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BRIÈRE (Louis).

François Pyrard de Laval, et son éditeur anglais.

Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1892. In-8 de 13 pp. ; broché, couverture crème imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue historique et archéologique du Maine. En 1601, Pyrard fit partie d'une expédition financée par des armateurs de Saint-Malo et de Vitré pour chercher un chemin aux Indes orientales. Après des escales sur les îles d'Annobon, Madagascar et les Comores, son navire fit naufrage aux Maldives en 1602, et il fut retenu prisonnier du roi de Malé pendant cinq ans. Libéré par une attaque du roi de Bengale, il put gagner Calicut puis Cochin où les Portugais l’emprisonnèrent puis l’incorporèrent dans la milice de Goa. Il participa à plusieurs expéditions aux îles de Ceylan, Malacca, Sumatra, Java, Ormuz, et Cambaye. En 1609, les Portugais expulsèrent les Français se trouvant aux Indes, et Pyrard rentra en France en 1611 après un voyage mouvementé et une escale au Brésil. Plaquette peu commune tirée à 50 exemplaires et conservée dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à son cousin l'abbé G. Esnault. Bon exemplaire.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

BYRON (John).

Voyage autour du monde, fait en 1764 & 1765, sur le vaisseau de guerre anglois le Dauphin, commandé en chef par le chef d'escadre Byron.

Paris, Molini, 1767. In-12 de (2) ff., lxviij-335 pp.; basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Suard, et illustrée d'un frontispice gravé. Récit du second voyage autour du monde de Byron. Il effectua le premier avec l'amiral George Anson. Lors de ce deuxième voyage, il visita les îles Malouines, franchit le détroit de Magellan, et fit halte dans les archipels de Juan Fernandez et de Tuamotu. Le récit de ce périple fut rédigé par un de ses officiers Philip Carteret. Les 68 pages de la préface sont consacrées à une démonstration de l'existence des géants de la côte de Patagonie d'après les voyageurs qui les avaient rencontrés, de Pigafetta à Byron. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 137. — Leclerc, I, 245. — Sabin, 9734.

CAILLIAUD (Frédéric).

Voyage à Méroé, au fleuve Blanc, au delà de Fâzoql dans le Midi du royaume de Sennâr, à Syouah et dans cinq autres oasis; fait dans les années 1819, 1820, 1821 et 1822.

Paris, Imprimerie Royale, Rignoux, 1823-1826. 4 volumes de texte in-8 de (2) ff., xv-429 pp. — (2) ff., 442 pp. — (2) ff., 431 pp. — (2) ff., 416 pp., et un atlas en deux parties in-folio de (18)-(10) ff.; ; brochés, non coupés, couvertures imprimées pour le texte, et en feuilles, couvertures imprimées pour l'atlas.

Première édition, illustrée de 12 planches coloriées de costumes et de 3 planches gravées d'écriture. L'atlas comprend 150 planches lithographiées d'après les dessins de l'auteur : vues, plans des temples, détails des sculptures, une carte détaillée du cours du Nil en 10 planches, une carte dépliante de l'Égypte et de la Nubie, divers objets, armes, instruments de musique des populations locales, et sciences naturelles. Géologue et archéologue, Cailliaud fut, avec Champollion, le plus brillant égyptologue français de la première moitié du XIXe siècle. Après un premier séjour en Égypte entre 1815 et 1818, il y retourna en 1819 et parvint à se faire admettre dans l’expédition militaire partie à la conquête du royaume de Nubie dirigée par un des fils du vice-roi d’Égypte Méhémet-Ali. Curieux de tout, (faune, flore, population, langue, religion) Cailliaud s’intéressa surtout aux mines d’or et aux nombreuses ruines enfouies dans le sable. Il remonta le Nil Blanc jusqu’à Sennar et fut le premier Européen à pénétrer dans la ville de Méroé. Outre la révélation de l’ancienne splendeur de la civilisation de Méroé, l'ouvrage de Cailliaud est également le premier à affirmer la prééminence du Nil blanc sur le Nil Bleu (contre l’avis de Bruce), et à réfuter le mythe antique de l’Ile de Méroé. Envoi autographe signé de l'auteur, daté du 5 novembre 1866 à Nantes. Rousseurs, plus prononcées à certaines planches, petite mouillure claire marginale aux feuillets de texte de l'atlas, les planches 73 a 75 ont une marge abîmée, couverture de l'atlas abîmées, rousseurs dans le texte. Blackmer, 270. — Gay, 2572. — Hage Chahine, 758. — Ibrahim-Hilmy, I, 113. — Nissen, ZBI, 788. — Numa Broc, 63.

[CANADA] — COCKBURN (James Pattison, Major).

The Falls of Niagara. This view of Table Rock & Horse-Shoe-Fall, is by special permission, dedicated to His Most Excellent Majesty William the Fourth.

London, Ackermann & Co, 1833. Gravure originale (49 x 67,1 cm).

Magnifique et grande estampe figurant les Chutes du Niagara du côté canadien, dessinée par James Pattison Cockburn, gravée à l'aquatinte et finement coloriée à la main par Charles Hunt. Elle est dédiée à Guillaume IV, roi d'Angleterre. Cette planche, numérotée 1, fait partie d'un ensemble de six planches dédiées aux Chutes du Niagara. Première édition datée de 1833. Une seconde sera publiée en 1857. La chute canadienne de Horseshoe Fall, en français chute du fer à cheval, nommée ainsi en raison de sa forme en fer à cheval, est située le long du cours de la rivière Niagara, entre les villes jumelles de Niagara Falls dans l'État de New York (États-Unis) et de Niagara Falls dans la province de l'Ontario (Canada). Elle est la plus importante et la plus spectaculaire de toutes les chutes du Niagara. Sur la droite figure le rocher de Table Rock, grande dalle de roche plate s'avançant du haut de la paroi de la gorge surplombant le site. Ce promontoire offrait au XIXe siècle une vue imprenable sur les chutes d'eau. Après des siècles d'érosion, il s'effondra le 26 juin 1850. La roche restante fut détruite en 1935. James Pattison Cockburn (1778-1847) était un lieutenant-colonel de l'armée britannique. Bon nombre des premières peintures des Chutes du Niagara ont été réalisées par des artistes-soldats anglais stationnés au Canada. Ces officiers recevaient leur formation à l'Académie Royale Militaire de Woolwich, où ils étudiaient le dessin topographique. Cockburn était l'un des plus doués. Il résida deux fois au Canada, de 1822 à 1823, puis de 1826 à 1832, période durant laquelle il réalisa de nombreuses vues du pays. Ses six aquatintes des Chutes du Niagara, publiées à Londres, sont les plus célèbres de toutes celles créées par des artistes actifs au Canada au XIXe, et ont grandement contribué à faire connaître ce site exceptionnel au public européen. Bel exemplaire finement colorié à l'époque. Adamson, Niagara: Two Centuries of Changing Attitudes, 1697-1901, 1985, p. 145, n°106 (édition de 1857). — Dow, Anthology and bibliography of Niagara Falls, 1921, p. 896 (édition de 1857). — The Kiwanis Club of Stamford, Niagara Falls, Canada. A History of the city and the world famous beauty spot. An anthology, 1967.

CANADA. — RICARD (René).

[Aurore boréale].

Vers 1865. Dessin original signé. (12,3 x 17,2 cm).

Vue d’une aurore boréale, probablement au large de Terre-Neuve. Le dessin a été réalisé au lavis gris et à la mine de plomb, avec des rehauts de gouache blanche. Il est signé «R Ricard» suivi d’une ancre de marine dans l’angle inférieur gauche. On y voit une baie entourée de hautes falaises au relief très découpé, avec, au premier plan une petite embarcation de pêcheur et un personnage à bord. A l’arrière-plan on aperçoit un navire au mouillage. Le ciel nocturne est occupé par une grande aurore boréale qui s’étend sur toute la partie supérieure du dessin. Né en 1846 à Beauvais (Oise), Anselme René Marie Stanislas Ricard entra à l’Ecole navale en 1863. Il fut d’abord élève sur le Borda, avant d’embarquer comme aspirant sur le vaisseau-école d’application le Jean-Bart (1865-1866). Il effectua alors une longue croisière qui la mena au Sénégal, au Brésil, aux Antilles, aux Etats-Unis puis au Canada (Nouvelle-Ecosse, île du Cap-Breton, Terre-Neuve). Il passa ensuite par Saint-Pierre-et-Miquelon avant de rentrer en France. Devenu enseigne de vaisseau en 1868, il fut affecté au port de Toulon puis devint, en 1879, lieutenant de vaisseau de réserve. Il mourut à Bessancourt (Val d’Oise) en 1932. Ricard est l’auteur d’un album de dessins, actuellement conservé à la Bibliothèque municipale de Brest, qu’il réalisa en 1864 lorsqu’il était élève sur le Borda. Le présent dessin a probablement été exécuté vers la fin de son voyage à bord du Jean-Bart, lorsqu’il se trouvait au large des côtes canadiennes. Non mentionné dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.

[CANADA] — TRUMBULL (John) — CLEMENS (Johan Frederick).

Death of General Montgomery.

London, A.C. de Poggi, 1794. Gravure originale (53,8 x 77,2 cm).

Magnifique estampe figurant la mort du général Montgomery lors de l'attaque de Québec, le 31 décembre 1775, publiée par Antonio Cesare de Poggi en 1794. Elle a été gravée par le graveur danois Johan Frederick Clemens, d'après une peinture de l'artiste américain John Trumbull éxécutée en 1786, dont le titre original est The Death of General Montgomery in the Attack on Quebec, December 31, 1775. La bataille de Québec eut lieu le 31 décembre 1775, au commencement de la Guerre d'Indépendance des États-Unis, qui avait débuté quelques mois plus tôt, le 19 avril 1775. Cette bataille opposa les forces de l'armée continentale américaine des Treize Colonies, commandées par le général Richard Montgomery, à celles des Britanniques qui défendaient la ville de Québec, sous les ordres de Guy Carleton. La bataille aboutit à la première défaite majeure de la guerre pour les Américains, avec de lourdes pertes et le décès de Montgomery. Trumbull dépeint le moment où le général Montgomery expire dans les bras du major Matthias Ogden. Devant lui, sur le sol enneigé, reposent, près d'un canon brisé, les corps de ses deux aides-de-camp, les capitaines Jacob Cheeseman et John MacPherson. Les lieutenants John Humphries et Samuel Cooper, et le lieutenant-colonel Donald Campbell, entourent les deux personnages centraux dans un demi-cercle protecteur, tandis qu'un chef indien de la tribu Oneida, Joseph Louis Cook, également connu sous le nom de colonel Joseph Louis, et messager de Montgomery lors de la bataille, lève avec défi son tomahawk en direction des tirs. Au premier plan à gauche, on voit s'agiter trois personnages, le major Return Jonathan Meigs et les capitaines Samuel Ward et William Hendricks, sous le choc à la vue de leur général mourant. À l'extrême droite se trouve le colonel William Thompson du 1st Pennsylvania Regiment. En 1835, lors d'une exposition de ses œuvres à l'Université de Yale, John Trumbull décrivait la scène en ces termes : "Le chagrin et la surprise marquent les visages des différents personnages. La terre couverte de neige, les arbres dépouillés de leur feuillage, la désolation de l'hiver et les ténèbres de la nuit accentuent le caractère mélancolique de la scène." C'est le deuxième tableau d'une série de peintures historiques sur la guerre d'Indépendance réalisée par l'artiste, le premier étant The Death of General Warren at the Battle of Bunker's Hill, June 17, 1775, ou La Mort du général Warren à la bataille de Bunker Hill, le 17 juin 1775. Johan Frederick Clemens fut le premier à réaliser une gravure d'après la peinture de Trumbull. Il existe une autre édition de sa gravure publiée en 1798, avec le titre The Death of General Montgomery in the Attack of Quebec Dec.r 1775 (exemplaire au Philadelphia Museum of Art). Bel exemplaire. Marges renforcées, le "1st" de la date est partiellement effacé. McNairn, Behold the hero : General Wolfe and the arts in the eighteenth century, 1997, p. 212.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CARPENTIER (P.).

Alger, M. le duc de Rovigo et M. Pichon, en mars et avril 1832. Essai politique.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de (4) ff., 48 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

L'auteur séjournait à Alger au moment où Savary, duc de Rovigo, était commandant en chef des troupes françaises en Algérie. Ce dernier avait des difficultés avec M. Pichon, intendant civil, avec qui il devait partager le pouvoir. Dans cet ouvrage, l'auteur prend le parti du duc de Rovigo malgré ses méthodes décriées. On trouve à la suite une description d'Alger et des conseils et renseignemens indispensables aux personnes qui vont s'y établir. Bon exemplaire. Playfair, 489. — Tailliart, 2305.

CASAUX (Alexandre de).

Argumens pour et contre le commerce des colonies.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré brun, pièce de titre marron (reliure moderne).

Planteur dans les îles de Grenade, l'auteur explique que, d'un côté, les colonies et le monopole du commerce qui y est attaché coutent cher à chacune des nations, mais que, de l'autre, elles offrent travail et prospérité à de nombreuses familles. Il conclut qu'il ne faut pas rompre cet équilibre avec le décret du 15 mai 1791 sur l'égalité des droits entre les blancs et les hommes de couleur. Bon exemplaire. Roquincourt, 599. — Ryckebusch, 1358.

CASS (Lewis).

Examen de la question aujourd'hui pendante, entre le gouvernement des États-Unis et celui de la Grande-Bretagne, concernant le droit de visite.

Paris; H. Fournier, 1842. In-8 de 82 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Cet ouvrage, simplement signé de la mention "par un américain", fut en fait écrit par l'ambassadeur des États-Unis en France, Lewis Carr. Il y présente le point de vue de son pays, contre le droit de visite des navires américains par les Anglais, ces derniers voulant ainsi s'assurer que la traite des esclaves n'était plus pratiquée. Mais, pour l'ambassadeur, "le droit de visite n'a que des rapports accidentels avec la traite des noirs" et que ce sont là"des prétentions qui ne sauraient être soutenues sans injustice ni subies sans déshonneur". Bon exemplaire.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CHABERT (Joseph-Bernard, marquis de).

Voyage fait par ordre du roi en 1750 et 1751, dans l'Amérique septentrionale, pour rectifier les cartes des côtes de l'Acadie, de l'Isle Royale et de l'Isle de Terre-Neuve ; Et pour en fixer les principaux points pr des observations astronomiques.

Paris, Imprimerie Royale, 1753. In-4 de (1) f., viij-288 pp., (5) ff. ; veau havane raciné, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une vignette, de 6 cartes gravées dépliantes, d'un tableau dépliant et d'une planche dépliante. Marin et hydrographe, Joseph Bernard de Chabert fut surtout connu pour ses travaux scientifiques, notamment pour la rectification des cartes marines des côtes orientales de l'Amérique et des côtes de la Méditerranée. En 1746, il fit un premier voyage pour reconnaître les côtes d'Acadie, et, quatre années plus tard, après avoir étudié l'astronomie, il organisa une seconde expédition pour aller à l'île Royale (île du Cap-Breton) et continuer son travail sur les côtes canadiennes; il dressa également la carte de la côte sud de Terre-Neuve. Ensuite, il se signala comme chef d'escadre pendant la guerre d'Amérique et fut promu vice-amiral en 1792. Il entra en 1758 à l'Académie des sciences, en 1803 au bureau des longitudes, puis il devint directeur du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine de 1776 à 1792. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, VI, 29. — Brunet, VI, 21004. — Leclerc, 307. — Sabin, 11723.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHEVALIER de SAINT-ROBERT (Marcel).

Le général Rosas et la question de la Plata.

Paris, Gerdès, 1848. In-8 de 79 pp. ; demi-chagrin noir, dos lisse, "Plata" frappé or sur le dos (reliure de l'époque).

Edition originale. Brève histoire des provinces du Rio de la Plata de la révolution de 1810 à nos jours, destinée à donner aux lecteurs européens une meilleure compréhension de la situation actuelle dans la région et du règne de Juan Manuel de Rosas. Homme politique et militaire argentin, Rosas exerça comme gouverneur de la province de Buenos Aires et fut l'homme fort de la Confédération argentine de 1835 à 1852. A partir de 1845, la France et la Grande-Bretagne tentèrent conjointement de déjouer l’expansionnisme de l’Argentine rosiste en imposant un blocus du Río de la Plata. Il visait à empêcher l'accès des ports de l'Argentine et de l'Uruguay, à l'exception de Montevideo, à tout navire commercial. Finalement, la Grande-Bretagne en 1849 et la France en 1850 reconnaissèrent la souveraineté argentine sur ses eaux intérieures. Bel exemplaire. Envoi autographe à Mr Herbert, conseiller d'état, ministre plénipotentiaire, et directeur aux affaires étrangères. Sabin, 75486.

[CHINE] — GOERING-SCHMIDT.

The - Thea viridis. [Thé].

Leipzig, F.E. Wachsmuth, [vers 1890]. Lithographie originale (66 x 87 cm), montée sur toile, entre deux baguettes de bois.

Belle planche pédagogique lithographiée en couleurs, illustrant la culture du thé. Elle a été dessinée par Goering-Schmidt pour la série intitulée Ausländische Kulturpflanzen ou Cultures étrangères, et publiées à Leipzig par la maison d'édition de F.E. Wachsmuth, active entre 1870 et 1910, et spécialisée dans l'édition de planches illustrées destinées à l'enseignement scolaire. La scène se déroule en Chine, et montre les différentes étapes de la culture du thé noir : les feuilles sont cueillies à la main, elles sont ensuite légèrement fumées au-dessus de fourneaux pour faire ressortir le parfum, puis elles sont disposées à l'air libre sur des plateaux d'osier. La partie haute est occupée par une illustration de la fleur et du fruit du thé. L'illustration est intitulée Thea viridis, ou thé noir. Bon exemplaire. Déchirures dont une dans la partie gauche de l'estampe, exemplaire empoussiéré. Vesna Rapo, Kolorirane litografije, 2012, n°286.

CHÉRET (Jules).

La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876. - Liberty enlightning the World. Centennial anniversary of United States Independance. French-American Union. 1776-1876.

Paris, Sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de pierres lithographiques, entre 1875 et 1876. Lithographie originale (68,5 x 47,8 cm).

Exceptionnelle estampe, de toute rareté, figurant La Liberté éclairant le Monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté, à l'entrée du port de New York. Elle a été lithographiée en deux tons et imprimée par Jules Chéret à Paris, sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de Pierres Lithographiques, située à Paris. En bas à droite de l'estampe figure la mention Bartholdi scup.t, pour Bartholdi, sculpteur du monument. Cette estampe, lithographiée et imprimée entre 1875 et 1876, est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté, quelques années avant qu'elle ne soit construite, érigée et inaugurée en 1886 sur Bedloe's Island (renommée Liberty Island en 1956), face à Long Island, là où débuta la Guerre d'Indépendance le 27 août 1776. Autour du piédestal de la statue, construit par les Américains sur les fondations du Fort Wood, ancien fort reconnaissable à son plan en étoile à 11 branches, construit entre 1806 et 1811, on aperçoit quelques promeneurs et des pêcheurs. Cette vue plongeante nous offre au second plan un large panorama de la ville, avec Manhattan, le fleuve Hudson, l'East River et le quartier de Brooklyn. Le pont de Brooklyn n'est pas visible puisqu'il sera inauguré en 1883. Le port de New York est animé de voiliers et de bateaux à vapeur. Sur la droite, on aperçoit également la pointe de l'île de Governors Island, avec la fortification de Castle Williams . Né le 2 août 1834 dans une famille de notables de Colmar (Haut-Rhin), Frédéric Auguste Bartholdi présenta très tôt des aptitudes certaines pour les arts. Après avoir essayé la peinture et la photographie, c'est vers la sculpture qu'il se tourne, essentiellement monumentale. Après un voyage initiatique en Orient, il travaille sur sa première commande, une statue du Général Rapp, haut personnage de l'Alsace ; inaugurée en 1856 à Colmar, elle contribuera grandement à le faire connaître. Patriote et républicain, Bartholdi est profondément révolté par l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse en 1870, suite à la défaite de Sedan. Pour rendre hommage aux belfortains qui ont bravement affronté un terrible siège au cours du conflit, il sculpte le monumental Lion de Belfort en 1879, dont une réplique trône aujourd'hui place Denfert-Rochereau à Paris (Bartholdi, les Bâtisseurs de la Liberté. Exposition de photographies (1876-1886) . Musée des Arts et Métiers, 2004-2005). En 1871, Édouard Lefebvre de Laboulaye, président du Comité de l'Union Franco-Américaine, souhaite sceller l'amitié entre la France et les États-Unis, et demande à Bartholdi de réaliser un monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis (1776-1876) qui sera offert par la France aux États-Unis. La construction de la statue débute en 1875 dans les ateliers Monduit et Bechet, situés à Paris. Le sculpteur élabore un premier modèle de son oeuvre, d'une taille de 2,11 mètres, à partir duquel les ouvriers opèrent un découpage méthodique des différentes parties de la statue. L'architecte Eugène Viollet-Le-Duc, puis l'ingénieur Gustave Eiffel, participeront au projet. L'installation de la structure métallique et l'assemblage de l'enveloppe de la statue ont lieu en 1886 à New York. À leur arrivée le 25 octobre 1886, les membres de la délégation française entourant Auguste Bartholdi, découvrent, du pont du paquebot Bretagne , une oeuvre monumentale de 93 mètres. La statue sera inaugurée le 28 octobre. La Liberté éclairant le monde connut d'emblée un immense succès. Elle restera l'oeuvre majeure du sculpteur Bartholdi, à laquelle il aura consacré quinze années de sa vie. Jules Chéret (1836-1932) est l'affichiste majeur de la Belle Époque. En 1866, il ouvre à Paris une imprimerie qui est la première à proposer des affiches illustrées lithographiées en couleurs. Il répond à la forte demande publicitaire liée à l'apparition de nouveaux produits, à l'évolution des modes de vente et au développement intense de l'industrie du spectacle. Il a ainsi joué un rôle décisif dans l'avènement de la publicité commerciale et culturelle. Inventeur de l’affiche en couleurs et de l'affiche illustrée publicitaire en France, surnommé par ses contemporains « le roi de l’affiche », sa production d’affiches pour les spectacles et la publicité entre le Second Empire et 1900 est considérable. Il a réalisé plus de 1 400 affiches qui ont accompagné l'entrée de la France dans la vie moderne. Parallèlement à sa carrière d'affichiste, il consacra la seconde partie de sa vie à la peinture décorative, et réalisa des oeuvres pour ses mécènes mais aussi pour l'Hôtel de Ville de Paris, le musée Grévin, ou encore la préfecture de Nice (Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor . Les Arts Décoratifs, Paris, 2010). Cette estampe, d'une extrême rareté, est absente des collections publiques, françaises comme américaines . Elle manque également à toutes les bibliographies consacrées à Jules Chéret : Maindron, Les Affiches Illustrées (1886-1895) , Paris, 1896 ; Beraldi, Les graveurs du XIXe siècle. Guide de l'amateur d'estampes modernes , 1886, Tome IV ; Broido, The Posters of Jules Chéret , Toronto, 1980 ; et enfin la plus récente, Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor. Les Arts Décoratifs , Paris, 2010. Cette dernière bibliographie est la plus complète de toutes. Elle recense les 1430 affiches de Jules Chéret, avec une illustration pour chaque affiche. Elle mentionne une planche intitulée La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876 , mais celle-ci est plus petite que notre affiche (59 x 46 cm). C'est l'une des rares à ne pas être illustrée, car l'auteur de la bibliographie n'a pas été en mesure de la localiser. Notre vue est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté. On retrouve cette illustration sur l'affiche publicitaire de Jules Chéret annonçant le diorama représentant le monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique, présenté au Palais de l'Industrie sur les Champs-Élysées. Ce diorama avait été réalisé dans le cadre d'une campagne de promotion lancée, dès 1875, par le Comité de l'Union Franco-Américaine, afin de lever des fonds. Le diorama fut présenté une première fois en août 1877 au Palais de l'Industrie (journal quotidien Le Rappel du 28 août 1877), puis une seconde fois aux Tuileries en 1878 (journal quotidien Le Rappel du 3 avril 1878). Un exemplaire de cette affiche publicitaire se trouve au Musée Bartholdi à Colmar ; le musée lui attribue la date de 1874 ; mais si l'on s'en tient à l'article du quotidien Le Rappel , cette date est erronée. Un autre exemplaire de cette affiche annonçant le diorama se trouve à la Bibliothèque Nationale de France , qui la date de 1876, mais la date est ici également erronée. On peut donc penser que notre affiche a été réalisée avant celle annonçant le diorama, plus précisément entre 1875, date de lancement de la campagne pour la levée des fonds, et 1876, date du centenaire. Exemplaire en très bonne condition. Deux petites restaurations anciennes dans les marges gauche et droite, très légères cassures dans la partie haute de l'estampe, petites taches claires au bas du titre anglais.

CLAUSSON (L. J.).

Précis historique de la révolution de Saint-Domingue. Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., xij-155 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge, tranches jaunes (reliure moderne).

Première édition. Ouvrage publié pour répondre à plusieurs articles et ouvrages sur Saint-Domingue, dont celui du général Pamphile de Lacroix, Mémoire pour servir à l'histoire de la révolution de Saint-Domingue, publié en 1819. Daprès l'auteur, le général Lacroix, qui fit parti de l'expédition de Saint-Domingue, "avec les meilleurs intentions, s'est écarté de la vérité". C'est pourquoi il présente sa version des évènements, lui qui se déclare propriétaire et ancien magistrat au Port-au-Prince, avoir été "à Saint-Domingue six ans avant les premiers troubles qui ont éclaté dans cette colonie" (page vij), et "aussi dans la dernière expédition du général Leclerc", "témoin de toutes les horreurs et de tous les crimes qui l'ont accompagnée". Bon exemplaire. Leclerc, I, 341. — Max Bissainthe, 5134. — Sabin, 13511.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

CLEVELEY (John) — PIRINGER (Benedikt).

Mort du capitaine Cook.

Paris, Bance ainé, [vers 1800]. Gravure originale (46,5 x 59,9 cm).

Superbe et très rare estampe figurant la mort du capitaine Cook, massacré par les indigènes le 14 février 1779, dans la baie de Kealakueka, anciennement Karakakooa, située à l'ouest de l'île d'Hawaï. Elle a été gravée à l'aquatinte par l'artiste viennois Benedikt Piringer (1780-1826) d'après John Cleveley, et finement coloriée à l'époque. Elle a été publiée par Jacques-Louis Bance, dit Bance aîné, à Paris vers 1800. Elle est numérotée 4, et porte en bas à droite la mention "Voyage du Cap.e Cook". Au bas de l'estampe figure un long texte relatant les circonstances de la mort du capitaine : "Après avoir quitté l'une des îles Sand-Wich connue sous le nom d'Owhyée, l'expédition se trouva forcée de revenir jetter l'ancre sur ces mêmes bords, pour réparer les avaries que la tempête avait fait éprouver au bâtiment la Désolation. Quelques insulaires ayant dérobé la chaloupe la Découverte, cette circonstance troubla la bonne intelligence qui régnait entre l'équipage et les naturels du pays. Le Capitaine Cook crut devoir alors s'assurer de la personne du Roi, en le faisant venir à son bord ; cette mesure produisit une grande exaspération ; dans un clin d'œil tout le rivage fut couvert d'insulaires, qui, ayant à leur tête la mère des Princes, s'opposèrent par leurs clameurs à l'embarcation du monarque. Il fut alors impossible de s'entendre et de s'expliquer. Sur ces entrefaites, quelques canots ayant tiré sur des pirogues, la mort de l'un des chefs qui en fut la suite, porta la fureur et l'indignation au plus haut degré. Ce fut en vain que le capitaine Cook, pour arrêter le désordre, fit cesser toute hostilité ; il périt victime de son humanité, entouré par une foule de forcenés, il fut frappé par derrière, au moment où il donnait les ordres du départ, et tomba le visage dans la mer. Ainsi termina sa carrière un des plus habiles et des plus intrépides navigateurs dont puisse s'enorgueillir l'Angleterre." Cette vue fait partie d'une suite de quatre aquatintes, considérées comme les plus belles scènes du Pacifique au XVIIIe siècle. Elles ont été gravées d'après quatre aquarelles de John Cleveley, elles-mêmes réalisées d'après des dessins rapportés par son frère, James Cleveley, charpentier à bord du Resolution lors du troisième et dernier voyage de Cook. Une première édition anglaise a été gravée à l'aquatinte par Francis Jukes, et publiée à Londres en 1787 par Thomas Martyn. Dans sa version anglaise, notre planche est intitulée View of Owhyhee one of the Sandwich Islands. Les trois autres vues représentent les navires de Cook ancrés dans la baie de Matavai (Tahiti), dans la baie de Fare sur l'île d'Huahine, et dans la baie de Opunohu, sur l'île de Moorea. Le 1er juillet 1776, Cook quitta l'Angleterre pour son troisième et dernier voyage. Premier Européen à repérer les Îles Sandwich (Hawaï), il accosta à Kauaï en janvier 1778. Un an plus tard, en janvier 1779, il ancra ses navires le Resolution et le Discovery, dans la baie de Kealakekua. À la suite du vol d'une chaloupe par les insulaires, Cook décida de les forcer à rendre le bateau en prenant en otage le roi hawaïen. Il débarqua avec dix hommes pour mettre son plan à exécution ; dans la confusion, des coups de feu furent tirés, et un chef hawaïen fut tué. Cook et ses hommes furent attaqués alors qu'ils regagnaient leurs navires. Cook tua un autre guerrier, puis il fut poignardé dans le dos. C'est ce moment précis que dépeint John Cleveley. Bel exemplaire, dans de très beaux coloris de l'époque. Restaurations mineures dans les marges. Journal and proceedings of the Royal Society of New South Wales, 1867, p. XXXI ; O'Reilly, 9980 ; Chadenat, 1944 (édition de 1787).

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Apperçu sur la constitution de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 6 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur explique que Saint-Domingue n'est ni une colonie (car elle n'a pas été formée par une émigration venue de France mais est peuplée de divers peuple) ni une province (car trop éloignée de la métropole). En conséquence, elle ne peut pas être régie par la constitution française. "À ce titre, elle doit donc avoir une constitution mixte composée de la constitution de la France […] et d'une constitution particulière". Il termine en déclarant que les députés de Saint-Domingue demandent la fin du monopole des négociants des ports de mer, l'amélioration du sort des Noirs, "la liberté de tous les Nègres résidens en France, tant qu'ils y resteront", et qu'ils "consentiront encore à l'abolition de la traite des Noirs, faite par les négocians français, si c'est le vœu de l'Assemblée Nationale". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5147. — Sabin, 14048.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

[COLONIES].

États de commerce, de cultures et de population relatifs aux colonies françaises, pour l'année 1833.

1835. In-8 de 71 pp.; toile brune, pièce de titre marron (reliure moderne).

Publié par le Ministère de la Marine et des Colonies, cet état dresse l'inventaire des importations et exportations de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, le Sénégal, La Réunion, et Saint-Pierre-et-Miquelon. Avec, à la fin, un tableau récupitulatif du commerce et des populations, dont les esclaves, pour les années 1831 à 1833. [Suivi de:] - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1834. S.l., 1836. 64 pp. Avec, à partir de la page 51: Rapport à monsieur l'amiral, pair de France, ministre de la marine et des colonies, sur l'exécution de l'ordonnance royale du 4 août 1833, relative au recensement des esclaves dans les colonies. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1835. S.l., 1837. 88 pp. Les statistiques de chacune des colonies, dont les établissement dans l'Inde pour la première fois, sont précédées d'un état des populations libres et esclaves. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1836. S.l.n.d. 85 pp. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3055.

COOLS (Amédée, baron de).

De l'agriculture coloniale.

S.l., 1834. In-8 de 32 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Article écrit en réponse à un texte de Sismondi, publié en décembre 1833 dans la Revue mensuelle d'économie politique, intitulé: De la condition dans laquelle il convient de placer les Nègres en les affranchissant. Mais le plan de Sismondi pour un affranchissement progressif des esclaves des colonies françaises, est jugé inapplicable par le baron de Cools, délégué de la Martinique ; ce qu'il entend démontrer par les exemples de Saint-Domingue ou des colonies anglaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 1983.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

DECAMPS (Alexandre-Gabriel).

Café turc.

Paris, Imprimerie Bertauts, vers 1850. Lithographie originale (72 x 55 cm avec les marges).

Belle représentation d'un café turc où l'on aperçoit un groupe d'hommes buvant un café ou fumant un narguilé. Cette planche a été lithographiée par Eugène Le Roux d'après Alexandre-Gabriel Decamps. Peintre et graveur français, Decamps fut l'une des grandes figures du romantisme. En 1828, il fut envoyé en mission en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray, chargé de commémorer par un tableau la victoire de Navarin, et poursuivit un périple qui le conduisit à Constantinople, en Asie mineure (Smyrne) et au Moyen-Orient. Cette expérience sera décisive. Au cours de son séjour, il prit des notes, réalisa des croquis et emmagasina les images avec lesquelles il façonnera à son retour sa vision de l'Orient, devenu une source profonde d'inspiration. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lança la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Bon état de conservation.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DEROY (Isidore).

Vue de San-Francisco - Vista de San-Francisco.

Paris, et New-York, L. Turgis J.ne, 1870. Lithographie originale (37,3 x 50,1 cm).

Belle vue panoramique de San Francisco, dessinée et lithographiée par Isidore Deroy, et finement coloriée à l'époque. La vue est prise non pas depuis la baie, comme on le voit souvent, mais depuis l'arrière de la ville, au sommet d'une colline, ce qui permet d'avoir une vue plongeante sur la ville et la baie. Plusieurs personnages se tiennent sur la colline. La ville de San Francisco telle qu'on la connaît aujourd'hui voit le jour en 1836, lorsque sont installées les premières habitations d'un village en bordure de la baie en un endroit appelé Yerba Buena, ou la bonne herbe, en référence à la plante qui pousse abondamment sur les collines environnantes. En 1846, lors de la guerre américano-mexicaine, la ville est prise par les Américains, et Yerba Buena est rebaptisée San Francisco, en référence à la mission éponyme située à proximité. La ville prend son essor avec la ruée vers l'or de 1848-1849, et accueille le terminus du premier chemin de fer transcontinental. De 1847 à 1850, elle voit sa population augmenter de quelques centaines d'habitants à plus de 25 000, et devient la plus grande agglomération de la côte ouest. Isidore Deroy (1797-1886) était un peintre, aquarelliste et lithographe français. Il fut l'élève de Louis-François Cassas, et exposa à plusieurs reprises au Salon de peinture et de sculpture. Exemplaire finement colorié à l'époque. Marge supérieure coupée, sans le titre "Ports de mer d'Amérique", petite déchirure dans la marge supérieure restaurée. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1870, p. 284, n°680 ; Reps, Views and viewmakers of urban America, 1825-1925, 1985, 287 (state 2) ; Catalogue du fonds de L. Turgis et fils, éditeurs d'estampes et d'imagerie religieuses : année 1893, p. 52.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DINET (Etienne). — BEN HIBRAHIM BAMER (Sliman).

El Fiafi Oua El Kifar ou le désert.

Paris, H. Piazza, 1911. Petit in-4 de 198 pp., (2) ff. ; maroquin havane, dos lisse orné, plats richement décorés dans le style oriental, doublures et gardes de tabis vert avec encadrement de filets dorés, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés, étui (Durvand).

Ouvrage illustré de 51 compositions en couleurs d'Étienne Dinet dont 25 à pleine page. Étienne Dinet était un peintre orientaliste et lithographe français, qui vécut une grande partie de sa vie en Algérie. Membre fondateur de la Société des peintres orientalistes français, il illustra plusieurs ouvrages. Tirage à 450 exemplaires. Un des 375 sur papier vélin à la cuve. Exemplaire parfaitement conservé dans une élégante reliure arabisante signée, et spécialement imprimé pour les parents de Dinet avec sa signature autographe. Carteret, 140.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DU CAMP (Maxime).

Souvenirs et paysages d'Orient. Smyrne. Éphèse. Magnésie. Constantinople. Scio.

Paris, Arthus Bertrand, 1848. In-8 de (2) ff., vi-380 pp.; broché, couverture bleue imprimée, non rogné.

Première édition, dédiée à « G.F. », désignant Gustave Flaubert. Maxime Du Camp était un écrivain et un photographe français, membre de l’Académie française. La fortune de son père lui permit de satisfaire le goût très vif qu’il avait pour les voyages. Le présent ouvrage relate son premier voyage en Europe et en Orient, fait en 1844 et 1845, sitôt ses études terminées. Il le conduisit de Marseille à Malte, Smyrne, Ephèse, et Constantinople auquel il consacre de nombreux chapitres. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur. Petites taches sur la couverture, sans rousseurs. Hage-Chahine, 1438. — Vicaire, III, 305.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DU PETIT-THOUARS (Louis-Marie Aubert).

Vue de Sydney et de l'entrée de la rivière de Paramatta.

Paris, 1841. Lithographie originale, en deux feuilles non jointes pouvant former un panorama d'environ 18 x 85 cm.

Belle vue panoramique de la ville de Sydney, dessinée par Mesnard et lithographiée par Thierry et Sabatier. Elle est issue du Voyage autour du monde sur la frégate la Vénus, pendant les années 1836-1839, de Du Petit-Thouars. Capitaine de vaisseau en 1836, Du Petit-Thouars réalisa un tour du monde sur la frégate la Vénus, faisant successivement escale aux îles Canaries, au Brésil, au Chili, au Kamtchatka, au Mexique, en Polynésie, en Australie, et à la Réunion, avant de regagner Brest en juin 1839. De retour en France, il conseilla au gouvernement l'annexion des îles Marquises et fut promu contre-amiral et commandant des forces navales d'Océanie. Son voyage implanta la France en Polynésie. Très bel exemplaire.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DURAND (abbé).

Conférence sur le Tong-King et ses peuples.

Paris, Imprimerie Nationale, 1879. In-8 de 20 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Compte rendu d'une conférence donnée le 27 août 1878 au Palais du Trocadéro, lors de l'Exposition Universelle, concernant la région du Tonkin avec des renseignements sur sa géographie, son commerce et ses différentes populations. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, il fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883. Cordier, BI, 1624.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ELBHECQ (Pierre-Joseph Du Chambge, baron d').

Opinion sur les demandes et pétitions faites à l'Assemblée Nationale, par les députés du commerce de France, et ceux de Bordeaux, le 25 février 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Opinion en réponse à des députés qui demandaient de rétablir le "régime prohibitif dans nos colonies, sans restriction ni modification" et "qu'il ne soit rien changé dans les habitudes du commerce & des colonies, relativement à la traite des Noirs, & à leur état dans nos isles". L'auteur propose la création d'une commission pour débattre de la première proposition, et quant à la seconde, il demande à l'Assemblée d'établir un décret disant "que son intention n'a jamais été de rien innover à l'égard des colonies, reconnoissant qu'il est impossible de les soumettre, au moins, quant aux Noirs, au régime de la France". Inconnu de Monglond, Roquincourt et Ryckebush.

[EQUATEUR].

Procession du Vendredi Saint à Quito.

[Vers 1830]. Aquarelles originales (gouache, plume et encre de chine) mesurant 15 x 90 cm, remontées sur des feuilles légendées à la main de 99 x 65 cm.

Magnifique ensemble complet, composé de 4 grandes aquarelles sur la procession du Vendredi Saint à Quito, pouvant former un panorama de 7m20. La Semana Santa est un des moments les plus forts du calendrier liturgique chrétien en Amérique latine, où elle fut importée au XVIe siècle par les conquistadores. C'est àQuito que prend place la procession de Pâques la plus impressionnante de tout l'équateur. Liste des protagonistes ou scènes : - Pères de la Merced - Franciscains - Emblèmes de la passion entre autres le coq et le galive de St Pierre - Almas santas - L'ange terrassant la mort - La Sainte Vierge en grand habit avec un ange pour lui porter la queue - Notre Seigneur portant sa croix, aidé de Simon le Cyrénéen - Les deux Maries - Musiciens de la ville - Troupe de Juifs - Saint Sépulchre - Généraux suivis de leur troupe - Almas santas - Emblêmes de la passion - Chanoines - Evêque portant le St Sacrement voilé en signe de deuil - Emblêmes de la passion - Barbiers indigènes - Alcalde et sa suite - Bannière renversée en signe de deuil - Femmes de la ville Ces aquarelles se rapprochent d'une gravure sur acier dessinée par Boilly en 1836, mais comportent de nombreuses variantes et des ajouts. Bel état de conservation. Quelques piqûres.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

[ETATS-UNIS] — DUPLESSIS-BERTAUX (Jean).

Indépendance des États-Unis.

Paris, Blin, 1786. Gravure originale (23,2 x 15 cm).

Belle estampe allégorique célébrant l'indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776, et l'alliance de la France et des États-Unis. Elle a été dessinée par Jean Duplessis-Bertaux, et gravée à l'aquatinte et imprimée en couleurs par Louis Roger. Elle est issue de la collection des Portraits des Grands Hommes et Femmes Illustres, et sujets mémorables de France, publiée en 48 livraisons entre 1786 et 1792, et à laquelle elle manque souvent. Au centre de l'illustration de forme circulaire, sur un fond de paysage marin montrant un navire au mouillage dans une baie, figure une colonne posée sur un piédestal, et portant les portraits en médaillon de Louis XVI, Benjamin Franklin et George Washington, orthographié de façon surprenante Waginston. La colonne est ornée en tête d'une sphère fleurdelysée, sur laquelle se tient fièrement le coq gaulois. Le piédestal porte l'inscription : "L'Amérique et les mers, Ô Louis ! vous reconnaissent pour leur Libérateur". À droite du monument, un indigène représentant l'Amérique, vêtu de peaux de bêtes et coiffé de plumes, écrase de son pied gauche un léopard, représentant l'Angleterre. Il tient de sa main droite un caducée et de sa main gauche une lance coiffée d'un bonnet phrygien. Derrière lui, une bannière enlacée autour d'un palmier porte l'inscription : "En m'élevant je m'embellis". Sur la gauche, on peut voir des ballots de marchandises portant les initiales M L, et une ancre marine. Sous l'illustration figurent le titre et deux colonnes de texte retraçant l'histoire de l'indépendance des États-Unis, et citant le comte d'Estaing, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau qui "combattent pour la cause des Américains, soutenue avec tant de gloire par le général Washington". Le texte se termine sur le port de Cherbourg : "Le port de Cherbourg, ouvrage immortel du règne de ce grand Prince [Louis XVI], doit affermir cette liberté si utile aux peuples". Bel exemplaire. Restes de bande adhésive au dos, petit trou dans la marge inférieure comblé. Hart, Catalogue of the engraved portraits of Washington, 55, pp. 28-29.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

FRANCE (Joseph).

Lettre à messieurs les membres de la chambre des députés.

Paris, imprimerie de A. Sirou et Desquers, 1847. In-8 de 7 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse à la publication d'une protestation de colons au sujet "des inculpations dont les colons ont été l'objet dans les séances des 24 et 26 avril dernier". Ces derniers dénoncent les critiques faites à la justice coloniale par l'Assemblée Nationale, et par l'auteur, qui, un an plus tôt, publia un ouvrage intitulé La vérité et les faits, ou l'esclavage à nu, où il rendait compte de son expérience de chef d'escadron de gendarmerie coloniale. Dans cette nouvelle publication, il constate que les accusations "contre les magistrats et les assesseurs sont fondées", et qu'elles "impliquent la solidarité de la société coloniale". Il conclut en demandant l'abolition de l'esclavage, car "il n'y a d'améliorations légales possibles qu'en supprimant la cause de tous les maux, qui sont la suite de cette plaie hideuse qui fait honte à notre nation". Bon exemplaire. Ryckebusch, 3295.

[FRANCE] — TARDIEU (Pierre Antoine).

Carte de France physique et administrative. La France actuelle et ses anciens défenseurs.

Paris, Binet, 1838. Gravure originale (52 x 64,5 cm).

Très rare et belle carte de la France divisée par départements, dressée par Pierre Antoine Tardieu, et gravée par Gabriel-Xavier Montaut et François Houiste. Cette carte est un hommage de l'auteur au Premier Empire et à l'Empereur Napoléon, mort en 1821. Elle est encadrée d'une superbe bordure montrant les portraits de l'Empereur et des vingt maréchaux et généraux qui se sont illustrés lors de ses campagnes : Foy, Ney, Lannes, Eugène, Mortier, Lamarque, Masséna, Cambronne, Brune, Daumesnil, Junot, Berthier, Marceau, Lasalle, Hoche, Desaix, Poniatowski, Lefebvre, Kléber, et Augereau. Tous sont mis en scène dans un décor de bataille. Le général Desaix et le général Kléber, notamment, sont représentés lors de la Campagne d'Égypte. Napoléon, le chef des armées, est représenté à cheval, entouré d'une aura lumineuse, l'aigle impérial veillant au-dessus de sa tête. À ses pieds reposent un Code Napoléon, une palette de peintre symbolisant sa contribution dans le domaine des Arts, ainsi que des attributs militaires et des éléments illustrant la Campagne d'Égypte. De chaque côté de la carte figurent deux monuments érigés sur ordre de Napoléon : à gauche, la Colonne d'Austerlitz ou Colonne Vendôme, érigée en 1810 pour commémorer la victoire d'Austerlitz, à droite, la Fontaine de la Victoire ou Fontaine du Châtelet, construite en 1808 pour célébrer les victoires marquantes de l'Empire lors des batailles de Lodi et de Marengo (Italie), des Pyramides (Égypte), d'Ulm (Allemagne), et de Dantzick en Pologne. Ces portraits, ainsi que tous les éléments décoratifs, ont été dessinés par le peintre et lithographe Victor Adam. Il existe une autre édition de cette carte, publiée en 1852 par Fatout. Nous n'avons pas trouvé d'édition antérieure à la nôtre, datée de 1838, on peut donc penser qu'il s'agit de la première. Bel exemplaire, avec les contours aquarellés à l'époque, de cette carte très rare. Petites déchirures marginales restaurées. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1852, p. 680 (édition de 1852).

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

GALLI (E. D.).

Le ramassage du café au Brésil.

S.l., 1951. Ensemble de 5 aquarelles originales sur papier (env. 41 x 29 cm.) signées et légendées par E. D. Galli.

On trouve ainsi représenté le processus : - La cueillette des cerises de café - Le ramassage des cerises de café dans les grands draps - La cueillette du café - Le séchage mis en tas des cerises de café - Pesage et entassage du café La production de café au Brésil représente environ un tiers de la production mondiale de café, ce qui fait du Brésil, le plus grand producteur du monde. Les plantations de café couvrent environ 27000km2 de terrain, principalement dans les États du sud (Minas Gerais, São Paulo et Paraná) où l'environnement et le climat offrent des conditions de croissance idéales. Le café est arrivé au Brésil au XVIIIesiècle et le pays est devenu le premier producteur dans les années 1840. L'apogée de la production brésilienne se situe dans les années 1920 quand le pays fournissait 80% du café du monde. Bon état de conservation.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GAUSSIN (Pierre Louis Jean-Baptiste).

Du dialecte de Tahiti, de celui des Iles Marquises, et, en général, de la langue polynésienne.

Paris, Firmin Didot frères, 1853. In-8 de (4) ff., 284 pp. ; demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs orné, tête dorée, premier plat de couverture conservé (reliure du XXe siècle).

Édition originale dédiée au vice-amiral Bruat. En qualité d'ingénieur-hydrographe de la Marine, Gaussin séjourna près de quatre ans aux Marquises et à Tahiti. Son ouvrage, qui reçut le prix de linguistique fondé par Volney, traite des dialectes marquisien et tahitien uniquement d'un point de vue historique à partir de textes religieux. Bel exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur à Monsieur Hase. Charles Benoît Hase (1780-1864) fut membre de l'Institut de France, conservateur de la bibliothèque impériale, professeur à la faculté des lettres, et président de l'Ecole Impériale et Spéciale des Langues Orientales Vivantes. O'Reilly, Tahiti, 5631.

GAYA (Louis de).

Cérémonies nuptiales de toutes les nations. Réimpression faite sur l'édition originale publiée en 1680.

Lille, Typ. de Blocquel-Castiaux, vers 1850. In-12 de 128 pp., (16) pp. de catalogue., broché, couverture imprimée et illustrée, non coupé.

Un des premiers livres traitant des cérémonies nuptiales à travers le monde au XVIIe siècle : Floridiens, Javanais, Coptes, Mexicains, Moscovites, Arabes, Chinois, Druses de Syrie, Persans, ou encore Turcs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

GELLY.

[Panoramas de la Martinique].

1901. Ensemble de 2 aquarelles, dont une signée. (8 x 65,6 et 8,4 x 60 cm), entoilés et repliés; légendes manuscrites à l’encre.

Vues panoramiques de la Martinique au début du XXe siècle. La première aquarelle, signée «Gelly 01» dans l’angle inférieur droit, est une vue de la baie de Fort-de-France prise des Pitons du Carbet, en direction du Sud. Elle montre, du côté nord de la baie, les endroits suivants: Anse de Case-Pilote; Morne La Démarche; Habitation La Rouffinière; Pointe des Nègres; Fort Tartenson; Fort Saint-Louis; Fort Desaix; et, du côté sud: Vauclin; Embouchure de la Rivière Salée; Gros Ilet; Pointe du Bœuf; Lazaret; Morne Bigot; Ilet à Ramiers; Cap Salomon. La seconde, non signée, est un panorama de l’intérieur de l’île; on peut ainsi voir, d’ouest en est: Plateau Roy; Morne La Démarche; Moulin d’Arbot; Morne Duclos; Pitons du Carbet; Camp Balata; Plateau Larcher; Morne Moco; Poste Colon; Morne Vert. Au premier plan, on aperçoit des bois et des surfaces cultivées ainsi que quelques maisons; à l’arrière-plan l’artiste a représenté la région montagneuse des Pitons du Carbet. Bénézit, V, p. 953, mentionne un Victor Gelly, peintre, mort en 1899, sans qu’il soit possible d’établir un lien de parenté avec l’auteur des deux panoramas.

GERAUD (Marguerite).

Tahiti. [Suivi de:] Afrique équatoriale, Gabon, Congo, Cameroun.

Vers 1930. Tapuscrit, avec quelques annotations autographes. 2 parties en un volume in-4 (27 x 21 cm) de 160 pp. numérotées de 183 à 338 avec pages bis, plus deux cahiers dactylographiés joints; en feuilles sous chemise cartonnée, déchirures à la première page.

Le voyage d’une artiste à Tahiti en 1912-1913. Peintre et épouse d’un gouverneur des colonies, Marguerite Géraud, née Marnier (1879-1969) accompagna son mari dans les différents postes qu’il occupa, en Cochinchine, à Dakar, à Madagascar, dans les Etablissements français de l’Océanie et en Afrique équatoriale française. Le présent tapuscrit, numéroté «II», concerne Tahiti et l’Afrique équatoriale. La première partie (92 pp.) se rapporte au voyage et au séjour à Tahiti, où Léon Géraud (1873-1954) fut gouverneur intérimaire en 1912-1913. Ne pouvant s’embarquer au Havre à cause d’une grève, les époux Géraud se rendent à Cherbourg avec leur fils âgé de dix ans et une domestique, puis montent à bord d’un bâtiment de l’American Line, le New York, qui les emmène aux Etats-Unis. Partis le 7 juillet 1912 de la rade de Cherbourg, ils arrivent à New York le 14 juillet. Le 17, ils visitent les chutes du Niagara, puis ils prennent le train et passent par Chicago, Denver, Grand Junction, Salt Lake City avant d’arriver à San Francisco le 26 juillet. Ils embarquent ensuite sur le Moana et effectuent la traversée jusqu’à Tahiti où l’arrivée a lieu le 31 juillet. Marguerite Géraud donne ses premières impressions sur l’île et ses habitants, puis effectue une visite chez la veuve du dernier roi Pomaré où elle reçoit un «accueil majestueux». Elle rencontre aussi les filles de la reine et décrit leurs toilettes. D’autres visites ont lieu chez des notables, ce qui lui permet de se faire quelques amies. Elle visite l’île, notamment la vallée de la Fataua où elle peint un paysage. Son récit contient une description du récif de corail qui entoure l’île: «Je m’étonne que les voyageurs aient si peu parlé de la mer et du récif. Les tons de la mer sont ici d’une richesse et d’une variété que je n’ai vues nulle part ailleurs. Elle passe du vert Véronèse au bleu d’outre-mer teinté de rose, sans doute suivant l’éclairement, la profondeur et la nature des fonds. Quant au récif, c’est un véritable enchantement. On peut l’observer avec une lunette de plonge, ou, mieux, d’une barque à fond de verre. Par trente mètres de fond, l’on voit jouer, lutter, s’entre-dévorer des fragments d’arc-en-ciel qui n’ont même plus des formes de poisson […]. Je voyais se présenter sous mes yeux toutes les couleurs de ma palette; la variété des bleus est prodigieuse. Et toutes ces couleurs disposées en dessins à faire rêver un décorateur…» (pp. 211-213). Elle ajoute: «Sorties de leur milieu, toutes ces merveilles perdent leur éclat. Alors que le corail de la Méditerranée conserve à l’air sa couleur, ceux de Tahiti perdent très vite la leur, et, à mesure qu’ils se dessèchent, s’effritent et se pulvérisent. C’est à grand peine que j’ai pu en rapporter quelques échantillons. Les poissons eux-mêmes deviennent gris en mourant et les spécimens que l’on voit en Europe n’en donnent qu’une idée très fausse. J’ai pu, avec le procédé rapide de l’aquarelle, prendre des notations exactes, et préparer ainsi la collection que j’ai donnée au Muséum et dont j’ai, chez moi, la réplique…» (pp. 213-214). Après quelques détails sur les poissons, les tortues et les crabes, l’auteur évoque les ressources naturelles: bananes sauvages, arbre à pain, vanille, noix de coco, coprah, huîtres perlières… Puis elle parle des mœurs des Tahitiens, de la disparition de la race maori, des métissages, des maladies (lèpre, éléphantiasis), de la construction d’une léproserie, du rôle économique des Chinois, de la difficulté de trouver de la main-d’œuvre indigène, des domestiques (cuisiniers, boys, cochers) dont le service laisse parfois à désirer, de la difficulté d’organiser des réceptions mondaines, etc., le tout accompagné d’anecdotes assez curieuses sur la société tahitienne. Le récit contient une évocation de Paul Gauguin : «L’île est encore toute pleine du souvenir de Gauguin […]. Nous avons des relations très amicales avec Monsieur G… et Monsieur C… qui l’ont aidé de leur mieux pendant son séjour et qui n’en ont été payés que par des injures. Son caractère aigri l’avait rendu odieux à tous, même aux Tahitiens avec qui il était en palabres continuelles. J’ai de lui une suite de petits pamphlets que je garde précieusement et qui suffit à montrer quelle était la nature de ses relations avec les avocats, le procureur de la République et les gendarmes. Il faisait paraître toutes les semaines un journal «Le Sourire» dans lequel il épanchait sa bile et dont j’ai quelques exemplaires […]. Monsieur Hervé m’a fait cadeau de deux bois sculptés provenant de la maison de Gauguin…» (pp. 237-238). Des extraits du journal de Gauguin ont été insérés pp. 251-258, après la relation d’un voyage à Moorea. Dans cette île, l’auteur remarque, dans la baie d’Oponohu, un tiki, ou sculpture représentant un dieu, avec, à sa base, une pierre de sacrifices. Cette sculpture sera signalée au conservateur du Musée d’ethnographie du Trocadéro. Le récit contient ensuite la relation d’un voyage autour de Tahiti, avec la description des localités et des sites pittoresques. Le séjour s’achève par une excursion sur l’île de Makatea, où l’auteur reçoit en cadeau des couronnes, des colliers de coquillages, un petit cochon de lait et des crabes de cocotier. Puis la famille Géraud rentre en France, après un an de présence sur «l’île enchantée». «Marguerite Géraud […] rapporta de son séjour [à Tahiti] quelques peintures qui furent exposées à la Société des artistes français, à la Nationale, à la Société des artistes coloniaux, ainsi qu’aux expositions de 1931 et 1937. Elle exécuta également une série d’aquarelles représentant des poissons de récifs coralliens, dont une copie existe au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le Musée océanographique de Monaco en possède aussi quelques-unes» (O’Reilly & Reitman). La seconde partie (68 pp.) relate quatre voyages effectués en Afrique équatoriale française entre 1923 et 1925. Un premier voyage a lieu au Gabon en 1923 et un second en 1925. Léon Géraud, qui était aussi polytechnicien et ingénieur, travaille pour le Consortium Forestier des Grands Réseaux Français, qui avait obtenu deux concessions sur la rive gauche du Gabon pour exploiter le bois destiné à la fabrication des traverses de chemins de fer. Le texte contient de nombreuses anecdotes sur leur hébergement à Libreville, puis leur séjour à Makok et à Foulenzem où se trouvent les usines. Un troisième voyage a lieu au Cameroun, où Géraud cherche de la main-d’œuvre nécessaire à son entreprise. Marguerite Géraud donne une description de la vie à Douala et à Yaoundé, et évoque les difficultés rencontrées lors du trajet. Les époux Géraud se rendent ensuite au Congo, remontent le fleuve Congo, passent par Boma et parviennent à Matadi, où ils passent les fêtes de Noël avant de rentrer en France à bord de l’Asie. On joint: - GERAUD (Marguerite). Le Tahiti d’aujourd’hui. Ensemble de 3 tapuscrits. S.l.n.d. [ca. 1930], 70 pp. in-4 au total, en feuilles. L’auteur donne ses impressions sur Tahiti et évoque la personnalité du commandant Malmanche, son grand-père, présent à Tahiti de 1844 à 1848. - [GERAUD (Marguerite)]. Exposition coloniale de 1931 et travaux divers. Dossier comprenant 25 lettres ou copies de lettres, adressées à Marguerite Géraud ou à son mari. Paris (pour la plupart), 1929-1931, 50 pp. de différents formats. Mme Géraud réalisa, à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de Paris, deux panneaux décoratifs pour le pavillon de Madagascar et un diorama animé représentant un fond de mer aux Tuamotu pour le pavillon des Etablissements français de l’Océanie. Elle exposa aussi une collection de 20 aquarelles de poissons observés sur le récif corallien de Tahiti. Le dossier comprend, entre autres, 2 lettres du professeur Abel Gruvel, du Muséum, et 4 lettres de Guillaume Grandidier, explorateur de Madagascar. On joint une affiche repliée et 2 photographies. - GERAUD (Marguerite). Mes œuvres vendues [et] Personnes ayant signé et mis un mot aimable à mes albums de poissons tahitiens. Ensemble de 2 manuscrits autographes. S.l.n.d. [1930-1950], 13 pp. in-folio et 9 pp. in-8 oblong. Le premier manuscrit récapitule ses œuvres réalisées entre 1909 et 1928 ainsi que les commandes de l’Etat pour l’exposition de 1931 ; le second est une liste de personnalités qui se sont manifestées lors des expositions des aquarelles de poissons. On joint 6 lettres adressées à Marguerite ou Léon Géraud, dont 2 de la librairie Plon (1919-1939 et s.d., 7 pp. in-4). - GERAUD (Marguerite). Au Maroc. Manuscrit autographe. S.l., novembre 1933, in-4 de 298 pp., demi-toile noire. Journal d’un voyage effectué au Maroc entre le 7 et le 29 novembre 1933. Les principales étapes sont Marseille, Tanger, Casablanca, Mazagan, Safi, Mogador, Agadir, Tiznit, Taroudant, Marrakech, puis Casablanca, Rabat, Kenitra, Meknès, Volubilis, Azrou et Fez. Le retour s’effectue par l’Espagne. Le récit est illustré de croquis, d’articles de presse, de cartes de visites et de billets d’entrée dans les musées. - [GERAUD (Marguerite)]. Lili, l’amie des bêtes. Dossier comprenant 3 manuscrits autographes et 9 lettres signées d’Henri Bauche à Marguerite Géraud, dont 8 autographes et 1 dactylographiée. S.l.n.d. [ca. 1940], environ 50 pp. in-4. On joint une lettre des éditions Grasset à H. Bauche, Paris, 1943, 1 p. in-4, et un poème d’Henri Bauche intitulé Opium, 8 pp. in-4 dactyl. Concerne un livre d’enfants que Mme Géraud souhaitait publier. - GERAUD (Marguerite). Ensemble de 18 manuscrits, autographes ou dactylographiés, certains signés «Marguerite Marnier» ou «M. Géraud». S.l.n.d. [ca. 1940-1950], environ 150 pp. in-4, en feuilles. On joint quelques manuscrits en double. Il s’agit d’articles concernant, pour la plupart, Tahiti et l’Afrique, dont certains ont été publiés à partir de 1951 dans «Neuilly Saint-Jean, Bulletin mensuel de la Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Neuilly». Références: O’Reilly & Reitman, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 10062. – O’Reilly & Teissier, Tahitiens, répertoire biographique de la Polynésie française, 2e édit., p. 211. – Galzin (René), «Adolphe Marcadet et Marguerite Géraud», in SFI Infos, Bulletin de liaison de la Société française d’ichtyologie, n° 51, septembre 2009, pp. 3-6. – Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, VI, p. 35. Bel ensemble, en grande partie consacré à la Polynésie française.

GERDE (Jean).

Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.

La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.

L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUBERT (Édouard).

À monsieur Jollivet, membre de la chambre des députés.

Paris, imprimerie de Lacour et Maistrasse, 1844. In-8 de [4] pp.; cartonnage de papier marbrégris, pièce de titre bleue (reliure moderne).

Curé de Fort-de-France, Édouard Goubert dût quitté la colonie après avoir dénoncé, dans un sermon, les conditions inhumaines faites aux esclaves. Rentré en France, il quitta les ordres, épousa une créole martiniquaise, et publia un ouvrage très critique du système colonial, Pauvres nègres ! Ou quatre ans aux Antilles françaises. Dans cette brochure, il répond à Thomas Jollivet, avocat de la cause esclavagiste et député d'Ille-et-Villaine, qui l'avait pris à parti lors d'une séance parlementaire. Bon exemplaire. Ryckebush, 3587.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Première et dernière lettre à Jean-Pierre Brissot, auteur du journal intitulé: Le Patriote François.

S.l., 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre rouge (reliure moderne).

[Suivi de:] - BRISSOT (Jacques-Pierre). Réplique à la première et dernière lettre de Louis-Marthe Gouy, défenseur de la traite des Noirs et de l'esclavage. Paris, de l'imprimerie du Patriote François, 10 février 1791. In-8 de (1) f., 54 pp. Lors de la publication de sa brochure dénonçant le ministre de la marine La Luzerne, Gouy d'Arsy fit envoyer son ouvrage, accompagné d'une lettre, à tous les "journaux patriotes". Or son secrétaire, trompé par le nom du journal de Brissot, l'avait inclus dans les destinataires. Ce dernier, surpris par cet envoi, car il avait déjà polémiqué avec Gouy, y répondit par un article dans son journal, le Patriote François. Cet article public provoqua la réponse de Gouy, puis celle de Brissot. Ce sont ses échanges entre ces deux personnages qui, visiblement, ne s'appréciaient pas, qui sont réunis dans les deux publications ci-dessus. Bon exemplaire. Roquincourt, 503 (pour le deuxième texte). — Ryckebusch, 3608, 1080. — Sabin, 8039.

GRAVIER (Gabriel).

La route du Mississipi.

Nancy, G. Crépin-Leblond, 1878. In-8 de (2) ff., 76 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées.

Edition originale imprimée sur vergé de Hollande de ce tiré à part du Compte rendu des travaux du Congrès international des américanistes. Intéressant ouvage dans lequel l'auteur dresse un portrait des premiers explorateurs de la Floride, du Mississippi et de la Nouvelle France tels que Ponce de Leon, Hernando de Soto, Jean Nicollet, Cavelier de La Salle, Louis Hennepin, Jacques Marquette et Louis Jolliet. Le 8 mai 1541, Hernando de Soto fut le premier Européen à atteindre le Mississippi, qu'il baptisa río del Espíritu Santo, «fleuve du Saint-Esprit». À partir des années 1660, la France s'engagea dans une politique d'expansion en Amérique du Nord, depuis le Canada. Les objectifs étaient de trouver un passage vers la Chine (passage du Nord-Ouest), d'exploiter les richesses naturelles des territoires conquis (fourrures, minerais) et d'évangéliser de nouveaux autochtones. Gabriel Gravier était un historien, géographe et écrivain français. S’intéressant surtout à l’Amérique du Nord et aux explorateurs français, et particulièrement aux navigateurs normands, il fut l’auteur notamment d’une biographie de René-Robert Cavelier de La Salle, publiée en 1871, et d’une Vie de Samuel Champlain, publiée en 1900. Très bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à monsieur Charles Legros. Dionne, 1652. — Leclerc, 2512. — Inconnu de Sabin.

[GRENADE] — PREVOST (Philippe Cyr).

Motifs de l’Arrêt rendu au Conseil supérieur de la Martinique le 25 mars 1782 par suite des Lettres patentes données à Versailles au mois de juin 1781 qui commettent ledit Conseil pour instruire et juger de prétenduës déprédations commises dans les Magasins du Roy en lisle Grenade sur les farines, sur le bœuf salé, sur le lard et sur le rachat des rations.

En prison à la geôle au Fort-Royal, Martinique, 17 août 1782. Manuscrit autographe signé, in-folio (37,3 x 23,1 cm) de (54) pp. ; broché, couverture muette.

L’affaire des magasins du Roi à la Grenade. Né en 1739, Philippe Cyr Prévost fut d’abord employé dans les bureaux de la Marine à Cayenne, au Cap Français et à Brest, avant d’être nommé, en décembre 1779,garde magasin du Roi à la Grenade. Entré en fonction en avril 1780, il fut accusé l’année suivante de déprédations, commerce illicite, détournement de fonds et faux en écritures par deux fonctionnaires de la colonie: Lescallier, commissaire de la Marine, et Donez, commis principal et contrôleur de la Marine. Arrêté en novembre 1781, Prévost fut incarcéré à la Martinique et ses papiers furent saisis. Toujours en détention en août 1782, il composa le présent mémoire afin de répondre aux accusations dont il faisait l’objet. Chaque page est divisée en deux parties: à gauche se trouvent énoncés les neuf motifs d’inculpation, à droite l’auteur répond à ces motifs et réfute les accusations portées contre lui. Extraits: (Premier motif): «Déclare ledit Philippes Cyr Prevost ci devant Garde Magasin en l’Isle Grenade duëment atteint et convaincu d’être l’auteur des déprédations faites dans les Magasins du Roy en ladite Isle sous le prétexte du rachat des rations». (Réponse): «Il n’y a point de délit constaté, toutes les prétenduës déprédations commises dans les Magasins ne sont fondées que sur des présomptions méchantes […]. Il a résulté qu’à l’époque du 17 juin 1781 Prevost étoit en avance assez considérable sur les biscuits, sur la farine, sur le lard, sur le poisson salé, sur les légumes, sur le rhum, sur le bois à brusler et sur divers autres objets de fournitures particulières tandis qu’il n’étoit en déficit que d’environ cent barils de bœuf et de deux à trois mille livres…» (pp. 1-3). (Deuxième motif): «D’avoir fait un commerce particulier et vendu des farines et des salaisons desdits Magasins excédant de beaucoup le rachat des rations». (Réponse): «Prevost a toujours agi et fait toutes ses opérations au grand jour. Arrivé à la Grenade en sa qualité il y a apporté des fonds qui l’ont mis à même de continuer ce qui étoit déjà établi c’est-à-dire de racheter les rations des officiers, des entretenus et les bons de la troupe, c’est un usage reçu depuis longtemps dans les colonies et particulièrement à la Martinique…», etc. Située à 300 km au sud de la Martinique, l’île de la Grenade était une ancienne colonie française cédée à la Grande-Bretagne en 1763. Reprise par le comte d’Estaing en juillet 1779, elle fut restituée au Royaume-Uni en 1783. Quant à Philippe Cyr Prévost, il reprit du service et termina sa carrière comme commissaire à Saint-Domingue où il mourut en l’an VIII (1800). Rare document concernant l’île de la Grenade. Manque de papier au dos; mouillures.

GRIMPEREL (Eloi Michel).

Remise par M. Castaing de 20 Nègres vendus par Mad. de Baynac à Le Clavier de Miniac. Pièce signée.

Le Bonnet (Petite-Anse, près du Cap), 6 janvier 1772. Manuscrit in-folio (34,5 x 22,3 cm) de (14) pp. ; broché, cachet de cire rouge en dernière page.

Contrat de vente de 20 esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est constitué de deux actes notariés (en copie): l’un passé devant Me Grimperel, notaire au Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien) le 6 janvier 1772, et l’autre devant Mes Fatin et Faugas, notaires à Bordeaux, le 22 mai 1771. Ces actes concernent la vente, par la veuve du marquis de Baynac, Anne de Villiers, demeurant à Bordeaux, de «vingt testes de Nègres ou Négresses de la première qualité» provenant de son habitation appelée «Le Bonnet à l’évêque», située dans le quartier de la Petite-Anse, à proximité du Cap-Français. L’acheteur est Jean-Baptiste François Le Clavier, écuyer, sieur de Miniac, habitant au quartier de Limonade. Afin de ne pas gêner le fonctionnement de l’habitation, il est prévu que Miniac ne disposera des esclaves qu’à l’issue d’un délai de cinq ans, durée du bail accordé à Jean Castaing, l’exploitant du domaine. Le montant de la transaction est fixé à 50000 livres, argent des îles, soit 36666 livres 13 sols et 4 deniers, argent de France. Dans un premier temps, Miniac règle 16666 livres 13 sols et 4 deniers à la marquise de Baynac. Il devra ensuite régler le solde, soit 20000 livres, en versant à la marquise une rente viagère annuelle de 2000 livres. Dans l’acte de 1772, une modification a été apportée : l’acheteur règlera les 20000 livres restants par 4 billets à ordre de 5000 livres chacun, qui seront encaissés à un an d’intervalle. En contrepartie, il pourra disposer immédiatement des 20 esclaves. L’acte mentionne leurs noms: «Christophe, créole âgé de trente un an; Moïse, créole âgé de quatorze ans; Grand Joseph, âgé de vingt ans; Charlé âgé de trente ans; Benjamin, âgé de vingt ans; Jean, âgé de trente-cinq ans; Adrien, âgé de vingt-cinq ans; Jean-Baptiste, âgé de dix sept ans; Calixte, âgé de vingt-cinq ans; Petit Joseph, âgé de quatorze ans; Ursule, négresse âgée de quatorze ans; Grand George, âgé de vingt-cinq ans; Germain, âgé de vingt-cinq ans; Petit Georges, âgé de dix-sept ans; Claire négresse âgée de trente ans; Luc, son fils, âgé de deux ans; Luce, négresse, âgée de treize ans; [une] négresse âgée de trente ans; Antoine Vincent, son fils, âgé de six ans et Etienne aussi son fils âgé de deux ans, tous créoles de nation…» (pp. 4-5). A la fin se trouve une apostille signée Estève, sénéchal et juge civil au Cap, datée du 7 mai 1773, authentifiant la signature de Maître Grimperel. L’original de l’acte du 22 mai 1771 est conservé aux Archives départementales de Gironde sous la cote 3 E 24418 (minutes des notaires de Bordeaux). Document d’un grand intérêt pour l’histoire de l’esclavage à Saint-Domingue. Fortes rousseurs, déchirures et petits manques de papier dans la marge supérieure.

[GUADELOUPE] — BELOT (Adolphe).

Ensemble de 21 lettres autographes, dont 19 signées, à son éditeur Edouard Dentu.

Paris, Trouville, Le Pouliguen et s.l., 1872-1875. et s.d. 39 pp. in-8 ou in-12; 5 lettres sont écrites sur papier de deuil.

Né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) en 1829, Adolphe Belot était le fils d’un avoué auprès du tribunal de cette ville. Il fit ses études à Paris et devint avocat. Après plusieurs voyages dans les deux Amériques, il se consacra aux lettres en écrivant de nombreux romans et pièces de théâtre. Il mourut en 1890 à Paris. La plupart de ses livres furent publiés par Edouard Dentu (1830-1884), éditeur et libraire, connu pour avoir été le premier à publier les ouvrages d’Allan Kardec. Cette correspondance évoque la publication de certains de ses romans: Le Drame de la rue de la Paix (1867); La Femme de feu (1872); Une maison centrale de femmes (1875); Mme Vitel et Mlle Lelièvre (1875). Il est question de corrections à apporter au texte, de l’envoi d’épreuves et de bons à tirer, du transfert des droits de Michel Lévy à Dentu, de répétitions au théâtre du Vaudeville, d’invitations, de problèmes de santé, etc. On joint: - BELOT (Adolphe). 5 lettres signées, dont 2 autographes, à divers correspondants. Paris, 1873 et s.l.n.d., 10 pp. la plupart in-8. Deux lettres, adressées à «Mon cher Marnet», concernent le recrutement d’actrices pour jouer dans des pièces de théâtre. - [BELOT (Adolphe)]. 4 coupures de presse le concernant, contrecollées sur une feuille. S.l., 1863-1864, 1 f. in-12 oblong. Elles concernent les Indifférents, joués au théâtre de l’Odéon en 1863, et Trois nouvelles, publiées la même année. - [BELOT (Adolphe)]. La Chronique illustrée. Journal artistique et littéraire. Ensemble de deux numéros (28 et 46). Paris, 1871-1872, 8 pp. in-folio repliées, qq. bords froissés. Contiennent deux grands portraits de Belot, l’un par Marquet, l’autre par Demare.

[GUADELOUPE] — RUILLIER.

Lettre signée à Julien Belin, à Paris.

Pointe-à-Pitre, 9 mars 1847. 2 pp. in-4 (26,6 x 21,1 cm); adresse, marques postales, mention « par Southampton».

La récolte de canne à sucre et la vente d’une esclave en Guadeloupe. Cette lettre, écrite par un négociant de Pointe-à-Pitre, concerne une exploitation sucrière située près de Port-Louis, à Grande-Terre (Guadeloupe), appartenant à la famille Belin: «La récolte se présente bien partout. M. Létang compte sur une récolte de 170 à 180 boucauts en comprenant les vieilles cannes, voilà de l’amélioration. Votre géreur travaille fort bien, mais à lui seul n’est pas tout le mérite. Si je ne lui avais pas fourni de l’engrais Guano en 1845 et en 1846, il n’aurait pas formé pour cette récolte 22 carrés et n’aurait fait au plus que 150 boucauts […]. En 1846, j’ai fourni à M. Létang sur sa demande réitérée 8 bœufs, ils sont portés sur mon compte en Xbre. Je lui ai fourni 4 beaux mulets à 725 f, payables le 11 avril prochain…». Ruillier mentionne le moulin qui est en excellentétat et envoie à son correspondant son compte courant de l’année expirée, en précisant que la balance en sa faveur est de 40670,88 francs; il envoie également le compte des ventes et le compte d’administrateur de M. Létang: «Votre habitation commence à sortir de la débigne où elle était tombée depuis votre départ…». Il évoque ensuite l’esclavage: «Clairine est venue me demander à acheter sa fille Charlotte, nous sommes convenus du prix de 1500 f dont 850 f m’ont été comptés et le reste payable plus tard […]. Cette Charlotte était toujours malade [et] j’ai pensé qu’il valait mieux la vendre à ces conditions que de la garder […]. Mes prévisions se sont réalisées. Charlotte est morte en février dernier à la suite d’un accouchement difficile, sa mère ne voudra peut-être plus payer les 450 f restants…». Puis il conclut : «Depuis la promulgation des ordonnances, il y a eu beaucoup de désordres […]. Autrefois, on occupait des Nègres à faire le chauffage le matin et le soir, à présent, il n’y faut plus penser […]. Sur plusieurs habitations à la Guadeloupe, ils ont de leur autorité détourné l’eau du moulin et ont été prendre leurs deux heures. Vous êtes bien heureux d’avoir une partie de votre fortune réalisée en France. Nous autres, qui avons travaillé, [nous aurons] la chance de mourir de [faim] à l’heure fatale de l’émancipation». La famille Belin possédait trois exploitations sucrières près de Port-Louis: l’habitation Brument ou Malgrétout (175 ha); l’habitation La Montagne (de contenance inconnue)et l’habitation Grand’Maison (158 ha). Après le décès de Pierre Belin, survenu en 1819, son fils Pierre-Vincent occupa Grand’Maison et son autre fils Julien prit La Montagne. Epoux de Marie Louise Antoinette Gautier, Julien Belin mourut à Bordeaux le 7 décembre 1848. Les trois habitations seront cédées en 1910 à la Société anonyme des usines de Beauport. Source: Rossignol (Bernadette et Philippe), Famille Charroppin, Saintonge, Guadeloupe, Gironde, Etats-Unis, in Généalogie et Histoire de la Caraïbe, 2016, p. 45 (habitations Belin). Intéressante lettre écrite un an avant l’abolition de l’esclavage. Quelques déchirures avec petits manques au niveau des plis.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

[GUYANE].

Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée.

Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire.

Le retour d’un militaire malade en métropole. Cette pièce concerne un membre du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie: «Nous membres du Conseil d’administration, certifions avoir donné congé au Cen André Schlosser, sergent de la compagnie n° 6 audit bataillon […] né en 1758 à Ensisheim, district de Strasbourg, département du Bas-Rhin […], lequel a servi avec honneur et probité depuis le 28 août 1776 jusqu’à ce jour que nous lui avons délivré le présent par cause de maladie incurable dans la colonie, ce qui nous a été constaté par le certificat des chirurgiens…». Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque.

HANOT (H.G.).

Tableau démonstratif de l'origine des principales fourrures.

Paris, Monrocq, 1917. 0,87 x 1,10 m ; entoilée.

Très rare et fascinante mappemonde murale publiée en 1917, illustrant le commerce de la fourrure dans le monde entier. La carte a été dressée par H.G. Hanot, pour le compte de la Chambre syndicale des Fourreurs & Pelletiers français, créée en 1890. Publiée en 1917, la carte de Hanot est l'une des toutes premières cartes picturales, devançant de plusieurs années l'âge d'or de la cartographie picturale ou illustrée, qui eut lieu au milieu des années 20, avec la croissance du tourisme et l'épanouissement du mouvement Art Déco. Ce planisphère présente tous les animaux à fourrure connus dans le monde, figurés par des petites vignettes. Le tableau au bas de la carte donne la liste de ces animaux pour chacun des cinq continents. Plus d'une centaine sont nommés, parmi lesquels on trouve l'astrakan, l'hermine, la chèvre de Chine, la marte du Japon, l'ours brun, la panthère des neiges, le renard argenté, le vison, la zibeline, la gazelle, le singe, le kangourou, l'opossum, le phoque, le wallaby, le blaireau, le murmelle, l'ours grizzli, le chinchilla ou encore le jaguar. Les régions les plus éloignées ou isolées ne sont pas oubliées : ainsi, on peut voir le lapin en Nouvelle-Zélande, la loutre de mer dans les îles Aléoutiennes, ou encore l'ours blanc au Groenland. Le titre de la carte est surmonté d'une étiquette de forme ovale portant le label Unis France, retenu de chaque côté par un vison. Le label Unis (Union Nationale Inter-Syndicale) France fut créé en 1916 par des industriels, afin de faire face à la concurrence étrangère. Il garantissait que le produit avait bien été fabriqué en France, et le protégeait des contrefaçons. Au bas de la carte figure un médaillon représentant le logo de la Chambre syndicale des Fourreurs & Pelletiers français, montrant en son centre le drapeau français surmonté du coq gaulois, recouvert d'une médaille portant le sigle FPF pour Fourreurs & Pelletiers français, avec une hermine se tenant de chaque côté. Dans le pourtour du médaillon figure le nom de Louaisil & Cie Fourrures 46, rue des Jeûneurs Paris. La Société Louaisil et Cie, pelleteries et fourrures fut fondée par Joseph Louaisil en 1913. Elle était spécialisé dans la fabrication et le commerce de tous articles de fourrure (Le Courrier. Feuille officielle d'annonces légales et judiciaires, 21 avril 1913, p. 3). Joseph Louaisil était aussi membre de la Chambre syndicale. Il fournissait toutes les peaux nécessaires à l'apprentissage des ouvriers fourreurs, tandis que les ouvriers apprêteurs travaillaient dans l'atelier voisin, sur des peaux données par la maison Chapal Frères (Les Élégances parisiennes. Publication officielle des Industries Françaises de la Mode, 1917, p. 276). Il existe une autre version de cette carte, celle-ci établie pour la promotion de la maison Chapal Frères, maison fondée en 1857, spécialisée dans l'apprêt, la teinture, l'épilage de pelleterie et fourrures, et la coupe de poils pour chapellerie. Entre ces deux versions, toutes deux publiées en 1917, seuls diffèrent l'étiquette en haut de la carte, et le médaillon au bas de la carte. Très rare. Dressée pour le compte de la Chambre syndicale des Fourreurs & Pelletiers français, on peut supposer que la carte a été imprimée en très petit nombre. Nous n'avons trouvé aucun exemplaire dans les collections publiques. L'Illinois Library possède un exemplaire de la version établie pour la maison Chapal Frères. Très bon exemplaire. Déchirures restaurées et manques comblés dans la partie basse de la carte, à partir de l'encadrement contenant la liste.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HOMBERG (E.).

Lettre adressée à M. le président de l'Assemblée Nationale.

S.l., 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre verte (reliure moderne).

Homberg était le représentant du commerce du Havre auprès de l'Assemblée Nationale. Il fut chargé, par ses mandants, de transmettre une pétition réunissant 266 signataires (dont les noms se trouvent à la fin du document) demandant la suspension du décret du 15 mai 1791 sur l'égalité de droit des blancs et des hommes de couleur. Ils dressent un tableau très sombre des effets du décret à Saint-Domingue et redoutent "la ruine certaine de nos provinces maritimes et manufacturières" (page 5). Bon exemplaire. Roquincourt, 1477.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

INDONESIE.

Village.

Vers 1880. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

ISAMBERT (François-André).

Discours sur le budjet de la marine (service des colonies).

Paris, Mme Vve Agasse, 1838. In-8 de 24 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Discours prononcé devant la chambre des députés le 23 mai 1838. Son auteur dénonce la mauvaise volonté des colonies à faire le recensement des esclaves, conformément à l'ordonnance de 1833, car elle était considérée comme une mesure préparatoire à l'émancipation. Bon exemplaire. Ryckebusch, 4134.

[ITALIE] — DEROY (Isidore).

Vue générale de Venise - Vista general de Venecia.

Paris et New-York, L. Turgis, [vers 1850]. Lithographie originale en couleurs (38,5 x 50,2 cm).

Magnifique vue à vol d'oiseau de Venise, dessinée, lithographiée et finement coloriée à l'époque par Isidore Deroy. La vue montre au premier plan, à gauche, l'île de San Giorgio Maggiore avec sa basilique, à droite, le jardin public, puis la Piazzetta Saint-Marc avec ses deux colonnes, le Palais des Doges, la basilique Saint-Marc, la Douane, La basilique Santa Maria della Salute, le Grand Canal, la place Saint-Marc et son campanile, le pont du Rialto, l'Hôtel de la Monnaie, la basilique Santi Giovanni e Paolo, et l'Arsenal. Au large de Venise, on aperçoit les îles de San Michele, Murano, ou encore delle Tresse. Isidore Deroy (1797-1886) était un peintre, aquarelliste et lithographe français. Il fut l'élève de Louis-François Cassas, et exposa à plusieurs reprises au Salon de peinture et de sculpture. Bel exemplaire finement colorié à l'époque. Salissures au dos. Catalogue du fonds de L. Turgis et fils, éditeurs d'estampes et d'imagerie religieuses : année 1893, p. 52.

JABRUN (de).

Lettres à M. Hernoux, député, raporteur de la commission du budget de la marine et des colonies.

Paris, Guiraudet et Jouaust, 1837. In-8 de 8 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur, délégué de la Guadeloupe, proteste contre la publication d'un rapport dont il juge le ton hautain, parce que le rapporteur explique "que la chambre est fatiguée" d'une lutte sourde entre les intérêts de la métropole et ceux des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

JANVIER (Louis-Joseph).

Du gouvernement civil en Haïti.

Lille, Le Bigot frères, 1905. In-8 de 84-(1) pp.; broché, couverture imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur. Essai d'histoire administrative de Saint-Domingue puis de Haïti à travers les différents régimes que l'île a connu. En conclusion, l"auteur préconise que la nation haïtienne qui "n'a jamais été gouvernée que par des militaires" (page 51), se dote d'une vrai systême d'administration civile "c'est là qu'est la vraie réforme, celle dont peuvent découler toutes les autres". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2439.

JANVIER (Louis-Joseph).

Humble adresse aux électeurs de la commune de Port-au-Prince.

Port-au-Prince, imprimerie de l'abeille, 1907. Petit in-8 de 60-(4 bl.) pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Rare brochure, publiée à l'occasion des élections législatives de 1908, et illustrée d'un portrait de l'auteur. Après des études de médecine et de droit, et une carrière de journaliste, Janvier retourna à Saint-Domingue en 1905, et tenta, en vain, de se faire élire à Port-au-Prince. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2440.

JANVIER (Louis-Joseph).

Les antinationaux (actes et principes).

Paris, imprimerie G. Rougier et Cie, 1884. In-18 de (1) f., 101 pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Lettre ouverte à un habitant de la ville de Jacmel, en Haïti. En 1883, cette ville s'était révoltée contre le nouveau président, Lysius Salomon. Au cours de cette révolte, des courriers arrivés par bateau furent saisis et une lettre de Louis-Joseph Janvier, écrite à un de ses amis, fut ouverte et "reproduite, en inexacte teneur, accompagnée de commentaires calomnieux pour moi, dans une brochure trois fois anonymes et non datée" (page 5). C'est à cette brochure que l'auteur répond. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2450.

JANVIER (Louis-Joseph).

Le vieux piquet. Scène de la vie haïtienne.

Paris, imprimerie A. Parent, A. Davy succ., 1884. In-18 de 36 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Première édition de cette nouvelle qui, à travers le récit d'un grand-père, retrace une partie de l'histoire d'Haïti, de 1846 à 1883, et prend la défense des Piquets du Sud, des paysans noirs qui se révoltèrent. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2448.

[JEU].

Atlas géographique.

Paris, Saussine, [vers 1900]. 7 puzzles cartographiques coloriés (env. 29 x 38 cm), présentés dans sa boîte originale illustrée (32 x 40 x 5 cm).

Jeu de puzzle géographique comprenant sept cartes montées et découpées en pièces : "Asie". - "Océanie" - "Amérique du Nord". - "Amérique du Sud". - "Afrique". - "Europe physique et politique". - "France physique et politique". Elles ont été dressées par Gustave Pauly. Gustave Pauly est l'auteur de plusieurs atlas d'étude, dont un "Atlas universel de géographie" publié en 1890 destiné à l'enseignement de la géographie dans les écoles primaires et secondaires. Le couvercle de la boîte est orné d'une superbe chromolithographie, signée en bas à gauche Saussine Editeur Paris. Elle représente une allégorie des cinqs continents, où l'Europe est dominatrice, avec pour fond la représentation de la mappemonde terrestre. Chaque continent et sa faune sont représentés dans le décor. En 1860, Léon Saussine prit la succession de Hugues-Marie Duru, libraire et éditeur rue du Cloître Saint-Jacques à Paris. Il réalisa alors des jeux de société, de parcours, des patiences, des jeux de questions-réponses, des jeux d'adresse et de tir, des théâtres d'ombres, et plus tard des atlas. Après son décès en 1896, sa veuve prit sa succession, puis ses fils Georges et Maurice en 1916, enfin son petit-fils Robert vers 1944. Exemplaire parfaitement conservé avec toutes ses pièces et sa boîte d'origine.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

KEATE (George).

Relation des îles Pelew, situées dans la partie occidentale de l'Océan Pacifique.

Paris, Le Jay fils, Maradan, 1788. In-4 de xiv-(2)-383 pp.; veau havane marbré, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite par le comte de Mirabeau. L'illustration se compose de 4 portraits dont celui de l'auteur, d'une carte dépliante et de 12 planches gravées dépliantes (vues, objets d'ornements, plans et profils de côtes). Le récit de ce voyage fut rédigé par George Keate d'après le journal et les souvenirs du capitaine Henri Wilson et de quelques-uns des officiers de l'Antelope qui fit naufrage sur une des îles de l'archipel des Pelew, ou Palaos, en 1783. Bel exemplaire. Brunet, III, 647. — Chadenat, 1632. — Hill, 909.

LABORIE (Pierre-Joseph).

Réflexions sommaires adressées à la France et à la colonie de S. Domingue.

Paris, Chardon, 1789. In-8 de 43 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Brochure signée du nom de Laborie, un avocat, procureur au Cap-Français, député suppléant à l'Assemblée Constituante, et président de la chambre d'agriculture du Cap. Elle fut publiée en réponse à un mémoire du 27 octobre 1789 qui refusait d'accorder des assemblées municipales aux colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6394. — Roquincourt, 1604. — Sabin, 38432.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LA CONDAMINE (Charles-Marie de).

Voyage de la rivière des Amazones. Lû à l'assemblée publique de l'Académie des Sciences, le 28 avril 1745. [Suivi de:] Nouveau projet d'une mesure invariable, propre à devenir universelle. Lû à l'assemblée publique de l'Académie des Sciences, le 24 avril 1748.

[Paris], [Imprimerie Royale], 1749. In-4 de 104-viij pp.; veau havane marbré, dos à nerf orné, pièce de titre de maroquin rouge, filets dorés encadrant les plats, tranches rouges (reliure de l'époque).

Rare tiré à part d'une relation publiée dans le tome de 1745 de l'Histoire de l'académie des sciences (pages 391 à 492). Il est illustré de 2 cartes gravées dépliantes : Carte du cours du Maragnon ou la grande rivière des Amazones, et Carte du détroit appellé Pongo de Mansériché dans le Maragnon. Chargé par l'Académie des Sciences de conduire une expédition au Pérou pour y mesurer la longueur d'un arc de méridien près de l'équateur, La Condamine resta 10 ans en Amérique. Pour son voyage de retour, il descendit le cours de l'Amazone du Pérou jusqu'à Belèm au Brésil. C'est le récit de ce retour jusqu'à Paris, de mars 1743 à février 1745 qui fait l'objet de cette publication. Cette relation à également fait l'objet d'une publication particulière, sous le titre de Relation abrégée d'un voyage fait dans l'intérieur de l'Amérique méridionale depuis la côte de la mer du Sud jusqu'aux côtes du Brésil et de la Guyane, en descendant la rivière des Amazones, 1745, avec l'ajout d'une préface mais seulement la première carte. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Sabin, 38941.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.