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VAZQUEZ QUEIPO (Vicente).

Cuba, ses ressources, son administration, sa population, au point de vue de la colonisation européenne et de l'émancipation progressive des esclaves.

Paris, Imprimerie Nationale, 1851. In-8 de (2) ff., xx-594 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, traduite de l'espagnol et annoté par Arthur d'Avrainville, et illustrée d'un tableau dépliant. Alors que, dans les colonies anglaises puis françaises des Antilles, l'esclavage avait été ou allait être aboli, l'Espagne s'interrogeait sur les moyens de maintenir la prospérité dans l'île de Cuba. En 1844, le procureur fiscal de la surintendance des finances rédigea un rapport dans lequel il critiquait la gestion de la colonie par sa métropole et proposait un plan de développement par une immigration blanche et une abolition progressive de l'esclavage, le tout accompagné de nombreux documents sur la fiscalité, les ressources et l'administration de l'île. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au duc de Luynes. Sabin, 67081.

VERHOOST (Edgar).

Voyage aux Antilles. Lettres intimes.

Bruxelles, vers 1900. Manuscrit. 3 volumes in-8 (21 x 13,8 cm); percaline brune, pièces de titre et de tomaison de basane brune, titre doré sur le plat supérieur, tranches rouges (reliure de l'époque).

1) 601 pp., 2 cartes h.t. imprimées et coloriées, 1 plan manuscrit h.t., 5 photographies volantes. - 2) 547 pp., 3 cartes h.t. imprimées, coloriées et entoilées, 8 photographies montées sur des feuillets paginés 577 à 591. - 3) 524 pp., 1 plan manuscrit h.t., colorié et entoilé, 7 photographies montées sur des feuillets paginés 547 à 552. Relation d'un voyage aux Antilles effectué par un ingénieur belge en 1888-1889. Le premier volume couvre la période du 4 octobre au 24 novembre 1888; il se rapporte à la traversée et au premier séjour à la Martinique. Le second, qui s'étend du 25 novembre 1888 au 5 janvier 1889, relate les voyages à Sainte-Lucie, la Barbade, Tobago, Trinidad, le retour à la Martinique, la Guadeloupe, à nouveau la Martinique, puis Antigua et les îles Vierges (Saint-Thomas). Le troisième, du 6 janvier au 1er mars 1889, se rapporte à Porto-Rico, Cuba (La Havane), à nouveau Saint-Thomas et la Martinique, puis la traversée jusqu'au Havre. Rédigé sous forme de lettres adressées à sa femme, le manuscrit, très dense, est d'une présentation soignée et le texte d'une écriture régulière. Les années ne sont pas indiquées mais certains faits relatés permettent de situer le voyage en 1888-1889; la rédaction a été faite ultérieurement, une note faisant allusion à l'éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en mai 1902 (t. 1, p. 247). L'illustration comprend 5 cartes imprimées et coloriées (routes maritimes, mer des Caraïbes, Martinique, Guadeloupe, Trinidad), 2 plans manuscrits (Saint-Pierre de la Martinique, La Havane) et 20 photographies non signées, mais réalisées par l'auteur. Les photographies du premier volume, non montées, ne comportent pas de légende; certaines semblent toutefois se rapporter à Saint-Pierre de la Martinique : grande rue du Mouillage (à rapprocher d'une vue similaire figurant dans l'Album martiniquais de Hartmann), port, théâtre; deux autres clichés montrent une large avenue bordée d'arbres et une jeune femme posant devant un décor exotique. Celles du second volume contiennent 4 vues de Port of Spain (Trinidad) : Brunswick square (palais du gouverneur, cathédrale), procession de coolies (fête religieuse du Moharrum), ravine cacaoyère, forêt de bambous, plus 4 vues de Saint-Thomas (îles Vierges) : maisons, temple luthérien, savane à l'extrémité de la ville, entrée triomphale du prince héritier de Danemark. Les 7 photographies du dernier volume ont été prises à La Havane (Cuba) : fort d'El Morro, Alameda de Paulo, Paradero de Villanueva, Castillo de la Chorrera, statue d'Isabelle II au Parc central, Alameda de Isabel la Catolica, monument de l'Indienne. Le voyageur ne donne pas de précisions sur l'objectif de son voyage; il indique seulement que "des affaires importantes" ont motivé son départ (t. 1, p. 10). Parti de Bruxelles, il arrive à Paris le 4 octobre 1888, prend le train pour Nantes, puis Saint-Nazaire où il embarque le 6 sur la Ville de Saint-Nazaire. Son journal maritime contient un grand nombre de détails sur la traversée : contacts avec les passagers, distractions à bord, caractéristiques du navire, conditions météorologiques, etc. L'arrivée à Saint-Pierre (Martinique) a lieu le 21 octobre : Verhoost visite la ville, le jardin des plantes ainsi que les environs, en particulier l'habitation Périnelle située sur les contreforts de la Montagne Pelée (pp. 279-282). Il est aussi reçu dans un club très fermé, réservé aux principaux habitants et négociants de la colonie. Son récit donne des détails sur certains événements comme le raz-de-marée du 4 septembre. Il contient aussi la liste des photographies faites à Saint-Pierre (pp. 427-432). En novembre, il se rend Fort-de-France puis à La Rivière-Salée où il visite l'exploitation du célèbre agriculteur, industriel et propriétaire terrien Octave Hayot (1843-1892), à l'origine de l'industrialisation de la production de sucre dans l'île. A cette occasion, Hayot lui remet un exemplaire de son livre intitulé "Matériaux pour l'histoire de la Martinique agricole"; une note indique qu'il mourut quatre ans plus tard (p. 556). Verhoost établit ensuite une liste de photographies prises à Fort-de-France (pp. 585-588) et prépare la suite de son voyage vers les Antilles anglaises. Le 25 novembre 1888, il est à Sainte-Lucie et visite Castries, divisée en une partie européenne et une partie indigène dont il remarque l'extrême pauvreté. Le lendemain, il arrive en rade de Bridgetown, à La Barbade; il visite la ville et décrit les costumes des habitants. Après un bref passage à Tobago, il arrive à Trinidad le 29 où il visite Port d'Espagne (Port of Spain), San Fernando puis Arima. Muni d'une lettre de recommandation établie par un colon de la Martinique le présentant comme "ingénieur belge en mission aux Antilles" (t. 2, p. 122), il se rend chez un Français établi à Trinidad, M. de Verneuil, qui lui fait visiter la région. Le voyageur décrit la faune, les oiseaux, les serpents, la flore, les fruits, l'arbre à pain, etc., puis il donne une liste de photographies prises à Sainte-Lucie, La Barbade et Trinidad (pp. 154-159). De retour à la Martinique le 9 décembre, il part le lendemain pour la Guadeloupe et arrive à Pointe-à-Pitre le 11. Il décrit la ville, dont il remarque la malpropreté et l'insalubrité, puis il visite le musée Schoelcher et le musée d'histoire naturelle. Il évoque aussi les habitants, leurs costumes ainsi que les ressources agricoles de l'île. Le 18, il se rend à la Basse-Terre et relate, le lendemain, une ascension au sommet de la Soufrière (pp. 321-336). Il revient ensuite à la Martinique, qu'il quitte le 31 décembre. Le 1er janvier 1889, il arrive en rade de St John of Antigua. Le 3, il débarque à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, situées à l'est de Porto-Rico et qui appartenaient à l'époque au Danemark. Reçu par les Pères Rédemptoristes, il signale la présence d'une colonie flamande, puis établit une nouvelle liste de photographies qu'il envoie à sa femme (pp. 532-534). Il quitte Saint-Thomas le 5 janvier. A Porto-Rico, où il arrive le 7 janvier, il effectue une course rapide à travers la ville puis reprend la mer pour débarquer le 10 à La Havane où il reste jusqu'au 22 janvier. Il visite la ville : maisons, monuments, établissements publics, cafés, théâtres…, décrit l'animation dans les rues et assiste à un combat de taureaux. Il se rend à Matanzas, visite les grottes de Bellamare et autres curiosités de l'île. De retour à La Havane, il visite les régions de l'ouest en traversant d'immenses champs de canne à sucre, de maïs, d'igname et de tabac. Il constate que l'esclavage est toujours en vigueur à Cuba, alors qu'il a été aboli à Porto-Rico, et s'étend longuement sur ce problème (t. 3, pp. 157-163). Le 20 janvier, il établit une cinquième et dernière liste de photographies (pp. 238-240). Le 26, il est de retour à Saint-Thomas, puis à Saint-Pierre (Martinique) le 6 février; le 10, il monte à bord du Lafayette qui arrive au Havre le 1er mars 1889. La fin du manuscrit contient le journal de bord du voyage de retour. Par la suite, l'auteur effectua un voyage en Norvège en mai-juin 1905 (publié sous le titre Quatre semaines en Norvège, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1910, in-8), puis un voyage en Orient de décembre 1905 à février 1906 (resté inédit). Il était peut-être apparenté à la maison Verhoost Frères de Courtrai, spécialisée dans la fabrication de toiles et qui participa à l'Exposition universelle de Liège en 1905. Manuscrit inédit, très riche en observations sur les pays visités.

VILLENEUVE-BARGEMONT (Louis-François de).

Monumens des Grands-Maîtres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou vues des tombeaux élevés à Jérusalem, à Ptolémaïs, à Rhodes, à Malte, etc.

Paris, J.-J. Blaise, 1829. 2 volumes in-8 de (2) ff., xx-317-(1) pp. — (2) ff., 467 pp. ; demi-veau cerise, dos lisses filétés or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage peu commun. L'illustration se compose de 2 titres-frontispices, et de 81 planches lithographiées par Mlle Formentin et Mr Villain (65 planches représentant les tombeaux des grand maîtres de l'ordre et 16 planches de vues et monuments). "Ouvrage remarquable par les gravures et vignettes dont il est enrichi" (Brunet). Reconstituant les sépultures des grand-maîtres de l'ordre, l'auteur évoque aussi leurs exploits, selon le goût romantique de l'époque. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Brunet, V, 124. — Hage Chahine, 5043.

VINCENDON-DUMOULIN (Adrien-Clément — DESGRAZ (César Louis François).

Iles Marquises ou Nouka-Hiva. Histoire, géographie, mœurs et considérations générales.

Paris, Arthus Bertrand, 1843. In-8 de viij-362-(1)-38-(2) pp.; demi-veau bleu, dos lisses richement orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 4 cartes dont 2 dépliantes : carte des îles Hiva-Oa, Taouata et Motane, carte des îles Marquises, carte de l'île Nouka-Hiva. L'hydrographe Adrien Vincendon-Dumoulin, et le secrétaire, César Desgraz, prirent part à l'expédition autour du monde de Dumont d'Urville sur l'Astrolabe. Ils contribuèrent ainsi à la rédaction du monumental Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie, de 1841 à 1847. Leur ouvrage sur les îles Marquises, qui réunit "dans un même ouvrage les documents recueillis par les navigateurs de toutes les nations qui ont visité ces terre lointaines", fut publié un an après la prise de possession de l'archipel par Du Petit-Thouars. On trouve relié à la suite, le rarissime prospectus pour la souscription du "Voyages de la commission scientifique du Nord", sous la direction de Paul Gaimard. Bon exemplaire dans une élégante reliure de l'époque. Quelques rousseurs. O'Reilly, Tahiti, 6269.

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

Fragments sur l'Inde, et sur le général Lalli.

Lausanne, 1773. In-8 de (2) ff., 162 pp.; veau granité, dos lisse orné, pièce de titre verte, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Édition publiée la même année que l'originale. Le général Thomas-Arthur de Lally-Tollendal, gouverneur général de l'Inde française, fut condamné à mort puis exécuté, en 1766, car rendu responsable de la perte des établissements français en Inde durant la guerre de Sept Ans. Cette exécution produisit une grande indignation en France et en Europe, et Voltaire, alors âgé de 79 ans, publia ce mémoire. Il y dénonce le jugement de haute trahison, et, en parti grâce à son soutien, le fils du général obtiendra une révision du procès, et la cassation du jugement de haute trahison, mais pas la réhabilitation complète de son père. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Bengesco, Bibliographie des œuvres de Voltaire, 1828.

VRÉTO (Marino Papadopoulo).

Athènes moderne. Album contenant les vues des principaux monuments modernes de la capitale de la Grèce, accompagnées d'une description dédié à sa Majesté la reine de Grèce Amélie.

Paris, C. Reinwald, 1861. In-folio de 12-(2) pp.; demi-percaline bleue, titre imprimé sur le premier plat, dos lisse muet (reliure de l'éditeur).

Rare album de 12 planches lithographiées à fond teinté montrant des vues des principaux monuments modernes d'Athènes (le Pirée, vue de l'Athènes moderne, le château royal, le jardin royal, la cathédrale, l'université, l'observatoire, l'église Saint Nicodème, l'asile des orphelins, l'école supérieure pour filles, l'hôpital, et la ferme de la reine). En 1834, lorsqu'elle fut proclamée capitale du nouveau royaume de Grèce, Athènes ne comptait que très peu d'habitants et était en partie détruite par les combats de la guerre d'indépendance. D'importants travaux furent menés et une nouvelle ville fut construite à côté de la cité antique, dotée de tous les bâtiments nécessaires à une capitale. Le texte de présentation fut rédigé par Marino Papadopoulo Vréto, écrivain et journaliste grec, qui sera nommé, en 1870, consul général à Marseille où se trouvait une importante communauté grecque. L'ouvrage est dédicacé à la reine Amélie, ou Amalia d'Oldenbourg, épouse du roi Othon Ier, qui fut à l'origine de la création du jardin botanique d'Athènes. Texte imprimé sur deux colonnes avec le texte grec et la traduction française. Feuillet de table des gravures et de la liste des souscripteurs. Bon exemplaire conservé dans son cartonnage d'origine. Traces d'humidité sur le premier plat, coins usés. Weber, I, 1179. — Pas dans Blackmer.

WYSE (Lucien).

Le canal de Panama. L'isthme américain. Exploration; comparaison des tracés étudiés. Négociations; état des travaux. [Relié avec :] Canal interocéanique de Panama. Mission de 1890-91 en Colombie. Rapport général.

Paris, Hachette et Cie, Librairie Achille Heymann, 1886-1891. Grand in-8 de (2) ff. 399 pp., (2) ff., (2) ff., 154 pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné de caissons, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes dépliantes en couleurs, d'un tableau dépliant, et de 90 illustrations gravées sur bois dans le texte, et d'une grande carte dépliante pour le second texte. Ingénieur et géographe, l'auteur fut chargé de diriger l'équipe d'ingénieurs qui avait prospecté et étudié plusieurs projets de percement de l'isthme de Panama. Il signa le traité de concession avec la Colombie puis fut chargé de superviser l'éxécution du canal. Le premier ouvrage retrace touts ses étapes avec une nombreuse documentation et iconographie. Mais, en 1889, la première société de Panama fit faillite, et le liquidateur le chargea d'une nouvelle mission d'étude pour savoir s'il était possible de reprendre la construction. C'est l'objet du second ouvrage. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à J. Chaffanjon daté de 1891, en "souvenir de notre rencontre à Bogota". Il doit s'agir de Jean Chaffanjon, un explorateur qui mena trois missions dans le bassin de l'Orénoque entre 1884 et 1890. Ex-libris gravé armorié de l'auteur au nom de Lucien Napoléon-Bonaparte-Wyse. Il est en effet le fils de Lætitia Bonaparte, nièce de Napoléon I.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.

ZELLER (Hanna).

Fleurs de la Palestine.

Bâle, C. F. Spittler, 1875. In-8; percaline verte, décor noir et or sur le premier plat, dos lisse orné, plats biseautés (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 54 planches de fleurs en chromolithographie. Fille de l'évêque de Jérusalem Samuel Gobat, fondateur de la première école chrétienne de cette ville, et épouse du missionnaire suisse John Zeller, Hanna Zeller réalisa les aquarelles reproduites ici lors de son séjour en Palestine. Bel exemplaire; très rares piqûres.