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COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COMBES (Charles).

Les Cahiers coloniaux (35 ans consécutifs en Afrique). La Légende vécue sous la magie. Manuscrit dactylographié.

Côte d’Ivoire, 13 janvier 1956. In-4 (27 x 21 cm) de 34 pp.; en feuilles.

Sculpteur et peintre français, Charles Combes (1891-1968) arriva en Côte d’Ivoire au début des années 1920. Puis il installa, en 1923, son atelier de sculpture à Bingerville, l’ancienne capitale de la colonie située près d’Abidjan. Entre 1927 et 1941, il composa, à Toumodi et à Bingerville, vingt cahiers de contes fantastiques, où se mêlaient souvenirs personnels et légendes africaines, dont les thèmes récurrents étaient la magie et la sorcellerie. Ces cahiers, ronéotypés, tirés à petit nombre et édités à compte d’auteur, contenaient chacun 10 à 20 pages de texte. L’ouvrage était divisé ainsi: Le mur de la magie (cahiers n° 1 à 3). - Le masque aux yeux vivants (n° 4). - Visions d’art (n° 5). - N’Da (n° 6, 7, 8, 9). - Rendez-vous de minuit (n° 10). - Quelques histoires (n° 11). - L’étrange roman d’un village (n° 12 à 20). La présente copie, dactylographiée, contient des passages de cet ouvrage: Préface de l’auteur. Le mur de la Sorcellerie et de la Magie (pp. 1-21, en 3 chapitres qui semblent correspondre aux trois premiers cahiers). - Les Reflets du mur (pp. 21-27, correspondant au 4e cahier). - Quelques histoires (titre de départ, p. 27, probablement un extrait du 11e cahier). - Des Hommes (pp. 28-29). - Pas à pas dans la brousse (p. 29). - La danse des loups (pp. 30-31). - L’Enfer des N’Da (pp. 31-32; peut-être un extrait des cahiers 6 à 9). - Histoire de chasse (pp. 32-34). Extrait: «Il s’agit d’une histoire absolument authentique et qui reste dans ma mémoire comme un souvenir hallucinant. Il s’agit d’un masque; je l’avais acquis pour une modeste somme. Je le tenais d’un très vieux sorcier de village, un nommé Wô […]. Il avait, suivant l’éclairage, l’air fripon ou cynique, il semblait sourire, interrogateur parfois ou boudeur, et de ses lèvres en bois, il avait l’air d’adresser une prière. Cela m’enchantait et me captivait étrangement […]. A certaines heures il me donnait l’impression d’être cruel comme s’il avait conservé sous son front bombé le souvenir des scènes atroces auxquelles il avait sans doute participé. Une nuit, je crus entendre gémir tout à côté de moi; il n’y avait cependant personne dans ma chambre, ni dans la maison que la clarté de la Lune inondait de toute part […]. Une autre fois un gros soupir me réveilla en sursaut [puis] ces soupirs et ces gémissements m’éveillèrent avec une précision mathématique, toutes les nuits à minuit. [Une nuit] il s’éleva dans l’ombre un gémissement […]. Je me levais cependant, cela venait de ma malle, j’y allais et l’ouvris brusquement. Le masque était toujours là et je vis nettement les yeux vivants qui flottaient dans l’ombre, des yeux morts, des yeux liquides, lumineux, flottants, hallucinants. Ils s’éteignirent progressivement. Alors, je restais là, rivé au sol, cherchant à m’expliquer cette curieuse apparition […]. Il rodait autour de cette histoire des actes de magie…» (pp. 21-24). Ce curieux manuscrit a été dactylographié au verso de feuillets à en-tête de la Compagnie de Mokta. Fondée en 1865, cette compagnie exploitait des mines dans différents pays d’Afrique, notamment les mines de manganèse de Grand-Lahou près d’Abidjan. En 1986, elle devint une filiale de la Cogéma, qui fut intégrée dans le groupe Areva en 2001. Document d’une grande rareté, non mentionné dans les catalogues de la BnF ni du CCFr. On joint: DESANTI (Dominique). Côte d’Ivoire. Manuscrit dactylographié. S.l.n.d. [1962]. In-4 de (2) et 118 pp.; en feuilles, addition manuscrite au bas de la p. 7, table des matières en dernière page. Célèbre journaliste, historienne, biographe et romancière, Dominique Desanti effectua, en 1961-1962, un séjour de six semaines en Côte d’Ivoire. A cette occasion, elle composa la présente relation, divisée en deux parties: le récit du voyage proprement dit (pp. 1-89), et un «documentaire», sorte d’appendice explicatif (pp. 89-118). Entre ces deux parties devait s’insérer un «Panorama» ou reportage photographique, qui n’est pas présent ici. Le récit contient de nombreuses considérations économiques et politiques sur la Côte d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Ce manuscrit a été publié dans la collection «L’Atlas des Voyages» des éditions Rencontre (Lausanne, 1962, in-4, 286 pp.). On joint également: Extension de l’Hôtel Ivoire (titre de départ). S.l.n.d. [ca. 1968], in-4 de 8 pp. polycopiées (paginées 91-98). Extrait d’une brochure concernant les travaux d’Abidjan, parmi lesquels le deuxième pont et la nouvelle aérogare d’Abidjan - Port-Bouët. Intéressant ensemble sur la Côte d’Ivoire.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

CREUZÉ (Michel-Pascal).

Conspiration contre la République.

Paris, imprimerie de Bécquart, an III [1794]. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Député de la Vienne, l'auteur remet en cause l'action des commissaires civils à Saint-Domingue, Ailhaud, Polverel et Sonthonax, envoyés sur l'île pour y faire appliquer la loi du 4 avril 1792 qui accordait l'égalité des droits à tous les libres de couleurs. Mais, face à l'opposition des colons, ils promirent la liberté à tous les esclaves qui soutiendraient la République, en contradiction avec la loi qu'ils étaient venu faire appliquer. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5282. — Inconnu de Monglond et Sabin.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

FOURMONT (Claule-Louis).

Description historique et géographique des plaines d'Héliopolis et de Memphis.

Paris, Briasson & Duchesne, 1755. In-12 de xl-268 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de la plaine avec les bâtiments en perspective, et de 2 planches gravées dépliantes. Neveu des orientalistes Étienne et Michel Fourmont, Charles-Louis Fourmont accompagna son oncle Michel en Grèce qui était envoyé par Louis XV pour ramener des manuscrits. Après la mort de ses deux oncles, il accompagna M. de Lironcourt en Égypte qui était nommé consul général au Caire. Il y séjourna près de quatre ans, et dressa la grande carte de la plaine de Memphis qui servit de base à son étude historique et géographique de la région. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28360. — Gay, 2394. — Ibrahim-Hilmy, I, 238. — Quérard, III, 182.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRIEDMANN (Alexandre).

Rapport officiel sur la marine et les travaux maritimes à l'Exposition Universelle de Vienne en 1873.

Vienne, imprimerie impériale et royale, 1874. In-8 de (1) f., vij-(1 bl.)-189 pp.; veau bleu marine, dos à nerfs orné, encadrement or et à froid sur les plats, armes sur le premier plat, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un tableau et de 19 planches. L'ouvrage traite de toutes les nouveautés dans le domaine maritime, qui ont été montrées lors de l'Exposition Universelle de Vienne en 1873: taille des navires, propulsion à vapeur, navires en fer, description des navires exposés, sécurité des navires et des marins, machines et chaudières, phares et balises, ou encore aménagement des ports. Bel exemplaire de présent, aux armes de l'Autriche.

GAIGNAT de LAULNAIS (Claude-François).

Guide du commerce.

Paris, Despilly, Durand, Valade, 1764. In-4 de xj-(1)-iij-(1)-444 pp. ; veau havane, dos à nerfs orné, filets dorés encadrant les plats (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Première édition de cet ouvrage rare comprenant 6 tableaux gravés dépliants : L'art de tenir les livres, Tableau de cargaison de navire, Modèle d'un chargement de navire, Récapitulation en total de la traite de cargaison de navire, Tableaux de la traite des noirs, et Tableau de la vente. Après deux premières parties consacrées aux matières commerciales traditionnelles avec la Chine, le Pérou et l'Amérique, et une présentation classique de la tenue des livres de compte, le Guide du commerce traite essentiellement du commerce maritime et de la tenue des livres des navigateurs et de la traite des Noirs. Cet ouvrage est vraisemblablement l'un des premiers à aborder ce sujet. L'auteur y détaille la manière de traiter, de troquer ou d'échanger les esclaves en Afrique, et de les revendre en Amérique ou aux îles; le tout présenté avec des exemples concrets et chiffrés de toutes les étapes de la transaction. Avec, relié entre la table et le début du texte : Loi relative au timbre, donnée à Paris, le 18 février 1791. 4 pp. Bon exemplaire. Marges externes des deux derniers tableaux écornées. Polak, 3705. - Inconnu de Sabin.

GALLI (E. D.).

Le ramassage du café au Brésil.

S.l., 1951. Ensemble de 5 aquarelles originales sur papier (env. 41 x 29 cm.) signées et légendées par E. D. Galli.

On trouve ainsi représenté le processus : - La cueillette des cerises de café - Le ramassage des cerises de café dans les grands draps - La cueillette du café - Le séchage mis en tas des cerises de café - Pesage et entassage du café La production de café au Brésil représente environ un tiers de la production mondiale de café, ce qui fait du Brésil, le plus grand producteur du monde. Les plantations de café couvrent environ 27000km2 de terrain, principalement dans les États du sud (Minas Gerais, São Paulo et Paraná) où l'environnement et le climat offrent des conditions de croissance idéales. Le café est arrivé au Brésil au XVIIIesiècle et le pays est devenu le premier producteur dans les années 1840. L'apogée de la production brésilienne se situe dans les années 1920 quand le pays fournissait 80% du café du monde. Bon état de conservation.

GAMBA (comte Pietro).

Relation de l'expédition de Lord Byron en Grèce.

Paris, Peytieux, 1825. In-8 de xij-307 pp. ; cartonnage bordeaux à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. T. Parisot et publiée la même année que l'originale anglaise. Pietro Gamba était le frère de la maîtresse italienne de Byron (la comtesse Teresa Guiccioli), et le compagnon de son voyage en Grèce. Après la mort de Byron, en 1824 à Missolonghi, il alla à Londres publier son livre, retourna en Grèce pour se battre au côté du colonel Fabvier et trouva la mort à Methana en 1826. Bon exemplaire. Blackmer, 646 (édition anglaise). — Droulia, 849.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GATINE (Adolphe Ambroise Alexandre).

Souvenirs d'un abolitioniste.

Paris, Philippe Cordier, 1864. In-8 de 16 p.; percaline grise, titre doré sur le premier plat, couvertures conservées, non rogné (reliure postérieure).

Première édition, peu commune. Avocat partisan de l'abolition de l'esclavage, Adolphe Gatine participa à la rédaction de l'acte d'émancipation de 1848. Puis, à la demande de Victor Schœlcher, il fut nommé commissaire général de la Guadeloupe. Mais, devant l'opposition des colons, il donna sa démission après quatre mois. De cette expérience, il en tirera un ouvrage de souvenir, publié en 1849, et intitulé Abolition de l'esclavage à la Guadeloupe: quatre mois de gouvernement dans cette colonie. Les Souvenirs d'un abolitioniste est une pièce en vers publiée l'année de sa mort, peut-être à titre posthume. Bon exemplaire. Petite mouillure sur la couverture. Ryckebusch, 3466. — Inconnu de Sabin.

GAYA (Louis de).

Cérémonies nuptiales de toutes les nations. Réimpression faite sur l'édition originale publiée en 1680.

Lille, Typ. de Blocquel-Castiaux, vers 1850. In-12 de 128 pp., (16) pp. de catalogue., broché, couverture imprimée et illustrée, non coupé.

Un des premiers livres traitant des cérémonies nuptiales à travers le monde au XVIIe siècle : Floridiens, Javanais, Coptes, Mexicains, Moscovites, Arabes, Chinois, Druses de Syrie, Persans, ou encore Turcs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

GELLY.

[Panoramas de la Martinique].

1901. Ensemble de 2 aquarelles, dont une signée. (8 x 65,6 et 8,4 x 60 cm), entoilés et repliés; légendes manuscrites à l’encre.

Vues panoramiques de la Martinique au début du XXe siècle. La première aquarelle, signée «Gelly 01» dans l’angle inférieur droit, est une vue de la baie de Fort-de-France prise des Pitons du Carbet, en direction du Sud. Elle montre, du côté nord de la baie, les endroits suivants: Anse de Case-Pilote; Morne La Démarche; Habitation La Rouffinière; Pointe des Nègres; Fort Tartenson; Fort Saint-Louis; Fort Desaix; et, du côté sud: Vauclin; Embouchure de la Rivière Salée; Gros Ilet; Pointe du Bœuf; Lazaret; Morne Bigot; Ilet à Ramiers; Cap Salomon. La seconde, non signée, est un panorama de l’intérieur de l’île; on peut ainsi voir, d’ouest en est: Plateau Roy; Morne La Démarche; Moulin d’Arbot; Morne Duclos; Pitons du Carbet; Camp Balata; Plateau Larcher; Morne Moco; Poste Colon; Morne Vert. Au premier plan, on aperçoit des bois et des surfaces cultivées ainsi que quelques maisons; à l’arrière-plan l’artiste a représenté la région montagneuse des Pitons du Carbet. Bénézit, V, p. 953, mentionne un Victor Gelly, peintre, mort en 1899, sans qu’il soit possible d’établir un lien de parenté avec l’auteur des deux panoramas.

GENTIL (Jean-Baptiste-Joseph).

Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire Mogol.

Paris, Petit, 1822. In-8 de 474 pp.; demi-basane bleue, dos lisse orné en long, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage posthume. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante et de 4 planches gravées à la manière noire. L'orientaliste Gentil servit en Inde sous les ordres de Bussy, Dupleix et Lally et passa, après la défaite de ce dernier, au service du nabab d'Aoude. Il y resta jusqu'en 1778, époque où les Anglais exigèrent du prince son expulsion. Durant son séjour, il recueillit une précieuse collection d'objets d'histoire naturelle, d'armes, de monnaies, de dessins et de manuscrits arabes, hindous, persans et sanscrits, dont il fit présent au gouvernement français. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28173. — Chadenat, 2890.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRARD (Maurice).

F. Péron, naturaliste, voyageur aux terres australes, sa vie, appréciation de ses travaux, analyse raisonnée de ses recherches sur les animaux vertébrés et invertébrés d'après ses collections déposées au Muséum d'Histoire naturelle.

Paris, J.-B. Baillière, Moulins, Enaut, 1857. In-8 de 278 pp.; demi-chagrin bleu, dos lisse fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage peu commun illustrée d'un portrait lithographié de Péron en frontispice. François Péron fit partit de l'expédition des Terres Australes dirigée par le commandant Baudin d'où il rapporta une collection de plus de 100 000 spécimens conservée au Muséum de Paris. Le commandant Baudin étant mort en 1803, il fut chargé de la publication des résultats scientifiques de l'expédition. Mais, lui même étant mort en 1810, la publication du Voyage de découverte aux terres australes, fut reprise et terminée par le géographie Louis-Claude de Freycinet, également membre de l'expédition. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Mr Guichenot, fils d'un des compagnons de Péron. Antoine Guichenot embarqua sur la corvette le Géographe en tant que jardinier. Contrecollé sur le faux-titre, cet envoi devait se trouver à l'origine sur la couverture, qui fut supprimée à la reliure. Quelques rousseurs, habiles restaurations au dos. Ferguson, 9940.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GRAVIER (Gabriel).

La route du Mississipi.

Nancy, G. Crépin-Leblond, 1878. In-8 de (2) ff., 76 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées.

Edition originale imprimée sur vergé de Hollande de ce tiré à part du Compte rendu des travaux du Congrès international des américanistes. Intéressant ouvage dans lequel l'auteur dresse un portrait des premiers explorateurs de la Floride, du Mississippi et de la Nouvelle France tels que Ponce de Leon, Hernando de Soto, Jean Nicollet, Cavelier de La Salle, Louis Hennepin, Jacques Marquette et Louis Jolliet. Le 8 mai 1541, Hernando de Soto fut le premier Européen à atteindre le Mississippi, qu'il baptisa río del Espíritu Santo, «fleuve du Saint-Esprit». À partir des années 1660, la France s'engagea dans une politique d'expansion en Amérique du Nord, depuis le Canada. Les objectifs étaient de trouver un passage vers la Chine (passage du Nord-Ouest), d'exploiter les richesses naturelles des territoires conquis (fourrures, minerais) et d'évangéliser de nouveaux autochtones. Gabriel Gravier était un historien, géographe et écrivain français. S’intéressant surtout à l’Amérique du Nord et aux explorateurs français, et particulièrement aux navigateurs normands, il fut l’auteur notamment d’une biographie de René-Robert Cavelier de La Salle, publiée en 1871, et d’une Vie de Samuel Champlain, publiée en 1900. Très bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à monsieur Charles Legros. Dionne, 1652. — Leclerc, 2512. — Inconnu de Sabin.

GRENIER (Yves).

Chasse au rhinocéros. Cap de Bonne Espérance (Natal).

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (44,8 x 60,2 cm).

Grande scène de chasse au rhinocéros au Cap de Bonne-Espérance, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. La scène montre trois Européens et trois Africains. L'un des Européens vient de tomber de son cheval et se trouve terrassé par un rhinocéros, tandis que les autres personnages tentent de le sauver, à l'aide de leur fusil ou de leur gourdin. Bel exemplaire.

GRENIER (Yves).

Chasse au tigre. Asie.

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (45 x 61 cm).

Grande estampe figurant une scène de chasse au tigre en Inde, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. Au XIXe siècle, la chasse au tigre était un sport apprécié des colons et des maharadjahs. Des battues étaient organisées durant lesquelles les tigres avaient bien peu de chance de survivre. Le tigre, animal craint pour sa force et sa cruauté présumée, était le prédateur à tuer pour sa gloire personnelle. La chasse au tigre est à présent interdite dans tous les pays où vit ce félin. Bel exemplaire.

GUER (Jean-Antoine).

Mœurs et usages des Turcs, leur religion, leur gouvernement civil, militaire et politique, avec un abrégé de l'histoire ottomane.

Paris, Mérigot & Piget, 1747. 2 volumes in-4 de (2) ff., xxiv-453-(17)-(1 bl.)-(1) pp. — (1) f., viij-537-(2) pp.; veau marbré, dos à nerfs, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Premère édition, deuxième tirage. L'illustration se compose de 2 frontispices par Boucher, de 3 grandes vues dépliantes (détroit des Dardanelles, Constantinople, panorama du grand sérail de Constantinople), et de 25 planches dont 4 dépliantes par Bouché et Halé. Ouvrage présentant une synthèse des connaissances de l'époque sur l'empire Ottoman rédigé d'après de nombreux auteurs teles que Pietro della Valle, Du Ryer, Tavernier, Chardin, ou encore Tournefort, et traitant de tous les aspects publics et privés de la vie de ses habitants. Bel exemplaire. Petite mouillure dans la marge de quelques feuillets du tome 1. Atabey, 534. — Blackmer, 762. — Cohen, 465. — Colas, 1348. — Hage Chahine, 2000. — Weber, II, 761.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Site des cordillères et monuments des peuples indigènes de l'Amérique. Nouvelle édition mise dans un ordre nouveau indiqué par l'auteur avant sa mort.

Paris, L. Guérin et Cie, 1869. In-8 de (2) ff., ii-531 pp. ; demi-chagrin havane, dos à nerfs ornés de filets à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, illustrée de 16 planches gravées dont 6 finement coloriées. Célèbre naturaliste et voyageur allemand, le baron de Humboldt explora l'Amérique pendant cinq ans en compagnie du naturaliste Bonpland. Il en rapporta d'importantes observations scientifiques dans les domaines de la géographie, de l'ethnographie, de la géologie et de l'histoire naturelle. Cet ouvrage est divisé en quatre parties : Sites des cordillères, plateaux du Mexique et montagnes de l'Amérique méridionale ; Monuments des peuples indigènes du Mexique ; Monuments des peuples indigènes du Pérou ; Monuments des Indiens Muyscas. Très bel exemplaire. Chadenat, 1871. — Palau, 117029.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

INDONESIE.

Village.

Vers 1880. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JANVIER (Louis-Joseph).

Du gouvernement civil en Haïti.

Lille, Le Bigot frères, 1905. In-8 de 84-(1) pp.; broché, couverture imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur. Essai d'histoire administrative de Saint-Domingue puis de Haïti à travers les différents régimes que l'île a connu. En conclusion, l"auteur préconise que la nation haïtienne qui "n'a jamais été gouvernée que par des militaires" (page 51), se dote d'une vrai systême d'administration civile "c'est là qu'est la vraie réforme, celle dont peuvent découler toutes les autres". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2439.

JANVIER (Louis-Joseph).

Humble adresse aux électeurs de la commune de Port-au-Prince.

Port-au-Prince, imprimerie de l'abeille, 1907. Petit in-8 de 60-(4 bl.) pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Rare brochure, publiée à l'occasion des élections législatives de 1908, et illustrée d'un portrait de l'auteur. Après des études de médecine et de droit, et une carrière de journaliste, Janvier retourna à Saint-Domingue en 1905, et tenta, en vain, de se faire élire à Port-au-Prince. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2440.

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JANVIER (Louis-Joseph).

Les antinationaux (actes et principes).

Paris, imprimerie G. Rougier et Cie, 1884. In-18 de (1) f., 101 pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Lettre ouverte à un habitant de la ville de Jacmel, en Haïti. En 1883, cette ville s'était révoltée contre le nouveau président, Lysius Salomon. Au cours de cette révolte, des courriers arrivés par bateau furent saisis et une lettre de Louis-Joseph Janvier, écrite à un de ses amis, fut ouverte et "reproduite, en inexacte teneur, accompagnée de commentaires calomnieux pour moi, dans une brochure trois fois anonymes et non datée" (page 5). C'est à cette brochure que l'auteur répond. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2450.

JANVIER (Louis-Joseph).

Le vieux piquet. Scène de la vie haïtienne.

Paris, imprimerie A. Parent, A. Davy succ., 1884. In-18 de 36 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Première édition de cette nouvelle qui, à travers le récit d'un grand-père, retrace une partie de l'histoire d'Haïti, de 1846 à 1883, et prend la défense des Piquets du Sud, des paysans noirs qui se révoltèrent. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2448.

JEFFERYS (Thomas).

Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours.

Londres, 1755. In-12 (1) f., xiv-281 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Le premier établissement en Acadie (nom d'origine indienne par lequel les Français désignaient alors les territoires du Canada oriental) remonte à 1605, à la fondation de Port-Royal, sur la baie de Fundy, par Samuel de Champlain. En 1621, le roi Jacques Ier d’Angleterre donna au territoire le nom de « Nouvelle-Écosse » (ou « Nova Scotia », telle qu’appelée dans sa charte rédigée en latin) et l’accorda au colonisateur écossais sir William Alexander. Dans les années 1620, les Écossais fondèrent deux colonies dont l’implantation échoua. Pendant ce temps, un flot modeste, mais constant, de Français immigra en Acadie pour s’y bâtir une nouvelle vie. L'histoire de l'Acadie est marquée par la rivalité franco-anglaise dans cette partie du monde aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'Acadie est ainsi tour à tour terre française et anglaise jusqu'en 1710, avant d'être reconnue définitivement possession des Anglais selon le traité d'Utrecht de 1713. Après la guerre de 1744-1748 entre la France et l'Angleterre, la forteresse de Louisbourg, au Cap-Breton, fut restituée aux Français. Pour faire contrepoids à celle-ci, les Anglais fondèrent en 1749 Halifax, citadelle et aussi tête de pont pour leur colonisation. Ayant refusé de prêter serment d'allégeance, 6500 Acadiens furent déportés à partir de 1755. Louisbourg fut prise en 1758 et les déportations continuèrent encore plusieurs années (14000 au total). Après le traité de Paris en 1763, 2000 Acadiens seraient rentrés en Nouvelle-Écosse. Bon exemplaire. Leclerc, II, 732. — Sabin, 35958.

JOHNSON (Henry) — HALES (Stephen).

Histoire des tremblemens de terre arrivés à Lima, capitale du Pérou, et autres lieux.

La Haye, 1752. 2 partie en un volume in-12 à pagination continue de xvi-445 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais et augmentée par Stephen Hales. Elle est illustrée de 7 planches gravées dépliantes : une carte de l'audience de Lima au Pérou, les plan de Lima, Callao et de la rade de Callao, et 3 planches de costumes. La première partie contient une Histoire du tremblement de terre arrivé à Lima, par Henry Johnson. On y trouve une description de Lima et du port de Callao avant cet évènement, et des réflexions sur les causes de la sécheresse qu'il fait à Lima ainsi que les fréquents tremblements de terre dans la région. Vient ensuite un texte de Pedro Lozano intitulé Relation exacte de la destruction de Lima. La seconde partie contient une Description du Pérou, de ses habitants, et de leurs différents commerces; une Réflexion physiques sur les causes des tremblemens de terre, présentées à la société royale de Londres le 5 avril 1750 par M. Hales; et une Relation d'un tremblement de terre, arrivé au Port Royal à la Jamaïque au mois de juin 1692, tirée de deux lettres du ministre de cette colonie, écrites à bord du vaisseau la Grenade, alors en rade au Port-Royal (attribuée au révérend E. Hearth). Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Sabin, 42596.

JOLY (Étienne de).

Extrait du procès-verbal de l'Assemblée-Générale des citoyens libres-de-couleur, des isles & colonies françoises, constitués sous le titre de colons américains. 31 octobre 1789.

Paris, 1789. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne)..

Exclus du vote, et donc de représentants à l'Assemblée Constituante, les citoyens libres de couleur se regroupèrent et envoyèrent une députation à l'Assemblée Nationale de Paris qui fut reçue le 22 octobre. Le compte-rendu se montre optimiste quand à la réussite de leur démarche. Bon exemplaire. Manque à Max Bissainthe.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

KAUFMANN (Ernst).

View of Cape Town from Table Bay.

Cape Town, J.H. Rose, [vers 1890]. Lithographie originale (39,8 x 66,7 cm).

Très rare et belle vue lithographiée en couleurs de la ville du Cap, imprimée par Ernst Kaufmann à Lahr, en Allemagne, et publiée par J.H. Rose au Cap. La vue est prise depuis la Baie de la Table, sur laquelle s'est établie la ville du Cap. La baie est animée de voiliers et de petits bateaux de pêche. En arrière-plan, on aperçoit la montagne de la Table, massif qui surplombe la ville du Cap. À droite de la montagne de la Table, on aperçoit les deux collines de Lion's Head et de Signal Hill. Bel exemplaire.

KLAPROTH (Julius von).

Examen critique des travaux de feu M. Champolion sur les hiéroglyphes.

Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré père et fils, 1832. In-8 de viij-175-(1) pp.; demi-veau brun, dos lissse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes. Ouvrage publié juste après la mort de Jean-François Champollion, et alors que ni sa Grammaire ni son Dictionnaire égyptien n'étaient publiés. L'auteur s'appuie sur les quelques textes publiés du vivant de Champollion pour conclure, selon lui, qu'il s'était trompé dans son interprétation. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, III, 673. — Gay, 1758. — Ibrahim-Hilmy , I, 344.

KUBASTA (Vojtech).

How Columbus discovered America.

London, Bancroft and C°; Westminster ; Prague, Artia, 1960. In-folio (33 x 22 cm) de 7-(1) pp.

Livre pop-up réalisé par Vojtech Kubasta et représentant Christophe Colomb et sa flotte (Santa María, Pinta et Niña) découvrant l'Amérique. Christophe Colomb était un navigateur génois au service des monarques catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon. Parti d'Espagne le 3 août 1492, il atteignit les Antilles le 12 octobre 1492, puis débarqua à Cuba et à Haïti, avant son retour triomphal en Espagne. Une deuxième expédition, en 1493, lui permit de reconnaître les îles de la Dominique, de la Guadeloupe et de Porto Rico. Lors de son troisième voyage, en 1498, il atteignit pour la première fois le littoral du continent américain, le 5 août. Arrêté pour malversations, puis libéré, il entreprit une quatrième expédition en 1502 et longea l'Amérique centrale, avant de mourir en 1506. Exemplaire en très bon état bien complet de sa volvelle sur la couverture.

LABAT (Léon).

L'Égypte ancienne et moderne.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1840. In-8 de (2) ff., 252 pp.; demi-veau fauve, dos à nerfs orné, couvertures jaunes conservées et restaurées, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustrée du portrait lithographié de Méhémet Ali. Tiré à part de deux articles publiés dans la revue du XIXe siècle ; le premier, du 5 janvier 1840, sur l'Égypte ancienne et moderne, retrace l'histoire de ce pays de l'antiquité à l'expédition d'Égypte, et le second, du 7 juin 1840, est intitulé L'Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Ali. L'auteur fut chirurgien du sultan d'Égypte Méhémet Ali, avant de devenir le premier médecin du shah de Perse. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture au comte de Nadaillac. Il s'agit probablement de Sigismond du Pouget de Nadaillac (1787-1837), général et député de la Haute-Vienne. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Gay, 2088. — Ibrahim-Hilmy, I, 351. — Maunier, 88.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LACOUR (Pierre).

Essai sur les hiéroglyphes égyptiens.

Bordeaux, André Brossier, 1821. In-8 de (4) ff., xl-296 pp.; demi-basane maroquinée rouge, dos lisse orné en long, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 300 exemplaires, et illustrée de 14 planches gravées dont 3 dépliantes. Natif de Bordeaux, l'auteur était le fils du premier conservateur du Musée des Beaux-Arts et directeur de l'école de peinture de la même ville. Dans cet ouvrage, il cherche à montrer que l'hébreux est la langue que l'on "parlait en Égypte à l'époque où, sous la conduite de Moïse, les Hébreux en sortirent", lui permettant alors de déchiffrer les hiéroglyphes. Bon exemplaire dans une élégante reliure, provenant du Château de La Brède (de la famille de Montesquieu, n° 383 du catalogue de la vente de 1926), avec son cachet bleu. Plusieurs cahiers dont le papier est jauni. Brunet III, 730. — Caillet, 5920. — Gay, 1781. — Ibrahim-Hilmy, I, 352.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique de la Nouvelle écosse, notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production de la région, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. Bon exemplaire. Sabin, 38564.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François-Alexandre-Frédéric, duc de).

Opinion sur la question des colonies.

Paris, imprimerie du Pont, 1791. In-8 de 26 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

L'auteur s'opposa à l'utilisation de la force pour faire appliquer le décret du 15 mai 1791 car cela pourrait causer la perte des colonies pour la France. En effet, les colons refusaient d'appliquer ce décret, qui accordait le droit de citoyen actif à tous les gens de couleurs nés de parents libres. Bel exemplaire. Ryckebusch, 4717. — Sabin, 39052.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Notice historique sur la vie de Williams Wilberforce, membre du parlement.

Paris, A. Henry, 1833. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition. William Wilberforce fut un parlementaire anglais qui combatit toute sa vie pour l'abolition de la traite et de l'esclavage qu'il obtint quelques temps avant sa mort. Il fut inhumé à l'abbaye de Westminster. Bon exemplaire.

LARUE (Antoine).

Voyage en Yougoslavie et en Grèce en 1953. Manuscrit dactylographié.

S.l., 1953. Un volume de texte in-4 (27 x 21,1 cm) de 49 et 3 pp., broché, dos de toile verte, titre dactylographié sur le plat supérieur, et un album de photographies grand in-4 (34,5 x 32 cm) de (53) ff., demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs, étiquette dactylographiée «Yougoslavie - Grèce 1953» au dos (reliure de l’époque).

Relation d’un voyage en Yougoslavie et en Grèce. Le texte est illustré de 7 cartes, dont 5 dépliantes, en reproductions photographiques tirées sur papier; l’album contient 4 cartes dont 1 en reproduction photographique, 4 photographies volantes et 610 photographies contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet. Ce voyage se déroula du 30 juin au 2 août 1953. Antoine Larue quitte Paris en voiture (une traction-avant Citroën) avec sa femme Colette, son fils Denis et une parente dont le prénom est Lydie. Les premières étapes sont Strasbourg, Karlsruhe, Augsbourg, Munich, Bruck (Autriche), Lienz et Klagenfurt. Ils franchissent les Alpes Carniques, passent la frontière yougoslave et arrivent le 3 juillet à Ljubljana (Slovénie)pour faire le même jour la visite des grottes de Postoïna (Postojna). Ils passent ensuite à Rijeka (Fiume, Croatie) puis à Cricvenica, sur la mer Adriatique. Le 4, les voyageurs quittent cette localité pour longer la côte dalmate: Senj, Karlobag, Obrovac puis Benkovac où ils dorment sous la tente. Le 5 juillet, ils parviennent à Sibeniko(Sibenik) ; puis ils se rendent à Trogir, ville d’architecture vénitienne. Les étapes suivantes sont Spalato (Split), où ils observent les murailles de l’ancien palais de Dioclétien, puis Makarska, Metkovic et Dubrovnik (Raguse) avec la visite de la vieille ville. Le 7, les voyageurs quittent la Croatie pour le Monténégro, passent par Cattaro (Kotor) puis Cetinje avant d’arriver le même jour à Titograd (Podgorica). Le lendemain, ils traversent le Kosovo: Pec, Decani (visite du monastère), Dakovica et Prizren, puis parviennent à Skopje (Macédoine) dans la soirée. Les étapes suivantes sont Prilep, Bitola (anciennement Monastir) et Okrida (Ohrid) où Larue rencontre, le 10 juillet, un ancien officier de l’armée impériale russe devenu directeur d’hôtel. Revenus à Bitola, les voyageurs traversent la frontière yougoslave le 12 juillet pour arriver le même jour à Florina (Grèce). Le trajet continue par Kozani, Grevena, Kalambaka (visite des Météores), Argios Stephanos, Trikala, Larissa, Pharsale, Lamia (plaine des Thermopyles), Thèbes (Thiva), Eleusis (Elefsina) puis Athènes où l’arrivée a lieu le 13 au soir. Le lendemain, ils visitent l’Acropole, puis, le 15, le cap Sounion (temple de Poséidon). Le 16, ils prennent place à bord de l’Andros pour visiter les Cyclades: les principales étapes sont Tinos, Paros, Naxos, Ios, Oia et Santorin. De retour à Tinos, ils s’embarquent le 18 sur le Costacis Toya qui les emmène à Mykonos. De là, ils prennent une barque à voiles à destination de Délos où ils visitent les ruines. De retour à Mykonos, ils montent à bord de l’Aegeon avec plusieurs autres Français. Le 19, ils font une halte à Leros, puis passent à Kalimnos avant d’arriver le même jour à Rhodes où ils visitent le musée et le château. Le retour au Pirée a lieu le 21 juillet. Ils repartent aussitôt pour faire le tour du Péloponnèse: Corinthe, Nauplie, Epidaure (visite du théâtre), Tirynthe, Mycènes, Argos, Tripolis et Sparte, où ils arrivent le 22. A Mistra, ils visitent des églises et des couvents byzantins, puis retournent à Tripolis avant de se diriger vers Olympie. Arrivés le 24, ils visitent le musée ainsi que le stade que l’on est en train de dégager. Ils passent ensuite par Pyrgos et Patras, prennent le bac pour traverser le golfe de Corinthe, passent par Naupacte (Lépante), et arrivent à Delphes le soir même, où ils visitent le musée et les ruines (temple d’Apollon, voie sacrée, stade, théâtre). Le 26, ils quittent Delphes, visitent le monastère de Saint-Luc (Hosios Loukas) dont l’église byzantine date du XIe siècle, passent par Lévadhia et Thèbes pour revenir à Athènes le soir. Le lendemain, ils se rendent au Pirée et montent à bord du Cyclades qui, après avoir traversé les golfes de Corinthe et de Patras, passe au large d’Ithaque, fait escale à Corfou et arrive à Brindisi (Italie) le 29 juillet. Le voyage de retour s’effectue par Tarente, Salerne, Naples, Pompéi, Rome (visite du Vatican), Sienne, Florence, Bologne, Milan et Domodossola. Les voyageurs passent le col du Simplon, traversent la Suisse par Montreux, Vevey, Lausanne et Genève, puis rentrent en France le 2 août 1953. Dans son récit, Larue dresse un tableau assez critique de la Yougoslavie: mauvais état des routes, difficultés de s’approvisionner en pièces détachées pour réparer les voitures, espionnage des fonctionnaires, faiblesse du niveau de vie, misère des habitants dans les campagnes, inadaptation du pays aux activités touristiques; malgré cela, il affirme que «Tous, malgré tout, aiment Tito, même ceux qui critiquent son administration car Tito leur a redonné leur orgueil national et reste le drapeau d’un pays fier et pauvre…» (p. 25). Le voyage en Grèce, essentiellement consacré à la visite des sites archéologiques, s’effectue dans de meilleures conditions: «Avec la récente dévaluation de la drachme qui est passée de 43 pour un franc à 85, la vie en Grèce n’est pas très chère; elle est cependant plus chère mais beaucoup plus confortable qu’en Yougoslavie…» (p. 44). Le texte contient aussi quelques allusions aux événements politiques (tensions entre la Grèce et l’Albanie) et s’achève par la liste des dépenses effectuées dans les différents pays traversés. Ancien directeur des relations sociales de la société Ugine, Antoine Larue avait étudié à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (promotion 1921). Les récits de ses voyages, restés inédits, sont illustrés d’un grand nombre de photographies pour la plupart prises par lui-même. Parmi les 610 photographies contenues dans l’album, environ 200 sont consacrées à la Yougoslavie: grottes de Postojna, vues de Cricvenica, Senj et Karlobag, port de Sebenico, monuments de Trogir, de Split et de Raguse, vues de Cattaro, ancien lac de Scutari, grand hôtel de Titograd, paysages montagneux dans les environs de Pec, monastère de Decani, église de Prizren, vues de Skopje, marché de Prilep, mosquée de Bitola, vues d’Okrida (dont certaines avec la mention: «données par Mlle Cavalieri»). Concernant la Grèce, on relève environ 300 photographies: les Météores, l’Acropole d’Athènes avec l’Erechtheion et les Propylées, l’île de Santorin, Paros, Mykonos, Délos (ruines), Kalimnos, Rhodes (palais des grands-maîtres, hôpital des chevaliers, fort Saint-Nicolas, remparts, acropole, marché aux melons et aux citrons, etc.), canal de Corinthe, Nauplie, Epidaure (stade et théâtre), Tirynthe, Mycènes (tombeau d’Agamemnon, porte des Lionnes), Sparte, Mistra (églises), vues de Karitaina et Andritsaina, Bassæ (temple), Olympie (ruines), port de Lépante, Delphes (temple d’Apollon, portique des Athéniens, stade, théâtre), Hosios Loukos (monastère), à nouveau Athènes, puis Le Pirée et Corfou. Les dernières photographies concernent essentiellement l’Italie (Ravello, Pompéi, Sienne, Bologne…). Légères mouillures sur la couverture du volume de texte; une carte est détachée dans l’album.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes occidentales par les Espagnols, et les moyens dont ils se sont servis pour s'en rendre maîtres.

Paris, Pierre Debats et Imbert Debats, 1701. In-12 de (5) ff., 382-(2) pp.; veau moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, illustrée d'un frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Exemplaire enrichi de 18 gravures extraites de l'édition latine de 1614 intitulée Narratio regionum Indicarum per Hispanos quosdam devastattarum. Gravées par les frères De Bry d'après les dessins de Jode de Winghe, ces planches représentent la cruauté des Espagnols envers les Indiens et les châtiments qu'ils leur faisaient subir. Bon exemplaire. Sabin, 11275.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Compte rendu sur la situation actuelle de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 18 octobre 1798. Ancien administrateur des colonies, l'auteur fut secrétaire de la commission envoyée à Saint-Domingue pour y faire appliquer la loi sur l'égalité politique des libres de couleurs votée en 1792. En 1796, il fut nommé commissaire ordonnateur du corps expéditionnaire de Saint-Domingue chargé de mettre fin au "préjugé de couleur", et élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinqs-Cents en 1797. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6541. — Sabin, 39611. — Inconnu de Monglond.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LE GENTIL de LA GALAISIERE (Guillaume-Joseph-Hyacinthe-Jean-Baptiste).

Voyage dans les mers de l'Inde, fait par ordre du roi, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769.

En suisse, chez les Libraires Associés, 1780-1782. 5 volumes in-8 de (1) f., 344 pp. — (1) f., 364 pp. — viij-431 pp. — (1) f., 434 pp. — (2) ff., 333 pp.; basane marbrée, dos lisseS ornéS, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 6 planches gravées dont une dépliante. Guillaume Le Gentil partit en Inde observer le passage de Vénus devant le soleil prévu en 1761. Retardé, il observa le transit à bord mais il ne put faire de mesures précises à cause des mouvements du navire. En attendant le second passage prévu en 1769, il voyagea en Inde et dans l'Océan indien, de Madagascar à Manille. Puis il construisit un observatoire à Pondichéry, mais cette fois-ci ce sont les nuages qui empêchèrent toute observation. Bon exemplaire. Brunet, III, 940. — Gay, 3239.

L'HÔTE (Nestor).

Notice historique sur les obélisque égyptiens, et en particulier sur l'obélisque de Louqsor.

Paris, Leleux, 1836. In-8 de 70-(4) pp.; demi-basane fauve, dos à deux nerfs avec le titre en long, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première et seule édition, illustrée de hiéroglyphes dans le texte, d'un frontispice lithographié, et de 3 planches lithographiées. L'auteur participa à l'expédition de Champollion en Égypte, de 1828 à 1830, comme dessinateur, où il eut l'occasion de dessiner les deux obélisques de Louxor. En 1836, à l'occasion de l'érection de l'un des deux, place de la Concorde à Paris, il publia cette brochure dans laquelle il recense les obélisques égyptiens connus. Bon exemplaire. Dos passé, légères rousseurs. Gay, 2117. — Ibrahim-Hilmy, II, 384.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LONGCHAMPS (Pierre Charpentier de).

Histoire impartiale des évènemens militaires et politiques de la dernière guerre, dans les quatre parties du monde.

Paris, Veuve Duchesne, 1785. 3 volumes in-12 de 558-(1) pp. - 523 pp. & (1) f., 620 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. La dernière guerre dont il est question est celle de l'Indépendance des états-Unis dont l'auteur donne une description chronologique jusqu'au traité de Paris de 1783. Outre les évènements se déroulant sur le sol américain, l'auteur décrit également les combats qui se déroulèrent aux Antilles, en Inde et à Gibraltar où la France avait attaqué les Anglais, les forçant à disperser leurs forces. Bel exemplaire. Déchiures sans manques pages 137 à 140 du tome 2. Sabin, 41905.

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

LÉGITIME (François-Denys).

Histoire du gouvernement du général Légitime, président de la république d'Haïti.

Paris, Ernest Leroux, 1890. In-8 de (3) ff., xlvj-422-(1) pp.; demi-percaline bordeaux, dos lisse, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait du général en frontispice, d'une planche en noir, et d'une carte en couleur sur double page. Après une carrière militaire, François-Denys Légitime se tourna vers la politique en devenant sénateur, puis, en 1880, ministre de l'agriculture et ministre des affaires étrangères. Le 16 décembre 1888, il fut élu président de la République haïtienne, mais il s'opposa au Sénat qui le destitua le 22 août 1889. C'est en exil qu'il fit publier cette biographie en forme d'explication de sa politique. La biographie proprement dite n'occupant que 148 pages, le reste de l'ouvrage est composé de pièces justificatives. Bon exemplaire. Dos passé. Max Bissainthe, 2738.

MACKENZIE (Alexander).

Tableau historique et politique du commerce des pelleteries dans le Canada, depuis 1608 jusqu'à nos jours.

Paris, Dentu, 1807. In-8 de (2) ff., 310-(1) pp.; cartonnage de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit en français par Jean-Henri Castera, et illustré d'un portrait gravé de l'auteur en frontispice. Travaillant pour la compagnie du Nord-Ouest (une maison de commerce des fourrures), Alexander Mackenzie entreprit pour cette dernière l'exploration des régions boréales du Canada. Le récit de ses voyages fut publié en France en 1802 en trois volumes. Notre ouvrage est un tiré à part de la plus grande partie du tome 1 et contient, outre le traité sur le commerce des fourrures, des détails sur les Indiens Knisteneaux, un vocabulaire de la langue algonquine, une note et un vocabulaire des Chipiouyans (Chipewyan). Bel exemplaire. Leclerc, I, 920. — Sabin, 43917.

MAGON de CLOS-DORÉ.

Souvenirs d'un voyageur en Asie, depuis1802 jusqu'en 1815 inclusivement.

Paris, Nepveu, 1822. In-8 de 198 pp.; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Issu d'une famille d'amateurs de Saint-Malo, l'auteur se présente ainsi dans sa préface: "Ma première jeunesse s'écoula sous un ciel étranger; et lorsque je rentrai dans ma patrie, ce fut pour devenir acteur dans ces tristes combats livrés par George Cadoudal, dans les landes du Morbihan. La paix faite, je ne sais quel destin me conduisit à l'île de France et de là en Asie". Ses souvenirs sont en fait une succession d'exposés ou d'anecdotes sur la compagnie des Indes, les routes possibles pour rentrer en Europe, un portrait du sultan de Mysore Tipû Sahib, les Cipayes, les animaux (chevaux, éléphants, serpents, buffles, chiens sauvages), le sacrifice des femmes brahmanes, l'exposition des nouveau-nés, les Bayadères, son naufrage aux Seychelles, les religions et les populations des Indes... Le dernier chapitre est une description de l'île Sainte-Hélène, où mourut Napoléon. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 545. — Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, II, 981.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MANIÈRES (Alexis).

Ma parenté maternelle. Note sur les Crespin, les Lefebvre-Latour, les Dethomas, les Rance-Paris, les Dégrange, les Merlet, les Thillard, les Richon, les Faure et les Jeanneau.

Bordeaux, imprimerie Ve Cadoret, 1875. In-4 de 236 pp. ; toile marron à la Bradel, dos lisse muet, titre imprimé sur le premier plat, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Rare ouvrage, probablement tiré à petit nombre pour la famille. Il est illustré de 5 portraits photographiques en médaillons contrecollés dans le texte, dont celui de l'auteur sur le frontispice, et de 2 cartes lithographiés en couleurs dont une de Saint-Domingue. Parmi les ancètres de l'auteur figure la famille Lefebvre-Latour dont des membres ont possédé "de 1720 à 1793, une propriété aux Cayes, lieux de Marchaterre et du Boucaud, des propriétés d'une valeur assez considérable […] A partir de la grande insurrection de 1793 sous Dessalines, on n'a plus eu de leurs nouvelles" Plusieurs lettres de familles ou d'affaires de cette branche sont cités dans l'ouvrage. Bon exemplaire.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

MASQUERAY (Emile).

Notes, concernant les Aoulad-Daoud du Mont Aurès (Aourâs).

Alger, Adolphe Jourdan, 1879. In-8 de 40 pp.; broché, couverture grise imprimée.

Ouvrage illustré d'une vue dépliante et de 3 cartes lithographiées d'après les dessins de l'auteur. L'auteur fut chargé d'une mission dans l'Aurès par le ministre de l'Instruction Publique. Ces notes présentent la société telle qu'elle était avant la colonisation. L'Aurès est une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief en partie montagneux et par son peuplement traditionnel, le groupe berbère des Chaouis. Bon exemplaire conservé dans sa brochure de l'époque. Couverture légèrement écornée.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MEARES (John).

Voyages de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique, fait dans les années 1788 et 1789.

Paris, F. Buisson, an III [1795]. 3 volumes in-8 de xxiv-391 pp. — (2) ff., 386 pp. — (2) ff., 371-(1) pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Billecocq. Elle est accompagnée d'un atlas comprenant un titre, la liste des planches, et 28 planches gravées (portrait de l'auteur, cartes, profils de côtes, vues, plans de ports, portraits) dont 11 dépliantes. Capitaine de la Royal Navy, l'auteur rejoignit, en 1785, la marine marchande. Il se consacra au commerce des fourrures entre l'Amérique du nord et la Chine, et ce sous pavillon portugais, pour ne pas payer une licence à la East India Company qui avait le monopole de ce commerce. Le récit de son voyage entre la Chine et l'Amérique (dans lequel il dénonce le monopole de la compagnie comme nuisible au commerce) est précédé de celui de son voyage sur le Nootka de Calcuta à la côte nord-ouest d'Amérique pendant les années 1786 et 1787. On y trouve également des Observations sur la probabilité d'un passage nord-ouest, et un traité abrégé du commerce entre la côte nord-ouest d'Amérique et la Chine. Bon exemplaire. Boucher de la Richarderie, V, p. 465. — Brunet, 1563. — Chadenat, 1168. — Cordier, BS, 2104. — Hill, 1127 (pour l'édition anglaise). — Howes, 469. — Lada-Mocarski, 46 (pour l'édition anglaise). — Leclerc, 953 (sans l'atlas). — Monglond, III, 467. — Sabin, 47262.

MEXIQUE. — CHAPLIN (Charles).

Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).

1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.