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Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, Demonville, 1790. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Nombreux passages soulignés de l'époque à l'encre. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Adresses de l'Assemblée Provinciale du nord de Saint-Domingue, du 15 juillet 1791, à l'Assemblée Nationale, au Roi, aux 83 départemens…

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 29 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Coloniale réunie à Léogane rejetèrent le décret du 15 mai 1791 qui accordait aux "gens de couleur nés de père & mère libres" le droit de siéger dans les assemblées coloniales. Ils estimèrent que c'était "effacer la ligne politique qui séparoit les gens de couleur des blancs". "Il faut dans les colonies une classe entre les blancs & les esclaves, laquelle fasse envisager à ces derniers un espace immense entre eux & les blancs; il faut même que les esclaves ne puissent concevoir l'espérance de devenir jamais les égaux des blancs". (pages 7 et 8). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4530.

Album do Rio de Janeiro.

Vers 1930. 3 albums petit in-4 oblong(18 x 25 cm environ); couverture imprimée de papier gris (reliure de l'éditeur).

Ensemble de 3 albums comprenant en tout 30 tirages photographiques. Chaque album comprend 8 photographies (17 x 22,5 cm), un panorama replié (17 x 45 cm environ), et une vignette sur le titre (3,5 x 5,5 cm). Légendées dans l'image, elles montrent les principaux aspects de la ville: quartier de Botafogo, le Corcovado, le pain de Sucre, Copacabana, les places de Paris et de Floriano, panoramas de Corcovado, do pao de Assucar, ou encore de Botafogo. Joint une photographie de la statue du Christ Rédempteur (14,5 x 9 cm), avec, dactylographié au dos, tous les chiffres de sa construction et de ses mensurations. Exemplaire parfaitement conservé dans sa brochure d'origine.

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Arrêt du conseil du roi, pour l'encouragement du commerce de France avec les États-Unis de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1788. In-4 de 6-(2 bl.)pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Arrêt daté du 29 décembre 1787 et signé du secrétaire d'état de la marine La Luzerne, établissant les droit de douane pour les marchandises venant des États-Unis et qui "accorde aux citoyens & habitans des États-Unis, tous les privilèges & avantages dont ses propres sujets de France jouissent ou pourront jouir en Asie & dans les Échelles qui y conduisent". Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le commerce étranger dans les isles françoises de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Les lettres patentes d'octobre 1727 avaient exclu tout les étrangers du commerce des colonies françaises. Cet arrêt, daté du 30 août 1784, décida d'ouvrir les entrepôts des nouveaux ports des îles françaises des Antilles (Sainte-Lucie, Martinique, Guadeloupe, Tabago et Saint-Domingue) au commerce avec les navires étrangers. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le retour des Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleurs aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1777. In-4 de 2 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Arrêt du 7 septembre 1777, signé de Sartine (ministre de la marine) accordant aux colons ayant amené avec eux des domestiques "un nouveau délai de deux mois, à compter du jour de la publication du présent arrêt, pendant lesquels lesdits habitans pourront faire repasser lesdits domestiques Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleur, dans les colonies d'où ils les auroient amenés. Veut sa majesté que ceux desdits domestiques qui n'auroient pas été remis dans deux mois pour tout délai, aux dépôts établis dans les ports, en exécution de ladite déclaration, ne puissent être retenus que de leur consentement, au service de leurs maîtres." Bon exemplaire. Ryckebusch, 250.

Arrêt du conseil d'état du roi, qui, à compter du 10 novembre prochain, convertit en gratifications & primes l'exemption du demi-droit accordée aux denrées coloniales provenant de la traite des Noirs.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Afin d'encourager le commerce de la traite des Nègres, les lettres patentes du mois de janvier 1716 permettait une exemption des droit de douane sur le sucre exporté en métrople. Constatant "que la quantité des Nègres transportés aux isles françoises de l'amérique, qui s'élevait en 1716 qu'à deux ou trois mille Nègres, a été successivement porté au nombre de quinze mille, sans que l'importation des sucres consommés dans le royaume ait pu suivre la même progression", l'arrêt du 26 octobre 1784 décida qu'une prime remplacerait l'ancien système. Bon exemplaire. Ryckebusch, 263.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conseil des Cinq-Cents. Message.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1796]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Extrait du registre des délibérations du Directoire exécutif du 21 novembre 1796. Lettre du Directoire au Conseil des Cinq-Cents en réponse à une demande de ce dernier sur la situation politique et commerciale des colonies. Après avoir fait le point sur les évènements rapportés par les envoyés du gouvernement, le texte conclut : "Si le Directoire n'étoit pas intimement convaincu que le secret sur les opérations relatives aux colonies en assure presque toujours le succès, il auroit déjà rendu publique ses instructions à ses agens". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

Copie de la lettre de messieurs de l'Assemblée provinciale du Nord de Saint-Domingue, daté du Cap le 2 novembre 1790, à messieurs les commissaires extraordinaires auprès de l'Assemblée Nationale.

Paris, Baudouin, 1790. In-4 de 14 pp. ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Cette assemblée provinciale du nord s'était constituée en mars et avril 1790 pour s'opposer aux réformes de la Révolution Française. Elle contient également: - Adresse de l'assemblée provinciale permanente du nord, aux citoyens de la province, qui différent de principes avec elle. Cette adresse invite les municipalités opposées aux réformes à se joindre à l'assemblée. - Extrait des registres des délibérations de l'assemblée provinciale permanente du nord. Par crainte d'une guerre civile qu'ils jugent imminente, les membres de l'assemblée invite tous les citoyens, soldats ou non, à se rassembler sur le Champs-de-Mars de la ville du Cap le 23 octobre 1793, pour y prêter un serment de paix et "d'attendre en paix, & de recevoir avec soumission & respect la décision de l'Assemblée Nationale, acceptée par le roi, sur la contestation qui divise les citoyens de la colonie". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe. — Roquincourt, 3532.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale par les députés de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue, le 25 novembre 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (1) f., 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Discours de remerciement pour le décret du 12 octobre 1790 qui annulait les actes de l’Assemblée Générale de Saint-Domingue, les déclarait attentatoires à la souveraineté nationale et à la puissance législative, et pourvoyait aux moyens de rétablir le calme dans la colonie. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Déclaration du roi, qui permet l'entrée & l'entrepôt, dans les différens port du royaume, des taffias venans des colonies françoises de l'Amérique.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

"Le commerce des eaux-de-vie extraites des sirops & mélasses, & connues sous le nom de taffias, a été prohibé dans toute l'étendue de notre royaume, par déclaration du 24 janvier 1713. L'opinion répandue alors que cette liqueur étoit dangereuse & nuisible à la santé. Mais l'expérience ayant depuis long-temps prouvé qu'elle étoit utile & salubre" cette interdiction est levée par la présente déclaration du 6 mars 1777. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Décret de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, rendu le 28 mai 1790, à l'unanimité.

1790. In-8 de 61 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Le décret de l'Assemblée de Saint-Domingue confiait à elle seule le droit de légiférer, considérant que "aucun acte de corps législatif, en ce qui concerne le régime intérieur, ne pourra être considéré comme loi définitive s'il n'est fait par les représentants de la partie françoise de Saint-Domingue". L'ouvrage donne le texte de ce décret, suivi de plusieurs textes justificatifs et des réponses aux observations faites par l'Assemblée Provinciale du nord de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5392.

Départements français.

Vers 1880. Chromolithographie (12,5 x 20,5 cm chacune), à fond rouge ou jaune.

Rare jeu complet de 30 cartes cartonnées recouvertes de chromolithographies. Elles montrent 3 départements limitrophes (parfois 2) avec leurs blasons, les personnages illustres qui y sont nés, les monuments emblématiques, les principales productions et les costumes régionaux. Bon état de conservation. Coins frottés.

Exposé des États-Unis présenté au tribunal d'arbitrage réuni à Genève conformément aux stipulations du traité conclu le 8 mai 1871 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Washington, Imprimerie du Gouvernement, 1871. In-4 de viij-406 pp.; percaline rouge, dos lisse (reliure de l'éditeur).

Ouvrage illustré d'une carte dépliante en couleurs. Il expose les documents fournis par le gouvernement des États-Unis au tribunal arbitral de Genève, créé pour juger les différents l'opposant à la Grande-Bretagne. Lors de la guerre de Sécession, des navires corsaires confédérés avaient causé de gros dommages à la marine marchande nordiste. Après la guerre, les États-Unis accusèrent la Grande-Bretagne d'avoir soutenu ces corsaires et demandèrent un dédommagement. Un traité conclu à Washington en 1871 prévoyait qu'un tribunal constitué pour cette occasion devait trancher le débat, ce qui était le premier exemple d'une juridiction supra-nationale pour juger un différent entre deux états. Bon exemplaire.

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Extrait des registres des délibérations des citoyens de la paroisse de la Croix-des-Bouquets, isle Saint-Domingue.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-12 de 4 pp.; en feuille, non rogné.

Rare petite plaquette, datée du 25 juillet 1790 dans laquelle les citoyens de la paroisse de la Croix-des-Bouquets, dépendance du Port-au-Prince, se désolidarise de l'Assemblée générale de Saint-Marc. "Après avoir fait la récapitulation des événemens passés dans la colonie depuis le 13 juin dernier, ladite assemblée paroissiale reconnoît que l'assemblée générale de Saint-Marc manifeste de plus en plus son esprit d'indépendance, ainsi que le projet d'une scission avec la France". En conséquence, elle arrête "qu'elle ne reconnoit point pour assemblée coloniale légale celle de Saint-Marc, qui ne se conforme en rien aux décrets nationaux des 8 & 28 mars dernier". À la suite de cette proclamation est imprimée la liste de tous ceux qui ont participé à cette délibération. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

Inauguration du bassin de Radoub de La Martinique (6 mai1868).

Fort-de-France, 1868. In-8 de 7 pp. ; broché.

Compte rendu, avec le discours du gouverneur, de l'inauguration d'un nouveau bassin dans le port de Fort-de-France, en Martinique. Fort-de-France était alors la capitale administrative de la Martinique, mais Saint-Pierre en était la capitale économique. La construction de ce bassin (qui facilitait l'entretien des navires), devait permettre de développer le commerce à Fort-de-France. Bon exemplaire, avec au dos un morceau collé de l'enveloppe et une partie de la marque postale de Fort-de-France. Manque le coins supérieur des deux premiers feuillets, sans perte de texte.

Inauguraçao do caminho de ferro do Valle do Vouga Espinho-Vizieu-Aveiro.

1908. In-folio oblong; percaline verte de l'éditeur, titre en lettres dorées sur le premier plat.

Rare album comprenant 25 reproductions photographiques de Emilio Biel & Cie à Porto, dont 2 sur double page, montrant des vues d'ouvrages d'art et de villes traversées par la ligne de chemin de fer de la vallée de Vouga, au Portugal. La ligne relie Espinho, au sud de Porto, à Vizeu (dans la région centre), puis à Aveiro sur l'Atlantique. Elle fut construite par la Compagnie Française pour la Construction et l'Exploitation des Chemins de Fer à l'étranger, et dirigée par l'entrepreneur François Mercier, également propriétaire de la Société des chemins de fer du Centre. Rare exemplaire contenant 5 photographies supplémentaires, non répertoriées dans la liste des planches en début de volume: une autre vue de Oliveira de Azemeis, la construction d'une gare et 3 vues de la ligne de chemin de fer. Bel exemplaire. Coiffes et coins émoussés.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux François.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Lettre datée du 13 septembre 1790, à bord du Léopard, et signée de Daugy, Bourcel, Le Ray de La Clartaisq, Venault de Charmilly, Daubonneau, et Denix. Ils firent partie du groupe de députés de l'Assemblée de Saint-Marc qui avait quitté Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les avait dispersés. Dans cette lettre, ils se disent les représentants d'une île opprimée, puisque la liberté d'assembler ne leur était pas accordée. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Le peuple juge, ou considérations sur lesquelles le peuple Anglois pourra décider si la lettre qu'on attribue dans le Précis des faits à S. A. R. le duc de Cumberland, est bien véritablement du prince.

S.l., 1756. In-12 de (1) f., viij-160 pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'anglais par Edme-Jacques Genest. L'auteur revient sur une polémique selon laquelle la défaite du général anglais Edward Braddock (commandant en chef des armées en Amérique du nord, mort de ses blessures après une expédition désastreuse dans la vallée de l'Ohio contre les Français et leurs alliés Indiens) aurait été dûe à une lettre attribuée au duc William Augustus de Cumberland, troisième fils de George II et chef des armées. Bon exemplaire. Sabin, 68284.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les députés de la province du nord de Saint-Domingue, à messieurs les citoyens des districts du Port-au-Prince.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-12 de 4 pp.; en feuille, non rogné.

Rare proclamation des députés de la province du nord pour tenter de convaincre les habitants qui avaient soutenu l'Assemblée dite de Saint-Marc. "Vous voulliez rester fidelle [sic] à la Nation, à la loi & au Roi; mais en même temps vous étiez fidelles & attachés aux opérations de l'assemblée coloniale & de votre Comité, ennemis déclarés de la Nation, de la loi & du roi". Et pour prouver leur bonne volonté, il est demandé à ces citoyens de faire une profession de foi, car, "si vous ne reconnoissez pas la forfaiture de l'assemblée de Saint-Marc, vous l'aprouvez, si vous l'approuvez, vous n'êtes plus François". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

Les j'ai vu d'un habitant du Cap. Nouvelle édition, augmentée par-ci, corrigée par-là, & le tout pour le mieux.

Le Cap ?, 1790. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Rare pamphlet dans lequel son auteur, par une succession de paragraphes commençant par "j'ai vu", relate les évènements survenus au Cap-François durant l'année 1790, notamment ceux liés à l'Assemblée de Saint-Marc, dont il dénonce les agissements et approuve la répression par le gouverneur de Saint-Domingue. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges. Roquincourt, 3782. — Inconnu de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Martha la bonne négresse.

Epinal, Pellerin, vers 1870. Planche lithographiée et coloriée (42 x 32 cm), n°1053, revue par Madame Marie Pape Carpentier.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à seize cases, relatant l'histoire d'une esclave à la Martinique, qui après la mort de son maitre, accompagna son héritière en France, avant de revenir sur son île. Bon exemplaire.

Maximilien, Empereur du Mexique. Sa vie, sa mort, son procès, détails intimes & inédits.

Paris, P. Lebigre-Duquesne, 1867. In-24 de (1) f., 157 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Petit ouvrage paru l'année de la mort de l'archiduc Maximilien, frêre de l'empereur d'Autriche François-Joseph. Il est illustré d'un portrait lithographié de Maximilien en frontispice. Depuis 1861, l'expédition française au Mexique cherchait à instaurer dans ce pays un régime catholique favorable aux intérêts européens, pour contrer l'influence des Etats-Unis, protestant, et alors en pleine guerre de Sécession. En 1864, Maximilien fut couronné empereur du Mexique et compta sur la présence des troupes de l'expédition pour assurer son pouvoir. Mais l'aventure tourna au désastre. Début 1867, les troupes françaises furent rapatriées. Maximilien décida de rester mais il fut capturé, jugé et condamné à mort. Il fut exécuté le 19 juin 1867. Bel exemplaire. Deux feuillets plus courts de marge avec perte de quelques lettres.

Mémoire introductif d'instance présenté à MM. les membres du Conseil du contentieux administratif de Cochinchine dans la cause entre MM. Vandelet et Dussutour (demandeurs), et M. le gouverneur de Cochinchine (défendeur).

Saigon, C. Guilland & Martinon, 1883. In-8 de 84 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1881, les négociants français Vandelet et Dussutour obtinrent du roi du Cambodge, et pour trois ans, le monopole du commerce de l'opium et de l'alcool de fabrication indigène. Mais le gouverneur de Cochinchine, désigné comme arbitre pour régler un différent entre le roi et les négociants, en profita pour ajouter de nouvelles clauses au contrat, ce qui donna lieu à de nombreuses difficultés. Bon exemplaire.

Mémoire pour la compagnie des Indes. Servant de réponse aux différentes requestes des prétendus armateurs du vaisseau le comte de Toulouse de Dunkerque.

Paris, P. G. Lemercier, 1726. In-folio de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Mémoire signé par Anisson de Haute-Roche, rapporteur, et Me Faroard, avocat. Publié pour le compte de la Compagnie des Indes, ce mémoire s'intéresse au vaisseau le comte de Toulouse, parti d'Ostende, qui "fit route pour le cap de Bonne Espérance, ensuite alla à l'île Maurice, de là à l'île de Bourbon où […] il traita quelques marchandises, parvint après à Madagascar, où il fit la traite de quatre cens quarante-cinq Nègres, s'en retourna au cap de Bonne Espérance, où il vendit une partie de ses Nègres, & enfin arriva au Cap François". Les rédacteurs du mémoire déclarent que ce vaisseau n'appartenait pas à des armateurs dunkerquois mais "à des armateurs étrangers, qui se servaient du nom de quelques armateurs français". En conséquence, la compagnie réclame réparation pour violation de son monopole sur le commerce avec les îles d'Amérique. Bon exemplaire.

Mémoires de la Société des Philantropes.

Berne, La Société Typographique, 1778. In-8 de (4) ff., 358-(1) pp.; demi-veau marbré, dos lisse orné, tranches rouges (reliure à l'imitation).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Contient: - FEBUÉ (abbé). Essai philantropique sur l'esclavage des Nègres. - SONNENFELDS (J. von). Mémoire sur l'abolition de la torture. - [LAFFON de LADÉBAR]. Discours sur l'amour de l'utilité publique. - Considérations sur l'abus de la sécularisation des biens ecclésiastiques. - MOUDEAU. Voyage de Moncacht-Apé pour servir de suite ou de pendant aux voyages de Gulliver. - [YOUNG]. Mémoire sur l'état actuel de l'agriculture en Angleterre. La Société des Philanthropes fut fondée en 1775 à Strasbourg par Jean de Turckheim. Ouverte à toutes les confessions, cette société eut des membres à travers toute l'Europe, notamment Panckoucke, l'abbé Baudeau, l'abbé Rozier ou encore l'abbé Grégoire. Elle prôna la tolérance, pratiqua la charité, et s'intéressa également à l'économie, la géographie, ou encore la pédagogie. Cet ouvrage est la seule publication périodique de la Société, qui éditait aussi des manuels scolaires, des calendriers pour les paysans et des traductions des auteurs classiques de l'antiquité. Bon exemplaire. Un feuillet manuscrit contenant l'errata, petite galerie de ver en marge intérieure avec perte de quelques lettres. Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Notices statistiques sur les colonies françaises. Imprimées par ordre de M. le Vice-Amiral de Rosamel, Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1837-1840. 4 tomes in-8 de (2) ff., iij-248 pp. — (3) ff., 271 pp. — (2) ff., ij-320 pp. — (2) ff., 216 pp.; veau bleu, dos lisses richements ornés, filet doré et dentelle à froid encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l’époque).

Les bibliographies sont en désaccord sur l'auteur de ces notices ; pour Quérard il s'agirait de Paul-Alexandre Tiby, sous-chef au ministère de la marine, et pour Barbier, d'Edme-Jean-Hilaire Filleau-Saint-Hillaire, directeur du bureau des colonies. Le premier tome est consacré à la Martinique, à la Guadeloupe et à ses dépendances; le deuxième à La Réunion et à la Guyane française; le tome 3 aux établissements français de l'Inde, au Sénégal et à ses dépendances; et le quatrième aux Possessions françaises à Madagascar et aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Bel exemplaire. Barbier, III, 486. — Brunet, VI, 28637. — Quérard, IX, 473. — Ryckebusch, 5984, 5985. — Sabin 95786.

Nouvelle Calédonie. Village et Danse des Canaques.

1889. Aquarelles originales sur carton et montées sur carton légendé à la main (23 x 15 cm, et 31 x 23 cm avec montage)

Ensemble de 2 jolies aquarelles sur la Nouvelle-Calédonie, une représentant un village avec ses habitants face à la mer, et l'autre des Canaques en train réaliser une danse rituelle. Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prit officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances. Pour la peupler, le gouvernement français fit venir deux types de colons : les « libres » qui avaient choisi de s’installer dans l’archipel et les « pénaux », venus purger une peine d’emprisonnement le plus souvent assortie d’une obligation de résidence perpétuelle dans la colonie. Bel état de conservation. Petite mouillure marginale n'affectant que le bord des cartons.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Observations sur les intendances des Isles. Manuscrit.

Vers 1775. In-4 (21,6 x 16,8 cm) de 3 pp. 1⁄4 sur une feuille double; on joint 1 p. in-8 manuscrite sur le même sujet.

La Martinique souhaite le rappel de son intendant. L'auteur, resté anonyme, affirme dès le début que la probité seule est à désirer chez un intendant des îles, et que celui-ci a le devoir de surveiller ses bureaux où se font des "prévarications sans nombre". Puis il rappelle l'origine de cette institution, avant d'énumérer les responsabilités d'un intendant de justice, police et finances. Vient ensuite l'objet de la présente note : "A la paix on renvoïa pour intendant à la Martinique, M. de La Rivière, à qui succéda le président Peinier. C'est aujourd'hui le président Tachere qui remplit cette place. Il arrive assez ordinairement qu'on rappelle au bout de 3 ans les intendants des isles; il y a plus de 3 ans, et contre le vœu des habitans, que le président actuel est à la Martinique…". La note jointe va dans le même sens : "L'intendance de la Martinique est occupée par M. le Président Acher [sic] depuis 4 ans; cette intendance n'étant que triennale, M. le Président Acher pourroit être rappelé; c'est le vœu de la colonie…". Il s'agit de Philippe-Athanase de Tascher, ancien président à mortier au Parlement de Metz, qui occupa l'intendance de la Martinique de 1771 à 1777. L'auteur préconise aussi le rétablissement de l'intendance de la Guadeloupe, réunie depuis peu à celle de la Martinique. Traces de plis. Les documents sont très lisibles.

Ordonnance de l'amirauté de France, portant injonction à toutes personnes demeurantes dans l'étendue de l'amirauté de France, ou des amirautés particulières de son ressort, qui ont à leur service des Nègres ou Mulâtres, de l'un ou l'autre sexe, d'en faire leur déclaration en personne ou par procureur, au greffe de l'amirauté de France, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort; & à tous Nègres ou Mulâtres qui ne sont au service de personne; de faire pareille déclaration, sous telle peine qu'il appartiendra.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 16 avril 1777. Constatant que l'ordonnance du 31 mars 1762 qui portait sur le même point n'était plus appliquée, et que "le nombre de ces gens de couleur se sont multipliés à un tel point, que le plus petit particulier en a à son service: les colons en ont inondé le royaume & […] ont laissé une libre carrière à l'introduction de cette espèce d'homme, dont le nombre & la qualité du sang, ainsi que la nuance de la couleur, ne peut qu'altérer l'uniformité de celle des habitans de ce royaume", un recensement "des Noirs ou Mulâtre qui sont dans Paris & dans le ressort de la cour" est ordonné. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance de nosseigneurs de l'amirauté de France, portant prorogation du délai accordé par celle du 16 avril 1777, aux personnes ayant à leurs service des Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs, ainsi qu'aux Nègres, Nègresses ou Mulâtres n'étant au service de personne, pour faire leur déclaration au greffe de l'amirauté de France à Paris, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort, à peine de 300 livres d'amende contre les maîtres, & de prison contre les Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 7 juillet 1777 qui prolonge le délai de déclaration obligatoire des gens de couleur se trouvant sur le territoire français. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance du roi, concernant les procureurs & économes-gérans des habitations situées aux isles sous le vent.

Paris, P. G. Simon & N. H. Nyons, 1785. In-4 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Ordonnance du 3 décembre 1784, régissant les conditions de mise en gérance de leurs propriétés par les colons de Saint-Domingue. En effet, après "des abus qui se sont introduits dans la gestion des habitations situées à Saint-Domingue" cette ordonnance détaille toutes les obligations à respecter, tant pour les propriétaires que pour les gérants pour la gestion des biens et des esclaves. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Ordonnance du roi portant application du code d'instruction criminelle à l'île de la Martinique et à l'île de la Guadeloupe.

Paris, Imprimerie Royale, 1828. In-4 de 159 pp.; basane flammée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Publication du code d'instruction criminelle à destination des deux îles des Antilles, en application de l'article 7 de l'ordonnance du 24 septembre 1828 sur l'organisation judiciaire à la Martinique et à la Guadeloupe. Ce dernier stipule que ces deux îles seront régies par les différents codes (civil, de procédure civile, de commerce, d'instruction criminelle et pénale) "modifiés et mis en rapports avec leurs besoins". Bon exemplaire. Rousseurs en début de volume.

Ordonnance du roi, portant défenses aux capitaines de navires de laisser débarquer aucun Noir, Mulâtre ou autre gens de Couleurs, avant d'avoir fait leur rapport à l'Amirauté.

Paris, Imprimerie Royale, 1778. In-4 de 3 pp.; en feuilles, non rogné.

Ordonnance du 23 février 1778, faisant suite à celle du mois d'août 1777 qui ordonnait que "les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur de l'un & l'autre sexe, que les habitans des colonies amèneroient en France pour les servir pendant la traversée, seroient à leur arrivée dans les ports, placés dans des dépôts qui on été destinés à cet effet". Mais "Sa majesté étant informée que les capitaines marchands laissent débarquer les Noirs, Mulâtres & autres gens de couleur qui sont à leur bord, avant que d'avoir fait leur rapport aux amirautés", la présente ordonnance renouvelle la précédante, et y ajoute, pour les capitaines qui ne la respecterait pas, une amende de cinq cent livres, et une interdiction de leurs fonctions pour trois mois. Mouillure claire, traces de froissement et de poussière; une petite déchirure sans manque. Ryckebusch, 6072.

Ordonnance portant création d'une cour prévôtale, pour juger les prévenus du crime d'empoisonnement.

Saint-Pierre-Martinique, de l'imprimerie de Fleurot & Cie, 1822. In-4 de 34-(2 bl.) pp.; broché, couverture de papier blanc muet de l'époque.

Rare impression de la Martinique d'une ordonnance de 1822 portant création d'une cour spéciale pour juger les crimes d'empoisonnement. Ces crimes qui "se multiplient à un degré tellement allarmant" et qui "menace l'existence même de la société" doivent être retirés de la justice ordinaire et confié à une cour spéciale "dont la juridiction s'étendra sur toute la colonie de la Martinique", qui "se transportera […] autant que faire se pourra, sue le lieu même où le crime dénoncé aura été commis", jugera sans appel et pourra prononcer des peine capitales. Le texte reprend ensuite les ordonnances de 1724, sur "les vénéfices et poisons", de 1749 concernant "les Nèges empoisonneurs", et de 1757 "pour l'ouverture des cadavres soupçonnés être morts empoisonnés". Bon exemplaire. Mension manuscrite de l'époque sur la page de garde Imprimerie du Gouvrnt. Inconnu des principales bibliographies.

Petit noir et petit blanc.

Epinal, Pellerin, vers 1880. Planche lithographiée et coloriée (40 x 30 cm), n°857.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à seize cases, relatant l'histoire d'un fils de planteur, Anatole, et d'un homme de couleur, son frère de lait, Joachim. Après de nombreuses péripéties, Anatole remet en cause tous ses préjugés et s'exclame : Désormais tu seras mon égal et mon frère. Bon exemplaire.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Pièces officielles relatives aux préliminaires de Londres et au traité d'Amiens.

Paris, Imprimerie de la République, an XI. In-4 de 258 pp. ; cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné (reliure moderne).

Le traité d'Amiens fut signé le 25 mars 1802, entre l'Angleterre d'une part, et la France, l'Espagne et la République Batave d'autre part. Il stipulait la restitution de toutes les possessions qui avaient été prises pendant la guerre sauf l'île de la Trinité et Ceylan, qui furent laissées aux Britanniques. La Colonie du Cap retourna aux Pays-Bas, les frontières furent fixées entre la Guyane française et le Brésil, la République des Sept-Îles (îles Ioniennes) fut reconnue, les droits des pêches de Terre-Neuve et sur le bois de Saint-Pierre-et-Miquelon furent délimités, ou encore le statut de Malte et des chevaliers de Saint-Jean prévoyait leur indépendance à l'égard du Royaume-Uni et de la France. Ce document de première importance dans lequel sont examinées les conditions de l'autorité de la France sur les territoires de Saint Domingue et de la Martinique, entrainera le rétablissement de l'esclavage. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Portrait d'Abraham Lincoln.

Lyon, 1865. Oeuvre tissée (14 x 10 cm).

Portrait tissé par Guillet dans les fabriques lyonnaises de Paul Durand. Il a été réalisé d'après une œuvre de Mathew Brady, un photographe américain actif pendant la guerre de Sécession, et l'un des tout premiers photographes de guerre. Abraham Lincoln fut le seizième président des États-Unis. Il fut élu à deux reprises président, en novembre 1860 et en novembre 1864. Il dirigea les États-Unis lors de la pire crise constitutionnelle, militaire et morale de leur histoire, la guerre de Sécession, et réussit à préserver l’Union. C’est au cours de celle-ci qu’il fit ratifier le XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis, qui abolissait l’esclavage. Il sortit victorieux de la guerre, mais fut assassiné cinq jours plus tard, le 15 avril 1865, à la suite d'un complot organisé par des confédérés. Bon exemplaire.

Preuves de la fausseté de la relation imprimée de M. Mauduit, colonel du régiment du Port-au-Prince.

1790. In-4 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Le 29 juillet 1790, le colonel Mauduit, commandant de la place et du régiment de Port-au-Prince, reçu l'ordre du gouverneur de dissoudre le comité provincial qui s'était formé et d'en arrêter les membres ; ordre qui fut exécuté dans la nuit. Notre brochure présente une impression sur deux colonnes avec, à gauche, la relation du colonel Mauduit qui avait été publié, et, à droite, en guise de réponse, les témoignages du capitaine général du district du Port-au-Prince ainsi que du major général du même district, Rivière de La Souchère, qui fut fait prisonnier durant cette nuit. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7487. — Roquincourt, 4130.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Requête présentée aux États-Généraux du royaume, le 8 juin 1789, par les députés de la colonie de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 7 pp. sur papier bleuté, non rogné ; cartonnage de papier marbré marron à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Requête signée par le marquis de Gouy-d'Arsy, le comte de Reynaud, le comte de Magallon, le marquis de Perrigny, le chevalier Dougé, le comte de Villeblanche, le marquis de Rouvray, ainsi que MM. de Cocherel, de Bodkin-Fitz-Gerald, et de Peyrac, tous députés de Saint-Domingue. Ces derniers demandaient à être admis comme députés aux États-Généraux, alors que les représentant des colonies n'étaient pas autorisés à y siéger. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7748. — Roquincourt, 4393.

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. de Cocherel & Reynaud, députés de l'isle de St. Domingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 55 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

En réponse à plusieurs brochures de députés de St. Domingue contre le prix du blé, un collectif de marchands de plusieurs ports de France, réfute point à point leurs affirmations, et cherche à montrer qu'il n'y a pas de pénurie et encore moins de famine dans la dite colonie. Bon exemplaire. Manque à Max Bissainthe.

Résumés historiques sur la Perse moderne, l'Inde et la Chine, en quatre parties.

Bordeaux, Prosper Faye, 1843. In-8 de (6) ff., 353 pp., (1) f. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage peu commun divisé en quatre parties comprenant un résumé historique sur la Perse, un résumé historique sur la Chine, un précis sommaire de l'histoire des Tartares, et des notices sur la Corée, le Japon, le Tonkin, la Cochinchine, l'Inde et l'Arabie moderne. Bon exemplaire. Légères rousseurs.

Saint-Domingue, ou histoire de ses révolutions ; contenant le récit effroyable des divisions, des troubles, des ravages, des meurtres, des incendies, des dévastations et des massacres qui eurent lieu dans cette île, depuis 1789 jusqu'à la perte de la colonie. [Joint :] Débarquement de la flotte française à Saint-Domingue; faisant suite aux révolutions de cette île; Révolte des Nègres : Événemens déplorables de la guerre désastreuse qui suivit le débarquement; second incendie du Cap par les Noirs; massacre et destruction presque générale de l'armée et des colons; avec un précis historique de l'érection de cette île en royaume d'Haîti.

Paris, Tiger, [vers 1820-1830]. 2 volumes in-12 de 108 pp. — 107 pp ; cartonnage havane marbré à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Premières éditions. Elles sont illustrées de 2 frontispices gravés dépliants représentant l'incendie du Cap Français et le massacre des colons, et la Guerre à mort entre les Français et les Noirs. Très rare petites éditions populaires, sorte de petits condensés des nombreux ouvrages parus sur la révolution de Saint-Domingue et retraçant les évènements entre 1791 et 1804. Le second volume se termine par le texte de la constitution d'Haîti. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5370. — Sabin, 19086, 75195.

Supplique et pétition des citoyens de couleurs des isles & colonies françoises, sur la motion faite le 27 novembre 1789, par M. de Curt, député de la Guadeloupe, au nom des colonies réunies, tendante à faire nommer un comité des colonies, composé de 20 membres, mi-partie de députés des villes maritimes & des manufactures, et mi-partie de députés des députés des colonies.

1789. In-8 de 21-(3) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la Bradel, pièce de titre rouge(reliure moderne).

Rare brochure, publiée en réponse à une Motion de Louis de Curt, porte-parole des députés des colonies, et qui proposait la création d'un comité colonial, composé de colons et de commerçants. Les signataires, Joly, Raimond aîné, Ogé jeune, Du Souchet de S.-Réal, Honoré de S.-Albert, et Fleury exposent que les hommes de couleurs ont été oubliés, que leur situation est pire que celle dont les colons se plaignent mais que "personne ne s'est élevé en notre faveur, personne ne s'est occupé de nous" et "que les citoyens de couleurs, toujours voués à la honte, au mépris, sont encore menacés d'un oubli qui pourroit devenir la cause de leur perte" (pages 2 et 3). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5401. — Roquincourt, 4434. — Ryckebusch, 7668.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

ADAM (Victor).

Bombardement de Sébastopol 1854.

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (45,5 x 61,5 cm).

Belle et grande estampe figurant le bombardement de la ville de Sébastopol en Crimée, dessinée par Victor Adam et lithographiée en couleurs par Hubert Clerget. Ville stratégique située sur les rives de la Mer Noire, Sébastopol était le port d'attache de la Marine impériale russe dont la flotte menaçait la Méditerranée. Le siège et le bombardement de la ville débutèrent le 18 octobre 1854. Ce fut l'épisode principal de la Guerre de Crimée qui opposa, de 1853 à 1856, l'Empire russe à une coalition formée de l'empire Ottoman, du Royaume-Uni, de la France et du royaume de Sardaigne, et qui s'acheva par la défaite de la Russie. Le siège dura onze mois, d'octobre 1854 à septembre 1855. Il fut meurtrier et marqué par de nombreuses épidémies, et s'acheva par la défaite de la Russie, entérinée par le Traité de Paris de 1856. L'estampe montre la ville encerclée de toutes parts et bombardée, coté terre, par les armées turques et anglaises, et côté mer, par la flotte anglaise. Sébastopol riposta et résista grâce à ses forts : Fort de la Quarantaine, Fort Alexandre, Fort Constantin et Fort Catherine. La ville, assez détaillée, montre la citadelle, l'arsenal, les batteries, l'hôpital ou encore les casernes. Les principaux lieux de la ville sont numérotés et légendés au bas de l'estampe. Bel exemplaire. Très légères rousseurs.

ALGERIE.

La danse des nègres (Alger).

Vers 1860. Dessin original rehaussé de couleurs, légendé au crayon (23 x 15 cm).

Très beau dessin en couleurs représentant un défilé, probablement en l'honneur de la venue de l'empereur Napoléon III à Alger. On y voit une foule amassée sous des arcades ou le long de la rue (dignitaires, spahis à cheval, grenadiers), un groupe de musiciens et des nègres en train de danser. L'un d'eux porte notamment un drapeau français accroché à son chapeau. Le 17 septembre 1860 au matin, Napoléon III fut le premier chef d'État français à débarquer à Alger. Il avait un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s'étendrait d'Alger à Bagdad, sous la protection de la France. Un royaume où régnerait l'égalité entre indigènes et Européens. De retour en France, il supprima le ministère de l’Algérie et des Colonies dont les fonctionnaires civils brimaient les indigènes au profit des colons, et envoya à Alger un gouverneur militaire. Bon état de conservation.

ALGERIE.

Livret de transporté.

1852. 16,3 x 10,7 cm; broché, couverture blanche muette

Livret de Prosper Durand, né en 1823 à Ancône, dans la Drôme, et condamné à la déportation en Algérie à la colonie de Saint-André-de-Mascara. Le livret, daté du 9 juin 1852, comprend 4 page pour l'état civil, 6 pages du règlement sur le régime des transportés, et 14 pages de compte (dont 3 seulement utilisées), détaillant les comptes des dépenses en habillement. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, élu au suffrage universel, fit un coup d’Etat pour conserver le pouvoir et, bientôt après, faire proclamer l’Empire. Contre cette violation éclatante de la Constitution, une résistance républicaine se produisit, mais elle fut vaincue. Le pouvoir se débarrassa alors de ses adversaires. Près de 27000 personnes furent arrêtées. Sur simple décision administrative, 19500 surent condamnées à des peines diverses, dont 9820 à la « transportation » à Cayenne ou en Algérie. Livret manié, trace de pliure longitudinale, coins écornés, couverture tachée.

ALGERIE. — ABD-EL-KADER (Emir).

Lettre signée, avec son cachet, à Stéphane Poignant.

1er Rabi’Al-Thani 1282 [24 août 1865]. 1⁄2 p. petit in-folio (31 x 21,2 cm) sur une feuille double; traduction copiée sur la même page.

Lettre de recommandation pour l’un de ses fils. «A Sa Seigneurie le grand, l’élevé, Monsieur le Préfet d’Alger, que Dieu vous bénisse, que les salutations les plus complètes soient sur vous ainsi que la miséricorde de Dieu […]. Nous espérons de votre bonté et de votre excellente initiative, un bon accueil en faveur du porteur Es-Séid Kaddour ben Mahi Ed-din qui est au nombre de mes enfants et qui compte parmi les personnes que nous chérissons le plus. Nous espérons que vous l’aiderez de tout votre pouvoir dans ses affaires. Que Dieu vous bénisse et augmente votre grade. Ainsi soit-il. Abd El-Kader ben Mahi Ed-din». Né en 1808 dans la Régence d’Alger, l’émir Abd-el-Kader est une figure majeure de la résistance algérienne contre la colonisation française. Fait prisonnier en 1847, il fut détenu à Pau puis à Amboise. Libéré en 1852, il séjourna à Paris, voyagea au Proche-Orient et s’installa en Syrie en 1860. Lors des émeutes anti-chrétiennes qui eurent lieu la même année, il sauva du massacre un grand nombre de chrétiens menacés par les Druzes, ce qui lui valut la reconnaissance internationale. Il effectua un dernier voyage à Paris en 1865 puis retourna à Damas où il mourut en 1883. Nommé préfet d’Alger en 1864, Stéphane Poignant avait succédé à Gustave Mercier-Lacombe; il resta à son poste jusqu’en 1869, date à laquelle il fut remplacé par Charles Le Myre de Vilers. Créé en 1848, le département d’Alger couvrait alors le centre de l’Algérie, laissant à l’est le département de Constantine et à l’ouest celui d’Oran. Intéressant et précieux document.

ALLARD (Hugo ou Huych) — ALGERIE.

Algiers. [Alger].

Amsterdam, vers 1680. 425 x 503 mm.

Très rare vue de la ville d'Alger, dessinée par Hugo Allard. La vue est prise depuis la mer, animée de nombreux voiliers, et montre la cité dans son ensemble. Ainsi on distingue la Grande Mosquée Djamâa El Kebir, dont le minaret date de 1324, la mosquée du roi, et sur la droite, le sérail des sépultures des rois. Sur les hauteurs, on peut voir le château impérial, le château neuf, et la mosquée Zidi Bohonor. Le titre est contenu dans une bannière flottante, et orné en tête du blason d'Alger. Au bas de l'estampe figurent quelques vers en hollandais, latin et français. Le graveur Hugo Allard (1625-1691) fonda sa propre compagnie d'édition à Amsterdam. Sa production était relativement petite et consistait en des cartes et des atlas utilisant souvent les travaux de ses plus célèbres compatriotes tels que Blaeu. À sa mort, son fils Carel lui succéda. Très rare. Manque à Koeman qui ne cite que la vue dessinée par Carel Allard, qui diffère de celle de son père. Marge supérieure restaurée, pliure centrale restaurée et renforcée avec petit manque au niveau de la 5ème ligne de vers en latin.

AMATO (Gennaro d’).

Rue d’Alger.

Vers 1900. Aquarelle signée (31,7 x 22,4 cm), monté sur papier fort, titre sur le dessin.

Vue animée d’une rue d’Alger et d’une terrasse de café. Cette aquarelle, rehaussée de gouache, est signée «G Amato» dans l’angle inférieur droit. Elle représente, au premier plan, des Européens en train de consommer sur la terrasse d’un café installée en pleine rue. On voit aussi deux hommes, habillés en djellaba et burnous, passant à proximité et semblant ignorer cette scène. Au second plan, on aperçoit un public nombreux, composé en majorité d’Européens, dont certains se pressent pour acheter à un comptoir; le dessin montre aussi plusieurs enfants, dont l’un, habillé en rouge et coiffé d’un fez, sert les clients du café, et un autre, vêtu d’une djellaba, tend un objet à une Européenne. La rue est bordée par un grand bâtiment à façade blanche, comprenant un étage au-dessus duquel se trouve une terrasse avec quelques arbustes. A l’arrière-plan, l’artiste a représenté plusieurs dômes ainsi qu’un minaret surmonté d’un drapeau. Né en 1857 à Naples, Gennaro d’Amato est un dessinateur et illustrateur italien qui s’inspirait surtout de l’actualité en utilisant un style très réaliste, afin de rendre crédibles les événements relatés. Collaborateur de plusieurs revues, dont L’Illustration, il illustra aussi des ouvrages littéraires dont le Lys sauvage d’André Theuriet (1898). Il mourut en 1949 à Gênes. Cf. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, I, p. 258. Belle aquarelle représentant une rue d’Alger vers 1900.

ASIE.

Ensemble de 4 aquarelles signées.

Golfe de Petchili (Chine), Saigon et s.l., vers 1860. 4 ff. in-8 oblong appliqués sur papier fort, traces de montage au verso, deux dessins comportent une légende manuscrite au crayon.

Réunion d’aquarelles exécutées en Extrême-Orient. Signées «Goem» ou «Goem.», elles représentent les côtes chinoises du golfe de Petchili avec de nombreux bâtiments européens au mouillage, des navires chinois en mouvement à proximité d’un port, un débarcadère à Saigon et un village de pêcheurs. Elles semblent contemporaines de la campagne de Chine (1860) et de la conquête de la Cochinchine par la France (1862). Ces aquarelles sont les suivantes: - Chefoo - Golfo Petchili - o di Pekino. Aquarelle signée «Goem» dans l’angle inférieur droit (signature en partie effacée). 17,8 x 25,3 cm. On aperçoit une trentaine de bâtiments occidentaux au mouillage dans la rade de Chefoo [ou Zhifu]. Cette scène pourrait correspondre à l’arrivée des troupes françaises commandées par le général Cousin-Montauban à Zhifu le 6 juin 1860, au moment de l’expédition franco-anglaise en Chine, qui se terminera, en octobre, par le sac du Palais d’Eté et la prise de Pékin. - [Sans titre]. Aquarelle signée «Goem» dans l’angle inférieur droit. 17,3 x 25,1 cm. Scène animée montrant plusieurs embarcations, probablement chinoises, se déplaçant près du rivage; à l’arrière-plan se trouvent deux entrepôts ou installations portuaires. - Sbarcatojo a Saigon. - Landing Place at Saigon (French Cochinchina). Aquarelle signée «Goem.» dans l’angle inférieur gauche. 17,3 x 25,1 cm. Représente un débarcadère entouré de plusieurs petites barques et bâtiments divers. Le drapeau français est visible sur l’un d’entre-eux, ainsi qu’à l’arrière-plan. - [Sans titre]. Aquarelle signée «Goem.» dans l’angle inférieur gauche. 17,3 x 25,1 cm. Montre un village de pêcheurs, avec plusieurs personnages et quelques embarcations, dont un navire occidental. A l’arrière-plan, on aperçoit un temple ou une église. Si cet artiste n’est pas référencé dans les répertoires, Bénézit (VI, p. 241) mentionne cependant un peintre de l’Ecole flamande nommé J. Goemans, actif vers 1845. Toutefois, aucun élément ne permet de lui attribuer avec certitude ces aquarelles. Leur auteur était probablement un marin ou un voyageur qui se trouvait en Extrême-Orient au début des années 1860. On peut remarquer que l’artiste a représenté fidèlement certains détails, comme la présence de cheminées sur les quatre premiers navires de l’aquarelle de Chefoo, entre le mât de misaine et le grand mât, montrant qu’il s’agit de bâtiments à vapeur. Concernant l’arrivée des troupes françaises à Zhifu, cf. Brizay (Bernard), Le Sac du Palais d’Eté: seconde guerre de l’opium, l’expédition anglo-française en Chine en 1860. Monaco, éditions du Rocher, 2003. Aquarelles très bien exécutées.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

AUSTRALIE.

La perruche ondulée de la Nouvelle Hollande et Van Diemen.

Paris, L. Crémière, vers 1870. Gravure originale (36 x 24 cm).

Jolie gravure finement coloriée et gommée à l'époque imprimée par Lemercier et représentant un couple de perruches ondulées. La perruche ondulée (Melopsittacus undulatus) est de l’ordre des perroquets et de la famille des Psittacidés. Vivant dans toutes les régions arides et semi-arides de l'Australie, elle ne fut rapportée en Europe qu’en 1840. Bel exemplaire.

BACON de LA CHEVALERIE (Jean-Jacques).

Observations présentées à l'assemblée de MM. les électeurs de la partie du nord de Saint-Domingue.

Paris, Quillau, 1789. In-4 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Lettre daté du 27 janvier, au Cap-François, et accompagnée d'un tableau dépliant. Représentant de la paroisse de Limonade à l'Assemblée chargée d'élire les députés de Saint-Domingue aux États-généraux, l'auteur présente un projet de contribution à la rédaction des cahiers de doléance. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4566. — Sabin, 2691.

BALBI (Adriano).

Atlas ethnographique du globe, ou classification des peuples anciens et modernes d'après leurs langues […]

Paris, Rey et Gravier, 1826. In-folio de (5) ff., ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre cuivre (reliure moderne).

Ouvrage dédié à l'Empereur Alexandre de Russie et composé de 41 tableaux dont 22 sur double page. Curieux ouvrage de ce géographe italien, qui publia ces œuvres en France et en français. Dans celui-ci, il classa les peuples d'après leurs langues, et dressa des tableaux polyglottes où il compare les langues à partir de quelques mots usuels. Bon exemplaire.

[BALLETS RUSSES].

Ensemble de sept revues XXe.

- XXe Saison de Serge de Diaghilew. 1927. 10 Galas des Ballets Russes. Romeo and Juliet. Peintures de Max Ernst et Joan Miro. Mercure. Musique de Eric Satie. Décor et costumes de Picasso. Les Fâcheux. Musique de Georges Auric. Rideau, décor et costumes de Georges Braque. - Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 27 décembre 1928. Théâtre de l'Opéra. Le Chant du rossignol. Musique de Igor Stravinsky. Rideau, costumes et décor de Henri Matisse. - XXIIe Saison des Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 1929. Théâtre Sarah Bernhardt. Dessin de couverture en couleurs de G. de Chirico. Musique de Georges Auric. Rideau, décor et costumes de Georges Braque. - Les Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 27 et 29 décembre 1927. Théâtre de l'Opéra. Ballets Léonide Massine. Musique de Serge Prokofieff. L'Oiseau de feu. Conte russe. Musique de Igor Stravinsky. - Gala des Ballets Russes de Vera Nemtchinova. 24 janvier 1930. Théâtre des Champs-Elysées. - Ballets Russes. Direction de W. de Basil. 1934. Théâtre des Champs-Elysées. Lundi 11 juin 1934. Cotillon. Musique Emmanuel Chabrier, décors et costumes Christian Berard. Les Imaginaires. Musique de Georges Auric. Le Beau Danube. Musique de Johann Strauss. Rideau d'André Masson. Beach. Décor et costumes de Raoul Dufy. - Théâtre des Champs-Elysées. Ballet des Champs-Elysées 1947. Directeur artistique Boris Kochno. Directeur chorégraphique Roland Petit. 13 danses. Décor et costumes de Christian Dior.

BARAGA (Friderik Irenej).

Abrégé de l'histoire des Indiens de l'Amérique septentrionale.

Paris, à la société des bons livres, 1837. In-12 de (2) ff., 296 pp. ; demi-basane moucheté, dos lisse, pièce de titre fauve (reliure de l'époque).

Première édition française, de cet ouvrage qui traite principalement des coutumes des Indiens (habillement, nourriture, chasse et pêche, religion, guerre, maladies et pratiques funéraires). C'est une traduction abrégée de l'ouvrage allemand Geschichte, Character, Sitten und Gebräuche der nord-amerikanischen Indier. L'auteur, Frédéric Baraga, était un missionnaire catholique slovène. En 1830, il fut envoyé dans l'Ohio, y apprit la langue indienne Otawa et fut chargé d'une mission près du lac Supérieur. En 1853, il fut nommé à la tête du nouvel évêché de Marquette dans le Michigan. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Howes, 111. — Sabin, 3246.

BARBIER (Emile).

Un Pays jeune du Pacifique: la Bolivie.

Paris, Librairie Hachette et Cie, 1907. In-4 de 84 pp. numérotées [37]-84 et [421]-456; demi-percaline verte, pièce de titre de chagrin grenat, fleuron central, filets or en pied, premier plat de couverture conservé (reliure de l’époque).

Réunion des livraisons 4 à 7 et 36 à 38 du t. XIII (nouvelle série) de la revue Le Tour du Monde, contenant l’ensemble des articles d’Emile Barbier sur la Bolivie. L’illustration comprend 2 cartes et 91 photographies imprimées in texte. Ces illustrations ont été établies à partir de photographies originales, probablement prises par l’auteur pendant son voyage, puis retouchées par l’éditeur. A l’exception de la première, elles ne sont pas signées. Exemplaire de l’auteur, enrichi de 51 photographies en double état, avant la lettre, imprimées sur papier et présentant un tirage plus contrasté que celui des illustrations in texte. Le volume contient aussi 29 ff. de notes dactylographiées de différents formats contenant des passages inédits, ainsi que quelques annotations manuscrites à l’encre rouge. Emile Barbier était, en 1907, chargé de mission du ministère du Commerce et ancien conseiller du Commerce extérieur de la France. En 1895, il effectua un voyage dans l’ouest et le centre de la Bolivie, ce qui lui permit de rencontrer les populations rurales et indiennes, tout en visitant les usines et les installations minières du pays. Cette étude s’ouvre par des considérations générales sur la Bolivie: géographie, composition ethnique, langues, gouvernement, commerce, ressources minières, exportations, monnaie. Barbier y dénonce notamment les conditions de quasi-esclavage dans lesquelles vivent les Indiens domestiqués, décrit les Cholos ou métis, donne des indications sur les deux principales langues locales, le quichua et l’aymara, puis évoque les mines d’or, de cuivre, d’étain et d’argent. Le chapitre suivant contient des renseignements pratiques pour toute personne qui voudrait visiter la Bolivie; les autres chapitres donnent une relation détaillée du voyage: A partir du port chilien d’Antofagasta, l’auteur traverse, en chemin de fer, plusieurs localités (Cuevitas, Calama, Ollagué), avant d’atteindre la Bolivie. Arrivé dans le pays, il passe par Uyuni, Challapata et Oruro, le terminus de la ligne. Vêtu d’un costume local, il se déplace alors en caravane, avec guides, chevaux et mulets, pour se diriger vers Tapacari et Cochabamba. Les étapes suivantes sont Misqui et Sucre (Chuquisaca). De là, il se rend à Potosi, puis à Huanchaca où il reprend le train pour retourner à Oruro. Il se dirige ensuite vers La Paz et Chililaya, puis il s’embarque sur un petit paquebot qui parcourt le lac Titicaca et le dépose à Puno, au Pérou. De là, il prend le chemin de fer, passe par Arequipa et arrive au port de Mollendo (Pérou). Le dernier chapitre concerne les départements nommés Beni, Santa Cruz et Tarija, situés au nord, à l’est et au sud de la Bolivie, où l’auteur n’a effectué qu’une brève incursion. Ces régions sont occupées essentiellement par les tribus indiennes des rampes orientales des Andes, dont certains territoires restent encore inexplorés. Les photographies se rapportent en grande majorité à la Bolivie: Indiens domestiqués, Chola de condition moyenne, Indiens chunchos de la région du Beni, types boliviens, deux cholas élégantes, conducteurs de caravanes de lamas, l’auteur en tenue de voyage (p. 50), Indiens boliviens employés dans une raffinerie de nitrate de soude, relais de voyageurs sur les hauts plateaux de la Bolivie, voie ferrée vers Pulacayo, Indienne d’Uyuni, muletiers boliviens, Indiens dansant devant la gare d’Uyuni, ouvriers des mines, concassement du minerai à Oruro, abri dans le massif de Huanchaca, Indiens et Cholos un jour de fête dans les environs de Cochabamba, Indiens de Potosi employés aux mines d’argent, vues de La Paz, Indiens embrigadés pour la récolte du caoutchouc, etc. Quelques-unes concernent le Chili, principalement le port d’Antofagasta: femme du peuple, débardeurs, débarquement du bétail, raffinerie de nitrate de soude. Deux autres montrent les habitants de Calama et la voie ferrée autour du volcan San Pedro. On joint: - Barbier (Emile). Note de l’auteur. Manuscrit dactylographié. S.l., février 1907, 3 pp. in-4 (au sujet d’une controverse avec le géographe Schrader). - Schrader (Frantz). La Bolivie contemporaine. S.l., février 1907, 2 pp. in-4 imprimées (extrait du Tour du Monde, contenant une critique des articles de Barbier). - Menu. Table gauloise. S.l., 7 septembre 1895, 1 p. in-4 imprimée sur bristol illustrée des portraits des participants au repas. Une note au crayon précise: «Le portrait de E. Barbier qui faisait partie du cénacle ci-dessous fut oublié parce que Barbier était en Bolivie au moment où ces portraits furent exécutés». - Clerc (Ch.). Lettre autographe signée à E. Barbier. Paris, 2 février 1904, 2 pp. in-8, en-tête imprimé «Lectures pour tous - Librairie Hachette & Cie». La célèbre maison d’éditions lui demande un article sur le Chili. - Carte de la Bolivie. S.l.n.d., 1 p. in-12 imprimée. - Liste des lecteurs chez Hachette. S.l.n.d., 1⁄2 p. in-12 manuscrite, au verso d’une invitation. Provenance: Emile Barbier. – Envoi autographe signé de l’auteur: «J’ai vécu ce livre. Je le dédie à mes enfants bien aimés Marcel et Simone». – Marcel Barbier, externe des hôpitaux de Paris (carte de visite contrecollée au verso du plat supérieur).

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Journal d'un déporté non jugé, ou déportation en violation des lois décrétée le 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Paris, Firmin Didot frères, 1834. 2 volumes in-8 de (2) ff., xlviij-271 pp. — (2) ff., 312 pp. ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. Député au Conseil des Anciens, Barbé-Marbois fut déporté à Sinnamary en Guyane lors du coup d'état du 4 septembre 1797. Il ne put rentrer en France quen 1800 et, sur les dix-huit députés déportés, neufs décédèrent en Guyane. En 1834, au moment où il publia ses mémoires, Barbé-Marbois était le dernier survivant. On trouve, à la fin du second volume, le récit du Voyage dans l'intérieur du continent de Guyane chez les Indiens Rocouyens, par Claude Tony, mulâtre libre, qui accompagnait le docteur Patris dans ce périple. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur dont le nom du dédicataire a été effacé. Chadenat, 2779. — Sabin, 3308.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BELANGER (Charles).

Lettre signée à Joseph de Villèle, avec une apostille autographe signée de ce dernier.

Paris, 13 décembre 1824. 4 pp. in-folio (30,8 x 20,3 cm) sur une feuille double, tranches dorées.

Belle lettre relative à son voyage aux Indes orientales. Nommé directeur du Jardin du Roi à Pondichéry, Bélanger annonce qu’il fera le trajet par voie terrestre avec Eugène Desbassayns, commissaire ordonnateur des Etablissements français en Inde. Celui-ci étant chargé d’une mission auprès du shah de Perse, les voyageurs seront amenés à traverser ce pays: «La Perse est peut-être de tous les pays de l’Asie avec lesquels l’Europe a d’anciennes relations, celui qui offre le champ le plus vaste et le plus nouveau à l’étude des sciences naturelles. Les recherches légères faites par Olivier et Michaud, seuls naturalistes qui aient jusqu’à ces dernières années parcouru cette contrée, ont suffi seulement pour donner une idée des richesses qu’elle renferme… Si [la minéralogie et la zoologie] ont été jugées dignes d’intérêt, le règne végétal doit en offrir bien plus encore; sans parler des découvertes scientifiques que l’on pourrait faire en botanique, un grand nombre de végétaux utiles parmi lesquels on distingue la canne de Mazouderan, plusieurs espèces d’excellents fruits, diverses plantes riches en gomme, en résine, en matières colorantes, ont été signalées par les voyageurs comme des conquêtes précieuses que l’on pourrait faire sur la Perse au profit de l’Europe ou de ses colonies…». «Enfin le pays des Marattes, le Décan, le Mysore que je parcourrais successivement n’ont jamais été explorés: il est donc inutile d’insister sur l’intérêt dont un voyage dans ces contrées pourrait être pour les différentes branches d’histoire naturelle». Pour réaliser ce programme, Bélanger demande à Villèle une allocation de 6000 francs, en précisant que Desbassayns a accepté de supporter une partie des frais de voyage. Cette aide lui permettra d’envoyer des collections au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Villèle a ajouté, dans la marge, qu’il recommande cette démarche «utile au progrès des sciences et devant donner à mon neveu un compagnon de voyage aussi méritant que M. Bélanger». Botaniste et explorateur, Charles Bélanger (1805-1881) effectua un important voyage aux Indes entre 1825 et 1829. Il traversa la Russie méridionale, la Géorgie, l’Arménie et la Perse, s’embarqua à Bouchir, passa par Mascate, débarqua à Bombay, explora la côte de Malabar, franchit les Gâtes occidentales jusqu’à Mysore et arriva à Pondichéry en mars 1826. Après avoir enrichi le jardin botanique, il fit trois grandes excursions: à la côte de Coromandel jusqu’au Carnatic; au Bengale et en Birmanie; puis à Java. A son retour, ses travaux firent l’objet d’un rapport élogieux de l’Académie des sciences. Cf. Numa Broc, Asie, pp. 20-21. Document bien conservé.

BELLON de SAINT-QUENTIN (Jean).

Dissertation sur la traite et le commerce des nègres.

1764. In-12 de (2) ff., 174 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Publié deux après le contrat social dans lequel Rousseau considérait l'esclavage comme illégitime, l'ouvrage du théologien Bellon répond que l'esclavage n'est contraire ni au droit naturel, ni à la loi divine, ni même à l'évangile. Son argumentation est basée sur de nombreux passage de la bible, et notamment sur ce passage de Saint-Paul "Que chacun demeure dans la vocation où il étoit lorsque Dieu l'a appellé", et "esclaves, obeissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, avec crainte, avec respect, dans la simplicité de votre cœur, comme à J. C. même." Bel exemplaire. Ex-libris gravé et armorié du comte Joseph de Mortemart. Quelques piqûres.

BERNOVILLE (Raphaël).

Dix jours en Palmyrène.

Paris, Ad. Lainé et J. Havard, 1868. Grand in-8 de (3) ff., 166 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Exemplaire à grandes marges sur papier vergé, avec quelques illustrations dans le texte. Récit d'un voyage, en juillet 1865, de Homs à Palmyre, en Syrie. L'auteur était accompagné des pères et archéologues Adolphe Dutau et Alexandre Bourquenoud, ainsi que du peintre Achille Joyau, envoyé en Orient par le gouvernement français pour y relever l'état des ruines de Balbeck. L'auteur consacre une bonne partie de son exposé aux différentes tribus bédouines du désert syrien qu'ils traversèrent, et relate notamment une rencontre avec Lady Digby, une aristocrate anglaise qui, après une vie mouventée, avait épousée un cheik d'une de ces tribus. Bon exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture. Hage Chahine, 455.

BERTOU (Jules de).

Examen d'un nouveau voyage en Orient.

Paris, Charles Douniol, 1855. In-8 de 24 pp.; cartonnage de papier vergé brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le journal Le Correspondant, le 25 janvier 1855. Compte rendu de lecture de la traduction anglaise de l'ouvrage de Van de Velde, Narrative of a journey through Syria and Palestine in 1851 and 1852, publié à Londres en 1854. Ancien officier de marine dans l'armée néerlandaise, Van de Velde était également un peintre de paysage et un cartographe. De 1839 à 1841, il se rendit à Batavia afin d'établir des cartes de la région, avant d'effectuer son voyage d'exploration en Palestine et en Syrie en 1851. Le comte de Bertou consacra une grande partie de sa vie à l'étude topographique détaillée de la dépression Jourdain-mer Morte. Bon exemplaire. Numa Broc, Asie, 28. — Manque aux principales bibliographies.

BIANCHI (Thomas-Xavier de).

Le guide de la conversation en français et en turc, à l'usage des voyageurs français dans le Levant et des Turcs qui viennent en France.

Paris, Imprimerie d'A. Everat et Compagnie, 1839. In-8 oblong de (2) ff., xij-250 pp.; demi-toile à la bradel avec coins, pièce de titre de maroquin noir (reliure du XXe siècle).

Impression sur trois colonnes: la phrase en français, sa traduction en turc (qui à l'époque s'écrivait en caractères arabe), et la transcription en alphabet latin. Après des notions de grammaire, l'ouvrage donne une liste de phrases élémentaires, suivies de cours dialogues, puis de cours textes qui sont aussi des présentations de la Turquie et de la France. Avec, à partir de la page 237, le texte turc et la traduction du traité de commerce du 25 novembre 1838 entre la France et la Turquie. Savant orientaliste, Thomas-Xavier Bianchi fut professeur de turc à l'École des langues orientales. Il fut également l'auteur d'un dictionnaire français-turc. Bon exemplaire. Hage Chahine, 491.

BIRKBECK (Morris).

Lettres sur les nouveaux établissements qui se forment dans les parties occidentales des États-Unis d'Amérique.

Paris, L'Huillier, Delaunay, 1819. In-8 de (2) ff., xvj-156 pp.; cartonnage fauve à la Bradel, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rare première édition française de l'ouvrage Letters from Illinois, publiées à Philadelphie en 1818, et illustrée d'une carte gravée dépliante. Issu d'une famille de quakers, l'auteur émigra aux états-Unis en 1817, avec sa famille, et fonda une colonie agricole dans l'état de l'Illinois. Ce recueil de lettres comprend sa correspondance durant sa première année avec des amis ou des futurs colons. Il y donne de très nombreux renseignements pratiques sur sa vie et les conditions de son installation. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Sabin, 5538.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Réfutation complette des accusations portées par MM. Ruste et Corio, députés de la ville de Saint-Pierre, contre M. de Damas.

Paris, G. A. Rochette, 1790. In-4 de 13 pp.; cartonnage de papier marbré pruneà la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Propriétaire foncier de sucreries, officier de la Milice, et député extraordinaire de la Martinique en 1790, l'auteur prit la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait réussi à mettre fin à l'affrontement sanglant opposant des homme de couleurs aux colons. Ces derniers avaient publié leur version des évènements que notre brochure s'attache à dénoncer. Bon exemplaire. Roquincourt, 348. — Sabin, 5850.

BONNIGAL (Paul) attribué à.

Vue panoramique d'Angkor Vat.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (49,5 x 31 cm).

Magnifique vue du temple d'Angkor Vat. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Angkor Vat est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor au Cambodge. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'État » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié à Vishnou, puis, bouddhiste. Le temple est devenu le symbole du Cambodge et figure sur son drapeau national. Il est le principal lieu touristique du pays. Très belle aquarelle.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BRASSEUR de BOURBOURG (Charles-Etienne, abbé).

Popol Vuh. Le livre sacré et les mythes de l'antiquité américaine, avec les livres héroïques et historiques des Quichés.

Paris, Arthus Bertrand, 1861. In-8 cclxxxix-(1 bl.)-367-(1) pp.; demi-maroquin fauve, dos à nerfs orné de caissons à froid, pièce de titre de maroquin vert, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice lithographié, de 2 cartes gravées, et de quelques illustrations dans l'introduction. Le Popol Vuh est un texte mythologique maya; il fut rédigé en langue quiché et transcrite en caractères latins vers le milieu du XVI° siècle. Charles-Etienne Brasseur, prêtre et missionnaire, est considéré comme l'un des pionniers de l'archéologie et de l'histoire précolombienne. Il a découvert le manuscrit du Popol Vuh au Guatemala lors d'un de ses voyages en Amérique Centrale. Il en publia ici le texte, avec la traduction française en regard, précédé d'une importante dissertation sur les mythes de l'antiquité américaine. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur le faux-titre Yves Delamarre-Debouteville. Annotations manuscrites au crayon dans les marges. Leclerc, I, 203. — Sabin, 7436.

BRESSANI (Francesco Giuseppe).

Relation abrégée de quelques missions des pères de la compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France.

Montréal, des presses à vapeur de John Lovell, 1852. In-8 de 336-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'italien par le père Félix Martin. Elle est illustrée d'un frontispice, d'une grande carte dépliante de la Nouvelle-France levée par l'auteur, de 2 autres cartes dont 1 dépliante et l'autre dans le texte, de 8 planches dont une dépliante, et des illustrations dans le texte dont 2 à pleine page. Publié en italien en 1653, cette relation n'avait jamais été traduite en français avant 1852, malgré son intérêt. C'est la première synthèse sur les missions en italien et plus particulièrement chez les Hurons. Missionnaire jésuite en Nouvelle-France de 1642 à 1650, l'auteur fut chargé d'une mission auprès des Hurons mais fut capturé par les Iroquois près de Trois-Rivière, torturé puis vendu comme esclaves aux Hollandais. Après un bref voyage en Europe, il retourna au Canada et œuvra pour la paix entre Hurons et Iroquois. Bon exemplaire donné en prix par le collège des Jésuites de Vannes, avec le fer doré de l'école sur les plats et une vignette d'attribution datée de 1867. Mallet, 127. — Sabin, 7735. — Sommervogel, II, 133.

BRIÈRE (Louis).

François Pyrard de Laval, et son éditeur anglais.

Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1892. In-8 de 13 pp. ; broché, couverture crème imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue historique et archéologique du Maine. En 1601, Pyrard fit partie d'une expédition financée par des armateurs de Saint-Malo et de Vitré pour chercher un chemin aux Indes orientales. Après des escales sur les îles d'Annobon, Madagascar et les Comores, son navire fit naufrage aux Maldives en 1602, et il fut retenu prisonnier du roi de Malé pendant cinq ans. Libéré par une attaque du roi de Bengale, il put gagner Calicut puis Cochin où les Portugais l’emprisonnèrent puis l’incorporèrent dans la milice de Goa. Il participa à plusieurs expéditions aux îles de Ceylan, Malacca, Sumatra, Java, Ormuz, et Cambaye. En 1609, les Portugais expulsèrent les Français se trouvant aux Indes, et Pyrard rentra en France en 1611 après un voyage mouvementé et une escale au Brésil. Plaquette peu commune tirée à 50 exemplaires et conservée dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à son cousin l'abbé G. Esnault. Bon exemplaire.

BRULLEY (Augustin-Jean).

Résultats de la révolution quant au commerce, à la marine et aux colonies. Aperçu de leur influence sur les forces et la prospérité de la France.

Paris, imprimerie de Laurens aîné, 1791. In-8 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Texte adressé à la Commission des Onzes, chargée par la Convention Nationale de la rédaction des loix constitutionnelles. Commissaire de Saint-Domingue, l'auteur constate que le commerce colonial "est nul actuellement", or, "c'est du plus ou moins de prospérité de ce commerce que dépend le degré de puissance de la France" (pages 10 et 11). Il demande donc, pour rétablir la prospérité de Saint-Domingue, que les colons, qui n'ont pas de députés à la Constituante, puissent prendre part à la rédaction des lois les concernant. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BUXTON (sir Thomas Fowell).

De la traite des esclaves en Afrique, et des moyens d'y remédier.

Paris, Arthus Bertrand, 1840. In-8 de xxxvj-650 pp.; demi-chagrin bordeaux à coins, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Jacques Pacaud, et illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Afrique centrale (en anglais). Député au parlement de 1818 à 1837, l'auteur œuvra pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Il fut l'un des membres créateur de l'Anty-Slavery Society et succéda à William Wilberforce à la tête du parti anti-esclavagiste à la Chambre des Communes. Son ouvrage, qui propose de remédier au trafic des esclaves par un commerce équitable et la christianisation, a fortement influencé David Livingstone; il fut rapidement traduit en français et en allemand. Bon exemplaire. Feuillet de dédicace portant la mention "offert par la société institué à Londres pour l'extinction de la traite des esclaves" avec le nom manuscrit du dédicataire gratté. Rousseurs éparses, dos et bord des plats passés. Sabin, 9686 (édition anglaise de 1839).

BYRON (John).

Voyage autour du monde, fait en 1764 & 1765, sur le vaisseau de guerre anglois le Dauphin, commandé en chef par le chef d'escadre Byron.

Paris, Molini, 1767. In-12 de (2) ff., lxviij-335 pp.; basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Suard, et illustrée d'un frontispice gravé. Récit du second voyage autour du monde de Byron. Il effectua le premier avec l'amiral George Anson. Lors de ce deuxième voyage, il visita les îles Malouines, franchit le détroit de Magellan, et fit halte dans les archipels de Juan Fernandez et de Tuamotu. Le récit de ce périple fut rédigé par un de ses officiers Philip Carteret. Les 68 pages de la préface sont consacrées à une démonstration de l'existence des géants de la côte de Patagonie d'après les voyageurs qui les avaient rencontrés, de Pigafetta à Byron. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 137. — Leclerc, I, 245. — Sabin, 9734.

BÉGOUËN (Jacques-François).

Discours sur le commerce de l'Inde

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Natif de Saint-Domingue, et membre de la Commission de la marine et des colonies de l'Assemblée, l'auteur prononça ce discours pour défendre un projet de décret sur le commerce. Après la suppression du monopole de la Compagnie des Indes Orientales, il voulait néanmoins conserver le monopole du port de Lorient pour les navires de commerce venus d'Inde. Bon exemplaire.