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LANGLÈS (Louis-Mathieu).

De l'importance des langues orientales pour l'extension du commerce, les progrès des lettres & des sciences.

Paris, Champigny, 1790. In-8 de (1) f., 40 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre havane (reliure moderne).

Louis Langlès était un orientaliste qui publia une traduction des Institutions politiques et militaires de Tamerlan ainsi qu'un alphabet mandchou. Dans cet opuscule, il plaide pour l'enseignement des langues orientales aux commerçants désirant se rendre aux Indes, en appuyant sa requête sur des exemples concrets. Il termine en demandant la création de chaires d'enseignement d'arabe, de turc et de persan. Bon exemplaire.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes occidentales par les Espagnols, et les moyens dont ils se sont servis pour s'en rendre maîtres.

Paris, Pierre Debats et Imbert Debats, 1701. In-12 de (5) ff., 382-(2) pp.; veau moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, illustrée d'un frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Exemplaire enrichi de 18 gravures extraites de l'édition latine de 1614 intitulée Narratio regionum Indicarum per Hispanos quosdam devastattarum. Gravées par les frères De Bry d'après les dessins de Jode de Winghe, ces planches représentent la cruauté des Espagnols envers les Indiens et les châtiments qu'ils leur faisaient subir. Bon exemplaire. Sabin, 11275.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE BRASSEUR (Joseph-Alexandre).

De l'Inde, ou réflexions sur les moyens que doit employer la France relativement à ses possession en Asie.

Paris, Didot l'aîné, 1790. mal chiffré1810 In-8 de (2) ff., iv-140 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Inde. Le Brasseur fit toute sa carrière dans l'administration de la marine où il fut commissaire général de la marine puis des colonies, commissaire ordonnateur à Gorée, intendant de Saint-Domingue, puis intendant général des fonds de la marine et des colonies. Dans cet ouvrage sur les possessions françaises en Inde, il montre qu'une reconquête militaire de l'Inde (après les perte de la guerre de Sept Ans) est inutile, qu'il vaut mieux s'en assurer les débouché économiques et qu'il faut concentrer les efforts sur Maurice qui fait l'objet de la convoitise des Anglais. Bel exemplaire.

LE GENTIL de LA GALAISIERE (Guillaume-Joseph-Hyacinthe-Jean-Baptiste).

Voyage dans les mers de l'Inde, fait par ordre du roi, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769.

En suisse, chez les Libraires Associés, 1780-1782. 5 volumes in-8 de (1) f., 344 pp. — (1) f., 364 pp. — viij-431 pp. — (1) f., 434 pp. — (2) ff., 333 pp.; basane marbrée, dos lisseS ornéS, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 6 planches gravées dont une dépliante. Guillaume Le Gentil partit en Inde observer le passage de Vénus devant le soleil prévu en 1761. Retardé, il observa le transit à bord mais il ne put faire de mesures précises à cause des mouvements du navire. En attendant le second passage prévu en 1769, il voyagea en Inde et dans l'Océan indien, de Madagascar à Manille. Puis il construisit un observatoire à Pondichéry, mais cette fois-ci ce sont les nuages qui empêchèrent toute observation. Bon exemplaire. Brunet, III, 940. — Gay, 3239.

LEBLOIS (Léonard).

Au calomniateur Thérou, et à ses complices, tous colons blancs, ennemis nés de la liberté et de l'égalité.

Paris, imprimerie de Pain, 1794. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Planteur de Saint-Domingue, l'auteur se présente comme un défenseur des droits des hommes de couleurs. Il répond à un pamphlet qui l'accuse d'être un partisan du colonel Mauduit, en accusant ses adversaires du meurtre du même colonel et en accusant les membres de l'Assemblée de Saint-Marc d'avoir "préché le fédéralisme, l'abandon de la mère patrie, l'amour des nations étrangères et la haine de la révolution française", "déclaré une guerre à mort à tous les citoyens de couleurs", "incendié la ville de Port-au-Prince"... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6534. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 39597.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Compte rendu sur la situation actuelle de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 18 octobre 1798. Ancien administrateur des colonies, l'auteur fut secrétaire de la commission envoyée à Saint-Domingue pour y faire appliquer la loi sur l'égalité politique des libres de couleurs votée en 1792. En 1796, il fut nommé commissaire ordonnateur du corps expéditionnaire de Saint-Domingue chargé de mettre fin au "préjugé de couleur", et élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinqs-Cents en 1797. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6541. — Sabin, 39611. — Inconnu de Monglond.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LEMONNIER-DELAFOSSE (Jean-Baptiste).

Seconde campagne de Saint-Domingue, du 1er décembre 1803 au 15 juillet 1809. Précédée de souvenirs historique & succints de la première campagne. Expédition du général Leclerc, du 14 décembre 1801 au 1er décembre 1803.

Le Havre, H. Brindeau, 1846. In-8 de (1) f., viij-304 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition, non mise dans le commerce. Elle est illustrée de 5 plans dépliants (4 plans de batailles et un grand plan de la ville de Santo-Domingo). Officier de l'armée de Saint-Domingue sous le commandement du général Leclerc, l'auteur fit partie des quelques soldats qui se rassemblèrent autour du général Ferrand et résistèrent encore six années dans la partie espagnole de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6582. — Sabin, 40011.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LONGCHAMPS (Pierre Charpentier de).

Histoire impartiale des évènemens militaires et politiques de la dernière guerre, dans les quatre parties du monde.

Paris, Veuve Duchesne, 1785. 3 volumes in-12 de 558-(1) pp. - 523 pp. & (1) f., 620 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. La dernière guerre dont il est question est celle de l'Indépendance des états-Unis dont l'auteur donne une description chronologique jusqu'au traité de Paris de 1783. Outre les évènements se déroulant sur le sol américain, l'auteur décrit également les combats qui se déroulèrent aux Antilles, en Inde et à Gibraltar où la France avait attaqué les Anglais, les forçant à disperser leurs forces. Bel exemplaire. Déchiures sans manques pages 137 à 140 du tome 2. Sabin, 41905.

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACGREGOR (Gregor).

Plan of a Constitution for the Inhabitants of the Indian Coast, in Central America, commonly called the Mosquito Shore.

Edinburgh, Balfour and Jack, 1836. In-8 de 35 pp. ; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Brochure peu commune. Membre du clan MacGregor, l'auteur fut, entre 1803 et 1810, général dans l'armée de terre britannique et participa à la guerre d'indépendance espagnole. Il fut par la suite mercenaire au Venezuela et aux Provinces-Unies de Nouvelle-Grenade au sein de la Légion britannique. Il fut surtout connu pour, de 1821 à 1837, avoir tenté d'attirer les investisseurs et des colons britanniques et français à «Poyaïs», un territoire fictif d'Amérique centrale situé sur l'actuel Honduras où il prétendait régner comme cacique. Cette brochure dresse les détails de la future constitution de cet état fictif. Bon exemplaire. Ex-dono de la Voluntary Church Association, Edinburgh.

MACKENZIE (Alexander).

Tableau historique et politique du commerce des pelleteries dans le Canada, depuis 1608 jusqu'à nos jours.

Paris, Dentu, 1807. In-8 de (2) ff., 310-(1) pp.; cartonnage de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit en français par Jean-Henri Castera, et illustré d'un portrait gravé de l'auteur en frontispice. Travaillant pour la compagnie du Nord-Ouest (une maison de commerce des fourrures), Alexander Mackenzie entreprit pour cette dernière l'exploration des régions boréales du Canada. Le récit de ses voyages fut publié en France en 1802 en trois volumes. Notre ouvrage est un tiré à part de la plus grande partie du tome 1 et contient, outre le traité sur le commerce des fourrures, des détails sur les Indiens Knisteneaux, un vocabulaire de la langue algonquine, une note et un vocabulaire des Chipiouyans (Chipewyan). Bel exemplaire. Leclerc, I, 920. — Sabin, 43917.

MAGON de CLOS-DORÉ.

Souvenirs d'un voyageur en Asie, depuis1802 jusqu'en 1815 inclusivement.

Paris, Nepveu, 1822. In-8 de 198 pp.; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Issu d'une famille d'amateurs de Saint-Malo, l'auteur se présente ainsi dans sa préface: "Ma première jeunesse s'écoula sous un ciel étranger; et lorsque je rentrai dans ma patrie, ce fut pour devenir acteur dans ces tristes combats livrés par George Cadoudal, dans les landes du Morbihan. La paix faite, je ne sais quel destin me conduisit à l'île de France et de là en Asie". Ses souvenirs sont en fait une succession d'exposés ou d'anecdotes sur la compagnie des Indes, les routes possibles pour rentrer en Europe, un portrait du sultan de Mysore Tipû Sahib, les Cipayes, les animaux (chevaux, éléphants, serpents, buffles, chiens sauvages), le sacrifice des femmes brahmanes, l'exposition des nouveau-nés, les Bayadères, son naufrage aux Seychelles, les religions et les populations des Indes... Le dernier chapitre est une description de l'île Sainte-Hélène, où mourut Napoléon. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 545. — Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, II, 981.

MAHER (Charles-Adolphe).

Relation médicale de deux épidémies de fièvre jaune à bord de la frégate l'Herminie, en 1837 et 1838, à La Havanne et à Vera-Cruz.

Paris, Félix Locquin, 1839. In-8 de xv-(1 bl.)-352 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Ouvrage rédigé par le chirurgien-major de l'Herminie. Cette frégate de 60 canons fut envoyée au Mexique participer au blocus de Vera-Cruz, dans le cadre de la guerre dite des pâtisseries, et à l'ocasion de laquelle la France réclamait le paiement d'indemnités pour le pillage de biens de Français. Le navire connut un épisode de fièvre jaune à son arrivée à La Havane, puis un autre à Véra-Cruz, sans compter le scorbut qui toucha une bonne partie de l'équipage. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "au camarade Réjan". Marge froissée page 338.

MAIRAN (Jean-Jacques Dortous de).

Lettres au R. P. Parrenin, jésuite missionnaire à Pékin; contenant diverses questions sur la Chine.

Paris, Imprimerie Royale, 1770. In-8 de (1) f., xj-(1 bl.)-368-(1 bl.)-(1) pp.; demi-cuir de Russie rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée d'une planche et de 5 figures gravées dans le texte. Membre de l'Académie des Sciences, Mairan écrivit plusieurs lettres, entre 1728 et 1736, au père Dominique Parrenin missionnaire en Chine. Elles traitaient principalement de plusieurs questions qui le préoccupaient dont l'origine supposée égyptienne de la civilisation chinoise. On y trouve également des renseignemenst sur la chronologie et l'astronomie chinoise ainsi que des réflexions sur l'architecture et les loix. Cette deuxième édition est augmentée de cinq opuscules, extraits des publications de l'Académie des Sciences ou du Journal des Savants: L'origine de la fable de l'Olympe (qui serait une aurore boréale); La balance des peintres de M. Piles; Les monstres; L'horoscope d'Auguste d'après une pierre antique gravées; La roue d'Aristote. Bel exemplaire. Cachet d'un collège hollandais sur le titre et les gardes. Petite mouillure en début de volume. Cordier, BS, 57.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTIN-MAGRON — BEAUREGARD.

Le docteur Ernest Godard. Son éloge par M. le Dr Martin-Magron. Sa collection archéologique (simples observations) par Olivier Beauregard.

Publié par les soins de sa famille et de ses amis, 1863. In-8 de 112 pp.; demi-chagrin marron, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un portrait et d'un fac-similé d'écriture d'Ernest Godard. Docteur en médecine et ancien interne des hôpitaux de Paris, Jean Ernest Godard fut l'un des membres fondateurs, en 1859, de la Société d'anthropologie de Paris. Il fut aussi membre de la Société de biologie et de la Société anatomique. Il est connu pour ses recherches sur la tératologie des organes sexuels et l'hermaphrodisme, et aussi pour son voyage scientifique en Egypte, où il fut envoyé en mission en 1861. Lors de ce voyage, il recueillit un grand nombre d'observations anthropologiques, archéologiques et pathologiques. A la suite de fatigues auxquelles il s'était exposé pour aller étudier et soigner les lépreux en Palestine, il contracta à Jérusalem les symptômes d'une hépatite et mourut à Jaffa en septembre 1862. Bon exemplaire.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

MASQUERAY (Emile).

Notes, concernant les Aoulad-Daoud du Mont Aurès (Aourâs).

Alger, Adolphe Jourdan, 1879. In-8 de 40 pp.; broché, couverture grise imprimée.

Ouvrage illustré d'une vue dépliante et de 3 cartes lithographiées d'après les dessins de l'auteur. L'auteur fut chargé d'une mission dans l'Aurès par le ministre de l'Instruction Publique. Ces notes présentent la société telle qu'elle était avant la colonisation. L'Aurès est une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief en partie montagneux et par son peuplement traditionnel, le groupe berbère des Chaouis. Bon exemplaire conservé dans sa brochure de l'époque. Couverture légèrement écornée.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MEARES (John).

Voyages de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique, fait dans les années 1788 et 1789.

Paris, F. Buisson, an III [1795]. 3 volumes in-8 de xxiv-391 pp. — (2) ff., 386 pp. — (2) ff., 371-(1) pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Billecocq. Elle est accompagnée d'un atlas comprenant un titre, la liste des planches, et 28 planches gravées (portrait de l'auteur, cartes, profils de côtes, vues, plans de ports, portraits) dont 11 dépliantes. Capitaine de la Royal Navy, l'auteur rejoignit, en 1785, la marine marchande. Il se consacra au commerce des fourrures entre l'Amérique du nord et la Chine, et ce sous pavillon portugais, pour ne pas payer une licence à la East India Company qui avait le monopole de ce commerce. Le récit de son voyage entre la Chine et l'Amérique (dans lequel il dénonce le monopole de la compagnie comme nuisible au commerce) est précédé de celui de son voyage sur le Nootka de Calcuta à la côte nord-ouest d'Amérique pendant les années 1786 et 1787. On y trouve également des Observations sur la probabilité d'un passage nord-ouest, et un traité abrégé du commerce entre la côte nord-ouest d'Amérique et la Chine. Bon exemplaire. Boucher de la Richarderie, V, p. 465. — Brunet, 1563. — Chadenat, 1168. — Cordier, BS, 2104. — Hill, 1127 (pour l'édition anglaise). — Howes, 469. — Lada-Mocarski, 46 (pour l'édition anglaise). — Leclerc, 953 (sans l'atlas). — Monglond, III, 467. — Sabin, 47262.

MEXIQUE. — CHAPLIN (Charles).

Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).

1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE de la MARINE et des COLONIES.

Commission instituée, par décision royale du 26 mai 1840, pour l'examen des questions relatives à l'esclavage et à la constitution politique des colonies. Rapport fait au ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1843. In-4 de xvi-438 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun, tranches jaspées (reliure moderne).

Cette commission était composée notamment du duc de Broglie, du comte de Saint Cricq, du marquis d’Audiffret, du comte de Sade, de Passy, de Tocqueville ou encore du Baron de Mackau. Parmi les questions posées, on trouve l’abolition de l’esclavage envisagée par ses rapports avec l’ordre public, avec l’intérêt réel de la population esclave, avec l’intérêt des colons, avec le maintien du système colonial et des projets de lois concernant l'émancipation générale et simultanée, l'émancipation partielle et progressive et des pièces justificatives. Les membres les plus influents de cette commission, dont Tracy, Tocqueville et Hippolyte Passy, étaient partisans de mesures transitoires contrairement aux solutions radicales de Schoelcher qui menait à la même époque une campagne ardente contre l’esclavage. Il faudra attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit proclamée l’abolition immédiate dans toutes les colonies et possessions françaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5734. — Sabin, 67930.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

De la danse.

Parme, Bodoni, 1803. Petit in-4 (6 x 11,5 cm) de (4) ff., 61 pp.; cartonnage de papier marbré, dos lisse avec étiquette de titre imprimée, non rogné (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, par Bodoni, d'un très rare petit ouvrage publié pour la première fois en 1797, soi-disant, à 12 exemplaires. L'auteur était un colon créole de La Martinique devenu député à l'Assemblée Constituante en 1789. Défenseur de la cause coloniale, il s'opposa à l'abolition de l'esclavage, et s'exila en Amérique. En 1798, protégé par Talleyrand, il revint en France et fut nommé, en 1801, administrateur général des états de Parme. Son ouvrage est un éloge de la danse telle qu'elle se pratiquait dans les colonies françaises des Antilles. Il y décrit avec précision les types de danses des créoles, des affranchis et plus particulièrement des esclave,s avec les chœurs de chanteurs et de chanteuses qui se répondent, les tambours et les guitares. Il est le premier à donner une description des danses vaudous. Bel exemplaire. Ex-libris gravé de la bibliothèque de Mme de Barante, probablement Marie-Césarine-Joséphine Houdetot (1794-1877), native de l'île Maurice, qui épousa, en 1811, l'historien Prosper Brugière de Barante (1782-1866). Cioranescu, XVIIIe siècle, 47253 (édition de 1801). — Max Bissainthe, 7022 (édition de 1801).

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MOUCHEZ (Ernest).

Correspondance. Ensemble de 218 lettres, la plupart autographes signées, à lui adressées.

Paris, La Rochelle, Brest, Toulon, Le Havre, Cherbourg, Londres, New York, La Plata, etc., 1887. Environ 500 pp. de différents formats, qq. en-têtes imprimés; les lettres sont conservées dans deux classeurs.

Importante correspondance adressée à l’astronome Mouchez en 1887. Ancien élève de l’Ecole navale, Ernest Mouchez (1821-1892) effectua plusieurs campagnes en Amérique du Sud, dans l’océan Indien et en Extrême-Orient, au cours desquelles il réalisa de nombreuses observations hydrographiques et astronomiques. En 1874, il dirigea une mission envoyée à l’île Saint-Paul, dans le sud de l’océan Indien, afin d’observer le passage de Vénus sur le Soleil. Membre de l’Académie des sciences en 1875, contre-amiral en 1878, il fut alors nommé directeur de l’Observatoire de Paris. Il créa celui de Montsouris et entreprit, avec la coopération d’observatoires étrangers, l’établissement d’une carte photographique du ciel dont la réalisation nécessitait le relevé des coordonnées astronomiques de plusieurs millions d’étoiles de la sphère céleste. Cette correspondance, en grande partie consacrée à l’astronomie, est constituée de lettres qui lui ont été adressées personnellement. Elles évoquent principalement le Congrès astronomique international de 1887, au cours duquel Mouchez lança le projet de la Carte du ciel, ainsi que la publication, la même année, de son étude intitulée La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel. Certaines lettres sont relatives à l’envoi de sa publication, d’autres concernent les travaux de ses correspondants, français ou étrangers. Il est aussi question de l’envoi de matériel astronomique, d’une souscription pour l’érection de la statue d’Arago, d’invitations, de recommandations, de demandes pour venir travailler à Montsouris, de cérémonies pour le cinquantenaire des chemins de fer, des études de son fils Charles à l’Ecole navale, etc. Une centaine de correspondants sont ainsi représentés : astronomes, marins, hydrographes, explorateurs, médecins, naturalistes, mathématiciens, chimistes, physiciens, ingénieurs, météorologues, historiens, artistes, écrivains, hommes politiques, etc. De nombreuses lettres concernent l’Observatoire de Paris, la Société de Géographie, le Service hydrographique, la Société météorologique de France, les observatoires d’Alger, La Plata, Nice… On peut ainsi relever, parmi les correspondants: Astronomes: Antoine d’Abbadie (belle lettre sur l’astronomie, écrite de son château-observatoire d’Abbadia); Francisco Beuf (5 lettres sur ses travaux à l’Observatoire de La Plata, son voyage à Marseille, l’envoi de miroirs et de chronographes en Argentine, sa promotion dans la Légion d’honneur, etc.); William Robert Brooks (au sujet de ‘La Photographie astronomique à l’Observatoire de Paris et la Carte du ciel’ publiée par Mouchez); Charles Dufour (2 lettres écrites de Morges, dans le canton de Vaud, relatives à une trombe survenue sur le lac Léman); Hervé Faye (invitation à dîner); Flammarion (lettre écrite par sa femme Sylvie, pour demander d’envoyer à ‘Flamm’ un portrait photographique de Mouchez); Georges Ernest Fleuriais (8 lettres, sur la réparation d’un instrument de son invention, la mesure des distances à partir de relevés optiques, l’observation des astres, etc.); Hugo Gylden (conflit entre l’astronome Struve et l’académie de Saint-Pétersbourg au sujet de la direction de l’Observatoire de Poulkovo); William Huggins (nomination en tant que membre associé de la Royal Astronomical Society); Edward B. Kuobel (remerciements pour la monographie sur la photographie astronomique); Aimé Laussedat (4 lettres, remerciements pour la brochure, publication de travaux sur la photographie appliquée à la topographie et à l’astronomie, réinstallation du pendule de Foucault au Panthéon, recherche des kilogrammes témoins qui ont été égarés, difficultés avec le ministère, etc.); Henri Perrotin (sur l’observation d’une nébuleuse à l’Observatoire de Nice); Stephen Joseph Perry (sur la photographie astronomique); Georges Rayet (remerciements et projet d’écrire une histoire de la photographie à l’étranger); Henri Renan (excuses au sujet d’un malentendu concernant la lecture d’une note à l’Académie); Otto Wilhelm von Struve (sur le nombre de participants au congrès, qu’il juge insuffisant, et l’observation de la nébuleuse C Orionis); Louis Thollon (concerne l’envoi d’un jeune astronome à l’Observatoire de Nice, la construction d’un spectroscope et les observations à effectuer à l’aide du grand équatorial); Charles Trépied (sur l’incendie de l’Iphigénie et l’observation, à Alger, de la nébuleuse voisine de celle d’Orion); Charles Wolf (au sujet du thermomètre de Lavoisier). Marins: Gustave Besnard (diminution du nombre de lieutenants de vaisseau affectés à Montsouris); Georges Cloué (sur l’organisation d’une réunion internationale d’astronomie et de photographie); André Coffinières de Nordeck (lettre écrite d’Haiphong sur l’aviso la Nièvre); Alfred Albert Gervais (impossibilité, pour le ministre, de venir à une soirée à l’Observatoire); Paul Martin (recommandation pour une demande de visite à l’Observatoire de nuit); Adolphe Lucien Mottez (demande de renseignements pour son fils aîné, lieutenant de vaisseau, qui pourrait demander à être affecté à Montsouris); Léon Olry (remerciements pour l’envoi de deux brochures); Charles Poidloue (2 lettres, recommandation pour son second fils qui voudrait servir à Montsouris); Jean Charles Alexandre Sallandrouze de Lamornaix (au sujet des erreurs typographiques sur un imprimé publié par Delagrave); Albert G. Winterhalter (remerciements pour le séjour passé auprès de Mouchez et sa famille). Hydrographes: Anatole Bouquet de La Grye (2 lettres, sur la remise d’un prix et l’envoi d’une lettre à destination du Mexique); Edmond Paulin Dubois (8 lettres, relatives à l’astronomie, aux études de Charles Mouchez et aux souvenirs de l’Ecole navale, notamment lorsqu’on les informa de la découverte de la photographie en 1839, etc.); Gustave Hilleret (3 lettres, démarches pour se faire détacher à l’Observatoire de Montsouris, remerciements pour l’envoi de son ouvrage accompagné d’une dédicace); baron de Jeffé (5 lettres écrites de Rio, concernant ses travaux et notamment l’exploration d’un banc de corail). Explorateurs: Xavier Brau de Saint-Pol Lias (sur la création de la Revue de l’Etranger); Jean Chaffanjon (malade, il est atteint par la fièvre de l’Orénoque); Henri Coudreau (5 lettres, dont 2 écrites de Cayenne, sur sa mission en Guyane, avec un croquis relatif aux observations géodésiques); Alfred Grandidier (remerciements pour l’envoi du mémoire sur la photographie astronomique). Médecins: Bérenger-Féraud (demande d’appui pour une candidature à une place de correspondant de l’Institut); Jean-Martin Charcot (remerciements); Jules Pelletan (sur les Diatomées et les Infusoires); Germain Sée (invitation à un dîner en l’honneur du médecin du tzar). Naturalistes: Auguste Daubrée (remerciements pour le volume sur la photographie astronomique); Henri de Lacaze-Duthiers (envoi de deux ouvrages à Mouchez pour ses travaux); Alphonse Milne-Edwards (2 lettres, envoi d’un livre sur les Microzoaires, éclosion des œufs de Bombyx neustria); Julien Thoulet (sur les leçons d’océanographie qu’il donnera à Montsouris). Mathématiciens, physiciens et chimistes: Joseph Bertrand (3 lettres relatives au Congrès astronomique); Ole Jacob Broch (2 lettres, dont une invitation au Bureau international des poids et mesures à Sèvres); Hippolyte Fizeau (au sujet de la mesure des clichés du passage de Vénus); Edmond Frémy (remerciements pour l’envoi de son ouvrage); Hippolyte Marié-Davy (évoque les frères Henry, opticiens et astronomes); Eugène Péligot (sur la Monnaie de Paris et le cours de l’argent). Ingénieurs, géographes et météorologues: Ernest Deharme (remerciements de l’envoi de la Photographie astronomique); Hervé Mangon (au sujet de la trombe observée sur le lac Léman); Charles Maunoir (évoque les observations de Chaffanjon et la mission de Coudreau); Léon Teisserenc de Bort (sur la photographie céleste et ses méthodes). Ecrivains, historiens, éditeurs: Eugène Alcan (envoi de son livre: Les Cannibales et leur temps); Georges Bastard (préparation d’un travail sur l’armée de Châlons); Armand Colin (remerciements au nom de l’Alliance française); Albert Gauthier-Villars (2 lettres, impression du Rapport annuel et envoi de 150 exemplaires de sa notice sur la Photographie céleste); Ernest Maindron (remerciements et invitation). Peintres et sculpteurs: François Jean-Baptiste Benjamin Constant (demande d’une sphère à l’Observatoire pour la représenter sur une peinture à la Sorbonne); Eugène Guillaume (sur la statue de Le Verrier à l’Observatoire). Hommes politiques: Général Boulanger (regrets de ne pouvoir venir à une invitation); Victor Duruy (sur la création des comités de l’Alliance française); Charles de Freycinet (remerciements); René Goblet (participation des ministres au Congrès d’astronomie); Pierre Alexandre Isaac (souscription du Conseil général de la Guadeloupe à la statue d’Arago); Léon Lalanne (notes à envoyer pour des nominations dans la Légion d’honneur); Bartolomé Mitre (2 lettres écrites de Buenos Aires, en espagnol, dont une avec la traduction); Dardo Rocha (annonce son départ pour Constantinople); Jacques Salis (évoque la notice sur l’Algérie et ses ports); Victor Schœlcher (au sujet d’une feuille de souscription de l’Union républicaine). Personnalités diverses: Raphaël Bischoffsheim (3 lettres relatives au Congrès de photographie céleste); Eugène Bloch (invitation à entrer au Comité de l’Exposition de photographie de 1887); Charles Bodinier (sur une représentation d’Hamlet aux membres du Congrès astronomique); Eugène Jacobs, ou ‘Ely-Star’ (4 lettres, envoi d’un livre sur les horoscopes, proposition pour une séance de spiritisme devant quelques intimes, projet de conférences d’astrologie à la Sorbonne); Louis Liard (6 lettres, sur le congrès des astronomes et l’Observatoire); Edouard Pierron (4 lettres, sur les côtes de l’Algérie); Tching Tchang (sur la visite du ministre de Chine à l’Observatoire), etc. Référence: Taillemite, Dictionnaire des marins français, nouvelle édition, 2002, pp. 384-385. Provenance: Souvenirs et collections de l’amiral Mouchez. Paris, Nouveau Drouot, 15-16 octobre 1988, salle 16, lot n° 94 (annonce 230 lettres).

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NODIER (Charles).

Lettre autographe signée [à Armand du Plessis, duc de Richelieu].

Saint-Germain-en-Laye, 3 novembre 1817. 3 pp. in-folio (31,2 x 20,5 cm)sur une feuille double ; annotations au verso de la dernière page.

Le voyage manqué de Charles Nodier en Russie. En 1817, le célèbre écrivain et romancier accepta, à la demande de l’abbé Nicolle, aumônier du roi, un poste de professeur d’économie politique au lycée Richelieu à Odessa. Il devait aussi créer, dans cette ville, un journal littéraire, politique et commercial. «L’espace de temps qui doit s’écouler avant l’organisation définitive du lycée Richelieu, est assez étendu pour me permettre de me livrer à des explorations très diverses et suffisamment approfondies […]. Indépendamment des recherches relatives à l’histoire et aux antiquités pour lesquelles j’ai été précédé par des voyageurs trop superficiels, je suis propre à enrichir l’histoire naturelle de notions très intéressantes sur cette contrée, dont la géologie seule a été traitée avec un peu de détails par le docteur Pallas. Je vais donc chercher non seulement des positions géographiques et de grands souvenirs, mais des faits naturels et des collections. D’un autre côté, il est de mon intention d’agrandir autant que je le pourrai la carte de mon itinéraire au retour, et de visiter dans l’intérêt du Cabinet du Roi des pays également vierges de perquisitions naturelles, quoique assez voisins de nous, et dont la Faune et la Flore nous sont beaucoup moins familières que celles de l’Australie et du Pérou…». Il termine en précisant qu’il fait imprimer actuellement une nouvelle édition des Fables de La Fontaine, et qu’il sera à la disposition de son correspondant le 20 novembre suivant. [Le voyage en Russie n’eut finalement pas lieu, les autorités russes ne lui ayant pas délivré la feuille de route officielle]. Né à Besançon en 1780, Charles Nodier était un écrivain qui joua un rôle important dans la naissance du mouvement romantique. Nommé bibliothécaire de l’Arsenal en 1824, il fut élu à l’Académie française en 1833. L’année suivante, il fonda le Bulletin du bibliophile avec le libraire Techener, et mourut à Paris en 1844. Il avait été formé aux sciences naturelles par le naturaliste Girod de Chantrans, notamment en botanique, entomologie et minéralogie. Son correspondant, Armand Emmanuel Sophie Septimanie du Plessis, duc de Richelieu (1767-1822), avait été gouverneur d’Odessa de 1803 à 1805 puis gouverneur général des provinces du sud de la Russie de 1805 à 1814, avant de devenir président du Conseil sous Louis XVIII. Cf. Benoît Yvert, Dictionnaire des ministres, pp. 178-180. Précieuse lettre évoquant un projet d’exploration de la Russie méridionale.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

OCEANIE. — LAGRENEE (Maurice Alexandre).

Journal de Tahiti. Marquises - Iles-sous-le-Vent - Samoa - Wallis.

1888. In-4 oblong (25 x 36 cm) de (51) ff., dont (50) sur bristol contenant, au recto, des photographies, et, au verso, un texte manuscrit ; demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs orné de filets à froid, titre doré «Tahiti» au dos et sur le plat supérieur, fermoir en laiton (reliure de l’époque).

Album de 98 photographies consacrées à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Marquises et aux îles Samoa. Les photographies, non signées, de dimensions variables, ont été tirées sur papier albuminé et contrecollées sur les feuillets de l’album, le plus souvent à raison de deux par page. Elles se rapportent à Tahiti (45 photos), aux îles Sous-le-Vent (27), aux Marquises (12) et aux îles Samoa (14). Concernant Tahiti, elles montrent différentes vues (panoramas de Papeete, pointe Vénus), des sites pittoresques (cascade et bains de la Fautaua, Diadème, sommet de l’Orohena, lac de Vaihiria), des portraits de polynésiens (dont la reine Pomaré IV et le roi Pomaré V), des personnages en costumes, des habitations traditionnelles ou européennes, des scènes diverses (pêche à Tahiti, déplacements en voiture), des cérémonies (14 juillet), etc. Les photographies des îles Sous-le-Vent (situées au nord-ouest de Tahiti) évoquent d’abord la mort de l’enseigne de vaisseau Denot, tué le 21 mars 1888 à l’île de Huahine. Elles montrent ensuite des habitants de l’île de Raiatea, la plupart devant leur maison ou leur case, des scènes de groupe, des bâtiments (dont l’école) ainsi qu’un four canaque. Une photographie représente le vice-roi de l’île de Tahaa avec sa famille, une autre montre un morne à Bora-Bora, et quatre se rapportent à des bâtiments de guerre français: le Duquesne, le Volta et le Decrès. Aux îles Marquises, les photographies montrent la vallée d’Omoa, sur l’île de Fatu Hiva, un panorama, une case, un groupe de marquisiens, un personnage tatoué en tenue de guerrier, ainsi que le grand marae d’Atuana, sur l’île de Hiva Oa. Concernant l’archipel des Samoa, on peut voir quelques portraits, dont ceux du roi Malietoa et d’un guerrier en costume de parade, une danse locale, ainsi que quelques paysages. A Apia, capitale des Samoa, les photographies représentent un groupe d’officiers allemands, des cases traditionnelles et l’escadre américaine au mouillage. Parmi cet ensemble, 1 photographie a été réalisée par S. Hoare: Portrait de la reine Pomaré IV. L’atelier de S. (Sophia ou Susan) Hoare fut actif à Tahiti de 1868 à 1900. Il est à l’origine d’une importante production de portraits de petits formats, tirés sur papier albuminé. Premier photographe établi dans l’île, S. Hoare obtint une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Ensuite, 4 photographies ont été réalisées par Charles Georges Spitz: Portrait du roi Pomaré V. - La pêche à Tahiti (ou Enfants sur pirogue et pêche au harpon). - Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit. - Le lac de Vahiria. Une autre photographie, intitulée Indigène des Marquises, pourrait être attribuée à Spitz ou à son successeur, Frank Homes. Né à Marmoutier (Bas-Rhin) en 1857, Marie Charles Georges Henri Spitz fut d’abord engagé volontaire dans l’infanterie de Marine. Arrivé à Tahiti en 1878, il quitta le service deux ans plus tard et s’établit dans l’île. Au début des années 1880, il créa un atelier photographique et réalisa de nombreux clichés évoquant la vie coloniale: fêtes et cérémonies, manœuvres de l’infanterie de Marine, escales de navires de guerre, réunions de colons, etc. Spitz effectua aussi l’ascension du mont Aoraï, à 2066 m d’altitude, d’où il prit plusieurs photographies dont l’une est présente dans l’album (Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit). Il réalisa également de nombreux portraits d’atelier et mourut à Brest en 1894. Le peintre Paul Gauguin s’inspira d’un de ses clichés pour peindre le tableau Pape moe (Eau mystérieuse, 1893), qui représente un jeune polynésien buvant l’eau d’une cascade. Toujours dans l’album, 13 photographies sont attribuées, sous des titres généralement différents, à Arthur Ekström (1860-1924), commandant le croiseur Fabert au sein de la flotte française du Pacifique en 1886-1887: Panorama de Papeete (ou Papeete et le palais de la reine). - Trou de l’Amiral (ou Rivière à Tahiti). - Himéné, 14 juillet (ou Habitants d’un village, dansant et jouant de la musique lors d’un défilé à Papeete). - 14 juillet à Papeete (ou Quai du port de Papeete). - Rue de Papeete bordée d’arbres. - Le kiosque de la musique (ou Kiosque à musique). - Rivière et Diadème en arrière-plan. - Case de Raïatéa (ouFamille tahitienne devant une maison traditionnelle). - La grande allée d’Omoa (ouPaysage de Nuku Hiva). - Richard. Sarah et sa sœur, Sophie (ouNotables tahitiens). - La vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva. - Une case de la vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (ouUne case marquisienne). - Vice-roi de Tahaa (ou Couple avec petite fille). Né à Frocourt (Oise) en 1868, Maurice Alexandre Lagrenée entra dans la marine en 1884. Devenu aspirant en 1887, il effectua, l’année suivante, une campagne en Océanie, probablement à bord du Volta, qui le conduisit successivement en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Marquises, dans l’archipel des Samoa puis aux îles Wallis. Le récit de son voyage, copié d’une écriture régulière et sans ratures au verso des feuillets, contient une description assez précise des endroits visités ainsi que ses impressions lorsqu’il parcourut l’intérieur des terres et visita les sites pittoresques des différentes îles. Le texte est agrémenté de quelques chansons, dont une sur le croiseur Fabert qui appartenait à la même division navale. Par la suite, Lagrenée participa à plusieurs campagnes en Méditerranée, dans l’Atlantique et en Indochine. Lieutenant de vaisseau en 1896, il devint officier breveté canonnier, puis capitaine de frégate en 1911. En 1915, il se distingua à la tête d’un bataillon du 1er régiment de Fusiliers-Marins; deux ans plus tard, il fut promu capitaine de vaisseau. Commandeur de la Légion d’honneur en 1923, il mourut au château du Montet, près de Nancy, en 1939. Précieux témoignage sur la Polynésie à la fin du XIXe siècle. Sources: TREHIN (Jean-Yves), Charles Georges Spitz. Photographies de Tahiti, 1880-1890. Catalogue édité à l’occasion du 1er Festival de la Photographie. Tahiti, Ministère de la Culture de Polynésie française, Musée de Tahiti et des Iles, 2002. – O’REILLY & REITMAN, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 8932 (sur l’ascension de Spitz au sommet de l’Aoraï en 1883). – Sites internet histoire.assemblee.pf et mediatheque-polynesie.org (pour les photos de Spitz et d’Ekström). – Site ecole.nav.traditions.free.fr (pour Lagrenée). Liste des photographies: Tahiti(45 photographies): - Panorama de Papeete (reproduite sur le site mediatheque-polynesie.org, avec mention « Auteur inconnu»). (1 photographie). - Panorama de Papeete-2. (1 photographie). - Panorama de Papeete (attribuée, sous le titre «Papeete et le palais de la reine», à Arthur Ekström). – [Autre panorama de Papeete, constitué de 2 clichés assemblés]. (2 photographies). - Types tahitiens. (2 photographies). - A Tahiti. – Madeleine. (2 photographies). - Madeleine. – Païrou. (2 photographies). - Le bain de la Fataoua [Fautaua], ou trou Brander. (2 photographies). - Bains de la Fataoua: Trou Brander. – Trou de l’Amiral (attribuée, sous le titre «Rivière à Tahiti», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Les voitures à Fataoua. (2 photographies). - Nini et Teitoua. – Nini et Teitoua au bain de l’Amiral (2 photographies). - La case des commissaires, Mao, Moë, etc. (2 photographies). - Himéné, 14 juillet (attribuée, sous le titre «Habitants d’un village, dansant et jouant de la musique lors d’un défilé à Papeete», à Arthur Ekström). – Himéné dans le jardin du roi. (2 photographies). - 14 juillet à Papeete (attribuée, sous le titre «Quai du port de Papeete», à Arthur Ekström). – 14 juillet 1887. (2 photographies). - Pomaré IV. – Pomaré V (par Charles Georges Spitz). (2 photographies). - Marahu. – Tombeau de la reine Pomaré IV. (2 photographies). - Nini et Teitoua. – Nini dans un pandanus. (2 photographies). - Cascade de la Fataoua. – Papeete. (2 photographies). - [Sans titre; attribuée, sous le titre «Rue de Papeete bordée d’arbres», à Arthur Ekström]. – Vue prise du pont de l’Est. (2 photographies). - La case de Simonin. – Le kiosque de la musique (attribuée, sous le titre «Kiosque à musique», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Le Diadème. – [Sans titre; attribuée, sous le titre «Rivière et Diadème en arrière-plan», à Arthur Ekström]. (2 photographies). - La pêche à Tahiti (ou Enfants sur pirogue et pêche au harpon, par Charles Georges Spitz). – Ilot, rade de Papeete. (2 photographies). - Le sommet de l’Orohena vu de l’Aoraï la nuit (par Charles Georges Spitz). – Moorea et la pointe Vénus. (2 photographies). - Phare de la pointe Vénus. – Rade de Taravao. (2 photographies). - Le lac de Vahiria [Vaihiria] (par Charles Georges Spitz). (1 photographie, constituée de 2 clichés assemblés). Iles-sous-le-Vent (17 photographies de Raiatea et Huahine): - Huaheiné [Huahine], où fut tué Denot. (3 photographies). - La famille de Nini à Raïatéa [Raiatea]. – Raïatéa. (2 photographies). - Le poste de la Vire à Raïatéa. – L’école à Raïatéa. (2 photographies). - Nini et Teitoua à Raïatéa. – Liébert à Raïatéa. (2 photographies). - Musique de Raïatéa. – Raïatéa. (2 photographies). - Indigènes de Raïatéa. – Case de Raïatéa (attribuée, sous le titre «Famille tahitienne devant une maison traditionnelle», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Raïatéa. – Raïatéa. (2 photographies). - Four canaque (Raïatéa). – Raïatéa. (2 photographies). Iles Marquises (12 photographies de Fatu Hiva et Hiva Oa): - La grande allée d’Omoa (attribuée, sous le titre «Paysage de Nuku Hiva», à Arthur Ekström). – Richard. Sarah et sa sœur, Sophie (une photographie similaire, sous le titre «Notables tahitiens», est attribuée à Arthur Ekström). (2 photographies). - Panorama de Rais-Haé. – Groupe de Marquisiens. (2 photographies). - Grand Marae d’Atuana, Hiva-Oa. – La vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (attribuée, sous le titre «Paysage de Hiva Oa avec trois Marquisiennes debout sur un chemin», à Arthur Ekström). (2 photographies). - Indigène des Marquises (attribuable à Charles Georges Spitz ou à Frank Homes). – Vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva. (2 photographies). - [Sans légende]. (2 photographies). - Une case de la vallée d’Omoa, île Fatu-Hiva (attribuée, sous le titre «Une case marquisienne», à Arthur Ekström). – [Sans légende]. (2 photographies). Iles-sous-le-Vent (10 photographies de Raiatea, Bora-Bora et de la flotte française): - Les fetii à Raïatéa. – [Le] Duquesne et [le] Volta à Raïatéa. (2 photographies). - Raïatéa. (2 photographies tirées en bleu). - Vice-roi de Tahaa (attribuée, sous le titre « Couple avec petite fille», à Arthur Ekström). – [Sans titre ; tirée en bleu]. (2 photographies). - Avant du Decrès (tirée en bleu). – Grand mât du Decrès. (2 photographies). - Etat-major du Volta. – Morne à Bora-Bora. (2 photographies). Samoa (14 photographies d’Apia et Samoa): - Officiers de marine allemands (Apia). – Environs d’Apia. (2 photographies). - Environs de Samoa. (2 photographies). - Samoa. (2 photographies). - Malietoa. – Chef du parti de Malietoa. (2 photographies). - Tamassesse. – Enfant d’Apia. (2 photographies). - Guerrier de Samoa-costume de parade. – Danse indigène. (2 photographies). - Case indigène, Apia. – Escadre américaine à Apia. (2 photographies).

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

ONGANIA (Ferdinando).

Calli e canali in Venezia.

Venise, Ferdinando Ongania, 1891-1900. 2 volumes in-folio; demi percaline bordeaux, dos lisse muet, premier plat illustré (reliure de l'éditeur).

Edition originale, illustrée de 2 frontispices (repris sur les couvertures), et de 200 planches de photographies reproduites en héliogravure. Le premier volume est consacré aux monuments tels que les célèbres palais vénitiens, la Piazza san Marco, les divers canaux avec de nombreux personnages (passants, petits métiers, jeux d'enfants, gondoliers), et le second volume, en grande partie, aux îles de la lagune. L'éditeur et libraire vénitien Ferdinando Ongania publia plus de 170 livres, principalement sur Venise, en utilisant les dernières techniques photographiques pour créer des éditions et des reproductions en fac-similé de grandes œuvres d'art vénitiennes. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, petits défauts d'usage aux reliures.

OSMAN-BEY (Frederik van Millingen, dit).

Les femmes en Turquie.

Paris, Calmann Levy, 1878. In-16 de (1) f., 36 pp. ; demi-chagrin marron, dos à nerfs fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. L'auteur était le fils d'un médecin anglais installé en Turquie. Il fut officier dans l'armée ottomane, et écrivit plusieurs ouvrages sur l'Empire Ottoman. Son ouvrage sur les femmes traite des relations des Turcs avec les femmes, de l'esclavage et du harem, et du harem du sultan. Bel exemplaire.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PECHEUX (Laurent). — MANZONI (Seeman).

Costumes orientaux inédits.

Paris, 1813. Gravures originales (environ 27 x 18 cm).

Ensemble de 14 planches gravées et finement coloriées par Gatine d'après les dessins de Laurent Pécheux et Seeman Manzoni. Issues de la suite très rare intitulée Costumes orientaux inédits comprenant 25 planches, elles représentent divers costumes turcs : - Membre de la légation Persane à Paris, en 1809. - Barbaresque, capitaine de vaisseau. - Marin turc. - Tartare, courrier de la Porte Ottomane. - Offcier de gendarmes de campagne. - Soldat d'infanterie turque, exercé à l'européenne. - Artilleur turc. - Porte drapeau d'un coprs de milice asiatique. - Sultane. - Femme turque de Cosntantinople, dans la rue. - Porteur d'eau de Constantinople. - Femme de Sinope, chez elle. Bon état de conservation. Atabey, 762. — Colas, 2298.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Discours sur le rétablissement de la compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat le 30 avril 1802 dans lequel son auteur se prononce pour le rétablissement d'une Compagnie d'Afrique, sur le modèle de celle qui fut supprimée en 1791. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Opinion sur le projet de loi relatif aux prises maritimes.

Paris, Imprimerie Nationale, An 8 [1800]. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ouvrage accompagné d'un tableau dépliant. Discours prononcé devant le Tribunat le 6 mars 1800 dans lequel son auteur approuve un projet de loi réglementant le statut des corsaires et de la course en mer. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

PERRÉE-DUHAMEL (Pierre-Nicolas).

Rapport sur le projet de loi pour l'établissement d'une compagnie d'Afrique.

Paris, Imprimerie Nationale, An 10 [1802]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Tribunat, le 1er mai 1802, concernant un projet de loi de rétablissement d'une compagnie d'Afrique, pour le commerce avec la régence d'Alger. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond.

PETIT (Émilien).

Droit public, gouvernement des colonies françoises, d'après les loix faites pour ces pays.

Paris, Delalain, 1771. 2 volumes in-8 de (2) ff., xvi-474 pp., (1) f. — (2) ff., 521 pp., basane marbrée, dos à nerfs ornés, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale de ce code colonial. Il est divisé en quatre parties : la première sur l'origine et nature du gouvernement des colonies, des îles en général et de Saint-Domingue en particulier, la seconde sur l'administration générale des colonies, la troisième sur le gouvernement des îles, et la quatrième sur le gouvernement ecclésiastique des colonies françaises. Député des Conseils supérieurs des colonies françaises, Émilien Petit, natif de Saint-Domingue, publia plusieurs ouvrages de droit public, notamment sur les colonies. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Max Bissainthe, 7326. — Ryckebusch, 6420. — Sabin, 61252.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique.

Paris, F. Bechet, A. Égron, février 1817. 2 volumes in-8 de (2) ff., xxxij-403-(1 bl.)-(2) pp. — (2) ff., 394-(2) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Après un bref exposé de la situation coloniale des différent pays européens (Portugal, Hollande, Angleterre, France, Espagne), l'auteur analyse leurs différents modes de fonctionnement du point de vu législatif, commercial, ou encore vis à vis des esclaves. Il traite également de la question délicate de l'indépendance, politique ou commerciale, de la possible reconquête de l'Amérique du sud par l'Espagne, et appelle à la tenu d'un congrès colonial: "En effet, il faudra fixer l'ordre colonial dans toutes ses parties, celui du plus grand nombre de ses habitans, l'exclusif du commerce, la souveraineté des colonies, enfin la police générale de ces contrées." (t. 2, p. 153). Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7459. — Sabin, 64882.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RAIMOND (Julien).

Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleur. Et comparaison des originaux de sa correspondance, avec les extraits perfides qu'en ont fait MM. Page et Brulley, dans un libelle intitulé: Développement des causes, des troubles, et des désastres des colonies françaises.

Paris, Imprimerie du Cercle Social, an II [1794]. In-4 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

Julien Raimond était un mulâtre et riche propriétaire de Saint-Domingue. Lorsqu'éclata la révolution, il se trouvait en France et y devint le porte parole des Libres de couleurs. Dans cette rare brochure, il reprend le texte d'une lettre qu'il publia en mars 1791 sous le titre Lettres de J. Raimond à ses frères les hommes de couleurs, à laquelle Page et Bruley ont répondu par l'ouvrage cité dans le titre. En regard du texte de sa lettre, reproduite en intégralité, il cite les passages qui ont été tronqués par les deux auteurs dont il entend dénoncer la mauvaise foi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7542. — Monglond, III, 76. — Inconnu de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Observations adressées à l'Assemblée Nationale, par un député des colons amériquains.

1789. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Propriétaire à Saint-Domingue et homme de couleurs, l'auteur ne put voter pour élire les représentant de l'île aux Etats-Généraux. Il demandait, donc, pour lui et pour ses semblables, une députation, et se réclamait de l'édit du roi de 1685 sur les affranchis qui stipulait "qu'ils jouiront des droits des autres citoyens, libres naturellement". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7544. — Ryckebusch, 6775. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RAIMOND (Julien).

Première lettre, écrite dans la partie de l'Ouest.

Paris, 1791. In-4 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long (reliure moderne).

L'auteur, qui est en France depuis 1784 pour la défense des "Libres de couleurs", leur demande d'envoyer les fonds qu'ils ont promis pour qu'il puisse poursuivre la défense de leurs intérêts. Car "depuis plus d'un an je n'ai discontinué de vous écrire, pour vous avertir qu'il falloit envoyer des députés et de l'argent, pour suivre notre cause auprès de la nouvelle législature. Je vous ai mandé également que mes moyens étoient épuisés par sept ans de dépenses faites pour solliciter et défendre notre cause." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

ROCHET d'HERICOURT (Charles-Xavier).

Second voyage sur les deux rives de la mer rouge dans le pays des Adels et le royaume de Choa.

Paris, Arthus Bertrand, 1846. In-8 de xlviij-406 pp.; cartonnage bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir, non rogné (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 15 planches lithographiées à fond teinté (vues, scènes et scineces naturelle,) et d'une carte gravée dépliante. Négociant et aventurier, Rocher d’Héricourt fit un premier voyage dans l'est africain qui lui permit d'avoir le soutien du gouvernement français pour un second voyage dans la même région, de 1842 à 1845. Après avoir rencontré le Negus Sahle Sellassié avec qui il signa un traité d'amitié, il voyagea chez les Oromos et le pays Soldo, dans le sud de l'Ethiopie. Le récit de son voyage est suivi d'observations scientifiques (températures, pression...), de notes sur la géologie, la botanique et l'histoire naturelle. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Gay, 115. — Fumagalli, Bibliografia Etiopica, 198. — Numa Broc, Afrique, 288.

ROGER (Paul).

De l'intérêt qu'à la marine française à l'ouverture de l'isthme américain par le canal du Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade.

Paris, Ernest Meyer, 1861. In-8 de 20 pp. ; broché, couverture beige imprimée.

Défense d'un projet du percement de l'isthme de Panama dans la région du Darien par l'administrateur de la Société civile du canal de Darien. La région du Darién, à cheval sur le Panama et la Colombie, constitue la zone d’union entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Elle fut explorée à partir de 1861 par Lucien de Puydt puis, en 1876-1878, par Armand Reclus et Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse. Tous étaient désireux d'établir le meilleur tracé pour un futur canal transocéanique. Les cols s'avérant trop hauts, le passage par le Darién fut abandonné au profit du Panama Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Quelque piqûres. [Joint:] - Ouverture de l'isthme américain par un canal maritime projeté dans le Darien, territoire de la Nouvelle-Grenade. Paris, Ernest Meyer, 1860. 3 pp. Traduction française d'une lettre de William M'Dermott, chirurgien à bord d'un navire anglais qui avait mené une mission d'exploration au Darien. - Extrait du Moniteur du mercredi 30 mars 1853. (2) ff. Au sujet d'une réception d'une députation anglaise de la Compagnie anglaise pour la jonction des deux Océans par Napoléon III.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUFZ de LAVISON (Étienne).

Enquête sur le serpent de La Martinique (vipère fer de lance, bothrops lancéolé, etc.)

Paris, Germer Baillière, 1859. In-8 de xix-(1 bl.)-390 pp. (mal chiffré 402); demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné, couvertures et dos conservés, non rogné et en partie non coupé (reliure moderne).

Deuxième édition, illustrée de 3 planches lithographiées. L'ouvrage avait été publié en 1843, à Saint-Pierre de la Martinique, dans le journal Les Antilles. Cette deuxième édition est augmentée d'une introduction, et d'appendices sur l'anatomie du serpent et de remèdes à sa morsure. Natif de Saint-Pierre, l'auteur était médecin et homme politique. Il fut maire de sa ville natale, président du conseil général de la Martinique, et directeur du jardin d'acclimatation. Son ouvrage traite du trigonocéphale, bothrops lanceolatus de son nom latin, ou fer de lance pour son nom local, un serpent que l'on ne trouve que sur l'île de la Martinique et dont la morsure peut être dangereuse pour l'homme. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "à son confrère le Dr Carl, en souvenir de son ingénieux procédé de cautérisation". Quelques rousseurs. Sabin, 73928.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINT-DOMINGUE — LABAN.

Lettre autographe signée.

Roseaux, paroisse Saint-Marc, 20 mai 1790. 4 pp. in-4 d'une écriture régulière et très lisible.

Lettre d'un français établi à Saint-Domingue, adressée à son oncle demeurant à Toulouse. Il est d'abord question de l'héritage de ses parents, dont il n'a encore rien reçu. Désireux de récupérer sa part, il a signé une procuration qu'il a envoyée à Toulouse en juin dernier. Ne sachant pas si les biens de ses parents ont été vendus, il demande à son oncle de lui fournir des explications. Il souhaiterait aussi avoir des nouvelles de son frère, Joseph Laban, et demande qu'on adresse son courrier dans une enveloppe au nom de "Monsieur Roux et Cie, négociant à Saint-Marc, isle St Domingue". Il précise aussi que les lettres à destination des îles ou de l'étranger doivent être affranchies de Toulouse pour Bordeaux (ou autre port de mer), sinon elles ne sont pas acheminées. La dernière partie évoque la situation dans la colonie : "Vers la fin de décembre dernier le paÿs a été sagement gardé par les Blancs et gens de couleur libres, plusieurs nègres annonçant ou laissant voir qu'ils auroient secoué le joug de l'esclavage le jour du premier de l'an, sur les faux bruits que ces êtres brutaux avoient ouï que le Roy les avoit affranchis… En mars dernier les gens de couleur au lieu-dit la Petite Rivière ont voulu se révolter. Le commandant de St Marc, M. de Campan, homme brave, les a repoussés et les a obligés de prêter en place publique le serment de fidélité, les chefs de cette conjuration ont été proscrits. Leur tête est à prix, on en a saisi quelques-uns, ils sont retenus en prison, et je pense qu'ils seront punis selon qu'ils le méritent. L'assemblée générale a été convoquée à St Marc d'où elle n'est pas prête à sortir. Il y a présentement dans cette ville deux ou trois cents membres qui composent ce corps…". Intéressante lettre, écrite un an avant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (1791).

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SAINT-DOMINGUE.

Ensemble de 10 documents manuscrits, lettres ou pièces signées.

Limonade, Saint-Louis, Port-de-Paix, Jacmel, etc., 1752-1825. Environ 15 pp. in-4 et in-folio; en feuilles. On joint deux duplicatas et un en-tête imprimé.

Cet ensemble comprend: - [HABITATION LEMAITRE]. Grande feuille de compte. [Limonade], 1752-1754, 1 p. in-folio repliée (restauration au niveau du pli central). Récapitulation des dépenses en fournitures, instruments, approvisionnements et frais divers, entre le 3 avril 1752 et le 7 mars 1754: clous, barriques de sel, outils de charpentier, houes, serpes, haches, chaudière, planches d’acajou pour le moulin, pelles de fer pour la sucrerie, droits d’octroi, frais de justice au sujet d’un esclave marron qui a été arrêté et blessé, etc. - DUCIS, procureur à Saint-Louis. Lettre autographe signée. Saint-Louis, 22 octobre 1771, 3 pp. 1⁄4 in-4. Concerne la succession d’Antoine Sigan, propriétaire à Saint-Domingue, au quartier de l’Asile, décédé le 4 octobre 1771. Il lègue son habitation, estimée à 270000 livres, à deux de ses neveux, dont l’un réside sur place, et l’autre en Languedoc. Ducis demande à son correspondant, un ami de la famille, d’entrer en contact avec le neveu resté en France et de le mettre en garde contre certaines personnes qui pourraient avoir des vues sur son héritage. - QUILHET, propriétaire d’une habitation. Lettre autographe signée à son frère, à Carcassonne. Château-Gaillard (Saint-Domingue), 24 octobre 1784, 1 p. in-4, adresse. Il annonce qu’il retournera en France en mars ou avril prochain. N’emmenant pas d’argent, il demande l’autorisation à son frère de tirer une lettre de change sur lui pour payer le passage et les autres frais. Il déclare posséder «un assez joli capital» mais ajoute: «tout ce que je fais sur l’habitation passe pour la nourriture des Nègres et les ustensiles et les réparations qu’il faut faire…». - GODARD (Antoine Nicolas). Lettre autographe signée à son frère, négociant à Lyon. Bas-Moustique, 12 avril 1786, 3 pp. in-4, adresse. Il annonce avoir vendu des marchandises à perte lors de son séjour à Philadelphie, notamment des soieries, puis il est parti pour Le Cap où il a eu beaucoup de mal à se défaire de ce qui lui restait. Les affaires ne s’améliorant pas, il a été obligé d’accepter une place de précepteur chez un habitant, puis il a obtenu un poste d’économe dans une indigoterie, l’habitation Audigé, avant de renoncer au commerce. La suite concerne les pièces à fournir pour la succession de son père, dont il a appris le décès. - FAURE (Charles), conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel. Pièce signée. Port-de-Paix, 8 avril 1786, 1 p. in-8. Certificat de vie pour Antoine Nicolas Godard, né à Lyon le 19 mars 1755. Le document est également signé par ce dernier. On joint un duplicata. - AUDIGE, propriétaire à Saint-Domingue. Lettre autographe signée à M. Godard, à Lyon. Port-de-Paix, 17 avril 1786, 2 pp. in-4. Lettre en rapport avec la succession de Godard père. Il demande aussi à son correspondant de lui acheter des toiles de Flandres très fines, et de les adresser à la maison Foucher & Duchamp, négociants au Cap. On joint un duplicata. - FORTUNAT, curé de la paroisse d’Ouanaminthe. Pièce autographe signée. Ouanaminthe, 3 mars 1790, 1 p. in-4. Extrait des registres de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Concerne l’inhumation, le 7 octobre 1789, de Françoise Sans, décédée sur son habitation à l’âge d’environ 62 ans; elle était l’épouse de François Saillier, ancien capitaine au régiment du Royal-Pologne. Le texte est suivi d’une longue apostille signée de Jacques Barthélémy Dhudicourt, conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel de la sénéchaussée du Fort Dauphin, attestant l’authenticité de la signature du curé (cachet de cire rouge aux armes de France). - LASERRE aîné, négociant à Bayonne. Lettre signée à MM. Foache et Cie, au Havre. Bayonne, 10 décembre 1791, 1 p. in-4, adresse. Il demande des nouvelles du navire l’Assemblée nationale, capitaine Corbille, armé par MM. Ruelland et Cie, du Havre, qui devait faire la traite sur la côte d’Angola et se rendre ensuite à Saint-Domingue. Il demande aussi le cours des «denrées d’Amérique» de son correspondant ainsi que des nouvelles de ce pays. - DODARD, négociant. Lettre autographe signée à Lachèvre neveu, à Rouen. Jacmel, 18 janvier 1821, 1 p. in-4, adresse (restaurations). Il annonce son arrivée à Saint-Domingue après 45 jours de traversée. Ne pouvant vendre sa «pacotille» sur place, sinon à perte, il va apporter ses marchandises à Saint-Marc, «ville située près du Port-au-Prince, & soumise au gouvernement haïtien depuis la révolution du Nord», afin d’en tirer un meilleur produit. - INGINAC (Balthasar), général de brigade, secrétaire général de la présidence d’Haïti. Lettre signée au comte de Marbois, président de la Chambre des Comptes à Paris. Port-au-Prince, 28 novembre 1825, 1 p. 1⁄4 in-folio, en-tête imprimé de la République d’Haïti, avec la devise «Liberté, Egalité». Dans cette lettre, écrite «l’an 22e de l’Indépendance», Inginac demande à l’ancien intendant de Saint-Domingue de bien vouloir lui envoyer quelques exemplaires de ses ouvrages concernant les finances et leur vérification. On joint un en-tête imprimé de la République haïtienne, comportant une grande vignette gravée sur bois accompagnée de la devise «Liberté ou la Mort» (1 f. in-16 oblong, monté sur papier fort). Bel ensemble sur l’ancienne colonie française de Saint-Domingue et la République d’Haïti. Provenance: Jean-Louis Debauve, magistrat, historien et critique littéraire (cachet sur chaque document portant la mention «Des archives et collections de J.L. Debauve»).

SAINT-DOMINGUE. — JONQUIERES (F. de). — AUGE.

Documents relatifs aux demandes d'indemnisation.

Paris, 1825-1826. 2 pp. in-4 imprimées, et 1 p. in-4 imprimée.

Ensemble de deux imprimés : - Instruction à suivre par les Anciens Propriétaires et Colons de Saint-Domingue, pour faire liquider l'indemnité qui leur est allouée en vertu de la loi du 30 avril 1826. [Paris, 1826]. Note d'instructions destinée aux anciens propriétaires qui dresse la liste complète des documents à fournir, notamment les renseignements sur les propriétés : localisation, superficie, cultures, abornements, distance de l'embarcadère, moyens d'exploitation, nombre d'esclaves, animaux, bâtiments et usines, nature des denrées récoltées en 1789 ou dans l'année la plus rapprochée. Le cabinet Jonquières et Augé prendra une commission de 4 % au-dessous de 4000 fr. d'indemnité, 3 % de 4001 à 10000 fr. et 2 % au-dessus de 10000 fr. - Avis aux anciens colons de Saint-Domingue.[Paris, 1826]. Imprimé contenant, en 14 points, la liste des renseignements à fournir pour constituer le dossier d'indemnisation : localisation, nom de l'habitation, superficie, cultures, matériel, animaux, revenu annuel, valeur présumée de l'habitation, etc. Dans la marge, on a ajouté à la main : "7° Le nombre de nègres qui existaient dans l'habitation. 8° La nature des moulins". Etabli d'abord au 12 rue de Ménars, le cabinet Jonquières et Augé fut transféré au 65 rue Neuve des Petits-Champs à Paris. En 1825, un traité fut signé entre le roi Charles X et le président de la République haïtienne, selon lequel Haïti consentait une indemnité de 150 millions en faveur des colons dépossédés, en échange de la reconnaissance de la République haïtienne par la France. Une commission d'indemnisation fut nommée, et examina, entre 1826 et 1833, plus de 27000 demandes de propriétaires de Saint-Domingue et de leurs ayants droits, retenant finalement 12000 dossiers. Bon état de conservation.

SAINT-HILAIRE.

Rapport sur l'administration de la justice aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1836. In-8 de 27 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Pour la première fois, et sur le même modèle que cela se pratiquait pour la métropole, le conseiller d'état Saint-Hilaire, directeur des colonies, dresse un tableau de l'administration de la justice dans les colonies. L'auteur du rapport déplore un manque de données qui ne lui permettent pas de poursuivre très loin son analyse, mais il constate tout de même que, avec des effectifs moindres, les justices coloniales règlent un nombre d'affaire comparable à celui de la plupart des département français. Bel exemplaire.

SAINT-MAURIS (Charles Emmanuel, chevalier de).

Pièce signée.

Paris, 7 mars 1782. 1 p. in-12 oblong (16,7 x 20,1 cm) ; cachet de cire armorié.

Certificat en faveur d’un officier ayant servi à la Martinique. «Nous […] certifions à tous qu’il appartiendra que M. Laurent chevalier d’Epernay, officier au corps royal de l’artillerie, a débarqué à la Martinique dans cette qualité avec un détachement dudit régiment auquel il était attaché dans l’année 1767, lorsque nous étions commandant général en ladite île; et que pendant les deux années que nous avons commandé dans cette qualité, nous n’avons que des éloges à donner au zèle, à l’intelligence et à l’activité que cet officier a toujours montré pour le service du Roy…». Issu de l’une des plus anciennes familles de la noblesse de Franche-Comté et colonel d’un régiment portant son nom, le chevalier de Saint-Mauris fut commandant en second de la Martinique, avant de devenir, en 1767, gouverneur par intérim après le départ du comte d’Ennery, gouverneur général. Rentré en France, il devint par la suite gouverneur de Péronne et maréchal de camp; c’est à ce titre qu’il signa le présent document. Référence: Saint-Mauris (Charles Emmanuel Polycarpe), Généalogie historique de la maison de Saint-Mauris, Vesoul, Imprimerie de C.-F. Bobillier, 1830, p. 254.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SANÉ (Alexandre-Marie).

Tableau historique, topographique et moral des peuples des quatres parties du monde; comprenant les lois, les coutumes et les usages de ces peuples.

Paris, Carteret, Mongie, an IX-1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 486 pp. — (2) ff., 506 pp.; demi-basane mouchetée à petits coins de vélin vert, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Le premier volume est consacré aux peuples d'Europe, et le second au reste du monde. On y trouve notamment des descriptions sur les Brésiliens, les Chinois, les insulaires des Antilles ou ceux de la mer du Sud, les Otaïtiens, ou encore les Papoux. Bel exemplaire. Monglond, V-651.

SAPPE (Marc).

Photographies de Californie.

Camp Bonaly, Quartz King Camp, Sanyers Bar (Siskiyou County), etc., 1906-1914. (pour la plupart) In-4 (30,5 x 25,5 cm) de (36) ff. de pochettes plastifiées contenant les photographies; l’ensemble réuni en un volume par des lacets.

Album de photographies d’un chercheur d’or français aux Etats-Unis. Il est constitué de 115 photographies, certaines tirées en carte postale, plus 9 en double, soit 124 photographies au total. Elles ne sont pas signées, sauf deux portant la mention «Sub-Post Card Co, L.A.» (1906) et deux autres portant la signature «M. Sappe» au verso (Quartz King, 24-25 avril 1907). Parmi cet ensemble, 70 possèdent une légende manuscrite au verso. Ces photographies, la plupart prises dans le nord de la Californie, non loin de la frontière avec l’Oregon, montrent principalement des installations minières en activité, des bâtiments d’exploitation, des personnages se déplaçant à cheval ou en carriole, des scènes de groupe, des portraits, des personnes devant leur habitation, des paysages boisés, des cours d’eau, des maisons, la tombe d’un mineur, une cascade, etc. On peut dénombrer 10 photographies relatives à la mine Bonaly ou aux environs de celle-ci; 6 concernent San Francisco (dont 4 en rapport avec le tremblement de terre du 18 avril 1906); 21 se rapportent à la «Quartz King Mine» (1907); 2 montrent Marc Sappe (dans sa menuiserie et en portrait, 1908); 35 représentent la mine qu’il avait achetée et nommée «Gallia Mine» (1909-1914); 4 concernent d’autres mines et 38 des sujets divers (repas ou sorties de groupes, vues de Santa Monica, de la plage de Santa Cruz ou de San Francisco…). Les légendes manuscrites portées par Sappe au verso de certaines photographies contiennent de précieuses informations sur les techniques d’extraction de l’or. Ainsi, à Gallia Mine: «L’eau canalisée vient aboutir à ces jets que l’on appelle ‘moniteur géant’. C’est avec cela que l’on lave le roc et la terre pour en extraire l’or…»; «Une vue magnifique de l’élévateur. Le moniteur de droite chasse le gravier et le tasse au pied de l’élévateur, de là il est de nouveau repris par le 2e moniteur et lavé sur les grilles. Nous sommes en train d’installer l’électricité pour le travail de nuit…»; «L’élévateur en action. A 120 pieds de long sur 12 de large et 10 de haut, pèse environ 2500 kg. [Il] peut travailler de 4 à 600 m. cubes de gravier par 24 heures»; puis: «La grue peut déplacer ainsi des rocs de 5 à 6 tonnes, les plus gros sont dynamités, certains pèsent jusqu’à 15 tonnes». Menuisier-ébéniste, Marc Sappe émigra vers le Nouveau Monde au début du XXe siècle. Il séjourna d’abord au Mexique, avant d’être employé dans une scierie de l’Oregon (Etats-Unis). Puis il se rendit à San Francisco à la fin de 1905; l’année suivante, il fut témoin du tremblement de terre et de l’incendie qui ravagèrent la ville. Il participa à sa reconstruction (une photo montre l’atelier qu’il construisit à Powell Street). A cette époque, il travaillait à la mine Bonaly, située dans les montagnes de Californie. En 1907, on le retrouve à la Quartz King Mine, puis, l’année suivante, il créa une entreprise de meubles de style nommée la «Marc Sappe & Co». Ayant réalisé suffisamment d’économies, il obtint en 1909, pour 11000 dollars-or, une concession de 250 hectares dans le comté de Siskiyou, une région sauvage et très boisée du nord de la Californie. Cette concession s’étendait sur 8 km le long d’une rivière. Il nomma cet endroit «Gallia Mine», et l’exploita avec une douzaine d’Indiens jusqu’en 1914. A cette date, il rentra en France, emmenant avec lui 800 pièces de 20 dollars-or, un sac rempli de pépites d’or pur et une chaîne en or confectionnée par un bijoutier chinois à partir de pépites de grande taille. On joint2 photographies non signées, montées sur carton, le représentant avec ses ouvriers dans sa menuiserie-ébénisterie (6 juillet 1908, 2 ff. in-4 oblong), et le fac-similé d’un article où il donne une interview dans le journal «Le Soir» de Marseille (5 décembre 1967, 1 p. in-folio repliée). Précieux ensemble sur un chercheur d’or en Californie au début du XXe siècle.

SARTINE (Antoine de).

Pièce signée par Louis XVI (secrétaire) et contresignée par Sartine.

Versailles, 8 août 1775. 1 p. in-folio (36,4 x 24,2 cm), sceau à froid aux armes royales, annotations au verso.

Brevet de sous-commissaire de la marine et des classes à la Guadeloupe. «Sa Majesté ayant destiné le Sieur Bournisien écrivain de la marine et des classes pour servir en qualité de sous-commissaire de la marine et des classes à la colonie de la Guadeloupe, elle veut qu’il en fasse les fonctions, qu’il en porte l’uniforme, et qu’il jouisse des honneurs, pouvoirs, autorité dont jouissent les autres sous-commissaires de la marine et des classes…». Bournisien de Valery fut, de 1771 à 1775, écrivain de la marine à la Guadeloupe, chargé en chef de l’inspection de l’hôpital militaire, des magasins du Roi et du bagne. Ayant parfaitement rempli ses fonctions, il fut promu sous-commissaire en 1775 (source: archives nationales d’outre-mer). Ancien lieutenant général de police, Antoine de Sartine devint, en 1774, ministre de la Marine. Il mit sur pied une organisation plus rationnelle en s’appuyant essentiellement sur le corps des officiers de vaisseau. Sentant venir la guerre d’Amérique, il poussa très activement les constructions navales. Il quitta le ministère en 1780 et fut remplacé par le maréchal de Castries. Document très lisible.

SAUGNIER.

Relation des voyages de Saugnier, à la côte d'Afrique, à Maroc, au Sénégal, à Gorée, etc.

Paris, Lamy, an VIII-1799. In-8 de (2) ff., xliv-viij-341 pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Troisième édition, augmentée d'un avertissement contenant une biographie et une bibliographie de Jean-Benjamin de Laborde qui publia cet ouvrage, d'après le journal de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première relate le voyage de l'auteur vers le Sénégal, son naufrage sur la côte mauritanienne où il fut capturé et vendu comme esclave au Maroc, puis racheté et libéré (1783-1784). La seconde retrace un nouveau voyage au Sénégal où Saugnier remonta le fleuve pour acheter des esclaves à Galam et les livrer sur la côte aux navires négriers (1785-1786). La troisième traite du commerce avec le Sénégal "avec des détails intéressans pour ceux qui se destinent au commerce de l'or, de l'ivoire, et autres productions de ce pays". Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, IV, 112. — Gay, 388. — Monglond, II, 337.

SAUSSURE (Henri de).

Antiquités mexicaines. Le manuscrit du cacique.

Genève, Aubert-Schuchardt, 1891. In-4 oblong de 8 pp. ; broché, couverture imprimée et illustrée.

Edition originale, illustrée d'un titre et de 17 planches en couleurs. Cet ouvrage est la copie d'un manuscrit précolombien découvert par Henri de Saussure au cours de son voyage au Mexique et concernant un rituel du culte solaire. Malgré la mention de "1er fascicule" ce fut le seul publié. Henri Louis Frédéric de Saussure était un entomologiste et un minéralogiste suisse. En 1854, il entreprit avec un ami, Henri Peyrot, un voyage d'exploration au Mexique et aux Antilles, qui devait durer jusqu'en 1856 et exercer une influence considérable sur toute sa carrière. Il revint en Suisse en 1856 avec des collections d’insectes, de myriapodes, de crustacés, d’oiseaux et de mammifères. S’intéressant également à la géographie, la géologie et l’ethnologie, il participa à la fondation, en 1858, de la Société géographique de Genève. Bel exemplaire de cette brochure peu commune. Quelques rousseurs sur la couverture, présence de morceaux d'adhésifs sur le dos. Manque aux bibliographies usuelles.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SOLTYKOFF (prince Alexis).

Voyage en Perse.

Paris, L. Curmer, 1851. Grand in-8 de (3) ff., 140 pp.; percaline noire, décor polychrome au dos et sur les plats, tranches dorées, couvertures illustrées (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 20 planches lithographiées à fond teinté d'après les dessins de l'auteur (paysage, cavaliers, danseurs, portraits, scènes de bazar…). Durant son enfance, Soltykoff assista à la visite d'une ambassade perse à Saint-Pétersbourg, lui donnant l'envie de voyager dans ce pays. En 1838, il effectua donc ce voyage en passant par le Caucase, puis il visita Tiflis, l'Arax, Miana et Téhéran. Bon exemplaire à grandes marges. Ex-libris Eugène Seligmann. Papier légèrement jauni. Hage Chahine, 4560. — Vicaire, VII, 575. — Wilson, 212.

SONNINI de MANONCOURT (Charles-Nicolas-Sigisbert).

Voyage en Grèce et en Turquie, fait par ordre de Louis XVI, et avec l'autorisation de la Cour Ottomane.

Paris, F. Buisson, an IX - 1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 460 pp. (+ (4) pp. entre les pp. 18 et 19).— (2) ff., 460 pp., et un atlas in-folio ; demi-basane brune à coins, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison rouge, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition. L'atlas comprend 7 planches gravées dont 2 dépliantes (une grande carte du Levant avec les contours aquarellés, une planche représentant le passeport de l'auteur, 3 planches d'histoire naturelle, et 2 planches de costumes). Voyageur et naturaliste, Charles Sonnini de Manoncourt avait déjà mené plusieurs voyage d'exploration en Guyane et à Cayenne, lorsqu'il fut envoyé en voyage d'exploration en égypte par le roi Louis XVI. C'est de retour de ce voyage qu'il visita la Grèce et plus particulièrement Chypre, Rhodes, la Crète, l'Archipel des Cyclades, Chios, et Thessalonique. Dans son ouvrage, il s'attarde plus particulièrement sur les descriptions géographiques, les productions naturelles, les sciences naturelles et les coutumes des habitants. Bon exemplaire. Quelques rousseurs sur les planches. Atabey, 1156. — Brunet, V, 445. — Hage Chahine, 4567. — Quérard, IX, 212. — Weber, II, 581.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

SPARRMAN (Anders).

Voyage au cap de Bonne-Espérance, et autour du monde avec le capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres.

Paris, Buisson, 1787. 3 volumes in-8 de xxxij-389-(1) pp. — (2) ff., 366-(1) pp. — (2) ff., 366-(5) pp..; veau marbré, dos lisses ornés de fers représentant des navires, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque de P. Meslant).

Première édition in-8, parue en même temps que l'original in-4, et traduite par Le Tourneur. Elle est illustrée d'une planche double en frontispice du premier volume, d'une carte dépliante (cap de Bonne-Espérance), et de 15 planches gravées dépliantes. Naturaliste suédois, Sparrman rencontra, au Cap de Bonne-Espérance, le Capitaine Cook qui lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du monde. Il parcourut notamment l'Océanie de la Nouvelle-Zélande à Tahiti et retourna u Cap en 1775, où il entreprit un voyage à l'intérieur des terres jusqu'alors peu connues. Bel exemplaire. Habiles restaurations, petite tache brune dans les pages de la préface. Boucher de La Richarderie, IV, 234. — Brunet, V, 474. — Gay, 3125. — Mendelssohn, II, 414 (pour l'édition anglaise). — Pritzel, 9784.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.