247 résultats

[Voyage au Sichuan]. Manuscrit autographe signé "Paul".

Hankéou, sur le fleuve [Yang-Tsé], Tchengtou, Kinting, 1922. In-8 oblong (19 x 24,7 cm) de (1) et 66 ff. cartonnés, recouverts de papier rouge pailleté d'or; en feuilles, sous deux plats recouverts de soie brodée bleu nuit à motif floral vert foncé, lacets de fermeture (reliure de l'époque).

Relation d'un voyage dans le centre de la Chine. L'auteur, dont on ne connaît que le prénom, quitte Hankéou (actuelle Wuhan, province de Hubei) fin avril 1922, à bord d'un bâtiment à vapeur qui remonte le Yang-Tsé-Kiang. Il passe par le canyon pittoresque des gorges du Yang-Tsé, au départ d'Itchang (Yichang) et arrive début mai à Tchongking (Chongqing). De là, il se rend, par voie terrestre, à Tchengtou (Chengdu, la capitale du Sichuan), ainsi qu'à Koan Hsien (Tsing-chin), en passant par Tseulioutsing. Il effectue ensuite l'ascension du Ngomei Shan (ou mont Emei, au sud-ouest de Chengdu), une montagne haute de 3040 mètres où se trouvent de nombreux monastères au milieu d'une importante végétation. Le récit s'achève à Kinting (Kiating), entre Chengdu et le mont Emei, le 10 juin 1922. Cette relation est illustrée de 108 photographies montées dans le texte, en général à raison d'une ou deux par page, parfois trois ou quatre. Elles sont de deux formats : 4,4 x 6,8 cm pour les plus petites, et 6,7 x 11,2 cm pour les plus grandes. Une quinzaine d'entre elles sont répétées et existent en deux versions, grande ou petite, ce qui donne environ 90 sujets représentés. Non signées, mais prises par l'auteur tout au long du trajet, les photographies représentent les gorges du Yang-Tsé, des embarcations sur le fleuve, des paysages, des ponts, des temples, un convoi funèbre, une colonne de militaires, des Européens en chaises à porteurs, une rizière, une exploitation de sel gemme, etc. Le texte, d'une écriture très lisible, comporte quelques ratures et corrections. Il est divisé en 6 chapitres : La fin du Han (pp. 1-3). - Le Fleuve (pp. 4-6). - Les Gorges (pp. 7-25). - De Tchongking à Tchengtou et Koan Hsien par Tseulioutsing (pp. 26-48). - Koan Hsien (pp. 49-55). - Le Ngomei Shan (pp. 56-66). Certains titres sont accompagnés de leur traduction en chinois. Extraits : "C'est la fin d'avril : il n'a encore donné que son premier flot; il coule tranquille et limoneux. Dans la plaine sans limites, les jonques, voiles hautes, emplissent l'horizon telles une flottille de pêche devant le port à l'heure du retour […]. Le vapeur fraie sa route le long de la rive abrupte qu'il serre et sa passerelle est de niveau avec la plaine; cette berge est un large liston brun surmonté d'un étroit filet vert […]. Fleuve nourricier, source de vie, mais nouveau Saturne aussi… La plaine, toute, appartient au Grand Dragon jaune : elle doit le subir et le laisser onduler librement sur elle…" (Le Fleuve, 28 avril 1922, pp. 4-6). "Dans le jour qui se lève à peine, un mur qui paraît sans issue; sans un coup de barre, le vapeur s'y est engagé; de chaque côté du sillage le blanc du ciel se rétrécit. Submerge le fleuve, une odeur balsamique d'orangers en fleurs que la brise encore endormie n'a pu chasser, elle s'est épandue au cours de la nuit hors des vallées latérales où les vergers se cachent […]. Un premier coude brusque, le vapeur s'annonce par un long hululement qui s'en va éveiller la vallée, frappe les dures parois et revient multiple. C'est la gorge du Foie de Bœuf et du Poumon de Cheval…" (Les Gorges, s.d., pp. 7-8). "Quelques cinq cents kilomètres d'une route impériale de jadis - dix à douze journées - de nombreux villages, des missions tout le long de la route, est-il possible d'hésiter ? Ce n'était pas cependant pas la simplicité même au printemps 1922, et seule une occasion exceptionnellement favorable pouvait décider un nouveau venu en pays setchouanais à la tenter. Notre consul à Tchengtou, Monsieur B [Marcel Baudez, consul à Chengdu de 1921 à 1925], s'apprêtait à y retourner avec sa famille. Tchongking et Tchengtou, les deux villes les plus importantes de la province étaient alors en très mauvais termes et le brigandage faisait rage […]. Le pays venait d'être troublé et le retour de la belle saison allait le secouer de nouveau. Ces considérations, beaucoup plus que les quatre-vingt hommes d'escorte que le gouverneur de Tchongking tenait absolument à nous donner, décidaient du départ, dès que la compagnie de transport chargée du recrutement des coolies les avait rassemblés. C'était pour quatre Européens une caravane assez importante : l'escorte de quatre-vingts soldats, en ordre plutôt dispersé, quatre hommes par grande chaise de voyage - confortables fauteuils de rotin établis pour la circonstance - deux hommes par chaise chinoise, des domestiques et une vingtaine d'autres pour les bagages et les vivres : c'était le minimum pour éviter les contacts trop intimes avec l'hospitalité locale…" (De Tchongking à Tchengtou, Tchengtou, mai 1922, pp. 26-28). "[Les coolies] sont fouettés et pleins d'entrain : une longue aspiration de la grande fumée, l'opium, les a dopés pour la fin de la journée […]. Nous approchons de la limite de la zone d'action des troupes de Tchongking; les prochains villages sont peut-être aux mains de celles de Tchengtou : le contact serait dangereux pour les escortés; cette considération agit-elle sur nos gardiens ? Toujours est-il qu'après un déjeuner où ils sont restés en arrière, nous ne les reverrons plus. Notre sécurité n'en paraît pas diminuée car un commissaire de la police locale qui a demandé la faveur de voyager discrètement parmi nos coolies par crainte des voleurs, n'en demeure pas moins notre compagnon…" (id., p. 39). Le premier feuillet comprend 7 photographies avec la dédicace "Pour toi qui ne l'a pas vu, ton Paul". Intéressant témoignage sur la Chine au début du XXe siècle, apparemment inédit.

Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Album Mexicano. Coleccion de paisajes, monumentos, costumbres y ciudades principales de la republica.

Mexico, Debray sucs. C. Montauriol, 1875-1885. In-4 oblong, demi-basane rouge, dos à nerfs (reliure de l'époque).

Album peu commun illustré de 28 planches lithographiées, dont 26 coloriées, avec les légendes en anglais, en espagnol et en français, d'après des dessins de Castro, Callice, Mohar, Perez, ou Albarez. Elles représentent des vues des monuments et jardins de Mexico (la cathédrale, le jardin du Zocalo, la place de Guardiola, l'Alameda, la place Saint Dominique, la place de Guadalupe), ainsi que des vues des environs (Chapultepec, Tacubaya, Queretaro, Guanajuato, Puebla, Toluca, Guadalajara, et 2 vues de la gare de Veracruz). Malgré la mention tomo 1° sur le titre, il n'est jamais paru de second volume. Bon exemplaire. Mors frotté. Palau, 5553.

Album sur le Moyen-Orient.

1888. In-folio, chagrin noir, dos à nerfs, tranches dorées (reliure de l'époque).

Album offert en présent et constitué de 25 photographies originales reproduisant des gravures de l'ouvrage de Louis Lortet La Syrie d'aujourd'hui, publié en 1884. Elles sont contrecollées sur papier fort et montées sur onglet. On trouve ainsi représenté : Un cheik de Deir el Kamar ; Fellah du village de Nain ; Femmes musulmane et metouali de Sidon ; Fellahine en costume de fête ; Levantines et jeune femme de Smyrne ; Femmes de Bethléem ; Femme sakkar ; Femmes de Lattakieh ; Femmes deTripoli ; Princesse druse ; La fontaine à Nazareth, ou encore Jaffa, marchands de lanternes. Bel exemplaire de présent avec un feuillet de garde sur lequel on trouve frappé en lettres dorées : A André et Renée, 1888.

Algérie et Désert. Carnet de dessins.

Algérie, Espagne, Grèce, Turquie, Ukraine (pour la plupart), 1880-1885. In-16 oblong (11,4 x 17 cm) de (33) ff.; toile grise, titre manuscrit sur chaque plat, lacets de fermeture (reliure de l’époque), taches sur les plats.

Carnet d’un voyageur en Algérie, en Méditerranée et en mer Noire. Il comprend 61 dessins exécutés à l’encre sur papier fort, dont 40 aquarellés, le premier étant rehaussé de pierre blanche. Les dessins occupent généralement une page entière au recto ou au verso de chaque feuillet, sauf pour 4 d’entre eux exécutés sur double page. Une légende manuscrite, à l’encre, permet de situer les sujets représentés. La partie la plus importante est consacrée à l’Algérie, avec 37 dessinsmontrant des vues pittoresques, des montagnes, des maisons avec leur architecture, des habitants en costumes, etc. La disposition des dessins permet de reconstituer l’itinéraire du voyageur: il part du Djurdjura (Grande Kabylie) où il dessine deux villageois ainsi qu’une jeune fille, puis il se dirige vers le Sud-Est et représente un marabout entre El Kantara et Biskra. Il dessine la Montagne de Sel au nord de Biskra, puis une caravane à Souk-Ahras. Il prend ensuite la direction du Sud-Ouest, traverse un désert pierreux et arrive à Berriane où il dessine l’intérieur de la maison du Caïd. Parvenu à Ghardaïa, il réalise deux vues générales, l’une aquarellée et l’autre en noir, sur double page, montrant les fortifications. Il dessine aussi deux portes de la ville, dont celle d’El-Ateuf. Dans les environs de Ghardaïa, il donne une vue de Beni-Isguen avant de dessiner une oasis ainsi que quelques portraits de jeunes femmes. L’étape suivante est Ouargla, où il dessine la mosquée ainsi qu’une rue avec ses maisons basses. Puis il se rend à Sedrata, un site archéologique situé au sud de Ouargla, dont il fournit trois dessins et un plan du palais, ainsi qu’une vue extérieure. Remontant vers le Nord, il arrive à Touggourt où il effectue le portrait d’une jeune femme en costume. Il rejoint ensuite Biskra, traverse le village de Mdoukal, dessine un campement dans l’Aurès puis parvient à Bou Saada où il représente une rue avec ses habitants. Se dirigeant à nouveau vers le Sud, il dessine, sur double page, le djebel Milok près de Laghouat, puis continue vers l’Est pour visiter Ain Mahdi et Aflou. La suite du carnet contient deux vues de Barcelone, une de la côte corse, deux des côtes grecques (cap Matapan, Taygète), et, sur double page, un beau panorama de Constantinople (Corne d’Or) puis un autre représentant l’entrée du Bosphore. Après une dernière vue du Bosphore, le voyageur arrive à Odessa (Ukraine) où il dessine une habitante en costume, une grande place entourée de maisons ainsi que trois vues du port montrant différents navires. Le carnet continue par une vue du détroit des Dardanelles, puis de Salonique et un détail architectural de l’Acropole d’Athènes. Il s’achève par une vue de l’île d’Öland, au large de la Suède, en mer Baltique. Ensemble bien conservé. Provenance: ex-libris manuscrit «Madame A. Gerlaud» au verso du premier plat.

Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger.

Paris, Ch. Picquet, 1830. In-12 de viij-238 pp., et un atlas in-folio oblong ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre noires, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et augmentée de 20 pages et de 4 cartes et 5 lithographies dans l'atlas. L'atlas contient 7 cartes ou plans gravés, dont 6 dépliants (2 sont d'après les relevés du capitaine Boutin) et de 14 planches lithographiées, dont plusieurs issues de la collection du colonel Rottiers représentant des vues et des costumes. Ouvrage publié par le Dépôt Général de la Guerre à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique, qui quitta le port de Toulon le 25 mai 1830, en direction d'Alger. Il fut rédigé par le géographe Charles Picquet, en grande partie d'après le rapport du capitaine Boutin, envoyé en mission d'espionnage, en 1808, dans la régence d'Alger; c'est en grande partie sur ses plans que l'armée française s'emparera d'Alger le 5 juin 1830. Le texte comprend une partie historique qui est un résumé des principales expéditions dirigées par diverses nation européennes contre l'Afrique du nord, depuis la fin du XVe siècle. La deuxième partie est une description du pays, et la troisième un exposé de son organisation militaire. Bon exemplaire. Manque la page de titre de l'atlas. Gay, 852 (première édition).

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le commerce étranger dans les isles françoises de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Les lettres patentes d'octobre 1727 avaient exclu tout les étrangers du commerce des colonies françaises. Cet arrêt, daté du 30 août 1784, décida d'ouvrir les entrepôts des nouveaux ports des îles françaises des Antilles (Sainte-Lucie, Martinique, Guadeloupe, Tabago et Saint-Domingue) au commerce avec les navires étrangers. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le retour des Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleurs aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1777. In-4 de 2 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Arrêt du 7 septembre 1777, signé de Sartine (ministre de la marine) accordant aux colons ayant amené avec eux des domestiques "un nouveau délai de deux mois, à compter du jour de la publication du présent arrêt, pendant lesquels lesdits habitans pourront faire repasser lesdits domestiques Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleur, dans les colonies d'où ils les auroient amenés. Veut sa majesté que ceux desdits domestiques qui n'auroient pas été remis dans deux mois pour tout délai, aux dépôts établis dans les ports, en exécution de ladite déclaration, ne puissent être retenus que de leur consentement, au service de leurs maîtres." Bon exemplaire. Ryckebusch, 250.

Arrêt du conseil d'état du roi, qui, à compter du 10 novembre prochain, convertit en gratifications & primes l'exemption du demi-droit accordée aux denrées coloniales provenant de la traite des Noirs.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Afin d'encourager le commerce de la traite des Nègres, les lettres patentes du mois de janvier 1716 permettait une exemption des droit de douane sur le sucre exporté en métrople. Constatant "que la quantité des Nègres transportés aux isles françoises de l'amérique, qui s'élevait en 1716 qu'à deux ou trois mille Nègres, a été successivement porté au nombre de quinze mille, sans que l'importation des sucres consommés dans le royaume ait pu suivre la même progression", l'arrêt du 26 octobre 1784 décida qu'une prime remplacerait l'ancien système. Bon exemplaire. Ryckebusch, 263.

Arrêt du conseil du roi, pour l'encouragement du commerce de France avec les États-Unis de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1788. In-4 de 6-(2 bl.)pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Arrêt daté du 29 décembre 1787 et signé du secrétaire d'état de la marine La Luzerne, établissant les droit de douane pour les marchandises venant des États-Unis et qui "accorde aux citoyens & habitans des États-Unis, tous les privilèges & avantages dont ses propres sujets de France jouissent ou pourront jouir en Asie & dans les Échelles qui y conduisent". Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Coleccion de articulos tipos y costumbres de la isla de Cuba por los mejores autores de este genero.

La Havane, Miguel de Villa, 1881. In-folio de 255 pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Recueil de texte de différents auteurs (dont Antonio Bachiller y Morales) et illustré de 20 planches (dont une en couleurs) du peintre espagnol Victor Patricio de Landaluze. Ce dernier fit toute sa carrière à Cuba où il enseigna à l'Académie de San Alejandro de La Havane. Il fut le représentant le plus connu du Costumbrismo, un mouvement artistique attaché à dépeindre la vie quotidienns, et les folklores locaux. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conquête de l'isle de Minorque par les Français, ou journal historique de cette expédition par mer & par terre.

1756. In-12 de (2) ff., vij-(1 bl.)-180 pp.; demi-veau havane, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouge mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage attribué à François Morénas par La France Littéraire, et à Pierre-Laurent Buirette de Belloy par Barbier. [Suivi de :] - Lettre d'un négociant à un milord, dans laquelle on considère, sans partialité, l'importance de l'île Minorque, & de Port-Mahon; avec l'historique & une description abrégé de l'une & de l'autre. S.l., 1756. (2) ff., 63 pp. Traduction, par Guillaume Mazéas, de l'ouvrage anglais The importance of the island of Minorca..., publié la même année à Londres. - [FORBONNAIS (François Véron Duvergne de)]. Essai sur l'admission des navires neutres dans nos colonies. S.l., 1755. 107 pp. En 1755, au début de la guerre de Sept ans, l'Angleterre ouvrit les hostilités sans déclaration de guerre et captura de nombreux navires français. La marine française ne pouvant plus assurer le service des colonies dont elle avait le monopole, l'auteur proposa, pour remédier à ce problème, d'ouvrir les ports aux navires des nations n'ayant pas pris part à la guerre. - Nouvelle de Minorque. Compiègne, Louis Bertrand, 1757. 16 pp. - Lettre d'un Mahonois à un Anglois. S.l., 1756. 47 pp. - Lettre d'un grenadier à sa maitresse sur la prise du fort S. Philipp. S.l., 1756. 12 pp. Bel exemplaire.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Déclaration du roi, concernant la course sur les ennemis de l'état.

Paris, P. G. Simon, 1778. In-4 de 15 pp.; en feuilles, non rogné.

Déclaration donnée à Versailles le 24 juin 1778 qui réactualise l'ordonnance de 1691. En janvier 1778, la France signa un traité d'alliance avec les colons américains en guerre contre l'Angleterre. Le roi accorda alors toutes sortes de facilités aux armateurs qui souhaitaient armer des navires pour mener la guerre de course contre les navires anglais. Bon exemplaire. Inconnu de Polak.

Déclaration du roi, qui permet l'entrée & l'entrepôt, dans les différens port du royaume, des taffias venans des colonies françoises de l'Amérique.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

"Le commerce des eaux-de-vie extraites des sirops & mélasses, & connues sous le nom de taffias, a été prohibé dans toute l'étendue de notre royaume, par déclaration du 24 janvier 1713. L'opinion répandue alors que cette liqueur étoit dangereuse & nuisible à la santé. Mais l'expérience ayant depuis long-temps prouvé qu'elle étoit utile & salubre" cette interdiction est levée par la présente déclaration du 6 mars 1777. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Extrait de la première édition de la Carte de l'Isthme de Suez dressée pour l'avant projet du canal de communication des deux mers par Linant de Bellefonds.

1855. Circa 304 x 348 mm, entoilée et pliée.

Carte manuscrite, encre et aquarelle, copie d'une partie de la carte de l'isthme de Suez dressée par Linant de Bellefonds, directeur général des travaux publics en Égypte et ingénieur en chef du canal de Suez en 1855. Cette belle carte, entièrement aquarellée, représente la région nord de l'isthme, autour de la ville de Péluse et du lac de Menzaleh. Y figurent le détail topographique des bras du Nil, les nombreuses îles du lac, les puits, les routes antiques et modernes avec les relais de poste, quelques habitations, les ruines de Péluse et de quelques tels ou tells (terme archéologique désignant un site en forme de monticule). Des observations dans un cartouche donnent des indications sur la nature des sols, la végétation et les parties inondables. La carte n'indique pas le tracé du canal de Suez. L'échelle est en myriamètres et en milles romains. Très belle condition. Catalogue cartes manuscrites 2013, n° 160, marqué 3 000 €

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Mémoire introductif d'instance présenté à MM. les membres du Conseil du contentieux administratif de Cochinchine dans la cause entre MM. Vandelet et Dussutour (demandeurs), et M. le gouverneur de Cochinchine (défendeur).

Saigon, C. Guilland & Martinon, 1883. In-8 de 84 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1881, les négociants français Vandelet et Dussutour obtinrent du roi du Cambodge, et pour trois ans, le monopole du commerce de l'opium et de l'alcool de fabrication indigène. Mais le gouverneur de Cochinchine, désigné comme arbitre pour régler un différent entre le roi et les négociants, en profita pour ajouter de nouvelles clauses au contrat, ce qui donna lieu à de nombreuses difficultés. Bon exemplaire.

Mémoires de la Société des Philantropes.

Berne, La Société Typographique, 1778. In-8 de (4) ff., 358-(1) pp.; demi-veau marbré, dos lisse orné, tranches rouges (reliure à l'imitation).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Contient: - FEBUÉ (abbé). Essai philantropique sur l'esclavage des Nègres. - SONNENFELDS (J. von). Mémoire sur l'abolition de la torture. - [LAFFON de LADÉBAR]. Discours sur l'amour de l'utilité publique. - Considérations sur l'abus de la sécularisation des biens ecclésiastiques. - MOUDEAU. Voyage de Moncacht-Apé pour servir de suite ou de pendant aux voyages de Gulliver. - [YOUNG]. Mémoire sur l'état actuel de l'agriculture en Angleterre. La Société des Philanthropes fut fondée en 1775 à Strasbourg par Jean de Turckheim. Ouverte à toutes les confessions, cette société eut des membres à travers toute l'Europe, notamment Panckoucke, l'abbé Baudeau, l'abbé Rozier ou encore l'abbé Grégoire. Elle prôna la tolérance, pratiqua la charité, et s'intéressa également à l'économie, la géographie, ou encore la pédagogie. Cet ouvrage est la seule publication périodique de la Société, qui éditait aussi des manuels scolaires, des calendriers pour les paysans et des traductions des auteurs classiques de l'antiquité. Bon exemplaire. Un feuillet manuscrit contenant l'errata, petite galerie de ver en marge intérieure avec perte de quelques lettres. Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Notices coloniales publiées à l'occasion de l'Exposition Universelle d'Anvers en 1885.

Paris, Imprimerie Nationale, 1885. 3 volumes in-8 de x-664-(1) pp. — (2) ij-745-(1 bl.)-(1) pp. — (3) ff., 768 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs (reliure de l'époque).

Ouvrage publié par le Département de la Marine et des Colonies à l'occasion de l'Exposition Universelle d'Anvers de 188. Il est illustré de 17 cartes en couleurs dépliantes (Indochine, Tonkin, Cochinchine, Inde française, Mayotte, Madagascar, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Sénégal, établissements français du golfe de Guinée, Guyane, Martinique, Guadeloupe, ou encore Saint-Pierre et Miquelon), et de 9 cartes en noir dont 5 sur double page et 1 dépliante (chemin de fer du Sénégal). Les notices furent rédigées par les administrations coloniales à qui le ministère avait envoyé un questionnaire demandant des renseignement sur la situation géographique, le climat, la population, le commerce, les cultures, les industries locales, l'imigration des différentes colonies françaises. Le premier volume est consacré au Tonkin, à la Cochinchine, l'Inde française, Mayotte, Nossi-Bé, et Madagascar; le deuxième volume à La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Tahiti, le Sénégal, les établissements français du golfe de Guinée, Obock et ses dépendances; et le troisième aux possessions françaises de l'ouest africain (Congo), la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Pierre et Miquelon, les îles Kerguelen, et le territoire d'Assinie. Bon exemplaire. Étiquette de la bibliothèque de la Société de Propagande Coloniale, société fondée en 1892 pour promouvoir la mise en valeur des colonies. Coins frottés, déchirures sans manque à trois cartes, marges externes de deux cartes froissées. O’Reilly, Nouvelle-Calédonie, 2120. — O’Reilly, Tahiti, 6326. — Ryckebusch, 5993.

Notices statistiques sur les colonies françaises. Imprimées par ordre de M. le Vice-Amiral de Rosamel, Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1837-1840. 4 tomes in-8 de (2) ff., iij-248 pp. — (3) ff., 271 pp. — (2) ff., ij-320 pp. — (2) ff., 216 pp.; veau bleu, dos lisses richements ornés, filet doré et dentelle à froid encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l’époque).

Les bibliographies sont en désaccord sur l'auteur de ces notices ; pour Quérard il s'agirait de Paul-Alexandre Tiby, sous-chef au ministère de la marine, et pour Barbier, d'Edme-Jean-Hilaire Filleau-Saint-Hillaire, directeur du bureau des colonies. Le premier tome est consacré à la Martinique, à la Guadeloupe et à ses dépendances; le deuxième à La Réunion et à la Guyane française; le tome 3 aux établissements français de l'Inde, au Sénégal et à ses dépendances; et le quatrième aux Possessions françaises à Madagascar et aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Bel exemplaire. Barbier, III, 486. — Brunet, VI, 28637. — Quérard, IX, 473. — Ryckebusch, 5984, 5985. — Sabin 95786.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Observations sur les intendances des Isles. Manuscrit.

Vers 1775. In-4 (21,6 x 16,8 cm) de 3 pp. 1⁄4 sur une feuille double; on joint 1 p. in-8 manuscrite sur le même sujet.

La Martinique souhaite le rappel de son intendant. L'auteur, resté anonyme, affirme dès le début que la probité seule est à désirer chez un intendant des îles, et que celui-ci a le devoir de surveiller ses bureaux où se font des "prévarications sans nombre". Puis il rappelle l'origine de cette institution, avant d'énumérer les responsabilités d'un intendant de justice, police et finances. Vient ensuite l'objet de la présente note : "A la paix on renvoïa pour intendant à la Martinique, M. de La Rivière, à qui succéda le président Peinier. C'est aujourd'hui le président Tachere qui remplit cette place. Il arrive assez ordinairement qu'on rappelle au bout de 3 ans les intendants des isles; il y a plus de 3 ans, et contre le vœu des habitans, que le président actuel est à la Martinique…". La note jointe va dans le même sens : "L'intendance de la Martinique est occupée par M. le Président Acher [sic] depuis 4 ans; cette intendance n'étant que triennale, M. le Président Acher pourroit être rappelé; c'est le vœu de la colonie…". Il s'agit de Philippe-Athanase de Tascher, ancien président à mortier au Parlement de Metz, qui occupa l'intendance de la Martinique de 1771 à 1777. L'auteur préconise aussi le rétablissement de l'intendance de la Guadeloupe, réunie depuis peu à celle de la Martinique. Traces de plis. Les documents sont très lisibles.

Ordonnance de l'amirauté de France, portant injonction à toutes personnes demeurantes dans l'étendue de l'amirauté de France, ou des amirautés particulières de son ressort, qui ont à leur service des Nègres ou Mulâtres, de l'un ou l'autre sexe, d'en faire leur déclaration en personne ou par procureur, au greffe de l'amirauté de France, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort; & à tous Nègres ou Mulâtres qui ne sont au service de personne; de faire pareille déclaration, sous telle peine qu'il appartiendra.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 16 avril 1777. Constatant que l'ordonnance du 31 mars 1762 qui portait sur le même point n'était plus appliquée, et que "le nombre de ces gens de couleur se sont multipliés à un tel point, que le plus petit particulier en a à son service: les colons en ont inondé le royaume & […] ont laissé une libre carrière à l'introduction de cette espèce d'homme, dont le nombre & la qualité du sang, ainsi que la nuance de la couleur, ne peut qu'altérer l'uniformité de celle des habitans de ce royaume", un recensement "des Noirs ou Mulâtre qui sont dans Paris & dans le ressort de la cour" est ordonné. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance de nosseigneurs de l'amirauté de France, portant prorogation du délai accordé par celle du 16 avril 1777, aux personnes ayant à leurs service des Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs, ainsi qu'aux Nègres, Nègresses ou Mulâtres n'étant au service de personne, pour faire leur déclaration au greffe de l'amirauté de France à Paris, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort, à peine de 300 livres d'amende contre les maîtres, & de prison contre les Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 7 juillet 1777 qui prolonge le délai de déclaration obligatoire des gens de couleur se trouvant sur le territoire français. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance du roi portant application du code d'instruction criminelle à l'île de la Martinique et à l'île de la Guadeloupe.

Paris, Imprimerie Royale, 1828. In-4 de 159 pp.; basane flammée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Publication du code d'instruction criminelle à destination des deux îles des Antilles, en application de l'article 7 de l'ordonnance du 24 septembre 1828 sur l'organisation judiciaire à la Martinique et à la Guadeloupe. Ce dernier stipule que ces deux îles seront régies par les différents codes (civil, de procédure civile, de commerce, d'instruction criminelle et pénale) "modifiés et mis en rapports avec leurs besoins". Bon exemplaire. Rousseurs en début de volume.

Ordonnance du roi, concernant les procureurs & économes-gérans des habitations situées aux isles sous le vent.

Paris, P. G. Simon & N. H. Nyons, 1785. In-4 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Ordonnance du 3 décembre 1784, régissant les conditions de mise en gérance de leurs propriétés par les colons de Saint-Domingue. En effet, après "des abus qui se sont introduits dans la gestion des habitations situées à Saint-Domingue" cette ordonnance détaille toutes les obligations à respecter, tant pour les propriétaires que pour les gérants pour la gestion des biens et des esclaves. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Relation d'une conspiration tramée par les Nègres, dans l'isle de S. Domingue ; défense que fait le Jésuite confesseur, aux Negres qu'on suplicie, de révéler leurs fauteurs et complices.

1758. In-12 de 8 pp.; cartonnage de papier vert muet (reliure postérieure).

Rare petite plaquette contenant des extraits d'une lettre d'un colon de Saint-Domingue, datée du 24 juin 1758, et relatant les procès et les exécutions d'esclaves accusés d'être des complices de François Mackandal. Esclave marron et meneur de plusieurs rébellions, il fut capturé, jugé et comdamné à mort en 1758. Dans les mois qui suivirent, de nombreux complices furent arrêtés puis interrogées, avec des dénionciations à la clé de sorte "qu'on en brûle quatre ou cinq tous les mois: il y a déjà eu vingt-quatre Negres ou Negresses esclaves, & trois Negres libres qui ont subi le même sort" (page 4). Bon exemplaire. Ex-libris gravé et armorié du prince Marc-Antoine Borghèse (1814-1886). Max Bissainthe, 7688.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Résumés historiques sur la Perse moderne, l'Inde et la Chine, en quatre parties.

Bordeaux, Prosper Faye, 1843. In-8 de (6) ff., 353 pp., (1) f. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage peu commun divisé en quatre parties comprenant un résumé historique sur la Perse, un résumé historique sur la Chine, un précis sommaire de l'histoire des Tartares, et des notices sur la Corée, le Japon, le Tonkin, la Cochinchine, l'Inde et l'Arabie moderne. Bon exemplaire. Légères rousseurs.

Réunion de 3 catalogues de l'imprimerie catholique de Beyrouth.

Beyrouth, 1878. In-8, toile beige, dos lisse, pièce de titre de veau rouge (reliure du XXe siècle).

On trouve ainsi relié : - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, 1878. 11-(1)-15 pp. Couvertures bleues conservées. Catalogue d'ouvrages imprimées en arabe et en syriaque, dont la première partie donne la liste en français, et la seconde est imprimée en arabe. - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, imprimerie catholique, 1888. 38 pp., (15) ff. Première couverture conservée. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabes et en syriaque, (principalement des livres religieux et des manuels d'étude de l'arabe). Le titre de chaque ouvrage est imprimé en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Les 15 derniers feuillets contiennent des spécimens de tous les caractères de l'imprimerie (hébreux, samaritains, syriaques, arabes, arméniens, grecs et latins). - Catalogue spécial de l'imprimerie catholique (fondée en 1853). Beyrouth, librairie de l'imprimerie catholique, 1904. 67-iij pp., (2) ff. Couvertures illustrées conservées. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabe, syriaque et bilingue français-arabe. Les titres des ouvrages sont imprimés en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Le fond de l'éditeur s'est agrandi, on y trouve des manuels d'arabe, des recueils de poésies, des contes (dont les milles et une nuits), des revues. Bel exemplaire.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

Traité de navigation et de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. Conclu à Versailles le 26 septembre 1786.

Paris, Imprimerie Royale, 1786. In-4 de 45 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Texte du Traité Eden-Rayneval, du nom des signataires anglais et français. Conçu dès la fin de la Guerre d'Indépendance des états-Unis pour mettre fin au conflit économique que se livraient les deux puissances, ce traité instaura un système de réduction progressif des droits de douane. Mais, très vite, il se révélera trop favorable à l'Angleterre, dont l'avance industrielle sur la France était notoire, bouleversant ainsi l'équilibre économique français. Le marché français se trouva envahi de produits anglais moins chers et de meilleures qualités, provoquant l'abaissement des prix et la mise au chômage de milliers d'ouvriers et artisans. De ce fait, ce traité sera l'une des causes de la révolution de 1789. Bon exemplaire.

Vingt jours de voyage en Suisse. Manuscrit.

s.l., 1836. Petit in-8 (17,2 x 10,5 cm) de (1) f. de titre et 114-(1) pp.; cartonnage recouvert de papier marbré, étiquette de papier blanc en haut du dos (reliure de l’époque), charnières frottées, coins usés.

Récit d’un voyage à travers la Suisse. L’auteur, un Français dont les initiales «FB» figurent sur le titre, a divisé son récit en 38 chapitres d’une écriture régulière et parfaitement lisible. Emmenant quelques compagnons de voyage, il quitte Genève le 13 août 1836 à bord d’un bateau à vapeur qui le conduit à Villeneuve, à l’extrémité Est du lac Léman, au pied des Préalpes vaudoises. Peu avant son arrivée, il aperçoit le château de Chillon, un site pittoresque situé au bord du lac. De Villeneuve, il pénètre dans la vallée du Rhône et se rend à pied à Bex où il observe la cascade de Pissevache. Remontant le fleuve, il traverse successivement Martigny et Sion (Valais), puis arrive à Sierre après deux jours de voyage. L’étape suivante est Louèche, où le curé tient une petite auberge et dont les eaux attirent un grand nombre de malades. De là, il se dirige vers le Nord et pénètre dans le canton de Berne, passe par Frutigen le cinquième jour du voyage et parvient à la vallée d’Interlaken, le «bijou de la Suisse», remarquable pour ses deux lacs formés par les eaux de l’Aar, ce qui en fait un endroit très fréquenté. Remontant la vallée de l’Aar, il parvient à Handeck où il observe les chutes spectaculaires de ce fleuve qui impressionnent les touristes. Il se rend ensuite à la Grimsel, une montagne dont il effectue l’ascension. Le huitième jour, il arrive à la source du Rhône, puis se dirige vers Andermatt pour visiter le pont du Diable. Remontant vers le Nord, il traverse Altdorf et évoque l’histoire du Grütli où se réunirent, en 1307, les fondateurs de la confédération helvétique. Il donne ensuite une description du couvent d’Einsiedeln, qui est le centre du culte de la Vierge et reçoit 120000 pèlerins chaque année. L’étape suivante est Zurich, dont l’aspect lui rappelle Genève; il effectue la visite de la cathédrale ainsi que de l’arsenal qui contient une assez belle collection de vieilles armures. Le treizième jour du voyage, il arrive au pied du Rigi, une montagne située à proximité de Lucerne, dont il effectue l’ascension. De là, il aperçoit le Rossberg, situé dans les environs de Zoug, dont l’éboulement, en 1806, avait rasé un village entier. A Lucerne, le voyageur remarque le monument élevé à la mémoire des Suisses qui défendirent Louis XVI aux Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il se rend ensuite à Berne, siège du gouvernement fédéral, dont l’architecture annonce que cette ville est le centre d’un état riche et fortement constitué. Après un passage sur la politique, où il évoque une crise momentanée entre la France et la Suisse, l’auteur s’étend sur Fribourg, dont il mentionne les deux éléments les plus remarquables pour les touristes: le pont et l’orgue de la cathédrale. Le retour à Genève a lieu après vingt jours de voyage, soit au début du mois de septembre. Le manuscrit, daté du 11 octobre 1836, s’achève par une table des matières. Intéressante relation, qui ne semble pas avoir été publiée. Provenance: ex-libris manuscrit «Joséphine Müller» inscrit au crayon sur une page de garde.

Vue intérieure de Londres du côté de Somerset House.

1819-1829. 592 x 920 mm, monté sur papier avec une bordure de gouache noire.

Spectaculaire vue de Londres, gouache et aquarelle, prise depuis la Tamise et montrant le pont de Waterloo, le pont de Blackfriars au second plan, la façade de Somerset House sur la gauche et l'imposante silhouette de la cathédrale Saint-Paul en arrière-plan. Compte tenu des différents monuments présents sur la vue, le dessin peut être daté entre 1819, date de l'inauguration du pont de Waterloo, et 1829, date de la fondation du King's College de Londres, dont les bâtiments, inaugurés en 1831, ne sont pas présents sur cette vue, à droite de Somerset House où ils se trouvent encore aujourd'hui. Cette jolie vue est animée de passants et de voitures à cheval sur les ponts, ainsi que de plusieurs embarcations sur la Tamise : quelques barges remplies de charbon, des barques près du débarcadère sur la gauche du dessin (où un couple s'apprête à embarquer), un canot à voile et deux canots à rame. A noter également la présence de réverbères pour l'éclairage au gaz sur le pont de Waterloo. Titre manuscrit au dos. Piqûres et quelques auréoles dans la partie haute du dessin.

ALLARD (Hugo ou Huych) — ALGERIE.

Algiers. [Alger].

Amsterdam, vers 1680. 425 x 503 mm.

Très rare vue de la ville d'Alger, dessinée par Hugo Allard. La vue est prise depuis la mer, animée de nombreux voiliers, et montre la cité dans son ensemble. Ainsi on distingue la Grande Mosquée Djamâa El Kebir, dont le minaret date de 1324, la mosquée du roi, et sur la droite, le sérail des sépultures des rois. Sur les hauteurs, on peut voir le château impérial, le château neuf, et la mosquée Zidi Bohonor. Le titre est contenu dans une bannière flottante, et orné en tête du blason d'Alger. Au bas de l'estampe figurent quelques vers en hollandais, latin et français. Le graveur Hugo Allard (1625-1691) fonda sa propre compagnie d'édition à Amsterdam. Sa production était relativement petite et consistait en des cartes et des atlas utilisant souvent les travaux de ses plus célèbres compatriotes tels que Blaeu. À sa mort, son fils Carel lui succéda. Très rare. Manque à Koeman qui ne cite que la vue dessinée par Carel Allard, qui diffère de celle de son père. Marge supérieure restaurée, pliure centrale restaurée et renforcée avec petit manque au niveau de la 5ème ligne de vers en latin.

ALLEMAGNE — DITZLER (Anton).

[Panoramas de paysages allemands].

Cologne, Franz Carl Eisen, vers 1835. In-folio oblong (63,5 x 16,5 cm), demi-percaline chagrinée brune avec coins, filets dorés, dos orné (reliure de l'époque).

Rare suite de 17 planches de panoramas gravées à l'aquatinte par Johannes Ruff, et Weber & Appert d'après les dessins du peintre de paysages Anton Ditzler. Légendées en allemand et en français, elles représentent les villes d'Aix-la-Chapelle, Baden-Baden, Bingen, Bonn, Düsseldorf, Elberfeld, Ems, Francfort-sur-le-Main, Heidelberg, Coblence, Cologne, Kreuznach, Mayence, Nonnenwerth, Rotterdam, le château de Stolzenfels et Wiesbade. Bel exemplaire. Quelques frottements à la reliure, quelques rousseurs au premier panorama.

ANCKARSVÄRD (Michaël Gustaf, comte d').

Samling af svenska och norrska utsigter tecknade efter naturen af C. J. Fahlcrantz, August och Michael Anckarsvärd, lithografierade och utgifne av M. G. Anckarsvärd. Recueil de vues de Suède et de Norvège, dessinées d'après nature par C. J. Fahlcrantz, Auguste et Michel Gustave Anckarsvärd, litohgraphiées et publiées par M. G. Anckarsvärd.

Stockholm, Gjöthström & Magnusson, 1830-1837. In-folio de 10-22-x-xij pp.; cartonnage d'attente de papier brun, dos lisse muet, non rogné.

Ouvrage comprenant 2 titres lithographiés (l'un en suédois, l'autre en français), et 50 planches lithographiées (32 pour la Suède, 18 pour la Norvège), la plupart sur Chine monté. Le texte explicatif et les légendes des planches sont en suédois et en français. Fils de général et officier lui-même, Michaêl Gustaf d'Anckarsvârd fit également des études artistiques qui le menèrent à Paris et en Italie. Il lithographia lui même ses propres dessins, ceux de son frère Johan August, et ceux du peintre de paysage Carl Johan Fahlcrantz qui composent cet ouvrage. Rousseurs, défauts d'usage à la reliure.

ANDRÉ (Jean-François).

Gramont le grand, dernier chef des flibustiers, aventuriers et boucaniers d'Amérique, etc.; ses talens insinuans et spirituels.

Paris, Tiger, 1813. In-18 de 107 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne, illustrée d'un frontispice gravé. Vie romancée de Michel de Grandmont, ou Grammont (1645-1686), corsaire et flibustier dans les Caraïbes. Naviguant à bord du bateau le Hardi, il est notamment connu pour avoir pris les villes de Macaraibo, Trujillo, La Guaira, Cumana et Puerto Caballo au Venezuela, ainsi que les villes de Veracruz et Campeche au Mexique. Bon exemplaire. Cioranescu, XVIII° siècle, 7911.

ANTELME (Henri).

Sous le ciel de l'Île-de-France.

Paris, Jouve & Cie, 1923. In-8 de 106-(1) pp.; basane bleue à la bradel muette, non rogné (reliure moderne).

Première édition, tirée à 520 exemplaires. Elle est illustrée du portrait de l'auteur en frontispice. Antelme était issu d'une famille de l'île Maurice. Son recueil de poésie, d'inspiration élégiaque et patriotique (avec plusieurs pièces sur la guerre de 1914-1918) fut publié trois ans après sa mort. Le dernier poème Philosophe créole, réflexions sur le cyclone du 29 avril 1892, est écrit en créole. Un des 500 exemplaires sur papier vergé d'Arches. Envoi autographe signé de l'un des frères de l'auteur. Bon exemplaire.

ARGENTINE — DULIN (Jean Désiré).

Buenos-Ayres a vista de pajaro.

Buenos-Ayres, Ernst Nolte Libreria Alemana, 1880. 548 x 927 mm.

Spectaculaire et très rare panorama à vol d'oiseau de Buenos Aires, lithographié en deux tons par F.W. Kahler à Hambourg, d'après un dessin de Jean Désiré Dulin. La vue, prise depuis le Río de la Plata, montre le port, avec ses docks qui forment désormais le très chic quartier de Puerto Madero. On y reconnaît aussi le très beau bâtiment du Correo Central, devenu il y a quatre ans le CCK ou Centro Cultural Kirchner. On repère parfaitement la Casa Rosada, dont on voit l'arrière, et le Cabildo dont on voit la façade. On repère aussi de nombreuses usines et des centrales électriques qui n'existent plus. Bel exemplaire. Petite décoloration dans les marges gauche et droite, restes de bande adhésive au dos. Marcelo Weissel, Iconografía porteña y estudio de embarcaciones: Buenos Aires entre 1858 y 1914. siete obras de J. D. Dulin.

ASIE.

Ensemble de 4 aquarelles signées.

Golfe de Petchili (Chine), Saigon et s.l., vers 1860. 4 ff. in-8 oblong appliqués sur papier fort, traces de montage au verso, deux dessins comportent une légende manuscrite au crayon.

Réunion d’aquarelles exécutées en Extrême-Orient. Signées «Goem» ou «Goem.», elles représentent les côtes chinoises du golfe de Petchili avec de nombreux bâtiments européens au mouillage, des navires chinois en mouvement à proximité d’un port, un débarcadère à Saigon et un village de pêcheurs. Elles semblent contemporaines de la campagne de Chine (1860) et de la conquête de la Cochinchine par la France (1862). Ces aquarelles sont les suivantes: - Chefoo - Golfo Petchili - o di Pekino. Aquarelle signée «Goem» dans l’angle inférieur droit (signature en partie effacée). 17,8 x 25,3 cm. On aperçoit une trentaine de bâtiments occidentaux au mouillage dans la rade de Chefoo [ou Zhifu]. Cette scène pourrait correspondre à l’arrivée des troupes françaises commandées par le général Cousin-Montauban à Zhifu le 6 juin 1860, au moment de l’expédition franco-anglaise en Chine, qui se terminera, en octobre, par le sac du Palais d’Eté et la prise de Pékin. - [Sans titre]. Aquarelle signée «Goem» dans l’angle inférieur droit. 17,3 x 25,1 cm. Scène animée montrant plusieurs embarcations, probablement chinoises, se déplaçant près du rivage; à l’arrière-plan se trouvent deux entrepôts ou installations portuaires. - Sbarcatojo a Saigon. - Landing Place at Saigon (French Cochinchina). Aquarelle signée «Goem.» dans l’angle inférieur gauche. 17,3 x 25,1 cm. Représente un débarcadère entouré de plusieurs petites barques et bâtiments divers. Le drapeau français est visible sur l’un d’entre-eux, ainsi qu’à l’arrière-plan. - [Sans titre]. Aquarelle signée «Goem.» dans l’angle inférieur gauche. 17,3 x 25,1 cm. Montre un village de pêcheurs, avec plusieurs personnages et quelques embarcations, dont un navire occidental. A l’arrière-plan, on aperçoit un temple ou une église. Si cet artiste n’est pas référencé dans les répertoires, Bénézit (VI, p. 241) mentionne cependant un peintre de l’Ecole flamande nommé J. Goemans, actif vers 1845. Toutefois, aucun élément ne permet de lui attribuer avec certitude ces aquarelles. Leur auteur était probablement un marin ou un voyageur qui se trouvait en Extrême-Orient au début des années 1860. On peut remarquer que l’artiste a représenté fidèlement certains détails, comme la présence de cheminées sur les quatre premiers navires de l’aquarelle de Chefoo, entre le mât de misaine et le grand mât, montrant qu’il s’agit de bâtiments à vapeur. Concernant l’arrivée des troupes françaises à Zhifu, cf. Brizay (Bernard), Le Sac du Palais d’Eté: seconde guerre de l’opium, l’expédition anglo-française en Chine en 1860. Monaco, éditions du Rocher, 2003. Aquarelles très bien exécutées.

ASSELINEAU (Léon-Auguste).

Philadelphie.

Paris, Dusacq et Cie, vers 1855. Lithographie (43,7 x 61 cm).

Très belle et rare vue à vol d'oiseau de Philadelphie, lithographiée par Asselineau. Philadelphie, la plus grande ville de Pennsylvanie, est réputée pour la richesse de son histoire. Elle peut être considéré comme le lieu de naissance des États-Unis, car la Déclaration d'Indépendance fut signée dans cette ville et la Constitution y fut aussi écrite. élève de Roehn à Paris, Léon-Auguste Asselineau exposa au Salon de 1836 à 1847. Il fut connu surtout comme illustrateur et travailla pour le Moyen-Age pittoresque, dirigé par Viollet Le Duc. Bel exemplaire. Traces marginales encadrant l'estampe.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARAÑANO (Leonardo).

Isla de Cuba Pintoresca. Colección de vistas generales. Vista de la ciudad de Matanzas, tomada desde el monte del cafetal de D.n Vicente Guerrero, detras de la quinta de D.n Luis Lopez Villa-Vicencio.

Habana, 1856. Lithographie originale (50 x 69 cm, hors marges).

Spectaculaire panorama de la ville de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, dessiné par Leonardo Barañano, lithographié en couleurs par Eugenio Bourrelier. La vue, dédiée aux belles de Matanzas, est prise depuis la colline de la plantation de café de Don Vicente Guerrero, derrière la villa de Don Luis Lopez Villa-Vicencio. Au premier plan figurent trois personnages, dont le dessinateur Leonardo Barañano. Quatre vignettes entourent la vue principale. Elles montrent l'église paroissiale, le palais du gouverneur, le pont de Bailen et l'hôpital militaire. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Il existe dans la même série une vue très similaire de Matanzas, celle-ci lithographiée par Edouard Laplante, et sans les quatre vignettes. Pliure centrale restaurée, quelques défauts persistent.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Journal d'un déporté non jugé, ou déportation en violation des lois décrétée le 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Paris, Firmin Didot frères, 1834. 2 volumes in-8 de (2) ff., xlviij-271 pp. — (2) ff., 312 pp. ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. Député au Conseil des Anciens, Barbé-Marbois fut déporté à Sinnamary en Guyane lors du coup d'état du 4 septembre 1797. Il ne put rentrer en France quen 1800 et, sur les dix-huit députés déportés, neufs décédèrent en Guyane. En 1834, au moment où il publia ses mémoires, Barbé-Marbois était le dernier survivant. On trouve, à la fin du second volume, le récit du Voyage dans l'intérieur du continent de Guyane chez les Indiens Rocouyens, par Claude Tony, mulâtre libre, qui accompagnait le docteur Patris dans ce périple. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur dont le nom du dédicataire a été effacé. Chadenat, 2779. — Sabin, 3308.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BAYNE (Robert).

Moor park, with a Biographical Sketch of its Principal Proprietors.

London, Longmans, Green, and Co, 1871. In-8 carré de viij-124 pp.; percaline violette à la bradel, titre doré au dos et sur le premier plat, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Ouvrage illustrée de 8 photographies originales montées sur carton légendé d'Henry Victor Leménager. Moor Park est un manoir palladien situé dans un parc de plusieurs centaines d'hectares au sud-est de Rickmansworth, dans le Hertfordshire, en Angleterre. Il s’appelle Moor Park Mansion car il est situé dans l’ancien parc du manoir de More. Il sert maintenant de clubhouse au club de golf de Moor Park. La maison est classée au patrimoine national de l'Angleterre et le parc paysager au registre des parcs et jardins historiques. Bel exemplaire conservé dans sa reliure d'éditeur. Envoi autographe signé de Lord Ebury à la duchesse de Luynes, daté de 1880. Robert Grosvenor, baron Ebury, fut un des propriétaires de Moor Park. Quelques rousseurs.

BEAUGRAND (Félix).

Relation nouvelle et très-fidelle du voyage de la Terre Sainte, dans laquelle se voit tout ce qu'il y a de remarquable, tant par mer que par terre, depuis le départ de Marseille jusqu'au retour de ce saint voyage.

Paris, Antoine Warin, 1700-1701. 2 tomes reliés en un volume in-12 de (4) ff., 16-138-(6) pp., (3) ff., 154-(7) pp.; basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Le premier tome contient le récit d'un pélerinage effectué en 1699, par un Franciscain, au Mont Liban, Nazareth, Jérusalem, Béthléem... Le second tome donne une description des îles de la Méditerranée (dont Malte et Chypre), de la Terre-Sainte et de son histoire, des Arméniens, des Turcs, ou encore des Arabes. Bel exemplaire. Blackmer, 104. — Boucher de La Richarderie, IV, 315. — Hage-Chahine, 366. — Röhricht, 1243. — Tobler, 119.

BELLEGARRIGUE (Anselme).

Les femmes d'Amérique.

Paris, Blanchard, 1853. In-24 de 96 pp. ; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition séparée de cet ouvrage paru dans les numéro de septembre et d'octobre 1851 de la revue La liberté de penser. L'auteur voyagea en Amérique du nord entre 1846 et 1848, où il découvrit les bienfaits de la liberté individuelle. Il participa à la révolution de 1848 mais fut bien vite déçu car il n'acceptait aucune autorité et prônait l'anarchie. Dans cet ouvrage, il rend compte de ses observations de la société américaine en l'abordant par la place que les femmes y occupaient. Bon exemplaire. Sabin, 4509.

BELLY (Léon).

Vendeur de chaussures.

Vers 1850. Dessin original signé (22,5 x 14 cm).

Beau dessin représentant un vendeur de chaussure de Constantinople. Au premier plan, on trouve un homme en train de fumer, accompagné d'un enfant, ainsi qu'un porteur. Élevé par sa mère, Léon Belly poursuivit d'abord des études qui s'annoncaient brillantes à L'École Polytechnique puis se destina à la peinture. Il devint l'élève d'Édouard Picot et de Troyon et travailla à Barbizon en 1849. Il visita le Liban, la Syrie et l'Égypte en 1850 lors d'une mission scientifique puis l'Égypte en 1855-1856. Il fit partie, avec Jean-Léon Gérôme, du voyage de l'Impératrice Eugénie au Canal de Suez en 1869. Sa toile intitulée Pèlerins se rendant à la Mecque, exposée au Musée d'Orsay est un chef-d'oeuvre de l'orientalisme. Belly composera des sujets orientalistes jusqu'en 1874. Bon état de conservation.

BERBRUGGER (Adrien).

Le pégnon d'Alger ou les origines du gouvernement turc en Algérie.

Alger, Imprimerie de A. Bourget, février 1860. In-8 de 107 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, titre et nom de l'auteur en long (reliure du XXe siècle).

Première et seule édition ancienne. Adrien Berbrugger fut le secrétaire du général Bertrand Clauzel, nommé général en chef en Algérie en 1830. Il s'installa ensuite à Alger et y fonda la bibliothèque et le musée de la ville. Son ouvrage retrace l'histoire d'îlots au large d'Alger sur lesquels les Espagnols construisirent, en 1510, une forteresse (nommée Pénon, ou promontoire en espagnol). Cette dernière fut prise en 1529 par le corsaire Barberousse, nommé sultan d'Alger pour ce fait d'armes et considéré comme le fondateur de la régence d'Alger. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Dos passé, ex-libris manuscrit illisible sur le titre, quelques piqûres. Gay, 864. — Numa Broc, Afrique, 23.

BERGEAUD (Émeric).

Stella.

Paris, E. Dentu, 1859. In-18 de viij-330 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, rare, du premier roman haïtien. Né aux Cayes en 1818, Émeric Bergeaud fut le secrétaire de son oncle, le général Jérôme-Maximilien Borgella, commandant de l'arrondissement des Cayes. En 1848, il s'exila lorsque le président Faustin Soulouque se fit proclamer empereur. C'est à l'île Saint Thomas qu'il rédigea son roman qui relate l'histoire de deux demi-frères, Romulus et Rémus, qui luttaient pour l'indépendance d'Haïti. Malade, Bergeaud confia son manuscrit à son cousin, l'historien Alexis-Beaubrun Ardouin, qui fit éditer l'ouvrage après la mort de son auteur. Bon exemplaire. Quelques piqûres, plus prononcées en début et fin de volume. Max Bissainthe, 385. — Inconnu des principales bibliographies.

BERGMANN (Benjamin).

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par M. Moris, membre de la Société Asiatique.

Châtillon-sur-Seine, C. Cornillac, 1825. In-8 de XXVIII, 361 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition française. Elle est illustrée d'un frontispice lithographié sur Chine représentant "la fête des lampes chez les Kalmuks" et de 11 planches lithographiées d'écritures et de transcriptions. Bergmann séjourna un an parmi les Kalmouks, les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois en Asie centrale. Il s'employa à apprendre leur langue, à observer leurs mœurs et leurs usages, et à étudier les progrès de leurs arts et de leurs sciences. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 433-436 (pour l'édition originale en allemand parue en 1804). — Chadenat, 5323. — Quérard, I, 285.

BERTOU (Jules de).

Examen d'un nouveau voyage en Orient.

Paris, Charles Douniol, 1855. In-8 de 24 pp.; cartonnage de papier vergé brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le journal Le Correspondant, le 25 janvier 1855. Compte rendu de lecture de la traduction anglaise de l'ouvrage de Van de Velde, Narrative of a journey through Syria and Palestine in 1851 and 1852, publié à Londres en 1854. Ancien officier de marine dans l'armée néerlandaise, Van de Velde était également un peintre de paysage et un cartographe. De 1839 à 1841, il se rendit à Batavia afin d'établir des cartes de la région, avant d'effectuer son voyage d'exploration en Palestine et en Syrie en 1851. Le comte de Bertou consacra une grande partie de sa vie à l'étude topographique détaillée de la dépression Jourdain-mer Morte. Bon exemplaire. Numa Broc, Asie, 28. — Manque aux principales bibliographies.

BIRMANIE.

Vue de la pagode Shwedagon.

Aquarelle sur papier cartonné (37,2 x 25,2 cm).

Très belle aquarelle originale représentant la pagode Shwedagon, monument bouddhiste situé sur la colline de Singuttara à Rangoon, en Birmanie. Ce lieu saint bouddhiste est le premier centre religieux de Birmanie car, selon la légende, il contient des reliques de quatre anciens Bouddhas. Bel état de conservation.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BLUNT (Edmund-March).

Le pilote américain, contenant la description des côtes orientales de l'Amérique du nord, depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu'au Mississipi; suivi d'une notice sur le gulf-stream.

Paris, Imprimerie Royale, 1826. In-8 de vij-(1 bl.)-359 pp.; cartonnage à la bradel de papier chocolat, pièce de titre de maroquin noir, non rogné et non coupé (reliure de l'époque de Devillers, avec son étiquette en fin de volume).

Édition originale française, établie sur ordre du ministre de la Marine et des Colonies, par Placide Magré. Cet ouvrage de l'hydrographe Edmund Blunt donne les renseignements les plus étendus et les plus authentiques pour l'époque, sur la navigation des côtes est de l Amérique septentrionale. Bel exemplaire avec provenances prestigieuses. Envoi autographe signé du traducteur au chevalier de Rossel, contre-amiral, et directeur adjoint du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine. Il en deviendra directeur en 1827 jusqu'à sa mort en 1829. Ex-libris de Jean-André Dezauche, fils de Jean-Claude Dezauche, tous deux graveurs, cartographes et titulaires du monopole de la vente des cartes du Dépôt de la Marine. Leclerc, I, 177. — Polak, 899. — Sabin, 6028.

BLUNT (Edmund-March).

Renseignemens sur la partie de la côte comprise entre l'île Sainte-Catherine et Buenos-Ayres.

Paris, Imprimerie Royale, 1827. In-8 de 45-(3 bl.) pp.; broché, couverture de papier bleu de l'époque, titre manuscrit sur le premier plat, non rogné ni coupé.

Première traduction française, par Placide de Magré. Cet ouvrage est le complément du Pilote américain publié en 1826 par le même auteur. Il donne les instructions nautiques de la côte orientale de l'Amérique du Sud depuis l'île Santa Catarina, au sud du Brésil, jusqu'au Rio de la Plata et le port de Buenos-Ayres. Bon exemplaire. Dos en parti fendu. Polak, 897. — Sabin, 6030.

BONIFACY (Auguste).

Cours d'ethnographie indochinoise.

Hanoï-Haïphong, imprimerie d'extrème-orient, 1919. In-8 de 110-v-(1) pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition, illustrée de quelques dessins dans le texte. Après une carrière dans l'infanterie de marine en Indochine, l'auteur s'installa à Hanoï où il devint journaliste, professeur et conseiller municipal. Son ouvrage est un cours d'ethnographie enseigné aux élèves de l'école Supérieure d'Agriculture et de Sylviculture d'Hanoï dans le but de faire connaître aux élèves annamites les diverses populations de l'Indochine. Bon exemplaire. Petit défaut au dos. Cordier, BS, 3352.

BORÉ (Eugène).

Correspondance et mémoires d'un voyageur en Orient.

Paris, Olivier-Fulgence, 1840. in-8 de viij-425 pp. — (2) ff., 498 pp.; basane bleue, dos lisses ornés, filet encadrant les plats, chiffre sur le premier plat, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte dépliante de l'Asie Mineure. Prêtre et professeur d'arménien au Collège de France, l'auteur se rendit en Arménie pour approfondir l'étude des langues orientales. Il séjourna 6 mois à Constantinople (de décembre 1836 à mai 1837), résida à Erzurum en Anatolie, puis à Tabriz, en Perse, où il fonda une école chrétienne. Son ouvrage contient de nombreuses lettres écrites durant son voyage à différents correspondants, mais principalement à son frère Léon, le journal de son voyage de Constantinople jusqu'en Arménie, plusieurs mémoires envoyés à diverses institutions dont un sur la Chaldée et les Chaldéens, ou encore le récit d'un voyage de Téhéran à Ispahan. Bel exemplaire. Quelques piqûres en début et fin de volume. Blackmer, 166. — Hage Chahine, 572.

BOTTU de LIMAS (J.).

Six mois en Orient en MDCCCLI & MDCCCLII.

Lyon, N. Scheuring, 1861. In-8 de vij-506-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une vignette sur le titre, de 2 planches doubles (plan de l'église du saint sépulchre et vue de la vallée de Kalifes), et de 17 planches gravées ( vues de Malte, Athènes, Scutari, Beyrouth, ou encore Jérusalem). Récit d'un voyage en Grèce (Athènes et le Péloponèse), Constantinople, Beyrouth, la Terre Sainte, Alexandrie et Le Caire. Bel exemplaire. Légères piqûres. Blackmer, 177 (qui ne mentionne que 16 planches y compris la planche double). — Hage Chahine, 581. — Rohricht, 2274. — Tobler, 185.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Le détroit de Panama. Documents relatifs à la solution parfaite du problème de Panama (détroit libre, large et profond). Ces documents renferment des détails sur la solution très imparfaite adoptée par les États-Unis (canal à écluses) et sur les mauvais résultats des trois premières années de travaux du gouvernement américain.

Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. In-8 de (2) ff., 305-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de nombreux schémas et illustrations dans le texte dont 9 planches d'après des photographies, et d'une grande planche dépliante. L'auteur fut l'un des acteurs majeurs de la construction du canal de Panama: ingénieur puis entrepreneur avant la faillite de la première compagnie de Panama, actionnaire de la seconde qu'il réussit à faire racheter par les États-Unis, et enfin négociateur du traité entre le Panama nouvellement indépendant et les États-Unis pour la construction du canal. Au moment où il publia cet ouvrage, il rentra en France et critiqua la manière dont les Américains menaient les travaux. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture à Gaston Mestaye, qui fut ingénieur sur le canal de Panama. Dos passé.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

BYRON (John).

Voyage autour du monde, fait en 1764 & 1765, sur le vaisseau de guerre anglois le Dauphin, commandé en chef par le chef d'escadre Byron.

Paris, Molini, 1767. In-12 de (2) ff., lxviij-335 pp.; basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Suard, et illustrée d'un frontispice gravé. Récit du second voyage autour du monde de Byron. Il effectua le premier avec l'amiral George Anson. Lors de ce deuxième voyage, il visita les îles Malouines, franchit le détroit de Magellan, et fit halte dans les archipels de Juan Fernandez et de Tuamotu. Le récit de ce périple fut rédigé par un de ses officiers Philip Carteret. Les 68 pages de la préface sont consacrées à une démonstration de l'existence des géants de la côte de Patagonie d'après les voyageurs qui les avaient rencontrés, de Pigafetta à Byron. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 137. — Leclerc, I, 245. — Sabin, 9734.

BÉNARD (Charles).

La conquête du pôle. Histoire des missions arctiques depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

Paris, librairie Hachette, 1904. In-4 de de xiv-383 pp.; chagrin fauve, dos lisse orné, deux aquarelles sur les plats dans un encadrement de chagrin orné de filets dorés, coupes filetées, encadrement intérieur, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure de l’époque de Durvand).

Première édition. Elle est illustrée d’une carte dépliante en couleurs et de nombreuses illustrations en noir dans le texte (cartes, photographies prises par les expéditions, dessins de sciences naturelles, et reproduction de gravures anciennes). Ouvrage dans lequel on trouve de nombreux renseignements sur les missions polaires, notamment sur l'outillage matériel des expéditions. La reliure est décorée de deux belles aquarelles originales représentant, sur le premier plat, un ours blanc nageant et, sur le second plat, un chien arctique assit sur la neige (d’après des illustrations du titre et de la page 219), dont le papier, légèrement gaufré, souligne les mouvements du dessin. Bel exemplaire dans une reliure spéciale.

CAMBODGE — BONNIGAL (Paul) attribué à.

Vue d'Angkor Vat.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (52,5 x 35,5 cm).

Magnifique vue du temple d'Angkor Vat. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Angkor Vat est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor au Cambodge. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'État » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié à Vishnou, puis, bouddhiste. Le temple est devenu le symbole du Cambodge et figure sur son drapeau national. Il est le principal lieu touristique du pays. Très belle aquarelle.

CAMBODGE — BONNIGAL (Paul).

Vue d'un temple à Phnom Penh.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (65 x 51 cm).

Magnifique vue d'un temple situé à Phnom Penh. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Devenue capitale du royaume du Cambodge à l'époque de l'Indochine française, Phnom Penh était surnommée "la Perle de l'Asie" dans les années 1920. Très belle et spectaculaire aquarelle.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CHAMBRY (G.).

Notes de voyage aux Indes, en chine et au Japon, par un officier en congé.

Paris, Georges Chamerot, 1887. In-8 de viij-318 pp.; demi-percaline bordeaux à la bradel, pièce de titre, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, peu commune, illustrée d'une carte gravée indiquant l'itinéraire de l'auteur. Journal d'un voyage d'agrément fait durant l'année 1882. Parti de Paris le 22 décembre 1881, l'auteur débarqua à Bombay le mois suivant. Il parcourut le nord de l'Inde (Calcutta, Bénarès, Lucknow, Delhi, Jaipur, Agra, le Cachemire, Shimla), la Birmanie, Pondichéry, Ceylan, la Cochinchine (Saïgon) et la Chine depuis Hong-Kong jusqu'à Pékin. Il visita également le Japon et les temples de Nikko avant de retourner en France en avril 1883. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au prince de Sagan (Hélie de Talleyrand-Périgord 1859-1937). Dos passé, coiffes frottées.

CHARDON (Daniel-Marc-Antoine).

Essai sur la colonie de Sainte-Lucie. Par un ancien intendant de cette Isle. Suivi de trois mémoires interessans, deux concernant les Jésuites, et le troisième le général d'Oxat.

Neuchâtel, Société Typographique, 1779. In-8 de (1) f., ij-254 pp. ; veau marbré, dos lisse orné en long, armes en pied du dos, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées de rouge (reliure de l'époque).

"Ouvrage peu connu" (Leclerc). Les deux mémoires sur les Jésuites sont relatifs aux jésuites de la Martinique, et sont signés Petrel. Le troisième est une histoire de Nicolas d'Oxat, général suisse, de religion protestante, au service de Charles VI, qui fut condamné à mort et exécuté après avoir été rendu responsables de la perte de Nissa, lors de la campagne de 1737 contre les Turcs. [Relié avec :] KLEEMAN (Nicolas-Ernest). Voyage de Vienne à Belgrade et à Kilianova, dans le pays des Tartares Budziacs et Nogais dans la Crimée, et de Kaffa à Contantinople, au travers de la mer Noire; avec le retour à Vienne, par Trieste. Fait dans les années 1768, 1769 & 1770. On y a joint la description des choses les plus remarquables concernant la Crimée. Neuchatel, Société Typographique, 1780. (1) f., 246 pp. Première traduction française. Ce voyage a été fait avant la conquête de la Crimée par les Russes. La "Petite-Tartarie" avait un souverain particulier, tributaire de la Porte. Bel exemplaire aux armes de Jean Lemulier de Bressey, conseiller au Parlement de bourgogne. OHR, 1221-1. Ñ Leclerc, 1440. Ñ Sabin, 12017. Ñ Atabey, 632. Ñ Weber, II, 562. Ñ Boucher de La Richarderie, II-171. Ñ Cioranescu, 18 s., 53202.

CHARLEVOIX (Pierre-François-Xavier de).

Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon. Où l'on voit les différenres révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle.

Rouen, Jacques Joseph Le Boullenger, 1715. 3 volumes petit in-12 de (22) ff., 337-(25) pp. — (1) f., 398-(34) pp. — (1) f., 460-(22) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Première édition, rare. Premier ouvrage du père Charlevoix dans lequel il retrace l'histoire du christiannisme au Japon. Il s'inspira de l'ouvrage du père Jean Crasset, Histoire de l'église au Japon, publié en 1689, qu'il abrégea, compléta de notes sur les us et coutumes, les costumes des habitants, la situation politique du Japon, sa topographie et son histoire naturelle, jusqu'en 1715. Cet ouvrage est différent de l'Histoire et description générale du Japon, qu'il publia en 1737. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit des Frères des écoles Chrétienne de Reims, et cachet de congrégation sur les titres. Brunet, II, 1806. — Cordier, BJ, 421. — Sommervogel, II, 1075.

CHAVANNES de LA GIRAUDIÈRE (Hippolyte).

Les petits voyageurs en Californie.

Tours, Mame et Cie, 1853. In-12 de (2) ff., 188 pp.; percaline bleue, dos lisse orné, décors polychromes au dos et sur les plats, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 8 planches lithographiées et coloriées. Cet ouvrage était destiné aux enfants, et publié au moment de la ruée vers l'or en Californie, et raconte l'histoire d'un père et ses deux garçons partis en Californie où il firent fortune grace à l'orpaillage. L'ouvrage fut réédité en 1857 et 1858 sous le titre de Voyage en Californie. Bel exemplaire parfaitement conservé dans sa reliure d'éditeur. Quelques piqûres. Sabin, 12350 (éditions de 1857).

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHINE.

Album concernant l’incident de Shanghai en 1932.

Shanghai, 1932. In-4 oblong (26,7 x 40 cm) de (40) ff. de photographies; percaline noire, encadrement à froid sur les plats, mention «Photographs» en lettres dorées sur le plat supérieur (reliure de l’époque).

Relation photographique de l’attaque de Shanghai par les troupes japonaises, entre janvier et mars 1932. Elle est illustrée de 281 photographies non signées, de dimensions 9 x 14 cm, montées au recto et au verso de chaque feuillet, pour la plupart à raison de 3 ou 4 par page. Des légendes imprimées en français ont été contrecollées sur les pages de l’album. Parmi cet ensemble, environ 240 photographies couvrent le conflit du côté japonais: On y voit d’abord le lieutenant-général Uyeda accompagné de son état-major à Woosung [Wusong], au nord de Shanghai. Les clichés suivants montrent l’arrivée des troupes japonaises et leur déploiement: débarquement de la brigade mixte de la 12e division à Wan-Tsao-Pang; 9e division en route pour le front à Kiangwan; à la recherche des francs-tireurs; marins japonais en position à l’angle de Range et North Honan Roads; sur la ligne de Woosung, près de la gare de Tien Tung An; marins japonais en position dans North Szechuen Road; positions japonaises près de la gare de Tien Tung An; marins japonais en position à la limite de la Concession internationale, etc. Les photographies se rapportent ensuite à l’attaque du quartier de Chapei [Zhabei], à Shanghai: positions japonaises; automitrailleuses en patrouille; mortier de tranchée en action; marins japonais en opération; bombardement de Chapei; prise d’un secteur; gare de Nord incendiée par les bombes des avions japonais; progression des marins japonais; locomotive abandonnée par les Chinois; état-major dans Chapei; incendie du cinéma «Odéon»; destruction des maisons européennes dans North Szechuen Road-Dixwell Road; officiers de la marine japonaise en conférence avec des officiers d’infanterie; ruines à Chapei(paquets de vêtements abandonnés par les réfugiés, maisons chinoises pillées); officiers supérieurs en tournée d’inspection… Puis les opérations continuent dans les environs de Shanghai: cavalerie japonaise en route vers Tazan; cavalerie et section d’artillerie se dirigeant vers Tazan et Miaohangchen; occupation de Kiangwan par les troupes japonaises; bataillons en route pour Nanziang; bataille aux environs du champ de course de Kiangwan; artillerie en action; tanks japonais dans le secteur de Kiangwan-Woosung; marins visitant le front de Kiangwan après l’évacuation des Chinois; explosion d’une bombe d’avion à Woosung; pigeons-voyageurs japonais à Kiangwan; incendie du Golf Club; ligne de chemin de fer Woosung-Shanghai après le sabotage; ruines de Kiangwan (maisons, université, temple chinois). L’album montre ensuite: tranchées japonaises dans le secteur de Kiangwan; cadavres de soldats chinois; transport de blessés japonais; champ d’aviation japonais à Yangtzepoo; avion japonais descendu par les Chinois à Chenju; réfugiés chinois pénétrant dans les Concessions; arrestation de francs-tireurs par les marins japonais; civils russes employés par les autorités militaires; Croix-Rouge japonaise à l’œuvre; construction d’un pont par le Génie japonais; bombardement du village de Woosung par un croiseur japonais; pylône de la station de T.S.F. chinoise à Woosung démoli par le bombardement des forts; canons détruits, etc. A la fin de l’album, une vingtaine de photographies couvrent le même conflit, mais du côté chinois: le général Tai Chi; officiers surveillant une pièce de montagne en action; mortier de tranchée et canon anti-aérien chinois; mitrailleuse de l’avion japonais abattu; barricade chinoise démolie par les Japonais; infanterie chinoise en position à Chapei. L’album s’achève par une quinzaine de photographies, sans légendes, montrant des militaires occidentaux et des installations de défense. Nommé également «Guerre de Shanghai», l’incident de Shanghai se déroula du 28 janvier au 3 mars 1932. A la suite de heurts entre civils chinois et moines bouddhistes japonais, la situation s’envenima et le Japon envoya jusqu’à 80000 hommes, soutenus par 80 navires de guerre et 300 avions, afin de combattre l’armée chinoise commandée par Tchang Kaï-Chek. Le 3 mars, les Chinois durent se replier; le lendemain, la Société des Nations émit une résolution demandant un cessez-le-feu. Un accord fut signé le 5 mai, qui faisait de Shanghai une zone démilitarisée et interdisait aux Chinois de maintenir une force armée dans ses environs, en ne conservant qu’une force de police. Ce conflit est considéré comme l’un des préludes à la guerre sino-japonaise de 1937-1945. Resté anonyme, l’album semble avoir été confectionné sur place après la fin des combats. Il est différent de celui de la photographe Kitty David, intitulé Photographs of the devastated areas of Chapei, Kiangwan and the Northern part of the International Settlement of Shanghai during the Sino-Japanese operations, January 28th to March 2nd, 1932, qui contient 81 photographies sur 80 ff., avec légendes imprimées en anglais contrecollées sur les feuillets (source: The University of British Columbia, The Chung Collection, sur open.library.ubc.ca). Plats légèrement frottés, mais bon état intérieur.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

CLAUZEL (Bertrand).

Explications.

Paris, Ambroise Dupont, 1837. In-8 de 189 pp., (1) f. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 3 cartes lithographiées dépliantes de la région de Constantine. Le général Bertrand Clauzel fut nommé commandant en chef de l'armée d'Afrique après la révolution de Juillet. Il continua la conquête de l'Algérie, occupa Blida et Médéa mais ne put garder la province de Constantine, ce qui lui valut d''être remplacé en mars 1831. Renvoyé en Algérie en 1832, il fut nommé gouverneur général en 1835 et commanda la première expédition de Constantine, en novembre 1836, dont on lui attribua l'échec, et dont la conséquence fut sa destitution. Dans cet ouvrage, il présente sa défense et dénonce le manque de moyens et l'absence de renfort qui le forcèrent d'abandonner ce siège. Bon exemplaire. Non cité par Gay.

CLOUÉ (Georges-Charles, vice-amiral).

L'ouragan de juin 1885 dans le golfe d'Aden.

Paris, Librairie militaire de L. Baudoin, 1886. In-8 de 67 pp. ; broché, couverture grisée imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue maritime et coloniale d'avril 1886. Il fut réalisé d'après les rapports et les journaux de navigation des capitaines des 42 grands navires qui furent engagés dans cet ouragan. Il est illustré de quelques figures dans le texte et d'une grande carte dépliante du golfe d'Aden retraçant la marche du cyclone. Le vice-amiral Cloué participa à l'expédition française au Mexique, fut gouverneur de la Martinique de 1871 à 1874, puis ministre des colonies en 1880-1881. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couverture écornée. Polak, 1798.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.