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MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

[MOZAMBIQUE]. — SAINT FRANCOIS-XAVIER.

Bénédiction d'un africain.

XVIII° siècle. Peinture originale sur toile montée sur chassis (58 x 47).

Saint François Xavier (1506-1552) était un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'«Apôtre des Indes». Béatifié en 1619, il fut canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. En 1541, il embarqua pour Goa alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, et fit notamment une longue escale au Mozambique en attendant des vents favorables pour repartir. Il visita notamment le Mozambique, l'Archipel des Comores, Ceylan, Malacca, les îles Moluques, le Japon où il convertissa de nombreuses personnes, et mourut de maladie sur l'île chinoise de Shangchuan. Bon état de conservation.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NADAILLAC (Jean-François Du Pouget, marquis de).

L'Amérique préhistorique.

Paris, C. Masson, 1883. In-8 de viij-588 pp.; demi-chagrin vert, dos à nerf, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de plus de deux cent figures dans le texte. Après une carrière préfectorale, le marquis de Nadaillac démissionna de l'administration après l'échec du rétablissement de la monarchie, en 1783, pour se consacrer à la paléontologie et à l'anthropologie. Son ouvrage sur l'Amérique traite des amérindiens, des peuples Pueblos, des peuples et des ruines d'Amérique Centrale ainsi que du Pérou. Bon exemplaire. Ex-libris armorié de la bibliothèque de Barante.

NAIRAC (Paul).

Discours prononcé dans la séance du 28 juin au soir, sur le commerce de l'Inde.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Bordeaux, l'auteur prononça son discours alors que le décret du 3 avril avait libéralisé le commerce au-delà du cap de Bonne-Espérance et qu'une commission formée du Comité d'agriculture et de celui du commerce était chargé de fixer les conditions de ce commerce. Sachant que "s'il est nécessaire d'assurer, par des formalités indispensables, la perception des droits, de prévenir la fraude, de garantir nos manufactures de la concurrence des manufactures étrangères" il demanda que les formalités doivent être "simples, modérées, expéditives". Il termina en proposant un projet de décret. Bon exemplaire.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PARIS (Léon).

Souvenir de la Bellone. 1870-71-72.

Paris, vers 1875. In-4, demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ensemble de 41 eaux-fortes signées dans la planche et légendées, regroupées en 3 suites. Elles illustrent le voyage sur l'Atlantique du navire la Bellone depuis le Sénégal, Gorée, le Gabon jusqu'en Uruguay (avec des scènes de genre, des vues et des personnages), et la vie d'un marin à bord d'un vaisseau. Ces planches sont l'œuvre du lieutenant de vaisseau Léon Paris, dessinateur et aquafortiste, et fils du vice-amiral François-Edmond Paris qui participa notamment aux expéditions de Dumont d'Urville et de Laplace. Bon exemplaire. Polak, 7347 (pour la suite sur la vie des marins).demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur la résolution du 4 ventôse an 7, relative aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 7 [1799]. In-8 de 38 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Anciens le 28 décembre 1798, au sujet de la loi du 18 janvier 1798 qui "a été la source de vives contestations entre des particuliers, de réclamations pour & contre de la part des villes maritimes, & enfin de plaintes graves des nations neutres & des alliés de la République" (page 2). L'auteur invite à voter contre la proposition de loi du 24 décembre 1798 dont il juge la rédaction confuse. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur le projet de loi relatif aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 8 [1800]. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ouvrage accompagné d'un tableau dépliant. Discours prononcé devant le Tribunat le 6 mars 1800 dans lequel son auteur approuve un projet de loi réglementant le statut des corsaires et de la course en mer. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PETIT (Émilien).

Droit public, gouvernement des colonies françoises, d'après les loix faites pour ces pays.

Paris, Delalain, 1771. 2 volumes in-8 de (2) ff., xvi-474 pp., (1) f. — (2) ff., 521 pp., basane marbrée, dos à nerfs ornés, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale de ce code colonial. Il est divisé en quatre parties : la première sur l'origine et nature du gouvernement des colonies, des îles en général et de Saint-Domingue en particulier, la seconde sur l'administration générale des colonies, la troisième sur le gouvernement des îles, et la quatrième sur le gouvernement ecclésiastique des colonies françaises. Député des Conseils supérieurs des colonies françaises, Émilien Petit, natif de Saint-Domingue, publia plusieurs ouvrages de droit public, notamment sur les colonies. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Max Bissainthe, 7326. — Ryckebusch, 6420. — Sabin, 61252.

PEYNIER (Antoine de Thomassin, comte de).

[Proclamation].

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. 1 feuillet de papier de 19,6 x 15,5 cm.

Très rare placard, imprimé à Port-au-Prince, d'une proclamation du gouverneur de Saint-Domingue. Y sont expliquées les raisons qui ont poussées le gouverneur à s'opposer à l'Assemblée de Saint-Marc, laquelle avait ouvert les ports de l'île aux navires étrangers "ne laissant plus de doute sur le dessein pernicieux de l'assemblée de s'emparer de la souveraineté de la nation", et à en disperser les membres. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

POYEN de BELLISLE (Henry de).

Histoire militaire de la révolution de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, 1899. In-8 de (2) ff., 555-(1) pp.; demi-basane verte, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Tiré à part d'une étude publiée dans le Mémorial de l'artillerie de la marine, revue publiée par le ministère de la marine et des colonies. L'illustration se compose de 17 cartes ou plans dont 13 dépliants, d'un tableau dépliant, et de 2 cartes dans le texte. L'ouvrage couvre la période de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance d'Haïti, mais il développe plus particulièrement les évènements durant l'expédition du général Leclerc, et du commandement de Rochambeau. Bon exemplaire. Quelques restaurations au dos. Max Bissainthe, 7455.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique.

Paris, F. Bechet, A. Égron, février 1817. 2 volumes in-8 de (2) ff., xxxij-403-(1 bl.)-(2) pp. — (2) ff., 394-(2) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Après un bref exposé de la situation coloniale des différent pays européens (Portugal, Hollande, Angleterre, France, Espagne), l'auteur analyse leurs différents modes de fonctionnement du point de vu législatif, commercial, ou encore vis à vis des esclaves. Il traite également de la question délicate de l'indépendance, politique ou commerciale, de la possible reconquête de l'Amérique du sud par l'Espagne, et appelle à la tenu d'un congrès colonial: "En effet, il faudra fixer l'ordre colonial dans toutes ses parties, celui du plus grand nombre de ses habitans, l'exclusif du commerce, la souveraineté des colonies, enfin la police générale de ces contrées." (t. 2, p. 153). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7459. — Sabin, 64882.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

[PÔLES] — DELANGLE (T.).

[Navire au mouillage dans un paysage polaire].

1872. Aquarelle signée et datée, avec rehauts de gouache blanche (29,7 x 49 cm), marouflé sur carton.

Belle vue animée d’une station sur la banquise. Elle montre, au premier plan, une grande tente devant laquelle se trouvent deux personnages, dont l’un est en train de couper du bois pour alimenter un feu où réchauffe une marmite. Autour de la tente se trouvent des caisses et des tonneaux contenant vraisemblablement des vivres; on aperçoit aussi, à proximité, une barque couchée sur le côté. Un autre personnage se dirige vers le navire, situé au second plan. Il s’agit d’un trois-mâts au mouillage près de la banquise où a lieu une opération de déchargement: on aperçoit un tonneau suspendu aux cordages et un marin prêt à le recevoir. Ce bâtiment, dont les mâts sont enneigés, porte le drapeau tricolore. Au premier et à l’arrière-plan sont représentés plusieurs glaciers dessinant des formes étranges, ce qui donne un aspect spectaculaire à cette aquarelle. Son auteur pourrait être Anatole Alfred Théodore Delangle (1828-1901). Peintre et graveur sur bois, il exposa des paysages et des gravures aux Salons de 1869 à 1884. Ancien sergent-major dans l’infanterie de marine, il fut promu capitaine lors du siège de Paris et commanda un bataillon de la Garde nationale pendant la Commune. Arrêté, il fut condamné à un an de prison. Il avait été l’élève de son frère Julien Firmin, lui aussi peintre. Le sujet représenté ne semble pas correspondre à une expédition polaire française, ni à une mission polaire étrangère, comme l’expédition Polaris, financée par les Etats-Unis (1871-1872), ou l’expédition austro-hongroise (1872-1874). Il pourrait s’agit d’un projet d’illustration pour un ouvrage destiné au grand public, analogue à celui d’Isaac Israël Hayes, Perdus dans les glaces, dont la première édition, illustrée de 58 gravures sur bois, parut en 1870. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. IV, p. 378. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, Supplément, 1886, p. 185. – Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (en ligne), article «Anatole Alfred Théodore Delangle».

RAIMOND (Julien).

Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises.

Paris, Imprimerie du Cercle Social, an II [1794]. In-4 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Julien Raimond était un mulâtre et riche propriétaire de Saint-Domingue. Lorsqu'éclata la révolution, il se trouvait en France et y devint le porte parole des Libres de couleurs. Dans cette rare brochure, il reprend le texte d'une lettre qu'il publia en mars 1791 sous le titre Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleurs, à laquelle Page et Bruley ont répondu par l'ouvrage cité dans le titre. En regard du texte de sa lettre, reproduite en intégralité, il cite les passages qui ont été tronqués par les deux auteurs dont il entend dénoncer la mauvaise foi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7542. — Monglond, III, 76. — Inconnu de Sabin.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RIVIÈRE (B.).

Notes et observations sur les colonies françaises des Antilles, et particulièrement sur Cayenne, avec la comparaison de ses produits à ceux des autres colonies.

Bordeaux, Pierre Beaume, mai 1825. In-8 de (2) ff., ij-30 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition. Présentation des avantages de la colonie de Guyane qui réunie "toutes les conditions qui doivent un jour la rendre la plus importantes de nos colonies (page 20). Exemplaire du directeur des douanes de Bordeaux Mr Charles des Moulins. Ce dernier fut également par la suite botaniste et malocologiste, et président de la Société linnéenne de Bordeaux. Quelques corrections autographes de l'auteur avec sa signature. Inconnu de Sabin.

RIVIÈRE (B.).

Observations générales sur la Guyane française, et projets d'améliorations de cette importante colonie.

Bordeaux, Pierre Beaume, 1827. In-8 de (4) ff., iij-(1 bl.)-88 pp.; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron, tranches jaunes (reliure moderne).

Nouvelle édition, augmentée de notes et d'un Catalogue des espèces de bois les plus connues de la Guyane (p. 65 à 86). L'auteur, qui s'était rendu en Guyane pour "affaires de commerce", donne un aperçu historique, une description de la région et de ses productions, ainsi qu'un court exposé sur la colonie de la Mana. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

RONMY (Thomas Ferdinand).

De l'émancipation des esclaves à la Guyane française, et des moyens d'atténuer les effets désastreux de cette mesure.

Paris, Imprimerie Royale, 1841. In-8 de 24 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

L'auteur, fort de son "expérience de vingt-quatre ans dans l'exploitation d'une des plus grandes habitations de la colonie", considère que, suivant l'exemple des colonies anglaises, l'émancipation à venir est la ruine de la colonie. Il propose un contre projet de loi prévoyant une émancipation progressive "pour faire contracter des habitudes d'ordre et de travail libre au plus grand nombre des esclaves actuels". Bon exemplaire. De Nouvion, p.612, n°207. — Sabin, 73082.

ROQUEFEUIL (Camille de).

Voyage autour du monde,... suivi d'un vocabulaire des termes de marine, orné de gravures et de cartes.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1843. 2 volumes in-8 de pp.xiii-xlix-(1)-344 pp. — (2) ff., 407 pp.; brochés, couvertures imprimées et illustrées.

Seconde édition peu commune, non mentionnée dans les bibliographies usuelles. Elle est illustrée de 2 cartes gravées dépliantes (mappemonde, et carte de la côte pacifique de l'Alaska à la Californie) et augmentées de 4 planches gravées dont deux dépliantes (portraits et vues). Camille de Roquefeuil, lieutenant de vaisseau, proposa, et obtint du gouvernement, de faire un voyage autour du monde à but commercial financé sur fond public. Parti de Bordeaux en octobre 1816, il passa par la Terre de Feu, fit escale à Valparaiso, à Lima et à San-Francisco, explora les îles Galapagos, et remonta la côte américaine jusqu'en Alaska pour y acheter des fourrures. Il passa l'hiver 1817-1818 à Hawaï, parcourut le Pacifique et alla vendre ses fourrures à Macao avant de rentrer à Bordeaux par le cap de Bonne Espérance. Après la publication du récit de son voyage, il fut nommé gouverneur de La Réunion. Son journal fournit l'une des descriptions les plus complètes sur la vie des Indiens de Colombie Britannique au début du dix-neuvième siècle ainsi que sur les conditions de vie des habitants de l'île de Nootka. Il fut le premier navigateur français à pénétrer dans la baie de San Francisco. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelques défauts d'usage aux couvertures. La préface de la première édition correspondant aux pages I à XII a été supprimée dans la seconde. Brunet, VI, 19875 (pour la première édition). — Hill, 1483 (pour la première édition). — Howes, R-438 (pour la première édition). — Lada-Mocarski, 86 (pour la première édition). — O’Reilly, Tahiti, 790 (pour la première édition). — Ryckebusch, 7202 (pour la première édition). — Sabin, 73149 (pour la première édition).

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

[SAINT-DOMINGUE].

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

[SAINT-DOMINGUE]

Etat des habitations Saint-Malon, dans l'île Saint-Domingue, partie du Nord. Ensemble comprenant 2 lettres autographes signées, 1 pièce signée et 5 manuscrits, soit 8 pièces au total.

Le Cap, Nantes et s.l., 1802-1825. et s.d. Environ 15 pp. in-4 ou in-folio ; en feuilles, 2 adresses.

La succession d'un colon de Saint-Domingue. Mort à Saint-Marc vers 1800, Jean Maurice Alexandre de Saint-Malon était propriétaire de 5 habitations situées dans la partie du Nord de Saint-Domingue, près du Cap-Français. La famille ayant émigré, les biens furent mis sous séquestre après son décès. Les pièces ici décrites se rapportent à l'inventaire des propriétés, à la levée du séquestre, et à la demande d'indemnisation des anciens colons de Saint-Domingue sous la Restauration. Cet ensemble contient : - JOULIN. Lettre autographe signée à M. Dupredy, transmise à Mme Saint-Malon à Malestroit. Nantes, 20 juin 1802, 3 pp. 1⁄2 in-4, adresse, marques postales (déchirures). Il communique l'extrait d'une lettre reçue du Cap, datée du 6 mai 1802, contenant les renseignements demandés au sujet des habitations Saint-Malon : «Je n'ai qu'un conseil à donner aux héritiers ; c'est de venir et d'apporter de l'or, ou bien de trouver ici quelqu'un de confiance et intelligent, et qui ait les moyens ; ce qui est aussi difficile et rare que scabreux ; pour le mieux, que le propriétaire vienne promptement, avec des papiers bien en règle...». La lettre décrit aussi l'état de ces habitations, qui avaient été affermées à des Noirs libres. - ALLARD (H.). Lettre autographe signée à M. Chevigné à Nantes. Le Cap, 16 frimaire an 11 [7 décembre 1802], 3 pp. in-4., adresse, marques postales. «[Les pièces] ne sont point celles exigées par la loi, pour entrer en possession de biens séquestrés par l'Etat. Il faut un certificat donné au nom des consuls par le ministre de la Marine et des Colonies qui constate la résidence de chacun des héritiers, et au cas qu'il y en ait quelqu'uns qui ayent émigré et soient rentrés, il faut un certificat donné par le ministre de la Police qui affirme que s'ils ont été portés sur la liste des émigrés, ils en ont été rayés, et que vous êtes en droit d'être mis en possession des propriétés que vous réclamez à St Domingue...». Le destinataire de cette lettre, Louis Marie, comte de Chevigné (1758-1830), était l'un des principaux héritiers d'Alexandre de Saint-Malon. - Etat des habitations St Malon dans l'isle St Domingue, partie du Nord. Manuscrit. S.l.n.d. [ca. 1802], 1 p. in-4. Contient la liste des 5 habitations. Les 4 premières étaient situées sur la paroisse de Sainte-Rose de la Grande Rivière : la plus importante, dite "Ravine Rocou" avait une superficie de 220 carreaux (248 ha) ; la seconde, au Bahou, mesurait 100 carreaux (113 ha) ; la troisième, au Caracol, 70 carreaux (89 ha) ; quant à la quatrième, au Morne à Bourrique, sa superficie n'est pas connue. La cinquième se trouvait sur la paroisse de Sainte-Suzanne, avec 80 carreaux (90 ha). L'ensemble produisait annuellement 31 000 boucauts de café. - CHEVIGNE (Louis Marie, comte de). Ensemble de 4 manuscrits autographes. S.l.n.d. [Nantes, ca. 1825], 7 pp. in-4 ou in-folio. Cet ensemble contient : 1. Habitations St Malon, partie du Nord, affermée par le Distric [sic]. Cette liste indique le nombre d'esclaves présent sur les plantations, les quantités de café produites et fournit les noms des Noirs libres à qui les habitations ont été affermées. - 2. Copie d'une lettre contenant la liste des pièces fournies à la Commission, afin d'obtenir l'indemnité accordée aux anciens colons de Saint-Domingue. - 3. Détail donné par Monsieur Dumergue, défenseur officieux au Cap, sur les habitations St Malon le 6 mai 1802. Donne des détails sur les trois premières habitations ; les deux dernières sont simplement évoquées. - 4. Copies ou extraits de lettres relatives à la succession Saint-Malon (déchirure dans la partie inférieure avec perte de quelques mots). On y retrouve l'extrait de la lettre du 6 mai 1802, qui donne des renseignements détaillés sur les plantations. Son auteur conclut : «Tel étoit l'état de ces habitations avant la dernière insurrection. On ignore encore à ce moment quel en a été les résultats, il est bien à craindre que le reste des bâtiments ait été incendié, que l'on ait perdu beaucoup de Nègres, les meilleurs, et que les plantations aient été dévastées...». - CHEVIGNE (Louis Marie, comte de). Déclaration préalable à fournir par les anciens colons de St Domingue demandeurs en indemnités. Pièce signée, en partie imprimée. Nantes, 20 novembre 1825, 1 p. petit in-folio oblong. Concerne l'habitation située au Bahou : situation, superficie (mentionne 110 carreaux au lieu de 100), production de café, etc. Manquant de renseignements, en particulier sur les abornements de l'exploitation, Chevigné n'a répondu qu'à 11 questions sur les 17 posées dans ce formulaire. Annotations au verso. On joint : -SEGUR (Philippe Henri, marquis de). Lettre signée, en duplicata, à M. de La Berillais. Versailles, 3 octobre 1782, 1/2 p. in-folio (manque de papier sans perte de texte dans l'angle supérieur droit). Il annonce à son correspondant qu'il est nommé major du Régiment d'infanterie de Viennois, la place étant «vacante par la promotion de M. de Gimat au commandement du Régiment de la Martinique». - [MARTINIQUE]. Copies de 2 lettres au gouverneur de la Martinique. Fort-Royal, Saint-Pierre, 1830, 2 pp. in-folio. La première lettre concerne la répression de la traite le long des côtes martiniquaises, la seconde évoque les événements du Venezuela, les troupes commandées par Simon Bolivar et l'envoi d'un bâtiment français sur place. Quelques documents concernant la succession Saint-Malon sont conservés aux Archives départementales de Loire-Atlantique. Cf. inventaire du fonds Chevigné (sous-série 190 J), Nantes, 2002, pp. 32-33.

[SAINT-DOMINGUE].

[Pièce signée concernant l’habitation Sacquenville].

Le Cap, 4 mars 1769. Manuscrit in-folio (37,2 x 22,8 cm) de (12) pp.; broché, rubans de soie verte, sceau de cire rouge en dernière page.

Le redressement d’une erreur dans les comptes d’une habitation. Propriétaires d’une habitation sucrière située sur la paroisse de l’Acul, à environ 10 km au sud-ouest du Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien), les héritiers Sacquenville, qui résidaient en France, avaient chargé la maison Auger, Andrieux et Cie, négociants au Cap, de la régie et de l’administration de leur exploitation agricole. Ces derniers ont géré eux-mêmes l’habitation, avant d’en confier la gestion à un négociant nommé Duplessis. Lorsque le temps de la régie fut expiré, les régisseurs durent rendre des comptes. On s’aperçut alors d’une erreur: «Par le compte rendu par le Sieur Duplessis il se trouva un article à la date du quatorze janvier mil sept cent soixante par lequel il étoit dit qu’il avoit payé au Sieur Boissou raffineur sur ladite habitation une somme de dix mil huit cens vingt cinq livres cinq sols huit deniers pour solde de ses appointements à compter du premier janvier mil sept cens cinquante sept jusques au quatorze janvier mil sept cens soixante…». Apparemment, Duplessis aurait payé en trop au Sieur Boissou une somme de 9 228 livres 7 sols et 4 deniers. Les héritiers Sacquenville se retournèrent contre Auger, Andrieux et Cie, qui eux-mêmes menèrent une action contre Duplessis. Après un examen plus approfondi, on constata que l’erreur ne venait pas des appointements du raffineur, mais d’une somme de 8445 livres 13 sols qui correspondait à des dépenses effectuées par Boissou pour l’exploitation, et qu’on lui avait remboursées en les ajoutant par erreur à ses appointements. Or, cette somme fut enregistrée deux fois dans les comptes de l’habitation: «Il a été pleinement reconnu que le Sieur Duplessis qui avoit reçu du Sieur Boissou toutes les quittances au soutien du compte au détail […], avoit porté ces mêmes quittances au détail et article par article par ordre de date dans le compte par lui rendu aux héritiers Sacquenville […]. Cette somme il l’avoit portée deux fois dans la dépense de son compte…». Duplessis étant décédé depuis cette date, c’est le Sieur Aubert, son exécuteur testamentaire, qui devra rembourser les héritiers Sacquenville en hypothéquant les biens de Duplessis. Cet acte, ici en copie authentique, est signé par Grimperel et Pertuis, notaires du roi au Cap-Français, et contresigné par Esteve, sénéchal, juge civil et criminel au siège royal du Cap. En dernière page se trouve le sceau aux armes de France de la juridiction royale du Cap. Moreau de Saint-Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l’isle Saint-Domingue, t. I, Philadelphie, 1797, p. 637 (sucrerie Sacquenville).

[SAINT-DOMINGUE].

Reconnaissance du capitaine Downing de 12 Nègres. Pièce signée par Simonnet jeune et Matthew Downing.

Port-au-Prince, 17 avril 1793. 1 p. 1⁄2 in-4 (22,7 x 18,3 cm).

Une vente d’esclaves à Saint-Domingue. Simonnet jeune déclare «avoir vendu & livré au Sieur Mathieu Downing, capitaine de la goélette la Providence de Baltimore, la quantité de douze nègres dont une négrite, étempés SIMONET boucassin» pour 15000 livres de Saint-Domingue. Suivent leurs noms: Joseph, Pirame, Neptune, Pompée, Darius, Cartouche, Mandrin, Clarendon, Guillaume, l’Espiègle, Thermidor, Marie. Au verso, le capitaine Downing déclare la vente nulle, n’ayant pu en remettre la valeur: «Je m’oblige de remettre desdits nègres et négrite à Baltimore, à Mrs Samuel & John Smith pour les tenir aux ordres de mondit Sieur Simonet». Document très lisible; quelques traces de plis.

[SAINT-DOMINGUE].

Succession de Jean-Baptiste Robineau. Ensemble de 3 pièces, dont une signée Hirel.

Le Cap et s.l., 1732-[1733]. 3 manuscrits in-folio de (2), (4) et (2) pp.; en feuilles, réunis par une épingle.

La difficile succession d’un planteur de Saint-Domingue. Propriétaire de deux habitations situées dans les environs du Cap-Français (actuel Cap-Haïtien), Jean-Baptiste Robineau disparut en octobre 1730 lors d’une traversée pour se rendre en France. Il laissait un frère, deux sœurs, un demi-frère et quatre demi-sœurs. D’après son testament, il nommait légataire universel son frère Vincent Marie, mais certains membres de la famille contestèrent le partage des biens et prirent des consultations juridiques afin d’obtenir une répartition plus équitable pour chaque héritier. Chaque document contient, dans la colonne de droite, les questions à poser au juriste, et, dans celle de gauche, les réponses obtenues. Le premier manuscrit évoque d’abord Antoine Robineau, décédé quelques années auparavant, ancien procureur général du Conseil supérieur du Cap, un «magistrat-colon» de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, père de Jean-Baptiste et Vincent Marie. Suivent trois articles dont le premier indique que les revenus de «tous les biens et esclaves» d’octobre 1730 au 20 mai 1733, date du partage, appartiennent aux héritiers et non au légataire. Les deux suivants concernent les mineurs de la succession, puis les bâtiments et travaux faits sur les biens propres, qui appartiennent aussi aux héritiers. Le second document contient les réponses de Hirel, assesseur à la sénéchaussée du Cap, sur les aspects techniques de la succession de Jean-Baptiste Robineau: les proportions reçues par les héritiers dans le cas des biens propres (provenant directement d’Antoine Robineau), les augmentations et améliorations apportées à l’habitation, les dettes et la question des esclaves: [Demande]: «Les Nègres échus au défunt par le partage général suivent-ils le sort des [biens] propres comme immeuble adhérents, ou appartiennent-ils totalement au légataire universel en vertu de la disposition du testament comme meubles ordinaires?». - [Réponse]: «Les Nègres qui sont échus au testateur par le partage de 1729 de la succession de son père n’ont point changé de nature, de meubles qu’ils étoient, ils ne sont point devenus immeubles, et on doit les regarder comme des effets mobiliers dans la succession du testateur, tout ainsy qu’ils l’ont été dans la succession du père, d’où il s’ensuit qu’ils tombent dans le legs universel, et quoy qu’ils se soient trouvés attachés à la culture de l’habitation ou plutôt de l’héritage propre échu au testateur, ils n’en sont pas moins pour cela meubles…» (p. 3). Quant au troisième document, il contient les réponses d’Auriol, notaire au Cap-Français. Les questions posées sont les mêmes que précédemment, mais les réponses sont plus brèves et moins détaillées. Référence: Marcel Chatillon, Gabriel Debien, Xavier du Boisrouvray et Gilles de Maupeou, Les papiers Robineau, in Papiers privés sur l’histoire des Antilles, Revue française d’histoire d’outre-mer, n° 216, 1972, pp. 438-442 (ne mentionne pas les présents manuscrits). Mouillures et déchirures avec perte de quelques mots dans le premier document.

[SAINT-DOMINGUE].

Sur les traites de Saint-Domingue.

Vers 1805. Lettre manuscrite in-folio (31,8 x 20,7 cm) de (8) pp.; broché, ruban de soie rouge.

Le remboursement des traites de Saint-Domingue. Cette lettre, ici en copie, a été écrite par un négociant français qui s’adresse à l’Empereur en tant que «tiers-porteur» de traites de Saint-Domingue. Celles-ci lui avaient été remises en échange de son bâtiment et de sa cargaison lorsqu’il se trouvait à Saint-Domingue, probablement en 1802 ou au début de 1803. Or, ces traites, émises par les autorités coloniales, avaient été tirées sur le Trésor public. Elles furent d’abord acquittées, puis leur paiement fut suspendu par le ministre, d’où la présente lettre: «Les porteurs de traites de St Domingue ont déjà fait parvenir aux pieds du trône, leurs légitimes réclamations. Vous voulez, sans doute, leur rendre justice; mais la Commission de liquidation ne pourra remplir vos intentions, tant qu’il ne lui sera pas permis de distinguer ni d’examiner les droits de chacun des porteurs […].Il est de fait que les traites, à 60 jours de vue, se négociaient, sur la place de Paris, à 5 et 6 pour cent, avant la suspension. C’est cette suspension qui a donné naissance à un agiotage scandaleux […]. On pourrait attribuer à cette mesure le complément de la ruine de St Domingue. Les dépenses ont doublé, les périls du petit nombre de braves qui résiste encore, en ont été augmentés; et les colons échappés au fer de Dessalines, voyant s’anéantir, dans leurs mains, le dernier gage de leur recours, ont été dispersés par la misère, non moins destructive que les Noirs» (pp. 1-4). «Ainsi, ces traites qu’on a prétendu avoir été émises par masses énormes, et avilir avec scandale, ne sont que des acomptes sur une dette beaucoup plus considérable. Il est authentique que jamais la liquidation ne réduira les comptes, au-dessous du montant des traites. Mais cela fut-il possible, des traites visées ne peuvent en aucun cas y être comprises, car elles sont devenues par le visa, la dette immédiate du gouvernement […]. L’exactitude avec laquelle les traites avaient été acquittées jusqu’au 2 floréal an 11, en avait assuré la circulation, et les faisait confondre avec les effets de commerce dont on leur avait imprégné le caractère. En les dénaturant, l’on a spolié indistinctement tous les tiers-porteurs, l’on a surtout méconnu les droits des porteurs de traites visées…» (pp. 5-6). «C’est comme tiers-porteur, c’est au nom de plusieurs familles qui m’ont soutenu de leur crédit, c’est en faveur de l’intéressante manufacture de Cholet, à peine sortie des ruines de la Vendée que j’implore Votre Majesté. Je ne suis point fournisseur. Les formalités prescrites ne peuvent me concerner. Je suis allé à St Domingue en qualité de négociant; et c’est à titre de lettres de change, à titre d’effets de commerce, que j’ai reçu des traites en retour de mon bâtiment et de sa cargaison. Il est de notoriété qu’en les prenant au pair, dans la crise où se trouvait la colonie, mon exemple produisit l’effet le plus favorable. Je supplie Votre Majesté d’ordonner qu’un nouveau rapport soit fait sur les traites de St Domingue; et que sur l’état qui lui sera présenté par sa Commission, de celles acceptées ou visées au 2 floréal an 11, il soit fait provisoirement un fonds spécial pour les acquitter…» (pp. 7-8). La manufacture de Cholet (Maine-et-Loire) produisait des toiles et des articles en coton qui étaient ensuite acheminés vers Bordeaux puis expédiés à Saint-Domingue. Elle avait été dirigée par la famille Cambon, l’une des plus importantes familles de négociants et de manufacturiers dans le secteur des cotonnades au XVIIIe siècle. Document très lisible et bien conservé.

[SAINT-DOMINGUE] — CAMBIS (Joseph de).

Copie de la proclamation du S. La Buissonière de Léogane. Manuscrit autographe.

Léogane, 3 décembre 1791. 1 p. petit in-4 (19 x 18,5 cm), texte sur 2 colonnes.

La révolte des esclaves et l’incendie de Port-au-Prince en 1791. En août 1791, de nombreux esclaves de la partie française de Saint-Domingue se révoltèrent, principalement dans le Nord de la colonie, marquant ainsi les débuts de la révolution haïtienne. De leur côté, les mulâtres libres et les Noirs affranchis, qui n’avaient pu obtenir l’égalité des droits avec les Blancs, se révoltèrent dans plusieurs endroits de l’Ouest et du Sud, où ils remportèrent des victoires dès l’été 1791. Dirigés par les généraux Beauvais et Rigaud, ils prirent la capitale, Port-au-Prince, qui fut en grande partie incendiée au mois de novembre. La présente proclamation, ici en copie d’époque, a été rédigée peu après l’incendie de Port-au-Prince par un officier nommé La Buissonnière. Ce dernier était capitaine général de la Garde nationale des citoyens de couleur de la paroisse de Léogane. Dans sa proclamation, il condamne les attaques contre les colons, interdit aux cabaretiers de vendre de l'alcool aux citoyens de couleur, et demande à ces derniers, qu'il qualifie de "frères et amis", de faire cesser "des brigandages qui déshonorent l'humanité, et qui sont destructeurs de tout lien politique". Puis il ajoute: «Que dirait la colonie et la France, si au lieu d’aller sauver les restes fumants du Port au Prince, en exterminant les brigands qui l’infestent, vous égorgez les paisibles cultivateurs d’une paroisse qui a avec nous […] tenu la conduite la plus franche et la plus loyale; d’une paroisse qui fait cause commune avec nous, en se rangeant sous la bannière de notre frère Rigaud commandant du poste de Bisotou; d’une paroisse enfin qui s’écrase en frais, pour vous procurer les moyens de vous venger, et avec vous tous les honnêtes gens de la Colonie…». Cette proclamation a été publiée par Louis Prudhomme dans «Révolutions de Paris, dédiées à la Nation » n° 135, 4-11 février 1792, pp. 274-276. On joint: - CAMBIS (Joseph de). Copie de la let[tre] de l'As[semblée] génér. de la partie françoise de St Domingue au Roi [et] à l'Assemblée nationale. Manuscrit autographe. [Cap François, 13 septembre 1791], 1 p. in-4. Copie de deux lettres sur la révolte des esclaves : "Cent mille Noirs sont révoltés dans la partie du N., plus de 200 sucreries sont incendiées : les maîtres sont massacrés et si quelques femmes se trouvent épargnées, leur captivité est un état pire que la mort même. Déjà les Nègres ont gagné les montagnes, le fer et le feu y montent avec eux…". - CAMBIS (Joseph de). [Notes sur les troubles de Saint-Domingue]. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 1 p. in-8. Il est question du défaut d'organisation intérieure de la colonie ainsi que des décrets pris par les Commissaires. - CAMBIS (Joseph de). Objets traités à l'Assemblée nationale. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 1 p in-8 oblong. Notes personnelles concernant un arrêté de l'Assemblée nationale, qui déclare qu'aucun citoyen ne doit être inquiété pour avoir dit librement ses opinions. - Copie de la lettre de l'Assemblée coloniale de la partie française de St Domingue à MM. les maires et officiers municipaux de la commune du Môle St Nicolas. Manuscrit. S.l.n.d., 1 p. in-4. Au sujet des navires venant de France, qui ne doivent pas mouiller dans certains ports. Officier de marine, Joseph de Cambis (1748-1825) participa à la guerre d’indépendance américaine où il se distingua au siège de Savannah (Géorgie). Favorable aux idées révolutionnaires, il conduisit à Saint-Domingue, en 1791, les premiers commissaires de l’Assemblée nationale. Resté dans la colonie, il dirigea la station navale des îles Sous-le-Vent. Il était membre de la Société des Cincinnati. Bel ensemble évoquant les débuts de la révolution haïtienne.

[SAINT-DOMINGUE] — CAMBIS (Joseph de).

[Notes sur la colonie française de Saint-Domingue]. Ensemble de 7 manuscrits autographes.

1792-1793 et s.d. 18 pp. in-4 (pour la plupart), en feuilles.

Notes sur la géographie et l’administration de Saint-Domingue, sur l’établissement d’une colonie, le commerce et la comptabilité. Elles sont classées sous forme de notices, avec titres et rubriques: - St. Domingue. S.l.n.d. [ca. 1792], 1 p. in-4, plus p. en anglais. Notes sur la géographie, évoquant notamment la plaine du Cap : «C'est le pays de l'Amérique qui produit le plus de sucre et de meilleure qualité", ainsi que le Cap François dont le port est "admirablement placé pour recevoir les vaisseaux qui arrivent d'Europe… Plus de la moitié des denrées de la colonie entière sont versées dans cet entrepôt…» (p. 2). - Station St. Domingue. Administrateurs du pays. S.l., 1792-1793, 2 pp. in-4. Notes sur l'administration de la colonie, le rôle de la marine et ses rapports avec le gouvernement. Contient aussi une adresse au maire et aux officiers municipaux du Cap, en mars 1793, dans laquelle Cambis exprime son attachement et sa fidélité à la patrie (p. 2). - Délits militaires. Insubordination. S.l.n.d., 2 pp. petit in-folio, ratures et corrections. Notes sur la mutinerie, la désobéissance et la désertion. - Préfet colonial. S.l.n.d., 1 p. in-4. Liste des responsabilités d'un préfet colonial : levée de contributions, solde et entretien des troupes, approvisionnements, inscription maritime, répression du commerce interlope, répartition des prises, etc. - Colonie (Etablissement de). S.l.n.d. [ca. 1793], 1 p. in-4. Contient le plan d'établissement d'une colonie, où l’auteur préconise «des lois précises, qui règlent l'échange des services mutuels qui doivent remplacer la domesticité et l'esclavage». Il ajoute aussi: «Avancer le système de civilisation par les mariages avec les filles du pays: ce lien si cher et si sensible éteint ces distinctions odieuses qui nourrissent des haines éternelles et qui séparent à jamais des peuples habitant la même région et vivant sous les mêmes lois». - Commerce. S.l.n.d., 8 pp. (dont une en anglais, d'une écriture penchée). Code marchand, sociétés, lettres de change, intérêts, capital, bilan, profits et pertes, comptes, factures et charte-partie (contrat entre un fréteur et un affréteur). - Comptabilité. S.l.n.d., 1 p. . Principes généraux de la comptabilité, tenue des comptes, registre journal, contrôle par l’ordonnateur, etc. Entré dans la marine en 1764, Joseph de Cambis participa, de 1778 à 1782, à la guerre d'indépendance américaine. Favorable aux idées révolutionnaires, il conduisit à Saint-Domingue les premiers commissaires de l'Assemblée nationale. Resté dans la colonie, il dirigea, en 1793, la station navale des îles Sous-le-Vent. Entré en conflit avec les commissaires civils Sonthonax et Polverel, il fut destitué par eux en juin 1793 et renvoyé en France. Débarqué à Lorient en octobre, il fut arrêté et destitué le mois suivant. Libéré en octobre 1794, il fut réintégré dans son grade en septembre 1795. Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français.

SAINT-DOMINGUE. — JONQUIERES (F. de). — AUGE.

Documents relatifs aux demandes d'indemnisation.

Paris, 1825-1826. 2 pp. in-4 imprimées, et 1 p. in-4 imprimée.

Ensemble de deux imprimés : - Instruction à suivre par les Anciens Propriétaires et Colons de Saint-Domingue, pour faire liquider l'indemnité qui leur est allouée en vertu de la loi du 30 avril 1826. [Paris, 1826]. Note d'instructions destinée aux anciens propriétaires qui dresse la liste complète des documents à fournir, notamment les renseignements sur les propriétés : localisation, superficie, cultures, abornements, distance de l'embarcadère, moyens d'exploitation, nombre d'esclaves, animaux, bâtiments et usines, nature des denrées récoltées en 1789 ou dans l'année la plus rapprochée. Le cabinet Jonquières et Augé prendra une commission de 4 % au-dessous de 4000 fr. d'indemnité, 3 % de 4001 à 10000 fr. et 2 % au-dessus de 10000 fr. - Avis aux anciens colons de Saint-Domingue.[Paris, 1826]. Imprimé contenant, en 14 points, la liste des renseignements à fournir pour constituer le dossier d'indemnisation : localisation, nom de l'habitation, superficie, cultures, matériel, animaux, revenu annuel, valeur présumée de l'habitation, etc. Dans la marge, on a ajouté à la main : "7° Le nombre de nègres qui existaient dans l'habitation. 8° La nature des moulins". Etabli d'abord au 12 rue de Ménars, le cabinet Jonquières et Augé fut transféré au 65 rue Neuve des Petits-Champs à Paris. En 1825, un traité fut signé entre le roi Charles X et le président de la République haïtienne, selon lequel Haïti consentait une indemnité de 150 millions en faveur des colons dépossédés, en échange de la reconnaissance de la République haïtienne par la France. Une commission d'indemnisation fut nommée, et examina, entre 1826 et 1833, plus de 27000 demandes de propriétaires de Saint-Domingue et de leurs ayants droits, retenant finalement 12000 dossiers. Bon état de conservation.

SAINT-DOMINGUE — LABAN.

Lettre autographe signée.

Roseaux, paroisse Saint-Marc, 20 mai 1790. 4 pp. in-4 d'une écriture régulière et très lisible.

Lettre d'un français établi à Saint-Domingue, adressée à son oncle demeurant à Toulouse. Il est d'abord question de l'héritage de ses parents, dont il n'a encore rien reçu. Désireux de récupérer sa part, il a signé une procuration qu'il a envoyée à Toulouse en juin dernier. Ne sachant pas si les biens de ses parents ont été vendus, il demande à son oncle de lui fournir des explications. Il souhaiterait aussi avoir des nouvelles de son frère, Joseph Laban, et demande qu'on adresse son courrier dans une enveloppe au nom de "Monsieur Roux et Cie, négociant à Saint-Marc, isle St Domingue". Il précise aussi que les lettres à destination des îles ou de l'étranger doivent être affranchies de Toulouse pour Bordeaux (ou autre port de mer), sinon elles ne sont pas acheminées. La dernière partie évoque la situation dans la colonie : "Vers la fin de décembre dernier le paÿs a été sagement gardé par les Blancs et gens de couleur libres, plusieurs nègres annonçant ou laissant voir qu'ils auroient secoué le joug de l'esclavage le jour du premier de l'an, sur les faux bruits que ces êtres brutaux avoient ouï que le Roy les avoit affranchis… En mars dernier les gens de couleur au lieu-dit la Petite Rivière ont voulu se révolter. Le commandant de St Marc, M. de Campan, homme brave, les a repoussés et les a obligés de prêter en place publique le serment de fidélité, les chefs de cette conjuration ont été proscrits. Leur tête est à prix, on en a saisi quelques-uns, ils sont retenus en prison, et je pense qu'ils seront punis selon qu'ils le méritent. L'assemblée générale a été convoquée à St Marc d'où elle n'est pas prête à sortir. Il y a présentement dans cette ville deux ou trois cents membres qui composent ce corps…". Intéressante lettre, écrite un an avant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (1791).

[SAINT-DOMINGUE] — MOYSE (Hyacinthe).

Lettre signée au citoyen Gassonville.

Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.

Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SAUSSURE (Henri de).

Antiquités mexicaines. Le manuscrit du cacique.

Genève, Aubert-Schuchardt, 1891. In-4 oblong de 8 pp. ; broché, couverture imprimée et illustrée.

Edition originale, illustrée d'un titre et de 17 planches en couleurs. Cet ouvrage est la copie d'un manuscrit précolombien découvert par Henri de Saussure au cours de son voyage au Mexique et concernant un rituel du culte solaire. Malgré la mention de "1er fascicule" ce fut le seul publié. Henri Louis Frédéric de Saussure était un entomologiste et un minéralogiste suisse. En 1854, il entreprit avec un ami, Henri Peyrot, un voyage d'exploration au Mexique et aux Antilles, qui devait durer jusqu'en 1856 et exercer une influence considérable sur toute sa carrière. Il revint en Suisse en 1856 avec des collections d’insectes, de myriapodes, de crustacés, d’oiseaux et de mammifères. S’intéressant également à la géographie, la géologie et l’ethnologie, il participa à la fondation, en 1858, de la Société géographique de Genève. Bel exemplaire de cette brochure peu commune. Quelques rousseurs sur la couverture, présence de morceaux d'adhésifs sur le dos. Manque aux bibliographies usuelles.

[SENEGAL] — AMICI (Domenico).

[Vue animée d’un comptoir français, probablement Saint Louis au Sénégal].

1872. Aquarelle originale datée et signée (26,4 x 36,9 cm) sur papier fort.

Cette aquarelle, signée et datée «D. Amici 1872» dans la partie inférieure, représente, au premier plan, un petit bassin délimité par une digue, d’où émergent de nombreux rochers. Deux personnages, dont l’un agenouillé sur la jetée et l’autre maniant une longue perche, vaquent à leurs occupations. Au second plan se trouvent trois constructions, montées sur pilotis: disposées parallèlement aux quais, elles semblent correspondre aux magasins et à la direction du comptoir. Un grand mât surmonté du drapeau français domine cet ensemble. Devant ces bâtiments, l’artiste a représenté des personnes vêtues à l’européenne, discutant entre elles ou se déplaçant, parmi lesquelles plusieurs jeunes femmes munies d’une ombrelle. Une petite embarcation, de couleur verte, est amarrée à proximité. Puis on aperçoit, à l’arrière-plan, une partie des quais où circulent des piétons ainsi qu’une calèche. Deux palmiers y ont été représentés. On remarque aussi deux bâtiments, l’un donnant sur le quai et l’autre construit en hauteur, avec un escalier ou une rampe permettant d’y accéder. Une large rangée d’arbres termine l’arrière-plan. Né en 1808 à Rome, Domenico Amici réalisa de nombreuses gravures et eaux-fortes représentant, pour la plupart, des vues d’architecture et des paysages pris dans cette ville. Il est notamment l’auteur d’un album intitulé «Principali vedute di Roma» (1832-1835, 42 pl.) et d’un autre portant comme titre: «Nuova raccolta delle vedute antiche e moderne di Roma e suoi contorni (1835-1847, 50 pl.). Parmi ses œuvres aquarellées, on peut citer «Assemblée devant une villa romaine, 1861» et «Le Forum, 1873». Sa signature est toujours composée de grandes lettres penchées tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite, selon la disposition des éléments du dessin. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, I, p. 270. – Site internet artnet.fr (indique par erreur 1871 comme date de décès).

[SENEGAL] — DRANER (Jules Renard, dit).

[Colon à l'éventail].

Vers 1870. Aquarelle originale et rehaut de blanc sur papier (29 x 20,5 cm), signée en bas à droite.

Très jolie aquarelle représentant un colon se pavanant au Sénégal, dessinée par le caricaturiste belge Draner. En arrière-plan se trouve un batiment arborant le drapeau français, ainsi qu'un couple d'africains dont l'homme porte une ombrelle. En 1814, le Sénégal fut donné à la France par le Traité de Paris, et se vit, par la suite, accorder le monopole du commerce. De 1854 à 1865, Louis Faidherbe fut nommé gouverneur de la colonie, et créa le port de Dakar. Bon état de conservation.

SESTINI (Domenico).

Voyage dans la Grèce asiatique, à la péninsule de Cyzique, à Brusse et à Nicée; avec des détails sur l'histoire naturelle de ces contrées.

Paris, Leroy, 1789. In-8 de (2) ff., viij-252 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre, tranches rouges (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'italien par Jean-Claude Pingeron. Domenico Sestini était un archéologue et numismate italien, célèbre voyageur du Proche et du Moyen-Orient. Au cours de ses nombreux voyages, il visita la Sicile, l'Asie Mineure (où il apprit le turc), la Syrie, la Mésopotamie (Bagdad, Bassorah), la mer Égée, puis les Balkans, et la Hongrie. Durant son séjour à Constantinople, il s'occupa de l'éducation des enfants du comte Ludolfi, ambassadeur du roi de naples. Le présent ouvrage, rédigé sous formes de lettres, contient des observations sur les environs de Constantinople, la description de plusieurs villes qu'il visita, des détails sur les antiquités de la péninsule de Cysique et sur les ruines des villes de Brusse et de Nicée, ainsi que sur les productions du pays et son histoire naturelle. Bon exemplaire. Atabey, 1125. — Blackmer, 1529. — Boucher de La Richarderie, II, 139. — Weber, II, 587.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

STUART (Gilbert).

George Washington.

Paris, London, Berlin & New-York Manzi, Joyant & Co, 1900. Gravure originale (61 x 34 cm).

Beau portrait en pied de George Washington, alors âgé de 64 ans, gravé en couleurs par Georges Petit d'après un tableau du peintre américain Gilbert Stuart. Le premier président des États-Unis (de 1789 à 1797) est représenté en pied, dans la pose d'un orateur. Il est vêtu d'un manteau noir, tenant une épée dans sa main gauche, la main droite tendue devant lui. Il est installé dans une pièce avec des colonnes en arrière-plan et des draperies. Derrière lui se trouve une chaise avec le sceau des États-Unis au sommet de son dossier, et à gauche une table drapée d'un tapis, sur laquelle sont posés un encrier, du papier et un chapeau. Ce portait est appelé portrait de Lansdowne , du nom de William Petty, 1er marquis de Lansdowne à qui fut offert le premier exemplaire. Un autre exemplaire fut réalisé pour William Kerin Constable, qui devint la propriété d'Henry E. Pierrepont de Brooklyn. Cet exemplaire est aujourd'hui au Brooklyn Museum à New York. Bel état de conservation.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

[TERRE-NEUVE].

Compte de retour du navire L’Amy ayant été faire pêche de morue à la côte de Terre-Neuve sous le commandement du capitaine Bochet, lequel est venu faire sa décharge à La Rochelle.

La Rochelle, 1788. Manuscrit in-folio (37,4 x 23,2 cm) de 2 pp. ; quelques ratures et corrections.

Le compte d’une campagne de pêche à Terre-Neuve. Il s’agit du compte de Charles Valette, négociant à La Rochelle, qui possédait un cinquième des parts de la cargaison. Le compte commence par les recettes provenant de la vente des morues (163610 livres au total), dont 33609 livres 19 sols 3 deniers sont mis sur son compte. A cette somme s’ajoute le montant de la vente de 22 barriques d’huile, auquel on doit déduire les frais de vente, ce qui donne un produit net de 36025 livres 4 sols 4 deniers. Viennent ensuite les frais communsmis sur son compte: gens de journée, port au magasin, loyer, compte du capitaine, nourriture et logement de ce dernier pendant la vente, commissions, intérêts ; soit en tout 4714 livres 16 sols 9 deniers. A ce montant doivent s’ajouter des frais de vente de morue et d’huile «pratiquées à divers», soit 457 livres 8 sols 6 deniers, plus les frais de l’équipage à hauteur d’un cinquième, pour 6170 livres 11 sols 10 deniers. En dernier lieu sont mentionnés les frais particuliers: nourriture d’hommes de l’équipage, fournitures, frais d’ouvriers; puis frais de cuisine et de pilotage au compte du capitaine, conduite des gens congédiés à Belle-Ile, frais des coffres des gens de l’équipage, loyer de 7 bateaux à la côte, etc.; soit 2491 livres 8 sols 7 deniers, auxquels s’ajoutent encore 274 livres 16 sols et 3 deniers de frais inhérents à «deux lots». Une fois déduits tous ces frais, le bénéfice net se monte, pour Charles Valette, à 22465 livres 14 sols et 11 deniers. Né à Tours, Charles Jacques Valette était un négociant protestant de La Rochelle. En 1759, il avait épousé Elisabeth Garesche; en 1792, il était toujours domicilié dans cette ville (cf. site geneanet.org). Depuis le XVIe siècle, La Rochelle pratiquait la grande pêche à Terre-Neuve. La présence de marais salants à proximité du port permettait de disposer du sel nécessaire à la conservation du poisson. La Rochelle resta ainsi un grand port morutier jusqu’aux années 1970 (source: Musée maritime de La Rochelle). Bord inférieur légèrement rongé sans perte de texte.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

THÉBAUDIÈRES (Pierre-André-François Viau de).

Vues générales sur les moyens de concilier l'intérêt du commerce national avec la prospérité des colonies.

Paris, Demonville, 1790. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Ancien procureur général au conseil supérieur du Cap, et député de Saint-Domingue, l'auteur proposait que "le commerce de France aura la faculté exclusive d'approvisionner notre colonie, sous la condition expresse que toutes les fois que le baril de farine […] s'élevera au dessus de 45 livres, il sera libre à la colonie de s'en procurer chez l'étranger à un plus bas prix, & de la payer en denrées du pays" (page 9). Ainsi cela éviterait la spéculation des marchands français. Bon exemplaire. Correction manuscrite de l'époque page 9. Max Bissainthe, 8129. — Ryckebusch, 7745. — Sabin, 95295.

UJFALVY DE MEZÖ-KÖVESD (Charles Eugène).

Le Kalévala, épopée finnoise.

Paris, Ernest Leroux, 1876. In-8 de 40 pp.; toile bordeaux, pièce de titre verte (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec le texte en finnois et la traduction française de Charles Eugène Ujfalvy de Mezô-Kôvesd. Seule la traduction de la première livraison fut publiée. Ethnologue et linguiste, il était spécialiste des langues finnoises et asiatiques. En 1876, il fut chargé par le Ministère de l'Instruction Publique d'une mission scientifique en Russie, en Sibérie et dans le Turkestan. A son retour, il fut nommé professeur d'histoire et de géographie de l'Asie centrale à l'École des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, ce dernier fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1797]. In-8 de 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797, dans lequel l'auteur, qui naquit et grandit à Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 98682.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VILLARET-JOYEUSE (Thomas).

Discours sur l'importance des colonies & les moyens de les pacifier.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 (1797). In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 31 mai 1797, par Thomas Villaret-Joyeuse, député du Morbihan et membre de la commission des colonies. Il avait un frère qui possèdait une plantation à l'île Maurice, et était le principal porte-parole des colons esclavagistes au Conseil des Cinq-Cents. Dans son discours, l'auteur demande que Saint-Domingue soit déclarée en état de siège et que le pouvoir y soit remis aux autorités militaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8359. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 99561.

VILLER. — DIEN (Charles).

Carte politique de S.t Domingue, par M.M. Leyritz, Levassor & Bourjolly, colons-propriétaires.

An XI-1803. Gravure originale (65,2 x 105,3 cm).

Très rare carte murale de l'île de Saint-Domingue, dessinée par Viller d'après le nouveau système colonial des citoyens Leyritz, Levassor et Bourjolly, colons-propriétaires à Saint-Domingue. Elle a été gravée par Charles Dien, et imprimée par Croisey. Cette carte politique, expliquée dans un texte en bas à gauche, divise l'île en deux régions : la région des Plaines, qui ne peuvent être cultivées que par des Africains, et celle des Montagnes, dont le climat est favorable à la santé et aux travaux des Européens. Selon ce système colonial, chaque individu est placé là où il est le plus utile. La carte montre les routes, les montagnes et rivières, les mines d'or anciennement exploitées, et les mines d'argent. Une légende en bas à droite donne l'explication des couleurs utilisées, mais la carte a été laissée en noir. Ces trois couleurs devaient indiquer les territoires peuplés uniquement de familles européennes (Préfectures intérieures), les positions occupées par les garnisons européennes (Préfectures militaires), et les établissements cultivés par les Africains (Préfectures maritimes). Au bas de ces explications figure une note disant que des considérations particulières ont empêché de publier l'ouvrage qui avait été annoncé pour paraître avec la carte politique. Bien que cette carte ait été publiée en 1803, ce nouveau système colonial, mis au point par les colons-propriétaires Leyritz, Levassor et Bourjolly, ne vit jamais le jour, en raison des événements politiques qui se déroulèrent cette année-là, provoquant l'indépendance de Saint-Domingue. Elle a été gravée d'après une carte manuscrite du même auteur, qui se trouve à la Bibliothèque nationale de France. Intitulée Carte politique de St Domingue. Rédigée d'après le nouveau sistème colonial des citoyens Levassor, Leyritz et Bourjolly, colons, elle est cependant d'un format beaucoup plus petit et mesure 40 x 40 cm. La BnF la date de 1800. Contrairement à la version imprimée, cette version manuscrite est bien aquarellée selon les indications. Il existe une autre version imprimée en langue allemande, au format 30 x 41 cm, publiée à Weimar en 1804. Il semblerait que tous les exemplaires de la version imprimée soient restés en noir. Sur les trois exemplaires que nous avons localisés dans les collections publiques ( BnF, bibliothèque de l'Université d'Amsterdam et Université du Wisconsin), aucun n'est aquarellé. Bel exemplaire. Petites déchirures dans les marges n'affectant pas la partie gravée. Duvivier, Bibliographie Générale et Méthodique d'Haïti, 1941, p. 105. — Catalogue des Cartes et Ouvrages géographiques qui composent le cabinet de Simon Schropp et Comp. à Berlin, Septembre, 1805, p. 160. — Bulletin of the American Geographical Society, Volume 47, 1915, p. 639. — Journal of The Royal Geographical Society, Vol. 26, 1856, p. CXXXVII.

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

Fragments sur l'Inde, et sur le général Lalli.

Lausanne, 1773. In-8 de (2) ff., 162 pp.; veau granité, dos lisse orné, pièce de titre verte, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Édition publiée la même année que l'originale. Le général Thomas-Arthur de Lally-Tollendal, gouverneur général de l'Inde française, fut condamné à mort puis exécuté, en 1766, car rendu responsable de la perte des établissements français en Inde durant la guerre de Sept Ans. Cette exécution produisit une grande indignation en France et en Europe, et Voltaire, alors âgé de 79 ans, publia ce mémoire. Il y dénonce le jugement de haute trahison, et, en parti grâce à son soutien, le fils du général obtiendra une révision du procès, et la cassation du jugement de haute trahison, mais pas la réhabilitation complète de son père. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Bengesco, Bibliographie des œuvres de Voltaire, 1828.

WAHLEN (Auguste, pseud. de Jean-François-Nicolas Loumyer).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

ZEILLER (Maartin).

Topographia Galliae, oder Beschreibung und Contrafaitung der vornehmbsten und bekantisten Oerter in dem machtigen und grossen Königreich Franckreich.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, publiée simultanément avec une édition latine et une hollandaise. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique représentant Clovis et Louis XIV, de 18 cartes à double-page et de 399 figures gravées sur 308 planches. Elles représentent des vues, des fortifications et des plans de villes (notamment de Paris en 1620 et 1654), ainsi que des panoramas dépliants (Paris, Dijon, Tonnerre, La Charité, Nevers, Rouen, et Bordeaux). La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Les cartes furent tirées de l’Atlas de Mercator, et les vues, la plupart sur double page, furent pour beaucoup inspirées des planches de Silvestre et de Marot, et gravées à l'eau-forte par Mattheus et Caspar Merian. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis. Brunet, V, 1529.