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ALGERIE.

La danse des nègres (Alger).

Vers 1860. Dessin original rehaussé de couleurs, légendé au crayon (23 x 15 cm).

Très beau dessin en couleurs représentant un défilé, probablement en l'honneur de la venue de l'empereur Napoléon III à Alger. On y voit une foule amassée sous des arcades ou le long de la rue (dignitaires, spahis à cheval, grenadiers), un groupe de musiciens et des nègres en train de danser. L'un d'eux porte notamment un drapeau français accroché à son chapeau. Le 17 septembre 1860 au matin, Napoléon III fut le premier chef d'État français à débarquer à Alger. Il avait un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s'étendrait d'Alger à Bagdad, sous la protection de la France. Un royaume où régnerait l'égalité entre indigènes et Européens. De retour en France, il supprima le ministère de l’Algérie et des Colonies dont les fonctionnaires civils brimaient les indigènes au profit des colons, et envoya à Alger un gouverneur militaire. Bon état de conservation.

ALGERIE.

Livret de transporté.

1852. 16,3 x 10,7 cm; broché, couverture blanche muette

Livret de Prosper Durand, né en 1823 à Ancône, dans la Drôme, et condamné à la déportation en Algérie à la colonie de Saint-André-de-Mascara. Le livret, daté du 9 juin 1852, comprend 4 page pour l'état civil, 6 pages du règlement sur le régime des transportés, et 14 pages de compte (dont 3 seulement utilisées), détaillant les comptes des dépenses en habillement. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, élu au suffrage universel, fit un coup d’Etat pour conserver le pouvoir et, bientôt après, faire proclamer l’Empire. Contre cette violation éclatante de la Constitution, une résistance républicaine se produisit, mais elle fut vaincue. Le pouvoir se débarrassa alors de ses adversaires. Près de 27000 personnes furent arrêtées. Sur simple décision administrative, 19500 surent condamnées à des peines diverses, dont 9820 à la « transportation » à Cayenne ou en Algérie. Livret manié, trace de pliure longitudinale, coins écornés, couverture tachée.

ALGERIE. — ABD-EL-KADER (Emir).

Lettre signée, avec son cachet, à Stéphane Poignant.

1er Rabi’Al-Thani 1282 [24 août 1865]. 1⁄2 p. petit in-folio (31 x 21,2 cm) sur une feuille double; traduction copiée sur la même page.

Lettre de recommandation pour l’un de ses fils. «A Sa Seigneurie le grand, l’élevé, Monsieur le Préfet d’Alger, que Dieu vous bénisse, que les salutations les plus complètes soient sur vous ainsi que la miséricorde de Dieu […]. Nous espérons de votre bonté et de votre excellente initiative, un bon accueil en faveur du porteur Es-Séid Kaddour ben Mahi Ed-din qui est au nombre de mes enfants et qui compte parmi les personnes que nous chérissons le plus. Nous espérons que vous l’aiderez de tout votre pouvoir dans ses affaires. Que Dieu vous bénisse et augmente votre grade. Ainsi soit-il. Abd El-Kader ben Mahi Ed-din». Né en 1808 dans la Régence d’Alger, l’émir Abd-el-Kader est une figure majeure de la résistance algérienne contre la colonisation française. Fait prisonnier en 1847, il fut détenu à Pau puis à Amboise. Libéré en 1852, il séjourna à Paris, voyagea au Proche-Orient et s’installa en Syrie en 1860. Lors des émeutes anti-chrétiennes qui eurent lieu la même année, il sauva du massacre un grand nombre de chrétiens menacés par les Druzes, ce qui lui valut la reconnaissance internationale. Il effectua un dernier voyage à Paris en 1865 puis retourna à Damas où il mourut en 1883. Nommé préfet d’Alger en 1864, Stéphane Poignant avait succédé à Gustave Mercier-Lacombe; il resta à son poste jusqu’en 1869, date à laquelle il fut remplacé par Charles Le Myre de Vilers. Créé en 1848, le département d’Alger couvrait alors le centre de l’Algérie, laissant à l’est le département de Constantine et à l’ouest celui d’Oran. Intéressant et précieux document.

ALLARD (Hugo ou Huych) — ALGERIE.

Algiers. [Alger].

Amsterdam, vers 1680. 425 x 503 mm.

Très rare vue de la ville d'Alger, dessinée par Hugo Allard. La vue est prise depuis la mer, animée de nombreux voiliers, et montre la cité dans son ensemble. Ainsi on distingue la Grande Mosquée Djamâa El Kebir, dont le minaret date de 1324, la mosquée du roi, et sur la droite, le sérail des sépultures des rois. Sur les hauteurs, on peut voir le château impérial, le château neuf, et la mosquée Zidi Bohonor. Le titre est contenu dans une bannière flottante, et orné en tête du blason d'Alger. Au bas de l'estampe figurent quelques vers en hollandais, latin et français. Le graveur Hugo Allard (1625-1691) fonda sa propre compagnie d'édition à Amsterdam. Sa production était relativement petite et consistait en des cartes et des atlas utilisant souvent les travaux de ses plus célèbres compatriotes tels que Blaeu. À sa mort, son fils Carel lui succéda. Très rare. Manque à Koeman qui ne cite que la vue dessinée par Carel Allard, qui diffère de celle de son père. Marge supérieure restaurée, pliure centrale restaurée et renforcée avec petit manque au niveau de la 5ème ligne de vers en latin.

AMATO (Gennaro d’).

Rue d’Alger.

Vers 1900. Aquarelle signée (31,7 x 22,4 cm), monté sur papier fort, titre sur le dessin.

Vue animée d’une rue d’Alger et d’une terrasse de café. Cette aquarelle, rehaussée de gouache, est signée «G Amato» dans l’angle inférieur droit. Elle représente, au premier plan, des Européens en train de consommer sur la terrasse d’un café installée en pleine rue. On voit aussi deux hommes, habillés en djellaba et burnous, passant à proximité et semblant ignorer cette scène. Au second plan, on aperçoit un public nombreux, composé en majorité d’Européens, dont certains se pressent pour acheter à un comptoir; le dessin montre aussi plusieurs enfants, dont l’un, habillé en rouge et coiffé d’un fez, sert les clients du café, et un autre, vêtu d’une djellaba, tend un objet à une Européenne. La rue est bordée par un grand bâtiment à façade blanche, comprenant un étage au-dessus duquel se trouve une terrasse avec quelques arbustes. A l’arrière-plan, l’artiste a représenté plusieurs dômes ainsi qu’un minaret surmonté d’un drapeau. Né en 1857 à Naples, Gennaro d’Amato est un dessinateur et illustrateur italien qui s’inspirait surtout de l’actualité en utilisant un style très réaliste, afin de rendre crédibles les événements relatés. Collaborateur de plusieurs revues, dont L’Illustration, il illustra aussi des ouvrages littéraires dont le Lys sauvage d’André Theuriet (1898). Il mourut en 1949 à Gênes. Cf. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, I, p. 258. Belle aquarelle représentant une rue d’Alger vers 1900.

ANTELME (Henri).

Sous le ciel de l'Île-de-France.

Paris, Jouve & Cie, 1923. In-8 de 106-(1) pp.; basane bleue à la bradel muette, non rogné (reliure moderne).

Première édition, tirée à 520 exemplaires. Elle est illustrée du portrait de l'auteur en frontispice. Antelme était issu d'une famille de l'île Maurice. Son recueil de poésie, d'inspiration élégiaque et patriotique (avec plusieurs pièces sur la guerre de 1914-1918) fut publié trois ans après sa mort. Le dernier poème Philosophe créole, réflexions sur le cyclone du 29 avril 1892, est écrit en créole. Un des 500 exemplaires sur papier vergé d'Arches. Envoi autographe signé de l'un des frères de l'auteur. Bon exemplaire.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BUXTON (sir Thomas Fowell).

De la traite des esclaves en Afrique, et des moyens d'y remédier.

Paris, Arthus Bertrand, 1840. In-8 de xxxvj-650 pp.; demi-chagrin bordeaux à coins, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Jacques Pacaud, et illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Afrique centrale (en anglais). Député au parlement de 1818 à 1837, l'auteur œuvra pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Il fut l'un des membres créateur de l'Anty-Slavery Society et succéda à William Wilberforce à la tête du parti anti-esclavagiste à la Chambre des Communes. Son ouvrage, qui propose de remédier au trafic des esclaves par un commerce équitable et la christianisation, a fortement influencé David Livingstone; il fut rapidement traduit en français et en allemand. Bon exemplaire. Feuillet de dédicace portant la mention "offert par la société institué à Londres pour l'extinction de la traite des esclaves" avec le nom manuscrit du dédicataire gratté. Rousseurs éparses, dos et bord des plats passés. Sabin, 9686 (édition anglaise de 1839).

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

COMBES (Charles).

Les Cahiers coloniaux (35 ans consécutifs en Afrique). La Légende vécue sous la magie. Manuscrit dactylographié.

Côte d’Ivoire, 13 janvier 1956. In-4 (27 x 21 cm) de 34 pp.; en feuilles.

Sculpteur et peintre français, Charles Combes (1891-1968) arriva en Côte d’Ivoire au début des années 1920. Puis il installa, en 1923, son atelier de sculpture à Bingerville, l’ancienne capitale de la colonie située près d’Abidjan. Entre 1927 et 1941, il composa, à Toumodi et à Bingerville, vingt cahiers de contes fantastiques, où se mêlaient souvenirs personnels et légendes africaines, dont les thèmes récurrents étaient la magie et la sorcellerie. Ces cahiers, ronéotypés, tirés à petit nombre et édités à compte d’auteur, contenaient chacun 10 à 20 pages de texte. L’ouvrage était divisé ainsi: Le mur de la magie (cahiers n° 1 à 3). - Le masque aux yeux vivants (n° 4). - Visions d’art (n° 5). - N’Da (n° 6, 7, 8, 9). - Rendez-vous de minuit (n° 10). - Quelques histoires (n° 11). - L’étrange roman d’un village (n° 12 à 20). La présente copie, dactylographiée, contient des passages de cet ouvrage: Préface de l’auteur. Le mur de la Sorcellerie et de la Magie (pp. 1-21, en 3 chapitres qui semblent correspondre aux trois premiers cahiers). - Les Reflets du mur (pp. 21-27, correspondant au 4e cahier). - Quelques histoires (titre de départ, p. 27, probablement un extrait du 11e cahier). - Des Hommes (pp. 28-29). - Pas à pas dans la brousse (p. 29). - La danse des loups (pp. 30-31). - L’Enfer des N’Da (pp. 31-32; peut-être un extrait des cahiers 6 à 9). - Histoire de chasse (pp. 32-34). Extrait: «Il s’agit d’une histoire absolument authentique et qui reste dans ma mémoire comme un souvenir hallucinant. Il s’agit d’un masque; je l’avais acquis pour une modeste somme. Je le tenais d’un très vieux sorcier de village, un nommé Wô […]. Il avait, suivant l’éclairage, l’air fripon ou cynique, il semblait sourire, interrogateur parfois ou boudeur, et de ses lèvres en bois, il avait l’air d’adresser une prière. Cela m’enchantait et me captivait étrangement […]. A certaines heures il me donnait l’impression d’être cruel comme s’il avait conservé sous son front bombé le souvenir des scènes atroces auxquelles il avait sans doute participé. Une nuit, je crus entendre gémir tout à côté de moi; il n’y avait cependant personne dans ma chambre, ni dans la maison que la clarté de la Lune inondait de toute part […]. Une autre fois un gros soupir me réveilla en sursaut [puis] ces soupirs et ces gémissements m’éveillèrent avec une précision mathématique, toutes les nuits à minuit. [Une nuit] il s’éleva dans l’ombre un gémissement […]. Je me levais cependant, cela venait de ma malle, j’y allais et l’ouvris brusquement. Le masque était toujours là et je vis nettement les yeux vivants qui flottaient dans l’ombre, des yeux morts, des yeux liquides, lumineux, flottants, hallucinants. Ils s’éteignirent progressivement. Alors, je restais là, rivé au sol, cherchant à m’expliquer cette curieuse apparition […]. Il rodait autour de cette histoire des actes de magie…» (pp. 21-24). Ce curieux manuscrit a été dactylographié au verso de feuillets à en-tête de la Compagnie de Mokta. Fondée en 1865, cette compagnie exploitait des mines dans différents pays d’Afrique, notamment les mines de manganèse de Grand-Lahou près d’Abidjan. En 1986, elle devint une filiale de la Cogéma, qui fut intégrée dans le groupe Areva en 2001. Document d’une grande rareté, non mentionné dans les catalogues de la BnF ni du CCFr. On joint: DESANTI (Dominique). Côte d’Ivoire. Manuscrit dactylographié. S.l.n.d. [1962]. In-4 de (2) et 118 pp.; en feuilles, addition manuscrite au bas de la p. 7, table des matières en dernière page. Célèbre journaliste, historienne, biographe et romancière, Dominique Desanti effectua, en 1961-1962, un séjour de six semaines en Côte d’Ivoire. A cette occasion, elle composa la présente relation, divisée en deux parties: le récit du voyage proprement dit (pp. 1-89), et un «documentaire», sorte d’appendice explicatif (pp. 89-118). Entre ces deux parties devait s’insérer un «Panorama» ou reportage photographique, qui n’est pas présent ici. Le récit contient de nombreuses considérations économiques et politiques sur la Côte d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Ce manuscrit a été publié dans la collection «L’Atlas des Voyages» des éditions Rencontre (Lausanne, 1962, in-4, 286 pp.). On joint également: Extension de l’Hôtel Ivoire (titre de départ). S.l.n.d. [ca. 1968], in-4 de 8 pp. polycopiées (paginées 91-98). Extrait d’une brochure concernant les travaux d’Abidjan, parmi lesquels le deuxième pont et la nouvelle aérogare d’Abidjan - Port-Bouët. Intéressant ensemble sur la Côte d’Ivoire.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

FOURMONT (Claule-Louis).

Description historique et géographique des plaines d'Héliopolis et de Memphis.

Paris, Briasson & Duchesne, 1755. In-12 de xl-268 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de la plaine avec les bâtiments en perspective, et de 2 planches gravées dépliantes. Neveu des orientalistes Étienne et Michel Fourmont, Charles-Louis Fourmont accompagna son oncle Michel en Grèce qui était envoyé par Louis XV pour ramener des manuscrits. Après la mort de ses deux oncles, il accompagna M. de Lironcourt en Égypte qui était nommé consul général au Caire. Il y séjourna près de quatre ans, et dressa la grande carte de la plaine de Memphis qui servit de base à son étude historique et géographique de la région. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28360. — Gay, 2394. — Ibrahim-Hilmy, I, 238. — Quérard, III, 182.

GRENIER (Yves).

Chasse au rhinocéros. Cap de Bonne Espérance (Natal).

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (44,8 x 60,2 cm).

Grande scène de chasse au rhinocéros au Cap de Bonne-Espérance, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. La scène montre trois Européens et trois Africains. L'un des Européens vient de tomber de son cheval et se trouve terrassé par un rhinocéros, tandis que les autres personnages tentent de le sauver, à l'aide de leur fusil ou de leur gourdin. Bel exemplaire.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

KAUFMANN (Ernst).

View of Cape Town from Table Bay.

Cape Town, J.H. Rose, [vers 1890]. Lithographie originale (39,8 x 66,7 cm).

Très rare et belle vue lithographiée en couleurs de la ville du Cap, imprimée par Ernst Kaufmann à Lahr, en Allemagne, et publiée par J.H. Rose au Cap. La vue est prise depuis la Baie de la Table, sur laquelle s'est établie la ville du Cap. La baie est animée de voiliers et de petits bateaux de pêche. En arrière-plan, on aperçoit la montagne de la Table, massif qui surplombe la ville du Cap. À droite de la montagne de la Table, on aperçoit les deux collines de Lion's Head et de Signal Hill. Bel exemplaire.

KLAPROTH (Julius von).

Examen critique des travaux de feu M. Champolion sur les hiéroglyphes.

Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré père et fils, 1832. In-8 de viij-175-(1) pp.; demi-veau brun, dos lissse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes. Ouvrage publié juste après la mort de Jean-François Champollion, et alors que ni sa Grammaire ni son Dictionnaire égyptien n'étaient publiés. L'auteur s'appuie sur les quelques textes publiés du vivant de Champollion pour conclure, selon lui, qu'il s'était trompé dans son interprétation. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, III, 673. — Gay, 1758. — Ibrahim-Hilmy , I, 344.

LABAT (Léon).

L'Égypte ancienne et moderne.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1840. In-8 de (2) ff., 252 pp.; demi-veau fauve, dos à nerfs orné, couvertures jaunes conservées et restaurées, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustrée du portrait lithographié de Méhémet Ali. Tiré à part de deux articles publiés dans la revue du XIXe siècle ; le premier, du 5 janvier 1840, sur l'Égypte ancienne et moderne, retrace l'histoire de ce pays de l'antiquité à l'expédition d'Égypte, et le second, du 7 juin 1840, est intitulé L'Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Ali. L'auteur fut chirurgien du sultan d'Égypte Méhémet Ali, avant de devenir le premier médecin du shah de Perse. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture au comte de Nadaillac. Il s'agit probablement de Sigismond du Pouget de Nadaillac (1787-1837), général et député de la Haute-Vienne. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Gay, 2088. — Ibrahim-Hilmy, I, 351. — Maunier, 88.

LACOUR (Pierre).

Essai sur les hiéroglyphes égyptiens.

Bordeaux, André Brossier, 1821. In-8 de (4) ff., xl-296 pp.; demi-basane maroquinée rouge, dos lisse orné en long, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 300 exemplaires, et illustrée de 14 planches gravées dont 3 dépliantes. Natif de Bordeaux, l'auteur était le fils du premier conservateur du Musée des Beaux-Arts et directeur de l'école de peinture de la même ville. Dans cet ouvrage, il cherche à montrer que l'hébreux est la langue que l'on "parlait en Égypte à l'époque où, sous la conduite de Moïse, les Hébreux en sortirent", lui permettant alors de déchiffrer les hiéroglyphes. Bon exemplaire dans une élégante reliure, provenant du Château de La Brède (de la famille de Montesquieu, n° 383 du catalogue de la vente de 1926), avec son cachet bleu. Plusieurs cahiers dont le papier est jauni. Brunet III, 730. — Caillet, 5920. — Gay, 1781. — Ibrahim-Hilmy, I, 352.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

L'HÔTE (Nestor).

Notice historique sur les obélisque égyptiens, et en particulier sur l'obélisque de Louqsor.

Paris, Leleux, 1836. In-8 de 70-(4) pp.; demi-basane fauve, dos à deux nerfs avec le titre en long, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première et seule édition, illustrée de hiéroglyphes dans le texte, d'un frontispice lithographié, et de 3 planches lithographiées. L'auteur participa à l'expédition de Champollion en Égypte, de 1828 à 1830, comme dessinateur, où il eut l'occasion de dessiner les deux obélisques de Louxor. En 1836, à l'occasion de l'érection de l'un des deux, place de la Concorde à Paris, il publia cette brochure dans laquelle il recense les obélisques égyptiens connus. Bon exemplaire. Dos passé, légères rousseurs. Gay, 2117. — Ibrahim-Hilmy, II, 384.

MASQUERAY (Emile).

Notes, concernant les Aoulad-Daoud du Mont Aurès (Aourâs).

Alger, Adolphe Jourdan, 1879. In-8 de 40 pp.; broché, couverture grise imprimée.

Ouvrage illustré d'une vue dépliante et de 3 cartes lithographiées d'après les dessins de l'auteur. L'auteur fut chargé d'une mission dans l'Aurès par le ministre de l'Instruction Publique. Ces notes présentent la société telle qu'elle était avant la colonisation. L'Aurès est une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief en partie montagneux et par son peuplement traditionnel, le groupe berbère des Chaouis. Bon exemplaire conservé dans sa brochure de l'époque. Couverture légèrement écornée.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PASSALACQUA (Giuseppe).

Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Égypte.

Paris, à la galerie d'antiquité égyptienne, 1826. In-8 de xv--303 pp.; broché, non coupé, couvertures imprimées.

Édition originale, illustrée de 2 planches lithographiées dépliantes hors texte. Catalogue de la collection privée de Joseph Passalacqua qu'il constitua en effectuant des fouilles privée en Égypte entre 1822 et 1825 et qu'il exposa à Paris au 12 rue des Filles-Saint-Thomas. Il tenta de vendre cette collection d'antiquités à la France, mais c'est finalement le roi de Prusse qui l'acheta, et l'ensemble constitua le noyau des collections égyptiennes du musée de Berlin. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos bruni, légères rousseurs. Blackmer, 1264. — Gay, 2178. — Ibrahim-Hilmy, II, 95.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

SAUGNIER.

Relation des voyages de Saugnier, à la côte d'Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, etc.

Paris, Lamy, an VIII-1799. In-8 de (2) ff., xliv-viij-341 pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Troisième édition, augmentée d'un avertissement contenant une biographie et une bibliographie de Jean-Benjamin de Laborde qui publia cet ouvrage, d'après le journal de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première relate le voyage de l'auteur vers le Sénégal, son naufrage sur la côte mauritanienne où il fut capturé et vendu comme esclave au Maroc, puis racheté et libéré (1783-1784). La seconde retrace un nouveau voyage au Sénégal où Saugnier remonta le fleuve pour acheter des esclaves à Galam et les livrer sur la côte aux navires négriers (1785-1786). La troisième traite du commerce avec le Sénégal "avec des détails intéressans pour ceux qui se destinent au commerce de l'or, de l'ivoire, et autres productions de ce pays". Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, IV, 112. — Gay, 388. — Monglond, II, 337.

SENEGAL — AMICI (Domenico).

[Vue animée d’un comptoir français, probablement Saint Louis au Sénégal].

1872. Aquarelle originale datée et signée (26,4 x 36,9 cm) sur papier fort.

Cette aquarelle, signée et datée «D. Amici 1872» dans la partie inférieure, représente, au premier plan, un petit bassin délimité par une digue, d’où émergent de nombreux rochers. Deux personnages, dont l’un agenouillé sur la jetée et l’autre maniant une longue perche, vaquent à leurs occupations. Au second plan se trouvent trois constructions, montées sur pilotis: disposées parallèlement aux quais, elles semblent correspondre aux magasins et à la direction du comptoir. Un grand mât surmonté du drapeau français domine cet ensemble. Devant ces bâtiments, l’artiste a représenté des personnes vêtues à l’européenne, discutant entre elles ou se déplaçant, parmi lesquelles plusieurs jeunes femmes munies d’une ombrelle. Une petite embarcation, de couleur verte, est amarrée à proximité. Puis on aperçoit, à l’arrière-plan, une partie des quais où circulent des piétons ainsi qu’une calèche. Deux palmiers y ont été représentés. On remarque aussi deux bâtiments, l’un donnant sur le quai et l’autre construit en hauteur, avec un escalier ou une rampe permettant d’y accéder. Une large rangée d’arbres termine l’arrière-plan. Né en 1808 à Rome, Domenico Amici réalisa de nombreuses gravures et eaux-fortes représentant, pour la plupart, des vues d’architecture et des paysages pris dans cette ville. Il est notamment l’auteur d’un album intitulé «Principali vedute di Roma» (1832-1835, 42 pl.) et d’un autre portant comme titre: «Nuova raccolta delle vedute antiche e moderne di Roma e suoi contorni (1835-1847, 50 pl.). Parmi ses œuvres aquarellées, on peut citer «Assemblée devant une villa romaine, 1861» et «Le Forum, 1873». Sa signature est toujours composée de grandes lettres penchées tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite, selon la disposition des éléments du dessin. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, I, p. 270. – Site internet artnet.fr (indique par erreur 1871 comme date de décès).

SPARRMAN (Anders).

Voyage au cap de Bonne-Espérance, et autour du monde avec le capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres.

Paris, Buisson, 1787. 3 volumes in-8 de xxxij-389-(1) pp. — (2) ff., 366-(1) pp. — (2) ff., 366-(5) pp..; veau marbré, dos lisses ornés de fers représentant des navires, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque de P. Meslant).

Première édition in-8, parue en même temps que l'original in-4, et traduite par Le Tourneur. Elle est illustrée d'une planche double en frontispice du premier volume, d'une carte dépliante (cap de Bonne-Espérance), et de 15 planches gravées dépliantes. Naturaliste suédois, Sparrman rencontra, au Cap de Bonne-Espérance, le Capitaine Cook qui lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du monde. Il parcourut notamment l'Océanie de la Nouvelle-Zélande à Tahiti et retourna u Cap en 1775, où il entreprit un voyage à l'intérieur des terres jusqu'alors peu connues. Bel exemplaire. Habiles restaurations, petite tache brune dans les pages de la préface. Boucher de La Richarderie, IV, 234. — Brunet, V, 474. — Gay, 3125. — Mendelssohn, II, 414 (pour l'édition anglaise). — Pritzel, 9784.