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CLOUE (Georges-Charles).

Renseignements hydrographiques sur la mer d'Azof. Complétés à l'aide de quelques notes dues à plusieurs officiers de marine et à MM. Ploix et Manen.

Paris Firmin Didot 1856. In-8 de (2) ff., 76-(1) pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Seule édition de ce ouvrage. Elle est illustrée de nombreux profils de côtes dans le texte et de 8 cartes dépliantes. En 1854-1855, au terme des campagnes de la Baltique et de Crimée, auxquelles il participa, Cloué fut promu capitaine de frégate.Ses relevés hydrographiques permirent la prise du fort de Kimburn. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au conseiller d'état directeur du personnel de la marine (envoi en partie biffé). Polak, 1796.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHIN (Augustin).

L'Espagne et l'esclavage dans les îles de Cuba et de Porto-Rico.

Paris, J. Claye, 1869. In-8 de 29-(3 bl.) pp.; broché, couverture orangée imprimée, non rogné.

Tiré à part d'un article paru dans la Revue des deux mondes du 1er mai 1869. Après avoir publié, en 1861, un ouvrage historique sur l'abolition de l'esclavage, l'auteur s'attache, dans cette brochure, à analyser la situation dans les colonies espagnoles, parmi les dernières à n'avoir pas encore aboli l'esclavage, et au moment où Cuba était en pleine insurrection. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Sabin, 14067.

CONSIDÉRANT (Victor).

Au Texas.

Paris, Librairie Phalanstérienne, 1854. In-8 de (2) ff., 194, 4 pp. ; cartonnage rouge, dos lisse (reliure de l'époque).

Édition originale très rare ; elle ne fut adressée qu'à des amis de l'auteur. L'illustration se compose d'une carte gravée du Texas d'après Colton et d'une carte des États-Unis. Adepte du socialisme utopique de Fourier, Considérant partit en 1852 pour l'Amérique du Nord où il voulait fonder des phalanstères, habitation de la commune sociétaire régie par le système de Fourier. Après avoir visité les villes de New York, Boston, Buffalo, il remonta la rivière Rouge au Texas et traversa les prairies osages, peuplées d'Indiens. Duran deux mois, Considérant explora le Texas de la rivière Rouge à la rivière Brazos et de la Trinité à Austin City. Il visita aussi la baie de Galveston, la Nouvelle-Orléans et revint en France en Août 1853. Bon exemplaire dans sa première reliure. Rousseurs éparses, coins usés. Jenkins, Basic Texas Books, 33. — Numa Broc, Amérique, 88. — Sabin, 15925.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

CRASSET (Jean).

Histoire de l'église du Japon.

Paris, Estienne Michallet, 1689. 2 volumes in-4 de (14) ff., 659-(11) pp. — (5) ff., 678-(6) pp.; veau marbré, dos à nerfs orné, pièce de titre beige, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition illustrée de 8 planches gravées dont 1 dépliante et 1 figure gravée à mi-page dans le texte (costumes, vues et scènes). Jean Crasset entra au noviciat des Jésuite en1638, et enseigna les belles-lettres et la philosophie. Pendant 23 ans, il dirigea la congrégation des Messieurs à la maison professe de Paris où il mourut en 1692. Auteur de nombreux ouvrages éducatifs et religieux, il publia en 1715 son Histoire de l'église du Japon dans lequel on trouve de nombreux renseignements utiles sur les lois, les coutumes et la religion de ce pays. Crasset s'inspira en grande partie de l'ouvrage du Père Solier Histoire ecclésiastique des iles et royaumes du Japon publié en 1627, ou encore des Lettres des Jésuites. Bon exemplaire. Ex-libris manuscrit de la chartreuse de Mont-Renaud (dans l'Oise). Quelques petites taches brunes, habiles restaurations. Cordier, BJ, 400. — Sommervogel, II, 1641.

DELALANDE — SAINT-DOMINGUE.

Plan des terreins nommés vulgairement les Bas de la Ravine autrement les Bas de la Pointe de Leogane à Mr le Marquis de Beauharnois conforme à l'original relatif au procès verbal d'arpentage de nous arpenteur du Roy. Plan manuscrit à l'aquarelle, encre noire et lavis, signé dans l'angle inférieur droit.

1730. 1 p. in-folio (env. 48 x 35,5 cm); traces de plis, petits trous, rousseurs et mouillures marginales.

Plan topographique aquarellé d'une habitation de Saint-Domingue, située dans la partie sud de la colonie, près de Léogane. Ce plan, exécuté à l'échelle de 1000 pas, 3 pieds et 7 pouces, représente la propriété, limitée au sud-ouest par la rivière de la Pointe et l'habitation des héritiers Harang, au sud-est par le chemin de la Petite Rivière, au nord-est par l'habitation des héritiers Petit et au nord-ouest par la mer des Caraïbes. Les différentes parcelles sont indiquées par des lettres majuscules et les contours de l'habitation ont été délicatement bordés de rose. Le propriétaire de cette habitation était Charles, marquis de Beauharnais. Né à Orléans en 1671, il fut garde de la marine à Rochefort en 1691, lieutenant de vaisseau à Toulon en 1696, capitaine de frégate à Dunkerque en 1707, capitaine de vaisseau à Rochefort en 1721, puis gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France et province de Louisiane de 1726 à 1747. Nommé à Brest en 1748, il mourut à Paris l'année suivante (source : Bernadette et Philippe Rossignol, Origine des habitations Beauharnais de Saint-Domingue, sur le site www.ghcaraibe.org). Précieux document.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DESEINE (François-Jacques).

Rome moderne, première ville de l'Europe, avec toutes ses magnificences et ses délices.

Leyde, Pierre Vander Aa, 1713. 6 volumes in-12 à pagination continue de 14) ff., 298 pp. — (2) ff., pp. 299 à 549 — (2) ff., pp. 551 à 806 — (2) ff., pp. 807 à 1098, 1098-1 à 1098-48 — (2) ff., 1099 à 1426 — (2) ff., 1427 à 1738, (20) pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, pièces de possession de maroquin noir, chiffre BB sur les entrenerfs, filets encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Deuxième édition, considérablement augmentée, et la première avec des illustrations. Elle comprend un frontispice sur double page, un feuillet de dédicace sur double page, une carte d'Italie dépliante, un grand plan de Rome dépliant, 28 planches dont 25 dépliantes, et 75 planches sur 71 feuillets compris dans la pagination (soit 4 planches recto/verso). Bel exemplaire dans une élégante reliure au chiffre et frappée de la marque de la Bibliothèque Bignon. L'abbé Jean-Paul Bignon (1662-1743) fut bibliothécaire et intendant du cabinet des médailles du Roi. O.H.R., 870.

DESNOS (Louis-Charles).

Etrennes utiles et nécessaires aux commerçans et voyageurs ou Indicateur fidèle enseignant toutes les routes royales et particulières de la France, et les chemins de communication qui traversent les grandes routes : les villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux, abbayes, hôtelleries, rivières, bois et les limites de chaque province, distinguées.

Paris, chez le S. Desnos, 1773. In-16 de 176 pp. (dont 20 de texte) ; maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons aux angles, dentelle intérieure, filet doré sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un frontispice et d'un titre gravés, de 3 cartes gravées à double page, et de 156 cartes détaillées des routes de France gravées recto verso. Les cartes à double page sont : Carte générale des routes de France, Environs de Paris et une carte ajoutée non numérotée portant le titre Environs de Dijon. Précieux ouvrage de cartographie routière "Rendu si complet, tant pour le détail topographique, que pour l'exécution, que les amateurs y trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer". ìditeur parisien de la seconde moitié du dix-huitième siècle, Louis-Charles Desnos était "libraire et ingénieur géographe pour les globes et les sphères de Sa Majesté Danoise". Comme éditeur, il publia entre 1764 et 1786 une série d'atlas thématiques, et travailla notamment avec Brion de la Tour. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la page de titre de Le Baillif. Grand-Carteret, Les Almanachs Français, 581 (édition de 1777) ; Shirley, Maps in the Atlases of the British Library, I, T.DESN-5a.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUBUISSON (Pierre-Ulrich).

Nouvelles considérations sur Saint-Domingue.

Paris, Cellot & Jombert, 1780. 2 tomes en un volume in-8 de (2) ff., 178-(2) pp., (2) ff., 164 pp. ; veau havane marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 tableaux dépliants (Etat des revenus et impôts ; Etat des productions, octroi et consommations des colonies). Ouvrage publié en réponse à celui d'Hilliard d'Auberteuil, Considérations sur l'état présent de la colonie française de Saint-Domingue, publié en 1776, et qui dénonçait les abus des colons et de l'administration. Bel exemplaire. Quelques piqûres en fin de volume. Max Bissainthe, 5548. — Sabin, 21038.

DUMORIER (Joseph-Pierre).

Sur les troubles des colonies, et l'unique moyen d'assurer la tranquilité, la prospérité et la fidélité de ces dépendances de l'Empire. En réfutation des deux discours de M. Brissot, des 1er et3 décembre 1791.

Paris, Didot jeune, décembre 1791. Petit in-8 de (1) f., 60 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Commissaire civil de tous les établissements coloniaux français situés au delà du cap de Bonne-Espérance, l'auteur revient sur l'histoire des conséquences de la Révolution Française dans les colonies où elle provoqua troubles et rébellion. Il conclut en demandant à l'Assemblée de ne plus statuer sur les colonies, en accord avec le décret du 24 septembre qui donne aux Conseils Coloniaux le pouvoir de légiférer sur les affaires intérieures des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPUCH (Élie-Louis).

Précis historique des troubles survenus à la Guadeloupe depuis l'arrivée des commissaires du roi à la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 47 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Rare brochure décrivant les événements survenus à la Guadeloupe au début de la Révolution. Élie-Louis Dupuch fut notaire à Basse-Terre de 1781 à 1790, date à laquelle il fut envoyé à Paris par la commune de Basse-Terre pour y rendre compte des troubles survenus dans l'île. Dans son compte-rendu, il prit parti contre le gouverneur et contre les décisions de l'Assemblée Coloniale. Bon exemplaire. Certains feuillets courts de marge sans atteinte au texte, petite mouillure marginale aux derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DÉMEUNIER (Jean-Nicolas, comte).

L'esprit des usages et des coutumes des différens peuples, où observations tirées des voyageurs & des historiens.

Londres, et se trouve à Paris, Pissot, 1776. 3 volumes in-8 de xvj-415 pp. — viij-365 pp. — viij-336 pp.; veau marbré, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Dans cet ouvrage, l'auteur propose un rapprochement des mœurs, usages, coutumes et loix des différents peuples. Il les a classés en différents chapitres qui sont: aliments et repas; femmes; mariage; naissance; chefs et souverain; la guerre; des distinction; esclavage et servitude; beauté et parure; pudeur, chasteté et continence; superstitions; société ou usages domestiques; lois pénales; les épreuves. (par le feu ou l'eau, le duel); supplices; homicides; maladie, médecine et mort; obsèques. Le comte Démeunier était un homme politique français, auteur de plusieurs essais historiques et de nombreuses traductions de livres de voyages anglais (troisième voyage de Cook, Rickman Forrest, voyages de Vancouver). Il fut l'un des principaux défenseurs de la cause américaine en France. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur les titres Petit-Thouar. Cioranescu, XVIIIe siècle, 22932.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ELISSEEFF (S.). — IACOVLEFF (Alexandre).

Le théatre japonais (kabuki).

Paris, Jules Meynial, 1933. In-folio de (2) ff., 94-(5) pp., broché, couverture imprimée, illustrée et rempliée.

Première édition de l'un des plus beaux ouvrages jamais publiés sur l'art théâtral japonais. L'illustration de Iacovleff se compose de 48 dessins dans le texte et de 32 planches en noir et en sépia, tirées en héliogravure. Elles représentent, avec un très grand réalisme, les acteurs, les scènes et les mouvements caractéristiques du théâtre Kabuki, qu'il observa probablement durant son séjour de six mois au Japon en 1917. Tirage à 500 exemplaires sur Arches. Très bel exemplaire parfaitement conservé.

ENGELHARDT (Edward).

La Turquie et le tanzimat ou histoire des réformes dans l'empire ottoman depuis 826 jusqu'à nos jours.

Paris, A. Cotillon et Cie, 1882-1884. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., 283 pp., (2) ff., 331 pp. ; demi-percaline verte à la bradel, pièce de titre, couvertures conservées (reliure moderne).

Première édition. Le terme turc tanzimat ("réorganisation") désigne les réformes engagées par l'Empire Ottoman pour moderniser son administration civile et militaire, et tenter de combattre son déclin. Bon exemplaire.

ETON (William).

Tableau historique, politique, et moderne de l'empire ottoman.

Paris, Tavernier, an VII [1799]. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., iv-xxij-352 pp., (2) ff., 320 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. E. Lefèvre. À travers ce portrait de l'Empire Ottoman, William Eton, diplomate anglais, entendait démontrer que la Grande-Bretagne, alliée aux Russes, devait s'opposer par tous les moyens aux Turcs, pour les chasser d'Europe, libérer la Grèce, et assurer ainsi l'influence de son pays en Méditerranée. Mais son ouvrage ayant paru au moment de l'expédition d'Égypte, la Turquie devint l'alliée de la Grande-Bretagne au sein de la deuxième coalition contre la France révolutionnaire. Bel exemplaire. Atabey, 410. — Blackmer, 558 (édition anglaise). — Monglond, IV, 1033. — Weber, II, 792.

EYSSERIC (Joseph).

Voyage autour du monde.

Egypte, Annam, Japon, Californie, Mexique, 1893-1894. Album in-8 oblong (18,7 x 25,8 cm) de (10) ff. dont 1 carte imprimée portant le titre, plus 39 ff. restés vierges; basane grenat, dos lisse orné d'arabesques dorées, plats ornés au centre d'une grande plaque à froid avec encadrement de filets dorés et motifs d'angle, gardes de papier gaufré bleu, tranches dorées (reliure du XIXe siècle).

Réunion de 9 peintures à l'huile exécutées par Joseph Eysséric lors de son voyage autour du monde en 1893-1894. Parti de Carpentras le 3 novembre 1893, il s'embarqua le lendemain à Marseille en direction d'Alexandrie. Il visita le Caire, puis descendit la mer Rouge, passa par Obock et Aden, pour arriver à Karachi avant de reprendre le bateau pour Bombay. Il traversa l'Inde et arriva à Delhi, qu'il quitta pour se rendre à Bénarès, sur le Gange, d'où il rejoignit Calcutta. Puis il s'embarqua pour la Birmanie, visita Mandalay et se dirigea ensuite vers le sud pour atteindre Singapour et Batavia (Djakarta). De retour à Singapour, il prit le bateau en direction de l'Indochine : Saigon, Phnom-Penh, Hanoi, puis il visita la Chine, en passant par Shanghai, Nankin et Pékin. Revenu à Shanghai, il s'embarqua pour le Japon et arriva à Nagasaki; de là, il visita le pays avant de s'embarquer à Yokohama et d'effectuer la traversée jusqu'aux Etats-Unis. Après avoir parcouru la Californie, il se rendit au Mexique, s'embarqua à Vera Cruz pour La Havane puis rentra en France. Il arriva à Saint-Nazaire le 30 septembre 1894 et fut de retour à Carpentras le 4 octobre suivant. Les peintures, exécutées à l'huile sur des toiles de petite dimension (13,2 x 21,2 cm), sont montées dans l'album. Elles ne sont pas signées, mais datées dans l'angle inférieur gauche et indiquent la localité dans l'angle inférieur droit, ces indications ayant été ajoutées à l'encre noire. Les mêmes indications figurent au verso, avec parfois l'heure d'exécution de la peinture, mais celles-ci sont difficilement lisibles à cause du montage. L'album contient les peintures suivantes : - Au Caire. 12 nov. 93. - Gde Pyramide. 14 nov. 93. - Côte de l'Annam (Qui-Nhone). 22 mars 94. - Nagasaki. 11 juin 94. - Lac de Chiuzendji [près de Nikko]. 6 juillet 94. - Baie de San Francisco. 5 août 94. - Barenda (Californie). 15 août 94. - Vallée du Yosémite. [Non datée]. - Le Popocatepetl. 31 août 94. Placée au début de l'album, la carte imprimée, avec annotations manuscrites, indique l'itinéraire suivi par Eysséric ainsi que ses dates de départ et de retour en France; elle précise aussi que le voyage a été effectué avec Gaston Guérin, né en 1869. Dans l'angle inférieur droit se trouve le cachet, en partie effacé, de J. Eysséric, à Carpentras (Vaucluse). Peintre de paysages, de marines, aquarelliste et dessinateur, Joseph Eysséric (Carpentras, 1860 - id., 1932) fut l'élève des deux frères Laurens. Il exposa régulièrement, à partir de 1887, au Salon des artistes français de Paris. Professeur de géographie et auteur de manuels, il visita le Maghreb (1888), l'Amérique du Nord (1891), les Indes et l'Extrême-Orient (1893-1894) ainsi que le Spitzberg (1905). En 1896-1897, il effectua une mission en Côte d'Ivoire dans des régions alors peu connues, et fut retenu prisonnier par les Gouros. Au cours de ses voyages, Eysséric réalisa plus de cinq mille aquarelles et dessins, notamment des marines, dont il fit don au musée Duplessis de sa ville natale. En 1895, il donna à la Société de Géographie plusieurs photographies prises en Chine sur les rives du Yang-Tsé. Son œuvre témoigne ainsi de son goût pour les voyages, et, en même temps, de son sens du paysage, de la couleur et de la lumière. Références : Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. V, p. 237. – Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Afrique, pp. 134-136. – Alfred Fierro, Inventaire des photographies sur papier de la Société de Géographie, Wd 125.

FAVIER (Alphonse).

Péking, histoire et description.

Péking, Imprimerie des Lazaristes au Pé-t'ang, 1897. Fort in-4 de xij pp., (2) ff., 336 pp., (2) ff., pp.337-552 (mal ch. 562), (1) f. ; demi-maroquin orangée à coins, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin vert, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure de l'époque signée S. David).

Edition originale issue des presses installées dans la cathédrale de Xishiku, dite le Pé-Tang (ou Beitang), et divisée en deux parties, l'histoire de la ville et sa description. L'illustration se compose de nombreuses figures dans le texte ou à pleine page, d'un plan de Pékin en couleurs, de 10 planches en couleurs représentant principlament des vases, et de 49 planches en noir de reproductions photographiques (numérotées de I à XLIV, et de 1 à 15). Figure importante des missions catholiques en Chine, Monseigneur Alphonse Favier arriva en Chine en 1862. Il supervisa la reconstruction du Pé-Tang en 1887, et deviendra vicaire apostolique de Pékin en 1899. Homme de décision et d'action, il remplit en Chine un grand rôle, et reçut de l’Empereur le bouton rouge de corail des premiers mandarins. Très bel exemplaire de luxe provenant de la collection du célèbre architecte et dessinateur Albert Tissandier, avec son ex-libris. Cordier, BS, 218.

FENN (Harry).

Vue de La Nouvelle-Orléans.

Vers 1870. Aquarelle originale signée et montée sur carton (37,5 x 27,5 cm), encadrée.

Magnifique représentation de La Nouvelle-Orléans et d'une partie du Mississippi, avec, en premier plan, des hommes et des femmes récoltant le coton. Harry Fenn était un illustrateur américain d'origine anglaise, peintre paysagiste, graveur et graveur sur bois. De 1870 à environ 1895, il fut l'illustrateur de paysage le plus important aux États-Unis. Précieux document parfaitement conservé.

FITZ-ROY (Robert).

Instructions nautiques sur les côtes occidentales d'Amérique, du golfe de Penas à la rivière Tumbez.

Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1863. In-8 de vj-183 pp.; dem- chagrin rouge à coins, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par A. Mac-Dermott. Elle contient toutes les instructions nécessaires à la navigation sur la côte ouest de l'Amérique du sud, entre le golfe de Penas, dans le sud du Chili, et l'embouchure de la rivière Tumbez,tout au nord du Pérou. Bel exemplaire comportant des annotations manuscrites de l'époque apportant des précisions ou corrections. Envoi autographe signé du traducteur au capitaine de vaisseau de Lapelin. Théodore-François de Lapelin (1812-1888) était, en 1856, chef d'état-major de la division des côtes occidentales d'Amérique, sur la Persévérante. En 1857, il prit par à la campagne de Cochinchine avant dêtre nommé gouverneur de la Martinique en 1864. Lors de la guerre de 1870, il fut le commandant de la division du Pacifique, bloqua les navires prussiens dans les port américains et continua les relevés hydrographiques sur les côtes du Chili.

FOIGNET (Alexandre).

Quelques réflexions sur les colonies.

Paris, Auguste Auffray, 1831. In-8 de 40 pp.; broché, couverture imprimée.

L'auteur explique qu'il serait stupide de ne pas renouveler la surtaxe sur les sucres produits hors des colonies françaises, et que cela n'augmenterait pas beaucoup le prix payé par les consommateurs. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Inconnu de Sabin.

FORDE (Arthur William).

Scrape book. Album de dessins, d'aquarelles, de photographies et de documents imprimés ou manuscrits.

Inde, vers 1860-1870. In-folio (40,5 x 28 cm) de 35 ff. (paginés 1-13, 24-59 et 70-89), (44) ff., plus 21 ff. restés vierges; demi-chagrin vert foncé à coins, dos muet, plats de percaline verte, titre doré sur le plat supérieur suivi des initiales "A.E.F." (reliure de l'époque).

L'album d'une famille britannique d'origine irlandaise établie en Inde. Un scrape book (littéralement "album de découpures") est un album-souvenir évoquant l'histoire d'une famille par des photographies, des lettres, des dessins, des articles découpés dans la presse ou des documents divers. Le présent volume a été constitué par Ada Emily Forde et son époux Arthur William Forde, ingénieur des chemins de fer puis ingénieur-conseil à Bombay. Il contient 130 photographies, 95 dessins à la mine de plomb, parfois rehaussés de couleur, 72 dessins aquarellés, 26 pièces imprimées, 15 documents manuscrits et 13 dessins exécutés à la plume. Les documents sont en grande majorité montés au recto et au verso de chaque feuillet, souvent à plusieurs par page. Quelques-uns, non montés, sont insérés entre des feuillets vierges à la fin du volume. Les photographies représentent la famille Forde à Ahmedabad (Etat de Goudjerat, au nord-ouest de l'Inde) ou à l'occasion de voyages (Angleterre en 1862, Italie et Suisse en 1867). Sont représentés notamment Arthur William et Ada Emily Forde ainsi que leurs enfants, dont Cyril Wolseley Forde, né en 1864. On y trouve des portraits de proches, comme le major Strutt ainsi que le révérend Canon Falloon et son épouse, puis leurs amis à l'étranger, comme Mme Odier à Genève, le chevalier Cutieri à Pise ou M. Bellochio à Menton. Suivent leurs amis en Inde : capitaine Butler, général Hancock, capitaine Davies, M. Chick, puis leurs relations : révérend A. Stanley, Sir Henry Marsh, capitaine Johnstone, etc. Certaines photographies sont signées Ritter, Molkenteller & Cie, Bombay & Poona, India; Bourne & Shepherd, India; Ferretti, Roma-Napoli; Fratelli Alinari, Firenze; Van Lint, Pisa; Lacombe & Lacroix; Levitsky, rue de Choiseul; Mayhall, London & Brighton; Boissonnas, Genève, etc. Deux photographies, signées AWF, représentent des temples à Ahmedabad (p. 58). A la fin du volume a été inséré un portrait d'Arthur William Forde, réalisé vers 1880 par le photographe P. Vuccino & Cie, Medowstreet Fort Bombay. Les dessins à la mine de plomb comprennent 46 dessins signés "AWF" (Arthur William Forde), 2 présentent d'autres signatures et 47 sont non signés, mais pouvant, pour la plupart, être attribués à A. W. Forde. Parmi les plus anciens, on relève : The seal of Spencer Phillips, esq., Daubury, Essex, 1839; Great Buddow Church, 1839; The Rev. Dr. O'Beirne, principal of Portora College from 1816 to 1836; Paper mill, Belfast, 1838; d'autres, datés 1838 et 1839, comportent des légendes en partie effacées : ils montrent des églises, des maisons ou des villages de Grande-Bretagne. Un dessin daté 1850 montre quelques embarcations, un autre représente Song Bridge à Belfast. On y trouve aussi une représentation de la Provincial Bank of Ireland en 1840 avec, au premier plan, une diligence, ainsi qu'une vue prise de la gare de Bangor, dans le nord du pays de Galles en 1849 (après la p. 89). A la suite se trouvent les dessins relatifs à l'Inde : "Our Christmas Encampment at Anas, 1857"; "Railway Bungalow - Baroda. Mr Ravenscropt tents. Dec. 21th 1857"; "Sirkey, Jan. 2nd, 1858"; "Sirkey, Ahmedabad, 1858"; "View of Ahmedabad & the river. Janv. 4th 1858"; "From Danda Dhurumsalla"; "Fort Chotademaun"; "From Caragolam Ghaut Bungalow"; "Col. Colis Bungalow - Baroda"; "Engineering College Poona"; "Gorabunder"; "Temple near Poona"; "Esplanade Bombay, from the Strangers Lines - March 1858". Concernant les dessins aquarellés, 28 sont signés "AWF" (Arthur William Forde), 11 sont signés "Rev. A.B.F." (son père, le révérend Arthur Brownlow Forde), 3 comportent d'autres signatures et 30 ne sont pas signés. Les aquarelles d'Arthur Brownlow Forde, très bien exécutées, représentent des paysages pittoresques de Grande-Bretagne souvent accompagnés d'une végétation abondante; trois d'entre-elles sont datées 1790 (p. 74). Celles d'Arthur William Forde sont d'un style assez proche; quelques-unes ont été réalisées au lavis. Elles sont souvent consacrées à l'Irlande, comme celle intitulée "View of Black Mountain and Colin Mountain from Fisherwick Place, Belfast" (après la p. 89). Certaines aquarelles représentent des gares de chemin de fer; d'autres ont été exécutées en Italie : Pise, Florence, Côme. A la fin du volume se trouvent quelques aquarelles concernant l'Inde, notamment son habitation en 1856. Par ailleurs, une aquarelle est signée HFH (p. 48), une est signée Edwin A. Penley, 1873 (p. 53), et, à la fin du volume, une autre est signée F. Margrave. Les pièces imprimées sont des coupures de presse, mais aussi des gravures extraites de livres ou des cartes de visite. Quant aux documents manuscrits, il s'agit de lettres familiales, de billets ou de poèmes. Né en 1821, Arthur William Forde fut placé, à l'âge de 15 ans, comme élève de l'ingénieur Godwin, directeur général des chemins de fer d'Irlande du Nord (Ulster Railway Company). Il devint par la suite ingénieur, puis ingénieur en chef. En 1846, il épousa Ada Emily O'Beirne. En 1855, il fut nommé ingénieur en chef de la Bombay, Baroda, and Central India Railway Company et s'installa en Inde. Il construisit le Taptee Bridge puis obtint des concessions pour la construction de nouvelles lignes. Après avoir quitté cette compagnie en 1860, il s'établit comme ingénieur-conseil et travailla à différents projets, notamment celui du Sassoon Dock dans le port de Bombay. Par la suite, il s'occupa des questions relatives à la distribution des eaux et à l'écoulement des eaux usées. Il fut par ailleurs un artiste réputé, exposant chaque année ses œuvres à la Western India Fine Arts Exhibition. En 1885, il obtint un prix pour l'un de ses tableaux. Grand amateur de photographies, il fut élu président de la Photographic Society of Bombay et mourut dans cette ville en 1886. Le volume est dérelié et le papier, très fragile, se détache par morceaux sur les bords; plusieurs feuillets sont déchirés, rendant la consultation délicate. Précieux document évoquant l'Irlande ainsi que la présence britannique en Inde. Provenance : Ada Emily Forde (initiales sur le plat supérieur). – Arthur William Forde (signature à l'intérieur du volume). Sur Arthur W. Forde, cf. Buckland, Dictionary of Indian Biography, 1906, p. 150 et Grace's Guide, British Industrial History (sur le site Internet www.gracesguide.co.uk).

FRANC-MAçONNERIE — ANTILLES.

Extrait des délibérations de la Loge de la réunion des Cœurs, Franco-Américaine, séante au Port au Prince. Pièce manuscrite signée Harley Ostervald, secrétaire, et Bertin, garde des sceaux.

Port au Prince, 27 décembre 1789. 1 p. in-folio, cachet de cire rouge aux emblèmes maçonniques.

Copie certifiée d'une délibération de la Loge de la réunion des Cœurs de Port-au-Prince, qui décida, dans sa séance du 27 décembre 1789, de remercier le comte de Peinier, gouverneur de la colonie, et le marquis André Charles de La Jaille, de la protection qu'ils leur ont accordé. "Il a été décidé qu'il serait adressé à M. le Général, un remerciement respectueux, et que ce chef déjà célèbre par ses vertus civiles et militaires, serait déclaré protecteur de notre Orient... notre plus grand regret est de ne pouvoir le posséder parmi nous, pour lui témoigner les sentiments dont nous sommes pénétrés". Le comte de Peinier, capitaine de vaisseau et chef d'escadre, avait été nommé par louis XV, le 1er juillet 1789, gouverneur de la partie française de Saint-Domingue. Il quitta son poste vers la fin de l'année 1790, quelques mois avant la révolte des Noirs de Saint-Domingue de 1791. En 1782, le marquis de La Jaille, lieutenant de vaisseau, accompagna l'expédition du comte de La Pérouse dont la mission était de prendre le contrôle des postes anglais de la baie d'Hudson.

FRANCKLYN (Gilbert) — TOD (W.).

Adresse à l'Assemblée Nationale de France, pour les Anglois créanciers des habitans de Tabago.

1790. In-4 de 8 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun (reliure moderne).

Dénonciation de Philippe Roume de Saint-Laurent, commissaire général et ordonnateur de Tobago, accusé d'avoir spolié les créanciers anglais de l'île de Tobago, devenue française en 1783. Bon exemplaire. Leclerc, I, 23. — Sabin, 96079.

FÉLICE (Guillaume de).

Émancipation immédiate et complète des esclaves. Appel aux abolitionistes.

Paris, Delay, 1846. In-8 de 114 pp. ; ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin noir (reliure moderne).

Première édition. Membre de la Société Française pour l'Abolition de l'Esclavage, le pasteur Guillaume de Félice demande l'abolition immédiate car "l'esclavage est un crime: un crime dans sa source, dans ses conditions fondamentales, dans ses inévitables conséquences" (page 24) et fait un parallèle avec l'Angleterre où l'esclavage a été aboli en 1833. Bon exemplaire. Petites tâches dans la marge interne. Rychebusch, 3167. — Sabin, 24009.

GAFFAREL (Paul).

L'Algérie. Histoire, conquête et colonisation.

Paris, Firmin-Didot et Cie, 1883. Grand in-4 de (2) ff., ij-(1)-708 pp. ; demi-chagrin rouge, dos lisse, plats ornés d'un décor noir et or, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Edition originale. Elle est illustrée de nombreuses figures et cartes dans le texte, de 4 chromolithographies, de 3 cartes gravées en couleurs dépliantes et de 19 planches gravées hors texte. Très bel exemplaire en reliure de l'éditeur dont le décor reprend des motifs algériens. Infimes rousseurs. Vicaire, III, 856.

GARRISON (William Lloyd).

Thoughts on african colonization; or an impartial exhibition of the doctrines, principes and purposes of the American colonization society. Together with the resolution, adresses and remonstrances of the free people of color.

Boston, Garrison and Knapp, 1832. In-8 de iv-160-76 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse fileté or (reliure à l'imitation).

Première édition. Imprimeur et journaliste, William Lloyd Garrison mena toute sa vie le combat contre l'esclavage et fut, dès 1830, un membre important du mouvement abolitionniste américain. En 1831, il fonda la New-England Anti-Slavery Society et publia un journal The Liberator, puis, en 1833, il fonda, avec Arthur Tappan, l'American Anti-Slavery Society. Au printemps de 1832, Garrison publia le présent ouvrage, dans lequel il démontre, en citant des documents officiels, que l'American Colonization Society n'agissait que dans l'intérêt de l'esclavage. L'American Colonization Society était une société philantropique américaine fondée en 1816. Son intention était d'aider les esclaves américains victimes de la traite transatlantique à revenir sur leur continent d'origine. Elle acheta en 1821 des terres à l'embouchure du fleuve Saint Paul, qui devint par la suite le Liberia. La Société contrôla étroitement ce pays jusqu'en 1847 année de son indépendance. Bel exemplaire. Sabin 26708.

GILLET de LA JAQUEMINIERE (Louis-Charles).

Rapport fait au nom de la section du Comité d'Agriculture et de Commerce chargé par l'Assemblée Nationale de l'examen de la réclamation des députés de Saint-Domingue, relative à l'approvisionnement de l'isle.

Paris, Baudouin, 1789. In-8 de 56-36 pp.; cartonnage de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin bordeaux, non rogné (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Rapport qui préconise de refuser la réclamation des députés de Saint-Domingue visant à annuler la cassasion d'une ordonnance du gouverneur, Marie-Charles Du Chilleau. En effet, cette ordonnance autorisait, à cause d'un risque de disette, l'importation directe de denrées alimentaires sans passer par la France, ce qui était contraire à la loi. La seconde partie contient deux pièces justificatives: Eclaircissements sur la demande de messieurs les députés de Saint-Domingue; et Réflexions sur les deux états ou tableaux joints à la lettre du marquis de Chilleau, en date du 7 septembre 1789. Bon exemplaire. Quelques piqûres en début de volume. Max Bissainthe, 6425. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

GONYN (P.).

Rapport fait à l'Assemblée Nationale, au nom du comité colonial, sur les troubles de la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de 123 pp. (mal chiffré, la pagination revient de 128 à 119) ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ce rapport, lu devant l'Assemblée Constituante le 2 mai 1792, retrace l'histoire récente de la Martinique. Dans une première partie, l'auteur traite de l'assemblée coloniale de 1787, des actions des gouverneurs Charles du Houx de Vioménil puis Claude-Charles de Damas, et enfin de l'envoi de quatre commissaires pour "prendre des informations sur les troubles, leurs circonstances, leurs causes, & pour y rétablir la tranquillité" (page 98). Une seconde partie, rédigée par un autre membre du comité colonial, Jean-Adrien Queslin, relate les actions du général de Béhague et des quatre commissaires. Bon exemplaire. Premiers feuillets roussis. Inconnu des principales bibliographies.

GONZALEZ (Francesco).

Relation abrégée de la nouvelle persécution de la Chine; tirée de la relation composée à Macao par les missionnaires de l'ordre de Saint Dominique, qui ont été chassés de cette mission.

1712. Petit in-12 de (2) ff., 378-(8) pp. (mal chffr., la pagination saute de 324 à 335); veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, filets encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Ouvrage traduit de l'italien d'après le texte original espagnol. Relation du père dominicain François de Gonzales, missionnaire en Chine, qui en fut expulsé en 1705, en même temps que le légat du Pape Charles de Tournon. Ce dernier avait été envoyé pour y interdire aux missionnaires toute tolérance aux «rites chinois». Bel exemplaire. Cordier, BS, 916.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Compte rendu à la nation, par les représentans de S. Domingue, au sujet de la démarche éclatante de cette députation auprès de l'Assemblée Nationale, ou ultimatum sur la Dénonciation de M. de La Luzerne, et son arrêt.

Paris, Demonville, 1791. In-8 de (1) f., 48 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Récit des démarches effectuées par le marquis de Gouy, riche propriétaire à Saint-Domingue, pour faire enregistrer par l'Assemblée Nationale une dénonciation contre le comte de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, accusé d'être "un fléau destructeur", "homme pervers", et "souhaitant la ruine de la colonie". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 992. — Monglond, II, 145. — Inconnu de Sabin.

GOUY d'ARSY (Louis-Marthe, marquis de).

Lettre à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 23 août 1791 écrite en réponse à la lecture d'une lettre du gouverneur gnéral de Saint-Domingue dans une séance de l'Assemblée Nationale et au cours de laquelle l'auteur, lui-même député de Saint-Domingue, a été, dit-il, calomnié par un membre de l'assemblée et dont il demande réparation. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 998. — Monglond, II, 146. — Inconnu de Sabin.

GUIGNES (Chrétien-Louis-Joseph de).

Voyages à Péking, Manille et l'île de France, faits dans l'intervalle des années 1784 à 1801.

Paris, Imprimerie Impériale, 1808. 3 volumes in-8 de (2) ff., lxiij-(1 bl.)-439 pp. — (2) ff., 476 pp. — (2) ff., 488 pp., et un atlas in-folio ; demi-veau violine, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure légèrement postérieure, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition, avec un atlas de 98 illustrations gravées d'après les dessins de l'auteur sur 66 planches (vues de Pékin, temples et monuments, costumes, navires, botanique, divinités, cartes de Canton à Pékin en deux feuilles, plan de Macao, Philippines). Fils de l'orientaliste Joseph de Guignes, Chrétien de Guignes fut, en 1784, attaché au consulat de Chine à Canton. En 1787, après la suppression du consulat, il resta le seul représentant français en Chine. En 1794, il accompagna à Pékin, comme interprète, Isaac Titsingh, ambassadeur des Pays-Bas, puis, en 1797, il quitta la Chine et rentra en France en passant par Manille et l'île Maurice. Bon exemplaire. Quelques piqûres aux volumes de texte. Chadenat, 590. — Cordier, BS, 2351. — Gay, 3307. — Ryckebusch, 3783.

GUILLAIN (Charles).

Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique orientale.

Paris, Arthus Bertrand, 1856-1857. 3 volumes de texte in-8 de xxxi-628 pp. — xxiii-556 pp. — (2) ff., 527 pp., et un atlas in-folio ; demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Édition originale illustrée d'une carte gravée et d'un tableau dépliant hors texte. L'atlas se compose de 55 planches lithographiées d'après des épreuves daguerriennes et les dessins de MM. Caraguel et Bridet enseignes de vaisseau : carte générale du voyage, vues de Zanzibar, de Dzaoudzi, de Mogadiscio, de Moutsamoudou, Moulin à huile en mouvement, portraits d'indigènes. Entré dans la marine à l'âge de quatorze ans, Guillain gravit les échelons pour finir gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, commandant en chef de la division navale et contre-amiral. En 1846, le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce lui confièrent le commandement du navire le Ducouedic pour une mission d'étude sur les côtes de l'Afrique orientale. Durant les escales, il pénétra dans l'arrière-pays et étudia la géographie physique et les populations Swahili et Somali. Après un séjour prolongé à Zanzibar, la mission regagna la France par le Cap. Ce voyage dura deux années et Guillain remit son rapport en 1850. Bon exemplaire de cet ouvrage rare complet du texte et de l'atlas. Mention manuscrite "Souvenir de l'auteur" au premier volume. Quelques rousseurs, et mouillure claire marginale. Gay, 236. — Grandidier, 2347. — Numa Broc, Afrique, 169. — Ryckebusch, 3790.

GUILLERMIN de MONTPINAY (Gilbert de).

Mémoire demandé par l'Académie de Lyon, sur cette question: Quels seraient les meilleurs moyens à employer, soit dans le régime des colonies actuelles, soit dans la fondation de colonies nouvelles, pour rendre ces établissemens les plus utiles à eux-même et aux métropoles ?

Paris, Dondey-Dupré, 1821. In-8 de 62 pp.; cuir de Russie rouge, dos lisse orné, large roulette fleurie encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition. Guillermin de Montpinay fut chef d'escadron attaché à l'état-major de l'armée de Saint-Domingue, qui, en 1808, fut battue par les habitants hispano-créoles à la bataille de Palo Hincado. En 1811, il publia le récit des évènements auxquels il fut mêlé dans un ouvrage intitulé Précis historique des derniers événemens de la partie de l'est de Saint-Domingue. Dans le présent mémoire, il traite principalement de Saint-Domingue, dont il regrette et l'indépendance et l'abolition de l'esclavage, et propose un plan pour y relancer l'économie, basée sur la création de ports francs. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge inférieure. Inconnu de Max Bissainthe et de Sabin.

GUYS (Henri).

Voyage en Syrie. Peinture des mœurs musulmanes, chrétiennes et israélites.

Paris, Just Rouvier, 1855. In-8 de viij-412 pp. ; broché, couvertures imprimées.

Seconde édition de l'ouvrage paru en 1854 sous le titre "Un derviche algérien en Syrie". Issu d'une famille de diplomates ayant exercés au Levant, Henri Guys fut nommé consul à Beyrouth de 1823 à 1837, puis à Alep jusqu'en 1847. Retiré à Marseille, il se consacra à des travaux littéraires. Le présent ouvrage relate l'histoire d'un algérien fait prisonnier par les français après la conquête de l'Algérie. Libéré à la condition de ne plus revenir dans son pays natal, il choisit de s'exiler à Alep en Syrie. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Hage Chahine, 2069.

GUÉRARD (Eugène Charles François).

La Vie au Sérail. Réunion de trois estampes.

Paris, Goupil & Cie, 1859. 3 planches (469 x 318 mm et 380 x 403 mm), hors marges.

Réunion de trois planches dessinées par Guérard, lithographiées en couleurs et rehaussées à la main par Régnier, et publiées par Goupil en 1859. Numérotées 2, 3 et 4, ces belles planches orientalistes font partie d'un ensemble de huit, lithographiées d'après des peintures d'Eugène Charles François Guérard. Elles mettent en scène ces femmes que l'on appelait des odalisques (du turc odalik), employées au service des harems dans les sérails ottomans, et qui pouvaient, parfois, accéder au statut de concubines ou d'épouses. Ces illustrations les montrent dans leur intérieur, nues ou peu vêtues, et lascivement allongées sur des sofas. Les planches n°2 et n°4 présentent deux odalisques, l'une d'elles fumant le narguilé. La planche n°3 montre deux odalisques en compagnie d'un homme fumant le narguilé ; en arrière-plan, la scène s'ouvre sur un paysage du Bosphore. Exemplaires à grandes marges. Légers défauts. Thornton, La Femme dans la peinture orientaliste, 1993, p. 236 ; DelPlato, Multiple wives, multiple pleasures. Representing the harem, 1800-1875, 2002.

HASE (Charles-Benoît).

Rapport sur quelques inscriptions latines récemment découvertes dans l'ancienne régence d'Alger.

Paris, Imprimerie Royale, 1838. In-4 de 42 pp.; demi-maroquin rouge, dos lisse muet, roulettes encadrant les plats, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'époque).

Tiré à part d'un article publié dans le Journal des savants de juilllet à décembre 1837. élève de Silvestre de Sacy, Charles-Benoît Hase, fut administrateur du département des manuscrits de la blbliothèque royale, et professeur de grec moderne et de paléographie grecque à l'école des langues orientales. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au général Henri-Alexis de Tholosé. Ce dernier fut le premier gouverneur de la ville d'Alger, en 1830, et était commandant de l'école royale polytechnique au moment de l'envoi. C'est aussi un confrère de l'auteur puisque ce dernier était professeur d'allemand dans la même école. Piqûres, coins et coupes frottés.

HASTREL (Adolphe d').

Album de l'île Bourbon.

Paris, Victor Delarue, 1847. In-folio de 11-(1) pp.; demi-chagrin marron à petits coins, dos lisse orné en long (reliure de l'époque).

Album illustré d'un titre avec la carte de La Réunion et de 36 planches lithographiées à fond teinté d'après les dessins réalisés sur place par l'auteur. La notice sur l'île fut rédigée par Marc-Antoine Dejean de La Batie, délégué de la colonie. Les planches représentent des vues des villes de Saint-Denis et de Saint-Paul, quelques habitations, des portraits de femmes, plusieurs ponts et aqueducs en bois, des cascades dans les ravines, des arbres et des paysages typiques. Adolphe d'Hastrel (1805-1874), fils du général d'empire Étienne d'Hastrel de Rivedoux, était officier d'artillerie de marine. Il servit à La Réunion, au Sénégal et participa au blocus de Buenos-Aires en 1839. De retour en France en 1841, il fut nommé inspecteur d'arme à Rochefort. Pendant tous ses voyages, il réalisa de nombreux dessins qu'il publia en albums à partir de son retour en France. Exemplaire enrichi, en fin de volume, d'une planche gravée sur Chine monté représentant un projet d'épée d'honneur offerte par le conseil colonial, au contre-amiral Charles-Louis Bazoche, gouverneur de l'île de 1841 à 1846. Bon exemplaire. Quelques piqûres, quelques planches avec la marge externe légèrement écornée, légers défauts d'usage à la reliure. Ryckebusch, 3853 : "les exemplaires complets se comptent sur les doigts d'une main".

HEARNE (Samuel).

Voyage du Fort du Prince de Galles, dans la baie de Hudson, à l'océan nord.

Paris, Imprimerie de Patris, an VII. 2 volumes in-8 de (2) ff., lviij-373 pp. — (2) ff., 332-xxix-(1 bl.)-(1) pp., et un atlas in-4; cartonnage à la bradel de papier beige moucheté, pièce de titre bleue (reliure de l'époque).

Première édition in-8, publiée en même temps que l'originale in-4, et traduite de l'anglais par A.-N.-J. Lallemand. Elle est illustrée d'une grande carte dépliante et de 8 planches dépliantes (vues, plans et cartes particulières). Jeune officier de marine au service de la Compagnie de la Baie-d'Hudson, Samuel Hearne fut chargé de reconnaître le Nord-Ouest du Canada. Il partit du fort Prince-de-Galles, situé sur la rivière Churchill, début décembre 1770 et fut de retour fin juin 1772, après dix-neuf mois d'un voyage épuisant. Le journal de son voyage fut publié à Londres en 1795, trois ans après sa mort et dans lequel il conclut à l'absence d'un passage entre les deux océans. On y trouve également des chapitres sur les Chipewyans et la faune nordique, ainsi que de nombreuses observations sur les mœurs des Indiens. Bon exemplaire en cartonnage de l'époque. Les pages 17 à 32 du second volume sont plus courtes de marges. Brunet, III, 71. — Leclerc, I, 691. — Monglond, IV, 1011. — Sabin, 31183.

HENRION (Paul).

Voyage en Espagne. Manuscrit dactylographié.

Epernay, 1935-1938. In-8 (19,2 x 12,5 cm) de 248 - (2) pp., plus (18) pp. ajoutées; demi-toile verte, sous chemise de maroquin bleu-nuit, plats ornés d'un grand motif central constitué d'arabesques dorées, encadrement de roulettes et filets dorés avec fleurons d'angle (reliure de l'époque).

Le voyage d'un architecte français en Espagne. Accompagné de sa femme, l'architecte Paul Henrion participa à un voyage organisé en autocar à travers l'Espagne entre le 6 et le 24 mai 1935. Arrivé à Biarritz le 5 mai, il passa la frontière le lendemain et effectua un circuit dont les principales étapes furent Burgos, Ségovie, l'Escurial, Madrid, Tolède, Aranjuez, Cordoue, Séville, Cadix, Malaga, Grenade, Almeria, Alicante, Valence, Tarragone et Barcelone. De là, il rentra en France et passa par Perpignan et Toulouse avant de retourner à Epernay. Ce manuscrit est illustré de 17 aquarelles à pleine page (dont une signée "P.H."), 3 dessins à pleine page, 2 dessins dans le texte, 1 photographie, 8 cartes postales, 6 documents imprimés et 4 timbres de la République espagnole. Les aquarelles, pour la plupart exécutées sur papier fort, représentent les sujets suivants : Ségovie. L'aqueduc romain. – Ségovie. L'Alcazar. – Madrid. Porte de Tolède. – Madrid. La Telefonica. – Tolède. Pont d'Alcantara et Alcazar. – Tolède. La cathédrale. – Tolède. La maison du Gréco. – Tolède. Pont Saint-Martin, St Jean des Rois. – Cordoue. La Mosquée. – Séville. La Giralda et la Cathédrale. – [Grenade]. L'Alhambra. Cour des Myrtes. – Grenade. Salle de Justice, Cour des Lions. – Grenade. Les Grottes des Gitanes. – Séville. Parc Maria-Luisa. – Grenade. L'Alhambra. Entrée de la Salle des Ambassadeurs. – Les Gitanes de Grenade (signée P.H.). – Barcelone. La Sagrada Familia (datée mai 1935). Quant aux dessins à pleine page, ils représentent : Burgos. La Cathédrale (à l'encre noire). – Monastère de l'Escurial (à l'encre bleue). – Dans la Sierra Morena (au pastel brun). Ceux insérés dans le texte (à l'encre noire) montrent des réalisations de l'architecte Gaudi : maison avenue de Gracia et Parc Güell à Barcelone (p. 242). La photographie représente Paul Henrion et sa femme à Malaga, au milieu des palmiers dans la promenade de l'Alameda; elle a été prise par un photographe ambulant (p. 152). Concernant les cartes postales, elles montrent des vues de Madrid, Séville, Cadix, Gibraltar, Alicante, Valence (2) et Barcelone. Le texte fournit des descriptions très précises sur les endroits visités : monuments de Burgos, palais de l'Escurial, musée du Prado à Madrid, maison du Gréco à Tolède, mosquée de Cordoue, Alcazar de Séville, Alhambra de Grenade…, et contient de nombreuses observations sur les régions traversées : accueil dans les différentes villes, repas, hôtels, activité des habitants, costumes, fêtes et cérémonies, etc. L'auteur mentionne quelques événements ou anecdotes, comme la présence d'un banquet fasciste présidé par Primo de Rivera dans leur hôtel à Cordoue, ainsi que la tentative de fugue d'un jeune garçon qui est finalement repris par la gendarmerie (pp. 112-115). Il évoque aussi une visite aux grottes du Sacro Monte, à Grenade : "Nous montons ensuite à pied […] à l'Albaycin, quartier des Gitanes. Ces bohémiens habitent seuls ce quartier perché sur une colline. Les habitations sont creusées dans la montagne, en forme de grottes comprenant souvent plusieurs pièces successives […]. Nous assistons dans l'une de ces maisons à des danses et chants. Les femmes vêtues de couleurs voyantes, jaunes, rouges, bariolées de rouge, noir, violet, etc., dansent avec accompagnement de castagnettes, claquements de mains et furieux coups de talons […]. Nous sommes assaillis par une nuée d'enfants mendiant des sous, des cigarettes. Certains sont particulièrement exigeants et tenaces : deux petites gitanes passablement effrontées nous firent la conduite au retour jusqu'au centre de Grenade…" (pp. 174-175). A Barcelone, Henrion apprécie les réalisations du célèbre architecte espagnol Antonio Gaudi y Cornet (1852-1926), auteur de la Sagrada Familia, ou Eglise de la Sainte Famille, dont une représentation aquarellée figure dans le manuscrit : "[Elle] est une œuvre d'une telle étrangeté qu'il est rare d'en entendre parler sans passion […], les architectes français surtout nous ont paru acharnés à n'y vouloir rien comprendre […]. M. Gaudi est un maître ès pierres vives du moyen âge ressuscité à la fin du XIXe siècle. C'est un homme d'une foi ardente, d'une piété ascétique et d'un incontestable génie artistique. Il y a chez lui toute la mentalité disparue du grand constructeur de cathédrales, l'esprit religieux, la science de son art et la puissance créatrice…" (p. 236). En tête du manuscrit se trouve inséré le programme du voyage avec une carte indiquant l'itinéraire suivi. Organisé par l'agence "Le Tourisme français", il regroupait 17 voyageurs, plus Henrion et sa femme, ainsi que le guide, soit 20 personnes au total. La liste des participants se trouve à la fin du récit. Par ailleurs, Henrion s'était déjà rendu en Espagne en 1930, visitant Irun et Fontarabie, ainsi qu'il le mentionne au début de sa narration (p. 6). Intéressante relation d'un voyage en Espagne, effectué un an avant le début de la guerre civile (1936-1939).

HOMMAIRE de HELL (Xavier).

Les steppes de la mer Caspienne, le Caucase, la Crimée et la Russie méridionale. Voyage pittoresque, historique et scientifique.

Paris, P. Bertrand, Strasbourg, Ve Levrault, 1843-1845. 3 volumes in-8 de vij-(1)-514-(1) pp. — (2) ff., 598 pp. — 507-(1) pp., et un atlas in-folio ; demi-veau bleu, dos à nerfs ornés (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. L'atlas comprend une partie historique de 25 planches lithographiées d'après les dessins de Fortuné Férogio dont 7 en couleurs, et une partie scientifique avec une carte géologique en couleurs dépliante, une planche double de coupe géologique, 6 planches gravées de coquillages, et 4 cartes. Cet ouvrage est un compte rendu du premier voyage d'exploration d'Hommaire de Hell dans la Russie septentrionale. Il fut appelé par le gouverneur général de la Nouvelle Russie, le comte Vorentsov, pour y étudier la géologie de la Crimée et résoudre la solution du problème de la rupture du Bosphore. Pendant près de cinq années, il parcourut le pays "dans tous les sens, explorant à pied ou à cheval le cours des fleuves et des rivières, et visitant toutes les côtes russes de la mer Noire, de la mer d'Azov et de la mer Caspienne" (préface). Il était accompagné, la plupart du temps, par son épouse qui rédigea la partie pittoresque du voyage. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Cachet annulé de l'école d'artillerie de Vincennes sur les volumes de texte. Rousseurs, plus prononcées en début et fin des volumes de texte. Atabey, 591. — Brunet, III, 295. — Hage Chahine, 2213. — Numa Broc, Asie, 242.

HUGUENIN (Paul).

Raiatea la sacrée, île sous le vent de Tahiti (Océanie française).

Neuchâtel, Paul Attinger, 1902. In-4 de (2) ff., 256 pp.; demi-maroquin bleu à coins, dos lisse avec le titre en long, tête dorée, non rogné (reliure postérieure).

Première édition séparée, illustrée de 24 planches en couleurs dont 2 dépliantes, de 2 cartes dépliantes dont 1 en couleurs, de 2 cartes et de 64 figures dans le texte, et de 31 reproductions photographiques sur 29 planches. L'ouvrage fut d'abord publié en 1902 dans le tome XIV du Bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie. L'auteur et son épouse séjournèrent à Raiatea, l'une des îles de l'archipel de la Société, de 1896 à 1899. Directeur des écoles de la mission protestante des îles sous le vent, il parcourut l'île, apprit la langue et fit de nombreux dessins et aquarelles qui illustrent le présent ouvrage. Il y retrace son voyage (des Marquises à Tahiti puis à Raiatea), décrit les îles (Raiatea, Tahaa, Bora-Bora, Maupiti, Motu-iti et Maupihaa, Huahine), leur flore, climat, population, histoire, langue et légendes. Bon exemplaire. Dos passé. O'Reilly, 4679 :"Le meilleur ouvrage général concernant ces îles".

HUGUES (Thomas Smart).

Voyage à Janina en Albanie, par la Sicile et la Grèce.

Paris, Gide fils, 1821. 2 volumes petit in-8 de 326 pp. — 351 pp.; demi-basane marbrée à coins, dos lisses ornés de filets, pièce de titre de maroquin noir, armes dorées sur le premier plat placées postérieurement (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defaucompret, et illustrée du portrait d'Ali-Pacha gravé à l'aquatinte en frontispice. L'auteur parcourut la Méditerranée en 1813-1814 en compagnie de son élève Richard Townley Parker, et visitèrent l'Espagne, l'Italie, la Sicile, la Grèce et l'Albanie. Le récit de son voyage concerne surtout son séjour en Albanie et plus précisément sur Ali Pacha, gouverneur de Épire et des régions voisines qu'il tenta de rendre indépendant de l'Empire Ottoman. Bon exemplaire. Cachet "bibliothèque léguée au Cardinal Gianelli" au début des deux volumes, peut être le Cardinal Pietro Gianelli (1807-1881). Aux armes du Comte de Cianelli de Servans, et ex-libris du même au château de Goudourville (près de Valence) ; itrès certainement Gonzague de Cianelli de Servans, propriétaire dudit chateau qu'il vendit en 1939. Atabey, 600. — Blackmer, 842 (édition anglaise de 1820). — Quérard, IV, 156.

HUMBOLDT (Frédéric-Henri-Alexandre de).

Volcans des Cordillères de Quito et du Mexique.

Paris, Théodore Morgand, 1864. In-8 oblong de (2) ff., ; demi-chagrin vert, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée de 12 planches gravées, chacune accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Elles représentent des vues de volcans du Pérou et du Mexique, la plupart dessinées par Alexandre de Humbolt en 1802 lors de sa traversée des Andes, et au cours de laquelle il tenta d'atteindre le sommet du Chimborazo. Il monta néanmoins jusqu'à 5920 m, établissant ainsi le recoort d'altitude de son époque. Ce recueil fut publié pour la première fois en 1854 pour accompagner l'ouvrage de Humboldt, Mélanges de géologie et de physique générale. Bel exemplaire. Sabin, 33749

HUTTEAU (François-Louis).

Mémoire pour le sieur Daniel Deslandes, ci-devant commandant la flute du roi l'Officieuse, demandeur; contre la Compagnie de la Guyane françoise, défenderesse.

Paris, Imprimerie de Quillau, vers 1784. In-4 de 52 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure moderne).

Mémoire rédigé par les avocats du capitaine de navire Daniel Deslandes qui commanda une expédition au Sénégal pour le compte de la Compagnie de Guyane. Mais, à cause du mauvais temps, son bateau s'échoua sur la barre à l'entrée du port de Saint-Louis du Sénégal. Si "la compagnie perdoit peu à cet évènement malheureux (le vaisseau & la cargaison étoient assurées, & elle a été payée)", le capitaine, lui perdait le bénéfice de 5 % qu'il devait retirer du commerce des esclaves qu'il était venu chercher. Or, durant son escale forcée à Saint-Louis, il découvrit les détournements opérés par l'agent de la Compagnie, et réclama en conséquence une récompense pour avoir remis de l'ordre dans les comptes du comptoir. Très rare brochure, inconnu des principales bibliographies, et dont aucun exemplaire ne semble figurer dans les collections publiques.

JAHAM (Marie-Reine de).

Les Rituels du rhum et la Cuisine créole. 50 recettes de cuisine créole traditionnelle et leurs compères les rhums des Antilles. Manuscrit autographe avec dessins originaux de l'auteur.

[vers 1991]. In-4 (30 x 21 cm) de 96 pp. (ch. 1-49, 52-95, 23, et 3 non numér.); broché.

Manuscrit original de cet important ouvrage de gastronomie créole. Il est abondamment illustré d'aquarelles réalisées par l'auteur, chaque page comportant en général un ou deux dessins. Le texte présente plusieurs "fenêtres" car certains dessins ont été retirés par l'éditeur, le manuscrit devant servir de maquette à l'ouvrage définitif qui a été publié à Paris, aux éditions Montorgueil, en 1992 (in-4 de 95 pp.). Dans ce livre de recettes, Marie-Reine de Jaham met en scène une cuisinière créole traditionnelle nommée Da Eudèse, installée sur une ancienne habitation du Morne Calebasse, sur la route de l'Ajoupa-Bouillon, dans le nord de la Martinique. L'auteur décrit la cuisine, située à quelques pas de l'habitation, les fourneaux, les ustensiles, les buffets qui contiennent les denrées (sucre de canne, cacao, flacons de rhums parfumés), puis détaille la journée d'une cuisinière ainsi que la préparation des réceptions dans les grandes maisons. Vient ensuite un chapitre intitulé "L'armoire aux rhums". L'auteur évoque d'abord la culture de la canne à sucre, puis décrit les différents types de rhums (agricole ou de sucrerie) et énumère les principales usines, avec une mention particulière pour la distillerie Depaz, établie au pied de la Montagne Pelée, et qui produit un rhum dont l'extraordinaire arôme est dû à la terre volcanique où sont cultivées les cannes. La suite contient des conseils de dégustation ainsi que des indications sur la manière de servir le rhum et de le conserver. Puis Da Eudèse présente ses recettes, au nombre de 44 (sur 46, les pages 50-51 manquent), parmi lesquelles les acras de malanga, la soupe à congos, les crabes farcis, les petits gombos à la créole, le rougail de mangots verts, la morue boucanée, l'avocat au concombre, les palourdes farcies, la daube de chatou, le colombo, le migan de ti-nains, l'épaule de cabri à l'ail, les bananes jaunes en robes des prés, le blaff de poissons, les dombrés aux haricots rouges, le matété crabes, le poulet au rhum, le filet mignon avocat, la daube de cochon aux aubergines, les patates glacées, etc. Un autre chapitre contient 4 menus de fêtes (Pâques, Pentecôte, réveillon, baptême ou première communion). Le plan du manuscrit est le suivant : [Avant-propos, p. 3]. - La cuisine créole de Da Eudèse, son garde-manger, ses ustensiles, ses traditions (pp. 4 à 25). - L'armoire aux rhums (pp. 26 à 46). - Les recettes de Da Eudèse (pp. 47 à 83). - Le carnet d'adresses du vrai connaisseur (pp. 84 à 88). - Les menus de fête de Da Eudèse (pp. 89 à 91). - Le vocabulaire de Da Eudèse (pp. 92 à 94). Il s'achève par une table des matières (p. 95), suivie de la recette (imprimée) de la tarte ananas, de deux cartes manuscrites et aquarellées de la Martinique et de la Guadeloupe, et d'un feuillet de fin abîmé. Née à la Martinique, Marie-Reine de Jaham est l'auteur de plusieurs romans qui dressent une vaste fresque de la société antillaise du XVIIIe siècle à nos jours. En gastronomie, elle composa un ouvrage sur les desserts créoles (1992) ainsi qu'un second livre de recettes (2004). Elle fonda aussi deux associations ayant pour but la défense et le rayonnement de la culture créole. Par son œuvre et ses écrits, elle est considérée aujourd'hui comme l'un des meilleurs porte-parole de la société créole (source : biographie sur http://ordesiles.com).

JEAN (Louis).

Cahier de chansons appartenant à Jean. Honneur à la classe 1879. Manuscrit autographe signé.

Camp-Est [Ile Nou, Nouvelle-Calédonie], 29 octobre 1884. Carnet in-8 (20,2 x 10 cm) de (1) f. de titre, 214 et (4) pp.; broché, dos recouvert de toile gris-beige.

Recueil de chansons copiées par un soldat en poste à l'île Nou (Nouvelle-Calédonie). Il est illustré d'un titre-frontispice dessiné à l'encre, à la mine de plomb et au crayon de couleur représentant un emblème militaire, et de 3 dessins exécutés de la même manière montrant des bâtiments à voiles : La Loire, le Précurseur et le Navarin. Le texte contient environ 150 poèmes dont certains évoquent la guerre de 1870 (L'appel après le combat, Le Noël du soldat, Maudite soit la guerre), la proclamation de la République (Le 4 Septembre, La République victorieuse), la vie militaire (Lettre d'un jeune soldat, Le porte-drapeau, Le soldat d'infanterie de marine), mais aussi les promenades, la vie sentimentale, etc. A la fin du carnet se trouve un chapitre intitulé "Description de la Nouvelle-Calédonie. Mœurs et coutumes des Indigènes" (pp. 200-210). Après des considérations géographiques et historiques, le soldat évoque les ressources agricoles et forestières, la faune, la flore, les habitudes des Calédoniens, leurs mœurs, les guerres entre tribus, la navigation au moyen de pirogues, la pêche, la fabrication d'étoffes, les armes, les coquillages servant de monnaie, etc. Extrait : "Le bois et les pierres sont les éléments de la fabrication de leurs armes, malgré les mines de fer [qui] y abondent […]. Leurs armes sont la sagaie, le casse-tête, le bec-d'oiseau, le tamion, et la fronde. La sagaie est un morceau de bois ayant les deux extrémités effilées, à 100 mètres ils ne manquent jamais leur but. Ils la lancent par le moyen d'une lanière placée à l'index, le plus souvent elle est munie au bout d'une arête de poisson ayant de petites brèches, en sorte qu'une fois blessé il faut déchirer la peau pour retirer la sagaie…" (p. 208). Probablement originaire des Deux-Sèvres, l'auteur, né en 1859, était soldat de 2e classe à la 41e Compagnie du 3e Régiment d'infanterie de marine. En 1884, il était en poste au Camp-Est de l'île Nou (cf. p. 20). Son cahier de chansons est signé et daté p. 211. Située au large de Nouméa, l'île Nou abrita les premières installations du bagne de Nouvelle-Calédonie à partir de 1867. Elle comprenait le Camp-central, le Camp-Est, la Ferme-Nord et l'hôpital du Marais. De 1890 à 1898, la pointe nord accueillit également des lépreux. Traces de consultation dans les angles du volume; les pp. 191-192 sont détachées.

JOLLIVET (Thomas-Marie-Adolphe).

L'émancipation anglaise jugée par ses résultats. Analyse des documents officiels imprimés par ordre de M. le Ministre de la Marine et des Colonies.

Paris, imprimerie de Moquet et Hauquelin, 1842. In-8 de 104 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1833, l'Angleterre vota une loi sur l'abolition progressive de l'esclavage qui fut effective en 1838. À partir de 1840, l'amiral Duperré, Secrétaire d'Etat de la Marine et des Colonies, fit publier un ensemble de textes et d'études sur la mise en place et les conséquences de l'abolition dans les colonies anglaises. Jollivet, délégué de la Martinique et ardent défenseur de la cause des colons, ne voulut y voir que les aspects négatifs qu'il souligne dans cette brochure. Bon exemplaire, enrichi de 2 vignettes représentant un esclave enchaîné et des chaines. Ryckebusch, 4329. — Inconnu de Sabin.

JOLLIVET (Thomas-Marie-Adolphe).

La commission présidée par M. le duc de Broglie, et les gouverneurs de nos colonies, théorie et pratique.

Paris, imprimerie de Boulé et Cie, 1843. In-8 de 56 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Après avoir publié une Analyse des délibérations et avis des conseils coloniaux, des gouverneurs et des administrateurs des colonies sur les projets d'émancipation de la commission présidée par M. le duc de Broglie, Jollivet poursuit sa croisade antiabolitionniste en publiant cette fois des extraits de rapports des gouverneurs des différentes colonies en y soulignant tout ce qui lui paraît s'opposer au conclusions du rapport de Broglie. Bon exemplaire enrichi d'une planche hors texte représentant un marché d'esclaves. Piqûres sur les premier feuillets. Ryckebusch, 4341.

JOLLIVET (Thomas-Marie-Adolphe).

Observations sur l'émancipation des Noirs, extraites d'un ouvrage de M. le contre-amiral Laplace.

Paris, imprimerie de Bruneau, 1844. In-8 de 58 pp.

En s'appuyant sur des extraits de la relation du second voyage autour du monde de l'amiral Laplace, Jollivet, ardent défenseur de la causes des colons, veut démontrer les effets négatifs de l'abolition de l'esclavage dans les colonies anglaise, et répondre ainsi au rapport de la commission dirigé par le duc de Broglie qui la présente sous un jour qu'il trouve trop favorable. Bon exemplaire enrichi d'une planche gravée hors texte représentant un marchand d'esclaves. Ryckebusch, 4346.

JOURNU-AUBER (Bernard).

Troisième rapport fait au nom du comité des colonies, sur les secours à accorder à Saint-Domingue, & sur l'acquittement des lettres-de-change tirées par les administrateurs de la colonie sur le trésor public.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 14 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Rapport se terminant par un projet de décret, dans lequel son auteur demande que soient régularisées les mesures financières prises par le gouverneur et l'ordonnateur de Saint-Domingue, et qu'ils soient autorisés à tirer, sur le trésor public, jusqu'à un million de livres par mois. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

JOUVE (Joseph, dit VOJEU de BRUNEM).

Histoire de la conquête de la Chine par les Tartares mancheoux.

Lyon, les frères Duplain, 1754. 2 volumes petits in-12 de (10) ff., 345-(1) pp. — (2) ff., 318-(4) pp.; veau havane marbré aux armes, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Pour écrire son histoire l'auteur se servit du manuscrit de la volumineuse Histoire de la Chine du Père Mailla qui n'était pas encore publiée. Ce manuscrit, envoyé par le Père Mailla en 1737, se trouvait conservé à la bibliothèque du collège jésuite de Lyon où l'auteur enseignait la théologie morale. Son ouvrafge se termine par une concordance chronologique entre la Chine et l'histoire ancienne qu'il tira d'un manuscrit latin du Père Régis conservé dans la même bibliothèque. Bel exemplaire. Armes non identifiées. Chadenat, 7056. — Cordier, BS, 629. — Sommervogel, 860.

JUSTIN (Michel-Placide).

Histoire politique et statistique d'Hayti, Saint-Domingue, écrite sur des documents officiels et des notes communiquées par sir James Barskett.

Paris, Brière, 1826. In-8 de (4) ff., 547 pp.; broché, couverture verte imprimée, non rogné.

Première édition, illustrée d'une grande carte gravée et aquarellée, et d'un tableau dépliant. Rare ouvrage retraçant l'histoire de Saint Domingue depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, mais dont la plus grande partie est consacrée à la période allant de la révolution française de 1789 à la reconnaissance de l'indépendance de l'île en 1825. Bon exemplaire. Petite tache d'encre sur la tranche, couverture écornée. Leclerc, 1403. — Max Bissainthe, 2558. — Sabin, 36956.

KLAPROTH (Julius von).

Lettre à M. le baron A. de Humboldt, sur l'invention de la boussole.

Paris, Dondey-Dupré, 1834. In-8 de 138 pp.; demi-veau bleu, dos lisse orné en long (reliure de l'époque, dos remonté).

Première et seule édition ancienne. Ele est illustrée de 3 planches lithographiées dépliantes. À une interrogation d'Humboldt "sur l'époque où les Chinois ont connu la polarité de l'aimant, et en ont fait l'application à la boussole", l'auteur répond, à l'aide de nombreuses citations en arabe et en chinois, que les Chinois connaissaient l'aimant et sa polarité depuis l'antiquité, et que l'usage de l'aiguille aimantée fut connu en Europe au moment des croisades et par l'intermédiaire des Arabes. Curieuse petite note manuscrite dans la marge de la page 40, au sujet de l'auteur d'un texte cité dans l'ouvrage; elle est signée L.I. Duperrey et il pourrait s'agir de l'explorateur Louis-Isidore Duperrey. Bon exemplaire à grandes marges. Cordier, BS, 1458. — Polak, 4890.

L'HÉRITIER (Louis-François).

Le Champ-d'Asile, tableau topographique et historique du Texas.

Paris, Ladvocat, 1819. In-8 de xvj-247 pp.; demi-basane brune, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale : exemplaire du troisième tirage considéré comme le meilleur. Elle est augmentée d'une description succinte de Tombigbee en Alabama (pages 9 à 16 de l'introduction), et d'une carte gravée dépliante des établissement fondés dans l'Amérique septentrionale par les réfugiés français. Ecrivain et journaliste, L'Héritier donne des détails sur le sol, le climat et les productions du Texas, puis relate l'histoire du Champs-d'Asile, une colonie de vétérans des guerres napoléoniennes établie au Texas, sur la Trinity River. Par la suite, l'Espagne revendiqua ce territoire et les États-Unis donnèrent en échange aux réfugiés un emplacement en Alabama. Ils y fondèrent l'État de Marengo, dont la capitale était Aigleville. L'ouvrage contient également des documents authentiques sur l'organisation de la colonie des réfugiés français, des notices sur les principaux fondateurs, des extraits de leurs proclamations et autres actes publics, et des lettres écrites par des colons à quelques-uns de leurs compatriotes. Bon exemplaire de cet ouvrage rare. Déchirure retaurée à la carte. Howes, L329. — Leclerc, II, 3322. — Sabin, 40913.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (François-Alexandre-Frédéric, duc de).

Opinion sur la question des colonies.

Paris, imprimerie du Pont, 1791. In-8 de 26 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

L'auteur s'opposa à l'utilisation de la force pour faire appliquer le décret du 15 mai 1791 car cela pourrait causer la perte des colonies pour la France. En effet, les colons refusaient d'appliquer ce décret, qui accordait le droit de citoyen actif à tous les gens de couleurs nés de parents libres. Bel exemplaire. Ryckebusch, 4717. — Sabin, 39052.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaëtan, marquis de).

Note sur l'administration d'Alger.

Paris, A. Henry, 1835. In-8 de (2) ff., 63 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

L'auteur, qui fut député du Cher pendant de nombreuses années, plaide pour une conservation de la colonie, démontant les arguments de ceux (dont le marquis de Marbois) qui trouvent que cela coute trop cher. Bel exemplaire.

LABAT (Jean-Baptiste).

Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, contenant l'histoire naturelle de ces pays, l'origine, les mœurs, la religion & le gouvernement des habitans anciens & modernes. Les guerres & les évènemens singuliers qui y sont arrivéz pendant le séjour que l'auteur y a fait.

Paris, Théodore Le Gras, 1742. 8 volumes in-12 de xxxvj-(14)-472 pp. — (3) ff., 444 pp. — (3) ff., 475 pp. — (2) ff., 533 pp. — (3) ff., 418 pp. (mal chffr., la pagination saute de 351 à 356) — (2) ff., 502 pp. — (3) ff., 516 pp. — (5) ff., 436-(4) pp. ; veau havane marbré, dos lisses ornés, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge et tabac, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition augmentée, et illustrée d’un portrait de l’auteur et de 104 planches gravées (dont deux doubles) : plans de lieux et de bâtiments, sciences naturelles, botanique, scènes de genre, et cartes dépliantes (Martinique, golfe du Mexique, Guadeloupe, Saint-Christophe, la Barbade, Saint-Domingue). Missionnaire dominicain, le père Labat demanda, en 1693, à faire partie des missions des Antilles. Il arriva à la Martinique en 1694, et prit la direction ecclésiastique de la ville de Macouba. Durant dix années, il parcourut tout l’archipel des Antilles, fondant la ville de Basse-Terre, qui devint chef-lieu de la Guadeloupe, et apportant toutes ses connaissances d’ingénieur et d’agronome pour le développement de ces régions. L’ouvrage du père Labat apporte de nombreux renseignements sur l’histoire de l’esclavage aux Antilles à la fin du XVIIe siècle, et sur les productions naturelles et la médecine dans les îles. Bel exemplaire bien complet de toutes ses planches. Dos refaits, pages de titre brunies en marge, déchirure sans manque p.405. J.C.B., 742/114. — Leclerc, 803. — Max Bissainthe, 6387. — Nissen, ZBI, 2330. — Sabin, 38409.

LACHARRIÈRE (André de).

Réflexions sur l'affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

Paris, Guiraudet et Ch. Jouaust, 1838. In-8 de (1) f., 38 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre marron (reliure moderne).

L'auteur se prononce pour un affranchissement progressif, et propose d'attendre la fin de l'expérience anglaise qui s'était engagé dans ce processus depuis 1833. Bon exemplaire. Premier cahier jauni. Max Bissainthe, 6398. — Ryckebusch, 4544.

LACOSTE (Jean de).

Mémoire pour le citoyen Lacoste, ex-ministre de la marine.

Paris, imprimerie de J. Girouard, 1792. In-8 de 40 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre (reliure moderne).

Jean de Lacoste fut nommé Ministre de la Marine le 15 mars 1792, mais, le 9 juillet il fut décrété d'accusation. Dans ce mémoire, il se justifie et répond point par point aux accusations qu'ils lui ont été faites sur la façon dont il a fait appliquer aux Antilles le décret du 28 mars 1792 qui accordait les mêmes droits aux colons et aux hommes libres de couleur. Bon exemplaire. Quelques rousseurs.

LACROIX (François Joseph Pamphile de).

Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution de Saint-Domingue.

Paris, Pillet ainé, 1819. 2 volumes in-8 de XV, 416 pp. - (2) ff., 350 pp., (1) f. ; demi-maroquin rouge à grains longs à coins, dos lisses ornés, chiffre au centre des plats, non rogné (reliure de l'époque).

Édition originale, illustrée d'une grande carte dépliante coloriée de Saint-Domingue dressée par Lapie, d'un plan gravé représentant le "Siège de la Crête à Pierrot par l'armée française" et d'un tableau replié. En 1802, le vicomte Pamphile de Lacroix participa à l'expédition de Saint-Domingue dont le but était de soumettre la colonie de cette île où Toussaint Louverture avait proclamé la liberté des Noirs. Il fut un des premiers qui débarquèrent dans la rade de Port-au-Prince où il fut accueilli par une embuscade. Les victimes furent nombreuses et Pamphile de Lacroix poursuivit les fuyards jusque dans la ville en flammes. Ces faits d'armes lui valurent le grade de général de brigade, mais l'expédition de Saint-Domingue fut un échec. Le présent ouvrage apporte des renseignements justes et précis sur les affaires de cette île et sur les véritables causes qui ont fait perdre cette colonie à la France. Bel exemplaire, au chiffre de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche (1791-1847), seconde épouse de Napoléon. Quelques rousseurs notamment à la carte. Leclerc, 2816. — Max Bissainthe, 6404. — Sabin, 38496.

LAFARGUE (Etienne de).

Histoire géographique de la Nouvelle Écosse.

Londres [Paris], 1749. In-12 de vj-164 pp.; demi-basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Traduction, par Étienne de Lafargue, de l'ouvrage anonyme anglais A geographical history of Nova Scotia, publié à Londres la même année. Après une description géographique et notamment de la côte, on trouve des renseignements sur la production du pays, les mœurs des Indiens, et l'histoire des démêlés entre la France et l'Angleterre pour la possession de cette province. L'ouvrage se termine par un appel pour y envoyer des colons. [Relié avec:] - [PIDANSAT de MAIROBERT (Mathieu-François)]. Lettre de M. de M... à M. de ... sur les véritables limites des possessions angloises & françoises en Amérique. S.l., 1755. 11 pp. Rare plaquette publiée à la veille de la guerre de Sept ans, alors que les hostilités étaient déjà déclarées en Amérique entre les Français et les Anglais. - RONDET (Laurent-Étienne)]. Réflexions sur le désastre de Lisbonne. En Europe, aux dépens de la compagnie, 1756. Premier tome seul sur deux. Bel exemplaire. Les plats sont restés à nus. Sabin, 38564 (premier ouvrage, le second n'y figure pas).

LALANDE (Joseph-Jérôme Le François de).

Mémoire sur l'intérieur de l'Afrique.

Paris, de l'imprimerie des administrations nationales, an III-[1795]. In-4 de (1) f., 39 pp.; demi-veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition. Ouvrage en deux parties dans lequel Lalande, alors directeur de l'Observatoire de Paris, s'interroge sur le cours des fleuves Niger et Sénégal. Il conclut qu'il s'agissait du même fleuve: "le Niger prend sa source à l'orient de l'Afrique, et tombe dans l'océan au-dessus du Cap-Verd, sous le nom de Sénégal". Dans la seconde partie, il propose d'envoyer de jeune gens "acclimatés quelques tems en Afrique, qui sussent l'arabe et le mandingue […] et qui se joindront aux conducteurs de caravannes […] pour traverser l'intérieur de l'Afrique" et rapporter des connaissances sur ce continent dont on ne connaissait presque rien. Bel exemplaire. Monglond, III-156.

LANDMANN (abbé).

Les fermes du Petit Atlas, ou colonisation agricole, religieuse et militaire du nord de l'Afrique.

Paris, Perisse frères, 1841. In-8 de vj-192 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

L'illustration se compose d'un plan gravé dépliant. L'ouvrage est un projet de colonisation agricole étudié jusque dans les moindres détails administratifs, techniques et financiers, avec constitution d'une société financière et distribution des revenus. Mais ce projet ne semble pas avoir abouti sous cette forme. En 1847, l'abbé Landmann obtint la concession d'un ancien domaine militaire à Guelma, en Algérie, où il fonda un orphelinat. Mais des installations défectueuses et l'appauvrissement rapide des terres le poussèrent à renoncer. Bon exemplaire. Gay, 646.

LAPLANTE (Edouard).

La Habana. Panorama general de la ciudad y su bahia.

La Habana, L. Marquier y Laplante, circa 1850. Lithographie originale (49,9 x 71,5 cm, hors marges).

Fabuleux panorama à vol d'oiseau de la ville de La Havane et de sa baie, dessiné par Edouard Laplante et lithographié en couleurs par Laplante et Luis Marquier, publié à La Havane en 1850. La vue est prise depuis la colline du village de Casablanca, sentinelle historique et populaire de la baie de La Havane. Cette vue détaillée illustre les débuts de la modernisation de la ville de La Havane, initiés par le gouverneur Miguel Tacón y Rosique. Soucieux de faire de la capitale une ville imposante et majestueuse, Tacón commanda une série de bâtiments publics importants. La croissance de quartiers riches comme El Cerro, et plus tard El Carmelo et El Vedado, fut planifiée de la même façon, et selon un schéma bien structuré. Ces quartiers sont visibles au centre de la lithographie, filant vers l'horizon. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Peintre et lithographe français, Edouard Laplante s'installa à Cuba au milieu du XIXe siècle, comme vendeur de machinerie sucrière pour le compte de la compagnie française Derosne et Cail à Paris. Son activité commerciale l'amena à collaborer en tant qu'illustrateur pour l'ouvrage du propriétaire foncier cubain Justo Germán Cantero, consacré à l'histoire et à la description des plus grands et meilleurs moulins à sucre de l'époque. Il s'agit de l'ouvrage intitulé Los Ingenios (les plantations de canne à sucre), publié à La Havane entre 1855 et 1857. Laplante réalisa également une série de lithographies de grand format, représentant pour la plupart des villes importantes de Cuba, et naturellement liées à l'industrie sucrière. La série débuta avec notre panorama de La Havane, qui est sans aucun doute la ville la plus importante de la série. Edouard Laplante se dédia fondamentalement à la lithographie et contribua à l'essor de cette expression artistique durant le XIXe siècle. Avec Miahle, peintre et graveur comme lui, il était considéré comme le plus remarquable des graveurs étrangers ayant travaillé à Cuba. Pliure centrale et déchirures restaurées, petits manques à la pliure centrale. Lapique Becali, La Habana. Imagen de una ciudad colonial, 2013.

LAS CASAS (Barthélémy de).

La découverte des Indes Occidentales, par les Espagnols.

Paris, André Pralard, 1697. Petit in-12 de (5) ff., 282-(2) pp.; demi-chagrin noir, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de la fin du XIX° siècle).

Première édition de la traduction française de Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, de l'ouvrage du dominicain Bartholomé de Las casas, Brevísima relación de la destrucción de las Indias, publié en 1552 en Espagne. Elle est illustré d'un titre-frontispice gravé de Pierre Giffart. Missionnaire espagnol, l'auteur dénonce les excès de la colonisation des Amériques par les Espagnols. Cette nouvelle traduction fut publié au moment où le problème de la succession d'Espagne devenait aigu. Le roi Charles II d'Espagne étant sans héritier, les autres puissances européennes se préparaient à se partager le royaume et ses possessions. Bon exemplaire. Boucher de La Richarderie, V, 484. — Leclerc, I, 845. — Sabin, 11273.

LAUGIER de TASSY (Jacques-Philippe).

Historia del reyno de Argel; con el estado presente de su govierno, de sus fuerças de tierra, y mar, de sus rentas, policia, justicia, politica, y comercio.

Barcelona, Juan Piferrer, 1733. Petit in-8 de (12) ff., 340 pp.; basane mouchetée, dos à nerfs orné (reliure de l'époque, dos refait à l'imitation).

Traduction espagnole de l'ouvrage Histoire du royaume d'Alger, illustrée de 2 planches gravées dépliantes (carte d'Afrique du nord, et plan de la baie d'Oran), et d'un tableau dépliant. Jacques Laugier de Tassy fut chancelier du consulat d'Alger en 1717-1718, et il publia son ouvrage à Amterdam, en 1725 alors qu'il y était commissaire de la marine. On y trouve un grand nombre d'informations sur l'organisation du pouvoir, de la milice turque, des corsaires, des esclaves et de leurs rachats, ou encore sur les mœurs locales et les relations commerciales. Dans cette édition espagnole, la vue d'Alger fut remplacée par un plan de la baie d'Oran, que les Espagnols avaient évacué en 1708 après deux siècles d'occupation, et qu'ils venaient de reprendre, en 1732. Bon exemplaire. Gay, 917.

LAWRENCE (William Beach).

L'industrie française et l'esclavage des Nègres aux Etats-Unis. Lettre au rédacteur en chef du Journal des Débats.

Paris, E. Dentu, 1860. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Edition originale. Citoyen américain en séjour à Paris, Lawrence répond au Journal des Débats à propos des calomnies que ce périodique avait écrite au sujte de l'attentat de Harper's Ferry en Virginie en octobre 1859 dont le but était le soulèvement des esclaves. Pour lui, l'esclavage dans le sud des Etats-Unis n'est pas une cruauté mais une nécessité économique, notamment pour la culture du coton, pour l'Amérique mais aussi pour la France et toute l'Europe. Bel exemplaire. Quelques rousseurs. Sabin, 39381.

LE BON (Gustave).

La civilisation des Arabes.

Paris, Firmin-Didot et Cie, 1884. Grand in-4 de (2) ff., xv-705 pp. ; demi-chagrin brun, dos lisse, plats ornés d'un décor oriental noir, or et argenté, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Edition originale. Elle est illustrée de nombreuses figures et cartes dans le texte et à pleine page, de 10 chromolithographies, d'une carte gravée en couleurs et de 3planches gravées hors texte. Très bel exemplaire en reliure de l'éditeur dont le décor reprend des motifs orientaux. Vicaire, V, 134.

LE BRETON (Louis).

Rade & port de Pape-Iti. Arrivée au mouillage du C. Amiral Dupetit Thouars.

Paris, Londres, Leipzig, Vor Delarue et Cie, Anaglyphic Company, Gebrüder Rocca, 1844. Lithographie (37,3 x 51,2 cm).

Superbe estampe dessinée et lithographiée par Louis Le Breton, figurant les vaisseaux français du contre-amiral du Petit-Thouars, au mouillage dans la baie de Papeete. Sous l'estampe figurent les noms des vaisseaux (le Danaé, l'Uranie, la Reine Blanche, le Dublin, la Boussole et le baleinier l'Elisabeth), ainsi que les emplacements du tombeau de Pomaré II, souverain de Tahiti de 1791 à 1821, et des bâtiments du protectorat français et du consulat britannique. Le 9 septembre 1842, le contre-amiral du Petit-Thouars, couvert par le gouvernement du Roi Louis Philippe, imposa le protectorat français sur Tahiti et proclama l'annexion de l'île le 6 novembre 1843. Le traité de protectorat fut signé avec Pomaré Vahiné IV, reine de Tahiti. La même année, le Gouverneur Bruat décida que Papeete deviendrait le centre administratif du nouveau protectorat français. A cette époque, la ville était en pleine expansion et la baie de Papeete était devenue un grand port. Bel exemplaire à très grandes marges, drapeaux aquarellés à l'époque.

LE MEHAUTE (Pierre Marie).

Souvenirs de ses campagnes.

Saint-Brieuc, vers 1920. Manuscrit autographe, signé au verso de la première couverture. Cahier petit in-4 (22,6 x 17,5 cm) de (26) pp., plus 28 ff. restés vierges; broché, couvertures muettes recouvertes de papier journal de l'époque.

Les campagnes d'un médecin de la Marine en Océanie, en Cochinchine, en Afrique et aux Antilles. Le texte est illustré d'une carte manuscrite de la Nouvelle-Calédonie au verso du premier feuillet (plume, encre noire, mine de plomb et crayon de couleur). Né en 1859 à Boqueho (Côtes d'Armor), Pierre Marie Le Méhauté entra dans la Marine en 1881 en tant qu'aide-médecin. Il effectua alors plusieurs campagnes qui sont résumées dans le présent manuscrit, qui couvre la période de 1881 à 1919 : Le 28 avril 1882, il s'embarque à Toulon sur le Fontenoy qui effectue une escale à l'île de Ré pour prendre des condamnés destinés au bagne de Nouvelle-Calédonie. L'arrivée à Nouméa a lieu le 24 septembre. En novembre, il ramène des Nouvelles-Hébrides à Nouméa le subrécargue d'une maison de commerce qui venait d'être amputé du poignet. Sur le D'Estrées, il effectue plusieurs voyages autour de l'île puis se rend en Australie (Sydney, Melbourne). Il revient en France à bord du Tage le 28 août 1883, puis il retourne à Toulon. Devenu médecin de 2e classe l'année suivante, il s'embarque, le 14 novembre 1884, à bord du Bien Hoa qui doit le conduire en Cochinchine où il est appelé à continuer ses services. Son récit relate les conditions du voyage : passage par Port-Saïd et le Canal de Suez, traversée de la mer Rouge, mouillage à Aden, traversée du golfe d'Aden puis de la mer d'Oman, passage par Ceylan, le détroit de Malacca et Singapour où la navire fait escale. Il traverse ensuite le golfe de Siam pour arriver à Saigon le 24 décembre 1884. Le Méhauté est alors affecté à Baria, près du Cap Saint-Jacques, où il reste toute l'année 1885. Puis il est rappelé à Saigon pour occuper, pour une année, le poste de prévôt à l'hôpital maritime. En 1887, il prend part à l'expédition du Phu-Yen, dirigée contre les Vian-Than, du 11 février au 16 avril : "Cette campagne est organisée par M. Pardon, directeur de l'Intérieur, M. Filippini étant gouverneur. La colonne se compose de 1500 hommes, surtout indigènes. Débarquement des troupes à Vung-Lam, d'où ils partent ensuite pour la campagne proprement dite. Les troupes indigènes sous la direction du Dê-Tham, chargé de reconnaître les rebelles et de les traquer. Les accuse devant le commandant [Chevreux] qui seul a le droit de sévir. Scène tragi-comique pendant notre séjour au pays Moÿ, où chef Vian-Than et un Chinois, accusés d'avoir favorisé la rébellion, sont tous les deux condamnés à avoir la tête tranchée. Décapitation devant les troupes et indigènes du pays. Têtes exposées au bout d'une perche. Scène écoeurante" (ff. 4-5). De retour à Saigon en avril 1887, il est mis en quarantaine au lazaret de Ganh-Ray, au Cap Saint-Jacques, à cause d'une épidémie de choléra qui s'était déclarée sur les troupes indigènes. Lui-même est atteint d'une dysenterie aiguë et doit rentrer en France. Le 2 mai, il s'embarque sur un paquebot des Messageries Maritimes et arrive à Marseille le 29 mai 1887. En 1887-1888, il séjourne à Lyon pour préparer et passer ses examens de doctorat. En 1888, il effectue une campagne en Islande à bord de l'Indre. L'année suivante, il est affecté à la station de l'Atlantique à bord de l'Aréthuse. Il participe, du 6 au 21 avril 1889, à la campagne du Dahomey au sein d'une compagnie de débarquement : "Notre consul à Porto-Novo avait été retenu au Dahomey, par Glé-glé ou Béhanzin. L'amiral, prévenu par sémaphore, lors du passage de l'Aréthuse à Cotonou, envoie à terre sa Cie de débarquement sous les ordres de M. Barthes, lieutenant de vaisseau. J'en fais partie comme médecin…" (ff. 7-8). Toujours à bord de l'Aréthuse, Le Méhauté effectue ensuite une campagne aux Antilles (Cuba, la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, etc.), puis se rend à la Nouvelle-Orléans avant de remonter les côtes d'Amérique du Nord jusqu'à Halifax (Canada). Il s'embarque alors sur le Bisson pour remplacer le médecin-major, et retourne aux Antilles pour séjourner à Haïti où il assiste aux scènes de la Révolution à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Puis il rentre en France et débarque à Brest le 5 avril 1890, avant d'être dirigé sur Toulon. Nommé médecin de 1ère classe en 1891, il sert à l'hôpital maritime de Cherbourg, puis devient, en 1894, professeur de physiologie, hygiène et médecine légale à l'Ecole principale de médecine navale de Bordeaux. Il reste à ce poste jusqu'en 1903, date à laquelle il s'embarque à Brest comme médecin-major sur le Guichen. La même année, il est promu médecin principal. De 1904 à 1906, il effectue deux campagnes à bord du Duguay-Trouin, le navire-école d'application des aspirants. Versé dans le cadre de réserve en 1907, il reprend du service en 1914-1916 en tant que médecin-chef, puis meurt à Saint-Brieuc en 1923. On joint : - [LE MEHAUTE]. Portrait photographique le représentant en uniforme, par Hugon, 20 rue Saint-Michel à Saint-Brieuc (ca. 1895; 14,3 x 9,9 cm, monté sur bristol 16,5 x 11 cm). - LE MEHAUTE. [Soins aux blessés]. Manuscrit autographe. S.l.n.d., 4 pp. in-folio repliées. - LE MEHAUTE (Dr). Eloge d'Amédée Lefèvre. Paris, Imprimerie Nationale, 1899, in-8 de 28 pp. imprimées, broché. Extrait des Archives de médecine navale, mai 1899. Médecin de la marine et directeur du service de santé du port de Brest, Amédée Lefèvre (1798-1869) avait établi un lien entre l'apparition de certaines coliques et l'intoxication au plomb. - [LE MEHAUTE]. Ensemble de 16 pièces signées relatives à sa carrière. Paris, Brest, Toulon, Saigon, etc., 1882-1894, 16 pp. la plupart in-folio, qq. en-têtes. Ordres d'embarquement ou de mise à disposition, congés de convalescence, promotions, etc. - TANQUEREY (Hubert). Discours prononcé sur la tombe de M. le Dr Le Méhauté, le 2 novembre 1923, à l'occasion de la remise d'une palme par la Société de la Légion d'honneur. Manuscrit dactylographié signé, avec envoi autographe signé à Mme Le Méhauté et Mlles Vitel. S.l.n.d. [1923], 7 pp. in-folio, en feuilles. Avocat à Saint-Brieuc, Tanquerey évoque la vie et l'œuvre du docteur Le Méhauté, auteur de nombreux travaux relatifs à l'hygiène, notamment la distribution d'eau potable à bord des navires. La couverture est recouverte d'un feuillet de l'Echo Médical du 15 avril 1919 (bords usés). Manuscrit bien conservé et très lisible.

LEGAL (Gabriel).

Dernier vœu de la justice, de l'humanité, et de la saine politique en faveur des colons de Saint-Domingue, et sur la nécessité et les moyens de rendre à cette colonie sa prospérité.

Paris, Desenne, floréal an V [1797]. In-8 de 44 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

L'auteur, qui se présente comme "négociant au Port-au-Prince, et actuellement à Paris", écrit avoir séjourné à Saint-Domingue de 1788 à 1792. Dans son petit ouvrage, il dresse un état de la colonie avant la révolution "azyle de la plus douce tranquilité, couvert de plantations florissantes, repandoit l'aisance sur la mère patrie", puis ce qu'elle est devenue ensuite "une suite d'événemens plus ou moins horribles" où tout le monde est plus ou moins coupable sauf les colons qui ne sont que des victimes... Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6566. — Monglond, IV, 73. — Sabin, 39847.

LEGOUX de FLAIX (Alexandre).

Essai historique, géographique et politique sur l'Indoustan, avec le tableau de son commerce.

Paris, Pougin, 1807. 2 volumes in-8 de (4) ff., xvj-459-(1) pp. — (2) ff., 447-(1) pp., et un atlas in-8; demi-basane fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure de l'époque, à l'imitation pour l'atlas).

Première édition accompagnée d'un atlas comprenant une grande carte et 14 planches dépliantes. Né à Pondichéry en 1751, Alexandre Legoux de Flaix rentra en France pour devenir ingénieur militaire puis retourna en Inde où il séjourna de 1769 à 1788. Dans son ouvrage, consacré au commerce avec l'Inde, le premier tome traite du commerce intérieur et des importations, et le second volume est entièrement voué aux exportations et dont il passe en revue les différentes marchandises, principalement des tissus et des épices. Bon exemplaire. Monglond, VII, 674.

LEGRAND (Henry).

En mission d'histoire naturelle aux îles Seychelles (janvier-mai 1956). Manuscrit dactylographié signé.

Ile du Levant (Var), 1956-1959. 2 volumes in-4 (27 x 21 cm) de (1) f. de titre, 1 frontispice, 117 pp. (1-105, 2 bis, 9 bis, 43 bis, 43 ter, 71-2 à 71-8, 95 bis) pour le tome 1 et (1) f. de titre, 171 pp. (106-275, 268 bis), (4) pp. pour le tome 2; demi-percaline verte, plats recouverts de papier marbré, pièces de titre imprimées au dos et sur le 1er plat de chaque volume (reliure de l'époque).

Relation de la mission Legrand aux îles Seychelles et en Afrique orientale. Le récit, divisé en 6 chapitres, est précédé par un avant-propos précisant les motifs de la mission et sa préparation. Rédigé sous forme de journal, il couvre la période du 8 décembre 1955 au 14 juin 1956, et s'achève par plusieurs annexes détaillant les résultats de l'expédition. Il est illustré d'un portrait photographique de l'auteur en frontispice, daté et signé, de 158 photographies originales, prises pour la plupart par Yvonne Muller, photographe de l'expédition, et de 9 cartes manuscrites in texte établies par Henry Legrand, ainsi que de 28 documents imprimés divers (menus, invitations, etc.) et d’un plan imprimé de Mombasa (Kenya) hors texte. Les cartes manuscrites représentent l'itinéraire de la mission (p. 14), les îles Seychelles (pp. 43, 43bis, 43ter), l'archipel de Cosmoledo (p. 83), l'île d'Aldabra (p. 92), l'île Praslin et ses voisines (p. 113), l'île Silhouette (p. 130) et l'itinéraire de la mission à travers le Kenya et le Tanganyika (p. 153). Membre de plusieurs sociétés entomologiques et correspondant du Muséum national d'histoire naturelle, Henry Legrand (1896-1987) rédigea plusieurs monographies consacrées aux papillons et participa au Catalogue des Lépidoptères de France et de Belgique, connu sous le nom de Catalogue Lhomme. En 1955, il proposa au Muséum d'effectuer une mission aux îles Seychelles, afin d'approfondir les connaissances acquises sur ces insectes par les expéditions précédentes, notamment celle de Charles Alluaud effectuée en 1892. Accompagné de sa secrétaire, Yvonne Muller, il s'embarque à Marseille le 19 décembre 1955 à bord du paquebot Warwick Castle, emmenant 7 malles, caisses et valises composant le matériel de la "Mission aux îles Seychelles", plus 5 valises contenant du matériel de photographie et de cinéma. Après une escale à Gênes, le navire arrive à Port-Saïd (Egypte) le 26 décembre, emprunte le canal de Suez et passe par Aden le 31 décembre. Le 4 janvier 1956, le paquebot arrive à Mombasa, où Legrand effectue quelques promenades avant de monter à bord du State of Bombay le 11 janvier à destination des Seychelles. L'arrivée à Mahé (Seychelles) a lieu le 14 janvier 1956 : la mission est accueillie par l'agent consulaire de France, André Delhomme, qui présente Legrand et sa secrétaire aux notabilités de l'île, puis, quelques jours plus tard, au gouverneur britannique, Sir William Addis. Le séjour est alors consacré à la collecte des papillons, et l'agent consulaire, ainsi que plusieurs notables, aident la mission en recueillant de nombreux insectes. Legrand est aussi invité à des réceptions qu'il relate dans son journal. Du 21 février au 11 mars, la mission effectue un voyage à l'île d'Aldabra, située au nord de Madagascar et connue pour ses tortues géantes. De retour aux Seychelles, Legrand et Yvonne Muller visitent, entre le 20 et le 30 mars, les îles Praslin, Curieuse et Silhouette qui font aussi partie de l'archipel. Comme à Mahé, ils font des excursions, photographient les sites pittoresques ainsi que quelques habitants tout en collectant un grand nombre de lépidoptères. En plus des nombreuses observations d'histoire naturelle, le journal contient aussi un grand nombre d'observations sur les Seychelles : géographie, climat, population, histoire locale, productions agricoles (coprah, cannelle, vanille, banane, patchouli), etc. Le 2 mai, l'expédition quitte Mahé à bord du State of Bombay et revient à Mombasa le 6. A partir du 9 mai, et jusqu'à la fin du mois, Legrand effectue un long périple à travers le Kenya et le Tanganyika (nord de la Tanzanie), qui le mènera successivement à Nairobi, puis à proximité du mont Kenya, ensuite sur les rives du lac Victoria, et enfin dans la région du Kilimandjaro. Son journal est toujours illustré de photographies montrant des paysages et des habitants des pays visités. Le 29 mai, la mission Legrand quitte Mombasa à bord du Ferdinand de Lesseps qui arrive à Marseille le 11 juin. Le journal s'achève le 14, alors que l'auteur rentre à l'île du Levant (Var) pour commencer le dépouillement des collections rapportées par la mission. A la fin du 2e volume se trouvent plusieurs annexes : - Doit-on écrire Séchelles ou Seychelles ? (pp. 219-220). - Conférence du 18 avril 1956 à la salle d'œuvres de Victoria à Mahé (pp. 221-223). - Une note sur Papilio phorbanta Linné, des îles Seychelles (pp. 224-227). - Lépidoptères récoltés aux îles Seychelles, aux îles du groupe d'Aldabra et en Afrique orientale, par la mission Legrand, en 1956 (pp. 228-262, avec 2 planches photographiques de papillons). - Description de papillons nouveaux rapportés au Muséum de Paris par la mission Legrand (pp. 263-268, 2 illustrations imprimées). - Liste d'insectes divers (Lépidoptères exceptés) et de myriapodes et scorpions rapportés des Seychelles et d'Afrique orientale par la mission Legrand, en 1956 (pp. 268bis). - Ma mission dans la presse seychelloise de langue anglaise (pp. 269-270). - Préface du livre d'Yvonne Muller "Aventures d'une Parisienne dans l'océan Indien", éditions "La Pensée Moderne", 1956, par Henry Legrand (pp. 271-273). - Bibliographie, ouvrages consultés (pp. 274-275). - Les trois grands [massifs volcaniques] africains, (4) pp. (extrait de "La Montagne", ouvrage publié sous la direction de Maurice Herzog, Paris, Larousse, 1956). En 1962, Henry Legrand fut présenté par le professeur Balachowsky pour obtenir le titre de Correspondant du Muséum. Puis il publia le résultat de sa mission : "Lépidoptères des îles Seychelles et d'Aldabra", Paris, Editions du Muséum, 1965, gr. in-8, 210 pp. (Extrait des Mémoires du Muséum national d'histoire naturelle, nouvelle série, série A, Zoologie, t. 37). La présente relation n'est pas mentionnée dans les catalogues de la BnF et du CCFr. Seuls quelques extraits ont été publiés par le naturaliste seychellois Pat Matyot dans le site www.nation.sc (Seychelles Nation, Island Conservation, Moths and memories, articles des 27 mars 2006, 28 avril 2008 et 10 août 2009). Intéressant récit d'une mission scientifique française dans l'océan Indien. Traces de scotch sur les pages de garde; frontispice en partie détaché. Références : Bulletin du Muséum national d'histoire naturelle, 2e série, t. 35, n° 1, 1963, pp. 6-7 (présentation pour le titre de Correspondant du Muséum). – Alexanor, Revue française de Lépidoptérologie, t. 27, fasc. 8, octobre-décembre 2016, p. 563 (note sur Henry Legrand).

LESPINASSE (Louis Nicolas de).

Vue de la Mecque.

Paris, 1790. Gravure originale (43,6 x 57,7 cm).

Estampe dessinée par Louis Nicolas de Lespinasse d'après les informations transmises par Ignace Mouradja d'Ohsson, gravée par Pierre-Gabriel Berthault. Elle est issue du Tableau général de l'Empire othoman d'Ignace Mouradja d'Ohsson, publié à Paris entre 1787 et 1790. Très rare panorama de la ville de La Mecque et ses environs, représentée lors du hajj, grand pèlerinage annuel des musulmans. Venant de l'est mais aussi de l'ouest, après une longue traversée du désert depuis le mont Arafat, que l'on distingue au loin, l'immense caravane des pèlerins s'engouffre dans la Grande Mosquée, renfermant en son centre, la construction cubique de la Kaaba, le plus important sanctuaire de l'islam. Soixante-quatre lieux et bâtiments sont numérotés et légendés au bas de l'estampe. Cette vue est très probablement la toute première vue détaillée de La Mecque. Comme l'explique l'auteur dans son ouvrage, elle a a été dessinée d'après les informations d'un officier turc qui entreprit le pèlerinage de La Mecque en 1778, en compagnie de l'un des meilleurs peintres de Constantinople. C'est d'après ses indications, et celles de deux autres musulmans qui avaient fait ce voyage, et un séjour assez long à La Mecque, que la procession des pèlerins autour de la Kaaba fut ajoutée. En 1791, soit un an après la publication de cette gravure, d'Ohsson commanda aux frères Charles-Nicolas Varin et Joseph Varin, tous deux graveurs, une vue très similaire à celle-ci, mais dans un format plus grand, avec un titre en arabe et sans légendes. Orientaliste et historien d'origine arménienne, né à Constantinople en 1740, Ignace Mouradja d'Ohsson fut secrétaire et premier interprète de l’ambassadeur de Suède à Constantinople. Son Tableau général de l’Empire othoman est considéré comme la meilleure description de l’Empire ottoman (Journal des savants, mai 1788). Bon exemplaire. Habiles restaurations notamment dans la pliure centrale.

LIENGME (Georges).

Album de photographies d'Afrique du Sud et du Mozambique.

1884-1914. In-4 (26,8 x 22,3 cm) de (30) ff. de papier bristol montés sur onglets, y compris les gardes; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, plats de percaline rouge, filets dorés sur les plats (reliure de l'époque).

Ensemble de 105 photographies recueillies par le médecin et missionnaire suisse Georges Liengme, en mission au Mozambique de 1891 à 1896, puis au Transvaal après son expulsion de la colonie portugaise. Les photographies, de dimensions variables, sont contrecollées au recto et au verso de chaque feuillet, certaines sur une page, d'autres à raison de 2, 3 ou 4 par page. Elles comportent une légende manuscrite à l'encre copiée à l'époque, ou plus tardivement pour les dernières photos de l'album. On joint 2 photographies volantes, soit 107 photographies au total. Parmi cet ensemble, 3 sont signées B.W. Caney, à Durban (Afrique du Sud); elles représentent un champ de sorgho, une plantation de thé à Natal et le passage d'une rivière par un chariot tiré par des bœufs. Un cliché, signé H. Exton, montre un bac traversant le fleuve Limpopo (Afrique du Sud ou Mozambique) et l'une des deux photographies volantes a été prise par le missionnaire P. Berthoud en mai 1884. A la fin du volume, une photographie en phototypie est signée Saorg, Genève. Les autres photographies ne sont pas signées. L'album s'ouvre par 16 photographies à pleine page : 2 sont prises à Madère (Liengme et sa femme; une avenue à Madère), 1 représente le paquebot Norman, probablement le navire sur lequel ils embarquèrent, et les 13 autres sont consacrées à l'Afrique du Sud : Port de la ville du Cap, Maison du gouvernement, Environs du Cap, Zoulous en habits de fête, Champ de sorgho, Plantation de thé à Natal, Passage d'une rivière, Usine de broyage du quartz aurifère près de Barbeston, Cavalerie des Boers, Huttes d'indigènes à Natal, Plantation de coton à Natal, Place du marché à Pietersburg, Bac sur le Limpopo. Les photographies suivantes, plus petites, ont été prises dans le nord du Transvaal (Afrique du Sud) ou au sud du Mozambique. Disposées généralement à raison de deux par page (parfois à trois ou quatre), elles montrent des paysages, des villages, des maisons de missionnaires, des constructions (chapelles, écoles, sanatorium, hôpital), des portraits, des personnages en costumes, des chefs locaux, des groupes d'évangélistes et de maîtres d'école, des scènes de culte et d'évangélisation, l'exploitation du quartz aurifère, etc. On relève ainsi, parmi les photographies du Transvaal : Le chef Mohlaba en 1886 & son conseiller Shirundo, Sanatorium de Shilouvâne en construction, Costumes de la circoncision, Vue dans le Mashonaland, Station d'Elim, Chapelle-école d'Elim, Usine de la compagnie "Silati" près de Shilouvâne, Maison missionnaire de Shilouvâne, Culte de plein air à Pangamati, Le chef Maguet, Village Pédi dans le Bokaha, Jeunes filles Pédi à l'école de la Circoncision, Auditoire dans le village du chef Mohlaba, La diligence attelée de mules & de zèbres à Pietersburg, Chapelle annexe à 1 km de Shilouvâne construite en 1895, Hutte indigène, Jardin de Shilouvâne, Moulin au bord de la Thabina, Paysage dans le Bokaha, Portion de la chaîne du Drakensberg dans le Bokaha, Employés d'une compagnie minière dans le Bokaha, Scieurs de long occupés à préparer le bois de charpente pour la construction d'une nouvelle chapelle à Shilouvâne en janvier 1896, etc. Concernant le Mozambique : Chapelle de Lourenço Marques, Station de Mandlakazi : M. Liengme évangélisant les malades, Huttes à Mandlakazi, Goungounyane tenant une audience, Femmes de Goungounyane, Jeunes filles & jeune garçon gouambas, Homme & femme zoulous, Dr G. Liengme, Dr Liengme voyageant en Machila, Conseiller de Goungounyane, Femmes de chef, Un fils de Goungounyane et ses suivants, Dr Liengme et deux femmes médecins, Une portion de l'armée de Goungounyane, Jim Shimounga membre de l'église de Lourenço Marques, Abri temporaire de guerriers de Goungounyane, Indigène sortant d'une hutte, Femmes gouambas occupées à entasser du sorgho sur une plateforme de roseaux servant de grenier, Entrée du harem de Goungounyane, Hôpital de Lourenço Marques, Rue des Banyans à Lourenço Marques, etc. Né à Cormoret (Jura suisse), Georges Liengme (1859-1936) fut d'abord apprenti-horloger avant d'être accepté comme candidat missionnaire par l'Eglise indépendante de Neuchâtel. Une rencontre avec Paul Berthoud l'orienta vers la médecine, qu'il étudia d'abord à Berne, puis à Genève. En 1890, il soutint sa thèse intitulée : Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestion thérapeutique. Après un séjour en Angleterre, il fut consacré médecin-missionnaire en avril 1891. Le mois suivant, il épousa Bertha Ryff, précédemment diaconesse à Berne, qui l'accompagna en Afrique. Arrivé à Lourenço Marques (Mozambique) en 1891, Liengme fut d'abord logé dans une maison appartenant à Jim Shimounga (son portrait se trouve dans l'album), où il exerça la médecine. Puis il fut nommé à la station d'Antioka, avant d'être chargé d'une mission auprès du roi Goungounyane établi à Mandlakazi. Situé au nord-est de Lourenço Marques, Mandlakazi (actuellement Manjacaze) était la capitale du royaume de Gaza, et Goungounyane était le chef des Tonga, nom générique de tout le peuple que les missionnaires évangélisaient. Liengme s'y rendit en juillet 1892 et fut bien reçu. Par la suite, il fut chargé de plusieurs missions auprès du roi, ce qui lui permit d'établir, en 1893, un poste provisoire d'évangélisation et de mission médicale à Mandlakazi. L'année suivante, la guerre éclata entre les Boers du Transvaal et certains chefs locaux qui refusaient de devoir leur céder des terres et payer des impôts. En 1895, le conflit s'étendit au Mozambique et le Portugal entra en guerre contre le roi Goungounyane. En novembre, l'armée portugaise s'empara de Mandlakazi; le roi prit la fuite mais il fut capturé peu après et transporté à Lisbonne. Compte tenu de ses relations avec Goungounyane, et accusé de l'avoir soutenu, le docteur Liengme fut expulsé par les autorités portugaises et s'installa dans le Nord-Transvaal, à Shilouvane, où il arriva avec sa famille en avril 1896. Trois ans plus tard, il fonda, dans la même région, l'hôpital d'Elim. Le présent album contient des photographies de ces deux postes créés par les missionnaires suisses. Georges Liengme est représenté à plusieurs reprises; l'une des photographies le montre assis sur une chaise, à proximité d'une hutte, fixant un objectif situé au loin. Les dernières photographies de l'album représentent des scènes de groupe à Lemana (Transvaal) en mars 1914. Important album, contenant un rare témoignage sur les missions suisses du Transvaal et la cour du roi Goungounyane dans le royaume de Gaza, au Mozambique. Références : Cart (Jacques Louis), ancien pasteur. Histoire des cinquante premières années de l'Eglise évangélique libre du Canton de Vaud, Lausanne, 1897, pp. 331-333, 338-343, 352, 429. – Butselaar (Jan van). Africains, missionnaires et colonialistes. Les origines de l'Eglise presbytérienne du Mozambique (Mission suisse), 1880-1896, Leiden, 1984, pp. 101-102.

LOISNE (Charles Menché de).

Martinique. Insurrection de 1870. 22 septembre-1er octobre.

Fort-de-France, Imprimerie du Gouvernement; 1870. Affiche de 85,5 x 54,5 cm, montée sur toile, repliée en 4 par 5, et placée dans une couverture en chagrin noir, titrée « La Martinique. 1870 » en lettres dorées sur le premier plat (montage de l'époque).

Rare affiche imprimée à Fort de France après l'insurrection du Sud. En Septembre 1870, une importante révolte embrasa le sud du pays : des ouvriers et des paysans se soulevèrent pour dénoncer le régime oppressif qui régnait à la Martinique depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (décembre 1851), la transformation du régime en Empire (décembre 1852) et la proclamation de Napoléon III, empereur. Le point de départ de cette révolte fut une altercation entre Augier de Maintenon, aide commissaire de la Marine et proche des békés, et un agriculteur noir Lubin. Ce dernier fut brutalisé, et malgré sa plainte, l'affaire fut classée sans suite. Deux mois plus tard, il se vengea, fut arrêté et condamné à 5 ans de bagne et à une lourde amende par un tribunal acquis au clan béké et comptant dans ses rangs un certain Codé, monarchiste connu pour ses provocations et ses déclarations pro-esclavagistes. Dès le 2 septembre, des incidents se multiplièrent car la population des campagnes du sud n'acceptait pas le jugement. Et lorsque le 22 septembre 1870, après la chute du Second empire, le maire de Rivière Pilote proclama la République, ce fut l'élément déclencheur d'une insurrection, provoquant des incendies d'habitations et des meurtres, notamment celui de Codé. Les troubles ne durèrent que 4 jours et furent réprimés avec fermeté par le gouverneur de l'île, Charles Menché de Loisne. Cette affiche reproduit le texte de 28 lettres, ou adresses, du Conseil Général, des conseils municipaux de Fort de France et de Saint-Pierre, de la chambre de commerce de Saint-Pierre, de conseils municipaux ou d'habitants de plusieurs communes, exprimant leur reconnaissance envers l'action du gouverneur. Bel exemplaire comportant l'ex-libris gravé et armorié de la bibliothèque du chevalier de Beaulieu.

LOPEZ de AYALA (Ignacio).

Historia de Gibraltar.

Madrid, Antonio de Sancha, 1782. Petit in-4 de xvj-xlviij-387-(1) pp.; basane marbrée, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une grande planche gravée dépliante montrant une vue cavalière de Gibraltar. Ignacio Lopez de Ayala était un poète, un astronome et un historien espagnol. Après plusieurs publications, il devint membre de l'Académie Royale d'Histoire. Son ouvrage sur Gibraltar est divisé en trois parties: description géographique, histoire jusqu'en 1540, et histoire de 1540 à 1780. Bon exemplaire. Petite déchirure sans manque à la planche. Brunet, VI, 26239.

LOUKOMSKI (Gueorgui Kreskentievitch).

La ville sainte de Russie Kiev. "La mère des villes russes".

Paris, J. Danguin, 1929. In-folio; broché, couverture illustrée.

Ouvrage illustré de figures en noir dans le texte, de 16 planches en couleurs d'après les aquarelles et dessins de l'auteur, et de 64 planches de reproductions photographiques. Architecte et dessinateur, l'auteur fut conservateur du musée de Tsarskoïe Sélo (actuellement Pouchkine, ancien palais d'été des tsars), et en 1918, il fut nommé conservateur du musée des beaux-arts de Kiev. C'est à cette occasion qu'il commença un travail d'inventaire du patrimoine religieux de la ville qu'il dut interrompre à cause des changements politiques en Ukraine. Bel exemplaire.

LUILLIER.

Nouveau voyage aux Grandes Indes, avec une instruction pour le commerce.

Rotterdam, Jean Hofhout, 1742. Petit in-8 de (3) ff., 236-(20) pp.; demi-veau brun, dos à nerfs orné, pièce de titre demaroquin rouge, tranches rouges (reliure à l'imitation du XVIIIe siècle).

Ouvrage peu commun illustré d'un frontispice gravé. Le récit de son voyage de 18 mois (de janvier 1702 à juin 1704) contient une description circonstanciée des évènements et personnes rencontrées, une description des pays traversés, et une Instruction pour le commerce des Indes Orientales, On trouve également un Traité des maladies particulières aux pays orientaux par Charles Dellon, docteur en médecine, qui voyagea et séjourna dans les principales villes des Indes Orientales. Bon exemplaire. Marges du frontispice plus courtes. Boucher de La Richarderie, V, 23. — Chadenat, 2686 (édition de 1705).

LÉAUMONT (Laurent-Marie de).

La France demande Saint-Domingue.

Paris, Le Normant, 1817. In-8 de 15 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin noir au dos avec le titre en long (reliure moderne).

L'auteur, colonel d'infanterie et originaire de Saint-Domingue, considère que la France doit recouvrer la colonie car elle est indispensable à sa prospérité et à sa paix intérieure. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6518.

MACAULAY (Zachary).

Détails [et Suite des détails] sur l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, pendant les années 1834 et 1835, tirés des documens officiels présentés au parlement anglais et imprimés par son ordre. Avec des observations et des notes.

Paris, Hachette, 1836. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (1) f., xiv-128 pp., (1) f., 85-(1) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Premières éditions. L'esclavage fut aboli dans les colonies anglaises le 1er août 1834. Le présent ouvrage passe en revue les effets de l'abolition pour chacune des colonies anglaises : Jamaïque, la Barbade, Guyane anglaise, Maurice, Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, Névis, Tortola, la Dominique, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, la Trinité, Sainte-Lucie, Honduras, Bahamas, les Grands-Caymans, la Bermude, cap de Bonne-Espérance. Bel exemplaire. Ryckebusch, 5353, 5354. — Manque à Sabin.

MAGON de CLOS-DORÉ.

Souvenirs d'un voyageur en Asie, depuis1802 jusqu'en 1815 inclusivement.

Paris, Nepveu, 1822. In-8 de 198 pp.; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. Issu d'une famille d'amateurs de Saint-Malo, l'auteur se présente ainsi dans sa préface: "Ma première jeunesse s'écoula sous un ciel étranger; et lorsque je rentrai dans ma patrie, ce fut pour devenir acteur dans ces tristes combats livrés par George Cadoudal, dans les landes du Morbihan. La paix faite, je ne sais quel destin me conduisit à l'île de France et de là en Asie". Ses souvenirs sont en fait une succession d'exposés ou d'anecdotes sur la compagnie des Indes, les routes possibles pour rentrer en Europe, un portrait du sultan de Mysore Tipû Sahib, les Cipayes, les animaux (chevaux, éléphants, serpents, buffles, chiens sauvages), le sacrifice des femmes brahmanes, l'exposition des nouveau-nés, les Bayadères, son naufrage aux Seychelles, les religions et les populations des Indes... Le dernier chapitre est une description de l'île Sainte-Hélène, où mourut Napoléon. Bon exemplaire. Quelques piqûres. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 545. — Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, II, 981.

MAIRAN (Jean-Jacques Dortous de).

Lettres au R. P. Parrenin, jésuite missionnaire à Pékin; contenant diverses questions sur la Chine.

Paris, Imprimerie Royale, 1770. In-8 de (1) f., xj-(1 bl.)-368-(1 bl.)-(1) pp.; demi-cuir de Russie rouge, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, illustrée d'une planche et de 5 figures gravées dans le texte. Membre de l'Académie des Sciences, Mairan écrivit plusieurs lettres, entre 1728 et 1736, au père Dominique Parrenin missionnaire en Chine. Elles traitaient principalement de plusieurs questions qui le préoccupaient dont l'origine supposée égyptienne de la civilisation chinoise. On y trouve également des renseignemenst sur la chronologie et l'astronomie chinoise ainsi que des réflexions sur l'architecture et les loix. Cette deuxième édition est augmentée de cinq opuscules, extraits des publications de l'Académie des Sciences ou du Journal des Savants: L'origine de la fable de l'Olympe (qui serait une aurore boréale); La balance des peintres de M. Piles; Les monstres; L'horoscope d'Auguste d'après une pierre antique gravées; La roue d'Aristote. Bel exemplaire. Cachet d'un collège hollandais sur le titre et les gardes. Petite mouillure en début de volume. Cordier, BS, 57.

MALCOLM (major-général sir John).

Histoire de la Perse, depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque actuelle; suivi d'observations sur la religion, le gouvernement, les usages, et les mœurs des habitans de cette contrée.

Paris, Pillet ainé, 1821. 4 volumes in-8 de (2) ff., xxxvj-467 pp. — (2) ff., 479 pp. — (2) ff., 466 pp. — (2) ff., 485-(1 bl.)-(1) pp.; veau moucheté, dos lisse orné, pièce de titre et de tomaison de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes filetées, tranches marbrées (reliure de l’époque).

Première édition française, traduite par Pierre-Vincent Benoist, et continuée de 1814 à 1820 par Louis-Matthieu Langlès. Elle est illustrée du portrait du roi de Perse, d’une grande carte gravée dépliante, et de 7 planches gravées (et non 6 comme indiqué au titre). Cadet d’une nombreuse famille, John Malcolm s’engagea très jeune comme élève officier au service de la Compagnie des Indes et apprit les langues et les coutumes locales. Il participa à de nombreuses campagnes militaires et missions diplomatiques, dont plusieurs en Perse : de 1799 à 1801 pour y conclure un traité politique et un traité commercial, et en 1808 pour tenter d’y contrer l’influence de Napoléon à qui l’on prêtait l’intention d’envahir l’Inde avec l’appui de la Perse et de la Turquie. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur les faux titres«Y. de La Monneraye». Petite déchirure sans manque à la carte. Brunet, III, 1333. — Chadenat, 990. — Quérard, V, 460.

MALO (Charles).

Histoire d'Haïti (île de Saint-Domingue), depuis sa découverte jusqu'en 1824, époque des dernières négociations entre la France et le gouvernement Haïtien.

Paris, Louis Janet, Ponthieu, 1825. In-8 de VII, 480 pp. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Nouvelle édition sur l'histoire de Saint-Domingue, enrichie de "pièces officielles et justificatives". On y trouve notamment la Lettre de Toussaint-Louverture à Bonaparte, le Cérémonial du couronnement de Dessalines, l'Acte constitutionnel d'Haïti ou encore la Loi constitutionnelle par l'établissement de la royauté. Bon exemplaire. Quelques rousseurs, habiles restaurations. Chadenat, 3575. — Max Bissainthe, 6779. — Sabin, 44141.

MALÉZIEUX (Émile).

Travaux publics des États-Unis d'Amérique en 1870. Rapport de mission.

Paris, Dunod, 1875. 2 volumes de texte in-4 de (2) ff., 572 pp. — (2) ff., 3 pp., et un atlas in-4; demi-chagrin brun, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition, accompagné d'un atlas composé d'une carte dépliante et de 60 planches gravées sur double page (dont 4 dépliantes) représentant des ponts, chemins de fer, canaux, ports, et machines diverses de travaux publics. Rapport d'une mission scientifique de professeurs de l'école des Ponts et Chaussées envoyée aux États-Unis pour y étudier les grands travaux qui y furent réalisés. La mission dura trois mois, de juillet à octobre 1870, et elle effectua trois voyages depuis New-York : l'un vers le sud (Philadelphie, la Virginie et Washington), l'autre vers le nord (l'Hudson, les grands lacs, Montréal) et le troisième les mena, par le chemin de fer du Pacifique, à San-Francisco et en Califormie. Bon exemplaire provenant de la collection de Maurice Aubry (1820-1896), homme politique et journaliste français. Rousseurs dans le volume de texte. Howes, M239.

MAREC (Pierre).

Rapport fait au nom de la Commission des Colonies Occidentales, sur la situation de l'isle de Saint-Domingue.

Paris, Imprimerie Nationale, germinal an V. In-8 de143 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Rapport lu lors de la séance du 1er mars 1797 du conseil des Cinq-Cents par Pierre Marec au nom de la Commission des Colonies Occidentales, composée également des représentants Bergoeing, Villers, Garran-Coulon, Lecointe, Eschasseriaux aîné et Riou. Discours dans lequel son auteur affirme la nécessité, pour la République, de conserver les colonies françaises d'Amérique "les plus riches, les plus fertiles, les plus productives qu'aucune puissance de l'Europe possède dans le nouveau monde". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6808. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

MARTINIQUE.

Ensemble de 52 pièces manuscrites, la plupart signées par Jean Amans Astorg, conseiller du Roi, sénéchal de Saint-Pierre.

Martinique, 1799. 140 pp. petit in-folio; en feuilles ou brochées.

Important ensemble sur les procès criminels à la Martinique au moment de l'occupation britannique (1794-1802). Ce dossier regroupe les pièces (ici en copies) de trois affaires : 1. Le procureur du Roi, demandeur et accusateur, contre le Noir Joseph, esclave de Sabine, mulâtresse libre, pour un vol avec effraction. 2 pièces signées. [Saint-Pierre], 16 avril 1799, 6 pp. petit in-folio, qq. mouillures. Un baril de bœuf salé a été volé dans le magasin du Sieur Vidon, négociant à Saint-Pierre. L'esclave Joseph est soupçonné par le sénéchal, qui instruit l'affaire. Celui-ci interroge deux autres esclaves qui auraient aperçu le baril en question : Pierre, dit Poïote, et Michel, dit Zéphir. Tous deux, déjà emprisonnés, répondent qu'ils n'ont pas volé le bœuf salé et qu'ils n'ont aucun lien avec cette affaire. L'interrogatoire terminé, le sénéchal renvoie les deux esclaves en prison. 2. Laurent Pedemonte, négociant, contre trois quidams, dont un habillé de rouge, & l'autre de bleu avec collet rouge. 15 pièces signées. Saint-Pierre, mars 1799, (1) f. de titre et 44 pp. petit in-folio. Ces trois personnes, se disant officiers attachés à l'état-major de l'hôpital, sont accusées "d'avoir battu et excédé de coups de bâton le plaignant dans son magasin". Les pièces contiennent un décret de prise de corps, des procès-verbaux d'huissier et d'interrogatoires des suspects (Mark Copley, Henry Lewin, Georges Sherlock); elles contiennent aussi des requêtes d'élargissement suite aux interrogatoires. 3. Le procureur du Roi contre Ignace Perrara, matelot. 35 pièces signées (dont une en anglais). Saint-Pierre, avril 1799, (1) f. de titre et 90 pp. petit in-folio. Liasse de pièces du procès criminel contre Ignace Perrara, matelot espagnol du navire le Dubuc, accusé d'avoir blessé de six coups de couteau le nommé Joseph Rodrigue, dit Silver, matelot du même navire : dépositions de témoins, certificats médicaux, confrontations, interrogatoires et jugement : condamnation à être fustigé de 29 coups de fouet "sur le dos nud" et servir le Roi comme forçat dans les galères à perpétuité, après avoir été flétri d'un fer chaud marqué des lettres GAL, et ses biens confisqués au profit du Roi… On joint un dossier de copies manuscrites de documents d'archives, la plupart conservés aux Archives nationales ou aux archives de la Marine (environ 280 pp., la plupart petit in-folio) : - Journal de Rochambeau et pièces y relatives. Journal du siège de la Martinique, entrepris […] par le général Grey et le vice-amiral Jervis. S.l., [février-mars 1794], (1) f. de titre et 75 pp., broché. - Lettre de M. de Behague, gouverneur général des îles du Vent, au Comité intermédiaire de l'Assemblée coloniale de la Martinique. Réponse du Comité. Extrait de la lettre de M. de Clugny, gouverneur de la Guadeloupe, à M. de Behague. [Fort-Royal, Pointe-à-Pitre, mai 1792], 1 p. 1⁄2. - Mémoire du Roi pour servir d'instructions aux sieurs Leroy de Fontigny, La Marre et Girault, commissaires civils délégués aux Isles du Vent, pour l'exécution de la loi du 4 avril dernier relative aux colonies. [Paris, 17 juin 1792], 11 pp., en feuilles. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur général des isles du Vent et commandant en chef les forces de terre et de mer. [Fort-Royal, 14 septembre 1792], 3 pp. - 5 copies de lettres ou de pièces signées par Behague, Rochambeau, Leroy de Fontigny, Lamare et Girault. [Fort-Royal, Cap Français, septembre-octobre 1792], 14 pp. - Proclamation [de] Jean-Pierre-Antoine de Behague, lieutenant général des armées du roi (…). [Martinique, 13 décembre 1792], 4 pp. - 2 extraits du procès-verbal des délibérations de l'Assemblée coloniale de la Martinique. S.l. [12-15 janvier 1793], 3 pp. - Rapport de Rochambeau au ministre de la Marine. [Fort de la République, 10 février 1793], 12 pp. - Copie d'une lettre de Rochambeau au ministre de la Marine. [République-Ville, 8 mai 1793], 9 pp. - Journal du Blocus et du Siège de la Martinique, par Rochambeau. [Au fort de République-ville, 26 juin 1793], 25 pp. plus 4 pp. d'annexe. - 7 copies de lettres ou de pièces signées relatives aux événements. [Martinique, 1793-1794], 48 pp. - Lettre de l'équipage de la frégate la Félicité à la Société des Amis de la Convention. [Fort de la République, 2 août 1793], 13 pp. - Extrait du journal de E. Bruix, commandant de la frégate la Sémillante, adressé au ministre de la Marine. [Cap Français, 2 octobre 1792], 10 pp. - Copies de lettres ou pièces officielles conservées aux Archives coloniales ou aux Archives nationales, concernant Rochambeau. [1792-1794], 24 pp. - Chronologie coloniale de la Révolution. S.l.n.d., 1 p. 1⁄2. - Extraits ou copies de pièces concernant Donatien Marie Joseph de Rochambeau, né en 1755 : acte de naissance, états de services, etc. S.l.n.d., 8 pp. - Coupures de presse sur Rochambeau à Saint-Domingue en 1803-1804. 1 p. - Notes diverses, en partie consacrées au gouverneur Béhague. S.l.n.d., 20 pp. de différents formats. - 1 portrait gravé : John Jervis, Earl of St. Vincent, K.B. London, 1829, 1 f. in-8, monté sur papier fort. Né au château de Rochambeau, près de Vendôme, Donatien Marie Joseph de Vimeur, vicomte de Rochambeau (1755-1813) fut nommé gouverneur général des îles du Vent en 1792, en remplacement de Behague. En 1793, il repoussa l'attaque anglaise contre la Martinique, mais, l'année suivante, les troupes britanniques revinrent au nombre de 14000 hommes contre 600 pour la garnison française. Rochambeau s'enferma dans la ville de Saint-Pierre où il soutint un siège de 49 jours; il capitula le 22 mars 1794 avec les honneurs de la guerre. L'escadre anglaise était commandée par le vice-amiral John Jervis et l'armée par Sir Charles Grey. Le vicomte de Rochambeau était le fils de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) qui s'était illustré pendant la guerre d'Indépendance américaine. Intéressant dossier sur la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.

MAUNY (François-Joseph-Ferdinand Poulain comte ).

Appel à l'honneur national. Des colonies dans le présent et l'avenir.

Paris, Félix Locquin et compagnie, 1839. In-8 de (1) f., ij-123-(1) pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Ouvrage comprenant un tableau dépliant. Vice-président du Conseil Colonial de la Martinique, l'auteur appela à voter une loi sur le dégrèvement des sucres des colonies, pour faire cesser "les iniques privilèges dont jouit le sucre de betterave" (page 105) et qu'il n'y ait qu'un impôt égal sur les deux sucres. Bon exemplaire, enrichi d'une vignette en couleurs représentant des esclaves au travail. Inconnu de Sabin.

MAY (Jean-Baptiste).

Saint-Pétersbourg et la Russie en 1829.

Paris, Levavasseur, P. Ledoux, 1829. 2 volumes in-8 de (2) ff., vij-(1 bl.)-396pp. — (2) ff., 398-(1)-(1 bl.)-(3) pp. ; demi-basane havane, dos lisses ornés en long d'un fer rocaille, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Edition originale. Après plusieurs voyages et séjours à Saint-Péterbourg, l'auteur livre un tableau détaillé, et parfois critique, sur la Russie, son gouvernement, sa société et ses mœurs. Il relate également un voyage à Moscou, parle de la foire de Koursk, de la guerre avec la Turquie et de la conjuration de 1825. Bon exemplaire. Quérard, V, 651.