Référence :LBW-7252

Russiæ, Moscoviæ et Tartariæ descriptio.

ORTELIUS (Abraham).

[Anvers, 1595-1601]. 348 x 442 mm.

Très belle carte de la Russie, de la Moscovie et de la Tartarie, issue de l'édition latine du Theatrum Orbis Terrarum, publiée en 1595 et 1601. Cette carte, qui est l'une des premières cartes modernes de la Russie, a été dressée d'après la carte de l'explorateur britannique Anthony Jenkinson (1529-1611), intitulée Nova absolutaquæ Russiæ, Moscoviæ, et Tartariæ, gravée par Nicolaus Reinoldus et publiée à Londres en 1562 par Clement Adams. Le seul exemplaire connu de la carte de Jenkinson, considéré comme perdu pendant longtemps, puis redécouvert en 1987, se trouve à la Bibliothèque de l'Université de Wrocław. Jenkinson fut l'un des premiers Anglais à explorer la Moscovie et la Russie actuelle. Entre 1558 et 1571, il effectua, pour le compte de la Compagnie de Moscovie, quatre expéditions en Russie et à travers l'Asie centrale, devenant ainsi le premier britannique à traverser la mer Caspienne. Après avoir franchi le cap Nord (juin 1557), il atteignit Vologda puis Moscou. De 1561 à 1564, il partit de nouveau pour la Russie puis pour la Perse, où il rencontra le Tsar Ivan le Terrible et le Shah d'Iran. Il obtint alors d'importants droits commerciaux pour l'Angleterre. En 1566, il retourna rencontrer le Tsar en tant que diplomate. En 1571, lors de sa dernière expédition, il réussit à rétablir les droits commerciaux britanniques qui avaient été révoqués par Ivan trois ans plus tôt. La carte est dédiée à Henry Sidney, président du Conseil des Marches de Galles, qui finança la publication de la carte de Jenkinson. Elle s'étend au nord jusqu'à la Nouvelle-Zemble, au sud jusqu'au massif de l'Hindu Kush (Afghanistan), ici appelé Paraponisi montes, à l'ouest jusqu'à Kiev en Ukraine, et à l'est jusqu'à Andeghen, actuelle Andijan en Ouzbékistan. Elle est ornée de belles vignettes figurant des scènes de genre très intéressantes, montrant des figures de guerriers Tartares et Cosaques, des campements de nomades avec leurs animaux, l'idole païenne appelée Zlata Baba ou sorcière dorée, vénérée par les Obdoriens et les Iougoriens (avec cartouche de texte en latin), une représentation du Tsar Ivan le Terrible assis sur son trône (Ioannes Basilius Magnus, Imperatore Russiæ, Dux Moscoviæ), et enfin une représentation assez étonnante du peuple kirghize dans une scène de culte religieux, accompagnée d'un cartouche de texte en latin, pouvant être traduit ainsi : "Les Kirghizes vivent en troupes ou en hordes. Ils ont la coutume suivante : lorsqu'un prêtre accomplit une cérémonie religieuse, il obtient du sang, du lait et du fumier de bêtes de somme, et le mélange avec de la terre. Il verse cela dans un récipient spécifique et grimpe à un arbre avec, et quand il y a un rassemblement, il en asperge le peuple, et cette aspersion est considérée comme divine et est vénérée. Quand l'un d'entre eux meurt, cette personne est pendue à un arbre en guise d'inhumation". Texte latin au dos. Considéré comme le premier atlas géographique "moderne", le Theatrum Orbis Terrarum ou Théâtre de l'Univers a été publié par Abraham Ortel, plus connu sous le nom d'Ortelius, le plus célèbre cartographe du XVIe siècle. Bel exemplaire finement aquarellé à l'époque. Van den Broecke, 162 ; Krystyna Szykuła, Anthony Jenkinson’s unique wall map of Russia (1562) and its influence on European cartography,Belgeo, 3-4, 2008, pp. 325-340.

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