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FLANDIN (Eugène).

Voyage en Perse pendant les années 1840 et 1841.

Paris, Gide et Jules Baudry, 1851. 2 volumes in-8 de (2) ff., 511 pp. — (2) ff., 536 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons à froid (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante entoilée représentant l'itinéraire de la mission. Elève d'Horace Vernet, le peintre Eugène Flandin et l'architecte et archéologue Pascal Coste furent envoyés en mission en Perse par l'Institut pour y inventorier les monuments anciens et modernes. De retour en France, ils publièrent, en 6 volumes in-folio dont 5 de planches le résultat de leurs travaux. Dans le même temps, Eugène Flandin écrivit et publia le récit de leur voyage à travers la Perse. Bel exemplaire, à grandes marges. Rousseurs claires au tome 1 et à quelques cahiers du tome 2. Brunet, II, 1281. — Wilson, p.72.

FLEURIAU d'Armenonville (Thomas-Charles).

Estat des missions de Grèce.

Paris, Antoine Lambin et Simon Besnard, 1695. In-12 de (1) f., 299-(9) pp.; veau fauve, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Procureur des missions jésuites établies au Levant, l'auteur donne une description de cette région à partir des lettres envoyées par les missionnaires. Ces missions étaient celle de Constantinople, Smirne, et des îles de l'archipel (Chios, Paros Athènes, Tinos, Syros, Naxos, Amorgos, Santorin et Eubée). Il en retrace l'histoire et donne de nombreux détail sur les mœurs locales. Bon exemplaire. Blackmer, 609. — Sommervogel, III, 788.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FOLEŸ (Antoine-Édouard).

Quatre années en Océanie.

Paris, J. Hetzel, 1866. In-8 de (2) ff., 300 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Edition originale. À sa sortie de l'Ecole Polytechnique, l'auteur fut affecté comme élève-officier à bord de la corvette le Rhin qui navigua en Océanie de 1842 à 1846. Le navire quitta Toulon en août 1842 pour la Nouvelle-Zélande et arriva à Akaroa en janvier 1843 après une escale à Bahia au Brésil et une autre en Tasmanie. Après un séjour de plusieurs mois, il visita plusieurs ports de Nouvelle-Zélande, se rendit à Sydney, revint à Akaroa, et alla ensuite à Valparaiso, aux îles Marquises et à Tahiti. En 1845, il fit une tournée des missions catholiques de l'Océanie (Tonga,Wallis et la Nouvelle-Calédonie). De retour en France, Foley reprit ses études, devint médecin, adepte des idées de Saint-Simon et donna des cours de géographie à l'Association Polytechnique (sorte d'université populaire). Dans son ouvrage, issus de ses cours, il étudie le développement de l'humanité et la formation des races et des types individuel en prenant ses exemples parmi les populations d'Océanie qu'il a rencontré. Bon exemplaire. O'Reilly, Tahiti, 4416.

FORDE (Arthur William).

Scrape book. Album de dessins, d'aquarelles, de photographies et de documents imprimés ou manuscrits.

Inde, vers 1860-1870. In-folio (40,5 x 28 cm) de 35 ff. (paginés 1-13, 24-59 et 70-89), (44) ff., plus 21 ff. restés vierges; demi-chagrin vert foncé à coins, dos muet, plats de percaline verte, titre doré sur le plat supérieur suivi des initiales "A.E.F." (reliure de l'époque).

L'album d'une famille britannique d'origine irlandaise établie en Inde. Un scrape book (littéralement "album de découpures") est un album-souvenir évoquant l'histoire d'une famille par des photographies, des lettres, des dessins, des articles découpés dans la presse ou des documents divers. Le présent volume a été constitué par Ada Emily Forde et son époux Arthur William Forde, ingénieur des chemins de fer puis ingénieur-conseil à Bombay. Il contient 130 photographies, 95 dessins à la mine de plomb, parfois rehaussés de couleur, 72 dessins aquarellés, 26 pièces imprimées, 15 documents manuscrits et 13 dessins exécutés à la plume. Les documents sont en grande majorité montés au recto et au verso de chaque feuillet, souvent à plusieurs par page. Quelques-uns, non montés, sont insérés entre des feuillets vierges à la fin du volume. Les photographies représentent la famille Forde à Ahmedabad (Etat de Goudjerat, au nord-ouest de l'Inde) ou à l'occasion de voyages (Angleterre en 1862, Italie et Suisse en 1867). Sont représentés notamment Arthur William et Ada Emily Forde ainsi que leurs enfants, dont Cyril Wolseley Forde, né en 1864. On y trouve des portraits de proches, comme le major Strutt ainsi que le révérend Canon Falloon et son épouse, puis leurs amis à l'étranger, comme Mme Odier à Genève, le chevalier Cutieri à Pise ou M. Bellochio à Menton. Suivent leurs amis en Inde : capitaine Butler, général Hancock, capitaine Davies, M. Chick, puis leurs relations : révérend A. Stanley, Sir Henry Marsh, capitaine Johnstone, etc. Certaines photographies sont signées Ritter, Molkenteller & Cie, Bombay & Poona, India; Bourne & Shepherd, India; Ferretti, Roma-Napoli; Fratelli Alinari, Firenze; Van Lint, Pisa; Lacombe & Lacroix; Levitsky, rue de Choiseul; Mayhall, London & Brighton; Boissonnas, Genève, etc. Deux photographies, signées AWF, représentent des temples à Ahmedabad (p. 58). A la fin du volume a été inséré un portrait d'Arthur William Forde, réalisé vers 1880 par le photographe P. Vuccino & Cie, Medowstreet Fort Bombay. Les dessins à la mine de plomb comprennent 46 dessins signés "AWF" (Arthur William Forde), 2 présentent d'autres signatures et 47 sont non signés, mais pouvant, pour la plupart, être attribués à A. W. Forde. Parmi les plus anciens, on relève : The seal of Spencer Phillips, esq., Daubury, Essex, 1839; Great Buddow Church, 1839; The Rev. Dr. O'Beirne, principal of Portora College from 1816 to 1836; Paper mill, Belfast, 1838; d'autres, datés 1838 et 1839, comportent des légendes en partie effacées : ils montrent des églises, des maisons ou des villages de Grande-Bretagne. Un dessin daté 1850 montre quelques embarcations, un autre représente Song Bridge à Belfast. On y trouve aussi une représentation de la Provincial Bank of Ireland en 1840 avec, au premier plan, une diligence, ainsi qu'une vue prise de la gare de Bangor, dans le nord du pays de Galles en 1849 (après la p. 89). A la suite se trouvent les dessins relatifs à l'Inde : "Our Christmas Encampment at Anas, 1857"; "Railway Bungalow - Baroda. Mr Ravenscropt tents. Dec. 21th 1857"; "Sirkey, Jan. 2nd, 1858"; "Sirkey, Ahmedabad, 1858"; "View of Ahmedabad & the river. Janv. 4th 1858"; "From Danda Dhurumsalla"; "Fort Chotademaun"; "From Caragolam Ghaut Bungalow"; "Col. Colis Bungalow - Baroda"; "Engineering College Poona"; "Gorabunder"; "Temple near Poona"; "Esplanade Bombay, from the Strangers Lines - March 1858". Concernant les dessins aquarellés, 28 sont signés "AWF" (Arthur William Forde), 11 sont signés "Rev. A.B.F." (son père, le révérend Arthur Brownlow Forde), 3 comportent d'autres signatures et 30 ne sont pas signés. Les aquarelles d'Arthur Brownlow Forde, très bien exécutées, représentent des paysages pittoresques de Grande-Bretagne souvent accompagnés d'une végétation abondante; trois d'entre-elles sont datées 1790 (p. 74). Celles d'Arthur William Forde sont d'un style assez proche; quelques-unes ont été réalisées au lavis. Elles sont souvent consacrées à l'Irlande, comme celle intitulée "View of Black Mountain and Colin Mountain from Fisherwick Place, Belfast" (après la p. 89). Certaines aquarelles représentent des gares de chemin de fer; d'autres ont été exécutées en Italie : Pise, Florence, Côme. A la fin du volume se trouvent quelques aquarelles concernant l'Inde, notamment son habitation en 1856. Par ailleurs, une aquarelle est signée HFH (p. 48), une est signée Edwin A. Penley, 1873 (p. 53), et, à la fin du volume, une autre est signée F. Margrave. Les pièces imprimées sont des coupures de presse, mais aussi des gravures extraites de livres ou des cartes de visite. Quant aux documents manuscrits, il s'agit de lettres familiales, de billets ou de poèmes. Né en 1821, Arthur William Forde fut placé, à l'âge de 15 ans, comme élève de l'ingénieur Godwin, directeur général des chemins de fer d'Irlande du Nord (Ulster Railway Company). Il devint par la suite ingénieur, puis ingénieur en chef. En 1846, il épousa Ada Emily O'Beirne. En 1855, il fut nommé ingénieur en chef de la Bombay, Baroda, and Central India Railway Company et s'installa en Inde. Il construisit le Taptee Bridge puis obtint des concessions pour la construction de nouvelles lignes. Après avoir quitté cette compagnie en 1860, il s'établit comme ingénieur-conseil et travailla à différents projets, notamment celui du Sassoon Dock dans le port de Bombay. Par la suite, il s'occupa des questions relatives à la distribution des eaux et à l'écoulement des eaux usées. Il fut par ailleurs un artiste réputé, exposant chaque année ses œuvres à la Western India Fine Arts Exhibition. En 1885, il obtint un prix pour l'un de ses tableaux. Grand amateur de photographies, il fut élu président de la Photographic Society of Bombay et mourut dans cette ville en 1886. Le volume est dérelié et le papier, très fragile, se détache par morceaux sur les bords; plusieurs feuillets sont déchirés, rendant la consultation délicate. Précieux document évoquant l'Irlande ainsi que la présence britannique en Inde. Provenance : Ada Emily Forde (initiales sur le plat supérieur). – Arthur William Forde (signature à l'intérieur du volume). Sur Arthur W. Forde, cf. Buckland, Dictionary of Indian Biography, 1906, p. 150 et Grace's Guide, British Industrial History (sur le site Internet www.gracesguide.co.uk).

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

GASTINE (Civique de).

Histoire de la république d'Haïti ou Saint-Domingue, l'esclavage et les colons.

Paris, Plancher, 1819. In-8 de viij-264 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne. Créole de La Martinique, l'auteur publia plusieurs ouvrages et pétitions pour l'abolition de l'esclavage. En 1821, il fut exilé et fut accueilli à Haïti par le président Boyer qui lui octroya une pension et une souscription publique qui lui donnait une propriété Aux Cayes, mais il mourrut quelques mois après son arrivée. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques rousseurs, petite mouillure en début de volume, et petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 5920. — Inconnu de Ryckebusch (qui cite d'autres titre de cet auteur). — Sabin, 96332.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUYS (Henri).

Voyage en Syrie. Peinture des mœurs musulmanes, chrétiennes et israélites.

Paris, Just Rouvier, 1855. In-8 de viij-412 pp. ; broché, couvertures imprimées.

Seconde édition de l'ouvrage paru en 1854 sous le titre "Un derviche algérien en Syrie". Issu d'une famille de diplomates ayant exercés au Levant, Henri Guys fut nommé consul à Beyrouth de 1823 à 1837, puis à Alep jusqu'en 1847. Retiré à Marseille, il se consacra à des travaux littéraires. Le présent ouvrage relate l'histoire d'un algérien fait prisonnier par les français après la conquête de l'Algérie. Libéré à la condition de ne plus revenir dans son pays natal, il choisit de s'exiler à Alep en Syrie. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Hage Chahine, 2069.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HAUSSEZ (Charles Lemercier de Longpré, baron d').

Voyage d'un exilé de Londres à Naples et en Sicile, en passant par la Hollande, la Confédération germanique, le Tyrol et l'Italie. [Suivi de :] Alpes et Danube, ou Voyage en Suisse, Styrie, Hongrie et Transylvanie. Pour faire suite au Voyage d'un exilé.

Paris, Allardin, Ambroise Dupont, 1835-1837. 4 volumes in-8 de (2) ff., 447 pp. — (2) ff., 422 pp. — (2) ff., 406 pp. - (2) ff., 364 pp. ; demi-veau vert, dos lisses filetés or, filet doré encadrant les plats, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Nommé Ministre de la Marine par Charles X, le baron d'Haussez s'occupa de l'organisation des immenses préparatifs de l'expédition d'Alger. Après les événements de 1830, il dut s'exiler en Angleterre, puis parcourut l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Hongrie et la Roumanie. Il rentra en France à la faveur de l'amnistie de 1839 et se retira de la vie politique. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque du prince de Dietrichstein avec son ex-dono. Quelques rousseurs, plus prononcées à certains feuillets, petit accroc à un coin. Brunet, 20104.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Volcans des Cordillères de Quito et du Mexique.

Paris, Théodore Morgand, 1864. In-8 oblong de (2) ff., ; demi-chagrin vert, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 12 planches gravées, chacune accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Elles représentent des vues de volcans du Pérou et du Mexique, la plupart dessinées par Alexandre de Humbolt en 1802 lors de sa traversée des Andes, et au cours de laquelle il tenta d'atteindre le sommet du Chimborazo. Il monta néanmoins jusqu'à 5920 m, établissant ainsi le recoort d'altitude de son époque. Ce recueil fut publié pour la première fois en 1854 pour accompagner l'ouvrage de Humboldt, Mélanges de géologie et de physique générale. Bel exemplaire. Sabin, 33749

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOHNSON (Henry) — HALES (Stephen).

Histoire des tremblemens de terre arrivés à Lima, capitale du Pérou, et autres lieux.

La Haye, 1752. 2 partie en un volume in-12 à pagination continue de xvi-445 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais et augmentée par Stephen Hales. Elle est illustrée de 7 planches gravées dépliantes : une carte de l'audience de Lima au Pérou, les plan de Lima, Callao et de la rade de Callao, et 3 planches de costumes. La première partie contient une Histoire du tremblement de terre arrivé à Lima, par Henry Johnson. On y trouve une description de Lima et du port de Callao avant cet évènement, et des réflexions sur les causes de la sécheresse qu'il fait à Lima ainsi que les fréquents tremblements de terre dans la région. Vient ensuite un texte de Pedro Lozano intitulé Relation exacte de la destruction de Lima. La seconde partie contient une Description du Pérou, de ses habitants, et de leurs différents commerces; une Réflexion physiques sur les causes des tremblemens de terre, présentées à la société royale de Londres le 5 avril 1750 par M. Hales; et une Relation d'un tremblement de terre, arrivé au Port Royal à la Jamaïque au mois de juin 1692, tirée de deux lettres du ministre de cette colonie, écrites à bord du vaisseau la Grenade, alors en rade au Port-Royal (attribuée au révérend E. Hearth). Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Sabin, 42596.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JOUVE (Joseph, dit VOJEU de BRUNEM).

Histoire de la conquête de la Chine par les Tartares mancheoux.

Lyon, les frères Duplain, 1754. 2 volumes petits in-12 de (10) ff., 345-(1) pp. — (2) ff., 318-(4) pp.; veau havane marbré aux armes, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Pour écrire son histoire l'auteur se servit du manuscrit de la volumineuse Histoire de la Chine du Père Mailla qui n'était pas encore publiée. Ce manuscrit, envoyé par le Père Mailla en 1737, se trouvait conservé à la bibliothèque du collège jésuite de Lyon où l'auteur enseignait la théologie morale. Son ouvrafge se termine par une concordance chronologique entre la Chine et l'histoire ancienne qu'il tira d'un manuscrit latin du Père Régis conservé dans la même bibliothèque. Bel exemplaire. Armes non identifiées. Chadenat, 7056. — Cordier, BS, 629. — Sommervogel, 860.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA CROZE (Mathurin Veyssière de).

Histoire du christianisme d'Éthiopie, et d'Arménie.

La Haye, la veuve Le Vier, & Pierre Paupie, 1739. Petit in-8 de (7) ff., 402 pp.; veau fauve, dos à nerfs orné de symboles héraldiques, coupes fitetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un frontispice gravé, et d'une figure gravée sur cuivre dans le texte repésentant une pièce de monnaie. Mathurin Veyssière de La Croze (1661-1739), fut moine bénédictin à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Mais, en conflit avec son ordre, il se rendit à Berlin, se convertit au protestantisme et devint bibliothécaire de Frédéric II de Prusse. La Croze était l'un des hommes les plus érudits de son temps, il connaissait plusieurs langues orientales et rédigea le manuscrit d'un dictionnaire copte-latin. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Charles de Rohan, prince de Soubise (1715-1787), maréchal de France et ministre d'état (lot n° 7900 de la vente de son importante bibliothèque en 1788). Coiffes et coins usagés, mors fendus. Brunet, VI, 21567. — Gay, 2691. — OHR, 2034-6 & 7.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique et notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production du pays, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. [Relié avec:] - [PIDANSAT de MAIROBERT (Mathieu-François)]. Lettre de M. de M... à M. de ... sur les véritables limites des possessions angloises & françoises en Amérique. S.l., 1755. 11 pp. Rare plaquette publiée à la veille de la guerre de Sept ans, alors que les hostilités étaient déjà déclarées en Amérique entre les Français et les Anglais. - RONDET (Laurent-Étienne)]. Réflexions sur le désastre de Lisbonne. En Europe, aux dépens de la compagnie, 1756. Premier tome seul sur deux. Bel exemplaire. Les plats sont restés à nus. Sabin, 38564 (premier ouvrage, le second n'y figure pas).

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAPLANTE (Edouard).

La Habana. Panorama general de la ciudad y su bahia.

La Habana, L. Marquier y Laplante, circa 1850. Lithographie originale (49,9 x 71,5 cm, hors marges).

Fabuleux panorama à vol d'oiseau de la ville de La Havane et de sa baie, dessiné par Edouard Laplante et lithographié en couleurs par Laplante et Luis Marquier, publié à La Havane en 1850. La vue est prise depuis la colline du village de Casablanca, sentinelle historique et populaire de la baie de La Havane. Cette vue détaillée illustre les débuts de la modernisation de la ville de La Havane, initiés par le gouverneur Miguel Tacón y Rosique. Soucieux de faire de la capitale une ville imposante et majestueuse, Tacón commanda une série de bâtiments publics importants. La croissance de quartiers riches comme El Cerro, et plus tard El Carmelo et El Vedado, fut planifiée de la même façon, et selon un schéma bien structuré. Ces quartiers sont visibles au centre de la lithographie, filant vers l'horizon. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Peintre et lithographe français, Edouard Laplante s'installa à Cuba au milieu du XIXe siècle, comme vendeur de machinerie sucrière pour le compte de la compagnie française Derosne et Cail à Paris. Son activité commerciale l'amena à collaborer en tant qu'illustrateur pour l'ouvrage du propriétaire foncier cubain Justo Germán Cantero, consacré à l'histoire et à la description des plus grands et meilleurs moulins à sucre de l'époque. Il s'agit de l'ouvrage intitulé Los Ingenios (les plantations de canne à sucre), publié à La Havane entre 1855 et 1857. Laplante réalisa également une série de lithographies de grand format, représentant pour la plupart des villes importantes de Cuba, et naturellement liées à l'industrie sucrière. La série débuta avec notre panorama de La Havane, qui est sans aucun doute la ville la plus importante de la série. Edouard Laplante se dédia fondamentalement à la lithographie et contribua à l'essor de cette expression artistique durant le XIXe siècle. Avec Miahle, peintre et graveur comme lui, il était considéré comme le plus remarquable des graveurs étrangers ayant travaillé à Cuba. Pliure centrale et déchirures restaurées, petits manques à la pliure centrale. Lapique Becali, La Habana. Imagen de una ciudad colonial, 2013.

LAUGIER de TASSY (Jacques-Philippe).

Historia del reyno de Argel; con el estado presente de su govierno, de sus fuerças de tierra, y mar, de sus rentas, policia, justicia, politica, y comercio.

Barcelona, Juan Piferrer, 1733. Petit in-8 de (12) ff., 340 pp.; basane mouchetée, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait à l'imitation).

Traduction espagnole de l'ouvrage Histoire du royaume d'Alger, illustrée de 2 planches gravées dépliantes (carte d'Afrique du nord, et plan de la baie d'Oran), et d'un tableau dépliant. Jacques Laugier de Tassy fut chancelier du consulat d'Alger en 1717-1718, et il publia son ouvrage à Amterdam, en 1725 alors qu'il y était commissaire de la marine. On y trouve un grand nombre d'informations sur l'organisation du pouvoir, de la milice turque, des corsaires, des esclaves et de leurs rachats, ou encore sur les mœurs locales et les relations commerciales. Dans cette édition espagnole, la vue d'Alger fut remplacée par un plan de la baie d'Oran, que les Espagnols avaient évacué en 1708 après deux siècles d'occupation, et qu'ils venaient de reprendre, en 1732. Bon exemplaire. Gay, 917.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE BON (Gustave).

La civilisation des Arabes.

Paris, Firmin-Didot et Cie, 1884. Grand in-4 de (2) ff., xv-705 pp. ; demi-chagrin brun, dos lisse, plats ornés d'un décor oriental noir, or et argenté, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Edition originale. Elle est illustrée de nombreuses figures et cartes dans le texte et à pleine page, de 10 chromolithographies, d'une carte gravée en couleurs et de 3planches gravées hors texte. Très bel exemplaire en reliure de l'éditeur dont le décor reprend des motifs orientaux. Vicaire, V, 134.

LE MEHAUTE (Pierre Marie).

Souvenirs de ses campagnes.

Saint-Brieuc, vers 1920. Manuscrit autographe, signé au verso de la première couverture. Cahier petit in-4 (22,6 x 17,5 cm) de (26) pp., plus 28 ff. restés vierges; broché, couvertures muettes recouvertes de papier journal de l'époque.

Les campagnes d'un médecin de la Marine en Océanie, en Cochinchine, en Afrique et aux Antilles. Le texte est illustré d'une carte manuscrite de la Nouvelle-Calédonie au verso du premier feuillet (plume, encre noire, mine de plomb et crayon de couleur). Né en 1859 à Boqueho (Côtes d'Armor), Pierre Marie Le Méhauté entra dans la Marine en 1881 en tant qu'aide-médecin. Il effectua alors plusieurs campagnes qui sont résumées dans le présent manuscrit, qui couvre la période de 1881 à 1919 : Le 28 avril 1882, il s'embarque à Toulon sur le Fontenoy qui effectue une escale à l'île de Ré pour prendre des condamnés destinés au bagne de Nouvelle-Calédonie. L'arrivée à Nouméa a lieu le 24 septembre. En novembre, il ramène des Nouvelles-Hébrides à Nouméa le subrécargue d'une maison de commerce qui venait d'être amputé du poignet. Sur le D'Estrées, il effectue plusieurs voyages autour de l'île puis se rend en Australie (Sydney, Melbourne). Il revient en France à bord du Tage le 28 août 1883, puis il retourne à Toulon. Devenu médecin de 2e classe l'année suivante, il s'embarque, le 14 novembre 1884, à bord du Bien Hoa qui doit le conduire en Cochinchine où il est appelé à continuer ses services. Son récit relate les conditions du voyage : passage par Port-Saïd et le Canal de Suez, traversée de la mer Rouge, mouillage à Aden, traversée du golfe d'Aden puis de la mer d'Oman, passage par Ceylan, le détroit de Malacca et Singapour où la navire fait escale. Il traverse ensuite le golfe de Siam pour arriver à Saigon le 24 décembre 1884. Le Méhauté est alors affecté à Baria, près du Cap Saint-Jacques, où il reste toute l'année 1885. Puis il est rappelé à Saigon pour occuper, pour une année, le poste de prévôt à l'hôpital maritime. En 1887, il prend part à l'expédition du Phu-Yen, dirigée contre les Vian-Than, du 11 février au 16 avril : "Cette campagne est organisée par M. Pardon, directeur de l'Intérieur, M. Filippini étant gouverneur. La colonne se compose de 1500 hommes, surtout indigènes. Débarquement des troupes à Vung-Lam, d'où ils partent ensuite pour la campagne proprement dite. Les troupes indigènes sous la direction du Dê-Tham, chargé de reconnaître les rebelles et de les traquer. Les accuse devant le commandant [Chevreux] qui seul a le droit de sévir. Scène tragi-comique pendant notre séjour au pays Moÿ, où chef Vian-Than et un Chinois, accusés d'avoir favorisé la rébellion, sont tous les deux condamnés à avoir la tête tranchée. Décapitation devant les troupes et indigènes du pays. Têtes exposées au bout d'une perche. Scène écoeurante" (ff. 4-5). De retour à Saigon en avril 1887, il est mis en quarantaine au lazaret de Ganh-Ray, au Cap Saint-Jacques, à cause d'une épidémie de choléra qui s'était déclarée sur les troupes indigènes. Lui-même est atteint d'une dysenterie aiguë et doit rentrer en France. Le 2 mai, il s'embarque sur un paquebot des Messageries Maritimes et arrive à Marseille le 29 mai 1887. En 1887-1888, il séjourne à Lyon pour préparer et passer ses examens de doctorat. En 1888, il effectue une campagne en Islande à bord de l'Indre. L'année suivante, il est affecté à la station de l'Atlantique à bord de l'Aréthuse. Il participe, du 6 au 21 avril 1889, à la campagne du Dahomey au sein d'une compagnie de débarquement : "Notre consul à Porto-Novo avait été retenu au Dahomey, par Glé-glé ou Béhanzin. L'amiral, prévenu par sémaphore, lors du passage de l'Aréthuse à Cotonou, envoie à terre sa Cie de débarquement sous les ordres de M. Barthes, lieutenant de vaisseau. J'en fais partie comme médecin…" (ff. 7-8). Toujours à bord de l'Aréthuse, Le Méhauté effectue ensuite une campagne aux Antilles (Cuba, la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, etc.), puis se rend à la Nouvelle-Orléans avant de remonter les côtes d'Amérique du Nord jusqu'à Halifax (Canada). Il s'embarque alors sur le Bisson pour remplacer le médecin-major, et retourne aux Antilles pour séjourner à Haïti où il assiste aux scènes de la Révolution à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Puis il rentre en France et débarque à Brest le 5 avril 1890, avant d'être dirigé sur Toulon. Nommé médecin de 1ère classe en 1891, il sert à l'hôpital maritime de Cherbourg, puis devient, en 1894, professeur de physiologie, hygiène et médecine légale à l'Ecole principale de médecine navale de Bordeaux. Il reste à ce poste jusqu'en 1903, date à laquelle il s'embarque à Brest comme médecin-major sur le Guichen. La même année, il est promu médecin principal. De 1904 à 1906, il effectue deux campagnes à bord du Duguay-Trouin, le navire-école d'application des aspirants. Versé dans le cadre de réserve en 1907, il reprend du service en 1914-1916 en tant que médecin-chef, puis meurt à Saint-Brieuc en 1923. On joint : - [LE MEHAUTE]. Portrait photographique le représentant en uniforme, par Hugon, 20 rue Saint-Michel à Saint-Brieuc (ca. 1895; 14,3 x 9,9 cm, monté sur bristol 16,5 x 11 cm). - LE MEHAUTE. [Soins aux blessés]. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 4 pp. in-folio repliées. - LE MEHAUTE (Dr). Eloge d'Amédée Lefèvre. Paris, Imprimerie Nationale, 1899, in-8 de 28 pp. imprimées, broché. Extrait des Archives de médecine navale, mai 1899. Médecin de la marine et directeur du service de santé du port de Brest, Amédée Lefèvre (1798-1869) avait établi un lien entre l'apparition de certaines coliques et l'intoxication au plomb. - [LE MEHAUTE]. Ensemble de 16 pièces signées relatives à sa carrière. Paris, Brest, Toulon, Saigon, etc., 1882-1894, 16 pp. la plupart in-folio, qq. en-têtes. Ordres d'embarquement ou de mise à disposition, congés de convalescence, promotions, etc. - TANQUEREY (Hubert). Discours prononcé sur la tombe de M. le Dr Le Méhauté, le 2 novembre 1923, à l'occasion de la remise d'une palme par la Société de la Légion d'honneur. Manuscrit dactylographié signé, avec envoi autographe signé à Mme Le Méhauté et Mlles Vitel. S.l.n.d. [1923], 7 pp. in-folio, en feuilles. Avocat à Saint-Brieuc, Tanquerey évoque la vie et l'œuvre du docteur Le Méhauté, auteur de nombreux travaux relatifs à l'hygiène, notamment la distribution d'eau potable à bord des navires. La couverture est recouverte d'un feuillet de l'Echo Médical du 15 avril 1919 (bords usés). Manuscrit bien conservé et très lisible.

LE ROUGE (Georges-Louis).

Atlas nouveau portatif à l'usage des militaires et du voyageur.

Paris, Le Rouge, Prault, Veuve Robinot, Briasson, 1756. In-4 de 4 pp., vi, (1) f., 36 pp., (1) f. ; plats de papier marbré (reliure de l'époque).

Atlas comprenant un titre gravé, et 91 cartes numérotées et gravées à double page avec les contours aquarellés : sphères (3), mappemonde (1), continents (5 cartes dont Amérique en 2 cartes), Îles Britanniques (4 dont Irlande et Écosse), Scandinavie (3), Moscovie (1), Pologne (1), Pays-Bas et Luxembourg (12), France (20 dont 1 plan de Paris et 1 carte de l'île de Ré), Allemagne, Autriche et Hongrie (18), Suisse (1), Espagne (1), Portugal (1), Italie (3), Empire des Turcs (1), Terre Sainte (1), Perse (1), Chine (1), Japon (1), Égypte (1), Asie du Sud-est (3), Antilles (5), Empire d'Alexandre (1), Grèce (1), et 1 planche de pavillons. L'atlas est précédé d'un texte intitulé Introduction à la géographie. Reliure usagée. Cartes en très bonne condition, excepté pour le plan de Paris dont la marge inférieure a été coupée, et des taches dans les marges des deux dernières planches.

LE ROY (Julien David).

La marine des anciens peuples, expliquée et considérée par rapport aux lumières qu'on en peut tirer pour perfectionner la marine moderne.

Paris, Nyon aîné, Stoupe, 1777. In-8 de xxxv-(1)-224 pp.; maroquin rouge aux armes constituée de différents fers, dos lisse orné, filets en encadrement et fleurons aux angles des plats, coupes filetées, chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée de 6 planches gravées dépliantes. Julien-David Le Roy était le frère du célèbre horloger Pierre David qui construisit les premiers chrnomètres marins. Architecte, et membre de l'Académie des Inscriptions et Belle-Lettres, il fut l'un des premiers à étudier la marine ancienne pour en tirer des enseignement applicables à la marine de son temps. En se basant sur l'étude des auteurs de l'antiquité classique, il développe toute une théorie de l'évolution des navires, des "corps flottans, à la composition des plus grands navires". Très bel exemplaire aux armes de la famille de Créanges en Lorraine. Olivier, 447 (fer différent). - Polak, 5848.

LE ROY (Julien-David).

Les ruines des plus beaux monuments de la Grèce, considérées du côté de l'histoire et du côté de l'architecture. Seconde édition corrigée et augmentée.

Paris, Musier (imprimerie de Louis-François Delatour), 1770. 2 tomes reliés en un volume in-folio de (1) f., xxiv-54 pp. & (1) f., xx-52-(2) pp. ; veau écaille, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges (reliure de l'époque, dos refait à l'imitation).

Seconde édition, illustrée de 24 belles vues de temples en ruine animées de personnages, gravées par Le Bas d'après les dessins que Le Roy a fait en Grèce, et de 37 planches de plans, élévations et détails architecturaux gravées par Michelinot, Littret de Montignay, Deneufforge, et Patte. Julien-David Le Roy était le quatrième fils de Julien Le Roy, le célèbre horloger de Louis XV. Grand prix d'architecture, il visita l'Italie et la Grèce et surtout Athènes où peu d’artistes se rendaient alors. Il retourna en France en 1758, et publia le fruit de ses travaux, sous le titre de Ruines des plus beaux monuments de la Grèce. Cette publication opéra une petite révolution dans les milieux artistiques et contribua à renforcer le goût pour l’architecture grecque qui devint le modèle à imiter. En 1770, il fit paraître cette seconde édition avec des changements et des augmentations considérables, ainsi qu'une planche supplémentaire. Bon exemplaire. Petite mouillure marginale en début de volume. Blackmer, 1009. — Brunet, III, 1003. — Cohen, 627. — non cité par Weber.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

De la danse.

Parme, Bodoni, 1803. Petit in-4 (6 x 11,5 cm) de (4) ff., 61 pp.; cartonnage de papier marbré, dos lisse avec étiquette de titre imprimée, non rogné (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, par Bodoni, d'un très rare petit ouvrage publié pour la première fois en 1797, soi-disant, à 12 exemplaires. L'auteur était un colon créole de La Martinique devenu député à l'Assemblée Constituante en 1789. Défenseur de la cause coloniale, il s'opposa à l'abolition de l'esclavage, et s'exila en Amérique. En 1798, protégé par Talleyrand, il revint en France et fut nommé, en 1801, administrateur général des états de Parme. Son ouvrage est un éloge de la danse telle qu'elle se pratiquait dans les colonies françaises des Antilles. Il y décrit avec précision les types de danses des créoles, des affranchis et plus particulièrement des esclave,s avec les chœurs de chanteurs et de chanteuses qui se répondent, les tambours et les guitares. Il est le premier à donner une description des danses vaudous. Bel exemplaire. Ex-libris gravé de la bibliothèque de Mme de Barante, probablement Marie-Césarine-Joséphine Houdetot (1794-1877), native de l'île Maurice, qui épousa, en 1811, l'historien Prosper Brugière de Barante (1782-1866). Cioranescu, XVIIIe siècle, 47253 (édition de 1801). — Max Bissainthe, 7022 (édition de 1801).

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MORLAND (George).

Traite des Nêgres. Quel contrat infame, l'un marchande ce qui n'appartient à personne, l'autre vend la propriété de la nature. - L'Africain hospitalier. Les Noirs sont d'un caractère doux et humain, au milieu des horreurs de la guerre, ils sont toujours restés fidels à la France, j'apporte ici leur serment de vivre et de mourir français : législateurs rendez nos frères à leurs droits naturels, et vos noms y seront bénis.

1794-1795. Ensemble de 2 gravures au pointillé (env. 41,5 x 48,5 cm.).

Ces deux gravures sont l'œuvre de Mlle Rollet dite "la citoyenne Rollet", et furent exécutées, pour la première, d'après une toile de 1788 du peintre anglais George Morland, intitulée Execrable Human Traffick, or The Affectionate Slaves, et pour la seconde, en 1790, intitulée African Hospitality. La première gravure représente une scène où figurent des marchands d'esclaves européens négociant des esclaves africains. Cette gravure dénonçant le commerce des esclaves noirs fut réalisée en 1794, en hommage à la première abolition de l'esclavage dans les colonies françaises par la Convention Nationale le 4 février 1794. Puis l'esclavage fut restauré en 1809. Le commerce d'esclaves fut aboli en 1818, mais l'émancipation générale ne fut décrétée qu'en 1848. La seconde gravure, anti-esclavagiste, représente une famille noire recueillant des naufragés blancs. La scène est inspirée de l'histoire du Grosvenor, vaisseau de la Compagnie des Indes, qui fit naufrage le 4 août 1782 au large de la côte sud-africaine. Bon exemplaire. Quelques restaurations dans les marges. Lescot, Haïti, Images d'une colonisation 1492-1804, pl. 28.

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAVIE (Auguste).

Deux légendes cambodgiennes. Réachkol. Rot-Thi-Sen.

Saigon, Imprimerie du Gouvernement, 1884. In-folio oblong de (11) ff. ; plein chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait).

Exemplaire unique, réalisé spécialement pour le gouverneur de la Cochinchine, Charles Thomson. Il est constitué d'un tiré à part de deux légendes cambodgiennes extraites de l'ouvrage d'Auguste Pavie, Excursion dans le Cambodge et le royaume de Siam, imprimé et publié à Saîgon en 1884 et dédié au même gouverneur. L'illustration se compose de 58 dessins à l'encre de Chine et lavis, exécutés par un artiste local: un titre (en cambodgien) illustré pour chacun des contes, 20 dessins pour le premier et 36 pour le second. En 1883, lors de la réalisation de cet album, Auguste Pavie n'avait pas encore réalisé son grand voyage d'exploration du Laos. Il était un employé au service des postes et télégraphes, et était chargé de diriger le chantier de la ligne télégraphique entre Phnom Penh et Bangkok. Bel exemplaire.

PETIT (Edouard).

En Océanie.

Paris, Charles Bayle, 1888. In-16 de 223-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, illustrée de 4 figures par A. de Bar et G. de Mare. Originaire de Saint-Denis de la Réunion, l'auteur fut nommé commissaire adjoint de la marine en 1880 et fut affecté en Polynésie. Durant trois années, il navigua dan sle Pacifique, dont il tira ce petit ouvrage fait de récits de rencontres et d'anecdotes de voyage. Il visita successivement les îles de la Société, les Gambiers, les Tubai, Tahiti, les Marquises, Tuamotu, Wallis, Samoa et Tonga, et les îles Fidji. Bon exemplaire. Numa Broc, Océanie, p.313. — O'Reilly, Tahiti, 1344.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PRÉVOST (Antoine-François).

[Atlas pour l'Histoire générale des voyages].

[circa 1780]. In-4 ; demi-veau, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Atlas composé de 73 cartes gravées, la plupart dépliantes : Afrique, Asie, Amérique, mer du Nord, hémisphère austral, Antilles, Tahiti ou encore la Nouvelle-Calédonie. Sans la mappemonde. Très bon état intérieur. Reliure usagée.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RICHARD (abbé Jérôme).

Histoire naturelle, civile et politique du Tonquin.

Paris, Moutard, 1778. 2 volumes in-12 de viij pp., iij à xxxviij, 366 pp. — xij-366-(2) pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et tabac, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Elle fut rédigée par l'abbé Richard d'après le mémoire que le père Charles-Thomas de Saint-Phalle (prêtre des Missions Étrangères qui résida au Tonkin de 1730 à 1738) écrivit à la demande de Dupleix. Divisé en deux parties, l'ouvrage contient une description du pays (géographie, gouvernement, coutumes, législation, religion…) et l'état des missions chrétiennes au Tonkin. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 126. — Brébion, 145 (édition de 1788). — Chadenat, 960. — Cordier BI, 1621. — Quérard, VIII, 22.

ROOKE (Henri).

Voyage sur les côtes de l'Arabie heureuse, sur la Mer Rouge et en Égypte. Contenant le récit d'un combat des Anglois avec M. de Suffren, et leur expédition contre le Cap de bonne-Espérance en 1781.

Londre, et se vend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., vi-154 pp. (mal chiffrée 150); demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Louis Langlès. L'auteur prit part à l'expédition britannique placée sous le commandement du chef d'escadre George Jonstone qui avait pour but la prise de la colonie néerlandaise du Cap de Bonne-Espérance. Mais, après la bataille de Porto Praya (au large des îles du Cap Vert) qui vit la défaite des Anglais par une flotte française placée sous le commandement du bailli de Suffren, l'escadre anglaise se dirigea vers l'Arabie. Là, l'auteur, malade, quitta l'expédition et se rendit à Moka à bord d'un navire arabe, puis à Al Hudaydah et à Suez. Il poursuivit en caravanne jusqu'au Caire, remonta le Nil jusqu'à Rosette, et se rendit à Alexandrie pour s'embarquer vers l'Angleterre. Chadenat, 5452. — Gay, 116. — Hage Chahine, 4130. — Ibrahim-Hilmy, II, 181. [Relié avec:] LANGLES (Louis). Ambassades réciproques d'un roi des Indes, de la Perse &c. et d'un empereur de la Chine, traduites du persan, avec la vie de ces deux souverains & des notes tirées de différents auteurs orientaux, manuscrits & imprimés. Londres, et se rend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., 58 pp. Récit écrit par Louis Langlès d'après celui d'Abd al Razz?k Samarqandi, ambassadeur perse à Calicutt au XVe siècle, et d'après des extraits de la collection des voyages de Melchisedech Thevenot pour l'ambassade chinoise. Boucher de La Richarderie, I, 45. Bel exemplaire.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Essai sur les colonies françoises; ou discours politiques sur la nature du gouvernement, de la population & du commerce de la colonie de S. D.

Paris, 1754. In-12 de (4) ff., 360 pp.; demi-veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges mouchetées (reliure de l'époque).

Première, et seule édition ancienne. À l'aide de 11 discours l'auteur donne une vue générale sur l'histoire de l'administration de Saint-Domingue qu'il considère comme héritière "du gouvernement propre aux flibustiers, fondateurs des colonies, qui s'est conservé dans une population civile". Pour lui, il résulte que le gouvernement de Saint-Domingue est dominé par l'arbitraire et qu'il est urgent de faire "rentrer les colonies dans la circulation politique des lois nationales" (pages 38 et 39). La seconde partie, annoncée dans la table ne fut jamais publiée. Les cartons des pages 107/108 & 207/208 sont reliés en fin de volume. [Relié en début de volume:] - [JEFFERYS (Thomas)]. Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours. Londres [Paris ?], 1755. (1) f., xiv-281 pp. Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Sans la carte de l'Acadie, extrêmement rare, que l'on ne trouve que dans quelques exemplaires. Bel exemplaire. Leclerc, 732, II, 1411. — Sabin, 35958, 75518.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Roman politique, sur l'état présent des affaires de l'Amérique, ou lettres de M*** à M***. Sur les moyens d'établir une paix solide & durable dans les colonies, & la liberté générale du commerce extérieur.

Amsterdam, et se trouve à Paris, Veuve Duchesne, 1779. In-12 de (2) ff., 352 pp.; veau moucheté, dos lisse orné, filet à froid encadrant les plats, coupes filetées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Seconde édition de cet ouvrage rare. L'ouvrage se présente comme une série de 18 lettres, datées de juillet à septembre 1756, au moment du début de la guerre de Sept Ans au Canada. L'auteur, syndic de la Compagnie des Indes, s'y livre à un examen de l'implication des différentes nations européennes en Amérique du Nord, en vue d'établir un équilibre du pouvoir entre les nations colonisatrices, ce qui permettrait d'éliminer la guerre et d'encourager le commerce. Bel exemplaire. Cachet de la bibliothèque du chateau de la Roche-Guyon sur le titre. Mouillure claire dans la marge externe. Sabin, 75521. — Manque à Leclerc.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SAVARY (Claude-Étienne).

Lettres sur l'Egypte, où l'on offre le parallèle des mœurs anciennes & modernes de ses habitans, où l'on décrit l'état, le commerce, l'agriculture, le gouvernement, l'ancienne religion du pays, & la descente de S. Louis à Damiette, tirée de Joinville & des auteurs arabes.

Paris, Onfroi, 1786. 3 volumes in-8 de xij-396 pp. — (2) ff., 304 pp. — (2) ff., 304 pp.; veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 4 planches gravées dépliantes (plan d'Alexandrie, intérieur de la grande pyramide, carte du delta du Nil, carte de l'Égypte). Savary se rendit en Egypte en 1776 et séjourna successivement à Alexandrie, à Rosette et au Caire. Les deux premiers volumes constituent la relation de son voyage, sous forme de lettres envoyées à son ami Lemonnier. Le dernier est consacré à l'étude de la religion et de la mythologie d'après les textes arabes. Bel exemplaire. Blackmer, 1492. — Hage Chahine, 4368.

SAYF IBN DI YAZAN.

Sultan Saif-Zuliazan. Traduit de l'arabe par Ali Bey.

Constantinople, J.J. Wick, 1847. In-4 de (2) ff., 366-(2) pp. ; demi-basane fauve, dos lisse orné doré et à froid (reliure de l'époque).

Très rare impression de Contantinople. Elle est illustrée de 5 planches lithographiées. Adaptation en français du célèbre roman de Saif Ibn Di Yazan traduit par Ali Bey. De son vrai nom Domingo Badia y Leblich, Ali Bey voyagea en Afrique et en Arabie en se faisant passer pour un musulman. Revenu en Espagne, il prit le parti de Napoléon qui avait envahi ce pays et dut se réfugier en France après le retour sur le trône du roi Ferdinand VII. Bon exemplaire, à grandes marges. Rares rousseurs, titre remonté.

SCHŒLCHER (Victor).

L'Égypte en 1845.

Paris, Pagnerre, 1846. In-8 de (2) ff., 366 pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition. Dans le cadre de sa lutte contre l'esclavage, Victor Schoelcher entreprit un voyage en Orient en novembre 1841 avec pour "désir d'étudier l'esclavage musulman pour le comparer à l'esclavage chrétien; l'espérance de contempler en Égypte un spectacle unique dans l'histoire, celui d'un peuple régénéré par son maître". Son voyage le mènera jusqu'à Thèbes en Haute-Égypte, et à son retour, il dressa un portrait sans concession de l'Égypte sous Méhémet-Ali, sur la misère des fellahs et sur l'esclavage en Orient. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couvertures légèrement écornées, rousseurs éparses. Gay, 1623. — Ibrahim-Hilmy, II, 221.

SESTINI (Domenico).

Voyage dans la Grèce asiatique, à la péninsule de Cyzique, à Brusse et à Nicée; avec des détails sur l'histoire naturelle de ces contrées.

Paris, Leroy, 1789. In-8 de (2) ff., viij-252 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre, tranches rouges (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'italien par Jean-Claude Pingeron. L'auteur séjourna à Constantinople pour s'occuper de l'éducation des enfants du comte Ludolfi, ambassadeur du roi de naples. Son ouvrage, rédigé sous formes de lettres, contient des observations sur les environs de Constantinople, la description de plusieurs villes qu'il visita, et des détails sur les antiquités de la péninsule de Cysique et sur les ruines des villes de Brusse et de Nicée. Bon exemplaire. Atabey, 1125. — Blackmer, 1529. — Boucher de La Richarderie, II, 139. — Weber, II, 587.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SOLIS Y RIBADENEYRA (Antonio de).

Histoire de la conqueste du Mexique, ou de la Nouvelle Espagne, par Fernand Cortez.

Paris, veuve Claude Barbin, 1704. 2 volumes in-12 de (18) ff., 412-(20) pp. — (6) ff., 380-(15) pp.; veau moucheté, dos à nerfs ornés, pièce de titre de maroquin rouge, armes au centre des plats, coupes ornées,, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit de l'espagnol par Samuel Broë, seigneur de Citry de la Guette. Il est illustré de 2 cartes gravées (carte du Mexique, environs du lac de Mexique), et de 12 planches gravées dont 10 dépliantes (Rio de Canoas, port St Jacques à Cuba, Mexico, grand temple de Mexico, danses, scènes de batailles, panorama de Mexico, bataille de la vallée d'Ottumba). En plus de l'histoire de la conquête de ce pays par Cortez, l'ouvrage comporte également de nombreux renseignements économiques sur la population et sur les accroissements de la colonie du Mexique. Bel exemplaire aux armes de la famille Fauconnet de Vildé. Sabin, 86477.

SPARRMAN (Anders).

Voyage au cap de Bonne-Espérance, et autour du monde avec le capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres.

Paris, Buisson, 1787. 3 volumes in-8 de xxxij-389-(1) pp. — (2) ff., 366-(1) pp. — (2) ff., 366-(5) pp..; veau marbré, dos lisses ornés de fers représentant des navires, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque de P. Meslant).

Première édition in-8, parue en même temps que l'original in-4, et traduite par Le Tourneur. Elle est illustrée d'une planche double en frontispice du premier volume, d'une carte dépliante (cap de Bonne-Espérance), et de 15 planches gravées dépliantes. Naturaliste suédois, Sparrman rencontra, au Cap de Bonne-Espérance, le Capitaine Cook qui lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du monde. Il parcourut notamment l'Océanie de la Nouvelle-Zélande à Tahiti et retourna u Cap en 1775, où il entreprit un voyage à l'intérieur des terres jusqu'alors peu connues. Bel exemplaire. Habiles restaurations, petite tache brune dans les pages de la préface. Boucher de La Richarderie, IV, 234. — Brunet, V, 474. — Gay, 3125. — Mendelssohn, II, 414 (pour l'édition anglaise). — Pritzel, 9784.

STANISLAS (Frère).

Principaux oiseaux de l’Australie dessinés sur nature par frère Stanislas, pensionnat des Frères Maristes.

Sydney, vers 1900. In-folio, demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Exemplaire unique avec titre manuscrit et 9 gouaches originales montées sur carton et légendées. Ouvrage exceptionnel figurant les plus beaux oiseaux de l'Australie, réalisé par le frère mariste Stanislas. Passereaux, martins-pêcheurs et perruches sont représentés dans leur environnement naturel. Témoignage exceptionnel sur l'ornithologie en Australie au début du XXe siècle, l'ouvrage reçut la médaille d'or à l'Exposition Universelle de 1900. Fondée en 1817 par un prêtre français, St Marcellin Champagnat, les Frères Maristes sont une congrégation laïque masculine de droit pontifical qui se consacre à l'éducation de la jeunesse. Leur mission était de faire connaître et aimer Jésus-Christ, au travers de l'éducation et de la formation des enfants, essentiellement dans les écoles. En 1872 quatre frères arrivant d'Europe, fondèrent la première communauté australienne. Ils connurent très rapidement le succès, et à l'exception de la Tasmanie, ils ont été actifs dans toute l'Australie. Tampon sur la page de titre : "Exposition Universelle Paris-1900, Union des Frères Enseignants, Médaille d’Or." Salissures à la reliure, mouillure sur le second plat. Rousseurs.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

TAUVEL (Séraphin-Isidore, dit le P. Philibert).

Vie du père Damien, l'apôtre des lépreux de Molokai, de la congrégation des Sacré-Cœurs (Picpus).

Bruges, Desclée de Brouwer et Cie, 1890. In-8 de viij-215-(1) pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait du père Damiens, de 17 illustrations dans le texte dont 1 carte, et d'un fac-similé de lettre sur double page. Le père Damien (1840-1889), né Jozef de Veuster, était un prêtre belge, membre de la Congrégation des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie, dite de Picpus. En 1863, encore séminariste, il partit pour les îles Hawaï, et fut ordonné prètre à Honolulu. Après plusieurs poste dans les îles du Pacifique, il se porta volontaire pour servir sur l'île de Molokai, où les lépreux (qui était alors incurables) étaient déportés pour limiter la propagation de la maladie. Il mourut lui-même de la lèpre et fut canonisé en 2009. Bon exemplaire. Coiffes légèrement frottées.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

TRUMBULL (Henry).

History Of The Discovery Of America; of the landing of our forefathers at Plymouth, and of their most remarkable engagements with the Indians in New-Englannd [sic], from their eirst landing in 1620, until the final subjugation of the natives in 1679. To wich is annexed the particulars of almost every important engagement with the savages at the wesward to the present day. Including the defeat of generals Bradock, Harmer, and St. Clair, by the Indians at the westward; the Creek and Seminole war &c.

Boston, George Clark, 1831. In-8 de 256 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées sur bois et coloriées dont un grand frontispice dépliant illustrant la défaite de Tecumseh en 1812. Cette histoire des premiers colons en Amérique et des guerres indiennes, très populaire en Amérique, a connu de très nombreuses éditions. Bon exemplaire. Rousseurs, plus prononcées à certains cahiers. Sabin, 97196.

TURGIS (Louis).

L'Amérique - La America.

Paris, L. Turgis, circa 1860. Lithographie originale en couleurs (36,9 x 47,9 cm).

Belle estampe allégorique lithographiée en couleurs par Louis Turgis, illustrant la vie en Amérique du Nord dans la seconde moitié du XIXe siècle, et les relations entre Américains et Amérindiens. La scène montre un propriétaire de plantation en conversation avec trois Amérindiens. Derrière lui se tiennent son épouse et ses enfants. L'entrevue semble se dérouler sereinement, mais l'épouse montre un visage inquiet. Le propriétaire tient un fusil sur l'épaule, ainsi que l'un des Amérindiens. Au second plan, on peut voir des esclaves Noirs exécutant des travaux de récolte. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, essentiellement marginales.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VAUX (Roberts).

Mémoire sur la vie d'Antoine Bénezet. Abrégé de l'ouvrage original.

Londres, Vogel, 1824. In-8 de (1) f., iv-(2)-88 pp. ; broché, couverture bleue muette.

Protestant d'origine française devenu Quaker durant son séjour en Angleterre, Antoine Benezet migra avec sa famille en Amérique en 1731. Il y ouvrit la première école publique pour filles à Philadelphie, et s'intéressa à l'instruction des sourds-muets. Il fut surtout connu pour son opposition à l'esclavage et pour son action en faveur de l'instruction des Noirs pour lesquels il créa une école du soir en 1750 puis, en 1770, la Negro School. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit du pasteur Emilien Frossard (1802-1881), dessinateur et fondateur de la société Ramond pour l'étude scientifique des Pyrénées. Dos et partie du premier plat passé, petites déchirures au dos. Sabin, 98703.