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CLOUÉ (Georges-Charles, vice-amiral).

L'ouragan de juin 1885 dans le golfe d'Aden.

Paris, Librairie militaire de L. Baudoin, 1886. In-8 de 67 pp. ; broché, couverture grisée imprimée.

Tiré à part d'un article publié dans la Revue maritime et coloniale d'avril 1886. Il fut réalisé d'après les rapports et les journaux de navigation des capitaines des 42 grands navires qui furent engagés dans cet ouragan. Il est illustré de quelques figures dans le texte et d'une grande carte dépliante du golfe d'Aden retraçant la marche du cyclone. Le vice-amiral Cloué participa à l'expédition française au Mexique, fut gouverneur de la Martinique de 1871 à 1874, puis ministre des colonies en 1880-1881. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Couverture écornée. Polak, 1798.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHIN (Augustin).

L'Espagne et l'esclavage dans les îles de Cuba et de Porto-Rico.

Paris, J. Claye, 1869. In-8 de 29-(3 bl.) pp.; broché, couverture orangée imprimée, non rogné.

Tiré à part d'un article paru dans la Revue des deux mondes du 1er mai 1869. Après avoir publié, en 1861, un ouvrage historique sur l'abolition de l'esclavage, l'auteur s'attache, dans cette brochure, à analyser la situation dans les colonies espagnoles, parmi les dernières à n'avoir pas encore aboli l'esclavage, et au moment où Cuba était en pleine insurrection. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Sabin, 14067.

COMBES (Charles).

Les Cahiers coloniaux (35 ans consécutifs en Afrique). La Légende vécue sous la magie. Manuscrit dactylographié.

Côte d’Ivoire, 13 janvier 1956. In-4 (27 x 21 cm) de 34 pp.; en feuilles.

Sculpteur et peintre français, Charles Combes (1891-1968) arriva en Côte d’Ivoire au début des années 1920. Puis il installa, en 1923, son atelier de sculpture à Bingerville, l’ancienne capitale de la colonie située près d’Abidjan. Entre 1927 et 1941, il composa, à Toumodi et à Bingerville, vingt cahiers de contes fantastiques, où se mêlaient souvenirs personnels et légendes africaines, dont les thèmes récurrents étaient la magie et la sorcellerie. Ces cahiers, ronéotypés, tirés à petit nombre et édités à compte d’auteur, contenaient chacun 10 à 20 pages de texte. L’ouvrage était divisé ainsi: Le mur de la magie (cahiers n° 1 à 3). - Le masque aux yeux vivants (n° 4). - Visions d’art (n° 5). - N’Da (n° 6, 7, 8, 9). - Rendez-vous de minuit (n° 10). - Quelques histoires (n° 11). - L’étrange roman d’un village (n° 12 à 20). La présente copie, dactylographiée, contient des passages de cet ouvrage: Préface de l’auteur. Le mur de la Sorcellerie et de la Magie (pp. 1-21, en 3 chapitres qui semblent correspondre aux trois premiers cahiers). - Les Reflets du mur (pp. 21-27, correspondant au 4e cahier). - Quelques histoires (titre de départ, p. 27, probablement un extrait du 11e cahier). - Des Hommes (pp. 28-29). - Pas à pas dans la brousse (p. 29). - La danse des loups (pp. 30-31). - L’Enfer des N’Da (pp. 31-32; peut-être un extrait des cahiers 6 à 9). - Histoire de chasse (pp. 32-34). Extrait: «Il s’agit d’une histoire absolument authentique et qui reste dans ma mémoire comme un souvenir hallucinant. Il s’agit d’un masque; je l’avais acquis pour une modeste somme. Je le tenais d’un très vieux sorcier de village, un nommé Wô […]. Il avait, suivant l’éclairage, l’air fripon ou cynique, il semblait sourire, interrogateur parfois ou boudeur, et de ses lèvres en bois, il avait l’air d’adresser une prière. Cela m’enchantait et me captivait étrangement […]. A certaines heures il me donnait l’impression d’être cruel comme s’il avait conservé sous son front bombé le souvenir des scènes atroces auxquelles il avait sans doute participé. Une nuit, je crus entendre gémir tout à côté de moi; il n’y avait cependant personne dans ma chambre, ni dans la maison que la clarté de la Lune inondait de toute part […]. Une autre fois un gros soupir me réveilla en sursaut [puis] ces soupirs et ces gémissements m’éveillèrent avec une précision mathématique, toutes les nuits à minuit. [Une nuit] il s’éleva dans l’ombre un gémissement […]. Je me levais cependant, cela venait de ma malle, j’y allais et l’ouvris brusquement. Le masque était toujours là et je vis nettement les yeux vivants qui flottaient dans l’ombre, des yeux morts, des yeux liquides, lumineux, flottants, hallucinants. Ils s’éteignirent progressivement. Alors, je restais là, rivé au sol, cherchant à m’expliquer cette curieuse apparition […]. Il rodait autour de cette histoire des actes de magie…» (pp. 21-24). Ce curieux manuscrit a été dactylographié au verso de feuillets à en-tête de la Compagnie de Mokta. Fondée en 1865, cette compagnie exploitait des mines dans différents pays d’Afrique, notamment les mines de manganèse de Grand-Lahou près d’Abidjan. En 1986, elle devint une filiale de la Cogéma, qui fut intégrée dans le groupe Areva en 2001. Document d’une grande rareté, non mentionné dans les catalogues de la BnF ni du CCFr. On joint: DESANTI (Dominique). Côte d’Ivoire. Manuscrit dactylographié. S.l.n.d. [1962]. In-4 de (2) et 118 pp.; en feuilles, addition manuscrite au bas de la p. 7, table des matières en dernière page. Célèbre journaliste, historienne, biographe et romancière, Dominique Desanti effectua, en 1961-1962, un séjour de six semaines en Côte d’Ivoire. A cette occasion, elle composa la présente relation, divisée en deux parties: le récit du voyage proprement dit (pp. 1-89), et un «documentaire», sorte d’appendice explicatif (pp. 89-118). Entre ces deux parties devait s’insérer un «Panorama» ou reportage photographique, qui n’est pas présent ici. Le récit contient de nombreuses considérations économiques et politiques sur la Côte d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Ce manuscrit a été publié dans la collection «L’Atlas des Voyages» des éditions Rencontre (Lausanne, 1962, in-4, 286 pp.). On joint également: Extension de l’Hôtel Ivoire (titre de départ). S.l.n.d. [ca. 1968], in-4 de 8 pp. polycopiées (paginées 91-98). Extrait d’une brochure concernant les travaux d’Abidjan, parmi lesquels le deuxième pont et la nouvelle aérogare d’Abidjan - Port-Bouët. Intéressant ensemble sur la Côte d’Ivoire.

CONSIDÉRANT (Victor).

Au Texas.

Paris, Librairie Phalanstérienne, 1854. In-8 de (2) ff., 194, 4 pp. ; cartonnage rouge, dos lisse (reliure de l'époque).

Édition originale très rare ; elle ne fut adressée qu'à des amis de l'auteur. L'illustration se compose d'une carte gravée du Texas d'après Colton et d'une carte des États-Unis. Adepte du socialisme utopique de Fourier, Considérant partit en 1852 pour l'Amérique du Nord où il voulait fonder des phalanstères, habitation de la commune sociétaire régie par le système de Fourier. Après avoir visité les villes de New York, Boston, Buffalo, il remonta la rivière Rouge au Texas et traversa les prairies osages, peuplées d'Indiens. Duran deux mois, Considérant explora le Texas de la rivière Rouge à la rivière Brazos et de la Trinité à Austin City. Il visita aussi la baie de Galveston, la Nouvelle-Orléans et revint en France en Août 1853. Bon exemplaire dans sa première reliure. Rousseurs éparses, coins usés. Jenkins, Basic Texas Books, 33. — Numa Broc, Amérique, 88. — Sabin, 15925.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

D'AQUIN ALLAIN (Hélène).

Souvenirs d'Amérique et de France par une créole.

Paris, Perisse frères, 1883. In-8 de (2) ff., vj-(2)-386-(1) pp.; percaline bleue, dos lisse orné à froid, tranches mouchetées (reliure du de l'époque).

Rare première édition. Hélène d'Arquin naquit en Jamaïque où sa famille s'était réfugiée en 1791 après la révolte de Saint-Domingue. De nouveau ruiné par l'abolition de l'esclavage de 1836 dans les colonies anglaises, son père s'installa à la Nouvelle-Orléans où sa fille fut élevée et où elle épousa le docteur Frédérick Allain. Mais, ce dernier étant mort de la fièvre jaune, elle partit s'établir en France avec son fils. Son livre de souvenirs relate l'histoire de sa famille à Saint-Domingue, la fuite en Jamaïque devant les insurgés, et la vie à la Nouvelle-Orléans. Elle y a joint la copie d'un manuscrit de dom Aignan Bizotin sur sa famille maternelle, des extraits de Description […] de la partie française de l'isle de Saint-Domingue, par Moreau de Saint-Méry (pages 132 à 170), et de Les créoles, réponse à madame de G[Grandfort] par Eléonore Ligeret de Chazey (pages 185 à 207). Bon exemplaire. Bords extérieurs des plats décolorés, petit défaut à une coiffe. Max Bissainthe, 4424.

DAUMAS (Melchior-Joseph-Eugène).

La grande Kabylie, études historiques.

Paris, L. Hachette et Cie, 1847. In-8 de viij-(1)-(1 bl.)-488 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs orné de filets, pièce de titre noire, tranches mouchetées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Première édition, illustrée d'un tableau dépliant et d'une carte dépliante lithographiée et coloriée. Eugène Daumas fut responsable des Affaires indigènes de l'Algérie puis directeur des Affaires de l'Algérie au Ministère de la Guerre. Il publia cet ouvrage avec le capitaine d'artillerie Paul Fabar, alors que la conquête de la Kabylie était encore en cours. Bel exemplaire. Gay, 493. — Numa Broc, Afrique, 100.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DESNOS (Louis-Charles).

Etrennes utiles et nécessaires aux commerçans et voyageurs ou Indicateur fidèle enseignant toutes les routes royales et particulières de la France, et les chemins de communication qui traversent les grandes routes : les villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux, abbayes, hôtelleries, rivières, bois et les limites de chaque province, distinguées.

Paris, chez le S. Desnos, 1773. In-16 de 176 pp. (dont 20 de texte) ; maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons aux angles, dentelle intérieure, filet doré sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un frontispice et d'un titre gravés, de 3 cartes gravées à double page, et de 156 cartes détaillées des routes de France gravées recto verso. Les cartes à double page sont : Carte générale des routes de France, Environs de Paris et une carte ajoutée non numérotée portant le titre Environs de Dijon. Précieux ouvrage de cartographie routière "Rendu si complet, tant pour le détail topographique, que pour l'exécution, que les amateurs y trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer". ìditeur parisien de la seconde moitié du dix-huitième siècle, Louis-Charles Desnos était "libraire et ingénieur géographe pour les globes et les sphères de Sa Majesté Danoise". Comme éditeur, il publia entre 1764 et 1786 une série d'atlas thématiques, et travailla notamment avec Brion de la Tour. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la page de titre de Le Baillif. Grand-Carteret, Les Almanachs Français, 581 (édition de 1777) ; Shirley, Maps in the Atlases of the British Library, I, T.DESN-5a.

DEVOISINS (Valentin).

Vues et portraits dessinés pendant l'expédition sur Constantine, en novembre 1836.

Paris, Grimbert et Dorez, 1837. In-folio de 8 pp.; en feuilles sous couverture imprimée, chemise en demi-maroquin fauve à coins, étui (emboitage moderne).

Très rare album lithographié comprenant un titre illustré, une carte dépliante, et 13 planches dessinées sur place (vue de l'intérieur d'une maison maure, inscriptions, portraits, vue de Constantine, vues du camp de Guelma, vue de Bône). Le texte explicatif fut rédigé par Valentin Devoisins, alors commissaire civil à Douera, et la plupart des planches furent réalisées par Pierre Letuaire, professeur de dessin au collège de Toulon et qui participa à l'expédition. Ces illustration furent réalisées durant l'expédition de Constantine de 1836, durant laquelle l'armée française, commandée par le Maréchal Clauzel, gouverneur général de l'Algérie, échoua à prendre la ville. Cette lourde défaite eut un profond retentissement tant en France qu'aun niveau international. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques piqûres, dos de la couverture refaite. Inconnu des principales bibliographies.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUMORIER (Joseph-Pierre).

Sur les troubles des colonies, et l'unique moyen d'assurer la tranquilité, la prospérité et la fidélité de ces dépendances de l'Empire. En réfutation des deux discours de M. Brissot, des 1er et3 décembre 1791.

Paris, Didot jeune, décembre 1791. Petit in-8 de (1) f., 60 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Commissaire civil de tous les établissements coloniaux français situés au delà du cap de Bonne-Espérance, l'auteur revient sur l'histoire des conséquences de la Révolution Française dans les colonies où elle provoqua troubles et rébellion. Il conclut en demandant à l'Assemblée de ne plus statuer sur les colonies, en accord avec le décret du 24 septembre qui donne aux Conseils Coloniaux le pouvoir de légiférer sur les affaires intérieures des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPUCH (Élie-Louis).

Précis historique des troubles survenus à la Guadeloupe depuis l'arrivée des commissaires du roi à la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 47 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Rare brochure décrivant les événements survenus à la Guadeloupe au début de la Révolution. Élie-Louis Dupuch fut notaire à Basse-Terre de 1781 à 1790, date à laquelle il fut envoyé à Paris par la commune de Basse-Terre pour y rendre compte des troubles survenus dans l'île. Dans son compte-rendu, il prit parti contre le gouverneur et contre les décisions de l'Assemblée Coloniale. Bon exemplaire. Certains feuillets courts de marge sans atteinte au texte, petite mouillure marginale aux derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DUREAU de LA MALLE (Adolphe).

Province de Constantine. Recueil de renseignemens pour l'expédition ou l'établissement des Français dans cette partie de l'Afrique septentrionale.

Paris, Gide, 1737. In-8 de xv-(1 bl.)-315 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long à la rocaille, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une grande carte lithographiée dépliante de la région de Constantine. Publié au moment de la prise de Constantine par les Français, Dureau de La Malle dresse une synthèse de toutes les connaissances sur cette province. Son ouvrage est divisé en trois parties: une description du pays (topographie, routes, rivières, production, géologie, zoologie et climat); une étude sur la population; et un tableau des monuments antiques. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au duc de Luynes. Rousseurs en début et fin de volume. Gay, 1114.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ENGEL (Samuel).

Extraits raisonnés des voyages faits dans les parties septentrionales de l'Asie et de l'Amérique, ou nouvelles preuves de la possibilité d'un passage aux Indes par le nord.

Lausanne, Jules Henri Pott, 1779. In-4 de (5) ff., pp.ix-xxiv, 268 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Première édition, avec un nouveau titre, de l'ouvrage publiée en 1765 chez Antoine Chapuis à Lausanne, sous le titre Mémoires et observations géographiques et critiques sur la situation des pays septentrionaux de l'Asie et de l'Amérique. Elle est illustrée de 2 cartes gravées dépliantes: Carte de la partie Septentrionale et Occidentale de l'Amérique, et Carte de la partie Septentrionale et Orientale de l'Asie. Samuel Hengel était un savant bibliothécaire et géographe suisse. Dans son ouvrage, en se basant sur les dernières relations de voyages à sa disposition, il y traite de la question du passage par le nord de l'Amérique et de la Russie qu'il pensait possible, en se fondant sur l'hypothèse, fausse, hélas pour lui, que l'eau de mer ne gelait pas. Il y affirme aussi que la Californie n'est pas une île comme certains le pensaient alors. Bon exemplaire. Howes, E149. — Lada-Mocarski, 18. — Sabin, 22569, 22571.

EPINAY (Adrien).

Renseignements pour servir à l'histoire de l'île de France jusqu'à l'année 1810, inclusivement. Précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc.

île Maurice, nouvelle imprimerie Dupuy, 1890. In-8 de (3) ff., vij-(1 bl.)-577-(1 bl.)-viij pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première et seule édition, tirée à 600 exemplaires, tous signés par l'auteur. L'auteur est le fils d'Adrien d'épinay (1794-1839), avocat et homme politique mauricien, qui négocia les compensations financières des planteurs au moment de l'abolition de l'esclavage dans l'île. L'ouvrage de son fils est une chronologie de l'histoire de l'île de France jusqu'en 1810, date de la prise de possession par la Grande-Bretagne. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun, aux armes de la famille Duperré en bas du dos. Il est enrichi d'un envoi autographe signé du frère de l'auteur au vice amiral Victor Duperré, dédicataire de l'ouvrage et fils de l'amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies. Quelques corrections manuscrites de l'époque (par l'auteur ?) dans les marges. Manque la fin de la table correspondant aux pages ix à xxij, qui ne semble pas avoir été reliée. Ryckebusch, 3010.

ETON (William).

Tableau historique, politique, et moderne de l'empire ottoman.

Paris, Tavernier, an VII [1799]. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., iv-xxij-352 pp., (2) ff., 320 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. E. Lefèvre. À travers ce portrait de l'Empire Ottoman, William Eton, diplomate anglais, entendait démontrer que la Grande-Bretagne, alliée aux Russes, devait s'opposer par tous les moyens aux Turcs, pour les chasser d'Europe, libérer la Grèce, et assurer ainsi l'influence de son pays en Méditerranée. Mais son ouvrage ayant paru au moment de l'expédition d'Égypte, la Turquie devint l'alliée de la Grande-Bretagne au sein de la deuxième coalition contre la France révolutionnaire. Bel exemplaire. Atabey, 410. — Blackmer, 558 (édition anglaise). — Monglond, IV, 1033. — Weber, II, 792.

FENN (Harry).

Vue de La Nouvelle-Orléans.

Vers 1870. Aquarelle originale signée et montée sur carton (37,5 x 27,5 cm), encadrée.

Magnifique représentation de La Nouvelle-Orléans et d'une partie du Mississippi, avec, en premier plan, des hommes et des femmes récoltant le coton. Harry Fenn était un illustrateur américain d'origine anglaise, peintre paysagiste, graveur et graveur sur bois. De 1870 à environ 1895, il fut l'illustrateur de paysage le plus important aux États-Unis. Précieux document parfaitement conservé.

FERRER (Giuseppe di).

Mémoires critiques sur l'Orient, suivis de réflexions philosophiques et essai sur l'île de Corfou, et d'un petit aperçu du sort des officiers de l'armée napolitaine, après les événements de 1821.

Paris, chez l'auteur, 1845. In-8 de (2) ff., IV, 213 pp. ; broché, couvertures vertes imprimées et illustrées, non rogné.

L'illustration se compose d'un portrait lithographié en frontispice. Cet ouvrage traite essentiellement de l'Égypte mais on trouve aux pages 171 à 185 un chapitre consacré à l'île de Corfou. Exemplaire parfaitement conservé dans sa brochure d'origine. Blackmer, 589. — Hage Chahine, 1642. — Manque à Ibrahim-Hilmy.

FITZ-ROY (Robert).

Instructions nautiques sur les côtes occidentales d'Amérique, du golfe de Penas à la rivière Tumbez.

Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1863. In-8 de vj-183 pp.; dem- chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par A. Mac-Dermott. Elle contient toutes les instructions nécessaires à la navigation sur la côte ouest de l'Amérique du sud, entre le golfe de Penas, dans le sud du Chili, et l'embouchure de la rivière Tumbez,tout au nord du Pérou. Bel exemplaire comportant des annotations manuscrites de l'époque apportant des précisions ou corrections. Envoi autographe signé du traducteur au capitaine de vaisseau de Lapelin. Théodore-François de Lapelin (1812-1888) était, en 1856, chef d'état-major de la division des côtes occidentales d'Amérique, sur la Persévérante. En 1857, il prit par à la campagne de Cochinchine avant dêtre nommé gouverneur de la Martinique en 1864. Lors de la guerre de 1870, il fut le commandant de la division du Pacifique, bloqua les navires prussiens dans les port américains et continua les relevés hydrographiques sur les côtes du Chili.

FLANDIN (Eugène).

Voyage en Perse pendant les années 1840 et 1841.

Paris, Gide et Jules Baudry, 1851. 2 volumes in-8 de (2) ff., 511 pp. — (2) ff., 536 pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons à froid (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante entoilée représentant l'itinéraire de la mission. Elève d'Horace Vernet, le peintre Eugène Flandin et l'architecte et archéologue Pascal Coste furent envoyés en mission en Perse par l'Institut pour y inventorier les monuments anciens et modernes. De retour en France, ils publièrent, en 6 volumes in-folio dont 5 de planches le résultat de leurs travaux. Dans le même temps, Eugène Flandin écrivit et publia le récit de leur voyage à travers la Perse. Bel exemplaire, à grandes marges. Rousseurs claires au tome 1 et à quelques cahiers du tome 2. Brunet, II, 1281. — Wilson, p.72.

FLEURIAU d'Armenonville (Thomas-Charles).

Estat des missions de Grèce.

Paris, Antoine Lambin et Simon Besnard, 1695. In-12 de (1) f., 299-(9) pp.; veau fauve, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Procureur des missions jésuites établies au Levant, l'auteur donne une description de cette région à partir des lettres envoyées par les missionnaires. Ces missions étaient celle de Constantinople, Smirne, et des îles de l'archipel (Chios, Paros Athènes, Tinos, Syros, Naxos, Amorgos, Santorin et Eubée). Il en retrace l'histoire et donne de nombreux détail sur les mœurs locales. Bon exemplaire. Blackmer, 609. — Sommervogel, III, 788.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FOLEŸ (Antoine-Édouard).

Quatre années en Océanie.

Paris, J. Hetzel, 1866. In-8 de (2) ff., 300 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Edition originale. À sa sortie de l'Ecole Polytechnique, l'auteur fut affecté comme élève-officier à bord de la corvette le Rhin qui navigua en Océanie de 1842 à 1846. Le navire quitta Toulon en août 1842 pour la Nouvelle-Zélande et arriva à Akaroa en janvier 1843 après une escale à Bahia au Brésil et une autre en Tasmanie. Après un séjour de plusieurs mois, il visita plusieurs ports de Nouvelle-Zélande, se rendit à Sydney, revint à Akaroa, et alla ensuite à Valparaiso, aux îles Marquises et à Tahiti. En 1845, il fit une tournée des missions catholiques de l'Océanie (Tonga,Wallis et la Nouvelle-Calédonie). De retour en France, Foley reprit ses études, devint médecin, adepte des idées de Saint-Simon et donna des cours de géographie à l'Association Polytechnique (sorte d'université populaire). Dans son ouvrage, issus de ses cours, il étudie le développement de l'humanité et la formation des races et des types individuel en prenant ses exemples parmi les populations d'Océanie qu'il a rencontré. Bon exemplaire. O'Reilly, Tahiti, 4416.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

GARCILASSO DE LA VEGA (Gomez Suarez de Figueroa, dit el Inca).

Histoire des Yncas rois du Pérou.

Amsterdam, Jean Frédéric Bernard, 1737. 2 volumes in-4 de (20) ff., 540-(15) pp. & (2) ff., xxiv-373-(3) pp.; basane rouge, dos à nerfs ornés, pièces de titre verte, roulette encadrant les plats, armes au centre, coupes ornées, tranches dorées (reliure légèrement postérieure).

Nouvelle édition contenant L'histoire des Incas traduite de l'espagnol par Jean Baudouin; elle est suivie de L'histoire de la conquête de la Floride, du même auteur, et traduite par Pierre Richelet, auxquels est jointe la Nouvelle découverte d'un pays plus grand que l'Europe situé dans l'Amérique entre le Nouveau Mexique et la mer glaciale, du père Louis Hennepin. L'illustration se compose d'un frontispice, de 3 cartes gravées dépliantes (Pérou, Louisiane et cours du Mississipi), et de 15 planches gravées (dont une dépliante) la plupart par Bernard Picart. Fils d'un conquistador espagnol et d'une princesse inca, Garcilasso de la Véga naquit et vécut à Cuzco au Chili jusqu'à la mort de son père. Puis, à l'âge de 21 ans, il quitta l'Amérique pour s'installer en Espagne où il écrivit une Histoire des Incas qui est un témoignage unique d'un homme qui tenait des deux cultures et qui présentait une vision moins européenne de cette histoire. Le second texte, L'histoire de la conquête de la Floride, retrace l'histoire de l'expédition de Hernando de Soto à travers le sud-est des États-Unis à la recherche d'or et du passage vers la "Mer du Sud" et la Chine. Parti de La Havane en 1539, l'expédition attegnit les rives du Mississipi en mai 1541. Soto mourut un an plus tard et ce qui restait de l'expédition regagna Mexico sans avoir découvert de trésor ni même de lieux pour y établir une colonie. Le dernier texte est celui du père Hennepin qui, en 1678, accompagna Cavelier de La Salle dans la région des Grands Lacs puis continua, sans ce dernier, à explorer le nord du bassin du Mississipi qu'il descendit, dit-il, jusqu'à son embouchure (mais il fut accusé d'imposture sur ce point). Bel exemplaire aux armes de Sophie Dorothée de Wurtemberg, épouse du tsar Paul Ier et tsarine sous le nom de Marie Féodorovna (1759-1824). Fille du duc Fédéric-Eugène de Wurtemberg, elle passa une partie de son enfance au château de Montbelliard, qui faisait alors partie du domaine des duc de Wurtemberg, et était parfaitement francophone. Ex-libris et cachet à froid de la bibliothèque du palais Pavlovsy (au sud de Saint-Pétersbourg), résidence du couple impérial. Dos passés, petites taches sur les plats. Cohen, 425. — J.C.B., 737/98. — Leclerc, I, 618. — Sabin, 98752.

GASTINE (Civique de).

Histoire de la république d'Haïti ou Saint-Domingue, l'esclavage et les colons.

Paris, Plancher, 1819. In-8 de viij-264 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne. Créole de La Martinique, l'auteur publia plusieurs ouvrages et pétitions pour l'abolition de l'esclavage. En 1821, il fut exilé et fut accueilli à Haïti par le président Boyer qui lui octroya une pension et une souscription publique qui lui donnait une propriété Aux Cayes, mais il mourrut quelques mois après son arrivée. Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun. Quelques rousseurs, petite mouillure en début de volume, et petite galerie de ver dans la marge en fin de volume. Max Bissainthe, 5920. — Inconnu de Ryckebusch (qui cite d'autres titre de cet auteur). — Sabin, 96332.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GILPIN (William).

Voyage en différentes parties de l'Angleterre, et particulièrement dans les montagnes & sur les lacs du Cumberland & du Westmoreland.

Paris, Defer de Maisonneuve, 1789. 2 volumes in-8 de xix-(1 bl.)-441 pp. — xvj-348 pp.; veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Guédon de Berchère, et illustrée de 30 planches gravées (cartes, paysages, chevaux et bétail). Le révérend William Gilpin était surtout connu pour être l'un principaux promoteurs de la notion de pittoresque, soit un paysage digne d'être représenté en peinture. Il effectua de nombreux voyages en Angleterre à la recherche de paysages "pittoresques" dont la description occupe la plus grande partie de ses écrits. Bel exemplaire dans une élégante reliure de l'époque, et au chiffre JGS en bas du dos, correspondant à la famille de Solages, propriétaire de la société des mines de Carmaux. Monglond, I, 451.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUYS (Henri).

Voyage en Syrie. Peinture des mœurs musulmanes, chrétiennes et israélites.

Paris, Just Rouvier, 1855. In-8 de viij-412 pp. ; broché, couvertures imprimées.

Seconde édition de l'ouvrage paru en 1854 sous le titre "Un derviche algérien en Syrie". Issu d'une famille de diplomates ayant exercés au Levant, Henri Guys fut nommé consul à Beyrouth de 1823 à 1837, puis à Alep jusqu'en 1847. Retiré à Marseille, il se consacra à des travaux littéraires. Le présent ouvrage relate l'histoire d'un algérien fait prisonnier par les français après la conquête de l'Algérie. Libéré à la condition de ne plus revenir dans son pays natal, il choisit de s'exiler à Alep en Syrie. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Hage Chahine, 2069.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HENRION (Paul).

Voyage en Espagne. Manuscrit dactylographié.

Epernay, 1935-1938. In-8 (19,2 x 12,5 cm) de 248 - (2) pp., plus (18) pp. ajoutées; demi-toile verte, sous chemise de maroquin bleu-nuit, plats ornés d'un grand motif central constitué d'arabesques dorées, encadrement de roulettes et filets dorés avec fleurons d'angle (reliure de l'époque).

Le voyage d'un architecte français en Espagne. Accompagné de sa femme, l'architecte Paul Henrion participa à un voyage organisé en autocar à travers l'Espagne entre le 6 et le 24 mai 1935. Arrivé à Biarritz le 5 mai, il passa la frontière le lendemain et effectua un circuit dont les principales étapes furent Burgos, Ségovie, l'Escurial, Madrid, Tolède, Aranjuez, Cordoue, Séville, Cadix, Malaga, Grenade, Almeria, Alicante, Valence, Tarragone et Barcelone. De là, il rentra en France et passa par Perpignan et Toulouse avant de retourner à Epernay. Ce manuscrit est illustré de 17 aquarelles à pleine page (dont une signée "P.H."), 3 dessins à pleine page, 2 dessins dans le texte, 1 photographie, 8 cartes postales, 6 documents imprimés et 4 timbres de la République espagnole. Les aquarelles, pour la plupart exécutées sur papier fort, représentent les sujets suivants : Ségovie. L'aqueduc romain. – Ségovie. L'Alcazar. – Madrid. Porte de Tolède. – Madrid. La Telefonica. – Tolède. Pont d'Alcantara et Alcazar. – Tolède. La cathédrale. – Tolède. La maison du Gréco. – Tolède. Pont Saint-Martin, St Jean des Rois. – Cordoue. La Mosquée. – Séville. La Giralda et la Cathédrale. – [Grenade]. L'Alhambra. Cour des Myrtes. – Grenade. Salle de Justice, Cour des Lions. – Grenade. Les Grottes des Gitanes. – Séville. Parc Maria-Luisa. – Grenade. L'Alhambra. Entrée de la Salle des Ambassadeurs. – Les Gitanes de Grenade (signée P.H.). – Barcelone. La Sagrada Familia (datée mai 1935). Quant aux dessins à pleine page, ils représentent : Burgos. La Cathédrale (à l'encre noire). – Monastère de l'Escurial (à l'encre bleue). – Dans la Sierra Morena (au pastel brun). Ceux insérés dans le texte (à l'encre noire) montrent des réalisations de l'architecte Gaudi : maison avenue de Gracia et Parc Güell à Barcelone (p. 242). La photographie représente Paul Henrion et sa femme à Malaga, au milieu des palmiers dans la promenade de l'Alameda; elle a été prise par un photographe ambulant (p. 152). Concernant les cartes postales, elles montrent des vues de Madrid, Séville, Cadix, Gibraltar, Alicante, Valence (2) et Barcelone. Le texte fournit des descriptions très précises sur les endroits visités : monuments de Burgos, palais de l'Escurial, musée du Prado à Madrid, maison du Gréco à Tolède, mosquée de Cordoue, Alcazar de Séville, Alhambra de Grenade…, et contient de nombreuses observations sur les régions traversées : accueil dans les différentes villes, repas, hôtels, activité des habitants, costumes, fêtes et cérémonies, etc. L'auteur mentionne quelques événements ou anecdotes, comme la présence d'un banquet fasciste présidé par Primo de Rivera dans leur hôtel à Cordoue, ainsi que la tentative de fugue d'un jeune garçon qui est finalement repris par la gendarmerie (pp. 112-115). Il évoque aussi une visite aux grottes du Sacro Monte, à Grenade : "Nous montons ensuite à pied […] à l'Albaycin, quartier des Gitanes. Ces bohémiens habitent seuls ce quartier perché sur une colline. Les habitations sont creusées dans la montagne, en forme de grottes comprenant souvent plusieurs pièces successives […]. Nous assistons dans l'une de ces maisons à des danses et chants. Les femmes vêtues de couleurs voyantes, jaunes, rouges, bariolées de rouge, noir, violet, etc., dansent avec accompagnement de castagnettes, claquements de mains et furieux coups de talons […]. Nous sommes assaillis par une nuée d'enfants mendiant des sous, des cigarettes. Certains sont particulièrement exigeants et tenaces : deux petites gitanes passablement effrontées nous firent la conduite au retour jusqu'au centre de Grenade…" (pp. 174-175). A Barcelone, Henrion apprécie les réalisations du célèbre architecte espagnol Antonio Gaudi y Cornet (1852-1926), auteur de la Sagrada Familia, ou Eglise de la Sainte Famille, dont une représentation aquarellée figure dans le manuscrit : "[Elle] est une œuvre d'une telle étrangeté qu'il est rare d'en entendre parler sans passion […], les architectes français surtout nous ont paru acharnés à n'y vouloir rien comprendre […]. M. Gaudi est un maître ès pierres vives du moyen âge ressuscité à la fin du XIXe siècle. C'est un homme d'une foi ardente, d'une piété ascétique et d'un incontestable génie artistique. Il y a chez lui toute la mentalité disparue du grand constructeur de cathédrales, l'esprit religieux, la science de son art et la puissance créatrice…" (p. 236). En tête du manuscrit se trouve inséré le programme du voyage avec une carte indiquant l'itinéraire suivi. Organisé par l'agence "Le Tourisme français", il regroupait 17 voyageurs, plus Henrion et sa femme, ainsi que le guide, soit 20 personnes au total. La liste des participants se trouve à la fin du récit. Par ailleurs, Henrion s'était déjà rendu en Espagne en 1930, visitant Irun et Fontarabie, ainsi qu'il le mentionne au début de sa narration (p. 6). Intéressante relation d'un voyage en Espagne, effectué un an avant le début de la guerre civile (1936-1939).

HENRY (P. F.).

Route de l'Inde, ou description géographique de l'Égypte, la Syrie, l'Arabie, la Perse et l'Inde.

Paris, Carteret, Dentu, an VII [1799]. In-8 de (1) f., v à viij, 457 pp.; cartonnage de papier bleu, pièce de titre de maroquin brun, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte gravée dépliante. Ouvrage rédigé par Pierre-François Henry, dans lequel il donne un précis de l'histoire et un tableau des mœurs et coutumes des peuples anciens et modernes de différentes contrées citées. Il puisa ses renseignements dans les récits de voyages d'auteurs célèbres tels que Norden, Pockoke, Niebuhr, Savary, Volney, Tavernier, Chardin, Hodges, ou encore le major Rennel. Bon exemplaire. Marges externe des 2 feuillets de marge en fin de volumes coupées. Certaines bibliographies attribue cet ouvrage au vicomte de Valentia. Gay, 138. — Hage-Chahine, 2158. — Ibrahim-Hilmy, I, 38. — Monglond, IV, 1005. — Wilson, 94.

HEUDE (William).

Voyage de la côte de Malabar à Constantinople, par le Golfe Persique, l'Arabie, la Mésopotamie, le Kourdistan et la Turquie d'Asie; fait en 1817.

Paris, Gide fils, 1820. In-8 de 358 pp.; basane fauve marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite par Auguste Defauconpret et publiée un an après l'édition anglaise. Elle est illustrée de 6 planches gravées et aquarellées de costumes (Tartare, Arabe bédouin, Derviche de Bassora, Juif de Bagdad, Turc de Merdyn, Hamoud-Beg-effendi), et d'une carte gravée dépliante de la Turquie d'Asie. Le lieutenant Heude retourna en Angleterre après quinze années de service en Inde. Il s'embarqua à Bombay en octobre 1816, fit escale à Mascate, débarqua à Bassora, et passa par Bagdad après un voyage de trois semaines dans le désert parmi les Bédouins. Puis il gagna Mossoul à travers le Kurdistan, et atteignit Constantinople en avril 1817. Sa relation est très vivante et le récit des aventures de cet Anglais voyageant seul (une rébellion en mer, une révolution à Bagdad, des pillards et des guides peu scrupuleux…) est enrichi de nombreux rappels historiques sur les contrées traversées. Bel exemplaire. Atabey, 576. — Blackmer, 812. — Chadenat, 1622. — Weber, 85.

HOGAN (John Sheridan).

Le Canada.

Montréal, John Lovell, 1855. In-8 de 106 pp.; percaline bleue, dos lisse muet, encadrement à froid sur les plats et titre doré sur le premier (cartonnage de l'éditeur).

Ouvrage publié simultanément en français et en anglais, et illustré de 2 grandes cartes dépliantes. En 1855, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris, le comité canadien, chargé d'assurer la représentation du pays, décida d'un concours dont le but était d'obtenir un ouvrage court et précis pour faire connaitre le Canada. Et la victoire revint à l'auteur du présent ouvrage. Bon exemplaire. Quelques rousseurs en fin de volume. Sabin, 32422.

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Volcans des Cordillères de Quito et du Mexique.

Paris, Théodore Morgand, 1864. In-8 oblong de (2) ff., ; demi-chagrin vert, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 12 planches gravées, chacune accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Elles représentent des vues de volcans du Pérou et du Mexique, la plupart dessinées par Alexandre de Humbolt en 1802 lors de sa traversée des Andes, et au cours de laquelle il tenta d'atteindre le sommet du Chimborazo. Il monta néanmoins jusqu'à 5920 m, établissant ainsi le recoort d'altitude de son époque. Ce recueil fut publié pour la première fois en 1854 pour accompagner l'ouvrage de Humboldt, Mélanges de géologie et de physique générale. Bel exemplaire. Sabin, 33749

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JANVIER (Louis Joseph).

Les affaires d'Haïti (1883-1884).

Paris C. Marpon et E. Flammarion 1885 In-8 de (3) ff., 338-(1) pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, chiffre W en pied du dos, tranches jaspées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée d'une carte d'Haïti dépliante. Né à Port-au-Prince, Louis-Joseph Janvier passa la majeure partie de sa vie à l'étranger. Il quitta Haïti en 1877, et entreprit à Paris et à Lille des études de médecine, de sciences politiques et de droit. Member de la Société d'Anthropologie de Paris en 1882, il publia en un temps record des essais importants, notamment : La république d'Haïti et ses visiteurs, Haïti aux Haïtiens, L'égalité des races ou encore Les affaires d'Haïti. Ce dernie est un recueil de lettres et d'articles écrit à l'occasion de la rébellion, en 1883, de plusieurs ville d'Haïti qui demandaient la déchéance du président de la république haïtienne Lysius Salomon. Bel exemplaire au chiffre de Tanneguy de Wogan. Envoi autographe signé de l'auteur au même, daté de novembre 1884.

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOHNSON (Henry) — HALES (Stephen).

Histoire des tremblemens de terre arrivés à Lima, capitale du Pérou, et autres lieux.

La Haye, 1752. 2 partie en un volume in-12 à pagination continue de xvi-445 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais et augmentée par Stephen Hales. Elle est illustrée de 7 planches gravées dépliantes : une carte de l'audience de Lima au Pérou, les plan de Lima, Callao et de la rade de Callao, et 3 planches de costumes. La première partie contient une Histoire du tremblement de terre arrivé à Lima, par Henry Johnson. On y trouve une description de Lima et du port de Callao avant cet évènement, et des réflexions sur les causes de la sécheresse qu'il fait à Lima ainsi que les fréquents tremblements de terre dans la région. Vient ensuite un texte de Pedro Lozano intitulé Relation exacte de la destruction de Lima. La seconde partie contient une Description du Pérou, de ses habitants, et de leurs différents commerces; une Réflexion physiques sur les causes des tremblemens de terre, présentées à la société royale de Londres le 5 avril 1750 par M. Hales; et une Relation d'un tremblement de terre, arrivé au Port Royal à la Jamaïque au mois de juin 1692, tirée de deux lettres du ministre de cette colonie, écrites à bord du vaisseau la Grenade, alors en rade au Port-Royal (attribuée au révérend E. Hearth). Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Sabin, 42596.

JOMARD (Edme-François).

Coup d'oeil sur l'île Formose à l'occasion d'une carte chinoise de cette île apportée par M. de Montigny.

Paris, L. Martinet, 1859. In-8 de 43-(1) pp.; broché, couverture muette de l'époque.

Rare tiré à part d'un article publié en décembre 1858 dans le Bulletin de la société de géographie. Il est illustré d'une carte dépliante en couleurs ayant pour titre: Carte complète orographique et hydrographique de Formose, traduite du chinois par Léon de Rosny, 1856. Cette carte chinoise fut rapportée en France par Charles de Montigny, consul de France à Shanghai de 1848 à 1853. Ingénieur-géographe et archéologue, Jomard fut membre de l'expédition française en égypte de 1798. En 1818, il fut élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et fut cofondateur en 1821 de la Société de géographie. En 1828, il créa le département des cartes et plans de la Bibliothèque Royale, dont il devint le conservateur administrateur en 1838. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur à M. de Montigny sur la couverture. Cordier, BS, 262.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JOUVE (Joseph, dit VOJEU de BRUNEM).

Histoire de la conquête de la Chine par les Tartares mancheoux.

Lyon, les frères Duplain, 1754. 2 volumes petits in-12 de (10) ff., 345-(1) pp. — (2) ff., 318-(4) pp.; veau havane marbré aux armes, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Pour écrire son histoire l'auteur se servit du manuscrit de la volumineuse Histoire de la Chine du Père Mailla qui n'était pas encore publiée. Ce manuscrit, envoyé par le Père Mailla en 1737, se trouvait conservé à la bibliothèque du collège jésuite de Lyon où l'auteur enseignait la théologie morale. Son ouvrafge se termine par une concordance chronologique entre la Chine et l'histoire ancienne qu'il tira d'un manuscrit latin du Père Régis conservé dans la même bibliothèque. Bel exemplaire. Armes non identifiées. Chadenat, 7056. — Cordier, BS, 629. — Sommervogel, 860.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA CHAPELLE (Henri de).

Voyage aux Pyrénées en 1889. Lourdes. Excursion à Luz, Saint-Sauveur, Gèdre et Gavarnie. Manuscrit signé (relié avec un autre manuscrit et deux textes imprimés).

Cherbourg, fin 1889. 4 parties en un volume in-8 (19,6 x 12 cm) de (1) f. manuscrit, 62 pp. imprimées, (27) pp. manuscrites, (1) f. manuscrit, (59) pp. manuscrites et 39 pp. imprimées; demi-chagrin bleu foncé, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches jaspées (reliure de l’époque).

Relation d’un pèlerinage à Lourdes et d’une excursion dans les Pyrénées. La partie manuscrite, richement illustrée, comprend1 page de titre, 5 en-têtes et 20 lettrines enluminées, 30 dessins exécutés à la plume et à l’encre noire dans le texte, 3 dessins coloriés et 2 photographies dans le texte. Soigneusement calligraphiée, elle comprend également 10 partitions musicales accompagnées de cantiques. Après avoir quitté son «domicile rural» de Flamanville, l’auteur arrive à Cherbourg le 25 août 1889 au soir. Le lendemain matin, il monte dans l’un des six trains réservés par le diocèse de Coutances pour le pèlerinage de Lourdes. A cette occasion, il reçoit son insigne de pèlerin ainsi qu’un manuel contenant les prières, chapelets et cantiques du voyage. Le trajet s’effectue en traversant un grand nombre de villes, parmi lesquelles Angers, Saintes, Bordeaux et Tarbes. L’arrivée à Lourdes a lieu le 27 août à midi. Le voyageur est alors logé dans la même famille qui l’avait accueilli lors de son précédent pèlerinage en 1881. Il effectue une visite à la Grotte et prend de l’eau à la Source, avant de se préparer pour la procession du diocèse de Coutances. Celle-ci a lieu à 4 heures et les pèlerins se dirigent vers la Grotte où ils écoutent le sermon d’arrivée prononcé par Mgr Germain. Le lendemain matin, le voyageur assiste à la messe pontificale, puis il effectue une promenade entomologique dans les environs. Il retourne ensuite à la Grotte pour les vêpres, visite le lac de Lourdes et revient pour la procession du soir. Le 29 août, La Chapelle effectue une excursion à Gavarnie: le trajet s’effectue en train, par Boô-Silhem, Argelès-Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur et Gèdre. Il visite le Chaos de Gavarnie, «entassement de blocs énormes arrachés à la montagne», puis la Brèche de Roland, et aperçoit, au loin, la cascade, qui, «au lieu de présenter une chute d’eau rapide, ressemble à une fumée blanche descendant lentement». Parvenu au village, il prend un guide et un âne, passe par le Pont de neige et arrive au Cirque de Gavarnie qu’il contemple: «De retour au village de Gavarnie, j’ai pu constater par maints exemples que si les Pyrénées n’ont plus de brigands avec chapeaux à plumes et tromblons, on y trouve des loueurs de voiture qui les remplacent jusqu’à un certain point…». Le voyageur rentre à Lourdes dans la soirée, après être passé par Luz et Pierrefitte. Il termine son pèlerinage le 30 août (messe à l’église du Rosaire, sermon d’adieu à la Grotte) puis rentre à Cherbourg où il arrive le lendemain. Le 1er septembre, La Chapelle assiste à une séance de la Société d’horticulture avant de retourner à Flamanville le 2 septembre. Le 1er octobre, il est de retour à Cherbourg où il reçoit une caisse contenant des plantes des Pyrénées. Il précise aussi qu’il a été témoin de la guérison d’une de ses parentes, avec laquelle il avait fait le voyage: «Ma cousine Marie Macé souffrait depuis longtemps d’une maladie nerveuse qui s’attaquait surtout aux pieds, l’empêchait de marcher et lui faisait tomber les ongles. Elle a fait le voyage et suivi les exercices du pèlerinage sans fatigue, et depuis ce moment, les symptômes ont disparu. Cette guérison est connue de tous ses parents et amis, et doit être considérée comme surnaturelle…» (Notes supplémentaires). Les dessins représentent, pour la plupart, des églises situées sur l’itinéraire du pèlerinage, ainsi que des sites pittoresques des Pyrénées: Eglise de Boô-Silhem, donjon de Vieuzac, Saint-Savin, Saint-Sauveur, Gèdre, Chaos de Gavarnie, Brèche de Roland, église de Gavarnie, cascade, Pont de neige, Cirque de Gavarnie, pont Napoléon à Luz, etc. Certains d’entre eux ont été copiés dans Les Pyrénées françaises de Sadoux. Les deux photographies, non signées, montrent le site de Lourdes, où l’on aperçoit l’église du Rosaire (achevée en 1889), elle-même surplombée par la basilique de l’Immaculée-Conception. Cette relation est précédée d’observations sur les pèlerinages des diocèses de Coutances et de Vannes effectués à Lourdes en 1883, avec les cantiques correspondants. Quant aux deux textes imprimés, ils contiennent le compte-rendu, par L.-M. Mustel, des pèlerinages du diocèse de Coutances à Lourdes en 1883 et 1889. Ancien commis principal des Douanes, Henri de La Chapelle était membre de la Société d’horticulture de Cherbourg. En 1884, il publia, dans le Bulletin de cette société, un article intitulé «Les jardins et les jardiniers de Cherbourg. Les serres de M. E. Liais» (15e année, 1883). Il publia aussi, en 1890-1891, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg, le récit de deux voyages qu’il avait effectués dans les îles anglo-normandes en 1884 et 1890. La présente relation semble inédite. Intéressant manuscrit, bien conservé et d’une présentation soignée.

LA CROZE (Mathurin Veyssière de).

Histoire du christianisme d'Éthiopie, et d'Arménie.

La Haye, la veuve Le Vier, & Pierre Paupie, 1739. Petit in-8 de (7) ff., 402 pp.; veau fauve, dos à nerfs orné de symboles héraldiques, coupes fitetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'un frontispice gravé, et d'une figure gravée sur cuivre dans le texte repésentant une pièce de monnaie. Mathurin Veyssière de La Croze (1661-1739), fut moine bénédictin à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Mais, en conflit avec son ordre, il se rendit à Berlin, se convertit au protestantisme et devint bibliothécaire de Frédéric II de Prusse. La Croze était l'un des hommes les plus érudits de son temps, il connaissait plusieurs langues orientales et rédigea le manuscrit d'un dictionnaire copte-latin. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Charles de Rohan, prince de Soubise (1715-1787), maréchal de France et ministre d'état (lot n° 7900 de la vente de son importante bibliothèque en 1788). Coiffes et coins usagés, mors fendus. Brunet, VI, 21567. — Gay, 2691. — OHR, 2034-6 & 7.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LA ROUVRAYE (Charles-Louis-Victor de).

Traité sur l'art des combats de mer.

Paris, Bachelier, 1815. In-4 de (3) ff., 86 pp.; cartonnage à la bradel de papier rouge, dos orné de filets, pièce de titre de maroquin noir, filet encadrant les plats, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, sur papier vélin, illustrée de 6 planches gravées dépliantes. L'auteur entra dans la marine en 1799. En 1805, il fut fait prisonnier par les Anglais dans un combat au large du cap de Bonne Espérance, et passa plusieurs années sur les pontons anglais avant d'être libéré en 1811. Promu lieutenant de vaisseau, il servit à Boulogne, Cherbourg, Brest, aux Antilles et participa à l'expédition d'Alger. Son Traité sur l'art des combats de mer est un ouvrage de référence sur l'histoire de la pensée navale française après les guerres de la Révolution et de l'Empire. Bon exemplaire. Polak, 5375.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique et notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production du pays, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. [Relié avec:] - [PIDANSAT de MAIROBERT (Mathieu-François)]. Lettre de M. de M... à M. de ... sur les véritables limites des possessions angloises & françoises en Amérique. S.l., 1755. 11 pp. Rare plaquette publiée à la veille de la guerre de Sept ans, alors que les hostilités étaient déjà déclarées en Amérique entre les Français et les Anglais. - RONDET (Laurent-Étienne)]. Réflexions sur le désastre de Lisbonne. En Europe, aux dépens de la compagnie, 1756. Premier tome seul sur deux. Bel exemplaire. Les plats sont restés à nus. Sabin, 38564 (premier ouvrage, le second n'y figure pas).

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAPLANTE (Edouard).

La Habana. Panorama general de la ciudad y su bahia.

La Habana, L. Marquier y Laplante, circa 1850. Lithographie originale (49,9 x 71,5 cm, hors marges).

Fabuleux panorama à vol d'oiseau de la ville de La Havane et de sa baie, dessiné par Edouard Laplante et lithographié en couleurs par Laplante et Luis Marquier, publié à La Havane en 1850. La vue est prise depuis la colline du village de Casablanca, sentinelle historique et populaire de la baie de La Havane. Cette vue détaillée illustre les débuts de la modernisation de la ville de La Havane, initiés par le gouverneur Miguel Tacón y Rosique. Soucieux de faire de la capitale une ville imposante et majestueuse, Tacón commanda une série de bâtiments publics importants. La croissance de quartiers riches comme El Cerro, et plus tard El Carmelo et El Vedado, fut planifiée de la même façon, et selon un schéma bien structuré. Ces quartiers sont visibles au centre de la lithographie, filant vers l'horizon. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Peintre et lithographe français, Edouard Laplante s'installa à Cuba au milieu du XIXe siècle, comme vendeur de machinerie sucrière pour le compte de la compagnie française Derosne et Cail à Paris. Son activité commerciale l'amena à collaborer en tant qu'illustrateur pour l'ouvrage du propriétaire foncier cubain Justo Germán Cantero, consacré à l'histoire et à la description des plus grands et meilleurs moulins à sucre de l'époque. Il s'agit de l'ouvrage intitulé Los Ingenios (les plantations de canne à sucre), publié à La Havane entre 1855 et 1857. Laplante réalisa également une série de lithographies de grand format, représentant pour la plupart des villes importantes de Cuba, et naturellement liées à l'industrie sucrière. La série débuta avec notre panorama de La Havane, qui est sans aucun doute la ville la plus importante de la série. Edouard Laplante se dédia fondamentalement à la lithographie et contribua à l'essor de cette expression artistique durant le XIXe siècle. Avec Miahle, peintre et graveur comme lui, il était considéré comme le plus remarquable des graveurs étrangers ayant travaillé à Cuba. Pliure centrale et déchirures restaurées, petits manques à la pliure centrale. Lapique Becali, La Habana. Imagen de una ciudad colonial, 2013.

LAUGIER de TASSY (Jacques-Philippe).

Historia del reyno de Argel; con el estado presente de su govierno, de sus fuerças de tierra, y mar, de sus rentas, policia, justicia, politica, y comercio.

Barcelona, Juan Piferrer, 1733. Petit in-8 de (12) ff., 340 pp.; basane mouchetée, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait à l'imitation).

Traduction espagnole de l'ouvrage Histoire du royaume d'Alger, illustrée de 2 planches gravées dépliantes (carte d'Afrique du nord, et plan de la baie d'Oran), et d'un tableau dépliant. Jacques Laugier de Tassy fut chancelier du consulat d'Alger en 1717-1718, et il publia son ouvrage à Amterdam, en 1725 alors qu'il y était commissaire de la marine. On y trouve un grand nombre d'informations sur l'organisation du pouvoir, de la milice turque, des corsaires, des esclaves et de leurs rachats, ou encore sur les mœurs locales et les relations commerciales. Dans cette édition espagnole, la vue d'Alger fut remplacée par un plan de la baie d'Oran, que les Espagnols avaient évacué en 1708 après deux siècles d'occupation, et qu'ils venaient de reprendre, en 1732. Bon exemplaire. Gay, 917.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE MEHAUTE (Pierre Marie).

Souvenirs de ses campagnes.

Saint-Brieuc, vers 1920. Manuscrit autographe, signé au verso de la première couverture. Cahier petit in-4 (22,6 x 17,5 cm) de (26) pp., plus 28 ff. restés vierges; broché, couvertures muettes recouvertes de papier journal de l'époque.

Les campagnes d'un médecin de la Marine en Océanie, en Cochinchine, en Afrique et aux Antilles. Le texte est illustré d'une carte manuscrite de la Nouvelle-Calédonie au verso du premier feuillet (plume, encre noire, mine de plomb et crayon de couleur). Né en 1859 à Boqueho (Côtes d'Armor), Pierre Marie Le Méhauté entra dans la Marine en 1881 en tant qu'aide-médecin. Il effectua alors plusieurs campagnes qui sont résumées dans le présent manuscrit, qui couvre la période de 1881 à 1919 : Le 28 avril 1882, il s'embarque à Toulon sur le Fontenoy qui effectue une escale à l'île de Ré pour prendre des condamnés destinés au bagne de Nouvelle-Calédonie. L'arrivée à Nouméa a lieu le 24 septembre. En novembre, il ramène des Nouvelles-Hébrides à Nouméa le subrécargue d'une maison de commerce qui venait d'être amputé du poignet. Sur le D'Estrées, il effectue plusieurs voyages autour de l'île puis se rend en Australie (Sydney, Melbourne). Il revient en France à bord du Tage le 28 août 1883, puis il retourne à Toulon. Devenu médecin de 2e classe l'année suivante, il s'embarque, le 14 novembre 1884, à bord du Bien Hoa qui doit le conduire en Cochinchine où il est appelé à continuer ses services. Son récit relate les conditions du voyage : passage par Port-Saïd et le Canal de Suez, traversée de la mer Rouge, mouillage à Aden, traversée du golfe d'Aden puis de la mer d'Oman, passage par Ceylan, le détroit de Malacca et Singapour où la navire fait escale. Il traverse ensuite le golfe de Siam pour arriver à Saigon le 24 décembre 1884. Le Méhauté est alors affecté à Baria, près du Cap Saint-Jacques, où il reste toute l'année 1885. Puis il est rappelé à Saigon pour occuper, pour une année, le poste de prévôt à l'hôpital maritime. En 1887, il prend part à l'expédition du Phu-Yen, dirigée contre les Vian-Than, du 11 février au 16 avril : "Cette campagne est organisée par M. Pardon, directeur de l'Intérieur, M. Filippini étant gouverneur. La colonne se compose de 1500 hommes, surtout indigènes. Débarquement des troupes à Vung-Lam, d'où ils partent ensuite pour la campagne proprement dite. Les troupes indigènes sous la direction du Dê-Tham, chargé de reconnaître les rebelles et de les traquer. Les accuse devant le commandant [Chevreux] qui seul a le droit de sévir. Scène tragi-comique pendant notre séjour au pays Moÿ, où chef Vian-Than et un Chinois, accusés d'avoir favorisé la rébellion, sont tous les deux condamnés à avoir la tête tranchée. Décapitation devant les troupes et indigènes du pays. Têtes exposées au bout d'une perche. Scène écoeurante" (ff. 4-5). De retour à Saigon en avril 1887, il est mis en quarantaine au lazaret de Ganh-Ray, au Cap Saint-Jacques, à cause d'une épidémie de choléra qui s'était déclarée sur les troupes indigènes. Lui-même est atteint d'une dysenterie aiguë et doit rentrer en France. Le 2 mai, il s'embarque sur un paquebot des Messageries Maritimes et arrive à Marseille le 29 mai 1887. En 1887-1888, il séjourne à Lyon pour préparer et passer ses examens de doctorat. En 1888, il effectue une campagne en Islande à bord de l'Indre. L'année suivante, il est affecté à la station de l'Atlantique à bord de l'Aréthuse. Il participe, du 6 au 21 avril 1889, à la campagne du Dahomey au sein d'une compagnie de débarquement : "Notre consul à Porto-Novo avait été retenu au Dahomey, par Glé-glé ou Béhanzin. L'amiral, prévenu par sémaphore, lors du passage de l'Aréthuse à Cotonou, envoie à terre sa Cie de débarquement sous les ordres de M. Barthes, lieutenant de vaisseau. J'en fais partie comme médecin…" (ff. 7-8). Toujours à bord de l'Aréthuse, Le Méhauté effectue ensuite une campagne aux Antilles (Cuba, la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, etc.), puis se rend à la Nouvelle-Orléans avant de remonter les côtes d'Amérique du Nord jusqu'à Halifax (Canada). Il s'embarque alors sur le Bisson pour remplacer le médecin-major, et retourne aux Antilles pour séjourner à Haïti où il assiste aux scènes de la Révolution à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Puis il rentre en France et débarque à Brest le 5 avril 1890, avant d'être dirigé sur Toulon. Nommé médecin de 1ère classe en 1891, il sert à l'hôpital maritime de Cherbourg, puis devient, en 1894, professeur de physiologie, hygiène et médecine légale à l'Ecole principale de médecine navale de Bordeaux. Il reste à ce poste jusqu'en 1903, date à laquelle il s'embarque à Brest comme médecin-major sur le Guichen. La même année, il est promu médecin principal. De 1904 à 1906, il effectue deux campagnes à bord du Duguay-Trouin, le navire-école d'application des aspirants. Versé dans le cadre de réserve en 1907, il reprend du service en 1914-1916 en tant que médecin-chef, puis meurt à Saint-Brieuc en 1923. On joint : - [LE MEHAUTE]. Portrait photographique le représentant en uniforme, par Hugon, 20 rue Saint-Michel à Saint-Brieuc (ca. 1895; 14,3 x 9,9 cm, monté sur bristol 16,5 x 11 cm). - LE MEHAUTE. [Soins aux blessés]. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 4 pp. in-folio repliées. - LE MEHAUTE (Dr). Eloge d'Amédée Lefèvre. Paris, Imprimerie Nationale, 1899, in-8 de 28 pp. imprimées, broché. Extrait des Archives de médecine navale, mai 1899. Médecin de la marine et directeur du service de santé du port de Brest, Amédée Lefèvre (1798-1869) avait établi un lien entre l'apparition de certaines coliques et l'intoxication au plomb. - [LE MEHAUTE]. Ensemble de 16 pièces signées relatives à sa carrière. Paris, Brest, Toulon, Saigon, etc., 1882-1894, 16 pp. la plupart in-folio, qq. en-têtes. Ordres d'embarquement ou de mise à disposition, congés de convalescence, promotions, etc. - TANQUEREY (Hubert). Discours prononcé sur la tombe de M. le Dr Le Méhauté, le 2 novembre 1923, à l'occasion de la remise d'une palme par la Société de la Légion d'honneur. Manuscrit dactylographié signé, avec envoi autographe signé à Mme Le Méhauté et Mlles Vitel. S.l.n.d. [1923], 7 pp. in-folio, en feuilles. Avocat à Saint-Brieuc, Tanquerey évoque la vie et l'œuvre du docteur Le Méhauté, auteur de nombreux travaux relatifs à l'hygiène, notamment la distribution d'eau potable à bord des navires. La couverture est recouverte d'un feuillet de l'Echo Médical du 15 avril 1919 (bords usés). Manuscrit bien conservé et très lisible.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LOUMYER (Jean-François-Nicolas).

Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde: d'après des documents authentiques et les voyages des plus récents, publié par Auguste Wahlen.

Bruxelles, Librairie historique-artistique, 1843-1844. 4 volumes in-4 de (2) ff., 591 pp. — (2) ff., 368 pp. — (2) ff., 365 pp., (1) f. — (2) ff., 361 pp., (1) f. ; demi-basane rouge à coins, dos lisses ornés (reliure de l'époque).

Première édition, publiée par Auguste Wahlen, pseudonyme de Jean-François Loumyer, et illustrée de 4 titres avec une vignette coloriée, et de 211 planches gravées sur bois, coloriées et gommées. Cet ouvrage est un recueil descriptif des costumes du monde entier accompagnés d'aperçus géographiques et historiques pour chacun des pays. Très bel exemplaire, dans une élégante reliure de l'époque et quasiment sans rousseurs, à l'exeption d'une planche au papier jauni. Chadenat, 1507. — Colas, 3041. — Lipperheide, 61. — Vinet, 2124 (en désaccord sur le nombre de planches).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MACKENZIE (Alexander).

Tableau historique et politique du commerce des pelleteries dans le Canada, depuis 1608 jusqu'à nos jours.

Paris, Dentu, 1807. In-8 de (2) ff., 310-(1) pp.; cartonnage de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit en français par Jean-Henri Castera, et illustré d'un portrait gravé de l'auteur en frontispice. Travaillant pour la compagnie du Nord-Ouest (une maison de commerce des fourrures), Alexander Mackenzie entreprit pour cette dernière l'exploration des régions boréales du Canada. Le récit de ses voyages fut publié en France en 1802 en trois volumes. Notre ouvrage est un tiré à part de la plus grande partie du tome 1 et contient, outre le traité sur le commerce des fourrures, des détails sur les Indiens Knisteneaux, un vocabulaire de la langue algonquine, une note et un vocabulaire des Chipiouyans (Chipewyan). Bel exemplaire. Leclerc, I, 920. — Sabin, 43917.

MAHÉ de LA BOURDONNAIS (A.).

Voyage en Basse-Bretagne chez les "Bigouden" de Pont-l'Abbé.

Paris, Henri Jouve, 1892. In-8 de 367 pp.; broché, couverture verte imprimée, en partie non coupé.

Première édition, illustrée de 6 planches. Curieux ouvrage divisé en trois parties. Dans la première, l'auteur traite des Celtes de Bretagne, dans le deuxième il décrit les principaux peuples du nord et de centre de l'Asie ainsi que les Lapons, et dans la troisième, il cherche à démontrer "les fortes connexions entre les peuples himalayens et ceux d'origine mongolique avec […] les races gaëliques et celtiques et en particulier avec le petit peuple des Bigouden". Bon exemplaire, avec un envoi autographe signé de l'auteur à Pierre Garnier. Dos passé.

MALLERET (Louis).

Groupes ethniques de l'Indochine française.

Saigon, 1937. In-4 de (1) f., 62-(3) pp.; emboitage à rabat avec fermeture à la chinoise recouvert de soie brochée verte, rouge et jaune.

Première édition. Elle est illustrée de 100 planches en phototypie représentant les différents groupes ethniques (costumes, coiffures, danseurs, masques de théâtre…), et d'une carte dépliante en couleurs donnant la répartition géographique des différents groupes ethniques par G. Taboulet. Cet ouvrage fut publié par la Société des Études Indochinoise qui profita des fêtes données à l'occasion de l'achèvement des travaux de construction du Trans-indochinois à Saïgon en 1936 pour réunir une importante collection de photographies des différents peuples de la péninsule venus célébrer l'évènement. Ouvrage tiré à 500 exemplaires. Un des 180 exemplaires de luxe, avec l'emboitage recouvert "de soie brochée taillée dans un sampot cambodgien". Le sampot est une pièce d'étoffe que les Kmers portent autour de la taille, à la manière d'un sarong. Exemplaire très bien conservé.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MAREY-MONGE (Guillaume-Stanislas).

Expédition de Laghouat dirigée en mai et juin 1844.

Alger, typographie Bastide, 1845. In-4 oblong de 40 pp.; broché, couverture crème imprimée.

Première édition, illustrée d'un tableau sur double page, d'un titre illustré sur papier vert, de 13 planches lithographiées à fond teinté par le capitaine Du Pin, chef d'état-major de la colonne, d'un titre imprimé sur papier rose, et de 7 cartes lithographiées levées par le capitaine Dumaraix. Le général Marey-Monge prit part à la conquête de l'Algérie en 1830, et, parlant l'arabe, il forma le premier corps des spahis. À partir de 1841, il participa à la conquête du sud de l'Algérois, dont l'expédition de Laghouat fasait partie. Il rédigea le texte de l'ouvrage, et les illustrations et les cartes furent réalisés par deux officiers de l'expédition. Ouvrage peu commun. Quelques corrections manuscrites de l'époque, et envoi autographe signé de l'auteur au comte de Quincey. Dos cassé avec petits manques, couvertures écornées, quelques piqûres. Inconnu de Gay.

MARMOL Y CARVAJAL (Luis del).

L'Afrique.

Paris, Louis Billaine, 1667. 3 volumes in-4 de (16) ff. (le 12° bl.), 532-(32) pp. — (8) ff., 578-(50) pp. — (5) ff., 304-(20) pp. ; basane brune, dos à nerfs ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, dos refaits à l'imitation).

Première édition française, traduite de l'espagnol par Nicolas Perrot d'Ablancourt, et illustrée de 28 cartes gravées dépliantes de Nicolas Sanson. En 1536, le jeune Luis de Marmol y Carvajal participa à la campagne de Charles Quint contre Tunis où il fut fait prisonnier par les Maures et resta captif près de huit ans dans les régions du Maroc et de Fez. Il parcourut ensuite tout le nord de l'Afrique, pénétra jusque dans les déserts de Libye et visita l'Égypte. Après plus de 15 ans en Afrique, il avait acquis une bonne connaissance de la culture et de la langue arabe. De retour en Espagne, il publia cette relation qui fournit de nombreux renseignements sur la géographie et l'histoire de l'Afrique et du Maghreb. à la fin du tome 3 avec un titre propre et une pagination particulière : TORRES (Diego de). Histoire des cherifs, et des royaumes de Maroc, de Fez, de Tarudant, & autres provinces. Traduit de l'espagnol par Charles de Valois, duc d'Angoulème. Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Boucher de La Richarderie, IV, 5. — Brunet, III, 1440. — Gay, 372. — Ibrahim-Hilmy, II, 18.

MAROC.

De Tanger à Fez.

1879. Manuscrit in-folio (36,5 x 23,5 cm) de 37 et (4) pp., plus (1) p. d'itinéraire; en feuilles, qq. ratures et ajouts marginaux.

Journal d'un voyage de Tanger à Fez. Il est illustré de 4 dessins à l'encre dans les marges montrant les préparatifs du voyage (p. 2), deux personnages sous une tente (p. 6), plusieurs voyageurs essayant de dégager une mule embourbée (p. 9) et un massif de cactus et de figuiers de Barbarie (p. 37). L'expédition se déroule du dimanche 2 au samedi 8 novembre 1879. Le départ de la caravane a lieu à Tanger, la colonne étant composée de 18 mules portant les bagages et les tentes, 5 soldats du gouverneur, 2 chefs, 2 thaleb, 2 cuisiniers, les domestiques et les conducteurs de bêtes, soit 35 personnes au total. Le chargé d'affaires et le chancelier de la légation accompagnent les voyageurs sur quelques kilomètres seulement. Les étapes sont El Fas Teandja, Arsilla, Larache, Jumoa, le fleuve Sebou, un village dans la plaine du Sebou puis Fez. Tout au long du parcours, l'auteur, resté anonyme, décrit les pays traversés (vallées, montagnes, cours d'eau), l'installation du campement, la marche de la colonne, les conditions météorologiques (pluie battante, terrains détrempés), les villes et les villages, les réquisitions d'animaux, les parties de chasse, etc.; il mentionne aussi les contacts avec habitants et les rencontres avec les notabilités, ainsi que quelques anecdotes du voyage. "Arsilla est une petite ville de 300 à 400 habitants qui a été autrefois fortement fortifiée et occupée par les Portugais. Des remparts en ruine entourent encore ce bourg. L'épaisseur et le style des ogives des fenêtres de la tour principale forment un contraste frappant avec les autres constructions de la ville, dont les maisons marocaines n'ont pas plus de 3 m de hauteur […]. Nous descendons dans la maison d'un Juif nommé Ibrahim Najar, qui s'empresse de nous réchauffer au moyen de petits fourneaux en terre qui parviennent encore assez vite à sécher nos habits. Le gouverneur de la ville, instruit de notre arrivée, vient aussitôt nous souhaiter la bienvenue et quelques temps après nombre d'esclaves apportent le tribut d'usage, un mouton vivant que l'on tue sous nos yeux…" (pp. 10-11). "Pour tromper le temps [à Larache], nous montons dans une barque car l'embouchure du fleuve est sillonnée d'énormes marais où s'ébattent par milliers les canards sauvages, les bécassines, les poules d'eau. M. Hecquard prend son formidable engin de combat, un fusil anglais [qui] lui permet à chaque coup tiré dans les bandes d'oiseaux d'en faire tomber deux ou trois. L'ardeur de la chasse nous entraîne et nous ne redescendons la rivière qu'à la nuit tombante…" (pp. 17-19). "Cette province [du Sebou] est une des plus riches que j'ai traversées, de magnifiques pâturages couverts de bestiaux longent toute la route, on sent que cette contrée est voisine d'un fleuve. C'est le premier grand fleuve que nous ayons rencontré depuis Tanger, heureusement qu'en ce moment il est fort bas, et nous pouvons facilement trouver un gué…" (pp. 27-28). Le récit s'interrompt peu avant l'arrivée à Fez, dans une région montagneuse où "tout voyageur est armé". Les quatre dernières pages relatent un voyage effectué en mai 1879 par le chef de la mission française avec les troupes du sultan. Mentionné à plusieurs reprises, Charles Adolphe François Hecquard occupait le poste de premier drogman (interprète) au consulat de France à Tanger. En 1881, il sera nommé à Tripoli de Barbarie (sources : C.R. Pennell, French Consuls in Morocco et Jacques Caillé, La représentation diplomatique de la France au Maroc). Intéressante relation d'un voyage à travers le Maroc à la fin du XIXe siècle. Provenance : archives de la famille Kunkelmann (champagnes Piper-Heidsieck).

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas) — BRULLEY (Augustin-Jean) — PAGE (P. F.) — VERNEUIL — CLAUSSON (L. J.).

Traits de patriotisme de Polverel et de Sonthonax.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 23 novembre 1794 et signée par Thomas Millet, Brulley, Clausson, Duny, Page, et Verneuil. Les signataires dénoncent les agissements des envoyés à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel, qu'ils accusent d'avoir "provoqué et fait exécuter l'incendie de la ville du Cap", mis "Saint-Domingue sans défense afin d'en rendre la conquête plus facile à l'Angleterre", et dépouillé les colons de leurs propriétés. Bon exemplaire. Manque de papier dans la marge inférieure des pages 3/4 sans manque de texte. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

MILLET (Thomas) — CLAUSSON (L. J.).

Les accusateurs incarcérés de Polverel et Sonthonax, accusés et libres, à la Convention Nationale.

1794. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée des 5 et 7 septembre 1794, et signée par Clausson et Th. Millet "commissaires des colons de Saint-Domingue, réfugiés aux États-Unis". Les signataires, qui furent incarcérés à la maison d'arrêt des ci-devant Carmes, demandaient une nouvelle fois à être remis en liberté, protestant que leurs accusateurs étaient libres. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5137. — Inconnu de Sabin.

MILLET (Thomas).

Examen du rapport fait par M. Barnave à l'Assemblée Nationale, sur l'affaire de Saint-Domingue, rapport imprimé dans le Moniteur, seul écrit public où il ait paru.

Paris, Lejay, 1790. In-8 de 134 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Impression sur 2 colonnes, avec d'un côté le texte de Barnave (qui demandait la dissolution de l'Assemblée dissidente de Saint-Domingue, connu sous le nom d'Assemblée de Saint-Marc) et de l'autre le commentaire de Thomas Millet, l'un des chefs de file de cette Assemblée. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6940. — Monglond, I, 934. — Inconnu de Sabin.

MILLIN (Aubin Louis).

Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes.

Paris, C. Wassermann, 1816. 2 volumes in-8 de (2) ff., VI, II, 376 pp. - (2) ff., 415 pp. ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre de veau orange, tranches rouges (reliure de l'époque).

Edition originale, dédiée à l'abbé Andrès, bibliothécaire du roi, et secrétaire de l'Académie royale de Naples. Après avoir visité les départements du midi pour étudier les monuments, Millin entreprit, en 1811, un voyage en Italie. Parti de Paris, il s'arrêta dans les principales villes de France situées sur la route et entra en Italie par le Piémont. Après avoir passé l'hiver à Rome, il partit pour Naples, visita les deux calabres et fut de retour dans la capitale française en 1813. Par la suite il publia le récit de son séjour en Savoie et au Piémont en donnant des descriptions sur les villes de Chambéry, Turin ou encore Nice. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Brunet, III, 1723 ; Fossati Bellani, 473.

MOCQUET (Jean).

Voyages en Afrique, Asie, Indes orientales et occidentales.

Paris, Imprimé au frais du gouvernement, 1830. In-8 de (4) ff., 281 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné en long or et à froid, pièce de titre noire, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition, la première ayant été publiée en 1617. Apothicaire au service du roi Henri IV, Jean Mocquet obtint de ce dernier la permission de voyager. De 1601 à 1612, il fit cinq voyages: le premier sur la côte ouest de l'Afrique, le second au Cap-Vert, au Brésil, en Guyane et au Venezuela, le troisième au Portugal et au Maroc, le quatrième au Mozambique et à Goa, et le dernier en Syrie et en Terre Sainte. Chaque fois qu'il revenait, il montrait au roi les objets singuliers qu'il avait rapportés (minéraux, peau d'iguane, miel d'Afrique...). Il rapporta aussi des singes, des perroquets, et surtout de nombreuses plantes exotiques qui, si elles avaient résisté au voyage, étaient replantées dans le jardin du Louvre. Il introduisit en France le goût de la botanique exotique. En 1614, il se rendit en Espagne dans l'intention de passer en Amérique mais ne put y parvenir. Bel exemplaire. Borba de Moraes, 577. — Cordier, BS, 2079. — Garraux, 197. — Gay, 92. — Leclerc, I, 1005. — Playfair, 146. — Sabin, 49790.

MONNERON (Charles Claude Ange).

Lettre autographe signée à ses sœurs, Mesdemoiselles Bourzeis au petit hôtel de Beaufort, rue Quincampoix à Paris.

Au Port Loüis, Isle de France, 8 octobre 1764. 3 pp. in-4, adresse.

Parent de Dupleix, Charles Monneron (1735-1799) entra dans la Compagnie des Indes à l'âge de 19 ans. Nommé à Pondichéry en 1758, il devint commis de la Compagnie, puis greffier jusqu'à la prise de cette place par les Anglais. Lorsque celle-ci fut rendue à la France, Monneron s'embarqua à nouveau pour Pondichéry. A l'occasion d'une escale à l'île de France (Maurice), il écrivit à ses sœurs : "Une de mes lettres doit vous être parvenue, elle est datée de St Yago, où nous avons relâché pendant 9 jours; nous en sommes repartis le 21 may, et nous ne sommes arrivés à l'Isle de France qu'après 122 jours de traversée…". Regrettant l'éloignement et l'absence de courrier, il ajoute : "Comme il est très possible que vous ayiez changé de demeure, Montgolfier vous remettra ma lettre et sans contredit se chargera de la réponse". Il prévoit de quitter l'île de France début novembre et ne pourra pas leur écrire avant l'été prochain : "Je ne pense pas être stable à Pondichéry avant le mois de décembre 1765…". En 1769, Monneron sera nommé intendant général de Pondichéry; par la suite, il deviendra député aux Etats généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante. Egalement négociant et banquier, il fut le commanditaire des frères Montgolfier. Intéressante lettre en rapport avec la Compagnie des Indes.

MOREAU (Jacob Nicolas).

L'observateur hollandois. Sur l'état présent des affaires de l'Europe.

La Haye, [Paris], 1755-1759. 4 volumes in-12, demi-maroquin vert, dos lisses filetés or (reliure moderne).

Rare collection, bien complète des 46 lettres et notamment de la seconde partie de la vingt-troisième qui manque toujours. Ces lettres furent rédigées par Moreau, un juriste attaché au Ministère des Affaires étrangères, d'après les notes fournies par l'abbé de La Ville, premier commis du même ministère. Elles furent très vraisemblablement écrites et publiées avec l'accord du gouvernement, et, bien que se présentant comme impartiale, l'auteur (très bien renseigné par ailleurs) défend en fait le point de vue français contre celui de l'Angleterre. La série commence un an avant le début officiel de la Guerre de Sept ans (1756-1763), qui fut précédée par des accrochages entre Français et Anglais en Amérique du Nord, connus sous le nom de guerre franco-indienne. Dans le cours des lettres, l'auteur reviendra souvent sur la situation du Canada. On trouve relié entre les dix-huitièmes et dix-neuvièmes lettres: Essai de paraphrase de la réponse de M. de Hellen au mémoire de M. de Kauderbach. Liège, Pierre Marteau, 1756. 88 pp. imprimées sur 2 colonnes. Bien que ne faisant pas proprement partie de l'Observateur hollandois, cet ouvrage se trouve assez souvent relié avec lui. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun. Mouillure claire marginale au tome 4. Hatin, 61. — Ouvrage non cité dans les bibliographies usuelles telles que Sabin, Leclerc, Kress ou Ined.

MOREAU de SAINT-MÉRY (Médéric-Louis-Élie).

Opinion sur la motion de M. de Curt.

Paris, Imprimerie Nationale, 1789. In-8 de 20 pp.

Discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 1er décembre 1789. Moreau de Saint-Méry dénonce l'ignorance par la métropole des affaires des colonies, et considérait que les décrets de l'Assemblée Nationale ne s'appliquaient pas aux colonies car aucune mention particulière sur ce point n'y figurait. Il termine en demandant "de leur donner le comité particulier qu'elles réclament", et qui est l'objet de la motion de M. Curt présentée à l'assemblée le 27 novembre 1789. Bon exemplaire. Ryckebusch, 5833. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MORENAS (Joseph-Elzéar).

Seconde pétition contre la traite des Noirs, présentée à la Chambre des Députés, le 19 mars 1821, et à celle des Pairs, le 26.

Paris, Mme Jeunehomme-Crémière, 1821. In-8 de (1) f., 62 pp.; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Envoyé au Sénégal comme botaniste pour tenter d'y introduire de nouvelles espèces, l'auteur fut épouvanté par les conditions dans lesquelles la traite des esclaves, pourtant interdite, était pratiquée par des armateurs français. En 1820, il publia une première pétition aux députés dénonçant ces abus mais le ministre de la marine s'étant contenté de destituer plusieurs employés que l'auteur avait accusé de complicité, il publia cette seconde pétition pour que soit réellement mit fin à la pratique de la traite. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la couverture du comte Jean Pelet de la Lozière (1759-1842), pair de France. Mouillure claire marginale. Ryckebusch, 5852.

MORGAN (Jacques de).

Mission scientifique au Caucase, études archéologiques & historique.

Paris, Ernest Leroux, 1889. 2 volumes in-4 de (2) ff., iij-(1 bl.)-231 pp. — (2) ff., iv-305-(1 bl.)-(1) pp.; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Première édition, illustrée de plus de 250 figures dans le texte, et de 23 planches dont 14 cartes en couleurs (et 4 sur double page). Compte rendu d'une mission archéologique pour le compte du Ministère de l'Instruction Publique. Le premier volume, sous-titré Les premiers âges des métaux dans l'Arménie russe détaille les découvertes archéologiques de l'auteur, et le second, Recherches sur les origines des peuples du Caucase, est une synthèse sur l'origine des populations à la lumière des découvertes faites lors des fouilles. C'est la première mission scientifique de l'auteur qui effectua par la suite des fouilles en Égypte et en Perse. Bel exemplaire. Inconnu de Hage-Chahine. — Wilson, 149.

MORLAND (George).

Traite des Nêgres. Quel contrat infame, l'un marchande ce qui n'appartient à personne, l'autre vend la propriété de la nature. - L'Africain hospitalier. Les Noirs sont d'un caractère doux et humain, au milieu des horreurs de la guerre, ils sont toujours restés fidels à la France, j'apporte ici leur serment de vivre et de mourir français : législateurs rendez nos frères à leurs droits naturels, et vos noms y seront bénis.

1794-1795. Ensemble de 2 gravures au pointillé (env. 41,5 x 48,5 cm.).

Ces deux gravures sont l'œuvre de Mlle Rollet dite "la citoyenne Rollet", et furent exécutées, pour la première, d'après une toile de 1788 du peintre anglais George Morland, intitulée Execrable Human Traffick, or The Affectionate Slaves, et pour la seconde, en 1790, intitulée African Hospitality. La première gravure représente une scène où figurent des marchands d'esclaves européens négociant des esclaves africains. Cette gravure dénonçant le commerce des esclaves noirs fut réalisée en 1794, en hommage à la première abolition de l'esclavage dans les colonies françaises par la Convention Nationale le 4 février 1794. Puis l'esclavage fut restauré en 1809. Le commerce d'esclaves fut aboli en 1818, mais l'émancipation générale ne fut décrétée qu'en 1848. La seconde gravure, anti-esclavagiste, représente une famille noire recueillant des naufragés blancs. La scène est inspirée de l'histoire du Grosvenor, vaisseau de la Compagnie des Indes, qui fit naufrage le 4 août 1782 au large de la côte sud-africaine. Bon exemplaire. Quelques restaurations dans les marges. Lescot, Haïti, Images d'une colonisation 1492-1804, pl. 28.

MUTRÉCY (Charles de).

Journal de la campagne de Chine. 1859-1860-1861.

Paris, Dentu, 1862. 2 volumes in-8 de (2) ff., iij-(1 bl.)-387 pp. — (2) ff., 412 pp.; demi-basane bordeaux, dos lisse orné de filets dorés et à froid, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Récit de l'expédition de Chine (lors de la seconde guerre de l'opium), écrit sous forme de journal par l'un de ses participants, depuis le départ de Toulon le 12 janvier 1860, jusqu'au 6 février 1861. Le journal est précédé d'une préface de Jules Noriac qui retrace le contexte historique, et est suivi de plusieurs appendices dont le traité de paix, la liste des membre du corps expéditionnaire, et le récit de sa captivité par le comte d'Escayrac de Lauture. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur "à Monsieur Gomel, conseiller d'état", savoir Charles-Samson Gomel (1806-1888), conseiller d'état et maire de Ris-Orangis. Légères rousseurs, dos passé. Cordier, BS, 2496.

MÉRILHOU (Joseph).

Rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen du projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies.

1844. In-8 de 62-(2 bl.) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport lu à la chambre des pairs, lors de la séance du 3 juillet 1844, par le rapporteur d'une commission de sept membres (parmi lesquels le duc de Broglie et le baron Dupin) chargée d'examiner un projet de loi du gouvernement sur les colonies. En désaccord avec le gouvernement, la commission recentra le projet sur le statut des esclaves, dont elle souhaitait améliorer les conditions de vie. [Joint:] - Supplément au rapport fait à la chambre par M. Mérilhou, au nom d'une commission spéciale chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à modifier les articles 2 et 3 de la loi du 24 avril 1833 sur le régime législatif des colonies. Sans lieu ni date. 32 pp. La cession de 1844 se termina sans que la modification de la loi ait été votée, la commission présenta de nouveau son projet, avec de petites modifications qui sont détaillées dans ce rapport. Bon exemplaire. Petites tâches sur le premier feuillet. Ryckebusch, 5672, 5673. — Sabin, 47968 (pour le rapport, le supplément n'est pas mentionné).

NIEKAMP (Johann Lucas).

Histoire des voyages que les Danois ont fait dans les Indes Orientales, depuis l'an 1705 jusqu'à la fin de l'année 1736.

Genève, Henri-Albert Gosse & Comp., 1747. 3 volumes in-8 de (1) f., xxxvj-244 pp. — (1) f., 282 pp. — (1) f., 202-(1) pp.; basane marbrée, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes ornées, tranches bleues mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition de 1745 avec des titres de relais datés de 1747. En effet, cet ouvrage fut d'abord publié sous le titre d'Histoire de la mission danoise dans les Indes orientales. L’ouvrage fut traduit de l’allemand par Benjamin Gaudard. Il retrace l’histoire, entre 1705 et 1736, de la colonie danoise et des missionnaires évangéliques de Tranquebar dans le sud de l’Inde. Bon exemplaire. Légères rousseurs. Boucher de La Richarderie, V, 25. — Brunet, VI, 28154. — Chadenat, 6381.

ONFFROY de THORON (don Enrique, vicomte).

Amérique équatoriale, son histoire pittoresque et politique, sa géographie et ses recherches naturelles, son état présent et son avenir.

Paris, Ve Jules Renouard, 1866. In-8 de xij-476 pp.; demi chagrin violine, dos à nerfs orné de caissons (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante. Ingénieur de formation, Onffroy de Thoron séjourna pendant 12 ans, de 1849 à 1861, en Amérique du Sud où il voyagea en Colombie, au Venezuela, au Pérou et en Equateur. Dans ce dernier, il fut impliqué dans certains projets de colonisation. Le récit de son séjour en Amérique latine est suivi d'une description de l'histoire naturelle des pays visités. Bon exemplaire, dos passé et quelques rousseurs en début de volume, passages soulignés et quelques notes marginales au crayon. Sabin, 57352.

PAGE (P. F.) — BRULLEY (Augustin-Jean).

Défi aux factieux. Adresse à la Convention Nationale.

Paris, Laurens, 1794. In-8 de 16 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge en long (reliure moderne).

Brochure datée du 1er octobre 1794 et signée par "les commissaires de Saint-Domingue, députés à la Convention Nationale" Page, Brulley et Legrand. Les signataires, qui furent incarcérés à la prison du Luxembourg, demandaient qu'eux et les autres députés "disséminés dans diverses prisons", soient traduits devant le Tribunal Révolutionnaire "avec Polverel, Sonthonax, Dufay, Mils, Garnot Bellay, Poisson, Raimond et Leborgne. "Là, nous serons tous entendus contradictoirement; là seront produit les pièces, les actes, les témoins, les preuves. On écoutera, on lira, on saisira la vérité. Les coupables seront enfin connus." Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7233. — Inconnu de Sabin.