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EYSSERIC (Joseph).

Voyage autour du monde.

Egypte, Annam, Japon, Californie, Mexique, 1893-1894. Album in-8 oblong (18,7 x 25,8 cm) de (10) ff. dont 1 carte imprimée portant le titre, plus 39 ff. restés vierges; basane grenat, dos lisse orné d'arabesques dorées, plats ornés au centre d'une grande plaque à froid avec encadrement de filets dorés et motifs d'angle, gardes de papier gaufré bleu, tranches dorées (reliure du XIXe siècle).

Réunion de 9 peintures à l'huile exécutées par Joseph Eysséric lors de son voyage autour du monde en 1893-1894. Parti de Carpentras le 3 novembre 1893, il s'embarqua le lendemain à Marseille en direction d'Alexandrie. Il visita le Caire, puis descendit la mer Rouge, passa par Obock et Aden, pour arriver à Karachi avant de reprendre le bateau pour Bombay. Il traversa l'Inde et arriva à Delhi, qu'il quitta pour se rendre à Bénarès, sur le Gange, d'où il rejoignit Calcutta. Puis il s'embarqua pour la Birmanie, visita Mandalay et se dirigea ensuite vers le sud pour atteindre Singapour et Batavia (Djakarta). De retour à Singapour, il prit le bateau en direction de l'Indochine : Saigon, Phnom-Penh, Hanoi, puis il visita la Chine, en passant par Shanghai, Nankin et Pékin. Revenu à Shanghai, il s'embarqua pour le Japon et arriva à Nagasaki; de là, il visita le pays avant de s'embarquer à Yokohama et d'effectuer la traversée jusqu'aux Etats-Unis. Après avoir parcouru la Californie, il se rendit au Mexique, s'embarqua à Vera Cruz pour La Havane puis rentra en France. Il arriva à Saint-Nazaire le 30 septembre 1894 et fut de retour à Carpentras le 4 octobre suivant. Les peintures, exécutées à l'huile sur des toiles de petite dimension (13,2 x 21,2 cm), sont montées dans l'album. Elles ne sont pas signées, mais datées dans l'angle inférieur gauche et indiquent la localité dans l'angle inférieur droit, ces indications ayant été ajoutées à l'encre noire. Les mêmes indications figurent au verso, avec parfois l'heure d'exécution de la peinture, mais celles-ci sont difficilement lisibles à cause du montage. L'album contient les peintures suivantes : - Au Caire. 12 nov. 93. - Gde Pyramide. 14 nov. 93. - Côte de l'Annam (Qui-Nhone). 22 mars 94. - Nagasaki. 11 juin 94. - Lac de Chiuzendji [près de Nikko]. 6 juillet 94. - Baie de San Francisco. 5 août 94. - Barenda (Californie). 15 août 94. - Vallée du Yosémite. [Non datée]. - Le Popocatepetl. 31 août 94. Placée au début de l'album, la carte imprimée, avec annotations manuscrites, indique l'itinéraire suivi par Eysséric ainsi que ses dates de départ et de retour en France; elle précise aussi que le voyage a été effectué avec Gaston Guérin, né en 1869. Dans l'angle inférieur droit se trouve le cachet, en partie effacé, de J. Eysséric, à Carpentras (Vaucluse). Peintre de paysages, de marines, aquarelliste et dessinateur, Joseph Eysséric (Carpentras, 1860 - id., 1932) fut l'élève des deux frères Laurens. Il exposa régulièrement, à partir de 1887, au Salon des artistes français de Paris. Professeur de géographie et auteur de manuels, il visita le Maghreb (1888), l'Amérique du Nord (1891), les Indes et l'Extrême-Orient (1893-1894) ainsi que le Spitzberg (1905). En 1896-1897, il effectua une mission en Côte d'Ivoire dans des régions alors peu connues, et fut retenu prisonnier par les Gouros. Au cours de ses voyages, Eysséric réalisa plus de cinq mille aquarelles et dessins, notamment des marines, dont il fit don au musée Duplessis de sa ville natale. En 1895, il donna à la Société de Géographie plusieurs photographies prises en Chine sur les rives du Yang-Tsé. Son œuvre témoigne ainsi de son goût pour les voyages, et, en même temps, de son sens du paysage, de la couleur et de la lumière. Références : Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, p. 237. – Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Afrique, pp. 134-136. – Alfred Fierro, Inventaire des photographies sur papier de la Société de Géographie, Wd 125.

FAVIER (Alphonse).

Péking, histoire et description.

Péking, Imprimerie des Lazaristes au Pé-t'ang, 1897. Fort in-4 de xij pp., (2) ff., 336 pp., (2) ff., pp.337-552 (mal ch. 562), (1) f. ; demi-maroquin orangée à coins, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin vert, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure de l'époque signée S. David).

Edition originale issue des presses installées dans la cathédrale de Xishiku, dite le Pé-Tang (ou Beitang), et divisée en deux parties, l'histoire de la ville et sa description. L'illustration se compose de nombreuses figures dans le texte ou à pleine page, d'un plan de Pékin en couleurs, de 10 planches en couleurs représentant principlament des vases, et de 49 planches en noir de reproductions photographiques (numérotées de I à XLIV, et de 1 à 15). Figure importante des missions catholiques en Chine, Monseigneur Alphonse Favier arriva en Chine en 1862. Il supervisa la reconstruction du Pé-Tang en 1887, et deviendra vicaire apostolique de Pékin en 1899. Homme de décision et d'action, il remplit en Chine un grand rôle, et reçut de l’Empereur le bouton rouge de corail des premiers mandarins. Très bel exemplaire de luxe provenant de la collection du célèbre architecte et dessinateur Albert Tissandier, avec son ex-libris. Cordier, BS, 218.

FENN (Harry).

Vue de La Nouvelle-Orléans.

Vers 1870. Aquarelle originale signée et montée sur carton (37,5 x 27,5 cm), encadrée.

Magnifique représentation de La Nouvelle-Orléans et d'une partie du Mississippi, avec, en premier plan, des hommes et des femmes récoltant le coton. Harry Fenn était un illustrateur américain d'origine anglaise, peintre paysagiste, graveur et graveur sur bois. De 1870 à environ 1895, il fut l'illustrateur de paysage le plus important aux États-Unis. Précieux document parfaitement conservé.

FITZ-ROY (Robert).

Instructions nautiques sur les côtes occidentales d'Amérique, du golfe de Penas à la rivière Tumbez.

Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1863. In-8 de vj-183 pp.; dem- chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par A. Mac-Dermott. Elle contient toutes les instructions nécessaires à la navigation sur la côte ouest de l'Amérique du sud, entre le golfe de Penas, dans le sud du Chili, et l'embouchure de la rivière Tumbez,tout au nord du Pérou. Bel exemplaire comportant des annotations manuscrites de l'époque apportant des précisions ou corrections. Envoi autographe signé du traducteur au capitaine de vaisseau de Lapelin. Théodore-François de Lapelin (1812-1888) était, en 1856, chef d'état-major de la division des côtes occidentales d'Amérique, sur la Persévérante. En 1857, il prit par à la campagne de Cochinchine avant dêtre nommé gouverneur de la Martinique en 1864. Lors de la guerre de 1870, il fut le commandant de la division du Pacifique, bloqua les navires prussiens dans les port américains et continua les relevés hydrographiques sur les côtes du Chili.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FORDE (Arthur William).

Scrape book. Album de dessins, d'aquarelles, de photographies et de documents imprimés ou manuscrits.

Inde, vers 1860-1870. In-folio (40,5 x 28 cm) de 35 ff. (paginés 1-13, 24-59 et 70-89), (44) ff., plus 21 ff. restés vierges; demi-chagrin vert foncé à coins, dos muet, plats de percaline verte, titre doré sur le plat supérieur suivi des initiales "A.E.F." (reliure de l'époque).

L'album d'une famille britannique d'origine irlandaise établie en Inde. Un scrape book (littéralement "album de découpures") est un album-souvenir évoquant l'histoire d'une famille par des photographies, des lettres, des dessins, des articles découpés dans la presse ou des documents divers. Le présent volume a été constitué par Ada Emily Forde et son époux Arthur William Forde, ingénieur des chemins de fer puis ingénieur-conseil à Bombay. Il contient 130 photographies, 95 dessins à la mine de plomb, parfois rehaussés de couleur, 72 dessins aquarellés, 26 pièces imprimées, 15 documents manuscrits et 13 dessins exécutés à la plume. Les documents sont en grande majorité montés au recto et au verso de chaque feuillet, souvent à plusieurs par page. Quelques-uns, non montés, sont insérés entre des feuillets vierges à la fin du volume. Les photographies représentent la famille Forde à Ahmedabad (Etat de Goudjerat, au nord-ouest de l'Inde) ou à l'occasion de voyages (Angleterre en 1862, Italie et Suisse en 1867). Sont représentés notamment Arthur William et Ada Emily Forde ainsi que leurs enfants, dont Cyril Wolseley Forde, né en 1864. On y trouve des portraits de proches, comme le major Strutt ainsi que le révérend Canon Falloon et son épouse, puis leurs amis à l'étranger, comme Mme Odier à Genève, le chevalier Cutieri à Pise ou M. Bellochio à Menton. Suivent leurs amis en Inde : capitaine Butler, général Hancock, capitaine Davies, M. Chick, puis leurs relations : révérend A. Stanley, Sir Henry Marsh, capitaine Johnstone, etc. Certaines photographies sont signées Ritter, Molkenteller & Cie, Bombay & Poona, India; Bourne & Shepherd, India; Ferretti, Roma-Napoli; Fratelli Alinari, Firenze; Van Lint, Pisa; Lacombe & Lacroix; Levitsky, rue de Choiseul; Mayhall, London & Brighton; Boissonnas, Genève, etc. Deux photographies, signées AWF, représentent des temples à Ahmedabad (p. 58). A la fin du volume a été inséré un portrait d'Arthur William Forde, réalisé vers 1880 par le photographe P. Vuccino & Cie, Medowstreet Fort Bombay. Les dessins à la mine de plomb comprennent 46 dessins signés "AWF" (Arthur William Forde), 2 présentent d'autres signatures et 47 sont non signés, mais pouvant, pour la plupart, être attribués à A. W. Forde. Parmi les plus anciens, on relève : The seal of Spencer Phillips, esq., Daubury, Essex, 1839; Great Buddow Church, 1839; The Rev. Dr. O'Beirne, principal of Portora College from 1816 to 1836; Paper mill, Belfast, 1838; d'autres, datés 1838 et 1839, comportent des légendes en partie effacées : ils montrent des églises, des maisons ou des villages de Grande-Bretagne. Un dessin daté 1850 montre quelques embarcations, un autre représente Song Bridge à Belfast. On y trouve aussi une représentation de la Provincial Bank of Ireland en 1840 avec, au premier plan, une diligence, ainsi qu'une vue prise de la gare de Bangor, dans le nord du pays de Galles en 1849 (après la p. 89). A la suite se trouvent les dessins relatifs à l'Inde : "Our Christmas Encampment at Anas, 1857"; "Railway Bungalow - Baroda. Mr Ravenscropt tents. Dec. 21th 1857"; "Sirkey, Jan. 2nd, 1858"; "Sirkey, Ahmedabad, 1858"; "View of Ahmedabad & the river. Janv. 4th 1858"; "From Danda Dhurumsalla"; "Fort Chotademaun"; "From Caragolam Ghaut Bungalow"; "Col. Colis Bungalow - Baroda"; "Engineering College Poona"; "Gorabunder"; "Temple near Poona"; "Esplanade Bombay, from the Strangers Lines - March 1858". Concernant les dessins aquarellés, 28 sont signés "AWF" (Arthur William Forde), 11 sont signés "Rev. A.B.F." (son père, le révérend Arthur Brownlow Forde), 3 comportent d'autres signatures et 30 ne sont pas signés. Les aquarelles d'Arthur Brownlow Forde, très bien exécutées, représentent des paysages pittoresques de Grande-Bretagne souvent accompagnés d'une végétation abondante; trois d'entre-elles sont datées 1790 (p. 74). Celles d'Arthur William Forde sont d'un style assez proche; quelques-unes ont été réalisées au lavis. Elles sont souvent consacrées à l'Irlande, comme celle intitulée "View of Black Mountain and Colin Mountain from Fisherwick Place, Belfast" (après la p. 89). Certaines aquarelles représentent des gares de chemin de fer; d'autres ont été exécutées en Italie : Pise, Florence, Côme. A la fin du volume se trouvent quelques aquarelles concernant l'Inde, notamment son habitation en 1856. Par ailleurs, une aquarelle est signée HFH (p. 48), une est signée Edwin A. Penley, 1873 (p. 53), et, à la fin du volume, une autre est signée F. Margrave. Les pièces imprimées sont des coupures de presse, mais aussi des gravures extraites de livres ou des cartes de visite. Quant aux documents manuscrits, il s'agit de lettres familiales, de billets ou de poèmes. Né en 1821, Arthur William Forde fut placé, à l'âge de 15 ans, comme élève de l'ingénieur Godwin, directeur général des chemins de fer d'Irlande du Nord (Ulster Railway Company). Il devint par la suite ingénieur, puis ingénieur en chef. En 1846, il épousa Ada Emily O'Beirne. En 1855, il fut nommé ingénieur en chef de la Bombay, Baroda, and Central India Railway Company et s'installa en Inde. Il construisit le Taptee Bridge puis obtint des concessions pour la construction de nouvelles lignes. Après avoir quitté cette compagnie en 1860, il s'établit comme ingénieur-conseil et travailla à différents projets, notamment celui du Sassoon Dock dans le port de Bombay. Par la suite, il s'occupa des questions relatives à la distribution des eaux et à l'écoulement des eaux usées. Il fut par ailleurs un artiste réputé, exposant chaque année ses œuvres à la Western India Fine Arts Exhibition. En 1885, il obtint un prix pour l'un de ses tableaux. Grand amateur de photographies, il fut élu président de la Photographic Society of Bombay et mourut dans cette ville en 1886. Le volume est dérelié et le papier, très fragile, se détache par morceaux sur les bords; plusieurs feuillets sont déchirés, rendant la consultation délicate. Précieux document évoquant l'Irlande ainsi que la présence britannique en Inde. Provenance : Ada Emily Forde (initiales sur le plat supérieur). – Arthur William Forde (signature à l'intérieur du volume). Sur Arthur W. Forde, cf. Buckland, Dictionary of Indian Biography, 1906, p. 150 et Grace's Guide, British Industrial History (sur le site Internet www.gracesguide.co.uk).

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FÉLICE (Guillaume de).

Émancipation immédiate et complète des esclaves. Appel aux abolitionistes.

Paris, Delay, 1846. In-8 de 114 pp. ; ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition. Membre de la Société Française pour l'Abolition de l'Esclavage, le pasteur Guillaume de Félice demande l'abolition immédiate car "l'esclavage est un crime: un crime dans sa source, dans ses conditions fondamentales, dans ses inévitables conséquences" (page 24) et fait un parallèle avec l'Angleterre où l'esclavage a été aboli en 1833. Bon exemplaire. Petites tâches dans la marge interne. Rychebusch, 3167. — Sabin, 24009.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUIGNES (Chrétien-Louis-Joseph de).

Voyages à Péking, Manille et l'île de France, faits dans l'intervalle des années 1784 à 1801.

Paris, Imprimerie Impériale, 1808. 3 volumes in-8 de (2) ff., lxiij-(1 bl.)-439 pp. — (2) ff., 476 pp. — (2) ff., 488 pp., et un atlas in-folio ; demi-veau violine, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure légèrement postérieure, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition, avec un atlas de 98 illustrations gravées d'après les dessins de l'auteur sur 66 planches (vues de Pékin, temples et monuments, costumes, navires, botanique, divinités, cartes de Canton à Pékin en deux feuilles, plan de Macao, Philippines). Fils de l'orientaliste Joseph de Guignes, Chrétien de Guignes fut, en 1784, attaché au consulat de Chine à Canton. En 1787, après la suppression du consulat, il resta le seul représentant français en Chine. En 1794, il accompagna à Pékin, comme interprète, Isaac Titsingh, ambassadeur des Pays-Bas, puis, en 1797, il quitta la Chine et rentra en France en passant par Manille et l'île Maurice. Bon exemplaire. Quelques piqûres aux volumes de texte. Chadenat, 590. — Cordier, BS, 2351. — Gay, 3307. — Ryckebusch, 3783.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUYS (Henri).

Voyage en Syrie. Peinture des mœurs musulmanes, chrétiennes et israélites.

Paris, Just Rouvier, 1855. In-8 de viij-412 pp. ; broché, couvertures imprimées.

Seconde édition de l'ouvrage paru en 1854 sous le titre "Un derviche algérien en Syrie". Issu d'une famille de diplomates ayant exercés au Levant, Henri Guys fut nommé consul à Beyrouth de 1823 à 1837, puis à Alep jusqu'en 1847. Retiré à Marseille, il se consacra à des travaux littéraires. Le présent ouvrage relate l'histoire d'un algérien fait prisonnier par les français après la conquête de l'Algérie. Libéré à la condition de ne plus revenir dans son pays natal, il choisit de s'exiler à Alep en Syrie. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Hage Chahine, 2069.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENRION (Paul).

Voyage en Espagne. Manuscrit dactylographié.

Epernay, 1935-1938. In-8 (19,2 x 12,5 cm) de 248 - (2) pp., plus (18) pp. ajoutées; demi-toile verte, sous chemise de maroquin bleu-nuit, plats ornés d'un grand motif central constitué d'arabesques dorées, encadrement de roulettes et filets dorés avec fleurons d'angle (reliure de l'époque).

Le voyage d'un architecte français en Espagne. Accompagné de sa femme, l'architecte Paul Henrion participa à un voyage organisé en autocar à travers l'Espagne entre le 6 et le 24 mai 1935. Arrivé à Biarritz le 5 mai, il passa la frontière le lendemain et effectua un circuit dont les principales étapes furent Burgos, Ségovie, l'Escurial, Madrid, Tolède, Aranjuez, Cordoue, Séville, Cadix, Malaga, Grenade, Almeria, Alicante, Valence, Tarragone et Barcelone. De là, il rentra en France et passa par Perpignan et Toulouse avant de retourner à Epernay. Ce manuscrit est illustré de 17 aquarelles à pleine page (dont une signée "P.H."), 3 dessins à pleine page, 2 dessins dans le texte, 1 photographie, 8 cartes postales, 6 documents imprimés et 4 timbres de la République espagnole. Les aquarelles, pour la plupart exécutées sur papier fort, représentent les sujets suivants : Ségovie. L'aqueduc romain. – Ségovie. L'Alcazar. – Madrid. Porte de Tolède. – Madrid. La Telefonica. – Tolède. Pont d'Alcantara et Alcazar. – Tolède. La cathédrale. – Tolède. La maison du Gréco. – Tolède. Pont Saint-Martin, St Jean des Rois. – Cordoue. La Mosquée. – Séville. La Giralda et la Cathédrale. – [Grenade]. L'Alhambra. Cour des Myrtes. – Grenade. Salle de Justice, Cour des Lions. – Grenade. Les Grottes des Gitanes. – Séville. Parc Maria-Luisa. – Grenade. L'Alhambra. Entrée de la Salle des Ambassadeurs. – Les Gitanes de Grenade (signée P.H.). – Barcelone. La Sagrada Familia (datée mai 1935). Quant aux dessins à pleine page, ils représentent : Burgos. La Cathédrale (à l'encre noire). – Monastère de l'Escurial (à l'encre bleue). – Dans la Sierra Morena (au pastel brun). Ceux insérés dans le texte (à l'encre noire) montrent des réalisations de l'architecte Gaudi : maison avenue de Gracia et Parc Güell à Barcelone (p. 242). La photographie représente Paul Henrion et sa femme à Malaga, au milieu des palmiers dans la promenade de l'Alameda; elle a été prise par un photographe ambulant (p. 152). Concernant les cartes postales, elles montrent des vues de Madrid, Séville, Cadix, Gibraltar, Alicante, Valence (2) et Barcelone. Le texte fournit des descriptions très précises sur les endroits visités : monuments de Burgos, palais de l'Escurial, musée du Prado à Madrid, maison du Gréco à Tolède, mosquée de Cordoue, Alcazar de Séville, Alhambra de Grenade…, et contient de nombreuses observations sur les régions traversées : accueil dans les différentes villes, repas, hôtels, activité des habitants, costumes, fêtes et cérémonies, etc. L'auteur mentionne quelques événements ou anecdotes, comme la présence d'un banquet fasciste présidé par Primo de Rivera dans leur hôtel à Cordoue, ainsi que la tentative de fugue d'un jeune garçon qui est finalement repris par la gendarmerie (pp. 112-115). Il évoque aussi une visite aux grottes du Sacro Monte, à Grenade : "Nous montons ensuite à pied […] à l'Albaycin, quartier des Gitanes. Ces bohémiens habitent seuls ce quartier perché sur une colline. Les habitations sont creusées dans la montagne, en forme de grottes comprenant souvent plusieurs pièces successives […]. Nous assistons dans l'une de ces maisons à des danses et chants. Les femmes vêtues de couleurs voyantes, jaunes, rouges, bariolées de rouge, noir, violet, etc., dansent avec accompagnement de castagnettes, claquements de mains et furieux coups de talons […]. Nous sommes assaillis par une nuée d'enfants mendiant des sous, des cigarettes. Certains sont particulièrement exigeants et tenaces : deux petites gitanes passablement effrontées nous firent la conduite au retour jusqu'au centre de Grenade…" (pp. 174-175). A Barcelone, Henrion apprécie les réalisations du célèbre architecte espagnol Antonio Gaudi y Cornet (1852-1926), auteur de la Sagrada Familia, ou Eglise de la Sainte Famille, dont une représentation aquarellée figure dans le manuscrit : "[Elle] est une œuvre d'une telle étrangeté qu'il est rare d'en entendre parler sans passion […], les architectes français surtout nous ont paru acharnés à n'y vouloir rien comprendre […]. M. Gaudi est un maître ès pierres vives du moyen âge ressuscité à la fin du XIXe siècle. C'est un homme d'une foi ardente, d'une piété ascétique et d'un incontestable génie artistique. Il y a chez lui toute la mentalité disparue du grand constructeur de cathédrales, l'esprit religieux, la science de son art et la puissance créatrice…" (p. 236). En tête du manuscrit se trouve inséré le programme du voyage avec une carte indiquant l'itinéraire suivi. Organisé par l'agence "Le Tourisme français", il regroupait 17 voyageurs, plus Henrion et sa femme, ainsi que le guide, soit 20 personnes au total. La liste des participants se trouve à la fin du récit. Par ailleurs, Henrion s'était déjà rendu en Espagne en 1930, visitant Irun et Fontarabie, ainsi qu'il le mentionne au début de sa narration (p. 6). Intéressante relation d'un voyage en Espagne, effectué un an avant le début de la guerre civile (1936-1939).

HOMMAIRE de HELL (Xavier).

Les steppes de la mer Caspienne, le Caucase, la Crimée et la Russie méridionale. Voyage pittoresque, historique et scientifique.

Paris, P. Bertrand, Strasbourg, Ve Levrault, 1843-1845. 3 volumes in-8 de vij-(1)-514-(1) pp. — (2) ff., 598 pp. — 507-(1) pp., et un atlas in-folio ; demi-veau bleu, dos à nerfs ornés (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. L'atlas comprend une partie historique de 25 planches lithographiées d'après les dessins de Fortuné Férogio dont 7 en couleurs, et une partie scientifique avec une carte géologique en couleurs dépliante, une planche double de coupe géologique, 6 planches gravées de coquillages, et 4 cartes. Cet ouvrage est un compte rendu du premier voyage d'exploration d'Hommaire de Hell dans la Russie septentrionale. Il fut appelé par le gouverneur général de la Nouvelle Russie, le comte Vorentsov, pour y étudier la géologie de la Crimée et résoudre la solution du problème de la rupture du Bosphore. Pendant près de cinq années, il parcourut le pays "dans tous les sens, explorant à pied ou à cheval le cours des fleuves et des rivières, et visitant toutes les côtes russes de la mer Noire, de la mer d'Azov et de la mer Caspienne" (préface). Il était accompagné, la plupart du temps, par son épouse qui rédigea la partie pittoresque du voyage. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Cachet annulé de l'école d'artillerie de Vincennes sur les volumes de texte. Rousseurs, plus prononcées en début et fin des volumes de texte. Atabey, 591. — Brunet, III, 295. — Hage Chahine, 2213. — Numa Broc, Asie, 242.

HUGUENIN (Paul).

Raiatea la sacrée, île sous le vent de Tahiti (Océanie française).

Neuchâtel, Paul Attinger, 1902. In-4 de (2) ff., 256 pp.; demi-maroquin bleu à coins, dos lisse avec le titre en long, tête dorée, non rogné (reliure postérieure).

Première édition séparée, illustrée de 24 planches en couleurs dont 2 dépliantes, de 2 cartes dépliantes dont 1 en couleurs, de 2 cartes et de 64 figures dans le texte, et de 31 reproductions photographiques sur 29 planches. L'ouvrage fut d'abord publié en 1902 dans le tome XIV du Bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie. L'auteur et son épouse séjournèrent à Raiatea, l'une des îles de l'archipel de la Société, de 1896 à 1899. Directeur des écoles de la mission protestante des îles sous le vent, il parcourut l'île, apprit la langue et fit de nombreux dessins et aquarelles qui illustrent le présent ouvrage. Il y retrace son voyage (des Marquises à Tahiti puis à Raiatea), décrit les îles (Raiatea, Tahaa, Bora-Bora, Maupiti, Motu-iti et Maupihaa, Huahine), leur flore, climat, population, histoire, langue et légendes. Bon exemplaire. Dos passé. O'Reilly, 4679 :"Le meilleur ouvrage général concernant ces îles".

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Volcans des Cordillères de Quito et du Mexique.

Paris, Théodore Morgand, 1864. In-8 oblong de (2) ff., ; demi-chagrin vert, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 12 planches gravées, chacune accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Elles représentent des vues de volcans du Pérou et du Mexique, la plupart dessinées par Alexandre de Humbolt en 1802 lors de sa traversée des Andes, et au cours de laquelle il tenta d'atteindre le sommet du Chimborazo. Il monta néanmoins jusqu'à 5920 m, établissant ainsi le recoort d'altitude de son époque. Ce recueil fut publié pour la première fois en 1854 pour accompagner l'ouvrage de Humboldt, Mélanges de géologie et de physique générale. Bel exemplaire. Sabin, 33749

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JOUVE (Joseph, dit VOJEU de BRUNEM).

Histoire de la conquête de la Chine par les Tartares mancheoux.

Lyon, les frères Duplain, 1754. 2 volumes petits in-12 de (10) ff., 345-(1) pp. — (2) ff., 318-(4) pp.; veau havane marbré aux armes, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Pour écrire son histoire l'auteur se servit du manuscrit de la volumineuse Histoire de la Chine du Père Mailla qui n'était pas encore publiée. Ce manuscrit, envoyé par le Père Mailla en 1737, se trouvait conservé à la bibliothèque du collège jésuite de Lyon où l'auteur enseignait la théologie morale. Son ouvrafge se termine par une concordance chronologique entre la Chine et l'histoire ancienne qu'il tira d'un manuscrit latin du Père Régis conservé dans la même bibliothèque. Bel exemplaire. Armes non identifiées. Chadenat, 7056. — Cordier, BS, 629. — Sommervogel, 860.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LABAT (Jean-Baptiste).

Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, contenant l'histoire naturelle de ces pays, l'origine, les mœurs, la religion & le gouvernement des habitans anciens & modernes. Les guerres & les évènemens singuliers qui y sont arrivéz pendant le séjour que l'auteur y a fait.

Paris, Théodore Le Gras, 1742. 8 volumes in-12 de xxxvj-(14)-472 pp. — (3) ff., 444 pp. — (3) ff., 475 pp. — (2) ff., 533 pp. — (3) ff., 418 pp. (mal chffr., la pagination saute de 351 à 356) — (2) ff., 502 pp. — (3) ff., 516 pp. — (5) ff., 436-(4) pp. ; veau havane marbré, dos lisses ornés, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge et tabac, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition augmentée, et illustrée d’un portrait de l’auteur et de 104 planches gravées (dont deux doubles) : plans de lieux et de bâtiments, sciences naturelles, botanique, scènes de genre, et cartes dépliantes (Martinique, golfe du Mexique, Guadeloupe, Saint-Christophe, la Barbade, Saint-Domingue). Missionnaire dominicain, le père Labat demanda, en 1693, à faire partie des missions des Antilles. Il arriva à la Martinique en 1694, et prit la direction ecclésiastique de la ville de Macouba. Durant dix années, il parcourut tout l’archipel des Antilles, fondant la ville de Basse-Terre, qui devint chef-lieu de la Guadeloupe, et apportant toutes ses connaissances d’ingénieur et d’agronome pour le développement de ces régions. L’ouvrage du père Labat apporte de nombreux renseignements sur l’histoire de l’esclavage aux Antilles à la fin du XVIIe siècle, et sur les productions naturelles et la médecine dans les îles. Bel exemplaire bien complet de toutes ses planches. Dos refaits, pages de titre brunies en marge, déchirure sans manque p.405. J.C.B., 742/114. — Leclerc, 803. — Max Bissainthe, 6387. — Nissen, ZBI, 2330. — Sabin, 38409.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique et notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production du pays, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. [Relié avec:] - [PIDANSAT de MAIROBERT (Mathieu-François)]. Lettre de M. de M... à M. de ... sur les véritables limites des possessions angloises & françoises en Amérique. S.l., 1755. 11 pp. Rare plaquette publiée à la veille de la guerre de Sept ans, alors que les hostilités étaient déjà déclarées en Amérique entre les Français et les Anglais. - RONDET (Laurent-Étienne)]. Réflexions sur le désastre de Lisbonne. En Europe, aux dépens de la compagnie, 1756. Premier tome seul sur deux. Bel exemplaire. Les plats sont restés à nus. Sabin, 38564 (premier ouvrage, le second n'y figure pas).

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAPLANTE (Edouard).

La Habana. Panorama general de la ciudad y su bahia.

La Habana, L. Marquier y Laplante, circa 1850. Lithographie originale (49,9 x 71,5 cm, hors marges).

Fabuleux panorama à vol d'oiseau de la ville de La Havane et de sa baie, dessiné par Edouard Laplante et lithographié en couleurs par Laplante et Luis Marquier, publié à La Havane en 1850. La vue est prise depuis la colline du village de Casablanca, sentinelle historique et populaire de la baie de La Havane. Cette vue détaillée illustre les débuts de la modernisation de la ville de La Havane, initiés par le gouverneur Miguel Tacón y Rosique. Soucieux de faire de la capitale une ville imposante et majestueuse, Tacón commanda une série de bâtiments publics importants. La croissance de quartiers riches comme El Cerro, et plus tard El Carmelo et El Vedado, fut planifiée de la même façon, et selon un schéma bien structuré. Ces quartiers sont visibles au centre de la lithographie, filant vers l'horizon. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Peintre et lithographe français, Edouard Laplante s'installa à Cuba au milieu du XIXe siècle, comme vendeur de machinerie sucrière pour le compte de la compagnie française Derosne et Cail à Paris. Son activité commerciale l'amena à collaborer en tant qu'illustrateur pour l'ouvrage du propriétaire foncier cubain Justo Germán Cantero, consacré à l'histoire et à la description des plus grands et meilleurs moulins à sucre de l'époque. Il s'agit de l'ouvrage intitulé Los Ingenios (les plantations de canne à sucre), publié à La Havane entre 1855 et 1857. Laplante réalisa également une série de lithographies de grand format, représentant pour la plupart des villes importantes de Cuba, et naturellement liées à l'industrie sucrière. La série débuta avec notre panorama de La Havane, qui est sans aucun doute la ville la plus importante de la série. Edouard Laplante se dédia fondamentalement à la lithographie et contribua à l'essor de cette expression artistique durant le XIXe siècle. Avec Miahle, peintre et graveur comme lui, il était considéré comme le plus remarquable des graveurs étrangers ayant travaillé à Cuba. Pliure centrale et déchirures restaurées, petits manques à la pliure centrale. Lapique Becali, La Habana. Imagen de una ciudad colonial, 2013.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes Occidentales, par les Espagnols.

Paris, André Pralard, 1697. Petit in-12 de (5) ff., 282-(2) pp.; demi-chagrin noir, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de la fin du XIX° siècle).

Première édition de la traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, de l'ouvrage du dominicain Bartholomé de Las casas, Brevísima relación de la destrucción de las Indias, publié en 1552 en Espagne. Elle est illustré d'un titre-frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Cette nouvelle traduction fut publié au moment où le problème de la succession d'Espagne devenait aigu. Le roi Charles II d'Espagne étant sans héritier, les autres puissances européennes se préparaient à se partager le royaume et ses possessions. Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 484. — Leclerc, I, 845. — Sabin, 11273.

LAUGIER de TASSY (Jacques-Philippe).

Historia del reyno de Argel; con el estado presente de su govierno, de sus fuerças de tierra, y mar, de sus rentas, policia, justicia, politica, y comercio.

Barcelona, Juan Piferrer, 1733. Petit in-8 de (12) ff., 340 pp.; basane mouchetée, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait à l'imitation).

Traduction espagnole de l'ouvrage Histoire du royaume d'Alger, illustrée de 2 planches gravées dépliantes (carte d'Afrique du nord, et plan de la baie d'Oran), et d'un tableau dépliant. Jacques Laugier de Tassy fut chancelier du consulat d'Alger en 1717-1718, et il publia son ouvrage à Amterdam, en 1725 alors qu'il y était commissaire de la marine. On y trouve un grand nombre d'informations sur l'organisation du pouvoir, de la milice turque, des corsaires, des esclaves et de leurs rachats, ou encore sur les mœurs locales et les relations commerciales. Dans cette édition espagnole, la vue d'Alger fut remplacée par un plan de la baie d'Oran, que les Espagnols avaient évacué en 1708 après deux siècles d'occupation, et qu'ils venaient de reprendre, en 1732. Bon exemplaire. Gay, 917.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE BON (Gustave).

La civilisation des Arabes.

Paris, Firmin-Didot et Cie, 1884. Grand in-4 de (2) ff., xv-705 pp. ; demi-chagrin brun, dos lisse, plats ornés d'un décor oriental noir, or et argenté, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Edition originale. Elle est illustrée de nombreuses figures et cartes dans le texte et à pleine page, de 10 chromolithographies, d'une carte gravée en couleurs et de 3planches gravées hors texte. Très bel exemplaire en reliure de l'éditeur dont le décor reprend des motifs orientaux. Vicaire, V, 134.

LE BRETON (Louis).

Rade & port de Pape-Iti. Arrivée au mouillage du C. Amiral Dupetit Thouars.

Paris, Londres, Leipzig, Vor Delarue et Cie, Anaglyphic Company, Gebrüder Rocca, 1844. Lithographie (37,3 x 51,2 cm).

Superbe estampe dessinée et lithographiée par Louis Le Breton, figurant les vaisseaux français du contre-amiral du Petit-Thouars, au mouillage dans la baie de Papeete. Sous l'estampe figurent les noms des vaisseaux (le Danaé, l'Uranie, la Reine Blanche, le Dublin, la Boussole et le baleinier l'Elisabeth), ainsi que les emplacements du tombeau de Pomaré II, souverain de Tahiti de 1791 à 1821, et des bâtiments du protectorat français et du consulat britannique. Le 9 septembre 1842, le contre-amiral du Petit-Thouars, couvert par le gouvernement du Roi Louis Philippe, imposa le protectorat français sur Tahiti et proclama l'annexion de l'île le 6 novembre 1843. Le traité de protectorat fut signé avec Pomaré Vahiné IV, reine de Tahiti. La même année, le Gouverneur Bruat décida que Papeete deviendrait le centre administratif du nouveau protectorat français. A cette époque, la ville était en pleine expansion et la baie de Papeete était devenue un grand port. Bel exemplaire à très grandes marges, drapeaux aquarellés à l'époque.

LE MEHAUTE (Pierre Marie).

Souvenirs de ses campagnes.

Saint-Brieuc, vers 1920. Manuscrit autographe, signé au verso de la première couverture. Cahier petit in-4 (22,6 x 17,5 cm) de (26) pp., plus 28 ff. restés vierges; broché, couvertures muettes recouvertes de papier journal de l'époque.

Les campagnes d'un médecin de la Marine en Océanie, en Cochinchine, en Afrique et aux Antilles. Le texte est illustré d'une carte manuscrite de la Nouvelle-Calédonie au verso du premier feuillet (plume, encre noire, mine de plomb et crayon de couleur). Né en 1859 à Boqueho (Côtes d'Armor), Pierre Marie Le Méhauté entra dans la Marine en 1881 en tant qu'aide-médecin. Il effectua alors plusieurs campagnes qui sont résumées dans le présent manuscrit, qui couvre la période de 1881 à 1919 : Le 28 avril 1882, il s'embarque à Toulon sur le Fontenoy qui effectue une escale à l'île de Ré pour prendre des condamnés destinés au bagne de Nouvelle-Calédonie. L'arrivée à Nouméa a lieu le 24 septembre. En novembre, il ramène des Nouvelles-Hébrides à Nouméa le subrécargue d'une maison de commerce qui venait d'être amputé du poignet. Sur le D'Estrées, il effectue plusieurs voyages autour de l'île puis se rend en Australie (Sydney, Melbourne). Il revient en France à bord du Tage le 28 août 1883, puis il retourne à Toulon. Devenu médecin de 2e classe l'année suivante, il s'embarque, le 14 novembre 1884, à bord du Bien Hoa qui doit le conduire en Cochinchine où il est appelé à continuer ses services. Son récit relate les conditions du voyage : passage par Port-Saïd et le Canal de Suez, traversée de la mer Rouge, mouillage à Aden, traversée du golfe d'Aden puis de la mer d'Oman, passage par Ceylan, le détroit de Malacca et Singapour où la navire fait escale. Il traverse ensuite le golfe de Siam pour arriver à Saigon le 24 décembre 1884. Le Méhauté est alors affecté à Baria, près du Cap Saint-Jacques, où il reste toute l'année 1885. Puis il est rappelé à Saigon pour occuper, pour une année, le poste de prévôt à l'hôpital maritime. En 1887, il prend part à l'expédition du Phu-Yen, dirigée contre les Vian-Than, du 11 février au 16 avril : "Cette campagne est organisée par M. Pardon, directeur de l'Intérieur, M. Filippini étant gouverneur. La colonne se compose de 1500 hommes, surtout indigènes. Débarquement des troupes à Vung-Lam, d'où ils partent ensuite pour la campagne proprement dite. Les troupes indigènes sous la direction du Dê-Tham, chargé de reconnaître les rebelles et de les traquer. Les accuse devant le commandant [Chevreux] qui seul a le droit de sévir. Scène tragi-comique pendant notre séjour au pays Moÿ, où chef Vian-Than et un Chinois, accusés d'avoir favorisé la rébellion, sont tous les deux condamnés à avoir la tête tranchée. Décapitation devant les troupes et indigènes du pays. Têtes exposées au bout d'une perche. Scène écoeurante" (ff. 4-5). De retour à Saigon en avril 1887, il est mis en quarantaine au lazaret de Ganh-Ray, au Cap Saint-Jacques, à cause d'une épidémie de choléra qui s'était déclarée sur les troupes indigènes. Lui-même est atteint d'une dysenterie aiguë et doit rentrer en France. Le 2 mai, il s'embarque sur un paquebot des Messageries Maritimes et arrive à Marseille le 29 mai 1887. En 1887-1888, il séjourne à Lyon pour préparer et passer ses examens de doctorat. En 1888, il effectue une campagne en Islande à bord de l'Indre. L'année suivante, il est affecté à la station de l'Atlantique à bord de l'Aréthuse. Il participe, du 6 au 21 avril 1889, à la campagne du Dahomey au sein d'une compagnie de débarquement : "Notre consul à Porto-Novo avait été retenu au Dahomey, par Glé-glé ou Béhanzin. L'amiral, prévenu par sémaphore, lors du passage de l'Aréthuse à Cotonou, envoie à terre sa Cie de débarquement sous les ordres de M. Barthes, lieutenant de vaisseau. J'en fais partie comme médecin…" (ff. 7-8). Toujours à bord de l'Aréthuse, Le Méhauté effectue ensuite une campagne aux Antilles (Cuba, la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, etc.), puis se rend à la Nouvelle-Orléans avant de remonter les côtes d'Amérique du Nord jusqu'à Halifax (Canada). Il s'embarque alors sur le Bisson pour remplacer le médecin-major, et retourne aux Antilles pour séjourner à Haïti où il assiste aux scènes de la Révolution à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Puis il rentre en France et débarque à Brest le 5 avril 1890, avant d'être dirigé sur Toulon. Nommé médecin de 1ère classe en 1891, il sert à l'hôpital maritime de Cherbourg, puis devient, en 1894, professeur de physiologie, hygiène et médecine légale à l'Ecole principale de médecine navale de Bordeaux. Il reste à ce poste jusqu'en 1903, date à laquelle il s'embarque à Brest comme médecin-major sur le Guichen. La même année, il est promu médecin principal. De 1904 à 1906, il effectue deux campagnes à bord du Duguay-Trouin, le navire-école d'application des aspirants. Versé dans le cadre de réserve en 1907, il reprend du service en 1914-1916 en tant que médecin-chef, puis meurt à Saint-Brieuc en 1923. On joint : - [LE MEHAUTE]. Portrait photographique le représentant en uniforme, par Hugon, 20 rue Saint-Michel à Saint-Brieuc (ca. 1895; 14,3 x 9,9 cm, monté sur bristol 16,5 x 11 cm). - LE MEHAUTE. [Soins aux blessés]. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 4 pp. in-folio repliées. - LE MEHAUTE (Dr). Eloge d'Amédée Lefèvre. Paris, Imprimerie Nationale, 1899, in-8 de 28 pp. imprimées, broché. Extrait des Archives de médecine navale, mai 1899. Médecin de la marine et directeur du service de santé du port de Brest, Amédée Lefèvre (1798-1869) avait établi un lien entre l'apparition de certaines coliques et l'intoxication au plomb. - [LE MEHAUTE]. Ensemble de 16 pièces signées relatives à sa carrière. Paris, Brest, Toulon, Saigon, etc., 1882-1894, 16 pp. la plupart in-folio, qq. en-têtes. Ordres d'embarquement ou de mise à disposition, congés de convalescence, promotions, etc. - TANQUEREY (Hubert). Discours prononcé sur la tombe de M. le Dr Le Méhauté, le 2 novembre 1923, à l'occasion de la remise d'une palme par la Société de la Légion d'honneur. Manuscrit dactylographié signé, avec envoi autographe signé à Mme Le Méhauté et Mlles Vitel. S.l.n.d. [1923], 7 pp. in-folio, en feuilles. Avocat à Saint-Brieuc, Tanquerey évoque la vie et l'œuvre du docteur Le Méhauté, auteur de nombreux travaux relatifs à l'hygiène, notamment la distribution d'eau potable à bord des navires. La couverture est recouverte d'un feuillet de l'Echo Médical du 15 avril 1919 (bords usés). Manuscrit bien conservé et très lisible.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LESPINASSE (Louis Nicolas de).

Vue de la Mecque.

Paris, 1790. Gravure originale (43,6 x 57,7 cm).

Estampe dessinée par Louis Nicolas de Lespinasse d'après les informations transmises par Ignace Mouradja d'Ohsson, gravée par Pierre-Gabriel Berthault. Elle est issue du Tableau général de l'Empire othoman d'Ignace Mouradja d'Ohsson, publié à Paris entre 1787 et 1790. Très rare panorama de la ville de La Mecque et ses environs, représentée lors du hajj, grand pèlerinage annuel des musulmans. Venant de l'est mais aussi de l'ouest, après une longue traversée du désert depuis le mont Arafat, que l'on distingue au loin, l'immense caravane des pèlerins s'engouffre dans la Grande Mosquée, renfermant en son centre, la construction cubique de la Kaaba, le plus important sanctuaire de l'islam. Soixante-quatre lieux et bâtiments sont numérotés et légendés au bas de l'estampe. Cette vue est très probablement la toute première vue détaillée de La Mecque. Comme l'explique l'auteur dans son ouvrage, elle a a été dessinée d'après les informations d'un officier turc qui entreprit le pèlerinage de La Mecque en 1778, en compagnie de l'un des meilleurs peintres de Constantinople. C'est d'après ses indications, et celles de deux autres musulmans qui avaient fait ce voyage, et un séjour assez long à La Mecque, que la procession des pèlerins autour de la Kaaba fut ajoutée. En 1791, soit un an après la publication de cette gravure, d'Ohsson commanda aux frères Charles-Nicolas Varin et Joseph Varin, tous deux graveurs, une vue très similaire à celle-ci, mais dans un format plus grand, avec un titre en arabe et sans légendes. Orientaliste et historien d'origine arménienne, né à Constantinople en 1740, Ignace Mouradja d'Ohsson fut secrétaire et premier interprète de l’ambassadeur de Suède à Constantinople. Son Tableau général de l’Empire othoman est considéré comme la meilleure description de l’Empire ottoman (Journal des savants, mai 1788). Bon exemplaire. Habiles restaurations notamment dans la pliure centrale.

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

De la danse.

Parme, Bodoni, 1803. Petit in-4 (6 x 11,5 cm) de (4) ff., 61 pp.; cartonnage de papier marbré, dos lisse avec étiquette de titre imprimée, non rogné (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, par Bodoni, d'un très rare petit ouvrage publié pour la première fois en 1797, soi-disant, à 12 exemplaires. L'auteur était un colon créole de La Martinique devenu député à l'Assemblée Constituante en 1789. Défenseur de la cause coloniale, il s'opposa à l'abolition de l'esclavage, et s'exila en Amérique. En 1798, protégé par Talleyrand, il revint en France et fut nommé, en 1801, administrateur général des états de Parme. Son ouvrage est un éloge de la danse telle qu'elle se pratiquait dans les colonies françaises des Antilles. Il y décrit avec précision les types de danses des créoles, des affranchis et plus particulièrement des esclave,s avec les chœurs de chanteurs et de chanteuses qui se répondent, les tambours et les guitares. Il est le premier à donner une description des danses vaudous. Bel exemplaire. Ex-libris gravé de la bibliothèque de Mme de Barante, probablement Marie-Césarine-Joséphine Houdetot (1794-1877), native de l'île Maurice, qui épousa, en 1811, l'historien Prosper Brugière de Barante (1782-1866). Cioranescu, XVIIIe siècle, 47253 (édition de 1801). — Max Bissainthe, 7022 (édition de 1801).

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MORLAND (George).

Traite des Nêgres. Quel contrat infame, l'un marchande ce qui n'appartient à personne, l'autre vend la propriété de la nature. - L'Africain hospitalier. Les Noirs sont d'un caractère doux et humain, au milieu des horreurs de la guerre, ils sont toujours restés fidels à la France, j'apporte ici leur serment de vivre et de mourir français : législateurs rendez nos frères à leurs droits naturels, et vos noms y seront bénis.

1794-1795. Ensemble de 2 gravures au pointillé (env. 41,5 x 48,5 cm.).

Ces deux gravures sont l'œuvre de Mlle Rollet dite "la citoyenne Rollet", et furent exécutées, pour la première, d'après une toile de 1788 du peintre anglais George Morland, intitulée Execrable Human Traffick, or The Affectionate Slaves, et pour la seconde, en 1790, intitulée African Hospitality. La première gravure représente une scène où figurent des marchands d'esclaves européens négociant des esclaves africains. Cette gravure dénonçant le commerce des esclaves noirs fut réalisée en 1794, en hommage à la première abolition de l'esclavage dans les colonies françaises par la Convention Nationale le 4 février 1794. Puis l'esclavage fut restauré en 1809. Le commerce d'esclaves fut aboli en 1818, mais l'émancipation générale ne fut décrétée qu'en 1848. La seconde gravure, anti-esclavagiste, représente une famille noire recueillant des naufragés blancs. La scène est inspirée de l'histoire du Grosvenor, vaisseau de la Compagnie des Indes, qui fit naufrage le 4 août 1782 au large de la côte sud-africaine. Bon exemplaire. Quelques restaurations dans les marges. Lescot, Haïti, Images d'une colonisation 1492-1804, pl. 28.

MURPHY (James Cavanah).

Voyage en Portugal à travers les provinces d'Entre-Douro et Minho, de Beira, d'Estramadure et d'Alenteju, dans les années 1789 et 1790; contenant des observations sur les mœurs, les usages, le commerce, les édifices publics, les arts, les antiquités, etc. de ce royaume.

Paris, Denné jeune, 1797. 2 volumes in-8 de xvj-218 pp. — viij-290 pp.; veau porphyre, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin vert, roulette encadrant les plats, coupes filetées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition in-8 (publiée en même temps que l'in-4). Elle est illustrée de 23 planches gravées dépliantes (plan de Lisbonne, bâtiments, inscriptions, costumes). En 1788, à la demande de William Conyngham, l'architecte James Murphy se rendit au Portugal pour y étudier le monastère et l'église de Bathala, chef d'œuvre de l'architecture gothique du Portugal. Puis il visita Lisbonne et les provinces méridionales, et revint à Londres en 1790. Le récit de ses voyages donne une intéressante description d'un pays souvent ignoré par les artistes et les voyageurs. Bel exemplaire. Quelques rousseurs, plus prononcées à certains feuillets. Brunet, III-1955. — Graesse, IV, 631. — Monglond, IV, 179.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NIEBUHR (Carsten).

Description de l'Arabie, d'après les observations et recherches faites dans le pays même.

Copenhague, Nicolas Möller, 1773. In-4 de (1) f., xliij-(3)-372 pp.; veau bleu, dos à nerfs orné, roulette encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches mouchetées (reliure du XIXe siècle).

Première édition française, traduite de l'allemand par Ferdinand-Louis Mourier. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante du Yemen avec les contours rehaussés, d'un tableau généalogique dépliant, et de 24 planches gravées dont 10 dépliantes (objet, costume, écriture et inscriptions, monnaies, monuments, cartes). Mathématicien, cartographe et astronome, Niebuhr reçut en 1758 l'offre de faire partie de l'expédition que le gouvernement danois envoyait en Arabie. Le 7 janvier 1761, il partit de Copenhague en compagnie de l'orientaliste von Haven, du naturaliste Forskaal, du médecin Cramer et du peintre Baurenfeind. En 1765, resté l'unique survivant de toute l'expédition après la disparition de ses compagnons, Niebuhr visita Surate et Maskat, la Perse, passa ensuite par Bassora, Bagdad, l'île de Chypre, la Palestine, Damas et Constantinople. Ce n'est qu'en novembre 1767 qu'il revint à Copenhague. Bon exemplaire, à grandes marges, avec l'ex-libris de Armand de Saint-Ferriol (1817-1880), frère de Louis de Sain-Ferriol, qu'il accompagna lors de son voyage en Égypte, en 1842. (n° 1669 du catalogue de la vente de sa bibliothèque à Grenoble en 1881). Dos légèrement passé. Brunet, IV, 74. — Boucher de La Richarderie, IV, 441. — Chadenat, 1941. — Gay, 3589. — Hage Chahine, 3441.

NIEKAMP (Johann Lucas).

Histoire des voyages que les Danois ont fait dans les Indes Orientales, depuis l'an 1705 jusqu'à la fin de l'année 1736.

Genève, Henri-Albert Gosse & Comp., 1747. 3 volumes in-8 de (1) f., xxxvj-244 pp. — (1) f., 282 pp. — (1) f., 202-(1) pp.; basane marbrée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes ornées, tranches bleues mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition de 1745 avec des titres de relais datés de 1747. En effet, cet ouvrage fut d'abord publié sous le titre d'Histoire de la mission danoise dans les Indes orientales. L’ouvrage fut traduit de l’allemand par Benjamin Gaudard. Il retrace l’histoire, entre 1705 et 1736, de la colonie danoise et des missionnaires évangéliques de Tranquebar dans le sud de l’Inde. Bon exemplaire. Légères rousseurs. Boucher de La Richarderie, V, 25. — Brunet, VI, 28154. — Chadenat, 6381.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAVIE (Auguste).

Deux légendes cambodgiennes. Réachkol. Rot-Thi-Sen.

Saigon, Imprimerie du Gouvernement, 1884. In-folio oblong de (11) ff. ; plein chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait).

Exemplaire unique, réalisé spécialement pour le gouverneur de la Cochinchine, Charles Thomson. Il est constitué d'un tiré à part de deux légendes cambodgiennes extraites de l'ouvrage d'Auguste Pavie, Excursion dans le Cambodge et le royaume de Siam, imprimé et publié à Saîgon en 1884 et dédié au même gouverneur. L'illustration se compose de 58 dessins à l'encre de Chine et lavis, exécutés par un artiste local: un titre (en cambodgien) illustré pour chacun des contes, 20 dessins pour le premier et 36 pour le second. En 1883, lors de la réalisation de cet album, Auguste Pavie n'avait pas encore réalisé son grand voyage d'exploration du Laos. Il était un employé au service des postes et télégraphes, et était chargé de diriger le chantier de la ligne télégraphique entre Phnom Penh et Bangkok. Bel exemplaire.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PETIT (Edouard).

En Océanie.

Paris, Charles Bayle, 1888. In-16 de 223-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, illustrée de 4 figures par A. de Bar et G. de Mare. Originaire de Saint-Denis de la Réunion, l'auteur fut nommé commissaire adjoint de la marine en 1880 et fut affecté en Polynésie. Durant trois années, il navigua dan sle Pacifique, dont il tira ce petit ouvrage fait de récits de rencontres et d'anecdotes de voyage. Il visita successivement les îles de la Société, les Gambiers, les Tubai, Tahiti, les Marquises, Tuamotu, Wallis, Samoa et Tonga, et les îles Fidji. Bon exemplaire. Numa Broc, Océanie, p.313. — O'Reilly, Tahiti, 1344.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PHILLIP (Arthur).

Voyage du gouverneur Phillip à Botany-Bay, avec une description de l'établissement des colonies du port Jackson et de l'île Norfolk.

Paris, Buisson, 1791. In-8 de (2) ff., 443 pp.; demi-basane verte, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Aubin-Louis Millin. Récit de l'expédition vers l'Australie et des premières années, très difficiles, de la première colonie européenne qui y fut créée sous la direction du capitaine Arthur Phillip, premier gouverneur de la Nouvelle-Galles du sud et fondateur de la ville de Sydney. On trouve aux pages 376 à 430 une relation abrégée de la révolte du navire le Bounty commandé par le lieutenant Bligh. Bon exemplaire. Chadenat, 5107. — Ferguson, 90.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PRIETO (Alejandro).

Proyectos sobre la colonizacion del istmo de Tehuantepec.

Mexico, I. Cumplido, 1884. In-8 de 126, II pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin noir, tranches mouchetées (reliure moderne).

Edition originale, illustrée de 5 planches lithographiées hors texte. Rare opuscule, imprimé à Mexico, relatif aux projets de colonisation et à l'établissement d'un chemin de fer dans le Mexique méridional long de 200 kilomètres, entre les golfes de Campeche et de Tehuantepec. Cette voie ferrée devait relier Coatzacoalcos sur la côte est à Salina Cruz sur la côte Pacifique. Bel exemplaire.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RAIMOND Julien.

Observations sur l'origine et les progrès du préjugé des colons blancs contre les hommes de couleurs; sur les inconvéniens de le perpétuer; la nécessité, la facilité de le détruire; sur le projet du Comité colonial, etc.

Paris, Belin, Desenne, Bailly, 26 janvier 1791. In-8 de viij-46 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin vert (reliure moderne).

Plaquette très rare signée de M. Raymond, homme de couleur de Saint-Domingue. Les Origines du préjugé sont précédés d'une Lettre de J.P. Brissot à M. Raymond, lettre contre Barnave et son projet de plan sur l'organisation des colonies. Elles sont suivies d'une Lettre de M. Raymond à J. P. Brissot. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7545. — Ryckebusch, 6773.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RICHARD (abbé Jérôme).

Histoire naturelle, civile et politique du Tonquin.

Paris, Moutard, 1778. 2 volumes in-12 de viij pp., iij à xxxviij, 366 pp. — xij-366-(2) pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et tabac, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Elle fut rédigée par l'abbé Richard d'après le mémoire que le père Charles-Thomas de Saint-Phalle (prêtre des Missions Étrangères qui résida au Tonkin de 1730 à 1738) écrivit à la demande de Dupleix. Divisé en deux parties, l'ouvrage contient une description du pays (géographie, gouvernement, coutumes, législation, religion…) et l'état des missions chrétiennes au Tonkin. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 126. — Brébion, 145 (édition de 1788). — Chadenat, 960. — Cordier BI, 1621. — Quérard, VIII, 22.

ROOKE (Henri).

Voyage sur les côtes de l'Arabie heureuse, sur la Mer Rouge et en Égypte. Contenant le récit d'un combat des Anglois avec M. de Suffren, et leur expédition contre le Cap de bonne-Espérance en 1781.

Londre, et se vend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., vi-154 pp. (mal chiffrée 150); demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Louis Langlès. L'auteur prit part à l'expédition britannique placée sous le commandement du chef d'escadre George Jonstone qui avait pour but la prise de la colonie néerlandaise du Cap de Bonne-Espérance. Mais, après la bataille de Porto Praya (au large des îles du Cap Vert) qui vit la défaite des Anglais par une flotte française placée sous le commandement du bailli de Suffren, l'escadre anglaise se dirigea vers l'Arabie. Là, l'auteur, malade, quitta l'expédition et se rendit à Moka à bord d'un navire arabe, puis à Al Hudaydah et à Suez. Il poursuivit en caravanne jusqu'au Caire, remonta le Nil jusqu'à Rosette, et se rendit à Alexandrie pour s'embarquer vers l'Angleterre. Chadenat, 5452. — Gay, 116. — Hage Chahine, 4130. — Ibrahim-Hilmy, II, 181. [Relié avec:] LANGLES (Louis). Ambassades réciproques d'un roi des Indes, de la Perse &c. et d'un empereur de la Chine, traduites du persan, avec la vie de ces deux souverains & des notes tirées de différents auteurs orientaux, manuscrits & imprimés. Londres, et se rend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., 58 pp. Récit écrit par Louis Langlès d'après celui d'Abd al Razz?k Samarqandi, ambassadeur perse à Calicutt au XVe siècle, et d'après des extraits de la collection des voyages de Melchisedech Thevenot pour l'ambassade chinoise. Boucher de La Richarderie, I, 45. Bel exemplaire.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SAVARY (Claude-Étienne).

Lettres sur l'Egypte, où l'on offre le parallèle des mœurs anciennes & modernes de ses habitans, où l'on décrit l'état, le commerce, l'agriculture, le gouvernement, l'ancienne religion du pays, & la descente de S. Louis à Damiette, tirée de Joinville & des auteurs arabes.

Paris, Onfroi, 1786. 3 volumes in-8 de xij-396 pp. — (2) ff., 304 pp. — (2) ff., 304 pp.; veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 4 planches gravées dépliantes (plan d'Alexandrie, intérieur de la grande pyramide, carte du delta du Nil, carte de l'Égypte). Savary se rendit en Egypte en 1776 et séjourna successivement à Alexandrie, à Rosette et au Caire. Les deux premiers volumes constituent la relation de son voyage, sous forme de lettres envoyées à son ami Lemonnier. Le dernier est consacré à l'étude de la religion et de la mythologie d'après les textes arabes. Bel exemplaire. Blackmer, 1492. — Hage Chahine, 4368.

SAYF IBN DI YAZAN.

Sultan Saif-Zuliazan. Traduit de l'arabe par Ali Bey.

Constantinople, J.J. Wick, 1847. In-4 de (2) ff., 366-(2) pp. ; demi-basane fauve, dos lisse orné doré et à froid (reliure de l'époque).

Très rare impression de Contantinople. Elle est illustrée de 5 planches lithographiées. Adaptation en français du célèbre roman de Saif Ibn Di Yazan traduit par Ali Bey. De son vrai nom Domingo Badia y Leblich, Ali Bey voyagea en Afrique et en Arabie en se faisant passer pour un musulman. Revenu en Espagne, il prit le parti de Napoléon qui avait envahi ce pays et dut se réfugier en France après le retour sur le trône du roi Ferdinand VII. Bon exemplaire, à grandes marges. Rares rousseurs, titre remonté.

SCHRANZ (Joseph).

Vue du Bosphore prise d'Asie.

Vers 1860. Aquarelle sur papier (45 x 22,5 cm), signée en bas à gauche.

Magnifique vue du Bosphore avec en fond la ville de Cosntantinople, réalisée par l'artiste Joseph Schranz. Ce dernier s'installa à Constantinople en 1832 et devint célèbre pour ses dessins de costumes et ses panoramas des environs de la ville. Bel état de conservation.

SCHŒLCHER (Victor).

L'Égypte en 1845.

Paris, Pagnerre, 1846. In-8 de (2) ff., 366 pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition. Dans le cadre de sa lutte contre l'esclavage, Victor Schoelcher entreprit un voyage en Orient en novembre 1841 avec pour "désir d'étudier l'esclavage musulman pour le comparer à l'esclavage chrétien; l'espérance de contempler en Égypte un spectacle unique dans l'histoire, celui d'un peuple régénéré par son maître". Son voyage le mènera jusqu'à Thèbes en Haute-Égypte, et à son retour, il dressa un portrait sans concession de l'Égypte sous Méhémet-Ali, sur la misère des fellahs et sur l'esclavage en Orient. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couvertures légèrement écornées, rousseurs éparses. Gay, 1623. — Ibrahim-Hilmy, II, 221.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SOLIS Y RIBADENEYRA (Antonio de).

Histoire de la conqueste du Mexique, ou de la Nouvelle Espagne, par Fernand Cortez.

Paris, veuve Claude Barbin, 1704. 2 volumes in-12 de (18) ff., 412-(20) pp. — (6) ff., 380-(15) pp.; veau moucheté, dos à nerfs ornés, pièce de titre de maroquin rouge, armes au centre des plats, coupes ornées,, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit de l'espagnol par Samuel Broë, seigneur de Citry de la Guette. Il est illustré de 2 cartes gravées (carte du Mexique, environs du lac de Mexique), et de 12 planches gravées dont 10 dépliantes (Rio de Canoas, port St Jacques à Cuba, Mexico, grand temple de Mexico, danses, scènes de batailles, panorama de Mexico, bataille de la vallée d'Ottumba). En plus de l'histoire de la conquête de ce pays par Cortez, l'ouvrage comporte également de nombreux renseignements économiques sur la population et sur les accroissements de la colonie du Mexique. Bel exemplaire aux armes de la famille Fauconnet de Vildé. Sabin, 86477.

STANISLAS (Frère).

Principaux oiseaux de l’Australie dessinés sur nature par frère Stanislas, pensionnat des Frères Maristes.

Sydney, vers 1900. In-folio, demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Exemplaire unique avec titre manuscrit et 9 gouaches originales montées sur carton et légendées. Ouvrage exceptionnel figurant les plus beaux oiseaux de l'Australie, réalisé par le frère mariste Stanislas. Passereaux, martins-pêcheurs et perruches sont représentés dans leur environnement naturel. Témoignage exceptionnel sur l'ornithologie en Australie au début du XXe siècle, l'ouvrage reçut la médaille d'or à l'Exposition Universelle de 1900. Fondée en 1817 par un prêtre français, St Marcellin Champagnat, les Frères Maristes sont une congrégation laïque masculine de droit pontifical qui se consacre à l'éducation de la jeunesse. Leur mission était de faire connaître et aimer Jésus-Christ, au travers de l'éducation et de la formation des enfants, essentiellement dans les écoles. En 1872 quatre frères arrivant d'Europe, fondèrent la première communauté australienne. Ils connurent très rapidement le succès, et à l'exception de la Tasmanie, ils ont été actifs dans toute l'Australie. Tampon sur la page de titre : "Exposition Universelle Paris-1900, Union des Frères Enseignants, Médaille d’Or." Salissures à la reliure, mouillure sur le second plat. Rousseurs.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

TOMBE (Charles-François).

Voyage aux Indes orientales, pendant les années 1802, 1803, 1804, 1805 et 1806.

Paris, Arthus Bertrand, 1810. 2 volumes de texte in-8 de xv-(1 bl.)-413 pp., (1) f. — (2) ff., 348-(1) pp., (1) f., et un atlas in-4 de (2) ff.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, non rognés (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, publiée d'après les notes de l'auteur et annotée par Charles Sonini de Manoncourt. L'atlas comprend 18 planches gravées: 7 cartes ou plans dépliants (dont l'île Maurice, Java, et l'île de la Réunion nommé île Bonaparte), 5 planches de costumes, une planche d'armes, une d'instruments de musique, et 4 vues dépliantes de Batavia et de Kupang. Officier du génie, l'auteur se trouvait à La Réunion en 1803 lors de la reprise de la guerre entre la France et l'Angleterre. Il prit part à l'expédition dirigée par l'amiral Linois pour reprendre les colonies de l'Inde restituées à l'Angleterre lors de la paix d'Amiens. Son ouvrage contient la description du Cap de Bonne-Espérance, de l'île Maurice, de La Réunion, de Java, de Banca et de la ville de Batavia; des observations sur le commerce et les productions de ces pays, ainsi que sur les mœurs et les usages des habitants; la campagne du contre-amiral de Linois dans les mers de l'Inde et à la côte de Sumatra; des remarques sur l'attaque et la défense de Colombo dans l'île de Ceylan, lors de sa reddition aux Anglais; et enfin un Vocabulaire des langues française et malaise. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Brunet, VI, 20019. — Mendelssohn, II, 503. — Monglond, VIII, 993-995. — Ryckebusch, 7791.

TRUMBULL (Henry).

History Of The Discovery Of America; of the landing of our forefathers at Plymouth, and of their most remarkable engagements with the Indians in New-Englannd [sic], from their eirst landing in 1620, until the final subjugation of the natives in 1679. To wich is annexed the particulars of almost every important engagement with the savages at the wesward to the present day. Including the defeat of generals Bradock, Harmer, and St. Clair, by the Indians at the westward; the Creek and Seminole war &c.

Boston, George Clark, 1831. In-8 de 256 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées sur bois et coloriées dont un grand frontispice dépliant illustrant la défaite de Tecumseh en 1812. Cette histoire des premiers colons en Amérique et des guerres indiennes, très populaire en Amérique, a connu de très nombreuses éditions. Bon exemplaire. Rousseurs, plus prononcées à certains cahiers. Sabin, 97196.

TURGIS (Louis).

L'Amérique - La America.

Paris, L. Turgis, circa 1860. Lithographie originale en couleurs (36,9 x 47,9 cm).

Belle estampe allégorique lithographiée en couleurs par Louis Turgis, illustrant la vie en Amérique du Nord dans la seconde moitié du XIXe siècle, et les relations entre Américains et Amérindiens. La scène montre un propriétaire de plantation en conversation avec trois Amérindiens. Derrière lui se tiennent son épouse et ses enfants. L'entrevue semble se dérouler sereinement, mais l'épouse montre un visage inquiet. Le propriétaire tient un fusil sur l'épaule, ainsi que l'un des Amérindiens. Au second plan, on peut voir des esclaves Noirs exécutant des travaux de récolte. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, essentiellement marginales.

TÖNSBERG (Christian).

Udvalgte Norske Nationaldragter.

Christiania [Oslo], Chr. Tönsberg, 1861. Petit in-folio de (1) f., 31 pp. ; demi-chagrin fauve, dos à nerfs muet, étiquette conservée en lettres dorées sur le premier plat (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage illustré de 16 planches en chromolithographie (titre et 15 planches de costumes, chacune accompagnée d'un feuillet explicatif), et de 8 pages de musique notée. La légende des planches et le texte sont en norvégien, allemand et anglais. Très rare album montrant les costumes masculins et féminins des différentes provinces de Norvège, la dernière représentant des Lapons. Légères rousseurs. Manque à Colas.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VERGUET (Léopold).

Histoire de la première mission catholique au vicariat de Mélanésie.

Carcassonne, imprimerie de P. Labau, 1854. In-8 de (1) f., 319-(1) pp.; broché, couverture bleue imprimée.

Première édition, illustrée de 24 planches hors texte (dont un portrait, 3 cartes, 12 visages de Polynésiens, 5 vues, 1 fac-similé de lettre, et 2 planches diverses). Prêtre de l'ordre des Maristes, l'auteur fit partie de la première mission catholique en Mélanésie. Partie de France en 1845, la mission fit escale à Sydney puis en Nouvelle-Calédonie avant de s'établir dans les îles Salomon. En 1847, il tomba malade, et regagna la France. Il continua néanmoins à rédiger l'histoire de la mission jusqu'en 1848 et jusqu'à la mort de Monseigneur Jean-Georges Collombs, successeur de Monseigneur Épalle. Bon exemplaire conservé dans sa brochure imprimée d'origine. Défauts d'usage à la couverture. O'Reilly, Nouvelle-Calédonie, 2934.

VERHOOST (Edgar).

Voyage aux Antilles. Lettres intimes.

Bruxelles, vers 1900. Manuscrit. 3 volumes in-8 (21 x 13,8 cm); percaline brune, pièces de titre et de tomaison de basane brune, titre doré sur le plat supérieur, tranches rouges (reliure de l'époque).

1) 601 pp., 2 cartes h.t. imprimées et coloriées, 1 plan manuscrit h.t., 5 photographies volantes. - 2) 547 pp., 3 cartes h.t. imprimées, coloriées et entoilées, 8 photographies montées sur des feuillets paginés 577 à 591. - 3) 524 pp., 1 plan manuscrit h.t., colorié et entoilé, 7 photographies montées sur des feuillets paginés 547 à 552. Relation d'un voyage aux Antilles effectué par un ingénieur belge en 1888-1889. Le premier volume couvre la période du 4 octobre au 24 novembre 1888; il se rapporte à la traversée et au premier séjour à la Martinique. Le second, qui s'étend du 25 novembre 1888 au 5 janvier 1889, relate les voyages à Sainte-Lucie, la Barbade, Tobago, Trinidad, le retour à la Martinique, la Guadeloupe, à nouveau la Martinique, puis Antigua et les îles Vierges (Saint-Thomas). Le troisième, du 6 janvier au 1er mars 1889, se rapporte à Porto-Rico, Cuba (La Havane), à nouveau Saint-Thomas et la Martinique, puis la traversée jusqu'au Havre. Rédigé sous forme de lettres adressées à sa femme, le manuscrit, très dense, est d'une présentation soignée et le texte d'une écriture régulière. Les années ne sont pas indiquées mais certains faits relatés permettent de situer le voyage en 1888-1889; la rédaction a été faite ultérieurement, une note faisant allusion à l'éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en mai 1902 (t. 1, p. 247). L'illustration comprend 5 cartes imprimées et coloriées (routes maritimes, mer des Caraïbes, Martinique, Guadeloupe, Trinidad), 2 plans manuscrits (Saint-Pierre de la Martinique, La Havane) et 20 photographies non signées, mais réalisées par l'auteur. Les photographies du premier volume, non montées, ne comportent pas de légende; certaines semblent toutefois se rapporter à Saint-Pierre de la Martinique : grande rue du Mouillage (à rapprocher d'une vue similaire figurant dans l'Album martiniquais de Hartmann), port, théâtre; deux autres clichés montrent une large avenue bordée d'arbres et une jeune femme posant devant un décor exotique. Celles du second volume contiennent 4 vues de Port of Spain (Trinidad) : Brunswick square (palais du gouverneur, cathédrale), procession de coolies (fête religieuse du Moharrum), ravine cacaoyère, forêt de bambous, plus 4 vues de Saint-Thomas (îles Vierges) : maisons, temple luthérien, savane à l'extrémité de la ville, entrée triomphale du prince héritier de Danemark. Les 7 photographies du dernier volume ont été prises à La Havane (Cuba) : fort d'El Morro, Alameda de Paulo, Paradero de Villanueva, Castillo de la Chorrera, statue d'Isabelle II au Parc central, Alameda de Isabel la Catolica, monument de l'Indienne. Le voyageur ne donne pas de précisions sur l'objectif de son voyage; il indique seulement que "des affaires importantes" ont motivé son départ (t. 1, p. 10). Parti de Bruxelles, il arrive à Paris le 4 octobre 1888, prend le train pour Nantes, puis Saint-Nazaire où il embarque le 6 sur la Ville de Saint-Nazaire. Son journal maritime contient un grand nombre de détails sur la traversée : contacts avec les passagers, distractions à bord, caractéristiques du navire, conditions météorologiques, etc. L'arrivée à Saint-Pierre (Martinique) a lieu le 21 octobre : Verhoost visite la ville, le jardin des plantes ainsi que les environs, en particulier l'habitation Périnelle située sur les contreforts de la Montagne Pelée (pp. 279-282). Il est aussi reçu dans un club très fermé, réservé aux principaux habitants et négociants de la colonie. Son récit donne des détails sur certains événements comme le raz-de-marée du 4 septembre. Il contient aussi la liste des photographies faites à Saint-Pierre (pp. 427-432). En novembre, il se rend Fort-de-France puis à La Rivière-Salée où il visite l'exploitation du célèbre agriculteur, industriel et propriétaire terrien Octave Hayot (1843-1892), à l'origine de l'industrialisation de la production de sucre dans l'île. A cette occasion, Hayot lui remet un exemplaire de son livre intitulé "Matériaux pour l'histoire de la Martinique agricole"; une note indique qu'il mourut quatre ans plus tard (p. 556). Verhoost établit ensuite une liste de photographies prises à Fort-de-France (pp. 585-588) et prépare la suite de son voyage vers les Antilles anglaises. Le 25 novembre 1888, il est à Sainte-Lucie et visite Castries, divisée en une partie européenne et une partie indigène dont il remarque l'extrême pauvreté. Le lendemain, il arrive en rade de Bridgetown, à La Barbade; il visite la ville et décrit les costumes des habitants. Après un bref passage à Tobago, il arrive à Trinidad le 29 où il visite Port d'Espagne (Port of Spain), San Fernando puis Arima. Muni d'une lettre de recommandation établie par un colon de la Martinique le présentant comme "ingénieur belge en mission aux Antilles" (t. 2, p. 122), il se rend chez un Français établi à Trinidad, M. de Verneuil, qui lui fait visiter la région. Le voyageur décrit la faune, les oiseaux, les serpents, la flore, les fruits, l'arbre à pain, etc., puis il donne une liste de photographies prises à Sainte-Lucie, La Barbade et Trinidad (pp. 154-159). De retour à la Martinique le 9 décembre, il part le lendemain pour la Guadeloupe et arrive à Pointe-à-Pitre le 11. Il décrit la ville, dont il remarque la malpropreté et l'insalubrité, puis il visite le musée Schoelcher et le musée d'histoire naturelle. Il évoque aussi les habitants, leurs costumes ainsi que les ressources agricoles de l'île. Le 18, il se rend à la Basse-Terre et relate, le lendemain, une ascension au sommet de la Soufrière (pp. 321-336). Il revient ensuite à la Martinique, qu'il quitte le 31 décembre. Le 1er janvier 1889, il arrive en rade de St John of Antigua. Le 3, il débarque à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, situées à l'est de Porto-Rico et qui appartenaient à l'époque au Danemark. Reçu par les Pères Rédemptoristes, il signale la présence d'une colonie flamande, puis établit une nouvelle liste de photographies qu'il envoie à sa femme (pp. 532-534). Il quitte Saint-Thomas le 5 janvier. A Porto-Rico, où il arrive le 7 janvier, il effectue une course rapide à travers la ville puis reprend la mer pour débarquer le 10 à La Havane où il reste jusqu'au 22 janvier. Il visite la ville : maisons, monuments, établissements publics, cafés, théâtres…, décrit l'animation dans les rues et assiste à un combat de taureaux. Il se rend à Matanzas, visite les grottes de Bellamare et autres curiosités de l'île. De retour à La Havane, il visite les régions de l'ouest en traversant d'immenses champs de canne à sucre, de maïs, d'igname et de tabac. Il constate que l'esclavage est toujours en vigueur à Cuba, alors qu'il a été aboli à Porto-Rico, et s'étend longuement sur ce problème (t. 3, pp. 157-163). Le 20 janvier, il établit une cinquième et dernière liste de photographies (pp. 238-240). Le 26, il est de retour à Saint-Thomas, puis à Saint-Pierre (Martinique) le 6 février; le 10, il monte à bord du Lafayette qui arrive au Havre le 1er mars 1889. La fin du manuscrit contient le journal de bord du voyage de retour. Par la suite, l'auteur effectua un voyage en Norvège en mai-juin 1905 (publié sous le titre Quatre semaines en Norvège, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1910, in-8), puis un voyage en Orient de décembre 1905 à février 1906 (resté inédit). Il était peut-être apparenté à la maison Verhoost Frères de Courtrai, spécialisée dans la fabrication de toiles et qui participa à l'Exposition universelle de Liège en 1905. Manuscrit inédit, très riche en observations sur les pays visités.

VERNET (Claude-Joseph).

Collection des vues des ports de mer en France, peint pour Louis XV, par J. Vernet, et gravées par J. P. Le Bas.

Paris, J. P. Le Bas, vers 1780. Grand in-folio; demi-veau marbré, dos lisse orné en long, pièce de titre en maroquin rouge sur le premier plat (reliure de l'époque).

Rare album, comprenant un titre imprimé, la liste des planches, et 16 planches gravées par Charles-Nicolas Cochin et Jacques-Philippe Le Bas: 1. Le port neuf ou l'arsenal de Toulon. 1760. 2.L'intérieur du port de Marseille. 1760. 3.La Madrague ou la pêche au thon vue du golfe de Bandol. 1760. 4. L'entrée du port de Marseille. 1760. 5. Le port vieux de Toulon. 1762. 6. La ville et la rade de Toulon. 1762. 7. Le port d'Antibes en Provence. 1762. 8. Le port de Cette en Languedoc. 1762. 9. Vue de la ville et du port de Bordeaux prise du côté des Salinières. 1764. 10. Vue de la ville et du port de Bordeaux prise du câteau Trompette. 1764. 11. Vue de la ville et du port de Bayonne prise à mi-côte sur le glacis de la citadelle. 1764 12. Vue de la ville et du port de Bayonne prise de l'allée Bouflers près la porte de Mousserole. 1764. 13. Le port de Rochefort. 1767. 14. Le port de La Rochelle. 1767. 15. Vue du port de Dieppe. 1778. 16. Le port et la ville du Havre. 1776. Les quinze premières planches furent gravées d'après les 15 tableaux de Joseph Vernet, peints sur place entre 1753 et 1765 et fruit d'une commande royale. Le premier plan est occupé par une représentation des activités spécifiques à la région, faisant de chaque tableau un témoignage de la vie des ports français au milieu du XVIIIe siècle. La dernière planche fut gravée d'après le tableau de Jean-François Hue, élève de Vernet, et qui fut chargé de continuer la série. Les gravures furent vendues à la pièce, ou réunies en recueil, avec les planches numérotées, un titre et la liste des planche. Le nombre de planches augmentant au fur et à mesure de leur réalisation, chacun des deux graveurs vendaient ces recueils pour son propre compte, avec un titre légèrement différent. La table de notre exemplaire comprenait initialement 14 titres, à laquelle fut ajouté un papillon portant le titre des deux dernières gravures du recueil. Il est devenu extrêmement rare de trouver un recueil tel que paru à l'époque. Polak, 9413. — Jombert (Charles-Antoine). Catalogue de l'œuvre de Ch. Nic. Cochin, 1770, page 96.