Référence :LBW-6676

[MONT-BLANC] Carte physique et minéralogique des montagnes et vallées qui avoisinent le Mont-Blanc.

RAYMOND (Jean-Baptiste).

[1815]. 572 x 823 mm.

Très rare carte murale du massif du Mont-Blanc, levée et dessinée entre 1797 et 1799 par Jean-Baptiste Raymond, ingénieur géographe du Dépôt Général de la Guerre. Elle a été créée en complément à la carte du Mont-Blanc de Saussure, et d'après des levés directs sur le terrain. C'est l'une des premières cartes appliquant les paramètres recommandés par la Commission topographique de 1802, qui comptait parmi ses membres l'un des meilleurs cartographes de son époque, Louis Bacler d'Albe. Cette commission, chargée d'uniformiser les procédés et le langage de la topographie, recommandait notamment l'utilisation d'instruments de mesure plus justes, une projection de Flamsteed modifiée ou projection de Bonne (d'après Rigobert Bonne), un système métrique (mais avec une échelle en mètres et en toises), et l'utilisation de signes conventionnels. On peut considérer qu'il s'agit de la première carte du Mont-Blanc à vocation touristique, car comme le dit l'auteur dans l'avertissement, cette carte peut également être utile aux voyageurs qui vont visiter les Glaciers de Chamoni. Elle est ornée en haut à droite d'une vignette montrant un paysage de montagne avec la chaîne du Mont-Blanc. C'est aussi la première fois que l'on voit indiquée du côté français la frontière entre le Faucigny et le Val d'Aoste, c'est-à-dire entre la France et le Piémont. Cette frontière se réfère au traité de Paris de 1796, selon lequel, après la victorieuse première campagne d'Italie de Napoléon, le Piémont cédait à la France, par l'armistice de Cherasco, la Savoie et Nice. Cette frontière politique plaça le Mont-Blanc en territoire français. C'est de cette époque que date le contentieux entre la France et l'Italie à propos de l'appartenance du sommet du mont Blanc. Les signes conventionnels de cette carte physique et minéralogique permettent d'identifier les chemins praticables en voiture, à cheval ou à mulet, les roches granitiques, calcaires, schisteuses et gypseuses, les eaux minérales, ainsi que les mines d'argent, de cuivre, de plomb, de manganèse, de bismuth et de charbon. Aliprandi a identifié deux états ou éditions de cette carte. Sur l'une, correspondant à notre exemplaire, le Mont-Blanc est nommé et écrit en toutes lettres. Sur l'autre, publiée par Charles Picquet et dédiée au comte Nicolas-Joseph Maison, gouverneur de Paris, le sommet est identifié par la lettre A ; le titre est légèrement différent (Carte physique et minéralogique du Mont-Blanc et des montagnes et vallées qui l'avoisinent), et la présentation des signes conventionnels n'est pas la même. Elle porte également trois toponymes qui ne figurent pas sur notre édition : Partie de la Savoie, Partie du Vallais, et Vallée d'Aoste. Ingénieur géographe militaire, Jean-Baptiste Raymond participa au levé topographique de la Savoie pour le compte du Dépôt de la Guerre de 1795 à 1804. Il est également l'auteur de l'une des premières cartes imprimées du département du Mont-Blanc, publiée en 1793, et d'une grande carte topographique militaire des Alpes publiée en 1820, celle-ci étant considérée comme une œuvre importante pour la cartographine alpine au XIXe siècle. Des deux éditions de cette carte, la nôtre est la plus rare des deux. Nous n'en avons pas trouvé de trace dans les collections publiques, ni même d'ouvrages la mentionnant, contrairement à l'autre édition. Bel exemplaire. Quelques rousseurs et déchirures affectant uniquement les marges. Aliprandi, I, pp. 228-230 ; Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 1815, p. 355, 739 (autre édition).

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