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MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MOUCHEZ (Ernest).

Correspondance. Ensemble de 218 lettres, la plupart autographes signées, à lui adressées.

Paris, La Rochelle, Brest, Toulon, Le Havre, Cherbourg, Londres, New York, La Plata, etc., 1887. Environ 500 pp. de différents formats, qq. en-têtes imprimés; les lettres sont conservées dans deux classeurs.

Importante correspondance adressée à l’astronome Mouchez en 1887. Ancien élève de l’Ecole navale, Ernest Mouchez (1821-1892) effectua plusieurs campagnes en Amérique du Sud, dans l’océan Indien et en Extrême-Orient, au cours desquelles il réalisa de nombreuses observations hydrographiques et astronomiques. En 1874, il dirigea une mission envoyée à l’île Saint-Paul, dans le sud de l’océan Indien, afin d’observer le passage de Vénus sur le Soleil. Membre de l’Académie des sciences en 1875, contre-amiral en 1878, il fut alors nommé directeur de l’Observatoire de Paris. Il créa celui de Montsouris et entreprit, avec la coopération d’observatoires étrangers, l’établissement d’une carte photographique du ciel dont la réalisation nécessitait le relevé des coordonnées astronomiques de plusieurs millions d’étoiles de la sphère céleste. Cette correspondance, en grande partie consacrée à l’astronomie, est constituée de lettres qui lui ont été adressées personnellement. Elles évoquent principalement le Congrès astronomique international de 1887, au cours duquel Mouchez lança le projet de la Carte du ciel, ainsi que la publication, la même année, de son étude intitulée La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel. Certaines lettres sont relatives à l’envoi de sa publication, d’autres concernent les travaux de ses correspondants, français ou étrangers. Il est aussi question de l’envoi de matériel astronomique, d’une souscription pour l’érection de la statue d’Arago, d’invitations, de recommandations, de demandes pour venir travailler à Montsouris, de cérémonies pour le cinquantenaire des chemins de fer, des études de son fils Charles à l’Ecole navale, etc. Une centaine de correspondants sont ainsi représentés : astronomes, marins, hydrographes, explorateurs, médecins, naturalistes, mathématiciens, chimistes, physiciens, ingénieurs, météorologues, historiens, artistes, écrivains, hommes politiques, etc. De nombreuses lettres concernent l’Observatoire de Paris, la Société de Géographie, le Service hydrographique, la Société météorologique de France, les observatoires d’Alger, La Plata, Nice… On peut ainsi relever, parmi les correspondants: Astronomes: Antoine d’Abbadie (belle lettre sur l’astronomie, écrite de son château-observatoire d’Abbadia); Francisco Beuf (5 lettres sur ses travaux à l’Observatoire de La Plata, son voyage à Marseille, l’envoi de miroirs et de chronographes en Argentine, sa promotion dans la Légion d’honneur, etc.); William Robert Brooks (au sujet de ‘La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel’ publiée par Mouchez); Charles Dufour (2 lettres écrites de Morges, dans le canton de Vaud, relatives à une trombe survenue sur le lac Léman); Hervé Faye (invitation à dîner); Flammarion (lettre écrite par sa femme Sylvie, pour demander d’envoyer à ‘Flamm’ un portrait photographique de Mouchez); Georges Ernest Fleuriais (8 lettres, sur la réparation d’un instrument de son invention, la mesure des distances à partir de relevés optiques, l’observation des astres, etc.); Hugo Gylden (conflit entre l’astronome Struve et l’académie de Saint-Pétersbourg au sujet de la direction de l’Observatoire de Poulkovo); William Huggins (nomination en tant que membre associé de la Royal Astronomical Society); Edward B. Kuobel (remerciements pour la monographie sur la photographie astronomique); Aimé Laussedat (4 lettres, remerciements pour la brochure, publication de travaux sur la photographie appliquée à la topographie et à l’astronomie, réinstallation du pendule de Foucault au Panthéon, recherche des kilogrammes témoins qui ont été égarés, difficultés avec le ministère, etc.); Henri Perrotin (sur l’observation d’une nébuleuse à l’Observatoire de Nice); Stephen Joseph Perry (sur la photographie astronomique); Georges Rayet (remerciements et projet d’écrire une histoire de la photographie à l’étranger); Henri Renan (excuses au sujet d’un malentendu concernant la lecture d’une note à l’Académie); Otto Wilhelm von Struve (sur le nombre de participants au congrès, qu’il juge insuffisant, et l’observation de la nébuleuse C Orionis); Louis Thollon (concerne l’envoi d’un jeune astronome à l’Observatoire de Nice, la construction d’un spectroscope et les observations à effectuer à l’aide du grand équatorial); Charles Trépied (sur l’incendie de l’Iphigénie et l’observation, à Alger, de la nébuleuse voisine de celle d’Orion); Charles Wolf (au sujet du thermomètre de Lavoisier). Marins: Gustave Besnard (diminution du nombre de lieutenants de vaisseau affectés à Montsouris); Georges Cloué (sur l’organisation d’une réunion internationale d’astronomie et de photographie); André Coffinières de Nordeck (lettre écrite d’Haiphong sur l’aviso la Nièvre); Alfred Albert Gervais (impossibilité, pour le ministre, de venir à une soirée à l’Observatoire); Paul Martin (recommandation pour une demande de visite à l’Observatoire de nuit); Adolphe Lucien Mottez (demande de renseignements pour son fils aîné, lieutenant de vaisseau, qui pourrait demander à être affecté à Montsouris); Léon Olry (remerciements pour l’envoi de deux brochures); Charles Poidloue (2 lettres, recommandation pour son second fils qui voudrait servir à Montsouris); Jean Charles Alexandre Sallandrouze de Lamornaix (au sujet des erreurs typographiques sur un imprimé publié par Delagrave); Albert G. Winterhalter (remerciements pour le séjour passé auprès de Mouchez et sa famille). Hydrographes: Anatole Bouquet de La Grye (2 lettres, sur la remise d’un prix et l’envoi d’une lettre à destination du Mexique); Edmond Paulin Dubois (8 lettres, relatives à l’astronomie, aux études de Charles Mouchez et aux souvenirs de l’Ecole navale, notamment lorsqu’on les informa de la découverte de la photographie en 1839, etc.); Gustave Hilleret (3 lettres, démarches pour se faire détacher à l’Observatoire de Montsouris, remerciements pour l’envoi de son ouvrage accompagné d’une dédicace); baron de Jeffé (5 lettres écrites de Rio, concernant ses travaux et notamment l’exploration d’un banc de corail). Explorateurs: Xavier Brau de Saint-Pol Lias (sur la création de la Revue de l’Etranger); Jean Chaffanjon (malade, il est atteint par la fièvre de l’Orénoque); Henri Coudreau (5 lettres, dont 2 écrites de Cayenne, sur sa mission en Guyane, avec un croquis relatif aux observations géodésiques); Alfred Grandidier (remerciements pour l’envoi du mémoire sur la photographie astronomique). Médecins: Bérenger-Féraud (demande d’appui pour une candidature à une place de correspondant de l’Institut); Jean-Martin Charcot (remerciements); Jules Pelletan (sur les Diatomées et les Infusoires); Germain Sée (invitation à un dîner en l’honneur du médecin du tzar). Naturalistes: Auguste Daubrée (remerciements pour le volume sur la photographie astronomique); Henri de Lacaze-Duthiers (envoi de deux ouvrages à Mouchez pour ses travaux); Alphonse Milne-Edwards (2 lettres, envoi d’un livre sur les Microzoaires, éclosion des œufs de Bombyx neustria); Julien Thoulet (sur les leçons d’océanographie qu’il donnera à Montsouris). Mathématiciens, physiciens et chimistes: Joseph Bertrand (3 lettres relatives au Congrès astronomique); Ole Jacob Broch (2 lettres, dont une invitation au Bureau international des poids et mesures à Sèvres); Hippolyte Fizeau (au sujet de la mesure des clichés du passage de Vénus); Edmond Frémy (remerciements pour l’envoi de son ouvrage); Hippolyte Marié-Davy (évoque les frères Henry, opticiens et astronomes); Eugène Péligot (sur la Monnaie de Paris et le cours de l’argent). Ingénieurs, géographes et météorologues: Ernest Deharme (remerciements de l’envoi de la Photographie astronomique); Hervé Mangon (au sujet de la trombe observée sur le lac Léman); Charles Maunoir (évoque les observations de Chaffanjon et la mission de Coudreau); Léon Teisserenc de Bort (sur la photographie céleste et ses méthodes). Ecrivains, historiens, éditeurs: Eugène Alcan (envoi de son livre: Les Cannibales et leur temps); Georges Bastard (préparation d’un travail sur l’armée de Châlons); Armand Colin (remerciements au nom de l’Alliance française); Albert Gauthier-Villars (2 lettres, impression du Rapport annuel et envoi de 150 exemplaires de sa notice sur la Photographie céleste); Ernest Maindron (remerciements et invitation). Peintres et sculpteurs: François Jean-Baptiste Benjamin Constant (demande d’une sphère à l’Observatoire pour la représenter sur une peinture à la Sorbonne); Eugène Guillaume (sur la statue de Le Verrier à l’Observatoire). Hommes politiques: Général Boulanger (regrets de ne pouvoir venir à une invitation); Victor Duruy (sur la création des comités de l’Alliance française); Charles de Freycinet (remerciements); René Goblet (participation des ministres au Congrès d’astronomie); Pierre Alexandre Isaac (souscription du Conseil général de la Guadeloupe à la statue d’Arago); Léon Lalanne (notes à envoyer pour des nominations dans la Légion d’honneur); Bartolomé Mitre (2 lettres écrites de Buenos Aires, en espagnol, dont une avec la traduction); Dardo Rocha (annonce son départ pour Constantinople); Jacques Salis (évoque la notice sur l’Algérie et ses ports); Victor Schœlcher (au sujet d’une feuille de souscription de l’Union républicaine). Personnalités diverses: Raphaël Bischoffsheim (3 lettres relatives au Congrès de photographie céleste); Eugène Bloch (invitation à entrer au Comité de l’Exposition de photographie de 1887); Charles Bodinier (sur une représentation d’Hamlet aux membres du Congrès astronomique); Eugène Jacobs, ou ‘Ely-Star’ (4 lettres, envoi d’un livre sur les horoscopes, proposition pour une séance de spiritisme devant quelques intimes, projet de conférences d’astrologie à la Sorbonne); Louis Liard (6 lettres, sur le congrès des astronomes et l’Observatoire); Edouard Pierron (4 lettres, sur les côtes de l’Algérie); Tching Tchang (sur la visite du ministre de Chine à l’Observatoire), etc. Référence: Taillemite, Dictionnaire des marins français, nouvelle édition, 2002, pp. 384-385. Provenance: Souvenirs et collections de l’amiral Mouchez. Paris, Nouveau Drouot, 15-16 octobre 1988, salle 16, lot n° 94 (annonce 230 lettres).

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NODIER (Charles).

Lettre autographe signée [à Armand du Plessis, duc de Richelieu].

Saint-Germain-en-Laye, 3 novembre 1817. 3 pp. in-folio (31,2 x 20,5 cm)sur une feuille double ; annotations au verso de la dernière page.

Le voyage manqué de Charles Nodier en Russie. En 1817, le célèbre écrivain et romancier accepta, à la demande de l’abbé Nicolle, aumônier du roi, un poste de professeur d’économie politique au lycée Richelieu à Odessa. Il devait aussi créer, dans cette ville, un journal littéraire, politique et commercial. «L’espace de temps qui doit s’écouler avant l’organisation définitive du lycée Richelieu, est assez étendu pour me permettre de me livrer à des explorations très diverses et suffisamment approfondies […]. Indépendamment des recherches relatives à l’histoire et aux antiquités pour lesquelles j’ai été précédé par des voyageurs trop superficiels, je suis propre à enrichir l’histoire naturelle de notions très intéressantes sur cette contrée, dont la géologie seule a été traitée avec un peu de détails par le docteur Pallas. Je vais donc chercher non seulement des positions géographiques et de grands souvenirs, mais des faits naturels et des collections. D’un autre côté, il est de mon intention d’agrandir autant que je le pourrai la carte de mon itinéraire au retour, et de visiter dans l’intérêt du Cabinet du Roi des pays également vierges de perquisitions naturelles, quoique assez voisins de nous, et dont la Faune et la Flore nous sont beaucoup moins familières que celles de l’Australie et du Pérou…». Il termine en précisant qu’il fait imprimer actuellement une nouvelle édition des Fables de La Fontaine, et qu’il sera à la disposition de son correspondant le 20 novembre suivant. [Le voyage en Russie n’eut finalement pas lieu, les autorités russes ne lui ayant pas délivré la feuille de route officielle]. Né à Besançon en 1780, Charles Nodier était un écrivain qui joua un rôle important dans la naissance du mouvement romantique. Nommé bibliothécaire de l’Arsenal en 1824, il fut élu à l’Académie française en 1833. L’année suivante, il fonda le Bulletin du bibliophile avec le libraire Techener, et mourut à Paris en 1844. Il avait été formé aux sciences naturelles par le naturaliste Girod de Chantrans, notamment en botanique, entomologie et minéralogie. Son correspondant, Armand Emmanuel Sophie Septimanie du Plessis, duc de Richelieu (1767-1822), avait été gouverneur d’Odessa de 1803 à 1805 puis gouverneur général des provinces du sud de la Russie de 1805 à 1814, avant de devenir président du Conseil sous Louis XVIII. Cf. Benoît Yvert, Dictionnaire des ministres, pp. 178-180. Précieuse lettre évoquant un projet d’exploration de la Russie méridionale.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

OCEANIE. — LAGRENEE (Maurice Alexandre).

Journal de Tahiti. Marquises - Iles-sous-le-Vent - Samoa - Wallis.

1888. In-4 oblong (25 x 36 cm) de (51) ff., dont (50) sur bristol contenant, au recto, des photographies, et, au verso, un texte manuscrit ; demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs orné de filets à froid, titre doré «Tahiti» au dos et sur le plat supérieur, fermoir en laiton (reliure de l’époque).

Album de 98 photographies consacrées à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Marquises et aux îles Samoa. Les photographies, non signées, de dimensions variables, ont été tirées sur papier albuminé et contrecollées sur les feuillets de l’album, le plus souvent à raison de deux par page. Elles se rapportent à Tahiti (45 photos), aux îles Sous-le-Vent (27), aux Marquises (12) et aux îles Samoa (14). Concernant Tahiti, elles montrent différentes vues (panoramas de Papeete, pointe Vénus), des sites pittoresques (cascade et bains de la Fautaua, Diadème, sommet de l’Orohena, lac de Vaihiria), des portraits de polynésiens (dont la reine Pomaré IV et le roi Pomaré V), des personnages en costumes, des habitations traditionnelles ou européennes, des scènes diverses (pêche à Tahiti, déplacements en voiture), des cérémonies (14 juillet), etc. Les photographies des îles Sous-le-Vent (situées au nord-ouest de Tahiti) évoquent d’abord la mort de l’enseigne de vaisseau Denot, tué le 21 mars 1888 à l’île de Huahine. Elles montrent ensuite des habitants de l’île de Raiatea, la plupart devant leur maison ou leur case, des scènes de groupe, des bâtiments (dont l’école) ainsi qu’un four canaque. Une photographie représente le vice-roi de l’île de Tahaa avec sa famille, une autre montre un morne à Bora-Bora, et quatre se rapportent à des bâtiments de guerre français: le Duquesne, le Volta et le Decrès. Aux îles Marquises, les photographies montrent la vallée d’Omoa, sur l’île de Fatu Hiva, un panorama, une case, un groupe de marquisiens, un personnage tatoué en tenue de guerrier, ainsi que le grand marae d’Atuana, sur l’île de Hiva Oa. Concernant l’archipel des Samoa, on peut voir quelques portraits, dont ceux du roi Malietoa et d’un guerrier en costume de parade, une danse locale, ainsi que quelques paysages. A Apia, capitale des Samoa, les photographies représentent un groupe d’officiers allemands, des cases traditionnelles et l’escadre américaine au mouillage. Parmi cet ensemble, 1 photographie a été réalisée par S. Hoare: Portrait de la reine Pomaré IV. L’atelier de S. (Sophia ou Susan) Hoare fut actif à Tahiti de 1868 à 1900. Il est à l’origine d’une importante production de portraits de petits formats, tirés sur papier albuminé. Premier photographe établi dans l’île, S. Hoare obtint une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Ensuite, 4 photographies ont été réalisées par Charles Georges Spitz: Portrait du roi Pomaré V. - La pêche à Tahiti (ou Enfants sur pirogue et pêche au harpon). - Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit. - Le lac de Vahiria. Une autre photographie, intitulée Indigène des Marquises, pourrait être attribuée à Spitz ou à son successeur, Frank Homes. Né à Marmoutier (Bas-Rhin) en 1857, Marie Charles Georges Henri Spitz fut d’abord engagé volontaire dans l’infanterie de Marine. Arrivé à Tahiti en 1878, il quitta le service deux ans plus tard et s’établit dans l’île. Au début des années 1880, il créa un atelier photographique et réalisa de nombreux clichés évoquant la vie coloniale: fêtes et cérémonies, manœuvres de l’infanterie de Marine, escales de navires de guerre, réunions de colons, etc. Spitz effectua aussi l’ascension du mont Aoraï, à 2066 m d’altitude, d’où il prit plusieurs photographies dont l’une est présente dans l’album (Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit). Il réalisa également de nombreux portraits d’atelier et mourut à Brest en 1894. Le peintre Paul Gauguin s’inspira d’un de ses clichés pour peindre le tableau Pape moe (Eau mystérieuse, 1893), qui représente un jeune polynésien buvant l’eau d’une cascade. Toujours dans l’album, 13 photographies sont attribuées, sous des titres généralement différents, à Arthur Ekström (1860-1924), commandant le croiseur Fabert au sein de la flotte française du Pacifique en 1886-1887: Panorama de Papeete (ou Papeete et le palais de la reine). - Trou de l’Amiral (ou Rivière à Tahiti). - Himéné, 14 juillet (ou Habitants d’un village, dansant et jouant de la musique lors d’un défilé à Papeete). - 14 juillet à Papeete (ou Quai du port de Papeete). - Rue de Papeete bordée d’arbres. - Le kiosque de la musique (ou Kiosque à musique). - Rivière et Diadème en arrière-plan. - Case de Raïatéa (ouFamille tahitienne devant une maison traditionnelle). - La grande allée d’Omoa (ouPaysage de Nuku Hiva). - Richard. Sarah et sa sœur, Sophie (ouNotables tahitiens). - La vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva. - Une case de la vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (ouUne case marquisienne). - Vice-roi de Tahaa (ou Couple avec petite fille). Né à Frocourt (Oise) en 1868, Maurice Alexandre Lagrenée entra dans la marine en 1884. Devenu aspirant en 1887, il effectua, l’année suivante, une campagne en Océanie, probablement à bord du Volta, qui le conduisit successivement en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Marquises, dans l’archipel des Samoa puis aux îles Wallis. Le récit de son voyage, copié d’une écriture régulière et sans ratures au verso des feuillets, contient une description assez précise des endroits visités ainsi que ses impressions lorsqu’il parcourut l’intérieur des terres et visita les sites pittoresques des différentes îles. Le texte est agrémenté de quelques chansons, dont une sur le croiseur Fabert qui appartenait à la même division navale. Par la suite, Lagrenée participa à plusieurs campagnes en Méditerranée, dans l’Atlantique et en Indochine. Lieutenant de vaisseau en 1896, il devint officier breveté canonnier, puis capitaine de frégate en 1911. En 1915, il se distingua à la tête d’un bataillon du 1er régiment de Fusiliers-Marins; deux ans plus tard, il fut promu capitaine de vaisseau. Commandeur de la Légion d’honneur en 1923, il mourut au château du Montet, près de Nancy, en 1939. Précieux témoignage sur la Polynésie à la fin du XIXe siècle. Sources: TREHIN (Jean-Yves), Charles Georges Spitz. Photographies de Tahiti, 1880-1890. Catalogue édité à l’occasion du 1er Festival de la Photographie. Tahiti, Ministère de la Culture de Polynésie française, Musée de Tahiti et des Iles, 2002. – O’REILLY & REITMAN, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 8932 (sur l’ascension de Spitz au sommet de l’Aoraï en 1883). – Sites internet histoire.assemblee.pf et mediatheque-polynesie.org (pour les photos de Spitz et d’Ekström). – Site ecole.nav.traditions.free.fr (pour Lagrenée). Liste des photographies: Tahiti(45 photographies): - Panorama de Papeete (reproduite sur le site mediatheque-polynesie.org, avec mention « Auteur inconnu»). (1 photographie). - Panorama de Papeete-2. (1 photographie). - Panorama de Papeete (attribuée, sous le titre «Papeete et le palais de la reine», à Arthur Ekström). – [Autre panorama de Papeete, constitué de 2 clichés assemblés]. (2 photographies). - Types tahitiens. (2 photographies). - A Tahiti. – Madeleine. (2 photographies). - Madeleine. – Païrou. (2 photographies). - Le bain de la Fataoua [Fautaua], ou trou Brander. (2 photographies). - Bains de la Fataoua: Trou Brander. – Trou de l’Amiral (attribuée, sous le titre «Rivière à Tahiti», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Les voitures à Fataoua. (2 photographies). - Nini et Teitoua. – Nini et Teitoua au bain de l’Amiral (2 photographies). - La case des commissaires, Mao, Moë, etc. (2 photographies). - Himéné, 14 juillet (attribuée, sous le titre «Habitants d’un village, dansant et jouant de la musique lors d’un défilé à Papeete», à Arthur Ekström). – Himéné dans le jardin du roi. (2 photographies). - 14 juillet à Papeete (attribuée, sous le titre «Quai du port de Papeete», à Arthur Ekström). – 14 juillet 1887. (2 photographies). - Pomaré IV. – Pomaré V (par Charles Georges Spitz). (2 photographies). - Marahu. – Tombeau de la reine Pomaré IV. (2 photographies). - Nini et Teitoua. – Nini dans un pandanus. (2 photographies). - Cascade de la Fataoua. – Papeete. (2 photographies). - [Sans titre; attribuée, sous le titre «Rue de Papeete bordée d’arbres», à Arthur Ekström]. – Vue prise du pont de l’Est. (2 photographies). - La case de Simonin. – Le kiosque de la musique (attribuée, sous le titre «Kiosque à musique», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Le Diadème. – [Sans titre; attribuée, sous le titre «Rivière et Diadème en arrière-plan», à Arthur Ekström]. (2 photographies). - La pêche à Tahiti (ou Enfants sur pirogue et pêche au harpon, par Charles Georges Spitz). – Ilot, rade de Papeete. (2 photographies). - Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit (par Charles Georges Spitz). – Moorea et la pointe Vénus. (2 photographies). - Phare de la pointe Vénus. – Rade de Taravao. (2 photographies). - Le lac de Vahiria [Vaihiria] (par Charles Georges Spitz). (1 photographie, constituée de 2 clichés assemblés). Iles-sous-le-Vent (17 photographies de Raiatea et Huahine): - Huaheiné [Huahine], où fut tué Denot. (3 photographies). - La famille de Nini à Raïatéa [Raiatea]. – Raïatéa. (2 photographies). - Le poste de la Vire à Raïatéa. – L’école à Raïatéa. (2 photographies). - Nini et Teitoua à Raïatéa. – Liébert à Raïatéa. (2 photographies). - Musique de Raïatéa. – Raïatéa. (2 photographies). - Indigènes de Raïatéa. – Case de Raïatéa (attribuée, sous le titre «Famille tahitienne devant une maison traditionnelle», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Raïatéa. – Raïatéa. (2 photographies). - Four canaque (Raïatéa). – Raïatéa. (2 photographies). Iles Marquises (12 photographies de Fatu Hiva et Hiva Oa): - La grande allée d’Omoa (attribuée, sous le titre «Paysage de Nuku Hiva», à Arthur Ekström). – Richard. Sarah et sa sœur, Sophie (une photographie similaire, sous le titre «Notables tahitiens», est attribuée à Arthur Ekström). (2 photographies). - Panorama de Rais-Haé. – Groupe de Marquisiens. (2 photographies). - Grand Marae d’Atuana, Hiva-Oa. – La vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (attribuée, sous le titre «Paysage de Hiva Oa avec trois Marquisiennes debout sur un chemin», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Indigène des Marquises (attribuable à Charles Georges Spitz ou à Frank Homes). – Vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva. (2 photographies). - [Sans légende]. (2 photographies). - Une case de la vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (attribuée, sous le titre «Une case marquisienne», à Arthur Ekström). – [Sans légende]. (2 photographies). Iles-sous-le-Vent (10 photographies de Raiatea, Bora-Bora et de la flotte française): - Les fetii à Raïatéa. – [Le] Duquesne et [le] Volta à Raïatéa. (2 photographies). - Raïatéa. (2 photographies tirées en bleu). - Vice-roi de Tahaa (attribuée, sous le titre « Couple avec petite fille», à Arthur Ekström). – [Sans titre ; tirée en bleu]. (2 photographies). - Avant du Decrès (tirée en bleu). – Grand mât du Decrès. (2 photographies). - Etat-major du Volta. – Morne à Bora-Bora. (2 photographies). Samoa (14 photographies d’Apia et Samoa): - Officiers de marine allemands (Apia). – Environs d’Apia. (2 photographies). - Environs de Samoa. (2 photographies). - Samoa. (2 photographies). - Malietoa. – Chef du parti de Malietoa. (2 photographies). - Tamassesse. – Enfant d’Apia. (2 photographies). - Guerrier de Samoa-costume de parade. – Danse indigène. (2 photographies). - Case indigène, Apia. – Escadre américaine à Apia. (2 photographies).

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

OSMAN-BEY (Frederik van Millingen, dit).

Les femmes en Turquie.

Paris, Calmann Levy, 1878. In-16 de (1) f., 36 pp. ; demi-chagrin marron, dos à nerfs fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. L'auteur était le fils d'un médecin anglais installé en Turquie. Il fut officier dans l'armée ottomane, et écrivit plusieurs ouvrages sur l'Empire Ottoman. Son ouvrage sur les femmes traite des relations des Turcs avec les femmes, de l'esclavage et du harem, et du harem du sultan. Bel exemplaire.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur le projet de loi relatif aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 8 [1800]. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ouvrage accompagné d'un tableau dépliant. Discours prononcé devant le Tribunat le 6 mars 1800 dans lequel son auteur approuve un projet de loi réglementant le statut des corsaires et de la course en mer. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PETIT (Émilien).

Droit public, gouvernement des colonies françoises, d'après les loix faites pour ces pays.

Paris, Delalain, 1771. 2 volumes in-8 de (2) ff., xvi-474 pp., (1) f. — (2) ff., 521 pp., basane marbrée, dos à nerfs ornés, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale de ce code colonial. Il est divisé en quatre parties : la première sur l'origine et nature du gouvernement des colonies, des îles en général et de Saint-Domingue en particulier, la seconde sur l'administration générale des colonies, la troisième sur le gouvernement des îles, et la quatrième sur le gouvernement ecclésiastique des colonies françaises. Député des Conseils supérieurs des colonies françaises, Émilien Petit, natif de Saint-Domingue, publia plusieurs ouvrages de droit public, notamment sur les colonies. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Max Bissainthe, 7326. — Ryckebusch, 6420. — Sabin, 61252.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique.

Paris, F. Bechet, A. Égron, février 1817. 2 volumes in-8 de (2) ff., xxxij-403-(1 bl.)-(2) pp. — (2) ff., 394-(2) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Après un bref exposé de la situation coloniale des différent pays européens (Portugal, Hollande, Angleterre, France, Espagne), l'auteur analyse leurs différents modes de fonctionnement du point de vu législatif, commercial, ou encore vis à vis des esclaves. Il traite également de la question délicate de l'indépendance, politique ou commerciale, de la possible reconquête de l'Amérique du sud par l'Espagne, et appelle à la tenu d'un congrès colonial: "En effet, il faudra fixer l'ordre colonial dans toutes ses parties, celui du plus grand nombre de ses habitans, l'exclusif du commerce, la souveraineté des colonies, enfin la police générale de ces contrées." (t. 2, p. 153). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7459. — Sabin, 64882.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RAIMOND (Julien).

Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises.

Paris, Imprimerie du Cercle Social, an II [1794]. In-4 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Julien Raimond était un mulâtre et riche propriétaire de Saint-Domingue. Lorsqu'éclata la révolution, il se trouvait en France et y devint le porte parole des Libres de couleurs. Dans cette rare brochure, il reprend le texte d'une lettre qu'il publia en mars 1791 sous le titre Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleurs, à laquelle Page et Bruley ont répondu par l'ouvrage cité dans le titre. En regard du texte de sa lettre, reproduite en intégralité, il cite les passages qui ont été tronqués par les deux auteurs dont il entend dénoncer la mauvaise foi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7542. — Monglond, III, 76. — Inconnu de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Observations adressées à l'Assemblée Nationale, par un député des colons amériquains.

1789. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Propriétaire à Saint-Domingue et homme de couleurs, l'auteur ne put voter pour élire les représentant de l'île aux Etats-Généraux. Il demandait, donc, pour lui et pour ses semblables, une députation, et se réclamait de l'édit du roi de 1685 sur les affranchis qui stipulait "qu'ils jouiront des droits des autres citoyens, libres naturellement". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7544. — Ryckebusch, 6775. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Première lettre, écrite dans la partie de l'Ouest.

Paris, 1791. In-4 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

L'auteur, qui est en France depuis 1784 pour la défense des "Libres de couleurs", leur demande d'envoyer les fonds qu'ils ont promis pour qu'il puisse poursuivre la défense de leurs intérêts. Car "depuis plus d'un an je n'ai discontinué de vous écrire, pour vous avertir qu'il falloit envoyer des députés et de l'argent, pour suivre notre cause auprès de la nouvelle législature. Je vous ai mandé également que mes moyens étoient épuisés par sept ans de dépenses faites pour solliciter et défendre notre cause." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

ROCHET d'HERICOURT (Charles-Xavier).

Second voyage sur les deux rives de la mer rouge dans le pays des Adels et le royaume de Choa.

Paris, Arthus Bertrand, 1846. In-8 de xlviij-406 pp.; cartonnage bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir, non rogné (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 15 planches lithographiées à fond teinté (vues, scènes et scineces naturelle,) et d'une carte gravée dépliante. Négociant et aventurier, Rocher d’Héricourt fit un premier voyage dans l'est africain qui lui permit d'avoir le soutien du gouvernement français pour un second voyage dans la même région, de 1842 à 1845. Après avoir rencontré le Negus Sahle Sellassié avec qui il signa un traité d'amitié, il voyagea chez les Oromos et le pays Soldo, dans le sud de l'Ethiopie. Le récit de son voyage est suivi d'observations scientifiques (températures, pression...), de notes sur la géologie, la botanique et l'histoire naturelle. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Gay, 115. — Fumagalli, Bibliografia Etiopica, 198. — Numa Broc, Afrique, 288.

ROGER (Paul).

De l'intérêt qu'à la marine française à l'ouverture de l'isthme américain par le canal du Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade.

Paris, Ernest Meyer, 1861. In-8 de 20 pp. ; broché, couverture beige imprimée.

Défense d'un projet du percement de l'isthme de Panama dans la région du Darien par l'administrateur de la Société civile du canal de Darien. La région du Darién, à cheval sur le Panama et la Colombie, constitue la zone d’union entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Elle fut explorée à partir de 1861 par Lucien de Puydt puis, en 1876-1878, par Armand Reclus et Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse. Tous étaient désireux d'établir le meilleur tracé pour un futur canal transocéanique. Les cols s'avérant trop hauts, le passage par le Darién fut abandonné au profit du Panama Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelque piqûres. [Joint:] - Ouverture de l'isthme américain par un canal maritime projeté dans le Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade. Paris, Ernest Meyer, 1860. 3 pp. Traduction française d'une lettre de William M'Dermott, chirurgien à bord d'un navire anglais qui avait mené une mission d'exploration au Darien. - Extrait du Moniteur du mercredi 30 mars 1853. (2) ff. Au sujet d'une réception d'une députation anglaise de la Compagnie anglaise pour la jonction des deux Océans par Napoléon III.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUFZ de LAVISON (Étienne).

Enquête sur le serpent de La Martinique (vipère fer de lance, bothrops lancéolé, etc.)

Paris, Germer Baillière, 1859. In-8 de xix-(1 bl.)-390 pp. (mal chiffré 402); demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné, couvertures et dos conservés, non rogné et en partie non coupé (reliure moderne).

Deuxième édition, illustrée de 3 planches lithographiées. L'ouvrage avait été publié en 1843, à Saint-Pierre de la Martinique, dans le journal Les Antilles. Cette deuxième édition est augmentée d'une introduction, et d'appendices sur l'anatomie du serpent et de remèdes à sa morsure. Natif de Saint-Pierre, l'auteur était médecin et homme politique. Il fut maire de sa ville natale, président du conseil général de la Martinique, et directeur du jardin d'acclimatation. Son ouvrage traite du trigonocéphale, bothrops lanceolatus de son nom latin, ou fer de lance pour son nom local, un serpent que l'on ne trouve que sur l'île de la Martinique et dont la morsure peut être dangereuse pour l'homme. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "à son confrère le Dr Carl, en souvenir de son ingénieux procédé de cautérisation". Quelques rousseurs. Sabin, 73928.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SAINT-DOMINGUE.

Ensemble de 10 documents manuscrits, lettres ou pièces signées.

Limonade, Saint-Louis, Port-de-Paix, Jacmel, etc., 1752-1825. Environ 15 pp. in-4 et in-folio; en feuilles. On joint deux duplicatas et un en-tête imprimé.

Cet ensemble comprend: - [HABITATION LEMAITRE]. Grande feuille de compte. [Limonade], 1752-1754, 1 p. in-folio repliée (restauration au niveau du pli central). Récapitulation des dépenses en fournitures, instruments, approvisionnements et frais divers, entre le 3 avril 1752 et le 7 mars 1754: clous, barriques de sel, outils de charpentier, houes, serpes, haches, chaudière, planches d’acajou pour le moulin, pelles de fer pour la sucrerie, droits d’octroi, frais de justice au sujet d’un esclave marron qui a été arrêté et blessé, etc. - DUCIS, procureur à Saint-Louis. Lettre autographe signée. Saint-Louis, 22 octobre 1771, 3 pp. 1⁄4 in-4. Concerne la succession d’Antoine Sigan, propriétaire à Saint-Domingue, au quartier de l’Asile, décédé le 4 octobre 1771. Il lègue son habitation, estimée à 270000 livres, à deux de ses neveux, dont l’un réside sur place, et l’autre en Languedoc. Ducis demande à son correspondant, un ami de la famille, d’entrer en contact avec le neveu resté en France et de le mettre en garde contre certaines personnes qui pourraient avoir des vues sur son héritage. - QUILHET, propriétaire d’une habitation. Lettre autographe signée à son frère, à Carcassonne. Château-Gaillard (Saint-Domingue), 24 octobre 1784, 1 p. in-4, adresse. Il annonce qu’il retournera en France en mars ou avril prochain. N’emmenant pas d’argent, il demande l’autorisation à son frère de tirer une lettre de change sur lui pour payer le passage et les autres frais. Il déclare posséder «un assez joli capital» mais ajoute: «tout ce que je fais sur l’habitation passe pour la nourriture des Nègres et les ustensiles et les réparations qu’il faut faire…». - GODARD (Antoine Nicolas). Lettre autographe signée à son frère, négociant à Lyon. Bas-Moustique, 12 avril 1786, 3 pp. in-4, adresse. Il annonce avoir vendu des marchandises à perte lors de son séjour à Philadelphie, notamment des soieries, puis il est parti pour Le Cap où il a eu beaucoup de mal à se défaire de ce qui lui restait. Les affaires ne s’améliorant pas, il a été obligé d’accepter une place de précepteur chez un habitant, puis il a obtenu un poste d’économe dans une indigoterie, l’habitation Audigé, avant de renoncer au commerce. La suite concerne les pièces à fournir pour la succession de son père, dont il a appris le décès. - FAURE (Charles), conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel. Pièce signée. Port-de-Paix, 8 avril 1786, 1 p. in-8. Certificat de vie pour Antoine Nicolas Godard, né à Lyon le 19 mars 1755. Le document est également signé par ce dernier. On joint un duplicata. - AUDIGE, propriétaire à Saint-Domingue. Lettre autographe signée à M. Godard, à Lyon. Port-de-Paix, 17 avril 1786, 2 pp. in-4. Lettre en rapport avec la succession de Godard père. Il demande aussi à son correspondant de lui acheter des toiles de Flandres très fines, et de les adresser à la maison Foucher & Duchamp, négociants au Cap. On joint un duplicata. - FORTUNAT, curé de la paroisse d’Ouanaminthe. Pièce autographe signée. Ouanaminthe, 3 mars 1790, 1 p. in-4. Extrait des registres de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Concerne l’inhumation, le 7 octobre 1789, de Françoise Sans, décédée sur son habitation à l’âge d’environ 62 ans; elle était l’épouse de François Saillier, ancien capitaine au régiment du Royal-Pologne. Le texte est suivi d’une longue apostille signée de Jacques Barthélémy Dhudicourt, conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel de la sénéchaussée du Fort Dauphin, attestant l’authenticité de la signature du curé (cachet de cire rouge aux armes de France). - LASERRE aîné, négociant à Bayonne. Lettre signée à MM. Foache et Cie, au Havre. Bayonne, 10 décembre 1791, 1 p. in-4, adresse. Il demande des nouvelles du navire l’Assemblée nationale, capitaine Corbille, armé par MM. Ruelland et Cie, du Havre, qui devait faire la traite sur la côte d’Angola et se rendre ensuite à Saint-Domingue. Il demande aussi le cours des «denrées d’Amérique» de son correspondant ainsi que des nouvelles de ce pays. - DODARD, négociant. Lettre autographe signée à Lachèvre neveu, à Rouen. Jacmel, 18 janvier 1821, 1 p. in-4, adresse (restaurations). Il annonce son arrivée à Saint-Domingue après 45 jours de traversée. Ne pouvant vendre sa «pacotille» sur place, sinon à perte, il va apporter ses marchandises à Saint-Marc, «ville située près du Port-au-Prince, & soumise au gouvernement haïtien depuis la révolution du Nord», afin d’en tirer un meilleur produit. - INGINAC (Balthasar), général de brigade, secrétaire général de la présidence d’Haïti. Lettre signée au comte de Marbois, président de la Chambre des Comptes à Paris. Port-au-Prince, 28 novembre 1825, 1 p. 1⁄4 in-folio, en-tête imprimé de la République d’Haïti, avec la devise «Liberté, Egalité». Dans cette lettre, écrite «l’an 22e de l’Indépendance», Inginac demande à l’ancien intendant de Saint-Domingue de bien vouloir lui envoyer quelques exemplaires de ses ouvrages concernant les finances et leur vérification. On joint un en-tête imprimé de la République haïtienne, comportant une grande vignette gravée sur bois accompagnée de la devise «Liberté ou la Mort» (1 f. in-16 oblong, monté sur papier fort). Bel ensemble sur l’ancienne colonie française de Saint-Domingue et la République d’Haïti. Provenance: Jean-Louis Debauve, magistrat, historien et critique littéraire (cachet sur chaque document portant la mention «Des archives et collections de J.L. Debauve»).

SAINT-DOMINGUE. — JONQUIERES (F. de). — AUGE.

Documents relatifs aux demandes d'indemnisation.

Paris, 1825-1826. 2 pp. in-4 imprimées, et 1 p. in-4 imprimée.

Ensemble de deux imprimés : - Instruction à suivre par les Anciens Propriétaires et Colons de Saint-Domingue, pour faire liquider l'indemnité qui leur est allouée en vertu de la loi du 30 avril 1826. [Paris, 1826]. Note d'instructions destinée aux anciens propriétaires qui dresse la liste complète des documents à fournir, notamment les renseignements sur les propriétés : localisation, superficie, cultures, abornements, distance de l'embarcadère, moyens d'exploitation, nombre d'esclaves, animaux, bâtiments et usines, nature des denrées récoltées en 1789 ou dans l'année la plus rapprochée. Le cabinet Jonquières et Augé prendra une commission de 4 % au-dessous de 4000 fr. d'indemnité, 3 % de 4001 à 10000 fr. et 2 % au-dessus de 10000 fr. - Avis aux anciens colons de Saint-Domingue.[Paris, 1826]. Imprimé contenant, en 14 points, la liste des renseignements à fournir pour constituer le dossier d'indemnisation : localisation, nom de l'habitation, superficie, cultures, matériel, animaux, revenu annuel, valeur présumée de l'habitation, etc. Dans la marge, on a ajouté à la main : "7° Le nombre de nègres qui existaient dans l'habitation. 8° La nature des moulins". Etabli d'abord au 12 rue de Ménars, le cabinet Jonquières et Augé fut transféré au 65 rue Neuve des Petits-Champs à Paris. En 1825, un traité fut signé entre le roi Charles X et le président de la République haïtienne, selon lequel Haïti consentait une indemnité de 150 millions en faveur des colons dépossédés, en échange de la reconnaissance de la République haïtienne par la France. Une commission d'indemnisation fut nommée, et examina, entre 1826 et 1833, plus de 27000 demandes de propriétaires de Saint-Domingue et de leurs ayants droits, retenant finalement 12000 dossiers. Bon état de conservation.

SAINT-DOMINGUE — LABAN.

Lettre autographe signée.

Roseaux, paroisse Saint-Marc, 20 mai 1790. 4 pp. in-4 d'une écriture régulière et très lisible.

Lettre d'un français établi à Saint-Domingue, adressée à son oncle demeurant à Toulouse. Il est d'abord question de l'héritage de ses parents, dont il n'a encore rien reçu. Désireux de récupérer sa part, il a signé une procuration qu'il a envoyée à Toulouse en juin dernier. Ne sachant pas si les biens de ses parents ont été vendus, il demande à son oncle de lui fournir des explications. Il souhaiterait aussi avoir des nouvelles de son frère, Joseph Laban, et demande qu'on adresse son courrier dans une enveloppe au nom de "Monsieur Roux et Cie, négociant à Saint-Marc, isle St Domingue". Il précise aussi que les lettres à destination des îles ou de l'étranger doivent être affranchies de Toulouse pour Bordeaux (ou autre port de mer), sinon elles ne sont pas acheminées. La dernière partie évoque la situation dans la colonie : "Vers la fin de décembre dernier le paÿs a été sagement gardé par les Blancs et gens de couleur libres, plusieurs nègres annonçant ou laissant voir qu'ils auroient secoué le joug de l'esclavage le jour du premier de l'an, sur les faux bruits que ces êtres brutaux avoient ouï que le Roy les avoit affranchis… En mars dernier les gens de couleur au lieu-dit la Petite Rivière ont voulu se révolter. Le commandant de St Marc, M. de Campan, homme brave, les a repoussés et les a obligés de prêter en place publique le serment de fidélité, les chefs de cette conjuration ont été proscrits. Leur tête est à prix, on en a saisi quelques-uns, ils sont retenus en prison, et je pense qu'ils seront punis selon qu'ils le méritent. L'assemblée générale a été convoquée à St Marc d'où elle n'est pas prête à sortir. Il y a présentement dans cette ville deux ou trois cents membres qui composent ce corps…". Intéressante lettre, écrite un an avant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (1791).

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SANÉ (Alexandre-Marie).

Tableau historique, topographique et moral des peuples des quatres parties du monde; comprenant les lois, les coutumes et les usages de ces peuples.

Paris, Carteret, Mongie, an IX-1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 486 pp. — (2) ff., 506 pp.; demi-basane mouchetée à petits coins de vélin vert, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Le premier volume est consacré aux peuples d'Europe, et le second au reste du monde. On y trouve notamment des descriptions sur les Brésiliens, les Chinois, les insulaires des Antilles ou ceux de la mer du Sud, les Otaïtiens, ou encore les Papoux. Bel exemplaire. Monglond, V-651.

SAPPE (Marc).

Photographies de Californie.

Camp Bonaly, Quartz King Camp, Sanyers Bar (Siskiyou County), etc., 1906-1914. (pour la plupart) In-4 (30,5 x 25,5 cm) de (36) ff. de pochettes plastifiées contenant les photographies; l’ensemble réuni en un volume par des lacets.

Album de photographies d’un chercheur d’or français aux Etats-Unis. Il est constitué de 115 photographies, certaines tirées en carte postale, plus 9 en double, soit 124 photographies au total. Elles ne sont pas signées, sauf deux portant la mention «Sub-Post Card Co, L.A.» (1906) et deux autres portant la signature «M. Sappe» au verso (Quartz King, 24-25 avril 1907). Parmi cet ensemble, 70 possèdent une légende manuscrite au verso. Ces photographies, la plupart prises dans le nord de la Californie, non loin de la frontière avec l’Oregon, montrent principalement des installations minières en activité, des bâtiments d’exploitation, des personnages se déplaçant à cheval ou en carriole, des scènes de groupe, des portraits, des personnes devant leur habitation, des paysages boisés, des cours d’eau, des maisons, la tombe d’un mineur, une cascade, etc. On peut dénombrer 10 photographies relatives à la mine Bonaly ou aux environs de celle-ci; 6 concernent San Francisco (dont 4 en rapport avec le tremblement de terre du 18 avril 1906); 21 se rapportent à la «Quartz King Mine» (1907); 2 montrent Marc Sappe (dans sa menuiserie et en portrait, 1908); 35 représentent la mine qu’il avait achetée et nommée «Gallia Mine» (1909-1914); 4 concernent d’autres mines et 38 des sujets divers (repas ou sorties de groupes, vues de Santa Monica, de la plage de Santa Cruz ou de San Francisco…). Les légendes manuscrites portées par Sappe au verso de certaines photographies contiennent de précieuses informations sur les techniques d’extraction de l’or. Ainsi, à Gallia Mine: «L’eau canalisée vient aboutir à ces jets que l’on appelle ‘moniteur géant’. C’est avec cela que l’on lave le roc et la terre pour en extraire l’or…»; «Une vue magnifique de l’élévateur. Le moniteur de droite chasse le gravier et le tasse au pied de l’élévateur, de là il est de nouveau repris par le 2e moniteur et lavé sur les grilles. Nous sommes en train d’installer l’électricité pour le travail de nuit…»; «L’élévateur en action. A 120 pieds de long sur 12 de large et 10 de haut, pèse environ 2500 kg. [Il] peut travailler de 4 à 600 m. cubes de gravier par 24 heures»; puis: «La grue peut déplacer ainsi des rocs de 5 à 6 tonnes, les plus gros sont dynamités, certains pèsent jusqu’à 15 tonnes». Menuisier-ébéniste, Marc Sappe émigra vers le Nouveau Monde au début du XXe siècle. Il séjourna d’abord au Mexique, avant d’être employé dans une scierie de l’Oregon (Etats-Unis). Puis il se rendit à San Francisco à la fin de 1905; l’année suivante, il fut témoin du tremblement de terre et de l’incendie qui ravagèrent la ville. Il participa à sa reconstruction (une photo montre l’atelier qu’il construisit à Powell Street). A cette époque, il travaillait à la mine Bonaly, située dans les montagnes de Californie. En 1907, on le retrouve à la Quartz King Mine, puis, l’année suivante, il créa une entreprise de meubles de style nommée la «Marc Sappe & Co». Ayant réalisé suffisamment d’économies, il obtint en 1909, pour 11000 dollars-or, une concession de 250 hectares dans le comté de Siskiyou, une région sauvage et très boisée du nord de la Californie. Cette concession s’étendait sur 8 km le long d’une rivière. Il nomma cet endroit «Gallia Mine», et l’exploita avec une douzaine d’Indiens jusqu’en 1914. A cette date, il rentra en France, emmenant avec lui 800 pièces de 20 dollars-or, un sac rempli de pépites d’or pur et une chaîne en or confectionnée par un bijoutier chinois à partir de pépites de grande taille. On joint2 photographies non signées, montées sur carton, le représentant avec ses ouvriers dans sa menuiserie-ébénisterie (6 juillet 1908, 2 ff. in-4 oblong), et le fac-similé d’un article où il donne une interview dans le journal «Le Soir» de Marseille (5 décembre 1967, 1 p. in-folio repliée). Précieux ensemble sur un chercheur d’or en Californie au début du XXe siècle.

SARTINE (Antoine de).

Pièce signée par Louis XVI (secrétaire) et contresignée par Sartine.

Versailles, 8 août 1775. 1 p. in-folio (36,4 x 24,2 cm), sceau à froid aux armes royales, annotations au verso.

Brevet de sous-commissaire de la marine et des classes à la Guadeloupe. «Sa Majesté ayant destiné le Sieur Bournisien écrivain de la marine et des classes pour servir en qualité de sous-commissaire de la marine et des classes à la colonie de la Guadeloupe, elle veut qu’il en fasse les fonctions, qu’il en porte l’uniforme, et qu’il jouisse des honneurs, pouvoirs, autorité dont jouissent les autres sous-commissaires de la marine et des classes…». Bournisien de Valery fut, de 1771 à 1775, écrivain de la marine à la Guadeloupe, chargé en chef de l’inspection de l’hôpital militaire, des magasins du Roi et du bagne. Ayant parfaitement rempli ses fonctions, il fut promu sous-commissaire en 1775 (source: archives nationales d’outre-mer). Ancien lieutenant général de police, Antoine de Sartine devint, en 1774, ministre de la Marine. Il mit sur pied une organisation plus rationnelle en s’appuyant essentiellement sur le corps des officiers de vaisseau. Sentant venir la guerre d’Amérique, il poussa très activement les constructions navales. Il quitta le ministère en 1780 et fut remplacé par le maréchal de Castries. Document très lisible.

SAUGNIER.

Relation des voyages de Saugnier, à la côte d'Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, etc.

Paris, Lamy, an VIII-1799. In-8 de (2) ff., xliv-viij-341 pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Troisième édition, augmentée d'un avertissement contenant une biographie et une bibliographie de Jean-Benjamin de Laborde qui publia cet ouvrage, d'après le journal de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première relate le voyage de l'auteur vers le Sénégal, son naufrage sur la côte mauritanienne où il fut capturé et vendu comme esclave au Maroc, puis racheté et libéré (1783-1784). La seconde retrace un nouveau voyage au Sénégal où Saugnier remonta le fleuve pour acheter des esclaves à Galam et les livrer sur la côte aux navires négriers (1785-1786). La troisième traite du commerce avec le Sénégal "avec des détails intéressans pour ceux qui se destinent au commerce de l'or, de l'ivoire, et autres productions de ce pays". Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, IV, 112. — Gay, 388. — Monglond, II, 337.

SAUSSURE (Henri de).

Antiquités mexicaines. Le manuscrit du cacique.

Genève, Aubert-Schuchardt, 1891. In-4 oblong de 8 pp. ; broché, couverture imprimée et illustrée.

Edition originale, illustrée d'un titre et de 17 planches en couleurs. Cet ouvrage est la copie d'un manuscrit précolombien découvert par Henri de Saussure au cours de son voyage au Mexique et concernant un rituel du culte solaire. Malgré la mention de "1er fascicule" ce fut le seul publié. Henri Louis Frédéric de Saussure était un entomologiste et un minéralogiste suisse. En 1854, il entreprit avec un ami, Henri Peyrot, un voyage d'exploration au Mexique et aux Antilles, qui devait durer jusqu'en 1856 et exercer une influence considérable sur toute sa carrière. Il revint en Suisse en 1856 avec des collections d’insectes, de myriapodes, de crustacés, d’oiseaux et de mammifères. S’intéressant également à la géographie, la géologie et l’ethnologie, il participa à la fondation, en 1858, de la Société géographique de Genève. Bel exemplaire de cette brochure peu commune. Quelques rousseurs sur la couverture, présence de morceaux d'adhésifs sur le dos. Manque aux bibliographies usuelles.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SONNINI de MANONCOURT (Charles-Nicolas-Sigisbert).

Voyage en Grèce et en Turquie, fait par ordre de Louis XVI, et avec l'autorisation de la Cour Ottomane.

Paris, F. Buisson, an IX - 1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 460 pp. (+ (4) pp. entre les pp. 18 et 19).— (2) ff., 460 pp., et un atlas in-folio ; demi-basane brune à coins, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition. L'atlas comprend 7 planches gravées dont 2 dépliantes (une grande carte du Levant avec les contours aquarellés, une planche représentant le passeport de l'auteur, 3 planches d'histoire naturelle, et 2 planches de costumes). Voyageur et naturaliste, Charles Sonnini de Manoncourt avait déjà mené plusieurs voyage d'exploration en Guyane et à Cayenne, lorsqu'il fut envoyé en voyage d'exploration en égypte par le roi Louis XVI. C'est de retour de ce voyage qu'il visita la Grèce et plus particulièrement Chypre, Rhodes, la Crète, l'Archipel des Cyclades, Chios, et Thessalonique. Dans son ouvrage, il s'attarde plus particulièrement sur les descriptions géographiques, les productions naturelles, les sciences naturelles et les coutumes des habitants. Bon exemplaire. Quelques rousseurs sur les planches. Atabey, 1156. — Brunet, V, 445. — Hage Chahine, 4567. — Quérard, IX, 212. — Weber, II, 581.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

SPARRMAN (Anders).

Voyage au cap de Bonne-Espérance, et autour du monde avec le capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres.

Paris, Buisson, 1787. 3 volumes in-8 de xxxij-389-(1) pp. — (2) ff., 366-(1) pp. — (2) ff., 366-(5) pp..; veau marbré, dos lisses ornés de fers représentant des navires, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque de P. Meslant).

Première édition in-8, parue en même temps que l'original in-4, et traduite par Le Tourneur. Elle est illustrée d'une planche double en frontispice du premier volume, d'une carte dépliante (cap de Bonne-Espérance), et de 15 planches gravées dépliantes. Naturaliste suédois, Sparrman rencontra, au Cap de Bonne-Espérance, le Capitaine Cook qui lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du monde. Il parcourut notamment l'Océanie de la Nouvelle-Zélande à Tahiti et retourna u Cap en 1775, où il entreprit un voyage à l'intérieur des terres jusqu'alors peu connues. Bel exemplaire. Habiles restaurations, petite tache brune dans les pages de la préface. Boucher de La Richarderie, IV, 234. — Brunet, V, 474. — Gay, 3125. — Mendelssohn, II, 414 (pour l'édition anglaise). — Pritzel, 9784.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

TOUSSAINT LOUVERTURE (François Dominique Toussaint, dit).

Pièce signée.

Quartier général de Santo Domingo, 21 pluviôse an 9. [10 février 1801] 1 p. in-folio (31,2 x 19,4 cm), en-tête imprimé «Toussaint Louverture, Général en Chef de l’Armée de St-Domingue»; apostilles et cachets, principalement au verso.

Laisser-passer pour le commandant de l’île de la Tortue. Située à proximité immédiate de la côte nord d’Haïti, l’île de la Tortue est une île rocheuse et montagneuse qui a longtemps servi de repaire aux flibustiers, corsaires, boucaniers et pirates. A partie de 1791, à la suite de la révolte des esclaves à Saint-Domingue, de nombreux colons s’y installèrent. L’île était réputée pour la qualité de son climat et l’absence de fièvre jaune. «Laissez librement passer le citoyen Estradier, capitaine de grenadiers au 2e Bataillon du cy devant 60e Régiment d’infanterie, commandant militaire à l’isle de la Tortue; allant en France par la première occasion qui se présentera, pour y rétablir sa santé et y solliciter sa retraite…». Le général demande qu’il ne lui soit apporté aucun empêchement, et qu’on lui prête, au contraire, les secours, aides et assistance dont il pourrait avoir besoin. De nombreuses apostilles ont été ajoutées, ce qui permet de retracer le voyage du capitaine Estradier après son départ: Philadelphie, 15 floréal an 9 (5 mai 1801); Boston, 13 prairial an 9 (2 juin); Bordeaux, 8 vendémiaire an 10 (30 septembre); Cahors, 3 frimaire an 10 (24 novembre); Paris, 12 pluviôse an 10 (1er février 1802); idem, 19 pluviôse an 10 (8 février). Descendant d'esclaves, Toussaint Louverture (vers 1743-1803) joua un rôle historique de premier plan en tant que chef de la Révolution haïtienne. Nommé par Bonaparte capitaine-général de Saint-Domingue en mars 1801, il promulgua en juillet de la même année une constitution autonomiste, ce qui lui valut d’être arrêté en 1802 lors de l'expédition du général Leclerc. Il fut alors transféré en France et incarcéré au fort de Joux (Doubs) où il mourut. Traces de plis, quelques petites déchirures sans manque de texte. Précieux document, établi lors de l’invasion de la partie espagnole de Saint-Domingue.

TRUMBULL (Henry).

History Of The Discovery Of America; of the landing of our forefathers at Plymouth, and of their most remarkable engagements with the Indians in New-Englannd [sic], from their eirst landing in 1620, until the final subjugation of the natives in 1679. To wich is annexed the particulars of almost every important engagement with the savages at the wesward to the present day. Including the defeat of generals Bradock, Harmer, and St. Clair, by the Indians at the westward; the Creek and Seminole war &c.

Boston, George Clark, 1831. In-8 de 256 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées sur bois et coloriées dont un grand frontispice dépliant illustrant la défaite de Tecumseh en 1812. Cette histoire des premiers colons en Amérique et des guerres indiennes, très populaire en Amérique, a connu de très nombreuses éditions. Bon exemplaire. Rousseurs, plus prononcées à certains cahiers. Sabin, 97196.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1797]. In-8 de 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797, dans lequel l'auteur, qui naquit et grandit à Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 98682.

VAUX (Roberts).

Mémoire sur la vie d'Antoine Bénezet. Abrégé de l'ouvrage original.

Londres, Vogel, 1824. In-8 de (1) f., iv-(2)-88 pp. ; broché, couverture bleue muette.

Protestant d'origine française devenu Quaker durant son séjour en Angleterre, Antoine Benezet migra avec sa famille en Amérique en 1731. Il y ouvrit la première école publique pour filles à Philadelphie, et s'intéressa à l'instruction des sourds-muets. Il fut surtout connu pour son opposition à l'esclavage et pour son action en faveur de l'instruction des Noirs pour lesquels il créa une école du soir en 1750 puis, en 1770, la Negro School. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit du pasteur Emilien Frossard (1802-1881), dessinateur et fondateur de la société Ramond pour l'étude scientifique des Pyrénées. Dos et partie du premier plat passé, petites déchirures au dos. Sabin, 98703.

VAZQUEZ QUEIPO (Vicente).

Cuba, ses ressources, son administration, sa population, au point de vue de la colonisation européenne et de l'émancipation progressive des esclaves.

Paris, Imprimerie Nationale, 1851. In-8 de (2) ff., xx-594 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, traduite de l'espagnol et annoté par Arthur d'Avrainville, et illustrée d'un tableau dépliant. Alors que, dans les colonies anglaises puis françaises des Antilles, l'esclavage avait été ou allait être aboli, l'Espagne s'interrogeait sur les moyens de maintenir la prospérité dans l'île de Cuba. En 1844, le procureur fiscal de la surintendance des finances rédigea un rapport dans lequel il critiquait la gestion de la colonie par sa métropole et proposait un plan de développement par une immigration blanche et une abolition progressive de l'esclavage, le tout accompagné de nombreux documents sur la fiscalité, les ressources et l'administration de l'île. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au duc de Luynes. Sabin, 67081.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VIETNAM.

Une rue dans Cholon.

1903. Fusain en couleurs signé du monogramme AT (47,7 x 32,5 cm), monté sous passe-partout.

Très beau dessin original représentant une rue de Cholon avec au premier plan un groupe de personnes attablé prenant leur repas. Cholon est un quartier de Hô-Chi-Minh-Ville (anciennement Saïgon), au Vietnam. Il se caractérise par son commerce du riz, et on y trouve une très forte communauté chinoise implantée à la fin du siècle. Situé jadis à l'écart de la ville, il fait aujourd'hui partie de ses 5e et 6e arrondissements. Bon état de conservation.

VILLARET-JOYEUSE (Thomas).

Discours sur l'importance des colonies & les moyens de les pacifier.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 (1797). In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 31 mai 1797, par Thomas Villaret-Joyeuse, député du Morbihan et membre de la commission des colonies. Il avait un frère qui possèdait une plantation à l'île Maurice, et était le principal porte-parole des colons esclavagistes au Conseil des Cinq-Cents. Dans son discours, l'auteur demande que Saint-Domingue soit déclarée en état de siège et que le pouvoir y soit remis aux autorités militaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8359. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 99561.

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

Fragments sur l'Inde, et sur le général Lalli.

Lausanne, 1773. In-8 de (2) ff., 162 pp.; veau granité, dos lisse orné, pièce de titre verte, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Édition publiée la même année que l'originale. Le général Thomas-Arthur de Lally-Tollendal, gouverneur général de l'Inde française, fut condamné à mort puis exécuté, en 1766, car rendu responsable de la perte des établissements français en Inde durant la guerre de Sept Ans. Cette exécution produisit une grande indignation en France et en Europe, et Voltaire, alors âgé de 79 ans, publia ce mémoire. Il y dénonce le jugement de haute trahison, et, en parti grâce à son soutien, le fils du général obtiendra une révision du procès, et la cassation du jugement de haute trahison, mais pas la réhabilitation complète de son père. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Bengesco, Bibliographie des œuvres de Voltaire, 1828.

WALLIS (Edward).

Wallis's elegant and instructive game exhibiting the wonders of nature, in each quarter of the world.

London, E. Wallis, 1818. En 12 sections montées sur toile et pliées, formant une planche de 473 x 620 mm ; livret broché in-12 de 20 pages ; sous étui de papier marbré de l'auteur et éditeur Edward Wallis (211 x 124 mm), illustré d'une grande vignette lithographiée en couleurs sur le premier plat.

Très rare jeu de parcours lithographié et finement colorié à l'époque. Le plateau est composé de 26 vignettes figurant des merveilles de la nature. Il est accompagné d'un livret de 20 pages donnant les instructions du jeu et une description de chaque vignette, et d'un étui de l'éditeur dont le premier plat est orné d'une grande vignette lithographiée en couleurs. Les merveilles de la nature représentées sont : l'Etna en Sicile, la cascade de la rivière Vinagre en Colombie, un tremblement de terre, des tourbillons de sable brûlant dans les déserts de l'Arabie, la grotte de Poole dans le Derbyshire, l'apparition d'un volcan dans l'Atlantique près de l'île de São Miguel, dans l'archipel des Açores, la source de l'Arveyron dans la Mer de Glace, le sommet du Chimborazo en Équateur, les colonnes de basalte sur l'île de Staffa dans l'archipel des Hébrides, le Bassin des Chites dans l'île de la Réunion (nommée Bourbon dans la description), une trombe marine, les montagnes de glace dans le pôle Nord, un rocher perforé à Tolaga Bay en Nouvelle-Zélande, la grotte d'Antiparos en Grèce, Peak Cavern (grotte) dans le Derbyshire, une fontaine ardente dans le Dauphiné, le Pic du Teide sur l'île de Tenerife dans les Canaries, le Pont du Diable en Suisse, un rocher sur la rivière Nahe en Allemagne, les Chutes du Niagara, une cascade sur la White River en Jamaïque, l'arche naturelle de Rockbridge en Virginie, la grotte de Fingal sur l'île de Staffa dans l'archipel des Hébrides, le maelstrom ou tourbillon des îles Lofoten en Norvège, des sources bouillonnantes dans la ville de Geysir en Islande (qui a donné son nom au terme geyser), et enfin les ponts naturels d'Icononzo en Colombie. Le livret contient des descriptions détaillées de chaque merveille. Pour l'Etna, il est dit qu'une éruption en 1669 anéantit 5 000 maisons et forma une immense montagne de deux miles de circonférence ; pour les tremblements de terre, l'auteur cite celui de 1755 qui engloutit la majeure partie de la ville de Lisbonne et ses 70 000 habitants ; l'apparition du volcan dans l'Atlantique fut observée en 1811 à bord du sloop britannique le Sabrina, et fut décrit comme un spectacle aussi sublime que terrifiant ; les montagnes de glace dans le pôle Nord causèrent la perte de l'explorateur britannique Sir Hugh Willoughby et de son équipage, tandis que Lord Mulgrave échappa de peu au même sort en 1773, lorsque ses vaisseaux furent envahis par la glace pendant 3 jours. Le jeu se joue avec un toton ou toupie en bois dont la pointe est traversée d'un dé, numéroté de 1 à 8. Chaque joueur doit avoir une pyramide et 4 jetons de la même couleur. Selon l'historien F.R.B. Whitehouse, ce jeu était l'une des "plus belles productions" de Edward Wallis. Edward Wallis était le fils de John Wallis. Les Wallis furent les principaux éditeurs de jeux pour enfants en Angleterre entre 1785 et 1847. Bel exemplaire. Rousseurs à la brochure, petits défauts à l'étui.

WOODARD (David).

Relation des malheurs et de la captivité, pendant deux ans et cinq mois, du capitaine David Woodard, et de quatre de ses compagnons, dans l'isle de Célébès, située sous la ligne équinoxiale. avec la description de cette isle, de ces productions, et des mœurs et coutumes de ses habitans.

Paris, F. Buisson, an XIV-1805. In-8 de (2) ff., 322 pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes gravées dépliantes, et de 2 planches gravées représentant des types de bateaux. Ouvrage rédigé par William Vaughan d'après le récit de David Woodard, capitaine au service de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. La première partie retrace la captivité de l'auteur; elle est suivie d'une description de l'île des Célèbes (géographie, population, sciences naturelles, mœurs, administration) puis d'une réunion de "relations de longs jeûnes et de souffrance" tant en mer qu'à terre. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Boucher de La Richarderie, V-173. — Hill, 1912 (pour l'édition anglaise).

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.

ZELLER (Hanna).

Fleurs de la Palestine.

Bâle, C. F. Spittler, 1875. In-8; percaline verte, décor noir et or sur le premier plat, dos lisse orné, plats biseautés (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 54 planches de fleurs en chromolithographie. Fille de l'évêque de Jérusalem Samuel Gobat, fondateur de la première école chrétienne de cette ville, et épouse du missionnaire suisse John Zeller, Hanna Zeller réalisa les aquarelles reproduites ici lors de son séjour en Palestine. Bel exemplaire; très rares piqûres.