Référence :LBW-5288

Mémoire au sujet de quelques nègres qui ont été enlevés à l'Isle Guadeloupe, et transportés à l'Isle espagnole de Portoric. Manuscrit.

octobre 1751 In-folio (31,3 x 20,8 cm) de (3) pp.; traces de plis.

Réclamation pour des esclaves enlevés à la Guadeloupe. "La nuit du 3 au 4 juillet 1750, un mulâtre espagnol de Portoric [Porto Rico] qui s'étoit établi depuis quelque temps à la Guadeloupe, enleva une pirogue avec 16 ou 18 nègres, dont il y en avait 10 d'une habitation appartenant au Mis de Senectere chevalier des ordres du Roy et lieutenant général des armées de Sa Majesté. Plusieurs mois s'écoulèrent avant qu'on fut informé du lieu où ces nègres s'étoient réfugiés…" (p. 1). Le gouverneur de la Guadeloupe envoie alors un officier à Porto Rico pour tenter de récupérer les esclaves : "Arrivé au Port St Jean, le Cher du Boüettier écrivit à Dom Augustin de Paresa [Agustin de Parejas] gouverneur de cette isle une première lettre le 4 avril 1751 pour que les nègres lui fussent remis, et lui envoya les titres justificatifs de la propriété de ceux qui les réclamoient. Il y joignit mesme des certificats de leur catholicité, sur ce qu'on avoit appris à la Guadeloupe, que pour se dispenser de les rendre, on prétendoit à Portoric qu'ils n'avoient pas été baptisés…" (pp. 1-2). Devant le refus du gouverneur espagnol, l'officier écrit une deuxième lettre, qui reste également sans suite. "Le Cher du Boüettier a rapporté que l'évêque, les principaux officiers et les gens considérables de Portoric furent étonnés du refus du gouverneur, et qu'on l'attribuoit à l'envie qu'avoient quelques particuliers de garder les nègres qu'ils avoient pris…" (p. 2). Dans ces circonstances, une demande officielle doit être adressée par le roi de France auprès du roi d'Espagne, afin que ce dernier donne des ordres pour restituer les esclaves. Le marquis de Senectère, mentionné dans le manuscrit, est Jean Charles de Senectère, ou Saint-Nectaire (1685-1771). Issu d'une des plus anciennes familles de la noblesse d'Auvergne, il fit une carrière militaire et devint maréchal de France en 1757. Par son mariage, il avait acquis une propriété à la Guadeloupe qui fut érigée en marquisat en 1738, sous la dénomination de marquisat de Brinon. Il possédait aussi deux habitations dans la montagne Saint-Martin et dans la montagne Saint-Denis, ainsi que diverses terres (sources : Archives nationales d'outre-mer. - Généalogie et histoire de la Caraïbe, p. 4282). Intéressant document, en bon état de conservation.

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