268 résultats

CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas).

Les calomniateurs Leborgne, Polverel, Sonthonax et complices appellés au Tribunal Révolutionnaire.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin vert en long (reliure moderne).

Brochure datée du 31 octobre 1794 et signée "les commissaires des patriotes de Saint-Domingue députés près la Convention Nationale" Larchevesque-Thibaud, Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, Verneuil, et Legrand. Les signataires, qui étaient incarcérés à la maison d'arrêt des Quatre-Nations, répondent à un libellé publié par Claude-Pierre-Joseph Leborgne de Boigne. Ce dernier fut secrétaire des commissaires civils à Saint-Domingue Étienne Polverel et Léger-Félicité Sonthonax. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4968. — Inconnu de Sabin.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Apperçu sur la constitution de Saint-Domingue.

1789. In-8 de 6 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur explique que Saint-Domingue n'est ni une colonie (car elle n'a pas été formée par une émigration venue de France mais est peuplée de divers peuple) ni une province (car trop éloignée de la métropole). En conséquence, elle ne peut pas être régie par la constitution française. "À ce titre, elle doit donc avoir une constitution mixte composée de la constitution de la France […] et d'une constitution particulière". Il termine en déclarant que les députés de Saint-Domingue demandent la fin du monopole des négociants des ports de mer, l'amélioration du sort des Noirs, "la liberté de tous les Nègres résidens en France, tant qu'ils y resteront", et qu'ils "consentiront encore à l'abolition de la traite des Noirs, faite par les négocians français, si c'est le vœu de l'Assemblée Nationale". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5147. — Sabin, 14048.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réflexions sur le rapport du comité des six.

Paris, Clousier, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Brochure dans laquelle l'auteur revient sur l'affaire des farines américaines. Pour arbitrer le conflit entre les colons de Saint-Domingue et les négociants des ports français, l'Assemblée désigna un comité de six membres chargé d'examiner les pièces présentées par chacune des parties. Or, sur les six membres, quatre étaient des commerçants, et l'auteur, ne croyant pas à un arbitrage en sa faveur, redonna tous les arguments des colons pour la défense de "l'introduction des bâtimens des Etats-Unis, qui leur offraient dans ces tems calamiteux de disette, des secours de farines que la France ne pouvait leur procurer". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5158. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch. — Sabin, 14056.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Réplique aux inculpations du commerce contre M. le marquis Du Chilleau.

Vers 1790. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur revient sur l'épisode de l'importation des farines américaines, autorisée par le marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles. Cette décision fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments avancés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5157. — Roquincourt, 691. — Sabin, 14058. — Inconnu de Monglond et de Ryckebusch.

[COLONIES].

États de commerce, de cultures et de population relatifs aux colonies françaises, pour l'année 1833.

1835. In-8 de 71 pp.; toile brune, pièce de titre marron (reliure moderne).

Publié par le Ministère de la Marine et des Colonies, cet état dresse l'inventaire des importations et exportations de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, le Sénégal, La Réunion, et Saint-Pierre-et-Miquelon. Avec, à la fin, un tableau récupitulatif du commerce et des populations, dont les esclaves, pour les années 1831 à 1833. [Suivi de:] - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1834. S.l., 1836. 64 pp. Avec, à partir de la page 51: Rapport à monsieur l'amiral, pair de France, ministre de la marine et des colonies, sur l'exécution de l'ordonnance royale du 4 août 1833, relative au recensement des esclaves dans les colonies. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1835. S.l., 1837. 88 pp. Les statistiques de chacune des colonies, dont les établissement dans l'Inde pour la première fois, sont précédées d'un état des populations libres et esclaves. - États de population, de cultures et de commerce concernant les colonies françaises, pour l'année 1836. S.l.n.d. 85 pp. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3055.

CORBUN (Jean-Marie).

Discours sur l'état actuel des colonies & leurs améliorations.

Paris, Imprimerie Nationale, An 5 [1797]. In-8 de 6-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours prononcé le 31 mai 1798 devant le Conseil des Cinq-Cents. Député de la Gironde et armateur à Bordeaux, l'auteur demande le "rappel le plus prompt de l'agent du Directoire Sonthonax & de ses confrères à Saint-Domingue" qu'il accuse d'avoir saisi illégalement un navire de Bordeaux au prétexte que la résidence en France du propriétaire "n'est pas constatée". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5222. — Ryckebusch, 2033. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

COUTRON de SAINT-ROMAIN.

Épitre à M. le comte de Peinier.

Au Port-au-Prince, imprimerie de Mozard, 1790. In-8 de (2)-(2 bl.) pp.; en feuilles.

Très rare document contenant une pièce en vers à la gloire du gouverneur de Saint-Domingue, Antoine de Thomassin de Peynier. Elle est signée du nom de Coutron de Saint-Romain, ancien gendarme & officier d'infanterie, et datée du 5 mai 1790. Bon exemplaire. Traces de pliures. Inconnu de Sabin.

DECAMPS (Alexandre-Gabriel).

Café turc.

Paris, Imprimerie Bertauts, vers 1850. Lithographie originale (72 x 55 cm avec les marges).

Belle représentation d'un café turc où l'on aperçoit un groupe d'hommes buvant un café ou fumant un narguilé. Cette planche a été lithographiée par Eugène Le Roux d'après Alexandre-Gabriel Decamps. Peintre et graveur français, Decamps fut l'une des grandes figures du romantisme. En 1828, il fut envoyé en mission en Grèce en compagnie du peintre Louis Garneray, chargé de commémorer par un tableau la victoire de Navarin, et poursuivit un périple qui le conduisit à Constantinople, en Asie mineure (Smyrne) et au Moyen-Orient. Cette expérience sera décisive. Au cours de son séjour, il prit des notes, réalisa des croquis et emmagasina les images avec lesquelles il façonnera à son retour sa vision de l'Orient, devenu une source profonde d'inspiration. De retour à Paris, ses carnets remplis de dessins, Decamps lança la mode de l'orientalisme qui marquera l'art français. Bon état de conservation.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DENECOURT (Claude-François). — LUCHET (Auguste).

Promenade dans la forêt de Fontainebleau et itinéraire abrégé des appartements du palais. Suivi de la journée du Parisien à Fontainebleau, par Denecourt.

Fontainebleau, E. Jaquin, 1850. In-8 de 31 pp. ; demi-basane bleue, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice gravé dépliant, colorié et gommé. [Relié avec:] - DENECOURT. Délices de Fontainebleau. Itinéraire des nouvelles promenades de Franchard. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. (1) f., 32 pp. - DENECOURT. Le Fontainebleau des voyageurs des trains de plaisir, ou itinéraire des plus belles choses à voir dans le palais et la forêt. Fontainebleau, E. Jacquin, 1850. 16 pp. Plan gravé dépliant avec un envoi autographe signé de l'auteur au verso. - DENECOURT. Délices de Fontainebleau. Itinéraire d'une charmante promenade au débarcadère du chemin de fer, par les points de vue du Calvaire et de la Reine des bois. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 24 pp. - LUCHET (Auguste). Promenade dans la forêt de Fontainebleau et itinéraire abrégé des appartements du palais. Suivi de la journée du Parisien à Fontainebleau, par Denecourt. Fontainebleau, E. Jacquin, 1850. 31 pp. Sans le frontispice dépliant. - DENECOURT. Le palais et la forêt de Fontainebleau ou itinéraire historique et descriptif de ces lieux remarquables et pittoresques. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 123-(1) pp. (mal chiffré, la pagination revient de 12 à 11, et de 75 à 74). Avec 3 planches dépliantes (plan de Fontainebleau en double exemplaire, carte de Paris à Fontainebleau), & 4 planches. - DENECOURT. Les délices de la forêt de Fontainebleau, ou itinéraire descriptif de tous les sites et points de vue remarquables de cette forêt royale. Troisième édition. Fontainebleau, chez l'auteur, sd. 126-(1) pp. Avec 4 vues lithographiées. - DENECOURT. Guide du voyageur et de l'artiste à Fontainebleau; itinéraire du palais et de la forêt, avec les promenades les plus pittoresques. Sixième édition. Paris, 1850. vj-(2)-88 pp. Avec un plan dépliant de Fontainebleau, et un envoi autographe signé au crayon bleu de Denecourt à Auguste Luchet. - DENECOURT (C. F.). Petit indicateur du voyageur à Fontainebleau, ou renseignements indispensables pour séjourner agréablement dans ce pittoresque rendez-vous de plaisance. Paris, aux libraires du Palais-National, 1850. 16 pp. - DURAND (Alexis). La forêt de Fontainebleau, poème en quatre chants. Fontainebleau, chez l'auteur, Paris, Delaunat, 1836. (2) ff., xxvj-(1)-(1 bl.)-150 pp. Rare réunion de texte consacrés à la forêt de Fontainebleau par Claude François Denecourt. Vétéran de l'armée napoléonienne, il consacra l'essentiel de sa vie à développer et faire connaître les richesses de la forêt de Fontainebleau. Bon exemplaire. Rares piqûres, restaurations au dos.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DUBUCQ (Jean-Baptiste).

Mémoire sur l'étendue et les bornes des loix prohibitives du commerce étranger dans nos colonies.

[1765]. In-4 de 23 pp.; broché, couverture de papier marbré de l'époque.

Très rare plaquette de Jean-Baptiste Dubucq, natif de Martinique, chef du bureau des colonies au Ministère de la Marine. Porte-parole des colons, il demande à ce que ces derniers puissent vendre directement leurs "sirops et eaux-de-vie" dans des navires étrangers, et puissent importer des esclaves, du bois et du bétail sans, là encore, passer par le monopole des navires français. Bel exemplaire. Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DU PETIT-THOUARS (Louis-Marie Aubert).

Vue de Sydney et de l'entrée de la rivière de Paramatta.

Paris, 1841. Lithographie originale, en deux feuilles non jointes pouvant former un panorama d'environ 18 x 85 cm.

Belle vue panoramique de la ville de Sydney, dessinée par Mesnard et lithographiée par Thierry et Sabatier. Elle est issue du Voyage autour du monde sur la frégate la Vénus, pendant les années 1836-1839, de Du Petit-Thouars. Capitaine de vaisseau en 1836, Du Petit-Thouars réalisa un tour du monde sur la frégate la Vénus, faisant successivement escale aux îles Canaries, au Brésil, au Chili, au Kamtchatka, au Mexique, en Polynésie, en Australie, et à la Réunion, avant de regagner Brest en juin 1839. De retour en France, il conseilla au gouvernement l'annexion des îles Marquises et fut promu contre-amiral et commandant des forces navales d'Océanie. Son voyage implanta la France en Polynésie. Très bel exemplaire.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPONT de NEMOURS (Pierre-Samuel).

Considérations sur la position politique de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne.

S.l., 1790. In-8 de 30 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre noire (reliure moderne).

Député du baillage de Nemours à l'Assemblée Nationale, l'auteur dresse un état des lieux politico-commercial entre les trois puissances citées dans le titre. "L'Angleterre a proposé à l'Espagne un traité de commerce très-avantageux pour la Grande-Bretagne, et très-nuisible au commerce de la France et à celui de l'Espagne elle-même" (page 6). La France ne veut pas perdre son commerce avec l'Espagne "qui est le plus avantageux de tous ceux que fait la France" (page 10). Mais l'auteur ne pense pas qu'il faille faire la guerre à l'Angleterre avant une négociation sérieuse, et un réarmement des vaisseaux français pour appuyer cette dernière. Bon exemplaire.

DURAND (abbé).

Conférence sur le Tong-King et ses peuples.

Paris, Imprimerie Nationale, 1879. In-8 de 20 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Compte rendu d'une conférence donnée le 27 août 1878 au Palais du Trocadéro, lors de l'Exposition Universelle, concernant la région du Tonkin avec des renseignements sur sa géographie, son commerce et ses différentes populations. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à René de Semallé. Géographe, il fut l'auteur d'articles dans le Bulletin de la Société de géographie entre 1868 et 1883. Cordier, BI, 1624.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ELBHECQ (Pierre-Joseph Du Chambge, baron d').

Opinion sur les demandes et pétitions faites à l'Assemblée Nationale, par les députés du commerce de France, et ceux de Bordeaux, le 25 février 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré cuivre, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Opinion en réponse à des députés qui demandaient de rétablir le "régime prohibitif dans nos colonies, sans restriction ni modification" et "qu'il ne soit rien changé dans les habitudes du commerce & des colonies, relativement à la traite des Noirs, & à leur état dans nos isles". L'auteur propose la création d'une commission pour débattre de la première proposition, et quant à la seconde, il demande à l'Assemblée d'établir un décret disant "que son intention n'a jamais été de rien innover à l'égard des colonies, reconnoissant qu'il est impossible de les soumettre, au moins, quant aux Noirs, au régime de la France". Inconnu de Monglond, Roquincourt et Ryckebush.

[EQUATEUR].

Procession du Vendredi Saint à Quito.

[Vers 1830]. Aquarelles originales (gouache, plume et encre de chine) mesurant 15 x 90 cm, remontées sur des feuilles légendées à la main de 99 x 65 cm.

Magnifique ensemble complet, composé de 4 grandes aquarelles sur la procession du Vendredi Saint à Quito, pouvant former un panorama de 7m20. La Semana Santa est un des moments les plus forts du calendrier liturgique chrétien en Amérique latine, où elle fut importée au XVIe siècle par les conquistadores. C'est àQuito que prend place la procession de Pâques la plus impressionnante de tout l'équateur. Liste des protagonistes ou scènes : - Pères de la Merced - Franciscains - Emblèmes de la passion entre autres le coq et le galive de St Pierre - Almas santas - L'ange terrassant la mort - La Sainte Vierge en grand habit avec un ange pour lui porter la queue - Notre Seigneur portant sa croix, aidé de Simon le Cyrénéen - Les deux Maries - Musiciens de la ville - Troupe de Juifs - Saint Sépulchre - Généraux suivis de leur troupe - Almas santas - Emblêmes de la passion - Chanoines - Evêque portant le St Sacrement voilé en signe de deuil - Emblêmes de la passion - Barbiers indigènes - Alcalde et sa suite - Bannière renversée en signe de deuil - Femmes de la ville Ces aquarelles se rapprochent d'une gravure sur acier dessinée par Boilly en 1836, mais comportent de nombreuses variantes et des ajouts. Bel état de conservation. Quelques piqûres.

ESTAING (Charles Henri, comte d’).

Pièce signée, contresignée par son secrétaire.

A bord du Languedoc, en rade de Fort Royal (Martinique), 23 juin 1779. 1 p. in-folio (31,4 x 20 cm), en-tête imprimé, cachet de cire rouge.

Provisions de gouverneur général de l’île Saint-Vincent. Vice-amiral en 1777, le comte d’Estaing reçut, l’année suivante, le commandement de l’escadre chargée d’aller porter aide et assistance aux insurgents américains. En août 1778, il soutint l’assaut contre Rhode Island, puis descendit vers les Antilles où il réussit à s’emparer, le 18 juin 1779, de l’île Saint-Vincent, située à 160 km au sud de la Martinique: «L’importance de l’île de St Vincent, sa position au milieu des possessions ennemies, l’augmentation de sa garnison, et le titre de gouverneur général ci-devant possédé par Monsieur Valentin Morris, rendant convenable ainsi que nécessaire […] d’en confier le gouvernement général à un officier d’un grade supérieur, et qui ait acquis par les postes qu’il a occupés l’usage du commandement, j’ai cru ne pouvoir faire meilleur choix que celui de Monsieur Aimé Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, et lieutenant du Roy de la ville du fort Royal, et de ses forts en l’île Martinique. C’est pourquoi […] j’ai nommé & je nomme par ces présentes Monsieur Guillin du Moutet, colonel d’infanterie, gouverneur général de l’île de St Vincent, pour gouverner ladite île conformément aux ordonnances du Roy…». Cette nomination eut lieu quelques jours avant la prise de la Grenade par l’escadre du vice-amiral d’Estaing (juillet 1779). Cf. Taillemite, Dictionnaire des marins français. Intéressant document sur la campagne du comte d’Estaing aux Antilles.

ETATS-UNIS.

Ensemble de 6 lettres signées, dont 4 autographes, de diverses personnalités américaines.

Albany, Brooklyn, Philadelphie, Washington, 1797-1858. 6 pp. in-8 ou in-4, en anglais; 3 adresses dont une avec marques postales.

Cet ensemble comprend : - PICKERING (Timothy), 1745-1829, avocat, secrétaire d’Etat des Etats-Unis de 1795 à 1800, sous les présidences de George Washington et John Adams. Lettre autographe signée à Philippe André Joseph de Létombe, consul général de France à Philadelphie. Philadelphie, 26 juillet 1797, 1 p. in-4, adresse, traduction en français. Elle concerne la procédure intentée, auprès de la Cour suprême de Pennsylvanie, par un capitaine de navire marchand américain contre le général Collot, ancien gouverneur de la Guadeloupe qui avait saisi, en 1794, son navire lorsqu’il se rendait aux Etats-Unis: «A friend of the plaintiff in the suit against General Collot, had assured me that he would undertake to withdraw the suit, that the General might be discharged from his bail…». Il envoie à son correspondant une copie du certificat de la Cour suprême l’informant de la fin de la procédure. Sur cette affaire, cf. Keitner (Chimène I.), The Forgotten History of Foreign Official Immunity, in New York University Law Review, June 2012, pp. 713-724 («Waters v. Collot »). Ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et membre de la société des Cincinnati, Victor Collot (1750-1805) est connu pour avoir effectué, de mars à octobre 1796, une mission secrète qui consistait à reconnaître le cours de l’Ohio jusqu’au Mississipi et relever l’emplacement des forts espagnols. La relation de son voyage ne fut publiée qu’en 1826. - STODDERT (Benjamin), 1751-1813, premier secrétaire à la Marine des Etats-Unis de 1798 à 1801, sous la présidence de John Adams. Lettre signée, avec deux lignes autographes, à Philippe André Joseph de Létombe, à Philadelphie. [Washington], Navy Dept., 14 mars 1801, 1 p. in-4, adresse, marques postales. Au sujet des prisonniers français qui seront conduits à Boston pour être acheminés vers New York: «I have directed the French Prisoners at Boston to be sent to New York […]; similar instructions will be given to have the rest in our possession removed to any port or ports, where you may have vessels to receive them ». Cette lettre fait allusion à la «Quasi-guerre», ou guerre maritime non déclarée, qui opposa la France et les Etats-Unis entre 1798 et 1800. Elle prit fin avec le traité de Mortefontaine qui fut ratifié en 1801. - SPRAGUE (William Buell), 1795-1876, pasteur de l’Eglise presbytérienne, compilateur des ‘Annals of the American Pulpit’, un dictionnaire biographique des principaux ministres protestants décédés avant 1850. Lettre autographe signée à Louis Borg, au consulat de France à New York. Albany, 15 juillet 1840, 1 p. in-4, adresse, lég. déchirures. Au sujet d’une démarche auprès de Julian Molinard, professeur de langues modernes à la Faculté d’Albany: «I had the pleasure to receive your kind letter this morning, since which I have called on Professor Molinard to execute your commission, but did not find at home… ». Il demande aussi à Borg de lui faire suivre son courrier. - SICKLES (Daniel Edgar), 1819-1914, avocat, militaire et homme politique, il s’illustra pendant la guerre de Sécession. Lettre autographe signée à Louis Borg. Washington, s.d. [1857], 1 p. in-8. Concerne l’importation de médailles: «An order from the Treasury to admit your medals will go to the Custom House by the mail this afternoon… ». - COBB (Thomas Howell), 1815-1868, secrétaire au Trésor de 1857 à 1860, sous la présidence de James Buchanan. Pendant la guerre de Sécession, il présida le Congrès des Etats Confédérés. Lettre signée à Louis Borg, consul général de France à New York. [Washington], Treasury Department, 26 mai 1857, 1 p. in-4. Il informe son correspondant que les médailles pourront entrer sans frais de douane: «You are respectfully referred to the Collector of Customs at New York for the decision of this Department […] for the admission to free entry of a ‘Cabinet of Medals’ ». - WHITE (Richard Grant), 1822-1885, avocat, critique littéraire et musical, spécialiste de Shakespeare. Lettre autographe signée à Louis Borg. Brooklyn, 31 décembre 1858, 1 p. in-8. Il s’excuse de n’avoir pas pu s’occuper de son affaire : «The truth is that I have been so occupied, day & night, that I have not even throught of your affair, except once when I work up in the middle of the night & could not sleep again… ». On joint 2 lettres signées, dont une autographe, au journaliste et homme de lettres Xavier Eyma. Boston, Paris, 1847-1853, 4 pp. in-4, en français. La première concerne un envoi de livres pendant sa mission aux Etats-Unis, et la seconde les dettes publiques du Chili et du Pérou.

[ETATS-UNIS] — DUPLESSIS-BERTAUX (Jean).

Indépendance des États-Unis.

Paris, Blin, 1786. Gravure originale (23,2 x 15 cm).

Belle estampe allégorique célébrant l'indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776, et l'alliance de la France et des États-Unis. Elle a été dessinée par Jean Duplessis-Bertaux, et gravée à l'aquatinte et imprimée en couleurs par Louis Roger. Elle est issue de la collection des Portraits des Grands Hommes et Femmes Illustres, et sujets mémorables de France, publiée en 48 livraisons entre 1786 et 1792, et à laquelle elle manque souvent. Au centre de l'illustration de forme circulaire, sur un fond de paysage marin montrant un navire au mouillage dans une baie, figure une colonne posée sur un piédestal, et portant les portraits en médaillon de Louis XVI, Benjamin Franklin et George Washington, orthographié de façon surprenante Waginston. La colonne est ornée en tête d'une sphère fleurdelysée, sur laquelle se tient fièrement le coq gaulois. Le piédestal porte l'inscription : "L'Amérique et les mers, Ô Louis ! vous reconnaissent pour leur Libérateur". À droite du monument, un indigène représentant l'Amérique, vêtu de peaux de bêtes et coiffé de plumes, écrase de son pied gauche un léopard, représentant l'Angleterre. Il tient de sa main droite un caducée et de sa main gauche une lance coiffée d'un bonnet phrygien. Derrière lui, une bannière enlacée autour d'un palmier porte l'inscription : "En m'élevant je m'embellis". Sur la gauche, on peut voir des ballots de marchandises portant les initiales M L, et une ancre marine. Sous l'illustration figurent le titre et deux colonnes de texte retraçant l'histoire de l'indépendance des États-Unis, et citant le comte d'Estaing, le marquis de La Fayette et le comte de Rochambeau qui "combattent pour la cause des Américains, soutenue avec tant de gloire par le général Washington". Le texte se termine sur le port de Cherbourg : "Le port de Cherbourg, ouvrage immortel du règne de ce grand Prince [Louis XVI], doit affermir cette liberté si utile aux peuples". Bel exemplaire. Restes de bande adhésive au dos, petit trou dans la marge inférieure comblé. Hart, Catalogue of the engraved portraits of Washington, 55, pp. 28-29.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FONTANE (Marius).

Essais de poésie védique.

Paris, Alphonse Lemerre, 1876. In-16 de (3) ff., 48 pp. ; cartonnage de papier brun moucheté, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, tirée à 100 exemplaires. Recueil de 19 poèmes, dont les quinze premiers sont traduits du Rig-Véda (Collection d’hymnes sacrés de l’Inde antique composés en sanskrit védique), et les quatre suivants, conçus dans le même style par l'auteur "ne contiennent toutefois que des pensées et des images védiques". Marius Fontane fut le secrétaire générale de la Compagnie maritime universelle du canal de Suez, puis secrétaire de Ferdinand de Lesseps. Il fut, comme ce dernier, compromis dans le scandale de Panama. Bel exemplaire.

[FRANCE] — FICHOT (Charles).

Paris en 1889. Vue générale de l'Exposition Universelle. La Tour Eiffel et les Palais du Champ de Mars et du Trocadéro.

Paris, Jules Hautecoeur, 1889. 659 x 990 mm ; monté sur toile.

Superbe et rarissime vue à vol d'oiseau figurant le site de l'Exposition Universelle de Paris de 1889, dessinée et lithographiée par Charles Fichot, et finement coloriée. L'Exposition Universelle de 1889 fut la quatrième exposition organisée à Paris, après celles de 1855, 1867 et 1878. Elle se déroula du 5 mai au 31 octobre 1889, sur le thème de la Révolution française, dans le cadre du centenaire de cet événement. C'est pour cet événement que fut construite la Tour Eiffel, ou Tour de 300 mètres comme elle était appelée à ses débuts. L'organisation de l'exposition fut confiée à Adolphe Alphand, dirtecteur du Service des Promenades et Plantations de Paris, et proche collaborateur du baron Haussmann. Comme nous le montre cette magnifique estampe, le site, qui s'étendait sur 96 hectares, était réparti sur les deux rives de la Seine, au niveau du Pont d'Iéna. Sur la rive droite, on peut voir le Palais du Trocadéro qui abritait l'art et l'industrie. Construit pour la troisième Exposition universelle de Paris de 1878, le Palais du Trocadéro sera démantelé en 1935. On aperçoit également le Palais de l'Industrie, construit sur l'avenue des Champs-Élysées pour la première Exposition Universelle française en 1855, et détruit en 1896 pour laisser place aux Petit et Grand Palais. Sur la rive gauche, on peut voir le Champ-de-Mars, accueillant également l'art et l'industrie, et l'esplanade des Invalides, qui était dédiée aux expositions des colonies françaises et du ministère de la Guerre. De ce fait, cette manifestation fut la première véritable Exposition coloniale de l'histoire de France. À l'arrière du site sur la rive gauche, on peut voir l'avenue de La Motte-Picquet avec l'École Militaire. Sur cette même rive, on peut voir l'Hôtel des Invalides, la basilique Sainte-Clotilde, l'Institut de France, les églises Saint-François-Xavier, Saint-Sulpice et Saint-Germain des Prés, Notre-Dame et le Panthéon ; sur la rive droite, l'Arc de Triomphe, la Madeleine, l'Opéra, l'église Saint-Augustin, les gares de l'Est et du Nord, et le Louvre. À proximité du pont de l'Alma, on aperçoit l'hippodrome, inauguré en 1877, puis fermé en 1892. Dans le ciel de Paris, on aperçoit le Grand ballon captif, inventé par Henri Giffard pour l'Exposition de 1878. Cette attraction permettait aux touristes de survoler Paris et le site de l'Exposition. Très rare. Nous n'avons localisé qu'un seul exemplaire dans les collections publiques, conservé à la BnF. Très belle condition. Déchirure dans la partie droite restaurée, manque de papier comblé dans la marge inférieure.

FRANCE (Joseph).

Lettre à messieurs les membres de la chambre des députés.

Paris, imprimerie de A. Sirou et Desquers, 1847. In-8 de 7 pp.; toile bordeaux, pièce de titre bordeaux (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse à la publication d'une protestation de colons au sujet "des inculpations dont les colons ont été l'objet dans les séances des 24 et 26 avril dernier". Ces derniers dénoncent les critiques faites à la justice coloniale par l'Assemblée Nationale, et par l'auteur, qui, un an plus tôt, publia un ouvrage intitulé La vérité et les faits, ou l'esclavage à nu, où il rendait compte de son expérience de chef d'escadron de gendarmerie coloniale. Dans cette nouvelle publication, il constate que les accusations "contre les magistrats et les assesseurs sont fondées", et qu'elles "impliquent la solidarité de la société coloniale". Il conclut en demandant l'abolition de l'esclavage, car "il n'y a d'améliorations légales possibles qu'en supprimant la cause de tous les maux, qui sont la suite de cette plaie hideuse qui fait honte à notre nation". Bon exemplaire. Ryckebusch, 3295.

[FRANCE] — TARDIEU (Pierre Antoine).

Carte de France physique et administrative. La France actuelle et ses anciens défenseurs.

Paris, Binet, 1838. Gravure originale (52 x 64,5 cm).

Très rare et belle carte de la France divisée par départements, dressée par Pierre Antoine Tardieu, et gravée par Gabriel-Xavier Montaut et François Houiste. Cette carte est un hommage de l'auteur au Premier Empire et à l'Empereur Napoléon, mort en 1821. Elle est encadrée d'une superbe bordure montrant les portraits de l'Empereur et des vingt maréchaux et généraux qui se sont illustrés lors de ses campagnes : Foy, Ney, Lannes, Eugène, Mortier, Lamarque, Masséna, Cambronne, Brune, Daumesnil, Junot, Berthier, Marceau, Lasalle, Hoche, Desaix, Poniatowski, Lefebvre, Kléber, et Augereau. Tous sont mis en scène dans un décor de bataille. Le général Desaix et le général Kléber, notamment, sont représentés lors de la Campagne d'Égypte. Napoléon, le chef des armées, est représenté à cheval, entouré d'une aura lumineuse, l'aigle impérial veillant au-dessus de sa tête. À ses pieds reposent un Code Napoléon, une palette de peintre symbolisant sa contribution dans le domaine des Arts, ainsi que des attributs militaires et des éléments illustrant la Campagne d'Égypte. De chaque côté de la carte figurent deux monuments érigés sur ordre de Napoléon : à gauche, la Colonne d'Austerlitz ou Colonne Vendôme, érigée en 1810 pour commémorer la victoire d'Austerlitz, à droite, la Fontaine de la Victoire ou Fontaine du Châtelet, construite en 1808 pour célébrer les victoires marquantes de l'Empire lors des batailles de Lodi et de Marengo (Italie), des Pyramides (Égypte), d'Ulm (Allemagne), et de Dantzick en Pologne. Ces portraits, ainsi que tous les éléments décoratifs, ont été dessinés par le peintre et lithographe Victor Adam. Il existe une autre édition de cette carte, publiée en 1852 par Fatout. Nous n'avons pas trouvé d'édition antérieure à la nôtre, datée de 1838, on peut donc penser qu'il s'agit de la première. Bel exemplaire, avec les contours aquarellés à l'époque, de cette carte très rare. Petites déchirures marginales restaurées. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1852, p. 680 (édition de 1852).

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

GALLI (E. D.).

Le ramassage du café au Brésil.

S.l., 1951. Ensemble de 5 aquarelles originales sur papier (env. 41 x 29 cm.) signées et légendées par E. D. Galli.

On trouve ainsi représenté le processus : - La cueillette des cerises de café - Le ramassage des cerises de café dans les grands draps - La cueillette du café - Le séchage mis en tas des cerises de café - Pesage et entassage du café La production de café au Brésil représente environ un tiers de la production mondiale de café, ce qui fait du Brésil, le plus grand producteur du monde. Les plantations de café couvrent environ 27000km2 de terrain, principalement dans les États du sud (Minas Gerais, São Paulo et Paraná) où l'environnement et le climat offrent des conditions de croissance idéales. Le café est arrivé au Brésil au XVIIIesiècle et le pays est devenu le premier producteur dans les années 1840. L'apogée de la production brésilienne se situe dans les années 1920 quand le pays fournissait 80% du café du monde. Bon état de conservation.

GARNERAY (Louis).

[Combat naval].

1816. Aquarelle originale sur papier, montée sur carton, datée et signée dans le cadre inférieur gauche (15,4 x 21,6 cm hors marges).

Belle aquarelle montrant le combat entre l’USS President et le HMS Belvidera le 23 août 1812. La frégate américaine est représentée au second plan, voiles déployées, tirant au canon sur la frégate anglaise qui se trouve au premier plan et semble vouloir s’éloigner ; seule la proue de celle-ci est visible ainsi que la voilure, endommagée lors de la bataille. Au dos, une légende manuscrite a été copiée en anglais, ainsi que sa traduction en français: « Victoire américaine. La frégate américaine le President, commodore Rodgers, tirant sur la frégate anglaise la Belvedora [sic], qui force de voiles pour s’échapper après deux heures de combat le 23 août 1812. Par Louis Garneray peintre de marine». Cet affrontement se situe au début de la guerre anglo-américaine de 1812, dont les origines se trouvent en partie dans les tensions commerciales qui existaient entre les deux pays. Lors du conflit, la stratégie britannique était de protéger ses propres navires marchands à destination ou en provenance d’Halifax ou du Canada, et d’imposer un blocus aux principaux ports américains. Cette guerre s’acheva en 1815 par un statu quo. Le combat représenté ici semble avoir eu lieu dans l’Atlantique Nord, probablement au large de la Nouvelle-Ecosse. L’USS President était une puissante frégate de la marine américaine lancée en 1800 et comportant à l’origine 44 canons, mais pouvant en contenir 56. Capturée en 1815, elle fut intégrée à la Royal Navy sous le nom de HMS President, puis démolie en 1818. Quant au HMS Belvidera, il s’agissait d’une frégate britannique lancée en 1809 et qui servit notamment pendant les guerres napoléoniennes et la guerre anglo-américaine de 1812. Réduite au service portuaire en 1846, elle fut transformée en navire de réception en 1860. Peintre d’histoire, de paysages et de marines, aquarelliste et graveur, Louis Ambroise Garneray naquit à Paris en 1783. Fils aîné du peintre Jean-François Garneray, il fut l’élève de son père, et de Debucourt pour l’aquatinte. Ayant commencé une carrière de marin, il mena d’abord une vie aventureuse avant de devenir, en 1817, peintre du duc d’Angoulême. Un grand nombre de ses tableaux évoquent la vie maritime: combats navals, scènes de pêche, vues de ports, attaques de navires par les pirates, naufrages, etc. Il exposa au Salon de Paris de 1817 à 1857, devint conservateur du Musée de Rouen et mourut à Paris en 1857. Ses œuvres sont conservées aux musées de Versailles, Cherbourg, Saint-Malo, Rouen, Dieppe, etc. A la suite de la légende manuscrite se trouve un ex-dono: «Donné le 10 juillet 1884 à mon cher René Glory. Camille Lamblat, son vieil oncle». Précieux document. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, 1999, pp. 877-878 («Les œuvres de cet artiste sont nombreuses et pleines d’une expression vive»). – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 607-609 (mentionne plusieurs tableaux représentant des combats navals lors de la guerre anglo-américaine de 1812).

GAYA (Louis de).

Cérémonies nuptiales de toutes les nations. Réimpression faite sur l'édition originale publiée en 1680.

Lille, Typ. de Blocquel-Castiaux, vers 1850. In-12 de 128 pp., (16) pp. de catalogue., broché, couverture imprimée et illustrée, non coupé.

Un des premiers livres traitant des cérémonies nuptiales à travers le monde au XVIIe siècle : Floridiens, Javanais, Coptes, Mexicains, Moscovites, Arabes, Chinois, Druses de Syrie, Persans, ou encore Turcs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine.

GELLY.

[Panoramas de la Martinique].

1901. Ensemble de 2 aquarelles, dont une signée. (8 x 65,6 et 8,4 x 60 cm), entoilés et repliés; légendes manuscrites à l’encre.

Vues panoramiques de la Martinique au début du XXe siècle. La première aquarelle, signée «Gelly 01» dans l’angle inférieur droit, est une vue de la baie de Fort-de-France prise des Pitons du Carbet, en direction du Sud. Elle montre, du côté nord de la baie, les endroits suivants: Anse de Case-Pilote; Morne La Démarche; Habitation La Rouffinière; Pointe des Nègres; Fort Tartenson; Fort Saint-Louis; Fort Desaix; et, du côté sud: Vauclin; Embouchure de la Rivière Salée; Gros Ilet; Pointe du Bœuf; Lazaret; Morne Bigot; Ilet à Ramiers; Cap Salomon. La seconde, non signée, est un panorama de l’intérieur de l’île; on peut ainsi voir, d’ouest en est: Plateau Roy; Morne La Démarche; Moulin d’Arbot; Morne Duclos; Pitons du Carbet; Camp Balata; Plateau Larcher; Morne Moco; Poste Colon; Morne Vert. Au premier plan, on aperçoit des bois et des surfaces cultivées ainsi que quelques maisons; à l’arrière-plan l’artiste a représenté la région montagneuse des Pitons du Carbet. Bénézit, V, p. 953, mentionne un Victor Gelly, peintre, mort en 1899, sans qu’il soit possible d’établir un lien de parenté avec l’auteur des deux panoramas.

GERAUD (Marguerite).

Tahiti. [Suivi de:] Afrique équatoriale, Gabon, Congo, Cameroun.

Vers 1930. Tapuscrit, avec quelques annotations autographes. 2 parties en un volume in-4 (27 x 21 cm) de 160 pp. numérotées de 183 à 338 avec pages bis, plus deux cahiers dactylographiés joints; en feuilles sous chemise cartonnée, déchirures à la première page.

Le voyage d’une artiste à Tahiti en 1912-1913. Peintre et épouse d’un gouverneur des colonies, Marguerite Géraud, née Marnier (1879-1969) accompagna son mari dans les différents postes qu’il occupa, en Cochinchine, à Dakar, à Madagascar, dans les Etablissements français de l’Océanie et en Afrique équatoriale française. Le présent tapuscrit, numéroté «II», concerne Tahiti et l’Afrique équatoriale. La première partie (92 pp.) se rapporte au voyage et au séjour à Tahiti, où Léon Géraud (1873-1954) fut gouverneur intérimaire en 1912-1913. Ne pouvant s’embarquer au Havre à cause d’une grève, les époux Géraud se rendent à Cherbourg avec leur fils âgé de dix ans et une domestique, puis montent à bord d’un bâtiment de l’American Line, le New York, qui les emmène aux Etats-Unis. Partis le 7 juillet 1912 de la rade de Cherbourg, ils arrivent à New York le 14 juillet. Le 17, ils visitent les chutes du Niagara, puis ils prennent le train et passent par Chicago, Denver, Grand Junction, Salt Lake City avant d’arriver à San Francisco le 26 juillet. Ils embarquent ensuite sur le Moana et effectuent la traversée jusqu’à Tahiti où l’arrivée a lieu le 31 juillet. Marguerite Géraud donne ses premières impressions sur l’île et ses habitants, puis effectue une visite chez la veuve du dernier roi Pomaré où elle reçoit un «accueil majestueux». Elle rencontre aussi les filles de la reine et décrit leurs toilettes. D’autres visites ont lieu chez des notables, ce qui lui permet de se faire quelques amies. Elle visite l’île, notamment la vallée de la Fataua où elle peint un paysage. Son récit contient une description du récif de corail qui entoure l’île: «Je m’étonne que les voyageurs aient si peu parlé de la mer et du récif. Les tons de la mer sont ici d’une richesse et d’une variété que je n’ai vues nulle part ailleurs. Elle passe du vert Véronèse au bleu d’outre-mer teinté de rose, sans doute suivant l’éclairement, la profondeur et la nature des fonds. Quant au récif, c’est un véritable enchantement. On peut l’observer avec une lunette de plonge, ou, mieux, d’une barque à fond de verre. Par trente mètres de fond, l’on voit jouer, lutter, s’entre-dévorer des fragments d’arc-en-ciel qui n’ont même plus des formes de poisson […]. Je voyais se présenter sous mes yeux toutes les couleurs de ma palette; la variété des bleus est prodigieuse. Et toutes ces couleurs disposées en dessins à faire rêver un décorateur…» (pp. 211-213). Elle ajoute: «Sorties de leur milieu, toutes ces merveilles perdent leur éclat. Alors que le corail de la Méditerranée conserve à l’air sa couleur, ceux de Tahiti perdent très vite la leur, et, à mesure qu’ils se dessèchent, s’effritent et se pulvérisent. C’est à grand peine que j’ai pu en rapporter quelques échantillons. Les poissons eux-mêmes deviennent gris en mourant et les spécimens que l’on voit en Europe n’en donnent qu’une idée très fausse. J’ai pu, avec le procédé rapide de l’aquarelle, prendre des notations exactes, et préparer ainsi la collection que j’ai donnée au Muséum et dont j’ai, chez moi, la réplique…» (pp. 213-214). Après quelques détails sur les poissons, les tortues et les crabes, l’auteur évoque les ressources naturelles: bananes sauvages, arbre à pain, vanille, noix de coco, coprah, huîtres perlières… Puis elle parle des mœurs des Tahitiens, de la disparition de la race maori, des métissages, des maladies (lèpre, éléphantiasis), de la construction d’une léproserie, du rôle économique des Chinois, de la difficulté de trouver de la main-d’œuvre indigène, des domestiques (cuisiniers, boys, cochers) dont le service laisse parfois à désirer, de la difficulté d’organiser des réceptions mondaines, etc., le tout accompagné d’anecdotes assez curieuses sur la société tahitienne. Le récit contient une évocation de Paul Gauguin : «L’île est encore toute pleine du souvenir de Gauguin […]. Nous avons des relations très amicales avec Monsieur G… et Monsieur C… qui l’ont aidé de leur mieux pendant son séjour et qui n’en ont été payés que par des injures. Son caractère aigri l’avait rendu odieux à tous, même aux Tahitiens avec qui il était en palabres continuelles. J’ai de lui une suite de petits pamphlets que je garde précieusement et qui suffit à montrer quelle était la nature de ses relations avec les avocats, le procureur de la République et les gendarmes. Il faisait paraître toutes les semaines un journal «Le Sourire» dans lequel il épanchait sa bile et dont j’ai quelques exemplaires […]. Monsieur Hervé m’a fait cadeau de deux bois sculptés provenant de la maison de Gauguin…» (pp. 237-238). Des extraits du journal de Gauguin ont été insérés pp. 251-258, après la relation d’un voyage à Moorea. Dans cette île, l’auteur remarque, dans la baie d’Oponohu, un tiki, ou sculpture représentant un dieu, avec, à sa base, une pierre de sacrifices. Cette sculpture sera signalée au conservateur du Musée d’ethnographie du Trocadéro. Le récit contient ensuite la relation d’un voyage autour de Tahiti, avec la description des localités et des sites pittoresques. Le séjour s’achève par une excursion sur l’île de Makatea, où l’auteur reçoit en cadeau des couronnes, des colliers de coquillages, un petit cochon de lait et des crabes de cocotier. Puis la famille Géraud rentre en France, après un an de présence sur «l’île enchantée». «Marguerite Géraud […] rapporta de son séjour [à Tahiti] quelques peintures qui furent exposées à la Société des artistes français, à la Nationale, à la Société des artistes coloniaux, ainsi qu’aux expositions de 1931 et 1937. Elle exécuta également une série d’aquarelles représentant des poissons de récifs coralliens, dont une copie existe au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le Musée océanographique de Monaco en possède aussi quelques-unes» (O’Reilly & Reitman). La seconde partie (68 pp.) relate quatre voyages effectués en Afrique équatoriale française entre 1923 et 1925. Un premier voyage a lieu au Gabon en 1923 et un second en 1925. Léon Géraud, qui était aussi polytechnicien et ingénieur, travaille pour le Consortium Forestier des Grands Réseaux Français, qui avait obtenu deux concessions sur la rive gauche du Gabon pour exploiter le bois destiné à la fabrication des traverses de chemins de fer. Le texte contient de nombreuses anecdotes sur leur hébergement à Libreville, puis leur séjour à Makok et à Foulenzem où se trouvent les usines. Un troisième voyage a lieu au Cameroun, où Géraud cherche de la main-d’œuvre nécessaire à son entreprise. Marguerite Géraud donne une description de la vie à Douala et à Yaoundé, et évoque les difficultés rencontrées lors du trajet. Les époux Géraud se rendent ensuite au Congo, remontent le fleuve Congo, passent par Boma et parviennent à Matadi, où ils passent les fêtes de Noël avant de rentrer en France à bord de l’Asie. On joint: - GERAUD (Marguerite). Le Tahiti d’aujourd’hui. Ensemble de 3 tapuscrits. S.l.n.d. [ca. 1930], 70 pp. in-4 au total, en feuilles. L’auteur donne ses impressions sur Tahiti et évoque la personnalité du commandant Malmanche, son grand-père, présent à Tahiti de 1844 à 1848. - [GERAUD (Marguerite)]. Exposition coloniale de 1931 et travaux divers. Dossier comprenant 25 lettres ou copies de lettres, adressées à Marguerite Géraud ou à son mari. Paris (pour la plupart), 1929-1931, 50 pp. de différents formats. Mme Géraud réalisa, à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de Paris, deux panneaux décoratifs pour le pavillon de Madagascar et un diorama animé représentant un fond de mer aux Tuamotu pour le pavillon des Etablissements français de l’Océanie. Elle exposa aussi une collection de 20 aquarelles de poissons observés sur le récif corallien de Tahiti. Le dossier comprend, entre autres, 2 lettres du professeur Abel Gruvel, du Muséum, et 4 lettres de Guillaume Grandidier, explorateur de Madagascar. On joint une affiche repliée et 2 photographies. - GERAUD (Marguerite). Mes œuvres vendues [et] Personnes ayant signé et mis un mot aimable à mes albums de poissons tahitiens. Ensemble de 2 manuscrits autographes. S.l.n.d. [1930-1950], 13 pp. in-folio et 9 pp. in-8 oblong. Le premier manuscrit récapitule ses œuvres réalisées entre 1909 et 1928 ainsi que les commandes de l’Etat pour l’exposition de 1931 ; le second est une liste de personnalités qui se sont manifestées lors des expositions des aquarelles de poissons. On joint 6 lettres adressées à Marguerite ou Léon Géraud, dont 2 de la librairie Plon (1919-1939 et s.d., 7 pp. in-4). - GERAUD (Marguerite). Au Maroc. Manuscrit autographe. S.l., novembre 1933, in-4 de 298 pp., demi-toile noire. Journal d’un voyage effectué au Maroc entre le 7 et le 29 novembre 1933. Les principales étapes sont Marseille, Tanger, Casablanca, Mazagan, Safi, Mogador, Agadir, Tiznit, Taroudant, Marrakech, puis Casablanca, Rabat, Kenitra, Meknès, Volubilis, Azrou et Fez. Le retour s’effectue par l’Espagne. Le récit est illustré de croquis, d’articles de presse, de cartes de visites et de billets d’entrée dans les musées. - [GERAUD (Marguerite)]. Lili, l’amie des bêtes. Dossier comprenant 3 manuscrits autographes et 9 lettres signées d’Henri Bauche à Marguerite Géraud, dont 8 autographes et 1 dactylographiée. S.l.n.d. [ca. 1940], environ 50 pp. in-4. On joint une lettre des éditions Grasset à H. Bauche, Paris, 1943, 1 p. in-4, et un poème d’Henri Bauche intitulé Opium, 8 pp. in-4 dactyl. Concerne un livre d’enfants que Mme Géraud souhaitait publier. - GERAUD (Marguerite). Ensemble de 18 manuscrits, autographes ou dactylographiés, certains signés «Marguerite Marnier» ou «M. Géraud». S.l.n.d. [ca. 1940-1950], environ 150 pp. in-4, en feuilles. On joint quelques manuscrits en double. Il s’agit d’articles concernant, pour la plupart, Tahiti et l’Afrique, dont certains ont été publiés à partir de 1951 dans «Neuilly Saint-Jean, Bulletin mensuel de la Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Neuilly». Références: O’Reilly & Reitman, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 10062. – O’Reilly & Teissier, Tahitiens, répertoire biographique de la Polynésie française, 2e édit., p. 211. – Galzin (René), «Adolphe Marcadet et Marguerite Géraud», in SFI Infos, Bulletin de liaison de la Société française d’ichtyologie, n° 51, septembre 2009, pp. 3-6. – Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, VI, p. 35. Bel ensemble, en grande partie consacré à la Polynésie française.

GERDE (Jean).

Lettre autographe signée à Jean Mathieu de Cénac-Moncaut.

La Branchoire [Saint-Herblain, près de Nantes], 8 janvier 1789. In-4 (24,3 x 19 cm) de 4 pp. sur une feuille double.

L’ouragan du 16 août 1788 à Saint-Domingue. L’auteur de cette lettre était propriétaire d’une plantation caféière située dans la Plaine de Tête-à-Bœuf, sur la commune de Grand-Goâve, à environ 30 km au sud-ouest de Port-au-Prince. Dans une orthographe très approximative, il évoque d’abord les rigueurs de l’hiver et le prix élevé du froment, puis il relate un événement survenu dans la colonie: «L’houragant s’et passé le 16 aoust dernié. Il a été plus désastrus que le tranblement de terre du 3 juin 70. Cepandant, le tranblement de terre fera toujour dresser les cheveus a celuy qui laura veu et qui san souviendra. Les deus tiers de la colonie a été ravagées, dis mille habitans ont perdu leur bien, mille ont perdu leur vie, le 18, depuis le petit goâve jusque au port au prince (15 lieues de distance). La cotte est couverte de cadavres, blancs, noiers et animeaux de toute espece, tous les batimans ranversé sur la cotte. J’aves des miliers [de] café sur le navire le Sage de Bordeaux, il fut échoué sur des vases, il fut remis a flot, il set randu a bon por, le café vandu 22 l et 6, mes il man coutera douse a quinse cent livres en sus des fres ordinere atandu lévenement […]. D’apres nos conventions, mon fermié devet suporté tous les évenemens, il s’et néanmoins pourvu par un proces verbal, il y aura un règlement pour toute la colonie. Ma perte conciste a deus batimans ranvercé tous les otres découverts quatre mulets tues, toutes les plantations arachees ou bien andomagees. Si jen doies suporté la perte, elle hira a cent veint mille livres…». La suite de la lettre se rapporte à des questions personnelles ou familiales; elle s’achève par des considérations politiques: «Notre ville et province ont fet beaucoup de demarches aupres de notre bon roy, pour que les etats géneraux soient tenus un peu plus avantageus pour le tiers ordre…». Son correspondant, Jean Mathieu de Cénac-Moncaut, était conseiller aux élus de l’élection de la ville et perche de Mirande (actuel département du Gers). Il était le père de Jean Pierre Cénac-Moncaut (1766-1840), député du Gers à la Chambre des Cent-Jours. On joint, du même, le début d’une autre lettre (s.d., 2 pp. in-12 oblong). Références (pour l’habitation Gerde): Liste des propriétaires de biens situés dans les colonies, Paris, imprimerie de la République, s.d. [an IV], p. 21. – Rouzier (Sémexant), Dictionnaire géographique et administratif universel d’Haïti illustré, t. II, Paris, imprimerie Charles Blot, s.d. [1892], p. 13.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GIRAULT (Claude-Joseph).

Sur les colonies.

Paris, imprimerie-librairie du Cercle Social, 1797. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

L'auteur fut commissaire de la marine en 1785, député à la Convention de 1792 à 1795, puis député au Conseil des Anciens de 1795 à 1797. Dans cette brochure, il constate que "les maisons de commerce de Bordeaux, le Havre, la Rochelle, etc. se coalisent en ce moment pour le recouvrement des colonies" (page 3), avec le soutien des anciens colons, qui souhaitent retrouver leurs biens, et de la marine, dont les officiers y voient une occasion d'avancement. Mais comme "après les atrocités réciproques exercées, depuis cinq années, dans ces malheureuses contrées, toute espèce de rapprochement est devenu désormais inespérable" (page 6), il considère le projet comme impossible du point de vue constitutionel, militaire et commercial. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5953. — Monglond, IV, 72. — Inconnu de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GOUBERT (Édouard).

À monsieur Jollivet, membre de la chambre des députés.

Paris, imprimerie de Lacour et Maistrasse, 1844. In-8 de [4] pp.; cartonnage de papier marbrégris, pièce de titre bleue (reliure moderne).

Curé de Fort-de-France, Édouard Goubert dût quitté la colonie après avoir dénoncé, dans un sermon, les conditions inhumaines faites aux esclaves. Rentré en France, il quitta les ordres, épousa une créole martiniquaise, et publia un ouvrage très critique du système colonial, Pauvres nègres ! Ou quatre ans aux Antilles françaises. Dans cette brochure, il répond à Thomas Jollivet, avocat de la cause esclavagiste et député d'Ille-et-Villaine, qui l'avait pris à parti lors d'une séance parlementaire. Bon exemplaire. Ryckebush, 3587.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale; ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne; et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervert", et souhaitant la ruine de la colonie. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GRAVIER (Gabriel).

La route du Mississipi.

Nancy, G. Crépin-Leblond, 1878. In-8 de (2) ff., 76 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées.

Edition originale imprimée sur vergé de Hollande de ce tiré à part du Compte rendu des travaux du Congrès international des américanistes. Intéressant ouvage dans lequel l'auteur dresse un portrait des premiers explorateurs de la Floride, du Mississippi et de la Nouvelle France tels que Ponce de Leon, Hernando de Soto, Jean Nicollet, Cavelier de La Salle, Louis Hennepin, Jacques Marquette et Louis Jolliet. Le 8 mai 1541, Hernando de Soto fut le premier Européen à atteindre le Mississippi, qu'il baptisa río del Espíritu Santo, «fleuve du Saint-Esprit». À partir des années 1660, la France s'engagea dans une politique d'expansion en Amérique du Nord, depuis le Canada. Les objectifs étaient de trouver un passage vers la Chine (passage du Nord-Ouest), d'exploiter les richesses naturelles des territoires conquis (fourrures, minerais) et d'évangéliser de nouveaux autochtones. Gabriel Gravier était un historien, géographe et écrivain français. S’intéressant surtout à l’Amérique du Nord et aux explorateurs français, et particulièrement aux navigateurs normands, il fut l’auteur notamment d’une biographie de René-Robert Cavelier de La Salle, publiée en 1871, et d’une Vie de Samuel Champlain, publiée en 1900. Très bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur à monsieur Charles Legros. Dionne, 1652. — Leclerc, 2512. — Inconnu de Sabin.

[GRENADE] — PREVOST (Philippe Cyr).

Motifs de l’Arrêt rendu au Conseil supérieur de la Martinique le 25 mars 1782 par suite des Lettres patentes données à Versailles au mois de juin 1781 qui commettent ledit Conseil pour instruire et juger de prétenduës déprédations commises dans les Magasins du Roy en lisle Grenade sur les farines, sur le bœuf salé, sur le lard et sur le rachat des rations.

En prison à la geôle au Fort-Royal, Martinique, 17 août 1782. Manuscrit autographe signé, in-folio (37,3 x 23,1 cm) de (54) pp. ; broché, couverture muette.

L’affaire des magasins du Roi à la Grenade. Né en 1739, Philippe Cyr Prévost fut d’abord employé dans les bureaux de la Marine à Cayenne, au Cap Français et à Brest, avant d’être nommé, en décembre 1779,garde magasin du Roi à la Grenade. Entré en fonction en avril 1780, il fut accusé l’année suivante de déprédations, commerce illicite, détournement de fonds et faux en écritures par deux fonctionnaires de la colonie: Lescallier, commissaire de la Marine, et Donez, commis principal et contrôleur de la Marine. Arrêté en novembre 1781, Prévost fut incarcéré à la Martinique et ses papiers furent saisis. Toujours en détention en août 1782, il composa le présent mémoire afin de répondre aux accusations dont il faisait l’objet. Chaque page est divisée en deux parties: à gauche se trouvent énoncés les neuf motifs d’inculpation, à droite l’auteur répond à ces motifs et réfute les accusations portées contre lui. Extraits: (Premier motif): «Déclare ledit Philippes Cyr Prevost ci devant Garde Magasin en l’Isle Grenade duëment atteint et convaincu d’être l’auteur des déprédations faites dans les Magasins du Roy en ladite Isle sous le prétexte du rachat des rations». (Réponse): «Il n’y a point de délit constaté, toutes les prétenduës déprédations commises dans les Magasins ne sont fondées que sur des présomptions méchantes […]. Il a résulté qu’à l’époque du 17 juin 1781 Prevost étoit en avance assez considérable sur les biscuits, sur la farine, sur le lard, sur le poisson salé, sur les légumes, sur le rhum, sur le bois à brusler et sur divers autres objets de fournitures particulières tandis qu’il n’étoit en déficit que d’environ cent barils de bœuf et de deux à trois mille livres…» (pp. 1-3). (Deuxième motif): «D’avoir fait un commerce particulier et vendu des farines et des salaisons desdits Magasins excédant de beaucoup le rachat des rations». (Réponse): «Prevost a toujours agi et fait toutes ses opérations au grand jour. Arrivé à la Grenade en sa qualité il y a apporté des fonds qui l’ont mis à même de continuer ce qui étoit déjà établi c’est-à-dire de racheter les rations des officiers, des entretenus et les bons de la troupe, c’est un usage reçu depuis longtemps dans les colonies et particulièrement à la Martinique…», etc. Située à 300 km au sud de la Martinique, l’île de la Grenade était une ancienne colonie française cédée à la Grande-Bretagne en 1763. Reprise par le comte d’Estaing en juillet 1779, elle fut restituée au Royaume-Uni en 1783. Quant à Philippe Cyr Prévost, il reprit du service et termina sa carrière comme commissaire à Saint-Domingue où il mourut en l’an VIII (1800). Rare document concernant l’île de la Grenade. Manque de papier au dos; mouillures.

GRIMPEREL (Eloi Michel).

Remise par M. Castaing de 20 Nègres vendus par Mad. de Baynac à Le Clavier de Miniac. Pièce signée.

Le Bonnet (Petite-Anse, près du Cap), 6 janvier 1772. Manuscrit in-folio (34,5 x 22,3 cm) de (14) pp. ; broché, cachet de cire rouge en dernière page.

Contrat de vente de 20 esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue. Il est constitué de deux actes notariés (en copie): l’un passé devant Me Grimperel, notaire au Cap-Français (actuellement Cap-Haïtien) le 6 janvier 1772, et l’autre devant Mes Fatin et Faugas, notaires à Bordeaux, le 22 mai 1771. Ces actes concernent la vente, par la veuve du marquis de Baynac, Anne de Villiers, demeurant à Bordeaux, de «vingt testes de Nègres ou Négresses de la première qualité» provenant de son habitation appelée «Le Bonnet à l’évêque», située dans le quartier de la Petite-Anse, à proximité du Cap-Français. L’acheteur est Jean-Baptiste François Le Clavier, écuyer, sieur de Miniac, habitant au quartier de Limonade. Afin de ne pas gêner le fonctionnement de l’habitation, il est prévu que Miniac ne disposera des esclaves qu’à l’issue d’un délai de cinq ans, durée du bail accordé à Jean Castaing, l’exploitant du domaine. Le montant de la transaction est fixé à 50000 livres, argent des îles, soit 36666 livres 13 sols et 4 deniers, argent de France. Dans un premier temps, Miniac règle 16666 livres 13 sols et 4 deniers à la marquise de Baynac. Il devra ensuite régler le solde, soit 20000 livres, en versant à la marquise une rente viagère annuelle de 2000 livres. Dans l’acte de 1772, une modification a été apportée : l’acheteur règlera les 20000 livres restants par 4 billets à ordre de 5000 livres chacun, qui seront encaissés à un an d’intervalle. En contrepartie, il pourra disposer immédiatement des 20 esclaves. L’acte mentionne leurs noms: «Christophe, créole âgé de trente un an; Moïse, créole âgé de quatorze ans; Grand Joseph, âgé de vingt ans; Charlé âgé de trente ans; Benjamin, âgé de vingt ans; Jean, âgé de trente-cinq ans; Adrien, âgé de vingt-cinq ans; Jean-Baptiste, âgé de dix sept ans; Calixte, âgé de vingt-cinq ans; Petit Joseph, âgé de quatorze ans; Ursule, négresse âgée de quatorze ans; Grand George, âgé de vingt-cinq ans; Germain, âgé de vingt-cinq ans; Petit Georges, âgé de dix-sept ans; Claire négresse âgée de trente ans; Luc, son fils, âgé de deux ans; Luce, négresse, âgée de treize ans; [une] négresse âgée de trente ans; Antoine Vincent, son fils, âgé de six ans et Etienne aussi son fils âgé de deux ans, tous créoles de nation…» (pp. 4-5). A la fin se trouve une apostille signée Estève, sénéchal et juge civil au Cap, datée du 7 mai 1773, authentifiant la signature de Maître Grimperel. L’original de l’acte du 22 mai 1771 est conservé aux Archives départementales de Gironde sous la cote 3 E 24418 (minutes des notaires de Bordeaux). Document d’un grand intérêt pour l’histoire de l’esclavage à Saint-Domingue. Fortes rousseurs, déchirures et petits manques de papier dans la marge supérieure.

[GUADELOUPE] — BELOT (Adolphe).

Ensemble de 21 lettres autographes, dont 19 signées, à son éditeur Edouard Dentu.

Paris, Trouville, Le Pouliguen et s.l., 1872-1875. et s.d. 39 pp. in-8 ou in-12; 5 lettres sont écrites sur papier de deuil.

Né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) en 1829, Adolphe Belot était le fils d’un avoué auprès du tribunal de cette ville. Il fit ses études à Paris et devint avocat. Après plusieurs voyages dans les deux Amériques, il se consacra aux lettres en écrivant de nombreux romans et pièces de théâtre. Il mourut en 1890 à Paris. La plupart de ses livres furent publiés par Edouard Dentu (1830-1884), éditeur et libraire, connu pour avoir été le premier à publier les ouvrages d’Allan Kardec. Cette correspondance évoque la publication de certains de ses romans: Le Drame de la rue de la Paix (1867); La Femme de feu (1872); Une maison centrale de femmes (1875); Mme Vitel et Mlle Lelièvre (1875). Il est question de corrections à apporter au texte, de l’envoi d’épreuves et de bons à tirer, du transfert des droits de Michel Lévy à Dentu, de répétitions au théâtre du Vaudeville, d’invitations, de problèmes de santé, etc. On joint: - BELOT (Adolphe). 5 lettres signées, dont 2 autographes, à divers correspondants. Paris, 1873 et s.l.n.d., 10 pp. la plupart in-8. Deux lettres, adressées à «Mon cher Marnet», concernent le recrutement d’actrices pour jouer dans des pièces de théâtre. - [BELOT (Adolphe)]. 4 coupures de presse le concernant, contrecollées sur une feuille. S.l., 1863-1864, 1 f. in-12 oblong. Elles concernent les Indifférents, joués au théâtre de l’Odéon en 1863, et Trois nouvelles, publiées la même année. - [BELOT (Adolphe)]. La Chronique illustrée. Journal artistique et littéraire. Ensemble de deux numéros (28 et 46). Paris, 1871-1872, 8 pp. in-folio repliées, qq. bords froissés. Contiennent deux grands portraits de Belot, l’un par Marquet, l’autre par Demare.

[GUADELOUPE] — RUILLIER.

Lettre signée à Julien Belin, à Paris.

Pointe-à-Pitre, 9 mars 1847. 2 pp. in-4 (26,6 x 21,1 cm); adresse, marques postales, mention « par Southampton».

La récolte de canne à sucre et la vente d’une esclave en Guadeloupe. Cette lettre, écrite par un négociant de Pointe-à-Pitre, concerne une exploitation sucrière située près de Port-Louis, à Grande-Terre (Guadeloupe), appartenant à la famille Belin: «La récolte se présente bien partout. M. Létang compte sur une récolte de 170 à 180 boucauts en comprenant les vieilles cannes, voilà de l’amélioration. Votre géreur travaille fort bien, mais à lui seul n’est pas tout le mérite. Si je ne lui avais pas fourni de l’engrais Guano en 1845 et en 1846, il n’aurait pas formé pour cette récolte 22 carrés et n’aurait fait au plus que 150 boucauts […]. En 1846, j’ai fourni à M. Létang sur sa demande réitérée 8 bœufs, ils sont portés sur mon compte en Xbre. Je lui ai fourni 4 beaux mulets à 725 f, payables le 11 avril prochain…». Ruillier mentionne le moulin qui est en excellentétat et envoie à son correspondant son compte courant de l’année expirée, en précisant que la balance en sa faveur est de 40670,88 francs; il envoie également le compte des ventes et le compte d’administrateur de M. Létang: «Votre habitation commence à sortir de la débigne où elle était tombée depuis votre départ…». Il évoque ensuite l’esclavage: «Clairine est venue me demander à acheter sa fille Charlotte, nous sommes convenus du prix de 1500 f dont 850 f m’ont été comptés et le reste payable plus tard […]. Cette Charlotte était toujours malade [et] j’ai pensé qu’il valait mieux la vendre à ces conditions que de la garder […]. Mes prévisions se sont réalisées. Charlotte est morte en février dernier à la suite d’un accouchement difficile, sa mère ne voudra peut-être plus payer les 450 f restants…». Puis il conclut : «Depuis la promulgation des ordonnances, il y a eu beaucoup de désordres […]. Autrefois, on occupait des Nègres à faire le chauffage le matin et le soir, à présent, il n’y faut plus penser […]. Sur plusieurs habitations à la Guadeloupe, ils ont de leur autorité détourné l’eau du moulin et ont été prendre leurs deux heures. Vous êtes bien heureux d’avoir une partie de votre fortune réalisée en France. Nous autres, qui avons travaillé, [nous aurons] la chance de mourir de [faim] à l’heure fatale de l’émancipation». La famille Belin possédait trois exploitations sucrières près de Port-Louis: l’habitation Brument ou Malgrétout (175 ha); l’habitation La Montagne (de contenance inconnue)et l’habitation Grand’Maison (158 ha). Après le décès de Pierre Belin, survenu en 1819, son fils Pierre-Vincent occupa Grand’Maison et son autre fils Julien prit La Montagne. Epoux de Marie Louise Antoinette Gautier, Julien Belin mourut à Bordeaux le 7 décembre 1848. Les trois habitations seront cédées en 1910 à la Société anonyme des usines de Beauport. Source: Rossignol (Bernadette et Philippe), Famille Charroppin, Saintonge, Guadeloupe, Gironde, Etats-Unis, in Généalogie et Histoire de la Caraïbe, 2016, p. 45 (habitations Belin). Intéressante lettre écrite un an avant l’abolition de l’esclavage. Quelques déchirures avec petits manques au niveau des plis.

[GUYANE].

Congé pour passer en France pour cause de maladie. Pièce manuscrite signée.

Cayenne, 6 brumaire an 7 [27 octobre 1798]. In-8 oblong (20,8 x 33,1 cm) de 1 p. ; sceau de cire rouge et cachet à l’encre noire.

Le retour d’un militaire malade en métropole. Cette pièce concerne un membre du 2e Bataillon du 53e Régiment d’infanterie: «Nous membres du Conseil d’administration, certifions avoir donné congé au Cen André Schlosser, sergent de la compagnie n° 6 audit bataillon […] né en 1758 à Ensisheim, district de Strasbourg, département du Bas-Rhin […], lequel a servi avec honneur et probité depuis le 28 août 1776 jusqu’à ce jour que nous lui avons délivré le présent par cause de maladie incurable dans la colonie, ce qui nous a été constaté par le certificat des chirurgiens…». Le document contient 7 signatures. Il est orné du sceau du 2e Bataillon du 53e Régiment, représentant un faisceau de licteur surmonté d’un bonnet phrygien. Légères déchirures au niveau des plis, sans manque.

HAIN (Victor-Armand).

À la nation, sur Alger.

Paris; chez tous les marchand de nouveautés, décembre 1832. In-8 de viij-145-(1 bl.)-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, illustrée d'un bois gravé sur le titre. Membre fondateur de la Société Coloniale de l'État d'Alger, Hain vécut depuis deux ans dans la régence d'Alger avant de publier ses idées sur l'avenir politique de la colonie au moment où la chambre des députés allait se saisir du problème. Il regrette une occupation française trop restreinte et plaide pour la création d'une colonie de peuplement sous la seule autorité de la France car il ne croit pas à la possibilité de civiliser les indigènes. Bel exemplaire. Gay, 1067.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HASTREL (Adolphe d').

Ilha de Bôa Viagem.

Vers 1850. Lithographie originale remontée sur papier fort (env 22 x 9 cm).

L’Ilha de Boa Viagem est une île située à l'intérieur de la baie de Guanabara, dans la ville de Niterói, dans l'état de Rio de Janeiro. La petite chapelle Notre-Dame de Boa Viagem est située sur le point culminant de cette petite île. L'intendant du Trésor royal, Diogo Carvalho de Fontoura, en ordonna la construction vers 1650 afin de tenir une promesse qu'il avait faite. L'île était un point de vue important pour le contrôle de la navigation dans la baie de Guanabara. Pour assurer la défense de Rio de Janeiro, un petit fort fut construit au pied de la falaise à l'initiative du capitaine et gouverneur Artur de Sá e Meneses en 1702. Il disposait de cinq ou six pièces d'artillerie et faisait un feu croisé avec les forts de Gragoatá et Santa Cruz. Abandonné à la fin du XIXe siècle, il ne reste plus que les ruines de la chapelle. La présente lithographie est l'œuvre d'Adolphe d'Hastrel. Officier d'artillerie de marine, il servit à La Réunion, ou au Sénégal, et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'armes à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en album dès son retour. Bon état de conservation.

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Apostille autographe signée sur une lettre de François Guizot à lui adressée.

Paris, 2 décembre 1835. 1 p. in-4 (25,4 x 20,1 cm) avec en-tête imprimé; petite déchirure sans manque.

Parution du Voyage dans l’Inde de Victor Jacquemont. Entre 1828 et 1832, Victor Jacquemont effectua un important voyage en Inde, visitant notamment la haute vallée du Gange, l’Himalaya et le Cachemire. Il fit parvenir au Muséum de nombreuses collections d’histoire naturelle et la relation de son voyage fut publiée à partir de 1835 à la demande de Guizot, alors ministre de l’Instruction Publique. Celui-ci accorda un exemplaire de cet ouvrage au baron Alexandre de Humboldt, membre de l’Institut: «Les livraisons déjà publiées sont à votre disposition et vous pourrez les faire retirer, quand vous le voudrez, dans les bureaux de la Division des sciences et des lettres». Humboldt, ne pouvant se déplacer lui-même, ajouta en marge de la lettre: «Mr Maze libraire rue de Seine n° 31, veut bien se charger de retirer en mon nom les livraisons du Voyage de Victor Jacquemont que je dois à la munificence de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Instruction publique. Alexandre Humboldt. Paris le 3 Déc. 1835». Celui-ci avait effectué, de 1799 à 1804, un voyage scientifique en Amérique du Sud et en Amérique Centrale avec le botaniste Bonpland. La relation de ce voyage, en trente volumes, fut publiée à Paris de 1807 à 1834. L’œuvre de Humboldt, considérable, concerne aussi bien les sciences naturelles et la biogéographie, que la physique du globe et la géographie physique. Intéressante lettre associant les noms de deux grands explorateurs du XIXe siècle.

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

INDONESIE.

Village.

Vers 1880. Dessin original à la mine de plomb sur papier (env 24 x 16 cm).

Beau dessin représentant un village situé en Indonésie, probablement dans la région du Kalimantan occidental, province située dans l'île de Bornéo. On y trouve ainsi représentées des maisons traditionnelles montées sur pilotis appellées Rumah Panjang (maison longue). Bon état de conservation.

[ITALIE] — DEROY (Isidore).

Vue générale de Venise - Vista general de Venecia.

Paris et New-York, L. Turgis, [vers 1850]. Lithographie originale en couleurs (38,5 x 50,2 cm).

Magnifique vue à vol d'oiseau de Venise, dessinée, lithographiée et finement coloriée à l'époque par Isidore Deroy. La vue montre au premier plan, à gauche, l'île de San Giorgio Maggiore avec sa basilique, à droite, le jardin public, puis la Piazzetta Saint-Marc avec ses deux colonnes, le Palais des Doges, la basilique Saint-Marc, la Douane, La basilique Santa Maria della Salute, le Grand Canal, la place Saint-Marc et son campanile, le pont du Rialto, l'Hôtel de la Monnaie, la basilique Santi Giovanni e Paolo, et l'Arsenal. Au large de Venise, on aperçoit les îles de San Michele, Murano, ou encore delle Tresse. Isidore Deroy (1797-1886) était un peintre, aquarelliste et lithographe français. Il fut l'élève de Louis-François Cassas, et exposa à plusieurs reprises au Salon de peinture et de sculpture. Bel exemplaire finement colorié à l'époque. Salissures au dos. Catalogue du fonds de L. Turgis et fils, éditeurs d'estampes et d'imagerie religieuses : année 1893, p. 52.

JABRUN (de).

Lettres à M. Hernoux, député, raporteur de la commission du budget de la marine et des colonies.

Paris, Guiraudet et Jouaust, 1837. In-8 de 8 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur, délégué de la Guadeloupe, proteste contre la publication d'un rapport dont il juge le ton hautain, parce que le rapporteur explique "que la chambre est fatiguée" d'une lutte sourde entre les intérêts de la métropole et ceux des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JACOLLIOT (Louis).

La vérité sur Taïti (affaire de La Roncière).

Paris, Bruxelles, Librairie Internationale, A. Lacroix, Verboeckoven et Cie, 1869. In-8 de 56 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre en maroquin brun en long, couvertures conservées (reliure moderne).

Édition originale. Ancien juge impérial à Tahiti, Louis Jacolliot défend dans sa brochure le comte de La Roncière, commissaire impérial à Tahiti de 1864 à 1869, qui fut rappelé en France pour répondre à certaines accusations. Il évoque également les raisons des rancoeurs à l'égard du comte, les résultats de son administration, l'affaire de la plantation Soarès d'Atimaono, celle du père Laval et celle de la mission Gambier. Cet ouvrage fut condamnée pour diffamation en avril 1872 par les tribunaux locaux. Bon exemplaire. Rousseurs. O'Reilly, 6903.

JANVIER (Louis-Joseph).

Du gouvernement civil en Haïti.

Lille, Le Bigot frères, 1905. In-8 de 84-(1) pp.; broché, couverture imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur. Essai d'histoire administrative de Saint-Domingue puis de Haïti à travers les différents régimes que l'île a connu. En conclusion, l"auteur préconise que la nation haïtienne qui "n'a jamais été gouvernée que par des militaires" (page 51), se dote d'une vrai systême d'administration civile "c'est là qu'est la vraie réforme, celle dont peuvent découler toutes les autres". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2439.

JANVIER (Louis-Joseph).

Humble adresse aux électeurs de la commune de Port-au-Prince.

Port-au-Prince, imprimerie de l'abeille, 1907. Petit in-8 de 60-(4 bl.) pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Rare brochure, publiée à l'occasion des élections législatives de 1908, et illustrée d'un portrait de l'auteur. Après des études de médecine et de droit, et une carrière de journaliste, Janvier retourna à Saint-Domingue en 1905, et tenta, en vain, de se faire élire à Port-au-Prince. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2440.

JANVIER (Louis-Joseph).

Les antinationaux (actes et principes).

Paris, imprimerie G. Rougier et Cie, 1884. In-18 de (1) f., 101 pp.; toile marron à la Bradel, pièce de titre, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Lettre ouverte à un habitant de la ville de Jacmel, en Haïti. En 1883, cette ville s'était révoltée contre le nouveau président, Lysius Salomon. Au cours de cette révolte, des courriers arrivés par bateau furent saisis et une lettre de Louis-Joseph Janvier, écrite à un de ses amis, fut ouverte et "reproduite, en inexacte teneur, accompagnée de commentaires calomnieux pour moi, dans une brochure trois fois anonymes et non datée" (page 5). C'est à cette brochure que l'auteur répond. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2450.

JANVIER (Louis-Joseph).

Le vieux piquet. Scène de la vie haïtienne.

Paris, imprimerie A. Parent, A. Davy succ., 1884. In-18 de 36 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre en long, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Première édition de cette nouvelle qui, à travers le récit d'un grand-père, retrace une partie de l'histoire d'Haïti, de 1846 à 1883, et prend la défense des Piquets du Sud, des paysans noirs qui se révoltèrent. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 2448.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

KAUFMANN (Ernst).

View of Cape Town from Table Bay.

Cape Town, J.H. Rose, [vers 1890]. Lithographie originale (39,8 x 66,7 cm).

Très rare et belle vue lithographiée en couleurs de la ville du Cap, imprimée par Ernst Kaufmann à Lahr, en Allemagne, et publiée par J.H. Rose au Cap. La vue est prise depuis la Baie de la Table, sur laquelle s'est établie la ville du Cap. La baie est animée de voiliers et de petits bateaux de pêche. En arrière-plan, on aperçoit la montagne de la Table, massif qui surplombe la ville du Cap. À droite de la montagne de la Table, on aperçoit les deux collines de Lion's Head et de Signal Hill. Bel exemplaire.

LABORIE (Pierre-Joseph).

Réflexions sommaires adressées à la France et à la colonie de S. Domingue.

Paris, Chardon, 1789. In-8 de 43 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Brochure signée du nom de Laborie, un avocat, procureur au Cap-Français, député suppléant à l'Assemblée Constituante, et président de la chambre d'agriculture du Cap. Elle fut publiée en réponse à un mémoire du 27 octobre 1789 qui refusait d'accorder des assemblées municipales aux colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6394. — Roquincourt, 1604. — Sabin, 38432.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LA MARCK (Eugène de Monet de).

Lettres d'un marin. Extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance intime. 1849-1867.

Evreux, Auguste Hérissey, 1871. In-8 de (2) ff., vij-(1 bl.)-611-1) pp.; demi-chagrin noir, dos à nerfs orné de caissons à froid, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un tirage photographique de l'auteur en frontispice. Officier de marine, l'auteur passa 3 ans, de 1852 à 1855, en Polynésie et principalement à Papeete. à son retour, il publia une carte de l'archipel des Tuamotu, puis il accompagna l'amiral Page, comme aide de camp, lors de la campagne de Cochinchine, de 1859 à 1861. Par la suite, il servit au Gabon avant de retourner en Cochinchine. Bel exemplaire enrichi d'un second portrait photographique de l'auteur, en pied et en uniforme daté de 1862, et d'une lettre autographe signée de l'épouse de l'auteur en ex-dono. O'Reilly, Tahiti, 1187. — Polak, 5235.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Notice historique sur la vie de Williams Wilberforce, membre du parlement.

Paris, A. Henry, 1833. In-8 de 23 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Première édition. William Wilberforce fut un parlementaire anglais qui combatit toute sa vie pour l'abolition de la traite et de l'esclavage qu'il obtint quelques temps avant sa mort. Il fut inhumé à l'abbaye de Westminster. Bon exemplaire.

LARUE (Antoine).

Voyage en Yougoslavie et en Grèce en 1953. Manuscrit dactylographié.

S.l., 1953. Un volume de texte in-4 (27 x 21,1 cm) de 49 et 3 pp., broché, dos de toile verte, titre dactylographié sur le plat supérieur, et un album de photographies grand in-4 (34,5 x 32 cm) de (53) ff., demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs, étiquette dactylographiée «Yougoslavie - Grèce 1953» au dos (reliure de l’époque).

Relation d’un voyage en Yougoslavie et en Grèce. Le texte est illustré de 7 cartes, dont 5 dépliantes, en reproductions photographiques tirées sur papier; l’album contient 4 cartes dont 1 en reproduction photographique, 4 photographies volantes et 610 photographies contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet. Ce voyage se déroula du 30 juin au 2 août 1953. Antoine Larue quitte Paris en voiture (une traction-avant Citroën) avec sa femme Colette, son fils Denis et une parente dont le prénom est Lydie. Les premières étapes sont Strasbourg, Karlsruhe, Augsbourg, Munich, Bruck (Autriche), Lienz et Klagenfurt. Ils franchissent les Alpes Carniques, passent la frontière yougoslave et arrivent le 3 juillet à Ljubljana (Slovénie)pour faire le même jour la visite des grottes de Postoïna (Postojna). Ils passent ensuite à Rijeka (Fiume, Croatie) puis à Cricvenica, sur la mer Adriatique. Le 4, les voyageurs quittent cette localité pour longer la côte dalmate: Senj, Karlobag, Obrovac puis Benkovac où ils dorment sous la tente. Le 5 juillet, ils parviennent à Sibeniko(Sibenik) ; puis ils se rendent à Trogir, ville d’architecture vénitienne. Les étapes suivantes sont Spalato (Split), où ils observent les murailles de l’ancien palais de Dioclétien, puis Makarska, Metkovic et Dubrovnik (Raguse) avec la visite de la vieille ville. Le 7, les voyageurs quittent la Croatie pour le Monténégro, passent par Cattaro (Kotor) puis Cetinje avant d’arriver le même jour à Titograd (Podgorica). Le lendemain, ils traversent le Kosovo: Pec, Decani (visite du monastère), Dakovica et Prizren, puis parviennent à Skopje (Macédoine) dans la soirée. Les étapes suivantes sont Prilep, Bitola (anciennement Monastir) et Okrida (Ohrid) où Larue rencontre, le 10 juillet, un ancien officier de l’armée impériale russe devenu directeur d’hôtel. Revenus à Bitola, les voyageurs traversent la frontière yougoslave le 12 juillet pour arriver le même jour à Florina (Grèce). Le trajet continue par Kozani, Grevena, Kalambaka (visite des Météores), Argios Stephanos, Trikala, Larissa, Pharsale, Lamia (plaine des Thermopyles), Thèbes (Thiva), Eleusis (Elefsina) puis Athènes où l’arrivée a lieu le 13 au soir. Le lendemain, ils visitent l’Acropole, puis, le 15, le cap Sounion (temple de Poséidon). Le 16, ils prennent place à bord de l’Andros pour visiter les Cyclades: les principales étapes sont Tinos, Paros, Naxos, Ios, Oia et Santorin. De retour à Tinos, ils s’embarquent le 18 sur le Costacis Toya qui les emmène à Mykonos. De là, ils prennent une barque à voiles à destination de Délos où ils visitent les ruines. De retour à Mykonos, ils montent à bord de l’Aegeon avec plusieurs autres Français. Le 19, ils font une halte à Leros, puis passent à Kalimnos avant d’arriver le même jour à Rhodes où ils visitent le musée et le château. Le retour au Pirée a lieu le 21 juillet. Ils repartent aussitôt pour faire le tour du Péloponnèse: Corinthe, Nauplie, Epidaure (visite du théâtre), Tirynthe, Mycènes, Argos, Tripolis et Sparte, où ils arrivent le 22. A Mistra, ils visitent des églises et des couvents byzantins, puis retournent à Tripolis avant de se diriger vers Olympie. Arrivés le 24, ils visitent le musée ainsi que le stade que l’on est en train de dégager. Ils passent ensuite par Pyrgos et Patras, prennent le bac pour traverser le golfe de Corinthe, passent par Naupacte (Lépante), et arrivent à Delphes le soir même, où ils visitent le musée et les ruines (temple d’Apollon, voie sacrée, stade, théâtre). Le 26, ils quittent Delphes, visitent le monastère de Saint-Luc (Hosios Loukas) dont l’église byzantine date du XIe siècle, passent par Lévadhia et Thèbes pour revenir à Athènes le soir. Le lendemain, ils se rendent au Pirée et montent à bord du Cyclades qui, après avoir traversé les golfes de Corinthe et de Patras, passe au large d’Ithaque, fait escale à Corfou et arrive à Brindisi (Italie) le 29 juillet. Le voyage de retour s’effectue par Tarente, Salerne, Naples, Pompéi, Rome (visite du Vatican), Sienne, Florence, Bologne, Milan et Domodossola. Les voyageurs passent le col du Simplon, traversent la Suisse par Montreux, Vevey, Lausanne et Genève, puis rentrent en France le 2 août 1953. Dans son récit, Larue dresse un tableau assez critique de la Yougoslavie: mauvais état des routes, difficultés de s’approvisionner en pièces détachées pour réparer les voitures, espionnage des fonctionnaires, faiblesse du niveau de vie, misère des habitants dans les campagnes, inadaptation du pays aux activités touristiques; malgré cela, il affirme que «Tous, malgré tout, aiment Tito, même ceux qui critiquent son administration car Tito leur a redonné leur orgueil national et reste le drapeau d’un pays fier et pauvre…» (p. 25). Le voyage en Grèce, essentiellement consacré à la visite des sites archéologiques, s’effectue dans de meilleures conditions: «Avec la récente dévaluation de la drachme qui est passée de 43 pour un franc à 85, la vie en Grèce n’est pas très chère; elle est cependant plus chère mais beaucoup plus confortable qu’en Yougoslavie…» (p. 44). Le texte contient aussi quelques allusions aux événements politiques (tensions entre la Grèce et l’Albanie) et s’achève par la liste des dépenses effectuées dans les différents pays traversés. Ancien directeur des relations sociales de la société Ugine, Antoine Larue avait étudié à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (promotion 1921). Les récits de ses voyages, restés inédits, sont illustrés d’un grand nombre de photographies pour la plupart prises par lui-même. Parmi les 610 photographies contenues dans l’album, environ 200 sont consacrées à la Yougoslavie: grottes de Postojna, vues de Cricvenica, Senj et Karlobag, port de Sebenico, monuments de Trogir, de Split et de Raguse, vues de Cattaro, ancien lac de Scutari, grand hôtel de Titograd, paysages montagneux dans les environs de Pec, monastère de Decani, église de Prizren, vues de Skopje, marché de Prilep, mosquée de Bitola, vues d’Okrida (dont certaines avec la mention: «données par Mlle Cavalieri»). Concernant la Grèce, on relève environ 300 photographies: les Météores, l’Acropole d’Athènes avec l’Erechtheion et les Propylées, l’île de Santorin, Paros, Mykonos, Délos (ruines), Kalimnos, Rhodes (palais des grands-maîtres, hôpital des chevaliers, fort Saint-Nicolas, remparts, acropole, marché aux melons et aux citrons, etc.), canal de Corinthe, Nauplie, Epidaure (stade et théâtre), Tirynthe, Mycènes (tombeau d’Agamemnon, porte des Lionnes), Sparte, Mistra (églises), vues de Karitaina et Andritsaina, Bassæ (temple), Olympie (ruines), port de Lépante, Delphes (temple d’Apollon, portique des Athéniens, stade, théâtre), Hosios Loukos (monastère), à nouveau Athènes, puis Le Pirée et Corfou. Les dernières photographies concernent essentiellement l’Italie (Ravello, Pompéi, Sienne, Bologne…). Légères mouillures sur la couverture du volume de texte; une carte est détachée dans l’album.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LEBORGNE de BOIGNE (Claude-Pierre-Joseph).

Motion d'ordre sur la marine.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1797]. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Discours lu lors de la séance du 16 novembre 1797. Le 26 octobre 1797, le Directoire décida du rassemblement d'une nouvelle armée, placée sous le commandement du général Bonaparte, dans le but d'envahir l'Angleterre. Mais, d'après l'orateur, la marine française était en piteux état, faute de moyens et de volonté politique. Il fallait donc la remettre sur pied et il proposa le vote d'une motion pour que la commission des colonies et de la marine se saisisse du problème. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Polak, 5508.

LE GENTIL de LA GALAISIERE (Guillaume-Joseph-Hyacinthe-Jean-Baptiste).

Voyage dans les mers de l'Inde, fait par ordre du roi, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769.

En suisse, chez les Libraires Associés, 1780-1782. 5 volumes in-8 de (1) f., 344 pp. — (1) f., 364 pp. — viij-431 pp. — (1) f., 434 pp. — (2) ff., 333 pp.; basane marbrée, dos lisseS ornéS, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 6 planches gravées dont une dépliante. Guillaume Le Gentil partit en Inde observer le passage de Vénus devant le soleil prévu en 1761. Retardé, il observa le transit à bord mais il ne put faire de mesures précises à cause des mouvements du navire. En attendant le second passage prévu en 1769, il voyagea en Inde et dans l'Océan indien, de Madagascar à Manille. Puis il construisit un observatoire à Pondichéry, mais cette fois-ci ce sont les nuages qui empêchèrent toute observation. Bon exemplaire. Brunet, III, 940. — Gay, 3239.

LE MENGNONNET (Ernest).

Réponse à monsieur Rouvellat de Cussac.

Paris, Firmin Didot, 1845. In-8 de 28 pp.; toile noire, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Réponse à un ouvrage intitulé Situation des esclaves dans les colonies françaises, publié en 1845 par un ancien magistrat en poste aux Antilles, et qui y dénonçait la misère extrême des esclaves. Dans sa réponse, l'auteur, se dit "ne possédant rien aux colonies", mais avoir "aux Antilles des amis que, depuis longtemps, je connais comme bons et humains […] Je veux au nom de ces amis, protester contre l'accusation de cruauté que vous faites peser sur les colons." Bon exemplaire. Ryckebusch, 7298. — Sabin, 73509.

LESSEPS (Ferdinand de).

Souvenirs de quarante ans.

Paris, Nouvelle Revue, 1887. 2 volumes in-8 de 550-(1) pp. — 768-(1) pp.; demi-maroquin vert, dos à nerfs, couvertures conservées, non rogné (reliure du XXe siècle).

Première édition. Comme le titre l'indique, ces mémoires couvrent une quarantaine d'années de la vie de Ferdinand de Lesseps. Le premier volume couvre toute cette période, depuis sa nomination comme vice-consul en Italie (1828), jusqu'à la guerre de 1870/71. Le second volume est entièrement consacré au canal de Suez. En 1887, lors de la publication de ses mémoires, Lesseps était au sommet de sa gloire, juste avant la faillite de la compagnie du canal de Panama puis du scandale de corruption qui suivit dans lequel il fut impliqué. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à M. Flourens, peut être Émile Flourens, ministre de l'intérieur au moment de la publication. Quelques piqûres. Vicaire, V, 263.

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

[MADAGASCAR] — TRANCHANT de LUNEL (Maurice).

Madagascar.

Paris, L'Agence de la France d'Outre-Mer, 1952. Lithographie originale en couleurs (66,5 x 103 cm).

Superbe et très grande affiche publicitaire de l'île de Madagascar, dessinée par Maurice Tranchant et publiée par L'Agence de la France d'Outre Mer. Dans le style des portulans anciens, la carte est décorée d'un titre inscrit sur une bannière, d'une rose des vents et d'un cartouche contenant une description de l'île, et illustré de personnages, de produits locaux et d'un portrait du maréchal Gallieni. Militaire et administrateur colonial français, ce dernier contribua à l'expansion de l'empire colonial français en Afrique, et notamment à Madagascar, à la fin du XIXe siècle. L'île est décorée de nombreuses vignettes figurant les productions de ses terres, ainsi que la faune et la flore. Les villes et les montagnes principales sont nommées. Maurice Tranchant de Lunel (1869-1944) était un artiste peintre, architecte et illustrateur français. En 1912, il fut nommé directeur du Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques du protectorat du Maroc par Lyautey. Il fut aussi le concepteur de la Grande Mosquée de Paris. Bel exemplaire, non entoilé. Pliures.

MAHER (Charles-Adolphe).

Relation médicale de deux épidémies de fièvre jaune à bord de la frégate l'Herminie, en 1837 et 1838, à La Havanne et à Vera-Cruz.

Paris, Félix Locquin, 1839. In-8 de xv-(1 bl.)-352 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné, non rogné (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, peu commune. Ouvrage rédigé par le chirurgien-major de l'Herminie. Cette frégate de 60 canons fut envoyée au Mexique participer au blocus de Vera-Cruz, dans le cadre de la guerre dite des pâtisseries, et à l'ocasion de laquelle la France réclamait le paiement d'indemnités pour le pillage de biens de Français. Le navire connut un épisode de fièvre jaune à son arrivée à La Havane, puis un autre à Véra-Cruz, sans compter le scorbut qui toucha une bonne partie de l'équipage. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur "au camarade Réjan". Marge froissée page 338.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MALOUET (Pierre-Victor, baron).

Mémoire sur l'esclavage des Nègres. Dans lequel on discute les motifs proposés pour leur affranchissement, ceux qui s'y opposent, & les moyens praticables pour améliorer leur sort.

Neufchâtel, 1788. In-8 de 125 pp. : cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Édition publiée la même année que l'originale. Dans cet ouvrage, l'auteur, intendant de la marine à Toulon, et gros propriétaire à Saint-Domingue, théorise et défend l'esclavagisme en réponse à l'Histoire des deux Indes de son ami l'abbé Raynal. En 1763, Malouet entra dans l'administration de la marine. Après avoir, comme inspecteur des magasins des colonies, dirigé à Rochefort des embarquements de colons pour la Guyane, il partit pour l'île de Saint-Domingue en 1767 avec le titre de commissaire. En 1769, il devint ordonnateur au Cap et fut nommé, à son retour en France, commissaire général de la marine. Fervent défenseur de la cause coloniale, Malouet est partisan de réformer les abus de l'esclavage et non de le supprimer. Il estime que les conditions de vie des esclaves d'Amérique ne sont pas plus catastrophiques que celles des pauvres gens de France. Bon exemplaire. INED, 3034. — Ryckebusch, 5469 (autre pagination). — Manque à Sabin et aux bibliographies usuelles.

MANIÈRES (Alexis).

Ma parenté maternelle. Note sur les Crespin, les Lefebvre-Latour, les Dethomas, les Rance-Paris, les Dégrange, les Merlet, les Thillard, les Richon, les Faure et les Jeanneau.

Bordeaux, imprimerie Ve Cadoret, 1875. In-4 de 236 pp. ; toile marron à la Bradel, dos lisse muet, titre imprimé sur le premier plat, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Rare ouvrage, probablement tiré à petit nombre pour la famille. Il est illustré de 5 portraits photographiques en médaillons contrecollés dans le texte, dont celui de l'auteur sur le frontispice, et de 2 cartes lithographiés en couleurs dont une de Saint-Domingue. Parmi les ancètres de l'auteur figure la famille Lefebvre-Latour dont des membres ont possédé "de 1720 à 1793, une propriété aux Cayes, lieux de Marchaterre et du Boucaud, des propriétés d'une valeur assez considérable […] A partir de la grande insurrection de 1793 sous Dessalines, on n'a plus eu de leurs nouvelles" Plusieurs lettres de familles ou d'affaires de cette branche sont cités dans l'ouvrage. Bon exemplaire.

MANNEQUIN (Théodore).

Exposition universelle de 1867. République de l'Équateur. Notice historique, géographique, économique et politique.

Paris, imprimerie de madale veuve Bouchard-Huzard, 1867. In-8 de 64 pp.; toile noire, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Après un bref descriptif du pays (histoire, géographie, institutions, productions et commerce), la brochure donne la liste des produits exposés (soieries, dentelles, chapeaux, minéraux, essences de bois, plantes médicinales, ou encore antiquités précolombiennes). Économiste et publiciste, l'auteur était spécialiste de l'Amérique du Sud et des questions monétaires. Durant l'Exposition universelle de 1867, il fut membre du Comité international des poids, mesures et monnaies. Bon exemplaire.

MARCELIN (L. J.).

Haïti, ses guerres civiles, leurs causes, leurs conséquences présentes, leur conséquence future et finale... Moyen d'y mettre fin et de placer la nation dans la voie du progrès et de la civilisation.

Paris, Arthur Rousseau, 1892-1893. 3 tomes reliés en 2 volumes in-8 de viij-53 pp., (2) ff. — (2) ff., iij-(1 bl.)-xvij-(1 bl.)-378 pp., (2) ff., 365 pp., (1) f.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition, peu commune. L'ouvrage est divisé en trois parties ; la première est une longue introduction ; la deuxième, sous-titrée "Situation actuelle: anarchie, décadence, mort" dresse un tableau sombre de la situation économique, sociale et économique d'Haïti à la fin du XIXe siècle ; et dans la troisième, il propose un plan de réorganisation du pays. Bon exemplaire. Chadenat, 2962. — Max Bissainthe, 3042, 3043, 3044.

[MARTINIQUE].

Rhum St James.

Marseille-Paris, Imprimerie Moullot, vers 1895. Chromolithographie originale montée sur carton (70 x 53,5 cm).

Grand et beau carton publicitaire de la distillerie Saint-James à la Martinique. Elle fut créée en 1765 sur les hauteurs de Saint-Pierre par l'ordre des Frères de la Charité, et le père Lefébure, supérieur du couvent, lui donna le nom de Saint-James, reconnaissable par les Anglais, afin de faciliter la vente de sa production aux colons de Nouvelle-Angleterre. Car l'importation de rhum dans l’hexagone était interdite. Devenue bien national, elle fut rachetée en 1890 par Paulin Lambert, un négociant en vins et liqueurs à Marseille, qui avait introduit sur le marché français le rhum en provenance des Antilles. Huit ans plus tôt, il avait déjà déposé la marque commerciale Rhum des plantations Saint James et choisit un format de bouteille carré, révolutionnaire pour l’époque. Bon état de conservation.

MASQUERAY (Emile).

Notes, concernant les Aoulad-Daoud du Mont Aurès (Aourâs).

Alger, Adolphe Jourdan, 1879. In-8 de 40 pp.; broché, couverture grise imprimée.

Ouvrage illustré d'une vue dépliante et de 3 cartes lithographiées d'après les dessins de l'auteur. L'auteur fut chargé d'une mission dans l'Aurès par le ministre de l'Instruction Publique. Ces notes présentent la société telle qu'elle était avant la colonisation. L'Aurès est une région en partie montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief en partie montagneux et par son peuplement traditionnel, le groupe berbère des Chaouis. Bon exemplaire conservé dans sa brochure de l'époque. Couverture légèrement écornée.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

[MAYOTTE] — LE BRETON (Louis).

Rocher de Dzaoudzi.

Vers 1845. Dessin originale au crayon avec rehauts de blanc et de couleurs signé et monté sur carton (40 x 23 cm).

Beau dessin de Louis Le Breton représentant le rocher de Dzaoudzi, quartier historique de Mayotte, lieu du pouvoir des sultans et de l'arrivée des Français. Il est situé sur l'île de Petite-Terre, une des deux iles principales de Mayotte, archipel de l'océan Indien situé entre Madagascar et la côte du Mozambique. Le 25 avril 1841, sous le règne de Louis-Philippe Ier, le royaume de France acheta Mayotte au sultan Andriantsoly, qui était menacé par les royaumes voisins et préfèrait voir les deux îles rattachées à la France. En 1848, l’île intègra la République française. Peintre, graveur et surtout lithographe de marine, Louis Le Breton fut l'un des artistes les plus prolifiques de son temps et le témoin de toutes les marines du XIXe siècle. Embarqué à 19 ans comme aide-chirurgien sur l'Astrolabe dans l'expédition de Dumont d'Urville, il sera nommé dessinateur de l'expédition à la mort de Ernest Goupil, décédé en Tasmanie. C'est à Louis Le Breton que reviendra la tâche de rassembler l'iconographie du voyage qui sera publiée dans l'Atlas pittoresque. Bel état de conservation.

[MEXIQUE].

Portrait de Luis Enríquez de Guzmán.

Vers 1850. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Luis Enríquez de Guzmán, Conde de Alba de Liste (1610-1680), fut nommé vice-roi de la Nouvelle-Espagne le 28 mai 1648, sous le roi Philippe IV d'Espagne, fonction qu'il occupa jusqu'au 14 août 1653. Sa principale réalisation fut de réformer la trésorerie de la colonie, entraînant une augmentation considérable des revenus, dont la plupart furent envoyés en Espagne pour soulager les difficultés financières de Philippe IV. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

[MEXIQUE].

Portrait de Pedro de Castro y Figueroa y Salazar.

Vers 1840. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Pedro de Castro y Figueroa y Salazar, duc de la Conquista et marquis de Gracia Real (1678-1741) était un officier de l'armée espagnole. Il fut nommé vice-roi de Nouvelle-Espagne, par Philippe V, en 1740 pour remplacer Juan Antonio de Vizarrón y Eguiarreta. Pendant sa période de vice-roi, il travailla à l'amélioration des mines de Zacatecas en améliorant le système de drainage, fit nettoyer les obstructions du port de Veracruz et ordonna la construction du fort San Juan de Ulúa. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

MEXIQUE. — CHAPLIN (Charles).

Le Rio Usumasinta (Amérique centrale).

1853. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche, in-4 oblong (24,7 x 35,9 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets colorés et d’une guirlande aquarellée, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue pittoresque d’un fleuve du Mexique méridional. Elle montre deux voyageurs se déplaçant dans une pirogue, elle-même conduite par deux personnes situées respectivement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation. Les voyageurs, habillés à l’occidentale, sont assis au milieu de la pirogue, l’un d’entre eux se protégeant du soleil par une ombrelle et l’autre tenant un fusil. A l’arrière-plan on aperçoit les rives du fleuve; celles-ci forment deux monticules recouverts d’une végétation dense avec, au sommet, quelques arbres qui se détachent sur l’horizon. Le Rio Usumacinta prend sa source au Guatemala, sert de frontière à l’Etat mexicain du Chiapas puis traverse les forêts tropicales du Tabasco avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Il est divisé en haut et bas Usumacinta. Le haut Usumacinta coule depuis sa source au Guatemala jusqu’à la «Boca del Cerro» en Tabasco; le bas Usumacinta commence à cet endroit et se termine dans la ville de Centla, après avoir rejoint le fleuve Grijalva. Au Mexique, ce fleuve passe à une quarantaine de kilomètres au nord-est de la célèbre cité maya de Palenque. Une autre version de cette vue pittoresque a été publiée, sous la signature de A. Morellet, dans le Magasin Pittoresque de 1850, avec comme titre «Le rio Usumasinta» (p. 293). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées, entre autres, dans les musées de Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE DES COLONIES. — PROST (Gaston).

Le Cacao des Colonies Françaises.

Paris, Imprimerie de Vaugirard, vers 1920. Lithographie originale en couleurs (79 x 59 cm).

Affiche éducative sur le cacao, de sa récolte à sa consommation : le cacaoyer, la fleur, le fruit , la récolte, le séchage, la chocolaterie, le broyeur pour la pâte de chocolat, la confiserie-patisserie, le petit déjeuner. Bon exemplaire malgré ques traces de pliure et de petits manques marginaux.