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BUXTON (sir Thomas Fowell).

De la traite des esclaves en Afrique, et des moyens d'y remédier.

Paris, Arthus Bertrand, 1840. In-8 de xxxvj-650 pp.; demi-chagrin bordeaux à coins, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Jacques Pacaud, et illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Afrique centrale (en anglais). Député au parlement de 1818 à 1837, l'auteur œuvra pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Il fut l'un des membres créateur de l'Anty-Slavery Society et succéda à William Wilberforce à la tête du parti anti-esclavagiste à la Chambre des Communes. Son ouvrage, qui propose de remédier au trafic des esclaves par un commerce équitable et la christianisation, a fortement influencé David Livingstone; il fut rapidement traduit en français et en allemand. Bon exemplaire. Feuillet de dédicace portant la mention "offert par la société institué à Londres pour l'extinction de la traite des esclaves" avec le nom manuscrit du dédicataire gratté. Rousseurs éparses, dos et bord des plats passés. Sabin, 9686 (édition anglaise de 1839).

BYRON (John).

Voyage autour du monde, fait en 1764 & 1765, sur le vaisseau de guerre anglois le Dauphin, commandé en chef par le chef d'escadre Byron.

Paris, Molini, 1767. In-12 de (2) ff., lxviij-335 pp.; basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Suard, et illustrée d'un frontispice gravé. Récit du second voyage autour du monde de Byron. Il effectua le premier avec l'amiral George Anson. Lors de ce deuxième voyage, il visita les îles Malouines, franchit le détroit de Magellan, et fit halte dans les archipels de Juan Fernandez et de Tuamotu. Le récit de ce périple fut rédigé par un de ses officiers Philip Carteret. Les 68 pages de la préface sont consacrées à une démonstration de l'existence des géants de la côte de Patagonie d'après les voyageurs qui les avaient rencontrés, de Pigafetta à Byron. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 137. — Leclerc, I, 245. — Sabin, 9734.

BÉGOUËN (Jacques-François).

Discours sur le commerce de l'Inde

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Natif de Saint-Domingue, et membre de la Commission de la marine et des colonies de l'Assemblée, l'auteur prononça ce discours pour défendre un projet de décret sur le commerce. Après la suppression du monopole de la Compagnie des Indes Orientales, il voulait néanmoins conserver le monopole du port de Lorient pour les navires de commerce venus d'Inde. Bon exemplaire.

CANADA. — RICARD (René).

[Aurore boréale].

Vers 1865. Dessin original signé. (12,3 x 17,2 cm).

Vue d’une aurore boréale, probablement au large de Terre-Neuve. Le dessin a été réalisé au lavis gris et à la mine de plomb, avec des rehauts de gouache blanche. Il est signé «R Ricard» suivi d’une ancre de marine dans l’angle inférieur gauche. On y voit une baie entourée de hautes falaises au relief très découpé, avec, au premier plan une petite embarcation de pêcheur et un personnage à bord. A l’arrière-plan on aperçoit un navire au mouillage. Le ciel nocturne est occupé par une grande aurore boréale qui s’étend sur toute la partie supérieure du dessin. Né en 1846 à Beauvais (Oise), Anselme René Marie Stanislas Ricard entra à l’Ecole navale en 1863. Il fut d’abord élève sur le Borda, avant d’embarquer comme aspirant sur le vaisseau-école d’application le Jean-Bart (1865-1866). Il effectua alors une longue croisière qui la mena au Sénégal, au Brésil, aux Antilles, aux Etats-Unis puis au Canada (Nouvelle-Ecosse, île du Cap-Breton, Terre-Neuve). Il passa ensuite par Saint-Pierre-et-Miquelon avant de rentrer en France. Devenu enseigne de vaisseau en 1868, il fut affecté au port de Toulon puis devint, en 1879, lieutenant de vaisseau de réserve. Il mourut à Bessancourt (Val d’Oise) en 1932. Ricard est l’auteur d’un album de dessins, actuellement conservé à la Bibliothèque municipale de Brest, qu’il réalisa en 1864 lorsqu’il était élève sur le Borda. Le présent dessin a probablement été exécuté vers la fin de son voyage à bord du Jean-Bart, lorsqu’il se trouvait au large des côtes canadiennes. Non mentionné dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CHAPLIN (Charles).

Vue du palais du nabab Schuja-Uddaula, à Lucknow.

S.l., 1850. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche. In-4 oblong (24,8 x 33,4 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets en noir et en couleurs, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue animée montrant le palais du nabab de Lucknow (Inde). Au premier plan, un éléphant conduit par son cornac se déplace à proximité d’une rivière, emmenant deux passagers sur son dos. On voit aussi deux hommes gardant une petite embarcation. Sur la rivière naviguent trois barques dont une à voiles. A l’arrière-plan, on aperçoit l’imposant palais du nabab entouré d’un mur d’enceinte. Située dans le nord de l’Inde, la ville de Lucknow ne se développa véritablement qu’à partir du début du XVIIIe siècle, lorsque les Moghols nommèrent un nabab pour gouverner la région. Celle-ci fut dirigée par Shuja-ud-Daulah de 1754 à 1775. La dynastie des nababs perdura jusqu’en 1856, date de l’annexion du territoire par les Britanniques. Actuellement, Lucknow est la capitale de l’Etat de l’Uttar Pradesh. Ce dessin est inspiré d’une aquatinte du célèbre peintre et graveur britannique Thomas Daniell (1749-1840). Celle-ci, intitulée «Palace of Nawaub, Sujah Dowla, at Lucknow» (1801), a été publiée dans «Oriental Scenery. Twenty-four views in Hindoostan», London, 1795-[1807]. Accompagné de son neveu William, Thomas Daniell avait séjourné en Inde de 1784 à 1794. Sur le dessin, Chaplin a ajouté l’éléphant et ses passagers qui ne se trouvaient pas dans la gravure de Daniell. Il a été publié, avec quelques variantes, et sous la signature du dessinateur Freeman, dans le Magasin pittoresque de 1858, où il porte comme titre «Vue du palais du nabab Schuja-Uddaula, à Lucknow» (p. 212). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées dans les musées de Bayeux, Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

CHAVANNES de LA GIRAUDIÈRE (L.).

L'Amérique délivrée, esquisse d'un poëme sur l'Indépendance de l'Amérique.

Amsterdam, J. A. Crajenschot, 1783. 2 tomes en un volume in-8 de xxiv-292 pp., (1) f., pp. 291 à 726 ; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première et seule édition, rare, comprenant deux titre gravés avec un médaillon de Binet. Long poème épique sur la guerre d'indépendance des États-Unis, accompagné de nombreuses et longues notes historiques. Bel exemplaire. Le feuillet d'errata n'a pas été relié. Habiles restaurations, pièce de titre refaite. Sabin, 1290.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHOPARD (Jean-Paul, pseud. du capitaine (Guillaume-Joseph Gardarein-Freytet).

Quelques personnages officiels à Tahiti

Brest, imprimerie de J. B. Lefournier, 1871. In-8 de vj-85 pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition. À travers le portrait de plusieurs personnalités de Tahiti, et en citant de nombreux documents officiels, l'auteur prend la défense du père Honoré Laval, missionnaire aux îles Gambier, accusé de pratiquer le commerce et de gouverner en sous main. Bon exemplaire. Dos cassé et couverture écornée, avec de petits manques. O'Reilly, Tahiti, 7283.

CHÉRET (Jules).

La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876. - Liberty enlightning the World. Centennial anniversary of United States Independance. French-American Union. 1776-1876.

Paris, Sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de pierres lithographiques, entre 1875 et 1876. Lithographie originale (68,5 x 47,8 cm).

Exceptionnelle estampe, de toute rareté, figurant La Liberté éclairant le Monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté, à l'entrée du port de New York. Elle a été lithographiée en deux tons et imprimée par Jules Chéret à Paris, sur les pierres de la Compagnie Générale des Carrières de Pierres Lithographiques, située à Paris. En bas à droite de l'estampe figure la mention Bartholdi scup.t, pour Bartholdi, sculpteur du monument. Cette estampe, lithographiée et imprimée entre 1875 et 1876, est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté, quelques années avant qu'elle ne soit construite, érigée et inaugurée en 1886 sur Bedloe's Island (renommée Liberty Island en 1956), face à Long Island, là où débuta la Guerre d'Indépendance le 27 août 1776. Autour du piédestal de la statue, construit par les Américains sur les fondations du Fort Wood, ancien fort reconnaissable à son plan en étoile à 11 branches, construit entre 1806 et 1811, on aperçoit quelques promeneurs et des pêcheurs. Cette vue plongeante nous offre au second plan un large panorama de la ville, avec Manhattan, le fleuve Hudson, l'East River et le quartier de Brooklyn. Le pont de Brooklyn n'est pas visible puisqu'il sera inauguré en 1883. Le port de New York est animé de voiliers et de bateaux à vapeur. Sur la droite, on aperçoit également la pointe de l'île de Governors Island, avec la fortification de Castle Williams . Né le 2 août 1834 dans une famille de notables de Colmar (Haut-Rhin), Frédéric Auguste Bartholdi présenta très tôt des aptitudes certaines pour les arts. Après avoir essayé la peinture et la photographie, c'est vers la sculpture qu'il se tourne, essentiellement monumentale. Après un voyage initiatique en Orient, il travaille sur sa première commande, une statue du Général Rapp, haut personnage de l'Alsace ; inaugurée en 1856 à Colmar, elle contribuera grandement à le faire connaître. Patriote et républicain, Bartholdi est profondément révolté par l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse en 1870, suite à la défaite de Sedan. Pour rendre hommage aux belfortains qui ont bravement affronté un terrible siège au cours du conflit, il sculpte le monumental Lion de Belfort en 1879, dont une réplique trône aujourd'hui place Denfert-Rochereau à Paris (Bartholdi, les Bâtisseurs de la Liberté. Exposition de photographies (1876-1886) . Musée des Arts et Métiers, 2004-2005). En 1871, Édouard Lefebvre de Laboulaye, président du Comité de l'Union Franco-Américaine, souhaite sceller l'amitié entre la France et les États-Unis, et demande à Bartholdi de réaliser un monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis (1776-1876) qui sera offert par la France aux États-Unis. La construction de la statue débute en 1875 dans les ateliers Monduit et Bechet, situés à Paris. Le sculpteur élabore un premier modèle de son oeuvre, d'une taille de 2,11 mètres, à partir duquel les ouvriers opèrent un découpage méthodique des différentes parties de la statue. L'architecte Eugène Viollet-Le-Duc, puis l'ingénieur Gustave Eiffel, participeront au projet. L'installation de la structure métallique et l'assemblage de l'enveloppe de la statue ont lieu en 1886 à New York. À leur arrivée le 25 octobre 1886, les membres de la délégation française entourant Auguste Bartholdi, découvrent, du pont du paquebot Bretagne , une oeuvre monumentale de 93 mètres. La statue sera inaugurée le 28 octobre. La Liberté éclairant le monde connut d'emblée un immense succès. Elle restera l'oeuvre majeure du sculpteur Bartholdi, à laquelle il aura consacré quinze années de sa vie. Jules Chéret (1836-1932) est l'affichiste majeur de la Belle Époque. En 1866, il ouvre à Paris une imprimerie qui est la première à proposer des affiches illustrées lithographiées en couleurs. Il répond à la forte demande publicitaire liée à l'apparition de nouveaux produits, à l'évolution des modes de vente et au développement intense de l'industrie du spectacle. Il a ainsi joué un rôle décisif dans l'avènement de la publicité commerciale et culturelle. Inventeur de l’affiche en couleurs et de l'affiche illustrée publicitaire en France, surnommé par ses contemporains « le roi de l’affiche », sa production d’affiches pour les spectacles et la publicité entre le Second Empire et 1900 est considérable. Il a réalisé plus de 1 400 affiches qui ont accompagné l'entrée de la France dans la vie moderne. Parallèlement à sa carrière d'affichiste, il consacra la seconde partie de sa vie à la peinture décorative, et réalisa des oeuvres pour ses mécènes mais aussi pour l'Hôtel de Ville de Paris, le musée Grévin, ou encore la préfecture de Nice (Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor . Les Arts Décoratifs, Paris, 2010). Cette estampe, d'une extrême rareté, est absente des collections publiques, françaises comme américaines . Elle manque également à toutes les bibliographies consacrées à Jules Chéret : Maindron, Les Affiches Illustrées (1886-1895) , Paris, 1896 ; Beraldi, Les graveurs du XIXe siècle. Guide de l'amateur d'estampes modernes , 1886, Tome IV ; Broido, The Posters of Jules Chéret , Toronto, 1980 ; et enfin la plus récente, Bargiel & Le Men, La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor. Les Arts Décoratifs , Paris, 2010. Cette dernière bibliographie est la plus complète de toutes. Elle recense les 1430 affiches de Jules Chéret, avec une illustration pour chaque affiche. Elle mentionne une planche intitulée La Liberté éclairant le Monde. Centième anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Union Franco-Américaine. 1776-1876 , mais celle-ci est plus petite que notre affiche (59 x 46 cm). C'est l'une des rares à ne pas être illustrée, car l'auteur de la bibliographie n'a pas été en mesure de la localiser. Notre vue est l'une des toutes premières vues projetées de la Statue de la Liberté. On retrouve cette illustration sur l'affiche publicitaire de Jules Chéret annonçant le diorama représentant le monument commémoratif de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique, présenté au Palais de l'Industrie sur les Champs-Élysées. Ce diorama avait été réalisé dans le cadre d'une campagne de promotion lancée, dès 1875, par le Comité de l'Union Franco-Américaine, afin de lever des fonds. Le diorama fut présenté une première fois en août 1877 au Palais de l'Industrie (journal quotidien Le Rappel du 28 août 1877), puis une seconde fois aux Tuileries en 1878 (journal quotidien Le Rappel du 3 avril 1878). Un exemplaire de cette affiche publicitaire se trouve au Musée Bartholdi à Colmar ; le musée lui attribue la date de 1874 ; mais si l'on s'en tient à l'article du quotidien Le Rappel , cette date est erronée. Un autre exemplaire de cette affiche annonçant le diorama se trouve à la Bibliothèque Nationale de France , qui la date de 1876, mais la date est ici également erronée. On peut donc penser que notre affiche a été réalisée avant celle annonçant le diorama, plus précisément entre 1875, date de lancement de la campagne pour la levée des fonds, et 1876, date du centenaire. Exemplaire en très bonne condition. Deux petites restaurations anciennes dans les marges gauche et droite, très légères cassures dans la partie haute de l'estampe, petites taches claires au bas du titre anglais.

CLAUSSON (L. J.).

Précis historique de la révolution de Saint-Domingue. Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., xij-155 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge, tranches jaunes (reliure moderne).

Première édition. Ouvrage publié pour répondre à plusieurs articles et ouvrages sur Saint-Domingue, dont celui du général Pamphile de Lacroix, Mémoire pour servir à l'histoire de la révolution de Saint-Domingue, publié en 1819. Daprès l'auteur, le général Lacroix, qui fit parti de l'expédition de Saint-Domingue, "avec les meilleurs intentions, s'est écarté de la vérité". C'est pourquoi il présente sa version des évènements, lui qui se déclare propriétaire et ancien magistrat au Port-au-Prince, avoir été "à Saint-Domingue six ans avant les premiers troubles qui ont éclaté dans cette colonie" (page vij), et "aussi dans la dernière expédition du général Leclerc", "témoin de toutes les horreurs et de tous les crimes qui l'ont accompagnée". Bon exemplaire. Leclerc, I, 341. — Max Bissainthe, 5134. — Sabin, 13511.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Apperçu sur la constitution de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 6 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur explique que Saint-Domingue n'est ni une colonie (car elle n'a pas été formée par une émigration venue de France mais est peuplée de divers peuple) ni une province (car trop éloignée de la métropole). En conséquence, elle ne peut pas être régie par la constitution française. "À ce titre, elle doit donc avoir une constitution mixte composée de la constitution de la France […] et d'une constitution particulière". Il termine en déclarant que les députés de Saint-Domingue demandent la fin du monopole des négociants des ports de mer, l'amélioration du sort des Noirs, "la liberté de tous les Nègres résidens en France, tant qu'ils y resteront", et qu'ils "consentiront encore à l'abolition de la traite des Noirs, faite par les négocians français, si c'est le vœu de l'Assemblée Nationale". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5147. — Sabin, 14048.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

COMBES (Charles).

Les Cahiers coloniaux (35 ans consécutifs en Afrique). La Légende vécue sous la magie. Manuscrit dactylographié.

Côte d’Ivoire, 13 janvier 1956. In-4 (27 x 21 cm) de 34 pp.; en feuilles.

Sculpteur et peintre français, Charles Combes (1891-1968) arriva en Côte d’Ivoire au début des années 1920. Puis il installa, en 1923, son atelier de sculpture à Bingerville, l’ancienne capitale de la colonie située près d’Abidjan. Entre 1927 et 1941, il composa, à Toumodi et à Bingerville, vingt cahiers de contes fantastiques, où se mêlaient souvenirs personnels et légendes africaines, dont les thèmes récurrents étaient la magie et la sorcellerie. Ces cahiers, ronéotypés, tirés à petit nombre et édités à compte d’auteur, contenaient chacun 10 à 20 pages de texte. L’ouvrage était divisé ainsi: Le mur de la magie (cahiers n° 1 à 3). - Le masque aux yeux vivants (n° 4). - Visions d’art (n° 5). - N’Da (n° 6, 7, 8, 9). - Rendez-vous de minuit (n° 10). - Quelques histoires (n° 11). - L’étrange roman d’un village (n° 12 à 20). La présente copie, dactylographiée, contient des passages de cet ouvrage: Préface de l’auteur. Le mur de la Sorcellerie et de la Magie (pp. 1-21, en 3 chapitres qui semblent correspondre aux trois premiers cahiers). - Les Reflets du mur (pp. 21-27, correspondant au 4e cahier). - Quelques histoires (titre de départ, p. 27, probablement un extrait du 11e cahier). - Des Hommes (pp. 28-29). - Pas à pas dans la brousse (p. 29). - La danse des loups (pp. 30-31). - L’Enfer des N’Da (pp. 31-32; peut-être un extrait des cahiers 6 à 9). - Histoire de chasse (pp. 32-34). Extrait: «Il s’agit d’une histoire absolument authentique et qui reste dans ma mémoire comme un souvenir hallucinant. Il s’agit d’un masque; je l’avais acquis pour une modeste somme. Je le tenais d’un très vieux sorcier de village, un nommé Wô […]. Il avait, suivant l’éclairage, l’air fripon ou cynique, il semblait sourire, interrogateur parfois ou boudeur, et de ses lèvres en bois, il avait l’air d’adresser une prière. Cela m’enchantait et me captivait étrangement […]. A certaines heures il me donnait l’impression d’être cruel comme s’il avait conservé sous son front bombé le souvenir des scènes atroces auxquelles il avait sans doute participé. Une nuit, je crus entendre gémir tout à côté de moi; il n’y avait cependant personne dans ma chambre, ni dans la maison que la clarté de la Lune inondait de toute part […]. Une autre fois un gros soupir me réveilla en sursaut [puis] ces soupirs et ces gémissements m’éveillèrent avec une précision mathématique, toutes les nuits à minuit. [Une nuit] il s’éleva dans l’ombre un gémissement […]. Je me levais cependant, cela venait de ma malle, j’y allais et l’ouvris brusquement. Le masque était toujours là et je vis nettement les yeux vivants qui flottaient dans l’ombre, des yeux morts, des yeux liquides, lumineux, flottants, hallucinants. Ils s’éteignirent progressivement. Alors, je restais là, rivé au sol, cherchant à m’expliquer cette curieuse apparition […]. Il rodait autour de cette histoire des actes de magie…» (pp. 21-24). Ce curieux manuscrit a été dactylographié au verso de feuillets à en-tête de la Compagnie de Mokta. Fondée en 1865, cette compagnie exploitait des mines dans différents pays d’Afrique, notamment les mines de manganèse de Grand-Lahou près d’Abidjan. En 1986, elle devint une filiale de la Cogéma, qui fut intégrée dans le groupe Areva en 2001. Document d’une grande rareté, non mentionné dans les catalogues de la BnF ni du CCFr. On joint: DESANTI (Dominique). Côte d’Ivoire. Manuscrit dactylographié. S.l.n.d. [1962]. In-4 de (2) et 118 pp.; en feuilles, addition manuscrite au bas de la p. 7, table des matières en dernière page. Célèbre journaliste, historienne, biographe et romancière, Dominique Desanti effectua, en 1961-1962, un séjour de six semaines en Côte d’Ivoire. A cette occasion, elle composa la présente relation, divisée en deux parties: le récit du voyage proprement dit (pp. 1-89), et un «documentaire», sorte d’appendice explicatif (pp. 89-118). Entre ces deux parties devait s’insérer un «Panorama» ou reportage photographique, qui n’est pas présent ici. Le récit contient de nombreuses considérations économiques et politiques sur la Côte d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Ce manuscrit a été publié dans la collection «L’Atlas des Voyages» des éditions Rencontre (Lausanne, 1962, in-4, 286 pp.). On joint également: Extension de l’Hôtel Ivoire (titre de départ). S.l.n.d. [ca. 1968], in-4 de 8 pp. polycopiées (paginées 91-98). Extrait d’une brochure concernant les travaux d’Abidjan, parmi lesquels le deuxième pont et la nouvelle aérogare d’Abidjan - Port-Bouët. Intéressant ensemble sur la Côte d’Ivoire.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

CREUZÉ (Michel-Pascal).

Conspiration contre la République.

Paris, imprimerie de Bécquart, an III [1794]. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Député de la Vienne, l'auteur remet en cause l'action des commissaires civils à Saint-Domingue, Ailhaud, Polverel et Sonthonax, envoyés sur l'île pour y faire appliquer la loi du 4 avril 1792 qui accordait l'égalité des droits à tous les libres de couleurs. Mais, face à l'opposition des colons, ils promirent la liberté à tous les esclaves qui soutiendraient la République, en contradiction avec la loi qu'ils étaient venu faire appliquer. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5282. — Inconnu de Monglond et Sabin.

DAUMESNIL, marquis d'Aussigné (Bernard-Louis).

Adresse à messieurs les habitants du Petit-Goave.

Au Cap, 1789. 1 feuillet in-8 de 2 pp.

Rare adresse dans laquelle son auteur, propriétaire de sucrerie et caféteries, et capitaine de milice au Cap, invite à convoquer une assemblée coloniale qui sera chargée de la rédaction du cahiers de doléance. Il demande qu'y soit proposé que l'Assemblée Nationale ne pourra pas statuer sur les lois locales de Saint-Domingue, tout comme les députés de cette dernière à cette même assemblée ne pouront s'occuper des "questions d'intérêt général de la France". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Roquincourt, et de Sabin.

DECAMPS (Alexandre-Gabriel).

Café turc.

Paris, Imprimerie Bertauts, vers 1850. Lithographie originale (72 x 55 cm avec les marges).

Belle représentation d'un café turc où l'on aperçoit un groupe d'hommes buvant un café ou fumant un narguilé. Cette planche a été lithographiée par Eugène Le Roux d'après Alexandre-Gabriel Decamps. Peintre et graveur français, Decamps fut l'une des grandes figures du romantisme. En 1828, il fut envoyé en mission en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray, chargé de commémorer par un tableau la victoire de Navarin, et poursuivit un périple qui le conduisit à Constantinople, en Asie mineure (Smyrne) et au Moyen-Orient. Cette expérience sera décisive. Au cours de son séjour, il prit des notes, réalisa des croquis et emmagasina les images avec lesquelles il façonnera à son retour sa vision de l'Orient, devenu une source profonde d'inspiration. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lança la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Bon état de conservation.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DENECOURT (Claude-François). — LUCHET (Auguste).

Promenade dans la forêt de Fontainebleau et itinéraire abrégé des appartements du palais. Suivi de la journée du Parisien à Fontainebleau, par Denecourt.

Fontainebleau, E. Jaquin, 1850. In-8 de 31 pp. ; demi-basane bleue, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice gravé dépliant, colorié et gommé. [Relié avec:] - DENECOURT. Délices de Fontainebleau. Itinéraire des nouvelles promenades de Franchard. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. (1) f., 32 pp. - DENECOURT. Le Fontainebleau des voyageurs des trains de plaisir, ou itinéraire des plus belles choses à voir dans le palais et la forêt. Fontainebleau, E. Jacquin, 1850. 16 pp. Plan gravé dépliant avec un envoi autographe signé de l'auteur au verso. - DENECOURT. Délices de Fontainebleau. Itinéraire d'une charmante promenade au débarcadère du chemin de fer, par les points de vue du Calvaire et de la Reine des bois. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 24 pp. - LUCHET (Auguste). Promenade dans la forêt de Fontainebleau et itinéraire abrégé des appartements du palais. Suivi de la journée du Parisien à Fontainebleau, par Denecourt. Fontainebleau, E. Jacquin, 1850. 31 pp. Sans le frontispice dépliant. - DENECOURT. Le palais et la forêt de Fontainebleau ou itinéraire historique et descriptif de ces lieux remarquables et pittoresques. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 123-(1) pp. (mal chiffré, la pagination revient de 12 à 11, et de 75 à 74). Avec 3 planches dépliantes (plan de Fontainebleau en double exemplaire, carte de Paris à Fontainebleau), & 4 planches. - DENECOURT. Les délices de la forêt de Fontainebleau, ou itinéraire descriptif de tous les sites et points de vue remarquables de cette forêt royale. Troisième édition. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 126-(1) pp. Avec 4 vues lithographiées. - DENECOURT. Guide du voyageur et de l'artiste à Fontainebleau; itinéraire du palais et de la forêt, avec les promenades les plus pittoresques. Sixième édition. Paris, 1850. vj-(2)-88 pp. Avec un plan dépliant de Fontainebleau, et un envoi autographe signé au crayon bleu de Denecourt à Auguste Luchet. - DENECOURT (C. F.). Petit indicateur du voyageur à Fontainebleau, ou renseignements indispensables pour séjourner agréablement dans ce pittoresque rendez-vous de plaisance. Paris, aux libraires du Palais-National, 1850. 16 pp. - DURAND (Alexis). La forêt de Fontainebleau, poème en quatre chants. Fontainebleau, chez l'auteur, Paris, Delaunat, 1836. (2) ff., xxvj-(1)-(1 bl.)-150 pp. Rare réunion de texte consacrés à la forêt de Fontainebleau par Claude François Denecourt. Vétéran de l'armée napoléonienne, il consacra l'essentiel de sa vie à développer et faire connaître les richesses de la forêt de Fontainebleau. Bon exemplaire. Rares piqûres, restaurations au dos.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DU PETIT-THOUARS (Louis-Marie Aubert).

Vue de Sydney et de l'entrée de la rivière de Paramatta.

Paris, 1841. Lithographie originale, en deux feuilles non jointes pouvant former un panorama d'environ 18 x 85 cm.

Belle vue panoramique de la ville de Sydney, dessinée par Mesnard et lithographiée par Thierry et Sabatier. Elle est issue du Voyage autour du monde sur la frégate la Vénus, pendant les années 1836-1839, de Du Petit-Thouars. Capitaine de vaisseau en 1836, Du Petit-Thouars réalisa un tour du monde sur la frégate la Vénus, faisant successivement escale aux îles Canaries, au Brésil, au Chili, au Kamtchatka, au Mexique, en Polynésie, en Australie, et à la Réunion, avant de regagner Brest en juin 1839. De retour en France, il conseilla au gouvernement l'annexion des îles Marquises et fut promu contre-amiral et commandant des forces navales d'Océanie. Son voyage implanta la France en Polynésie. Très bel exemplaire.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DU PONCEAU (Pierre-Étienne).

Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l'Amérique du nord.

Paris, Gide, Dentu, 1838. In-8 de xvj-464 pp.; demi-chagrin vert, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Première édition. L'auteur se rendit en Amérique en 1777, comme secrétaire de Friedrich Wilhelm von Steuben, qui avait combattu durant la guerre d'Indépendance des États-Unis aux côtés de George Washington. Il se tourna ensuite vers le droit, et devint un spécialiste des langues amérindiennes. Son ouvrage contient notamment un vocabulaire comparatif des langues algonquines et iroquoises, un vocabulaire comparatif et raisonné des langues de la famille algonquine et un rapport sur le caractère général et les formes grammaticales des langues américaines. Bon exemplaire. Rousseurs. Leclerc, I, 485. — Sabin, 21383.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DUVIVIER (Charles Pierre).

Journal de campagne à bord du croiseur d’application«Jeanne d’Arc» commandé par M. le capitaine de vaisseau Stolz.

1922-1923. Manuscrit autographe signé, in-4 (25 x 19,2 cm) de (1) f. de titre et (175) pp.; demi-toile marron, dos muet, étiquette manuscrite «Duvivier» sur le plat supérieur.

Relation d’un voyage aux Antilles, à la Nouvelle-Orléans, à Dakar et en Méditerranée. Il est illustré d’une trentaine de dessins exécutés à l’encre représentant des paysages, des vues de côtes, des scènes diverses et des portraits de marins ou de civils. Ce journal personnel, écrit dans un style très vivant et parfois humoristique, débute le 15 octobre 1922. L’enseigne de vaisseau Duvivier attend avec impatience le départ du navire-école qui doit l’emmener, dans un premier temps, aux Antilles. Trois jours plus tard, la Jeanne d’Arc appareille. Les premières étapes sont Lisbonne, Madère et Saint-Vincent du Cap Vert; puis a lieu la cérémonie du passage de la Ligne. L’escale suivante est Trinidad, dans les Caraïbes. Les jeunes officiers sont très bien accueillis; ils se rendent dans des clubs, sont invités à une soirée et effectuent des promenades à travers l’île, où ils admirent la nature sauvage. Ils arrivent ensuite à la Martinique, où de jeunes Martiniquaises appelées « doudous» montent à bord pour leur vendre des fruits tropicaux, des cigarettes, des sorbets, etc. Descendus à terre, les «midships» visitent le jardin botanique de Balata, près de Fort-de-France. Invité à dîner avec l’un de ses camarades, Duvivier annonce avoir dégusté un «délicieux repas créole» et garde un excellent souvenir de cette soirée. Puis la Jeanne d’Arc se rend à Kingston (Jamaïque) où il constate «un nombre considérable de boutiques chinoises, où l’on vend de tout sauf des articles chinois». Il ajoute: «Les petites vendeuses chinoises sont jolies et débitent avec une grâce inimaginable des portefeuilles en simili cuir de Russie et des éventails japonais fabriqués en série à Nuremberg». Après une soirée au Constant Spring Hotel, l’équipage remonte à bord du navire qui doit faire route vers les Etats-Unis. A la Nouvelle-Orléans, l’équipage est accueilli par le Père Giraud et ses fidèles qui brandissent des drapeaux français. Pensant découvrir une ville pittoresque, Duvivier est déçu en y rencontrant de hauts édifices, des monuments surmontés de coupoles blanches, un fleuve encombré de bâtiments de toutes sortes, des docks et des usines qui émettent des fumées toujours plus denses. En affirmant que «les Américains ne savent pas manger», il évoque la prohibition tout en précisant qu’il «est possible de se procurer de l’alcool en y mettant le prix». Dans un cinéma, il constate que les «colored» sont «parqués au second étage», tandis que l’assistance blanche trépigne sur place en regardant le film. Le navire-école d’application se rend ensuite à La Havane, où «flotte une odeur indéfinissable de cigare et de cuir grillé». Duvivier ajoute: «Sur le Prado, défilé incessant d’autos étourdissantes, mobiles témoignages de fortunes scandaleuses acquises dans le commerce des cannes[…]. Ici, la question des couleurs ne peut se poser, tous les Havanais ont du sang noir dans les veines et chez eux le préjugé des couleurs n’existe pas…». Il note que la presse diffuse une propagande antifrançaise, apparemment liée à l’actualité (occupation de la Ruhr). Puis il effectue une visite de l’intérieur de Cuba: champs de canne à sucre, villages, haciendas, etc. Après avoir quitté La Havane, le navire fait escale à Porto Rico. L’accueil est enthousiaste à San Juan: «Une musique militaire juchée sur une falaise joue des marches entraînantes et la population massée sur la rive nous salue joyeusement […]. La colonie française de Porto Rico, très active et fortement groupée autour du consul organisa en notre honneur toute une série de réceptions: bals, dîners et promenades…». Duvivier constate que l’influence française est considérable, et que les journaux sont francophiles en majeure partie. Puis il visite une habitation dans les environs de San Juan. Les étapes suivantes sont la Guadeloupe, les Saintes et la Martinique; puis la Jeanne d’Arc effectue la traversée de Fort-de-France à Dakar, où l’arrivée a lieu en mars 1923. Le jeune officier donne ses impressions sur la ville: quais, bâtiments, cafés, habitants, colporteurs chinois, etc. Avant de quitter Dakar, il assiste à une grande réception donnée par le gouverneur. Le navire rentre ensuite en France et passe par Monaco, avant d’effectuer une croisière en Méditerranée: Corse (Ajaccio), Malte (La Valette), Beyrouth, Tripoli, Latakieh, Alexandrette, Port Saïd, Ismaïlia, Bizerte et Alger. Le journal s’achève le 7 juillet 1923. Les dernières pages contiennent des notes diverses ainsi que des portraits de marins ou d’officiers. Charles Pierre Duvivier (1901-1996) entra dans la Marine en 1920. Enseigne de vaisseau de 2e classe en 1922, puis de 1ère classe en 1924, il devint lieutenant de vaisseau en 1929. Nommé au Service mobilisateur des bâtiments de commerce (SMBC) à Lorient en 1930, il fut affecté au port de Cherbourg en 1937 et promu capitaine de corvette. En 1941, il deviendra directeur de la Radiodiffusion nationale et adjoint au secrétaire général à l’Information et à la Propagande. En 1953, il ne figurera pas dans les effectifs de la Marine. Chevalier de la Légion d’honneur, Duvivier était breveté canonnier (source: ecole.nav.traditions.free.fr). On joint une lettre dactylographiée, signée Thompson, adressée à Duvivier (Nouvelle-Orléans, 2 janvier 1923, 1 p. in-4, en anglais). Plats frottés, coins usés, mais bon état intérieur.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

FOURMONT (Claule-Louis).

Description historique et géographique des plaines d'Héliopolis et de Memphis.

Paris, Briasson & Duchesne, 1755. In-12 de xl-268 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de la plaine avec les bâtiments en perspective, et de 2 planches gravées dépliantes. Neveu des orientalistes Étienne et Michel Fourmont, Charles-Louis Fourmont accompagna son oncle Michel en Grèce qui était envoyé par Louis XV pour ramener des manuscrits. Après la mort de ses deux oncles, il accompagna M. de Lironcourt en Égypte qui était nommé consul général au Caire. Il y séjourna près de quatre ans, et dressa la grande carte de la plaine de Memphis qui servit de base à son étude historique et géographique de la région. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28360. — Gay, 2394. — Ibrahim-Hilmy, I, 238. — Quérard, III, 182.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRIEDMANN (Alexandre).

Rapport officiel sur la marine et les travaux maritimes à l'Exposition Universelle de Vienne en 1873.

Vienne, imprimerie impériale et royale, 1874. In-8 de (1) f., vij-(1 bl.)-189 pp.; veau bleu marine, dos à nerfs orné, encadrement or et à froid sur les plats, armes sur le premier plat, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un tableau et de 19 planches. L'ouvrage traite de toutes les nouveautés dans le domaine maritime, qui ont été montrées lors de l'Exposition Universelle de Vienne en 1873: taille des navires, propulsion à vapeur, navires en fer, description des navires exposés, sécurité des navires et des marins, machines et chaudières, phares et balises, ou encore aménagement des ports. Bel exemplaire de présent, aux armes de l'Autriche.

FÉE (Antoine-Laurent-Apollinaire).

Voceri chants populaires de la Corse, précédés d'une excursion faite dans cette île en 1845.

Paris, Victor Lecou, Mme Arthus-Bertrand, Strasbourg, Derivaux, 1850. In-8 de (1) f., 266 pp.; toile noire à la Bradel, pièce de titre rouge, couvertures conservées, tranches jaunes (reliure moderne).

Première édition, accompagnée de 4 pages lithographiées de musique notée. À l'occasion d'un voyage d'étude en Corse, l'auteur, médecin et professeur de botanique à Strasbourg, s'intéressa au voceru (pluriel, voceri), ce chant traditionel interprété lors des funérailles. Chaque chant présent possède sa traduction en français en regard. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur.

GAIGNAT de LAULNAIS (Claude-François).

Guide du commerce.

Paris, Despilly, Durand, Valade, 1764. In-4 de xj-(1)-iij-(1)-444 pp. ; veau havane, dos à nerfs orné, filets dorés encadrant les plats (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Première édition de cet ouvrage rare comprenant 6 tableaux gravés dépliants : L'art de tenir les livres, Tableau de cargaison de navire, Modèle d'un chargement de navire, Récapitulation en total de la traite de cargaison de navire, Tableaux de la traite des noirs, et Tableau de la vente. Après deux premières parties consacrées aux matières commerciales traditionnelles avec la Chine, le Pérou et l'Amérique, et une présentation classique de la tenue des livres de compte, le Guide du commerce traite essentiellement du commerce maritime et de la tenue des livres des navigateurs et de la traite des Noirs. Cet ouvrage est vraisemblablement l'un des premiers à aborder ce sujet. L'auteur y détaille la manière de traiter, de troquer ou d'échanger les esclaves en Afrique, et de les revendre en Amérique ou aux îles; le tout présenté avec des exemples concrets et chiffrés de toutes les étapes de la transaction. Avec, relié entre la table et le début du texte : Loi relative au timbre, donnée à Paris, le 18 février 1791. 4 pp. Bon exemplaire. Marges externes des deux derniers tableaux écornées. Polak, 3705. - Inconnu de Sabin.

GALLI (E. D.).

Le ramassage du café au Brésil.

S.l., 1951. Ensemble de 5 aquarelles originales sur papier (env. 41 x 29 cm.) signées et légendées par E. D. Galli.

On trouve ainsi représenté le processus : - La cueillette des cerises de café - Le ramassage des cerises de café dans les grands draps - La cueillette du café - Le séchage mis en tas des cerises de café - Pesage et entassage du café La production de café au Brésil représente environ un tiers de la production mondiale de café, ce qui fait du Brésil, le plus grand producteur du monde. Les plantations de café couvrent environ 27000km2 de terrain, principalement dans les États du sud (Minas Gerais, São Paulo et Paraná) où l'environnement et le climat offrent des conditions de croissance idéales. Le café est arrivé au Brésil au XVIIIesiècle et le pays est devenu le premier producteur dans les années 1840. L'apogée de la production brésilienne se situe dans les années 1920 quand le pays fournissait 80% du café du monde. Bon état de conservation.

GAMBA (comte Pietro).

Relation de l'expédition de Lord Byron en Grèce.

Paris, Peytieux, 1825. In-8 de xij-307 pp. ; cartonnage bordeaux à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. T. Parisot et publiée la même année que l'originale anglaise. Pietro Gamba était le frère de la maîtresse italienne de Byron (la comtesse Teresa Guiccioli), et le compagnon de son voyage en Grèce. Après la mort de Byron, en 1824 à Missolonghi, il alla à Londres publier son livre, retourna en Grèce pour se battre au côté du colonel Fabvier et trouva la mort à Methana en 1826. Bon exemplaire. Blackmer, 646 (édition anglaise). — Droulia, 849.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GATINE (Adolphe Ambroise Alexandre).

Souvenirs d'un abolitioniste.

Paris, Philippe Cordier, 1864. In-8 de 16 p.; percaline grise, titre doré sur le premier plat, couvertures conservées, non rogné (reliure postérieure).

Première édition, peu commune. Avocat partisan de l'abolition de l'esclavage, Adolphe Gatine participa à la rédaction de l'acte d'émancipation de 1848. Puis, à la demande de Victor Schœlcher, il fut nommé commissaire général de la Guadeloupe. Mais, devant l'opposition des colons, il donna sa démission après quatre mois. De cette expérience, il en tirera un ouvrage de souvenir, publié en 1849, et intitulé Abolition de l'esclavage à la Guadeloupe: quatre mois de gouvernement dans cette colonie. Les Souvenirs d'un abolitioniste est une pièce en vers publiée l'année de sa mort, peut-être à titre posthume. Bon exemplaire. Petite mouillure sur la couverture. Ryckebusch, 3466. — Inconnu de Sabin.

GAYA (Louis de).

Cérémonies nuptiales de toutes les nations. Réimpression faite sur l'édition originale publiée en 1680.

Lille, Typ. de Blocquel-Castiaux, vers 1850. In-12 de 128 pp., (16) pp. de catalogue., broché, couverture imprimée et illustrée, non coupé.

Un des premiers livres traitant des cérémonies nuptiales à travers le monde au XVIIe siècle : Floridiens, Javanais, Coptes, Mexicains, Moscovites, Arabes, Chinois, Druses de Syrie, Persans, ou encore Turcs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

GELLY.

[Panoramas de la Martinique].

1901. Ensemble de 2 aquarelles, dont une signée. (8 x 65,6 et 8,4 x 60 cm), entoilés et repliés; légendes manuscrites à l’encre.

Vues panoramiques de la Martinique au début du XXe siècle. La première aquarelle, signée «Gelly 01» dans l’angle inférieur droit, est une vue de la baie de Fort-de-France prise des Pitons du Carbet, en direction du Sud. Elle montre, du côté nord de la baie, les endroits suivants: Anse de Case-Pilote; Morne La Démarche; Habitation La Rouffinière; Pointe des Nègres; Fort Tartenson; Fort Saint-Louis; Fort Desaix; et, du côté sud: Vauclin; Embouchure de la Rivière Salée; Gros Ilet; Pointe du Bœuf; Lazaret; Morne Bigot; Ilet à Ramiers; Cap Salomon. La seconde, non signée, est un panorama de l’intérieur de l’île; on peut ainsi voir, d’ouest en est: Plateau Roy; Morne La Démarche; Moulin d’Arbot; Morne Duclos; Pitons du Carbet; Camp Balata; Plateau Larcher; Morne Moco; Poste Colon; Morne Vert. Au premier plan, on aperçoit des bois et des surfaces cultivées ainsi que quelques maisons; à l’arrière-plan l’artiste a représenté la région montagneuse des Pitons du Carbet. Bénézit, V, p. 953, mentionne un Victor Gelly, peintre, mort en 1899, sans qu’il soit possible d’établir un lien de parenté avec l’auteur des deux panoramas.

GENTIL (Jean-Baptiste-Joseph).

Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire Mogol.

Paris, Petit, 1822. In-8 de 474 pp.; demi-basane bleue, dos lisse orné en long, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage posthume. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante et de 4 planches gravées à la manière noire. L'orientaliste Gentil servit en Inde sous les ordres de Bussy, Dupleix et Lally et passa, après la défaite de ce dernier, au service du nabab d'Aoude. Il y resta jusqu'en 1778, époque où les Anglais exigèrent du prince son expulsion. Durant son séjour, il recueillit une précieuse collection d'objets d'histoire naturelle, d'armes, de monnaies, de dessins et de manuscrits arabes, hindous, persans et sanscrits, dont il fit présent au gouvernement français. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28173. — Chadenat, 2890.

GERAUD (Marguerite).

Tahiti. [Suivi de:] Afrique équatoriale, Gabon, Congo, Cameroun.

Vers 1930. Tapuscrit, avec quelques annotations autographes. 2 parties en un volume in-4 (27 x 21 cm) de 160 pp. numérotées de 183 à 338 avec pages bis, plus deux cahiers dactylographiés joints; en feuilles sous chemise cartonnée, déchirures à la première page.

Le voyage d’une artiste à Tahiti en 1912-1913. Peintre et épouse d’un gouverneur des colonies, Marguerite Géraud, née Marnier (1879-1969) accompagna son mari dans les différents postes qu’il occupa, en Cochinchine, à Dakar, à Madagascar, dans les Etablissements français de l’Océanie et en Afrique équatoriale française. Le présent tapuscrit, numéroté «II», concerne Tahiti et l’Afrique équatoriale. La première partie (92 pp.) se rapporte au voyage et au séjour à Tahiti, où Léon Géraud (1873-1954) fut gouverneur intérimaire en 1912-1913. Ne pouvant s’embarquer au Havre à cause d’une grève, les époux Géraud se rendent à Cherbourg avec leur fils âgé de dix ans et une domestique, puis montent à bord d’un bâtiment de l’American Line, le New York, qui les emmène aux Etats-Unis. Partis le 7 juillet 1912 de la rade de Cherbourg, ils arrivent à New York le 14 juillet. Le 17, ils visitent les chutes du Niagara, puis ils prennent le train et passent par Chicago, Denver, Grand Junction, Salt Lake City avant d’arriver à San Francisco le 26 juillet. Ils embarquent ensuite sur le Moana et effectuent la traversée jusqu’à Tahiti où l’arrivée a lieu le 31 juillet. Marguerite Géraud donne ses premières impressions sur l’île et ses habitants, puis effectue une visite chez la veuve du dernier roi Pomaré où elle reçoit un «accueil majestueux». Elle rencontre aussi les filles de la reine et décrit leurs toilettes. D’autres visites ont lieu chez des notables, ce qui lui permet de se faire quelques amies. Elle visite l’île, notamment la vallée de la Fataua où elle peint un paysage. Son récit contient une description du récif de corail qui entoure l’île: «Je m’étonne que les voyageurs aient si peu parlé de la mer et du récif. Les tons de la mer sont ici d’une richesse et d’une variété que je n’ai vues nulle part ailleurs. Elle passe du vert Véronèse au bleu d’outre-mer teinté de rose, sans doute suivant l’éclairement, la profondeur et la nature des fonds. Quant au récif, c’est un véritable enchantement. On peut l’observer avec une lunette de plonge, ou, mieux, d’une barque à fond de verre. Par trente mètres de fond, l’on voit jouer, lutter, s’entre-dévorer des fragments d’arc-en-ciel qui n’ont même plus des formes de poisson […]. Je voyais se présenter sous mes yeux toutes les couleurs de ma palette; la variété des bleus est prodigieuse. Et toutes ces couleurs disposées en dessins à faire rêver un décorateur…» (pp. 211-213). Elle ajoute: «Sorties de leur milieu, toutes ces merveilles perdent leur éclat. Alors que le corail de la Méditerranée conserve à l’air sa couleur, ceux de Tahiti perdent très vite la leur, et, à mesure qu’ils se dessèchent, s’effritent et se pulvérisent. C’est à grand peine que j’ai pu en rapporter quelques échantillons. Les poissons eux-mêmes deviennent gris en mourant et les spécimens que l’on voit en Europe n’en donnent qu’une idée très fausse. J’ai pu, avec le procédé rapide de l’aquarelle, prendre des notations exactes, et préparer ainsi la collection que j’ai donnée au Muséum et dont j’ai, chez moi, la réplique…» (pp. 213-214). Après quelques détails sur les poissons, les tortues et les crabes, l’auteur évoque les ressources naturelles: bananes sauvages, arbre à pain, vanille, noix de coco, coprah, huîtres perlières… Puis elle parle des mœurs des Tahitiens, de la disparition de la race maori, des métissages, des maladies (lèpre, éléphantiasis), de la construction d’une léproserie, du rôle économique des Chinois, de la difficulté de trouver de la main-d’œuvre indigène, des domestiques (cuisiniers, boys, cochers) dont le service laisse parfois à désirer, de la difficulté d’organiser des réceptions mondaines, etc., le tout accompagné d’anecdotes assez curieuses sur la société tahitienne. Le récit contient une évocation de Paul Gauguin : «L’île est encore toute pleine du souvenir de Gauguin […]. Nous avons des relations très amicales avec Monsieur G… et Monsieur C… qui l’ont aidé de leur mieux pendant son séjour et qui n’en ont été payés que par des injures. Son caractère aigri l’avait rendu odieux à tous, même aux Tahitiens avec qui il était en palabres continuelles. J’ai de lui une suite de petits pamphlets que je garde précieusement et qui suffit à montrer quelle était la nature de ses relations avec les avocats, le procureur de la République et les gendarmes. Il faisait paraître toutes les semaines un journal «Le Sourire» dans lequel il épanchait sa bile et dont j’ai quelques exemplaires […]. Monsieur Hervé m’a fait cadeau de deux bois sculptés provenant de la maison de Gauguin…» (pp. 237-238). Des extraits du journal de Gauguin ont été insérés pp. 251-258, après la relation d’un voyage à Moorea. Dans cette île, l’auteur remarque, dans la baie d’Oponohu, un tiki, ou sculpture représentant un dieu, avec, à sa base, une pierre de sacrifices. Cette sculpture sera signalée au conservateur du Musée d’ethnographie du Trocadéro. Le récit contient ensuite la relation d’un voyage autour de Tahiti, avec la description des localités et des sites pittoresques. Le séjour s’achève par une excursion sur l’île de Makatea, où l’auteur reçoit en cadeau des couronnes, des colliers de coquillages, un petit cochon de lait et des crabes de cocotier. Puis la famille Géraud rentre en France, après un an de présence sur «l’île enchantée». «Marguerite Géraud […] rapporta de son séjour [à Tahiti] quelques peintures qui furent exposées à la Société des artistes français, à la Nationale, à la Société des artistes coloniaux, ainsi qu’aux expositions de 1931 et 1937. Elle exécuta également une série d’aquarelles représentant des poissons de récifs coralliens, dont une copie existe au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le Musée océanographique de Monaco en possède aussi quelques-unes» (O’Reilly & Reitman). La seconde partie (68 pp.) relate quatre voyages effectués en Afrique équatoriale française entre 1923 et 1925. Un premier voyage a lieu au Gabon en 1923 et un second en 1925. Léon Géraud, qui était aussi polytechnicien et ingénieur, travaille pour le Consortium Forestier des Grands Réseaux Français, qui avait obtenu deux concessions sur la rive gauche du Gabon pour exploiter le bois destiné à la fabrication des traverses de chemins de fer. Le texte contient de nombreuses anecdotes sur leur hébergement à Libreville, puis leur séjour à Makok et à Foulenzem où se trouvent les usines. Un troisième voyage a lieu au Cameroun, où Géraud cherche de la main-d’œuvre nécessaire à son entreprise. Marguerite Géraud donne une description de la vie à Douala et à Yaoundé, et évoque les difficultés rencontrées lors du trajet. Les époux Géraud se rendent ensuite au Congo, remontent le fleuve Congo, passent par Boma et parviennent à Matadi, où ils passent les fêtes de Noël avant de rentrer en France à bord de l’Asie. On joint: - GERAUD (Marguerite). Le Tahiti d’aujourd’hui. Ensemble de 3 tapuscrits. S.l.n.d. [ca. 1930], 70 pp. in-4 au total, en feuilles. L’auteur donne ses impressions sur Tahiti et évoque la personnalité du commandant Malmanche, son grand-père, présent à Tahiti de 1844 à 1848. - [GERAUD (Marguerite)]. Exposition coloniale de 1931 et travaux divers. Dossier comprenant 25 lettres ou copies de lettres, adressées à Marguerite Géraud ou à son mari. Paris (pour la plupart), 1929-1931, 50 pp. de différents formats. Mme Géraud réalisa, à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de Paris, deux panneaux décoratifs pour le pavillon de Madagascar et un diorama animé représentant un fond de mer aux Tuamotu pour le pavillon des Etablissements français de l’Océanie. Elle exposa aussi une collection de 20 aquarelles de poissons observés sur le récif corallien de Tahiti. Le dossier comprend, entre autres, 2 lettres du professeur Abel Gruvel, du Muséum, et 4 lettres de Guillaume Grandidier, explorateur de Madagascar. On joint une affiche repliée et 2 photographies. - GERAUD (Marguerite). Mes œuvres vendues [et] Personnes ayant signé et mis un mot aimable à mes albums de poissons tahitiens. Ensemble de 2 manuscrits autographes. S.l.n.d. [1930-1950], 13 pp. in-folio et 9 pp. in-8 oblong. Le premier manuscrit récapitule ses œuvres réalisées entre 1909 et 1928 ainsi que les commandes de l’Etat pour l’exposition de 1931 ; le second est une liste de personnalités qui se sont manifestées lors des expositions des aquarelles de poissons. On joint 6 lettres adressées à Marguerite ou Léon Géraud, dont 2 de la librairie Plon (1919-1939 et s.d., 7 pp. in-4). - GERAUD (Marguerite). Au Maroc. Manuscrit autographe. S.l., novembre 1933, in-4 de 298 pp., demi-toile noire. Journal d’un voyage effectué au Maroc entre le 7 et le 29 novembre 1933. Les principales étapes sont Marseille, Tanger, Casablanca, Mazagan, Safi, Mogador, Agadir, Tiznit, Taroudant, Marrakech, puis Casablanca, Rabat, Kenitra, Meknès, Volubilis, Azrou et Fez. Le retour s’effectue par l’Espagne. Le récit est illustré de croquis, d’articles de presse, de cartes de visites et de billets d’entrée dans les musées. - [GERAUD (Marguerite)]. Lili, l’amie des bêtes. Dossier comprenant 3 manuscrits autographes et 9 lettres signées d’Henri Bauche à Marguerite Géraud, dont 8 autographes et 1 dactylographiée. S.l.n.d. [ca. 1940], environ 50 pp. in-4. On joint une lettre des éditions Grasset à H. Bauche, Paris, 1943, 1 p. in-4, et un poème d’Henri Bauche intitulé Opium, 8 pp. in-4 dactyl. Concerne un livre d’enfants que Mme Géraud souhaitait publier. - GERAUD (Marguerite). Ensemble de 18 manuscrits, autographes ou dactylographiés, certains signés «Marguerite Marnier» ou «M. Géraud». S.l.n.d. [ca. 1940-1950], environ 150 pp. in-4, en feuilles. On joint quelques manuscrits en double. Il s’agit d’articles concernant, pour la plupart, Tahiti et l’Afrique, dont certains ont été publiés à partir de 1951 dans «Neuilly Saint-Jean, Bulletin mensuel de la Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Neuilly». Références: O’Reilly & Reitman, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 10062. – O’Reilly & Teissier, Tahitiens, répertoire biographique de la Polynésie française, 2e édit., p. 211. – Galzin (René), «Adolphe Marcadet et Marguerite Géraud», in SFI Infos, Bulletin de liaison de la Société française d’ichtyologie, n° 51, septembre 2009, pp. 3-6. – Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, VI, p. 35. Bel ensemble, en grande partie consacré à la Polynésie française.

GERDE (Jean).

Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.

La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.

L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRARD (Maurice).

F. Péron, naturaliste, voyageur aux terres australes, sa vie, appréciation de ses travaux, analyse raisonnée de ses recherches sur les animaux vertébrés et invertébrés d'après ses collections déposées au Muséum d'Histoire naturelle.

Paris, J.-B. Baillière, Moulins, Enaut, 1857. In-8 de 278 pp.; demi-chagrin bleu, dos lisse fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage peu commun illustrée d'un portrait lithographié de Péron en frontispice. François Péron fit partit de l'expédition des Terres Australes dirigée par le commandant Baudin d'où il rapporta une collection de plus de 100 000 spécimens conservée au Muséum de Paris. Le commandant Baudin étant mort en 1803, il fut chargé de la publication des résultats scientifiques de l'expédition. Mais, lui même étant mort en 1810, la publication du Voyage de découverte aux terres australes, fut reprise et terminée par le géographie Louis-Claude de Freycinet, également membre de l'expédition. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Mr Guichenot, fils d'un des compagnons de Péron. Antoine Guichenot embarqua sur la corvette le Géographe en tant que jardinier. Contrecollé sur le faux-titre, cet envoi devait se trouver à l'origine sur la couverture, qui fut supprimée à la reliure. Quelques rousseurs, habiles restaurations au dos. Ferguson, 9940.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GRAVIER (Gabriel).

La route du Mississipi.

Nancy, G. Crépin-Leblond, 1878. In-8 de (2) ff., 76 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées.

Edition originale imprimée sur vergé de Hollande de ce tiré à part du Compte rendu des travaux du Congrès international des américanistes. Intéressant ouvage dans lequel l'auteur dresse un portrait des premiers explorateurs de la Floride, du Mississippi et de la Nouvelle France tels que Ponce de Leon, Hernando de Soto, Jean Nicollet, Cavelier de La Salle, Louis Hennepin, Jacques Marquette et Louis Jolliet. Le 8 mai 1541, Hernando de Soto fut le premier Européen à atteindre le Mississippi, qu'il baptisa río del Espíritu Santo, «fleuve du Saint-Esprit». À partir des années 1660, la France s'engagea dans une politique d'expansion en Amérique du Nord, depuis le Canada. Les objectifs étaient de trouver un passage vers la Chine (passage du Nord-Ouest), d'exploiter les richesses naturelles des territoires conquis (fourrures, minerais) et d'évangéliser de nouveaux autochtones. Gabriel Gravier était un historien, géographe et écrivain français. S’intéressant surtout à l’Amérique du Nord et aux explorateurs français, et particulièrement aux navigateurs normands, il fut l’auteur notamment d’une biographie de René-Robert Cavelier de La Salle, publiée en 1871, et d’une Vie de Samuel Champlain, publiée en 1900. Très bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à monsieur Charles Legros. Dionne, 1652. — Leclerc, 2512. — Inconnu de Sabin.

GRENIER (Yves).

Chasse au rhinocéros. Cap de Bonne Espérance (Natal).

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (44,8 x 60,2 cm).

Grande scène de chasse au rhinocéros au Cap de Bonne-Espérance, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. La scène montre trois Européens et trois Africains. L'un des Européens vient de tomber de son cheval et se trouve terrassé par un rhinocéros, tandis que les autres personnages tentent de le sauver, à l'aide de leur fusil ou de leur gourdin. Bel exemplaire.

GRENIER (Yves).

Chasse au tigre. Asie.

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (45 x 61 cm).

Grande estampe figurant une scène de chasse au tigre en Inde, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. Au XIXe siècle, la chasse au tigre était un sport apprécié des colons et des maharadjahs. Des battues étaient organisées durant lesquelles les tigres avaient bien peu de chance de survivre. Le tigre, animal craint pour sa force et sa cruauté présumée, était le prédateur à tuer pour sa gloire personnelle. La chasse au tigre est à présent interdite dans tous les pays où vit ce félin. Bel exemplaire.

GRIMPEREL (Eloi Michel).

Remise par M. Castaing de 20 Nègres vendus par Mad. de Baynac à Le Clavier de Miniac. Pièce signée.

Le Bonnet (Petite-Anse, près du Cap), 6 janvier 1772. Manuscrit in-folio (34,5 x 22,3 cm) de (14) pp. ; broché, cachet de cire rouge en dernière page.

Contrat de vente de 20 esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est constitué de deux actes notariés (en copie): l’un passé devant Me Grimperel, notaire au Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien) le 6 janvier 1772, et l’autre devant Mes Fatin et Faugas, notaires à Bordeaux, le 22 mai 1771. Ces actes concernent la vente, par la veuve du marquis de Baynac, Anne de Villiers, demeurant à Bordeaux, de «vingt testes de Nègres ou Négresses de la première qualité» provenant de son habitation appelée «Le Bonnet à l’évêque», située dans le quartier de la Petite-Anse, à proximité du Cap-Français. L’acheteur est Jean-Baptiste François Le Clavier, écuyer, sieur de Miniac, habitant au quartier de Limonade. Afin de ne pas gêner le fonctionnement de l’habitation, il est prévu que Miniac ne disposera des esclaves qu’à l’issue d’un délai de cinq ans, durée du bail accordé à Jean Castaing, l’exploitant du domaine. Le montant de la transaction est fixé à 50000 livres, argent des îles, soit 36666 livres 13 sols et 4 deniers, argent de France. Dans un premier temps, Miniac règle 16666 livres 13 sols et 4 deniers à la marquise de Baynac. Il devra ensuite régler le solde, soit 20000 livres, en versant à la marquise une rente viagère annuelle de 2000 livres. Dans l’acte de 1772, une modification a été apportée : l’acheteur règlera les 20000 livres restants par 4 billets à ordre de 5000 livres chacun, qui seront encaissés à un an d’intervalle. En contrepartie, il pourra disposer immédiatement des 20 esclaves. L’acte mentionne leurs noms: «Christophe, créole âgé de trente un an; Moïse, créole âgé de quatorze ans; Grand Joseph, âgé de vingt ans; Charlé âgé de trente ans; Benjamin, âgé de vingt ans; Jean, âgé de trente-cinq ans; Adrien, âgé de vingt-cinq ans; Jean-Baptiste, âgé de dix sept ans; Calixte, âgé de vingt-cinq ans; Petit Joseph, âgé de quatorze ans; Ursule, négresse âgée de quatorze ans; Grand George, âgé de vingt-cinq ans; Germain, âgé de vingt-cinq ans; Petit Georges, âgé de dix-sept ans; Claire négresse âgée de trente ans; Luc, son fils, âgé de deux ans; Luce, négresse, âgée de treize ans; [une] négresse âgée de trente ans; Antoine Vincent, son fils, âgé de six ans et Etienne aussi son fils âgé de deux ans, tous créoles de nation…» (pp. 4-5). A la fin se trouve une apostille signée Estève, sénéchal et juge civil au Cap, datée du 7 mai 1773, authentifiant la signature de Maître Grimperel. L’original de l’acte du 22 mai 1771 est conservé aux Archives départementales de Gironde sous la cote 3 E 24418 (minutes des notaires de Bordeaux). Document d’un grand intérêt pour l’histoire de l’esclavage à Saint-Domingue. Fortes rousseurs, déchirures et petits manques de papier dans la marge supérieure.

GUIGNES (Chrétien-Louis-Joseph de).

Planisphère céleste chinois, avec des explications, le catalogue alphabétique des étoiles, & la suite de toutes les comètes observées à la Chine, depuis l'an 613 avant J. C. jusqu'à l'an 1222 de l'ére chrétienne, tirée des livres chinois.

Paris, Moutard, 1782. In-4 de (2) ff., 76 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Rare tiré à part d'un mémoire présenté à l'Académie des Sciences. Il est illustré de 2 cartes célestes gravées dépliantes (partie septentrionale, et partie méridionale), d'après la carte céleste de La Hire, sur laquelle fut ajoutée le nom et le tracé des constellation chinoises. Il avait été publié dans le tome X des Mémoires de mathématique et de physique, présentés à l'Académie royale des sciences, par divers sçavans, & lûs dans ses assemblées. Cette série regroupait les mémoires de savants français qui n'étaient pas membres de l'Académie Royale des sciences mais qui avaient été jugé digne de publication. Fils de l'orientaliste Joseph de Guignes, Chrétien de Guignes fut attaché au consulat de Canton (1783-1787), puis interprète à Pékin (1794). Il fut l'auteur d'un dictionnaire chinois, français et latin. Bel exemplaire. Cordier, BS, supplément de 1924, 3815.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

[GUYANE].

Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée.

Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire.

Le retour d’un militaire malade en métropole. Cette pièce concerne un membre du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie: «Nous membres du Conseil d’administration, certifions avoir donné congé au Cen André Schlosser, sergent de la compagnie n° 6 audit bataillon […] né en 1758 à Ensisheim, district de Strasbourg, département du Bas-Rhin […], lequel a servi avec honneur et probité depuis le 28 août 1776 jusqu’à ce jour que nous lui avons délivré le présent par cause de maladie incurable dans la colonie, ce qui nous a été constaté par le certificat des chirurgiens…». Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOFFBAUER (Theodor Josef Hubert).

Paris à travers les âges. Aspects successifs des monuments et quartiers historiques de Paris depuis le XIIIe siècle jusqu’à nos jours.

Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1885. 2 volumes in-folio de (2 ff.), vi pp., (1 f.), 56-76-72-44-64-76-56 pp. — (4) ff., 48-55-60-61-44-76-56 pp. ; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, large décor doré sur les plats, titre frappé or avec les armes de Paris sur le premier, gardes de papier marbré, tranches dorées (reliure de l’époque).

Seconde édition de l’un des plus beaux livres du XIXe siècle sur l’histoire de Paris. L’illustration comprend de très nombreuses figures sur bois dans le texte, la reproduction du plan de Paris sous Henri II d’Olivier Truschet et Germain Hoyau, de 23 planches de plans de l’ancien Paris, ainsi que de 68 lithographies en couleurs réalisées à partir des dessins de l’architecte Fedor Hoffbauer. Les 23 plans de l’ancien Paris sont chacun accompagnés d’un papier transparent sur lequel est imprimé le plan équivalent du Paris à l’époque du livre, servant à nous rendre compte de l’évolution de la ville dans le temps. Magnifique exemplaire dans un cartonnage estampé de l'époque et exempt de rousseurs. Infimes frottements. Vicaire, VI, 375.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Site des cordillères et monuments des peuples indigènes de l'Amérique. Nouvelle édition mise dans un ordre nouveau indiqué par l'auteur avant sa mort.

Paris, L. Guérin et Cie, 1869. In-8 de (2) ff., ii-531 pp. ; demi-chagrin havane, dos à nerfs ornés de filets à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, illustrée de 16 planches gravées dont 6 finement coloriées. Célèbre naturaliste et voyageur allemand, le baron de Humboldt explora l'Amérique pendant cinq ans en compagnie du naturaliste Bonpland. Il en rapporta d'importantes observations scientifiques dans les domaines de la géographie, de l'ethnographie, de la géologie et de l'histoire naturelle. Cet ouvrage est divisé en quatre parties : Sites des cordillères, plateaux du Mexique et montagnes de l'Amérique méridionale ; Monuments des peuples indigènes du Mexique ; Monuments des peuples indigènes du Pérou ; Monuments des Indiens Muyscas. Très bel exemplaire. Chadenat, 1871. — Palau, 117029.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

INDONESIE.

Village.

Vers 1880. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

JABRUN (de).

Lettres à M. Hernoux, député, raporteur de la commission du budget de la marine et des colonies.

Paris, Guiraudet et Jouaust, 1837. In-8 de 8 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur, délégué de la Guadeloupe, proteste contre la publication d'un rapport dont il juge le ton hautain, parce que le rapporteur explique "que la chambre est fatiguée" d'une lutte sourde entre les intérêts de la métropole et ceux des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JANVIER (Louis-Joseph).

Du gouvernement civil en Haïti.

Lille, Le Bigot frères, 1905. In-8 de 84-(1) pp.; broché, couverture imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur. Essai d'histoire administrative de Saint-Domingue puis de Haïti à travers les différents régimes que l'île a connu. En conclusion, l"auteur préconise que la nation haïtienne qui "n'a jamais été gouvernée que par des militaires" (page 51), se dote d'une vrai systême d'administration civile "c'est là qu'est la vraie réforme, celle dont peuvent découler toutes les autres". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2439.

JANVIER (Louis-Joseph).

Humble adresse aux électeurs de la commune de Port-au-Prince.

Port-au-Prince, imprimerie de l'abeille, 1907. Petit in-8 de 60-(4 bl.) pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Rare brochure, publiée à l'occasion des élections législatives de 1908, et illustrée d'un portrait de l'auteur. Après des études de médecine et de droit, et une carrière de journaliste, Janvier retourna à Saint-Domingue en 1905, et tenta, en vain, de se faire élire à Port-au-Prince. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2440.

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JANVIER (Louis-Joseph).

Les antinationaux (actes et principes).

Paris, imprimerie G. Rougier et Cie, 1884. In-18 de (1) f., 101 pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Lettre ouverte à un habitant de la ville de Jacmel, en Haïti. En 1883, cette ville s'était révoltée contre le nouveau président, Lysius Salomon. Au cours de cette révolte, des courriers arrivés par bateau furent saisis et une lettre de Louis-Joseph Janvier, écrite à un de ses amis, fut ouverte et "reproduite, en inexacte teneur, accompagnée de commentaires calomnieux pour moi, dans une brochure trois fois anonymes et non datée" (page 5). C'est à cette brochure que l'auteur répond. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2450.

JANVIER (Louis-Joseph).

Le vieux piquet. Scène de la vie haïtienne.

Paris, imprimerie A. Parent, A. Davy succ., 1884. In-18 de 36 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Première édition de cette nouvelle qui, à travers le récit d'un grand-père, retrace une partie de l'histoire d'Haïti, de 1846 à 1883, et prend la défense des Piquets du Sud, des paysans noirs qui se révoltèrent. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2448.

JEFFERYS (Thomas).

Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours.

Londres, 1755. In-12 (1) f., xiv-281 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Le premier établissement en Acadie (nom d'origine indienne par lequel les Français désignaient alors les territoires du Canada oriental) remonte à 1605, à la fondation de Port-Royal, sur la baie de Fundy, par Samuel de Champlain. En 1621, le roi Jacques Ier d’Angleterre donna au territoire le nom de « Nouvelle-Écosse » (ou « Nova Scotia », telle qu’appelée dans sa charte rédigée en latin) et l’accorda au colonisateur écossais sir William Alexander. Dans les années 1620, les Écossais fondèrent deux colonies dont l’implantation échoua. Pendant ce temps, un flot modeste, mais constant, de Français immigra en Acadie pour s’y bâtir une nouvelle vie. L'histoire de l'Acadie est marquée par la rivalité franco-anglaise dans cette partie du monde aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'Acadie est ainsi tour à tour terre française et anglaise jusqu'en 1710, avant d'être reconnue définitivement possession des Anglais selon le traité d'Utrecht de 1713. Après la guerre de 1744-1748 entre la France et l'Angleterre, la forteresse de Louisbourg, au Cap-Breton, fut restituée aux Français. Pour faire contrepoids à celle-ci, les Anglais fondèrent en 1749 Halifax, citadelle et aussi tête de pont pour leur colonisation. Ayant refusé de prêter serment d'allégeance, 6500 Acadiens furent déportés à partir de 1755. Louisbourg fut prise en 1758 et les déportations continuèrent encore plusieurs années (14000 au total). Après le traité de Paris en 1763, 2000 Acadiens seraient rentrés en Nouvelle-Écosse. Bon exemplaire. Leclerc, II, 732. — Sabin, 35958.

JOHNSON (Henry) — HALES (Stephen).

Histoire des tremblemens de terre arrivés à Lima, capitale du Pérou, et autres lieux.

La Haye, 1752. 2 partie en un volume in-12 à pagination continue de xvi-445 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais et augmentée par Stephen Hales. Elle est illustrée de 7 planches gravées dépliantes : une carte de l'audience de Lima au Pérou, les plan de Lima, Callao et de la rade de Callao, et 3 planches de costumes. La première partie contient une Histoire du tremblement de terre arrivé à Lima, par Henry Johnson. On y trouve une description de Lima et du port de Callao avant cet évènement, et des réflexions sur les causes de la sécheresse qu'il fait à Lima ainsi que les fréquents tremblements de terre dans la région. Vient ensuite un texte de Pedro Lozano intitulé Relation exacte de la destruction de Lima. La seconde partie contient une Description du Pérou, de ses habitants, et de leurs différents commerces; une Réflexion physiques sur les causes des tremblemens de terre, présentées à la société royale de Londres le 5 avril 1750 par M. Hales; et une Relation d'un tremblement de terre, arrivé au Port Royal à la Jamaïque au mois de juin 1692, tirée de deux lettres du ministre de cette colonie, écrites à bord du vaisseau la Grenade, alors en rade au Port-Royal (attribuée au révérend E. Hearth). Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Sabin, 42596.

JOLY (Étienne de).

Extrait du procès-verbal de l'Assemblée-Générale des citoyens libres-de-couleur, des isles & colonies françoises, constitués sous le titre de colons américains. 31 octobre 1789.

Paris, 1789. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne)..

Exclus du vote, et donc de représentants à l'Assemblée Constituante, les citoyens libres de couleur se regroupèrent et envoyèrent une députation à l'Assemblée Nationale de Paris qui fut reçue le 22 octobre. Le compte-rendu se montre optimiste quand à la réussite de leur démarche. Bon exemplaire. Manque à Max Bissainthe.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

KAUFMANN (Ernst).

View of Cape Town from Table Bay.

Cape Town, J.H. Rose, [vers 1890]. Lithographie originale (39,8 x 66,7 cm).

Très rare et belle vue lithographiée en couleurs de la ville du Cap, imprimée par Ernst Kaufmann à Lahr, en Allemagne, et publiée par J.H. Rose au Cap. La vue est prise depuis la Baie de la Table, sur laquelle s'est établie la ville du Cap. La baie est animée de voiliers et de petits bateaux de pêche. En arrière-plan, on aperçoit la montagne de la Table, massif qui surplombe la ville du Cap. À droite de la montagne de la Table, on aperçoit les deux collines de Lion's Head et de Signal Hill. Bel exemplaire.

KLAPROTH (Julius von).

Examen critique des travaux de feu M. Champolion sur les hiéroglyphes.

Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré père et fils, 1832. In-8 de viij-175-(1) pp.; demi-veau brun, dos lissse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes. Ouvrage publié juste après la mort de Jean-François Champollion, et alors que ni sa Grammaire ni son Dictionnaire égyptien n'étaient publiés. L'auteur s'appuie sur les quelques textes publiés du vivant de Champollion pour conclure, selon lui, qu'il s'était trompé dans son interprétation. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, III, 673. — Gay, 1758. — Ibrahim-Hilmy , I, 344.