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COOPER (Joseph).

Un continent perdu, ou l'esclavage et la traite en Afrique (1875). Avec quelques observations sur la manière dont ils se pratiquent en Asie et dans d'autres contrées sous le nom de système contractuel de la main-d'œuvre.

Paris, Hachette et Cie, 1876. In-8 de 160 pp.; broché non coupé, couverture imprimée.

Ouvrage traduit de l'anglais et préfacé par Edouard Laboulaye. Il est illustré d'une carte en couleurs dépliante de l'Afrique. L'auteur porte un regard critique sur la traite des esclaves toujours en vigueur en Afrique pour alimenter les marchés aux esclaves en Orient (Turquie, Egypte, et Perse) ou en Amérique (Brésil et Cuba). Il dénonce également le système des coolies indiens engagés dans les colonies hollandaises ou en Afrique du Sud. Bon exemplaire. Dos cassé avec de petits manques.

COOPER (Reginald).

Vues d'égypte.

XXe. Dessins originaux à la gouache et au lavis gris (environ 27 x 43 cm).

Ensemble de 2 très beaux dessins originaux signés représentant les bords du Nil ou encore le Sphynx, avec des personnages et des dromadaires au premier plan. Reginald Cooper était un peintre et un illustrateur, principalement à l'aquarelle, de scènes et de paysages. Il fut un artiste prolifique entre 1929 et 1939 environ. Nombre de ses œuvres ont été reproduites sous forme de gravures et de cartes postales. Très bon état de conservation.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

CREUZÉ (Michel-Pascal).

Conspiration contre la République.

Paris, imprimerie de Bécquart, an III [1794]. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Député de la Vienne, l'auteur remet en cause l'action des commissaires civils à Saint-Domingue, Ailhaud, Polverel et Sonthonax, envoyés sur l'île pour y faire appliquer la loi du 4 avril 1792 qui accordait l'égalité des droits à tous les libres de couleurs. Mais, face à l'opposition des colons, ils promirent la liberté à tous les esclaves qui soutiendraient la République, en contradiction avec la loi qu'ils étaient venu faire appliquer. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5282. — Inconnu de Monglond et Sabin.

CUZENT (Gilbert).

Epidémie de la Guadeloupe (1865-1866).

Paris, Librairie de Victor Masson et fils, 1867. In-8 de (3) ff., 140 pp. ; demi-chagrin violine, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Edition originale, illustrée d'une planche dépliante et de 2 tableaux dépliants. En 1865-66, une violente épidémie de choléra s'abattit sur la Guadeloupe. De fin octobre 1865 à la mi-juin 1866 l'ensemble des communes eut à combattre ce terrible fléau. Pharmacien de la marine impériale, l'auteur séjourna durant trois ans à la Guadeloupe. Dans son ouvrage, il décrit les désastres occasionnés par cette épidémie et tente de déterminer si cette maladie fut importée ou si elle provenait des marais environnants. Très bel exemplaire. Sabin, 18215

DELAPORTE (Jean-Honorat).

Principes de l'idiome arabe en usage à Alger.

Alger et Paris, Imprimerie du Gouvernement, 1839. In-8 de (4) ff., 163 pp.; demi-percaline brune, dos lisse (reliure de la fin du XIXe siècle).

Ouvrage composé de 5 tableaux dépliants. L'auteur était issu d'une famille d'arabisants. Employé à l'intendance civile d'Alger, il y était interprète à la direction de l'intérieur et publia plusieurs ouvrages à destination des apprentis arabisants qui seront en usage jusqu'en 1914. En fin d'ouvrage se trouve un conte en arabe suivi de sa prononciation et de sa traduction en justalinéaire. Bon exemplaire. Quelques piqûres.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DESNOS (Louis-Charles).

Etrennes utiles et nécessaires aux commerçans et voyageurs ou Indicateur fidèle enseignant toutes les routes royales et particulières de la France, et les chemins de communication qui traversent les grandes routes : les villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux, abbayes, hôtelleries, rivières, bois et les limites de chaque province, distinguées.

Paris, chez le S. Desnos, 1773. In-16 de 176 pp. (dont 20 de texte) ; maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons aux angles, dentelle intérieure, filet doré sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un frontispice et d'un titre gravés, de 3 cartes gravées à double page, et de 156 cartes détaillées des routes de France gravées recto verso. Les cartes à double page sont : Carte générale des routes de France, Environs de Paris et une carte ajoutée non numérotée portant le titre Environs de Dijon. Précieux ouvrage de cartographie routière "Rendu si complet, tant pour le détail topographique, que pour l'exécution, que les amateurs y trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer". ìditeur parisien de la seconde moitié du dix-huitième siècle, Louis-Charles Desnos était "libraire et ingénieur géographe pour les globes et les sphères de Sa Majesté Danoise". Comme éditeur, il publia entre 1764 et 1786 une série d'atlas thématiques, et travailla notamment avec Brion de la Tour. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la page de titre de Le Baillif. Grand-Carteret, Les Almanachs Français, 581 (édition de 1777) ; Shirley, Maps in the Atlases of the British Library, I, T.DESN-5a.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DU CANGE (Charles Du Fresne).

Historia Byzantina duplici commentario illustra. Prior familias ac stemmata imperatorum... Alter descriptionem urbis Constantinopolitanæ...

Paris, François Clousier, 1682. 2 parties en un volume in-folio de (6) ff., 10-(2)-12 à 372 pp., (12) ff., 180-203-(1) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'une grande vignette sur le titre montrant la ville de Constantinople, d'une vignette en en-tête et d'une lettre ornée aux armes et symbole héraldique de Colbert, dédicataire de l'ouvrage, de 68 illustrations gravées sur cuivre dans le texte, et de 5 planches. La première partie contient une histoire généalogique des empereurs, illustrée de 57 figures gravées sur cuivre dans le texte, dont 47 de pièces de monnaies, suivie d'une histoire des royaumes slaves, de Dalmatie et turcs sous la domination byzantine, illustrée dune planche de blason; elle se termine par un index de toutes les familles citées. La seconde partie contient une description de Constantinople sous les empereurs chrétiens, illustrée de 10 illustration dans le texte (dont 1 carte du Bosphore et 1 plan de la ville), et 5 planches dont une dépliante (dont 2 de monnaie et 3 sur Sainte-Sophie). Ouvrage différent de l'Histoire de l'empire de Constantinople que l'auteur publia en français en 1657. Bon exemplaire. Ex-libris imprimé de Antoine-Charles Cousseau (1805-1875), évêque d'Angoulême. Coins restaurés, dos refait avec réemploi du dos de l'époque. Bruent, I, 1436 (édition de 1680). — Cioranescu, 17° siècle, 26682. (les deux références pour l'édition de 1680).

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUMORIER (Joseph-Pierre).

Sur les troubles des colonies, et l'unique moyen d'assurer la tranquilité, la prospérité et la fidélité de ces dépendances de l'Empire. En réfutation des deux discours de M. Brissot, des 1er et3 décembre 1791.

Paris, Didot jeune, décembre 1791. Petit in-8 de (1) f., 60 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Commissaire civil de tous les établissements coloniaux français situés au delà du cap de Bonne-Espérance, l'auteur revient sur l'histoire des conséquences de la Révolution Française dans les colonies où elle provoqua troubles et rébellion. Il conclut en demandant à l'Assemblée de ne plus statuer sur les colonies, en accord avec le décret du 24 septembre qui donne aux Conseils Coloniaux le pouvoir de légiférer sur les affaires intérieures des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPRE (Louis).

Costume turc.

Vers 1820. Aquarelle originale sur papier (33 x 26 cm), signée en bas à gauche.

Très jolie aquarelle de Louis Dupré représentant un homme en costume traditionnel turque tenant une pipe dans sa main gauche. Elève de David, Louis Dupré visita la Grèce et la Turquie. En 1825, il décida de publier la relation de son voyage, Voyage à Athènes et à Constantinople, illustré de planches lithographiées. Bon état de conservation.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FOURMONT (Claule-Louis).

Description historique et géographique des plaines d'Héliopolis et de Memphis.

Paris, Briasson & Duchesne, 1755. In-12 de xl-268 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de la plaine avec les bâtiments en perspective, et de 2 planches gravées dépliantes. Neveu des orientalistes Étienne et Michel Fourmont, Charles-Louis Fourmont accompagna son oncle Michel en Grèce qui était envoyé par Louis XV pour ramener des manuscrits. Après la mort de ses deux oncles, il accompagna M. de Lironcourt en Égypte qui était nommé consul général au Caire. Il y séjourna près de quatre ans, et dressa la grande carte de la plaine de Memphis qui servit de base à son étude historique et géographique de la région. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28360. — Gay, 2394. — Ibrahim-Hilmy, I, 238. — Quérard, III, 182.

FOURNIER (Claude).

Dénonciation aux états Généraux des vexations, abus d'autorité, et déni de justice, commis envers le sieur Claude Fournier, habitant de l'île Saint-Domingue.

1789. In-4 de (1) f., 45 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Fils d'un pauvre tisserand, l'auteur partit chercher fortune à Saint-Domingue. Après avoir été indendant pendant près de huit ans, il s'installa comme distillateur de tafia près de Petite-Rivière. D'après son libelle, il dût faire face à l'hostilité des sieurs Guibert car les Anglais préférait son tafia au leur. Dans cette brochure, il accuse les sieurs Guibert de tentative d'expulsion, de dénonciation mensongère, de tentative d'assassinat et enfin d'avoir incendié sa distillerie. Ne pouvant obtenir justice à Saint-Domingue, il se rendit à Paris en 1785, et effectua plusieurs tentatives auprès des secrétaires d'état à la marine Castries puis La Luzerne pour obtenir réparation. Réhabilité après de nombreuses années, il devint un farouche révolutionnaire. Bon exemplaire. Petite mouillure dans la marge externe des premiers feuillets. Max Bissainthe, 5848. — Sabin, 25289.

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FRASANS (Hippolyte).

Mémoire pour le chef de brigade Magloire Pélage, et pour les habitans de la Guadeloupe, chargés, par cette colonie, de l'administration provisoire, après le départ du capitaine général Lacrosse, dans le mois de brumaire an 10.

Paris, Desenne, Petit, Le Norment, veuve Dufresne, 1803. 2 volumes in-8 de (2) ff., 326-xxxix-(1) pp. — viij-358-(2) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge, non rogné (reliure moderne).

Première édition. Mémoire juridique publié pour la défense de Magloire Pélage, un officier mulâtre qui, en 1801, destitua et expulsa le commandant Lacrosse, capitaine général de la Guadeloupe après que ce dernier ait tenté d'arrêter les officiers de couleurs auxquels il ne faisait pas confiance. Le second volume contient les pièces justificatives. Bon exemplaire. Restauration à une page de titre. Chadenat, 828. — Sabin, 25674.

FRIEDMANN (Alexandre).

Rapport officiel sur la marine et les travaux maritimes à l'Exposition Universelle de Vienne en 1873.

Vienne, imprimerie impériale et royale, 1874. In-8 de (1) f., vij-(1 bl.)-189 pp.; veau bleu marine, dos à nerfs orné, encadrement or et à froid sur les plats, armes sur le premier plat, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un tableau et de 19 planches. L'ouvrage traite de toutes les nouveautés dans le domaine maritime, qui ont été montrées lors de l'Exposition Universelle de Vienne en 1873: taille des navires, propulsion à vapeur, navires en fer, description des navires exposés, sécurité des navires et des marins, machines et chaudières, phares et balises, ou encore aménagement des ports. Bel exemplaire de présent, aux armes de l'Autriche.

GAMBA (comte Pietro).

Relation de l'expédition de Lord Byron en Grèce.

Paris, Peytieux, 1825. In-8 de xij-307 pp. ; cartonnage bordeaux à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. T. Parisot et publiée la même année que l'originale anglaise. Pietro Gamba était le frère de la maîtresse italienne de Byron (la comtesse Teresa Guiccioli), et le compagnon de son voyage en Grèce. Après la mort de Byron, en 1824 à Missolonghi, il alla à Londres publier son livre, retourna en Grèce pour se battre au côté du colonel Fabvier et trouva la mort à Methana en 1826. Bon exemplaire. Blackmer, 646 (édition anglaise). — Droulia, 849.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GARRISON (William Lloyd).

Thoughts on african colonization; or an impartial exhibition of the doctrines, principes and purposes of the American colonization society. Together with the resolution, adresses and remonstrances of the free people of color.

Boston, Garrison and Knapp, 1832. In-8 de iv-160-76 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation).

Première édition. Imprimeur et journaliste, William Lloyd Garrison mena toute sa vie le combat contre l'esclavage et fut, dès 1830, un membre important du mouvement abolitionniste américain. En 1831, il fonda la New-England Anti-Slavery Society et publia un journal The Liberator, puis, en 1833, il fonda, avec Arthur Tappan, l'American Anti-Slavery Society. Au printemps de 1832, Garrison publia le présent ouvrage, dans lequel il démontre, en citant des documents officiels, que l'American Colonization Society n'agissait que dans l'intérêt de l'esclavage. L'American Colonization Society était une société philantropique américaine fondée en 1816. Son intention était d'aider les esclaves américains victimes de la traite transatlantique à revenir sur leur continent d'origine. Elle acheta en 1821 des terres à l'embouchure du fleuve Saint Paul, qui devint par la suite le Liberia. La Société contrôla étroitement ce pays jusqu'en 1847 année de son indépendance. Bel exemplaire. Sabin 26708.

GAU (François Chrétien).

Jérusalem.

Vers 1820. Aquarelle originale sur papier (44 x 29 cm).

Magnifique vue de Jérusalem prise en face de la muraille est. Elle est légendée en haut Jérusalem et en bas Vue des restes du temple de Salomon. Divers monuments sont ainsi représentés : le Dome du Rocher, la mosquée Al-Aqsa, la Porte Dorée, le chateau de David, le monument d'Absalom, ou encore l'Eglise du Saint-Sépulchre. Cette aquarelle d'une très grande finesse est l'œuvre de François Chrétien Gau, architecte français d’origine allemande, qui voyagea en Palestine et en Egypte dessinant scrupuleusement tous les monuments et vestiges. De retour en France, il publia un ouvrage sur les Antiquités de Nubie. Très bon état de conservation.

GAYA (Louis de).

Cérémonies nuptiales de toutes les nations. Réimpression faite sur l'édition originale publiée en 1680.

Lille, Typ. de Blocquel-Castiaux, vers 1850. In-12 de 128 pp., (16) pp. de catalogue., broché, couverture imprimée et illustrée, non coupé.

Un des premiers livres traitant des cérémonies nuptiales à travers le monde au XVIIe siècle : Floridiens, Javanais, Coptes, Mexicains, Moscovites, Arabes, Chinois, Druses de Syrie, Persans, ou encore Turcs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

GEMELLI CARERI (Giovanni Francesco).

Voyage du tour du monde. Nouvelle édition augmentée sur la dernière de l'italien, & enrichie de nouvelles figures.

Paris, Etienne Ganeau, 1727. 6 volumes in-12 de (2) ff., xvij-(7)-592-(6) pp. — (4) ff., 512 pp. — (4) ff., 426-(6) pp. — (4) ff., 541-(8) pp. — (4) ff., 444-(6) pp. — (4) ff., 528 pp.; veau havane moucheté, dos à nerfs ornés, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque, dos refaits à l'imitation).

Ouvrage traduit de l'italien par Eustache Le Noble. L'illustration se compose d'un frontispice, d'un portrait de l'auteur, et de 62 planches gravées dont 10 dépliantes (pyramide, nombreuses planches de botanique, tour de porcelaine de Nankin, calendrier et costumes mexicains, monnaies…). L'auteur est probablement le premier européen à avoir effectuer un tour du monde en empruntant les moyens de transport locaux et en le finançant par le commerce de marchandises qu'il faisait entre les pays qu'il visitait. Il quitta Naples en 1693 et visita Malte, l'Égypte, Jérusalem, et la Turquie (tome 1), la Perse (tome 2), les Indes et Bornéo (tome 3), la Chine (tome 4), les Philippines et les Mariannes (tome 5) et la Nouvelle-Espagne (tome 6). Il fut de retour en Europe après cinq années de voyage. Observateur curieux et attentif, l'auteur nota tout ce qui lui parut curieux et digne d'intérêt. La véracité de ses observations, et même la réalité de son voyage, fut mise en doute par certains de ses contemporains, mais les voyageurs des siècles suivants confirmeront la justesse de sa relation. Bon exemplaire. Ex-libris gravé du comte Robert d'Holdernelse. Les 7 planches de botanique du tome 6 sont reliées dans le tome 5; le troisième feuillet de la table du tome 5 est placé avant les deux premiers. Chadenat, 3759. — Duviols, 426. — Ibrahim-Hilmy, I, 120. — JCB, 727/86. — Palau, 101120. — Sabin, 10821, 26851. — Wilson, 79.

GENTIL (Jean-Baptiste-Joseph).

Mémoires sur l'Indoustan, ou Empire Mogol.

Paris, Petit, 1822. In-8 de 474 pp.; demi-basane bleue, dos lisse orné en long, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage posthume. Elle est illustrée d'une carte gravée dépliante et de 4 planches gravées à la manière noire. L'orientaliste Gentil servit en Inde sous les ordres de Bussy, Dupleix et Lally et passa, après la défaite de ce dernier, au service du nabab d'Aoude. Il y resta jusqu'en 1778, époque où les Anglais exigèrent du prince son expulsion. Durant son séjour, il recueillit une précieuse collection d'objets d'histoire naturelle, d'armes, de monnaies, de dessins et de manuscrits arabes, hindous, persans et sanscrits, dont il fit présent au gouvernement français. Bel exemplaire. Brunet, VI, 28173. — Chadenat, 2890.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRARD (Maurice).

F. Péron, naturaliste, voyageur aux terres australes, sa vie, appréciation de ses travaux, analyse raisonnée de ses recherches sur les animaux vertébrés et invertébrés d'après ses collections déposées au Muséum d'Histoire naturelle.

Paris, J.-B. Baillière, Moulins, Enaut, 1857. In-8 de 278 pp.; demi-chagrin bleu, dos lisse fileté or, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage peu commun illustrée d'un portrait lithographié de Péron en frontispice. François Péron fit partit de l'expédition des Terres Australes dirigée par le commandant Baudin d'où il rapporta une collection de plus de 100 000 spécimens conservée au Muséum de Paris. Le commandant Baudin étant mort en 1803, il fut chargé de la publication des résultats scientifiques de l'expédition. Mais, lui même étant mort en 1810, la publication du Voyage de découverte aux terres australes, fut reprise et terminée par le géographie Louis-Claude de Freycinet, également membre de l'expédition. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Mr Guichenot, fils d'un des compagnons de Péron. Antoine Guichenot embarqua sur la corvette le Géographe en tant que jardinier. Contrecollé sur le faux-titre, cet envoi devait se trouver à l'origine sur la couverture, qui fut supprimée à la reliure. Quelques rousseurs, habiles restaurations au dos. Ferguson, 9940.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GRANIER de CASSAGNAC (Adolphe).

Voyage aux Antilles françaises, anglaises, danoises, espagnoles, à Saint-Domingue et aux Etats-Unis.

Paris, Dauvin et Fontaine, comptoir des imprimeurs-unis, 1842-1844. 2 volumes in-8 de (2) ff., viij-356-(1) pp. — (2) ff., 481-(1 bl.)-(1) pp.; demi-veau violine, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition de ce récit de voyage qui dura neuf mois, entre 1840 et 1841. Jeune journaliste, l'auteur parcourut les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Antigua, les îles Vierges, Saint-Thomas, Porto-Rico, Saint-Domingue, Jamaïque, Cuba) et les Etats-Unis. À l'issu de ce voyage, il épousa Rosa de Beaupin de Beauvollon, fille d'un riche planteur de la Guadeloupe. Bon exemplaire. Rousseurs, petit accroc restauré au dos du tome 2. Max Bissainthe, 5018. — Sabin, 28287.

GRAVIER (Gabriel).

La route du Mississipi.

Nancy, G. Crépin-Leblond, 1878. In-8 de (2) ff., 76 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées.

Edition originale imprimée sur vergé de Hollande de ce tiré à part du Compte rendu des travaux du Congrès international des américanistes. Intéressant ouvage dans lequel l'auteur dresse un portrait des premiers explorateurs de la Floride, du Mississippi et de la Nouvelle France tels que Ponce de Leon, Hernando de Soto, Jean Nicollet, Cavelier de La Salle, Louis Hennepin, Jacques Marquette et Louis Jolliet. Le 8 mai 1541, Hernando de Soto fut le premier Européen à atteindre le Mississippi, qu'il baptisa río del Espíritu Santo, «fleuve du Saint-Esprit». À partir des années 1660, la France s'engagea dans une politique d'expansion en Amérique du Nord, depuis le Canada. Les objectifs étaient de trouver un passage vers la Chine (passage du Nord-Ouest), d'exploiter les richesses naturelles des territoires conquis (fourrures, minerais) et d'évangéliser de nouveaux autochtones. Gabriel Gravier était un historien, géographe et écrivain français. S’intéressant surtout à l’Amérique du Nord et aux explorateurs français, et particulièrement aux navigateurs normands, il fut l’auteur notamment d’une biographie de René-Robert Cavelier de La Salle, publiée en 1871, et d’une Vie de Samuel Champlain, publiée en 1900. Très bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à monsieur Charles Legros. Dionne, 1652. — Leclerc, 2512. — Inconnu de Sabin.

GRELOT (Guillaume-Joseph).

Relation nouvelle d'un voyage de Constantinople. Enrichie de plans levés par l'auteur sur les lieux, et des figures de tout ce qu'il y a de plus remarquable dans cette ville.

Paris, En la boutique de Pierre Rocolet, chez la veuve de Damien Foucault, 1680. In-4 de (6) ff., 306 pp., (1) f. ; veau brun, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Édition originale. L'illustration comprend 4 vignettes gravées de costumes et 13 planches gravées hors texte (vue de l'Hellespont et de la Propontide, vue de Constantinople, panorama du grand Sérail, vue de la Solimanie). Grelot résidait depuis quelques temps à Constantinople lorsqu'il fit la connaissance de Chardin en 1671. Avec lui, il visita la Crimée, la Circassie, la Mingrélie, la Perse et une partie de l'Inde. En 1676, Grelot se sépara de Chardin et revint à Paris après avoir séjourné de nouveau à Constantinople. Bel exemplaire. Ex-libris du célèbre géographe-éditeur Jean-Claude Dezauche. Atabey, 527. — Blackmer, 750. — Boucher de La Richarderie, II, 62. — Hage Chahine, 1968. — Weber, 369.

GRENIER (Yves).

Chasse au rhinocéros. Cap de Bonne Espérance (Natal).

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (44,8 x 60,2 cm).

Grande scène de chasse au rhinocéros au Cap de Bonne-Espérance, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. La scène montre trois Européens et trois Africains. L'un des Européens vient de tomber de son cheval et se trouve terrassé par un rhinocéros, tandis que les autres personnages tentent de le sauver, à l'aide de leur fusil ou de leur gourdin. Bel exemplaire.

GRENIER (Yves).

Chasse au tigre. Asie.

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (45 x 61 cm).

Grande estampe figurant une scène de chasse au tigre en Inde, dessinée et lithographiée en couleurs par Yves Grenier. Au XIXe siècle, la chasse au tigre était un sport apprécié des colons et des maharadjahs. Des battues étaient organisées durant lesquelles les tigres avaient bien peu de chance de survivre. Le tigre, animal craint pour sa force et sa cruauté présumée, était le prédateur à tuer pour sa gloire personnelle. La chasse au tigre est à présent interdite dans tous les pays où vit ce félin. Bel exemplaire.

GRÉGOIRE (Henri, dit l'abbé).

De la littérature des Nègres, ou recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature; suivies de notices sur la vie et les ouvrages des Nègres qui se sont distingués dans les sciences, les lettres et les arts.

Paris, Maradan, 1808. In-8 de xvj-287-(1) pp.; demi-chagrin bleu, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de la fin du XIX° siècle).

Première édition. En 1808, l'abbé Grégoire, malgré sa nomination comme comte d'empire, fut l'un des rares sénateurs à s'opposer à la politique de Napoléon. Dans cet ouvrage, rapidement considéré comme l'un de ses textes les plus importants, il continua son combat contre la traite et l'esclavage (qui avait été rétabli en 1802). Son sujet étant, apparemment, cantonné au domaine littéraire, le livre ne fut pas soumis à la censure, appliquée aux écrits politiques. Il put ainsi y affirmer : "L'opinion de l'infériorité des Nègres n'est pas nouvelle. La prétendue supériorité des Blancs n'a pour défenseurs que des Blancs juges et parties, et dont on pourrait d'abord discuter la compétence, avant d'attaquer leur décision" (page 35). Bon exemplaire. Rares piqûres. Chadenat, 2322. — Max Bissainthe, 6037. — Monglond, VII, 987. — Ryckebusch, 3648. — Sabin, 28727.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUÉRIN (Victor).

Description des deux premières cataractes du Nil.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 19 pp.; cartonnage de papier vergé bordeaux à la bradel, pièce de titre de maroquin noir en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la Société de géographie de décembre 1858. Le texte est un extrait du journal sur le Nil de l'auteur et de son compagnon de voyage, en janvier 1858, relatant le passage de la première cataracte, à l'aller puis au retour des deux voyageurs. Professeur à l'école française d'Athènes, Guérin fit plusieurs voyages d'exploration en Grèce, au Proche-Orient et en égypte. Bon exemplaire. Manque à Gay et à Ibrahim-Hilmy.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Site des cordillères et monuments des peuples indigènes de l'Amérique. Nouvelle édition mise dans un ordre nouveau indiqué par l'auteur avant sa mort.

Paris, L. Guérin et Cie, 1869. In-8 de (2) ff., ii-531 pp. ; demi-chagrin havane, dos à nerfs ornés de filets à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, illustrée de 16 planches gravées dont 6 finement coloriées. Célèbre naturaliste et voyageur allemand, le baron de Humboldt explora l'Amérique pendant cinq ans en compagnie du naturaliste Bonpland. Il en rapporta d'importantes observations scientifiques dans les domaines de la géographie, de l'ethnographie, de la géologie et de l'histoire naturelle. Cet ouvrage est divisé en quatre parties : Sites des cordillères, plateaux du Mexique et montagnes de l'Amérique méridionale ; Monuments des peuples indigènes du Mexique ; Monuments des peuples indigènes du Pérou ; Monuments des Indiens Muyscas. Très bel exemplaire. Chadenat, 1871. — Palau, 117029.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JAHAM (Marie-Reine de).

Les Rituels du rhum et la Cuisine créole. 50 recettes de cuisine créole traditionnelle et leurs compères les rhums des Antilles. Manuscrit autographe avec dessins originaux de l'auteur.

[vers 1991]. In-4 (30 x 21 cm) de 96 pp. (ch. 1-49, 52-95, 23, et 3 non numér.); broché.

Manuscrit original de cet important ouvrage de gastronomie créole. Il est abondamment illustré d'aquarelles réalisées par l'auteur, chaque page comportant en général un ou deux dessins. Le texte présente plusieurs "fenêtres" car certains dessins ont été retirés par l'éditeur, le manuscrit devant servir de maquette à l'ouvrage définitif qui a été publié à Paris, aux éditions Montorgueil, en 1992 (in-4 de 95 pp.). Dans ce livre de recettes, Marie-Reine de Jaham met en scène une cuisinière créole traditionnelle nommée Da Eudèse, installée sur une ancienne habitation du Morne Calebasse, sur la route de l'Ajoupa-Bouillon, dans le nord de la Martinique. L'auteur décrit la cuisine, située à quelques pas de l'habitation, les fourneaux, les ustensiles, les buffets qui contiennent les denrées (sucre de canne, cacao, flacons de rhums parfumés), puis détaille la journée d'une cuisinière ainsi que la préparation des réceptions dans les grandes maisons. Vient ensuite un chapitre intitulé "L'armoire aux rhums". L'auteur évoque d'abord la culture de la canne à sucre, puis décrit les différents types de rhums (agricole ou de sucrerie) et énumère les principales usines, avec une mention particulière pour la distillerie Depaz, établie au pied de la Montagne Pelée, et qui produit un rhum dont l'extraordinaire arôme est dû à la terre volcanique où sont cultivées les cannes. La suite contient des conseils de dégustation ainsi que des indications sur la manière de servir le rhum et de le conserver. Puis Da Eudèse présente ses recettes, au nombre de 44 (sur 46, les pages 50-51 manquent), parmi lesquelles les acras de malanga, la soupe à congos, les crabes farcis, les petits gombos à la créole, le rougail de mangots verts, la morue boucanée, l'avocat au concombre, les palourdes farcies, la daube de chatou, le colombo, le migan de ti-nains, l'épaule de cabri à l'ail, les bananes jaunes en robes des prés, le blaff de poissons, les dombrés aux haricots rouges, le matété crabes, le poulet au rhum, le filet mignon avocat, la daube de cochon aux aubergines, les patates glacées, etc. Un autre chapitre contient 4 menus de fêtes (Pâques, Pentecôte, réveillon, baptême ou première communion). Le plan du manuscrit est le suivant : [Avant-propos, p. 3]. - La cuisine créole de Da Eudèse, son garde-manger, ses ustensiles, ses traditions (pp. 4 à 25). - L'armoire aux rhums (pp. 26 à 46). - Les recettes de Da Eudèse (pp. 47 à 83). - Le carnet d'adresses du vrai connaisseur (pp. 84 à 88). - Les menus de fête de Da Eudèse (pp. 89 à 91). - Le vocabulaire de Da Eudèse (pp. 92 à 94). Il s'achève par une table des matières (p. 95), suivie de la recette (imprimée) de la tarte ananas, de deux cartes manuscrites et aquarellées de la Martinique et de la Guadeloupe, et d'un feuillet de fin abîmé. Née à la Martinique, Marie-Reine de Jaham est l'auteur de plusieurs romans qui dressent une vaste fresque de la société antillaise du XVIIIe siècle à nos jours. En gastronomie, elle composa un ouvrage sur les desserts créoles (1992) ainsi qu'un second livre de recettes (2004). Elle fonda aussi deux associations ayant pour but la défense et le rayonnement de la culture créole. Par son œuvre et ses écrits, elle est considérée aujourd'hui comme l'un des meilleurs porte-parole de la société créole (source : biographie sur http://ordesiles.com).

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JANVIER (Louis-Joseph).

Humble adresse aux électeurs de la commune de Port-au-Prince.

Port-au-Prince, imprimerie de l'abeille, 1907. Petit in-8 de 60-(4 bl.) pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Rare brochure, publiée à l'occasion des élections législatives de 1908, et illustrée d'un portrait de l'auteur. Après des études de médecine et de droit, et une carrière de journaliste, Janvier retourna à Saint-Domingue en 1905, et tenta, en vain, de se faire élire à Port-au-Prince. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2440.

JANVIER (Louis-Joseph).

Le vieux piquet. Scène de la vie haïtienne.

Paris, imprimerie A. Parent, A. Davy succ., 1884. In-18 de 36 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Première édition de cette nouvelle qui, à travers le récit d'un grand-père, retrace une partie de l'histoire d'Haïti, de 1846 à 1883, et prend la défense des Piquets du Sud, des paysans noirs qui se révoltèrent. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2448.

JANVIER (Louis-Joseph).

Les antinationaux (actes et principes).

Paris, imprimerie G. Rougier et Cie, 1884. In-18 de (1) f., 101 pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Lettre ouverte à un habitant de la ville de Jacmel, en Haïti. En 1883, cette ville s'était révoltée contre le nouveau président, Lysius Salomon. Au cours de cette révolte, des courriers arrivés par bateau furent saisis et une lettre de Louis-Joseph Janvier, écrite à un de ses amis, fut ouverte et "reproduite, en inexacte teneur, accompagnée de commentaires calomnieux pour moi, dans une brochure trois fois anonymes et non datée" (page 5). C'est à cette brochure que l'auteur répond. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2450.

JEFFERYS (Thomas).

Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours.

Londres, 1755. In-12 (1) f., xiv-281 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Le premier établissement en Acadie (nom d'origine indienne par lequel les Français désignaient alors les territoires du Canada oriental) remonte à 1605, à la fondation de Port-Royal, sur la baie de Fundy, par Samuel de Champlain. En 1621, le roi Jacques Ier d’Angleterre donna au territoire le nom de « Nouvelle-Écosse » (ou « Nova Scotia », telle qu’appelée dans sa charte rédigée en latin) et l’accorda au colonisateur écossais sir William Alexander. Dans les années 1620, les Écossais fondèrent deux colonies dont l’implantation échoua. Pendant ce temps, un flot modeste, mais constant, de Français immigra en Acadie pour s’y bâtir une nouvelle vie. L'histoire de l'Acadie est marquée par la rivalité franco-anglaise dans cette partie du monde aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'Acadie est ainsi tour à tour terre française et anglaise jusqu'en 1710, avant d'être reconnue définitivement possession des Anglais selon le traité d'Utrecht de 1713. Après la guerre de 1744-1748 entre la France et l'Angleterre, la forteresse de Louisbourg, au Cap-Breton, fut restituée aux Français. Pour faire contrepoids à celle-ci, les Anglais fondèrent en 1749 Halifax, citadelle et aussi tête de pont pour leur colonisation. Ayant refusé de prêter serment d'allégeance, 6500 Acadiens furent déportés à partir de 1755. Louisbourg fut prise en 1758 et les déportations continuèrent encore plusieurs années (14000 au total). Après le traité de Paris en 1763, 2000 Acadiens seraient rentrés en Nouvelle-Écosse. Bon exemplaire. Leclerc, II, 732. — Sabin, 35958.

JOHNSON (Henry) — HALES (Stephen).

Histoire des tremblemens de terre arrivés à Lima, capitale du Pérou, et autres lieux.

La Haye, 1752. 2 partie en un volume in-12 à pagination continue de xvi-445 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais et augmentée par Stephen Hales. Elle est illustrée de 7 planches gravées dépliantes : une carte de l'audience de Lima au Pérou, les plan de Lima, Callao et de la rade de Callao, et 3 planches de costumes. La première partie contient une Histoire du tremblement de terre arrivé à Lima, par Henry Johnson. On y trouve une description de Lima et du port de Callao avant cet évènement, et des réflexions sur les causes de la sécheresse qu'il fait à Lima ainsi que les fréquents tremblements de terre dans la région. Vient ensuite un texte de Pedro Lozano intitulé Relation exacte de la destruction de Lima. La seconde partie contient une Description du Pérou, de ses habitants, et de leurs différents commerces; une Réflexion physiques sur les causes des tremblemens de terre, présentées à la société royale de Londres le 5 avril 1750 par M. Hales; et une Relation d'un tremblement de terre, arrivé au Port Royal à la Jamaïque au mois de juin 1692, tirée de deux lettres du ministre de cette colonie, écrites à bord du vaisseau la Grenade, alors en rade au Port-Royal (attribuée au révérend E. Hearth). Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Sabin, 42596.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JURIEN de LA GRAVIERE (Jean-Pierre-Edmond).

L'amiral Baudin.

Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1888. In-18 de (2) ff., 172 pp.; broché, couverture bleue imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée de 7 cartes ou plans dépliants. Cet ouvrage relate la vie et les combats de l'amiral Charles Baudin. À partir de 1800, il participa à l'expédition aux terres australes sur le Géographe, et quitta le service à la Restauration qu'il ne reprit qu'en 1830. En 1838, il commanda l'escadre de l'expédition contre le Mexique, fut nommé commandant des forces navales dans les mers de l'Amérique du sud, et termina sa carrière comme amiral de France. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Polak, 4823.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

KAUFMANN (Ernst).

View of Cape Town from Table Bay.

Cape Town, J.H. Rose, [vers 1890]. Lithographie originale (39,8 x 66,7 cm).

Très rare et belle vue lithographiée en couleurs de la ville du Cap, imprimée par Ernst Kaufmann à Lahr, en Allemagne, et publiée par J.H. Rose au Cap. La vue est prise depuis la Baie de la Table, sur laquelle s'est établie la ville du Cap. La baie est animée de voiliers et de petits bateaux de pêche. En arrière-plan, on aperçoit la montagne de la Table, massif qui surplombe la ville du Cap. À droite de la montagne de la Table, on aperçoit les deux collines de Lion's Head et de Signal Hill. Bel exemplaire.

KLAPROTH (Julius von).

Examen critique des travaux de feu M. Champolion sur les hiéroglyphes.

Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré père et fils, 1832. In-8 de viij-175-(1) pp.; demi-veau brun, dos lissse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes. Ouvrage publié juste après la mort de Jean-François Champollion, et alors que ni sa Grammaire ni son Dictionnaire égyptien n'étaient publiés. L'auteur s'appuie sur les quelques textes publiés du vivant de Champollion pour conclure, selon lui, qu'il s'était trompé dans son interprétation. Bon exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, III, 673. — Gay, 1758. — Ibrahim-Hilmy , I, 344.

LA CHAPELLE (Henri de).

Voyage aux Pyrénées en 1889. Lourdes. Excursion à Luz, Saint-Sauveur, Gèdre et Gavarnie. Manuscrit signé (relié avec un autre manuscrit et deux textes imprimés).

Cherbourg, fin 1889. 4 parties en un volume in-8 (19,6 x 12 cm) de (1) f. manuscrit, 62 pp. imprimées, (27) pp. manuscrites, (1) f. manuscrit, (59) pp. manuscrites et 39 pp. imprimées; demi-chagrin bleu foncé, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

Relation d’un pèlerinage à Lourdes et d’une excursion dans les Pyrénées. La partie manuscrite, richement illustrée, comprend1 page de titre, 5 en-têtes et 20 lettrines enluminées, 30 dessins exécutés à la plume et à l’encre noire dans le texte, 3 dessins coloriés et 2 photographies dans le texte. Soigneusement calligraphiée, elle comprend également 10 partitions musicales accompagnées de cantiques. Après avoir quitté son «domicile rural» de Flamanville, l’auteur arrive à Cherbourg le 25 août 1889 au soir. Le lendemain matin, il monte dans l’un des six trains réservés par le diocèse de Coutances pour le pèlerinage de Lourdes. A cette occasion, il reçoit son insigne de pèlerin ainsi qu’un manuel contenant les prières, chapelets et cantiques du voyage. Le trajet s’effectue en traversant un grand nombre de villes, parmi lesquelles Angers, Saintes, Bordeaux et Tarbes. L’arrivée à Lourdes a lieu le 27 août à midi. Le voyageur est alors logé dans la même famille qui l’avait accueilli lors de son précédent pèlerinage en 1881. Il effectue une visite à la Grotte et prend de l’eau à la Source, avant de se préparer pour la procession du diocèse de Coutances. Celle-ci a lieu à 4 heures et les pèlerins se dirigent vers la Grotte où ils écoutent le sermon d’arrivée prononcé par Mgr Germain. Le lendemain matin, le voyageur assiste à la messe pontificale, puis il effectue une promenade entomologique dans les environs. Il retourne ensuite à la Grotte pour les vêpres, visite le lac de Lourdes et revient pour la procession du soir. Le 29 août, La Chapelle effectue une excursion à Gavarnie: le trajet s’effectue en train, par Boô-Silhem, Argelès-Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur et Gèdre. Il visite le Chaos de Gavarnie, «entassement de blocs énormes arrachés à la montagne», puis la Brèche de Roland, et aperçoit, au loin, la cascade, qui, «au lieu de présenter une chute d’eau rapide, ressemble à une fumée blanche descendant lentement». Parvenu au village, il prend un guide et un âne, passe par le Pont de neige et arrive au Cirque de Gavarnie qu’il contemple: «De retour au village de Gavarnie, j’ai pu constater par maints exemples que si les Pyrénées n’ont plus de brigands avec chapeaux à plumes et tromblons, on y trouve des loueurs de voiture qui les remplacent jusqu’à un certain point…». Le voyageur rentre à Lourdes dans la soirée, après être passé par Luz et Pierrefitte. Il termine son pèlerinage le 30 août (messe à l’église du Rosaire, sermon d’adieu à la Grotte) puis rentre à Cherbourg où il arrive le lendemain. Le 1er septembre, La Chapelle assiste à une séance de la Société d’horticulture avant de retourner à Flamanville le 2 septembre. Le 1er octobre, il est de retour à Cherbourg où il reçoit une caisse contenant des plantes des Pyrénées. Il précise aussi qu’il a été témoin de la guérison d’une de ses parentes, avec laquelle il avait fait le voyage: «Ma cousine Marie Macé souffrait depuis longtemps d’une maladie nerveuse qui s’attaquait surtout aux pieds, l’empêchait de marcher et lui faisait tomber les ongles. Elle a fait le voyage et suivi les exercices du pèlerinage sans fatigue, et depuis ce moment, les symptômes ont disparu. Cette guérison est connue de tous ses parents et amis, et doit être considérée comme surnaturelle…» (Notes supplémentaires). Les dessins représentent, pour la plupart, des églises situées sur l’itinéraire du pèlerinage, ainsi que des sites pittoresques des Pyrénées: Eglise de Boô-Silhem, donjon de Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur, Gèdre, Chaos de Gavarnie, Brèche de Roland, église de Gavarnie, cascade, Pont de neige, Cirque de Gavarnie, pont Napoléon à Luz, etc. Certains d’entre eux ont été copiés dans Les Pyrénées françaises de Sadoux. Les deux photographies, non signées, montrent le site de Lourdes, où l’on aperçoit l’église du Rosaire (achevée en 1889), elle-même surplombée par la basilique de l’Immaculée-Conception. Cette relation est précédée d’observations sur les pèlerinages des diocèses de Coutances et de Vannes effectués à Lourdes en 1883, avec les cantiques correspondants. Quant aux deux textes imprimés, ils contiennent le compte-rendu, par L.-M. Mustel, des pèlerinages du diocèse de Coutances à Lourdes en 1883 et 1889. Ancien commis principal des Douanes, Henri de La Chapelle était membre de la Société d’horticulture de Cherbourg. En 1884, il publia, dans le Bulletin de cette société, un article intitulé «Les jardins et les jardiniers de Cherbourg. Les serres de M. E. Liais» (15e année, 1883). Il publia aussi, en 1890-1891, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg, le récit de deux voyages qu’il avait effectués dans les îles anglo-normandes en 1884 et 1890. La présente relation semble inédite. Intéressant manuscrit, bien conservé et d’une présentation soignée.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François-Alexandre-Frédéric, duc de).

Opinion sur la question des colonies.

Paris, imprimerie du Pont, 1791. In-8 de 26 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

L'auteur s'opposa à l'utilisation de la force pour faire appliquer le décret du 15 mai 1791 car cela pourrait causer la perte des colonies pour la France. En effet, les colons refusaient d'appliquer ce décret, qui accordait le droit de citoyen actif à tous les gens de couleurs nés de parents libres. Bel exemplaire. Ryckebusch, 4717. — Sabin, 39052.

LA SAGRA (Ramon de).

Énumération des espèces zoologiques et botaniques de l'île de Cuba utiles à acclimater dans d'autres régions analogues du globe.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 31 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné et non coupé.

Tiré à part d'un article publié dans le Bulletin de la société impériale d'acclimatation. Son auteur était un botaniste, agronome et économiste espagnol, qui vécut à Cuba où il fut professeur d'histoire naturelle et directeur du jardin botanique de La Havane. Il publia également une Histoire physique, politique et naturelle de l'île de Cuba. Bon exemplaire. Mouillure marginale aux derniers feuillets. Sabin, 74916.

LA VILLE (Jean-Ignace). — SMITH (William).

État présent de la Pensilvanie, où l'on trouve le détail de ce qui s'y est passé depuis la défaite du général Braddock jusqu'à la prise d'Oswego.

1756. In-12 de 128 pp.; broché, couverture de papier dominoté de l'époque, non rogné.

Première édition française, illustrée d'une carte gravée dépliante de la Pennsylvanie. Publié par Jean-Ignace de La Ville, l'ouvrage, après une courte description géographique de la Pennsylvanie, donne une traduction d'une partie de l'ouvrage de William Smith, publié à Londres en 1755, et intitulé A brief view of the conduct of Pennsylvania. Ce dernier est consacré à la défaite du général Braddock dans sa tentative de prise de la vallée de l'Ohio contre les Français et leurs alliés amérindiens. On trouve ensuite, le récit des évènements jusqu'à la fin du mois d'août 1756 pour la possession de la vallée de l'Ohio, qui reliait le Canada à la Louisiane et, de ce fait, bloquait l'expansion anglaise vers l'ouest. Bon exemplaire. Traces de pliures sur la couverture, dos passé avec de petits manques, quelques feuillets écornés. Chadenat, 1262. — Leclerc, I, 518. — Sabin, 19370. — Streeter, 960.

LABAT (Jean-Baptiste).

Voyage du chevalier Desmarchais en Guinée, isles voisines, et à Cayenne, fait en 1725, 1726 & 1727. Contenant une description très exacte et très étendue de ces pays, et du commerce qui s'y fait.

Paris, Saugrain, 1730. 4 volumes in-12 de XXIV pp., (1) f., 381 pp. — (2) ff., 364 pp. — (2) ff., 350 pp. — (2) ff., pp.345-681, (18) ff. ; veau brun, dos à nerfs ornés, armes au centre des plats, tranches mouchetées(reliure de l'époque).

Édition originale. L'illustration se compose d'un frontispice, de 6 cartes dépliantes et de 25 figures gravées hors texte (histoire naturelle, vues, scènes de genre, types). De retour des Antilles, le père Labat décida de publier certaines relations de voyages effectués sur le continent africain, dont celle du chevalier Desmarchais, capitaine d'un vaisseau de la Compagnie d'Afrique, envoyé en Guinée puis en Guyane, pour le commerce des esclaves. Le tome IV contient le texte du célèbre Code noir (pp. 535-583) pour les îles françaises de l'Amérique et celui pour la colonie de Louisiane, ainsi qu’un abrégé de la langue parlée au Royaume de Juda en Guinée. Bel exemplaire aux armes de La Rochefoucauld. Cachet de la bibliothèque de La Roche-Guyon sur les titres. Sabin, 38414. — Leclerc, 805. — Boucher de La Richarderie, IV, 146. — Gay, 2819.

LABAT (Léon).

L'Égypte ancienne et moderne.

Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1840. In-8 de (2) ff., 252 pp.; demi-veau fauve, dos à nerfs orné, couvertures jaunes conservées et restaurées, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustrée du portrait lithographié de Méhémet Ali. Tiré à part de deux articles publiés dans la revue du XIXe siècle ; le premier, du 5 janvier 1840, sur l'Égypte ancienne et moderne, retrace l'histoire de ce pays de l'antiquité à l'expédition d'Égypte, et le second, du 7 juin 1840, est intitulé L'Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Ali. L'auteur fut chirurgien du sultan d'Égypte Méhémet Ali, avant de devenir le premier médecin du shah de Perse. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun, enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture au comte de Nadaillac. Il s'agit probablement de Sigismond du Pouget de Nadaillac (1787-1837), général et député de la Haute-Vienne. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Gay, 2088. — Ibrahim-Hilmy, I, 351. — Maunier, 88.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LACOUR (Pierre).

Essai sur les hiéroglyphes égyptiens.

Bordeaux, André Brossier, 1821. In-8 de (4) ff., xl-296 pp.; demi-basane maroquinée rouge, dos lisse orné en long, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 300 exemplaires, et illustrée de 14 planches gravées dont 3 dépliantes. Natif de Bordeaux, l'auteur était le fils du premier conservateur du Musée des Beaux-Arts et directeur de l'école de peinture de la même ville. Dans cet ouvrage, il cherche à montrer que l'hébreux est la langue que l'on "parlait en Égypte à l'époque où, sous la conduite de Moïse, les Hébreux en sortirent", lui permettant alors de déchiffrer les hiéroglyphes. Bon exemplaire dans une élégante reliure, provenant du Château de La Brède (de la famille de Montesquieu, n° 383 du catalogue de la vente de 1926), avec son cachet bleu. Plusieurs cahiers dont le papier est jauni. Brunet III, 730. — Caillet, 5920. — Gay, 1781. — Ibrahim-Hilmy, I, 352.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, tranches mouchetées de rouge (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique de la Nouvelle écosse, notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production de la région, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. Bon exemplaire. Sabin, 38564.

LAJAILLE.

Voyage au Sénégal, pendant les années 1784 et 1785, d'après les mémoires de Lajaille, ancien officier de la marine française; contenant des recherches sur la géographie, la navigation et le commerce de la côte occidentale d'Afrique, depuis le cap Blanc jusqu'à la rivière de Serralione.

Paris, Dentu, an X-1802. In-8 de xij-262 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure milieu du XIXe siècle).

Première édition illustrée d'une grande carte gravée dépliante par Lapie avec les contours coloriés. Cette relation fut rédigée d'après les Mémoires de Lajaille, chargé par le gouvernement français, en 1784 et 1785, de reconnaître toute l'étendue des côtes du cap Blanc jusqu'à la rivière de Sierra Leone. On y trouve de nombreux renseignements sur les mœurs et coutumes, l'histoire, le climat, les productions et les animaux du Sénégal, ainsi que des notions très exactes sur la nature et la valeur des marchandises qu'il fallait apporter dans ce pays pour négocier la traite de la gomme, de l'or et de l'ivoire. Bel exemplaire. Brunet, VI, 20871. — Gay, 2905. — Quérard, IV, 324. — Van Hulthem, III, 15003.

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LANGLÈS (Louis-Mathieu).

De l'importance des langues orientales pour l'extension du commerce, les progrès des lettres & des sciences.

Paris, Champigny, 1790. In-8 de (1) f., 40 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre havane (reliure moderne).

Louis Langlès était un orientaliste qui publia une traduction des Institutions politiques et militaires de Tamerlan ainsi qu'un alphabet mandchou. Dans cet opuscule, il plaide pour l'enseignement des langues orientales aux commerçants désirant se rendre aux Indes, en appuyant sa requête sur des exemples concrets. Il termine en demandant la création de chaires d'enseignement d'arabe, de turc et de persan. Bon exemplaire.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes occidentales par les Espagnols, et les moyens dont ils se sont servis pour s'en rendre maîtres.

Paris, Pierre Debats et Imbert Debats, 1701. In-12 de (5) ff., 382-(2) pp.; veau moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, illustrée d'un frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Exemplaire enrichi de 18 gravures extraites de l'édition latine de 1614 intitulée Narratio regionum Indicarum per Hispanos quosdam devastattarum. Gravées par les frères De Bry d'après les dessins de Jode de Winghe, ces planches représentent la cruauté des Espagnols envers les Indiens et les châtiments qu'ils leur faisaient subir. Bon exemplaire. Sabin, 11275.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE GENTIL de LA GALAISIERE (Guillaume-Joseph-Hyacinthe-Jean-Baptiste).

Voyage dans les mers de l'Inde, fait par ordre du roi, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769.

En suisse, chez les Libraires Associés, 1780-1782. 5 volumes in-8 de (1) f., 344 pp. — (1) f., 364 pp. — viij-431 pp. — (1) f., 434 pp. — (2) ff., 333 pp.; basane marbrée, dos lisseS ornéS, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 6 planches gravées dont une dépliante. Guillaume Le Gentil partit en Inde observer le passage de Vénus devant le soleil prévu en 1761. Retardé, il observa le transit à bord mais il ne put faire de mesures précises à cause des mouvements du navire. En attendant le second passage prévu en 1769, il voyagea en Inde et dans l'Océan indien, de Madagascar à Manille. Puis il construisit un observatoire à Pondichéry, mais cette fois-ci ce sont les nuages qui empêchèrent toute observation. Bon exemplaire. Brunet, III, 940. — Gay, 3239.

LEBLOIS (Léonard).

Au calomniateur Thérou, et à ses complices, tous colons blancs, ennemis nés de la liberté et de l'égalité.

Paris, imprimerie de Pain, 1794. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Planteur de Saint-Domingue, l'auteur se présente comme un défenseur des droits des hommes de couleurs. Il répond à un pamphlet qui l'accuse d'être un partisan du colonel Mauduit, en accusant ses adversaires du meurtre du même colonel et en accusant les membres de l'Assemblée de Saint-Marc d'avoir "préché le fédéralisme, l'abandon de la mère patrie, l'amour des nations étrangères et la haine de la révolution française", "déclaré une guerre à mort à tous les citoyens de couleurs", "incendié la ville de Port-au-Prince"... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6534. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 39597.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Compte rendu sur la situation actuelle de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 18 octobre 1798. Ancien administrateur des colonies, l'auteur fut secrétaire de la commission envoyée à Saint-Domingue pour y faire appliquer la loi sur l'égalité politique des libres de couleurs votée en 1792. En 1796, il fut nommé commissaire ordonnateur du corps expéditionnaire de Saint-Domingue chargé de mettre fin au "préjugé de couleur", et élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinqs-Cents en 1797. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6541. — Sabin, 39611. — Inconnu de Monglond.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEMONNIER-DELAFOSSE (Jean-Baptiste).

Seconde campagne de Saint-Domingue, du 1er décembre 1803 au 15 juillet 1809. Précédée de souvenirs historique & succints de la première campagne. Expédition du général Leclerc, du 14 décembre 1801 au 1er décembre 1803.

Le Havre, H. Brindeau, 1846. In-8 de (1) f., viij-304 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition, non mise dans le commerce. Elle est illustrée de 5 plans dépliants (4 plans de batailles et un grand plan de la ville de Santo-Domingo). Officier de l'armée de Saint-Domingue sous le commandement du général Leclerc, l'auteur fit partie des quelques soldats qui se rassemblèrent autour du général Ferrand et résistèrent encore six années dans la partie espagnole de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6582. — Sabin, 40011.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LONGCHAMPS (Pierre Charpentier de).

Histoire impartiale des évènemens militaires et politiques de la dernière guerre, dans les quatre parties du monde.

Paris, Veuve Duchesne, 1785. 3 volumes in-12 de 558-(1) pp. - 523 pp. & (1) f., 620 pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. La dernière guerre dont il est question est celle de l'Indépendance des états-Unis dont l'auteur donne une description chronologique jusqu'au traité de Paris de 1783. Outre les évènements se déroulant sur le sol américain, l'auteur décrit également les combats qui se déroulèrent aux Antilles, en Inde et à Gibraltar où la France avait attaqué les Anglais, les forçant à disperser leurs forces. Bel exemplaire. Déchiures sans manques pages 137 à 140 du tome 2. Sabin, 41905.

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.