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CHARLEVOIX (Pierre-François-Xavier de).

Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon. Où l'on voit les différenres révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle.

Rouen, Jacques Joseph Le Boullenger, 1715. 3 volumes petit in-12 de (22) ff., 337-(25) pp. — (1) f., 398-(34) pp. — (1) f., 460-(22) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Première édition, rare. Premier ouvrage du père Charlevoix dans lequel il retrace l'histoire du christiannisme au Japon. Il s'inspira de l'ouvrage du père Jean Crasset, Histoire de l'église au Japon, publié en 1689, qu'il abrégea, compléta de notes sur les us et coutumes, les costumes des habitants, la situation politique du Japon, sa topographie et son histoire naturelle, jusqu'en 1715. Cet ouvrage est différent de l'Histoire et description générale du Japon, qu'il publia en 1737. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit des Frères des écoles Chrétienne de Reims, et cachet de congrégation sur les titres. Brunet, II, 1806. — Cordier, BJ, 421. — Sommervogel, II, 1075.

CHAUMONT (Alexandre, marquis de).

Relation de l'ambassade à la cour du roy de Siam. Avec ce qui s'est passé de plus remarquable durant son voyage.

Paris, Arnoult Seneuze et Daniel Horthemels, 1686. In-12 de (1) f., 110-117-(2)-28 pp.; veau brun, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et comprenant en fin de volume les 28 pages de la liste des présents. Elle est illustrée de 9 planches gravées dont 3 dépliantes (indigènes, éléphants, bateaux). En 1685, Louis XIV envoya une ambassade au Siam placée sous la direction du chevalier de Chaumont, avec l'abbé de Choisy comme historiographe, et accompagnée de six Jésuites placés sous la direction du père Tachard. Elle était chargée de recueillir sur le pays toutes les observations utiles au commerce, à la politique, aux sciences et à la religion. Ils arrivèrent en septembre 1685 et le roi de Siam les reçut avec les plus grands honneurs. Un traité de commerce franco-siamois fut signé le 10 décembre, et le chevalier de Chaumont revint en France avec de nombreux cadeaux et une ambassade siamoise qui fit sensation à Versailles. Bon exemplaire. Petite mouillure marginale aux premières pages. Boucher de La Richarderie, V, 99 (édition de 1687). — Chadenat, 2826 (qui n'a que 8 planches). — Cioranescu, XVIIe s., 18992. — Cordier, BI, 935.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHOPARD (Jean-Paul, pseud. du capitaine (Guillaume-Joseph Gardarein-Freytet).

Quelques personnages officiels à Tahiti

Brest, imprimerie de J. B. Lefournier, 1871. In-8 de vj-85 pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition. À travers le portrait de plusieurs personnalités de Tahiti, et en citant de nombreux documents officiels, l'auteur prend la défense du père Honoré Laval, missionnaire aux îles Gambier, accusé de pratiquer le commerce et de gouverner en sous main. Bon exemplaire. Dos cassé et couverture écornée, avec de petits manques. O'Reilly, Tahiti, 7283.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

CLOUÉ (Georges-Charles, vice-amiral).

L'ouragan de juin 1885 dans le golfe d'Aden.

Paris, Librairie militaire de L. Baudoin, 1886. In-8 de 67 pp. ; broché, couverture grisée imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue maritime et coloniale d'avril 1886. Il fut réalisé d'après les rapports et les journaux de navigation des capitaines des 42 grands navires qui furent engagés dans cet ouragan. Il est illustré de quelques figures dans le texte et d'une grande carte dépliante du golfe d'Aden retraçant la marche du cyclone. Le vice-amiral Cloué participa à l'expédition française au Mexique, fut gouverneur de la Martinique de 1871 à 1874, puis ministre des colonies en 1880-1881. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couverture écornée. Polak, 1798.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHIN (Augustin).

L'Espagne et l'esclavage dans les îles de Cuba et de Porto-Rico.

Paris, J. Claye, 1869. In-8 de 29-(3 bl.) pp.; broché, couverture orangée imprimée, non rogné.

Tiré à part d'un article paru dans la Revue des deux mondes du 1er mai 1869. Après avoir publié, en 1861, un ouvrage historique sur l'abolition de l'esclavage, l'auteur s'attache, dans cette brochure, à analyser la situation dans les colonies espagnoles, parmi les dernières à n'avoir pas encore aboli l'esclavage, et au moment où Cuba était en pleine insurrection. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Sabin, 14067.

COMBES (Charles).

Les Cahiers coloniaux (35 ans consécutifs en Afrique). La Légende vécue sous la magie. Manuscrit dactylographié.

Côte d’Ivoire, 13 janvier 1956. In-4 (27 x 21 cm) de 34 pp.; en feuilles.

Sculpteur et peintre français, Charles Combes (1891-1968) arriva en Côte d’Ivoire au début des années 1920. Puis il installa, en 1923, son atelier de sculpture à Bingerville, l’ancienne capitale de la colonie située près d’Abidjan. Entre 1927 et 1941, il composa, à Toumodi et à Bingerville, vingt cahiers de contes fantastiques, où se mêlaient souvenirs personnels et légendes africaines, dont les thèmes récurrents étaient la magie et la sorcellerie. Ces cahiers, ronéotypés, tirés à petit nombre et édités à compte d’auteur, contenaient chacun 10 à 20 pages de texte. L’ouvrage était divisé ainsi: Le mur de la magie (cahiers n° 1 à 3). - Le masque aux yeux vivants (n° 4). - Visions d’art (n° 5). - N’Da (n° 6, 7, 8, 9). - Rendez-vous de minuit (n° 10). - Quelques histoires (n° 11). - L’étrange roman d’un village (n° 12 à 20). La présente copie, dactylographiée, contient des passages de cet ouvrage: Préface de l’auteur. Le mur de la Sorcellerie et de la Magie (pp. 1-21, en 3 chapitres qui semblent correspondre aux trois premiers cahiers). - Les Reflets du mur (pp. 21-27, correspondant au 4e cahier). - Quelques histoires (titre de départ, p. 27, probablement un extrait du 11e cahier). - Des Hommes (pp. 28-29). - Pas à pas dans la brousse (p. 29). - La danse des loups (pp. 30-31). - L’Enfer des N’Da (pp. 31-32; peut-être un extrait des cahiers 6 à 9). - Histoire de chasse (pp. 32-34). Extrait: «Il s’agit d’une histoire absolument authentique et qui reste dans ma mémoire comme un souvenir hallucinant. Il s’agit d’un masque; je l’avais acquis pour une modeste somme. Je le tenais d’un très vieux sorcier de village, un nommé Wô […]. Il avait, suivant l’éclairage, l’air fripon ou cynique, il semblait sourire, interrogateur parfois ou boudeur, et de ses lèvres en bois, il avait l’air d’adresser une prière. Cela m’enchantait et me captivait étrangement […]. A certaines heures il me donnait l’impression d’être cruel comme s’il avait conservé sous son front bombé le souvenir des scènes atroces auxquelles il avait sans doute participé. Une nuit, je crus entendre gémir tout à côté de moi; il n’y avait cependant personne dans ma chambre, ni dans la maison que la clarté de la Lune inondait de toute part […]. Une autre fois un gros soupir me réveilla en sursaut [puis] ces soupirs et ces gémissements m’éveillèrent avec une précision mathématique, toutes les nuits à minuit. [Une nuit] il s’éleva dans l’ombre un gémissement […]. Je me levais cependant, cela venait de ma malle, j’y allais et l’ouvris brusquement. Le masque était toujours là et je vis nettement les yeux vivants qui flottaient dans l’ombre, des yeux morts, des yeux liquides, lumineux, flottants, hallucinants. Ils s’éteignirent progressivement. Alors, je restais là, rivé au sol, cherchant à m’expliquer cette curieuse apparition […]. Il rodait autour de cette histoire des actes de magie…» (pp. 21-24). Ce curieux manuscrit a été dactylographié au verso de feuillets à en-tête de la Compagnie de Mokta. Fondée en 1865, cette compagnie exploitait des mines dans différents pays d’Afrique, notamment les mines de manganèse de Grand-Lahou près d’Abidjan. En 1986, elle devint une filiale de la Cogéma, qui fut intégrée dans le groupe Areva en 2001. Document d’une grande rareté, non mentionné dans les catalogues de la BnF ni du CCFr. On joint: DESANTI (Dominique). Côte d’Ivoire. Manuscrit dactylographié. S.l.n.d. [1962]. In-4 de (2) et 118 pp.; en feuilles, addition manuscrite au bas de la p. 7, table des matières en dernière page. Célèbre journaliste, historienne, biographe et romancière, Dominique Desanti effectua, en 1961-1962, un séjour de six semaines en Côte d’Ivoire. A cette occasion, elle composa la présente relation, divisée en deux parties: le récit du voyage proprement dit (pp. 1-89), et un «documentaire», sorte d’appendice explicatif (pp. 89-118). Entre ces deux parties devait s’insérer un «Panorama» ou reportage photographique, qui n’est pas présent ici. Le récit contient de nombreuses considérations économiques et politiques sur la Côte d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Ce manuscrit a été publié dans la collection «L’Atlas des Voyages» des éditions Rencontre (Lausanne, 1962, in-4, 286 pp.). On joint également: Extension de l’Hôtel Ivoire (titre de départ). S.l.n.d. [ca. 1968], in-4 de 8 pp. polycopiées (paginées 91-98). Extrait d’une brochure concernant les travaux d’Abidjan, parmi lesquels le deuxième pont et la nouvelle aérogare d’Abidjan - Port-Bouët. Intéressant ensemble sur la Côte d’Ivoire.

COOPER (Reginald).

Vues d'égypte.

XXe. Dessins originaux à la gouache et au lavis gris (environ 27 x 43 cm).

Ensemble de 2 très beaux dessins originaux signés représentant les bords du Nil ou encore le Sphynx, avec des personnages et des dromadaires au premier plan. Reginald Cooper était un peintre et un illustrateur, principalement à l'aquarelle, de scènes et de paysages. Il fut un artiste prolifique entre 1929 et 1939 environ. Nombre de ses œuvres ont été reproduites sous forme de gravures et de cartes postales. Très bon état de conservation.

CORANCEZ (Louis-Alexandre-Olivier de).

Histoire des Wahabis, depuis leur origine jusqu'à la fin de 1809.

Paris, Crapart, 1810. In-8 de (2) ff., viij-222 pp.; demi-basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées jaunes (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Après avoir participé à l'Expédition d'Égypte, Corancez fut nommé, en 1802, consul général à Alep, et ensuite à Bagdad. Sa conduite dans ses nouvelles fonctions lui valut le respect et la confiance de la population. De 1808 à 1812, il fit un voyage d'Alep à Constantinople, puis il voyagea en Asie mineure, à Chypre et en Syrie. C'est à Alep, où il résida sept années, qu'il réunit les renseignements sur les Wahhabis, qui, depuis 1744, avaient conquis une partie de la péninsule arabique et formé le premier état saoudien. En 1810, date de la publication de l'ouvrage, les Wahhabis étaient en pleine expansion, mais, à partir de 1811, une contre-offensive ottomane conduisit à leur défaite. Bon exemplaire. Habiles restaurations, mouillure claire marginale aux premier et dernier feuillets. Atabey, 282. — Hage Chahine, 1091. — Wilson, 48.

CORANCEZ (Louis-Alexandre-Olivier de).

Itinéraire d'une partie peu connue de l'Asie Mineure, contenant: la description des régions septentrionales de la Syrie; celle des côtes méridionales de l'Asie Mineure et des régions adjacentes encore peu connues; l'examen des causes de l'abaissement du niveau à l'extrémité du bassin oriental de la Méditerranée.

Paris, J.-M. Ebehrard et Antoine-Augustin Renouard, 1816. In-8 de xvj-437 pp.; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. L'auteur participa à l'expédition d'Égypte, puis devint consul à Alep et à Bagdad. Son itinéraire démarre à Alep, rejoint Latakié, puis Chypre, la côte méridionale de la Turquie jusqu'à Tarse, et enfin Constantinople. On y trouve également un aperçu historique et géographique des régions parcourues ainsi que des dissertations sur les populations, les mœurs, et les monuments. Bel exemplaire. Blackmer, 403. — Hage Chahine, 1092. — Weber, I, 42.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUMORIER (Joseph-Pierre).

Sur les troubles des colonies, et l'unique moyen d'assurer la tranquilité, la prospérité et la fidélité de ces dépendances de l'Empire. En réfutation des deux discours de M. Brissot, des 1er et3 décembre 1791.

Paris, Didot jeune, décembre 1791. Petit in-8 de (1) f., 60 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Commissaire civil de tous les établissements coloniaux français situés au delà du cap de Bonne-Espérance, l'auteur revient sur l'histoire des conséquences de la Révolution Française dans les colonies où elle provoqua troubles et rébellion. Il conclut en demandant à l'Assemblée de ne plus statuer sur les colonies, en accord avec le décret du 24 septembre qui donne aux Conseils Coloniaux le pouvoir de légiférer sur les affaires intérieures des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPUCH (Élie-Louis).

Précis historique des troubles survenus à la Guadeloupe depuis l'arrivée des commissaires du roi à la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 47 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Rare brochure décrivant les événements survenus à la Guadeloupe au début de la Révolution. Élie-Louis Dupuch fut notaire à Basse-Terre de 1781 à 1790, date à laquelle il fut envoyé à Paris par la commune de Basse-Terre pour y rendre compte des troubles survenus dans l'île. Dans son compte-rendu, il prit parti contre le gouverneur et contre les décisions de l'Assemblée Coloniale. Bon exemplaire. Certains feuillets courts de marge sans atteinte au texte, petite mouillure marginale aux derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

ETON (William).

Tableau historique, politique, et moderne de l'empire ottoman.

Paris, Tavernier, an VII [1799]. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., iv-xxij-352 pp., (2) ff., 320 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. E. Lefèvre. À travers ce portrait de l'Empire Ottoman, William Eton, diplomate anglais, entendait démontrer que la Grande-Bretagne, alliée aux Russes, devait s'opposer par tous les moyens aux Turcs, pour les chasser d'Europe, libérer la Grèce, et assurer ainsi l'influence de son pays en Méditerranée. Mais son ouvrage ayant paru au moment de l'expédition d'Égypte, la Turquie devint l'alliée de la Grande-Bretagne au sein de la deuxième coalition contre la France révolutionnaire. Bel exemplaire. Atabey, 410. — Blackmer, 558 (édition anglaise). — Monglond, IV, 1033. — Weber, II, 792.

EYRIÈS (Jean-Baptiste-Benoît).

La Russie, ou costumes, mœurs et usages des Russes.

Paris, Gide fils, vers 1823. Grand in-8 de (28) ff. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre verte (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage illustré de 4 feuillets liminaires et de 24 planches gravées à l'aquatinte et finement aquarellées. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif et représente des costumes d'hommes et de femmes de différentes contrées de l'empire de Russie: Finlande, Tartarie, Estonie, populations de l'Oural, de Sibérie, de la Volga, du Kamtchatka, et de Mongolie. Voyageur polyglote, Eyriès publia plusieurs ouvrages sur la géographie et les voyages, traduisit de nombreux textes de l'anglais, de l'allemand et des langues scandinaves, et rédigea de très nombreux articles pour des encyclopédies. Il fut membre fondateur de la Société de Géographie, et membre de la Société Asiatique et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Bel exemplaire à grandes marges, rares piqûres. Colas, 1016. — Vinet, 2115

FERRER (Giuseppe di).

Mémoires critiques sur l'Orient, suivis de réflexions philosophiques et essai sur l'île de Corfou, et d'un petit aperçu du sort des officiers de l'armée napolitaine, après les événements de 1821.

Paris, chez l'auteur, 1845. In-8 de (2) ff., IV, 213 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées et illustrées, non rogné.

L'illustration se compose d'un portrait lithographié en frontispice. Cet ouvrage traite essentiellement de l'Égypte mais on trouve aux pages 171 à 185 un chapitre consacré à l'île de Corfou. Exemplaire parfaitement conservé dans sa brochure d'origine. Blackmer, 589. — Hage Chahine, 1642. — Manque à Ibrahim-Hilmy.

FERRIÈRES-SAUVEBŒUF (Louis François de).

Mémoires historiques, politiques et géographiques des voyages du comte de Ferrières-Sauvebœuf, faits en Turquie, en Perse et en Arabie, depuis 1782 jusqu'en 1789 ; Avec ses observations sur la religion, les mœurs, le caractère et le commerce de ces trois nations ; Suivies de détails très exacts sur la guerre des Turcs avec les deux cours impériales d'Autriche et de Russie, les dispositions des trois armées et les résultats de leurs campagnes.

Paris, Buisson, 1790. 2 volumes in-8 de (2) ff., xxiv-298 pp., (1) f. — (2) ff., x-303-(1) pp. ; basane marbrée, dos lisses ornés, filets dorés encadrant les plats (reliure de l'époque).

Édition originale. Le comte de Ferrières-Sauvebœuf suivit d'abord la carrière militaire avant d'être au service de l'ambassadeur français auprès de la Porte, le comte de Vergennes. Sa loyauté envers ce dernier expliquerait les raisons de ses attaques virulentes contre Choiseul-Gouffier, le successeur du comte de Vergennes, que l'on peut lire dans ses Mémoires. Au-delà des critiques, on trouve également une relation de la guerre Turco-Russe de 1788 à 1789 et des détails sur ses voyages en Égypte, en Palestine, en Grèce, en Syrie, en Perse et à Chypre. Bon exemplaire. Légères rousseurs, habiles restaurations. Atabey, 428 (pour la seconde édition). — Blackmer, 590. — Boucher de La Richarderie, I, 198. — Gay, 3598. — Monglond, I, 1107. — Weber, 598.

FITZ-ROY (Robert).

Instructions nautiques sur les côtes occidentales d'Amérique, du golfe de Penas à la rivière Tumbez.

Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1863. In-8 de vj-183 pp.; dem- chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par A. Mac-Dermott. Elle contient toutes les instructions nécessaires à la navigation sur la côte ouest de l'Amérique du sud, entre le golfe de Penas, dans le sud du Chili, et l'embouchure de la rivière Tumbez,tout au nord du Pérou. Bel exemplaire comportant des annotations manuscrites de l'époque apportant des précisions ou corrections. Envoi autographe signé du traducteur au capitaine de vaisseau de Lapelin. Théodore-François de Lapelin (1812-1888) était, en 1856, chef d'état-major de la division des côtes occidentales d'Amérique, sur la Persévérante. En 1857, il prit par à la campagne de Cochinchine avant dêtre nommé gouverneur de la Martinique en 1864. Lors de la guerre de 1870, il fut le commandant de la division du Pacifique, bloqua les navires prussiens dans les port américains et continua les relevés hydrographiques sur les côtes du Chili.

FLANDIN (Eugène).

Voyage en Perse pendant les années 1840 et 1841.

Paris, Gide et Jules Baudry, 1851. 2 volumes in-8 de (2) ff., 511 pp. — (2) ff., 536 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons à froid (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante entoilée représentant l'itinéraire de la mission. Elève d'Horace Vernet, le peintre Eugène Flandin et l'architecte et archéologue Pascal Coste furent envoyés en mission en Perse par l'Institut pour y inventorier les monuments anciens et modernes. De retour en France, ils publièrent, en 6 volumes in-folio dont 5 de planches le résultat de leurs travaux. Dans le même temps, Eugène Flandin écrivit et publia le récit de leur voyage à travers la Perse. Bel exemplaire, à grandes marges. Rousseurs claires au tome 1 et à quelques cahiers du tome 2. Brunet, II, 1281. — Wilson, p.72.

FLEURIAU d'Armenonville (Thomas-Charles).

Estat des missions de Grèce.

Paris, Antoine Lambin et Simon Besnard, 1695. In-12 de (1) f., 299-(9) pp.; veau fauve, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Procureur des missions jésuites établies au Levant, l'auteur donne une description de cette région à partir des lettres envoyées par les missionnaires. Ces missions étaient celle de Constantinople, Smirne, et des îles de l'archipel (Chios, Paros Athènes, Tinos, Syros, Naxos, Amorgos, Santorin et Eubée). Il en retrace l'histoire et donne de nombreux détail sur les mœurs locales. Bon exemplaire. Blackmer, 609. — Sommervogel, III, 788.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FOLEŸ (Antoine-Édouard).

Quatre années en Océanie.

Paris, J. Hetzel, 1866. In-8 de (2) ff., 300 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Edition originale. À sa sortie de l'Ecole Polytechnique, l'auteur fut affecté comme élève-officier à bord de la corvette le Rhin qui navigua en Océanie de 1842 à 1846. Le navire quitta Toulon en août 1842 pour la Nouvelle-Zélande et arriva à Akaroa en janvier 1843 après une escale à Bahia au Brésil et une autre en Tasmanie. Après un séjour de plusieurs mois, il visita plusieurs ports de Nouvelle-Zélande, se rendit à Sydney, revint à Akaroa, et alla ensuite à Valparaiso, aux îles Marquises et à Tahiti. En 1845, il fit une tournée des missions catholiques de l'Océanie (Tonga,Wallis et la Nouvelle-Calédonie). De retour en France, Foley reprit ses études, devint médecin, adepte des idées de Saint-Simon et donna des cours de géographie à l'Association Polytechnique (sorte d'université populaire). Dans son ouvrage, issus de ses cours, il étudie le développement de l'humanité et la formation des races et des types individuel en prenant ses exemples parmi les populations d'Océanie qu'il a rencontré. Bon exemplaire. O'Reilly, Tahiti, 4416.

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRASANS (Hippolyte).

Mémoire pour le chef de brigade Magloire Pélage, et pour les habitans de la Guadeloupe, chargés, par cette colonie, de l'administration provisoire, après le départ du capitaine général Lacrosse, dans le mois de brumaire an 10.

Paris, Desenne, Petit, Le Norment, veuve Dufresne, 1803. 2 volumes in-8 de (2) ff., 326-xxxix-(1) pp. — viij-358-(2) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge, non rogné (reliure moderne).

Première édition. Mémoire juridique publié pour la défense de Magloire Pélage, un officier mulâtre qui, en 1801, destitua et expulsa le commandant Lacrosse, capitaine général de la Guadeloupe après que ce dernier ait tenté d'arrêter les officiers de couleurs auxquels il ne faisait pas confiance. Le second volume contient les pièces justificatives. Bon exemplaire. Restauration à une page de titre. Chadenat, 828. — Sabin, 25674.

GASTINE (Civique de).

Histoire de la république d'Haïti ou Saint-Domingue, l'esclavage et les colons.

Paris, Plancher, 1819. In-8 de viij-264 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne. Créole de La Martinique, l'auteur publia plusieurs ouvrages et pétitions pour l'abolition de l'esclavage. En 1821, il fut exilé et fut accueilli à Haïti par le président Boyer qui lui octroya une pension et une souscription publique qui lui donnait une propriété Aux Cayes, mais il mourrut quelques mois après son arrivée. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques rousseurs, petite mouillure en début de volume, et petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 5920. — Inconnu de Ryckebusch (qui cite d'autres titre de cet auteur). — Sabin, 96332.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUYS (Henri).

Voyage en Syrie. Peinture des mœurs musulmanes, chrétiennes et israélites.

Paris, Just Rouvier, 1855. In-8 de viij-412 pp. ; broché, couvertures imprimées.

Seconde édition de l'ouvrage paru en 1854 sous le titre "Un derviche algérien en Syrie". Issu d'une famille de diplomates ayant exercés au Levant, Henri Guys fut nommé consul à Beyrouth de 1823 à 1837, puis à Alep jusqu'en 1847. Retiré à Marseille, il se consacra à des travaux littéraires. Le présent ouvrage relate l'histoire d'un algérien fait prisonnier par les français après la conquête de l'Algérie. Libéré à la condition de ne plus revenir dans son pays natal, il choisit de s'exiler à Alep en Syrie. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Hage Chahine, 2069.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENNIQUE (Privat-Agathon).

Les caboteurs et pêcheurs de la côte de Tunisie. Pêche des éponges. Une page d'archéologie navale.

Paris, Gauthier-Villars et fils, 1888. In-8 de ix-(1 bl.)-83 pp.; percaline verte, dos lisse, décor noir et or au dos et sur les plats, titre en lettres dorées au dos et en noir sur le premier plat, tête rouge, non rogné (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 55 planches gravées sur Chine et montées à deux par planche, de 6 planches doubles et de 2 cartes doubles.. En 1881, le capitaine de frégate Hennique participa à la campagne de conquête de la Tunisie et découvrit «une marine qui nous était inconnue». Il se passionna pour cette flottille de caboteurs venus des tous les coins de la Méditerranée pêcher les éponges dans le golfe de Gabès. Il dessina les embarcations et interrogea les marins de ces navires surgis de la nuit des temps «qui vont bientôt disparaître». Dans un texte dense, il décrit ces navires traditionnels tunisiens, italiens, maltais et grecs, donnant les particularités de leurs constructions et de leurs gréements, ainsi que des techniques de pêche. Les pages vij à ix comportent des instructions de couleurs permettant "à ceux de MM. les lecteurs qui le désireront, de faire eux-même la coloration des planches". Bel exemplaire en reliure de l'éditeur. Polak, 4412.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JAHAM (Marie-Reine de).

Les Rituels du rhum et la Cuisine créole. 50 recettes de cuisine créole traditionnelle et leurs compères les rhums des Antilles. Manuscrit autographe avec dessins originaux de l'auteur.

[vers 1991]. In-4 (30 x 21 cm) de 96 pp. (ch. 1-49, 52-95, 23, et 3 non numér.); broché.

Manuscrit original de cet important ouvrage de gastronomie créole. Il est abondamment illustré d'aquarelles réalisées par l'auteur, chaque page comportant en général un ou deux dessins. Le texte présente plusieurs "fenêtres" car certains dessins ont été retirés par l'éditeur, le manuscrit devant servir de maquette à l'ouvrage définitif qui a été publié à Paris, aux éditions Montorgueil, en 1992 (in-4 de 95 pp.). Dans ce livre de recettes, Marie-Reine de Jaham met en scène une cuisinière créole traditionnelle nommée Da Eudèse, installée sur une ancienne habitation du Morne Calebasse, sur la route de l'Ajoupa-Bouillon, dans le nord de la Martinique. L'auteur décrit la cuisine, située à quelques pas de l'habitation, les fourneaux, les ustensiles, les buffets qui contiennent les denrées (sucre de canne, cacao, flacons de rhums parfumés), puis détaille la journée d'une cuisinière ainsi que la préparation des réceptions dans les grandes maisons. Vient ensuite un chapitre intitulé "L'armoire aux rhums". L'auteur évoque d'abord la culture de la canne à sucre, puis décrit les différents types de rhums (agricole ou de sucrerie) et énumère les principales usines, avec une mention particulière pour la distillerie Depaz, établie au pied de la Montagne Pelée, et qui produit un rhum dont l'extraordinaire arôme est dû à la terre volcanique où sont cultivées les cannes. La suite contient des conseils de dégustation ainsi que des indications sur la manière de servir le rhum et de le conserver. Puis Da Eudèse présente ses recettes, au nombre de 44 (sur 46, les pages 50-51 manquent), parmi lesquelles les acras de malanga, la soupe à congos, les crabes farcis, les petits gombos à la créole, le rougail de mangots verts, la morue boucanée, l'avocat au concombre, les palourdes farcies, la daube de chatou, le colombo, le migan de ti-nains, l'épaule de cabri à l'ail, les bananes jaunes en robes des prés, le blaff de poissons, les dombrés aux haricots rouges, le matété crabes, le poulet au rhum, le filet mignon avocat, la daube de cochon aux aubergines, les patates glacées, etc. Un autre chapitre contient 4 menus de fêtes (Pâques, Pentecôte, réveillon, baptême ou première communion). Le plan du manuscrit est le suivant : [Avant-propos, p. 3]. - La cuisine créole de Da Eudèse, son garde-manger, ses ustensiles, ses traditions (pp. 4 à 25). - L'armoire aux rhums (pp. 26 à 46). - Les recettes de Da Eudèse (pp. 47 à 83). - Le carnet d'adresses du vrai connaisseur (pp. 84 à 88). - Les menus de fête de Da Eudèse (pp. 89 à 91). - Le vocabulaire de Da Eudèse (pp. 92 à 94). Il s'achève par une table des matières (p. 95), suivie de la recette (imprimée) de la tarte ananas, de deux cartes manuscrites et aquarellées de la Martinique et de la Guadeloupe, et d'un feuillet de fin abîmé. Née à la Martinique, Marie-Reine de Jaham est l'auteur de plusieurs romans qui dressent une vaste fresque de la société antillaise du XVIIIe siècle à nos jours. En gastronomie, elle composa un ouvrage sur les desserts créoles (1992) ainsi qu'un second livre de recettes (2004). Elle fonda aussi deux associations ayant pour but la défense et le rayonnement de la culture créole. Par son œuvre et ses écrits, elle est considérée aujourd'hui comme l'un des meilleurs porte-parole de la société créole (source : biographie sur http://ordesiles.com).

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

KERGUELEN de TRÉMAREC (Yves-Joseph de).

Relation des combats et des événements de la guerre maritime de 1778 entre la France et l'Angleterre, mêlée de réflexions sur les manœuvres des généraux.

Paris, Imprimerie de Patris, 1796. In-8 de (1) f., 403 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Important ouvrage retraçant au jour le jour (du 17 juin 1778 au 20 juin 1783) les combats navals entre la France et l'Angleterre lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis. Pour le rédiger, Kerguelem s'est servi d'un grand nombre de documents des bureaux de la marine. Cette relation des combat est précédée d'une Adresse aux marins dans laquelle l'auteur fait part de réflexions sur l'armement de combat des navires (pages 5 à 26), et suivi d'un Précis des principaux évènemens de la guerre présente; des causes de la destruction de la marine française et des moyens de la rétablir. Bon exemplaire. Monglond, III, 637. — Polak, 4855. — Sabin, 37615.

KLAPROTH (Julius von).

Lettre à M. le baron A. de Humboldt, sur l'invention de la boussole.

Paris, Dondey-Dupré, 1834. In-8 de 138 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné en long (reliure de l'époque, dos remonté).

Première et seule édition ancienne. Ele est illustrée de 3 planches lithographiées dépliantes. À une interrogation d'Humboldt "sur l'époque où les Chinois ont connu la polarité de l'aimant, et en ont fait l'application à la boussole", l'auteur répond, à l'aide de nombreuses citations en arabe et en chinois, que les Chinois connaissaient l'aimant et sa polarité depuis l'antiquité, et que l'usage de l'aiguille aimantée fut connu en Europe au moment des croisades et par l'intermédiaire des Arabes. Curieuse petite note manuscrite dans la marge de la page 40, au sujet de l'auteur d'un texte cité dans l'ouvrage; elle est signée L.I. Duperrey et il pourrait s'agir de l'explorateur Louis-Isidore Duperrey. Bon exemplaire à grandes marges. Cordier, BS, 1458. — Polak, 4890.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA CHAPELLE (Henri de).

Voyage aux Pyrénées en 1889. Lourdes. Excursion à Luz, Saint-Sauveur, Gèdre et Gavarnie. Manuscrit signé (relié avec un autre manuscrit et deux textes imprimés).

Cherbourg, fin 1889. 4 parties en un volume in-8 (19,6 x 12 cm) de (1) f. manuscrit, 62 pp. imprimées, (27) pp. manuscrites, (1) f. manuscrit, (59) pp. manuscrites et 39 pp. imprimées; demi-chagrin bleu foncé, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

Relation d’un pèlerinage à Lourdes et d’une excursion dans les Pyrénées. La partie manuscrite, richement illustrée, comprend1 page de titre, 5 en-têtes et 20 lettrines enluminées, 30 dessins exécutés à la plume et à l’encre noire dans le texte, 3 dessins coloriés et 2 photographies dans le texte. Soigneusement calligraphiée, elle comprend également 10 partitions musicales accompagnées de cantiques. Après avoir quitté son «domicile rural» de Flamanville, l’auteur arrive à Cherbourg le 25 août 1889 au soir. Le lendemain matin, il monte dans l’un des six trains réservés par le diocèse de Coutances pour le pèlerinage de Lourdes. A cette occasion, il reçoit son insigne de pèlerin ainsi qu’un manuel contenant les prières, chapelets et cantiques du voyage. Le trajet s’effectue en traversant un grand nombre de villes, parmi lesquelles Angers, Saintes, Bordeaux et Tarbes. L’arrivée à Lourdes a lieu le 27 août à midi. Le voyageur est alors logé dans la même famille qui l’avait accueilli lors de son précédent pèlerinage en 1881. Il effectue une visite à la Grotte et prend de l’eau à la Source, avant de se préparer pour la procession du diocèse de Coutances. Celle-ci a lieu à 4 heures et les pèlerins se dirigent vers la Grotte où ils écoutent le sermon d’arrivée prononcé par Mgr Germain. Le lendemain matin, le voyageur assiste à la messe pontificale, puis il effectue une promenade entomologique dans les environs. Il retourne ensuite à la Grotte pour les vêpres, visite le lac de Lourdes et revient pour la procession du soir. Le 29 août, La Chapelle effectue une excursion à Gavarnie: le trajet s’effectue en train, par Boô-Silhem, Argelès-Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur et Gèdre. Il visite le Chaos de Gavarnie, «entassement de blocs énormes arrachés à la montagne», puis la Brèche de Roland, et aperçoit, au loin, la cascade, qui, «au lieu de présenter une chute d’eau rapide, ressemble à une fumée blanche descendant lentement». Parvenu au village, il prend un guide et un âne, passe par le Pont de neige et arrive au Cirque de Gavarnie qu’il contemple: «De retour au village de Gavarnie, j’ai pu constater par maints exemples que si les Pyrénées n’ont plus de brigands avec chapeaux à plumes et tromblons, on y trouve des loueurs de voiture qui les remplacent jusqu’à un certain point…». Le voyageur rentre à Lourdes dans la soirée, après être passé par Luz et Pierrefitte. Il termine son pèlerinage le 30 août (messe à l’église du Rosaire, sermon d’adieu à la Grotte) puis rentre à Cherbourg où il arrive le lendemain. Le 1er septembre, La Chapelle assiste à une séance de la Société d’horticulture avant de retourner à Flamanville le 2 septembre. Le 1er octobre, il est de retour à Cherbourg où il reçoit une caisse contenant des plantes des Pyrénées. Il précise aussi qu’il a été témoin de la guérison d’une de ses parentes, avec laquelle il avait fait le voyage: «Ma cousine Marie Macé souffrait depuis longtemps d’une maladie nerveuse qui s’attaquait surtout aux pieds, l’empêchait de marcher et lui faisait tomber les ongles. Elle a fait le voyage et suivi les exercices du pèlerinage sans fatigue, et depuis ce moment, les symptômes ont disparu. Cette guérison est connue de tous ses parents et amis, et doit être considérée comme surnaturelle…» (Notes supplémentaires). Les dessins représentent, pour la plupart, des églises situées sur l’itinéraire du pèlerinage, ainsi que des sites pittoresques des Pyrénées: Eglise de Boô-Silhem, donjon de Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur, Gèdre, Chaos de Gavarnie, Brèche de Roland, église de Gavarnie, cascade, Pont de neige, Cirque de Gavarnie, pont Napoléon à Luz, etc. Certains d’entre eux ont été copiés dans Les Pyrénées françaises de Sadoux. Les deux photographies, non signées, montrent le site de Lourdes, où l’on aperçoit l’église du Rosaire (achevée en 1889), elle-même surplombée par la basilique de l’Immaculée-Conception. Cette relation est précédée d’observations sur les pèlerinages des diocèses de Coutances et de Vannes effectués à Lourdes en 1883, avec les cantiques correspondants. Quant aux deux textes imprimés, ils contiennent le compte-rendu, par L.-M. Mustel, des pèlerinages du diocèse de Coutances à Lourdes en 1883 et 1889. Ancien commis principal des Douanes, Henri de La Chapelle était membre de la Société d’horticulture de Cherbourg. En 1884, il publia, dans le Bulletin de cette société, un article intitulé «Les jardins et les jardiniers de Cherbourg. Les serres de M. E. Liais» (15e année, 1883). Il publia aussi, en 1890-1891, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg, le récit de deux voyages qu’il avait effectués dans les îles anglo-normandes en 1884 et 1890. La présente relation semble inédite. Intéressant manuscrit, bien conservé et d’une présentation soignée.

LA COUDRAYE (François-Célestin de Loynes de).

Théorie des vents, pièce couronnée, en 1785, par l'Académie Royale des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon.

Fontenay, Ambroise Cochon de Chambonneau, 1786. In-8 de (2) ff., 97-(3) pp.; basane mouchetée, dos lisse orné, pièce de titre rouge, filets encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une figure gravée sur bois dans le texte et d'un planisphère gravé dépliant. Lieutenant de vaisseaux, l'auteur traite de la théorie des vents, des alizés, des vents variables, des mossons, et des vents thermiques. Cet ouvrage constitue une des premières études scientifiques des phénomènes atmosphériques dus à l'interaction de l'air et de l'eau. Bon exemplaire. Polak, 4992.

LA CROZE (Mathurin Veyssière de).

Histoire du christianisme d'Éthiopie, et d'Arménie.

La Haye, la veuve Le Vier, & Pierre Paupie, 1739. Petit in-8 de (7) ff., 402 pp.; veau fauve, dos à nerfs orné de symboles héraldiques, coupes fitetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un frontispice gravé, et d'une figure gravée sur cuivre dans le texte repésentant une pièce de monnaie. Mathurin Veyssière de La Croze (1661-1739), fut moine bénédictin à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Mais, en conflit avec son ordre, il se rendit à Berlin, se convertit au protestantisme et devint bibliothécaire de Frédéric II de Prusse. La Croze était l'un des hommes les plus érudits de son temps, il connaissait plusieurs langues orientales et rédigea le manuscrit d'un dictionnaire copte-latin. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Charles de Rohan, prince de Soubise (1715-1787), maréchal de France et ministre d'état (lot n° 7900 de la vente de son importante bibliothèque en 1788). Coiffes et coins usagés, mors fendus. Brunet, VI, 21567. — Gay, 2691. — OHR, 2034-6 & 7.

LA LOUBÈRE (Simon de).

Du royaume de Siam.

Paris, Veuve de Jean-Baptiste Coignard et Jean-baptiste Coignard fils, 1691. 2 volumes in-12 de (7) ff., 555-(4) pp. — (2) ff., 404-(4) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs ornés, tranches marbrées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Elle est illustrée de 2 vignettes en en-tête, et de 40 planches gravées dont 17 dépliantes (cartes, plans de villes, botanique, objet, costumes, habitations, musique, écriture, jeux...). En 1687, Simon de La Loubère fut envoyé en ambassade au Siam pour y établir des relations politiques et commerciales, et tenter d'obtenir la conversion du roi au christianisme. S'il ne réussit pas sur ce dernier point, il publia dès son retour un ouvrage fondamental sur le pays qu'il avait visité. Le premier volume contient une description géographique du pays avec ses ressources naturelles, une étude de la société siamoise avec des détails sur tous les aspects de la vie quotidienne: habitations, ameublement, spectacles, sciences et techniques, arts, religion... Le second volume réunit divers textes sur la religion, l'alphabet et la langue thaï, les systèmes astronomiques en usage à l'époque, le jeu des échecs chinois, les mathématiques et les carrés magiques dont il introduisit le terme dans la langue française. Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 102. — Brunet, III, 778. — Chadenat, 345. — Cioranescu, XVII° siècle, 39445. — Cordier, BI, 722.

LA MARCK (Eugène de Monet de).

Lettres d'un marin. Extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance intime. 1849-1867.

Evreux, Auguste Hérissey, 1871. In-8 de (2) ff., vij-(1 bl.)-611-1) pp.; demi-chagrin noir, dos à nerfs orné de caissons à froid, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un tirage photographique de l'auteur en frontispice. Officier de marine, l'auteur passa 3 ans, de 1852 à 1855, en Polynésie et principalement à Papeete. à son retour, il publia une carte de l'archipel des Tuamotu, puis il accompagna l'amiral Page, comme aide de camp, lors de la campagne de Cochinchine, de 1859 à 1861. Par la suite, il servit au Gabon avant de retourner en Cochinchine. Bel exemplaire enrichi d'un second portrait photographique de l'auteur, en pied et en uniforme daté de 1862, et d'une lettre autographe signée de l'épouse de l'auteur en ex-dono. O'Reilly, Tahiti, 1187. — Polak, 5235.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LA ROUVRAYE (Charles-Louis-Victor de).

Traité sur l'art des combats de mer.

Paris, Bachelier, 1815. In-4 de (3) ff., 86 pp.; cartonnage à la bradel de papier rouge, dos orné de filets, pièce de titre de maroquin noir, filet encadrant les plats, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, sur papier vélin, illustrée de 6 planches gravées dépliantes. L'auteur entra dans la marine en 1799. En 1805, il fut fait prisonnier par les Anglais dans un combat au large du cap de Bonne Espérance, et passa plusieurs années sur les pontons anglais avant d'être libéré en 1811. Promu lieutenant de vaisseau, il servit à Boulogne, Cherbourg, Brest, aux Antilles et participa à l'expédition d'Alger. Son Traité sur l'art des combats de mer est un ouvrage de référence sur l'histoire de la pensée navale française après les guerres de la Révolution et de l'Empire. Bon exemplaire. Polak, 5375.

LA VILLE (Jean-Ignace). — SMITH (William).

État présent de la Pensilvanie, où l'on trouve le détail de ce qui s'y est passé depuis la défaite du général Braddock jusqu'à la prise d'Oswego.

1756. In-12 de 128 pp.; broché, couverture de papier dominoté de l'époque, non rogné.

Première édition française, illustrée d'une carte gravée dépliante de la Pennsylvanie. Publié par Jean-Ignace de La Ville, l'ouvrage, après une courte description géographique de la Pennsylvanie, donne une traduction d'une partie de l'ouvrage de William Smith, publié à Londres en 1755, et intitulé A brief view of the conduct of Pennsylvania. Ce dernier est consacré à la défaite du général Braddock dans sa tentative de prise de la vallée de l'Ohio contre les Français et leurs alliés amérindiens. On trouve ensuite, le récit des évènements jusqu'à la fin du mois d'août 1756 pour la possession de la vallée de l'Ohio, qui reliait le Canada à la Louisiane et, de ce fait, bloquait l'expansion anglaise vers l'ouest. Bon exemplaire. Traces de pliures sur la couverture, dos passé avec de petits manques, quelques feuillets écornés. Chadenat, 1262. — Leclerc, I, 518. — Sabin, 19370. — Streeter, 960.

LABAT (Léon).

L'Égypte ancienne et moderne.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1840. In-8 de (2) ff., 252 pp.; demi-veau fauve, dos à nerfs orné, couvertures jaunes conservées et restaurées, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustrée du portrait lithographié de Méhémet Ali. Tiré à part de deux articles publiés dans la revue du XIXe siècle ; le premier, du 5 janvier 1840, sur l'Égypte ancienne et moderne, retrace l'histoire de ce pays de l'antiquité à l'expédition d'Égypte, et le second, du 7 juin 1840, est intitulé L'Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Ali. L'auteur fut chirurgien du sultan d'Égypte Méhémet Ali, avant de devenir le premier médecin du shah de Perse. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture au comte de Nadaillac. Il s'agit probablement de Sigismond du Pouget de Nadaillac (1787-1837), général et député de la Haute-Vienne. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Gay, 2088. — Ibrahim-Hilmy, I, 351. — Maunier, 88.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAURENT — PERROT.

Les femmes de l'Asie, ou description de leurs physionomies, mœurs et costumes.

Paris, Le Fuel, vers 1830. In-16 de xvj-143-(1) pp.; maroquin rouge, dos lisse orné, pièce de titre de veau marine, roulette encadrant les plats, Coupes et chasses ornées, tranches dorées, non rogné (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un titre-frontispice, et de 15 figures gravées finement aquarellées à l'époque, certaines rehaussées d'or. On trouve ainsi représenté des costumes des pays tels que l'Inde, la Chine, le Japon, la Perse, la Turquie, la Géorgie ou encore l'Arménie. Bon exemplaire, à toutes marges. Colas, 1792.

LAVALLÉE (Joseph).

Le Nègre comme il y a peu de Blancs.

Paris, Bossange, Masson et Besson, an III [1795]. 3 tomes reliés en un volume in-24 de 184-183-171 pp.; demi-maroquin bleu à petits coins, dos lisse orné de filets, tranches marbrées (reliure de l'époque).

édition illustrée de 2 frontispices gravés (sur 3, il manque malheureusement celui du tome 1). Ouvrage le plus connu de son auteur, un écrivain qui a beaucoup publié, et dans lequel il prend clairement parti contre l'esclavage qui fut aboli en 1794 mais ne l'était pas en 1789 au moment de la première publication de ce roman abolitionniste. On y trouve de nombreuses et précieuses notices sur l'esclavage. Bel exemplaire. Monglond, I, 603 (pour l'édition originale). — Ryckebusch, 4755 (édition de la même année mais evac une collation différente). — Sabin, 39281 (pour l'édition originale).

LAWRENCE (Stringer).

Mémoires du colonel Lawrence, contenant l'histoire de la guerre dans l'Inde, entre les Anglois & les François, sur la côte de Coromandel, depuis 1750 jusqu'en 1761. Avec une relation de ce qui s'est passé de remarquable sur la côte de Malabar, & des expééditions à Golconde & à Surate.

Paris, Boudet, Desaint, 1766. 2 volumes in-12 de de lxiij--466 pp. & (1) f., 388 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titres et de tomaison de maroquin rouge et brun, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Marc-Antoine Eidous, et illustrée d'une carte gravée dépliante rehaussée à l'aquarelle, représentant le Théâtre de la guerre sur la côte de Coromandel. Rédigée par Richard Owen Cambridge d'après les papiers du major-général Stringer Lawrence, l'ouvrage retrace l'affrontement qui opposa, entre 1730 et 1761, les Anglais et Français pour la conquête de l'Inde. Avec, à la fin du premier volume : Journal du siège du fort Saint-George, depuis le 12 de décembre 1758, jusqu'au 17 de février 1759, par Jean Call, ingénieur en chef. Très bel exemplaire.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LEMONNIER-DELAFOSSE (Jean-Baptiste).

Seconde campagne de Saint-Domingue, du 1er décembre 1803 au 15 juillet 1809. Précédée de souvenirs historique & succints de la première campagne. Expédition du général Leclerc, du 14 décembre 1801 au 1er décembre 1803.

Le Havre, H. Brindeau, 1846. In-8 de (1) f., viij-304 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition, non mise dans le commerce. Elle est illustrée de 5 plans dépliants (4 plans de batailles et un grand plan de la ville de Santo-Domingo). Officier de l'armée de Saint-Domingue sous le commandement du général Leclerc, l'auteur fit partie des quelques soldats qui se rassemblèrent autour du général Ferrand et résistèrent encore six années dans la partie espagnole de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6582. — Sabin, 40011.

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LONGCHAMPS (Pierre Charpentier de).

Histoire impartiale des évènemens militaires et politiques de la dernière guerre, dans les quatre parties du monde.

Paris, Veuve Duchesne, 1785. 3 volumes in-12 de 558-(1) pp. - 523 pp. & (1) f., 620 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. La dernière guerre dont il est question est celle de l'Indépendance des états-Unis dont l'auteur donne une description chronologique jusqu'au traité de Paris de 1783. Outre les évènements se déroulant sur le sol américain, l'auteur décrit également les combats qui se déroulèrent aux Antilles, en Inde et à Gibraltar où la France avait attaqué les Anglais, les forçant à disperser leurs forces. Bel exemplaire. Déchiures sans manques pages 137 à 140 du tome 2. Sabin, 41905.

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MACKENZIE (Alexander).

Tableau historique et politique du commerce des pelleteries dans le Canada, depuis 1608 jusqu'à nos jours.

Paris, Dentu, 1807. In-8 de (2) ff., 310-(1) pp.; cartonnage de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit en français par Jean-Henri Castera, et illustré d'un portrait gravé de l'auteur en frontispice. Travaillant pour la compagnie du Nord-Ouest (une maison de commerce des fourrures), Alexander Mackenzie entreprit pour cette dernière l'exploration des régions boréales du Canada. Le récit de ses voyages fut publié en France en 1802 en trois volumes. Notre ouvrage est un tiré à part de la plus grande partie du tome 1 et contient, outre le traité sur le commerce des fourrures, des détails sur les Indiens Knisteneaux, un vocabulaire de la langue algonquine, une note et un vocabulaire des Chipiouyans (Chipewyan). Bel exemplaire. Leclerc, I, 920. — Sabin, 43917.

MAGON de CLOS-DORÉ.

Souvenirs d'un voyageur en Asie, depuis1802 jusqu'en 1815 inclusivement.

Paris, Nepveu, 1822. In-8 de 198 pp.; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Issu d'une famille d'amateurs de Saint-Malo, l'auteur se présente ainsi dans sa préface: "Ma première jeunesse s'écoula sous un ciel étranger; et lorsque je rentrai dans ma patrie, ce fut pour devenir acteur dans ces tristes combats livrés par George Cadoudal, dans les landes du Morbihan. La paix faite, je ne sais quel destin me conduisit à l'île de France et de là en Asie". Ses souvenirs sont en fait une succession d'exposés ou d'anecdotes sur la compagnie des Indes, les routes possibles pour rentrer en Europe, un portrait du sultan de Mysore Tipû Sahib, les Cipayes, les animaux (chevaux, éléphants, serpents, buffles, chiens sauvages), le sacrifice des femmes brahmanes, l'exposition des nouveau-nés, les Bayadères, son naufrage aux Seychelles, les religions et les populations des Indes... Le dernier chapitre est une description de l'île Sainte-Hélène, où mourut Napoléon. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 545. — Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, II, 981.

MAHER (Charles-Adolphe).

Relation médicale de deux épidémies de fièvre jaune à bord de la frégate l'Herminie, en 1837 et 1838, à La Havanne et à Vera-Cruz.

Paris, Félix Locquin, 1839. In-8 de xv-(1 bl.)-352 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Ouvrage rédigé par le chirurgien-major de l'Herminie. Cette frégate de 60 canons fut envoyée au Mexique participer au blocus de Vera-Cruz, dans le cadre de la guerre dite des pâtisseries, et à l'ocasion de laquelle la France réclamait le paiement d'indemnités pour le pillage de biens de Français. Le navire connut un épisode de fièvre jaune à son arrivée à La Havane, puis un autre à Véra-Cruz, sans compter le scorbut qui toucha une bonne partie de l'équipage. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "au camarade Réjan". Marge froissée page 338.

MAHÉ de LA BOURDONNAIS (A.).

Voyage en Basse-Bretagne chez les "Bigouden" de Pont-l'Abbé.

Paris, Henri Jouve, 1892. In-8 de 367 pp.; broché, couverture verte imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée de 6 planches. Curieux ouvrage divisé en trois parties. Dans la première, l'auteur traite des Celtes de Bretagne, dans le deuxième il décrit les principaux peuples du nord et de centre de l'Asie ainsi que les Lapons, et dans la troisième, il cherche à démontrer "les fortes connexions entre les peuples himalayens et ceux d'origine mongolique avec […] les races gaëliques et celtiques et en particulier avec le petit peuple des Bigouden". Bon exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur à Pierre Garnier. Dos passé.

MALCOLM (major-général sir John).

Histoire de la Perse, depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque actuelle; suivi d'observations sur la religion, le gouvernement, les usages, et les mœurs des habitans de cette contrée.

Paris, Pillet ainé, 1821. 4 volumes in-8 de (2) ff., xxxvj-467 pp. — (2) ff., 479 pp. — (2) ff., 466 pp. — (2) ff., 485-(1 bl.)-(1) pp.; veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l’époque).

Première édition française, traduite par Pierre-Vincent Benoist, et continuée de 1814 à 1820 par Louis-Matthieu Langlès. Elle est illustrée du portrait du roi de Perse, d’une grande carte gravée dépliante, et de 7 planches gravées (et non 6 comme indiqué au titre). Cadet d’une nombreuse famille, John Malcolm s’engagea très jeune comme élève officier au service de la Compagnie des Indes et apprit les langues et les coutumes locales. Il participa à de nombreuses campagnes militaires et missions diplomatiques, dont plusieurs en Perse : de 1799 à 1801 pour y conclure un traité politique et un traité commercial, et en 1808 pour tenter d’y contrer l’influence de Napoléon à qui l’on prêtait l’intention d’envahir l’Inde avec l’appui de la Perse et de la Turquie. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur les faux titres«Y. de La Monneraye». Petite déchirure sans manque à la carte. Brunet, III, 1333. — Chadenat, 990. — Quérard, V, 460.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MALÉZIEUX (Émile).

Travaux publics des États-Unis d'Amérique en 1870. Rapport de mission.

Paris, Dunod, 1875. 2 volumes de texte in-4 de (2) ff., 572 pp. — (2) ff., 3 pp., et un atlas in-4; demi-chagrin brun, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, accompagné d'un atlas composé d'une carte dépliante et de 60 planches gravées sur double page (dont 4 dépliantes) représentant des ponts, chemins de fer, canaux, ports, et machines diverses de travaux publics. Rapport d'une mission scientifique de professeurs de l'école des Ponts et Chaussées envoyée aux États-Unis pour y étudier les grands travaux qui y furent réalisés. La mission dura trois mois, de juillet à octobre 1870, et elle effectua trois voyages depuis New-York : l'un vers le sud (Philadelphie, la Virginie et Washington), l'autre vers le nord (l'Hudson, les grands lacs, Montréal) et le troisième les mena, par le chemin de fer du Pacifique, à San-Francisco et en Califormie. Bon exemplaire provenant de la collection de Maurice Aubry (1820-1896), homme politique et journaliste français. Rousseurs dans le volume de texte. Howes, M239.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.