Référence :LBW-4243

Voyage aux Antilles. Lettres intimes.

VERHOOST (Edgar).

Bruxelles, vers 1900. Manuscrit. 3 volumes in-8 (21 x 13,8 cm); percaline brune, pièces de titre et de tomaison de basane brune, titre doré sur le plat supérieur, tranches rouges (reliure de l'époque).

1) 601 pp., 2 cartes h.t. imprimées et coloriées, 1 plan manuscrit h.t., 5 photographies volantes. - 2) 547 pp., 3 cartes h.t. imprimées, coloriées et entoilées, 8 photographies montées sur des feuillets paginés 577 à 591. - 3) 524 pp., 1 plan manuscrit h.t., colorié et entoilé, 7 photographies montées sur des feuillets paginés 547 à 552. Relation d'un voyage aux Antilles effectué par un ingénieur belge en 1888-1889. Le premier volume couvre la période du 4 octobre au 24 novembre 1888; il se rapporte à la traversée et au premier séjour à la Martinique. Le second, qui s'étend du 25 novembre 1888 au 5 janvier 1889, relate les voyages à Sainte-Lucie, la Barbade, Tobago, Trinidad, le retour à la Martinique, la Guadeloupe, à nouveau la Martinique, puis Antigua et les îles Vierges (Saint-Thomas). Le troisième, du 6 janvier au 1er mars 1889, se rapporte à Porto-Rico, Cuba (La Havane), à nouveau Saint-Thomas et la Martinique, puis la traversée jusqu'au Havre. Rédigé sous forme de lettres adressées à sa femme, le manuscrit, très dense, est d'une présentation soignée et le texte d'une écriture régulière. Les années ne sont pas indiquées mais certains faits relatés permettent de situer le voyage en 1888-1889; la rédaction a été faite ultérieurement, une note faisant allusion à l'éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en mai 1902 (t. 1, p. 247). L'illustration comprend 5 cartes imprimées et coloriées (routes maritimes, mer des Caraïbes, Martinique, Guadeloupe, Trinidad), 2 plans manuscrits (Saint-Pierre de la Martinique, La Havane) et 20 photographies non signées, mais réalisées par l'auteur. Les photographies du premier volume, non montées, ne comportent pas de légende; certaines semblent toutefois se rapporter à Saint-Pierre de la Martinique : grande rue du Mouillage (à rapprocher d'une vue similaire figurant dans l'Album martiniquais de Hartmann), port, théâtre; deux autres clichés montrent une large avenue bordée d'arbres et une jeune femme posant devant un décor exotique. Celles du second volume contiennent 4 vues de Port of Spain (Trinidad) : Brunswick square (palais du gouverneur, cathédrale), procession de coolies (fête religieuse du Moharrum), ravine cacaoyère, forêt de bambous, plus 4 vues de Saint-Thomas (îles Vierges) : maisons, temple luthérien, savane à l'extrémité de la ville, entrée triomphale du prince héritier de Danemark. Les 7 photographies du dernier volume ont été prises à La Havane (Cuba) : fort d'El Morro, Alameda de Paulo, Paradero de Villanueva, Castillo de la Chorrera, statue d'Isabelle II au Parc central, Alameda de Isabel la Catolica, monument de l'Indienne. Le voyageur ne donne pas de précisions sur l'objectif de son voyage; il indique seulement que "des affaires importantes" ont motivé son départ (t. 1, p. 10). Parti de Bruxelles, il arrive à Paris le 4 octobre 1888, prend le train pour Nantes, puis Saint-Nazaire où il embarque le 6 sur la Ville de Saint-Nazaire. Son journal maritime contient un grand nombre de détails sur la traversée : contacts avec les passagers, distractions à bord, caractéristiques du navire, conditions météorologiques, etc. L'arrivée à Saint-Pierre (Martinique) a lieu le 21 octobre : Verhoost visite la ville, le jardin des plantes ainsi que les environs, en particulier l'habitation Périnelle située sur les contreforts de la Montagne Pelée (pp. 279-282). Il est aussi reçu dans un club très fermé, réservé aux principaux habitants et négociants de la colonie. Son récit donne des détails sur certains événements comme le raz-de-marée du 4 septembre. Il contient aussi la liste des photographies faites à Saint-Pierre (pp. 427-432). En novembre, il se rend Fort-de-France puis à La Rivière-Salée où il visite l'exploitation du célèbre agriculteur, industriel et propriétaire terrien Octave Hayot (1843-1892), à l'origine de l'industrialisation de la production de sucre dans l'île. A cette occasion, Hayot lui remet un exemplaire de son livre intitulé "Matériaux pour l'histoire de la Martinique agricole"; une note indique qu'il mourut quatre ans plus tard (p. 556). Verhoost établit ensuite une liste de photographies prises à Fort-de-France (pp. 585-588) et prépare la suite de son voyage vers les Antilles anglaises. Le 25 novembre 1888, il est à Sainte-Lucie et visite Castries, divisée en une partie européenne et une partie indigène dont il remarque l'extrême pauvreté. Le lendemain, il arrive en rade de Bridgetown, à La Barbade; il visite la ville et décrit les costumes des habitants. Après un bref passage à Tobago, il arrive à Trinidad le 29 où il visite Port d'Espagne (Port of Spain), San Fernando puis Arima. Muni d'une lettre de recommandation établie par un colon de la Martinique le présentant comme "ingénieur belge en mission aux Antilles" (t. 2, p. 122), il se rend chez un Français établi à Trinidad, M. de Verneuil, qui lui fait visiter la région. Le voyageur décrit la faune, les oiseaux, les serpents, la flore, les fruits, l'arbre à pain, etc., puis il donne une liste de photographies prises à Sainte-Lucie, La Barbade et Trinidad (pp. 154-159). De retour à la Martinique le 9 décembre, il part le lendemain pour la Guadeloupe et arrive à Pointe-à-Pitre le 11. Il décrit la ville, dont il remarque la malpropreté et l'insalubrité, puis il visite le musée Schoelcher et le musée d'histoire naturelle. Il évoque aussi les habitants, leurs costumes ainsi que les ressources agricoles de l'île. Le 18, il se rend à la Basse-Terre et relate, le lendemain, une ascension au sommet de la Soufrière (pp. 321-336). Il revient ensuite à la Martinique, qu'il quitte le 31 décembre. Le 1er janvier 1889, il arrive en rade de St John of Antigua. Le 3, il débarque à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, situées à l'est de Porto-Rico et qui appartenaient à l'époque au Danemark. Reçu par les Pères Rédemptoristes, il signale la présence d'une colonie flamande, puis établit une nouvelle liste de photographies qu'il envoie à sa femme (pp. 532-534). Il quitte Saint-Thomas le 5 janvier. A Porto-Rico, où il arrive le 7 janvier, il effectue une course rapide à travers la ville puis reprend la mer pour débarquer le 10 à La Havane où il reste jusqu'au 22 janvier. Il visite la ville : maisons, monuments, établissements publics, cafés, théâtres…, décrit l'animation dans les rues et assiste à un combat de taureaux. Il se rend à Matanzas, visite les grottes de Bellamare et autres curiosités de l'île. De retour à La Havane, il visite les régions de l'ouest en traversant d'immenses champs de canne à sucre, de maïs, d'igname et de tabac. Il constate que l'esclavage est toujours en vigueur à Cuba, alors qu'il a été aboli à Porto-Rico, et s'étend longuement sur ce problème (t. 3, pp. 157-163). Le 20 janvier, il établit une cinquième et dernière liste de photographies (pp. 238-240). Le 26, il est de retour à Saint-Thomas, puis à Saint-Pierre (Martinique) le 6 février; le 10, il monte à bord du Lafayette qui arrive au Havre le 1er mars 1889. La fin du manuscrit contient le journal de bord du voyage de retour. Par la suite, l'auteur effectua un voyage en Norvège en mai-juin 1905 (publié sous le titre Quatre semaines en Norvège, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1910, in-8), puis un voyage en Orient de décembre 1905 à février 1906 (resté inédit). Il était peut-être apparenté à la maison Verhoost Frères de Courtrai, spécialisée dans la fabrication de toiles et qui participa à l'Exposition universelle de Liège en 1905. Manuscrit inédit, très riche en observations sur les pays visités.

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