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KLAPROTH (Julius von).

Examen critique des travaux de feu M. Champolion sur les hiéroglyphes.

Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré père et fils, 1832. In-8 de viij-175-(1) pp.; demi-veau brun, dos lissse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes. Ouvrage publié juste après la mort de Jean-François Champollion, et alors que ni sa Grammaire ni son Dictionnaire égyptien n'étaient publiés. L'auteur s'appuie sur les quelques textes publiés du vivant de Champollion pour conclure, selon lui, qu'il s'était trompé dans son interprétation. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, III, 673. — Gay, 1758. — Ibrahim-Hilmy , I, 344.

KUBASTA (Vojtech).

How Columbus discovered America.

London, Bancroft and C°; Westminster ; Prague, Artia, 1960. In-folio (33 x 22 cm) de 7-(1) pp.

Livre pop-up réalisé par Vojtech Kubasta et représentant Christophe Colomb et sa flotte (Santa María, Pinta et Niña) découvrant l'Amérique. Christophe Colomb était un navigateur génois au service des monarques catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon. Parti d'Espagne le 3 août 1492, il atteignit les Antilles le 12 octobre 1492, puis débarqua à Cuba et à Haïti, avant son retour triomphal en Espagne. Une deuxième expédition, en 1493, lui permit de reconnaître les îles de la Dominique, de la Guadeloupe et de Porto Rico. Lors de son troisième voyage, en 1498, il atteignit pour la première fois le littoral du continent américain, le 5 août. Arrêté pour malversations, puis libéré, il entreprit une quatrième expédition en 1502 et longea l'Amérique centrale, avant de mourir en 1506. Exemplaire en très bon état bien complet de sa volvelle sur la couverture.

LABAT (Léon).

L'Égypte ancienne et moderne.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1840. In-8 de (2) ff., 252 pp.; demi-veau fauve, dos à nerfs orné, couvertures jaunes conservées et restaurées, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustrée du portrait lithographié de Méhémet Ali. Tiré à part de deux articles publiés dans la revue du XIXe siècle ; le premier, du 5 janvier 1840, sur l'Égypte ancienne et moderne, retrace l'histoire de ce pays de l'antiquité à l'expédition d'Égypte, et le second, du 7 juin 1840, est intitulé L'Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Ali. L'auteur fut chirurgien du sultan d'Égypte Méhémet Ali, avant de devenir le premier médecin du shah de Perse. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture au comte de Nadaillac. Il s'agit probablement de Sigismond du Pouget de Nadaillac (1787-1837), général et député de la Haute-Vienne. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Gay, 2088. — Ibrahim-Hilmy, I, 351. — Maunier, 88.

LABORIE (Pierre-Joseph).

Réflexions sommaires adressées à la France et à la colonie de S. Domingue.

Paris, Chardon, 1789. In-8 de 43 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Brochure signée du nom de Laborie, un avocat, procureur au Cap-Français, député suppléant à l'Assemblée Constituante, et président de la chambre d'agriculture du Cap. Elle fut publiée en réponse à un mémoire du 27 octobre 1789 qui refusait d'accorder des assemblées municipales aux colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6394. — Roquincourt, 1604. — Sabin, 38432.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LACOUR (Pierre).

Essai sur les hiéroglyphes égyptiens.

Bordeaux, André Brossier, 1821. In-8 de (4) ff., xl-296 pp.; demi-basane maroquinée rouge, dos lisse orné en long, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 300 exemplaires, et illustrée de 14 planches gravées dont 3 dépliantes. Natif de Bordeaux, l'auteur était le fils du premier conservateur du Musée des Beaux-Arts et directeur de l'école de peinture de la même ville. Dans cet ouvrage, il cherche à montrer que l'hébreux est la langue que l'on "parlait en Égypte à l'époque où, sous la conduite de Moïse, les Hébreux en sortirent", lui permettant alors de déchiffrer les hiéroglyphes. Bon exemplaire dans une élégante reliure, provenant du Château de La Brède (de la famille de Montesquieu, n° 383 du catalogue de la vente de 1926), avec son cachet bleu. Plusieurs cahiers dont le papier est jauni. Brunet III, 730. — Caillet, 5920. — Gay, 1781. — Ibrahim-Hilmy, I, 352.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique de la Nouvelle écosse, notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production de la région, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. Bon exemplaire. Sabin, 38564.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François-Alexandre-Frédéric, duc de).

Opinion sur la question des colonies.

Paris, imprimerie du Pont, 1791. In-8 de 26 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

L'auteur s'opposa à l'utilisation de la force pour faire appliquer le décret du 15 mai 1791 car cela pourrait causer la perte des colonies pour la France. En effet, les colons refusaient d'appliquer ce décret, qui accordait le droit de citoyen actif à tous les gens de couleurs nés de parents libres. Bel exemplaire. Ryckebusch, 4717. — Sabin, 39052.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Notice historique sur la vie de Williams Wilberforce, membre du parlement.

Paris, A. Henry, 1833. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition. William Wilberforce fut un parlementaire anglais qui combatit toute sa vie pour l'abolition de la traite et de l'esclavage qu'il obtint quelques temps avant sa mort. Il fut inhumé à l'abbaye de Westminster. Bon exemplaire.

LARUE (Antoine).

Voyage en Yougoslavie et en Grèce en 1953. Manuscrit dactylographié.

S.l., 1953. Un volume de texte in-4 (27 x 21,1 cm) de 49 et 3 pp., broché, dos de toile verte, titre dactylographié sur le plat supérieur, et un album de photographies grand in-4 (34,5 x 32 cm) de (53) ff., demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs, étiquette dactylographiée «Yougoslavie - Grèce 1953» au dos (reliure de l’époque).

Relation d’un voyage en Yougoslavie et en Grèce. Le texte est illustré de 7 cartes, dont 5 dépliantes, en reproductions photographiques tirées sur papier; l’album contient 4 cartes dont 1 en reproduction photographique, 4 photographies volantes et 610 photographies contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet. Ce voyage se déroula du 30 juin au 2 août 1953. Antoine Larue quitte Paris en voiture (une traction-avant Citroën) avec sa femme Colette, son fils Denis et une parente dont le prénom est Lydie. Les premières étapes sont Strasbourg, Karlsruhe, Augsbourg, Munich, Bruck (Autriche), Lienz et Klagenfurt. Ils franchissent les Alpes Carniques, passent la frontière yougoslave et arrivent le 3 juillet à Ljubljana (Slovénie)pour faire le même jour la visite des grottes de Postoïna (Postojna). Ils passent ensuite à Rijeka (Fiume, Croatie) puis à Cricvenica, sur la mer Adriatique. Le 4, les voyageurs quittent cette localité pour longer la côte dalmate: Senj, Karlobag, Obrovac puis Benkovac où ils dorment sous la tente. Le 5 juillet, ils parviennent à Sibeniko(Sibenik) ; puis ils se rendent à Trogir, ville d’architecture vénitienne. Les étapes suivantes sont Spalato (Split), où ils observent les murailles de l’ancien palais de Dioclétien, puis Makarska, Metkovic et Dubrovnik (Raguse) avec la visite de la vieille ville. Le 7, les voyageurs quittent la Croatie pour le Monténégro, passent par Cattaro (Kotor) puis Cetinje avant d’arriver le même jour à Titograd (Podgorica). Le lendemain, ils traversent le Kosovo: Pec, Decani (visite du monastère), Dakovica et Prizren, puis parviennent à Skopje (Macédoine) dans la soirée. Les étapes suivantes sont Prilep, Bitola (anciennement Monastir) et Okrida (Ohrid) où Larue rencontre, le 10 juillet, un ancien officier de l’armée impériale russe devenu directeur d’hôtel. Revenus à Bitola, les voyageurs traversent la frontière yougoslave le 12 juillet pour arriver le même jour à Florina (Grèce). Le trajet continue par Kozani, Grevena, Kalambaka (visite des Météores), Argios Stephanos, Trikala, Larissa, Pharsale, Lamia (plaine des Thermopyles), Thèbes (Thiva), Eleusis (Elefsina) puis Athènes où l’arrivée a lieu le 13 au soir. Le lendemain, ils visitent l’Acropole, puis, le 15, le cap Sounion (temple de Poséidon). Le 16, ils prennent place à bord de l’Andros pour visiter les Cyclades: les principales étapes sont Tinos, Paros, Naxos, Ios, Oia et Santorin. De retour à Tinos, ils s’embarquent le 18 sur le Costacis Toya qui les emmène à Mykonos. De là, ils prennent une barque à voiles à destination de Délos où ils visitent les ruines. De retour à Mykonos, ils montent à bord de l’Aegeon avec plusieurs autres Français. Le 19, ils font une halte à Leros, puis passent à Kalimnos avant d’arriver le même jour à Rhodes où ils visitent le musée et le château. Le retour au Pirée a lieu le 21 juillet. Ils repartent aussitôt pour faire le tour du Péloponnèse: Corinthe, Nauplie, Epidaure (visite du théâtre), Tirynthe, Mycènes, Argos, Tripolis et Sparte, où ils arrivent le 22. A Mistra, ils visitent des églises et des couvents byzantins, puis retournent à Tripolis avant de se diriger vers Olympie. Arrivés le 24, ils visitent le musée ainsi que le stade que l’on est en train de dégager. Ils passent ensuite par Pyrgos et Patras, prennent le bac pour traverser le golfe de Corinthe, passent par Naupacte (Lépante), et arrivent à Delphes le soir même, où ils visitent le musée et les ruines (temple d’Apollon, voie sacrée, stade, théâtre). Le 26, ils quittent Delphes, visitent le monastère de Saint-Luc (Hosios Loukas) dont l’église byzantine date du XIe siècle, passent par Lévadhia et Thèbes pour revenir à Athènes le soir. Le lendemain, ils se rendent au Pirée et montent à bord du Cyclades qui, après avoir traversé les golfes de Corinthe et de Patras, passe au large d’Ithaque, fait escale à Corfou et arrive à Brindisi (Italie) le 29 juillet. Le voyage de retour s’effectue par Tarente, Salerne, Naples, Pompéi, Rome (visite du Vatican), Sienne, Florence, Bologne, Milan et Domodossola. Les voyageurs passent le col du Simplon, traversent la Suisse par Montreux, Vevey, Lausanne et Genève, puis rentrent en France le 2 août 1953. Dans son récit, Larue dresse un tableau assez critique de la Yougoslavie: mauvais état des routes, difficultés de s’approvisionner en pièces détachées pour réparer les voitures, espionnage des fonctionnaires, faiblesse du niveau de vie, misère des habitants dans les campagnes, inadaptation du pays aux activités touristiques; malgré cela, il affirme que «Tous, malgré tout, aiment Tito, même ceux qui critiquent son administration car Tito leur a redonné leur orgueil national et reste le drapeau d’un pays fier et pauvre…» (p. 25). Le voyage en Grèce, essentiellement consacré à la visite des sites archéologiques, s’effectue dans de meilleures conditions: «Avec la récente dévaluation de la drachme qui est passée de 43 pour un franc à 85, la vie en Grèce n’est pas très chère; elle est cependant plus chère mais beaucoup plus confortable qu’en Yougoslavie…» (p. 44). Le texte contient aussi quelques allusions aux événements politiques (tensions entre la Grèce et l’Albanie) et s’achève par la liste des dépenses effectuées dans les différents pays traversés. Ancien directeur des relations sociales de la société Ugine, Antoine Larue avait étudié à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (promotion 1921). Les récits de ses voyages, restés inédits, sont illustrés d’un grand nombre de photographies pour la plupart prises par lui-même. Parmi les 610 photographies contenues dans l’album, environ 200 sont consacrées à la Yougoslavie: grottes de Postojna, vues de Cricvenica, Senj et Karlobag, port de Sebenico, monuments de Trogir, de Split et de Raguse, vues de Cattaro, ancien lac de Scutari, grand hôtel de Titograd, paysages montagneux dans les environs de Pec, monastère de Decani, église de Prizren, vues de Skopje, marché de Prilep, mosquée de Bitola, vues d’Okrida (dont certaines avec la mention: «données par Mlle Cavalieri»). Concernant la Grèce, on relève environ 300 photographies: les Météores, l’Acropole d’Athènes avec l’Erechtheion et les Propylées, l’île de Santorin, Paros, Mykonos, Délos (ruines), Kalimnos, Rhodes (palais des grands-maîtres, hôpital des chevaliers, fort Saint-Nicolas, remparts, acropole, marché aux melons et aux citrons, etc.), canal de Corinthe, Nauplie, Epidaure (stade et théâtre), Tirynthe, Mycènes (tombeau d’Agamemnon, porte des Lionnes), Sparte, Mistra (églises), vues de Karitaina et Andritsaina, Bassæ (temple), Olympie (ruines), port de Lépante, Delphes (temple d’Apollon, portique des Athéniens, stade, théâtre), Hosios Loukos (monastère), à nouveau Athènes, puis Le Pirée et Corfou. Les dernières photographies concernent essentiellement l’Italie (Ravello, Pompéi, Sienne, Bologne…). Légères mouillures sur la couverture du volume de texte; une carte est détachée dans l’album.

LARUE (Antoine).

Voyages aux Etats-Unis et au Mexique. Albums de photographies.

1947-1951. 2 volumes grand in-4 (34,5 x 32 cm) de (45) ff. dont 1 de texte pour le premier et (23) ff. dont 1 de texte pour le second; demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs, étiquettes dactylographiées aux dos (reliure de l’époque).

Albums de voyages en Amérique du Nord et au Mexique. Ils contiennent respectivement 590 et 270 photographies, soit un total de 860 photographies contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, plus 8 cartes postales et 15 reproductions de tableaux. Les photographies, non signées, ont été pour la plupart prises par l’auteur. Le premier volume relate un voyage effectué aux Etats-Unis entre le 8 mai et le 19 juin 1947. Antoine Larue quitte la France avec deux autres personnes dans le but de visiter les usines chimiques de l’Est des Etats-Unis et éventuellement de passer des contrats avec les entreprises américaines. Un feuillet dactylographié, placé en tête du volume, contient un résumé du voyage: les trois voyageurs prennent l’avion au Bourget le 8 mai, passent par Londres et Gander (Terre-Neuve) pour arriver à New York le lendemain soir. Après quelques rencontres, ils se rendent le 12 à Philadelphie où commence véritablement le voyage d’affaires. L’étape suivante est Pittsburgh, puis Natrona (Pennsylvanie) où Larue passe deux jours à visiter l’usine de la Pennsalt (16 et 17 mai). De retour à Pittsburgh, il se rend à Niagara où il visite les chutes. Le 19 a lieu une longue journée de discussion et d’examen chez Du Pont pour le sodium. Le 21, les voyageurs sont de retour à New York où ils ont des rendez-vous d’affaires les 22 et 23 mai. Le même jour, ils dînent dans un restaurant qui dispose d’un des premiers appareils de télévision où apparaît un match de boxe du Madison Square Garden. Après une visite au Metropolitan Museum et un après-midi passé avec la famille de Georges Moraillon, un parent établi à New York, Larue se consacre à trois journées d’affaires consécutives (26 au 28 mai). Le 29, il visite le laboratoire de l’American Cyanamid à Stamford (Connecticut). Le 30, il confectionne des colis qu’il va envoyer en France pour ravitailler sa famille. Le lendemain, il se rend à Wilmington (Delaware) où il visite les jardins de M. du Pont de Nemours, un descendant du fondateur de la célèbre firme chimique. Larue se rend ensuite à Washington, puis à Baltimore et à Philadelphie où il a deux journées d’affaires, les 3 et 4 juin. De retour à Wilmington, il se consacre à Du Pont de Nemours. Il se rend ensuite à Pittsfield pour une journée de travail dans l’usine de la Pennsalt, afin «de prouver que le procédé D.D.T. Jarrie-Mermillod est intéressant» (7 juin). L’étape suivante est Boston puis Schenectady (Etat de New York), où il visite, les 9 et 10 juin, l’usine de la General Electric. Il passe encore deux journées à New York pour affaires, puis il prend l’avion le 13 pour l’Europe. Arrivé à Lisbonne le lendemain, il rentre en France le 19 juin 1947. Parmi les 590 photographies contenues dans ce premier album, 50 concernent les Etats-Unis: New York (gratte-ciels), Natrona (visite de l’usine), Whilemarsh (laboratoire de recherches de la Pennsalt), Niagara (visite des chutes, réunion dans un bureau de Du Pont de Nemours), Washington (Capitole et monuments divers), Pittsfield (usine de la Pennsalt), Boston (voilier ancré dans le port). Sur les 8 cartes postales, 4 montrent les bureaux et l’usine de la General Electric à Schenectady. Les autres photographies concernent les Açores, le Portugal et la France (châteaux de la Loire, Bretagne, Paris…) avec des photos de famille ou d’amis proches. Le deuxième album concerne les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, le voyage s’effectuant entre le 6 avril et le 10 mai 1951. Antoine Larue s’embarque à Orly avec un collaborateur dans un avion de la Pan American. Le trajet s’effectue avec une escale à Shannon (Irlande), puis un vol d’une traite jusqu’à Idlewild, l’aéroport international de New York où l’arrivée a lieu le 7 avril au matin. Après quelques visites (dont le Metropolitan Museum) et une journée d’affaires, les voyageurs se rendent à Wilmington où ils rencontrent, le 10 avril, le président de la Herculès (Hercules Inc.), une société américaine spécialisée dans la chimie. De là, ils prennent l’avion pour Brunswick (Géorgie) où ils visitent une usine de cette société. Le 11, ils sont de retour à Wilmington et participent à des réunions de travail avec les cadres de l’entreprise. Le lendemain, ils assistent à un discours télévisé du président Truman annonçant le limogeage du général Mac Arthur. Puis Larue prend le train pour Washington et monte le 13 avril au matin dans un avion à destination de Mexico. Arrivé sur place, il continue ses discussions d’affaires puis il visite la ville illuminée à l’occasion de la fête du Printemps. Après une journée d’affaires le 14, il visite le lendemain les pyramides, la Guadalupe et le Musée, avant d’assister à une corrida. Le 16 a lieu une nouvelle journée de travail. Puis il effectue, le 17, une excursion à Guadalajara où il visite la cathédrale et le palais de l’empereur Maximilien. Après avoir traversé des cols boisés à 3.000 mètres d’altitude avec de belles vues sur les volcans, les voyageurs parcourent un pays plus aride et se rendent à Taxco, la vieille ville espagnole connue pour ses mines d’argent. De retour à Mexico le soir même, Larue s’envole aussitôt pour San Antonio (Texas). L’étape suivante est Dallas, puis Fort Worth où il visite, le 18, l’usine de l’American Cyanamid. Le retour à New York a lieu le soir même. Du 19 au 21 avril ont lieu trois journées d’affaires, l’une d’entre-elles étant coupée par «l’intermède ahurissant du défilé de Mac Arthurvu d’un 17e étage de Broadway». Le 22 a lieu un voyage d’affaires à Schenectady, puis, les 24 et 25, un autre à Chicago, ce qui lui permet de visiter le musée où se trouvent de nombreux tableaux de Picasso. Les journées suivantes se passent à New York (26 et 27), Wilmington (28), Philadelphie (29 et 30 avril), puis à nouveau New York et Wilmington (1er au 4 mai). Du 5 au 8 mai, Larue effectue un voyage d’affaires à Montréal, ce qui lui permet de visiter Québec (château Frontenac, excursion au lac Beaufort). De retour à New York le 8, il prend l’avion le lendemain et rentre en France le 10 mai 1951. Sur les 270 photographies rassemblées dans l’album, 80 se rapportent aux Etats-Unis, 95 au Mexique et 30 au Canada. Concernant les Etats-Unis, plusieurs photos ont été prises dans l’avion (passagers) ou depuis l’avion (vues aériennes de Long Island, de Géorgie ou de Caroline du Sud). On y voit aussi des installations industrielles, des maisons, des aéroports (Washington, Chicago) ainsi que l’arrivée de Mac Arthur à New York. Les photos du Mexique montrent des monuments (temple de Quetzalcoatl, basilique de la Guadalupe, cathédrale de Mexico), des scènes animées (fête du Printemps, marché, corrida) ainsi que des vues de Cuernavaca et de Taxco. La partie consacrée au Canada contient des vues de Québec (château Frontenac), de Montréal (hôtel Laurentien, qui sera démoli en 1978) et du golfe du Saint-Laurent. L’album contient aussi 15 reproductions de tableaux (Picasso, Matisse, Renoir) du musée de Chicago; à la fin se trouvent quelques photographies d’ordre personnel ou familial. Ancien élève de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (promotion 1921), Antoine Larue (ou L.G.A. Larue) avait été directeur des relations sociales de la société Ugine. Il travailla par la suite dans l’industrie chimique et effectua de nombreux voyages d’affaires à l’étranger. Il était aussi bibliophile: à la fin du premier album, quelques photographies montrent sa bibliothèque qui sera dispersée en 1985 et 1993. Dos du second volume insolé, avec accroc à la coiffe supérieure.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes occidentales par les Espagnols, et les moyens dont ils se sont servis pour s'en rendre maîtres.

Paris, Pierre Debats et Imbert Debats, 1701. In-12 de (5) ff., 382-(2) pp.; veau moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, illustrée d'un frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Exemplaire enrichi de 18 gravures extraites de l'édition latine de 1614 intitulée Narratio regionum Indicarum per Hispanos quosdam devastattarum. Gravées par les frères De Bry d'après les dessins de Jode de Winghe, ces planches représentent la cruauté des Espagnols envers les Indiens et les châtiments qu'ils leur faisaient subir. Bon exemplaire. Sabin, 11275.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Compte rendu sur la situation actuelle de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 18 octobre 1798. Ancien administrateur des colonies, l'auteur fut secrétaire de la commission envoyée à Saint-Domingue pour y faire appliquer la loi sur l'égalité politique des libres de couleurs votée en 1792. En 1796, il fut nommé commissaire ordonnateur du corps expéditionnaire de Saint-Domingue chargé de mettre fin au "préjugé de couleur", et élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinqs-Cents en 1797. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6541. — Sabin, 39611. — Inconnu de Monglond.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LE GENTIL de LA GALAISIERE (Guillaume-Joseph-Hyacinthe-Jean-Baptiste).

Voyage dans les mers de l'Inde, fait par ordre du roi, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769.

En suisse, chez les Libraires Associés, 1780-1782. 5 volumes in-8 de (1) f., 344 pp. — (1) f., 364 pp. — viij-431 pp. — (1) f., 434 pp. — (2) ff., 333 pp.; basane marbrée, dos lisseS ornéS, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 6 planches gravées dont une dépliante. Guillaume Le Gentil partit en Inde observer le passage de Vénus devant le soleil prévu en 1761. Retardé, il observa le transit à bord mais il ne put faire de mesures précises à cause des mouvements du navire. En attendant le second passage prévu en 1769, il voyagea en Inde et dans l'Océan indien, de Madagascar à Manille. Puis il construisit un observatoire à Pondichéry, mais cette fois-ci ce sont les nuages qui empêchèrent toute observation. Bon exemplaire. Brunet, III, 940. — Gay, 3239.

L'HÔTE (Nestor).

Notice historique sur les obélisque égyptiens, et en particulier sur l'obélisque de Louqsor.

Paris, Leleux, 1836. In-8 de 70-(4) pp.; demi-basane fauve, dos à deux nerfs avec le titre en long, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première et seule édition, illustrée de hiéroglyphes dans le texte, d'un frontispice lithographié, et de 3 planches lithographiées. L'auteur participa à l'expédition de Champollion en Égypte, de 1828 à 1830, comme dessinateur, où il eut l'occasion de dessiner les deux obélisques de Louxor. En 1836, à l'occasion de l'érection de l'un des deux, place de la Concorde à Paris, il publia cette brochure dans laquelle il recense les obélisques égyptiens connus. Bon exemplaire. Dos passé, légères rousseurs. Gay, 2117. — Ibrahim-Hilmy, II, 384.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LONGCHAMPS (Pierre Charpentier de).

Histoire impartiale des évènemens militaires et politiques de la dernière guerre, dans les quatre parties du monde.

Paris, Veuve Duchesne, 1785. 3 volumes in-12 de 558-(1) pp. - 523 pp. & (1) f., 620 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. La dernière guerre dont il est question est celle de l'Indépendance des états-Unis dont l'auteur donne une description chronologique jusqu'au traité de Paris de 1783. Outre les évènements se déroulant sur le sol américain, l'auteur décrit également les combats qui se déroulèrent aux Antilles, en Inde et à Gibraltar où la France avait attaqué les Anglais, les forçant à disperser leurs forces. Bel exemplaire. Déchiures sans manques pages 137 à 140 du tome 2. Sabin, 41905.

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

LÉGITIME (François-Denys).

Histoire du gouvernement du général Légitime, président de la république d'Haïti.

Paris, Ernest Leroux, 1890. In-8 de (3) ff., xlvj-422-(1) pp.; demi-percaline bordeaux, dos lisse, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait du général en frontispice, d'une planche en noir, et d'une carte en couleur sur double page. Après une carrière militaire, François-Denys Légitime se tourna vers la politique en devenant sénateur, puis, en 1880, ministre de l'agriculture et ministre des affaires étrangères. Le 16 décembre 1888, il fut élu président de la République haïtienne, mais il s'opposa au Sénat qui le destitua le 22 août 1889. C'est en exil qu'il fit publier cette biographie en forme d'explication de sa politique. La biographie proprement dite n'occupant que 148 pages, le reste de l'ouvrage est composé de pièces justificatives. Bon exemplaire. Dos passé. Max Bissainthe, 2738.

MACKENZIE (Alexander).

Tableau historique et politique du commerce des pelleteries dans le Canada, depuis 1608 jusqu'à nos jours.

Paris, Dentu, 1807. In-8 de (2) ff., 310-(1) pp.; cartonnage de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit en français par Jean-Henri Castera, et illustré d'un portrait gravé de l'auteur en frontispice. Travaillant pour la compagnie du Nord-Ouest (une maison de commerce des fourrures), Alexander Mackenzie entreprit pour cette dernière l'exploration des régions boréales du Canada. Le récit de ses voyages fut publié en France en 1802 en trois volumes. Notre ouvrage est un tiré à part de la plus grande partie du tome 1 et contient, outre le traité sur le commerce des fourrures, des détails sur les Indiens Knisteneaux, un vocabulaire de la langue algonquine, une note et un vocabulaire des Chipiouyans (Chipewyan). Bel exemplaire. Leclerc, I, 920. — Sabin, 43917.

MAGON de CLOS-DORÉ.

Souvenirs d'un voyageur en Asie, depuis1802 jusqu'en 1815 inclusivement.

Paris, Nepveu, 1822. In-8 de 198 pp.; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Issu d'une famille d'amateurs de Saint-Malo, l'auteur se présente ainsi dans sa préface: "Ma première jeunesse s'écoula sous un ciel étranger; et lorsque je rentrai dans ma patrie, ce fut pour devenir acteur dans ces tristes combats livrés par George Cadoudal, dans les landes du Morbihan. La paix faite, je ne sais quel destin me conduisit à l'île de France et de là en Asie". Ses souvenirs sont en fait une succession d'exposés ou d'anecdotes sur la compagnie des Indes, les routes possibles pour rentrer en Europe, un portrait du sultan de Mysore Tipû Sahib, les Cipayes, les animaux (chevaux, éléphants, serpents, buffles, chiens sauvages), le sacrifice des femmes brahmanes, l'exposition des nouveau-nés, les Bayadères, son naufrage aux Seychelles, les religions et les populations des Indes... Le dernier chapitre est une description de l'île Sainte-Hélène, où mourut Napoléon. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 545. — Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, II, 981.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MANIÈRES (Alexis).

Ma parenté maternelle. Note sur les Crespin, les Lefebvre-Latour, les Dethomas, les Rance-Paris, les Dégrange, les Merlet, les Thillard, les Richon, les Faure et les Jeanneau.

Bordeaux, imprimerie Ve Cadoret, 1875. In-4 de 236 pp. ; toile marron à la Bradel, dos lisse muet, titre imprimé sur le premier plat, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Rare ouvrage, probablement tiré à petit nombre pour la famille. Il est illustré de 5 portraits photographiques en médaillons contrecollés dans le texte, dont celui de l'auteur sur le frontispice, et de 2 cartes lithographiés en couleurs dont une de Saint-Domingue. Parmi les ancètres de l'auteur figure la famille Lefebvre-Latour dont des membres ont possédé "de 1720 à 1793, une propriété aux Cayes, lieux de Marchaterre et du Boucaud, des propriétés d'une valeur assez considérable […] A partir de la grande insurrection de 1793 sous Dessalines, on n'a plus eu de leurs nouvelles" Plusieurs lettres de familles ou d'affaires de cette branche sont cités dans l'ouvrage. Bon exemplaire.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

[MARTINIQUE].

Rhum St James.

Marseille-Paris, Imprimerie Moullot, vers 1895. Chromolithographie originale montée sur carton (70 x 53,5 cm).

Grand et beau carton publicitaire de la distillerie Saint-James à la Martinique. Elle fut créée en 1765 sur les hauteurs de Saint-Pierre par l'ordre des Frères de la Charité, et le père Lefébure, supérieur du couvent, lui donna le nom de Saint-James, reconnaissable par les Anglais, afin de faciliter la vente de sa production aux colons de Nouvelle-Angleterre. Car l'importation de rhum dans l’hexagone était interdite. Devenue bien national, elle fut rachetée en 1890 par Paulin Lambert, un négociant en vins et liqueurs à Marseille, qui avait introduit sur le marché français le rhum en provenance des Antilles. Huit ans plus tôt, il avait déjà déposé la marque commerciale Rhum des plantations Saint James et choisit un format de bouteille carré, révolutionnaire pour l’époque. Bon état de conservation.

MASQUERAY (Emile).

Notes, concernant les Aoulad-Daoud du Mont Aurès (Aourâs).

Alger, Adolphe Jourdan, 1879. In-8 de 40 pp.; broché, couverture grise imprimée.

Ouvrage illustré d'une vue dépliante et de 3 cartes lithographiées d'après les dessins de l'auteur. L'auteur fut chargé d'une mission dans l'Aurès par le ministre de l'Instruction Publique. Ces notes présentent la société telle qu'elle était avant la colonisation. L'Aurès est une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief en partie montagneux et par son peuplement traditionnel, le groupe berbère des Chaouis. Bon exemplaire conservé dans sa brochure de l'époque. Couverture légèrement écornée.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

[MAYOTTE] — LE BRETON (Louis).

Rocher de Dzaoudzi.

Vers 1845. Dessin originale au crayon avec rehauts de blanc et de couleurs signé et monté sur carton (40 x 23 cm).

Beau dessin de Louis Le Breton représentant le rocher de Dzaoudzi, quartier historique de Mayotte, lieu du pouvoir des sultans et de l'arrivée des Français. Il est situé sur l'île de Petite-Terre, une des deux iles principales de Mayotte, archipel de l'océan Indien situé entre Madagascar et la côte du Mozambique. Le 25 avril 1841, sous le règne de Louis-Philippe Ier, le royaume de France acheta Mayotte au sultan Andriantsoly, qui était menacé par les royaumes voisins et préfèrait voir les deux îles rattachées à la France. En 1848, l’île intègra la République française. Peintre, graveur et surtout lithographe de marine, Louis Le Breton fut l'un des artistes les plus prolifiques de son temps et le témoin de toutes les marines du XIXe siècle. Embarqué à 19 ans comme aide-chirurgien sur l'Astrolabe dans l'expédition de Dumont d'Urville, il sera nommé dessinateur de l'expédition à la mort de Ernest Goupil, décédé en Tasmanie. C'est à Louis Le Breton que reviendra la tâche de rassembler l'iconographie du voyage qui sera publiée dans l'Atlas pittoresque. Bel état de conservation.

MEARES (John).

Voyages de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique, fait dans les années 1788 et 1789.

Paris, F. Buisson, an III [1795]. 3 volumes in-8 de xxiv-391 pp. — (2) ff., 386 pp. — (2) ff., 371-(1) pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Billecocq. Elle est accompagnée d'un atlas comprenant un titre, la liste des planches, et 28 planches gravées (portrait de l'auteur, cartes, profils de côtes, vues, plans de ports, portraits) dont 11 dépliantes. Capitaine de la Royal Navy, l'auteur rejoignit, en 1785, la marine marchande. Il se consacra au commerce des fourrures entre l'Amérique du nord et la Chine, et ce sous pavillon portugais, pour ne pas payer une licence à la East India Company qui avait le monopole de ce commerce. Le récit de son voyage entre la Chine et l'Amérique (dans lequel il dénonce le monopole de la compagnie comme nuisible au commerce) est précédé de celui de son voyage sur le Nootka de Calcuta à la côte nord-ouest d'Amérique pendant les années 1786 et 1787. On y trouve également des Observations sur la probabilité d'un passage nord-ouest, et un traité abrégé du commerce entre la côte nord-ouest d'Amérique et la Chine. Bon exemplaire. Boucher de la Richarderie, V, p. 465. — Brunet, 1563. — Chadenat, 1168. — Cordier, BS, 2104. — Hill, 1127 (pour l'édition anglaise). — Howes, 469. — Lada-Mocarski, 46 (pour l'édition anglaise). — Leclerc, 953 (sans l'atlas). — Monglond, III, 467. — Sabin, 47262.

[MEXIQUE].

Portrait de Luis Enríquez de Guzmán.

Vers 1850. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Luis Enríquez de Guzmán, Conde de Alba de Liste (1610-1680), fut nommé vice-roi de la Nouvelle-Espagne le 28 mai 1648, sous le roi Philippe IV d'Espagne, fonction qu'il occupa jusqu'au 14 août 1653. Sa principale réalisation fut de réformer la trésorerie de la colonie, entraînant une augmentation considérable des revenus, dont la plupart furent envoyés en Espagne pour soulager les difficultés financières de Philippe IV. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

[MEXIQUE].

Portrait de Pedro de Castro y Figueroa y Salazar.

Vers 1840. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Pedro de Castro y Figueroa y Salazar, duc de la Conquista et marquis de Gracia Real (1678-1741) était un officier de l'armée espagnole. Il fut nommé vice-roi de Nouvelle-Espagne, par Philippe V, en 1740 pour remplacer Juan Antonio de Vizarrón y Eguiarreta. Pendant sa période de vice-roi, il travailla à l'amélioration des mines de Zacatecas en améliorant le système de drainage, fit nettoyer les obstructions du port de Veracruz et ordonna la construction du fort San Juan de Ulúa. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

MEXIQUE. — CHAPLIN (Charles).

Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).

1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE de la MARINE et des COLONIES.

Commission instituée, par décision royale du 26 mai 1840, pour l'examen des questions relatives à l'esclavage et à la constitution politique des colonies. Rapport fait au ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1843. In-4 de xvi-438 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun, tranches jaspées (reliure moderne).

Cette commission était composée notamment du duc de Broglie, du comte de Saint Cricq, du marquis d’Audiffret, du comte de Sade, de Passy, de Tocqueville ou encore du Baron de Mackau. Parmi les questions posées, on trouve l’abolition de l’esclavage envisagée par ses rapports avec l’ordre public, avec l’intérêt réel de la population esclave, avec l’intérêt des colons, avec le maintien du système colonial et des projets de lois concernant l'émancipation générale et simultanée, l'émancipation partielle et progressive et des pièces justificatives. Les membres les plus influents de cette commission, dont Tracy, Tocqueville et Hippolyte Passy, étaient partisans de mesures transitoires contrairement aux solutions radicales de Schoelcher qui menait à la même époque une campagne ardente contre l’esclavage. Il faudra attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit proclamée l’abolition immédiate dans toutes les colonies et possessions françaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5734. — Sabin, 67930.

MINISTERE DES COLONIES. — PROST (Gaston).

Le Cacao des Colonies Françaises.

Paris, Imprimerie de Vaugirard, vers 1920. Lithographie originale en couleurs (79 x 59 cm).

Affiche éducative sur le cacao, de sa récolte à sa consommation : le cacaoyer, la fleur, le fruit , la récolte, le séchage, la chocolaterie, le broyeur pour la pâte de chocolat, la confiserie-patisserie, le petit déjeuner. Bon exemplaire malgré ques traces de pliure et de petits manques marginaux.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MONTMIGNON (Jean-Baptiste).

Choix des lettres édifiantes, écrites des missions étrangères ; avec des additions, des notes critiques, et des observations pour la plus grande intelligence de ces lettres.

Paris, Maradan, H. Nicolle, 1808-1809. 8 volumes in-8 de (2) ff., cviij-400 pp. — (2) ff., lxiv-451 pp. — (2) ff., 458 pp. — (2) ff., lxxxiv-568 pp. — (2) ff., lxxij-427 pp. — (2) ff., 507 pp. — (2) ff., lxxxviij-490 pp. — (2) ff., iv-514 pp. ; veau blond, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin noir, roulette encadrant les plats, tranches dorées (F. Bozerian jeune).

Première édition. Les trois premiers volumes sont consacrés à la Chine, le suivant à l'Inde, deux autres au Levant, et les deux derniers à l'Amérique. Les extraits de lettres, choisis pour présenter tous les aspects du pays, sont précédés d'une présentation des pays. Bel exemplaire dans une élégante reliure signée de Bozerian. Quelques rousseurs. Chadenat, 4911. — Cordier, BS, 939. — Sabin, 50213.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Éloge de M. Turc de Castelveyre, et de M. Dolioules, fondateurs de deux hospices appelées Maison de la Providence, au Cap-Français, Isle Saint-Domingue.

Paris, G.-A. Rohette, 1790. Petit in-8 de 40 pp. ; broché, couverture bleue muette de l'époque.

Avocat et propriétaire d'esclaves, Moreau de Saint-Méry se fit admettre comme député de la Martinique à l'Assemblée Constituante où il défendit la cause des colons esclavagistes. Dans cette brochure, il dresse l'éloge de deux personnalités charitables de Saint-Domingue. Louis Turc de Castelveyre, dit frère Chrétien, fut supérieur de l'Hôpital Général de Montréal, mais après la faillite de l'établissement, il s'intalla au Cap-Français. Il y fonda une institution qui recueillait des orphelins et des vieillards indigents, qu'il nomma "La Providence". M. Dolioules, quant à lui, était maître maçon au Cap-François, voisin de Turc de Castelveyre. Il légua sa maison pour y acceuillir les "pauvres femme honteuses de la paroisse du Cap". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7027. — Inconnu de Sabin.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

[MOZAMBIQUE]. — SAINT FRANCOIS-XAVIER.

Bénédiction d'un africain.

XVIII° siècle. Peinture originale sur toile montée sur chassis (58 x 47).

Saint François Xavier (1506-1552) était un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'«Apôtre des Indes». Béatifié en 1619, il fut canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. En 1541, il embarqua pour Goa alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, et fit notamment une longue escale au Mozambique en attendant des vents favorables pour repartir. Il visita notamment le Mozambique, l'Archipel des Comores, Ceylan, Malacca, les îles Moluques, le Japon où il convertissa de nombreuses personnes, et mourut de maladie sur l'île chinoise de Shangchuan. Bon état de conservation.

MOÜETTE (Germain).

Histoire des conquestes de Mouley Archy, connu sous le nom de roy de Tafilet; et de Mouley Ismaël, ou Seméin son frère, & son successeur à présent régnant.

Paris, Edmé Couterot, 1683. In-12 de (17) ff., 469-(18) pp.; veau brun, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, peu commune. Elle est illustrée du portrait de Mouley Seméin en frontispice, et de 2 cartes gravées dépliantes: une carte des état du roi de Fez par "Talbe-Bougiman docteur de l'Alcoran", et une "carte particulière du royaume de Fez avec le plan des principales villes, dessignées sur les lieux" par l'auteur. En route pour les Antilles, Moüette fut capturé par des pirates et vendu comme esclave au Maroc. Il y resta prisonnier 11 ans notamment à Mekhnès où il participa aux vastes chantiers de construction ordonnés par le sultan Moulay Ismail. À son retour en France, il publia le récit de sa captivité, ainsi que cette histoire de Mouley Archy [Rachid] et de son demi frère et successeur Mouley Ismaël. Il doit une grande partie des informations contenues dans cette histoire à l'un de ses maître Bougiman "Talbe et docteur de la loy" qui lui apprit également l'arabe et les principaux points de la religion musulmane à laquelle il tenta en vain de le convertir. Bon exemplaire. Quelques annotations manuscrites ancienne en fin de volume. Brunet, VI, 28395. — Chadenat, 5834. — Gay, 1257. — Playfair, 296.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NADAILLAC (Jean-François Du Pouget, marquis de).

L'Amérique préhistorique.

Paris, C. Masson, 1883. In-8 de viij-588 pp.; demi-chagrin vert, dos à nerf, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de plus de deux cent figures dans le texte. Après une carrière préfectorale, le marquis de Nadaillac démissionna de l'administration après l'échec du rétablissement de la monarchie, en 1783, pour se consacrer à la paléontologie et à l'anthropologie. Son ouvrage sur l'Amérique traite des amérindiens, des peuples Pueblos, des peuples et des ruines d'Amérique Centrale ainsi que du Pérou. Bon exemplaire. Ex-libris armorié de la bibliothèque de Barante.

NAIRAC (Paul).

Discours prononcé dans la séance du 28 juin au soir, sur le commerce de l'Inde.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Bordeaux, l'auteur prononça son discours alors que le décret du 3 avril avait libéralisé le commerce au-delà du cap de Bonne-Espérance et qu'une commission formée du Comité d'agriculture et de celui du commerce était chargé de fixer les conditions de ce commerce. Sachant que "s'il est nécessaire d'assurer, par des formalités indispensables, la perception des droits, de prévenir la fraude, de garantir nos manufactures de la concurrence des manufactures étrangères" il demanda que les formalités doivent être "simples, modérées, expéditives". Il termina en proposant un projet de décret. Bon exemplaire.

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NODIER (Charles).

Lettre autographe signée [à Armand du Plessis, duc de Richelieu].

Saint-Germain-en-Laye, 3 novembre 1817. 3 pp. in-folio (31,2 x 20,5 cm)sur une feuille double ; annotations au verso de la dernière page.

Le voyage manqué de Charles Nodier en Russie. En 1817, le célèbre écrivain et romancier accepta, à la demande de l’abbé Nicolle, aumônier du roi, un poste de professeur d’économie politique au lycée Richelieu à Odessa. Il devait aussi créer, dans cette ville, un journal littéraire, politique et commercial. «L’espace de temps qui doit s’écouler avant l’organisation définitive du lycée Richelieu, est assez étendu pour me permettre de me livrer à des explorations très diverses et suffisamment approfondies […]. Indépendamment des recherches relatives à l’histoire et aux antiquités pour lesquelles j’ai été précédé par des voyageurs trop superficiels, je suis propre à enrichir l’histoire naturelle de notions très intéressantes sur cette contrée, dont la géologie seule a été traitée avec un peu de détails par le docteur Pallas. Je vais donc chercher non seulement des positions géographiques et de grands souvenirs, mais des faits naturels et des collections. D’un autre côté, il est de mon intention d’agrandir autant que je le pourrai la carte de mon itinéraire au retour, et de visiter dans l’intérêt du Cabinet du Roi des pays également vierges de perquisitions naturelles, quoique assez voisins de nous, et dont la Faune et la Flore nous sont beaucoup moins familières que celles de l’Australie et du Pérou…». Il termine en précisant qu’il fait imprimer actuellement une nouvelle édition des Fables de La Fontaine, et qu’il sera à la disposition de son correspondant le 20 novembre suivant. [Le voyage en Russie n’eut finalement pas lieu, les autorités russes ne lui ayant pas délivré la feuille de route officielle]. Né à Besançon en 1780, Charles Nodier était un écrivain qui joua un rôle important dans la naissance du mouvement romantique. Nommé bibliothécaire de l’Arsenal en 1824, il fut élu à l’Académie française en 1833. L’année suivante, il fonda le Bulletin du bibliophile avec le libraire Techener, et mourut à Paris en 1844. Il avait été formé aux sciences naturelles par le naturaliste Girod de Chantrans, notamment en botanique, entomologie et minéralogie. Son correspondant, Armand Emmanuel Sophie Septimanie du Plessis, duc de Richelieu (1767-1822), avait été gouverneur d’Odessa de 1803 à 1805 puis gouverneur général des provinces du sud de la Russie de 1805 à 1814, avant de devenir président du Conseil sous Louis XVIII. Cf. Benoît Yvert, Dictionnaire des ministres, pp. 178-180. Précieuse lettre évoquant un projet d’exploration de la Russie méridionale.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

OSMAN-BEY (Frederik van Millingen, dit).

Les femmes en Turquie.

Paris, Calmann Levy, 1878. In-16 de (1) f., 36 pp. ; demi-chagrin marron, dos à nerfs fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. L'auteur était le fils d'un médecin anglais installé en Turquie. Il fut officier dans l'armée ottomane, et écrivit plusieurs ouvrages sur l'Empire Ottoman. Son ouvrage sur les femmes traite des relations des Turcs avec les femmes, de l'esclavage et du harem, et du harem du sultan. Bel exemplaire.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PASSALACQUA (Giuseppe).

Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Égypte.

Paris, à la galerie d'antiquité égyptienne, 1826. In-8 de xv--303 pp.; broché, non coupé, couvertures imprimées.

Édition originale, illustrée de 2 planches lithographiées dépliantes hors texte. Catalogue de la collection privée de Joseph Passalacqua qu'il constitua en effectuant des fouilles privée en Égypte entre 1822 et 1825 et qu'il exposa à Paris au 12 rue des Filles-Saint-Thomas. Il tenta de vendre cette collection d'antiquités à la France, mais c'est finalement le roi de Prusse qui l'acheta, et l'ensemble constitua le noyau des collections égyptiennes du musée de Berlin. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos bruni, légères rousseurs. Blackmer, 1264. — Gay, 2178. — Ibrahim-Hilmy, II, 95.

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur la résolution du 4 ventôse an 7, relative aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 7 [1799]. In-8 de 38 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Anciens le 28 décembre 1798, au sujet de la loi du 18 janvier 1798 qui "a été la source de vives contestations entre des particuliers, de réclamations pour & contre de la part des villes maritimes, & enfin de plaintes graves des nations neutres & des alliés de la République" (page 2). L'auteur invite à voter contre la proposition de loi du 24 décembre 1798 dont il juge la rédaction confuse. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur le projet de loi relatif aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 8 [1800]. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ouvrage accompagné d'un tableau dépliant. Discours prononcé devant le Tribunat le 6 mars 1800 dans lequel son auteur approuve un projet de loi réglementant le statut des corsaires et de la course en mer. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PETIT (Émilien).

Droit public, gouvernement des colonies françoises, d'après les loix faites pour ces pays.

Paris, Delalain, 1771. 2 volumes in-8 de (2) ff., xvi-474 pp., (1) f. — (2) ff., 521 pp., basane marbrée, dos à nerfs ornés, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale de ce code colonial. Il est divisé en quatre parties : la première sur l'origine et nature du gouvernement des colonies, des îles en général et de Saint-Domingue en particulier, la seconde sur l'administration générale des colonies, la troisième sur le gouvernement des îles, et la quatrième sur le gouvernement ecclésiastique des colonies françaises. Député des Conseils supérieurs des colonies françaises, Émilien Petit, natif de Saint-Domingue, publia plusieurs ouvrages de droit public, notamment sur les colonies. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Max Bissainthe, 7326. — Ryckebusch, 6420. — Sabin, 61252.

PEYNIER (Antoine de Thomassin, comte de).

Décret de l'assemblée ci-devant séante à Saint-Marc, à l'occasion d'un voyage fait dans cette ville, par MM. Desligneris & Brunet, officier au régiment du Port-au-Prince.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de 11 pp. ; cartonnage de papier marron marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

L'Assemblée de Saint-Marc, uniquement composée de colons, s'était constituée pour s'opposer aux décisions de la Révolution, et était en lutte contre le gouverneur de Saint-Domingue, le comte de Peynier. Ce dernier publia leur décret, accompagné de ses propres commentaires, où il dénonce l'intention de l'Assemblée "de rompre ouvertement avec le gouvernement" et de préparer le terrain en répandant des calomnies contre le sieur Mauduit, colonel du régiment de Port-au-Prince, accusé de se livrer à "des orgies aussi indécentes que contraires à la discipline militaire". Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Max Bissainthe, 7294. — Roquincourt, 2357.

PEYNIER (Antoine de Thomassin, comte de).

[Proclamation].

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. 1 feuillet de papier de 19,6 x 15,5 cm.

Très rare placard, imprimé à Port-au-Prince, d'une proclamation du gouverneur de Saint-Domingue. Y sont expliquées les raisons qui ont poussées le gouverneur à s'opposer à l'Assemblée de Saint-Marc, laquelle avait ouvert les ports de l'île aux navires étrangers "ne laissant plus de doute sur le dessein pernicieux de l'assemblée de s'emparer de la souveraineté de la nation", et à en disperser les membres. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

PICQUENARD (Jean-Baptiste).

Adonis, ou le bon Nègre, anecdote coloniale.

Paris, Corbet ainé, 1836. In-12 de 178 pp.; broché, couverture beige imprimée, non rogné.

Troisième édition, la première illustrée, composée d'un frontispice, d'un titre illustré et d'une planche. La première édition fut publiée en 1798 et son auteur la présente comme une histoire dont il a été le témoin. Il y raconte l'aventure d'un colon de Saint-Domingue forcé de fuir lors de la révolte des esclaves, et qui, aidé par un de ses esclaves, Adonis, parvint à se réfugier aux États-Unis avec sa famille. Bon exemplaire conservée dans sa brochure d'origine. Petits manque au dos, coins écornés. Max Bissainthe, 7368 (édition de 1817). — Sabin, 62676 (édition de 1798).

PIDANSAT de MAIROBERT (Mathieu-François).

Lettre de M. de M... à M. de ... sur les véritables limites des possessions angloises & françoises en Amérique.

S.l., 1755. In-12 de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Plaquette peu commune, publiée à la veille de la guerre de Sept ans, alors que les hostilités étaient déjà déclarées en Amérique entre les Français et les Anglais. Lié à Restif de la Bretonne, l'auteur occupa une place de censeur royal et le titre de secrétaire du roi et des commandements du duc de Chartres. Il fut, en 1779, compromis dans le procès du marquis de Brunoy, dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable. Il publia plusieurs écrits relatifs à des événements politiques ou littéraires. Bon exemplaire.

POYEN de BELLISLE (Henry de).

Histoire militaire de la révolution de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, 1899. In-8 de (2) ff., 555-(1) pp.; demi-basane verte, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Tiré à part d'une étude publiée dans le Mémorial de l'artillerie de la marine, revue publiée par le ministère de la marine et des colonies. L'illustration se compose de 17 cartes ou plans dont 13 dépliants, d'un tableau dépliant, et de 2 cartes dans le texte. L'ouvrage couvre la période de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance d'Haïti, mais il développe plus particulièrement les évènements durant l'expédition du général Leclerc, et du commandement de Rochambeau. Bon exemplaire. Quelques restaurations au dos. Max Bissainthe, 7455.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique.

Paris, F. Bechet, A. Égron, février 1817. 2 volumes in-8 de (2) ff., xxxij-403-(1 bl.)-(2) pp. — (2) ff., 394-(2) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Après un bref exposé de la situation coloniale des différent pays européens (Portugal, Hollande, Angleterre, France, Espagne), l'auteur analyse leurs différents modes de fonctionnement du point de vu législatif, commercial, ou encore vis à vis des esclaves. Il traite également de la question délicate de l'indépendance, politique ou commerciale, de la possible reconquête de l'Amérique du sud par l'Espagne, et appelle à la tenu d'un congrès colonial: "En effet, il faudra fixer l'ordre colonial dans toutes ses parties, celui du plus grand nombre de ses habitans, l'exclusif du commerce, la souveraineté des colonies, enfin la police générale de ces contrées." (t. 2, p. 153). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7459. — Sabin, 64882.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RAIMOND (Julien).

Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises.

Paris, Imprimerie du Cercle Social, an II [1794]. In-4 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Julien Raimond était un mulâtre et riche propriétaire de Saint-Domingue. Lorsqu'éclata la révolution, il se trouvait en France et y devint le porte parole des Libres de couleurs. Dans cette rare brochure, il reprend le texte d'une lettre qu'il publia en mars 1791 sous le titre Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleurs, à laquelle Page et Bruley ont répondu par l'ouvrage cité dans le titre. En regard du texte de sa lettre, reproduite en intégralité, il cite les passages qui ont été tronqués par les deux auteurs dont il entend dénoncer la mauvaise foi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7542. — Monglond, III, 76. — Inconnu de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Première lettre, écrite dans la partie de l'Ouest.

Paris, 1791. In-4 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

L'auteur, qui est en France depuis 1784 pour la défense des "Libres de couleurs", leur demande d'envoyer les fonds qu'ils ont promis pour qu'il puisse poursuivre la défense de leurs intérêts. Car "depuis plus d'un an je n'ai discontinué de vous écrire, pour vous avertir qu'il falloit envoyer des députés et de l'argent, pour suivre notre cause auprès de la nouvelle législature. Je vous ai mandé également que mes moyens étoient épuisés par sept ans de dépenses faites pour solliciter et défendre notre cause." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

RAYNAL (Guillaume-Thomas-François).

Histoire philosophique et politique des établissemens & du commerce dans les deux Indes.

Amsterdam, 1770. 6 volumes in-8 de (1) f., 384-(4) pp. — (1) f., 294-3 pp. — (1) f., 432-6 pp. — (1) f., 291-(1 bl.)-(2) pp. — (1) f., 294-(1) pp. — (1) f., 426-(2) pp.; maroquin rouge, dos lisses ornés, filets encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Publié l'année de la première édition. Encyclopédie sur le commerce "des Indes", à savoir l'Asie et l'Amérique, publiée par l'abbé Raynal et à laquelle participèrent de nombreux auteurs: Diderot pour la partie philosophique, le fermier général Jacques Paulze pour la partie économique, ainsi que l'abbé Martin, Jean de Pechméja, Saint-Lambert, Holbach... L'ouvrage connut un grand succès et est divisé en quatre grandes parties : les Indes orientales, l'Amérique du Sud, les Antilles (et la traite négrière), l'Amérique du Nord avec un bilan consacré à l'Europe et ses colonies. La troisième édition, publiée en 1780, fut condamnée par la censure. En effet, l'ouvrage prenait parti contre l'esclavage dont il dénoncait les atrocités. Bon exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petites mouillures au début des tomes 1 et 6. A. Feugère, "Bibliographie critique de l'abbé Raynal", 1922, 28. — Ryckebusch, 6856. — Sabin, 68080.

RIVIÈRE (B.).

Observations générales sur la Guyane française, et projets d'améliorations de cette importante colonie.

Bordeaux, Pierre Beaume, 1827. In-8 de (4) ff., iij-(1 bl.)-88 pp.; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron, tranches jaunes (reliure moderne).

Nouvelle édition, augmentée de notes et d'un Catalogue des espèces de bois les plus connues de la Guyane (p. 65 à 86). L'auteur, qui s'était rendu en Guyane pour "affaires de commerce", donne un aperçu historique, une description de la région et de ses productions, ainsi qu'un court exposé sur la colonie de la Mana. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

ROGER (Paul).

De l'intérêt qu'à la marine française à l'ouverture de l'isthme américain par le canal du Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade.

Paris, Ernest Meyer, 1861. In-8 de 20 pp. ; broché, couverture beige imprimée.

Défense d'un projet du percement de l'isthme de Panama dans la région du Darien par l'administrateur de la Société civile du canal de Darien. La région du Darién, à cheval sur le Panama et la Colombie, constitue la zone d’union entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Elle fut explorée à partir de 1861 par Lucien de Puydt puis, en 1876-1878, par Armand Reclus et Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse. Tous étaient désireux d'établir le meilleur tracé pour un futur canal transocéanique. Les cols s'avérant trop hauts, le passage par le Darién fut abandonné au profit du Panama Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelque piqûres. [Joint:] - Ouverture de l'isthme américain par un canal maritime projeté dans le Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade. Paris, Ernest Meyer, 1860. 3 pp. Traduction française d'une lettre de William M'Dermott, chirurgien à bord d'un navire anglais qui avait mené une mission d'exploration au Darien. - Extrait du Moniteur du mercredi 30 mars 1853. (2) ff. Au sujet d'une réception d'une députation anglaise de la Compagnie anglaise pour la jonction des deux Océans par Napoléon III.

RONMY (Thomas Ferdinand).

De l'émancipation des esclaves à la Guyane française, et des moyens d'atténuer les effets désastreux de cette mesure.

Paris, Imprimerie Royale, 1841. In-8 de 24 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

L'auteur, fort de son "expérience de vingt-quatre ans dans l'exploitation d'une des plus grandes habitations de la colonie", considère que, suivant l'exemple des colonies anglaises, l'émancipation à venir est la ruine de la colonie. Il propose un contre projet de loi prévoyant une émancipation progressive "pour faire contracter des habitudes d'ordre et de travail libre au plus grand nombre des esclaves actuels". Bon exemplaire. De Nouvion, p.612, n°207. — Sabin, 73082.

ROQUEFEUIL (Camille de).

Voyage autour du monde,... suivi d'un vocabulaire des termes de marine, orné de gravures et de cartes.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1843. 2 volumes in-8 de pp.xiii-xlix-(1)-344 pp. — (2) ff., 407 pp.; brochés, couvertures imprimées et illustrées.

Seconde édition peu commune, non mentionnée dans les bibliographies usuelles. Elle est illustrée de 2 cartes gravées dépliantes (mappemonde, et carte de la côte pacifique de l'Alaska à la Californie) et augmentées de 4 planches gravées dont deux dépliantes (portraits et vues). Camille de Roquefeuil, lieutenant de vaisseau, proposa, et obtint du gouvernement, de faire un voyage autour du monde à but commercial financé sur fond public. Parti de Bordeaux en octobre 1816, il passa par la Terre de Feu, fit escale à Valparaiso, à Lima et à San-Francisco, explora les îles Galapagos, et remonta la côte américaine jusqu'en Alaska pour y acheter des fourrures. Il passa l'hiver 1817-1818 à Hawaï, parcourut le Pacifique et alla vendre ses fourrures à Macao avant de rentrer à Bordeaux par le cap de Bonne Espérance. Après la publication du récit de son voyage, il fut nommé gouverneur de La Réunion. Son journal fournit l'une des descriptions les plus complètes sur la vie des Indiens de Colombie Britannique au début du dix-neuvième siècle ainsi que sur les conditions de vie des habitants de l'île de Nootka. Il fut le premier navigateur français à pénétrer dans la baie de San Francisco. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelques défauts d'usage aux couvertures. La préface de la première édition correspondant aux pages I à XII a été supprimée dans la seconde. Brunet, VI, 19875 (pour la première édition). — Hill, 1483 (pour la première édition). — Howes, R-438 (pour la première édition). — Lada-Mocarski, 86 (pour la première édition). — O’Reilly, Tahiti, 790 (pour la première édition). — Ryckebusch, 7202 (pour la première édition). — Sabin, 73149 (pour la première édition).

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

[SAINT-DOMINGUE].

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

[SAINT-DOMINGUE].

Succession de Jean-Baptiste Robineau. Ensemble de 3 pièces, dont une signée Hirel.

Le Cap et s.l., 1732-[1733]. 3 manuscrits in-folio de (2), (4) et (2) pp.; en feuilles, réunis par une épingle.

La difficile succession d’un planteur de Saint-Domingue. Propriétaire de deux habitations situées dans les environs du Cap-Français (actuel Cap-Haïtien), Jean-Baptiste Robineau disparut en octobre 1730 lors d’une traversée pour se rendre en France. Il laissait un frère, deux sœurs, un demi-frère et quatre demi-sœurs. D’après son testament, il nommait légataire universel son frère Vincent Marie, mais certains membres de la famille contestèrent le partage des biens et prirent des consultations juridiques afin d’obtenir une répartition plus équitable pour chaque héritier. Chaque document contient, dans la colonne de droite, les questions à poser au juriste, et, dans celle de gauche, les réponses obtenues. Le premier manuscrit évoque d’abord Antoine Robineau, décédé quelques années auparavant, ancien procureur général du Conseil supérieur du Cap, un «magistrat-colon» de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, père de Jean-Baptiste et Vincent Marie. Suivent trois articles dont le premier indique que les revenus de «tous les biens et esclaves» d’octobre 1730 au 20 mai 1733, date du partage, appartiennent aux héritiers et non au légataire. Les deux suivants concernent les mineurs de la succession, puis les bâtiments et travaux faits sur les biens propres, qui appartiennent aussi aux héritiers. Le second document contient les réponses de Hirel, assesseur à la sénéchaussée du Cap, sur les aspects techniques de la succession de Jean-Baptiste Robineau: les proportions reçues par les héritiers dans le cas des biens propres (provenant directement d’Antoine Robineau), les augmentations et améliorations apportées à l’habitation, les dettes et la question des esclaves: [Demande]: «Les Nègres échus au défunt par le partage général suivent-ils le sort des [biens] propres comme immeuble adhérents, ou appartiennent-ils totalement au légataire universel en vertu de la disposition du testament comme meubles ordinaires?». - [Réponse]: «Les Nègres qui sont échus au testateur par le partage de 1729 de la succession de son père n’ont point changé de nature, de meubles qu’ils étoient, ils ne sont point devenus immeubles, et on doit les regarder comme des effets mobiliers dans la succession du testateur, tout ainsy qu’ils l’ont été dans la succession du père, d’où il s’ensuit qu’ils tombent dans le legs universel, et quoy qu’ils se soient trouvés attachés à la culture de l’habitation ou plutôt de l’héritage propre échu au testateur, ils n’en sont pas moins pour cela meubles…» (p. 3). Quant au troisième document, il contient les réponses d’Auriol, notaire au Cap-Français. Les questions posées sont les mêmes que précédemment, mais les réponses sont plus brèves et moins détaillées. Référence: Marcel Chatillon, Gabriel Debien, Xavier du Boisrouvray et Gilles de Maupeou, Les papiers Robineau, in Papiers privés sur l’histoire des Antilles, Revue française d’histoire d’outre-mer, n° 216, 1972, pp. 438-442 (ne mentionne pas les présents manuscrits). Mouillures et déchirures avec perte de quelques mots dans le premier document.

[SAINT-DOMINGUE].

Sur les traites de Saint-Domingue.

Vers 1805. Lettre manuscrite in-folio (31,8 x 20,7 cm) de (8) pp.; broché, ruban de soie rouge.

Le remboursement des traites de Saint-Domingue. Cette lettre, ici en copie, a été écrite par un négociant français qui s’adresse à l’Empereur en tant que «tiers-porteur» de traites de Saint-Domingue. Celles-ci lui avaient été remises en échange de son bâtiment et de sa cargaison lorsqu’il se trouvait à Saint-Domingue, probablement en 1802 ou au début de 1803. Or, ces traites, émises par les autorités coloniales, avaient été tirées sur le Trésor public. Elles furent d’abord acquittées, puis leur paiement fut suspendu par le ministre, d’où la présente lettre: «Les porteurs de traites de St Domingue ont déjà fait parvenir aux pieds du trône, leurs légitimes réclamations. Vous voulez, sans doute, leur rendre justice; mais la Commission de liquidation ne pourra remplir vos intentions, tant qu’il ne lui sera pas permis de distinguer ni d’examiner les droits de chacun des porteurs […].Il est de fait que les traites, à 60 jours de vue, se négociaient, sur la place de Paris, à 5 et 6 pour cent, avant la suspension. C’est cette suspension qui a donné naissance à un agiotage scandaleux […]. On pourrait attribuer à cette mesure le complément de la ruine de St Domingue. Les dépenses ont doublé, les périls du petit nombre de braves qui résiste encore, en ont été augmentés; et les colons échappés au fer de Dessalines, voyant s’anéantir, dans leurs mains, le dernier gage de leur recours, ont été dispersés par la misère, non moins destructive que les Noirs» (pp. 1-4). «Ainsi, ces traites qu’on a prétendu avoir été émises par masses énormes, et avilir avec scandale, ne sont que des acomptes sur une dette beaucoup plus considérable. Il est authentique que jamais la liquidation ne réduira les comptes, au-dessous du montant des traites. Mais cela fut-il possible, des traites visées ne peuvent en aucun cas y être comprises, car elles sont devenues par le visa, la dette immédiate du gouvernement […]. L’exactitude avec laquelle les traites avaient été acquittées jusqu’au 2 floréal an 11, en avait assuré la circulation, et les faisait confondre avec les effets de commerce dont on leur avait imprégné le caractère. En les dénaturant, l’on a spolié indistinctement tous les tiers-porteurs, l’on a surtout méconnu les droits des porteurs de traites visées…» (pp. 5-6). «C’est comme tiers-porteur, c’est au nom de plusieurs familles qui m’ont soutenu de leur crédit, c’est en faveur de l’intéressante manufacture de Cholet, à peine sortie des ruines de la Vendée que j’implore Votre Majesté. Je ne suis point fournisseur. Les formalités prescrites ne peuvent me concerner. Je suis allé à St Domingue en qualité de négociant; et c’est à titre de lettres de change, à titre d’effets de commerce, que j’ai reçu des traites en retour de mon bâtiment et de sa cargaison. Il est de notoriété qu’en les prenant au pair, dans la crise où se trouvait la colonie, mon exemple produisit l’effet le plus favorable. Je supplie Votre Majesté d’ordonner qu’un nouveau rapport soit fait sur les traites de St Domingue; et que sur l’état qui lui sera présenté par sa Commission, de celles acceptées ou visées au 2 floréal an 11, il soit fait provisoirement un fonds spécial pour les acquitter…» (pp. 7-8). La manufacture de Cholet (Maine-et-Loire) produisait des toiles et des articles en coton qui étaient ensuite acheminés vers Bordeaux puis expédiés à Saint-Domingue. Elle avait été dirigée par la famille Cambon, l’une des plus importantes familles de négociants et de manufacturiers dans le secteur des cotonnades au XVIIIe siècle. Document très lisible et bien conservé.

SAINT-DOMINGUE. — JONQUIERES (F. de). — AUGE.

Documents relatifs aux demandes d'indemnisation.

Paris, 1825-1826. 2 pp. in-4 imprimées, et 1 p. in-4 imprimée.

Ensemble de deux imprimés : - Instruction à suivre par les Anciens Propriétaires et Colons de Saint-Domingue, pour faire liquider l'indemnité qui leur est allouée en vertu de la loi du 30 avril 1826. [Paris, 1826]. Note d'instructions destinée aux anciens propriétaires qui dresse la liste complète des documents à fournir, notamment les renseignements sur les propriétés : localisation, superficie, cultures, abornements, distance de l'embarcadère, moyens d'exploitation, nombre d'esclaves, animaux, bâtiments et usines, nature des denrées récoltées en 1789 ou dans l'année la plus rapprochée. Le cabinet Jonquières et Augé prendra une commission de 4 % au-dessous de 4000 fr. d'indemnité, 3 % de 4001 à 10000 fr. et 2 % au-dessus de 10000 fr. - Avis aux anciens colons de Saint-Domingue.[Paris, 1826]. Imprimé contenant, en 14 points, la liste des renseignements à fournir pour constituer le dossier d'indemnisation : localisation, nom de l'habitation, superficie, cultures, matériel, animaux, revenu annuel, valeur présumée de l'habitation, etc. Dans la marge, on a ajouté à la main : "7° Le nombre de nègres qui existaient dans l'habitation. 8° La nature des moulins". Etabli d'abord au 12 rue de Ménars, le cabinet Jonquières et Augé fut transféré au 65 rue Neuve des Petits-Champs à Paris. En 1825, un traité fut signé entre le roi Charles X et le président de la République haïtienne, selon lequel Haïti consentait une indemnité de 150 millions en faveur des colons dépossédés, en échange de la reconnaissance de la République haïtienne par la France. Une commission d'indemnisation fut nommée, et examina, entre 1826 et 1833, plus de 27000 demandes de propriétaires de Saint-Domingue et de leurs ayants droits, retenant finalement 12000 dossiers. Bon état de conservation.

SAINT-DOMINGUE — LABAN.

Lettre autographe signée.

Roseaux, paroisse Saint-Marc, 20 mai 1790. 4 pp. in-4 d'une écriture régulière et très lisible.

Lettre d'un français établi à Saint-Domingue, adressée à son oncle demeurant à Toulouse. Il est d'abord question de l'héritage de ses parents, dont il n'a encore rien reçu. Désireux de récupérer sa part, il a signé une procuration qu'il a envoyée à Toulouse en juin dernier. Ne sachant pas si les biens de ses parents ont été vendus, il demande à son oncle de lui fournir des explications. Il souhaiterait aussi avoir des nouvelles de son frère, Joseph Laban, et demande qu'on adresse son courrier dans une enveloppe au nom de "Monsieur Roux et Cie, négociant à Saint-Marc, isle St Domingue". Il précise aussi que les lettres à destination des îles ou de l'étranger doivent être affranchies de Toulouse pour Bordeaux (ou autre port de mer), sinon elles ne sont pas acheminées. La dernière partie évoque la situation dans la colonie : "Vers la fin de décembre dernier le paÿs a été sagement gardé par les Blancs et gens de couleur libres, plusieurs nègres annonçant ou laissant voir qu'ils auroient secoué le joug de l'esclavage le jour du premier de l'an, sur les faux bruits que ces êtres brutaux avoient ouï que le Roy les avoit affranchis… En mars dernier les gens de couleur au lieu-dit la Petite Rivière ont voulu se révolter. Le commandant de St Marc, M. de Campan, homme brave, les a repoussés et les a obligés de prêter en place publique le serment de fidélité, les chefs de cette conjuration ont été proscrits. Leur tête est à prix, on en a saisi quelques-uns, ils sont retenus en prison, et je pense qu'ils seront punis selon qu'ils le méritent. L'assemblée générale a été convoquée à St Marc d'où elle n'est pas prête à sortir. Il y a présentement dans cette ville deux ou trois cents membres qui composent ce corps…". Intéressante lettre, écrite un an avant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (1791).

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

SAINT-VEL (Octave).

Traité des maladies des régions intertropicales.

Paris, Adrien Delahaye, 1868. In-8 de xj-512 pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

édition originale. L'auteur fut médecin civil à la Martinique, et il traite dans son ouvrage des quatres grandes endémies de ces régions et de la grande épidémie de fièvre jaune. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 75505.