reginald).

Vues d'égypte.

XXe. Dessins originaux à la gouache et au lavis gris (environ 27 x 43 cm).

Ensemble de 2 très beaux dessins originaux signés représentant les bords du Nil ou encore le Sphynx, avec des personnages et des dromadaires au premier plan. Reginald Cooper était un peintre et un illustrateur, principalement à l'aquarelle, de scènes et de paysages. Il fut un artiste prolifique entre 1929 et 1939 environ. Nombre de ses œuvres ont été reproduites sous forme de gravures et de cartes postales. Très bon état de conservation.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENNIQUE (Privat-Agathon).

Les caboteurs et pêcheurs de la côte de Tunisie. Pêche des éponges. Une page d'archéologie navale.

Paris, Gauthier-Villars et fils, 1888. In-8 de ix-(1 bl.)-83 pp.; percaline verte, dos lisse, décor noir et or au dos et sur les plats, titre en lettres dorées au dos et en noir sur le premier plat, tête rouge, non rogné (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 55 planches gravées sur Chine et montées à deux par planche, de 6 planches doubles et de 2 cartes doubles.. En 1881, le capitaine de frégate Hennique participa à la campagne de conquête de la Tunisie et découvrit «une marine qui nous était inconnue». Il se passionna pour cette flottille de caboteurs venus des tous les coins de la Méditerranée pêcher les éponges dans le golfe de Gabès. Il dessina les embarcations et interrogea les marins de ces navires surgis de la nuit des temps «qui vont bientôt disparaître». Dans un texte dense, il décrit ces navires traditionnels tunisiens, italiens, maltais et grecs, donnant les particularités de leurs constructions et de leurs gréements, ainsi que des techniques de pêche. Les pages vij à ix comportent des instructions de couleurs permettant "à ceux de MM. les lecteurs qui le désireront, de faire eux-même la coloration des planches". Bel exemplaire en reliure de l'éditeur. Polak, 4412.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTIN-MAGRON — BEAUREGARD.

Le docteur Ernest Godard. Son éloge par M. le Dr Martin-Magron. Sa collection archéologique (simples observations) par Olivier Beauregard.

Publié par les soins de sa famille et de ses amis, 1863. In-8 de 112 pp.; demi-chagrin marron, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un portrait et d'un fac-similé d'écriture d'Ernest Godard. Docteur en médecine et ancien interne des hôpitaux de Paris, Jean Ernest Godard fut l'un des membres fondateurs, en 1859, de la Société d'anthropologie de Paris. Il fut aussi membre de la Société de biologie et de la Société anatomique. Il est connu pour ses recherches sur la tératologie des organes sexuels et l'hermaphrodisme, et aussi pour son voyage scientifique en Egypte, où il fut envoyé en mission en 1861. Lors de ce voyage, il recueillit un grand nombre d'observations anthropologiques, archéologiques et pathologiques. A la suite de fatigues auxquelles il s'était exposé pour aller étudier et soigner les lépreux en Palestine, il contracta à Jérusalem les symptômes d'une hépatite et mourut à Jaffa en septembre 1862. Bon exemplaire.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PARIS (Léon).

Souvenir de la Bellone. 1870-71-72.

Paris, vers 1875. In-4, demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ensemble de 41 eaux-fortes signées dans la planche et légendées, regroupées en 3 suites. Elles illustrent le voyage sur l'Atlantique du navire la Bellone depuis le Sénégal, Gorée, le Gabon jusqu'en Uruguay (avec des scènes de genre, des vues et des personnages), et la vie d'un marin à bord d'un vaisseau. Ces planches sont l'œuvre du lieutenant de vaisseau Léon Paris, dessinateur et aquafortiste, et fils du vice-amiral François-Edmond Paris qui participa notamment aux expéditions de Dumont d'Urville et de Laplace. Bon exemplaire. Polak, 7347 (pour la suite sur la vie des marins).demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.