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MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MARTINIQUE.

Mémoire sur l’Isle de la Martinique. Manuscrit.

Fin XVIIIe. In-folio (35 x 23 cm) de (7) pp. sur deux feuilles doubles.

Etude sur la défense de Fort-Royal. L’auteur, resté anonyme, souligne l’intérêt de conserver la Martinique, convoitée par les Anglais. Si ces derniers s’en emparaient, ils deviendraient maîtres de tous les ports des îles du Vent ainsi que du commerce de ces îles. Selon lui, la défense de la Martinique repose sur la citadelle de Fort-Royal, qui constitue la pièce maîtresse de toute la défense de la colonie. En revanche, la ville de Fort-Royal, construite sur un ancien marais, serait difficile à défendre en cas d’attaque; c’est pourquoi il propose de la reconstruiresur la pointe nommée la Carrière, située à droite en entrant dans le port: «Ce port auroit alors la citadelle d’un côté et la ville de l’autre. Cette ville se trouveroit bornée sous le vent par le port et au vent par la rivière Monsieur qui est navigable plus de six cens pas pour les canots et pour les chaloupes, ce qui donneroit de très grandes facilités pour le commerce aux négocians dont les magasins pourroient être établis de l’un et de l’autre côté de la ville…» (p. 2). «Le lieu qu’on propose n’est couvert par aucune montagne; il jouït d’un air très pur, et d’une veüe très étendüe […]. Cette ville ne seroit plus exposée à l’ennemi, surtout si dans le bout de la pointe on établissoit un bon rempart avec des batteries suffisantes dont le feu se croiseroit de très près avec celuy de la citadelle. Ces deux places se protégeroient également avec d’autant plus d’avantage pour la citadelle qu’il ne seroit pas possible à l’ennemy d’empêcher sa communication avec la ville…» (pp. 2-3). Une fois la nouvelle ville construite, il conviendrait de démolir l’ancienne et d’y installer un étang qui occuperait toute la plaine depuis le bord de la mer jusqu’aux montagnes. Cet étang pourrait être formé en barrant le lit de la rivière par une forte digue, d’où on tirerait une levée qui irait jusqu’à la citadelle, en prenant soin de laisser une place d’armes entre la porte de la citadelle et la levée. L’auteur préconise ensuite d’établir un camp retranché sur le morne Garnier, situé dans les hauteurs de la ville: «S’il est vrai, comme on en convient, qu’on ne puisse pas songer aujourd’hui au transport de la ville et à l’établissement de l’étang qui sont des ouvrages de longue haleine, il n’en est pas ainsi des fortifications nécessaires à la défense du morne Garnier; car c’est de la conservation de ce poste que dépend celle de la citadelle. Tant que nous serons maîtres de ce morne, il sera bien difficile à l’ennemi d’attaquer cette place avec succès…» (p. 4). Suivent quelques hypothèses sur la conduite de l’ennemi dans le cas d’une attaque contre la Martinique (attaque du morne Tartanson, descente à la Case Navire, entrée des vaisseaux dans le Cul de Sac, attaque du morne des Capucins, etc.). L’auteur conclut: «La conséquence qu’on doit tirer de toutes ces réflexions, c’est que dans l’état actuel des choses, il n’est rien de plus nécessaire pour le salut de la citadelle d’où dépend celuy de l’isle, que de fortifier le morne Garnier de façon à le rendre, s’il se peut, imprenable…» (p. 7). Ce manuscrit ne semble pas avoir été publié. Légère mouillure à un angle, où l’encre a pâli, mais le passage concerné est resté lisible.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MINISTERE de la MARINE et des COLONIES.

Commission instituée, par décision royale du 26 mai 1840, pour l'examen des questions relatives à l'esclavage et à la constitution politique des colonies. Rapport fait au ministre secrétaire d'État de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1843. In-4 de xvi-438 pp. ; cartonnage brun à la bradel, pièce de titre de maroquin brun, tranches jaspées (reliure moderne).

Cette commission était composée notamment du duc de Broglie, du comte de Saint Cricq, du marquis d’Audiffret, du comte de Sade, de Passy, de Tocqueville ou encore du Baron de Mackau. Parmi les questions posées, on trouve l’abolition de l’esclavage envisagée par ses rapports avec l’ordre public, avec l’intérêt réel de la population esclave, avec l’intérêt des colons, avec le maintien du système colonial et des projets de lois concernant l'émancipation générale et simultanée, l'émancipation partielle et progressive et des pièces justificatives. Les membres les plus influents de cette commission, dont Tracy, Tocqueville et Hippolyte Passy, étaient partisans de mesures transitoires contrairement aux solutions radicales de Schoelcher qui menait à la même époque une campagne ardente contre l’esclavage. Il faudra attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit proclamée l’abolition immédiate dans toutes les colonies et possessions françaises. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5734. — Sabin, 67930.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

De la danse.

Parme, Bodoni, 1803. Petit in-4 (6 x 11,5 cm) de (4) ff., 61 pp.; cartonnage de papier marbré, dos lisse avec étiquette de titre imprimée, non rogné (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, par Bodoni, d'un très rare petit ouvrage publié pour la première fois en 1797, soi-disant, à 12 exemplaires. L'auteur était un colon créole de La Martinique devenu député à l'Assemblée Constituante en 1789. Défenseur de la cause coloniale, il s'opposa à l'abolition de l'esclavage, et s'exila en Amérique. En 1798, protégé par Talleyrand, il revint en France et fut nommé, en 1801, administrateur général des états de Parme. Son ouvrage est un éloge de la danse telle qu'elle se pratiquait dans les colonies françaises des Antilles. Il y décrit avec précision les types de danses des créoles, des affranchis et plus particulièrement des esclave,s avec les chœurs de chanteurs et de chanteuses qui se répondent, les tambours et les guitares. Il est le premier à donner une description des danses vaudous. Bel exemplaire. Ex-libris gravé de la bibliothèque de Mme de Barante, probablement Marie-Césarine-Joséphine Houdetot (1794-1877), native de l'île Maurice, qui épousa, en 1811, l'historien Prosper Brugière de Barante (1782-1866). Cioranescu, XVIIIe siècle, 47253 (édition de 1801). — Max Bissainthe, 7022 (édition de 1801).

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MORGAN (Jacques de).

Mission scientifique au Caucase, études archéologiques & historique.

Paris, Ernest Leroux, 1889. 2 volumes in-4 de (2) ff., iij-(1 bl.)-231 pp. — (2) ff., iv-305-(1 bl.)-(1) pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première édition, illustrée de plus de 250 figures dans le texte, et de 23 planches dont 14 cartes en couleurs (et 4 sur double page). Compte rendu d'une mission archéologique pour le compte du Ministère de l'Instruction Publique. Le premier volume, sous-titré Les premiers âges des métaux dans l'Arménie russe détaille les découvertes archéologiques de l'auteur, et le second, Recherches sur les origines des peuples du Caucase, est une synthèse sur l'origine des populations à la lumière des découvertes faites lors des fouilles. C'est la première mission scientifique de l'auteur qui effectua par la suite des fouilles en Égypte et en Perse. Bel exemplaire. Inconnu de Hage-Chahine. — Wilson, 149.

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NELSON (William Stuart).

La race noire dans la démocratie américaine.

Paris, groupe d'études en vue du rapprochement internatioanl, 1922. In-16 de x-85-(1) pp.; broché, couverture gris-vert imprimée.

Première, et probablement seule édition, illustrée de 2 cartes dans le texte. L'auteur nacquit dans le Kentuky en 1895. Après avoir servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, il étudia à Paris et à Berlin avant d'être diplômé de l'Université de Yale, et d'enseigner la théologie à l'Université Howard. En 1931, il devint le premier président afro-américain de l'Université Shaw. Il fit plusieurs voyages en Inde où il rencontra Gandhi et, à son contact, devint un apôtre de la non violence. Il fut également l'ami de Martin Luther King. Dans cette brochure, écrite en français, et qui ne semble pas avoir été traduite en anglais, il dresse un tableau de la situation des afro-américain aux états-Unis et conclut qu'il faut "transformer la situation lamentable dans laquelle se trouvent les noirs américains vis-à-vis des blancs". Bon exemplaire.

NÉGRIER (général Oscar de).

Lessons of the Russo-Japanese war.

London, Hugh Rees, 1906. In-8 de 88 pp.; percaline rouge, dos lisse avec le titre en long, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit du français en anglais par E. Louis Spiers, et illustré d'une carte dépliante en couleurs. La guerre Russo-Japonaise de 1904-1905 fut la première défaite d'une puissance européenne face au Japo. Ce fut également la préfiguration des guerres du XXe siècle, meurtrières et technologiques. L'auteur fit sa carrière dans la légion étrangère. Il servit en Algérie et participa au corps expéditionnaire du Tonkin en 1884. Bon exemplaire. Dos légèrement passé.

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

OUTMANS (G. A.).

Esquise des abus de la jurisprudence en matière de prises.

Paris, imprimerie de Porthmann, vers 1797. In-8 de 35 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Signée par un "capitaine de navire neutre", cette brochure demande au Directoire la révision des lois sur les jugements des prises par les navires français qu'il considére comme abusives. "Comment n'être pas convaincu qu'il y a un vice d'organisation intolérable, là où il arrive que sur 300 navires neutres, arrêtés et conduits dans les ports de France, pas un seul, en dernière analyse, n'échappe à la confiscation ?" (page 3). Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Polak.

OUTREMAN (Pierre d').

La vie du vénérable Pierre L'Hermite. Auteur de la première croisade & conqueste de Jerusalem. Père & fondateur de l'abbaye de Neuf-Moustier.

Valenciennes, Jan Veruliet, 1632. Petit in-12 de (4) ff., 153-(1 bl.)-66-(2 bl.)-(16) pp.; maroquin rouge, dos à nerfs orné, filets à froid encadrant les plats, encadrement intérieur, tranches marbrées sous or (reliure de la fin du XIXe siècle de L. Claessens).

Première édition, peu commune, illustrée d'un portrait de Pierre L'Ermite gravé par Théodore Galle, de quelques figures gravées sur bois dans le texte, et de 3 pages non chiffrées avec la généalogie et postérité de Pierre L'Hermite. En 1095, le pape Urbain II lança un appel pour aider les Chrétiens de Palestine qu'il pensait menacés après la prise de Jérusalem par les Turcs en 1078. Pierre L'Ermite sillona une partie de la France puis de l'Allemagne en prêchant la croisade. Plusieurs milliers de pélerins le suivirent jusqu'à Jérusalem où l'on perdit sa trace en 1099. Le récit de sa vie est suivit d'un Brief recueil des croisades et entreprises générales des Cherstiens pour la délivrance de la Terre Saincte. Très bel exemplaire dans une reliure signée en maroquin rouge. Brunet, IV, 262. — Hage Chahine, 3511. — Sommervogel, VI, 37.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.

PAGUENAUD (Jean Louis).

Guerrier Dankali. Côte orientale d'Afrique.

Vers 1940. Deux dessins originaux sur papier (320 x 235 mm), signés et légendés.

Représentation de deux guerriers Dankali, tribu originaire de Djibouti. Les deux dessins sont signés de Jean-Louis Paguenaud (1876-1952). Nommé peintre officiel de la marine en 1922, il voyagea en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, en Asie et en Afrique. Chaque dessin comporte un envoi du dessinateur daté de 1943. Quelques piqûres affectent les dessins.

PARIS (Louis-Philippe-Albert d'Orléans, comte de).

Histoire de la guerre civile en Amérique.

Paris, Calmann Levy, 1884-1890. 7 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-598 pp. — (2) ff., 569 pp. — (2) ff., 691-(1) pp. — (2) ff., 732 pp. — (2) ff., 761-(1 bl.)-(1) pp. — (2) ff., 779 pp. — (2) ff., 790-(1) pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu marine, dos à nerfs orné, non rognés, couvertures de livraisons conservées pour l'atlas (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Ouvrage accompagné d'un atlas de 30 cartes en couleurs sur 19 feuillets à double page. Petit-fils ainé du roi Louis-Philippe, le comte de Paris participa à la guerre de Sécession, dans le camp nordiste, en tant qu'aide de camp du général McClellan. Il en ramenna cette Histoire de la guerre civile dans lequel il retrace les développements de la crise américaine et fait le récit circonstancié des opérations, avec notamment un grand nombre de détails sur l'évolution de la tactique et l'emploi des armes nouvelles. Le texte ne se poursuit pas au delà de 1863 mais est malgré tout considéré comme un document de référence et fut traduit en anglais. Bel exemplaire. Ex-libris gravé armorié du vicomte de Noailles dans les volumes de texte. Tranches piquées, rousseurs dans les marges des tomes 6 et 7, plus rarement dans les autres volumes. Phillips, 1352.

PARIS (Léon).

Souvenir de la Bellone. 1870-71-72.

Paris, vers 1875. In-4, demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ensemble de 41 eaux-fortes signées dans la planche et légendées, regroupées en 3 suites. Elles illustrent le voyage sur l'Atlantique du navire la Bellone depuis le Sénégal, Gorée, le Gabon jusqu'en Uruguay (avec des scènes de genre, des vues et des personnages), et la vie d'un marin à bord d'un vaisseau. Ces planches sont l'œuvre du lieutenant de vaisseau Léon Paris, dessinateur et aquafortiste, et fils du vice-amiral François-Edmond Paris qui participa notamment aux expéditions de Dumont d'Urville et de Laplace. Bon exemplaire. Polak, 7347 (pour la suite sur la vie des marins).demi-chagrin vert, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

PAUL (G.).

Affaire d'Haïti.

Paris, Renard, 1836. In-8 de (1) f., 43 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

En 1825, le gouvernement français reconnut l'indépendance de Saint-Domingue, et le gouvernement d'Haïti s'engagea à verser une indemnisation aux colons expulsés de leurs terres. L'auteur dénonce la mauvaise volonté de l'état d'Haïti dans ce domaine, refait tout l'historique des relation avec l'île sur ce sujet depuis 1825, et invite le gouvernement français à faire pression pour qu'il paye sa dette. Bel exemplaire. Manque à Sabin.

PAYNE (James Bertrand).

L'Angleterre, la Russie et la Perse, esquisse historique, politique, et prophétique, formant le résumé de trois lettres adressées au "Globe" (journal quotidien de Londres).

Londres, imprimé pour circulation privée, 1872. In-4 de (4) ff., 35 pp.; percaline verte à la bradel, dos muet, titre et auteur en lettres dorées sur le premier plat, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale dédiée au Schah de Perse. Texte en anglais en regard. Essai tiré à petit nombre d'une analyse de la diplomatie anglaise vis à vis de la Perse d'une part, et des relations entre la Russie et la Perse d'autre part. L'auteur cherche à montrer qu'une alliance avec la Perse serait bénéfique pour le commerce et permettrait de tenir la Russie à bonne distance des possessions britanniques en Inde, soupçonnant cette dernière de les convoiter. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à Amédée de Roubin "officier d'instruction de l'académie". Signature autographe sur la page de garde : Ch. de Foucauld. Il pourrait s'agir du célèbre explorateur et géographe français. Wilson, 168.

PECHEUX (Laurent). — MANZONI (Seeman).

Costumes orientaux inédits.

Paris, 1813. Gravures originales (environ 27 x 18 cm).

Ensemble de 14 planches gravées et finement coloriées par Gatine d'après les dessins de Laurent Pécheux et Seeman Manzoni. Issues de la suite très rare intitulée Costumes orientaux inédits comprenant 25 planches, elles représentent divers costumes turcs : - Membre de la légation Persane à Paris, en 1809. - Barbaresque, capitaine de vaisseau. - Marin turc. - Tartare, courrier de la Porte Ottomane. - Offcier de gendarmes de campagne. - Soldat d'infanterie turque, exercé à l'européenne. - Artilleur turc. - Porte drapeau d'un coprs de milice asiatique. - Sultane. - Femme turque de Cosntantinople, dans la rue. - Porteur d'eau de Constantinople. - Femme de Sinope, chez elle. Bon état de conservation. Atabey, 762. — Colas, 2298.

PERROT (Nicolas).

Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amérique septentrionale.

Leipzig & Paris, A. Franck, 1864. In-8 de viij-341-(1)-xlij pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Petit).

Première édition, publiée et annotée par le père Jules Tailhan. Ouvrage faisant partie de la collection Bibliotheca Americana, collection d'ouvrages rares ou inédits sur l'Amérique. Son auteur, Nicolas Perrot, fut coureur des bois, puis interprète, et fréquenta, de 1665 à 1699, la région des grands lacs. Son mémoire, destiné à l'indendant du Canada, ne devait pas être publié (néanmoins, le père Charlevoix put le consulter pour son ouvrage sur la Nouvelle France). Il y décrit les mœurs des Amérindiens qu'il avait cotoyé, et plus particulièrement les Outaouais. Le prospectus de la collection, de 4 feuillets, est relié entre le faux-titre et le titre, les pages xli à xlii, correspondant à la table, sont reliées en début de volume, avant la préface. Bon exemplaire. Quelques piqûres dans les marges et sur les tranches. Sabin, 61022.

PETIT (Edouard).

En Océanie.

Paris, Charles Bayle, 1888. In-16 de 223-(1) pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, illustrée de 4 figures par A. de Bar et G. de Mare. Originaire de Saint-Denis de la Réunion, l'auteur fut nommé commissaire adjoint de la marine en 1880 et fut affecté en Polynésie. Durant trois années, il navigua dan sle Pacifique, dont il tira ce petit ouvrage fait de récits de rencontres et d'anecdotes de voyage. Il visita successivement les îles de la Société, les Gambiers, les Tubai, Tahiti, les Marquises, Tuamotu, Wallis, Samoa et Tonga, et les îles Fidji. Bon exemplaire. Numa Broc, Océanie, p.313. — O'Reilly, Tahiti, 1344.

PEYRÉ (Aimé).

Civilisation de l'Afrique centrale, ou appel à la formation d'une société dont le but serait de substituer l'influence française à l'influence maure dans les contrées situées au nord de l'équateur.

Paris, Delaunay, 1832. In-8 de 70 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition, rare. L'auteur montre que la colonisation de l'Afrique équatoriale est non seulement possible, mais également souhaitable car «la couleur et la conformation physique des nègres ne sauraient être un obstacle invincible au développement de leurs facultés morales et intellectuelles» (page 21). Bel exemplaire. Quérard, VII, 107.

PEYSSONNEL (Charles le fils, comte de).

Essai sur les troubles actuels de la Perse, et de Georgie.

Paris, Desaint & Saillant, 1754. Petit in-8 de 155-(3) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné au chiffre, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 planches dépliantes avec les généalogies des princes de Caket et de Carduel. Fils du diplomate et consul de France à Smyrne, Charles de Peyssonnel fut lui-même consul en Crimée, à La Canée puis à Smyrne. Il prit sa retraite et rentra en France en 1782 et publia plusieurs ouvrages, fruit de son expérience après plus de 35 ans passés dans l'Empire Ottoman. Bel exemplaire au chiffre de la famille Luynes et avec l'ex-libris armorié du château de Dampierre. Hage Chahine, 3674.

PIDOU de SAINT-OLON (François).

Estat présent de l'empire de Maroc.

Paris, Michel Brunet, 1694. In-12 de (8) ff., 227 pp. (mal chiffrée 187); veau moucheté, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une planche dépliante, de 8 planches de costumes et d'un plan dépliant de la ville et forteresse de Larrache (El Araïch). En 1693, Pidou de Saint-Olon fut envoyé en ambassade auprès du sultan Moulay Ismail pour y signer un traité commercial et obtenir la libération de prisonniers capturés par les corsaires barbaresques. Il débarqua à Tétouan en mai, et rencontra le sultan à Meknès en juin 1693, mais ce dernier refusa de s'impliquer dans la libération des prisonniers, déclarant que n'importe quel marchand pourrait résoudre la question. La première partie de son ouvrage contient la description de son voyage, et la seconde, le compte-rendu des audiences avec le sultan. L'ouvrage fut réemprimé en 1695 sous le titre de Relation de l'empire de Maroc. Où l'on voit la situation du pays, les mœurs, coûtumes, gouvernement, religion & politique des habitans. Bel exemplaire. Gay, 1264. — Playfair, 308. — Renou, 132.

PRADT (Dominique Dufour, baron de).

Des trois derniers mois de l'Amérique Méridionale et du Brésil.

Paris, F. Bechet, 1817. In-8 de (4) ff., 160 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition. L'auteur, qui avait déjà publié des études sur la restauration en Espagne, les colonies et l'Amérique, revient sur les évènements au Brésil, au Portugal et en Amérique du Sud où des révolutions étaient en cours au moment où il écrivit cet ouvrage. Bon exemplaire. Borba de Moraes, 688. — Sabin, 64908.

PREZIOSI (Amadéo).

Costumes ottomans.

1871. Aquarelle originale signée et montée sur carton (25 x 18,5 cm), encadrée.

Très jolie aquarelle réalisée par Preziosi, représentant différents dignitaires de l'Empire Ottoman. Peintre de genre, paysagiste et aquarelliste, Amadeo Preziosi s'installa à Constantinople en 1842. Ses nombreuses aquarelles représentant des scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle le rendirent célèbre. Il laissa deux très beaux recueils de lithographies sur la Turquie et l'Egypte : Stamboul, Souvenirs d'Orient, publié en 1858, et Souvenirs du Caire en 1862. Bon état de conservation. Quelques piqures sur le carton.

PUGNET (Jean-François-Xavier).

Essai sur la topographie de l'île de Sainte-Lucie.

Paris, Didot jeune, an XII-1804. In-4 de (1) f., 40-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre fauve (reliure moderne).

Ancien médecin de l'armée d'Egypte, Pugnet accompagna le général Jean-François-Xavier Noguès, lorsqu'il fut nommé commandant des armées de Sainte-Lucie. L'île avait été rendue aux Français en 1802 mais, en 1804, les Anglais l'envahirent de nouveau et chassèrent les Français. Ce petit essai est des premiers sur la topographie de l'île. Bel exemplaire. Monglond, VI, 759. — Sabin, 66619.

RALLIER (Louis-Antoine Esprit).

Suite des observations sur Saint-Domingue.

Paris, Baudouin, 1797. In-8 de 40 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

L'auteur était membre du Conseil des Anciens, l'une des deux chambres, avec le conseil des Cinq-Cents, du Directoire; alors que le Conseil des Cinq-Cents proposait les lois, celui des Anciens les votait. Après avoir comparé la situation des propriétés et des cultivateurs en France et à Saint-Domingue, Rallier étudia la situation des "cultivateurs nouvellement affranchis" et de leurs relations avec les propriétaires et les autorités, puis proposa une série d'articles préparatoires à une nouvelle législation. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge, rares taches brunes. Max Bissainthe, 7571. — Monglond, IV, 74. — Sabin, 67605.

RAVANEL (Jean) — LA REUNION — ILE MAURICE — MADAGASCAR.

[Un Homme des îles].

8 avril 1972 (date en dernière page). Manuscrit autographe signé. In-4 (26,8 x 20,8 cm) de 229 pp. (chiffrées 2-230, le titre manque); en feuilles, quelques ratures et corrections.

Relation d'un voyage effectué en 1970, principalement à la Réunion, à l'île Maurice et à Madagascar, avec un passage à Dakar, au Cap et aux Comores. L'écriture, régulière, est très lisible; le texte, rédigé dans un style littéraire, mais toujours agréable à lire, a été écrit au verso de pages dactylographiées ou de formulaires imprimés. Le narrateur quitte Marseille le 20 mai 1970 à bord du Pierre Loti, un paquebot des Messageries Maritimes qui effectue l'une de ses dernières traversées. Six jours plus tard, le navire arrive à Dakar : visite de la ville, du village artisanal de Soumbediounne et de la grande mosquée. Le 5 juin, le paquebot arrive au Cap, ce qui permet au voyageur de visiter le quartier de la Heerengracht, la grande avenue animée où il prend un taxi portant l'inscription "Whites only" (p. 19). D'autres passagers, Mauriciens, Anglais et surtout Afrikaners, montent à bord du Pierre Loti où leur présence donne de l'entrain, en particulier lors des soirées. L'escale suivante est Durban, autre ville d'Afrique du Sud, où il évoque la "grande ombre de l'apartheid" (p. 24). Le navire passe ensuite par Tamatave (Madagascar), qui donne l'impression d'être très étendue mais sans animation, puis les passagers se rendent à Foulpointe, à 60 km au nord de Tamatave. Après une traversée qui aura duré vingt-six jours, l'auteur arrive, le 15 juin, à la Réunion : il quitte alors le Pierre Loti, le navire devant continuer sa route vers Maurice, puis rentrer en France. Attendu par "un ami de toujours", Ravanel visite longuement l'île dont il donne une description accompagnée de nombreuses considérations historiques (pp. 47-106). L'occasion lui est donnée de visiter une ancienne demeure coloniale dans les environs de Saint-Pierre, ce qui l'amène à évoquer la Compagnie des Indes et l'esclavage (pp. 52-56). Il décrit ensuite les localités les plus pittoresques de l'île : Saint-Gilles, Manapany, la rivière Saint-Etienne, le cirque de Cilaos et son paysage grandiose, le village de Palmiste Rouge où les femmes se livrent à des travaux de broderie; il s'étend sur les Ilets, petites bourgades situées dans des endroits difficiles d'accès, où les esclaves marrons venaient autrefois s'y réfugier et qui sont maintenant habités par des "Petits Blancs", descendants des premiers colons (pp. 64-66). Ravanel donne une description de Saint-Denis, le chef-lieu administratif depuis 1738 : rues à angles droits, cathédrale, hôtel de ville, musée Léon-Dierx, jardin botanique, muséum d'histoire naturelle…, et aborde la question de l'influence de l'homme sur la faune et la flore (disparition du Dronte). Il évoque ensuite le commerce des tissus et des étoffes, aux mains des Hindous musulmans, puis les hôtels et les restaurants tenus par les Chinois, avant de passer à Saint-Pierre, ville de la côte sud, où flottent encore "quelques effluves de l'époque coloniale". Puis il est question de la variété des races et des métissages, de l'évangélisation et de l'accroissement de la population (pp. 77-80). L'auteur termine par une description d'autres sites qu'il visita : le Grand Brûlé, le Piton de la Fournaise, la Plaine des Cafres, le Piton des Neiges, Hellbourg et enfin Mare à Poules d'eau, avec sa végétation tellement exubérante qu'on "s'y glisse sous des voûtes de sous-bois, dans une pénombre tiède" (p. 104). La partie suivante (pp. 107-157) est consacrée à l'île Maurice. Le voyageur habite alors une pension de famille située à Blue Lagoon, près de Mahébourg. Son récit contient d'abord un historique de Maurice : occupée par les Hollandais, puis par les Français de 1715 à 1810, l'île fut cédée à la Grande-Bretagne en 1814; celle-ci développa rapidement l'économie du pays, tout en maintenant la langue française, la religion catholique, ainsi que les lois et coutumes. Enfin, l'île accéda à l'indépendance en 1968 (p. 117). A Mahébourg, Ravanel visite le Musée historique qui contient quelques souvenirs de Robert Surcouf; puis il effectue plusieurs excursions : cap Malheureux, baie du Tombeau, cascades de Chamarel, Grand Bassin, etc., en remarquant que les routes sont généralement excellentes et bien entretenues. Il se rend à Curepipe, la seconde ville de l'île, à 580 m d'altitude, où l'hôtel de ville, avec son architecture coloniale, "a l'air d'un fantôme de l'ancienne Ile de France" (p. 130). A Port-Louis, il fait la remarque suivante : "Dans cette ville commerçante s'agite surtout une population de couleur. Toutes les nationalités s'y mêlent, toutes les religions, toutes les conditions […]. Sous les légers balcons de bois qui courent le long des façades, s'entassent les boutiques grandes comme des échoppes, sombres, encombrées, où le marchand a l'air de tisser sa toile. Les Hindous s'affairent. La mosquée Jummah entrouvre de grandes portes ouvragées sur l'onbre d'un patio. Le vendredi, à l'heure de la prière, les fidèles s'y précipitent entre deux haies avides de vieillards, de mendiants et de stropiats. Partout, les Chinois veillent, attentifs et souriants…" (p. 146). Ravanel visite aussi le célèbre Jardin des Pamplemousses, qui prit son éclat lorsque Pierre Poivre fut nommé intendant général, et rappelle que c'est lui qui introduisit les canneliers, les girofliers et les muscadiers aux îles de France et de Bourbon. Quittant l'île Maurice avec regrets, il regagne la Réunion et prend l'avion pour Madagascar (pp. 158-192). Il loge alors à Tananarive, avenue de l'Indépendance, où, de chaque côté, "des immeubles à deux étages alignent leur modèle unique, couleur de terre, ocre et jaune". En ville, il remarque que "tout le monde, Blancs et Noirs, circule en vêtements européens, et il faut croiser un paysan malagasy en chapeau mou, longue chemise flottant sur le pantalon, une couverture pliée sur l'épaule, pour s'apercevoir qu'on est loin de l'Occident" (p. 161). Le voyageur visite la citadelle de la Rova, ancien palais royal construit au début du XVIIe siècle, qui domine la ville à une altitude de 1245 m. Il donne une description pittoresque de la ville et de ses habitants, avant de se rendre à Antsirabé, au sud de la capitale malgache, en chemin de fer. A leur arrivée, les voyageurs sont assaillis par des conducteurs de pousse-pousse, mais le séjour dans cette ville thermale est fort agréable (p. 169). Ravanel évoque ensuite le zoma, le grand marché du vendredi à Tananarive, qui "tient à la fois des halles et du marché aux puces, de la brocante et du Village Suisse, des souks et du comice agricole" et où il achète un crocodile empaillé. Son voyage continue à Nossi Bé, dans le nord de l'île, qu'il rejoint par avion. Dans cette "île aux parfums", les bois sont odorants et "partout, les ylang-ylang répandent leurs fragrances, mêlées à celles des caféiers et des poivriers verts qui relèvent d'une pointe d'alcool ce qu'il y aurait peut-être d'un peu trop liquoreux dans ce bain parfumé…" (p. 180). De Madagascar, il se rend aux Comores (pp. 193-217) où, après une brève escale à Dzaoudzi (Mayotte), il visite Anjouan, puis la Grande Comore, donnant, à chaque fois, une description détaillée de ces îles. Cette intéressante relation a été publiée sous le titre Un Homme des îles, Paris, La Pensée Universelle, 1973, in-8, 289 pp. Le manuscrit, daté et signé "J Ravanel" sur la dernière page, est également signé, de la même main : "J Planconneau", qui semble être le nom réel de l'auteur, Ravanel étant probablement un pseudonyme utilisé lors de la parution du livre. Manuscrit bien conservé, présentant toutefois une trace de pli au centre de chaque feuillet, et une réparation page 77.

RAYNAL (Guillaume-Thomas-François).

Histoire philosophique et politique des établissemens & du commerce dans les deux Indes.

Amsterdam, 1770. 6 volumes in-8 de (1) f., 384-(4) pp. — (1) f., 294-3 pp. — (1) f., 432-6 pp. — (1) f., 291-(1 bl.)-(2) pp. — (1) f., 294-(1) pp. — (1) f., 426-(2) pp.; maroquin rouge, dos lisses ornés, filets encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Publié l'année de la première édition. Encyclopédie sur le commerce "des Indes", à savoir l'Asie et l'Amérique, publiée par l'abbé Raynal et à laquelle participèrent de nombreux auteurs: Diderot pour la partie philosophique, le fermier général Jacques Paulze pour la partie économique, ainsi que l'abbé Martin, Jean de Pechméja, Saint-Lambert, Holbach... L'ouvrage connut un grand succès et est divisé en quatre grandes parties : les Indes orientales, l'Amérique du Sud, les Antilles (et la traite négrière), l'Amérique du Nord avec un bilan consacré à l'Europe et ses colonies. La troisième édition, publiée en 1780, fut condamnée par la censure. En effet, l'ouvrage prenait parti contre l'esclavage dont il dénoncait les atrocités. Bon exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petites mouillures au début des tomes 1 et 6. A. Feugère, "Bibliographie critique de l'abbé Raynal", 1922, 28. — Ryckebusch, 6856. — Sabin, 68080.

REY (Emmanuel-Guillaume).

Voyage dans le Haouran et au bord de la mer Morte exécuté pendant les années 1857 et 1858.

Paris, Arthus Bertrand, 1861. In-8 de (2) ff., xx-306-(1) pp.; demi-chagrin bordeaux, dos à nerfs, tranches mouchetées, première couverture conservée et restaurée (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition illustré d'un plan et de 2 cartes dépliantes, et accompagnée d'un atlas de (2) ff. et de 26 planches dont 1 double : vues des monuments de la Beqâa, du Haouran, du temple de Moussmieh, des thermes de Chobba, des sites de Kennaouat, de Bosrah et de Djérasch, ainsi que des planches de calligraphie arabe. Récit du premier voyage de l'archéologue et orientaliste Emmanuel Guillaume Rey, tout juste âgé de 20 ans. Débarqué à Beyrouth en octobre 1857 avec son compagnon de voyage, le docteur E. Delbet, il se rendit à Damas, puis dans le Haouran, avant d'arriver à Jérusalem et explorer la région de la mer Morte. L'atlas comprend des vues lithographiée par Cicéri (de Qanaouat, Bosra, Jerash, Massada), la plupart d'après des photographies de l'auteur, des plans gravés, des inscription, des cartes. La carte de la mer Morte en fin du volume de texte est la même que la planche 24 de l'atlas. Notre atlas présente deux planches 18, la première figurant dans la liste des planches et l'autre qui est la même que la seconde carte du volume de texte. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mention manuscrite sur la couverture : Hommage de l'auteur. Quelques rousseurs. Brunet, IV, 1259. — Hage Chahine, 3995. — Röhricht, 1857-8.

RICHTER (Johann Gottfried). — GEISSLER (Gottfried).

Jeux et divertissements du peuple russe. Spiele und Belustigungen der Russen aus den niedern Volks-Klassen.

Leipzig, au comptoir d'industrie, 1802-1805. In-4 de (3) ff., 32 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets avec le titre en long (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 12 planches gravées et très finement coloriées, d'après des dessins réalisés sur place par Gottfried Geissler. Elles sont accompagnées d'un texte explicatif, en allemand, de Johann Gottfried Richter, et de la traduction française au verso par P. Hacault. Le peintre et dessinateur Johann Geissler se rendit en Russie en 1790 pour y enseigner le dessin. En 1793 et 1794, il accompagna le naturaliste Peter Simon Pallas lors de sa seconde expédition scientifique en Russie du sud, et séjourna ensuite quelques années en Crimée chez le naturaliste. De retour dans sa ville natale de Leipzig, il publia plusieurs ouvrages sur la Russie illustrés des dessins qu'il avait réalisé sur place. Le texte fut écrit par Johann Gottfried Richter, lui aussi originaire de Leipzig, et qui fut, durant 16 ans, précepteur à Moscou. Dans ses commentaires, il fait preuve d'une grande connaissance des coutumes, ainsi que d'une grande tendresse envers le peuple russe. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Rares piqûres. Colas, 2554. — Monglond, VI, 1146.

ROOKE (Henri).

Voyage sur les côtes de l'Arabie heureuse, sur la Mer Rouge et en Égypte. Contenant le récit d'un combat des Anglois avec M. de Suffren, et leur expédition contre le Cap de bonne-Espérance en 1781.

Londre, et se vend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., vi-154 pp. (mal chiffrée 150); demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Louis Langlès. L'auteur prit part à l'expédition britannique placée sous le commandement du chef d'escadre George Jonstone qui avait pour but la prise de la colonie néerlandaise du Cap de Bonne-Espérance. Mais, après la bataille de Porto Praya (au large des îles du Cap Vert) qui vit la défaite des Anglais par une flotte française placée sous le commandement du bailli de Suffren, l'escadre anglaise se dirigea vers l'Arabie. Là, l'auteur, malade, quitta l'expédition et se rendit à Moka à bord d'un navire arabe, puis à Al Hudaydah et à Suez. Il poursuivit en caravanne jusqu'au Caire, remonta le Nil jusqu'à Rosette, et se rendit à Alexandrie pour s'embarquer vers l'Angleterre. Chadenat, 5452. — Gay, 116. — Hage Chahine, 4130. — Ibrahim-Hilmy, II, 181. [Relié avec:] LANGLES (Louis). Ambassades réciproques d'un roi des Indes, de la Perse &c. et d'un empereur de la Chine, traduites du persan, avec la vie de ces deux souverains & des notes tirées de différents auteurs orientaux, manuscrits & imprimés. Londres, et se rend à Paris, Royez, 1788. In-8 de (1) f., 58 pp. Récit écrit par Louis Langlès d'après celui d'Abd al Razz?k Samarqandi, ambassadeur perse à Calicutt au XVe siècle, et d'après des extraits de la collection des voyages de Melchisedech Thevenot pour l'ambassade chinoise. Boucher de La Richarderie, I, 45. Bel exemplaire.

ROUME (Philippe-Rose).

Mémoire de M. Roume, commissaire et ordonnateur de l'isle de Tabago, chargé par le Ministre de la Marine de répondre aux réclamations des hypothécaires anglois, qui réfute un mémoire adressé à l'Assemblée Nationale pour les créanciers anglois des habitans de la même isle, par MM. Tod & Francklyn, députés de ces créanciers.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de (2) ff., 202-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin fauve, non rogné (reliure moderne).

Durant la Guerre d'Indépendance des états-Unis, les Français prirent l'île de Tobago, et il fut convenu, par le traité de cession, que les lois françaises s'appliqueraient mais que les engagements antérieurs seraient soumis aux lois anglaises qui étaient alors en vigueur. De ce fait, un tribunal spécial fut créé. Mais il y eut de nombreuses contestations sur les dettes des colons contractées envers des créanciers anglais, lesquels portèrent un mémoire devant l'Assemblée Nationale. Roume, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, fut chargé de rédiger une réponse à ces réclamations. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond. — Sabin, 73468.

ROUSSILLOU (Pierre).

Opinion, sur l'affaire des colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Discours prononcé devant l'assemblée nationale, le 25 septembre 1791. L'auteur se prononce pour laisser la faculté aux assemblées coloniales de faire des lois "concernant l'état des personnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleurs & négres libres". Bon exemplaire. Ryckebusch, 7223.

RUSSIE.

Vues de Saint-Pétersbourg.

Vers 1860. Aquarelles originales (environ 30 x 10 cm), encadrées.

Ensemble de 2 vues panoramiques de Saint-Pétersbourg maginfiuement aquarellées. On trouve ainsi représenté divers monuments célèbres de la ville tels que la cathédrale Saint-Isaac, la Fontaine de l'Amirauté, le Monument à Nicolas Ier, ou encore le Palais Belosselski-Belozerski. Bel état de conservation.

SAINT-DOMINGUE.

Contrat relatif à une construction. Pièce signée Barrault de Narçay, notaire.

Port-au-Prince, 1789. In-folio (31,4 x 20,2 cm) de 3 pp., sur une feuille double.

Contrat établi entre les frères Merceron, entrepreneurs en bâtiment à Port-au-Prince, et le sieur Gouin, représentant l'habitation-sucrerie Damien. Il concerne la construction d'un batardeau (digue ou barrage provisoire) sur l'habitation, aux conditions suivantes : les pilotis seront en bois de pitchpin de 22 à 27 pieds de long, fournis par l'habitation mais choisis par l'entrepreneur; ce dernier choisira les madriers ainsi que d'autres ustensiles nécessaires aux travaux, mais les ferrures seront fournies par l'habitation, etc. Il est aussi question du personnel : "Les ouvriers Blancs seront nourris aux dépens de l'habitation et ledit sieur du fief s'oblige de donner à chacun des ouvriers Nègres deux gourdins par semaine pour leur nourriture". Pour le règlement, les frères Merceron recevront 6600 livres dans la quinzaine à partir du début des travaux, et le surplus qui sera dû sera réglé pour moitié à la fin de la présente année, l'autre moitié à fin juillet 1790. En tout, 6 conditions forment ce contrat de construction. Située dans la plaine du Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince, l'habitation Damien sera attribuée au général Rochambeau en 1802 (source : François Blancpain, La colonie française de Saint-Domingue, de l'esclavage à l'indépendance, p. 207). Intéressant manuscrit.

SAINT-DOMINGUE.

Ensemble de 10 documents manuscrits, lettres ou pièces signées.

Limonade, Saint-Louis, Port-de-Paix, Jacmel, etc., 1752-1825. Environ 15 pp. in-4 et in-folio; en feuilles. On joint deux duplicatas et un en-tête imprimé.

Cet ensemble comprend: - [HABITATION LEMAITRE]. Grande feuille de compte. [Limonade], 1752-1754, 1 p. in-folio repliée (restauration au niveau du pli central). Récapitulation des dépenses en fournitures, instruments, approvisionnements et frais divers, entre le 3 avril 1752 et le 7 mars 1754: clous, barriques de sel, outils de charpentier, houes, serpes, haches, chaudière, planches d’acajou pour le moulin, pelles de fer pour la sucrerie, droits d’octroi, frais de justice au sujet d’un esclave marron qui a été arrêté et blessé, etc. - DUCIS, procureur à Saint-Louis. Lettre autographe signée. Saint-Louis, 22 octobre 1771, 3 pp. 1⁄4 in-4. Concerne la succession d’Antoine Sigan, propriétaire à Saint-Domingue, au quartier de l’Asile, décédé le 4 octobre 1771. Il lègue son habitation, estimée à 270000 livres, à deux de ses neveux, dont l’un réside sur place, et l’autre en Languedoc. Ducis demande à son correspondant, un ami de la famille, d’entrer en contact avec le neveu resté en France et de le mettre en garde contre certaines personnes qui pourraient avoir des vues sur son héritage. - QUILHET, propriétaire d’une habitation. Lettre autographe signée à son frère, à Carcassonne. Château-Gaillard (Saint-Domingue), 24 octobre 1784, 1 p. in-4, adresse. Il annonce qu’il retournera en France en mars ou avril prochain. N’emmenant pas d’argent, il demande l’autorisation à son frère de tirer une lettre de change sur lui pour payer le passage et les autres frais. Il déclare posséder «un assez joli capital» mais ajoute: «tout ce que je fais sur l’habitation passe pour la nourriture des Nègres et les ustensiles et les réparations qu’il faut faire…». - GODARD (Antoine Nicolas). Lettre autographe signée à son frère, négociant à Lyon. Bas-Moustique, 12 avril 1786, 3 pp. in-4, adresse. Il annonce avoir vendu des marchandises à perte lors de son séjour à Philadelphie, notamment des soieries, puis il est parti pour Le Cap où il a eu beaucoup de mal à se défaire de ce qui lui restait. Les affaires ne s’améliorant pas, il a été obligé d’accepter une place de précepteur chez un habitant, puis il a obtenu un poste d’économe dans une indigoterie, l’habitation Audigé, avant de renoncer au commerce. La suite concerne les pièces à fournir pour la succession de son père, dont il a appris le décès. - FAURE (Charles), conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel. Pièce signée. Port-de-Paix, 8 avril 1786, 1 p. in-8. Certificat de vie pour Antoine Nicolas Godard, né à Lyon le 19 mars 1755. Le document est également signé par ce dernier. On joint un duplicata. - AUDIGE, propriétaire à Saint-Domingue. Lettre autographe signée à M. Godard, à Lyon. Port-de-Paix, 17 avril 1786, 2 pp. in-4. Lettre en rapport avec la succession de Godard père. Il demande aussi à son correspondant de lui acheter des toiles de Flandres très fines, et de les adresser à la maison Foucher & Duchamp, négociants au Cap. On joint un duplicata. - FORTUNAT, curé de la paroisse d’Ouanaminthe. Pièce autographe signée. Ouanaminthe, 3 mars 1790, 1 p. in-4. Extrait des registres de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Concerne l’inhumation, le 7 octobre 1789, de Françoise Sans, décédée sur son habitation à l’âge d’environ 62 ans; elle était l’épouse de François Saillier, ancien capitaine au régiment du Royal-Pologne. Le texte est suivi d’une longue apostille signée de Jacques Barthélémy Dhudicourt, conseiller du Roi, sénéchal, juge civil et criminel de la sénéchaussée du Fort Dauphin, attestant l’authenticité de la signature du curé (cachet de cire rouge aux armes de France). - LASERRE aîné, négociant à Bayonne. Lettre signée à MM. Foache et Cie, au Havre. Bayonne, 10 décembre 1791, 1 p. in-4, adresse. Il demande des nouvelles du navire l’Assemblée nationale, capitaine Corbille, armé par MM. Ruelland et Cie, du Havre, qui devait faire la traite sur la côte d’Angola et se rendre ensuite à Saint-Domingue. Il demande aussi le cours des «denrées d’Amérique» de son correspondant ainsi que des nouvelles de ce pays. - DODARD, négociant. Lettre autographe signée à Lachèvre neveu, à Rouen. Jacmel, 18 janvier 1821, 1 p. in-4, adresse (restaurations). Il annonce son arrivée à Saint-Domingue après 45 jours de traversée. Ne pouvant vendre sa «pacotille» sur place, sinon à perte, il va apporter ses marchandises à Saint-Marc, «ville située près du Port-au-Prince, & soumise au gouvernement haïtien depuis la révolution du Nord», afin d’en tirer un meilleur produit. - INGINAC (Balthasar), général de brigade, secrétaire général de la présidence d’Haïti. Lettre signée au comte de Marbois, président de la Chambre des Comptes à Paris. Port-au-Prince, 28 novembre 1825, 1 p. 1⁄4 in-folio, en-tête imprimé de la République d’Haïti, avec la devise «Liberté, Egalité». Dans cette lettre, écrite «l’an 22e de l’Indépendance», Inginac demande à l’ancien intendant de Saint-Domingue de bien vouloir lui envoyer quelques exemplaires de ses ouvrages concernant les finances et leur vérification. On joint un en-tête imprimé de la République haïtienne, comportant une grande vignette gravée sur bois accompagnée de la devise «Liberté ou la Mort» (1 f. in-16 oblong, monté sur papier fort). Bel ensemble sur l’ancienne colonie française de Saint-Domingue et la République d’Haïti. Provenance: Jean-Louis Debauve, magistrat, historien et critique littéraire (cachet sur chaque document portant la mention «Des archives et collections de J.L. Debauve»).

SAINT-DOMINGUE. — PETRIAT & Cie (Maison).

Livres de comptes. Ensemble comprenant 3 journaux, 3 grands livres et 1 brouillard, soit 7 manuscrits.

Cap-Français (Saint-Domingue), 1798-1803. 7 volumes in-folio ou grand in-folio; demi-basane, pleine toile écrue ou vélin, titres manuscrits sur les plats supérieurs (reliures de l’époque), manques de cuir au dos de 2 volumes, plats frottés ou tachés. Journaux: 1) 175 pp. et (50) ff. blancs (seules les colonnes ont été tracées). - 2) 232 pp., (16) ff. blancs, pp. 265-299 et (28) ff. blancs. - 3) 31 pp., (72) ff. blancs et (3) ff. de dessins modernes (manque de papier à un f.). – Grands livres: 1) (3) et 208 pp. sur 104 ff. numérotés, (50) ff. blancs. - 2) 228 pp. et (22) ff. blancs. - 3) 54 pp. sur 27 ff. numérotés, (64) ff. blancs. – Brouillard: 376 pp.

La comptabilité d’une maison de commerce établie à Saint-Domingue. Elle couvre la période du 1er septembre 1798 au 14 novembre 1803. Les registres, tenus par plusieurs comptables, sont d’une présentation soignée et leur écriture est très lisible. Les trois journaux, reliés respectivement en demi-basane, pleine toile et vélin, s’étendent, pour le premier, du 1er septembre 1798 au 5 thermidor an VIII (24 juillet 1800); pour le second, du 1er thermidor an VIII (20 juillet 1800) au 30 ventôse an XI (21 mars 1803), et, pour le dernier, du 1er germinal an XI (22 mars 1803) au 22 brumaire an XII (14 novembre 1803). Dans ces journaux, les écritures sont enregistrées selon le principe de la comptabilité en partie double: chaque article indique la date, le renvoi aux folios du grand livre, le compte débité (doit) et le compte crédité (avoir), avec parfois des indications sur le prix des marchandises, puis le montant de l’opération en gourdes. Les écritures se rapportent à l’achat et à la vente de produits agricoles ou coloniaux: café, sucre, cacao, poivre, riz, indigo, etc., et de marchandises diverses: tissus, étoffes, vins, liqueurs, tafia (rhum), sel, oignons, farine, couteaux, assiettes, faïences, cordages, savon américain… Elles concernent aussi le règlement des journées de travail effectuées par les Noirs (l’esclavage avait été aboli à Saint-Domingue en 1793); on relève ainsi: «Payé pour 73 journées de Nègres &c., tonneliers jusques à ce jour à 1⁄2 par jour: 36 gourdes 1⁄2» (15 septembre 1798), ou encore: «Dépense de magasin - Doit à caisse, pour autant payé à 2 Nègres qui ont été employés au magasin, 1,50» (26 ventôse an XI). D’autres dépenses sont mentionnées: loyer des magasins, règlement des frais de transport (roulage), versement du «don patriotique» destiné aux armées de la République (6 octobre 1798). On relève aussi: «Payé à Bizouard trésorier, pour mon imposition, taxée par l’Assemblée des notables d’après l’ordre du général en chef, pour servir au payement de la solde de l’armée de St Domingue» (5 brumaire an XII). Certaines opérations avaient lieu en commun avec d’autres négociants, comme Ducornau & Cieou R. Macdowell; elles sont désignées sous le nom de «spéculations». D’autres pouvaient se rapporter à la traite: «Jn Ducornau & Cie doivent $ 800 pour le montant de la traite de Kennedy sur eux, ordre de Laussat, qui nous l’a transportée» (4 nivôse an VII). Les écritures peuvent concerner les deux associés: N/S (notre sieur) Pétriat et N/S Sans de Vertmont, mais la société sera dissoute en avril 1803. Le dernier journal s’arrête le 14 novembre 1803, date probable de l’arrêt d’activité de la maison Pétriat à Saint-Domingue. Quatre jours plus tard, Rochambeau sera battu par les troupes de Jean-Jacques Dessalines à la bataille de Vertières, près de Cap-Français; cette défaite sera suivie par le départ définitif des Français, et l’indépendance de la République d’Haïti sera proclamée le 1er janvier 1804. Les grands livres couvrent les mêmes périodes que les journaux et ont des reliures identiques à ces derniers. Le premier commence ainsi: «Au nom de Dieu. Soit commencé le présent inventaire, formant le capital de la Société Pétriat & Cie, laquelle compagnie est le Sr Sans de Vertmont» (1er septembre 1798). Sur un capital de 10421 gourdes, la mise de Pétriat se monte à 6621 gourdes, correspondant à des ustensiles de magasin et surtout à des marchandises, soit en stock, soit «en spéculation» avec d’autres négociants: barils de farine, caisses de vin, rames de papier, caisses de savon, paniers d’assiettes, barils de peinture, etc. La mise de Pétriat inclut également les créances sur les clients; celle de Sans de Vertmont représente uniquement 3800 gourdes versées dans la caisse de la société. Parmi les maisons de commerce en relation avec Pétriat et Cie, on relève les noms de Texier Dupaty; Branday, Dubourg et Cie; Ve Bouvignies & Pardaillan; Lacoste & Mondion; Ve Delhom & Dissart; Caze frères & Laussat; Sévin & Michelin; J. Ducornau & Cie; Guieu, Bion & Cie; Piat, Lacoste & Cie, etc. On relève également les noms des associés: Pétriat, Sans de Vertmont,et de certains membres de leurs familles: Paul Joseph Pétriat, Reine Sans. On y trouve aussi de nombreux autres clients ou fournisseurs: de Bièvre, Mme de Caen, Blaise De Glande, Dudemaine Morin, Pierrille Guignan, Rochefort jeune, Caubet, Maupassant…, ainsi que des officiers de marine: capitaines Mathieu, Bertho, J.B. Laborde. Quant au brouillard, il couvre la période du 1er thermidor an VIII (20 juillet 1800) au 2 nivôse an XI (23 décembre 1802). Il a une présentation similaire à celle du journal, mais les écritures sont plus détaillées. Les navires mentionnés dans les livres de comptes sont la Diligente, l’Eagle, le Farmer, l’Heureux ménage (capitaine Canac), l’Industry (capitaine Myrrick), la Joséphine (citée plusieurs fois), le May Flower, le Neptune, la Petite Adèle (capitaine Viau), la Pucelle (capitaine Detchandy), etc. Ainsi, le 26 prairial an X, la Joséphine apparaît dans le brouillard pour avoir transporté diverses marchandises: barriques de vin, dames jeannes, essences et éponges fines, beurre, vinaigre, huile, ébichets (tamis), parasols, etc. La maison de commerce de Pierre Calixte Pétriat fut créée en 1798 an association avec la famille Sans de Vermont, au mole Saint-Nicolas, puis en activité au Cap-français. Elle exerça son négoce dans le cadre de l'ouverture de la colonie aux relations commerciales avec les états-Unis d'Amérique et l'Angleterre, alors en guerre avec la France. Originaire d'Orthez, la famille Pétriat, propriétaire et caféier, faisait partie du principal groupe régional de la population blanche et de couleur (leurs enfants mulatres) de l'ancienne colonie antillaise de Saint-Domingue : les Gascons, Basques et Béarnais. L'activité de la compagnie se poursuivit jusqu'aux derniers instants de la colonie de Saint-Domingue. L'année 1803 vit l'expédition militaire voulue par Napoléon pour rétablir l'autorité de la métropole s'enliser dans une guerre civile monstrueuese qui se solda par de nombreuses exactions touchant toutes les populations de l'île. En janvier 1804, Dessalines déclara l'indépendance de l'ancienne colonie renommée Haïti. Pétriat décéda le 19 février 1832 à Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Il est mentionné, ainsi que sa femme Marie Darrous, comme «colon réfugié de Saint-Domingue» sur le site des Archives nationales. Celui-ci indique d’autres membres de la famille, probablement leurs enfants: Edouard (né en 1805), Auguste (1811), Paul Alphonse (1814), Ermance (1815) et Paul Adolphe (1819), tous cités comme «ayants droits de colon de Saint-Domingue» (source: Ch. Douyère-Demeulenaere, Secours aux colons de Saint-Domingue. Indemnisation des colons spoliés. Inventaire analytique. Archives nationales, 2002, consulté sur le site www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr). On joint un ensemble de documentsconcernant la maison Pétriat: répertoire des correspondants, note des objets bons pour l’Amérique, lettres à lui adressées ou à d’autres négociants, état des marchandises invendues, compte de vente de 54 sacs de café, créances sur les clients, procès avec un marchand de bois, lettres et notes diverses (Cap-Français, Bordeaux, Orthez et s.l., 1788-1906, environ 25 pièces de différents formats). Précieux ensemble.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Essai sur les colonies françoises; ou discours politiques sur la nature du gouvernement, de la population & du commerce de la colonie de S. D.

Paris, 1754. In-12 de (4) ff., 360 pp.; demi-veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges mouchetées (reliure de l'époque).

Première, et seule édition ancienne. À l'aide de 11 discours l'auteur donne une vue générale sur l'histoire de l'administration de Saint-Domingue qu'il considère comme héritière "du gouvernement propre aux flibustiers, fondateurs des colonies, qui s'est conservé dans une population civile". Pour lui, il résulte que le gouvernement de Saint-Domingue est dominé par l'arbitraire et qu'il est urgent de faire "rentrer les colonies dans la circulation politique des lois nationales" (pages 38 et 39). La seconde partie, annoncée dans la table ne fut jamais publiée. Les cartons des pages 107/108 & 207/208 sont reliés en fin de volume. [Relié en début de volume:] - [JEFFERYS (Thomas)]. Conduite des françois par rapport à la Nouvelle Écosse, depuis le premier établissement de cette colonie jusqu'à nos jours. Londres [Paris ?], 1755. (1) f., xiv-281 pp. Ouvrage peu commun traduit en français et annoté par Georges-Marie Butel-Dumont. Sans la carte de l'Acadie, extrêmement rare, que l'on ne trouve que dans quelques exemplaires. Bel exemplaire. Leclerc, 732, II, 1411. — Sabin, 35958, 75518.

SAINTARD (Pierre-Louis de).

Roman politique, sur l'état présent des affaires de l'Amérique, ou lettres de M*** à M***. Sur les moyens d'établir une paix solide & durable dans les colonies, & la liberté générale du commerce extérieur.

Amsterdam, et se trouve à Paris, Veuve Duchesne, 1779. In-12 de (2) ff., 352 pp.; veau moucheté, dos lisse orné, filet à froid encadrant les plats, coupes filetées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Seconde édition de cet ouvrage rare. L'ouvrage se présente comme une série de 18 lettres, datées de juillet à septembre 1756, au moment du début de la guerre de Sept Ans au Canada. L'auteur, syndic de la Compagnie des Indes, s'y livre à un examen de l'implication des différentes nations européennes en Amérique du Nord, en vue d'établir un équilibre du pouvoir entre les nations colonisatrices, ce qui permettrait d'éliminer la guerre et d'encourager le commerce. Bel exemplaire. Cachet de la bibliothèque du chateau de la Roche-Guyon sur le titre. Mouillure claire dans la marge externe. Sabin, 75521. — Manque à Leclerc.

SAINTE-MAURE (Charles de).

Nouveau voyage de Grèce, d'Égypte, de Palestine, d'Italie, de Suisse, d'Alsace, et des Pais-Bas, fait en 1721, 1722, & 1723

La Haye, Pierre Gosse, Pierre de Hondt, 1724. In-12 de xx-(2)-412 pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de 'époque).

Première édition, illustrée d'une vignette de Bernard Picart sur le titre. Ouvrage rédigé sous forme de lettres dans lesquelles l'auteur relate son voyage, pendant environ une année, en Grèce, en Égypte et en Palestine, ainsi que son trajet de retour par la Suisse, l'Alsace et les Pays-Bas. Bon exemplaire. Petite mouillure claire en marge de plusieurs feuillets. Blackmer, 1474. — Gay, 97. — Hage Chahine, 4275.

SANTO-DOMINGO (capitaine).

Exposé de la conduite de M. Santo-Domingo, commandant le vaisseau le Léopard, en station à Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie de Quillau, 1791. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Récit en forme de justification du capitaine en second du Léopard, en mouillage à Port-au-Prince en juillet 1790. Nommé capitaine par l'équipage (car son titulaire était à terre et refusait de remonter à bord), et il embarqua, après une escale à Saint-Marc, les membres de l'Assemblée Générale (nouveau nom de l'Assemblée Coloniale) et les mena en France. [Joint, du même:] - Conduite de M. de Santo-Domingo, lue par lui-même à l'Assemblée Nationale, le 7 octobre 1790. Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbé à la bradel, pièce de titre de maroquin citron au dos avec le titre en long (reliure moderne). Bons exemplaires. Correction manuscrite de l'époque page 5 du premier texte. Max Bissainthe, 5714, 7916, 7917. — Sabin, 76875 & 76874.

SANÉ (Alexandre-Marie).

Tableau historique, topographique et moral des peuples des quatres parties du monde; comprenant les lois, les coutumes et les usages de ces peuples.

Paris, Carteret, Mongie, an IX-1801. 2 volumes in-8 de (2) ff., 486 pp. — (2) ff., 506 pp.; demi-basane mouchetée à petits coins de vélin vert, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première édition. Le premier volume est consacré aux peuples d'Europe, et le second au reste du monde. On y trouve notamment des descriptions sur les Brésiliens, les Chinois, les insulaires des Antilles ou ceux de la mer du Sud, les Otaïtiens, ou encore les Papoux. Bel exemplaire. Monglond, V-651.

SELDEN (John).

Mare clausum, seu de domino maris.

Leyde, Jean et Théodore Maire, 1636. Petit in-4 de (6) ff., 244 pp.; vélin souple, titre inscrit en long au dos (reliure de l'époque).

Édition publiée un an après la première parue à Londres en 1625. Elle est illustrée de quelques figures dans le texte, de 3 planches gravées sur bois (dont une carte des îles Britannique), et d'une carte dépliante de l'Angleterre gravée sur cuivre. Juriste et humaniste anglais, John Selden fut membre du parlement et défenseur des libertés contre la raison d'état (et le roi). Au moment de la rédaction de cet ouvrage, il était en liberté surveillée, après avoir été emprisonné plusieurs mois, sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui. Le roi Charles Ier lui accorda la liberté contre la rédaction de ce traité. Son titre Mare clausum (la mer fermée) indique bien son sujet. Il s'agit d'un traité juridique défendant la souveraineté britannique sur les mers environnantes. C'est aussi une réponse à l'ouvrage de Grotius, Mare liberum, publié en 1609, qui prônait la liberté des mers, considérant qu'il s'agissait d'un territoire international que chacun pouvait parcourir. Bon exemplaire en vélin de l'époque. Légères rousseurs, petite galerie de ver dans la marge interne.

SESTINI (Domenico).

Voyage dans la Grèce asiatique, à la péninsule de Cyzique, à Brusse et à Nicée; avec des détails sur l'histoire naturelle de ces contrées.

Paris, Leroy, 1789. In-8 de (2) ff., viij-252 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre, tranches rouges (reliure moderne).

Première édition française, traduite de l'italien par Jean-Claude Pingeron. L'auteur séjourna à Constantinople pour s'occuper de l'éducation des enfants du comte Ludolfi, ambassadeur du roi de naples. Son ouvrage, rédigé sous formes de lettres, contient des observations sur les environs de Constantinople, la description de plusieurs villes qu'il visita, et des détails sur les antiquités de la péninsule de Cysique et sur les ruines des villes de Brusse et de Nicée. Bon exemplaire. Atabey, 1125. — Blackmer, 1529. — Boucher de La Richarderie, II, 139. — Weber, II, 587.

SHARP (Granville).

An Appendix to The Representation, (Printed in the Year 1769) of The Injustice and Dangerous Tendency of Tolerating Slavery, or of Admitting the least Claim of Private Property in the Persons of Men in England.

London, Benjamin White, 1772. In-8 de 28 pp.; broché.

L'auteur imprima ce texte alors qu'il défendait James Somerset, jeune esclave américain baptisé ayant fuit son maitre anglais et réclamant la liberté. Le président de la Cour Royale, Lord Mansfield, rendit un arrêt resté célèbre et qui fit jurisprudence, disant qu'en l'absence de loi autorisant l'esclavage sur le sol anglais, le fugitif ne pouvait être remis à son maître. Bon exemplaire. Note manuscrite de l'époque sur le titre. Feuillets écornés, petites piqûres.

SONTHONAX (Léger-Félicité).

Discours sur la situation actuelle de Saint-Domingue, & sur les principaux évènemens qui se sont passés dans cette île depuis la fin de floréal an 4, jusqu'en messidor de la 5 de la république.

Paris, Imprimerie Nationale, An 6 [1798]. In-8 de 26 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 4 février 1798. Le 29 avril 1792, l'auteur fut nommé comme l'un des trois commissaires civils pour Saint-Domingue, et il séjourna sur l'île du 18 septembre 1792 au 14 juin 1794, période durant laquelle il proclama la liberté des esclaves. En 1795, il fut placé par le Directoire à la tête d'une nouvelle commission civile et retourna sur l'île en mai 1796. élu député de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents, il quitta définitivement l'île le 24 août 1797. L'objet de son discours est le compte-rendu de cette seconde. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8016. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 97117.

SPARRMAN (Anders).

Voyage au cap de Bonne-Espérance, et autour du monde avec le capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres.

Paris, Buisson, 1787. 3 volumes in-8 de xxxij-389-(1) pp. — (2) ff., 366-(1) pp. — (2) ff., 366-(5) pp..; veau marbré, dos lisses ornés de fers représentant des navires, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque de P. Meslant).

Première édition in-8, parue en même temps que l'original in-4, et traduite par Le Tourneur. Elle est illustrée d'une planche double en frontispice du premier volume, d'une carte dépliante (cap de Bonne-Espérance), et de 15 planches gravées dépliantes. Naturaliste suédois, Sparrman rencontra, au Cap de Bonne-Espérance, le Capitaine Cook qui lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du monde. Il parcourut notamment l'Océanie de la Nouvelle-Zélande à Tahiti et retourna u Cap en 1775, où il entreprit un voyage à l'intérieur des terres jusqu'alors peu connues. Bel exemplaire. Habiles restaurations, petite tache brune dans les pages de la préface. Boucher de La Richarderie, IV, 234. — Brunet, V, 474. — Gay, 3125. — Mendelssohn, II, 414 (pour l'édition anglaise). — Pritzel, 9784.

TARBÉ (Charles).

Discours sur l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 18 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Cinq ans après un Rapport sur les troubles de Saint-Domingue, fait à l'Assemblée Nationale, au nom du Comité Colonial, Charles Tarbé, désormais député de l'Yonne au Conseil des Cinq-Cent, prononça un nouveau discours lors de la séance du 30 mai 1797, dans lequel il demandait le rappel des agents du Directoire, Sonthonax et Raimond, et l'annulation de toutes les décisions qu'ils avaient prises. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8093. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

TAUVEL (Séraphin-Isidore, dit le P. Philibert).

Vie du père Damien, l'apôtre des lépreux de Molokai, de la congrégation des Sacré-Cœurs (Picpus).

Bruges, Desclée de Brouwer et Cie, 1890. In-8 de viij-215-(1) pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait du père Damiens, de 17 illustrations dans le texte dont 1 carte, et d'un fac-similé de lettre sur double page. Le père Damien (1840-1889), né Jozef de Veuster, était un prêtre belge, membre de la Congrégation des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie, dite de Picpus. En 1863, encore séminariste, il partit pour les îles Hawaï, et fut ordonné prètre à Honolulu. Après plusieurs poste dans les îles du Pacifique, il se porta volontaire pour servir sur l'île de Molokai, où les lépreux (qui était alors incurables) étaient déportés pour limiter la propagation de la maladie. Il mourut lui-même de la lèpre et fut canonisé en 2009. Bon exemplaire. Coiffes légèrement frottées.

THIERRY (Charles, baron de).

Pièce autographe signée.

Vers 1850. Etiquette in-64 oblong (4,8 x 7,8 cm) de 1 p. sur papier fort, montée sur une feuille comportant des annotations.

Neveu de Thierry de Ville-d'Avray, intendant du garde-meuble de la Couronne, le baron de Thierry (1794-1864) commença une carrière diplomatique, puis acheta, en 1821, de vastes terrains situés dans l'île du Nord de la Nouvelle-Zélande, à proximité de la baie des Iles et de la rivière Hokianga. Il proposa alors la création d'une colonie et prit le titre de "chef souverain de la Nouvelle-Zélande". Arrivé dans l'île en 1837, il ne fut pas reconnu par les chefs Maoris, ni par les autorités britanniques ou françaises. Après l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne en 1840, il dut renoncer à ses prétentions. La présente étiquette, authentifiée par un collectionneur d'autographes du XIXe siècle qui la monta sur papier vergé et ajouta une notice biographique ainsi que la description des armoiries de Thierry, contient le texte suivant : "Verre volcanique dont se servaient anciennement les Néozélandais pour tailler la chère [sic] humaine dans leurs festins anthropophages". Elle servait probablement à désigner, dans une collection d'objets récoltés sur place, le verre volcanique dont les bords devaient être particulièrement tranchants. Curieux document. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs, Océanie, pp. 361-362.

TOURVILLE (Anne-Hilarion de Cotentin, comte de).

Signaux généraux de monsieur le comte de Tourville, vice-amiral de France, portant pavillon d'amiral, & général de l'armée navalle [sic] du roy.

Entre 1689 et 1693. Petit in-folio de 79 pp.; demi-veau havane à coins, dos à nerfs fileté or (reliure à l'imitation).

Rare document, imprimée à petit nombre, répertoriant les différents signaux utilisés par l'escadre commandée par le comte de Tourville (nombre de coups de canon, couleurs et formes des pavillons ainsi que leurs emplacement dans la mâture). Anne-Hilarion de Costentin de Tourville fut nommé vice-amiral de la flotte du Levant en 1689, après la mort de Duquesne, et était commandant de fait de la Marine Royale, puisque le vice-amiral du Ponant, le maréchal d'Estrée, ne prenait plus la mer. Il participa aux combats de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, et fut nommé maréchal en 1693. Bon exemplaire. Petite mouillure et tache d'encre dans l'angle supérieur des pages, rare piqures. Inconnu de Polak.

TRUMBULL (Henry).

History Of The Discovery Of America; of the landing of our forefathers at Plymouth, and of their most remarkable engagements with the Indians in New-Englannd [sic], from their eirst landing in 1620, until the final subjugation of the natives in 1679. To wich is annexed the particulars of almost every important engagement with the savages at the wesward to the present day. Including the defeat of generals Bradock, Harmer, and St. Clair, by the Indians at the westward; the Creek and Seminole war &c.

Boston, George Clark, 1831. In-8 de 256 pp.; demi-chagrin rouge, dos lisse orné de filets (reliure moderne).

Ouvrage illustré de 3 planches gravées sur bois et coloriées dont un grand frontispice dépliant illustrant la défaite de Tecumseh en 1812. Cette histoire des premiers colons en Amérique et des guerres indiennes, très populaire en Amérique, a connu de très nombreuses éditions. Bon exemplaire. Rousseurs, plus prononcées à certains cahiers. Sabin, 97196.

VAISSÈTE (dom Joseph).

Géographie historique, ecclésiastique et civile, ou description de toutes les parties du globe terrestre.

Paris, Desaint & Saillant, Jean-Thomas Herissant, Jacques Barois, 1755. 4 volumes in-4 de (8) ff., 498 pp. — viij-543 pp (mal chiffrée 431) — viij-484-4 pp. — viij-536 pp. ; veau marbré, dos à nerfs ornés, pièces de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 72 cartes gravées dépliantes avec les contours aquarellés par Robert de Vaugondy et datées de 1748. Moine bénédictin de l'abbaye de Saint-Germain-des-Près de Paris, l'auteur consacra une bonne partie de sa vie à écrire une monumentale Histoire générale du Languedoc, publiée entre 1730 et 1745. Puis, il rédigea et publia sa Géographie historique, ouvrage qui fut particulièrement remarqué pour la partie ecclésiastique. Le premier volume est consacré à l'Europe (îles britanniques, Scandinavie et le grand nord, Pologne, Russie, Turquie d'Europe, Hongrie, Italie), le suivant à l'Allemagne, les Pays-Bas, et la France, le troisième à la suite de la France, la péninsule espagnole, et l'Asie, et le dernier à la suite de l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. Bel exemplaire. Brunet, 19613.

VAUBLANC (Vincent-Marie VIENOT de).

Discours sur l'état de Saint-Domingue et sur la conduite des agens du Directoire.

Paris, Imprimerie Nationale, prairial an V [1797]. In-8 de 48 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin orange (reliure moderne).

Discours prononcé devant le Conseil des Cinq-Cents le 29 mai 1797 dans lequel l'auteur, natif de Saint-Domingue où son père était cantonné, demande le rappel des envoyés du Directoire à Saint-Domingue (Sonthonax, Leblanc, Raymond et Giraud) coupables d'abus de pouvoir. Bon exemplaire. Petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 8293. — Inconnu de Monglond. - Sabin, 98682.

VAUX (Roberts).

Mémoire sur la vie d'Antoine Bénezet. Abrégé de l'ouvrage original.

Londres, Vogel, 1824. In-8 de (1) f., iv-(2)-88 pp. ; broché, couverture bleue muette.

Protestant d'origine française devenu Quaker durant son séjour en Angleterre, Antoine Benezet migra avec sa famille en Amérique en 1731. Il y ouvrit la première école publique pour filles à Philadelphie, et s'intéressa à l'instruction des sourds-muets. Il fut surtout connu pour son opposition à l'esclavage et pour son action en faveur de l'instruction des Noirs pour lesquels il créa une école du soir en 1750 puis, en 1770, la Negro School. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit du pasteur Emilien Frossard (1802-1881), dessinateur et fondateur de la société Ramond pour l'étude scientifique des Pyrénées. Dos et partie du premier plat passé, petites déchirures au dos. Sabin, 98703.

VAZQUEZ QUEIPO (Vicente).

Cuba, ses ressources, son administration, sa population, au point de vue de la colonisation européenne et de l'émancipation progressive des esclaves.

Paris, Imprimerie Nationale, 1851. In-8 de (2) ff., xx-594 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, traduite de l'espagnol et annoté par Arthur d'Avrainville, et illustrée d'un tableau dépliant. Alors que, dans les colonies anglaises puis françaises des Antilles, l'esclavage avait été ou allait être aboli, l'Espagne s'interrogeait sur les moyens de maintenir la prospérité dans l'île de Cuba. En 1844, le procureur fiscal de la surintendance des finances rédigea un rapport dans lequel il critiquait la gestion de la colonie par sa métropole et proposait un plan de développement par une immigration blanche et une abolition progressive de l'esclavage, le tout accompagné de nombreux documents sur la fiscalité, les ressources et l'administration de l'île. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au duc de Luynes. Sabin, 67081.

VERHOOST (Edgar).

Voyage aux Antilles. Lettres intimes.

Bruxelles, vers 1900. Manuscrit. 3 volumes in-8 (21 x 13,8 cm); percaline brune, pièces de titre et de tomaison de basane brune, titre doré sur le plat supérieur, tranches rouges (reliure de l'époque).

1) 601 pp., 2 cartes h.t. imprimées et coloriées, 1 plan manuscrit h.t., 5 photographies volantes. - 2) 547 pp., 3 cartes h.t. imprimées, coloriées et entoilées, 8 photographies montées sur des feuillets paginés 577 à 591. - 3) 524 pp., 1 plan manuscrit h.t., colorié et entoilé, 7 photographies montées sur des feuillets paginés 547 à 552. Relation d'un voyage aux Antilles effectué par un ingénieur belge en 1888-1889. Le premier volume couvre la période du 4 octobre au 24 novembre 1888; il se rapporte à la traversée et au premier séjour à la Martinique. Le second, qui s'étend du 25 novembre 1888 au 5 janvier 1889, relate les voyages à Sainte-Lucie, la Barbade, Tobago, Trinidad, le retour à la Martinique, la Guadeloupe, à nouveau la Martinique, puis Antigua et les îles Vierges (Saint-Thomas). Le troisième, du 6 janvier au 1er mars 1889, se rapporte à Porto-Rico, Cuba (La Havane), à nouveau Saint-Thomas et la Martinique, puis la traversée jusqu'au Havre. Rédigé sous forme de lettres adressées à sa femme, le manuscrit, très dense, est d'une présentation soignée et le texte d'une écriture régulière. Les années ne sont pas indiquées mais certains faits relatés permettent de situer le voyage en 1888-1889; la rédaction a été faite ultérieurement, une note faisant allusion à l'éruption de la Montagne Pelée à la Martinique en mai 1902 (t. 1, p. 247). L'illustration comprend 5 cartes imprimées et coloriées (routes maritimes, mer des Caraïbes, Martinique, Guadeloupe, Trinidad), 2 plans manuscrits (Saint-Pierre de la Martinique, La Havane) et 20 photographies non signées, mais réalisées par l'auteur. Les photographies du premier volume, non montées, ne comportent pas de légende; certaines semblent toutefois se rapporter à Saint-Pierre de la Martinique : grande rue du Mouillage (à rapprocher d'une vue similaire figurant dans l'Album martiniquais de Hartmann), port, théâtre; deux autres clichés montrent une large avenue bordée d'arbres et une jeune femme posant devant un décor exotique. Celles du second volume contiennent 4 vues de Port of Spain (Trinidad) : Brunswick square (palais du gouverneur, cathédrale), procession de coolies (fête religieuse du Moharrum), ravine cacaoyère, forêt de bambous, plus 4 vues de Saint-Thomas (îles Vierges) : maisons, temple luthérien, savane à l'extrémité de la ville, entrée triomphale du prince héritier de Danemark. Les 7 photographies du dernier volume ont été prises à La Havane (Cuba) : fort d'El Morro, Alameda de Paulo, Paradero de Villanueva, Castillo de la Chorrera, statue d'Isabelle II au Parc central, Alameda de Isabel la Catolica, monument de l'Indienne. Le voyageur ne donne pas de précisions sur l'objectif de son voyage; il indique seulement que "des affaires importantes" ont motivé son départ (t. 1, p. 10). Parti de Bruxelles, il arrive à Paris le 4 octobre 1888, prend le train pour Nantes, puis Saint-Nazaire où il embarque le 6 sur la Ville de Saint-Nazaire. Son journal maritime contient un grand nombre de détails sur la traversée : contacts avec les passagers, distractions à bord, caractéristiques du navire, conditions météorologiques, etc. L'arrivée à Saint-Pierre (Martinique) a lieu le 21 octobre : Verhoost visite la ville, le jardin des plantes ainsi que les environs, en particulier l'habitation Périnelle située sur les contreforts de la Montagne Pelée (pp. 279-282). Il est aussi reçu dans un club très fermé, réservé aux principaux habitants et négociants de la colonie. Son récit donne des détails sur certains événements comme le raz-de-marée du 4 septembre. Il contient aussi la liste des photographies faites à Saint-Pierre (pp. 427-432). En novembre, il se rend Fort-de-France puis à La Rivière-Salée où il visite l'exploitation du célèbre agriculteur, industriel et propriétaire terrien Octave Hayot (1843-1892), à l'origine de l'industrialisation de la production de sucre dans l'île. A cette occasion, Hayot lui remet un exemplaire de son livre intitulé "Matériaux pour l'histoire de la Martinique agricole"; une note indique qu'il mourut quatre ans plus tard (p. 556). Verhoost établit ensuite une liste de photographies prises à Fort-de-France (pp. 585-588) et prépare la suite de son voyage vers les Antilles anglaises. Le 25 novembre 1888, il est à Sainte-Lucie et visite Castries, divisée en une partie européenne et une partie indigène dont il remarque l'extrême pauvreté. Le lendemain, il arrive en rade de Bridgetown, à La Barbade; il visite la ville et décrit les costumes des habitants. Après un bref passage à Tobago, il arrive à Trinidad le 29 où il visite Port d'Espagne (Port of Spain), San Fernando puis Arima. Muni d'une lettre de recommandation établie par un colon de la Martinique le présentant comme "ingénieur belge en mission aux Antilles" (t. 2, p. 122), il se rend chez un Français établi à Trinidad, M. de Verneuil, qui lui fait visiter la région. Le voyageur décrit la faune, les oiseaux, les serpents, la flore, les fruits, l'arbre à pain, etc., puis il donne une liste de photographies prises à Sainte-Lucie, La Barbade et Trinidad (pp. 154-159). De retour à la Martinique le 9 décembre, il part le lendemain pour la Guadeloupe et arrive à Pointe-à-Pitre le 11. Il décrit la ville, dont il remarque la malpropreté et l'insalubrité, puis il visite le musée Schoelcher et le musée d'histoire naturelle. Il évoque aussi les habitants, leurs costumes ainsi que les ressources agricoles de l'île. Le 18, il se rend à la Basse-Terre et relate, le lendemain, une ascension au sommet de la Soufrière (pp. 321-336). Il revient ensuite à la Martinique, qu'il quitte le 31 décembre. Le 1er janvier 1889, il arrive en rade de St John of Antigua. Le 3, il débarque à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, situées à l'est de Porto-Rico et qui appartenaient à l'époque au Danemark. Reçu par les Pères Rédemptoristes, il signale la présence d'une colonie flamande, puis établit une nouvelle liste de photographies qu'il envoie à sa femme (pp. 532-534). Il quitte Saint-Thomas le 5 janvier. A Porto-Rico, où il arrive le 7 janvier, il effectue une course rapide à travers la ville puis reprend la mer pour débarquer le 10 à La Havane où il reste jusqu'au 22 janvier. Il visite la ville : maisons, monuments, établissements publics, cafés, théâtres…, décrit l'animation dans les rues et assiste à un combat de taureaux. Il se rend à Matanzas, visite les grottes de Bellamare et autres curiosités de l'île. De retour à La Havane, il visite les régions de l'ouest en traversant d'immenses champs de canne à sucre, de maïs, d'igname et de tabac. Il constate que l'esclavage est toujours en vigueur à Cuba, alors qu'il a été aboli à Porto-Rico, et s'étend longuement sur ce problème (t. 3, pp. 157-163). Le 20 janvier, il établit une cinquième et dernière liste de photographies (pp. 238-240). Le 26, il est de retour à Saint-Thomas, puis à Saint-Pierre (Martinique) le 6 février; le 10, il monte à bord du Lafayette qui arrive au Havre le 1er mars 1889. La fin du manuscrit contient le journal de bord du voyage de retour. Par la suite, l'auteur effectua un voyage en Norvège en mai-juin 1905 (publié sous le titre Quatre semaines en Norvège, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1910, in-8), puis un voyage en Orient de décembre 1905 à février 1906 (resté inédit). Il était peut-être apparenté à la maison Verhoost Frères de Courtrai, spécialisée dans la fabrication de toiles et qui participa à l'Exposition universelle de Liège en 1905. Manuscrit inédit, très riche en observations sur les pays visités.

VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.) — MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Faction anglaise, ses projets. Adresse à la Convention nationale.

Paris, Laurens, 1795/1796. In-8 de 15 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure non datée, et signée par Verneuil, L'Archevesque-Thibaut, Thomas Millet, Brulley, Duny, Clausson, Page, et Legrand secrétaire. Les signataires, qui étaient sortis de prison après la loi du 30 septembre 1794, demandent que leurs papiers, qui ne sont plus sous scellés, mais ont été saisis par la commission des colonies, soient enfin examinés. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8316. — Inconnu de Sabin.

VERNEUIL.

Réponse des colons de Saint-Domingue, à l'adresse de Polverel et Sontonax.

Paris, Lefortier, 1794. In-8 de 20 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun en long (reliure moderne).

Opuscule, daté du 25 août 1794, et signé de "Verneuil, déporté par Sonthonax". Il sagit de l'un des colons de Saint-Domingue qui fut exilé par Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, commissaires civils pour Saint-Domingue, envoyés par l'Assemblée Législative pour y faire appliquer la loi qui accordait la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur. Cette justification fut publiée alors que les commissaires civils avaient été rappellés en France et mis en accusation. Pour leur défense, ils assurèrent que les exilés avaient pour projet "de faire égorger les citoyens les uns par les autres, et livrer nos propriétés aux émigrés de Coblentz". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8319. — Sabin, 99242.

VIETNAM.

Une rue dans Cholon.

1903. Fusain en couleurs signé du monogramme AT (47,7 x 32,5 cm), monté sous passe-partout.

Très beau dessin original représentant une rue de Cholon avec au premier plan un groupe de personnes attablé prenant leur repas. Cholon est un quartier de Hô-Chi-Minh-Ville (anciennement Saïgon), au Vietnam. Il se caractérise par son commerce du riz, et on y trouve une très forte communauté chinoise implantée à la fin du siècle. Situé jadis à l'écart de la ville, il fait aujourd'hui partie de ses 5e et 6e arrondissements. Bon état de conservation.

VOLNEY (Constantin François, comte de).

Tableau du climat et du sol des États-Unis d'Amérique, suivi d'éclaircissemens sur la Floride, sur la colonie française à Scioto, sur quelques colonies canadiennes et sur les sauvages.

Paris, Bossange frères, 1822. In-8 de (2) ff., xx-494 pp.; veau raciné, dos lisse orné, pièce de titre verte, roulette encadrant les plats, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 2 cartes gravées dépliantes. Étude géographique sur les États-Unis dans laquelle l'auteur s'intéresse à sa situation, la structure de ses sols, aux anciens lacs disparus, aux chutes du Niagara, au climat, au système des vents et à l'influence de la lune sur les saisons. Il termine par un chapitre sur les maladies et la fièvre jaune, sur la colonie de Gallipolis, éphémère colonie fondée en 1790 dans l'Ohio par des français, et des observations sur les Indiens. Bel exemplaire. Sabin, 100692.

VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

Fragments sur l'Inde, et sur le général Lalli.

Lausanne, 1773. In-8 de (2) ff., 162 pp.; veau granité, dos lisse orné, pièce de titre verte, coupes ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Édition publiée la même année que l'originale. Le général Thomas-Arthur de Lally-Tollendal, gouverneur général de l'Inde française, fut condamné à mort puis exécuté, en 1766, car rendu responsable de la perte des établissements français en Inde durant la guerre de Sept Ans. Cette exécution produisit une grande indignation en France et en Europe, et Voltaire, alors âgé de 79 ans, publia ce mémoire. Il y dénonce le jugement de haute trahison, et, en parti grâce à son soutien, le fils du général obtiendra une révision du procès, et la cassation du jugement de haute trahison, mais pas la réhabilitation complète de son père. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Bengesco, Bibliographie des œuvres de Voltaire, 1828.

VOÏART (Jean-Marcel).

Annuaire administratif, commercial et statistique de l'île Bourbon, précédé d'une notice historique sur la colonie, depuis sa découverte jusqu'à sa rétrocession à la France par le gouvernement britannique.

Île Bourbon, Lahuppe, à Saint-Denis, 1844. In-8 de (2) ff., 392 pp.; demi-chagrin bordeaux, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure légèrement postérieure).

Première édition, rare, avec un tableau dépliant compris dans la pagination. L'auteur fut commis principal de la marine à l'île Bourbon, puis archiviste colonial à La Réunion, ce qui lui permit de consulter et de réunir les documents utiles à son ouvrage. C'est également le frère de la femme de lettres Mme Amable Tastu. Aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques françaises. Bel exemplaire, ayant vraisemblablement appartenu à Raphaël Babet, homme politique français originaire de l'Île de la Réunion, qui fut député de 1946 à sa mort. Une note manuscrite datée de 1953 à Tananarive et signée par E. Albany, mentionne que le présent ouvrage fut offert par le Personnel du Cadre Supérieur de l'Imprimerie Officielle de Madagascar. Ryckebusch, 8063.

WOODARD (David).

Relation des malheurs et de la captivité, pendant deux ans et cinq mois, du capitaine David Woodard, et de quatre de ses compagnons, dans l'isle de Célébès, située sous la ligne équinoxiale. avec la description de cette isle, de ces productions, et des mœurs et coutumes de ses habitans.

Paris, F. Buisson, an XIV-1805. In-8 de (2) ff., 322 pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes gravées dépliantes, et de 2 planches gravées représentant des types de bateaux. Ouvrage rédigé par William Vaughan d'après le récit de David Woodard, capitaine au service de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. La première partie retrace la captivité de l'auteur; elle est suivie d'une description de l'île des Célèbes (géographie, population, sciences naturelles, mœurs, administration) puis d'une réunion de "relations de longs jeûnes et de souffrance" tant en mer qu'à terre. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Boucher de La Richarderie, V-173. — Hill, 1912 (pour l'édition anglaise).

WYSE (Lucien).

Le canal de Panama. L'isthme américain. Exploration; comparaison des tracés étudiés. Négociations; état des travaux.

Paris, Hachette et Cie, 1886. Grand in-8 de (2) ff. 399 pp., (2) ff.; demi-chagrin marine à coins, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque de Ch. Magnier).

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes dépliantes en couleurs, d'un tableau dépliant, et de 90 illustrations gravées sur bois dans le texte. Ingénieur et géographe, l'auteur fut chargé de diriger l'équipe d'ingénieurs qui avait prospecté et étudié plusieurs projets de percement de l'isthme de Panama. Il signa le traité de concession avec la Colombie puis fut chargé de superviser l'éxécution du canal. Son ouvrage retrace toutes ses étapes avec une nombreuse documentation et iconographie. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à A. Darimon. Ex-libris gravé armorié de l'auteur.

WYSE (Lucien).

Le canal de Panama. L'isthme américain. Exploration; comparaison des tracés étudiés. Négociations; état des travaux. [Relié avec :] Canal interocéanique de Panama. Mission de 1890-91 en Colombie. Rapport général.

Paris, Hachette et Cie, Librairie Achille Heymann, 1886-1891. Grand in-8 de (2) ff. 399 pp., (2) ff., (2) ff., 154 pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné de caissons, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée du portrait de l'auteur, de 2 cartes dépliantes en couleurs, d'un tableau dépliant, et de 90 illustrations gravées sur bois dans le texte, et d'une grande carte dépliante pour le second texte. Ingénieur et géographe, l'auteur fut chargé de diriger l'équipe d'ingénieurs qui avait prospecté et étudié plusieurs projets de percement de l'isthme de Panama. Il signa le traité de concession avec la Colombie puis fut chargé de superviser l'éxécution du canal. Le premier ouvrage retrace touts ses étapes avec une nombreuse documentation et iconographie. Mais, en 1889, la première société de Panama fit faillite, et le liquidateur le chargea d'une nouvelle mission d'étude pour savoir s'il était possible de reprendre la construction. C'est l'objet du second ouvrage. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à J. Chaffanjon daté de 1891, en "souvenir de notre rencontre à Bogota". Il doit s'agir de Jean Chaffanjon, un explorateur qui mena trois missions dans le bassin de l'Orénoque entre 1884 et 1890. Ex-libris gravé armorié de l'auteur au nom de Lucien Napoléon-Bonaparte-Wyse. Il est en effet le fils de Lætitia Bonaparte, nièce de Napoléon I.

ZEILLER (Mathias).

Topographiæ Galliæ.

Francfort, Gaspard Merian, 1655-1661. 13 parties en 2 volumes in-folio de 36 pp., (4) ff., pp.37-97, (3) ff. - (2) ff., 35 pp., (1) f. - (2) ff., 38 pp., (2) ff. — (2) ff., 25 pp., (1) f. - 24 pp., (1) f. - 26 pp., (2) ff. - 71 pp., (2) ff. - 30 pp., (2) ff., pp.31-47, (1) f. - 28 pp. - 58 pp., (3) ff. - 80 pp., (2) ff. - 39 pp., (1) f. - 37 pp., (1) f. ; vélin ivoire, titre et tomaison frappés or sur les dos, tranches bleues (reliure de l'époque).

Edition originale, en allemand, qui fut aussi publiée en latin et en hollandais. Elle est illustrée de 8 titres gravés, d'un frontispice allégorique, de 18 cartes à double-page et de 308 planches gravées, certaines comportant plusieurs vues. La Topographie de Zeiller constitue la plus importante somme topographique de la France au XVIIe siècle. Elle contient notamment 4 plans de Paris en 1620 et 1654, les cartes furent tirées de l'atlas de Mercator et les vues furent gravées d'après des planches de Silvestre et de Marot. Bel exemplaire bien conservé dans son vélin de l'époque. Quelques rousseurs et quelques feuillets uniformément brunis.

ZELLER (Hanna).

Fleurs de la Palestine.

Bâle, C. F. Spittler, 1875. In-8; percaline verte, décor noir et or sur le premier plat, dos lisse orné, plats biseautés (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 54 planches de fleurs en chromolithographie. Fille de l'évêque de Jérusalem Samuel Gobat, fondateur de la première école chrétienne de cette ville, et épouse du missionnaire suisse John Zeller, Hanna Zeller réalisa les aquarelles reproduites ici lors de son séjour en Palestine. Bel exemplaire; très rares piqûres.