Référence :LBW-6732

Vue du palais du nabab Schuja-Uddaula, à Lucknow.

CHAPLIN (Charles).

S.l., 1850. Dessin à la plume, à l’encre noire et à la mine de plomb, signé et daté dans l’angle inférieur gauche. In-4 oblong (24,8 x 33,4 cm), monté sur papier dans un encadrement de filets en noir et en couleurs, titre manuscrit dans la partie inférieure.

Vue animée montrant le palais du nabab de Lucknow (Inde). Au premier plan, un éléphant conduit par son cornac se déplace à proximité d’une rivière, emmenant deux passagers sur son dos. On voit aussi deux hommes gardant une petite embarcation. Sur la rivière naviguent trois barques dont une à voiles. A l’arrière-plan, on aperçoit l’imposant palais du nabab entouré d’un mur d’enceinte. Située dans le nord de l’Inde, la ville de Lucknow ne se développa véritablement qu’à partir du début du XVIIIe siècle, lorsque les Moghols nommèrent un nabab pour gouverner la région. Celle-ci fut dirigée par Shuja-ud-Daulah de 1754 à 1775. La dynastie des nababs perdura jusqu’en 1856, date de l’annexion du territoire par les Britanniques. Actuellement, Lucknow est la capitale de l’Etat de l’Uttar Pradesh. Ce dessin est inspiré d’une aquatinte du célèbre peintre et graveur britannique Thomas Daniell (1749-1840). Celle-ci, intitulée «Palace of Nawaub, Sujah Dowla, at Lucknow» (1801), a été publiée dans «Oriental Scenery. Twenty-four views in Hindoostan», London, 1795-[1807]. Accompagné de son neveu William, Thomas Daniell avait séjourné en Inde de 1784 à 1794. Sur le dessin, Chaplin a ajouté l’éléphant et ses passagers qui ne se trouvaient pas dans la gravure de Daniell. Il a été publié, avec quelques variantes, et sous la signature du dessinateur Freeman, dans le Magasin pittoresque de 1858, où il porte comme titre «Vue du palais du nabab Schuja-Uddaula, à Lucknow» (p. 212). Né en 1825 aux Andelys (Eure), Charles Chaplin fut l’élève de Drolling à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1845. Il débuta comme peintre de portraits et de paysages. A partir de 1851, il se spécialisa dans les portraits féminins et les scènes de genre, s’inspirant de la peinture du XVIIIe siècle, notamment celle de François Boucher, ce qui lui permit d’acquérir une réputation de peintre intimiste de la femme. Apprécié par l’impératrice Eugénie, il reçut d’importantes commandes officielles, en particulier pour le décor des palais de l’Elysée et des Tuileries, ainsi que de l’Opéra Garnier. Il exposa au Salon de 1845 à 1868. D’origine britannique par son père, il fut naturalisé français en 1886 et mourut en 1891 à Paris. Ses œuvres sont conservées dans les musées de Bayeux, Bordeaux, Bayonne, Bourges, Londres, Mulhouse, Reims et Saintes. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, édit. 1999, t. III, pp. 479-480. – Bellier de La Chavignerie et Auvray, Dictionnaire général des artistes de l’Ecole française, t. I, 1882, pp. 226-227 et Supplément, p. 133.

800.00 €