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MAIRAN (Jean-Jacques Dortous de).

Lettres au R. P. Parrenin, jésuite missionnaire à Pékin; contenant diverses questions sur la Chine.

Paris, Imprimerie Royale, 1770. In-8 de (1) f., xj-(1 bl.)-368-(1 bl.)-(1) pp.; demi-cuir de Russie rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée d'une planche et de 5 figures gravées dans le texte. Membre de l'Académie des Sciences, Mairan écrivit plusieurs lettres, entre 1728 et 1736, au père Dominique Parrenin missionnaire en Chine. Elles traitaient principalement de plusieurs questions qui le préoccupaient dont l'origine supposée égyptienne de la civilisation chinoise. On y trouve également des renseignemenst sur la chronologie et l'astronomie chinoise ainsi que des réflexions sur l'architecture et les loix. Cette deuxième édition est augmentée de cinq opuscules, extraits des publications de l'Académie des Sciences ou du Journal des Savants: L'origine de la fable de l'Olympe (qui serait une aurore boréale); La balance des peintres de M. Piles; Les monstres; L'horoscope d'Auguste d'après une pierre antique gravées; La roue d'Aristote. Bel exemplaire. Cachet d'un collège hollandais sur le titre et les gardes. Petite mouillure en début de volume. Cordier, BS, 57.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTIN-MAGRON — BEAUREGARD.

Le docteur Ernest Godard. Son éloge par M. le Dr Martin-Magron. Sa collection archéologique (simples observations) par Olivier Beauregard.

Publié par les soins de sa famille et de ses amis, 1863. In-8 de 112 pp.; demi-chagrin marron, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un portrait et d'un fac-similé d'écriture d'Ernest Godard. Docteur en médecine et ancien interne des hôpitaux de Paris, Jean Ernest Godard fut l'un des membres fondateurs, en 1859, de la Société d'anthropologie de Paris. Il fut aussi membre de la Société de biologie et de la Société anatomique. Il est connu pour ses recherches sur la tératologie des organes sexuels et l'hermaphrodisme, et aussi pour son voyage scientifique en Egypte, où il fut envoyé en mission en 1861. Lors de ce voyage, il recueillit un grand nombre d'observations anthropologiques, archéologiques et pathologiques. A la suite de fatigues auxquelles il s'était exposé pour aller étudier et soigner les lépreux en Palestine, il contracta à Jérusalem les symptômes d'une hépatite et mourut à Jaffa en septembre 1862. Bon exemplaire.

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE de la MARINE et des COLONIES.

Commission instituée, par décision royale du 26 mai 1840, pour l'examen des questions relatives à l'esclavage et à la constitution politique des colonies. Rapport fait au ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1843. In-4 de xvi-438 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun, tranches jaspées (reliure moderne).

Cette commission était composée notamment du duc de Broglie, du comte de Saint Cricq, du marquis d’Audiffret, du comte de Sade, de Passy, de Tocqueville ou encore du Baron de Mackau. Parmi les questions posées, on trouve l’abolition de l’esclavage envisagée par ses rapports avec l’ordre public, avec l’intérêt réel de la population esclave, avec l’intérêt des colons, avec le maintien du système colonial et des projets de lois concernant l'émancipation générale et simultanée, l'émancipation partielle et progressive et des pièces justificatives. Les membres les plus influents de cette commission, dont Tracy, Tocqueville et Hippolyte Passy, étaient partisans de mesures transitoires contrairement aux solutions radicales de Schoelcher qui menait à la même époque une campagne ardente contre l’esclavage. Il faudra attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit proclamée l’abolition immédiate dans toutes les colonies et possessions françaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5734. — Sabin, 67930.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MOLINA y BEDOYA (Felipe Francisco).

Bosquejo de la Republica de Costa Rica, seguido de apuntamientos para su historia.

New York, S. W. Benedict, 1851. In-8 de (1) f., 128 pp.; percaline noire, dos lisse orné à froid et muet, titre doré sur le premier plat (reliure de l'éditeur).

Première édition du premier livre entièrement consacré au Costa Rica. Elle est illustrée de 9 cartes ou plans dépliants, de 3 portraits, d'une planche dépliante aquarellée, et d'une vue dépliante lithographiée sur fond teinté. Diplomate, l'auteur était ambassadeur du Costa Rica au Nicaragua et signa le traité qui définissait les frontières entre les deux pays. Par la suite, il devint ambassadeur en Angleterre (où il signa un traité commercial), en France, en Espagne, au Vatican et aux états-Unis. Bel exemplaire. Rares piqûres. Sabin, 49879.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MOUCHEZ (Ernest).

Correspondance. Ensemble de 218 lettres, la plupart autographes signées, à lui adressées.

Paris, La Rochelle, Brest, Toulon, Le Havre, Cherbourg, Londres, New York, La Plata, etc., 1887. Environ 500 pp. de différents formats, qq. en-têtes imprimés; les lettres sont conservées dans deux classeurs.

Importante correspondance adressée à l’astronome Mouchez en 1887. Ancien élève de l’Ecole navale, Ernest Mouchez (1821-1892) effectua plusieurs campagnes en Amérique du Sud, dans l’océan Indien et en Extrême-Orient, au cours desquelles il réalisa de nombreuses observations hydrographiques et astronomiques. En 1874, il dirigea une mission envoyée à l’île Saint-Paul, dans le sud de l’océan Indien, afin d’observer le passage de Vénus sur le Soleil. Membre de l’Académie des sciences en 1875, contre-amiral en 1878, il fut alors nommé directeur de l’Observatoire de Paris. Il créa celui de Montsouris et entreprit, avec la coopération d’observatoires étrangers, l’établissement d’une carte photographique du ciel dont la réalisation nécessitait le relevé des coordonnées astronomiques de plusieurs millions d’étoiles de la sphère céleste. Cette correspondance, en grande partie consacrée à l’astronomie, est constituée de lettres qui lui ont été adressées personnellement. Elles évoquent principalement le Congrès astronomique international de 1887, au cours duquel Mouchez lança le projet de la Carte du ciel, ainsi que la publication, la même année, de son étude intitulée La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel. Certaines lettres sont relatives à l’envoi de sa publication, d’autres concernent les travaux de ses correspondants, français ou étrangers. Il est aussi question de l’envoi de matériel astronomique, d’une souscription pour l’érection de la statue d’Arago, d’invitations, de recommandations, de demandes pour venir travailler à Montsouris, de cérémonies pour le cinquantenaire des chemins de fer, des études de son fils Charles à l’Ecole navale, etc. Une centaine de correspondants sont ainsi représentés : astronomes, marins, hydrographes, explorateurs, médecins, naturalistes, mathématiciens, chimistes, physiciens, ingénieurs, météorologues, historiens, artistes, écrivains, hommes politiques, etc. De nombreuses lettres concernent l’Observatoire de Paris, la Société de Géographie, le Service hydrographique, la Société météorologique de France, les observatoires d’Alger, La Plata, Nice… On peut ainsi relever, parmi les correspondants: Astronomes: Antoine d’Abbadie (belle lettre sur l’astronomie, écrite de son château-observatoire d’Abbadia); Francisco Beuf (5 lettres sur ses travaux à l’Observatoire de La Plata, son voyage à Marseille, l’envoi de miroirs et de chronographes en Argentine, sa promotion dans la Légion d’honneur, etc.); William Robert Brooks (au sujet de ‘La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel’ publiée par Mouchez); Charles Dufour (2 lettres écrites de Morges, dans le canton de Vaud, relatives à une trombe survenue sur le lac Léman); Hervé Faye (invitation à dîner); Flammarion (lettre écrite par sa femme Sylvie, pour demander d’envoyer à ‘Flamm’ un portrait photographique de Mouchez); Georges Ernest Fleuriais (8 lettres, sur la réparation d’un instrument de son invention, la mesure des distances à partir de relevés optiques, l’observation des astres, etc.); Hugo Gylden (conflit entre l’astronome Struve et l’académie de Saint-Pétersbourg au sujet de la direction de l’Observatoire de Poulkovo); William Huggins (nomination en tant que membre associé de la Royal Astronomical Society); Edward B. Kuobel (remerciements pour la monographie sur la photographie astronomique); Aimé Laussedat (4 lettres, remerciements pour la brochure, publication de travaux sur la photographie appliquée à la topographie et à l’astronomie, réinstallation du pendule de Foucault au Panthéon, recherche des kilogrammes témoins qui ont été égarés, difficultés avec le ministère, etc.); Henri Perrotin (sur l’observation d’une nébuleuse à l’Observatoire de Nice); Stephen Joseph Perry (sur la photographie astronomique); Georges Rayet (remerciements et projet d’écrire une histoire de la photographie à l’étranger); Henri Renan (excuses au sujet d’un malentendu concernant la lecture d’une note à l’Académie); Otto Wilhelm von Struve (sur le nombre de participants au congrès, qu’il juge insuffisant, et l’observation de la nébuleuse C Orionis); Louis Thollon (concerne l’envoi d’un jeune astronome à l’Observatoire de Nice, la construction d’un spectroscope et les observations à effectuer à l’aide du grand équatorial); Charles Trépied (sur l’incendie de l’Iphigénie et l’observation, à Alger, de la nébuleuse voisine de celle d’Orion); Charles Wolf (au sujet du thermomètre de Lavoisier). Marins: Gustave Besnard (diminution du nombre de lieutenants de vaisseau affectés à Montsouris); Georges Cloué (sur l’organisation d’une réunion internationale d’astronomie et de photographie); André Coffinières de Nordeck (lettre écrite d’Haiphong sur l’aviso la Nièvre); Alfred Albert Gervais (impossibilité, pour le ministre, de venir à une soirée à l’Observatoire); Paul Martin (recommandation pour une demande de visite à l’Observatoire de nuit); Adolphe Lucien Mottez (demande de renseignements pour son fils aîné, lieutenant de vaisseau, qui pourrait demander à être affecté à Montsouris); Léon Olry (remerciements pour l’envoi de deux brochures); Charles Poidloue (2 lettres, recommandation pour son second fils qui voudrait servir à Montsouris); Jean Charles Alexandre Sallandrouze de Lamornaix (au sujet des erreurs typographiques sur un imprimé publié par Delagrave); Albert G. Winterhalter (remerciements pour le séjour passé auprès de Mouchez et sa famille). Hydrographes: Anatole Bouquet de La Grye (2 lettres, sur la remise d’un prix et l’envoi d’une lettre à destination du Mexique); Edmond Paulin Dubois (8 lettres, relatives à l’astronomie, aux études de Charles Mouchez et aux souvenirs de l’Ecole navale, notamment lorsqu’on les informa de la découverte de la photographie en 1839, etc.); Gustave Hilleret (3 lettres, démarches pour se faire détacher à l’Observatoire de Montsouris, remerciements pour l’envoi de son ouvrage accompagné d’une dédicace); baron de Jeffé (5 lettres écrites de Rio, concernant ses travaux et notamment l’exploration d’un banc de corail). Explorateurs: Xavier Brau de Saint-Pol Lias (sur la création de la Revue de l’Etranger); Jean Chaffanjon (malade, il est atteint par la fièvre de l’Orénoque); Henri Coudreau (5 lettres, dont 2 écrites de Cayenne, sur sa mission en Guyane, avec un croquis relatif aux observations géodésiques); Alfred Grandidier (remerciements pour l’envoi du mémoire sur la photographie astronomique). Médecins: Bérenger-Féraud (demande d’appui pour une candidature à une place de correspondant de l’Institut); Jean-Martin Charcot (remerciements); Jules Pelletan (sur les Diatomées et les Infusoires); Germain Sée (invitation à un dîner en l’honneur du médecin du tzar). Naturalistes: Auguste Daubrée (remerciements pour le volume sur la photographie astronomique); Henri de Lacaze-Duthiers (envoi de deux ouvrages à Mouchez pour ses travaux); Alphonse Milne-Edwards (2 lettres, envoi d’un livre sur les Microzoaires, éclosion des œufs de Bombyx neustria); Julien Thoulet (sur les leçons d’océanographie qu’il donnera à Montsouris). Mathématiciens, physiciens et chimistes: Joseph Bertrand (3 lettres relatives au Congrès astronomique); Ole Jacob Broch (2 lettres, dont une invitation au Bureau international des poids et mesures à Sèvres); Hippolyte Fizeau (au sujet de la mesure des clichés du passage de Vénus); Edmond Frémy (remerciements pour l’envoi de son ouvrage); Hippolyte Marié-Davy (évoque les frères Henry, opticiens et astronomes); Eugène Péligot (sur la Monnaie de Paris et le cours de l’argent). Ingénieurs, géographes et météorologues: Ernest Deharme (remerciements de l’envoi de la Photographie astronomique); Hervé Mangon (au sujet de la trombe observée sur le lac Léman); Charles Maunoir (évoque les observations de Chaffanjon et la mission de Coudreau); Léon Teisserenc de Bort (sur la photographie céleste et ses méthodes). Ecrivains, historiens, éditeurs: Eugène Alcan (envoi de son livre: Les Cannibales et leur temps); Georges Bastard (préparation d’un travail sur l’armée de Châlons); Armand Colin (remerciements au nom de l’Alliance française); Albert Gauthier-Villars (2 lettres, impression du Rapport annuel et envoi de 150 exemplaires de sa notice sur la Photographie céleste); Ernest Maindron (remerciements et invitation). Peintres et sculpteurs: François Jean-Baptiste Benjamin Constant (demande d’une sphère à l’Observatoire pour la représenter sur une peinture à la Sorbonne); Eugène Guillaume (sur la statue de Le Verrier à l’Observatoire). Hommes politiques: Général Boulanger (regrets de ne pouvoir venir à une invitation); Victor Duruy (sur la création des comités de l’Alliance française); Charles de Freycinet (remerciements); René Goblet (participation des ministres au Congrès d’astronomie); Pierre Alexandre Isaac (souscription du Conseil général de la Guadeloupe à la statue d’Arago); Léon Lalanne (notes à envoyer pour des nominations dans la Légion d’honneur); Bartolomé Mitre (2 lettres écrites de Buenos Aires, en espagnol, dont une avec la traduction); Dardo Rocha (annonce son départ pour Constantinople); Jacques Salis (évoque la notice sur l’Algérie et ses ports); Victor Schœlcher (au sujet d’une feuille de souscription de l’Union républicaine). Personnalités diverses: Raphaël Bischoffsheim (3 lettres relatives au Congrès de photographie céleste); Eugène Bloch (invitation à entrer au Comité de l’Exposition de photographie de 1887); Charles Bodinier (sur une représentation d’Hamlet aux membres du Congrès astronomique); Eugène Jacobs, ou ‘Ely-Star’ (4 lettres, envoi d’un livre sur les horoscopes, proposition pour une séance de spiritisme devant quelques intimes, projet de conférences d’astrologie à la Sorbonne); Louis Liard (6 lettres, sur le congrès des astronomes et l’Observatoire); Edouard Pierron (4 lettres, sur les côtes de l’Algérie); Tching Tchang (sur la visite du ministre de Chine à l’Observatoire), etc. Référence: Taillemite, Dictionnaire des marins français, nouvelle édition, 2002, pp. 384-385. Provenance: Souvenirs et collections de l’amiral Mouchez. Paris, Nouveau Drouot, 15-16 octobre 1988, salle 16, lot n° 94 (annonce 230 lettres).

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NIEKAMP (Johann Lucas).

Histoire des voyages que les Danois ont fait dans les Indes Orientales, depuis l'an 1705 jusqu'à la fin de l'année 1736.

Genève, Henri-Albert Gosse & Comp., 1747. 3 volumes in-8 de (1) f., xxxvj-244 pp. — (1) f., 282 pp. — (1) f., 202-(1) pp.; basane marbrée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes ornées, tranches bleues mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition de 1745 avec des titres de relais datés de 1747. En effet, cet ouvrage fut d'abord publié sous le titre d'Histoire de la mission danoise dans les Indes orientales. L’ouvrage fut traduit de l’allemand par Benjamin Gaudard. Il retrace l’histoire, entre 1705 et 1736, de la colonie danoise et des missionnaires évangéliques de Tranquebar dans le sud de l’Inde. Bon exemplaire. Légères rousseurs. Boucher de La Richarderie, V, 25. — Brunet, VI, 28154. — Chadenat, 6381.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

ONGANIA (Ferdinando).

Calli e canali in Venezia.

Venise, Ferdinando Ongania, 1891-1900. 2 volumes in-folio; demi percaline bordeaux, dos lisse muet, premier plat illustré (reliure de l'éditeur).

Edition originale, illustrée de 2 frontispices (repris sur les couvertures), et de 200 planches de photographies reproduites en héliogravure. Le premier volume est consacré aux monuments tels que les célèbres palais vénitiens, la Piazza san Marco, les divers canaux avec de nombreux personnages (passants, petits métiers, jeux d'enfants, gondoliers), et le second volume, en grande partie, aux îles de la lagune. L'éditeur et libraire vénitien Ferdinando Ongania publia plus de 170 livres, principalement sur Venise, en utilisant les dernières techniques photographiques pour créer des éditions et des reproductions en fac-similé de grandes œuvres d'art vénitiennes. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, petits défauts d'usage aux reliures.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PARIS (Léon).

Souvenir de la Bellone. 1870-71-72.

Paris, vers 1875. In-4, demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ensemble de 41 eaux-fortes signées dans la planche et légendées, regroupées en 3 suites. Elles illustrent le voyage sur l'Atlantique du navire la Bellone depuis le Sénégal, Gorée, le Gabon jusqu'en Uruguay (avec des scènes de genre, des vues et des personnages), et la vie d'un marin à bord d'un vaisseau. Ces planches sont l'œuvre du lieutenant de vaisseau Léon Paris, dessinateur et aquafortiste, et fils du vice-amiral François-Edmond Paris qui participa notamment aux expéditions de Dumont d'Urville et de Laplace. Bon exemplaire. Polak, 7347 (pour la suite sur la vie des marins).demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PECHEUX (Laurent). — MANZONI (Seeman).

Costumes orientaux inédits.

Paris, 1813. Gravures originales (environ 27 x 18 cm).

Ensemble de 14 planches gravées et finement coloriées par Gatine d'après les dessins de Laurent Pécheux et Seeman Manzoni. Issues de la suite très rare intitulée Costumes orientaux inédits comprenant 25 planches, elles représentent divers costumes turcs : - Membre de la légation Persane à Paris, en 1809. - Barbaresque, capitaine de vaisseau. - Marin turc. - Tartare, courrier de la Porte Ottomane. - Offcier de gendarmes de campagne. - Soldat d'infanterie turque, exercé à l'européenne. - Artilleur turc. - Porte drapeau d'un coprs de milice asiatique. - Sultane. - Femme turque de Cosntantinople, dans la rue. - Porteur d'eau de Constantinople. - Femme de Sinope, chez elle. Bon état de conservation. Atabey, 762. — Colas, 2298.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RAIMOND (Julien).

Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises.

Paris, Imprimerie du Cercle Social, an II [1794]. In-4 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Julien Raimond était un mulâtre et riche propriétaire de Saint-Domingue. Lorsqu'éclata la révolution, il se trouvait en France et y devint le porte parole des Libres de couleurs. Dans cette rare brochure, il reprend le texte d'une lettre qu'il publia en mars 1791 sous le titre Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleurs, à laquelle Page et Bruley ont répondu par l'ouvrage cité dans le titre. En regard du texte de sa lettre, reproduite en intégralité, il cite les passages qui ont été tronqués par les deux auteurs dont il entend dénoncer la mauvaise foi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7542. — Monglond, III, 76. — Inconnu de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Première lettre, écrite dans la partie de l'Ouest.

Paris, 1791. In-4 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

L'auteur, qui est en France depuis 1784 pour la défense des "Libres de couleurs", leur demande d'envoyer les fonds qu'ils ont promis pour qu'il puisse poursuivre la défense de leurs intérêts. Car "depuis plus d'un an je n'ai discontinué de vous écrire, pour vous avertir qu'il falloit envoyer des députés et de l'argent, pour suivre notre cause auprès de la nouvelle législature. Je vous ai mandé également que mes moyens étoient épuisés par sept ans de dépenses faites pour solliciter et défendre notre cause." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

RAYNAL (Guillaume-Thomas-François).

Histoire philosophique et politique des établissemens & du commerce dans les deux Indes.

Amsterdam, 1770. 6 volumes in-8 de (1) f., 384-(4) pp. — (1) f., 294-3 pp. — (1) f., 432-6 pp. — (1) f., 291-(1 bl.)-(2) pp. — (1) f., 294-(1) pp. — (1) f., 426-(2) pp.; maroquin rouge, dos lisses ornés, filets encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Publié l'année de la première édition. Encyclopédie sur le commerce "des Indes", à savoir l'Asie et l'Amérique, publiée par l'abbé Raynal et à laquelle participèrent de nombreux auteurs: Diderot pour la partie philosophique, le fermier général Jacques Paulze pour la partie économique, ainsi que l'abbé Martin, Jean de Pechméja, Saint-Lambert, Holbach... L'ouvrage connut un grand succès et est divisé en quatre grandes parties : les Indes orientales, l'Amérique du Sud, les Antilles (et la traite négrière), l'Amérique du Nord avec un bilan consacré à l'Europe et ses colonies. La troisième édition, publiée en 1780, fut condamnée par la censure. En effet, l'ouvrage prenait parti contre l'esclavage dont il dénoncait les atrocités. Bon exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petites mouillures au début des tomes 1 et 6. A. Feugère, "Bibliographie critique de l'abbé Raynal", 1922, 28. — Ryckebusch, 6856. — Sabin, 68080.

RICHTER (Johann Gottfried). — GEISSLER (Gottfried).

Jeux et divertissements du peuple russe. Spiele und Belustigungen der Russen aus den niedern Volks-Klassen.

Leipzig, au comptoir d'industrie, 1802-1805. In-4 de (3) ff., 32 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets avec le titre en long (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 12 planches gravées et très finement coloriées, d'après des dessins réalisés sur place par Gottfried Geissler. Elles sont accompagnées d'un texte explicatif, en allemand, de Johann Gottfried Richter, et de la traduction française au verso par P. Hacault. Le peintre et dessinateur Johann Geissler se rendit en Russie en 1790 pour y enseigner le dessin. En 1793 et 1794, il accompagna le naturaliste Peter Simon Pallas lors de sa seconde expédition scientifique en Russie du sud, et séjourna ensuite quelques années en Crimée chez le naturaliste. De retour dans sa ville natale de Leipzig, il publia plusieurs ouvrages sur la Russie illustrés des dessins qu'il avait réalisé sur place. Le texte fut écrit par Johann Gottfried Richter, lui aussi originaire de Leipzig, et qui fut, durant 16 ans, précepteur à Moscou. Dans ses commentaires, il fait preuve d'une grande connaissance des coutumes, ainsi que d'une grande tendresse envers le peuple russe. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Rares piqûres. Colas, 2554. — Monglond, VI, 1146.

ROCHET d'HERICOURT (Charles-Xavier).

Second voyage sur les deux rives de la mer rouge dans le pays des Adels et le royaume de Choa.

Paris, Arthus Bertrand, 1846. In-8 de xlviij-406 pp.; cartonnage bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir, non rogné (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 15 planches lithographiées à fond teinté (vues, scènes et scineces naturelle,) et d'une carte gravée dépliante. Négociant et aventurier, Rocher d’Héricourt fit un premier voyage dans l'est africain qui lui permit d'avoir le soutien du gouvernement français pour un second voyage dans la même région, de 1842 à 1845. Après avoir rencontré le Negus Sahle Sellassié avec qui il signa un traité d'amitié, il voyagea chez les Oromos et le pays Soldo, dans le sud de l'Ethiopie. Le récit de son voyage est suivi d'observations scientifiques (températures, pression...), de notes sur la géologie, la botanique et l'histoire naturelle. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Gay, 115. — Fumagalli, Bibliografia Etiopica, 198. — Numa Broc, Afrique, 288.

ROGER (Paul).

De l'intérêt qu'à la marine française à l'ouverture de l'isthme américain par le canal du Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade.

Paris, Ernest Meyer, 1861. In-8 de 20 pp. ; broché, couverture beige imprimée.

Défense d'un projet du percement de l'isthme de Panama dans la région du Darien par l'administrateur de la Société civile du canal de Darien. La région du Darién, à cheval sur le Panama et la Colombie, constitue la zone d’union entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Elle fut explorée à partir de 1861 par Lucien de Puydt puis, en 1876-1878, par Armand Reclus et Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse. Tous étaient désireux d'établir le meilleur tracé pour un futur canal transocéanique. Les cols s'avérant trop hauts, le passage par le Darién fut abandonné au profit du Panama Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelque piqûres. [Joint:] - Ouverture de l'isthme américain par un canal maritime projeté dans le Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade. Paris, Ernest Meyer, 1860. 3 pp. Traduction française d'une lettre de William M'Dermott, chirurgien à bord d'un navire anglais qui avait mené une mission d'exploration au Darien. - Extrait du Moniteur du mercredi 30 mars 1853. (2) ff. Au sujet d'une réception d'une députation anglaise de la Compagnie anglaise pour la jonction des deux Océans par Napoléon III.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUFZ de LAVISON (Étienne).

Enquête sur le serpent de La Martinique (vipère fer de lance, bothrops lancéolé, etc.)

Paris, Germer Baillière, 1859. In-8 de xix-(1 bl.)-390 pp. (mal chiffré 402); demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné, couvertures et dos conservés, non rogné et en partie non coupé (reliure moderne).

Deuxième édition, illustrée de 3 planches lithographiées. L'ouvrage avait été publié en 1843, à Saint-Pierre de la Martinique, dans le journal Les Antilles. Cette deuxième édition est augmentée d'une introduction, et d'appendices sur l'anatomie du serpent et de remèdes à sa morsure. Natif de Saint-Pierre, l'auteur était médecin et homme politique. Il fut maire de sa ville natale, président du conseil général de la Martinique, et directeur du jardin d'acclimatation. Son ouvrage traite du trigonocéphale, bothrops lanceolatus de son nom latin, ou fer de lance pour son nom local, un serpent que l'on ne trouve que sur l'île de la Martinique et dont la morsure peut être dangereuse pour l'homme. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "à son confrère le Dr Carl, en souvenir de son ingénieux procédé de cautérisation". Quelques rousseurs. Sabin, 73928.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINT-DOMINGUE — LABAN.

Lettre autographe signée.

Roseaux, paroisse Saint-Marc, 20 mai 1790. 4 pp. in-4 d'une écriture régulière et très lisible.

Lettre d'un français établi à Saint-Domingue, adressée à son oncle demeurant à Toulouse. Il est d'abord question de l'héritage de ses parents, dont il n'a encore rien reçu. Désireux de récupérer sa part, il a signé une procuration qu'il a envoyée à Toulouse en juin dernier. Ne sachant pas si les biens de ses parents ont été vendus, il demande à son oncle de lui fournir des explications. Il souhaiterait aussi avoir des nouvelles de son frère, Joseph Laban, et demande qu'on adresse son courrier dans une enveloppe au nom de "Monsieur Roux et Cie, négociant à Saint-Marc, isle St Domingue". Il précise aussi que les lettres à destination des îles ou de l'étranger doivent être affranchies de Toulouse pour Bordeaux (ou autre port de mer), sinon elles ne sont pas acheminées. La dernière partie évoque la situation dans la colonie : "Vers la fin de décembre dernier le paÿs a été sagement gardé par les Blancs et gens de couleur libres, plusieurs nègres annonçant ou laissant voir qu'ils auroient secoué le joug de l'esclavage le jour du premier de l'an, sur les faux bruits que ces êtres brutaux avoient ouï que le Roy les avoit affranchis… En mars dernier les gens de couleur au lieu-dit la Petite Rivière ont voulu se révolter. Le commandant de St Marc, M. de Campan, homme brave, les a repoussés et les a obligés de prêter en place publique le serment de fidélité, les chefs de cette conjuration ont été proscrits. Leur tête est à prix, on en a saisi quelques-uns, ils sont retenus en prison, et je pense qu'ils seront punis selon qu'ils le méritent. L'assemblée générale a été convoquée à St Marc d'où elle n'est pas prête à sortir. Il y a présentement dans cette ville deux ou trois cents membres qui composent ce corps…". Intéressante lettre, écrite un an avant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (1791).

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SAINT-DOMINGUE.

Ensemble de 10 documents manuscrits, lettres ou pièces signées.

Limonade, Saint-Louis, Port-de-Paix, Jacmel, etc., 1752-1825. Environ 15 pp. in-4 et in-folio; en feuilles. On joint deux duplicatas et un en-tête imprimé.

Cet ensemble comprend: - [HABITATION LEMAITRE]. Grande feuille de compte. [Limonade], 1752-1754, 1 p. in-folio repliée (restauration au niveau du pli central). Récapitulation des dépenses en fournitures, instruments, approvisionnements et frais divers, entre le 3 avril 1752 et le 7 mars 1754: clous, barriques de sel, outils de charpentier, houes, serpes, haches, chaudière, planches d’acajou pour le moulin, pelles de fer pour la sucrerie, droits d’octroi, frais de justice au sujet d’un esclave marron qui a été arrêté et blessé, etc. - DUCIS, procureur à Saint-Louis. Lettre autographe signée. Saint-Louis, 22 octobre 1771, 3 pp. 1⁄4 in-4. Concerne la succession d’Antoine Sigan, propriétaire à Saint-Domingue, au quartier de l’Asile, décédé le 4 octobre 1771. Il lègue son habitation, estimée à 270000 livres, à deux de ses neveux, dont l’un réside sur place, et l’autre en Languedoc. Ducis demande à son correspondant, un ami de la famille, d’entrer en contact avec le neveu resté en France et de le mettre en garde contre certaines personnes qui pourraient avoir des vues sur son héritage. - QUILHET, propriétaire d’une habitation. Lettre autographe signée à son frère, à Carcassonne. Château-Gaillard (Saint-Domingue), 24 octobre 1784, 1 p. in-4, adresse. Il annonce qu’il retournera en France en mars ou avril prochain. N’emmenant pas d’argent, il demande l’autorisation à son frère de tirer une lettre de change sur lui pour payer le passage et les autres frais. Il déclare posséder «un assez joli capital» mais ajoute: «tout ce que je fais sur l’habitation passe pour la nourriture des Nègres et les ustensiles et les réparations qu’il faut faire…». - GODARD (Antoine Nicolas). Lettre autographe signée à son frère, négociant à Lyon. Bas-Moustique, 12 avril 1786, 3 pp. in-4, adresse. Il annonce avoir vendu des marchandises à perte lors de son séjour à Philadelphie, notamment des soieries, puis il est parti pour Le Cap où il a eu beaucoup de mal à se défaire de ce qui lui restait. Les affaires ne s’améliorant pas, il a été obligé d’accepter une place de précepteur chez un habitant, puis il a obtenu un poste d’économe dans une indigoterie, l’habitation Audigé, avant de renoncer au commerce. La suite concerne les pièces à fournir pour la succession de son père, dont il a appris le décès. - FAURE (Charles), conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel. Pièce signée. Port-de-Paix, 8 avril 1786, 1 p. in-8. Certificat de vie pour Antoine Nicolas Godard, né à Lyon le 19 mars 1755. Le document est également signé par ce dernier. On joint un duplicata. - AUDIGE, propriétaire à Saint-Domingue. Lettre autographe signée à M. Godard, à Lyon. Port-de-Paix, 17 avril 1786, 2 pp. in-4. Lettre en rapport avec la succession de Godard père. Il demande aussi à son correspondant de lui acheter des toiles de Flandres très fines, et de les adresser à la maison Foucher & Duchamp, négociants au Cap. On joint un duplicata. - FORTUNAT, curé de la paroisse d’Ouanaminthe. Pièce autographe signée. Ouanaminthe, 3 mars 1790, 1 p. in-4. Extrait des registres de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Concerne l’inhumation, le 7 octobre 1789, de Françoise Sans, décédée sur son habitation à l’âge d’environ 62 ans; elle était l’épouse de François Saillier, ancien capitaine au régiment du Royal-Pologne. Le texte est suivi d’une longue apostille signée de Jacques Barthélémy Dhudicourt, conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel de la sénéchaussée du Fort Dauphin, attestant l’authenticité de la signature du curé (cachet de cire rouge aux armes de France). - LASERRE aîné, négociant à Bayonne. Lettre signée à MM. Foache et Cie, au Havre. Bayonne, 10 décembre 1791, 1 p. in-4, adresse. Il demande des nouvelles du navire l’Assemblée nationale, capitaine Corbille, armé par MM. Ruelland et Cie, du Havre, qui devait faire la traite sur la côte d’Angola et se rendre ensuite à Saint-Domingue. Il demande aussi le cours des «denrées d’Amérique» de son correspondant ainsi que des nouvelles de ce pays. - DODARD, négociant. Lettre autographe signée à Lachèvre neveu, à Rouen. Jacmel, 18 janvier 1821, 1 p. in-4, adresse (restaurations). Il annonce son arrivée à Saint-Domingue après 45 jours de traversée. Ne pouvant vendre sa «pacotille» sur place, sinon à perte, il va apporter ses marchandises à Saint-Marc, «ville située près du Port-au-Prince, & soumise au gouvernement haïtien depuis la révolution du Nord», afin d’en tirer un meilleur produit. - INGINAC (Balthasar), général de brigade, secrétaire général de la présidence d’Haïti. Lettre signée au comte de Marbois, président de la Chambre des Comptes à Paris. Port-au-Prince, 28 novembre 1825, 1 p. 1⁄4 in-folio, en-tête imprimé de la République d’Haïti, avec la devise «Liberté, Egalité». Dans cette lettre, écrite «l’an 22e de l’Indépendance», Inginac demande à l’ancien intendant de Saint-Domingue de bien vouloir lui envoyer quelques exemplaires de ses ouvrages concernant les finances et leur vérification. On joint un en-tête imprimé de la République haïtienne, comportant une grande vignette gravée sur bois accompagnée de la devise «Liberté ou la Mort» (1 f. in-16 oblong, monté sur papier fort). Bel ensemble sur l’ancienne colonie française de Saint-Domingue et la République d’Haïti. Provenance: Jean-Louis Debauve, magistrat, historien et critique littéraire (cachet sur chaque document portant la mention «Des archives et collections de J.L. Debauve»).

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Essai sur les colonies françoises; ou discours politiques sur la nature du gouvernement, de la population & du commerce de la colonie de S. D.

Paris, 1754. In-12 de (4) ff., 360 pp.; demi-veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges mouchetées (reliure de l'époque).

Première, et seule édition ancienne. À l'aide de 11 discours l'auteur donne une vue générale sur l'histoire de l'administration de Saint-Domingue qu'il considère comme héritière "du gouvernement propre aux flibustiers, fondateurs des colonies, qui s'est conservé dans une population civile". Pour lui, il résulte que le gouvernement de Saint-Domingue est dominé par l'arbitraire et qu'il est urgent de faire "rentrer les colonies dans la circulation politique des lois nationales" (pages 38 et 39). La seconde partie, annoncée dans la table ne fut jamais publiée. Les cartons des pages 107/108 & 207/208 sont reliés en fin de volume. [Relié en début de volume:] - [JEFFERYS (Thomas)]. Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours. Londres [Paris ?], 1755. (1) f., xiv-281 pp. Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Sans la carte de l'Acadie, extrêmement rare, que l'on ne trouve que dans quelques exemplaires. Bel exemplaire. Leclerc, 732, II, 1411. — Sabin, 35958, 75518.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Roman politique, sur l'état présent des affaires de l'Amérique, ou lettres de M*** à M***. Sur les moyens d'établir une paix solide & durable dans les colonies, & la liberté générale du commerce extérieur.

Amsterdam, et se trouve à Paris, Veuve Duchesne, 1779. In-12 de (2) ff., 352 pp.; veau moucheté, dos lisse orné, filet à froid encadrant les plats, coupes filetées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Seconde édition de cet ouvrage rare. L'ouvrage se présente comme une série de 18 lettres, datées de juillet à septembre 1756, au moment du début de la guerre de Sept Ans au Canada. L'auteur, syndic de la Compagnie des Indes, s'y livre à un examen de l'implication des différentes nations européennes en Amérique du Nord, en vue d'établir un équilibre du pouvoir entre les nations colonisatrices, ce qui permettrait d'éliminer la guerre et d'encourager le commerce. Bel exemplaire. Cachet de la bibliothèque du chateau de la Roche-Guyon sur le titre. Mouillure claire dans la marge externe. Sabin, 75521. — Manque à Leclerc.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SARTINE (Antoine de).

Pièce signée par Louis XVI (secrétaire) et contresignée par Sartine.

Versailles, 8 août 1775. 1 p. in-folio (36,4 x 24,2 cm), sceau à froid aux armes royales, annotations au verso.

Brevet de sous-commissaire de la marine et des classes à la Guadeloupe. «Sa Majesté ayant destiné le Sieur Bournisien écrivain de la marine et des classes pour servir en qualité de sous-commissaire de la marine et des classes à la colonie de la Guadeloupe, elle veut qu’il en fasse les fonctions, qu’il en porte l’uniforme, et qu’il jouisse des honneurs, pouvoirs, autorité dont jouissent les autres sous-commissaires de la marine et des classes…». Bournisien de Valery fut, de 1771 à 1775, écrivain de la marine à la Guadeloupe, chargé en chef de l’inspection de l’hôpital militaire, des magasins du Roi et du bagne. Ayant parfaitement rempli ses fonctions, il fut promu sous-commissaire en 1775 (source: archives nationales d’outre-mer). Ancien lieutenant général de police, Antoine de Sartine devint, en 1774, ministre de la Marine. Il mit sur pied une organisation plus rationnelle en s’appuyant essentiellement sur le corps des officiers de vaisseau. Sentant venir la guerre d’Amérique, il poussa très activement les constructions navales. Il quitta le ministère en 1780 et fut remplacé par le maréchal de Castries. Document très lisible.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SOLTYKOFF (prince Alexis).

Voyage en Perse.

Paris, L. Curmer, 1851. Grand in-8 de (3) ff., 140 pp.; percaline noire, décor polychrome au dos et sur les plats, tranches dorées, couvertures illustrées (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 20 planches lithographiées à fond teinté d'après les dessins de l'auteur (paysage, cavaliers, danseurs, portraits, scènes de bazar…). Durant son enfance, Soltykoff assista à la visite d'une ambassade perse à Saint-Pétersbourg, lui donnant l'envie de voyager dans ce pays. En 1838, il effectua donc ce voyage en passant par le Caucase, puis il visita Tiflis, l'Arax, Miana et Téhéran. Bon exemplaire à grandes marges. Ex-libris Eugène Seligmann. Papier légèrement jauni. Hage Chahine, 4560. — Vicaire, VII, 575. — Wilson, 212.

SONNINI de MANONCOURT (Charles-Nicolas-Sigisbert).

Voyage en Grèce et en Turquie, fait par ordre de Louis XVI, et avec l'autorisation de la Cour Ottomane.

Paris, F. Buisson, an IX - 1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 460 pp. (+ (4) pp. entre les pp. 18 et 19).— (2) ff., 460 pp., et un atlas in-folio ; demi-basane brune à coins, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition. L'atlas comprend 7 planches gravées dont 2 dépliantes (une grande carte du Levant avec les contours aquarellés, une planche représentant le passeport de l'auteur, 3 planches d'histoire naturelle, et 2 planches de costumes). Voyageur et naturaliste, Charles Sonnini de Manoncourt avait déjà mené plusieurs voyage d'exploration en Guyane et à Cayenne, lorsqu'il fut envoyé en voyage d'exploration en égypte par le roi Louis XVI. C'est de retour de ce voyage qu'il visita la Grèce et plus particulièrement Chypre, Rhodes, la Crète, l'Archipel des Cyclades, Chios, et Thessalonique. Dans son ouvrage, il s'attarde plus particulièrement sur les descriptions géographiques, les productions naturelles, les sciences naturelles et les coutumes des habitants. Bon exemplaire. Quelques rousseurs sur les planches. Atabey, 1156. — Brunet, V, 445. — Hage Chahine, 4567. — Quérard, IX, 212. — Weber, II, 581.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de).

Signaux généraux de monsieur le comte de Tourville, vice-amiral de France, portant pavillon d'amiral, & général de l'armée navalle [sic] du roy.

Entre 1689 et 1693. Petit in-folio de 79 pp.; demi-veau havane à coins, dos à nerfs fileté or (reliure à l'imitation).

Rare document, imprimée à petit nombre, répertoriant les différents signaux utilisés par l'escadre commandée par le comte de Tourville (nombre de coups de canon, couleurs et formes des pavillons ainsi que leurs emplacement dans la mâture). Anne-Hilarion de Costentin de Tourville fut nommé vice-amiral de la flotte du Levant en 1689, après la mort de Duquesne, et était commandant de fait de la Marine Royale, puisque le vice-amiral du Ponant, le maréchal d'Estrée, ne prenait plus la mer. Il participa aux combats de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et fut nommé maréchal en 1693. Bon exemplaire. Petite mouillure et tache d'encre dans l'angle supérieur des pages, rare piqures. Inconnu de Polak.

VATTEMARE (Alexandre).

Album russe.

Paris, Challamel, 1842. In-folio oblong, demi-toile mauve à coins, pièce de titre noire (reliure moderne).

Rare album comprenant un titre illustré, un feuillet de dédicace, et 15 planches dont 3 avec 2 illustrations et 3 de reproductions d'autographes. L'auteur se fit connaitre par un spectacle de ventriloque où il jouait tous les personnages des pièces qu'il représentait, sous le nom de monsieur Alexandre. Durant ses tournées en Europe et en Amérique, il réunit une collection de dessins, estampes, médailles et autographes. Puis, en 1833, il conçut et mit en place un système d'échange d'œuvres en double dans les collections publiques et, pour le financer, publia un Album cosmopolite illustré par les pièces de sa collection. Notre Album russe est une réunion, sous un nouveau titre, des illustrations et autographes se rapportant à la Russie extraite de son Album cosmopolite. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VAUX (Roberts).

Mémoire sur la vie d'Antoine Bénezet. Abrégé de l'ouvrage original.

Londres, Vogel, 1824. In-8 de (1) f., iv-(2)-88 pp. ; broché, couverture bleue muette.

Protestant d'origine française devenu Quaker durant son séjour en Angleterre, Antoine Benezet migra avec sa famille en Amérique en 1731. Il y ouvrit la première école publique pour filles à Philadelphie, et s'intéressa à l'instruction des sourds-muets. Il fut surtout connu pour son opposition à l'esclavage et pour son action en faveur de l'instruction des Noirs pour lesquels il créa une école du soir en 1750 puis, en 1770, la Negro School. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit du pasteur Emilien Frossard (1802-1881), dessinateur et fondateur de la société Ramond pour l'étude scientifique des Pyrénées. Dos et partie du premier plat passé, petites déchirures au dos. Sabin, 98703.

VAZQUEZ QUEIPO (Vicente).

Cuba, ses ressources, son administration, sa population, au point de vue de la colonisation européenne et de l'émancipation progressive des esclaves.

Paris, Imprimerie Nationale, 1851. In-8 de (2) ff., xx-594 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, traduite de l'espagnol et annoté par Arthur d'Avrainville, et illustrée d'un tableau dépliant. Alors que, dans les colonies anglaises puis françaises des Antilles, l'esclavage avait été ou allait être aboli, l'Espagne s'interrogeait sur les moyens de maintenir la prospérité dans l'île de Cuba. En 1844, le procureur fiscal de la surintendance des finances rédigea un rapport dans lequel il critiquait la gestion de la colonie par sa métropole et proposait un plan de développement par une immigration blanche et une abolition progressive de l'esclavage, le tout accompagné de nombreux documents sur la fiscalité, les ressources et l'administration de l'île. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au duc de Luynes. Sabin, 67081.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VIETNAM.

Une rue dans Cholon.

1903. Fusain en couleurs signé du monogramme AT (47,7 x 32,5 cm), monté sous passe-partout.

Très beau dessin original représentant une rue de Cholon avec au premier plan un groupe de personnes attablé prenant leur repas. Cholon est un quartier de Hô-Chi-Minh-Ville (anciennement Saïgon), au Vietnam. Il se caractérise par son commerce du riz, et on y trouve une très forte communauté chinoise implantée à la fin du siècle. Situé jadis à l'écart de la ville, il fait aujourd'hui partie de ses 5e et 6e arrondissements. Bon état de conservation.

VILLARET-JOYEUSE (Thomas).

Discours sur l'importance des colonies & les moyens de les pacifier.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 (1797). In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 31 mai 1797, par Thomas Villaret-Joyeuse, député du Morbihan et membre de la commission des colonies. Il avait un frère qui possèdait une plantation à l'île Maurice, et était le principal porte-parole des colons esclavagistes au Conseil des Cinq-Cents. Dans son discours, l'auteur demande que Saint-Domingue soit déclarée en état de siège et que le pouvoir y soit remis aux autorités militaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8359. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 99561.

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

Fragments sur l'Inde, et sur le général Lalli.

Lausanne, 1773. In-8 de (2) ff., 162 pp.; veau granité, dos lisse orné, pièce de titre verte, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Édition publiée la même année que l'originale. Le général Thomas-Arthur de Lally-Tollendal, gouverneur général de l'Inde française, fut condamné à mort puis exécuté, en 1766, car rendu responsable de la perte des établissements français en Inde durant la guerre de Sept Ans. Cette exécution produisit une grande indignation en France et en Europe, et Voltaire, alors âgé de 79 ans, publia ce mémoire. Il y dénonce le jugement de haute trahison, et, en parti grâce à son soutien, le fils du général obtiendra une révision du procès, et la cassation du jugement de haute trahison, mais pas la réhabilitation complète de son père. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Bengesco, Bibliographie des œuvres de Voltaire, 1828.

WOODARD (David).

Relation des malheurs et de la captivité, pendant deux ans et cinq mois, du capitaine David Woodard, et de quatre de ses compagnons, dans l'isle de Célébès, située sous la ligne équinoxiale. avec la description de cette isle, de ces productions, et des mœurs et coutumes de ses habitans.

Paris, F. Buisson, an XIV-1805. In-8 de (2) ff., 322 pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes gravées dépliantes, et de 2 planches gravées représentant des types de bateaux. Ouvrage rédigé par William Vaughan d'après le récit de David Woodard, capitaine au service de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. La première partie retrace la captivité de l'auteur; elle est suivie d'une description de l'île des Célèbes (géographie, population, sciences naturelles, mœurs, administration) puis d'une réunion de "relations de longs jeûnes et de souffrance" tant en mer qu'à terre. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Boucher de La Richarderie, V-173. — Hill, 1912 (pour l'édition anglaise).

WYSE (Lucien).

Le canal de Panama. L'isthme américain. Exploration; comparaison des tracés étudiés. Négociations; état des travaux.

Paris, Hachette et Cie, 1886. Grand in-8 de (2) ff. 399 pp., (2) ff.; demi-chagrin marine à coins, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Ch. Magnier).

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes dépliantes en couleurs, d'un tableau dépliant, et de 90 illustrations gravées sur bois dans le texte. Ingénieur et géographe, l'auteur fut chargé de diriger l'équipe d'ingénieurs qui avait prospecté et étudié plusieurs projets de percement de l'isthme de Panama. Il signa le traité de concession avec la Colombie puis fut chargé de superviser l'éxécution du canal. Son ouvrage retrace toutes ses étapes avec une nombreuse documentation et iconographie. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à A. Darimon. Ex-libris gravé armorié de l'auteur.

WYSE (Lucien).

Le canal de Panama. L'isthme américain. Exploration; comparaison des tracés étudiés. Négociations; état des travaux. [Relié avec :] Canal interocéanique de Panama. Mission de 1890-91 en Colombie. Rapport général.

Paris, Hachette et Cie, Librairie Achille Heymann, 1886-1891. Grand in-8 de (2) ff. 399 pp., (2) ff., (2) ff., 154 pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné de caissons, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes dépliantes en couleurs, d'un tableau dépliant, et de 90 illustrations gravées sur bois dans le texte, et d'une grande carte dépliante pour le second texte. Ingénieur et géographe, l'auteur fut chargé de diriger l'équipe d'ingénieurs qui avait prospecté et étudié plusieurs projets de percement de l'isthme de Panama. Il signa le traité de concession avec la Colombie puis fut chargé de superviser l'éxécution du canal. Le premier ouvrage retrace touts ses étapes avec une nombreuse documentation et iconographie. Mais, en 1889, la première société de Panama fit faillite, et le liquidateur le chargea d'une nouvelle mission d'étude pour savoir s'il était possible de reprendre la construction. C'est l'objet du second ouvrage. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à J. Chaffanjon daté de 1891, en "souvenir de notre rencontre à Bogota". Il doit s'agir de Jean Chaffanjon, un explorateur qui mena trois missions dans le bassin de l'Orénoque entre 1884 et 1890. Ex-libris gravé armorié de l'auteur au nom de Lucien Napoléon-Bonaparte-Wyse. Il est en effet le fils de Lætitia Bonaparte, nièce de Napoléon I.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.

ZELLER (Hanna).

Fleurs de la Palestine.

Bâle, C. F. Spittler, 1875. In-8; percaline verte, décor noir et or sur le premier plat, dos lisse orné, plats biseautés (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 54 planches de fleurs en chromolithographie. Fille de l'évêque de Jérusalem Samuel Gobat, fondateur de la première école chrétienne de cette ville, et épouse du missionnaire suisse John Zeller, Hanna Zeller réalisa les aquarelles reproduites ici lors de son séjour en Palestine. Bel exemplaire; très rares piqûres.