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[Voyage au Sichuan]. Manuscrit autographe signé "Paul".

Hankéou, sur le fleuve [Yang-Tsé], Tchengtou, Kinting, 1922. In-8 oblong (19 x 24,7 cm) de (1) et 66 ff. cartonnés, recouverts de papier rouge pailleté d'or; en feuilles, sous deux plats recouverts de soie brodée bleu nuit à motif floral vert foncé, lacets de fermeture (reliure de l'époque).

Relation d'un voyage dans le centre de la Chine. L'auteur, dont on ne connaît que le prénom, quitte Hankéou (actuelle Wuhan, province de Hubei) fin avril 1922, à bord d'un bâtiment à vapeur qui remonte le Yang-Tsé-Kiang. Il passe par le canyon pittoresque des gorges du Yang-Tsé, au départ d'Itchang (Yichang) et arrive début mai à Tchongking (Chongqing). De là, il se rend, par voie terrestre, à Tchengtou (Chengdu, la capitale du Sichuan), ainsi qu'à Koan Hsien (Tsing-chin), en passant par Tseulioutsing. Il effectue ensuite l'ascension du Ngomei Shan (ou mont Emei, au sud-ouest de Chengdu), une montagne haute de 3040 mètres où se trouvent de nombreux monastères au milieu d'une importante végétation. Le récit s'achève à Kinting (Kiating), entre Chengdu et le mont Emei, le 10 juin 1922. Cette relation est illustrée de 108 photographies montées dans le texte, en général à raison d'une ou deux par page, parfois trois ou quatre. Elles sont de deux formats : 4,4 x 6,8 cm pour les plus petites, et 6,7 x 11,2 cm pour les plus grandes. Une quinzaine d'entre elles sont répétées et existent en deux versions, grande ou petite, ce qui donne environ 90 sujets représentés. Non signées, mais prises par l'auteur tout au long du trajet, les photographies représentent les gorges du Yang-Tsé, des embarcations sur le fleuve, des paysages, des ponts, des temples, un convoi funèbre, une colonne de militaires, des Européens en chaises à porteurs, une rizière, une exploitation de sel gemme, etc. Le texte, d'une écriture très lisible, comporte quelques ratures et corrections. Il est divisé en 6 chapitres : La fin du Han (pp. 1-3). - Le Fleuve (pp. 4-6). - Les Gorges (pp. 7-25). - De Tchongking à Tchengtou et Koan Hsien par Tseulioutsing (pp. 26-48). - Koan Hsien (pp. 49-55). - Le Ngomei Shan (pp. 56-66). Certains titres sont accompagnés de leur traduction en chinois. Extraits : "C'est la fin d'avril : il n'a encore donné que son premier flot; il coule tranquille et limoneux. Dans la plaine sans limites, les jonques, voiles hautes, emplissent l'horizon telles une flottille de pêche devant le port à l'heure du retour […]. Le vapeur fraie sa route le long de la rive abrupte qu'il serre et sa passerelle est de niveau avec la plaine; cette berge est un large liston brun surmonté d'un étroit filet vert […]. Fleuve nourricier, source de vie, mais nouveau Saturne aussi… La plaine, toute, appartient au Grand Dragon jaune : elle doit le subir et le laisser onduler librement sur elle…" (Le Fleuve, 28 avril 1922, pp. 4-6). "Dans le jour qui se lève à peine, un mur qui paraît sans issue; sans un coup de barre, le vapeur s'y est engagé; de chaque côté du sillage le blanc du ciel se rétrécit. Submerge le fleuve, une odeur balsamique d'orangers en fleurs que la brise encore endormie n'a pu chasser, elle s'est épandue au cours de la nuit hors des vallées latérales où les vergers se cachent […]. Un premier coude brusque, le vapeur s'annonce par un long hululement qui s'en va éveiller la vallée, frappe les dures parois et revient multiple. C'est la gorge du Foie de Bœuf et du Poumon de Cheval…" (Les Gorges, s.d., pp. 7-8). "Quelques cinq cents kilomètres d'une route impériale de jadis - dix à douze journées - de nombreux villages, des missions tout le long de la route, est-il possible d'hésiter ? Ce n'était pas cependant pas la simplicité même au printemps 1922, et seule une occasion exceptionnellement favorable pouvait décider un nouveau venu en pays setchouanais à la tenter. Notre consul à Tchengtou, Monsieur B [Marcel Baudez, consul à Chengdu de 1921 à 1925], s'apprêtait à y retourner avec sa famille. Tchongking et Tchengtou, les deux villes les plus importantes de la province étaient alors en très mauvais termes et le brigandage faisait rage […]. Le pays venait d'être troublé et le retour de la belle saison allait le secouer de nouveau. Ces considérations, beaucoup plus que les quatre-vingt hommes d'escorte que le gouverneur de Tchongking tenait absolument à nous donner, décidaient du départ, dès que la compagnie de transport chargée du recrutement des coolies les avait rassemblés. C'était pour quatre Européens une caravane assez importante : l'escorte de quatre-vingts soldats, en ordre plutôt dispersé, quatre hommes par grande chaise de voyage - confortables fauteuils de rotin établis pour la circonstance - deux hommes par chaise chinoise, des domestiques et une vingtaine d'autres pour les bagages et les vivres : c'était le minimum pour éviter les contacts trop intimes avec l'hospitalité locale…" (De Tchongking à Tchengtou, Tchengtou, mai 1922, pp. 26-28). "[Les coolies] sont fouettés et pleins d'entrain : une longue aspiration de la grande fumée, l'opium, les a dopés pour la fin de la journée […]. Nous approchons de la limite de la zone d'action des troupes de Tchongking; les prochains villages sont peut-être aux mains de celles de Tchengtou : le contact serait dangereux pour les escortés; cette considération agit-elle sur nos gardiens ? Toujours est-il qu'après un déjeuner où ils sont restés en arrière, nous ne les reverrons plus. Notre sécurité n'en paraît pas diminuée car un commissaire de la police locale qui a demandé la faveur de voyager discrètement parmi nos coolies par crainte des voleurs, n'en demeure pas moins notre compagnon…" (id., p. 39). Le premier feuillet comprend 7 photographies avec la dédicace "Pour toi qui ne l'a pas vu, ton Paul". Intéressant témoignage sur la Chine au début du XXe siècle, apparemment inédit.

Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Album do Rio de Janeiro.

Vers 1930. 3 albums petit in-4 oblong(18 x 25 cm environ); couverture imprimée de papier gris (reliure de l'éditeur).

Ensemble de 3 albums comprenant en tout 30 tirages photographiques. Chaque album comprend 8 photographies (17 x 22,5 cm), un panorama replié (17 x 45 cm environ), et une vignette sur le titre (3,5 x 5,5 cm). Légendées dans l'image, elles montrent les principaux aspects de la ville: quartier de Botafogo, le Corcovado, le pain de Sucre, Copacabana, les places de Paris et de Floriano, panoramas de Corcovado, do pao de Assucar, ou encore de Botafogo. Joint une photographie de la statue du Christ Rédempteur (14,5 x 9 cm), avec, dactylographié au dos, tous les chiffres de sa construction et de ses mensurations. Exemplaire parfaitement conservé dans sa brochure d'origine.

Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger.

Paris, Ch. Picquet, 1830. In-12 de viij-238 pp., et un atlas in-folio oblong ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre noires, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et augmentée de 20 pages et de 4 cartes et 5 lithographies dans l'atlas. L'atlas contient 7 cartes ou plans gravés, dont 6 dépliants (2 sont d'après les relevés du capitaine Boutin) et de 14 planches lithographiées, dont plusieurs issues de la collection du colonel Rottiers représentant des vues et des costumes. Ouvrage publié par le Dépôt Général de la Guerre à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique, qui quitta le port de Toulon le 25 mai 1830, en direction d'Alger. Il fut rédigé par le géographe Charles Picquet, en grande partie d'après le rapport du capitaine Boutin, envoyé en mission d'espionnage, en 1808, dans la régence d'Alger; c'est en grande partie sur ses plans que l'armée française s'emparera d'Alger le 5 juin 1830. Le texte comprend une partie historique qui est un résumé des principales expéditions dirigées par diverses nation européennes contre l'Afrique du nord, depuis la fin du XVe siècle. La deuxième partie est une description du pays, et la troisième un exposé de son organisation militaire. Bon exemplaire. Manque la page de titre de l'atlas. Gay, 852 (première édition).

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le commerce étranger dans les isles françoises de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Les lettres patentes d'octobre 1727 avaient exclu tout les étrangers du commerce des colonies françaises. Cet arrêt, daté du 30 août 1784, décida d'ouvrir les entrepôts des nouveaux ports des îles françaises des Antilles (Sainte-Lucie, Martinique, Guadeloupe, Tabago et Saint-Domingue) au commerce avec les navires étrangers. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Arrêt du conseil d'état du roi, concernant le retour des Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleurs aux colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1777. In-4 de 2 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Arrêt du 7 septembre 1777, signé de Sartine (ministre de la marine) accordant aux colons ayant amené avec eux des domestiques "un nouveau délai de deux mois, à compter du jour de la publication du présent arrêt, pendant lesquels lesdits habitans pourront faire repasser lesdits domestiques Noirs, Mulâtres ou autres gens de couleur, dans les colonies d'où ils les auroient amenés. Veut sa majesté que ceux desdits domestiques qui n'auroient pas été remis dans deux mois pour tout délai, aux dépôts établis dans les ports, en exécution de ladite déclaration, ne puissent être retenus que de leur consentement, au service de leurs maîtres." Bon exemplaire. Ryckebusch, 250.

Arrêt du conseil d'état du roi, qui, à compter du 10 novembre prochain, convertit en gratifications & primes l'exemption du demi-droit accordée aux denrées coloniales provenant de la traite des Noirs.

Paris, Imprimerie Royale, 1784. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Afin d'encourager le commerce de la traite des Nègres, les lettres patentes du mois de janvier 1716 permettait une exemption des droit de douane sur le sucre exporté en métrople. Constatant "que la quantité des Nègres transportés aux isles françoises de l'amérique, qui s'élevait en 1716 qu'à deux ou trois mille Nègres, a été successivement porté au nombre de quinze mille, sans que l'importation des sucres consommés dans le royaume ait pu suivre la même progression", l'arrêt du 26 octobre 1784 décida qu'une prime remplacerait l'ancien système. Bon exemplaire. Ryckebusch, 263.

Arrêt du conseil du roi, pour l'encouragement du commerce de France avec les États-Unis de l'Amérique.

Paris, Imprimerie Royale, 1788. In-4 de 6-(2 bl.)pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Arrêt daté du 29 décembre 1787 et signé du secrétaire d'état de la marine La Luzerne, établissant les droit de douane pour les marchandises venant des États-Unis et qui "accorde aux citoyens & habitans des États-Unis, tous les privilèges & avantages dont ses propres sujets de France jouissent ou pourront jouir en Asie & dans les Échelles qui y conduisent". Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Coleccion de articulos tipos y costumbres de la isla de Cuba por los mejores autores de este genero.

La Havane, Miguel de Villa, 1881. In-folio de 255 pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Recueil de texte de différents auteurs (dont Antonio Bachiller y Morales) et illustré de 20 planches (dont une en couleurs) du peintre espagnol Victor Patricio de Landaluze. Ce dernier fit toute sa carrière à Cuba où il enseigna à l'Académie de San Alejandro de La Havane. Il fut le représentant le plus connu du Costumbrismo, un mouvement artistique attaché à dépeindre la vie quotidienns, et les folklores locaux. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conseil des Cinq-Cents. Message.

Paris, Imprimerie Nationale, An V [1796]. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Extrait du registre des délibérations du Directoire exécutif du 21 novembre 1796. Lettre du Directoire au Conseil des Cinq-Cents en réponse à une demande de ce dernier sur la situation politique et commerciale des colonies. Après avoir fait le point sur les évènements rapportés par les envoyés du gouvernement, le texte conclut : "Si le Directoire n'étoit pas intimement convaincu que le secret sur les opérations relatives aux colonies en assure presque toujours le succès, il auroit déjà rendu publique ses instructions à ses agens". Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe et de Monglond.

Deuxième mission Flatters. Historique & rapport rédigés au Service Central des Affaires Indigènes avec documents à l'appui.

Alger, Adolphe Jourdan, 1882. In-8 de xvj-365-(3) pp.; demi-veau brun clair à coins, dos à nerfs orné, pièces de titre de maroquin rouge et bleu, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée repliée dans une pochette en fin de volume. En 1880, le lieutenant-colonel Paul Flatters fut chargé de diriger une mission d'exploration dans le Hoggar dans le but d'y établir un chemin de fer. Après une première exploration, il dut rebrousser chemin devant l'hostilité des Touareg, opposés à ce qu'une troupe armée traverse leur territoire. Il repartit le 4 décembre de la même année avec 93 hommes dont 7 membres de la mission scientifique, 2 sous-officiers, 2 ordonnances, des troupes indigènes et des guides. Après deux mois de progression, la colonne fut attaquée au puit de Bir el-Gharama, où Flatters fut massacré avec trois de ses compagnons. Les autres membres de la mission furent tués les jours suivants, seuls quelques indigènes de l'escorte parvinrent à regagner Ouargla. Bon exemplaire. Quelques feuillets non coupés. Numa Broc, Afrique, 140. — Tailliart, L'Algérie dans la littérature française, 1163.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale par les députés de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue, le 25 novembre 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (1) f., 10 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Discours de remerciement pour le décret du 12 octobre 1790 qui annulait les actes de l’Assemblée Générale de Saint-Domingue, les déclarait attentatoires à la souveraineté nationale et à la puissance législative, et pourvoyait aux moyens de rétablir le calme dans la colonie. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Déclaration du roi, concernant la course sur les ennemis de l'état.

Paris, P. G. Simon, 1778. In-4 de 15 pp.; en feuilles, non rogné.

Déclaration donnée à Versailles le 24 juin 1778 qui réactualise l'ordonnance de 1691. En janvier 1778, la France signa un traité d'alliance avec les colons américains en guerre contre l'Angleterre. Le roi accorda alors toutes sortes de facilités aux armateurs qui souhaitaient armer des navires pour mener la guerre de course contre les navires anglais. Bon exemplaire. Inconnu de Polak.

Déclaration du roi, qui permet l'entrée & l'entrepôt, dans les différens port du royaume, des taffias venans des colonies françoises de l'Amérique.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

"Le commerce des eaux-de-vie extraites des sirops & mélasses, & connues sous le nom de taffias, a été prohibé dans toute l'étendue de notre royaume, par déclaration du 24 janvier 1713. L'opinion répandue alors que cette liqueur étoit dangereuse & nuisible à la santé. Mais l'expérience ayant depuis long-temps prouvé qu'elle étoit utile & salubre" cette interdiction est levée par la présente déclaration du 6 mars 1777. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Décret de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, rendu le 28 mai 1790, à l'unanimité.

1790. In-8 de 61 pp.; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre verte (reliure moderne).

Le décret de l'Assemblée de Saint-Domingue confiait à elle seule le droit de légiférer, considérant que "aucun acte de corps législatif, en ce qui concerne le régime intérieur, ne pourra être considéré comme loi définitive s'il n'est fait par les représentants de la partie françoise de Saint-Domingue". L'ouvrage donne le texte de ce décret, suivi de plusieurs textes justificatifs et des réponses aux observations faites par l'Assemblée Provinciale du nord de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5392.

Départements français.

Vers 1880. Chromolithographie (12,5 x 20,5 cm chacune), à fond rouge ou jaune.

Rare jeu complet de 30 cartes cartonnées recouvertes de chromolithographies. Elles montrent 3 départements limitrophes (parfois 2) avec leurs blasons, les personnages illustres qui y sont nés, les monuments emblématiques, les principales productions et les costumes régionaux. Bon état de conservation. Coins frottés.

Extrait de la première édition de la Carte de l'Isthme de Suez dressée pour l'avant projet du canal de communication des deux mers par Linant de Bellefonds.

1855. Circa 304 x 348 mm, entoilée et pliée.

Carte manuscrite, encre et aquarelle, copie d'une partie de la carte de l'isthme de Suez dressée par Linant de Bellefonds, directeur général des travaux publics en Égypte et ingénieur en chef du canal de Suez en 1855. Cette belle carte, entièrement aquarellée, représente la région nord de l'isthme, autour de la ville de Péluse et du lac de Menzaleh. Y figurent le détail topographique des bras du Nil, les nombreuses îles du lac, les puits, les routes antiques et modernes avec les relais de poste, quelques habitations, les ruines de Péluse et de quelques tels ou tells (terme archéologique désignant un site en forme de monticule). Des observations dans un cartouche donnent des indications sur la nature des sols, la végétation et les parties inondables. La carte n'indique pas le tracé du canal de Suez. L'échelle est en myriamètres et en milles romains. Très belle condition. Catalogue cartes manuscrites 2013, n° 160, marqué 3 000 €

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

Histoire et voyages du Chinois Kinnkigough. Manuscrit.

Vers 1825. 2 volumes in-folio (32,2 x 19 cm) de (1) f., 358 pp. et (1) f., 396 pp., (15) ff.; basane racinée, dos lisses ornés de roulettes et fleurons à froid (reliure de l’époque).

Curieux roman d’aventures, anti-esclavagiste, et apparemment resté inédit. Il commence ainsi: «Mon père, fils d’un riche négociant de Canton, ayant acquis aussi par lui-même une fortune considérable dans le commerce, m’avoit fait instruire dans les sciences et dans quelques-uns des arts les plus nécessaires aux usages de la vie […]. Au goût du négoce que j’avois puisé dans le sein de ma famille toute adonnée au commerce, je joignis celui des voyages, que de longs préjugés nationaux ont presque interdit aux Chinois. Je manifestai donc à mon père le désir que j’avois de m’instruire en voyageant…» (t. I, pp. 1-2). Le voyageur quitte Canton pour le Pégou (Birmanie) à bord d’un navire chinois qu’il commande lui-même. Il se rend à Batavia, puis au Bengale; de là, il part pour Ceylan où il observe la pêche des perles. Il s’embarque ensuite pour l’île Maurice; une fois arrivé, il note la dure condition des esclaves. Puis le récit évoque l’histoire d’un Malabare nommé Samy et de son amie Rôna, tous deux enlevés et réduits en esclavage dans la colonie. Une fois enfuis, ils se cachent dans la forêt en changeant plusieurs fois de cachette. Armé d’un arc et de flèches empoisonnées, Samy parvient à libérer d’autres esclaves en tuant des chasseurs de Noirs marrons, mais sa tête est mise à prix. Après plusieurs péripéties, il parvient à se réfugier, avec Rôna et le frère de cette dernière, à bord du navire chinois; celui-ci reprend alors sa navigation. Malheureusement, le navire perd ses boussoles à la suite d’une tempête et arrive dans une terre où le roi, nommé Pyzennzoor, les retient captifs. Ils arrivent néanmoins à s’enfuir à l’occasion d’une bataille et parviennent à l’île de Kockôty où ils sont bien accueillis. Kinnkigough s’installe dans l’île avec l’équipage chinois et se renseigne sur les ressources naturelles de cette contrée. Il fait fabriquer des voiles et des cordes afin de préparer son départ. Mais des ennemis arrivent, parmi lesquels Pyzennzoor, et le voyageur est chargé de la défense de l’île. Ceux-ci sont battus, et il peut à nouveau se consacrer à ses préparatifs de retour. Après avoir quitté l’île, il rencontre un ballon voyageur emmenant des savants qui le conseillent sur la route à suivre. Il croise ensuite un navire américain et le suit jusqu’à New York. Le second volume est consacré essentiellement à la partie américaine et européenne du voyage. Kinnkigough reste six mois en Amérique, ce qui lui permet d’apprendre l’anglais et de s’intéresser à différents sujets: religion, population, justice, instruction, monnaie, etc. Puis il quitte New York pour la France. Après être passé par Bordeaux, il arrive à Paris où il effectue une visite au Jardin des plantes, ce qui donne lieu à une longue réflexion sur l’origine des animaux et des végétaux. Le voyageur visite ensuite Metz, Strasbourg et Lyon, puis retourne à Bordeaux. Il y retrouve le capitaine du navire américain et revient avec lui à New York. Après un passage à Philadelphie, il reprend la mer et se rend à nouveau dans les îles de Kockôky et Arouka, puis rentre en Chine. Mais les aventures de Kinnkigough ne sont pas terminées: se rappelant de la rencontre qu’il fit avec un ballon voyageur, il décide de construire un aérostat qui sera dirigé au moyen d’ailes. Le voyageur effectue ainsi un tour du monde en quatre mois qui le mène à Ava, Delhi, Ispahan, Palmyre, Constantinople et Paris. Il traverse ensuite l’Angleterre, l’Ecosse, le Groenland, le Labrador, le Canada, puis arrive à New York. Les étapes suivantes sont la Louisiane, le Mexique, Panama, le Pérou, avant de traverser l’océan Pacifique, passer au-dessus des Philippines et rentrer à Canton. Après son retour, Kinnkigough mène une vie de philanthrope: il fonde des hospices et même une colonie sur une île nommée Déliciôce, où les habitants doivent s’abstenir de consommer toute substance d’origine animale, excepté le miel… A la fin de chaque volume se trouvent des notes, une table des matières et un supplément. On y trouve quelques renseignements sur l’auteur, resté anonyme: embarqué sur la Méduse, dans les derniers jours de 1787, à destination des colonies orientales en qualité de capitaine d’artillerie, il fit un très court séjour à Pondichéry et arriva, vers le mois de septembre 1788, à l’île de France (Maurice) où il servit au moins jusqu’à la mort du gouverneur Malartic, survenue en 1800. Il composa notamment un mémoire sur la défense de l’île, longuement décrit dans le présent manuscrit, mais qui ne fut pas mis en œuvre, et aussi un projet d’épitaphe pour Malartic (t. I, pp. 313 et 343-354). Non mentionné dans Toussaint & Adolphe, Bibliography of Mauritius. Les derniers feuillets du tome II contiennent 15 chansons ajoutées : La Beauté de la femme, Une noce à Montreuil, La fille Angot, Les Epouseux du Berry, Comme à vingt ans, Le Bravo de Venise… Une note au f. 9 attribue cette copie à un certain Théophile Legendre en 1874. Manuscrit d’une écriture très lisible. Dos passés, plats frottés, pièces de titre refaites, mais bon état intérieur.

Hongkong: Its beauty & romance.

Hong Kong, Kelly & Walsh, 1926. In-8 oblong de (3) ff., 28-(1) pp.; demi-percaline rouge, premier plat illustré d'après une aquarelle de H.G. Gandy (cartonnage de l'éditeur à la manière chinoise).

Album composé de 24 planches légendées tirées en sépia d'après des photographies. Elles montrent principalement la ville occidentale, le port, quelques embarcations locales, des scènes de rues ou encore des petits métiers. Bel exemplaire parfaitement conservé.

Inauguraçao do caminho de ferro do Valle do Vouga Espinho-Vizieu-Aveiro.

1908. In-folio oblong; percaline verte de l'éditeur, titre en lettres dorées sur le premier plat.

Rare album comprenant 25 reproductions photographiques de Emilio Biel & Cie à Porto, dont 2 sur double page, montrant des vues d'ouvrages d'art et de villes traversées par la ligne de chemin de fer de la vallée de Vouga, au Portugal. La ligne relie Espinho, au sud de Porto, à Vizeu (dans la région centre), puis à Aveiro sur l'Atlantique. Elle fut construite par la Compagnie Française pour la Construction et l'Exploitation des Chemins de Fer à l'étranger, et dirigée par l'entrepreneur François Mercier, également propriétaire de la Société des chemins de fer du Centre. Rare exemplaire contenant 5 photographies supplémentaires, non répertoriées dans la liste des planches en début de volume: une autre vue de Oliveira de Azemeis, la construction d'une gare et 3 vues de la ligne de chemin de fer. Bel exemplaire. Coiffes et coins émoussés.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Mémoire introductif d'instance présenté à MM. les membres du Conseil du contentieux administratif de Cochinchine dans la cause entre MM. Vandelet et Dussutour (demandeurs), et M. le gouverneur de Cochinchine (défendeur).

Saigon, C. Guilland & Martinon, 1883. In-8 de 84 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1881, les négociants français Vandelet et Dussutour obtinrent du roi du Cambodge, et pour trois ans, le monopole du commerce de l'opium et de l'alcool de fabrication indigène. Mais le gouverneur de Cochinchine, désigné comme arbitre pour régler un différent entre le roi et les négociants, en profita pour ajouter de nouvelles clauses au contrat, ce qui donna lieu à de nombreuses difficultés. Bon exemplaire.

Mémoire pour la compagnie des Indes. Servant de réponse aux différentes requestes des prétendus armateurs du vaisseau le comte de Toulouse de Dunkerque.

Paris, P. G. Lemercier, 1726. In-folio de 11 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Mémoire signé par Anisson de Haute-Roche, rapporteur, et Me Faroard, avocat. Publié pour le compte de la Compagnie des Indes, ce mémoire s'intéresse au vaisseau le comte de Toulouse, parti d'Ostende, qui "fit route pour le cap de Bonne Espérance, ensuite alla à l'île Maurice, de là à l'île de Bourbon où […] il traita quelques marchandises, parvint après à Madagascar, où il fit la traite de quatre cens quarante-cinq Nègres, s'en retourna au cap de Bonne Espérance, où il vendit une partie de ses Nègres, & enfin arriva au Cap François". Les rédacteurs du mémoire déclarent que ce vaisseau n'appartenait pas à des armateurs dunkerquois mais "à des armateurs étrangers, qui se servaient du nom de quelques armateurs français". En conséquence, la compagnie réclame réparation pour violation de son monopole sur le commerce avec les îles d'Amérique. Bon exemplaire.

Mémoires de la Société des Philantropes.

Berne, La Société Typographique, 1778. In-8 de (4) ff., 358-(1) pp.; demi-veau marbré, dos lisse orné, tranches rouges (reliure à l'imitation).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Contient: - FEBUÉ (abbé). Essai philantropique sur l'esclavage des Nègres. - SONNENFELDS (J. von). Mémoire sur l'abolition de la torture. - [LAFFON de LADÉBAR]. Discours sur l'amour de l'utilité publique. - Considérations sur l'abus de la sécularisation des biens ecclésiastiques. - MOUDEAU. Voyage de Moncacht-Apé pour servir de suite ou de pendant aux voyages de Gulliver. - [YOUNG]. Mémoire sur l'état actuel de l'agriculture en Angleterre. La Société des Philanthropes fut fondée en 1775 à Strasbourg par Jean de Turckheim. Ouverte à toutes les confessions, cette société eut des membres à travers toute l'Europe, notamment Panckoucke, l'abbé Baudeau, l'abbé Rozier ou encore l'abbé Grégoire. Elle prôna la tolérance, pratiqua la charité, et s'intéressa également à l'économie, la géographie, ou encore la pédagogie. Cet ouvrage est la seule publication périodique de la Société, qui éditait aussi des manuels scolaires, des calendriers pour les paysans et des traductions des auteurs classiques de l'antiquité. Bon exemplaire. Un feuillet manuscrit contenant l'errata, petite galerie de ver en marge intérieure avec perte de quelques lettres. Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Notices coloniales publiées à l'occasion de l'Exposition Universelle d'Anvers en 1885.

Paris, Imprimerie Nationale, 1885. 3 volumes in-8 de x-664-(1) pp. — (2) ij-745-(1 bl.)-(1) pp. — (3) ff., 768 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs (reliure de l'époque).

Ouvrage publié par le Département de la Marine et des Colonies à l'occasion de l'Exposition Universelle d'Anvers de 188. Il est illustré de 17 cartes en couleurs dépliantes (Indochine, Tonkin, Cochinchine, Inde française, Mayotte, Madagascar, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Sénégal, établissements français du golfe de Guinée, Guyane, Martinique, Guadeloupe, ou encore Saint-Pierre et Miquelon), et de 9 cartes en noir dont 5 sur double page et 1 dépliante (chemin de fer du Sénégal). Les notices furent rédigées par les administrations coloniales à qui le ministère avait envoyé un questionnaire demandant des renseignement sur la situation géographique, le climat, la population, le commerce, les cultures, les industries locales, l'imigration des différentes colonies françaises. Le premier volume est consacré au Tonkin, à la Cochinchine, l'Inde française, Mayotte, Nossi-Bé, et Madagascar; le deuxième volume à La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Tahiti, le Sénégal, les établissements français du golfe de Guinée, Obock et ses dépendances; et le troisième aux possessions françaises de l'ouest africain (Congo), la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Pierre et Miquelon, les îles Kerguelen, et le territoire d'Assinie. Bon exemplaire. Étiquette de la bibliothèque de la Société de Propagande Coloniale, société fondée en 1892 pour promouvoir la mise en valeur des colonies. Coins frottés, déchirures sans manque à trois cartes, marges externes de deux cartes froissées. O’Reilly, Nouvelle-Calédonie, 2120. — O’Reilly, Tahiti, 6326. — Ryckebusch, 5993.

Notices statistiques sur les colonies françaises. Imprimées par ordre de M. le Vice-Amiral de Rosamel, Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1837-1840. 4 tomes in-8 de (2) ff., iij-248 pp. — (3) ff., 271 pp. — (2) ff., ij-320 pp. — (2) ff., 216 pp.; veau bleu, dos lisses richements ornés, filet doré et dentelle à froid encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l’époque).

Les bibliographies sont en désaccord sur l'auteur de ces notices ; pour Quérard il s'agirait de Paul-Alexandre Tiby, sous-chef au ministère de la marine, et pour Barbier, d'Edme-Jean-Hilaire Filleau-Saint-Hillaire, directeur du bureau des colonies. Le premier tome est consacré à la Martinique, à la Guadeloupe et à ses dépendances; le deuxième à La Réunion et à la Guyane française; le tome 3 aux établissements français de l'Inde, au Sénégal et à ses dépendances; et le quatrième aux Possessions françaises à Madagascar et aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Bel exemplaire. Barbier, III, 486. — Brunet, VI, 28637. — Quérard, IX, 473. — Ryckebusch, 5984, 5985. — Sabin 95786.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Observations sur les intendances des Isles. Manuscrit.

Vers 1775. In-4 (21,6 x 16,8 cm) de 3 pp. 1⁄4 sur une feuille double; on joint 1 p. in-8 manuscrite sur le même sujet.

La Martinique souhaite le rappel de son intendant. L'auteur, resté anonyme, affirme dès le début que la probité seule est à désirer chez un intendant des îles, et que celui-ci a le devoir de surveiller ses bureaux où se font des "prévarications sans nombre". Puis il rappelle l'origine de cette institution, avant d'énumérer les responsabilités d'un intendant de justice, police et finances. Vient ensuite l'objet de la présente note : "A la paix on renvoïa pour intendant à la Martinique, M. de La Rivière, à qui succéda le président Peinier. C'est aujourd'hui le président Tachere qui remplit cette place. Il arrive assez ordinairement qu'on rappelle au bout de 3 ans les intendants des isles; il y a plus de 3 ans, et contre le vœu des habitans, que le président actuel est à la Martinique…". La note jointe va dans le même sens : "L'intendance de la Martinique est occupée par M. le Président Acher [sic] depuis 4 ans; cette intendance n'étant que triennale, M. le Président Acher pourroit être rappelé; c'est le vœu de la colonie…". Il s'agit de Philippe-Athanase de Tascher, ancien président à mortier au Parlement de Metz, qui occupa l'intendance de la Martinique de 1771 à 1777. L'auteur préconise aussi le rétablissement de l'intendance de la Guadeloupe, réunie depuis peu à celle de la Martinique. Traces de plis. Les documents sont très lisibles.

Ordonnance de l'amirauté de France, portant injonction à toutes personnes demeurantes dans l'étendue de l'amirauté de France, ou des amirautés particulières de son ressort, qui ont à leur service des Nègres ou Mulâtres, de l'un ou l'autre sexe, d'en faire leur déclaration en personne ou par procureur, au greffe de l'amirauté de France, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort; & à tous Nègres ou Mulâtres qui ne sont au service de personne; de faire pareille déclaration, sous telle peine qu'il appartiendra.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 16 avril 1777. Constatant que l'ordonnance du 31 mars 1762 qui portait sur le même point n'était plus appliquée, et que "le nombre de ces gens de couleur se sont multipliés à un tel point, que le plus petit particulier en a à son service: les colons en ont inondé le royaume & […] ont laissé une libre carrière à l'introduction de cette espèce d'homme, dont le nombre & la qualité du sang, ainsi que la nuance de la couleur, ne peut qu'altérer l'uniformité de celle des habitans de ce royaume", un recensement "des Noirs ou Mulâtre qui sont dans Paris & dans le ressort de la cour" est ordonné. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance de nosseigneurs de l'amirauté de France, portant prorogation du délai accordé par celle du 16 avril 1777, aux personnes ayant à leurs service des Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs, ainsi qu'aux Nègres, Nègresses ou Mulâtres n'étant au service de personne, pour faire leur déclaration au greffe de l'amirauté de France à Paris, ou aux greffes des amirautés particulières de son ressort, à peine de 300 livres d'amende contre les maîtres, & de prison contre les Nègres, Nègresses, Mulâtres, ou autres gens de couleurs.

Paris, P. G. Simon, 1777. In-4 de 4 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Ordonnance du 7 juillet 1777 qui prolonge le délai de déclaration obligatoire des gens de couleur se trouvant sur le territoire français. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

Ordonnance du roi portant application du code d'instruction criminelle à l'île de la Martinique et à l'île de la Guadeloupe.

Paris, Imprimerie Royale, 1828. In-4 de 159 pp.; basane flammée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Publication du code d'instruction criminelle à destination des deux îles des Antilles, en application de l'article 7 de l'ordonnance du 24 septembre 1828 sur l'organisation judiciaire à la Martinique et à la Guadeloupe. Ce dernier stipule que ces deux îles seront régies par les différents codes (civil, de procédure civile, de commerce, d'instruction criminelle et pénale) "modifiés et mis en rapports avec leurs besoins". Bon exemplaire. Rousseurs en début de volume.

Ordonnance du roi, concernant les procureurs & économes-gérans des habitations situées aux isles sous le vent.

Paris, P. G. Simon & N. H. Nyons, 1785. In-4 de 12 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Ordonnance du 3 décembre 1784, régissant les conditions de mise en gérance de leurs propriétés par les colons de Saint-Domingue. En effet, après "des abus qui se sont introduits dans la gestion des habitations situées à Saint-Domingue" cette ordonnance détaille toutes les obligations à respecter, tant pour les propriétaires que pour les gérants pour la gestion des biens et des esclaves. Bon exemplaire. Manque à Sabin.

Ordonnance portant création d'une cour prévôtale, pour juger les prévenus du crime d'empoisonnement.

Saint-Pierre-Martinique, de l'imprimerie de Fleurot & Cie, 1822. In-4 de 34-(2 bl.) pp.; broché, couverture de papier blanc muet de l'époque.

Rare impression de la Martinique d'une ordonnance de 1822 portant création d'une cour spéciale pour juger les crimes d'empoisonnement. Ces crimes qui "se multiplient à un degré tellement allarmant" et qui "menace l'existence même de la société" doivent être retirés de la justice ordinaire et confié à une cour spéciale "dont la juridiction s'étendra sur toute la colonie de la Martinique", qui "se transportera […] autant que faire se pourra, sue le lieu même où le crime dénoncé aura été commis", jugera sans appel et pourra prononcer des peine capitales. Le texte reprend ensuite les ordonnances de 1724, sur "les vénéfices et poisons", de 1749 concernant "les Nèges empoisonneurs", et de 1757 "pour l'ouverture des cadavres soupçonnés être morts empoisonnés". Bon exemplaire. Mension manuscrite de l'époque sur la page de garde Imprimerie du Gouvrnt. Inconnu des principales bibliographies.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Pièces officielles relatives aux préliminaires de Londres et au traité d'Amiens.

Paris, Imprimerie de la République, an XI. In-4 de 258 pp. ; cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre noire, non rogné (reliure moderne).

Le traité d'Amiens fut signé le 25 mars 1802, entre l'Angleterre d'une part, et la France, l'Espagne et la République Batave d'autre part. Il stipulait la restitution de toutes les possessions qui avaient été prises pendant la guerre sauf l'île de la Trinité et Ceylan, qui furent laissées aux Britanniques. La Colonie du Cap retourna aux Pays-Bas, les frontières furent fixées entre la Guyane française et le Brésil, la République des Sept-Îles (îles Ioniennes) fut reconnue, les droits des pêches de Terre-Neuve et sur le bois de Saint-Pierre-et-Miquelon furent délimités, ou encore le statut de Malte et des chevaliers de Saint-Jean prévoyait leur indépendance à l'égard du Royaume-Uni et de la France. Ce document de première importance dans lequel sont examinées les conditions de l'autorité de la France sur les territoires de Saint Domingue et de la Martinique, entrainera le rétablissement de l'esclavage. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Portrait de Pedro de Castro y Figueroa y Salazar.

Vers 1840. Huile sur toile (25,5 x 20 cm) montée dans un double encadrement (32, 39 cm).

Pedro de Castro y Figueroa y Salazar, duc de la Conquista et marquis de Gracia Real (1678-1741) était un officier de l'armée espagnole. Il fut nommé vice-roi de Nouvelle-Espagne, par Philippe V, en 1740 pour remplacer Juan Antonio de Vizarrón y Eguiarreta. Pendant sa période de vice-roi, il travailla à l'amélioration des mines de Zacatecas en améliorant le système de drainage, fit nettoyer les obstructions du port de Veracruz et ordonna la construction du fort San Juan de Ulúa. La Nouvelle-Espagne désignait les possessions de l'Espagne dans le Nouveau Monde au nord de l'isthme de Panama. Elle fut créée à la suite de la chute de l'Empire aztèque en 1521 et devint la première parmi les quatre vice-royauté espagnoles en Amérique en 1531. Elle englobait le Mexique, l'Amérique centrale, une grande partie du sud-ouest et du centre des États-Unis, les Indes occidentales espagnoles, la Floride espagnole et les Philippines ainsi que d'autres îles du Pacifique. Après 1535, elle passa sous l'autorité du vice-roi de Nouvelle-Espagne, qui était désigné par le roi d'Espagne, la capitale étant Mexico. Au fil du temps, la Nouvelle-Espagne perdit peu à peu des morceaux de territoire, du fait que certains devenaient indépendants ou qu'elle donnait des parties de territoires à d'autre puissances européennes, mais la partie centrale resta sous influence espagnole jusqu’à l'indépendance de l'empire du Mexique en 1821. Bon état de conservation.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Résumés historiques sur la Perse moderne, l'Inde et la Chine, en quatre parties.

Bordeaux, Prosper Faye, 1843. In-8 de (6) ff., 353 pp., (1) f. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage peu commun divisé en quatre parties comprenant un résumé historique sur la Perse, un résumé historique sur la Chine, un précis sommaire de l'histoire des Tartares, et des notices sur la Corée, le Japon, le Tonkin, la Cochinchine, l'Inde et l'Arabie moderne. Bon exemplaire. Légères rousseurs.

Réunion de 3 catalogues de l'imprimerie catholique de Beyrouth.

Beyrouth, 1878. In-8, toile beige, dos lisse, pièce de titre de veau rouge (reliure du XXe siècle).

On trouve ainsi relié : - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, 1878. 11-(1)-15 pp. Couvertures bleues conservées. Catalogue d'ouvrages imprimées en arabe et en syriaque, dont la première partie donne la liste en français, et la seconde est imprimée en arabe. - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, imprimerie catholique, 1888. 38 pp., (15) ff. Première couverture conservée. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabes et en syriaque, (principalement des livres religieux et des manuels d'étude de l'arabe). Le titre de chaque ouvrage est imprimé en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Les 15 derniers feuillets contiennent des spécimens de tous les caractères de l'imprimerie (hébreux, samaritains, syriaques, arabes, arméniens, grecs et latins). - Catalogue spécial de l'imprimerie catholique (fondée en 1853). Beyrouth, librairie de l'imprimerie catholique, 1904. 67-iij pp., (2) ff. Couvertures illustrées conservées. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabe, syriaque et bilingue français-arabe. Les titres des ouvrages sont imprimés en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Le fond de l'éditeur s'est agrandi, on y trouve des manuels d'arabe, des recueils de poésies, des contes (dont les milles et une nuits), des revues. Bel exemplaire.

Saint-Domingue, ou histoire de ses révolutions ; contenant le récit effroyable des divisions, des troubles, des ravages, des meurtres, des incendies, des dévastations et des massacres qui eurent lieu dans cette île, depuis 1789 jusqu'à la perte de la colonie. [Joint :] Débarquement de la flotte française à Saint-Domingue; faisant suite aux révolutions de cette île; Révolte des Nègres : Événemens déplorables de la guerre désastreuse qui suivit le débarquement; second incendie du Cap par les Noirs; massacre et destruction presque générale de l'armée et des colons; avec un précis historique de l'érection de cette île en royaume d'Haîti.

Paris, Tiger, [vers 1820-1830]. 2 volumes in-12 de 108 pp. — 107 pp ; cartonnage havane marbré à la Bradel, pièce de titre marron (reliure moderne).

Premières éditions. Elles sont illustrées de 2 frontispices gravés dépliants représentant l'incendie du Cap Français et le massacre des colons, et la Guerre à mort entre les Français et les Noirs. Très rare petites éditions populaires, sorte de petits condensés des nombreux ouvrages parus sur la révolution de Saint-Domingue et retraçant les évènements entre 1791 et 1804. Le second volume se termine par le texte de la constitution d'Haîti. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5370. — Sabin, 19086, 75195.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

Vingt jours de voyage en Suisse. Manuscrit.

s.l., 1836. Petit in-8 (17,2 x 10,5 cm) de (1) f. de titre et 114-(1) pp.; cartonnage recouvert de papier marbré, étiquette de papier blanc en haut du dos (reliure de l’époque), charnières frottées, coins usés.

Récit d’un voyage à travers la Suisse. L’auteur, un Français dont les initiales «FB» figurent sur le titre, a divisé son récit en 38 chapitres d’une écriture régulière et parfaitement lisible. Emmenant quelques compagnons de voyage, il quitte Genève le 13 août 1836 à bord d’un bateau à vapeur qui le conduit à Villeneuve, à l’extrémité Est du lac Léman, au pied des Préalpes vaudoises. Peu avant son arrivée, il aperçoit le château de Chillon, un site pittoresque situé au bord du lac. De Villeneuve, il pénètre dans la vallée du Rhône et se rend à pied à Bex où il observe la cascade de Pissevache. Remontant le fleuve, il traverse successivement Martigny et Sion (Valais), puis arrive à Sierre après deux jours de voyage. L’étape suivante est Louèche, où le curé tient une petite auberge et dont les eaux attirent un grand nombre de malades. De là, il se dirige vers le Nord et pénètre dans le canton de Berne, passe par Frutigen le cinquième jour du voyage et parvient à la vallée d’Interlaken, le «bijou de la Suisse», remarquable pour ses deux lacs formés par les eaux de l’Aar, ce qui en fait un endroit très fréquenté. Remontant la vallée de l’Aar, il parvient à Handeck où il observe les chutes spectaculaires de ce fleuve qui impressionnent les touristes. Il se rend ensuite à la Grimsel, une montagne dont il effectue l’ascension. Le huitième jour, il arrive à la source du Rhône, puis se dirige vers Andermatt pour visiter le pont du Diable. Remontant vers le Nord, il traverse Altdorf et évoque l’histoire du Grütli où se réunirent, en 1307, les fondateurs de la confédération helvétique. Il donne ensuite une description du couvent d’Einsiedeln, qui est le centre du culte de la Vierge et reçoit 120000 pèlerins chaque année. L’étape suivante est Zurich, dont l’aspect lui rappelle Genève; il effectue la visite de la cathédrale ainsi que de l’arsenal qui contient une assez belle collection de vieilles armures. Le treizième jour du voyage, il arrive au pied du Rigi, une montagne située à proximité de Lucerne, dont il effectue l’ascension. De là, il aperçoit le Rossberg, situé dans les environs de Zoug, dont l’éboulement, en 1806, avait rasé un village entier. A Lucerne, le voyageur remarque le monument élevé à la mémoire des Suisses qui défendirent Louis XVI aux Tuileries, lors de la journée du 10 août 1792. Il se rend ensuite à Berne, siège du gouvernement fédéral, dont l’architecture annonce que cette ville est le centre d’un état riche et fortement constitué. Après un passage sur la politique, où il évoque une crise momentanée entre la France et la Suisse, l’auteur s’étend sur Fribourg, dont il mentionne les deux éléments les plus remarquables pour les touristes: le pont et l’orgue de la cathédrale. Le retour à Genève a lieu après vingt jours de voyage, soit au début du mois de septembre. Le manuscrit, daté du 11 octobre 1836, s’achève par une table des matières. Intéressante relation, qui ne semble pas avoir été publiée. Provenance: ex-libris manuscrit «Joséphine Müller» inscrit au crayon sur une page de garde.

[BALLETS RUSSES].

Ensemble de sept revues XXe.

- XXe Saison de Serge de Diaghilew. 1927. 10 Galas des Ballets Russes. Romeo and Juliet. Peintures de Max Ernst et Joan Miro. Mercure. Musique de Eric Satie. Décor et costumes de Picasso. Les Fâcheux. Musique de Georges Auric. Rideau, décor et costumes de Georges Braque. - Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 27 décembre 1928. Théâtre de l'Opéra. Le Chant du rossignol. Musique de Igor Stravinsky. Rideau, costumes et décor de Henri Matisse. - XXIIe Saison des Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 1929. Théâtre Sarah Bernhardt. Dessin de couverture en couleurs de G. de Chirico. Musique de Georges Auric. Rideau, décor et costumes de Georges Braque. - Les Ballets Russes de Serge de Diaghilew. 27 et 29 décembre 1927. Théâtre de l'Opéra. Ballets Léonide Massine. Musique de Serge Prokofieff. L'Oiseau de feu. Conte russe. Musique de Igor Stravinsky. - Gala des Ballets Russes de Vera Nemtchinova. 24 janvier 1930. Théâtre des Champs-Elysées. - Ballets Russes. Direction de W. de Basil. 1934. Théâtre des Champs-Elysées. Lundi 11 juin 1934. Cotillon. Musique Emmanuel Chabrier, décors et costumes Christian Berard. Les Imaginaires. Musique de Georges Auric. Le Beau Danube. Musique de Johann Strauss. Rideau d'André Masson. Beach. Décor et costumes de Raoul Dufy. - Théâtre des Champs-Elysées. Ballet des Champs-Elysées 1947. Directeur artistique Boris Kochno. Directeur chorégraphique Roland Petit. 13 danses. Décor et costumes de Christian Dior.

ADAM (Victor).

Bombardement de Sébastopol 1854.

Paris, Wild, [vers 1860]. Lithographie originale (45,5 x 61,5 cm).

Belle et grande estampe figurant le bombardement de la ville de Sébastopol en Crimée, dessinée par Victor Adam et lithographiée en couleurs par Hubert Clerget. Ville stratégique située sur les rives de la Mer Noire, Sébastopol était le port d'attache de la Marine impériale russe dont la flotte menaçait la Méditerranée. Le siège et le bombardement de la ville débutèrent le 18 octobre 1854. Ce fut l'épisode principal de la Guerre de Crimée qui opposa, de 1853 à 1856, l'Empire russe à une coalition formée de l'empire Ottoman, du Royaume-Uni, de la France et du royaume de Sardaigne, et qui s'acheva par la défaite de la Russie. Le siège dura onze mois, d'octobre 1854 à septembre 1855. Il fut meurtrier et marqué par de nombreuses épidémies, et s'acheva par la défaite de la Russie, entérinée par le Traité de Paris de 1856. L'estampe montre la ville encerclée de toutes parts et bombardée, coté terre, par les armées turques et anglaises, et côté mer, par la flotte anglaise. Sébastopol riposta et résista grâce à ses forts : Fort de la Quarantaine, Fort Alexandre, Fort Constantin et Fort Catherine. La ville, assez détaillée, montre la citadelle, l'arsenal, les batteries, l'hôpital ou encore les casernes. Les principaux lieux de la ville sont numérotés et légendés au bas de l'estampe. Bel exemplaire. Très légères rousseurs.

ALGERIE.

Livret de transporté.

1852. 16,3 x 10,7 cm; broché, couverture blanche muette

Livret de Prosper Durand, né en 1823 à Ancône, dans la Drôme, et condamné à la déportation en Algérie à la colonie de Saint-André-de-Mascara. Le livret, daté du 9 juin 1852, comprend 4 page pour l'état civil, 6 pages du règlement sur le régime des transportés, et 14 pages de compte (dont 3 seulement utilisées), détaillant les comptes des dépenses en habillement. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, élu au suffrage universel, fit un coup d’Etat pour conserver le pouvoir et, bientôt après, faire proclamer l’Empire. Contre cette violation éclatante de la Constitution, une résistance républicaine se produisit, mais elle fut vaincue. Le pouvoir se débarrassa alors de ses adversaires. Près de 27000 personnes furent arrêtées. Sur simple décision administrative, 19500 surent condamnées à des peines diverses, dont 9820 à la « transportation » à Cayenne ou en Algérie. Livret manié, trace de pliure longitudinale, coins écornés, couverture tachée.

ALGERIE. — DELORT (Charles).

Fâcheuse aventure.

Paris, Boussod-Valadon, 1889. Eau-forte originale à très grandes marges (74 x 62 cm ).

Spectaculaire eau-forte gravée par Emile Mathey-Doret d'après le tableau original de Charles Delort. Elle représente des jeunes femmes sur le point d’être vendues comme esclaves sur le port d'Alger, tandis que l’on distingue à l’arrière-plan leurs époux prisonniers. élève de Gérôme et de Gleyre à l’école des Beaux-Arts à Paris, Charles Delort débuta au salon en 1864. Il accompagna Gérôme en Egypte puis rentra en France en passant par le Maghreb. Les scènes de la vie algérienne lui inspireront de nombreux tableaux. Bel exemplaire.

ALLARD (Hugo ou Huych) — ALGERIE.

Algiers. [Alger].

Amsterdam, vers 1680. 425 x 503 mm.

Très rare vue de la ville d'Alger, dessinée par Hugo Allard. La vue est prise depuis la mer, animée de nombreux voiliers, et montre la cité dans son ensemble. Ainsi on distingue la Grande Mosquée Djamâa El Kebir, dont le minaret date de 1324, la mosquée du roi, et sur la droite, le sérail des sépultures des rois. Sur les hauteurs, on peut voir le château impérial, le château neuf, et la mosquée Zidi Bohonor. Le titre est contenu dans une bannière flottante, et orné en tête du blason d'Alger. Au bas de l'estampe figurent quelques vers en hollandais, latin et français. Le graveur Hugo Allard (1625-1691) fonda sa propre compagnie d'édition à Amsterdam. Sa production était relativement petite et consistait en des cartes et des atlas utilisant souvent les travaux de ses plus célèbres compatriotes tels que Blaeu. À sa mort, son fils Carel lui succéda. Très rare. Manque à Koeman qui ne cite que la vue dessinée par Carel Allard, qui diffère de celle de son père. Marge supérieure restaurée, pliure centrale restaurée et renforcée avec petit manque au niveau de la 5ème ligne de vers en latin.

ANDRÉ (Jean-François).

Gramont le grand, dernier chef des flibustiers, aventuriers et boucaniers d'Amérique, etc.; ses talens insinuans et spirituels.

Paris, Tiger, 1813. In-18 de 107 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne, illustrée d'un frontispice gravé. Vie romancée de Michel de Grandmont, ou Grammont (1645-1686), corsaire et flibustier dans les Caraïbes. Naviguant à bord du bateau le Hardi, il est notamment connu pour avoir pris les villes de Macaraibo, Trujillo, La Guaira, Cumana et Puerto Caballo au Venezuela, ainsi que les villes de Veracruz et Campeche au Mexique. Bon exemplaire. Cioranescu, XVIII° siècle, 7911.

ANTELME (Henri).

Sous le ciel de l'Île-de-France.

Paris, Jouve & Cie, 1923. In-8 de 106-(1) pp.; basane bleue à la bradel muette, non rogné (reliure moderne).

Première édition, tirée à 520 exemplaires. Elle est illustrée du portrait de l'auteur en frontispice. Antelme était issu d'une famille de l'île Maurice. Son recueil de poésie, d'inspiration élégiaque et patriotique (avec plusieurs pièces sur la guerre de 1914-1918) fut publié trois ans après sa mort. Le dernier poème Philosophe créole, réflexions sur le cyclone du 29 avril 1892, est écrit en créole. Un des 500 exemplaires sur papier vergé d'Arches. Envoi autographe signé de l'un des frères de l'auteur. Bon exemplaire.

ARNOUT (Jules). — CHAPUY (Nicolas-Marie-Joseph).

Paris et ses arrondissemens.

Paris, S. Avanzo, vers 1850. In-folio, en feuilles, couverture imprimée et illustrée.

Rarissime suite de 12 planches lithographiées à fond teinté, dont 8 par Jules Arnout d'après les dessins de Nicolas Chapuy et 4 par Georges Muller d'après les dessins de Chaperon. Elles représentent les 12 arrondissements de Paris, vus à vol d'oiseau, et montrant les rues, les bâtiments et les usines qui forment le Paris d'avant l'extension de 1860 et les 20 arrondissements actuels. De petites flèches dans la marge inférieure nomment les principaux bâtiments. Bien qu'il n'y ait aucune mention, il est possible de dater les planches grâce aux gares de chemin de fer alors en pleine extension. Ainsi, dans le troisième arrondissement, l'embarcadère de Belgique porta ce nom entre 1846 et 1861 avant de devenir la gare du Nord, et dans le cinquième arrondissement l'embarcadère du chemin de fer de Strasbourg porta ce nom entre 1849 et 1854 avant de devenir la gare de l'Est. Enfin, dans le huitième arrondissement, en face de l'embarcadère du chemin de fer de Lyon, on y voit la prison Mazas, construite à la place de la prison de la Force, inaugurée en 1850, et qui ne porta que très peu de temps le nom de Nouvelle-Force, comme il est porté sur la légende de la planche. Cette suite est très rare, et nous n'en avons trouvé qu'un seul exemplaire dans les collections publiques, à la bibliothèque historique de la ville de Paris. Bon exemplaire. Légères rousseurs marginales, déchirures à la couverture.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BALFOUR (Jean).

Mémoire du sieur Jean Balfour, habitant de l'isle de Tabago, à messieurs les députés à l'Assemblée nationale de France.

Paris, Prault, 1790. In-4 de 30 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

D'origine écossaise et cultivateur depuis vingt ans sur l'île de Tabago, Jean Balfour dénonce dans son "Mémoire" les abus et les saisies des administrateurs français après la cession de l'île par les Anglais en 1783. Bel exemplaire.

BARBIER (Emile).

Un Pays jeune du Pacifique: la Bolivie.

Paris, Librairie Hachette et Cie, 1907. In-4 de 84 pp. numérotées [37]-84 et [421]-456; demi-percaline verte, pièce de titre de chagrin grenat, fleuron central, filets or en pied, premier plat de couverture conservé (reliure de l’époque).

Réunion des livraisons 4 à 7 et 36 à 38 du t. XIII (nouvelle série) de la revue Le Tour du Monde, contenant l’ensemble des articles d’Emile Barbier sur la Bolivie. L’illustration comprend 2 cartes et 91 photographies imprimées in texte. Ces illustrations ont été établies à partir de photographies originales, probablement prises par l’auteur pendant son voyage, puis retouchées par l’éditeur. A l’exception de la première, elles ne sont pas signées. Exemplaire de l’auteur, enrichi de 51 photographies en double état, avant la lettre, imprimées sur papier et présentant un tirage plus contrasté que celui des illustrations in texte. Le volume contient aussi 29 ff. de notes dactylographiées de différents formats contenant des passages inédits, ainsi que quelques annotations manuscrites à l’encre rouge. Emile Barbier était, en 1907, chargé de mission du ministère du Commerce et ancien conseiller du Commerce extérieur de la France. En 1895, il effectua un voyage dans l’ouest et le centre de la Bolivie, ce qui lui permit de rencontrer les populations rurales et indiennes, tout en visitant les usines et les installations minières du pays. Cette étude s’ouvre par des considérations générales sur la Bolivie: géographie, composition ethnique, langues, gouvernement, commerce, ressources minières, exportations, monnaie. Barbier y dénonce notamment les conditions de quasi-esclavage dans lesquelles vivent les Indiens domestiqués, décrit les Cholos ou métis, donne des indications sur les deux principales langues locales, le quichua et l’aymara, puis évoque les mines d’or, de cuivre, d’étain et d’argent. Le chapitre suivant contient des renseignements pratiques pour toute personne qui voudrait visiter la Bolivie; les autres chapitres donnent une relation détaillée du voyage: A partir du port chilien d’Antofagasta, l’auteur traverse, en chemin de fer, plusieurs localités (Cuevitas, Calama, Ollagué), avant d’atteindre la Bolivie. Arrivé dans le pays, il passe par Uyuni, Challapata et Oruro, le terminus de la ligne. Vêtu d’un costume local, il se déplace alors en caravane, avec guides, chevaux et mulets, pour se diriger vers Tapacari et Cochabamba. Les étapes suivantes sont Misqui et Sucre (Chuquisaca). De là, il se rend à Potosi, puis à Huanchaca où il reprend le train pour retourner à Oruro. Il se dirige ensuite vers La Paz et Chililaya, puis il s’embarque sur un petit paquebot qui parcourt le lac Titicaca et le dépose à Puno, au Pérou. De là, il prend le chemin de fer, passe par Arequipa et arrive au port de Mollendo (Pérou). Le dernier chapitre concerne les départements nommés Beni, Santa Cruz et Tarija, situés au nord, à l’est et au sud de la Bolivie, où l’auteur n’a effectué qu’une brève incursion. Ces régions sont occupées essentiellement par les tribus indiennes des rampes orientales des Andes, dont certains territoires restent encore inexplorés. Les photographies se rapportent en grande majorité à la Bolivie: Indiens domestiqués, Chola de condition moyenne, Indiens chunchos de la région du Beni, types boliviens, deux cholas élégantes, conducteurs de caravanes de lamas, l’auteur en tenue de voyage (p. 50), Indiens boliviens employés dans une raffinerie de nitrate de soude, relais de voyageurs sur les hauts plateaux de la Bolivie, voie ferrée vers Pulacayo, Indienne d’Uyuni, muletiers boliviens, Indiens dansant devant la gare d’Uyuni, ouvriers des mines, concassement du minerai à Oruro, abri dans le massif de Huanchaca, Indiens et Cholos un jour de fête dans les environs de Cochabamba, Indiens de Potosi employés aux mines d’argent, vues de La Paz, Indiens embrigadés pour la récolte du caoutchouc, etc. Quelques-unes concernent le Chili, principalement le port d’Antofagasta: femme du peuple, débardeurs, débarquement du bétail, raffinerie de nitrate de soude. Deux autres montrent les habitants de Calama et la voie ferrée autour du volcan San Pedro. On joint: - Barbier (Emile). Note de l’auteur. Manuscrit dactylographié. S.l., février 1907, 3 pp. in-4 (au sujet d’une controverse avec le géographe Schrader). - Schrader (Frantz). La Bolivie contemporaine. S.l., février 1907, 2 pp. in-4 imprimées (extrait du Tour du Monde, contenant une critique des articles de Barbier). - Menu. Table gauloise. S.l., 7 septembre 1895, 1 p. in-4 imprimée sur bristol illustrée des portraits des participants au repas. Une note au crayon précise: «Le portrait de E. Barbier qui faisait partie du cénacle ci-dessous fut oublié parce que Barbier était en Bolivie au moment où ces portraits furent exécutés». - Clerc (Ch.). Lettre autographe signée à E. Barbier. Paris, 2 février 1904, 2 pp. in-8, en-tête imprimé «Lectures pour tous - Librairie Hachette & Cie». La célèbre maison d’éditions lui demande un article sur le Chili. - Carte de la Bolivie. S.l.n.d., 1 p. in-12 imprimée. - Liste des lecteurs chez Hachette. S.l.n.d., 1⁄2 p. in-12 manuscrite, au verso d’une invitation. Provenance: Emile Barbier. – Envoi autographe signé de l’auteur: «J’ai vécu ce livre. Je le dédie à mes enfants bien aimés Marcel et Simone». – Marcel Barbier, externe des hôpitaux de Paris (carte de visite contrecollée au verso du plat supérieur).

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Journal d'un déporté non jugé, ou déportation en violation des lois décrétée le 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Paris, Firmin Didot frères, 1834. 2 volumes in-8 de (2) ff., xlviij-271 pp. — (2) ff., 312 pp. ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. Député au Conseil des Anciens, Barbé-Marbois fut déporté à Sinnamary en Guyane lors du coup d'état du 4 septembre 1797. Il ne put rentrer en France quen 1800 et, sur les dix-huit députés déportés, neufs décédèrent en Guyane. En 1834, au moment où il publia ses mémoires, Barbé-Marbois était le dernier survivant. On trouve, à la fin du second volume, le récit du Voyage dans l'intérieur du continent de Guyane chez les Indiens Rocouyens, par Claude Tony, mulâtre libre, qui accompagnait le docteur Patris dans ce périple. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur dont le nom du dédicataire a été effacé. Chadenat, 2779. — Sabin, 3308.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BELANGER (Charles).

Lettre signée à Joseph de Villèle, avec une apostille autographe signée de ce dernier.

Paris, 13 décembre 1824. 4 pp. in-folio (30,8 x 20,3 cm) sur une feuille double, tranches dorées.

Belle lettre relative à son voyage aux Indes orientales. Nommé directeur du Jardin du Roi à Pondichéry, Bélanger annonce qu’il fera le trajet par voie terrestre avec Eugène Desbassayns, commissaire ordonnateur des Etablissements français en Inde. Celui-ci étant chargé d’une mission auprès du shah de Perse, les voyageurs seront amenés à traverser ce pays: «La Perse est peut-être de tous les pays de l’Asie avec lesquels l’Europe a d’anciennes relations, celui qui offre le champ le plus vaste et le plus nouveau à l’étude des sciences naturelles. Les recherches légères faites par Olivier et Michaud, seuls naturalistes qui aient jusqu’à ces dernières années parcouru cette contrée, ont suffi seulement pour donner une idée des richesses qu’elle renferme… Si [la minéralogie et la zoologie] ont été jugées dignes d’intérêt, le règne végétal doit en offrir bien plus encore; sans parler des découvertes scientifiques que l’on pourrait faire en botanique, un grand nombre de végétaux utiles parmi lesquels on distingue la canne de Mazouderan, plusieurs espèces d’excellents fruits, diverses plantes riches en gomme, en résine, en matières colorantes, ont été signalées par les voyageurs comme des conquêtes précieuses que l’on pourrait faire sur la Perse au profit de l’Europe ou de ses colonies…». «Enfin le pays des Marattes, le Décan, le Mysore que je parcourrais successivement n’ont jamais été explorés: il est donc inutile d’insister sur l’intérêt dont un voyage dans ces contrées pourrait être pour les différentes branches d’histoire naturelle». Pour réaliser ce programme, Bélanger demande à Villèle une allocation de 6000 francs, en précisant que Desbassayns a accepté de supporter une partie des frais de voyage. Cette aide lui permettra d’envoyer des collections au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Villèle a ajouté, dans la marge, qu’il recommande cette démarche «utile au progrès des sciences et devant donner à mon neveu un compagnon de voyage aussi méritant que M. Bélanger». Botaniste et explorateur, Charles Bélanger (1805-1881) effectua un important voyage aux Indes entre 1825 et 1829. Il traversa la Russie méridionale, la Géorgie, l’Arménie et la Perse, s’embarqua à Bouchir, passa par Mascate, débarqua à Bombay, explora la côte de Malabar, franchit les Gâtes occidentales jusqu’à Mysore et arriva à Pondichéry en mars 1826. Après avoir enrichi le jardin botanique, il fit trois grandes excursions: à la côte de Coromandel jusqu’au Carnatic; au Bengale et en Birmanie; puis à Java. A son retour, ses travaux firent l’objet d’un rapport élogieux de l’Académie des sciences. Cf. Numa Broc, Asie, pp. 20-21. Document bien conservé.

BELLY (Léon).

Vendeur de chaussures.

Vers 1850. Dessin original signé (22,5 x 14 cm).

Beau dessin représentant un vendeur de chaussure de Constantinople. Au premier plan, on trouve un homme en train de fumer, accompagné d'un enfant, ainsi qu'un porteur. Élevé par sa mère, Léon Belly poursuivit d'abord des études qui s'annoncaient brillantes à L'École Polytechnique puis se destina à la peinture. Il devint l'élève d'Édouard Picot et de Troyon et travailla à Barbizon en 1849. Il visita le Liban, la Syrie et l'Égypte en 1850 lors d'une mission scientifique puis l'Égypte en 1855-1856. Il fit partie, avec Jean-Léon Gérôme, du voyage de l'Impératrice Eugénie au Canal de Suez en 1869. Sa toile intitulée Pèlerins se rendant à la Mecque, exposée au Musée d'Orsay est un chef-d'oeuvre de l'orientalisme. Belly composera des sujets orientalistes jusqu'en 1874. Bon état de conservation.

BERGEAUD (Émeric).

Stella.

Paris, E. Dentu, 1859. In-18 de viij-330 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, rare, du premier roman haïtien. Né aux Cayes en 1818, Émeric Bergeaud fut le secrétaire de son oncle, le général Jérôme-Maximilien Borgella, commandant de l'arrondissement des Cayes. En 1848, il s'exila lorsque le président Faustin Soulouque se fit proclamer empereur. C'est à l'île Saint Thomas qu'il rédigea son roman qui relate l'histoire de deux demi-frères, Romulus et Rémus, qui luttaient pour l'indépendance d'Haïti. Malade, Bergeaud confia son manuscrit à son cousin, l'historien Alexis-Beaubrun Ardouin, qui fit éditer l'ouvrage après la mort de son auteur. Bon exemplaire. Quelques piqûres, plus prononcées en début et fin de volume. Max Bissainthe, 385. — Inconnu des principales bibliographies.

BERGMANN (Benjamin).

Voyage de Benjamin Bergmann chez les Kalmuks. Traduit de l'allemand par M. Moris, membre de la Société Asiatique.

Châtillon-sur-Seine, C. Cornillac, 1825. In-8 de XXVIII, 361 pp. ; demi-veau havane, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition française. Elle est illustrée d'un frontispice lithographié sur Chine représentant "la fête des lampes chez les Kalmuks" et de 11 planches lithographiées d'écritures et de transcriptions. Bergmann séjourna un an parmi les Kalmouks, les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois en Asie centrale. Il s'employa à apprendre leur langue, à observer leurs mœurs et leurs usages, et à étudier les progrès de leurs arts et de leurs sciences. Bel exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 433-436 (pour l'édition originale en allemand parue en 1804). — Chadenat, 5323. — Quérard, I, 285.

BERNOVILLE (Raphaël).

Dix jours en Palmyrène.

Paris, Ad. Lainé et J. Havard, 1868. Grand in-8 de (3) ff., 166 pp.; toile bordeaux à la Bradel, pièce de titre, première couverture imprimée conservée (reliure moderne).

Exemplaire à grandes marges sur papier vergé, avec quelques illustrations dans le texte. Récit d'un voyage, en juillet 1865, de Homs à Palmyre, en Syrie. L'auteur était accompagné des pères et archéologues Adolphe Dutau et Alexandre Bourquenoud, ainsi que du peintre Achille Joyau, envoyé en Orient par le gouvernement français pour y relever l'état des ruines de Balbeck. L'auteur consacre une bonne partie de son exposé aux différentes tribus bédouines du désert syrien qu'ils traversèrent, et relate notamment une rencontre avec Lady Digby, une aristocrate anglaise qui, après une vie mouventée, avait épousée un cheik d'une de ces tribus. Bon exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture. Hage Chahine, 455.

BERTOU (Jules de).

Examen d'un nouveau voyage en Orient.

Paris, Charles Douniol, 1855. In-8 de 24 pp.; cartonnage de papier vergé brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Tiré à part d'un article publié dans le journal Le Correspondant, le 25 janvier 1855. Compte rendu de lecture de la traduction anglaise de l'ouvrage de Van de Velde, Narrative of a journey through Syria and Palestine in 1851 and 1852, publié à Londres en 1854. Ancien officier de marine dans l'armée néerlandaise, Van de Velde était également un peintre de paysage et un cartographe. De 1839 à 1841, il se rendit à Batavia afin d'établir des cartes de la région, avant d'effectuer son voyage d'exploration en Palestine et en Syrie en 1851. Le comte de Bertou consacra une grande partie de sa vie à l'étude topographique détaillée de la dépression Jourdain-mer Morte. Bon exemplaire. Numa Broc, Asie, 28. — Manque aux principales bibliographies.

BEUVRIGNY (Jean François de La Gonnivière de).

Relation du périssement de deux tartannes françoises dittes Ste Claire et Ste Ursule faisant le transport de six compagnies de Cambresis arrivé le 8 janvier 1739 sur la coste de l’isle de Corse ditte Austricon. Manuscrit signé.

St Fiorenzo [Saint-Florent], 20 février 1739. In-folio (33,8 x 22,2 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Le naufrage de deux bâtiments français envoyés en Corse. En 1737, une convention fut signée entre la France et la République de Gênes pour l’envoi de troupes destinées à combattre les insurgés corses; l’année suivante, un premier contingent arriva sur place. Le 6 janvier 1739, un second contingent fut envoyé mais une forte tempête dispersa les navires et deux tartanes transportant six compagnies du Régiment de Cambrésis s’échouèrent sur la côte corse, entre Saint-Florent et l’Ile-Rousse. Le présent manuscrit, rédigé par un capitaine du régiment de Cambrésis, raconte la tempête, le naufrage le 8 janvier au soir, l’évacuation des soldats, puis comment les survivants se sont fait attaquer par les habitants de l’île et ont été faits prisonniers; il relate aussi leur libération à la suite de l’intervention du colonel de Villemur, commandant pour la Balagne. «Nous [échouâmes] sur un rocher environ à 50 pas de terre avec une secousse si violente et un fracas si épouvantable que nous ne doutâmes pas un instant que le bâtiment ne tombât en éclats; l’eau gagna le pont et il ne nous restoit de ressource que dans la chaloupe […]. J’ay eu le bonheur de voir dans l’espace d’une heure et demie, tous nos soldats débarquer dix à la fois par le secours de la ditte chaloupe, sans autre perte que de leurs armes et nos équipages […]. Je m’informay alors du capitaine de la tartanne et de l’équipage qu’elle étoit la coste où nous avions pris terre si malheureusement. Il me dit qu’elle étoit au pouvoir des rebelles et des plus féroces, qu’il n’y avoit pas d’autre party à prendre pour éviter notre perte entière, que de gagner St Fiorenzo…». Une autre version du récit de Beuvrigny se trouve dansPommereul (François de), Histoire de l’isle de Corse, t. I. Berne, 1779, pp. 229-234. Intéressant document sur la Corse. Quelques traces de plis, mais le document est bien conservé.

BIRKBECK (Morris).

Lettres sur les nouveaux établissements qui se forment dans les parties occidentales des États-Unis d'Amérique.

Paris, L'Huillier, Delaunay, 1819. In-8 de (2) ff., xvj-156 pp.; cartonnage fauve à la Bradel, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rare première édition française de l'ouvrage Letters from Illinois, publiées à Philadelphie en 1818, et illustrée d'une carte gravée dépliante. Issu d'une famille de quakers, l'auteur émigra aux états-Unis en 1817, avec sa famille, et fonda une colonie agricole dans l'état de l'Illinois. Ce recueil de lettres comprend sa correspondance durant sa première année avec des amis ou des futurs colons. Il y donne de très nombreux renseignements pratiques sur sa vie et les conditions de son installation. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Sabin, 5538.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BONIFACY (Auguste).

Cours d'ethnographie indochinoise.

Hanoï-Haïphong, imprimerie d'extrème-orient, 1919. In-8 de 110-v-(1) pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition, illustrée de quelques dessins dans le texte. Après une carrière dans l'infanterie de marine en Indochine, l'auteur s'installa à Hanoï où il devint journaliste, professeur et conseiller municipal. Son ouvrage est un cours d'ethnographie enseigné aux élèves de l'école Supérieure d'Agriculture et de Sylviculture d'Hanoï dans le but de faire connaître aux élèves annamites les diverses populations de l'Indochine. Bon exemplaire. Petit défaut au dos. Cordier, BS, 3352.

BONNET (Emmanuel).

L'Egypte et le canal de Suez.

Avignon, Bonnet fils, 1857. In-8 de 36 pp.; broché, couvertures imprimées.

Poème en alexandrins sur le projet de percement du Canal de Suez. Percé entre 1859 et 1869, grâce à une levée de fonds géante à la Bourse de Paris, sous la direction du diplomate retraité français Ferdinand de Lesseps, il permet aux navires d'aller d'Europe en Asie sans devoir contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Bon exemplaire de cette plaquette peu commune conservée dans sa brochure d'origine. Envoi autographe "à monsieur Auguste Bonnet" sur la première de couverture. Ce dernier étaitdocteur en médecine de la faculté de Paris. Couvertures passées. Manque aux principales bibliographies.

BONNIGAL (Paul) attribué à.

Vue panoramique d'Angkor Vat.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (49,5 x 31 cm).

Magnifique vue du temple d'Angkor Vat. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Angkor Vat est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor au Cambodge. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'État » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, initialement hindou et dédié à Vishnou, puis, bouddhiste. Le temple est devenu le symbole du Cambodge et figure sur son drapeau national. Il est le principal lieu touristique du pays. Très belle aquarelle.

BOURGEOIS (Nicolas-Louis).

Voyages intéressans dans différentes colonies françaises, espagnoles, anglaises, &c.

Paris, Jean-François Bastien, 1788. In-8 de vij-(1)-507 pp. (mal chiffrée 407); veau marbré, dos à nerfs orné, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage posthume, publiée d'après les papiers de l'auteur par son neuveu Pierre-Jean-Baptite Nougaret. L'auteur était avocat et vécut une trentaine d'années à Saint-Domingue où il fut secrétaire de la Chambre d'Agriculture du Cap. Il avait réuni de nombreuses notes dans le but d'écrire une histoire générale du nouveau monde, mais elle ne fut jamais publiée. Parmi tous ses papiers, son neuveu fit une sélection et publia des mémoires sur les îles de Curaçao, Grenade, Porto-Rico, Saint-Domingue, sur les villes de Léogane, New-York, Boston, Lima, Potosi, Valparaiso, Santiago, et sur la révolte du Cap-Français de 1723. L'ouvrage se termine sur un mémoire sur les maladies à Saint-Domingue. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, pièce de titre renouvellée. Leclerc, I, 194. — Sabin, 6897.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BRESSANI (Francesco Giuseppe).

Relation abrégée de quelques missions des pères de la compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France.

Montréal, des presses à vapeur de John Lovell, 1852. In-8 de 336-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'italien par le père Félix Martin. Elle est illustrée d'un frontispice, d'une grande carte dépliante de la Nouvelle-France levée par l'auteur, de 2 autres cartes dont 1 dépliante et l'autre dans le texte, de 8 planches dont une dépliante, et des illustrations dans le texte dont 2 à pleine page. Publié en italien en 1653, cette relation n'avait jamais été traduite en français avant 1852, malgré son intérêt. C'est la première synthèse sur les missions en italien et plus particulièrement chez les Hurons. Missionnaire jésuite en Nouvelle-France de 1642 à 1650, l'auteur fut chargé d'une mission auprès des Hurons mais fut capturé par les Iroquois près de Trois-Rivière, torturé puis vendu comme esclaves aux Hollandais. Après un bref voyage en Europe, il retourna au Canada et œuvra pour la paix entre Hurons et Iroquois. Bon exemplaire donné en prix par le collège des Jésuites de Vannes, avec le fer doré de l'école sur les plats et une vignette d'attribution datée de 1867. Mallet, 127. — Sabin, 7735. — Sommervogel, II, 133.

BRISSOT de WARVILLE (Jacques-Pierre).

Réplique à la première et dernière lettre de Louis-Marthe Gouy, défenseur de la traite des Noirs et de l'esclavage.

Paris, Belin, Desenne, Bailly, et au bureau du Patriote François, 1791. In-8 de (1) f., 54 pp.;

Louis-Marthe de Gouy d'Arsy épousa une riche créole de Saint-Domingue et, bien que n'y ayant jamais résidé, il réussit à se faire nommer député de cette île. Durant son mandat, il s'évertua à prendre la défense des intérêts économiques des colons blancs. Fondateur de la Société des amis des Noirs, Brissot milita pour l'abolition de la traite et ne manquait pas une occasion de polémiquer avec ses adversaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8099. — Monglond, II, 144. — Ryckebusch, 1080. — Sabin, 8039.

BRULLEY (Augustin-Jean).

Résultats de la révolution quant au commerce, à la marine et aux colonies. Aperçu de leur influence sur les forces et la prospérité de la France.

Paris, imprimerie de Laurens aîné, 1791. In-8 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Texte adressé à la Commission des Onzes, chargée par la Convention Nationale de la rédaction des loix constitutionnelles. Commissaire de Saint-Domingue, l'auteur constate que le commerce colonial "est nul actuellement", or, "c'est du plus ou moins de prospérité de ce commerce que dépend le degré de puissance de la France" (pages 10 et 11). Il demande donc, pour rétablir la prospérité de Saint-Domingue, que les colons, qui n'ont pas de députés à la Constituante, puissent prendre part à la rédaction des lois les concernant. Bon exemplaire. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

BUCHON (Jean-Alexandre).

La Grèce continentale et la Morée. Voyage, séjour et études historiques en 1840 et 1841.

Paris, Charles Gosselin, 1843. In-18 de vij-568 pp. ; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. De décembre 1840 à novembre 1841, Buchon voyagea en Grèce à la recherche de documents inédits sur la principauté de Morée et le duché d'Athènes, deux états croisés, fondés en Grèce au début du XIIe siècle lors de la quatrième croisade. Dans son ouvrage, il mêle le récit de ses recherches à la description de la Grèce et de ses habitants dix ans après l'indépendance. Bon exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris. Tranches et quelques cahiers piqués. Atabey, 162. — Blackmer, 230. — Weber, 348.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Le détroit de Panama. Documents relatifs à la solution parfaite du problème de Panama (détroit libre, large et profond). Ces documents renferment des détails sur la solution très imparfaite adoptée par les États-Unis (canal à écluses) et sur les mauvais résultats des trois premières années de travaux du gouvernement américain.

Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. In-8 de (2) ff., 305-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de nombreux schémas et illustrations dans le texte dont 9 planches d'après des photographies, et d'une grande planche dépliante. L'auteur fut l'un des acteurs majeurs de la construction du canal de Panama: ingénieur puis entrepreneur avant la faillite de la première compagnie de Panama, actionnaire de la seconde qu'il réussit à faire racheter par les États-Unis, et enfin négociateur du traité entre le Panama nouvellement indépendant et les États-Unis pour la construction du canal. Au moment où il publia cet ouvrage, il rentra en France et critiqua la manière dont les Américains menaient les travaux. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture à Gaston Mestaye, qui fut ingénieur sur le canal de Panama. Dos passé.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

BUXTON (sir Thomas Fowell).

De la traite des esclaves en Afrique, et des moyens d'y remédier.

Paris, Arthus Bertrand, 1840. In-8 de xxxvj-650 pp.; demi-chagrin bordeaux à coins, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Jacques Pacaud, et illustrée d'une carte gravée dépliante de l'Afrique centrale (en anglais). Député au parlement de 1818 à 1837, l'auteur œuvra pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Il fut l'un des membres créateur de l'Anty-Slavery Society et succéda à William Wilberforce à la tête du parti anti-esclavagiste à la Chambre des Communes. Son ouvrage, qui propose de remédier au trafic des esclaves par un commerce équitable et la christianisation, a fortement influencé David Livingstone; il fut rapidement traduit en français et en allemand. Bon exemplaire. Feuillet de dédicace portant la mention "offert par la société institué à Londres pour l'extinction de la traite des esclaves" avec le nom manuscrit du dédicataire gratté. Rousseurs éparses, dos et bord des plats passés. Sabin, 9686 (édition anglaise de 1839).

BYRON (John).

Voyage autour du monde, fait en 1764 & 1765, sur le vaisseau de guerre anglois le Dauphin, commandé en chef par le chef d'escadre Byron.

Paris, Molini, 1767. In-12 de (2) ff., lxviij-335 pp.; basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Jean-Baptiste Suard, et illustrée d'un frontispice gravé. Récit du second voyage autour du monde de Byron. Il effectua le premier avec l'amiral George Anson. Lors de ce deuxième voyage, il visita les îles Malouines, franchit le détroit de Magellan, et fit halte dans les archipels de Juan Fernandez et de Tuamotu. Le récit de ce périple fut rédigé par un de ses officiers Philip Carteret. Les 68 pages de la préface sont consacrées à une démonstration de l'existence des géants de la côte de Patagonie d'après les voyageurs qui les avaient rencontrés, de Pigafetta à Byron. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 137. — Leclerc, I, 245. — Sabin, 9734.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CARONNI (Felice).

Ragguaglio del viaggio compendioso di un dilettante antiquario sorpreso da Corsari condotto in Barberia e felicemente ripatriato.

Milano, Francesco Sonzogno, 1805-1806. 2 volumes in-8 de 140 pp. — ix-(1)-270 pp.; demi-veau havane, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison beiges, tranches bleues (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, illustrée de 2 portraits, de quelques figures de monnaies gravées dans le texte, et de 13 planches (sur 12 feuillets) dont 2 cartes dépliantes. En juin 1804, lors d'un voyage de Palerme à Naples, le navire sur lequel l'auteur se trouvait fut capturé par des pirates. Il fut retenu prisonnier à Tunis quelques mois pendant lesquels il put se livrer à l'étude des monnaies et monuments de l'antiquité. Le premier ouvrage contient le récit de sa captivité, et le second, qui a pour titre Ragguaglio di alcuni monumenti di antichita ed arti raccolti negli ultimi viaggi da un dilettante ... le fruit de son étude des ruines de Carthage et des monnaies qu'il trouva sur place. Bon exemplaire. Gay, 415 bis.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CHARLEVOIX (Pierre-François-Xavier de).

Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon. Où l'on voit les différenres révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle.

Rouen, Jacques Joseph Le Boullenger, 1715. 3 volumes petit in-12 de (22) ff., 337-(25) pp. — (1) f., 398-(34) pp. — (1) f., 460-(22) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Première édition, rare. Premier ouvrage du père Charlevoix dans lequel il retrace l'histoire du christiannisme au Japon. Il s'inspira de l'ouvrage du père Jean Crasset, Histoire de l'église au Japon, publié en 1689, qu'il abrégea, compléta de notes sur les us et coutumes, les costumes des habitants, la situation politique du Japon, sa topographie et son histoire naturelle, jusqu'en 1715. Cet ouvrage est différent de l'Histoire et description générale du Japon, qu'il publia en 1737. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit des Frères des écoles Chrétienne de Reims, et cachet de congrégation sur les titres. Brunet, II, 1806. — Cordier, BJ, 421. — Sommervogel, II, 1075.

CHERBONNEAU.

Relation du voyage de M. le capitaine de Bonnemain à R'dâmes (1856-1857).

Paris, Arthus Bertrand, 1857. In-8 de 36 pp.; cartonnage à la bradel de papier brun marbré, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage illustré d'une planche gravée dépliante avec l'itinéraire du capitaine de Bonnemain et le plan de Ghadames. Tiré à part de cette relation publiée dans les Nouvelles Annales des voyages de juin 1857. Fondateur de la Société archéologique de Constantine, l'auteur y relate le voyage d'exploration entrepris par la capitaine de Bonnemain, sous l'habit touareg, depuis El-Oued jusqu'à Ghadamès, dans la régence de Tripoli, en traversant le Grand Erg Oriental. Bel exemplaire. Gay, 418.

CHINE.

Album sur papier de riz.

Canton, fin XIX° siècle. In-4 oblong, percaline noire ornée à froid, mot album en lettres dorées sur le premier plat, tranches dorées (reliure de l'époque).

Magnifique et rare album composé d'une suite de 28 gouaches sur papier de riz (20 x 29 cm), chacune avec en encadrement de papier doré. On trouve ainsi réprésenté un superbe bouquet, 11 scènes de cortèges avec des musiciens, ou encore des porteurs de lanternes, 3 vues de cortège, une scène de jugement et 5 de châtiments. Viennent ensuite cette suite rarissime en pleine couleur représentant 7 scènes de combat avec des batons, et des sabres, sur fond de paysage. Joint, une feuille volante de plus petite taille représentant une femme (fentes). Exemplaire très bien conservé. Petites fentes avec de légères pertes à quelques planches.