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BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BONNIGAL (Paul) attribué à.

Vue panoramique d'Angkor Vat.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (49,5 x 31 cm).

Magnifique vue du temple d'Angkor Vat. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Angkor Vat est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor au Cambodge. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'État » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié à Vishnou, puis, bouddhiste. Le temple est devenu le symbole du Cambodge et figure sur son drapeau national. Il est le principal lieu touristique du pays. Très belle aquarelle.

BORY DE SAINT-VINCENT (Jean-Baptiste-Georges-Marie).

Ensemble de 2 lettres autographes signées.

Paris, 1826-1843. In-4 de 1 p. chacune ; apostilles marginales.

Intéressantes lettres évoquant ses difficultés et ses travaux. La première lettre, datée du 14 mars 1826, est adressée à « Monseigneur et illustre ami ». Le célèbre naturaliste et voyageur est alors emprisonné pour dettes à Sainte-Pélagie : « Toujours philosophiquement résolu à ne pas donner un sou à des coquins d’usuriers que j’ai payé deux ou trois fois avant de venir ici, conséquemment toujours décidé à demeurer où je suis tant que la loi révolutionnaire de germinal an VI ou VII ne sera pas réformée… ». Il remercie son correspondant d’avoir cherché à lui venir en aide, puis il ajoute : « Je charge ma fille chérie de vous porter elle-même le tome IX de mon Dictionnaire d’histoire naturelle qui paraît aujourd’hui même… ». Bory de Saint-Vincent ne quittera la prison de Sainte-Pélagie qu’à la fin de 1827 ; l’année suivante, il prit la direction de la commission scientifique de l’Expédition de Morée et explora ainsi, en 1829, le Péloponnèse, l’Attique et les Cyclades. Datée du 14 juillet 1843, la seconde lettre est destinée à « Monseigneur ». Le naturaliste, devenu membre de l’Institut, est alors président de la commission scientifique de l’Algérie : « Accusé de divers côtés de devenir paresseux, de vieillir inutilement, de me reposer sur le fauteuil académique où je suis parvenu avec une multitude de décorations, je me suis vu réduit, pour donner un démenti à mes détracteurs […] à faire quelques lectures à l’Institut sur les choses d’Afrique. Je prends la liberté d’adresser à votre Excellence la première des notices dont j’ai occupé mes illustres confrères et que j’ai extrait de nos comptes rendus… ». A la fin, il fait allusion à son passé militaire, au service « du premier de nos hommes de guerre et d’Etat ». Né à Agen, Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846) participa à la plus grande partie des campagnes de Napoléon dans la Grande Armée, devenant, en 1809, l’aide de camp du maréchal Soult. Membre de la Chambre des Cent-Jours en 1815, il fut proscrit et ne rentra en France qu’en 1820. Il se consacra à ses travaux scientifiques, publiant son Dictionnaire classique d’histoire naturelle de 1822 à 1831. Réintégré dans l’armée en 1830, il redevint député en 1831. Naturaliste, il est l’auteur d’un grand nombre de publications concernant les reptiles, les poissons, les animaux et végétaux microscopiques, les cryptogames, etc. Manque de papier sans atteinte au texte à la seconde lettre.

BOUTROUE (Alexandre).

En Crimée.

Paris, Ernest Leroux, 1897. In-8 de 11 pp., toile bordeaux, pièce de titre noire, couvertures conservées (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans la Revue de géographie d'août 1897. Il est illustré d'une carte dans le texte. L'auteur relate ici sa visite de la Crimée, en octobre 1895, auquel il mêle un historique de la région. Alexandre Boutroue (1846-1899) fut chargé de mission par le Ministère des Beaux-Arts, et collabora également avec les journeaux Le Temps et le Journal des débats. Il fit de nombreuses conférences pour la Société de Géographie. Bon exemplaire. Cachet envoi contenant la signature de l'auteur.

BOUTROUE (Alexandre).

En Transcaspie, notes de voyage.

Paris, Ernest Leroux, 1897. In-8 de 36 pp. ; toile bordeaux, pièce de titre marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dand l'Annuaire du Club Alpin Français de 1896. L'illustration se compose d'une carte et de 4 illustrations d'après des photographies dont 3 à pleine page (grande mosquée de Boukhara, vue de Samarcande, tombeau du Hadji Dantara à Afrousiab). Récit d'un voyage à bord du Transcaspien, ligne de chemin de fer entre Ouzoun-Ada et Samarcande, construite par les militaires Russes entre 1880 et 1888. A cause de son caractère stratégique, cette ligne n'était accessible que sur autorisation du grand état-major à Moscou et donc très peu fréquentée par les étrangers. Alexandre Boutroue (1846-1899) fut chargé de mission par le Ministère des Beaux-Arts et collabora aussi avec les journaux Le Temps et le Journal des débats. Il fit de nombreux cycles de conférences pour la Société de Géographie. Bon exemplaire. Cachet envoi contenant la signature de l'auteur.

BOUVET de MAISONNEUVE (Pierre).

Précis des campagnes du capitaine de vaisseau Pierre Bouvet.

Paris, Firmin Didot frères, 1840. In-8 de vij-(1 bl.)-135 pp ; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée de 2 plans dépliants. Récit des campagnes dans les Indes durant les guerres de l'Empire, rédigé par l'auteur d'après ses "journaux, tables de loch, instructions, rapports d'officiers...". Fils de marin, l'auteur s'embarqua à 12 ans. De 1801 à 1813, il servit dans l'océan Indien, pratiquant la course contre les navires de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales à la campagne de l'île Maurice, où il remporta la victoire du Grand Port. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Cachet armorié de la famille Chasseloup Laubat. Rares piqûres, petites déchirures et manques au dos et sur la première couverture.

[BRESIL].

Dom Joseph por graça de Deos Rey de Portugal, e dos Algarves dáquem, e dálem mar em Africa, Senhor de Guiné, e da Conquista, navegação, e commercio de Ethiopia, Arabia, Persia, e da India, &c....as verdadeiras causas com que desde o descobrimento do Grão Pará, e Maranhão até agora não só se não tem multiplicado, e civilizado os Indios daquelle Estado.

Lisboa, 1755. In-4 de 12 pp. ; broché.

Première édition, de cet important document de législation en faveur des Indiens du Brésil. Ce texte comprend notamment la Loi du 1er avril 1680 (pp. 2-4) qui a libéré le peuple indigène, celle du 10 novembre 1647 (pp. 5-6), qui déclarait que les indigènes pouvaient travailler pour qui ils voulaient, et celle 10 septembre 1611 (pp. 6-7), qui libéra tous les indigènes qui étaient esclaves. Cette loi visait apparemment à favoriser la Companhia Geral do Grão-Pará e Maranhão, qui avait été créée en 1755 par le marquis de Pombal, et à libérer la population indigène de la région. Elle avait également pour but de réduire le pouvoir et l'influence des Jésuites au Brésil, qui furent officiellement expulsés en 1759. Bon exemplaire. Gauz, Livres portugais et brésiliens, 1755/22.

[BRESIL ] — FERREZ (Marc).

[Rio de Janeiro].

[Vers 1880]. Photographies originales montées sur carton (environ 16 x 22 cm).

Ensemble de 13 épreuves sur papier albuminé, légendées et avec la signature de Marc Ferrez en bandeaux en bas de la plupart des épreuves : - Tijuca petite cascade (signée) - Sommet du Corcovado - Place du Duc de Caxias - Musé nacional Sao Christovao (signée) - Fabrica de tecidos e Lagoa de Freitas (signée) - Jardin public (signée) - Botafogo Ecole militaire (signée) - Botafogo (signée) - Pont de Sylvestre- rampe 25 % (signée) - Botafogo (signée) - Larangeiras - Largo da Carioca - Corcovado - Sur le chemin de l'aqueduc Né à Rio de parent français, Marc ferrez fut l'un des photographes les plus importants du Brésil au XIXe siècle. Il parcourut différentes provinces de ce pays dans les années 1875-1876, comme photographe de la Marine impériale et de la commission géologique de l'Empire, et se spécialisa dans la production de vue panoramique. Bon tirage des photos en majorité, certaines plus pâles. Quelques rousseurs sur les cartons, certains avec de petits défauts.

BRESSANI (Francesco Giuseppe).

Relation abrégée de quelques missions des pères de la compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France.

Montréal, des presses à vapeur de John Lovell, 1852. In-8 de 336-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'italien par le père Félix Martin. Elle est illustrée d'un frontispice, d'une grande carte dépliante de la Nouvelle-France levée par l'auteur, de 2 autres cartes dont 1 dépliante et l'autre dans le texte, de 8 planches dont une dépliante, et des illustrations dans le texte dont 2 à pleine page. Publié en italien en 1653, cette relation n'avait jamais été traduite en français avant 1852, malgré son intérêt. C'est la première synthèse sur les missions en italien et plus particulièrement chez les Hurons. Missionnaire jésuite en Nouvelle-France de 1642 à 1650, l'auteur fut chargé d'une mission auprès des Hurons mais fut capturé par les Iroquois près de Trois-Rivière, torturé puis vendu comme esclaves aux Hollandais. Après un bref voyage en Europe, il retourna au Canada et œuvra pour la paix entre Hurons et Iroquois. Bon exemplaire donné en prix par le collège des Jésuites de Vannes, avec le fer doré de l'école sur les plats et une vignette d'attribution datée de 1867. Mallet, 127. — Sabin, 7735. — Sommervogel, II, 133.

BRIGNON (Pierre).

Rôle du croiseur cuirassé «Pothuau» pendant la guerre. Mémoires. Manuscrit autographe.

S.l., 1914-1915. In-4 de (1) f. de titre, (104) pp. et 10 ff. restés vierges; toile grise, dos muet, plat supérieur orné d’un motif imprimé (reliure de l’époque).

Une campagne au Cameroun et au Gabon pendant la Première Guerre mondiale. Pierre Brignon était matelot-mécanicien à bord de l’Amiral Pothuau, un croiseur cuirassé de la marine française construit à partir de 1893 et mis en service en 1897; ce navire faisait partie de l’escadre de la Méditerranée basée à Toulon. Ecrit sur un cahier d’écolier, d’une écriture régulière et très lisible, avec quelques passages à l’encre rouge, le récit couvre la période du 24 octobre 1914 (appareillage de Toulon) au 18 juillet 1915 (golfe de Gascogne). Après avoir quitté Toulon, le croiseur passe le détroit de Gibraltar le 26 octobre 1914 (le détroit étant miné, il est conduit par des torpilleurs anglais), puis arrive à Dakar le 1er novembre(visites à bord, approvisionnement en charbon et en vivres). Le départ a lieu le 3: le navire fait route avec le vapeur Saint-Simon dans des conditions difficiles (il fait 36° dans les batteries et 55° dans la chaufferie). Le 5 novembre, il mouille devant Conakry (Guinée) et reçoit un ravitaillement en eau douce. Le lendemain, l’équipage capture un requin puis Brignon répare un barbotin qui sert à actionner le monte-charge de la tourelle avant. Le 14 novembre, l’Amiral Pothuau arrive au large du Cameroun (colonie allemande de 1884 à 1916). Piloté par un navire français, le Bruix, il pénètre, avec le Saint-Simon, dans la rivière Cameroun (l’estuaire du Wouri à Douala). Quelques bâtiments anglais sont aperçus. Puis le Bruix part bombarder Victoria (actuellement Limbé), au pied du mont Cameroun. Les journées suivantes se passent au mouillage dans l’estuaire où a lieu le ravitaillement en charbon. Le 20 novembre, une canonnière amène à bord 6 prisonniers allemands; le même jour, le croiseur appareille pour le Gabon. Puis il arrive à Libreville (Gabon) le 21 novembre; le surlendemain, Brignon effectue une longue visite à terre au cours de laquelle il rencontre des habitants qui lui font bon accueil. Le 25, les prisonniers allemands sont débarqués. Au mouillage, des habitants viennent en pirogues pour vendre des fruits. Le 27, le navire appareille pour se rendre à Banana (Congo), à l’embouchure du fleuve Congo, où l’arrivée a lieu le 29. Le même jour, il pénètre dans le fleuve qui sépare le Congo français du Congo belge. Quelques personnalités embarquent sur le croiseur qui retourne mouiller devant Banana. Le lendemain, des coloniaux et des tirailleurs sénégalais montent à bord pour se rendre au cap Lopez (Gabon). Le 1er décembre, l’Amiral Pothuau quitte Banana à destination de Libreville, emmenant le gouverneur général de l’Afrique occidentale française. Brignon décrit la fête de la ligne qui a lieu le même jour. Le lendemain, les passagers sont débarqués au cap Lopez et le navire arrive à Libreville où le gouverneur descend. Le récit contient la retranscription d’une circulaire du gouverneur général de l’Afrique équatoriale française du 25 septembre 1914 annonçant la prise de Cocobeach (Gabon), chef-lieu du territoire allemand du Muni, par l’action combinée de la canonnière Surprise et d’un détachement français. Le croiseur reste à Libreville jusqu’au 22 décembre, date du départ pour Kribi (Cameroun) où l’arrivée a lieu le 23. Dans cette localité, les habitants, très pauvres, demandent de la nourriture aux marins. Le 24, un espion indigène allemand est fusillé. Un nouveau séjour dans la rivière Cameroun a lieu du 26 décembre 1914 au 12 janvier 1915. Brignon effectue de nombreux travaux d’entretien et de réparation, mais doit supporter les reproches continuels de son supérieur hiérarchique. Le navire se rend ensuite à Kribi, du 13 au 16 janvier, puis à Victoria (Limbé, Cameroun) les 17 et 18. Le 19, il retourne à son mouillage dans la rivière Cameroun, avant de retourner à Libreville (Gabon) le 28 janvier. Le navire effectue ensuite plusieurs allers et retours entre le Gabon et le Cameroun, puis effectue son voyage de retour à partir du 18 juin. Les principales étapes sont Cap Saint-Paul (Togo), Monrovia (Liberia), Dakar (Sénégal) et Funchal (Madère); le journal s’arrête le 18 juillet 1915 lorsque l’Amiral Pothuau se trouve dans le golfe de Gascogne. Brignon conclut: «Et c’est un miracle que je retourne en France en bonne santé. Ce que j’ai eu à souffrir le plus c’est l’ennui, rester de longs jours sans nouvelles de la famille […]. Enfin je reprends courage et je suis content d’avoir vu des choses, que jamais de ma vie j’aurai vu. Le Gabon est un pays plat, boisé, malsain, assez intéressant, mais je préfère le Cameroun, colonie magnifique et productive…» (18 juin 1915). Le récit est accompagné de la retranscription d’une lettre reçue par l’un de ses amis, Marcel Le Scaon, relatant le naufrage du Mousquet, un contre-torpilleur français coulé par le croiseur allemand Emden au large de Poulo Penang (Malaisie) le 28 octobre 1914. Précieux témoignage, inédit, riche en détails sur la vie à bord d’un cuirassé français. Un feuillet détaché, salissures et taches d’encre sur les plats. Bon état intérieur. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. II, p. 37.

BRIÈRE (Louis).

François Pyrard de Laval, et son éditeur anglais.

Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1892. In-8 de 13 pp. ; broché, couverture crème imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue historique et archéologique du Maine. En 1601, Pyrard fit partie d'une expédition financée par des armateurs de Saint-Malo et de Vitré pour chercher un chemin aux Indes orientales. Après des escales sur les îles d'Annobon, Madagascar et les Comores, son navire fit naufrage aux Maldives en 1602, et il fut retenu prisonnier du roi de Malé pendant cinq ans. Libéré par une attaque du roi de Bengale, il put gagner Calicut puis Cochin où les Portugais l’emprisonnèrent puis l’incorporèrent dans la milice de Goa. Il participa à plusieurs expéditions aux îles de Ceylan, Malacca, Sumatra, Java, Ormuz, et Cambaye. En 1609, les Portugais expulsèrent les Français se trouvant aux Indes, et Pyrard rentra en France en 1611 après un voyage mouvementé et une escale au Brésil. Plaquette peu commune tirée à 50 exemplaires et conservée dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à son cousin l'abbé G. Esnault. Bon exemplaire.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

[CANADA] — COCKBURN (James Pattison, Major).

The Falls of Niagara. This view of Table Rock & Horse-Shoe-Fall, is by special permission, dedicated to His Most Excellent Majesty William the Fourth.

London, Ackermann & Co, 1833. Gravure originale (49 x 67,1 cm).

Magnifique et grande estampe figurant les Chutes du Niagara du côté canadien, dessinée par James Pattison Cockburn, gravée à l'aquatinte et finement coloriée à la main par Charles Hunt. Elle est dédiée à Guillaume IV, roi d'Angleterre. Cette planche, numérotée 1, fait partie d'un ensemble de six planches dédiées aux Chutes du Niagara. Première édition datée de 1833. Une seconde sera publiée en 1857. La chute canadienne de Horseshoe Fall, en français chute du fer à cheval, nommée ainsi en raison de sa forme en fer à cheval, est située le long du cours de la rivière Niagara, entre les villes jumelles de Niagara Falls dans l'État de New York (États-Unis) et de Niagara Falls dans la province de l'Ontario (Canada). Elle est la plus importante et la plus spectaculaire de toutes les chutes du Niagara. Sur la droite figure le rocher de Table Rock, grande dalle de roche plate s'avançant du haut de la paroi de la gorge surplombant le site. Ce promontoire offrait au XIXe siècle une vue imprenable sur les chutes d'eau. Après des siècles d'érosion, il s'effondra le 26 juin 1850. La roche restante fut détruite en 1935. James Pattison Cockburn (1778-1847) était un lieutenant-colonel de l'armée britannique. Bon nombre des premières peintures des Chutes du Niagara ont été réalisées par des artistes-soldats anglais stationnés au Canada. Ces officiers recevaient leur formation à l'Académie Royale Militaire de Woolwich, où ils étudiaient le dessin topographique. Cockburn était l'un des plus doués. Il résida deux fois au Canada, de 1822 à 1823, puis de 1826 à 1832, période durant laquelle il réalisa de nombreuses vues du pays. Ses six aquatintes des Chutes du Niagara, publiées à Londres, sont les plus célèbres de toutes celles créées par des artistes actifs au Canada au XIXe, et ont grandement contribué à faire connaître ce site exceptionnel au public européen. Bel exemplaire finement colorié à l'époque. Adamson, Niagara: Two Centuries of Changing Attitudes, 1697-1901, 1985, p. 145, n°106 (édition de 1857). — Dow, Anthology and bibliography of Niagara Falls, 1921, p. 896 (édition de 1857). — The Kiwanis Club of Stamford, Niagara Falls, Canada. A History of the city and the world famous beauty spot. An anthology, 1967.

CANADA. — RICARD (René).

[Aurore boréale].

Vers 1865. Dessin original signé. (12,3 x 17,2 cm).

Vue d’une aurore boréale, probablement au large de Terre-Neuve. Le dessin a été réalisé au lavis gris et à la mine de plomb, avec des rehauts de gouache blanche. Il est signé «R Ricard» suivi d’une ancre de marine dans l’angle inférieur gauche. On y voit une baie entourée de hautes falaises au relief très découpé, avec, au premier plan une petite embarcation de pêcheur et un personnage à bord. A l’arrière-plan on aperçoit un navire au mouillage. Le ciel nocturne est occupé par une grande aurore boréale qui s’étend sur toute la partie supérieure du dessin. Né en 1846 à Beauvais (Oise), Anselme René Marie Stanislas Ricard entra à l’Ecole navale en 1863. Il fut d’abord élève sur le Borda, avant d’embarquer comme aspirant sur le vaisseau-école d’application le Jean-Bart (1865-1866). Il effectua alors une longue croisière qui la mena au Sénégal, au Brésil, aux Antilles, aux Etats-Unis puis au Canada (Nouvelle-Ecosse, île du Cap-Breton, Terre-Neuve). Il passa ensuite par Saint-Pierre-et-Miquelon avant de rentrer en France. Devenu enseigne de vaisseau en 1868, il fut affecté au port de Toulon puis devint, en 1879, lieutenant de vaisseau de réserve. Il mourut à Bessancourt (Val d’Oise) en 1932. Ricard est l’auteur d’un album de dessins, actuellement conservé à la Bibliothèque municipale de Brest, qu’il réalisa en 1864 lorsqu’il était élève sur le Borda. Le présent dessin a probablement été exécuté vers la fin de son voyage à bord du Jean-Bart, lorsqu’il se trouvait au large des côtes canadiennes. Non mentionné dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.

[CANADA] — TRUMBULL (John) — CLEMENS (Johan Frederick).

Death of General Montgomery.

London, A.C. de Poggi, 1794. Gravure originale (53,8 x 77,2 cm).

Magnifique estampe figurant la mort du général Montgomery lors de l'attaque de Québec, le 31 décembre 1775, publiée par Antonio Cesare de Poggi en 1794. Elle a été gravée par le graveur danois Johan Frederick Clemens, d'après une peinture de l'artiste américain John Trumbull éxécutée en 1786, dont le titre original est The Death of General Montgomery in the Attack on Quebec, December 31, 1775. La bataille de Québec eut lieu le 31 décembre 1775, au commencement de la Guerre d'Indépendance des États-Unis, qui avait débuté quelques mois plus tôt, le 19 avril 1775. Cette bataille opposa les forces de l'armée continentale américaine des Treize Colonies, commandées par le général Richard Montgomery, à celles des Britanniques qui défendaient la ville de Québec, sous les ordres de Guy Carleton. La bataille aboutit à la première défaite majeure de la guerre pour les Américains, avec de lourdes pertes et le décès de Montgomery. Trumbull dépeint le moment où le général Montgomery expire dans les bras du major Matthias Ogden. Devant lui, sur le sol enneigé, reposent, près d'un canon brisé, les corps de ses deux aides-de-camp, les capitaines Jacob Cheeseman et John MacPherson. Les lieutenants John Humphries et Samuel Cooper, et le lieutenant-colonel Donald Campbell, entourent les deux personnages centraux dans un demi-cercle protecteur, tandis qu'un chef indien de la tribu Oneida, Joseph Louis Cook, également connu sous le nom de colonel Joseph Louis, et messager de Montgomery lors de la bataille, lève avec défi son tomahawk en direction des tirs. Au premier plan à gauche, on voit s'agiter trois personnages, le major Return Jonathan Meigs et les capitaines Samuel Ward et William Hendricks, sous le choc à la vue de leur général mourant. À l'extrême droite se trouve le colonel William Thompson du 1st Pennsylvania Regiment. En 1835, lors d'une exposition de ses œuvres à l'Université de Yale, John Trumbull décrivait la scène en ces termes : "Le chagrin et la surprise marquent les visages des différents personnages. La terre couverte de neige, les arbres dépouillés de leur feuillage, la désolation de l'hiver et les ténèbres de la nuit accentuent le caractère mélancolique de la scène." C'est le deuxième tableau d'une série de peintures historiques sur la guerre d'Indépendance réalisée par l'artiste, le premier étant The Death of General Warren at the Battle of Bunker's Hill, June 17, 1775, ou La Mort du général Warren à la bataille de Bunker Hill, le 17 juin 1775. Johan Frederick Clemens fut le premier à réaliser une gravure d'après la peinture de Trumbull. Il existe une autre édition de sa gravure publiée en 1798, avec le titre The Death of General Montgomery in the Attack of Quebec Dec.r 1775 (exemplaire au Philadelphia Museum of Art). Bel exemplaire. Marges renforcées, le "1st" de la date est partiellement effacé. McNairn, Behold the hero : General Wolfe and the arts in the eighteenth century, 1997, p. 212.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CARPENTIER (P.).

Alger, M. le duc de Rovigo et M. Pichon, en mars et avril 1832. Essai politique.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de (4) ff., 48 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

L'auteur séjournait à Alger au moment où Savary, duc de Rovigo, était commandant en chef des troupes françaises en Algérie. Ce dernier avait des difficultés avec M. Pichon, intendant civil, avec qui il devait partager le pouvoir. Dans cet ouvrage, l'auteur prend le parti du duc de Rovigo malgré ses méthodes décriées. On trouve à la suite une description d'Alger et des conseils et renseignemens indispensables aux personnes qui vont s'y établir. Bon exemplaire. Playfair, 489. — Tailliart, 2305.

CASAUX (Alexandre de).

Argumens pour et contre le commerce des colonies.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré brun, pièce de titre marron (reliure moderne).

Planteur dans les îles de Grenade, l'auteur explique que, d'un côté, les colonies et le monopole du commerce qui y est attaché coutent cher à chacune des nations, mais que, de l'autre, elles offrent travail et prospérité à de nombreuses familles. Il conclut qu'il ne faut pas rompre cet équilibre avec le décret du 15 mai 1791 sur l'égalité des droits entre les blancs et les hommes de couleur. Bon exemplaire. Roquincourt, 599. — Ryckebusch, 1358.

CASS (Lewis).

Examen de la question aujourd'hui pendante, entre le gouvernement des États-Unis et celui de la Grande-Bretagne, concernant le droit de visite.

Paris; H. Fournier, 1842. In-8 de 82 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Cet ouvrage, simplement signé de la mention "par un américain", fut en fait écrit par l'ambassadeur des États-Unis en France, Lewis Carr. Il y présente le point de vue de son pays, contre le droit de visite des navires américains par les Anglais, ces derniers voulant ainsi s'assurer que la traite des esclaves n'était plus pratiquée. Mais, pour l'ambassadeur, "le droit de visite n'a que des rapports accidentels avec la traite des noirs" et que ce sont là"des prétentions qui ne sauraient être soutenues sans injustice ni subies sans déshonneur". Bon exemplaire.

CAZE (Jean-François).

Notice sur Alger.

Paris, Félix Locquin, 1831. In-8 de 38 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre noire (reliure moderne).

Après un résumé de l'action du maréchal Clauzel en Algérie, l'auteur, secrétaire-général du gouvernement d'Alger, cherche à montrer tous les avantages de garder cette colonie « qui sera un bon placement et produira en peu de temps toutes les denrees coloniales ». [Relié avec :] [VOLLAND (Paul-Ambroise)]. Notice sur le mode de gouvernement provisoirement établi dans le royaume d'Alger. [Paris], A. Moreau, 1831. 34 pp. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge basse. Playfair, 469. — Tailliart, 1850.

CHANNING (William Ellery).

De l'esclavage.

Paris, Charpentier, 1866. In-18 de lviij-(1)-(1 bl.)-358 pp.; toile marron, dos lisse, pièce de titre noire, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition française. Elle est précédée d'une préface et d'une étude sur l'esclavage aux États-Unis par Édouard Laboulaye, et est suivi de Remarques sur la question de l'esclavage, et de Lettres à M. Clay sur l'annexion du Texas aux États-Unis. Publié aux États-Unis en décembre 1835, ce texte expose que la "prétention de posséder un être humain est absolument fausse et ne repose sur rien. Il est impossible que l'homme ait un droit sur l'homme; on ne peut posséder une créature humaine, en user comme d'une chose..." (page 13). Bon exemplaire. Rousseurs. Sabin, 11916.

CHARPENTIER DE COSSIGNY (Joseph-François).

Notes sommaires en réponse aux Observations sommaires, sur le Mémoire publié pour la colonie de l'Isle de France, contre le privilège exclusif de la Compagnie des Indes.

Paris, P. Fr. Didot, 1790. In-4 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Publié quelque temps auparavant par l'auteur, le Mémoire pour la colonie de l'Isle de France demandait l'abolition du privilège exclusif de la compagnie des Indes. Les actionnaires de la dite compagnie publièrent alors une réponse intitulée: Observations sommaires sur le mémoire publié pour la colonie de l'Ile-de-France, relativement au commerce de l'Inde, pour le maintien du privilège. Charpentier de Cossigny reprit sa plume pour reprendre ses arguments dans ce nouvel opuscule daté du 30 mars 1790. Bon exemplaire. Mouillure claire dans la marge inférieure. Roquincourt, 764. — Ryckebusch, 1594.

CHARPENTIER DE COSSIGNY (Joseph-François).

Réflexions abrégées sur le commerce des Indes.

Paris, P. Fr. Didot, 1790. In-4 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre marron (reliure moderne).

Ingénieur, explorateur et botaniste français, l'auteur qui fut également directeur de la fabrication de poudre à canon à Port-Louis, considére que "le commerce des Indes occasionne une exportation de numeraire hors du royaume. Il nuit aux manufactures nationales. Sous ces deux rapports il est desavantageux a la France... Il influe sur l'importance et sur l'existence des Iles de France et de Bourbon..." Ce petit opuscule, daté du 1er avril 1790, fut publié au moment où l'Assemblée Nationale discutait du commerce des Indes. Et, deux jours plus tard, elle décréta "que le commerce de l'Inde, au-delà du cap de Bonne-Espérance, est libre pour tout les Français", mettant ainsi fin au monopole de la compagnie des Indes. Bon exemplaire. Roquincourt, 766. — Ryckebusch, 1597.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHEVALIER de SAINT-ROBERT (Marcel).

Le général Rosas et la question de la Plata.

Paris, Gerdès, 1848. In-8 de 79 pp. ; demi-chagrin noir, dos lisse, "Plata" frappé or sur le dos (reliure de l'époque).

Edition originale. Brève histoire des provinces du Rio de la Plata de la révolution de 1810 à nos jours, destinée à donner aux lecteurs européens une meilleure compréhension de la situation actuelle dans la région et du règne de Juan Manuel de Rosas. Homme politique et militaire argentin, Rosas exerça comme gouverneur de la province de Buenos Aires et fut l'homme fort de la Confédération argentine de 1835 à 1852. A partir de 1845, la France et la Grande-Bretagne tentèrent conjointement de déjouer l’expansionnisme de l’Argentine rosiste en imposant un blocus du Río de la Plata. Il visait à empêcher l'accès des ports de l'Argentine et de l'Uruguay, à l'exception de Montevideo, à tout navire commercial. Finalement, la Grande-Bretagne en 1849 et la France en 1850 reconnaissèrent la souveraineté argentine sur ses eaux intérieures. Bel exemplaire. Envoi autographe à Mr Herbert, conseiller d'état, ministre plénipotentiaire, et directeur aux affaires étrangères. Sabin, 75486.

CHILI — PEROU — DARLUC (M.H.).

2 lettres autographes signées à Toussaint Joseph Borély, à Marseille.

Valparaiso, Lima, 21 mars et 18 mai 1827. In-4 (25 x 20 cm) de 3 pp. pour la première lettre et 5 pp. pour la seconde ; adresses, marques postales (Colonies par Bordeaux ou La Rochelle).

Relation d’un voyage commercial le long des côtes chiliennes et péruviennes. Dans la première lettre, écrite de Valparaiso (Chili), Darluc évoque la vente des marchandises qu’il transporte à bord de son navire (fer en barre, acier, papier, étoffes, soieries, savon, salaisons, eau-de-vie, liqueurs), les taxes à payer, une négociation avec un client, les prochaines étapes qu’il prévoit d’effectuer jusqu’à Lima (Arica, Tacna, Quilea, Arequipa) et au-delà (îles Sandwich, Inde). Il relate aussi la nouvelle de la découverte des restes de l’expédition de La Pérouse et donne ses impressions sur la manière de s’habiller des femmes du pays. La deuxième lettre rend compte de la difficulté de réaliser des affaires à Lima (Pérou), de la mauvaise foi des commerçants locaux, des délais de paiement trop élevés, des retours de marchandises par certains commerçants qui disent n’avoir rien vendu, de l’éloignement des grandes villes par rapport au lieu de déchargement, du voyage de Valparaiso à Lima en passant par Arica (Chili) et, de là, à Tacna (Pérou) où se trouvait son consignataire, des habitations, des conditions climatiques, des fièvres, des étrangers établis à Tacna, des relations entre la République péruvienne et celle de Bolivia, des dernières ventes de marchandises, etc. Extraits : « En raison du bon choix de notre cargaison & du peu d’objets qui sont en concurrence avec les autres navires, j’espère m’en tirer avec un honnête bénéfice […]. J’ai vendu le fer en barre à $ 4,5 ce qui fait f. 23,10, il me coûte f. 16,25 le %. L’acier à $ 9, il coûte f. 25 & 26. Tout le papier moins 30 que je garde pour Lima à 21 la rame […]. Je laisse pour être vendus pendant mon absence 60 barils d’eau-de-vie (j’en garde 40 a bord), 300 caisses de savon, un petit assortiment d’anchois, de salaisons assorties de sirop & 85 caisses de liqueurs […]. Je suis en marché de vendre le mercure & plusieurs autres articles à un propriétaire de mines à Coquimbo, il me payerait en cuivre que j’emporterai dans l’Inde… » (Valparaiso, 21 mars 1827). « Bien que cette capitale [Lima] offre encore plus de ressources que toutes les autres places de la côte, on ne peut se dissimuler que les affaires y sont affreuses […]. Nulle part il n’existe autant de mauvaise foi & les friponneries les plus effrontées font la base de tout le commerce ; quoiqu’on vende encore à bénéfice on éprouve la plus grande difficulté dans le placement de la plupart des marchandises […]. Une espèce de petit patriote après avoir pris livraison d’une partie des drogues que je lui avais vendues est venu me dire effrontément qu’il allait me renvoyer de la crème de tartre parce qu’elle était en poudre & qu’il la désirait en pierre ; irrité de sa mauvaise foi, je l’ai pris au collet & après l’avoir fortement secoué je lui ai déclaré qu’il garderait & payerait ce qu’il avait reçu ou que j’allais l’assommer ; il m’a répondu ‘Ita bueno’ & deux heures après j’ai eu mon argent… » (Lima, 18 mai 1827). Le destinataire de cette correspondance, Toussaint Joseph Borély (Sisteron, 1788 - Aix-en-Provence, 1875), était vice-président du tribunal civil de première instance de Marseille. Partisan de l’abolition de la peine de mort, il était l’un des principaux animateurs du parti libéral sous la Restauration et participa à la création de journaux d’opposition comme le Sémaphore. Quant à Darluc, il était peut-être apparenté à Honoré François Darluc, né en 1752 à Cannes, juge au tribunal de première instance de Marseille et donc un collègue de Borély. Bel ensemble.

[CHINE] — GOERING-SCHMIDT.

The - Thea viridis. [Thé].

Leipzig, F.E. Wachsmuth, [vers 1890]. Lithographie originale (66 x 87 cm), montée sur toile, entre deux baguettes de bois.

Belle planche pédagogique lithographiée en couleurs, illustrant la culture du thé. Elle a été dessinée par Goering-Schmidt pour la série intitulée Ausländische Kulturpflanzen ou Cultures étrangères, et publiées à Leipzig par la maison d'édition de F.E. Wachsmuth, active entre 1870 et 1910, et spécialisée dans l'édition de planches illustrées destinées à l'enseignement scolaire. La scène se déroule en Chine, et montre les différentes étapes de la culture du thé noir : les feuilles sont cueillies à la main, elles sont ensuite légèrement fumées au-dessus de fourneaux pour faire ressortir le parfum, puis elles sont disposées à l'air libre sur des plateaux d'osier. La partie haute est occupée par une illustration de la fleur et du fruit du thé. L'illustration est intitulée Thea viridis, ou thé noir. Bon exemplaire. Déchirures dont une dans la partie gauche de l'estampe, exemplaire empoussiéré. Vesna Rapo, Kolorirane litografije, 2012, n°286.

CLAUSSON (L. J.).

Précis historique de la révolution de Saint-Domingue. Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession.

Paris, Pillet ainé, 1819. In-8 de (2) ff., xij-155 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge, tranches jaunes (reliure moderne).

Première édition. Ouvrage publié pour répondre à plusieurs articles et ouvrages sur Saint-Domingue, dont celui du général Pamphile de Lacroix, Mémoire pour servir à l'histoire de la révolution de Saint-Domingue, publié en 1819. Daprès l'auteur, le général Lacroix, qui fit parti de l'expédition de Saint-Domingue, "avec les meilleurs intentions, s'est écarté de la vérité". C'est pourquoi il présente sa version des évènements, lui qui se déclare propriétaire et ancien magistrat au Port-au-Prince, avoir été "à Saint-Domingue six ans avant les premiers troubles qui ont éclaté dans cette colonie" (page vij), et "aussi dans la dernière expédition du général Leclerc", "témoin de toutes les horreurs et de tous les crimes qui l'ont accompagnée". Bon exemplaire. Leclerc, I, 341. — Max Bissainthe, 5134. — Sabin, 13511.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Impostures de Sonthonax et Polverel dévoilées à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Brochure datée du 27 août 1794 et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient "d'être mis en liberté, d'être réunis à nos collègues épars dans les diverses maisons d'arrêt, que nos papiers, depuis plus de quatre mois sous les scellés au comité de salut public, nous soient rendus" et qu'ils soient entendus par la Convention pour y "dévoiler des crimes que vous ne connaissez pas" commis par les envoyés à Saint-Domingue Léger-Félicité Santhonax et Étienne Polverel. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5136. — Inconnu de Sabin.

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Apperçu sur la constitution de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 6 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur explique que Saint-Domingue n'est ni une colonie (car elle n'a pas été formée par une émigration venue de France mais est peuplée de divers peuple) ni une province (car trop éloignée de la métropole). En conséquence, elle ne peut pas être régie par la constitution française. "À ce titre, elle doit donc avoir une constitution mixte composée de la constitution de la France […] et d'une constitution particulière". Il termine en déclarant que les députés de Saint-Domingue demandent la fin du monopole des négociants des ports de mer, l'amélioration du sort des Noirs, "la liberté de tous les Nègres résidens en France, tant qu'ils y resteront", et qu'ils "consentiront encore à l'abolition de la traite des Noirs, faite par les négocians français, si c'est le vœu de l'Assemblée Nationale". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5147. — Sabin, 14048.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Paris, Baudouin, [1789]. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre verte (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Roquincourt, 697. — Ryckebusch, 1793. — Sabin, 14050. — Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

COLLAS (Bernard-Camille).

La Turquie en 1861.

Paris, librairie A. Franck, 1861. In-8 de (2) ff., vij-(1 bl.)-399 pp.; chagrin rouge, dos à nerfs orné, large encadrement doré et à froid sur les plats, coupes filetées, chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Capitaine de la marine marchande, l'auteur navigua beaucoup avant de revenir dans sa ville natale de Bordeaux peu avant la révolution de 1848. Il fut député conservateur de la Gironde, directeur d'une compagnie fluviale au Havre, et fondateur avec Marius Michel de la Société Collas & Michel, qui obtint le marché d'administration des phares de l'Empire Ottoman. C'est cette dernière activité qui lui permit d'observer la Turquie et de rédiger son ouvrage, à travers ses "rapports fréquents avec les hommes les plus considérables du pays" et sa recherche de documents originaux. Exemplaire dans une élégante reliure de l'époque. Cachet au nom de Garbour, en alphabet romain et en alphabet arabe. Piqûres. Atabey, 262. — Hage Chahine, 1043 (pour la Turquie en 1864).

[COLONIES].

États de commerce, de cultures et de population relatifs aux colonies françaises, pour l'année 1833.

1835. In-8 de 71 pp.; toile brune, pièce de titre marron (reliure moderne).

Publié par le Ministère de la Marine et des Colonies, cet état dresse l'inventaire des importations et exportations de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, le Sénégal, La Réunion, et Saint-Pierre-et-Miquelon. Avec, à la fin, un tableau récupitulatif du commerce et des populations, dont les esclaves, pour les années 1831 à 1833. [Suivi de:] - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1834. S.l., 1836. 64 pp. Avec, à partir de la page 51: Rapport à monsieur l'amiral, pair de France, ministre de la marine et des colonies, sur l'exécution de l'ordonnance royale du 4 août 1833, relative au recensement des esclaves dans les colonies. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1835. S.l., 1837. 88 pp. Les statistiques de chacune des colonies, dont les établissement dans l'Inde pour la première fois, sont précédées d'un état des populations libres et esclaves. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1836. S.l.n.d. 85 pp. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3055.

COOLS (Amédée, baron de).

De l'agriculture coloniale.

S.l., 1834. In-8 de 32 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Article écrit en réponse à un texte de Sismondi, publié en décembre 1833 dans la Revue mensuelle d'économie politique, intitulé: De la condition dans laquelle il convient de placer les Nègres en les affranchissant. Mais le plan de Sismondi pour un affranchissement progressif des esclaves des colonies françaises, est jugé inapplicable par le baron de Cools, délégué de la Martinique ; ce qu'il entend démontrer par les exemples de Saint-Domingue ou des colonies anglaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 1983.

COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

CORRE (Armand).

Armateurs et marins bretons d'autrefois.

Vannes, imprimerie Lafolye, 1897. In-8 de (1) f., 34 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou. Deuxième série, intitulée Les armateurs et les armements nantais, à Brest, de 1689 à 1789. Un supplément à l'histoire de la course nantaise avant la Révolution. L'auteur s'intéresse à l'aspect économique de la course à Nantes, à ses armateurs et à ses corsaires. On y trouve notamment un passage sur le commerce des colonies et la traite des Nègres "dont un pareil commerce soutenait la fortune de quelques riches maisons". Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos et bords de la couverture passés.

COULLARD-DESCOS (Léon-Eugène-Aubin).

En Haïti, planteurs d'autrefois, Nègres d'aujourd'hui.

Paris, Armand Colin, 1910. In-8 de (2) ff., xxxv-(1 bl.)-348 pp.; demi-chagrin bleu à coins, dos lisse orné et mosaïqué de maroquin rouge (reliure d'amateur de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 cartes en couleurs dépliantes et de 32 planches en phtototypie avec chacune deux figures. Diplomate français en poste en Haïti, l'auteur parcouru la plus grande partie de l'île entre 1904 et 1906. Au cours de ses promenades et de ses voyages, il envoya au Journal des débats des lettres qu'il a réuni dans ce volume. Il dresse un tableau de la vie menée par les habitants d'aujourdhui dans le cadre colonial d'autrefois, et a recueilli d'utiles renseignements sur la culture et la préparation du café, principale ressource de l'ile depuis l'indépendance. "Les autorités militaires m'ont conduit de poste en poste. Dans les bourgs, les prêtres bretons m'ont donné l'hospitalité. La complaisance d'amis haïtiens ou de Français créole m'a mis en contact avec la superstition populaire et le culte du Vaudoux. J'ai vu des repas, des danses, des cérémonies africaines; j'ai visité les sanctuaires de sorciers réputés. Plus que quiconque de ma couleur, je crois m'être trouvé en mesure d'observer la coutume des campagnes haïtiennes" (page XXVIII). Bon exemplaire. Ex-libris de la Baronne La Caze. Une mention manuscrite attribue la reliure à Mr Georges Noireau (1883-1974). Quelques piqûres. Max Bissainthe, 5449.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

DECAMPS (Alexandre-Gabriel).

Café turc.

Paris, Imprimerie Bertauts, vers 1850. Lithographie originale (72 x 55 cm avec les marges).

Belle représentation d'un café turc où l'on aperçoit un groupe d'hommes buvant un café ou fumant un narguilé. Cette planche a été lithographiée par Eugène Le Roux d'après Alexandre-Gabriel Decamps. Peintre et graveur français, Decamps fut l'une des grandes figures du romantisme. En 1828, il fut envoyé en mission en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray, chargé de commémorer par un tableau la victoire de Navarin, et poursuivit un périple qui le conduisit à Constantinople, en Asie mineure (Smyrne) et au Moyen-Orient. Cette expérience sera décisive. Au cours de son séjour, il prit des notes, réalisa des croquis et emmagasina les images avec lesquelles il façonnera à son retour sa vision de l'Orient, devenu une source profonde d'inspiration. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lança la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Bon état de conservation.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DENDIEVEL (Emile).

Notre Dame de Paris.

1875. 87 x 60 cm, monté sur carton et entouré d'un passe-partout sur lequel sont remontés la date, le nom de l'auteur et le titre.

Superbe dessin de très grand format, réalisé à la plume, encre noire et lavis gris et bleu, de la façade occidentale de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il montre la façade telle que restaurée par l'architecte Eugène Viollet-Le-Duc, dont le trumeau restitué du portail central, la galerie des Rois, les niches de nouveau occupées par des statues, sans oublier les chimères. Le dessinateur semble avoir un peu triché avec la perspective : en effet, il a rehaussé le toit de façon à ce que l'Ange de la Résurrection, placé sur le pignon de la nef, apparaisse au-dessus de la colonnade entre les deux tours, mais dans ce cas il aurait dû aussi montrer la flèche que, manifestement, il ne voyait pas là où il s'était placé pour faire son dessin. Il est surprenant qu'il n'ait pas non plus représenté la statue de la Vierge à l’Enfant entre deux anges, et les statues d’Adam et d’Ève rappelant la faute originelle, toutes trois placées sur la terrasse au-dessus de la galerie des Rois, et devant la rose centrale. Ces statues furent refaites lors du projet de rénovation mené par Viollet-Le-Duc. La construction de la façade occidentale et principale débuta en 1200. La tour Nord fut achevée en 1240 et celle du Sud en 1250. Par sa simplicité et son harmonie, cette façade a fasciné les historiens modernes de l’art et les architectes contemporains. Marcel Aubert écrira que c’est une des plus parfaites que le Moyen Âge ait élevées, un chef-d’œuvre de composition et d’exécution, quant à Le Corbusier, il parlera d’une pure création de l’esprit. Pour lui, la surface déterminante est réglée par le carré et le cercle d’où sa pureté géométrique. Au centre de la façade, au niveau de la galerie dite de la Vierge, une grande rose de 9,60 m de diamètre et exécutée vers 1225, occupe le centre de la façade constituant comme une auréole à une statue de la Vierge à l’Enfant entre deux anges. À droite et à gauche, les statues d’Adam et d’Eve rappellent la faute originelle. Ces statues furent refaites lors du projet de rénovation mené par l'architecte Eugène Viollet-Le-Duc. Sous la balustrade, s’étend la large bande horizontale de la galerie des Rois. Elle aligne vingt-huit statues représentant vingt-huit générations de rois de Juda et d'Israël, ancêtres du Christ. Mises en place dans le premier tiers du XIIIe siècle, ces statues peintes vont très vite apparaître comme des représentations des rois de France que les simples gens aimaient reconnaître. Dès 1284, c’est ainsi qu’elles sont présentées. Et cette tradition se perpétuera au cours des siècles. C’est pourquoi, au moment des troubles de la Révolution, elles subiront d’importantes mutilations comme symboles du despotisme royal et seront abattues. En 1843, quand les architectes Viollet-Le-Duc et Lassus reçoivent le chantier de Notre-Dame, il ne demeure aucune de ces statues. Viollet-Le-Duc décide, avec l’aide de l’atelier de Geoffroi-Dechaume, de restituer les statues que nous voyons aujourd’hui. À l’étage inférieur, sous la galerie des Rois, on observe trois grands portails qui ne sont pas tout à fait identiques. Le portail central, appelé portail du Jugement, est plus élevé et plus large que les deux autres, le portail Sainte-Anne (à droite ou au Sud) et le portail de la Vierge (à gauche ou au Nord). Superbe document très bien conservé. Quelques piqûres dans la partie haute, mouillure dans l'angle inférieur droit du passe-partout, qui présente également quelques déchirures sans manque.

DEROY (Isidore).

Vue de San-Francisco - Vista de San-Francisco.

Paris, et New-York, L. Turgis J.ne, 1870. Lithographie originale (37,3 x 50,1 cm).

Belle vue panoramique de San Francisco, dessinée et lithographiée par Isidore Deroy, et finement coloriée à l'époque. La vue est prise non pas depuis la baie, comme on le voit souvent, mais depuis l'arrière de la ville, au sommet d'une colline, ce qui permet d'avoir une vue plongeante sur la ville et la baie. Plusieurs personnages se tiennent sur la colline. La ville de San Francisco telle qu'on la connaît aujourd'hui voit le jour en 1836, lorsque sont installées les premières habitations d'un village en bordure de la baie en un endroit appelé Yerba Buena, ou la bonne herbe, en référence à la plante qui pousse abondamment sur les collines environnantes. En 1846, lors de la guerre américano-mexicaine, la ville est prise par les Américains, et Yerba Buena est rebaptisée San Francisco, en référence à la mission éponyme située à proximité. La ville prend son essor avec la ruée vers l'or de 1848-1849, et accueille le terminus du premier chemin de fer transcontinental. De 1847 à 1850, elle voit sa population augmenter de quelques centaines d'habitants à plus de 25 000, et devient la plus grande agglomération de la côte ouest. Isidore Deroy (1797-1886) était un peintre, aquarelliste et lithographe français. Il fut l'élève de Louis-François Cassas, et exposa à plusieurs reprises au Salon de peinture et de sculpture. Exemplaire finement colorié à l'époque. Marge supérieure coupée, sans le titre "Ports de mer d'Amérique", petite déchirure dans la marge supérieure restaurée. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1870, p. 284, n°680 ; Reps, Views and viewmakers of urban America, 1825-1925, 1985, 287 (state 2) ; Catalogue du fonds de L. Turgis et fils, éditeurs d'estampes et d'imagerie religieuses : année 1893, p. 52.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DU CAMP (Maxime).

Souvenirs et paysages d'Orient. Smyrne. Éphèse. Magnésie. Constantinople. Scio.

Paris, Arthus Bertrand, 1848. In-8 de (2) ff., vi-380 pp.; broché, couverture bleue imprimée, non rogné.

Première édition, dédiée à « G.F. », désignant Gustave Flaubert. Maxime Du Camp était un écrivain et un photographe français, membre de l’Académie française. La fortune de son père lui permit de satisfaire le goût très vif qu’il avait pour les voyages. Le présent ouvrage relate son premier voyage en Europe et en Orient, fait en 1844 et 1845, sitôt ses études terminées. Il le conduisit de Marseille à Malte, Smyrne, Ephèse, et Constantinople auquel il consacre de nombreux chapitres. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur. Petites taches sur la couverture, sans rousseurs. Hage-Chahine, 1438. — Vicaire, III, 305.

DU HAUTAIS (Odon).

Curiosités historiques. Le Port-Louis.

Vannes, imprimerie Lafolye, 1898. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou. Odon Du Hautais est le pseudonyme de Joseph-Aimé-Victor-Marie de Tallendeau de Montrut, notaire à La Roche-Bernard, et auteur de plusieurs monographies sur sa région et ses habitants. Dans cette brochure, il retrace une partie de l'histoire de Port-Louis, dans le Morbihan, à travers la correspondance d'un habitant de Port-Louis à son armateur de Rennes dont il était le fondé de pouvoir. Dans ces lettres, écrites entre 1696 et 1705, il décrit l'activité du port, celle de la Compagnie des Indes, et rend compte des opérations qu'il a réalisé. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

DU HAUTAIS (Odon).

Une famille bretonne à Saint-Domingue.

Vannes, librairie Lafolye, 1899. In-8 de 30-(2 bl.) pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou. Odon Du Hautais est le pseudonyme de Joseph-Aimé-Victor-Marie de Tallendeau de Montrut, notaire à La Roche-Bernard, et auteur de plusieurs monographies sur sa région et ses habitants. En 1737, Marc Emmanuel Boudet de la Noë-Cado (membre de la branche bretonne de la famille Boudet, et dont le manoir se trouvait sur la commune des Fougerêts) s'installa à Saint-Domingue, épousa une créole, et devint un des principaux colons de l'île. Cette brochure retrace son histoire et celle des ses descendants, pris dans la tourmente de la révolution de Saint-Domingue. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DURAND (abbé).

Conférence sur le Tong-King et ses peuples.

Paris, Imprimerie Nationale, 1879. In-8 de 20 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Compte rendu d'une conférence donnée le 27 août 1878 au Palais du Trocadéro, lors de l'Exposition Universelle, concernant la région du Tonkin avec des renseignements sur sa géographie, son commerce et ses différentes populations. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, il fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883. Cordier, BI, 1624.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ELBHECQ (Pierre-Joseph Du Chambge, baron d').

Opinion sur les demandes et pétitions faites à l'Assemblée Nationale, par les députés du commerce de France, et ceux de Bordeaux, le 25 février 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Opinion en réponse à des députés qui demandaient de rétablir le "régime prohibitif dans nos colonies, sans restriction ni modification" et "qu'il ne soit rien changé dans les habitudes du commerce & des colonies, relativement à la traite des Noirs, & à leur état dans nos isles". L'auteur propose la création d'une commission pour débattre de la première proposition, et quant à la seconde, il demande à l'Assemblée d'établir un décret disant "que son intention n'a jamais été de rien innover à l'égard des colonies, reconnoissant qu'il est impossible de les soumettre, au moins, quant aux Noirs, au régime de la France". Inconnu de Monglond, Roquincourt et Ryckebush.

[ETATS-UNIS] — CRUIKSHANK (George).

The Mathew-orama for 1824 or, "Pretty considerable d--d particular" tit bits-from America-being "all well at Nachitoches".

London, G Humphrey, 1824. Gravure originale sur papier Whatmann filigrané (33 x 44 cm).

Intéressante gravure en couleurs représentant une satire sociale sur la variété des groupes ethniques aux États-Unis. L'acteur Charles Mathews est ici représenté comme les quatorze personnages différents essayés dans son "Trip to America", un divertissement basé sur des expériences glanées au cours de sa tournée des villes américaines (dont New York, Boston et Philadelphie) au début des années 1820. Les quatorze personnes rassemblées en plein air représentent entre autres un irlandais améliorant sa fortune, une héritière hollandaise, un cordonnier du Kentucky, un tailleur émigré français et un esclave en fuitejouant du violon ; légendes satiriques en anglais. En arrière-plan sont représentés une ville américaine en hiver avec des bâtiments bas aux toits enneigés, un pin et un pigeonnier sur un poteau. Bon état de conservation. Traces d'adhésif au dos.

[ETATS-UNIS] — DUPLESSIS-BERTAUX (Jean).

Indépendance des États-Unis.

Paris, Blin, 1786. Gravure originale (23,2 x 15 cm).

Belle estampe allégorique célébrant l'indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776, et l'alliance de la France et des États-Unis. Elle a été dessinée par Jean Duplessis-Bertaux, et gravée à l'aquatinte et imprimée en couleurs par Louis Roger. Elle est issue de la collection des Portraits des Grands Hommes et Femmes Illustres, et sujets mémorables de France, publiée en 48 livraisons entre 1786 et 1792, et à laquelle elle manque souvent. Au centre de l'illustration de forme circulaire, sur un fond de paysage marin montrant un navire au mouillage dans une baie, figure une colonne posée sur un piédestal, et portant les portraits en médaillon de Louis XVI, Benjamin Franklin et George Washington, orthographié de façon surprenante Waginston. La colonne est ornée en tête d'une sphère fleurdelysée, sur laquelle se tient fièrement le coq gaulois. Le piédestal porte l'inscription : "L'Amérique et les mers, Ô Louis ! vous reconnaissent pour leur Libérateur". À droite du monument, un indigène représentant l'Amérique, vêtu de peaux de bêtes et coiffé de plumes, écrase de son pied gauche un léopard, représentant l'Angleterre. Il tient de sa main droite un caducée et de sa main gauche une lance coiffée d'un bonnet phrygien. Derrière lui, une bannière enlacée autour d'un palmier porte l'inscription : "En m'élevant je m'embellis". Sur la gauche, on peut voir des ballots de marchandises portant les initiales M L, et une ancre marine. Sous l'illustration figurent le titre et deux colonnes de texte retraçant l'histoire de l'indépendance des États-Unis, et citant le comte d'Estaing, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau qui "combattent pour la cause des Américains, soutenue avec tant de gloire par le général Washington". Le texte se termine sur le port de Cherbourg : "Le port de Cherbourg, ouvrage immortel du règne de ce grand Prince [Louis XVI], doit affermir cette liberté si utile aux peuples". Bel exemplaire. Restes de bande adhésive au dos, petit trou dans la marge inférieure comblé. Hart, Catalogue of the engraved portraits of Washington, 55, pp. 28-29.

FAURE (Félix).

Ministère de la marine et des colonies. Discours prononcé par M. Félix Faure, sous-secrétaire de la marine et des colonies, le 11 février 1885, à l'ouverture de la session du conseil supérieur des colonies.

Paris, imprimerie du Journal Officiel, 1885. In-4 de 7 pp.; broché, couverture verte imprimée.

Le Conseil supérieur des Colonies fut créé en 1883 par le ministre de la marine et des colonies Alexandre Peyron. Il avait pour mission de donner son avis sur les projets de loi ou de décret, et sur les questions coloniales soumises par le ministre. Il était composé de sénateurs et de députés des colonies, de délégués élus des colonies, de membres nommés, et d'administrateurs. Le présent discours relate rapidement "les faits saillants produits pendant l'année 1884 et les principales mesures prises par l'administration" dans les différentes colonies françaises. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Très petites déchirures sans manque à la couverture.

FICHOT (Charles).

Paris en 1889. Vue générale de l'Exposition Universelle. La Tour Eiffel et les Palais du Champ de Mars et du Trocadéro.

Paris, Jules Hautecoeur, 1889. 659 x 990 mm ; monté sur toile.

Superbe et rarissime vue à vol d'oiseau figurant le site de l'Exposition Universelle de Paris de 1889, dessinée et lithographiée par Charles Fichot, et finement coloriée. L'Exposition Universelle de 1889 fut la quatrième exposition organisée à Paris, après celles de 1855, 1867 et 1878. Elle se déroula du 5 mai au 31 octobre 1889, sur le thème de la Révolution française, dans le cadre du centenaire de cet événement. C'est pour cet événement que fut construite la Tour Eiffel, ou Tour de 300 mètres comme elle était appelée à ses débuts. L'organisation de l'exposition fut confiée à Adolphe Alphand, dirtecteur du Service des Promenades et Plantations de Paris, et proche collaborateur du baron Haussmann. Comme nous le montre cette magnifique estampe, le site, qui s'étendait sur 96 hectares, était réparti sur les deux rives de la Seine, au niveau du Pont d'Iéna. Sur la rive droite, on peut voir le Palais du Trocadéro qui abritait l'art et l'industrie. Construit pour la troisième Exposition universelle de Paris de 1878, le Palais du Trocadéro sera démantelé en 1935. On aperçoit également le Palais de l'Industrie, construit sur l'avenue des Champs-Élysées pour la première Exposition Universelle française en 1855, et détruit en 1896 pour laisser place aux Petit et Grand Palais. Sur la rive gauche, on peut voir le Champ-de-Mars, accueillant également l'art et l'industrie, et l'esplanade des Invalides, qui était dédiée aux expositions des colonies françaises et du ministère de la Guerre. De ce fait, cette manifestation fut la première véritable Exposition coloniale de l'histoire de France. À l'arrière du site sur la rive gauche, on peut voir l'avenue de La Motte-Picquet avec l'École Militaire. Sur cette même rive, on peut voir l'Hôtel des Invalides, la basilique Sainte-Clotilde, l'Institut de France, les églises Saint-François-Xavier, Saint-Sulpice et Saint-Germain des Prés, Notre-Dame et le Panthéon ; sur la rive droite, l'Arc de Triomphe, la Madeleine, l'Opéra, l'église Saint-Augustin, les gares de l'Est et du Nord, et le Louvre. À proximité du pont de l'Alma, on aperçoit l'hippodrome, inauguré en 1877, puis fermé en 1892. Dans le ciel de Paris, on aperçoit le Grand ballon captif, inventé par Henri Giffard pour l'Exposition de 1878. Cette attraction permettait aux touristes de survoler Paris et le site de l'Exposition. Très rare. Nous n'avons localisé qu'un seul exemplaire dans les collections publiques, conservé à la BnF. Très belle condition. Déchirure dans la partie droite restaurée, manque de papier comblé dans la marge inférieure.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

[FRANCE] — TARDIEU (Pierre Antoine).

Carte de France physique et administrative. La France actuelle et ses anciens défenseurs.

Paris, Binet, 1838. Gravure originale (52 x 64,5 cm).

Très rare et belle carte de la France divisée par départements, dressée par Pierre Antoine Tardieu, et gravée par Gabriel-Xavier Montaut et François Houiste. Cette carte est un hommage de l'auteur au Premier Empire et à l'Empereur Napoléon, mort en 1821. Elle est encadrée d'une superbe bordure montrant les portraits de l'Empereur et des vingt maréchaux et généraux qui se sont illustrés lors de ses campagnes : Foy, Ney, Lannes, Eugène, Mortier, Lamarque, Masséna, Cambronne, Brune, Daumesnil, Junot, Berthier, Marceau, Lasalle, Hoche, Desaix, Poniatowski, Lefebvre, Kléber, et Augereau. Tous sont mis en scène dans un décor de bataille. Le général Desaix et le général Kléber, notamment, sont représentés lors de la Campagne d'Égypte. Napoléon, le chef des armées, est représenté à cheval, entouré d'une aura lumineuse, l'aigle impérial veillant au-dessus de sa tête. À ses pieds reposent un Code Napoléon, une palette de peintre symbolisant sa contribution dans le domaine des Arts, ainsi que des attributs militaires et des éléments illustrant la Campagne d'Égypte. De chaque côté de la carte figurent deux monuments érigés sur ordre de Napoléon : à gauche, la Colonne d'Austerlitz ou Colonne Vendôme, érigée en 1810 pour commémorer la victoire d'Austerlitz, à droite, la Fontaine de la Victoire ou Fontaine du Châtelet, construite en 1808 pour célébrer les victoires marquantes de l'Empire lors des batailles de Lodi et de Marengo (Italie), des Pyramides (Égypte), d'Ulm (Allemagne), et de Dantzick en Pologne. Ces portraits, ainsi que tous les éléments décoratifs, ont été dessinés par le peintre et lithographe Victor Adam. Il existe une autre édition de cette carte, publiée en 1852 par Fatout. Nous n'avons pas trouvé d'édition antérieure à la nôtre, datée de 1838, on peut donc penser qu'il s'agit de la première. Bel exemplaire, avec les contours aquarellés à l'époque, de cette carte très rare. Petites déchirures marginales restaurées. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1852, p. 680 (édition de 1852).

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRERET (Amédée).

Le mariage des Nègres.

Paris, Depeuille, [1795]. Gravure originale (43 x 52 cm).

Estampe gravée au pointillé par Nicolas Colibert d'après des tableaux d'Amédée Fréret. Elle fait partie d'une suite de 4 estampes connue sous le nom de "Le Mythe du Bon Noir", célébrant la première abolition de l'esclavage par la Convention Nationale le 4 février 1794. L'estampe représente des hommes, femmes et enfants célébrant un mariage. Les hommes dansent au son du tambourin et du djembé, les enfants jouent à des jeux, tandis que les femmes discutent entre elles. Elle est accompagnée de quelques vers de poésie condamnant l'esclavage : Pour les fiers Citadins, admirable leçon ! Humanité, tendresse et constance et courage… Voilà l'homme, pourtant, qui né dans l'esclavage, Nourit de ses sueurs, le sévère Colon Fidèle dans son culte, ami de la raison, Jusque dans ses amours il respecte l'usage : Sous les loix de l'hymen, l'homme fixe les vœux D'un couple ardent, que lie une foi mutuele : Ce beau jour est la fête et des ris et des jeux ; Le tableau du bonheur, cent fois, s'y renouvele ; Et les époux qu'enivre une franche gaîté, Perdent le souvenir de leur captivité. L'esclavage dans les colonies françaises fut aboli une première fois par la Convention Nationale le 4 février 1794. Puis il fut rétabli par Napoléon en 1802. Le commerce d'esclaves fut aboli en 1818, mais l'émancipation générale ne fut décrétée qu'en 1848. Bon état de conservation. Petites restaurations en marge basse.

GALLI (E. D.).

Le ramassage du café au Brésil.

S.l., 1951. Ensemble de 5 aquarelles originales sur papier (env. 41 x 29 cm.) signées et légendées par E. D. Galli.

On trouve ainsi représenté le processus : - La cueillette des cerises de café - Le ramassage des cerises de café dans les grands draps - La cueillette du café - Le séchage mis en tas des cerises de café - Pesage et entassage du café La production de café au Brésil représente environ un tiers de la production mondiale de café, ce qui fait du Brésil, le plus grand producteur du monde. Les plantations de café couvrent environ 27000km2 de terrain, principalement dans les États du sud (Minas Gerais, São Paulo et Paraná) où l'environnement et le climat offrent des conditions de croissance idéales. Le café est arrivé au Brésil au XVIIIesiècle et le pays est devenu le premier producteur dans les années 1840. L'apogée de la production brésilienne se situe dans les années 1920 quand le pays fournissait 80% du café du monde. Bon état de conservation.

[GAMBIE — SENEGAL] — FRANCHEVILLE (Ernest de).

Feuille de journées d’un officier en détachement. Pièce signée, en partie imprimée.

A bord de la Dorade, 1er juillet 1827. In-folio (43,5 x 29 cm) de 11 pp. dont 6 annotées; broché.

Une campagne hydrographique au large des côtes africaines. Enseigne de vaisseau, Ernest de Francheville commandait la goélette la Dorade lors d’une expédition hydrographique qui se déroula le long de la côte occidentale d’Afrique en 1826-1827. L’autre navire, la frégate la Flore, était commandée par le capitaine de vaisseau Massieu de Clerval, chef de l’expédition. Cette feuille de journées se rapporte à la période d’avril à juin 1827. Elle contient, en premier lieu, des indications sur les navigations de l’officier: «[Francheville] est appelé au commandement de la Dorade le 13 avril 1827. Ce bâtiment appareille de la rade de Gorée le 18 du dit, et est de retour sur cette rade le 17 mai, après avoir exploré la côte du cap de Naze au cap Roxo. Il appareille de nouveau le 20 du même mois, mouille devant le banc du Sénégal le 22 du dit, et le 26 de mai est de retour sur la rade de Gorée». Puis il est question de sa rémunération: «Détaché depuis le 13 avril inclus sur la goélette la Dorade comme capitaine de ce bâtiment, son compte ayant été arrêté jusqu’au 12, a droit depuis cette époque à un traitement de table de 15 francs par jour sur le pied des colonies et à 12 francs de frais de bureau par mois comme capitaine comptable». Les tableaux qui suivent donnent le détail de ses appointements: solde fixe, traitement de table d’officier dans les colonies, supplément à la mer et frais de bureau, soit 1606,20 francs pour la période considérée. Le cap de Naze est situé à 30 km au sud-est de Dakaret le cap Roxo se trouve à la limite de la Casamance (Sénégal) et de la Guinée-Bissau: environ 300 km de côtes ont ainsi été explorés par la goélette la Dorade. Né en 1803 à Guérande (Loire-Atlantique), Ernest Pierre de Francheville mourut en 1828. Les résultats de la campagne furent publiés par Fortuné Le Prédour sous le titre «Résumé des observations hydrographiques faites sur la côte occidentale d’Afrique dans les années 1826 et 1827 à bord de la frégate la Flore et de la goélette la Dorade» (Polak, 5827). Document très lisible et en bon état de conservation.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GELLY.

[Panoramas de la Martinique].

1901. Ensemble de 2 aquarelles, dont une signée. (8 x 65,6 et 8,4 x 60 cm), entoilés et repliés; légendes manuscrites à l’encre.

Vues panoramiques de la Martinique au début du XXe siècle. La première aquarelle, signée «Gelly 01» dans l’angle inférieur droit, est une vue de la baie de Fort-de-France prise des Pitons du Carbet, en direction du Sud. Elle montre, du côté nord de la baie, les endroits suivants: Anse de Case-Pilote; Morne La Démarche; Habitation La Rouffinière; Pointe des Nègres; Fort Tartenson; Fort Saint-Louis; Fort Desaix; et, du côté sud: Vauclin; Embouchure de la Rivière Salée; Gros Ilet; Pointe du Bœuf; Lazaret; Morne Bigot; Ilet à Ramiers; Cap Salomon. La seconde, non signée, est un panorama de l’intérieur de l’île; on peut ainsi voir, d’ouest en est: Plateau Roy; Morne La Démarche; Moulin d’Arbot; Morne Duclos; Pitons du Carbet; Camp Balata; Plateau Larcher; Morne Moco; Poste Colon; Morne Vert. Au premier plan, on aperçoit des bois et des surfaces cultivées ainsi que quelques maisons; à l’arrière-plan l’artiste a représenté la région montagneuse des Pitons du Carbet. Bénézit, V, p. 953, mentionne un Victor Gelly, peintre, mort en 1899, sans qu’il soit possible d’établir un lien de parenté avec l’auteur des deux panoramas.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GOUBERT (Édouard).

À monsieur Jollivet, membre de la chambre des députés.

Paris, imprimerie de Lacour et Maistrasse, 1844. In-8 de [4] pp.; cartonnage de papier marbrégris, pièce de titre bleue (reliure moderne).

Curé de Fort-de-France, Édouard Goubert dût quitté la colonie après avoir dénoncé, dans un sermon, les conditions inhumaines faites aux esclaves. Rentré en France, il quitta les ordres, épousa une créole martiniquaise, et publia un ouvrage très critique du système colonial, Pauvres nègres ! Ou quatre ans aux Antilles françaises. Dans cette brochure, il répond à Thomas Jollivet, avocat de la cause esclavagiste et député d'Ille-et-Villaine, qui l'avait pris à parti lors d'une séance parlementaire. Bon exemplaire. Ryckebush, 3587.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Première et dernière lettre à Jean-Pierre Brissot, auteur du journal intitulé: Le Patriote François.

S.l., 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre rouge (reliure moderne).

[Suivi de:] - BRISSOT (Jacques-Pierre). Réplique à la première et dernière lettre de Louis-Marthe Gouy, défenseur de la traite des Noirs et de l'esclavage. Paris, de l'imprimerie du Patriote François, 10 février 1791. In-8 de (1) f., 54 pp. Lors de la publication de sa brochure dénonçant le ministre de la marine La Luzerne, Gouy d'Arsy fit envoyer son ouvrage, accompagné d'une lettre, à tous les "journaux patriotes". Or son secrétaire, trompé par le nom du journal de Brissot, l'avait inclus dans les destinataires. Ce dernier, surpris par cet envoi, car il avait déjà polémiqué avec Gouy, y répondit par un article dans son journal, le Patriote François. Cet article public provoqua la réponse de Gouy, puis celle de Brissot. Ce sont ses échanges entre ces deux personnages qui, visiblement, ne s'appréciaient pas, qui sont réunis dans les deux publications ci-dessus. Bon exemplaire. Roquincourt, 503 (pour le deuxième texte). — Ryckebusch, 3608, 1080. — Sabin, 8039.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis aux commissaires auxquels l'Assemblée Nationale a renvoyé l'examen de la demande faite par les représentans de la colonie, pour obtenir provisoirement la liberté de ce pocurer des farines, dont elle manque absolument.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré marron, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur publie ce petit opuscule pour préciser et appuyer une demande faite auprès de l'Assemblée Nationale. Il y pose quatre questions, et par ses réponses entend prouver que la colonie a un fort besoin de farine pour sa consommation, qu'elle n'a pratiquement plus de réserve, et que le plus simple et le plus rapide serait d'en importer depuis les ports américains. Il demande donc qu'un nouveau décret stipule que "l'ordonnance rendue le 27 mai dernier, par le sieur marquis du Chilleau, sera provisoirement rétablie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7478. — Roquincourt, 1339. — Ryckebusch, 3604. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Précis sur la position actuelle de la députation de Saint-Domingue, aux États-généraux.

1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré fauve, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Rédigé par Gouy-d'Arsy au nom d'un comité de la députation, le texte relate le processus électoral qui avait été mis en place à Saint-Domingue pour y élire des représentants aux États-généraux. Or ces représentants ne furent pas admis à siéger, au grand scandale du comité qui dénoncent "une prévarication". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6004. — Roquincourt, 4126.

GRASSE (François Joseph, comte de).

Lettre au marquis de Castries.

A bord du Formidable, 13 avril 1782. In-folio (32,3 x 20,7 cm) de 2 pp. sur une feuille double.

Les conséquences de la bataille des Saintes. Chef d’escadre, François Joseph de Grasse s’illustra lors la guerre d’indépendance américaine, notamment en septembre 1781 lorsqu’il infligea une lourde défaite à la flotte britannique dans la baie de Chesapeake, ce qui rendit inévitable la capitulation de Yorktown. L’année suivante, il fut chargé de rejoindre à Saint-Domingue une escadre espagnole afin d’attaquer la Jamaïque, mais il se heurta au large des Saintes aux escadres réunies de Rodney et de Hood (37 vaisseaux contre 30). Le 12 avril, 5 de ses vaisseaux furent capturés dont le navire-amiral, la Ville-de-Paris, et le comte de Grasse fut conduit prisonnier en Angleterre. La présente lettre, ici en copie d’époque, a été écrite dès le lendemain de la bataille. De Grasse explique au ministre de la Marine les circonstances qui l’ont amené à se rendre, en rejetant sur ses officiers la responsabilité de la défaite : « C’est du bord du Formidable commandé par l’amiral Rodnay [sic] que j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’abandonné de presque toute mon armée qui n’a jamais voulu exécuter les signaux que j’ai fait de se reformer en bataille après un premier combat du vendredy 12 avril où j’avais été dégréé de toutes voiles et de tous cordages, mes mâts ne tenoient presque plus, j’ai été entouré par 8 ou 10 vaisseaux anglois qui me canonnant de l’arrière et des deux bords m’ont forcé de me rendre à 7 h du soir […]. Comme on m’a fait passer sur le Formidable je ne puis bien savoir la perte de la Ville de Paris mais le nombre de morts est considérable et la défense de ceux que je dois à tous les officiers et équipages fait plus d’honneur à la France et à la Marine que la fuite honteuse d’une grande partie de l’armée… ». Il cite les noms de plusieurs officiers qui ont été blessés, ainsi que celui de Vaudreuil l’aîné, le seul qui ait tenté de le secourir. Vers la fin de sa lettre, il évoque le cas du marquis de Létanduère, commandant du Tonnant, qui fut sauvé par ses officiers alors qu’il se trouvait sous le feu de l’ennemi : « Je suis un exemple du contraire et j’ai été abandonné par mes deux matelots &c &c, et j’ai été assez heureux pour n’être pas blessé dans cette longue affaire… ». Belle lettre sur cette célèbre bataille. Quelques légères rousseurs. Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 222-223 (de Grasse) et 523-524 (Vaudreuil).

[GRENADE] — PREVOST (Philippe Cyr).

Motifs de l’Arrêt rendu au Conseil supérieur de la Martinique le 25 mars 1782 par suite des Lettres patentes données à Versailles au mois de juin 1781 qui commettent ledit Conseil pour instruire et juger de prétenduës déprédations commises dans les Magasins du Roy en lisle Grenade sur les farines, sur le bœuf salé, sur le lard et sur le rachat des rations.

En prison à la geôle au Fort-Royal, Martinique, 17 août 1782. Manuscrit autographe signé, in-folio (37,3 x 23,1 cm) de (54) pp. ; broché, couverture muette.

L’affaire des magasins du Roi à la Grenade. Né en 1739, Philippe Cyr Prévost fut d’abord employé dans les bureaux de la Marine à Cayenne, au Cap Français et à Brest, avant d’être nommé, en décembre 1779,garde magasin du Roi à la Grenade. Entré en fonction en avril 1780, il fut accusé l’année suivante de déprédations, commerce illicite, détournement de fonds et faux en écritures par deux fonctionnaires de la colonie: Lescallier, commissaire de la Marine, et Donez, commis principal et contrôleur de la Marine. Arrêté en novembre 1781, Prévost fut incarcéré à la Martinique et ses papiers furent saisis. Toujours en détention en août 1782, il composa le présent mémoire afin de répondre aux accusations dont il faisait l’objet. Chaque page est divisée en deux parties: à gauche se trouvent énoncés les neuf motifs d’inculpation, à droite l’auteur répond à ces motifs et réfute les accusations portées contre lui. Extraits: (Premier motif): «Déclare ledit Philippes Cyr Prevost ci devant Garde Magasin en l’Isle Grenade duëment atteint et convaincu d’être l’auteur des déprédations faites dans les Magasins du Roy en ladite Isle sous le prétexte du rachat des rations». (Réponse): «Il n’y a point de délit constaté, toutes les prétenduës déprédations commises dans les Magasins ne sont fondées que sur des présomptions méchantes […]. Il a résulté qu’à l’époque du 17 juin 1781 Prevost étoit en avance assez considérable sur les biscuits, sur la farine, sur le lard, sur le poisson salé, sur les légumes, sur le rhum, sur le bois à brusler et sur divers autres objets de fournitures particulières tandis qu’il n’étoit en déficit que d’environ cent barils de bœuf et de deux à trois mille livres…» (pp. 1-3). (Deuxième motif): «D’avoir fait un commerce particulier et vendu des farines et des salaisons desdits Magasins excédant de beaucoup le rachat des rations». (Réponse): «Prevost a toujours agi et fait toutes ses opérations au grand jour. Arrivé à la Grenade en sa qualité il y a apporté des fonds qui l’ont mis à même de continuer ce qui étoit déjà établi c’est-à-dire de racheter les rations des officiers, des entretenus et les bons de la troupe, c’est un usage reçu depuis longtemps dans les colonies et particulièrement à la Martinique…», etc. Située à 300 km au sud de la Martinique, l’île de la Grenade était une ancienne colonie française cédée à la Grande-Bretagne en 1763. Reprise par le comte d’Estaing en juillet 1779, elle fut restituée au Royaume-Uni en 1783. Quant à Philippe Cyr Prévost, il reprit du service et termina sa carrière comme commissaire à Saint-Domingue où il mourut en l’an VIII (1800). Rare document concernant l’île de la Grenade. Manque de papier au dos; mouillures.

GRIMPEREL (Eloi Michel).

Remise par M. Castaing de 20 Nègres vendus par Mad. de Baynac à Le Clavier de Miniac. Pièce signée.

Le Bonnet (Petite-Anse, près du Cap), 6 janvier 1772. Manuscrit in-folio (34,5 x 22,3 cm) de (14) pp. ; broché, cachet de cire rouge en dernière page.

Contrat de vente de 20 esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est constitué de deux actes notariés (en copie): l’un passé devant Me Grimperel, notaire au Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien) le 6 janvier 1772, et l’autre devant Mes Fatin et Faugas, notaires à Bordeaux, le 22 mai 1771. Ces actes concernent la vente, par la veuve du marquis de Baynac, Anne de Villiers, demeurant à Bordeaux, de «vingt testes de Nègres ou Négresses de la première qualité» provenant de son habitation appelée «Le Bonnet à l’évêque», située dans le quartier de la Petite-Anse, à proximité du Cap-Français. L’acheteur est Jean-Baptiste François Le Clavier, écuyer, sieur de Miniac, habitant au quartier de Limonade. Afin de ne pas gêner le fonctionnement de l’habitation, il est prévu que Miniac ne disposera des esclaves qu’à l’issue d’un délai de cinq ans, durée du bail accordé à Jean Castaing, l’exploitant du domaine. Le montant de la transaction est fixé à 50000 livres, argent des îles, soit 36666 livres 13 sols et 4 deniers, argent de France. Dans un premier temps, Miniac règle 16666 livres 13 sols et 4 deniers à la marquise de Baynac. Il devra ensuite régler le solde, soit 20000 livres, en versant à la marquise une rente viagère annuelle de 2000 livres. Dans l’acte de 1772, une modification a été apportée : l’acheteur règlera les 20000 livres restants par 4 billets à ordre de 5000 livres chacun, qui seront encaissés à un an d’intervalle. En contrepartie, il pourra disposer immédiatement des 20 esclaves. L’acte mentionne leurs noms: «Christophe, créole âgé de trente un an; Moïse, créole âgé de quatorze ans; Grand Joseph, âgé de vingt ans; Charlé âgé de trente ans; Benjamin, âgé de vingt ans; Jean, âgé de trente-cinq ans; Adrien, âgé de vingt-cinq ans; Jean-Baptiste, âgé de dix sept ans; Calixte, âgé de vingt-cinq ans; Petit Joseph, âgé de quatorze ans; Ursule, négresse âgée de quatorze ans; Grand George, âgé de vingt-cinq ans; Germain, âgé de vingt-cinq ans; Petit Georges, âgé de dix-sept ans; Claire négresse âgée de trente ans; Luc, son fils, âgé de deux ans; Luce, négresse, âgée de treize ans; [une] négresse âgée de trente ans; Antoine Vincent, son fils, âgé de six ans et Etienne aussi son fils âgé de deux ans, tous créoles de nation…» (pp. 4-5). A la fin se trouve une apostille signée Estève, sénéchal et juge civil au Cap, datée du 7 mai 1773, authentifiant la signature de Maître Grimperel. L’original de l’acte du 22 mai 1771 est conservé aux Archives départementales de Gironde sous la cote 3 E 24418 (minutes des notaires de Bordeaux). Document d’un grand intérêt pour l’histoire de l’esclavage à Saint-Domingue. Fortes rousseurs, déchirures et petits manques de papier dans la marge supérieure.

[GUADELOUPE] — BECKWITH (George).

Pièce signée, en partie imprimée, contresignée par Jean-Baptiste du Buc de Saint-Olympe.

Mon Repos, Basse-Terre, 26 mai 1810. In-folio (31,1 x 20 cm) de 1 p.; petite vignette gravée portant la devise «Dieu et mon droit».

Une autorisation de sortie accordée par le gouverneur britannique de la Guadeloupe. «Par Son Excellence le lieutenant-général George Beckwith, chevalier du très-honorable Ordre du Bain, commandant en chef les forces de terre de Sa Majesté aux Isles du Vent et Sous le Vent, et colonies continentales, gouverneur de la Guadeloupe et dépendances, etc., il est permis au S. Thomas Lemesle, habitant de cette colonie, sujet adoptif par serment d’allégeance, de se rendre aux Etats-Unis d’Amérique». Entré dans l’armée britannique en 1771, Sir George Beckwith (1753-1823) servit comme officier en Amérique du Nord pendant la Guerre d’indépendance des Etats-Unis, avant de devenir gouverneur des Bermudes, de Saint-Vincent puis de la Barbade. En 1808, il fut chargé de s’emparer des colonies françaises des Antilles: il prit successivement Marie-Galante et les Saintes (1808), la Martinique (1809), puis la Guadeloupe et Saint-Martin en 1810. Promu général en 1814, il commanda les troupes britanniques en Irlande de 1816 à 1820. Propriétaire à la Martinique et à Saint-Domingue, Jean-Baptiste César du Buc de Saint-Olympe (1756-1834) avait été député à l’Assemblée de Saint-Marc en 1790. Passé au service des Anglais, il fut nommé, par le général Beckwith, secrétaire du gouvernement et intendant de l’administration civile de la Martinique en 1809, puis intendant de l’administration civile de la Guadeloupe en 1810, lors de l’occupation britannique de ces îles. Il était le cousin de Louis-François du Buc (ou Dubuc), intendant de la Martinique de 1814 à 1817. Mentionné dans le présent document, Thomas Lemesle (ou Thomy Le Mesle, 1768-1818) était planteur à la Guadeloupe: propriétaire de l’habitation Poyen située à Petit-Canal (203 esclaves dans l’inventaire de 1819), il était aussi usufruitier de l’habitation Regnaudot à Lamentin (178 esclaves en 1819). Rentré en France en 1816, il avait épousé Antoinette Regnaudot (1776-1815) dont il eut un fils, Jean Thomas Le Mesle, né aux Etats-Unis en 1802. Intéressant document établi sous l’occupation britannique de la Guadeloupe (1810-1816). Référence: ARCY (François d’), Thomy et Zénon Le Mesle, Guadeloupe, in «Généalogie et Histoire de la Caraïbe», avec des corrections et compléments de Bernadette et Philippe Rossignol (2011). Quelques mouillures dans la partie inférieure.

[GUADELOUPE] — RUILLIER.

Lettre signée à Julien Belin, à Paris.

Pointe-à-Pitre, 9 mars 1847. 2 pp. in-4 (26,6 x 21,1 cm); adresse, marques postales, mention « par Southampton».

La récolte de canne à sucre et la vente d’une esclave en Guadeloupe. Cette lettre, écrite par un négociant de Pointe-à-Pitre, concerne une exploitation sucrière située près de Port-Louis, à Grande-Terre (Guadeloupe), appartenant à la famille Belin: «La récolte se présente bien partout. M. Létang compte sur une récolte de 170 à 180 boucauts en comprenant les vieilles cannes, voilà de l’amélioration. Votre géreur travaille fort bien, mais à lui seul n’est pas tout le mérite. Si je ne lui avais pas fourni de l’engrais Guano en 1845 et en 1846, il n’aurait pas formé pour cette récolte 22 carrés et n’aurait fait au plus que 150 boucauts […]. En 1846, j’ai fourni à M. Létang sur sa demande réitérée 8 bœufs, ils sont portés sur mon compte en Xbre. Je lui ai fourni 4 beaux mulets à 725 f, payables le 11 avril prochain…». Ruillier mentionne le moulin qui est en excellentétat et envoie à son correspondant son compte courant de l’année expirée, en précisant que la balance en sa faveur est de 40670,88 francs; il envoie également le compte des ventes et le compte d’administrateur de M. Létang: «Votre habitation commence à sortir de la débigne où elle était tombée depuis votre départ…». Il évoque ensuite l’esclavage: «Clairine est venue me demander à acheter sa fille Charlotte, nous sommes convenus du prix de 1500 f dont 850 f m’ont été comptés et le reste payable plus tard […]. Cette Charlotte était toujours malade [et] j’ai pensé qu’il valait mieux la vendre à ces conditions que de la garder […]. Mes prévisions se sont réalisées. Charlotte est morte en février dernier à la suite d’un accouchement difficile, sa mère ne voudra peut-être plus payer les 450 f restants…». Puis il conclut : «Depuis la promulgation des ordonnances, il y a eu beaucoup de désordres […]. Autrefois, on occupait des Nègres à faire le chauffage le matin et le soir, à présent, il n’y faut plus penser […]. Sur plusieurs habitations à la Guadeloupe, ils ont de leur autorité détourné l’eau du moulin et ont été prendre leurs deux heures. Vous êtes bien heureux d’avoir une partie de votre fortune réalisée en France. Nous autres, qui avons travaillé, [nous aurons] la chance de mourir de [faim] à l’heure fatale de l’émancipation». La famille Belin possédait trois exploitations sucrières près de Port-Louis: l’habitation Brument ou Malgrétout (175 ha); l’habitation La Montagne (de contenance inconnue)et l’habitation Grand’Maison (158 ha). Après le décès de Pierre Belin, survenu en 1819, son fils Pierre-Vincent occupa Grand’Maison et son autre fils Julien prit La Montagne. Epoux de Marie Louise Antoinette Gautier, Julien Belin mourut à Bordeaux le 7 décembre 1848. Les trois habitations seront cédées en 1910 à la Société anonyme des usines de Beauport. Source: Rossignol (Bernadette et Philippe), Famille Charroppin, Saintonge, Guadeloupe, Gironde, Etats-Unis, in Généalogie et Histoire de la Caraïbe, 2016, p. 45 (habitations Belin). Intéressante lettre écrite un an avant l’abolition de l’esclavage. Quelques déchirures avec petits manques au niveau des plis.

[GUYANE].

Arrêté concernant les dispositions à prendre pour la célébration, dans la colonie, de la fête de S.M. Louis-Philippe Ier, Roi des Français.

Cayenne, Imprimerie du Gouvernement, 1844. Affiche originale imprimée (40 x 30 cm).

Placard imprimé sur ordre du gouverneur de la Guyane Marie Jean-François Layrle concernant les dispositions prise pour la célébration de la fête du Roi. Le 1er mai, jour de la Saint-Philippe, la fête du roi était une fête religieuse et loyaliste, alliant festivités civiles et militaires, accompagnée généralement d'une célébration religieuse, afin que le Ciel soutienne le roi «dans tous ses desseins pour la paix et la prospérité de la France». Bon état de conservation.

[GUYANE].

Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée.

Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire.

Le retour d’un militaire malade en métropole. Cette pièce concerne un membre du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie: «Nous membres du Conseil d’administration, certifions avoir donné congé au Cen André Schlosser, sergent de la compagnie n° 6 audit bataillon […] né en 1758 à Ensisheim, district de Strasbourg, département du Bas-Rhin […], lequel a servi avec honneur et probité depuis le 28 août 1776 jusqu’à ce jour que nous lui avons délivré le présent par cause de maladie incurable dans la colonie, ce qui nous a été constaté par le certificat des chirurgiens…». Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HOMBERG (E.).

Lettre adressée à M. le président de l'Assemblée Nationale.

S.l., 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre verte (reliure moderne).

Homberg était le représentant du commerce du Havre auprès de l'Assemblée Nationale. Il fut chargé, par ses mandants, de transmettre une pétition réunissant 266 signataires (dont les noms se trouvent à la fin du document) demandant la suspension du décret du 15 mai 1791 sur l'égalité de droit des blancs et des hommes de couleur. Ils dressent un tableau très sombre des effets du décret à Saint-Domingue et redoutent "la ruine certaine de nos provinces maritimes et manufacturières" (page 5). Bon exemplaire. Roquincourt, 1477.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

ILE MAURICE.

Habitation au bord de la rivière des Lataniers.

[vers 1830]. Ensemble de 2 aquarelles originales sur papier, (22,3 x 28,9 cm pour le premier et 24,4 x 34,6 cm pour le second) ; texte manuscrit à l’encre au dos de chaque dessin.

Vues de l’habitation Courau, dans les environs de Port Louis (île Maurice). Le premier dessin montre, au premier plan, quelques animaux dans un pré. Au second plan se trouvent quatre bâtiments : d’après le commentaire figurant au verso, ces constructions correspondent, de droite à gauche, au cabinet de travail du planteur (bâtiment de forme carrée), à son logement particulier (pavillon de forme irrégulière), à la salle à manger (supportée par 4 piliers) et à la maison principale (grand bâtiment en partie caché par les arbres). Une importante végétation se trouve derrière les constructions. A l’arrière-plan, dans la partie gauche, on aperçoit la montagne des Signaux qui surplombe la ville de Port Louis, non visible sur le dessin. Sur le second dessin, on peut voir dans la partie gauche deux personnages apparemment en train de pêcher au bord d’une rivière ; au centre se trouve le logement du planteur et, dans la partie droite, son cabinet de travail. Ces deux bâtiments sont séparés par une végétation dense, également présente à l’arrière-plan ; au loin on aperçoit un paysage montagneux. Le commentaire précise : « Cette vue est pour mon père. Elle est prise comme on le voit dans le nord sur la rive droite de la petite rivière ». Le texte qui figure au verso est signé et daté « G. Courau 1834 ». Quelques références à « G. Courau » sont mentionnées dans Toussaint & Adolphe, Bibliography of Mauritius, sans qu’il soit possible d’établir un lien avec les présentes aquarelles. Le Dictionnaire de biographie mauricienne ne mentionne rien sous ce nom. G. Courau était peut-être apparenté à Alphonse Courau, auteur d’un plan lithographié de Port Louis publié en 1840 (Toussaint & Adolphe, F 748). La rivière des Lataniers est un cours d’eau de l’île Maurice qui se jette dans l’océan Indien à Port Louis. Elle est citée dans le célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, dont l’action se situe dans cette île. Pliures et quelques petites déchirures marginales, manque un coin ; les couleurs ont passé. Intéressant témoignage sur une plantation à l’île Maurice au XIXe siècle.

INDONESIE.

Village.

Vers 1880. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

[IRAN] — NASSEREDDINE SHAH.

Firman relatif à la construction d’un chemin de fer.

1295 de l’Hégire [1878]. Manuscrit petit in-folio (33,1 x 20 cm) de 3 pp., en français; sur une feuille double.

Un projet de transport ferroviaire en Iran. Ce décret du shah de Perse, ici en traduction française certifiée conforme par l’orientaliste Albert de Biberstein Kazimirski, concerne la construction d’un chemin de fer entre Téhéran et Racht (ou Recht), situé à 240 km au nord-ouest de la capitale, à proximité de la mer Caspienne: «Nous, Empereur très puissant […] acceptons, avec toutes ses stipulations, la convention relative à la construction d’un chemin de fer, avec tous les accessoires qui s’y rattachent, depuis Recht jusqu’à Téhéran, convention qui contient vingt-trois articles et que Son Excellence Nazare Aga notre ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire résident à Paris a, en vertu des pleins pouvoirs que Nous lui avons donnés, signée et échangée avec l’honorable Monsieur Alléon le 24 Zihadjé 1295 de l’Hégire (le 19 décembre 1878)…». La durée de la convention est fixée à 99 ans; à l’expiration de ce délai, le chemin de fer, avec tous ses accessoires, devra retourner au gouvernement persan. Le shah de Perse s’engage, lui et ses successeurs, « de maintenir en vigueur toutes les stipulations contenues dans ladite convention jusqu’à son expiration, et de veiller à son maintien par tous les moyens possibles afin de la préserver et de la protéger contre toutes espèces de dangers…». Né en 1831 à Tabriz, Nassereddine Shah appartenait à la dynastie Kadjar. Shah de Perse à partir de 1848, il introduisit de nombreuses innovations occidentales en Iran, dont un système de poste moderne, le transport ferroviaire, un système bancaire et la publication de journaux. Il ne put toutefois ramener à l’Iran les provinces orientales passées sous contrôle britannique. Premier monarque perse à visiter l’Europe, il mourut assassiné à Téhéran en 1896. La concession du chemin de fer entre Racht et Téhéran fut accordée en 1878 à un syndicat de banquiers et de financiers français, parmi lesquels Antoine Alléon, ancien administrateur de la Banque impériale ottomane. Les travaux de relevé de la ligne commencèrent l’année suivante, mais le projet souleva l’opposition des Russes et des Britanniques, ce qui amena le shah à annuler la concession en 1880. Traces de plis, petites déchirures marginales, cachets de certification en dernière page.

ISAMBERT (François-André).

Discours sur le budjet de la marine (service des colonies).

Paris, Mme Vve Agasse, 1838. In-8 de 24 pp.; toile noire, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Discours prononcé devant la chambre des députés le 23 mai 1838. Son auteur dénonce la mauvaise volonté des colonies à faire le recensement des esclaves, conformément à l'ordonnance de 1833, car elle était considérée comme une mesure préparatoire à l'émancipation. Bon exemplaire. Ryckebusch, 4134.

JABRUN (de).

Lettres à M. Hernoux, député, raporteur de la commission du budget de la marine et des colonies.

Paris, Guiraudet et Jouaust, 1837. In-8 de 8 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur, délégué de la Guadeloupe, proteste contre la publication d'un rapport dont il juge le ton hautain, parce que le rapporteur explique "que la chambre est fatiguée" d'une lutte sourde entre les intérêts de la métropole et ceux des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

[JEU].

Atlas géographique.

Paris, Saussine, [vers 1900]. 7 puzzles cartographiques coloriés (env. 29 x 38 cm), présentés dans sa boîte originale illustrée (32 x 40 x 5 cm).

Jeu de puzzle géographique comprenant sept cartes montées et découpées en pièces : "Asie". - "Océanie" - "Amérique du Nord". - "Amérique du Sud". - "Afrique". - "Europe physique et politique". - "France physique et politique". Elles ont été dressées par Gustave Pauly. Gustave Pauly est l'auteur de plusieurs atlas d'étude, dont un "Atlas universel de géographie" publié en 1890 destiné à l'enseignement de la géographie dans les écoles primaires et secondaires. Le couvercle de la boîte est orné d'une superbe chromolithographie, signée en bas à gauche Saussine Editeur Paris. Elle représente une allégorie des cinqs continents, où l'Europe est dominatrice, avec pour fond la représentation de la mappemonde terrestre. Chaque continent et sa faune sont représentés dans le décor. En 1860, Léon Saussine prit la succession de Hugues-Marie Duru, libraire et éditeur rue du Cloître Saint-Jacques à Paris. Il réalisa alors des jeux de société, de parcours, des patiences, des jeux de questions-réponses, des jeux d'adresse et de tir, des théâtres d'ombres, et plus tard des atlas. Après son décès en 1896, sa veuve prit sa succession, puis ses fils Georges et Maurice en 1916, enfin son petit-fils Robert vers 1944. Exemplaire parfaitement conservé avec toutes ses pièces et sa boîte d'origine.