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DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPUCH (Élie-Louis).

Précis historique des troubles survenus à la Guadeloupe depuis l'arrivée des commissaires du roi à la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 47 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Rare brochure décrivant les événements survenus à la Guadeloupe au début de la Révolution. Élie-Louis Dupuch fut notaire à Basse-Terre de 1781 à 1790, date à laquelle il fut envoyé à Paris par la commune de Basse-Terre pour y rendre compte des troubles survenus dans l'île. Dans son compte-rendu, il prit parti contre le gouverneur et contre les décisions de l'Assemblée Coloniale. Bon exemplaire. Certains feuillets courts de marge sans atteinte au texte, petite mouillure marginale aux derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ENGEL (Samuel).

Extraits raisonnés des voyages faits dans les parties septentrionales de l'Asie et de l'Amérique, ou nouvelles preuves de la possibilité d'un passage aux Indes par le nord.

Lausanne, Jules Henri Pott, 1779. In-4 de (5) ff., pp.ix-xxiv, 268 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Première édition, avec un nouveau titre, de l'ouvrage publiée en 1765 chez Antoine Chapuis à Lausanne, sous le titre Mémoires et observations géographiques et critiques sur la situation des pays septentrionaux de l'Asie et de l'Amérique. Elle est illustrée de 2 cartes gravées dépliantes: Carte de la partie Septentrionale et Occidentale de l'Amérique, et Carte de la partie Septentrionale et Orientale de l'Asie. Samuel Hengel était un savant bibliothécaire et géographe suisse. Dans son ouvrage, en se basant sur les dernières relations de voyages à sa disposition, il y traite de la question du passage par le nord de l'Amérique et de la Russie qu'il pensait possible, en se fondant sur l'hypothèse, fausse, hélas pour lui, que l'eau de mer ne gelait pas. Il y affirme aussi que la Californie n'est pas une île comme certains le pensaient alors. Bon exemplaire. Howes, E149. — Lada-Mocarski, 18. — Sabin, 22569, 22571.

ENGELHARDT (Edward).

La Turquie et le tanzimat ou histoire des réformes dans l'empire ottoman depuis 826 jusqu'à nos jours.

Paris, A. Cotillon et Cie, 1882-1884. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., 283 pp., (2) ff., 331 pp. ; demi-percaline verte à la bradel, pièce de titre, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition. Le terme turc tanzimat ("réorganisation") désigne les réformes engagées par l'Empire Ottoman pour moderniser son administration civile et militaire, et tenter de combattre son déclin. Bon exemplaire.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

FLANDIN (Eugène).

Voyage en Perse pendant les années 1840 et 1841.

Paris, Gide et Jules Baudry, 1851. 2 volumes in-8 de (2) ff., 511 pp. — (2) ff., 536 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons à froid (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante entoilée représentant l'itinéraire de la mission. Elève d'Horace Vernet, le peintre Eugène Flandin et l'architecte et archéologue Pascal Coste furent envoyés en mission en Perse par l'Institut pour y inventorier les monuments anciens et modernes. De retour en France, ils publièrent, en 6 volumes in-folio dont 5 de planches le résultat de leurs travaux. Dans le même temps, Eugène Flandin écrivit et publia le récit de leur voyage à travers la Perse. Bel exemplaire, à grandes marges. Rousseurs claires au tome 1 et à quelques cahiers du tome 2. Brunet, II, 1281. — Wilson, p.72.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRASANS (Hippolyte).

Mémoire pour le chef de brigade Magloire Pélage, et pour les habitans de la Guadeloupe, chargés, par cette colonie, de l'administration provisoire, après le départ du capitaine général Lacrosse, dans le mois de brumaire an 10.

Paris, Desenne, Petit, Le Norment, veuve Dufresne, 1803. 2 volumes in-8 de (2) ff., 326-xxxix-(1) pp. — viij-358-(2) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge, non rogné (reliure moderne).

Première édition. Mémoire juridique publié pour la défense de Magloire Pélage, un officier mulâtre qui, en 1801, destitua et expulsa le commandant Lacrosse, capitaine général de la Guadeloupe après que ce dernier ait tenté d'arrêter les officiers de couleurs auxquels il ne faisait pas confiance. Le second volume contient les pièces justificatives. Bon exemplaire. Restauration à une page de titre. Chadenat, 828. — Sabin, 25674.

GARRISON (William Lloyd).

Thoughts on african colonization; or an impartial exhibition of the doctrines, principes and purposes of the American colonization society. Together with the resolution, adresses and remonstrances of the free people of color.

Boston, Garrison and Knapp, 1832. In-8 de iv-160-76 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation).

Première édition. Imprimeur et journaliste, William Lloyd Garrison mena toute sa vie le combat contre l'esclavage et fut, dès 1830, un membre important du mouvement abolitionniste américain. En 1831, il fonda la New-England Anti-Slavery Society et publia un journal The Liberator, puis, en 1833, il fonda, avec Arthur Tappan, l'American Anti-Slavery Society. Au printemps de 1832, Garrison publia le présent ouvrage, dans lequel il démontre, en citant des documents officiels, que l'American Colonization Society n'agissait que dans l'intérêt de l'esclavage. L'American Colonization Society était une société philantropique américaine fondée en 1816. Son intention était d'aider les esclaves américains victimes de la traite transatlantique à revenir sur leur continent d'origine. Elle acheta en 1821 des terres à l'embouchure du fleuve Saint Paul, qui devint par la suite le Liberia. La Société contrôla étroitement ce pays jusqu'en 1847 année de son indépendance. Bel exemplaire. Sabin 26708.

GASTINE (Civique de).

Histoire de la république d'Haïti ou Saint-Domingue, l'esclavage et les colons.

Paris, Plancher, 1819. In-8 de viij-264 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne. Créole de La Martinique, l'auteur publia plusieurs ouvrages et pétitions pour l'abolition de l'esclavage. En 1821, il fut exilé et fut accueilli à Haïti par le président Boyer qui lui octroya une pension et une souscription publique qui lui donnait une propriété Aux Cayes, mais il mourrut quelques mois après son arrivée. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques rousseurs, petite mouillure en début de volume, et petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 5920. — Inconnu de Ryckebusch (qui cite d'autres titre de cet auteur). — Sabin, 96332.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENNIQUE (Privat-Agathon).

Les caboteurs et pêcheurs de la côte de Tunisie. Pêche des éponges. Une page d'archéologie navale.

Paris, Gauthier-Villars et fils, 1888. In-8 de ix-(1 bl.)-83 pp.; percaline verte, dos lisse, décor noir et or au dos et sur les plats, titre en lettres dorées au dos et en noir sur le premier plat, tête rouge, non rogné (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 55 planches gravées sur Chine et montées à deux par planche, de 6 planches doubles et de 2 cartes doubles.. En 1881, le capitaine de frégate Hennique participa à la campagne de conquête de la Tunisie et découvrit «une marine qui nous était inconnue». Il se passionna pour cette flottille de caboteurs venus des tous les coins de la Méditerranée pêcher les éponges dans le golfe de Gabès. Il dessina les embarcations et interrogea les marins de ces navires surgis de la nuit des temps «qui vont bientôt disparaître». Dans un texte dense, il décrit ces navires traditionnels tunisiens, italiens, maltais et grecs, donnant les particularités de leurs constructions et de leurs gréements, ainsi que des techniques de pêche. Les pages vij à ix comportent des instructions de couleurs permettant "à ceux de MM. les lecteurs qui le désireront, de faire eux-même la coloration des planches". Bel exemplaire en reliure de l'éditeur. Polak, 4412.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JAHAM (Marie-Reine de).

Les Rituels du rhum et la Cuisine créole. 50 recettes de cuisine créole traditionnelle et leurs compères les rhums des Antilles. Manuscrit autographe avec dessins originaux de l'auteur.

[vers 1991]. In-4 (30 x 21 cm) de 96 pp. (ch. 1-49, 52-95, 23, et 3 non numér.); broché.

Manuscrit original de cet important ouvrage de gastronomie créole. Il est abondamment illustré d'aquarelles réalisées par l'auteur, chaque page comportant en général un ou deux dessins. Le texte présente plusieurs "fenêtres" car certains dessins ont été retirés par l'éditeur, le manuscrit devant servir de maquette à l'ouvrage définitif qui a été publié à Paris, aux éditions Montorgueil, en 1992 (in-4 de 95 pp.). Dans ce livre de recettes, Marie-Reine de Jaham met en scène une cuisinière créole traditionnelle nommée Da Eudèse, installée sur une ancienne habitation du Morne Calebasse, sur la route de l'Ajoupa-Bouillon, dans le nord de la Martinique. L'auteur décrit la cuisine, située à quelques pas de l'habitation, les fourneaux, les ustensiles, les buffets qui contiennent les denrées (sucre de canne, cacao, flacons de rhums parfumés), puis détaille la journée d'une cuisinière ainsi que la préparation des réceptions dans les grandes maisons. Vient ensuite un chapitre intitulé "L'armoire aux rhums". L'auteur évoque d'abord la culture de la canne à sucre, puis décrit les différents types de rhums (agricole ou de sucrerie) et énumère les principales usines, avec une mention particulière pour la distillerie Depaz, établie au pied de la Montagne Pelée, et qui produit un rhum dont l'extraordinaire arôme est dû à la terre volcanique où sont cultivées les cannes. La suite contient des conseils de dégustation ainsi que des indications sur la manière de servir le rhum et de le conserver. Puis Da Eudèse présente ses recettes, au nombre de 44 (sur 46, les pages 50-51 manquent), parmi lesquelles les acras de malanga, la soupe à congos, les crabes farcis, les petits gombos à la créole, le rougail de mangots verts, la morue boucanée, l'avocat au concombre, les palourdes farcies, la daube de chatou, le colombo, le migan de ti-nains, l'épaule de cabri à l'ail, les bananes jaunes en robes des prés, le blaff de poissons, les dombrés aux haricots rouges, le matété crabes, le poulet au rhum, le filet mignon avocat, la daube de cochon aux aubergines, les patates glacées, etc. Un autre chapitre contient 4 menus de fêtes (Pâques, Pentecôte, réveillon, baptême ou première communion). Le plan du manuscrit est le suivant : [Avant-propos, p. 3]. - La cuisine créole de Da Eudèse, son garde-manger, ses ustensiles, ses traditions (pp. 4 à 25). - L'armoire aux rhums (pp. 26 à 46). - Les recettes de Da Eudèse (pp. 47 à 83). - Le carnet d'adresses du vrai connaisseur (pp. 84 à 88). - Les menus de fête de Da Eudèse (pp. 89 à 91). - Le vocabulaire de Da Eudèse (pp. 92 à 94). Il s'achève par une table des matières (p. 95), suivie de la recette (imprimée) de la tarte ananas, de deux cartes manuscrites et aquarellées de la Martinique et de la Guadeloupe, et d'un feuillet de fin abîmé. Née à la Martinique, Marie-Reine de Jaham est l'auteur de plusieurs romans qui dressent une vaste fresque de la société antillaise du XVIIIe siècle à nos jours. En gastronomie, elle composa un ouvrage sur les desserts créoles (1992) ainsi qu'un second livre de recettes (2004). Elle fonda aussi deux associations ayant pour but la défense et le rayonnement de la culture créole. Par son œuvre et ses écrits, elle est considérée aujourd'hui comme l'un des meilleurs porte-parole de la société créole (source : biographie sur http://ordesiles.com).

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOMARD (Edme-François).

Coup d'oeil sur l'île Formose à l'occasion d'une carte chinoise de cette île apportée par M. de Montigny.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 43-(1) pp.; broché, couverture muette de l'époque.

Rare tiré à part d'un article publié en décembre 1858 dans le Bulletin de la société de géographie. Il est illustré d'une carte dépliante en couleurs ayant pour titre: Carte complète orographique et hydrographique de Formose, traduite du chinois par Léon de Rosny, 1856. Cette carte chinoise fut rapportée en France par Charles de Montigny, consul de France à Shanghai de 1848 à 1853. Ingénieur-géographe et archéologue, Jomard fut membre de l'expédition française en égypte de 1798. En 1818, il fut élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et fut cofondateur en 1821 de la Société de géographie. En 1828, il créa le département des cartes et plans de la Bibliothèque Royale, dont il devint le conservateur administrateur en 1838. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à M. de Montigny sur la couverture. Cordier, BS, 262.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA LOUBÈRE (Simon de).

Du royaume de Siam.

Paris, Veuve de Jean-Baptiste Coignard et Jean-baptiste Coignard fils, 1691. 2 volumes in-12 de (7) ff., 555-(4) pp. — (2) ff., 404-(4) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs ornés, tranches marbrées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Elle est illustrée de 2 vignettes en en-tête, et de 40 planches gravées dont 17 dépliantes (cartes, plans de villes, botanique, objet, costumes, habitations, musique, écriture, jeux...). En 1687, Simon de La Loubère fut envoyé en ambassade au Siam pour y établir des relations politiques et commerciales, et tenter d'obtenir la conversion du roi au christianisme. S'il ne réussit pas sur ce dernier point, il publia dès son retour un ouvrage fondamental sur le pays qu'il avait visité. Le premier volume contient une description géographique du pays avec ses ressources naturelles, une étude de la société siamoise avec des détails sur tous les aspects de la vie quotidienne: habitations, ameublement, spectacles, sciences et techniques, arts, religion... Le second volume réunit divers textes sur la religion, l'alphabet et la langue thaï, les systèmes astronomiques en usage à l'époque, le jeu des échecs chinois, les mathématiques et les carrés magiques dont il introduisit le terme dans la langue française. Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 102. — Brunet, III, 778. — Chadenat, 345. — Cioranescu, XVII° siècle, 39445. — Cordier, BI, 722.

LA MARCK (Eugène de Monet de).

Lettres d'un marin. Extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance intime. 1849-1867.

Evreux, Auguste Hérissey, 1871. In-8 de (2) ff., vij-(1 bl.)-611-1) pp.; demi-chagrin noir, dos à nerfs orné de caissons à froid, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un tirage photographique de l'auteur en frontispice. Officier de marine, l'auteur passa 3 ans, de 1852 à 1855, en Polynésie et principalement à Papeete. à son retour, il publia une carte de l'archipel des Tuamotu, puis il accompagna l'amiral Page, comme aide de camp, lors de la campagne de Cochinchine, de 1859 à 1861. Par la suite, il servit au Gabon avant de retourner en Cochinchine. Bel exemplaire enrichi d'un second portrait photographique de l'auteur, en pied et en uniforme daté de 1862, et d'une lettre autographe signée de l'épouse de l'auteur en ex-dono. O'Reilly, Tahiti, 1187. — Polak, 5235.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François-Alexandre-Frédéric, duc de).

Opinion sur la question des colonies.

Paris, imprimerie du Pont, 1791. In-8 de 26 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

L'auteur s'opposa à l'utilisation de la force pour faire appliquer le décret du 15 mai 1791 car cela pourrait causer la perte des colonies pour la France. En effet, les colons refusaient d'appliquer ce décret, qui accordait le droit de citoyen actif à tous les gens de couleurs nés de parents libres. Bel exemplaire. Ryckebusch, 4717. — Sabin, 39052.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LA VILLE (Jean-Ignace). — SMITH (William).

État présent de la Pensilvanie, où l'on trouve le détail de ce qui s'y est passé depuis la défaite du général Braddock jusqu'à la prise d'Oswego.

1756. In-12 de 128 pp.; broché, couverture de papier dominoté de l'époque, non rogné.

Première édition française, illustrée d'une carte gravée dépliante de la Pennsylvanie. Publié par Jean-Ignace de La Ville, l'ouvrage, après une courte description géographique de la Pennsylvanie, donne une traduction d'une partie de l'ouvrage de William Smith, publié à Londres en 1755, et intitulé A brief view of the conduct of Pennsylvania. Ce dernier est consacré à la défaite du général Braddock dans sa tentative de prise de la vallée de l'Ohio contre les Français et leurs alliés amérindiens. On trouve ensuite, le récit des évènements jusqu'à la fin du mois d'août 1756 pour la possession de la vallée de l'Ohio, qui reliait le Canada à la Louisiane et, de ce fait, bloquait l'expansion anglaise vers l'ouest. Bon exemplaire. Traces de pliures sur la couverture, dos passé avec de petits manques, quelques feuillets écornés. Chadenat, 1262. — Leclerc, I, 518. — Sabin, 19370. — Streeter, 960.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE BRASSEUR (Joseph-Alexandre).

De l'Inde, ou réflexions sur les moyens que doit employer la France relativement à ses possession en Asie.

Paris, Didot l'aîné, 1790. mal chiffré1810 In-8 de (2) ff., iv-140 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Inde. Le Brasseur fit toute sa carrière dans l'administration de la marine où il fut commissaire général de la marine puis des colonies, commissaire ordonnateur à Gorée, intendant de Saint-Domingue, puis intendant général des fonds de la marine et des colonies. Dans cet ouvrage sur les possessions françaises en Inde, il montre qu'une reconquête militaire de l'Inde (après les perte de la guerre de Sept Ans) est inutile, qu'il vaut mieux s'en assurer les débouché économiques et qu'il faut concentrer les efforts sur Maurice qui fait l'objet de la convoitise des Anglais. Bel exemplaire.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LEMONNIER-DELAFOSSE (Jean-Baptiste).

Seconde campagne de Saint-Domingue, du 1er décembre 1803 au 15 juillet 1809. Précédée de souvenirs historique & succints de la première campagne. Expédition du général Leclerc, du 14 décembre 1801 au 1er décembre 1803.

Le Havre, H. Brindeau, 1846. In-8 de (1) f., viij-304 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition, non mise dans le commerce. Elle est illustrée de 5 plans dépliants (4 plans de batailles et un grand plan de la ville de Santo-Domingo). Officier de l'armée de Saint-Domingue sous le commandement du général Leclerc, l'auteur fit partie des quelques soldats qui se rassemblèrent autour du général Ferrand et résistèrent encore six années dans la partie espagnole de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6582. — Sabin, 40011.

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MAHER (Charles-Adolphe).

Relation médicale de deux épidémies de fièvre jaune à bord de la frégate l'Herminie, en 1837 et 1838, à La Havanne et à Vera-Cruz.

Paris, Félix Locquin, 1839. In-8 de xv-(1 bl.)-352 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Ouvrage rédigé par le chirurgien-major de l'Herminie. Cette frégate de 60 canons fut envoyée au Mexique participer au blocus de Vera-Cruz, dans le cadre de la guerre dite des pâtisseries, et à l'ocasion de laquelle la France réclamait le paiement d'indemnités pour le pillage de biens de Français. Le navire connut un épisode de fièvre jaune à son arrivée à La Havane, puis un autre à Véra-Cruz, sans compter le scorbut qui toucha une bonne partie de l'équipage. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "au camarade Réjan". Marge froissée page 338.

MAHÉ de LA BOURDONNAIS (A.).

Voyage en Basse-Bretagne chez les "Bigouden" de Pont-l'Abbé.

Paris, Henri Jouve, 1892. In-8 de 367 pp.; broché, couverture verte imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée de 6 planches. Curieux ouvrage divisé en trois parties. Dans la première, l'auteur traite des Celtes de Bretagne, dans le deuxième il décrit les principaux peuples du nord et de centre de l'Asie ainsi que les Lapons, et dans la troisième, il cherche à démontrer "les fortes connexions entre les peuples himalayens et ceux d'origine mongolique avec […] les races gaëliques et celtiques et en particulier avec le petit peuple des Bigouden". Bon exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur à Pierre Garnier. Dos passé.

MAIRAN (Jean-Jacques Dortous de).

Lettres au R. P. Parrenin, jésuite missionnaire à Pékin; contenant diverses questions sur la Chine.

Paris, Imprimerie Royale, 1770. In-8 de (1) f., xj-(1 bl.)-368-(1 bl.)-(1) pp.; demi-cuir de Russie rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée d'une planche et de 5 figures gravées dans le texte. Membre de l'Académie des Sciences, Mairan écrivit plusieurs lettres, entre 1728 et 1736, au père Dominique Parrenin missionnaire en Chine. Elles traitaient principalement de plusieurs questions qui le préoccupaient dont l'origine supposée égyptienne de la civilisation chinoise. On y trouve également des renseignemenst sur la chronologie et l'astronomie chinoise ainsi que des réflexions sur l'architecture et les loix. Cette deuxième édition est augmentée de cinq opuscules, extraits des publications de l'Académie des Sciences ou du Journal des Savants: L'origine de la fable de l'Olympe (qui serait une aurore boréale); La balance des peintres de M. Piles; Les monstres; L'horoscope d'Auguste d'après une pierre antique gravées; La roue d'Aristote. Bel exemplaire. Cachet d'un collège hollandais sur le titre et les gardes. Petite mouillure en début de volume. Cordier, BS, 57.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MALÉZIEUX (Émile).

Travaux publics des États-Unis d'Amérique en 1870. Rapport de mission.

Paris, Dunod, 1875. 2 volumes de texte in-4 de (2) ff., 572 pp. — (2) ff., 3 pp., et un atlas in-4; demi-chagrin brun, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, accompagné d'un atlas composé d'une carte dépliante et de 60 planches gravées sur double page (dont 4 dépliantes) représentant des ponts, chemins de fer, canaux, ports, et machines diverses de travaux publics. Rapport d'une mission scientifique de professeurs de l'école des Ponts et Chaussées envoyée aux États-Unis pour y étudier les grands travaux qui y furent réalisés. La mission dura trois mois, de juillet à octobre 1870, et elle effectua trois voyages depuis New-York : l'un vers le sud (Philadelphie, la Virginie et Washington), l'autre vers le nord (l'Hudson, les grands lacs, Montréal) et le troisième les mena, par le chemin de fer du Pacifique, à San-Francisco et en Califormie. Bon exemplaire provenant de la collection de Maurice Aubry (1820-1896), homme politique et journaliste français. Rousseurs dans le volume de texte. Howes, M239.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTIN-MAGRON — BEAUREGARD.

Le docteur Ernest Godard. Son éloge par M. le Dr Martin-Magron. Sa collection archéologique (simples observations) par Olivier Beauregard.

Publié par les soins de sa famille et de ses amis, 1863. In-8 de 112 pp.; demi-chagrin marron, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un portrait et d'un fac-similé d'écriture d'Ernest Godard. Docteur en médecine et ancien interne des hôpitaux de Paris, Jean Ernest Godard fut l'un des membres fondateurs, en 1859, de la Société d'anthropologie de Paris. Il fut aussi membre de la Société de biologie et de la Société anatomique. Il est connu pour ses recherches sur la tératologie des organes sexuels et l'hermaphrodisme, et aussi pour son voyage scientifique en Egypte, où il fut envoyé en mission en 1861. Lors de ce voyage, il recueillit un grand nombre d'observations anthropologiques, archéologiques et pathologiques. A la suite de fatigues auxquelles il s'était exposé pour aller étudier et soigner les lépreux en Palestine, il contracta à Jérusalem les symptômes d'une hépatite et mourut à Jaffa en septembre 1862. Bon exemplaire.

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE de la MARINE et des COLONIES.

Commission instituée, par décision royale du 26 mai 1840, pour l'examen des questions relatives à l'esclavage et à la constitution politique des colonies. Rapport fait au ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1843. In-4 de xvi-438 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun, tranches jaspées (reliure moderne).

Cette commission était composée notamment du duc de Broglie, du comte de Saint Cricq, du marquis d’Audiffret, du comte de Sade, de Passy, de Tocqueville ou encore du Baron de Mackau. Parmi les questions posées, on trouve l’abolition de l’esclavage envisagée par ses rapports avec l’ordre public, avec l’intérêt réel de la population esclave, avec l’intérêt des colons, avec le maintien du système colonial et des projets de lois concernant l'émancipation générale et simultanée, l'émancipation partielle et progressive et des pièces justificatives. Les membres les plus influents de cette commission, dont Tracy, Tocqueville et Hippolyte Passy, étaient partisans de mesures transitoires contrairement aux solutions radicales de Schoelcher qui menait à la même époque une campagne ardente contre l’esclavage. Il faudra attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit proclamée l’abolition immédiate dans toutes les colonies et possessions françaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5734. — Sabin, 67930.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PARIS (Louis-Philippe-Albert d'Orléans, comte de).

Histoire de la guerre civile en Amérique.

Paris, Calmann Levy, 1884-1890. 7 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-598 pp. — (2) ff., 569 pp. — (2) ff., 691-(1) pp. — (2) ff., 732 pp. — (2) ff., 761-(1 bl.)-(1) pp. — (2) ff., 779 pp. — (2) ff., 790-(1) pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu marine, dos à nerfs orné, non rognés, couvertures de livraisons conservées pour l'atlas (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Ouvrage accompagné d'un atlas de 30 cartes en couleurs sur 19 feuillets à double page. Petit-fils ainé du roi Louis-Philippe, le comte de Paris participa à la guerre de Sécession, dans le camp nordiste, en tant qu'aide de camp du général McClellan. Il en ramenna cette Histoire de la guerre civile dans lequel il retrace les développements de la crise américaine et fait le récit circonstancié des opérations, avec notamment un grand nombre de détails sur l'évolution de la tactique et l'emploi des armes nouvelles. Le texte ne se poursuit pas au delà de 1863 mais est malgré tout considéré comme un document de référence et fut traduit en anglais. Bel exemplaire. Ex-libris gravé armorié du vicomte de Noailles dans les volumes de texte. Tranches piquées, rousseurs dans les marges des tomes 6 et 7, plus rarement dans les autres volumes. Phillips, 1352.

PARIS (Léon).

Souvenir de la Bellone. 1870-71-72.

Paris, vers 1875. In-4, demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ensemble de 41 eaux-fortes signées dans la planche et légendées, regroupées en 3 suites. Elles illustrent le voyage sur l'Atlantique du navire la Bellone depuis le Sénégal, Gorée, le Gabon jusqu'en Uruguay (avec des scènes de genre, des vues et des personnages), et la vie d'un marin à bord d'un vaisseau. Ces planches sont l'œuvre du lieutenant de vaisseau Léon Paris, dessinateur et aquafortiste, et fils du vice-amiral François-Edmond Paris qui participa notamment aux expéditions de Dumont d'Urville et de Laplace. Bon exemplaire. Polak, 7347 (pour la suite sur la vie des marins).demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PECHEUX (Laurent). — MANZONI (Seeman).

Costumes orientaux inédits.

Paris, 1813. Gravures originales (environ 27 x 18 cm).

Ensemble de 14 planches gravées et finement coloriées par Gatine d'après les dessins de Laurent Pécheux et Seeman Manzoni. Issues de la suite très rare intitulée Costumes orientaux inédits comprenant 25 planches, elles représentent divers costumes turcs : - Membre de la légation Persane à Paris, en 1809. - Barbaresque, capitaine de vaisseau. - Marin turc. - Tartare, courrier de la Porte Ottomane. - Offcier de gendarmes de campagne. - Soldat d'infanterie turque, exercé à l'européenne. - Artilleur turc. - Porte drapeau d'un coprs de milice asiatique. - Sultane. - Femme turque de Cosntantinople, dans la rue. - Porteur d'eau de Constantinople. - Femme de Sinope, chez elle. Bon état de conservation. Atabey, 762. — Colas, 2298.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

RAYNAL (Guillaume-Thomas-François).

Histoire philosophique et politique des établissemens & du commerce dans les deux Indes.

Amsterdam, 1770. 6 volumes in-8 de (1) f., 384-(4) pp. — (1) f., 294-3 pp. — (1) f., 432-6 pp. — (1) f., 291-(1 bl.)-(2) pp. — (1) f., 294-(1) pp. — (1) f., 426-(2) pp.; maroquin rouge, dos lisses ornés, filets encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Publié l'année de la première édition. Encyclopédie sur le commerce "des Indes", à savoir l'Asie et l'Amérique, publiée par l'abbé Raynal et à laquelle participèrent de nombreux auteurs: Diderot pour la partie philosophique, le fermier général Jacques Paulze pour la partie économique, ainsi que l'abbé Martin, Jean de Pechméja, Saint-Lambert, Holbach... L'ouvrage connut un grand succès et est divisé en quatre grandes parties : les Indes orientales, l'Amérique du Sud, les Antilles (et la traite négrière), l'Amérique du Nord avec un bilan consacré à l'Europe et ses colonies. La troisième édition, publiée en 1780, fut condamnée par la censure. En effet, l'ouvrage prenait parti contre l'esclavage dont il dénoncait les atrocités. Bon exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petites mouillures au début des tomes 1 et 6. A. Feugère, "Bibliographie critique de l'abbé Raynal", 1922, 28. — Ryckebusch, 6856. — Sabin, 68080.

REY (Emmanuel-Guillaume).

Voyage dans le Haouran et au bord de la mer Morte exécuté pendant les années 1857 et 1858.

Paris, Arthus Bertrand, 1861. In-8 de (2) ff., xx-306-(1) pp.; demi-chagrin bordeaux, dos à nerfs, tranches mouchetées, première couverture conservée et restaurée (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustré d'un plan et de 2 cartes dépliantes, et accompagnée d'un atlas de (2) ff. et de 26 planches dont 1 double : vues des monuments de la Beqâa, du Haouran, du temple de Moussmieh, des thermes de Chobba, des sites de Kennaouat, de Bosrah et de Djérasch, ainsi que des planches de calligraphie arabe. Récit du premier voyage de l'archéologue et orientaliste Emmanuel Guillaume Rey, tout juste âgé de 20 ans. Débarqué à Beyrouth en octobre 1857 avec son compagnon de voyage, le docteur E. Delbet, il se rendit à Damas, puis dans le Haouran, avant d'arriver à Jérusalem et explorer la région de la mer Morte. L'atlas comprend des vues lithographiée par Cicéri (de Qanaouat, Bosra, Jerash, Massada), la plupart d'après des photographies de l'auteur, des plans gravés, des inscription, des cartes. La carte de la mer Morte en fin du volume de texte est la même que la planche 24 de l'atlas. Notre atlas présente deux planches 18, la première figurant dans la liste des planches et l'autre qui est la même que la seconde carte du volume de texte. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mention manuscrite sur la couverture : Hommage de l'auteur. Quelques rousseurs. Brunet, IV, 1259. — Hage Chahine, 3995. — Röhricht, 1857-8.

RICHTER (Johann Gottfried). — GEISSLER (Gottfried).

Jeux et divertissements du peuple russe. Spiele und Belustigungen der Russen aus den niedern Volks-Klassen.

Leipzig, au comptoir d'industrie, 1802-1805. In-4 de (3) ff., 32 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets avec le titre en long (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 12 planches gravées et très finement coloriées, d'après des dessins réalisés sur place par Gottfried Geissler. Elles sont accompagnées d'un texte explicatif, en allemand, de Johann Gottfried Richter, et de la traduction française au verso par P. Hacault. Le peintre et dessinateur Johann Geissler se rendit en Russie en 1790 pour y enseigner le dessin. En 1793 et 1794, il accompagna le naturaliste Peter Simon Pallas lors de sa seconde expédition scientifique en Russie du sud, et séjourna ensuite quelques années en Crimée chez le naturaliste. De retour dans sa ville natale de Leipzig, il publia plusieurs ouvrages sur la Russie illustrés des dessins qu'il avait réalisé sur place. Le texte fut écrit par Johann Gottfried Richter, lui aussi originaire de Leipzig, et qui fut, durant 16 ans, précepteur à Moscou. Dans ses commentaires, il fait preuve d'une grande connaissance des coutumes, ainsi que d'une grande tendresse envers le peuple russe. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Rares piqûres. Colas, 2554. — Monglond, VI, 1146.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.