Livres anciens - Livres de voyages - Cartes géographiques anciennes
Souvenir Exposition St Louis.
[Saint-Etienne], Neyret Frères, 1904. Œuvre originale tissée (31 x 31 cm).
Oeuvre réalisée par les Frères Neyret pour célébrer le centenaire de l'achat de la colonie française de Louisiane. Cette célébration eut lieu durant l'Exposition universelle de 1904 dans la ville américaine de Saint-Louis (dans le Missouri). On y voit l'aigle, emblème des Etats-Unis, accompagné des portraits de Thomas Jefferson (président de 1801 à 1809), du Premier Consul Napoléon, et de Théodore Roosevelt (président de 1901 à 1909). C’est dans l’Hôtel Tubeuf, alors Ministère du Trésor, que fut signé, le 30 avril 1803, le traité de cession par lequel la France vendait aux États-Unis d’Amérique, pour la somme de 15 millions de dollars de l’époque (80 millions de francs), la colonie française de Louisiane. Les signataires étaient, côté français, le marquis de Barbé-Marbois, Ministre du Trésor, et, côté américain, James Monroe et Robert R. Livingston. Très bon état de conservation.
Loin du pays. Souvenirs d'Europe, d'Afrique et d'Amérique.
Québec, imprimerie générale de A. Coté et Cie, 1889. In-8 de (2) ff., v-(1 bl.)-411 pp.; demi-veau vert à coins, dos à nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et brun, tranches mouchetées (reliure de l'époque).
Première édition. Journaliste et écrivain québécois de langue française, l'auteur relate ici son voyage en 1888 qui le mena de Québec au Havre puis Rouen, Paris, Saint-Hippolyte-du-Fort, Nîmes, Arles, et Marseille. Ce voyage était l'occasion pour l'auteur de renconter les Québequois installés en France. Par la suite, il poursuivit son périple dans les colonies françaises de Tunis et d'Algérie. Bon exemplaire, portant sur la page de titre, un petit cachet N avec une couronne impériale dans un ovale, très probablement d'un membre de la famille impériale.
Quelques réflexions sur les colonies.
Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.
L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.
Essais de poésie védique.
Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).
Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.
Ensemble de 375 photographies originales.
Est de la France et sans lieu, [vers 1917-1918]. Environ 4,5 x 7 cm ; quelques annotations au verso.
Important ensemble de photographies prises pendant la Première Guerre mondiale. Ces photographies, non signées, montrent des officiers en uniforme, parfois à cheval, en ville ou sur le terrain, des soldats dans des fermes, des réunions de militaires, des exercices de tir, du matériel d’artillerie, des explosions provoquées par des obus, des maisons et des églises détruites par les bombardements, des militaires surveillant une position, des troupes à proximité d’un train, un bivouac avec des soldats en tenue de campagne, des chars de combat (dont le célèbre Renault FT), des soldats assis sur un promontoire, l’entrée d’une tranchée, une reconstitution historique avec des uniformes du Ier Empire, des jeunes femmes en costume traditionnel, une messe, des officiers étrangers, etc. Quelques photographies, peu nombreuses, sont accompagnées d’une légende au verso : prisonniers conduits de Mézières (Ardennes) vers Villers-aux-Erables (Somme) ; panorama de la ferme des Chambelles, au nord de Verdun ; contrescarpe du fort Saint-Michel, à Verdun ; dépôt de matériel près du P.C. Hermitage, avec, à l’horizon, Douaumont (Meuse). On trouve aussi quelques légendes en espagnol se rapportant à des officiers, écrites sur un ton humoristique en rapport avec la corrida et la mort. En dehors de ces annotations, la plupart des clichés ne comportent au verso que des numéros de tirage photographique. Evoquée dans le présent ensemble, l’artillerie joua un rôle essentiel pendant la Première Guerre mondiale. Au début du conflit, elle était composée essentiellement d’une artillerie légère de campagne, avec une fonction d’appui auprès de l’infanterie. Mais la stabilisation du front conduisant à une guerre de tranchées provoqua un développement considérable de cette arme, donnant naissance à une artillerie lourde de grande puissance, avec des canons de plus en plus gros et l’apparition, vers la fin de la guerre, des premiers chars de combat. A la suite de cette évolution, l’artillerie sera la cause d’environ 75 % des pertes militaires. Certains sites représentés sur les photographies sont situés à Verdun ou dans les environs. Ils sont en rapport avec la bataille de Verdun, qui se déroula du 21 février au 18 décembre 1916, et qui opposa les armées française et allemande. Cette bataille, la plus longue et l’une des plus dévastatrices du conflit, fut une victoire défensive de l’armée française, permettant la reconquête du terrain perdu ainsi que la récupération des forts de Douaumont et de Vaux. Bon état de conservation.
Carte de France physique et administrative. La France actuelle et ses anciens défenseurs.
Paris, Binet, 1838. Gravure originale (52 x 64,5 cm).
Très rare et belle carte de la France divisée par départements, dressée par Pierre Antoine Tardieu, et gravée par Gabriel-Xavier Montaut et François Houiste. Cette carte est un hommage de l'auteur au Premier Empire et à l'Empereur Napoléon, mort en 1821. Elle est encadrée d'une superbe bordure montrant les portraits de l'Empereur et des vingt maréchaux et généraux qui se sont illustrés lors de ses campagnes : Foy, Ney, Lannes, Eugène, Mortier, Lamarque, Masséna, Cambronne, Brune, Daumesnil, Junot, Berthier, Marceau, Lasalle, Hoche, Desaix, Poniatowski, Lefebvre, Kléber, et Augereau. Tous sont mis en scène dans un décor de bataille. Le général Desaix et le général Kléber, notamment, sont représentés lors de la Campagne d'Égypte. Napoléon, le chef des armées, est représenté à cheval, entouré d'une aura lumineuse, l'aigle impérial veillant au-dessus de sa tête. À ses pieds reposent un Code Napoléon, une palette de peintre symbolisant sa contribution dans le domaine des Arts, ainsi que des attributs militaires et des éléments illustrant la Campagne d'Égypte. De chaque côté de la carte figurent deux monuments érigés sur ordre de Napoléon : à gauche, la Colonne d'Austerlitz ou Colonne Vendôme, érigée en 1810 pour commémorer la victoire d'Austerlitz, à droite, la Fontaine de la Victoire ou Fontaine du Châtelet, construite en 1808 pour célébrer les victoires marquantes de l'Empire lors des batailles de Lodi et de Marengo (Italie), des Pyramides (Égypte), d'Ulm (Allemagne), et de Dantzick en Pologne. Ces portraits, ainsi que tous les éléments décoratifs, ont été dessinés par le peintre et lithographe Victor Adam. Il existe une autre édition de cette carte, publiée en 1852 par Fatout. Nous n'avons pas trouvé d'édition antérieure à la nôtre, datée de 1838, on peut donc penser qu'il s'agit de la première. Bel exemplaire, avec les contours aquarellés à l'époque, de cette carte très rare. Petites déchirures marginales restaurées. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1852, p. 680 (édition de 1852).
Tableau de Cayenne ou de la Guiane française, contenant des renseignements exacts sur son climat, ses productions, les naturels du pays, les différentes ressources que l'on y trouve, et le degré de prospérité dont cette colonie est susceptible. On y a joint des observations nautiques, recueillies par l'auteur lui-même.
Paris, veuve Tilliard, an VII [1799]. In-8 de 230 pp. ; broché, couverture de papier violine.
Première édition. Le vicomte Galard de Terraube voyagea pendant un an en Guyane dans le but de rectifier des cartes marines. Il put ainsi dresser un tableau précis de la ville de Cayenne et de la Guyane. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Abonnenc, Hurault, Saban, Bibliographie de la Guyane française, p.120. — Chadenat, 3991. — Leclerc, 607. — Monglond, IV-860. — Nouvion, 226 (194). — Sabin, 26340.
Une parole de paix sur le différend entre l'Angleterre et les États-Unis.
Paris, Michel Lévy frères, 1862. In-8 de 31 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).
Ouvrage relatant l'affaire du Trent, un incident naval et diplomatique survenu pendant la première année de la guerre de Sécession, et qui faillit provoquer une guerre entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Le 8 novembre 1861, à 240 milles au nord de Cuba, l'USS San Jacinto, commandée par Charles Wilkes, arrêta le RMS Trent, un navire britannique non armé, dans les eaux internationales entre Cuba et les Bahamas. Ce dernier avait en effet appris que deux hommes politiques sudistes avaient pris place à bord du Trent dont le départ pour Southampton était fixé au 7 novembre. Les deux personnalités en question, James M. Mason et John Slidell, avaient « forcé » le blocus de Charleston le 12 octobre pour rejoindre La Havane, port espagnol, dix jours plus tard. Leur mission était d’amener les gouvernements français et britannique à reconnaître officiellement l'existence de la nation sudiste. Les deux diplomates et leur famille furent débarqués manu militari du Trent malgré les protestations des membres d’équipage, arguant la neutralité du navire britannique. Par crainte d'un affrontement entre les deux nations, l’affaire fut résolue de manière pacifique lorsque les deux envoyés furent libérés le 1er janvier 1862 et qu’ils furent autorisés à se rendre en Grande-Bretagne. Bon exemplaire. Sabin, 26729.
Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.
La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.
L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.
Précis aux commissaires auxquels l'Assemblée Nationale a renvoyé l'examen de la demande faite par les représentans de la colonie, pour obtenir provisoirement la liberté de ce pocurer des farines, dont elle manque absolument.
Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge (reliure moderne).
Député de Saint-Domingue, l'auteur publie ce petit opuscule pour préciser et appuyer une demande faite auprès de l'Assemblée Nationale. Il y pose quatre questions, et par ses réponses entend prouver que la colonie a un fort besoin de farine pour sa consommation, qu'elle n'a pratiquement plus de réserve, et que le plus simple et le plus rapide serait d'en importer depuis les ports américains. Il demande donc qu'un nouveau décret stipule que "l'ordonnance rendue le 27 mai dernier, par le sieur marquis du Chilleau, sera provisoirement rétablie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7478. — Roquincourt, 1339. — Ryckebusch, 3604. — Inconnu de Sabin.
Précis sur la position actuelle de la députation de Saint-Domingue, aux États-généraux.
1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).
Rédigé par Gouy-d'Arsy au nom d'un comité de la députation, le texte relate le processus électoral qui avait été mis en place à Saint-Domingue pour y élire des représentants aux États-généraux. Or ces représentants ne furent pas admis à siéger, au grand scandale du comité qui dénoncent "une prévarication". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6004. — Roquincourt, 4126.
Ruines du temple de Minerve Suniade.
Cap Sounion, 5 septembre 1846. Dessin original in-16 oblong (13,2 x 23,3 cm) à la mine de plomb, avec légende manuscrite à l’encre.
Vue du cap Sounion montrant des navires français et les ruines d’un temple grec. Le dessin, daté et signé «Ch. Lq.» dans l’angle inférieur droit, montre, au premier plan, des navires français, le Cerf, le Triton et le Cassini au mouillage près du cap Sounion, dans le sud de l’Attique (Grèce). D’autres navires, la plupart en train de naviguer, sont aussi représentés. Au second plan se trouve un immense promontoire rocheux sur lequel se dressent les ruines du temple. Celles-ci sont constituées de deux colonnades: la plus petite, au nord, semble contenir 4 colonnes et la plus grande, au sud, en contient 9. Anciennement désigné sous le nom de Minerve Suniade, le temple de Poséidon est un temple grec classique construit entre 444 et 440 av. J.-C. Etabli dans le style dorique, il domine la mer à l’extrémité du cap Sounion, à une hauteur de près de 60 mètres. Ses colonnes, initialement au nombre de 38, étaient faites de marbre blanc du Laurion. Ce n’est qu’en 1889, à la suite de la découverte d’une inscription, qu’on l’attribua à Poséidon, le dieu de la mer des anciens Grecs. Situés au premier plan, les trois navires français représentés appartenaient à la station du Levant commandée par le contre-amiral Louis Turpin (1790-1848). Le bâtiment le plus important, le Triton, était un vaisseau de 80 canons qui avait participé, en 1844, aux opérations contre le Maroc, notamment au bombardement de Tanger et au débarquement de Mogador. Le Cassini était une corvette à roues mise à flot en 1845 et qui sera utilisée en 1855 lors de la prise de la forteresse de Kinburn, pendant la guerre de Crimée. Quant au Cerf, il s’agissait d’un brig de 10 canons qui avait fait partie de la station du Brésil en 1841. Bon état de conservation. Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française, I, pp. 100 (Cassini), 105 (Cerf) et 447 (Triton).
Lettre autographe signée à l’archéologue Raoul-Rochette.
Brig la Surprise, rade de Smyrne 18 septembre 1838. 7 pp. in-4 (27,2 x 20,5 cm) sur 2 feuilles doubles.
L’enlèvement des bas-reliefs du temple d’Assos (Turquie). Longue lettre du commandant de la Surprise, relatant le démontage des frises du temple d’Athéna à Assos, une ancienne cité grecque de la Troade située au nord-ouest de la Turquie actuelle, sur la mer Egée. Le début est consacré aux formalités nécessaires à leur enlèvement : réception du firman (ou décret) de la Porte, contact avec l’aga du village de Behram (Behramkale) où se trouve le site d’Assos, autorisation à demander au voïvode d’Aivagik (Ayvacik, province de Çanakkale). Puis l’auteur relate les difficultés de l’opération : « Vous savez […] combien est escarpé le pic sur lequel ils étaient situés et avec quelle difficulté on parvient à le gravir ; aussi a-t-il fallu à tout l’équipage du brig, la journée du 10 et une partie du lendemain pour y transporter trois jumelles de vaisseau et quelques espars. Pendant [ce temps], je m’occupai de reconnaître les bas-reliefs que nous avions vus ensemble, à les faire numéroter, et à tracer avec de la peinture sur les quartiers des rochers, la route qu’il nous faudrait frayer pour les descendre […]. Dans la journée du 11 nous avons mis la première pièce en mouvement. Le soir quatre de ces morceaux avaient franchi la pente la plus rapide du rocher d’Assos. Les Turcs rassemblés en grand nombre ne revenaient pas de leur extase… ». Chaigneau donne les noms des officiers qui ont dirigé les travaux : « Il a fallu six jours d’un travail assidu pour conduire au bord de mer les bas-reliefs d’Assos et près de deux pour les embarquer ». Au total, 18 sculptures furent prélevées : « Les bas-reliefs portant les n° 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 16, 17 et le chapiteau de colonne sont ceux que vous m’aves désignés ; ceux portant les n° 3, 10, 13, 14, 15 et 18 ont été trouvés par nous, et ceux portant les n° 1 et 2 ont été retirés de l’intérieur de maisons dans la construction desquelles ils entraient ». Il envoie à son correspondant, en même temps que la présente lettre, les dessins des bas-reliefs. Entré dans la Marine en 1823, François Paul Chaigneau (Lorient, 1808 - Toulon, 1874) fut nommé lieutenant de vaisseau en 1835. Il servit alors à la division du Levant et ramena, à bord de la Surprise, les bas-reliefs d’Assos donnés à Louis-Philippe par le sultan Mahmoud II. Capitaine de frégate en 1843, il effectua une expédition le long des côtes occidentales d’Afrique entre 1845 et 1848. Promu capitaine de vaisseau en 1850, il devint contre-amiral en 1861. Le destinataire de cette lettre, Désiré Raoul Rochette, dit Raoul-Rochette (Saint-Amand, 1790 - Paris, 1854), était un spécialiste de l’archéologie grecque et romaine. Conservateur du Cabinet des médailles à la Bibliothèque nationale, il était membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ainsi que de l’Académie des beaux-arts. Auteur de nombreuses publications, il avait effectué plusieurs voyages, notamment en Italie, en Sicile et en Grèce. Les frises du temple d’Assos sont actuellement conservées au Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.
Loi relative aux colonies.
Dijon, imprimerie de Capel, 1792. In-4 de 4 pp., broché.
Loi du 6 juillet 1792 concernant Basse-Terre en Guadeloupe. "considérant qu'il faut empêcher cet abus de pouvoir, qui depuis longtemps s'exerce dans les colonies", l'assemblée nationale casse plusieurs décision prises par les fédérations de Sainte-Anne et de Basse-Terre et annule le bannissement de plusieurs citoyens. Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or. Roquincourt, 5266.
Les républiques de l'Amerique Espagnole.
Paris, L. Hachette et Cie, 1862. In-8 de 61 pp.; broché, couverture jaune imprimée.
Première édition. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante et coloriée par Vuillemin, intitulée Carte des états américains formés des anciennes colonies espagnoles. Cette brochure est une présentation des états nés de la disparition de l'empire espagnol en Amérique du sud. Le continent était en pleine évolution, alors que les États-Unis étaient en pleine guerre de sécession, que la France avait envoyé une expédition au Mexique, et que plusieurs pays connaissaient des guerres d'indépendance agitées. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Cachet de colportage sur plusieurs pages. Couverture empoussiérée et écornée. Sabin, 29059.
Arrêté concernant les dispositions à prendre pour la célébration, dans la colonie, de la fête de S.M. Louis-Philippe Ier, Roi des Français.
Cayenne, Imprimerie du Gouvernement, 1844. Affiche originale imprimée (40 x 30 cm).
Placard imprimé sur ordre du gouverneur de la Guyane Marie Jean-François Layrle concernant les dispositions prise pour la célébration de la fête du Roi. Le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, la fête du roi était une fête religieuse et loyaliste, alliant festivités civiles et militaires, accompagnée généralement d'une célébration religieuse, afin que le Ciel soutienne le roi «dans tous ses desseins pour la paix et la prospérité de la France». Bon état de conservation.
Ensemble de 9 documents, la plupart manuscrits.
Cayenne, Saint-Jean-du-Maroni, Paris, 1797-1911. 11 pp. de différents formats, quelques en-têtes imprimés.
Intéressante réunion de lettres et pièces signées sur la Guyane. Cet ensemble comprend: - Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée. Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire. Le retour d’un militaire malade du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie en métropole. Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque. - Certificat de décès. Pièce manuscrite signée (14 signatures). Cayenne, 11 prairial an 5 [30 mai 1797], 1 p. in-4 oblong. Concerne Laurent Igtershein, âgé de 35 ans, natif de Gelersheim, évêché de Vitzbourg (Allemagne), sergent au bataillon national du 53e Régiment en garnison à Cayenne, mort à l’hôpital de Paramaribo le 13 germinal an 5 [2 avril 1797]. - Extrait du registre des décès de l’hospice militaire de Cayenne. Pièce signée, en partie imprimée. Cayenne, 4 thermidor an 13 [23 juillet 1805], 1 p. in-4. Concerne Edem [Adam] Martin, de la 2e Compagnie de chasseurs, âgé de 29 ans, natif de Michery (Yonne), décédé à Cayenne le 27 floréal an 13 [17 mai 1805]. On joint un deuxième exemplaire, même date, 1 p. in-folio. Ensemble 2 documents. - ROUGER de LAGOTELLERIE (Pierre Frédéric), secrétaire-archiviste au gouvernement de la Guyane. Lettre autographe signée à Mme Vidal de Lingendes, à Paris. Cayenne, 15 mai 1827, 2 pp. in-4, adresse. A propos d’enfants dont il est le tuteur et qui sont en pension en France, du fils de sa correspondante, Félix Vidal de Lingendes, conseiller à la cour de Cayenne, et de la nomination comme maréchal de camp de Nompère de Champagny, député de la Guyane. - LAYRLE (Marie Jean François), gouverneur. Lettre autographe signée à Charles Marie de Lorgeril, lieutenant de vaisseau. Cayenne, 8 janvier 1845, 1 p. in-4. Il demande à son correspondant de lui fournir l’état de l’armement de la Mignonne, qui fait partie de la station de la Guyane. - [BAGNE]. Ensemble de 2 télégrammes. Saint-Jean-du-Maroni, 13 et 25 septembre 1892, 2 pp. in-8 oblong en partie imprimées. Au sujet de 6 relégués du pénitencier de Saint-Jean-du-Maroni, qui manquent à l’appel après avoir emporté leurs effets personnels. - COMPAGNIE GENERALE EQUATORIALE (Société minière et forestière des Guyanes). Action de 100 francs au porteur. Pièce imprimée. Paris, 2 mars 1911, 2 pp. in-folio. La première page est ornée d’un décor évoquant l’exploitation minière et les populations locales; la seconde est une planche de 24 coupons correspondant à cette action. Documents en bon état de conservation.
Notice statistique sur la Guyane française.
Paris, Firmin Didot frères, 1843. In-8 de (4) ff., 176 pp.; broché, couverture beige imprimée, non rogné et en partie non coupé.
Tiré à part de la notice consacrée à la Guyane, qui fut d'abord publiée dans les Notices statistiques sur les colonies françaises, en 1837. L'illustation se compose d'une grande carte lithographiée dépliante, publiée par la société d'études pour la colonisation de la Guyane française. Après une introduction historique, la notice présente la géographie, le climat, la population, et l'administration de la colonie. Viennent ensuite les cultures (sucre, café, coton, épices...) et le commerce. Elle se termine par les tableaux des relevés de population, de cultures, de commerce... pour les années 1839 et 1840. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Petit mouillure claire dans la marge intérieure des permiers feuillets, petit manque au dos. Abonnenc, Hurault, Saban, p.200.
Ilha de Bôa Viagem.
Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).
L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.
Considérations générales sur Maurice.
Maurice, typographie Dupuy et Dubois, 1862. Petit in-8 de 83-(1 bl.)-(2) pp.; broché, couverture bleue imprimée.
Très rare petite plaquette publiée à compte d'auteur. Ecrit par un créole de Maurice, l'ouvrage est une réflexion sur son île, sur le caractère et l'évolution de sa population, sur son histoire et ses institutions. Exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelques annotations sur la première page de la préface. Couverture très usagée, manque une partie de la page de titre avec perte d'une partie d'un mot. Toussaint et Adolphe, A-754.
Le Canada.
Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).
Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.
Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.
Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.
Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.
Habitation au bord de la rivière des Lataniers.
[vers 1830]. Ensemble de 2 aquarelles originales sur papier, (22,3 x 28,9 cm pour le premier et 24,4 x 34,6 cm pour le second) ; texte manuscrit à l’encre au dos de chaque dessin.
Vues de l’habitation Courau, dans les environs de Port Louis (île Maurice). Le premier dessin montre, au premier plan, quelques animaux dans un pré. Au second plan se trouvent quatre bâtiments : d’après le commentaire figurant au verso, ces constructions correspondent, de droite à gauche, au cabinet de travail du planteur (bâtiment de forme carrée), à son logement particulier (pavillon de forme irrégulière), à la salle à manger (supportée par 4 piliers) et à la maison principale (grand bâtiment en partie caché par les arbres). Une importante végétation se trouve derrière les constructions. A l’arrière-plan, dans la partie gauche, on aperçoit la montagne des Signaux qui surplombe la ville de Port Louis, non visible sur le dessin. Sur le second dessin, on peut voir dans la partie gauche deux personnages apparemment en train de pêcher au bord d’une rivière ; au centre se trouve le logement du planteur et, dans la partie droite, son cabinet de travail. Ces deux bâtiments sont séparés par une végétation dense, également présente à l’arrière-plan ; au loin on aperçoit un paysage montagneux. Le commentaire précise : « Cette vue est pour mon père. Elle est prise comme on le voit dans le nord sur la rive droite de la petite rivière ». Le texte qui figure au verso est signé et daté « G. Courau 1834 ». Quelques références à « G. Courau » sont mentionnées dans Toussaint & Adolphe, Bibliography of Mauritius, sans qu’il soit possible d’établir un lien avec les présentes aquarelles. Le Dictionnaire de biographie mauricienne ne mentionne rien sous ce nom. G. Courau était peut-être apparenté à Alphonse Courau, auteur d’un plan lithographié de Port Louis publié en 1840 (Toussaint & Adolphe, F 748). La rivière des Lataniers est un cours d’eau de l’île Maurice qui se jette dans l’océan Indien à Port Louis. Elle est citée dans le célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, dont l’action se situe dans cette île. Pliures et quelques petites déchirures marginales, manque un coin ; les couleurs ont passé. Intéressant témoignage sur une plantation à l’île Maurice au XIXe siècle.
Brouillon d’une lettre à «Monseigneur».
A l’isle de France, 15 mai 1785. 4 pp. in-folio (32,3 x 20,5 cm), avec corrections autographes ; sur une feuille double.
La fin de la campagne de l’Inde. En 1782, une division navale fut envoyée en Inde pour renforcer l’escadre du bailli de Suffren qui s’y trouvait depuis l’année précédente. Ces renforts, commandés par le comte de Peynier, arrivèrent sur place au début de 1783. En juin de la même année, Peynier participa à la bataille de Gondelour, puis succéda à Suffren en 1784 au moment où celui-ci fut rappelé en France. Lui-même quitta Pondichéry l’année suivante et arriva à l’île de France (Maurice) le 2 mai 1785: «J’étois parti de Pondichéry le 19 mars, avec 240 hommes du régiment d’Austrasie […]. J’ai trouvé à mon arrivée le vaisseau l’Annibal que j’avois expédié le 6 mars de Pondichéry avec 200 hommes du régiment d’Austrasie […]. On m’a remis à mon arrivée les paquets que vous m’avez adressé par la frégate la Subtile commandée par M. La Croix de Castries. Cette frégate étoit partie le 3 avril pour Pondichéry, elle y a passé M. le vicomte de Souillac qui m’a laissé en partant les dispositions qu’il avoit fait pour faire passer le régiment de Bourbon dans l’Inde sur le vaisseau le Brillant et la flûte l’Osterlaÿ: pour remplir leur mission, j’ai accéléré les travaux que l’on faisoit à ses vaisseaux, ils ne seront prêts à partir qu’à la fin du mois. Je ferai travailler ensuite au radoub et à la carène indispensable, de l’Argonaute, de l’Annibal, et de la frégate la Surveillante. Le peu d’ouvriers qu’il ÿ a dans le port rendra les ouvrages à faire très longs; je ne négligerai rien pour remplir le plus tôt possible les ordres que vous me donnez pour mon retour en Europe; je prévois que les radoubs à faire ne me permettront pas de partir avant le mois de septembre prochain. M. de Souillac me propose dans sa lettre de ne laisser qu’un vaisseau avec les frégates et corvettes, et de ramener les trois autres qui seront suffisants pour passer le régiment d’Austrasie. Je suivrai ses avis…». La suite concerne sa promotion au grade de chef d’escadre, ainsi que les promotions et distinctions à accorder aux officiers qui ont rendu d’importants services lors de la campagne de l’Inde: «M. Daugas enseigne très ancien qui doit être lieutenant mérite la croix de St Louis. M. de Saint-Laurent enseigne a rempli la place de major et officier chargé du détail général de l’escadre. Depuis mon départ d’Europe il s’en est acquitté avec valeur, zèle et la plus grande intelligence, il a des connaissances bien au-dessus du commun […], je vous demande le grade de lieutenant et la croix de St Louis pour lui et je vous assure qu’il mérite vos bontés…». Le destinataire de cette lettre, Charles Eugène de La Croix, marquis de Castres (1727-1801), avait remplacé Sartine en 1780 au secrétariat d’Etat à la Marine. Il poussa activement les opérations navales en Amérique et dans l’océan Indien, mit en place de grands travaux dans les ports et rationalisa les constructions navales. Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Copie de la lettre de M. le Cher de Peinier à M. le marquis de Bussy.
Goa, 19 janvier 1784. 3 pp. in-folio (43 x 27,4 cm) sur une feuille double, pliée.
L’approvisionnement des comptoirs français en Inde. Officier de marine, Peynier relate son passage dans différents ports (Colombo, Galles, Cochin, Mahé, Goa) afin d’y acheter des denrées destinées aux comptoirs français de la côte de Coromandel, ainsi qu’aux vaisseaux de son escadre. Il est essentiellement question de blé, de riz, d’animaux (bœufs, cochons) et de salaisons. Peynier mentionne les négociants qui servent d’intermédiaires, les quantités achetées ou disponibles, les règlements par lettres de change ainsi que les monnaies utilisées, leur valeur variant d’une ville à l’autre. Il évoque aussi l’état sanitaire des marins dont certains sont soignés à terre. Extraits : « A Colombo ou à Galles, il y a cinq cents milliers de riz dont une grande partie a été reçue par la Compagnie […]. A Galles il y a de 4 à 5 cents milliers de bled, que je voudrais faire passer à la côte de Coromandel et que je crains fort de ne pas pouvoir prendre dans nos vaisseaux, il y a également un peu de biscuit avarié. A Cochin il y avait cent bœufs et mille cochons au Roy, les vaisseaux en ont pris pour leur journalier et rafraîchissements pendant le temps que j’y ai resté et y en reprendront à mon retour. J’ai passé 24 heures à Mahé où j’ai vu M. de Cossigni […]. Vous avez dû recevoir de ses nouvelles par des officiers qu’il vous a envoyés, il y a très longtemps qu’il n’en a reçu de vous. De Mahé je suis venu à Goa où j’ai mouillé le premier janvier et où nous nous sommes tous réunis… » (p. 1). « J’ai trouvé à Goa 118 316 L. de bled que j’ai fait embarquer dans les vaisseaux. M. le gouverneur en a pris 50 000 L. qu’il me rendra à mon retour de Surate […]. Toutes ces provisions provenant des approvisionnements faits par feu M. de Beaubrun et non de celles que je devais trouver ici pour l’entière exécution du contrat passé à Colombo par M. Louis Monneron avec M. de Riboira - que vous me marquez devoir être de 1 000 000 L. de bled, 115 000 L. de bœuf salé et de 40 000 L. de cochon salé […]. En arrivant ici j’y ai trouvé une quarantaine d’hommes qui y sont entretenus par le Roy depuis près de 6 mois […]. J’ai embarqué tous les biens portants dans les vaisseaux. J’ai été obligé de mettre plusieurs malades à terre, il y en a actuellement environ 60 presque tous scorbutiques et plaies graves… » (p. 2). Né à Aix-en-Provence, Louis-Antoine de Thomassin de Peynier (1731-1809) appartenait à une importante famille de la noblesse provençale. Entré dans l'armée à 14 ans, il fut nommé lieutenant en 1747, puis passa dans la marine. Devenu capitaine de vaisseau, il participa à la guerre d'indépendance américaine avant d’effectuer, de 1782 à 1785, une longue campagne dans les mers de l'Inde. En 1789-1790, il fut gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il était le fils de Louis de Thomassin, marquis de Peynier (1705-1794), intendant de la Guadeloupe en 1763, puis intendant de la Martinique de 1765 à 1771. Son correspondant, Charles-Joseph de Bussy-Castelnau (vers 1720 - 1785) était à l’époque gouverneur des Etablissements français en Inde. Il avait effectué l’essentiel de sa carrière militaire dans ce pays, travaillant successivement avec La Bourdonnais, Dupleix et Lally-Tollendal, puis avec le bailli de Suffren qui venait de quitter l’Inde à la fin de 1783. Document bien conservé, sauf quelques petites déchirures sans gravité.
Copie d’une lettre à lui adressée.
S.l., 6 avril 1785. 1 p. in-4 (24 x 19,1 cm); sur une feuille double.
Projet d’un établissement français aux îles Andaman. Les îles Andaman sont situées dans l’océan Indien, entre l’Inde et la péninsule Malaise, à environ 280 km au sud-sud-ouest des côtes birmanes. Un navigateur attire ici l’attention du célèbre chef d’escadre au sujet de leur intérêt pour la marine française: «J’ai eu l’honneur de vous annoncer par ma lettre du 28 janvier dernier la vue de la grande Andaman […]. Le Sr Le Roy, pilote du Gange, reçut de moi ordre d’y passer à son retour de Visigapatnam […]. Cette terre paraît telle qu’elle est dans le plan; il n’a vu aucun habitant mais seulement de la fumée à terre. S’il est vrai qu’il puisse y avoir des ports, cette position seroit bien plus heureuse que celle du Pégou même, soit pour attaquer le Bengale dans la belle saison ou pour opérer à la côte de Coromandel et d’Oricha […]. Quel que soit le parti que prend le ministre à ce sujet, il est de la plus grande importance que le secret en soit gardé; car les Anglais ne manqueront pas de s’y établir s’ils se doutent du projet…». Finalement, le projet ne fut pas réalisé et les îles Andaman furent achetées en 1789 à la couronne danoise par le gouvernement britannique, ce dernier étant à la recherche d’un lieu de déportation pour les prisonniers politiques et de droit commun. Occupées par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, elles furent rattachées à l’Inde en 1947. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier. Mouillures dans la partie supérieure.
Village.
[Vers 1880]. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).
Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.
[Vue d’une sucrerie].
S.l., [milieu du XIXe siècle]. Dessin original in-4 oblong (24,1 x 39 cm), non signé, exécuté à la mine de plomb et à l’aquarelle sur un ton bistre, sur papier fort.
Vue animée d’une usine à sucre, probablement en Indonésie. Au premier plan se trouve un petit massif de végétation d’où s’élèvent deux palmiers, et, à proximité, on aperçoit un groupe de quatre personnes ainsi qu’un habitant conduisant un charriot tiré par des bœufs, transportant vraisemblablement de la canne à sucre. Au second plan est représentée une usine en activité; celle-ci est composée d’un bâtiment principal constitué de deux étages recouverts d’un toit en forme de pagode, avec, sur le côté, une grande cheminée, et, du côté opposé, un bâtiment de forme allongée constitué d’un rez-de-chaussée sur lequel s’ouvrent plusieurs fenêtres et une porte. Un hangar est attenant au bâtiment principal; quelques personnes se trouvent à l’intérieur. Dans la partie droite du dessin, on aperçoit une construction basse dont le toit s’élève à peine au-dessus du niveau du sol; on voit aussi une grande gerbe de canne à sucre et plusieurs personnes en train de vaquer à leurs occupations ou se déplaçant entre cette construction et le hangar. Enfin à l’arrière-plan, on remarque, dans la partie gauche, une rade parcourue par deux voiliers et, dans la partie droite, un paysage montagneux. Originaire de Mélanésie où elle serait apparue vers 15000 à 8000 avant J.-C., la canne à sucre se développa d’abord en Inde, puis en Chine et en Perse. A partir de la fin du XVe siècle, les Espagnols et les Portugais contribuèrent à répandre sa culture aux Antilles et en Amérique. Les Néerlandais s’y intéressèrent aussi: en 1596, une expédition débarqua à Java et y trouva une industrie sucrière florissante qui était aux mains d’émigrants chinois; ils devaient par la suite la consolider et l’étendre. Source: Radt (Charlotte), Aperçu sur l’histoire de la canne à sucre, in «Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée», 1970, XVII, pp. 141-147. Quelques rousseurs, plus prononcées au dos.
Notice sur les pêches du Danemark, des îles Féroé, de l'Islande et du Groenland.
Paris, Challamel aîné, 1863. In-8 de 16 pp.; broché, couverture verte imprimée.
Tiré à part d'un article publié dans la Revue maritime et coloniale de septembre 1863. Amiral et hydrographe danois, l'auteur effectua une campagne hydrographique en 1854 au large de l'Islande et du Groenland, durant laquelle il laissa son nom à plusieurs lieux explorés : - le Courant d'Irminger, une composante nord-ouest du Gulf Stream ; - la mer d'Irminger, une partie de l'océan Atlantique au sud-ouest de l'Islande - le Bassin d'Irminger, bassin sous-marin entre les côtes orientales du Groenland à l'est, la ride de Reykjanes à l'ouest et le détroit du Danemark au nord. Dans cette petit étude sur la pêche, il passe en revue les pêches au saumon, hareng, morue, requin et cétacés, et décrit plus particulièrement les pratiques des îles Féroé. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couverture légèrement écornée.
Discours sur le budjet de la marine (service des colonies).
Paris, Mme Vve Agasse, 1838. In-8 de 24 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).
Discours prononcé devant la chambre des députés le 23 mai 1838. Son auteur dénonce la mauvaise volonté des colonies à faire le recensement des esclaves, conformément à l'ordonnance de 1833, car elle était considérée comme une mesure préparatoire à l'émancipation. Bon exemplaire. Ryckebusch, 4134.
Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.
Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).
Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.
Opinion sur les colonies.
Paris, Hacquart, 1819. In-8 de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).
Discours lu à la chambre des député lors de la séance du 5 juin 1819. L'auteur, député du Loiret, demande qu'on accorde les mêmes drpots aux hommes de couleurs libres qu'aux colons blancs. Suivi, du même auteur: Extrait du discours prononcé dans la séance du 7 juin 1819. Paris, Lenormant, 1819. In-8 de 4 pp. L'auteur explique que la France peut retrouver sa souveraineté sur Saint-Domingue pour peut qu'elle reconnaisse la liberté à ses habitant et leur droits qu'ils ont prit sur les propriétés des colons, moyennant une indemnisation der ses derniers. Inconnus des principales bibliographies.
Feuille hebdomadaire de l'île Bourbon.
Saint-Denis de La Réunion, Lahuppe, 1826. Petit in-folio de 12-(1) pp.; en feuilles, non rogné.
La Feuille hebdomadaire de l'île Bourbon fut publiée sous ce titre de 1819 à 1856, puis absorbé par le Moniteur de l'île Bourbon. Notre numéro est le 410 daté du 8 novembre 1826. Il est principalement consacrée à la prise de fonction du nouveau gouverneur, le comte de Cheffontaines, et à la transcription des discours qui furent prononcés à cette occasion. On trouve également un arrèté du gouverneur sur la liquidation de la caisse d'escompte provisoire de l'île, des décisions multiples dans le Gouvernement de l'île, ou des renseignements sur le financement d'études pour les enfants créoles pauvres, ou encore l'introduction de nouvelles techniques agricoles (notamment, l'introduction dans l'ile, de la cochenille pour affermir la culture du vers à soie). Les deux dernières pages sont dédiées aux petites annonces: publicités de magasins, ventes de biens, ou ventes d'esclaves : "Dimanche 19 novembre..., il sera procédé à la vente à l'encan de la quantité de 24 noirs et négresses de différents âges et castes, dnas le nombre desquels se trouve un bon commandeur, et tous propres aux travaux d'habitation". Et enfin signalons, sous l'intitulé objet perdu, les annonces suivantes : "M. Laserve réclame le nommé Elphège, marron depuis le 27 octobre. Récompense de 25 piastres à celui qui le lui ramènera, ou qui le déposera à une des geôles de l'île", ou encore "Dans la nuit du 22 du mois dernier, se sont évadés de l'emplacement de M. Cabanne, pharmaciens, deux noirs ; l'un de caste malgache, se nomme Alcindor, et est âgé de trente ans. Il est très maigre et porte sur la figure une grosse verrue (...). L'autre, de caste macoi, de 36 ans environ, du nom de Pierrot, n'est remarquable que par sa taille moyenne, son embonpoint, et par une cicatrice à l'une de ses jambes. Ces deux noirs sont assez bien vêtus. Récompense, si l'on exige, à la personne qui les ramènera à son établissement.". Document peu commun provenant du Château de Laage (cachet sur la première page) propriété appartenant à la famille du navigateur Louis de Freycinet. Inconnu de Hatin, Bibliographie de la presse française.
[Vue d'une baie].
[vers 1860]. Aquarelle originale sur papier (17 x 26 cm).
Jolie aquarelle représentant une baie probablement sur l'Île de La Réunion. On y voit notamment un trois mâts ayant jeté l'ancre sur la gauche, et, sur la droite deux cases créoles ou paillottes, qui constituèrent l’essentiel de l’habitat populaire réunionnais jusqu’au milieu du vingtième siècle. A l’origine, les «paillotes» furent les premières habitations sur l’île, composée des matériaux du pays (bambou calumet, vacoa, palmes, latanier, vétiver…), puis rapidement les premières vraies cases créoles avec une armature en bois ont vu le jour, construites notamment par les premiers colons de la culture du café et des épices. Bon état de conservation. Coins coupés ou légèrement abîmés.
Certificat de vie et résidence.
Saint-André, 8 avril 1811. Pièce manuscrite signée de 2 pp. in-4 (25,6 x 19,6 cm), sur une feuille double.
Rare document établi sous la domination britannique (1810-1814). « Nous, Antoine Amédée Bruna, commissaire civil et de police du quartier Saint-André, île de Bourbon, soussigné, sur l’attestation de Messieurs Charles Perrier d’Hauterive, Mathias Vetteo, Laurent Fantony et Toussaint Charles François Buttié, tous quatre habitants majeurs de ce dit quartier, certifions à tous qu’il appartiendra que Mademoiselle Louise Henriette Quesnel native de cette île, âgée de trente-deux ans […] a résidé et réside dans ce dit quartier de Saint-André, depuis fin de l’année mil huit cent six qu’elle a fait son retour d’Europe en cette île avec feu son père, jusqu’à ce jour, et qu’elle y a payée toutes ses contributions… ». La pièce comporte d’autres signatures : Perrier d’Hauterive, Vetteo, Fantoni, Buttié et Louise Quesnel. Suivent deux apostilles signées de légalisation de la signature de Bruna. Né à Cuneo (Italie) en 1749, Antoine Amédée Bruna s’embarqua en 1768 comme pilotin sur le Marquis de Castres allant au Bengale. Débarqué en juillet à l’île Bourbon (La Réunion), il resta dans la colonie et devint contrôleur des magasins du roi. Par la suite, il fut nommé commissaire civil et de police du quartier Saint-André. Epoux de Marguerite Suzanne Ricquebourg, il mourut dans cette localité en 1814 (source : site gw.geneanet.org). Rousseurs sur le 2e feuillet ; timbres d’enregistrement en première page
Lettre signée à M. Marais, à Saint-Denis.
Nantes, 25 mars [et 9 mai 1825]. 3 pp. in-4 (25,8 x 20,4 cm) sur une feuille double ; adresse, marques postales.
Le commerce des denrées provenant de l’île Bourbon (La Réunion). Armateur à Nantes, Félix Queneau fait parvenir à son correspondant le duplicata d’une lettre qu’il lui a envoyée le 25 mars 1825. Elle concerne la remise d’une lettre de change tirée sur les armateurs nantais Perchais & Meade, ainsi que l’envoi d’objets à Saint-Denis : fusils, tissus et livres. Il est ensuite question du prix des denrées : « Les sucres sont à des prix satisfaisants pour les expéditeurs, & l’on peut compter sur un beau prix pour cette année, la récolte des Antilles étant très peu de chose ; les belles qualités se vendent de 85 à 87 fr. Les cafés par continuation jouent un triste rôle, & ceux qui ont profité d’un moment de hausse qui a eu lieu sur cette fève, ont bien fait, car aujourd’hui l’on vend difficilement à 25 et 26 s pour les bonnes qualités » (25 mars 1825). Suit la lettre du 9 mai, dans laquelle Queneau accuse réception d’une lettre du 3 janvier arrivée par la Victorine, puis annonce à Marais qu’il a assuré l’envoi des objets mentionnés dans la lettre précédente pour 2 200 fr. Il précise aussi que la traite tirée sur Perchais & Meade a été acceptée et qu’il a pu créditer son compte pour le même montant. Puis il ajoute : « Dans le cas où vous feriez quelques envois de denrée, donnez la préférence aux sucres, qui donneront toute l’année de beaux résultats, vu que la récolte des Antilles a manqué & que nous n’avons pas d’approvisionnements. J’ai vendu 6 000 [de] sucre pour Mr Félix Delpit qui donnent de produit net $ 9,40/100 du quintal ; ainsi je pense qu’avec de semblables résultats l’on doit être tenté d’expédier. Les cafés se vendent difficilement & ne présentent que de la perte… » (9 mai 1825). Enfin, il demande à son correspondant de lui faire obtenir quelques consignations, compte tenu de la concurrence qu’il y aura cette année pour le fret, puis il l’invite à contribuer au chargement de son navire l’Eole. Document bien conservé.
L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux États-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.
Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16-16-16 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées, non rognées (reliure de l'époque).
Première édition. Exemplaire enrichi d'un jeu d'épreuve corrigée, avec un tampon portant "épreuve du 27 avril", de l'édition française, puis de l'édition en anglais, French commerce and manufactures, publiée en même temps par l'éditeur Dentu. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrit au sujet de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des États-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Cachets de colportage. Sabin, 39381.
Motion d'ordre sur la marine.
Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).
Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.
Commission de colonisation de la Guyane française. Extrait du procès-verbal de la séance du 4 mars 1842.
Paris, E.-J. Bailly, 1842. In-8 de (1) f., 42 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, pièce de titre noire, tranches mouchetées (reliure moderne)..
Polytechnitien et saint-simonien, puis fouriériste, l'auteur effectua un voyage de plus d'une année dans les Antilles et la Guyane. Au nom du ministère de la Marine et des Colonies, il y avait étudié les conditions de l'esclavage dans les colonies françaises, et les moyens pour y mettre fin. Devant la Commission, il exposa un projet de colonisation de la Guyane ainsi que la fondation d'une banque coloniale. Bon exemplaire. Abonnenc, Hurault, Saban, p.168. — Manque à Sabin.
Réponse à la brochure intitulée Le pour et le contre.
Londres, 1785. In-4 de 63 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge, non rogné (reliure moderne).
En 1784, le colon Jean-Baptiste Duboscq publia une brochure intitulée Le pour et le contre sur un objet de grande discorde et d'importance majeure . Convient-il à l'administration de céder part ou de ne rien céder aux étrangers dans le commerce de la métropole avec ses colonies ? Il défendait la possibilité pour les colons des Antilles de pouvoir commercer directement avec l'étranger sans passer par le monopole de la marine française sur ce commerce. L'auteur de la présente réponse, Charles Le Mesle, négociant au Havre et directeur de la chambre de commerce de Bordeaux (probablement lié aux armateurs), démonte tous les arguments de son contradicteur, tant historiques qu'économiques, considérant que "Si les colonies se sont enrichit sous l'origine des loix prohibitives, elles peuvent donc continuer à s'enrichir par la même voie" (page 10). Bon exemplaire. Mouillure claire marginale. Sabin, 69715.
L'évolution de l'esclavage dans les diverses races humaines.
Paris, Vigot frères, 1897. In-8 de xxi-(3 bl.)-538 pp.; broché, couverture verte imprimée.
Première édition. Vaste panorama historique dans lequel l'auteur considère l'évolution de l'esclavage depuis le règne animal, dans les îles du Pacifique, en Afrique, en Amérique, en Égypte, en Grèce, à Rome et dans l'Europe médiévale. On trouve notamment pp.132 à 144, un chapitre sur l'esclavage chez les Peaux-Rouges. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.
La France demande Saint-Domingue.
Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).
L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.
La vérité sur les Etats confédérés d'Amérique.
Paris, E. Dentu, 1862. In-8 de 32 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).
Ouvrage illustré d'un portrait lithographié de Jefferson Davis, président des Etats Confédérés. Originaire de Caroline du Sud, l'auteur était Consul en Egypte lors de la déclaration de sécession des Etats du sud. Il rentra chez lui en contournant le blocus et fut envoyé par Jefferson Davis en Europe pour obtenir la reconnaissance de la Confédération du Sud. Il contourna de nouveau le blocus et se rendit en Angleterre puis en France. Dans sa brochure, il nie les faiblesses attribuées aux Confédérés: le blocus n'est pas efficace (son propre exemple le prouve), il n'y a pas de manque d'approvisionnement, les esclaves restent loyaux à leurs maitres, et il termine par un éloge vibrant de Jefferson Davis, président des Etats Confédérés qui "est à la seconde révolution américaine ce que Washington était à la première". Bon exemplaire. Légères rousseurs. Howes, D239. — Sabin, 40071.
Madagascar.
Paris, L'Agence de la France d'Outre-Mer, 1952. Lithographie originale en couleurs (66,5 x 103 cm).
Superbe et très grande affiche publicitaire de l'île de Madagascar, dessinée par Maurice Tranchant et publiée par L'Agence de la France d'Outre Mer. Dans le style des portulans anciens, la carte est décorée d'un titre inscrit sur une bannière, d'une rose des vents et d'un cartouche contenant une description de l'île, et illustré de personnages, de produits locaux et d'un portrait du maréchal Gallieni. Militaire et administrateur colonial français, ce dernier contribua à l'expansion de l'empire colonial français en Afrique, et notamment à Madagascar, à la fin du XIXe siècle. L'île est décorée de nombreuses vignettes figurant les productions de ses terres, ainsi que la faune et la flore. Les villes et les montagnes principales sont nommées. Maurice Tranchant de Lunel (1869-1944) était un artiste peintre, architecte et illustrateur français. En 1912, il fut nommé directeur du Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques du protectorat du Maroc par Lyautey. Il fut aussi le concepteur de la Grande Mosquée de Paris. Bel exemplaire, non entoilé. Pliures.
[Cartes des opérations militaires de la campagne du Maroc].
S. l., [vers 1930]. In-4, chemise à rabats fermée par des cordons.
Ensemble de 20 cartes dépliantes imprimées par le Service Géographique de l'Armée, et représentant les opérations militaires de l'armée française durant la campagne du Maroc. La campagne du Maroc (1907–1934) est une guerre coloniale, d'ordre politico-militaire, française amorcée sous la responsabilité du premier résident général français au Maroc Hubert Lyautey, alors général, pendant le règne du sultan Moulay Abdelaziz. Elle visait à combattre les résistances marocaines à l'établissement du protectorat français au Maroc (qui sera officiellement instauré par le traité de Fès du 30 mars 1912). Les premières batailles de la campagne française de lutte contre les résistants marocains débuta en 1907 avec l'insurrection de la confédération tribale des Chaouïa le 30 juillet, qui sera suivie du bombardement de Casablanca et de la campagne de la Chaouïa. Elle se poursuivit jusqu'en 1934, avec la réduction de l'Anti-Atlas, dernier bastion de la résistance, et la fuite de Merebbi Rebbu Ould Ma El Aïnin de Kerdous pour se réfugier au Sahara espagnol. Bon état de conservation.
Ensemble de 14 cartes postales anciennes.
S.l., [vers1920]. 9 x 14 cm.
On trouve ainsi représenté : - Oujda. Jeune femmeMarocaine. - Oujda. Ville indigène. - Oujda. Famille marocaine devant sa case. - Oujda. Fête du Ramadou. - Oujda. Campement de la Mahalla. - Tanger. Porte du grand Socco (marché). - Tanger. Magasin marocain. - Tanger. Coiffeur marocain en plein air. - Tanger. La ville, vue du phare. - Tanger. Le Wharf. - Tanger. Descente de douane. - Tanger. Scène de rue, près du Socco. - Tanger. la douane marocaine. - Tanger. Sur le grand Socco, près la Légation de France. Bon état.
[Vues côtières du Maroc].
S. l., [vers 1860]. Aquarelle originale sur papier (13 x 46,5 cm).
Ensemble de 5 aquarelles sur une même planche réalisées au lavis gris, représentant des vues de la côte atlantique marocaine, du nord au sud : - Cap Spartel — entrée du détroit de Gibraltar (nord). - Cap Blanc — côte entre Casablanca et Safi. - Cap Cantin — au nord de Safi. - Safi (Saffie) — port historique. On distingue la médina, les remparts, et les rochers caractéristiques au pied de la ville. - Mogador (Essaouira) — grand port du commerce atlantique marocain. On distingue la ville fortifiée, le château, le tombeau d'un saint, et l'île. Les vues sont tracées selon un rendu panoramique horizontal caractéristique des relevés hydrographiques de l'époque. Les annotations sont portées à la plume, en écriture soignée, directement sous ou à proximité de chaque vue. Ces planches constituent un témoignage précieux sur la représentation cartographique et maritime du Maroc à l'époque moderne. Très bon état de conservation.
Territoire de St-James (Antilles). Quelques vues des plantations St-James.
S.l., [vers 1890]. Planche cartonnée (87 x 62,5 cm).
Grand panneau peu commun, composé d'un grand carton sur lequel sont montés 11 vues en photoglyptie et un cache laissant apparaître les illustrations et portant le titre et les légendes des vues. Les photoglypties sont tirées d'un album, Vues Photographiques prises sur le Territoire de St James (Antilles), publié vers 1890. Elles montrent des vues des plantations Saint-James à la Martinique dont une vue de Saint-Pierre avec des lettres gigantesques qui indiquent Plantations Saint-James sur les hauteurs dominant la ville (et placées bien avant celle dominant Hollywood), des vues de plantation, sucrerie et rhumerie ainsi que des groupes d'Indiens qui vivaient sur les plantations. En 1765, le Révérend Père Edmond Lefébure, Supérieur du couvent des Frères de la Charité et savant alchimiste, concurrent de Jean-Baptiste Labat, décida de créer sur les hauteurs de Saint-Pierre de la Martinique une distillerie de rhum afin de subvenir aux besoins de l'hôpital de la ville. Il fit ainsi jaillir des alambics, un tafia de canne à sucre hautement amélioré, appelée alors Guildive, qui évolua vers un des plus célèbres rhums agricoles. Le père Lefébure décida de donner à son rhum le nom de Saint-James (qui aurait été celui d'un amiral anglais ayant habité saint-Pierre) reconnaissable par les Anglais afin de faciliter la vente de sa production aux colons de Nouvelle-Angleterre, car l'importation de rhum était interdite. La première distillerie Saint-James se trouvait sur la route de Saint-Pierre, à Deux Choux, dans une ravine où coulait la rivière du Jardin des Plantes. À la suite de l'éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902, les plantations avoisinant la ville de Saint-Pierre ne furent plus que cendres. Seule la distillerie Saint-James fut en partie épargnée. Elle reprit son activité deux ans plus tard. Les photographies de ce panneau furent prisent par J. Depaz, photographe à St-Pierre de la Martinique, et le Capitaine Jean-Baptiste Moreau, de passage à St-James. Depaz était installé à Saint-Pierre de la Martinique d'après l'annuaire publié en 1897 par le Comptoir des intérêts coloniaux. Ses premiers clichés connus sont ceux publiés dans L'Illustration, en 1891, sur un cyclone qui ravagea la Martinique. En compagnie du capitaine Jean-Baptiste Moreau, il photographia la plantation Saint-James et en fit un album. La famille Depaz est une des grandes familles propriétaires de distilleries de rhum dans la région de Saint-Pierre et à Basse-Pointe. Elle y était encore installé dans les années précédant la seconde guerre mondiale, tout comme la distillerie du Galion. Bon état de conservation. Petits manques dans les bordures.
Schœlcher. Baie de Fort de France (Martinique).
S. l., 1925 Aquarelle originale (16,5 x 25 cm), datée et signée en bas à droite.
Jolie aquarelle aux couleurs vives, signée E. Jouan, représentant la baie de Fort-de-France vue depuis la commune de Schœlcher, sur la côte nord-ouest de la Martinique. Ce point de vue panoramique offre une lecture claire du paysage caribéen : la plage de galets volcaniques au premier plan, l'étendue calme de la baie en plan médian, et la silhouette des mornes martiniquais en toile de fond. Cette œuvre s’inscrit dans la tradition des aquarelles de voyage et des vues topographiques réalisées durant l’entre-deux-guerres dans les territoires français d’outre-mer. C'est un témoignage visuel authentique de la baie de Fort-de-France en 1925, à une époque où Schœlcher était encore un bourg peu développé. Bon état de conservation. Quelques rousseurs.
Portrait de Luis Enríquez de Guzmán.
Vers 1850. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).
Luis Enríquez de Guzmán, Conde de Alba de Liste (1610-1680), fut nommé vice-roi de la Nouvelle-Espagne le 28 mai 1648, sous le roi Philippe IV d'Espagne, fonction qu'il occupa jusqu'au 14 août 1653. Sa principale réalisation fut de réformer la trésorerie de la colonie, entraînant une augmentation considérable des revenus, dont la plupart furent envoyés en Espagne pour soulager les difficultés financières de Philippe IV. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.
Portrait de Pedro de Castro y Figueroa y Salazar.
Vers 1840. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).
Pedro de Castro y Figueroa y Salazar, duc de la Conquista et marquis de Gracia Real (1678-1741) était un officier de l'armée espagnole. Il fut nommé vice-roi de Nouvelle-Espagne, par Philippe V, en 1740 pour remplacer Juan Antonio de Vizarrón y Eguiarreta. Pendant sa période de vice-roi, il travailla à l'amélioration des mines de Zacatecas en améliorant le système de drainage, fit nettoyer les obstructions du port de Veracruz et ordonna la construction du fort San Juan de Ulúa. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.
Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).
1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.
Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.
Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.
Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).
Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.
Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.
1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).
Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.
Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.
Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).
Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.
Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.
Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.
Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.
Opinion sur la motion de M. de Curt.
Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.
Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.
[Loi accordant la liberté du commerce avec le Mozambique aux sujets Portugais des Indes].
Lisboa, 1755. In-4 de (2) pp., broché.
Loi du 10 juin 1755 ouvrant le commerce des ports mozambicains à tous les sujets de l'État portugais de l’Inde, et à toutes les marchandises sauf les perles de verre. Mais la loi ne fut mise en place que le 29juillet 1757 à cause de l’opposition interne du gouverneur général lui-même. Colonie portugaise depuis le XV° siècle, la côte du Mozambique, et particulièrement l’île du même nom, étaient une escale majeure dans le long voyage qui menait les navires portugais de Lisbonne jusqu’en Inde. Bon exemplaire.
Bénédiction d'un africain.
XVIII° siècle. Peinture originale sur toile montée sur chassis (58 x 47).
Saint François Xavier (1506-1552) était un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d'Ignace de Loyola, il fut un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. Ses succès missionnaires en Inde et en Extrême-Orient lui acquirent le titre d'«Apôtre des Indes». Béatifié en 1619, il fut canonisé trois ans plus tard par Grégoire XV. En 1541, il embarqua pour Goa alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l'Inde, et fit notamment une longue escale au Mozambique en attendant des vents favorables pour repartir. Il visita notamment le Mozambique, l'Archipel des Comores, Ceylan, Malacca, les îles Moluques, le Japon où il convertissa de nombreuses personnes, et mourut de maladie sur l'île chinoise de Shangchuan. Bon état de conservation.
Les explorations des Portugais antérieures à la découverte de l'Amérique.
Paris, Ernest Leroux, 1893. In-8 de (2) ff., viij-(1)-(1 bl.)-33 pp. , toile bordeaux, pièce de titre noire, couvertures conservées (reliure moderne).
Texte d'une conférence faite à Madrid en 1891, traduite et commentée par Alexandre Boutroue. Il est illustré d'une carte dépliante. Limité aux explorations avant 1492, l'auteur évoque la découverte des îles de l'Atlantique (Madère et les Açores), puis le début du contournement de l'Afrique par Christophe Colomb et Bartolomeo Diaz. Bon exemplaire. Envoi autographe signé du traducteur Alexandre Boutroue.
Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.
Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).
Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.
Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.
Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.
Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.
[Vue animée d’un village indochinois].
S.l., [milieu du XXe siècle]. Dessin original in-4 oblong (39,5 x 55 cm), signé dans l’angle inférieur gauche, exécuté à la gouache sur papier fort teinté.
La vie quotidienne d’un village vietnamien au milieu du XXe siècle. Grand dessin montrant, au premier plan, deux personnes assises, vues de dos, entourées de plusieurs plats posés ou empilés sur le sol. Au second plan se trouve un groupe de villageois s’occupant d’une récolte, probablement de bambous, autour d’une charrette à bras en train d’être déchargée. Une jeune femme transportant un panier au moyen d’un bâton posé sur son épaule passe à proximité du groupe en pleine activité. Au second plan se dresse un hangar, le long duquel des tiges de bambous ont été posées. On aperçoit aussi, dans la partie gauche du dessin, des huttes, un vélo et des villageois vaquant à leurs occupations. Bénézit, X, p. 641, signale un artiste américain du nom de William Arthur Patty, né en 1889 à New Hartford (Connecticut), peintre de paysages, marines et natures mortes. Cependant, la signature du présent dessin («Patty») ne correspond pas à celles figurant sur les œuvres reproduites en ligne («Wm. A. Patty»). Une autre hypothèse serait celle du major Patty, membre des services secrets américains (Office Strategic Services) qui effectua des missions secrètes au Vietnam vers 1945: parachuté au Tonkin, il livra des armes au Vietminh, soutenu à l’époque par les Etats-Unis qui voulaient évincer la France de l’Indochine. Cf. Pierre Labrousse, La Méthode vietminh. Indochine 1945-1954, Lavauzelle, 1996, pp. 25 et 31. Curieux dessin, montrant le Vietnam rural quelques années avant la fin de l’Indochine française.
Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.
Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).
Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.
Estatutos Da Junta Do Commercio Ordenados por El Rey Nosso Senhor no seu Real Decreto de 30 de Setembro de 1755.
Lisboa, Miguel Rodrigues, 1756. In-4 de (1) f., 37 pp. ; broché, couverture de papier marbré moderne.
A l'initiative du marquis de Pombal, le roi José Ier remplaça la confrérie de l'Espírito Santo da Pedreira de Lisbonne, sorte d’association de négociants, coupable d’avoir fait des représentations contre la Compagnie de Grão-Pará et Maranhão, par une sorte de chambre de commerce, Junta do commercio. La présente brochure détaille les statuts de cet organisme, dans lesquels est mentionné le commerce dans les colonies portugaises de l'Inde et du Brésil. Les produits mentionnés sont le sucre, le tabac, le poivre, le cacao et d'autres épices. Bon exemplaire. Petites galeries de vers marginales.
[Loi sur l'affranchissement des fils d'esclaves].
Lisboa, Regia Officina Typografica, 1773. In-4 de 4 pp., broché.
En 1761, une première charte déterminait que tout esclave arrivé dans le royaume du Portugal et des Algarves venant d'Afrique, Amérique ou Asie, seraient automatiquement libres. En 1773, cette seconde charte stipulait que tout enfant né d'une esclave, serait automatiquement libre, quel que soit le statut de ses ancêtres. Cette proclamation officielle, comme les précédentes, furent initiées par le marquis de Pombal, l'homme fort du Portugal durant vingt ans, non pas pour des raisons humanitaires, étrangères à sa nature, mais parce que les esclaves constituaient une main-d'œuvre nécessaire au Brésil. Dans le même temps, il stimula le commerce d'esclaves noirs vers cette colonie, et deux compagnies furent fondées, avec le soutien et la participation directe du marquis de Pombal, la Compagnie de Grão-Pará et Maranhão, et la Compagnie générale de Pernambuco et Paraíba, dont l'activité principale était précisément le trafic d'esclaves, principalement des Africains, vers les terres brésiliennes. Ce n'est qu'en 1856 que cette dernière charte sera appliquée au Brésil, entraînant la chute de l'Empereur Dom Pedro II. Bon exemplaire.
Ce que nous devons à nos colonies.
Paris-Nancy, Imprimerie Berger-Levrault, 1918. Lithographie originale (env. 65 x 45 cm).
Affiche de propagande sur la Première Guerre Mondiale, lithographiée par Victor Prouvé. Représentant un cavalier spahi, cette affiche rend hommage aux colonies françaises pour leur action durant la guerre : "Nous savons tous maintenant ce que nous devons aux milliers de volontaires indigènes qui ont combattu pour la France". Très bon état de conservation.
Vies des plus célèbres marins.
Paris, Belin, 1789. 13 volumes in-18 de 263 pp. — 210 pp. — 252 pp. — 295 pp. — 304 pp. — 220 pp. — 260 pp. — 251 pp. — 300 pp. — 259 pp. — 293 pp. — 221 pp. — 220 pp. ; demi-maroquin vert avec petits coins de vélin, dos à nerfs ornés, tranches rouges (reliure de l'époque).
Première édition collective de ces onze biographies de grands capitaines, illustrée de 11 portraits gravés. Ce recueil contient les vies de de Barberousse, de Corneille Tromp, du capitaine Cassard et du capitaine Paulin, d'André Doria, du comte de Forbin, du marquis Du Quesne, de Jean d'Estrées et de Victor-Marie d'Estrées son fils, de Jean-Bart, de Duguay-Trouin, de Ruyter, et du maréchal de Tourville. Très bel exemplaire. Chadenat, 3845. — Polak, 8242.
Méditerranée-Niger.
S. l., 1957. Carte exécutée à la gouache et à l’aquarelle, signée et datée dans la partie inférieure, et mesurant 3 m 35 sur 1 m 50 ; enroulée, bords renforcés, traces de fixation.
Très grande et spectaculaire aquarelle illustrant le projet d’une ligne de chemin de fer entre l’Algérie et le Niger. Réalisée au 1/800 000e, elle comprend une vingtaine de dessins aquarellés montrant des sites pittoresques d’Algérie, du Maroc et du Mali : Laghouat, Saïda, Meknès, Colomb-Béchar (actuellement Béchar), Timimoun, Ain Salah, Tessalit, Adrar des Iforas, etc. Elle comporte une rose des vents ainsi qu’une légende inscrite dans un cartouche dans l’angle inférieur gauche. La partie de la ligne déjà en exploitation, située entre Nemours (actuellement Ghazaouet, Algérie) et Abadla (à 90 km au sud-ouest de Colomb-Béchar), est représentée par un trait noir; celle en projet, qui doit traverser le Sahara entre Abadla et Niamey (Niger), est mentionnée par un tireté rouge; un trait marron donne le tracé de la piste transsaharienne n° 2. Au départ de Nemours, la ligne déjà construite se dirige vers le sud, emprunte la ligne Alger-Meknès-Casablanca, traverse la frontière marocaine, passe par Oujda (Maroc), puis se sépare de cette dernière pour prendre la direction du sud marocain: Berguent, Tendrara, Tamelt, Mengoub, Menahba, Talzaza, puis revient en Algérie pour passer par Colomb-Béchar et Abadla, la dernière localité desservie par le chemin de fer existant. Vient ensuite la partie en projet: à partir d’Abadla, la ligne prend la direction du sud et passe par Zerhamra (au sud-ouest de Beni Abbès), Ougarta, El Kseib, Kerzaz, Ksabi, Adrar, Reggane, Balise 250, Bidon 5, Bordj le Prieur. Elle passe ensuite au Soudan (le Mali actuel): Anefis, Tabankort, Taberichat, Ain Tassit. Elle se divise alors en deux branches, l’une se dirigeant vers Tombouctou (Mali), et l’autre vers Gao (Mali) et Niamey (Niger). Cette ligne passe à proximité de la piste transsaharienne n° 2, qui s’étend de Colomb-Béchar à Gao. Le chemin de fer transsaharien, ou chemin de fer Méditerranée-Niger, était un projet de traversée ferroviaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française (AOF). Imaginé dès la seconde moitié du XIXe siècle, il fut interrompu en 1881 après l’attaque de la seconde mission Flatters. Relancé en 1939, il fut continué par le gouvernement de Vichy, puis par le gouvernement provisoire, avant d’être clos définitivement en 1949, la ligne s’arrêtant au barrage d’Abadla. Apparemment inédite, la présente aquarelle, réalisée vraisemblablement par Hippolyte Rigaill, témoigne d’une tentative de reprise du projet, peu avant l’indépendance des anciennes colonies françaises. Dans le Courrier du Maroc du 14 avril 1952, Hippolyte Rigaill est mentionné comme dessinateur, et comme membre du conseil municipal de la région d'Oujda. Dans celui du 3 avril 1953, on apprend qu'il participa à une exposition d'artistes locaux au grand hall des Services Municipaux : "notre ami Rigaill aime la mer et les grands espaces. Aussi est-ce une majorité de marines et de paysages, de dunes et de visages marocains qu'il présente à notre admiration. Peut-on lui reprocher de peindre sans artifice, de reproduire les choses telle qu'il les voit : avec beaucoup de soleil". Document d'une fraicheur et d'une taille exceptionnelle.
Notes et observations sur les colonies françaises des Antilles, et particulièrement sur Cayenne, avec la comparaison de ses produits à ceux des autres colonies.
Bordeaux, Pierre Beaume, mai 1825. In-8 de (2) ff., ij-30 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).
Première édition. Présentation des avantages de la colonie de Guyane qui réunie "toutes les conditions qui doivent un jour la rendre la plus importantes de nos colonies (page 20). Exemplaire du directeur des douanes de Bordeaux Mr Charles des Moulins. Ce dernier fut également par la suite botaniste et malocologiste, et président de la Société linnéenne de Bordeaux. Quelques corrections autographes de l'auteur avec sa signature. Inconnu de Sabin.
Pétition adressée à l'Assemblée Nationale, par Philippe-Rose Roume, commissaire-ordonnateur de l'île de Tabago, et soldat dans la garde nationale de Paris; chargé par le ministre de la marine de répondre aux réclamation des hypothècaires Anglais.
S.l., 1791. In-8 de 10-(1) pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre marron (reliure moderne).
Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. L'auteur, commissaire-général et ordonnateur de Tobago fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations, et dans cette pétition, il demande à l'assemblée de l'examiner avec impartialité. Inconnu de Monglond. — Roquincourt, 2871. — Sabin, 73470.
[Compte-rendu des séances de l’Assemblée de Saint-Marc].
[Saint-Marc, 21 ou 22 mai 1790]. Manuscrit in-4 (22,3 x 19 cm) de 15 pp.; broché, rubans de soie bleue, date de réception du 22 mai notée en première page.
Les délibérations de l’Assemblée de Saint-Marc. Ce manuscrit contient le compte-rendu des séances de l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue, dite «Assemblée de Saint-Marc», entre les 18 et 20 mai 1790. Il est question des sujets suivants: démission de certains membres, du fait de leur appartenance au pouvoir judiciaire; remise des croix de Saint-Louis par les députés et refus de certains d’entre eux de le faire; demande des pensionnaires du couvent du Cap qui souhaitent rentrer dans leur famille; notification au général des décrets concernant les concessions et les réunions; transcription des décrets concernant le pouvoir judiciaire (18 mai). Le lendemain: requête du nommé Bigot, mulâtre, qui demande à passer en France pour cause de maladie, et accord de l’Assemblée à ce sujet, contre l’avis du gouverneur; lecture des pouvoirs des députés des Gonaïves; comparaison de M. de Sainte-Croix (ancien commandant au Môle), lecture de son mémoire justificatifet envoi de commissaires au Môle pour vérifier les faits à charge et à décharge; contestation de l’Assemblée au sujet d’une distribution de croix de Saint-Louis décidée par le ministre(19 mai). On relève ensuite: suppression des états-majors des places, officiers d’administration, commandants de paroisses et comités paroissiaux, fonctions qui doivent être attribuées aux municipalités; troubles à Port-au-Princeet destruction de son comité; établissement des municipalités, celles-ci ayant autorité sur les troupes réglées; soutien apporté à l’Assemblée par la commune de Saint-Marc, puis démenti de celle-ci; demande de quête pour le Régiment de chasseurs, afin d’organiser une fête, etc. (20 mai). A la fin: «M. Caradeux a averti l’Assemblée qu’on lui mandoit du Pt au Prince que Mr. le général partoit pour France sous 15 jours sur la frégate l’Engageante…». Ce voyage n’eut pas lieu; resté dans la colonie, le comte de Peynier dissoudra l’Assemblée de Saint-Marc à la fin du mois de juillet 1790. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Copie de la lettre par les députés du petit Goave à l’Assemblée générale de la partie française de St. Domingue, aux membres du Comité du petit Goave.
Saint-Marc, 14 mai 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 19,9 cm) de 3 pp. sur une feuille double.
L’Assemblée de Saint-Marc s’oppose au comte de Peynier. Cette lettre (ici en copie), rédigée par les députés du Petit-Goâve à l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue (ou Assemblée de Saint-Marc), contient un résumé des séances qui eurent lieu les 11, 12 et 14 mai 1790. Il est d’abord question de la façon de voter au sein de l’Assemblée, du paiement des gratifications, de la remise des bordereaux de recette et de dépense au Comité des finances (11 mai), puis de l’organisation des tribunaux, des plaidoiries, des jugements, des appointements des conseillers, etc. (12 mai). Vient ensuite la séance du 14 mai, où l’Assemblée de Saint-Marc montre son opposition au gouverneur: «Lecture d’une lettre de Mr. de Proissy qui refuse d’obéir au décret qui le concerne en date du 4 may. Lecture d’une lettre de Mr. de Peinnier [sic] qui s’oppose aux décrets relatifs à MM. de Proissy et Auger, commandants à Jacmel; l’épée est tirée du fourreau. Il étoit écrit que nous aurions à conquérir notre liberté, que Dieu nous aide! Nous ne pouvons pas vous rendre compte de la lettre entière du général; mais ce sera vous en donner une idée, que de vous dire qu’il ne nous reste d’autre parti à prendre que celui de la guerre, si Monsieur de Peinnier ne se rétracte pleinement…». «L’agitation et le tumulte n’ont pas permis de prendre une détermination définitive. Mr. de La Chevalerie a proposé une copie de lettre à écrire au général. Cette lettre pleine d’énergie a été adoptée […]. Il nous est impossible de vous rendre compte des sentimens divers que ces lettres ont fait naître, tout le monde craint dans ce moment l’exécution du projet manifesté par des dispositions secrètes, de la part du général, de se retirer au Môle. On débite depuis hier que cent hommes sont partis du Port-au-Prince pour se rendre en cette ville…». Les auteurs de cette lettre sont Chanuaulme, Gaudin, Bernard et Delaumaray. Entrée en dissidence, l’Assemblée de Saint-Marc sera finalement dissoute par le gouverneur Peynier le 29 juillet 1790. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Extrait des registres de la Compagnie des Volontaires du Port au Prince.
[Port-au-Prince], 20 juillet 1790 (date à la fin). Manuscrit in-folio (31,5 x 20,4 cm) de 4 pp. sur deux feuilles doubles; date erronée «16 juillet 1790» en première page.
L’Assemblée de Saint-Marc dissout la Compagnie des Volontaires de Port-au-Prince. Le 16 juillet 1790, l’Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue, dite «Assemblée de Saint-Marc», avait prononcé la dissolution de la Compagnie des Volontaires de Port-au-Prince, une milice qui avait été créée afin de veiller au maintien de l’ordre. Cet extrait, ici en copie conforme, est divisé en deux parties. La première reprend le texte du décret de l’Assemblée qui dissout cette milice: «Considérant que c’est à elle seule qu’il appartient d’y organiser la force publique, de même que les autres pouvoirs; considérant enfin les troubles que la nouvelle corporation formée au Port au Prince sous le nom de Volontaires a déjà excité dans ladite ville; décrète que la corporation dont il s’agit sera et demeurera supprimée, déclare déchu du droit de citoyen actif pendant dix ans tout membre de ladite corporation qui ne se réunira pas aux Gardes nationales…». L’Assemblée menace aussi d’engager des poursuites contre le gouverneur, le comte de Peynier, et contre le commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit. Dans la seconde partie, les Volontaires témoignent de leur patriotisme: «La Compagnie [considère] qu’elle ne s’est formée que dans le dessein de maintenir la sûreté et la liberté individuelle, le repos public, le respect pour les lois existantes et la soumission aux décrets de l’Assemblée nationale…». Puis ils contestent le décret de l’Assemblée de Saint-Marc, qu’ils considèrent comme illégal: «Si l’Assemblée de St Marc se trouve confirmée par une pluralité apparente, elle n’a pas acquis pour cela plus de pouvoirs que ne lui en confère l’Assemblée nationale […], que dès lors il ne lui appartient point le droit d’organiser aucun pouvoir, et bien moins encore la force publique, qui ne peut dépendre d’une assemblée purement consultative, qu’il ne lui appartient pas davantage de prononcer sur aucun corps, ni sur aucun individu, de statuer des peines et de priver un citoyen du droit actif qu’il tient principalement de sa qualité de Français…». En conclusion, la Compagnie des Volontaires continuera d’exister et réaffirme sa fidélité au roi et au gouverneur. Par ailleurs, elle invite les Gardes nationales à s’unir à elle et à se dégager de ses liens avec l’Assemblée de Saint-Marc. Les auteurs de cette déclaration sont Arnaud, président; Couarde La Villegay, vice-président et Brachet, secrétaire.
Lettre non signée au comte de Peynier.
Les Cayes, 8 août 1790 (date erronée 8 avril au début). 3 pp. in-4 (24,2 x 18,3 cm) d’une petite écriture, sur une feuille double.
Longue lettre anonyme prenant la défense des colons après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc, le 29 juillet 1790. L’auteur reproche au gouverneur de s’être entouré de mauvais conseillers: «Je vous écris plein de respect & de vénération pour vous eu égard à toutes les actions de votre vie avant votre arrivée en ce paÿs & plein de douleur des scènes de dissensions et même meurtrières qui y sont survenues depuis que vous y êtes. Je vous conjure […] de nous sauver nous et la mère patrie des perfides insinuations de quelques gens entrant en votre conseil qui n’ont certainement d’autres vuës que d’ajouter aux calamités de la nation par la ruine totale & même la destruction de ses colonies, c’est là l’aveu non équivoque de la Société dite Les amis des Noirs…». Puis il conteste toute velléité d’indépendance de la part des colons: «Il faut partir d’après des principes bien certains, c’est que l’indépendance à laquelle vous dites que la colonie aspire est une chimère et que vous le savez vous-même & certainement encore la France notre mère patrie ne perdra jamais par là ses colonies mais bien par le fait de la cabale où vous vous êtes engagé sans le savoir, vous monsieur le comte, monsieur Coustard et peut-être quelqu’autre…». Il fait ensuite allusion à la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc: «Faites cesser nos appréhensions de voir renouveler la scène d’horreur du 29 juillet…», en reconnaissant toutefois que les décrets de l’Assemblée générale de Saint-Domingue doivent être approuvés à Paris. Il termine sa lettre en critiquant à nouveau le gouverneur: «Démêlez le langage de la vérité d’avec les conseils faux & perfides que quelques personnes de votre conseil vous donnent et votre nom sera béni. Mes avis seuls ne pourraient changer les travaux de l’Assemblée générale, que mes supplientions [sic] arrêtent au moins vos démarches hostiles et sanguinaires des déprédateurs qui vous entourent…». Protestant de la fidélité des habitants de Saint-Domingue à la métropole, il souhaite que les troubles de la colonie soient apaisés par un décret de la nation. Nommé gouverneur de la partie française de Saint-Domingue (actuelle République d’Haïti) le 1er juillet 1789, le comte de Peynier dut affronter les premières révoltes survenues dans la colonie, ainsi que l’hostilité de l’Assemblée générale de Saint-Domingue, dite Assemblée de Saint-Marc, qui sera finalement dissoute le 29 juillet 1790. Document bien conservé. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Loi relative à l'envoi dans la colonie de Saint-Domingue, de trois commissaires civils, pour y maintenir l'ordre & la tranquillité publiques.
Dijon, Imprimerie de Capel, 1791. In-4 de 3 pp., broché.
Loi du 11 février 1791 qui décida d'envoyer à Saint-Domingue trois commissaires pour y rétablir l'ordre, et avec "tous pouvoirs […] même celui de suspendre […] les jugemens des affaires criminelles qui auroient été intentés à raison des troubles". Il est également spécifié que l'assemblée coloniale devra attendre l'arrivé des commissaires avant de "mettre à exécution aucun de ses arrêtés sur l'organisation de la colonie". Bon exemplaire, avec les signatures autographes des représentants d'un district de la Côte d'or? Roquincourt, 5135.
Proclamation du roi, sur un décret de l'Assemblée Nationale, relatif à l'insurrection qui a eu lieu à bord de deux vaisseaux de l'escadre de Brest.
Dijon, Imprimerie de Capel, 1790. In-4 en feuille de 3 pp., broché.
Proclamation du 21 septembre 1790 au sujet de troubles survenus à Brest après l'arrivée du navire le Léopard, en provenance de Saint-Domingue avec 85 membres de l'assemblée coloniale dite de "Saint-Marc", venus défendre les intérètes des colons devant l'Assemblée. La proclamation décrète qu'il faut "poursuivre & juger suivant les formes légales les principaux auteurs de l'insurrection", "désarmer le vaisseau le Léopard & en congédier l'équipage", et enfin " faire sortir de Brest […] les individus appartenant au régiment du Port-au-Prince arrivés à bord dudit vaisseau". Bon exemplaire. Roquincourt, 5547.
Lettre autographe signée [au comte de Peynier].
Habitation Borgella, 2 mai 1790. 1 p. in-4 (23,9 x 19,5 cm) sur une feuille double.
La révolte des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 entre un mulâtre et l’économe gérant d’une habitation du Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel évoque la recherche des suspects ainsi que les événements survenus sur d’autres habitations: «Je [ferai] exhumer, en présence de bas-officiers de mon détachement, les corps des deux Blancs assassinés sur l’habitation Borgella & d’en dresser un procès-verbal […]. Nous n’avons rien appris relativement aux mulâtres en fuite; si l’on peut s’en rapporter à ceux de leurs esclaves que l’on a arrêtés, partie d’entre eux se sont réfugiés avec leurs femmes chez les Espagnols & les autres courent les mornes du Pays-Pourri…». Il ajoute: «Toutes les cases, purgeries & moulins à sucres des trois habitations Renaud, Desmarc & Poisson ont été entièrement brûlées. J’ai pris tous les moyens possibles pour avoir des renseignements sur les attroupements que pouvaient faire les mulâtres des quartiers voisins. J’ai fait mettre à la barre les esclaves arrêtés sur les trois habitations incendiées; comme ils sont à charge, parce qu’il faut des sentinelles pour les garder, je désire qu’il soit donné des ordres pour les transporter ailleurs…». Propriétaire d’une habitation-sucrerie au Fond-Parisien, Bernard Borgella de Pensié fut maire de Port-au-Prince en 1797 et rédigea la Constitution de Toussaint Louverture en 1801 (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Quant au chevalier d’Attel, il pourrait être un parent de Louis Alexandre, baron d’Attel de Luttange-Weinsberg, major du régiment d’Auxerrois, originaire de Luttange, dans le diocèse de Metz. Cf. Plancard (Frédéric), Jean-François Didier d’Attel de Luttange (1787-1858), éditions de l’Université de Lorraine, 2017. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Procès-verbal de la prise du nommé Emmanuel, grif, se disant espagnol. Pour copie conforme à l’original.
S. l., 5 mai 1790. 3 pp. in-4 (22,8 x 18,6 cm) sur une feuille double.
L’interrogatoire d’un suspect lors de l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. En avril 1790, un incident eut lieu sur l’habitation Borgella, située au Fond-Parisien, près de Port-au-Prince. A la suite de cet événement, les mulâtres se soulevèrent et quatre Blancs furent assassinés, dont deux sur l’habitation Borgella. Envoyé sur place avec un détachement, le chevalier d’Attel se mit à la recherche des auteurs de ces troubles. Il relate ici l’interrogatoire d’un «grif», c’est-à-dire une personne dont l’un des parents était mulâtre, et l’autre noir. «Au passage de la rivière du Pot-de-Chambre, un grif, armé d’un fusil et d’une manchette, donna par mégarde dans l’avant-garde, laquelle l’arrêta. Interrogé par le commandant de la patrouille, il s’exprima en espagnol, et s’obstina à ne répondre qu’en cette langue; la violence ayant été employée, il dit en jargon créole s’appeler Emmanuel, qu’il étoit espagnol et à gages sur l’habitation François, & que les mulâtres lorsqu’ils en eurent tué l’économe (Jacques Méger), le forcèrent à faire route avec eux. Interrogé pourquoi il étoit à pareille heure proche de la rivière, a répondu que les mulâtres l’avoient envoyé à la découverte afin de savoir si la troupe étoit encore sur l’habitation Borgella, et ce qu’elle y faisoit». «Questionné sur le lieu où étoient les mulâtres & leurs noms: a dit qu’ils étoient sur le chemin allant à l’espagnol, qu’ils étoient au nombre de dix armés de fusils et de manchettes, une de leurs femmes et plusieurs Nègres portant des enfans et du bagage. Quant aux noms des hommes armés, il les nomma ainsi qu’il suit: 1. Jean Louis Beaugé, mulâtre (c’est lui qui a tué Jacques Méger). - 2. Pierre Poisson. - 3. Paris Poisson. - 4. Jean Poisson. - 5. Nicolas, grif, de l’habitation Poisson. - 6. Gabriel, Nègre, de l’habitation Poisson. - 7. Buisson Desmares, mulâtre. - 8. Babo, Nègre libre des Poisson. - 9. Desruisseaux, mulâtre de l’habitation Renaud. - 10. Férier Robin, mulâtre de la même habitation…». Le procès-verbal précise aussi que les esclaves et une Négresse se disant libre ont été arrêtés sur les habitations Desmares, Poisson et Renaud. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Copie de la lettre de M. Chachereau à M. de Mauduit en datte du Port au Pce le 12 7bre 1790.
Port-au-Prince, 11 octobre 1790. Manuscrit in-folio (31,6 x 20,2 cm) de 4 pp.; sur une feuille double.
Une tentative de subornation de soldats à Saint-Domingue. Commandant du régiment de Port-au-Prince, le colonel de Mauduit avait demandé des renseignements sur deux suspects nommés L’Esprit et Lafond. La présente lettre, ici en copie conforme signée Mauduit, contient la réponse de son correspondant: «J’ai appris que ces deux hommes ont été arrêtés comme suspectés d’avoir cherché les moyens de suborner les soldats du régiment et ceux du détachement du Cap avec lesquels ils ont été surpris […]. Le sieur L’Esprit, entr’autres, s’est montré dans toutes les occasions un des fauteurs de tous les désordres qui ont été fomentés dans le Comité de cette ville […]. Il a été remarqué parmi ceux qui ont cherché à séduire et corrompre les soldats du régiment et à les exciter à l’insubordination. J’ai sçu que cet homme qui naturellement en vain s’est répandu avec les soldats, les a suivis et attirés dans des lieux publics comme billards et cabarets […]. Quant au sieur Lafond j’ai sçu que depuis l’arrivée du détachement du Cap en cette ville, il a reçu plusieurs soldats de ce détachement à sa table sans en être connu et sans les connoître, qu’il les a engagés à lui amener plusieurs de leurs camarades, qu’il leur a tenu des discours capables d’éteindre en eux le sentiment de leur devoir […]. Je crois que ces deux personnages et plusieurs autres qui dans cette ville sont animés des mêmes principes peuvent y être dangereux et qu’il est urgent de les mettre dans l’impuissance de consommer la défection des troupes qu’ils ont commencée…». L’auteur de cette lettre pourrait être Etienne Chachereau, né à Thouars en 1745 et installé à Saint-Domingue comme avocat, ou son fils Charles Chachereau, procureur du roi à Saint-Domingue, puis avocat au Grand Conseil de Saint-Domingue. Le destinataire, Thomas Antoine de Mauduit du Plessis, né à Hennebont en 1753, s’était illustré pendant la guerre d’Indépendance américaine avant d’être nommé colonel du régiment de Port-au-Prince. Ayant refusé d’appliquer les décrets de l’Assemblée nationale, il sera assassiné par ses propres soldats en mars 1791.
Lettre autographe signée au comte de Peynier.
Au Cul-de-Sac, 26 septembre 1790. 2 pp. in-4 (25,5 x 20,5 cm) sur une feuille double; date erronée «26 oct. 1790» en première page.
Le retour des fugitifs après l’insurrection des mulâtres du Fond-Parisien. A la suite d’un incident survenu en avril 1790 sur une habitation du Fond-Parisien, près de Port-au-Prince, les mulâtres se soulevèrent et des Blancs furent assassinés. L’insurrection fut réprimée par le chevalier d’Attel et de nombreux insurgés partirent se réfugier dans la partie espagnole de Saint-Domingue. Cette lettre évoque le retour de deux d’entre eux: «Les nommés Jean et François Poisson, mulâtres du Fond-Parisien, fugitifs à l’occasion des troubles arrivés dans ce quartier, viennent de se présenter pour demander permission de rentrer chez eux, ainsi que leurs femmes, leurs enfans et leur Nègres; je les ai jugés innocens des malheurs arrivés au Fond-Parisien et en leur permettant d’y retourner et d’y reprendre leurs cultures sous la sauvegarde de la paroisse et des officiers du district du Fond de la Plaine […], je les ai soumis à se présenter au Port au Prince, lorsqu’ils en seront requis par le ministère public pour y être déchargés du décret rendu contre eux». Jumécourt demande ensuite au gouverneur d’écrire au président espagnol de Santo Domingo afin de permettre le retour des familles de Jean et François Poisson; il lui demande aussi d’établir des certificats afin que Jean et François ne soient pas inquiétés par la maréchaussée. Né à Nancy en 1749, Hanus de Jumécourt servit sous les ordres de Rochambeau pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il devint ensuite capitaine au régiment d’Auxonne, puis commandant de la Garde nationale et maire de la Croix-des-Bouquets, où il possédait une plantation située au Cul-de-Sac. Député à l’Assemblée coloniale, il fut l’ennemi des autonomistes de l’Assemblée de Saint-Marc. Il mourut à la Jamaïque en 1798 (source: sites domingino.de et academie-stanislas.org).
Coppie des propositions faites à Mr le comte de Peinier par l’Armée patriotique de la partie françoise de St. Domingue campée à Léoganne [sic].
Léogane, 19 août 1790. Manuscrit in-folio (32,6 x 21,3 cm) de 6 pp., signé en dernière page; sur deux feuilles doubles.
L’Armée patriotique du baron de Montullé. Après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc et la dispersion de ses députés dans la nuit du 29 au 30 juillet 1790, des groupes armés restés fidèles à cette assemblée se constituèrent. L’une de ces milices, constituée d’habitants de la partie du Sud et de quelques paroisses de l’Ouest, se rassembla à Léogane sous le nom d’Armée patriotique commandée par le baron de Montullé. Dans le présent document, en copie conforme, ce dernier propose un accord pour retirer ses troupes de Léogane, en échange d’une réduction des pouvoirs du gouverneur: «Art. 1er. Tous les prisonniers et otages de part et d’autre seront remis en liberté. - Art. 2. Il ne sera formé aucune autre assemblée générale […] jusqu’à ce que l’Assemblée nationale fasse connnoître à la colonie son vœu et ses décrets sur les travaux de nos représentans […]. - Art. 5. M. le comte de Peinier ne pourra envoyer aucun détachement des troupes de ligne de la colonie, dans les villes et campagnes s’il n’en est requis par les municipalités. - Art. 6. M. le Cte de Peinier ne pourra envoyer dans aucune ville une garnison des troupes de la colonie plus forte que celle établie ci-devant, à moins qu’il n’en soit requis par les officiers municipaux et le cas de guerre excepté […]. - Art. 8. Tout militaire qui aura quitté ses drapeaux sera libre de rejoindre et ne pourra dans aucun cas être poursuivi comme déserteur […]. - Art. 12. On remettra à tous les citoyens les armes qui leur ont été ôtées…». L’accord sera finalement signé le 23 et l’Armée patriotique se retirera de Léogane le 26 août. Compte tenu des troubles fréquents survenus dans la colonie, et constatant que le contrôle de celle-ci lui échappait peu à peu, le comte de Peynier demanda et obtint son rappel en France vers la fin de 1790. Né à Paris en 1757, Jean Baptiste Hyacinthe de Montullé fut sous-lieutenant en 1774, capitaine dans le régiment d’Orléans-Cavalerie en 1777, capitaine commandant en 1784, chef d’escadron en 1788 et aide-major de place au Cap en 1789. Démissionnaire en mai 1790, il prit la tête d’une milice nomméeArmée patriotique et mourut en 1826. Fils de Jean Baptiste François de Montullé et d’Elisabeth Haudry, il avait épousé en 1787 Marie Louise Glaise de Maisonseule dont il eut un fils, Jean Baptiste Hyacinthe Barthélémy de Montullé, né à Port-au-Prince en 1791 (sources: Archives nationales d’Outre-Mer; Généalogie et Histoire de la Caraïbe).
Lettre signée au citoyen Gassonville.
Le Cap [Saint-Domingue], 22 nivôse an 6 [11 janvier 1798]. In-4 (23,6 x 18,4 cm) de 1 p. sur une feuille double, en-tête imprimé.
Rare lettre signée du neveu de Toussaint Louverture. «Je vous envoy ci-joint un ordre du Général en Chef, concernant la demande que j’avois faite du Cen Adrien Noel canonier au 8e Regt pour passer sergent major au 5e Regt au fort Liberté…». Hyacinthe Moyse (1769-1801) était à l’époque général de brigade, commandant en chef de l’arrondissement de l’Est. Non confirmé dans son grade, il prit la tête, en 1801, des cultivateurs du Nord révoltés contre Toussaint; arrêté, il fut condamné à mort par son oncle. Le destinataire de cette lettre, Hochereau de Gassonville de La Mothe (1746-1801), était un officier d’artillerie qui effectua la majeure partie de sa carrière dans la colonie; il la termina comme directeur d’artillerie (source: archives nationales d’outre-mer). Document très lisible et bien conservé.
Lettre autographe signée au chevalier d’Attel.
Pays-Pourri, 3 mai 1790, à 11 h du matin. 2 pp. in-4 (21 x 16,3 cm), adresse.
La recherche des mulâtres insurgés. En avril 1790, des mulâtres assassinèrent quatre Blancs au Fond-Parisien, dans le quartier de la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince. Ils s’enfuirent, pour certains, dans la partie espagnole de Saint-Domingue, et, pour d’autres, au Pays-Pourri, près de la frontière espagnole. Le chevalier d’Attel, destinataire de la présente lettre, fut envoyé à leur recherche, d’abord au Fond-Parisien, puis au Fond-Verrette: «Un Nègre d’un habitant du Pays-Pourri ayant été pris par nos mulâtres à craindre, et qui s’est heureusement sauvé, vient de nous rapporter […] que le nombre des mulâtres s’est considérablement augmenté. Il en a compté 32 tous armés, et en outre un grand nombre de Nègres; leur gîte dans le bois est proche de l’habitation Coustard […]. Si vous demeurez quelques heures, il est très possible que vous les voyez défiler par le Fond-Verrette pour se rendre à l’espagnol car tel est leur dessein…». L’auteur de cette lettre était peut-être un parent de Joseph Bonne Hilaire Parisot de Plémont, propriétaire d’une caféterie et d’une cotonnerie (source: Colons de Saint-Domingue sur le site domingino.de). Commandant le détachement au Fond-Verrette, le chevalier d’Attel semble apparenté à la famille d’Attel de Luttange, originaire de Lorraine. Provenance: archives personnelles de Louis-Antoine de Thomassin, comte de Peynier.
Lettre autographe signée.
La Grande Anse, 23 juillet 1770. Petit in-folio (33,7 x 21,5 cm) de 4 pp. ; traces de plis.
Intéressant témoignage sur le tremblement de terre du 3 juin 1770. L’auteur, un négociant établi dans le sud de la colonie, décrit ce qu’il a observé lors de cet événement : « Je me promenois avec deux autres personnes devant mon magasin lorsque j’entendis un bruit sourd et violent, qui venoit du fond de la maison et en même tems le mouvement de la terre, je courus du côté du bord de la mer, le mouvement devint si violent que couché ventre à terre je roulois comme une boule, je me retenois à tout ce que je pouvois […]. Dans le moment toute la ville vint bas, ainsi que ma maison ras terre, la poussière fut si épaisse qu’il n’étoit pas possible de bouger de place. La terre se fendoit, et s’ouvroit de tous côtés autour de moy, il ne restoit d’autre espérance que d’être englouty ou par la terre, ou par la mer. Les cris de miséricorde mon Dieu étoient épouvantables. Lorsque la poussière me permit d’ouvrir les yeux, je cherchois à gagner les hauteurs… ». Après une nuit passée à la campagne, il retourne le lendemain sur l’emplacement de sa maison où il retrouve son personnel : « Mes commis et domestiques me joignirent. Les larmes alors me vinrent aux yeux tant par l’affreux spectacle que le jour éclairoit que de joye intérieure de voir que personne de ma maison n’étoit tué… ». Ne pouvant régler ses créanciers, il demande à son correspondant de lui faire payer la moitié ou du moins le tiers de ses « malheureux papiers du Mississipi », ou de les remettre à une personne qui pourra les négocier. Le tremblement de terre du 3 juin 1770 eut lieu à 7 heures 15 du soir, avec deux secousses de 4 minutes environ à Port-au-Prince et dans les régions du sud, provoquant la destruction des villes. Document très lisible.
Lettre autographe signée [au comte de Peynier].
Léogane, 4 août 1790. 8 pp. in-4 (22,2 x 18,7 cm); sur deux feuilles doubles.
Longue lettre sur la situation à Léogane, peu après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc. Commandant à Léogane, Villars rend compte de l’ambiance qui règne dans cette ville, située à 20 km à l’ouest de Port-au-Prince, quelques jours après la dissolution de l’Assemblée de Saint-Marc par le comte de Peynier. «Les esprits léoganais […] ne se sont pas refroidis longtems. Les voilà plus exaltés que jamais. La cause en est dans les adresses exécrables arrivées de St. Marc et dans la relâche et station non moins criminelles du vaisseau le Léopard. Longpré et Jolinger ont profité de cette dernière nouvelle pour rallumer le feu de la discorde. Ils ont tellement séduit le peuple et jeté la terreur dans la ville qu’il n’y paraît plus qu’une seule volonté, celle de se sacrifier pour soutenir l’insurgence et les crimes de l’Assemblée générale…». Il ajoute: «Le Petit Goave vient d’envoyer ici une adresse. Il y reproche à Léogane sa faiblesse, sa pusillanimité, son empressement à désarmer et il lui annonce que tous ses braves vont venir se réunir ici en conformité du décret de St. Marc. Si cette démarche du Petit Goave s’effectue, il n’y aura plus de sûreté à Léogane pour personne. Les assassins de Ferrand de Baudière exciteront certainement le meurtre et les exécutions. Mes enfans m’inquiètent: si je les enlève et que je m’éloigne avec eux, on croira que c’est la crainte qui m’a fait fuir…» (pp. 1-2). Villars évoque ensuite le baron de Montullé: «Il semble vouloir revenir à ce qu’il doit à son nom, à son état et à son honneur. Cette espèce d’indécision le rend suspect, on l’accuse de vouloir ménager tous les partis». Il est aussi question de certains notables de Léogane, qui ont immédiatement renvoyé les proclamations du gouverneur, montrant ainsi leur hostilité au représentant du roi. La lettre s’achève par un post-scriptum où il est question des députés de l’Assemblée de Saint-Marc: «Une goélette mouillée avant-hier soir ici a rapporté qu’elle avait pris à St. Marc deux députés de l’Assemblée générale qui avaient déclaré venir au Port au Prince à l’effet de s’y embarquer pour France sur le Léopard. Ces députés, dont je n’ai pu jusqu’ici découvrir les noms, avaient prétexté sans doute ce voyage en France pour couvrir leur intelligence et leurs trames avec l’équipage du vaisseau. La goélette ayant rencontré à la mer le Léopard, y a déposé les deux députés… ». Né en 1744 à la Nouvelle-Orléans, Claude Joseph Dubreuil de Villars fut lieutenant en second à la Guadeloupe, puis capitaine d’une compagnie d’artillerie à Saint-Domingue. Devenu lieutenant-colonel, il commanda les troupes de Léogane. Banni de l’île par les commissaires de la République, il passa à la Jamaïque, prit le parti des Anglais et retourna dans la colonie lors de l’occupation britannique. Au départ de ces derniers en 1798, il regagna la Louisiane et mourut à la Nouvelle-Orléans en 1808. Source: geneanet.org.
Carte de l'isle de Sainte Lucie.
1763. En 8 sections montées sur toile et pliées, formant une carte de 59,2 x 90,2 Cm ; titre manuscrit à l'encre au dos.
Belle et grande carte de Sainte-Lucie, île des Antilles située entre la Martinique et Saint-Vincent. Elle est ornée d'un beau cartouche de titre décoré des armoiries royales, et d'une rose des vents indiquant le nord, placé à gauche de la carte. L'île est divisée en deux parties : Basse Terre à l'ouest, et Cabesterre à l'est. Trois symboles désignent les endroits où les gros vaisseaux et les petits bâtiments de 40 à 50 tonneaux peuvent mouiller, ainsi que les terrains défrichés où l'on a planté anciennement du manioc et du mahy. La partie haute de la carte est occupée par trois plans : plan du port du Carénage, au nord-ouest de l'île, renommé Castries en 1785, et aujourd'hui capitale de Sainte-Lucie ; plan du cul de sac des Roseaux, à l'ouest ; et un plan des mouillages du Grand Islet et du Choc, au nord-ouest de l'île. À l'intérieur de l'île, très peu détaillé, on peut voir le volcan de la Soufrière. La carte a été dressée par Jacques-Nicolas Bellin. Ingénieur hydrographe français, IL entra en 1721 au Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, créé en 1720 par le Régent. C’est grâce à lui que le Dépôt de la Marine, constitué à partir des archives de la Marine, devint l’une des plus belles collections d’Europe. Il publia de nombreux ouvrages et atlas tels que la Description géographique de la Guyane en 1763 ou le Neptune François en 1773. Très bon exemplaire. Deux petites taches dans le coin inférieur droit. Tooley, MCC n°81, Printed maps of St. Kitts, St. Lucia and St. Vincent, p. 11.
Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.
Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).
Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.
Pièce signée.
Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.
Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.
Relations de plusieurs voyages à la côte d'Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, à Galam, etc.
Paris, Gueffier, 1791. In-8 de (2) ff., viij-341 pp.; demi-veau fauve à coins, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).
Première édition, bien complète de la grande carte gravée dépliante dressée par Jean-Benjamin de Laborde, qui manque à la plupart des exemplaires. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première relate le voyage de l'auteur vers le Sénégal, son naufrage sur la côte mauritanienne où il fut capturé et vendu comme esclave au Maroc, puis racheté et libéré (1783-1784). La seconde retrace un nouveau voyage au Sénégal où Saugnier remonta le fleuve pour acheter des esclaves à Galam et les livrer sur la côte aux navires négriers (1785-1786). La troisième traite du commerce avec le Sénégal "avec des détails intéressans pour ceux qui se destinent à la traite des Nègres, de l'or, de l'ivoire, etc.". Bon exemplaire. Quelques taches sur la carte. Boucher de La Richarderie, IV, 112. — Chadenat, 695. — Gay, 388. — Monglond, II, 335. — Playfair, Maroc, 457.
Étude sur la révolution des États-Unis.
Paris, E. Dentu, 1863. In-8 de 47 pp.; cartonnage de papier chagriné bordeaux, dos lisse, pièce de titre noire (reliure moderne).
Rare tiré à part d'articles publiés dans l'Écho de la Presse, du 9 au 15 décembre 1862. On y trouve l'analyse de la première année de la guerre de Sécession, aussi sévère pour un camp que pour l'autre, ainsi qu'une attaque des institutions américaines. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 77423.
Ensemble de 51 cartes postales anciennes.
S.l., [vers 1920]. 9 x 14 cm.
Ensemble de cartes postales représentant notamment différentes ethnies ou tribues (Ouolof, Maures Trarza, Laobé), des vues (Marché aux poissons à Dakar, panorama de Saint-Louis, place du gouvernement sur l'île de Gorée, fleuve Sénégal à Saint-Louis), des scènes (préparation du couscous, élections), ou encore des métiers (musicien, bijoutier, cordonnier, sculpteur sur bois, marabout, tailleur). Bon état de conservation.
[Colon à l'éventail].
Vers 1870. Aquarelle originale et rehaut de blanc sur papier (29 x 20,5 cm), signée en bas à droite.
Très jolie aquarelle représentant un colon se pavanant au Sénégal, dessinée par le caricaturiste belge Draner. En arrière-plan se trouve un batiment arborant le drapeau français, ainsi qu'un couple d'africains dont l'homme porte une ombrelle. En 1814, le Sénégal fut donné à la France par le Traité de Paris, et se vit, par la suite, accorder le monopole du commerce. De 1854 à 1865, Louis Faidherbe fut nommé gouverneur de la colonie, et créa le port de Dakar. Bon état de conservation.
Murailles de Constantinople.
1919. Aquarelle originale sur carton signée en bas à gauche (46 x 34 cm).
Belle aquarelle originale représentant une vue des vestiges des murailles de Constantinople. Léonid Romanovitch Sologoub (1884-1956), intègra, en 1910, l'union des architectes artistes, et participa à Moscou et Saint Petersbourg aux expositions du monde de l 'art dont il devint membre en 1918. En 1919, il partit en Chine puis visita Ceylan, l'Inde et le Japon, pour arriver enfin à Constantinople à la fin de l'année. Bon état de conservation.
Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.
Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).
Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.
Souvenir du mont Carmel. Aquarelle datée et signée.
Mont Carmel, 11 novembre 1847. 1 f. in-32 oblong monté sur papier noir (7,4 x 10,4 cm ; 12,6 x 15,3 cm avec montage).
Vue du monastère du mont Carmel. Elle montre le monastère de Notre-Dame-du-Mont-Carmel (ou monastère Stella Maris), situé près de Haïfa (Israël). Au premier plan, on aperçoit quelques personnages, debout ou assis. Le bâtiment principal, surmonté du drapeau français, apparaît au second plan. Entouré d’un mur d’enceinte, il comprend deux étages. On aperçoit aussi le dôme de l’église du monastère, et, à l’arrière-plan, le phare construit à proximité des bâtiments. Son origine remonte à 1185, date à laquelle un groupe d’ermites commença à habiter les grottes du mont Carmel, avant de créer l’Ordre des Frères de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ou ordre des Carmes. Plusieurs fois détruit, le monastère fut reconstruit de 1827 à 1836 à la suite d’une intervention du roi Charles X. Le phare fut construit en 1864. Sous l’église se trouve la grotte du prophète Elie, qui, selon la tradition, y aurait vécu. Au bas de l’aquarelle, envoi autographe signé : « Souvenir du mont Carmel. B Petit. 1861 ». L’auteur de cette aquarelle pourrait être Antoine Baptiste Petit (Paris, 1800 - Versailles, 1864), peintre d’architectures et professeur de perspective, qui participa au Salon de 1833 à 1850. En 1849, il exposa trois œuvres parmi lesquelles « Mosquée du sultan Hassan, au Caire » et « Bazar indien au Caire ». Bénézit, X, p. 800. - Bellier de La Chavignerie et Auvray, II, p. 248.
Pièce autographe signée.
Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.
Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.
[Costume ottoman].
S.l., [vers 1860]. Aquarelle originale avec rehaut de gouache et de blanc (24 x 16 cm) sur papier, contrecollée sur carton.
Belle aquarelle représentant un homme debout, à la longue barbe blanche, vêtu d'un gilet rouge, et richement armé d'un sabre, d'une dague et d'un fusil Bon état de conservation.
Le Kalévala, épopée finnoise.
Paris, Ernest Leroux, 1876. In-8 de 40 pp.; toile bordeaux, pièce de titre verte (reliure moderne).
Impression sur 2 colonnes, avec le texte en finnois et la traduction française de Charles Eugène Ujfalvy de Mezô-Kôvesd. Seule la traduction de la première livraison fut publiée. Ethnologue et linguiste, il était spécialiste des langues finnoises et asiatiques. En 1876, il fut chargé par le Ministère de l'Instruction Publique d'une mission scientifique en Russie, en Sibérie et dans le Turkestan. A son retour, il fut nommé professeur d'histoire et de géographie de l'Asie centrale à l'École des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, ce dernier fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883.
Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.
Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).
Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.