205 résultats

[Voyage au Sichuan]. Manuscrit autographe signé "Paul".

Hankéou, sur le fleuve [Yang-Tsé], Tchengtou, Kinting, 1922. In-8 oblong (19 x 24,7 cm) de (1) et 66 ff. cartonnés, recouverts de papier rouge pailleté d'or; en feuilles, sous deux plats recouverts de soie brodée bleu nuit à motif floral vert foncé, lacets de fermeture (reliure de l'époque).

Relation d'un voyage dans le centre de la Chine. L'auteur, dont on ne connaît que le prénom, quitte Hankéou (actuelle Wuhan, province de Hubei) fin avril 1922, à bord d'un bâtiment à vapeur qui remonte le Yang-Tsé-Kiang. Il passe par le canyon pittoresque des gorges du Yang-Tsé, au départ d'Itchang (Yichang) et arrive début mai à Tchongking (Chongqing). De là, il se rend, par voie terrestre, à Tchengtou (Chengdu, la capitale du Sichuan), ainsi qu'à Koan Hsien (Tsing-chin), en passant par Tseulioutsing. Il effectue ensuite l'ascension du Ngomei Shan (ou mont Emei, au sud-ouest de Chengdu), une montagne haute de 3040 mètres où se trouvent de nombreux monastères au milieu d'une importante végétation. Le récit s'achève à Kinting (Kiating), entre Chengdu et le mont Emei, le 10 juin 1922. Cette relation est illustrée de 108 photographies montées dans le texte, en général à raison d'une ou deux par page, parfois trois ou quatre. Elles sont de deux formats : 4,4 x 6,8 cm pour les plus petites, et 6,7 x 11,2 cm pour les plus grandes. Une quinzaine d'entre elles sont répétées et existent en deux versions, grande ou petite, ce qui donne environ 90 sujets représentés. Non signées, mais prises par l'auteur tout au long du trajet, les photographies représentent les gorges du Yang-Tsé, des embarcations sur le fleuve, des paysages, des ponts, des temples, un convoi funèbre, une colonne de militaires, des Européens en chaises à porteurs, une rizière, une exploitation de sel gemme, etc. Le texte, d'une écriture très lisible, comporte quelques ratures et corrections. Il est divisé en 6 chapitres : La fin du Han (pp. 1-3). - Le Fleuve (pp. 4-6). - Les Gorges (pp. 7-25). - De Tchongking à Tchengtou et Koan Hsien par Tseulioutsing (pp. 26-48). - Koan Hsien (pp. 49-55). - Le Ngomei Shan (pp. 56-66). Certains titres sont accompagnés de leur traduction en chinois. Extraits : "C'est la fin d'avril : il n'a encore donné que son premier flot; il coule tranquille et limoneux. Dans la plaine sans limites, les jonques, voiles hautes, emplissent l'horizon telles une flottille de pêche devant le port à l'heure du retour […]. Le vapeur fraie sa route le long de la rive abrupte qu'il serre et sa passerelle est de niveau avec la plaine; cette berge est un large liston brun surmonté d'un étroit filet vert […]. Fleuve nourricier, source de vie, mais nouveau Saturne aussi… La plaine, toute, appartient au Grand Dragon jaune : elle doit le subir et le laisser onduler librement sur elle…" (Le Fleuve, 28 avril 1922, pp. 4-6). "Dans le jour qui se lève à peine, un mur qui paraît sans issue; sans un coup de barre, le vapeur s'y est engagé; de chaque côté du sillage le blanc du ciel se rétrécit. Submerge le fleuve, une odeur balsamique d'orangers en fleurs que la brise encore endormie n'a pu chasser, elle s'est épandue au cours de la nuit hors des vallées latérales où les vergers se cachent […]. Un premier coude brusque, le vapeur s'annonce par un long hululement qui s'en va éveiller la vallée, frappe les dures parois et revient multiple. C'est la gorge du Foie de Bœuf et du Poumon de Cheval…" (Les Gorges, s.d., pp. 7-8). "Quelques cinq cents kilomètres d'une route impériale de jadis - dix à douze journées - de nombreux villages, des missions tout le long de la route, est-il possible d'hésiter ? Ce n'était pas cependant pas la simplicité même au printemps 1922, et seule une occasion exceptionnellement favorable pouvait décider un nouveau venu en pays setchouanais à la tenter. Notre consul à Tchengtou, Monsieur B [Marcel Baudez, consul à Chengdu de 1921 à 1925], s'apprêtait à y retourner avec sa famille. Tchongking et Tchengtou, les deux villes les plus importantes de la province étaient alors en très mauvais termes et le brigandage faisait rage […]. Le pays venait d'être troublé et le retour de la belle saison allait le secouer de nouveau. Ces considérations, beaucoup plus que les quatre-vingt hommes d'escorte que le gouverneur de Tchongking tenait absolument à nous donner, décidaient du départ, dès que la compagnie de transport chargée du recrutement des coolies les avait rassemblés. C'était pour quatre Européens une caravane assez importante : l'escorte de quatre-vingts soldats, en ordre plutôt dispersé, quatre hommes par grande chaise de voyage - confortables fauteuils de rotin établis pour la circonstance - deux hommes par chaise chinoise, des domestiques et une vingtaine d'autres pour les bagages et les vivres : c'était le minimum pour éviter les contacts trop intimes avec l'hospitalité locale…" (De Tchongking à Tchengtou, Tchengtou, mai 1922, pp. 26-28). "[Les coolies] sont fouettés et pleins d'entrain : une longue aspiration de la grande fumée, l'opium, les a dopés pour la fin de la journée […]. Nous approchons de la limite de la zone d'action des troupes de Tchongking; les prochains villages sont peut-être aux mains de celles de Tchengtou : le contact serait dangereux pour les escortés; cette considération agit-elle sur nos gardiens ? Toujours est-il qu'après un déjeuner où ils sont restés en arrière, nous ne les reverrons plus. Notre sécurité n'en paraît pas diminuée car un commissaire de la police locale qui a demandé la faveur de voyager discrètement parmi nos coolies par crainte des voleurs, n'en demeure pas moins notre compagnon…" (id., p. 39). Le premier feuillet comprend 7 photographies avec la dédicace "Pour toi qui ne l'a pas vu, ton Paul". Intéressant témoignage sur la Chine au début du XXe siècle, apparemment inédit.

Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Catalogue des cartes géographiques, topographiques & marines de la bibliothèque du prince Alexandre Labanoff de Rostoff, à Saint-Pétersbourg.

Paris, Firmin Didot, 1823. In-8, maroquin rouge, dos à nerfs richement orné, filets en encadrement et fleurons aux angles des plats, plat recouvert de papier bleu postérieur, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Ouvrage publié à compte d'auteur, tiré à 340 exemplaires non mis dans le commerce. Ce catalogue fut rédigé par Charles Picquet et le prince Alexandre Labonov-Rostovski (1788-1866), diplomate russe. Bel exemplaire dnas une élégante reliure de l'époque. Il est enrichi d'une lettre manuscrite avec ex-dono, de la part du prince à M. Coulon, avocat lyonnais, membre de la société des bibliophiles français, et un ex-dono manuscrit de M. Chastel aîné à M. Laurent de Dignoscyo, inspecteur des domaines des hôpitaux civils de Lyon, avec ex-libris de ce dernier.

Coleccion de articulos tipos y costumbres de la isla de Cuba por los mejores autores de este genero.

La Havane, Miguel de Villa, 1881. In-folio de 255 pp.; demi-basane marine, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Recueil de texte de différents auteurs (dont Antonio Bachiller y Morales) et illustré de 20 planches (dont une en couleurs) du peintre espagnol Victor Patricio de Landaluze. Ce dernier fit toute sa carrière à Cuba où il enseigna à l'Académie de San Alejandro de La Havane. Il fut le représentant le plus connu du Costumbrismo, un mouvement artistique attaché à dépeindre la vie quotidienns, et les folklores locaux. Bel exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conquête de l'isle de Minorque par les Français, ou journal historique de cette expédition par mer & par terre.

1756. In-12 de (2) ff., vij-(1 bl.)-180 pp.; demi-veau havane, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouge mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage attribué à François Morénas par La France Littéraire, et à Pierre-Laurent Buirette de Belloy par Barbier. [Suivi de :] - Lettre d'un négociant à un milord, dans laquelle on considère, sans partialité, l'importance de l'île Minorque, & de Port-Mahon; avec l'historique & une description abrégé de l'une & de l'autre. S.l., 1756. (2) ff., 63 pp. Traduction, par Guillaume Mazéas, de l'ouvrage anglais The importance of the island of Minorca..., publié la même année à Londres. - [FORBONNAIS (François Véron Duvergne de)]. Essai sur l'admission des navires neutres dans nos colonies. S.l., 1755. 107 pp. En 1755, au début de la guerre de Sept ans, l'Angleterre ouvrit les hostilités sans déclaration de guerre et captura de nombreux navires français. La marine française ne pouvant plus assurer le service des colonies dont elle avait le monopole, l'auteur proposa, pour remédier à ce problème, d'ouvrir les ports aux navires des nations n'ayant pas pris part à la guerre. - Nouvelle de Minorque. Compiègne, Louis Bertrand, 1757. 16 pp. - Lettre d'un Mahonois à un Anglois. S.l., 1756. 47 pp. - Lettre d'un grenadier à sa maitresse sur la prise du fort S. Philipp. S.l., 1756. 12 pp. Bel exemplaire.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Déclaration du roi, concernant la course sur les ennemis de l'état.

Paris, P. G. Simon, 1778. In-4 de 15 pp.; en feuilles, non rogné.

Déclaration donnée à Versailles le 24 juin 1778 qui réactualise l'ordonnance de 1691. En janvier 1778, la France signa un traité d'alliance avec les colons américains en guerre contre l'Angleterre. Le roi accorda alors toutes sortes de facilités aux armateurs qui souhaitaient armer des navires pour mener la guerre de course contre les navires anglais. Bon exemplaire. Inconnu de Polak.

Extrait de la première édition de la Carte de l'Isthme de Suez dressée pour l'avant projet du canal de communication des deux mers par Linant de Bellefonds.

1855. Circa 304 x 348 mm, entoilée et pliée.

Carte manuscrite, encre et aquarelle, copie d'une partie de la carte de l'isthme de Suez dressée par Linant de Bellefonds, directeur général des travaux publics en Égypte et ingénieur en chef du canal de Suez en 1855. Cette belle carte, entièrement aquarellée, représente la région nord de l'isthme, autour de la ville de Péluse et du lac de Menzaleh. Y figurent le détail topographique des bras du Nil, les nombreuses îles du lac, les puits, les routes antiques et modernes avec les relais de poste, quelques habitations, les ruines de Péluse et de quelques tels ou tells (terme archéologique désignant un site en forme de monticule). Des observations dans un cartouche donnent des indications sur la nature des sols, la végétation et les parties inondables. La carte n'indique pas le tracé du canal de Suez. L'échelle est en myriamètres et en milles romains. Très belle condition. Catalogue cartes manuscrites 2013, n° 160, marqué 3 000 €

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Livre d'heures.

Tours, Mame, 1855. In-18 de (2) ff., 608 pp.;maroquin rouge, dos à nerfs orné, large dentelle aux petits fers encadrant les plats, chiffre RR sous couronne fermée sur les plats, coupes filetées, encadrement intérieur, tranches dorées (reliure de l'époque de Petit successeur de Simier).

Ouvrage comprenant un titre en chromolithographie et 4 planches gravées. Impression sur deux colonnes avec encadrement gravé à chaque page. D'après une note manuscrite encollée sur les gardes et datée de 1874, cet exemplaire est celui du prince Rakoto, roi de Madagascar de 1861 à 1863 sous le nom de Radama II. Puis le volume a appartenu à Joseph Lambert, puis à sa sœur. Joseph Lambert fut l'un des rares Européens, avec Jean Laborde premier consul de France à Madagascar, à être admis à la cour de la reine Ranavalona I°. Sous le règne de Radama II, il conclut la "Charte Lambert" lui procurant un droit d'exploitation exclusif de toute la partie nord de l'île. Par la suite, ce monopole fut utilisée par la France et débouchera sur l'annexion de Madagascar en tant que colonie. Après la mort de Radama II, Lambert partit aux Comores en 1865 où il régna comme régent de Mohéli jusqu'en 1871. Il mourut deux ans plus tard. Bon exemplaire. Quelques piqûres, charnières internes fragilisées.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Mexico y sus alrededores. Coleccion de monumentos, trajes y paisajes dibujados al natural y litografiados por los artistas mexicanos.

Mexico, 1855-1856. In-folio, de (1) f., 37 pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, plat de percaline verte, titre frappé or sur le premier, tranches dorées (reliure de l'époque).

Ouvrage traitant de la ville de Mexico et de ses environs, de ses paysages, de ses habitants et de leurs modes vestimentaires, ou encore de ses monuments. L'illustration se compose d'un titre-frontispice et de 39 planches lithographiées à deux tons, certaines en couleurs. Chaque légende est imprimée en espagnol, en anglais et en francais. Le nombre de planches varie selon les exemplaires, les préférences des propriétaires et des relieurs contribuant à ces différences. Sabin n'en indique que 18 et Colas 30. Bel exemplaire. Légères rousseurs, défauts d'usage à la reliure. Abbey, 672. — Colas, I, 547. — Leclerc, Supplément, 2864. — Lipperheide, 1624. — Mathes, Mexico on Stone, p. 30. — Palau, 167505. — Sabin, 48590.

Mémoire au sujet de quelques nègres qui ont été enlevés à l'Isle Guadeloupe, et transportés à l'Isle espagnole de Portoric. Manuscrit.

octobre 1751 In-folio (31,3 x 20,8 cm) de (3) pp.; traces de plis.

Réclamation pour des esclaves enlevés à la Guadeloupe. "La nuit du 3 au 4 juillet 1750, un mulâtre espagnol de Portoric [Porto Rico] qui s'étoit établi depuis quelque temps à la Guadeloupe, enleva une pirogue avec 16 ou 18 nègres, dont il y en avait 10 d'une habitation appartenant au Mis de Senectere chevalier des ordres du Roy et lieutenant général des armées de Sa Majesté. Plusieurs mois s'écoulèrent avant qu'on fut informé du lieu où ces nègres s'étoient réfugiés…" (p. 1). Le gouverneur de la Guadeloupe envoie alors un officier à Porto Rico pour tenter de récupérer les esclaves : "Arrivé au Port St Jean, le Cher du Boüettier écrivit à Dom Augustin de Paresa [Agustin de Parejas] gouverneur de cette isle une première lettre le 4 avril 1751 pour que les nègres lui fussent remis, et lui envoya les titres justificatifs de la propriété de ceux qui les réclamoient. Il y joignit mesme des certificats de leur catholicité, sur ce qu'on avoit appris à la Guadeloupe, que pour se dispenser de les rendre, on prétendoit à Portoric qu'ils n'avoient pas été baptisés…" (pp. 1-2). Devant le refus du gouverneur espagnol, l'officier écrit une deuxième lettre, qui reste également sans suite. "Le Cher du Boüettier a rapporté que l'évêque, les principaux officiers et les gens considérables de Portoric furent étonnés du refus du gouverneur, et qu'on l'attribuoit à l'envie qu'avoient quelques particuliers de garder les nègres qu'ils avoient pris…" (p. 2). Dans ces circonstances, une demande officielle doit être adressée par le roi de France auprès du roi d'Espagne, afin que ce dernier donne des ordres pour restituer les esclaves. Le marquis de Senectère, mentionné dans le manuscrit, est Jean Charles de Senectère, ou Saint-Nectaire (1685-1771). Issu d'une des plus anciennes familles de la noblesse d'Auvergne, il fit une carrière militaire et devint maréchal de France en 1757. Par son mariage, il avait acquis une propriété à la Guadeloupe qui fut érigée en marquisat en 1738, sous la dénomination de marquisat de Brinon. Il possédait aussi deux habitations dans la montagne Saint-Martin et dans la montagne Saint-Denis, ainsi que diverses terres (sources : Archives nationales d'outre-mer. - Généalogie et histoire de la Caraïbe, p. 4282). Intéressant document, en bon état de conservation.

Mémoire introductif d'instance présenté à MM. les membres du Conseil du contentieux administratif de Cochinchine dans la cause entre MM. Vandelet et Dussutour (demandeurs), et M. le gouverneur de Cochinchine (défendeur).

Saigon, C. Guilland & Martinon, 1883. In-8 de 84 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1881, les négociants français Vandelet et Dussutour obtinrent du roi du Cambodge, et pour trois ans, le monopole du commerce de l'opium et de l'alcool de fabrication indigène. Mais le gouverneur de Cochinchine, désigné comme arbitre pour régler un différent entre le roi et les négociants, en profita pour ajouter de nouvelles clauses au contrat, ce qui donna lieu à de nombreuses difficultés. Bon exemplaire.

Mémoires pour servir à écrire l'histoire de la marine militaire de France. Première livraison (seule parue).

Caen, Typographie de Pagny, 1834. In-8 de (2) ff., IX pp., (1) f. blanc, 78 pp., (1) f. d'errata; percaline verte, dos muet (reliure de l'époque).

Exemplaire de l'auteur, comportant des annotations autographes. Edition originale, illustrée de 2 planches gravées et 4 tableaux dépliants hors texte. Cet ouvrage est consacré au combat naval du 13 prairial an 2 (1er juin 1794), qui opposa, au large d'Ouessant, la flotte française commandée par le contre-amiral Villaret de Joyeuse à celle de l'amiral Howe. Villaret tint tête à l'ennemi, perdit 8 vaisseaux mais assura l'entrée à Brest d'un convoi de 350 navires venant d'Amérique qui devait sauver la France de la famine. On y trouve d'abord la relation anglaise du combat, extraite des journaux des officiers de l'escadre de Howe, avec deux lettres de cet amiral, suivies d'un supplément à cette relation; vient ensuite un extrait du journal de Jean-Bon Saint-André, commissaire de la Convention, embarqué sur le vaisseau-amiral français. Puis l'auteur analyse les manœuvres des navires, en particulier le trajet de l'escadre anglaise qui arriva à couper l'escadre française en ayant l'avantage du vent, et relève les erreurs commises par Villaret de Joyeuse. La première planche gravée représente le combat naval; la seconde montre les lignes de bataille avec la position de chaque navire. Les tableaux donnent la liste des bâtiments qui participèrent au combat, avec l'indication du nom de chaque capitaine ainsi que du nombre de canons. Pour la flotte anglaise, le nombre de tués et de blessés est également indiqué. L'auteur a annoté essentiellement les premières pages de garde (4 pp.), le titre ainsi que les pages 4 et 78. Il explique qu'il a composé cette étude en réponse à l'ouvrage intitulé "Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français de 1792 à 1815", publié chez Panckoucke de 1817 à 1821 en 27 vol. in-8 : "MM. Ernest Panckoucke et Le Comte qui auraient pu être instruits de la vérité des faits par des hommes du métier témoins oculaires encore vivans, ont reproduit les mensonges officiels ou officieux du premier et du second rapporteur de la Convention nationale…" (1e page de garde). Puis il affirme avoir écrit avec véracité "pour constater et consigner devant les contemporains et bientôt devant la postérité, les fautes et les témérités du gouvernement inexpérimenté de 1793 qui amena la décadence de la marine militaire de France" (4e page de garde). Enfin, il pense que son mémoire pourra servir aux élèves de la marine, car "la connaissance des fautes commises dans la pratique peut servir à établir une bonne théorie" (p. 78). Resté anonyme, l'auteur précise qu'il a été admis à l'Ecole polytechnique en 1796, après avoir fait deux campagnes sur l'escadre sortie de Brest en 1794 et 1795. Polak, sous le n° 5470, mentionne une publication similaire parue à Brest en 1837 (in-8 de 78 pp.), par Jean-Marie Pierre Le Bastard de Kerguiffinec (1771-1850), ancien capitaine de frégate et député du Finistère sous la Monarchie de Juillet. La présente édition ne figure pas dans Polak. Seul un exemplaire est mentionné au CCFr (BnF, cote 8-LH6-7). Précieux et rare document.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Observations sur les intendances des Isles. Manuscrit.

Vers 1775. In-4 (21,6 x 16,8 cm) de 3 pp. 1⁄4 sur une feuille double; on joint 1 p. in-8 manuscrite sur le même sujet.

La Martinique souhaite le rappel de son intendant. L'auteur, resté anonyme, affirme dès le début que la probité seule est à désirer chez un intendant des îles, et que celui-ci a le devoir de surveiller ses bureaux où se font des "prévarications sans nombre". Puis il rappelle l'origine de cette institution, avant d'énumérer les responsabilités d'un intendant de justice, police et finances. Vient ensuite l'objet de la présente note : "A la paix on renvoïa pour intendant à la Martinique, M. de La Rivière, à qui succéda le président Peinier. C'est aujourd'hui le président Tachere qui remplit cette place. Il arrive assez ordinairement qu'on rappelle au bout de 3 ans les intendants des isles; il y a plus de 3 ans, et contre le vœu des habitans, que le président actuel est à la Martinique…". La note jointe va dans le même sens : "L'intendance de la Martinique est occupée par M. le Président Acher [sic] depuis 4 ans; cette intendance n'étant que triennale, M. le Président Acher pourroit être rappelé; c'est le vœu de la colonie…". Il s'agit de Philippe-Athanase de Tascher, ancien président à mortier au Parlement de Metz, qui occupa l'intendance de la Martinique de 1771 à 1777. L'auteur préconise aussi le rétablissement de l'intendance de la Guadeloupe, réunie depuis peu à celle de la Martinique. Traces de plis. Les documents sont très lisibles.

Picturesque Europe.

London, Cassel, Petter & Galpin, 1876-1880. 10 volumes grand in-4; percaline rouge, dos lisses, titres dorés et encadrements en noir et or sur les premiers plats, une illustration dorée différente sur chacun des 10 volumes, tranches dorées (cartonnage de l'éditeur).

L'illustration se compose de nombreuses figures gravées sur bois dans le texte, de 10 frontispices et de 60 planches gravées sur acier. Rare édition en 10 volumes et en cartonnage d'éditeur. Elle se trouve généralement en 5 volumes, ce qui explique que, parmi les 10 frontispices présent dans l'ouvrage, il n'y en ait que 5 différents se trouvant présent de un à trois fois. L'ouvrage est fait de chapitres consacrés à une région ou pays, rédigés par différents auteurs, dont le principal est Thomas George Bonney. Les quatre premier volumes sont consacrés à la Grande Bretagne, les six autres au reste de l'Europe, principalement la France, l'Italie et les Alpes, mais on y trouve également des chapitres consacrés à l'Espagne, le Rhin, la Norvège, la Russie, la Grèce, la Hollande, la Belgique, Constantinople et la Suède. Bel exemplaire en reliure uniforme de l'éditeur. Coiffes et coins émoussés, rares piqûres. Andres, Steel-engraved views, 120.

Plans et environs de Londres.

6 plans gravés, entoilés et pliés, placés dans un emboîtage commun en demi-maroquin rouge, dos lisse orné, armes d'Orléans en tête et chiffre LPO en pied du dos (emboîtage de l'époque).

Contient: - FADEN (W.). A new topographical map of the country in the vicinity of London. 1810. 85 x 82 cm. Contours aquarellés. - London in miniature with the surrounding villages an entire plan. Edward Mogg, 1822. 54 x 95 cm. Partiellement aquarellé. - London and Westminster in the reign of queen Elizabeth, 1563. Sans nom ni date. 41 x 107 cm. Entièrement aquarellé. - Londres avec les additions prises sur un plan de 1802. Paris, au dépôt général de la guerre, an 12 [1804]. 40 x 54 cm. - FADEN (W.). The country twenty-five miles round London. 1802. 104 x 127 cm. Partiellement aquarellé. - Cary's new and accurate plan of London and Westminster, the borough of Southwark and part adjacent. London, Cary, 1819. 82 x 153 cm. Partiellement aquarellé. Très bel exemplaire aux armes et au chiffre de Louis-Philippe d'Orléans avec ses armes et son chiffre au dos de l'emboîtage, et une étiquette à ses armes au dos de chacune des cartes. Catalogue de la vente de la bibliothèque de Louis-Philippe de 1852, n° 1390. - OHR, 2577.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Relation d'une conspiration tramée par les Nègres, dans l'isle de S. Domingue ; défense que fait le Jésuite confesseur, aux Negres qu'on suplicie, de révéler leurs fauteurs et complices.

1758. In-12 de 8 pp.; cartonnage de papier vert muet (reliure postérieure).

Rare petite plaquette contenant des extraits d'une lettre d'un colon de Saint-Domingue, datée du 24 juin 1758, et relatant les procès et les exécutions d'esclaves accusés d'être des complices de François Mackandal. Esclave marron et meneur de plusieurs rébellions, il fut capturé, jugé et comdamné à mort en 1758. Dans les mois qui suivirent, de nombreux complices furent arrêtés puis interrogées, avec des dénionciations à la clé de sorte "qu'on en brûle quatre ou cinq tous les mois: il y a déjà eu vingt-quatre Negres ou Negresses esclaves, & trois Negres libres qui ont subi le même sort" (page 4). Bon exemplaire. Ex-libris gravé et armorié du prince Marc-Antoine Borghèse (1814-1886). Max Bissainthe, 7688.

Relation impartiale d'un officier de marine employé dans l'escadre expéditionnaire contre l'Irlande, devant servir de justification à la hardiesse d'une entreprise condamnée dans les tems et d'apologie aux vastes idées du gouvernement français. Manuscrit.

Vers 1797. 2 cahiers in-folio (env. 32 x 21 cm) respectivement de (5) et (8) pp., plus quelques ff. restés vierges; brochés, rubans de soie bleue ou jaune.

Récit de l'expédition d'Irlande. En 1796, le Directoire mit au point un projet de débarquement en Irlande, afin de soutenir les républicains irlandais dans leur tentative de rébellion contre le pouvoir britannique. Cette expédition devait aussi permettre une éventuelle invasion de la Grande-Bretagne. Rassemblée à Brest, la flotte française était commandée par le vice-amiral Morard de Galles; elle comprenait trois escadres emmenant environ 15000 soldats placés sous le commandement du général Hoche. Le débarquement était prévu en décembre dans la baie de Bantry, l'une des baies du sud-ouest de l'Irlande qui entre profondément dans les terres. Le premier cahier s'ouvre par un discours préliminaire qui fait d'abord l'éloge de la liberté face au despotisme, puis souligne la menace britannique en rappelant la faiblesse de la marine française pendant la Révolution. Vient ensuite la relation du départ de Brest, le 25 frimaire an 5 (15 décembre 1796), malgré la surveillance des navires britanniques de l'amiral Colpoys. En effectuant d'habiles manœuvres, Morard de Galles fit croire aux Anglais que la flotte française se dirigeait vers le Sud : "Le gouvernement britannique était dans la plus ferme persuasion que si nous avions des coups à porter, ils ne pouvaient tomber que sur le Portugal, aussi pourvut-il à sa défense" (p. 4). Le second cahier, qui porte comme titre : "Départ du port de Brest", contient une relation détaillée de la traversée vers l'Irlande. Il couvre la période du 23 frimaire an 5 (13 décembre 1796) au 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796). Un tableau récapitule l'ensemble des bâtiments : 17 vaisseaux, 12 frégates et 6 corvettes, répartis en 3 escadres et une escadre légère. Les différents mouvements sont décrits : mouillage dans la baie de Camaret, traversée du raz de Sein, naufrage d'un navire, dispersion de la flotte, perte de contact avec le navire amiral, arrivée à proximité des côtes irlandaises et ouverture des plis cachetés qui désignent la baie de Bantry comme objectif. La fin de la campagne, non relatée ici, eut lieu le 30 décembre 1796, l'échec de l'opération étant dû principalement au mauvais temps. Extraits : (26 au 27 frimaire) : "L'armée sur une ligne de convoy mal formée n'en continuait pas moins sa route pour le raz, une partie l'avait doublée quand à 7 h nous y donnâmes dans l'entrée. A 7 h 1⁄4 comme nous fûmes obligé de revirer de bord, nous aperçûmes un bâtiment qui tombait en travers sur Stévenet, à 7 h 3⁄4 il échoua. Comme nous passâmes nous-mêmes très près de ce récif et à portée de voix, il nous héla pour demander un secours que nous étions nous-mêmes dans le moment de réclamer. Nous le hélâmes aussi pour connaître son nom ce que nous ne pûmes savoir, faisant alors nos efforts pour nous éloigner du danger. Il a tiré une partie de la nuit des coups de canon de détresse de distance en distance, brûlé quantité d'amorces et lancé des fusées […]. A 11 h le lougre l'Affronteur nous passa à poupe et nous informa du naufrage de la nuit, que c'était le vaisseau le Séduisant qui s'était perdu, que le Redoutable avait sauvé son grand canot avec 40 hommes, et que le Renard avait également sauvé quelques hommes de l'équipage, que le susdit vaisseau était rasé de tous mâts et était submergé jusqu'aux gaillards…" (p. 3). (29 au 30 frimaire) : "Les vents étaient tombés de la partie de NO à ONO. Nous élongeâmes l'escadre ralliante du général Bouvet et nous revirâmes de bord pour reprendre les amures à bâbord comme elle. Nous forçâmes de voiles pour joindre l'Immortalité dont nous nous étions éloignés d'environ une lieue 1⁄2 quand nous courrions bord à contre. A 1 h 1⁄2 nous lui passâmes à poupe et mis en même temps en panne sous le vent à elle. Le canot du général Richery qui était déjà à son bord vint prendre le nôtre, et nous ne fûmes servis qu'à 3 h que le général Nielly remonta à bord. Le général Bouvet ordonna l'ordre des trois colonnes à l'armée ainsi réunie; le général Nielly prit le commandement de la 2e escadre et le général Richery celui de la 3e" (p. 6). (30 frimaire au 1er nivôse) : "A 7 h 1⁄2 dès que le jour pointa, une terre très élevée et festonnée par l'inégalité de ses montagnes, se présenta à notre vue. Nous laissâmes la clarté se faire avant de la relever. A 8 h nous la distinguâmes parfaitement […]. A 9 h 1⁄2 le général ordonna de décacheter les paquets N° 1 qui contenaient les instructions relatives à la baie de Bantry qui est le lieu désigné pour la descente. Les vaisseaux du vent ne purent profiter de leur position avantageuse, car voyant leurs généraux sous le vent ils s'y rallièrent sans ordre. Il n'en fut même établi aucun, et depuis l'ouverture des dépêches et l'ordre à l'armée de forcer de voiles, les bâtiments cherchèrent à s'élever à l'envie les uns des autres vers l'entrée de cette baie…" (pp. 7-8). Précieuse relation, apparemment inédite, établie par un témoin oculaire. Références : Taillemite, Dictionnaire des marins français, pp. 379-380 (Morard de Galles), 69 (Bouvet de Précourt), 392 (Nielly) et 450 (Richery).

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Résumés historiques sur la Perse moderne, l'Inde et la Chine, en quatre parties.

Bordeaux, Prosper Faye, 1843. In-8 de (6) ff., 353 pp., (1) f. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage peu commun divisé en quatre parties comprenant un résumé historique sur la Perse, un résumé historique sur la Chine, un précis sommaire de l'histoire des Tartares, et des notices sur la Corée, le Japon, le Tonkin, la Cochinchine, l'Inde et l'Arabie moderne. Bon exemplaire. Légères rousseurs.

Réunion de 3 catalogues de l'imprimerie catholique de Beyrouth.

Beyrouth, 1878. In-8, toile beige, dos lisse, pièce de titre de veau rouge (reliure du XXe siècle).

On trouve ainsi relié : - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, 1878. 11-(1)-15 pp. Couvertures bleues conservées. Catalogue d'ouvrages imprimées en arabe et en syriaque, dont la première partie donne la liste en français, et la seconde est imprimée en arabe. - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, imprimerie catholique, 1888. 38 pp., (15) ff. Première couverture conservée. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabes et en syriaque, (principalement des livres religieux et des manuels d'étude de l'arabe). Le titre de chaque ouvrage est imprimé en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Les 15 derniers feuillets contiennent des spécimens de tous les caractères de l'imprimerie (hébreux, samaritains, syriaques, arabes, arméniens, grecs et latins). - Catalogue spécial de l'imprimerie catholique (fondée en 1853). Beyrouth, librairie de l'imprimerie catholique, 1904. 67-iij pp., (2) ff. Couvertures illustrées conservées. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabe, syriaque et bilingue français-arabe. Les titres des ouvrages sont imprimés en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Le fond de l'éditeur s'est agrandi, on y trouve des manuels d'arabe, des recueils de poésies, des contes (dont les milles et une nuits), des revues. Bel exemplaire.

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

Tom le Nègre.

Pont-à-Mousson, Haguenthal, 1874. Planche lithographiéée et coloriée de 41 x 27 cm.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à neuf cases, relatant, lors de la guerre de Sécession, les aventures du jeune Tom, esclave dans les plantations du sud des État-Unis, et qui combatit dans les rangs de l'armée des confédérés après s'être évadé. Bel exemplaire. Journal général de l'imprimerie et de la librairie. Deuxième série, tome 18, 1874, n° 1287.

Traité de navigation et de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. Conclu à Versailles le 26 septembre 1786.

Paris, Imprimerie Royale, 1786. In-4 de 45 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge (reliure moderne).

Texte du Traité Eden-Rayneval, du nom des signataires anglais et français. Conçu dès la fin de la Guerre d'Indépendance des états-Unis pour mettre fin au conflit économique que se livraient les deux puissances, ce traité instaura un système de réduction progressif des droits de douane. Mais, très vite, il se révélera trop favorable à l'Angleterre, dont l'avance industrielle sur la France était notoire, bouleversant ainsi l'équilibre économique français. Le marché français se trouva envahi de produits anglais moins chers et de meilleures qualités, provoquant l'abaissement des prix et la mise au chômage de milliers d'ouvriers et artisans. De ce fait, ce traité sera l'une des causes de la révolution de 1789. Bon exemplaire.

Vue intérieure de Londres du côté de Somerset House.

1819-1829. 592 x 920 mm, monté sur papier avec une bordure de gouache noire.

Spectaculaire vue de Londres, gouache et aquarelle, prise depuis la Tamise et montrant le pont de Waterloo, le pont de Blackfriars au second plan, la façade de Somerset House sur la gauche et l'imposante silhouette de la cathédrale Saint-Paul en arrière-plan. Compte tenu des différents monuments présents sur la vue, le dessin peut être daté entre 1819, date de l'inauguration du pont de Waterloo, et 1829, date de la fondation du King's College de Londres, dont les bâtiments, inaugurés en 1831, ne sont pas présents sur cette vue, à droite de Somerset House où ils se trouvent encore aujourd'hui. Cette jolie vue est animée de passants et de voitures à cheval sur les ponts, ainsi que de plusieurs embarcations sur la Tamise : quelques barges remplies de charbon, des barques près du débarcadère sur la gauche du dessin (où un couple s'apprête à embarquer), un canot à voile et deux canots à rame. A noter également la présence de réverbères pour l'éclairage au gaz sur le pont de Waterloo. Titre manuscrit au dos. Piqûres et quelques auréoles dans la partie haute du dessin.

ALQUIÉ (François Savinien d'), rédacteur.

Les Mémoires du voyage de monsieur le marquis de Ville au Levant, où l'Histoire curieuse du siège de Candie.

Amsterdam, Henry & Théodore Boom, 1670-1671. 3 parties en un volume in-12 de (5) ff., 60, 453 pp., 320 pp. ; maroquin rouge, dos richement orné, filets dorés encadrant les plats, dentelle inétrieure, tranches dorées sur marbrure (reliure du XIXe signée Allô et Wampflug).

Première édition complète en français. Elle est illustrée d’un frontispice gravé. L’expédition contre Candie fut un des moments forts de l’histoire guerrière du XVIIe siècle. Il s’agit ici de la relation la plus détaillée de cette expédition franco-vénitienne contre les Turcs en Crête. Elle est tirée des Mémoires de Rostagne, secrétaire d’État de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie, qui le chargea d’accompagner le marquis de Villa, général en chef de l’infanterie vénitienne. L’ouvrage contient également des informations sur les côtes dalmates, ainsi que sur les îles de la mer Égée. Bel exemplaire dans une élégante reliure signée. Atabey, 17. — Hage Chahine, 99. — Weber, II, 347.

ANCKARSVÄRD (Michaël Gustaf, comte d').

Samling af svenska och norrska utsigter tecknade efter naturen af C. J. Fahlcrantz, August och Michael Anckarsvärd, lithografierade och utgifne av M. G. Anckarsvärd. Recueil de vues de Suède et de Norvège, dessinées d'après nature par C. J. Fahlcrantz, Auguste et Michel Gustave Anckarsvärd, litohgraphiées et publiées par M. G. Anckarsvärd.

Stockholm, Gjöthström & Magnusson, 1830-1837. In-folio de 10-22-x-xij pp.; cartonnage d'attente de papier brun, dos lisse muet, non rogné.

Ouvrage comprenant 2 titres lithographiés (l'un en suédois, l'autre en français), et 50 planches lithographiées (32 pour la Suède, 18 pour la Norvège), la plupart sur Chine monté. Le texte explicatif et les légendes des planches sont en suédois et en français. Fils de général et officier lui-même, Michaêl Gustaf d'Anckarsvârd fit également des études artistiques qui le menèrent à Paris et en Italie. Il lithographia lui même ses propres dessins, ceux de son frère Johan August, et ceux du peintre de paysage Carl Johan Fahlcrantz qui composent cet ouvrage. Rousseurs, défauts d'usage à la reliure.

ANDRÉ (Jean-François).

Gramont le grand, dernier chef des flibustiers, aventuriers et boucaniers d'Amérique, etc.; ses talens insinuans et spirituels.

Paris, Tiger, 1813. In-18 de 107 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne, illustrée d'un frontispice gravé. Vie romancée de Michel de Grandmont, ou Grammont (1645-1686), corsaire et flibustier dans les Caraïbes. Naviguant à bord du bateau le Hardi, il est notamment connu pour avoir pris les villes de Macaraibo, Trujillo, La Guaira, Cumana et Puerto Caballo au Venezuela, ainsi que les villes de Veracruz et Campeche au Mexique. Bon exemplaire. Cioranescu, XVIII° siècle, 7911.

ANTELME (Henri).

Sous le ciel de l'Île-de-France.

Paris, Jouve & Cie, 1923. In-8 de 106-(1) pp.; basane bleue à la bradel muette, non rogné (reliure moderne).

Première édition, tirée à 520 exemplaires. Elle est illustrée du portrait de l'auteur en frontispice. Antelme était issu d'une famille de l'île Maurice. Son recueil de poésie, d'inspiration élégiaque et patriotique (avec plusieurs pièces sur la guerre de 1914-1918) fut publié trois ans après sa mort. Le dernier poème Philosophe créole, réflexions sur le cyclone du 29 avril 1892, est écrit en créole. Un des 500 exemplaires sur papier vergé d'Arches. Envoi autographe signé de l'un des frères de l'auteur. Bon exemplaire.

ARGENTINE;DULIN (Jean Désiré);

Buenos-Ayres a vista de pajaro.

Buenos-Ayres Ernst Nolte Libreria Alemana 1880 548 x 927 mm.

Spectaculaire et très rare panorama à vol d'oiseau de Buenos Aires, lithographié en deux tons par F.W. Kahler à Hambourg, d'après un dessin de Jean Désiré Dulin. La vue, prise depuis le Río de la Plata, montre le port, avec ses docks qui forment désormais le très chic quartier de Puerto Madero. On y reconnaît aussi le très beau bâtiment du Correo Central, devenu il y a quatre ans le CCK ou Centro Cultural Kirchner. On repère parfaitement la Casa Rosada, dont on voit l'arrière, et le Cabildo dont on voit la façade. On repère aussi de nombreuses usines et des centrales électriques qui n'existent plus. Bel exemplaire. Petite décoloration dans les marges gauche et droite, restes de bande adhésive au dos. Marcelo Weissel, Iconografía porteña y estudio de embarcaciones: Buenos Aires entre 1858 y 1914. siete obras de J. D. Dulin.

ASSELINEAU (Léon-Auguste).

Philadelphie.

Paris, Dusacq et Cie, vers 1855. Lithographie (43,7 x 61 cm).

Très belle et rare vue à vol d'oiseau de Philadelphie, lithographiée par Asselineau. Philadelphie, la plus grande ville de Pennsylvanie, est réputée pour la richesse de son histoire. Elle peut être considéré comme le lieu de naissance des États-Unis, car la Déclaration d'Indépendance fut signée dans cette ville et la Constitution y fut aussi écrite. élève de Roehn à Paris, Léon-Auguste Asselineau exposa au Salon de 1836 à 1847. Il fut connu surtout comme illustrateur et travailla pour le Moyen-Age pittoresque, dirigé par Viollet Le Duc. Bel exemplaire. Traces marginales encadrant l'estampe.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BACHMANN (John).

View of the New Orleans.

Paris, Wild, vers 1855. Lithographie en couleurs (42,5 x 62,2 cm).

Très rare et superbe vue à vol d'oiseau de la Nouvelle-Orléans, dessinée d'après nature par John Bachmann, lithographiée et finement aquarellée à l'époque par Léon-Auguste Asselineau. La vue est prise depuis la rive gauche du Mississippi, avec le Lac Pontchartrain en arrière-plan. Le Mississippi est animé de nombreux voiliers et bateaux à vapeur, dont le Créole, le Natchez, l'America, le Magnolia et le Belle Key. Bel exemplaire. Rare état non mentionné par Reps, Views and Viewmakers of Urban America (1161-1163). Petite déchirure restaurée dans la partie droite de l'estampe, salissures dans les marges.

BALFOUR (Jean).

Mémoire du sieur Jean Balfour, habitant de l'isle de Tabago, à messieurs les députés à l'Assemblée nationale de France.

Paris, Prault, 1790. In-4 de 30 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

D'origine écossaise et cultivateur depuis vingt ans sur l'île de Tabago, Jean Balfour dénonce dans son "Mémoire" les abus et les saisies des administrateurs français après la cession de l'île par les Anglais en 1783. Bel exemplaire.

BARAÑANO (Leonardo).

Isla de Cuba Pintoresca. Colección de vistas generales. Vista de la ciudad de Matanzas, tomada desde el monte del cafetal de D.n Vicente Guerrero, detras de la quinta de D.n Luis Lopez Villa-Vicencio.

Habana, 1856. Lithographie originale (50 x 69 cm, hors marges).

Spectaculaire panorama de la ville de Matanzas, au nord-ouest de Cuba, dessiné par Leonardo Barañano, lithographié en couleurs par Eugenio Bourrelier. La vue, dédiée aux belles de Matanzas, est prise depuis la colline de la plantation de café de Don Vicente Guerrero, derrière la villa de Don Luis Lopez Villa-Vicencio. Au premier plan figurent trois personnages, dont le dessinateur Leonardo Barañano. Quatre vignettes entourent la vue principale. Elles montrent l'église paroissiale, le palais du gouverneur, le pont de Bailen et l'hôpital militaire. Le titre est en espagnol, anglais et français. Cette vue fait partie de la série Isla de Cuba pintoresca ou l'Île de Cuba pittoresque, publiée à La Havane, et dont la plupart des planches furent lithographiées par Edouard Laplante. Il existe dans la même série une vue très similaire de Matanzas, celle-ci lithographiée par Edouard Laplante, et sans les quatre vignettes. Pliure centrale restaurée, quelques défauts persistent.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Journal d'un déporté non jugé, ou déportation en violation des lois décrétée le 18 fructidor an V (4 septembre 1797).

Paris, Firmin Didot frères, 1834. 2 volumes in-8 de (2) ff., xlviij-271 pp. — (2) ff., 312 pp. ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, tranches mouchetées (reliure à l'imitation du XIXe).

Première édition. Député au Conseil des Anciens, Barbé-Marbois fut déporté à Sinnamary en Guyane lors du coup d'état du 4 septembre 1797. Il ne put rentrer en France quen 1800 et, sur les dix-huit députés déportés, neufs décédèrent en Guyane. En 1834, au moment où il publia ses mémoires, Barbé-Marbois était le dernier survivant. On trouve, à la fin du second volume, le récit du Voyage dans l'intérieur du continent de Guyane chez les Indiens Rocouyens, par Claude Tony, mulâtre libre, qui accompagnait le docteur Patris dans ce périple. Bon exemplaire. Envoi autographe de l'auteur dont le nom du dédicataire a été effacé. Chadenat, 2779. — Sabin, 3308.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BARROW (John).

Voyage à la Cochinchine, par les îles de Madère, de Ténériffe et du cap Verd, le Brésil et l'île de Java, contenant des renseignemens nouveaux et authentiques sur l'état naturel et civil de ces divers pays; accompagné de la relation officielle d'un Voyage au pays des Boushouanas, dans l'intérieur de l'Afrique australe.

Paris, Arthus-Bertrand, 1807. 2 tomes reliés en un volumes in-8 de xiv-406-(1) pp. — (2) ff., 408 pp., et un atlas in-4 ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison rouge et noir, tranches jaunes (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition française, traduite par Malte-Brun. Elle est accompagnée d'un atlas de 18 planches gravées par Tardieu (vues du port de Praya, du grand aqueduc à Rio-de-Janeiro, carte de l'Afrique australe, costumes, scènes de genre, et 2 planches en couleurs de botanique). Sir John Barrow accompagna lord George Macartney dans son ambassade en Chine de 1792 à 1794, puis, en 1797, dans la nouvelle colonie du Cap où il fut chargé de réconcilier les Boers et les Cafres. Rentré en Angleterre en 1804, il occupa durant quarante ans le poste de secrétaitre de l'Amirauté, où il joua un rôle important comme promoteur des voyages d'exploration scientifiques de John Ross, Parry, ou encore John Franklin. Le présent ouvrage contient de précieux renseignements sur les pays visités (Madère, les Canaries, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Indonésie ou encore le Vietnam). Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Borba de Moraes, 88. — Cordier, BI, 2424-2425. — Garraux, 25. — Mendelssohn, I, 89. — Rodrigues, 355. — Sabin, 3658.

BELLEGARRIGUE (Anselme).

Les femmes d'Amérique.

Paris, Blanchard, 1853. In-24 de 96 pp. ; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition séparée de cet ouvrage paru dans les numéro de septembre et d'octobre 1851 de la revue La liberté de penser. L'auteur voyagea en Amérique du nord entre 1846 et 1848, où il découvrit les bienfaits de la liberté individuelle. Il participa à la révolution de 1848 mais fut bien vite déçu car il n'acceptait aucune autorité et prônait l'anarchie. Dans cet ouvrage, il rend compte de ses observations de la société américaine en l'abordant par la place que les femmes y occupaient. Bon exemplaire. Sabin, 4509.

BELLY (Léon).

Vendeur de chaussures.

Vers 1850. Dessin original signé (22,5 x 14 cm).

Beau dessin représentant un vendeur de chaussure de Constantinople. Au premier plan, on trouve un homme en train de fumer, accompagné d'un enfant, ainsi qu'un porteur. Élevé par sa mère, Léon Belly poursuivit d'abord des études qui s'annoncaient brillantes à L'École Polytechnique puis se destina à la peinture. Il devint l'élève d'Édouard Picot et de Troyon et travailla à Barbizon en 1849. Il visita le Liban, la Syrie et l'Égypte en 1850 lors d'une mission scientifique puis l'Égypte en 1855-1856. Il fit partie, avec Jean-Léon Gérôme, du voyage de l'Impératrice Eugénie au Canal de Suez en 1869. Sa toile intitulée Pèlerins se rendant à la Mecque, exposée au Musée d'Orsay est un chef-d'oeuvre de l'orientalisme. Belly composera des sujets orientalistes jusqu'en 1874. Bon état de conservation.

BERGEAUD (Émeric).

Stella.

Paris, E. Dentu, 1859. In-18 de viij-330 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, rare, du premier roman haïtien. Né aux Cayes en 1818, Émeric Bergeaud fut le secrétaire de son oncle, le général Jérôme-Maximilien Borgella, commandant de l'arrondissement des Cayes. En 1848, il s'exila lorsque le président Faustin Soulouque se fit proclamer empereur. C'est à l'île Saint Thomas qu'il rédigea son roman qui relate l'histoire de deux demi-frères, Romulus et Rémus, qui luttaient pour l'indépendance d'Haïti. Malade, Bergeaud confia son manuscrit à son cousin, l'historien Alexis-Beaubrun Ardouin, qui fit éditer l'ouvrage après la mort de son auteur. Bon exemplaire. Quelques piqûres, plus prononcées en début et fin de volume. Max Bissainthe, 385. — Inconnu des principales bibliographies.

BLANC-GILLI (Mathieu).

Éloge du capitaine Cook.

Amsterdam, et se trouve à Paris, Morin, 1787. In-8 de viij-117 pp.; broché, couverture bleu-gris de l'époque, titre inscrit à l'encre sur le premier plat, non rogné.

Première édition de cet ouvrage peu commun. Célèbre navigateur anglais, James Cook apporta une contribution très importante à la connaissance du Pacifique grâce à ses nombreuses levées hydrographiques, révélant l'existence d'un hémisphère océanique. Au cours de sa première expédition de 1768 à 1771, il découvrit l'archipel des îles de la Société, la Nouvelle Zélande, les côtes orientales de l'Australie et, en 1772, lors de son second voyage, il visita les îles Marquises, les Nouvelles Hébrides et la Nouvelle Calédonie. La dernière expédition, de 1776 à 1779, avait pour but de trouver un passage entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique par le nord du continent américain. Il parvint à atteindre le détroit de Béring, mais de retour dans les îles Sandwich, qu'il avait découverte préalablement, il fut tué par des indigènes le 14 février 1779. Mathieu Blanc-Gilli était un auteur provençal qui fut député à l'Assemblée Législative sous la Révolution Française. En 1791, il publia un ouvrage intitulé "Observations importantes sur les troubles de Saint-Domingue" dans lequel il défend l'abolition progressive de l'esclavage. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos cassé, feuillets écornés.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BLUNT (Edmund-March).

Le pilote américain, contenant la description des côtes orientales de l'Amérique du nord, depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu'au Mississipi; suivi d'une notice sur le gulf-stream.

Paris, Imprimerie Royale, 1826. In-8 de vij-(1 bl.)-359 pp.; cartonnage à la bradel de papier chocolat, pièce de titre de maroquin noir, non rogné et non coupé (reliure de l'époque de Devillers, avec son étiquette en fin de volume).

Édition originale française, établie sur ordre du ministre de la Marine et des Colonies, par Placide Magré. Cet ouvrage de l'hydrographe Edmund Blunt donne les renseignements les plus étendus et les plus authentiques pour l'époque, sur la navigation des côtes est de l Amérique septentrionale. Bel exemplaire avec provenances prestigieuses. Envoi autographe signé du traducteur au chevalier de Rossel, contre-amiral, et directeur adjoint du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine. Il en deviendra directeur en 1827 jusqu'à sa mort en 1829. Ex-libris de Jean-André Dezauche, fils de Jean-Claude Dezauche, tous deux graveurs, cartographes et titulaires du monopole de la vente des cartes du Dépôt de la Marine. Leclerc, I, 177. — Polak, 899. — Sabin, 6028.

BLUNT (Edmund-March).

Renseignemens sur la partie de la côte comprise entre l'île Sainte-Catherine et Buenos-Ayres.

Paris, Imprimerie Royale, 1827. In-8 de 45-(3 bl.) pp.; broché, couverture de papier bleu de l'époque, titre manuscrit sur le premier plat, non rogné ni coupé.

Première traduction française, par Placide de Magré. Cet ouvrage est le complément du Pilote américain publié en 1826 par le même auteur. Il donne les instructions nautiques de la côte orientale de l'Amérique du Sud depuis l'île Santa Catarina, au sud du Brésil, jusqu'au Rio de la Plata et le port de Buenos-Ayres. Bon exemplaire. Dos en parti fendu. Polak, 897. — Sabin, 6030.

BONNIÈRES (Alexandre-Jules Benoist de) — GERBIER (Pierre-Jean-Baptiste) — HARDOIN de LA REYNERIE (Louis-Eugène).

Consultation pout les actionnaires de la Compagnie des Indes.

Paris, Lottin l'aîné & Lottin de S. Germain, 1788. In-4 de 103 pp. ; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Ouvrage comprenant 14 tableaux dont 2 dépliants. Consultation rédigée par trois avocats chargés de la défense des actionnaires de la Compagnie des Indes Française, dont le privilège avait été suspendu en 1769 à cause d'un très fort endettement. De ce fait, le commerce avec l'Asie n'était plus soumis à un monopole et ouvert à tous les navires. Les actionnaires de la Compagnie n'en furent pas satisfaits et entendirent démontrer que ce privilège était la propriété des actionnaires, qu'il n'était pas possible d'y porter atteinte, et qu'une compagnie pour le commerce avec l'Inde était nécessaire. Bon exemplaire.

BORDEAUX (Paul René).

Album de photographies.

1918-1923, pour la plupart. Grand in-8 (22,3 x 15,5 cm) de 44 ff. montés sur onglets; percaline grenat, dos muet (reliure de l’époque).

Recueil de 190 photographies non signées, constitué par un militaire français qui participa à l’expédition de Cilicie, en Asie Mineure (1920-1922). Les photographies sont montées sur papier fort à raison d’une ou plusieurs par page. Certaines sont accompagnées d'une légende indiquant le lieu et la date. Parmi celles-ci, on compte 23 photos du Liban et de Syrie (1920), 18 de Cilicie (1920-1922), 19 de Chine (1900) et 4 d’Allemagne (1918-1920). Par ailleurs, 31 photographies ne sont pas légendées, mais se rapportent aux mêmes campagnes. A la fin se trouvent 95 photographies de la famille Bordeaux prises en France (1918-1923), ce qui donne un total de 190 photographies pour l'album. Cet ensemble comprend aussi 3 cartes postales. Parmi les photographies du Liban et de Syrie, on notera : Camp du Caïs. - Camp du Nord. - Camp de la colonne sur Damas (juillet 1920). - Le général Gouraud remet son drapeau au régiment de Spahis marocains [et] la cravate de commandeur au général Bordeaux (Beyrouth, 4 novembre 1920). - 2 photos d'avion, entre Mersine (Cilicie) et Tartous (Syrie), 1920-21. - Homs (Syrie) : vue générale prise de Kalaat. - Homs : cour de la grande mosquée. - Homs : la grande mosquée. - Homs : entrée de la grande mosquée. - Homs : vue prise de la sortie Nord-Est. - Village de Tell Bisi (près Homs). - Hemon (près Homs) : les quatre Norias. - Fontaine à Kattine. - Minaret de Hama. - Hama : les souks. - Baalbek : colonnes du temple de Jupiter. - Baalbek : temple de Bacchus. - Baalbek : le grand temple. - Palmyre : vue générale, etc. Pour la Cilicie : Le général à Mersine (1920-21). - Le 14 juillet 1921 à Mersina [sic]. - Octobre 1921 à Mersina. - Arrivée à Mersine (Cilicie) de Franklin Bouillon avec le gal Moueddine-Pacha et Hamid-Bey, sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur (gt d'Angara). - Mersine : vue d'avion (1921). - Cilicie : ensemble de 6 photos, dont les ruines de Pompeiopolis (3) et l'arrivée de Moueddine-Pacha (1921-22). Au-dessous d'une photographie, un article de presse intitulé "Le retour des troupes de Cilicie" précise : "Le vapeur Belgrano, du transit maritime, est arrivé aujourd'hui à Marseille, venant de Beyrouth. Il ramène en France le général Bordeaux et près de huit cents soldats des troupes de Cilicie" (Marseille, 11 janvier [1922]). Quelques photographies plus anciennes, prises en Chine, ont été insérées dans l'album; elles sont intitulées : Campagne de Chine en 1900 (4 photos). - Chine en 1900, Shanghai (8 photos). - Shanghai 1900 (5 photos). - Shanghai 1900 (avec 3 photos de Cilicie). - S.l. (1900). Elles montrent des pêcheurs sur leurs jonques, un Chinois devant la statue d'une divinité, des fortifications, un bâtiment à vapeur, le port de Shanghai, une parade militaire, etc. L'album contient aussi 4 photographies prises en Allemagne : Arrivée du général Foch à Mayence (26 novembre 1918). - Château de Worms, quartier général de la Brigade sénégalaise (1919-1920, 2 photos). - Le général à Wiesbaden (mars 1920). A la suite ont été montées des photographies à caractère privé ou familial : il s'agit de portraits ou de scènes de groupe, le plus souvent à la campagne ou au bord de la mer. L'une des dernières représente Paul René Bordeaux et sa femme dans leur appartement en juin 1920. Située au Sud de l'Asie Mineure, la Cilicie devait être placée sous protectorat français en même temps que la Syrie et le Liban, conformément aux accords Sykes-Picot de 1916 et à l'armistice du 30 octobre 1918 avec l'Empire ottoman. Les troupes françaises débarquèrent en Cilicie en novembre 1919 mais se heurtèrent à la résistance du général Mustapha Ali Riza (le futur Kemal Atatürk). En mai 1920, un premier armistice fut signé avec Kemal, qui mit fin aux combats sporadiques avec les Français. En juillet, les kémalistes assiégèrent à nouveau Adana et bloquèrent les communications. Puis les Français changèrent de stratégie et s'allièrent avec Kemal contre le Sultan Mehmet VI. Le 20 octobre 1921, un accord fut signé, et, en novembre, la France évacua la Cilicie. Celle-ci fut alors rétrocédée à la Turquie. Commandée par le général Gouraud, puis par le général Weygand, l'armée française du Levant (1919-1925) comprenait la division de Cilicie. Celle-ci, placée sous le commandement du général Dufieux, était basée à Adana; elle était subdivisée en deux brigades : la première, commandée par le général Bordeaux, était constituée du 17e Régiment de tirailleurs algériens et du 17e Régiment de tirailleurs sénégalais (puis du 14e R.T.S. à partir de juin 1920). La seconde, commandée par le général Martz, comprenait les 412e R.I. et R.T. algériens. La division de Cilicie comprenait aussi des régiments de cavalerie, d'artillerie, du génie, etc. Frère de l'écrivain Henry Bordeaux, Paul René Bordeaux naquit à Granville (Manche) en 1871. Sorti de Saint-Cyr en 1892, il servit en Indochine (1893-1896) puis au Soudan français (le Mali actuel) où il participa à la prise de Sikasso en 1898. Il fut ensuite, de 1905 à 1908, commandant de la circonscription du Kanem (Tchad). Chargé de lutter contre les rezzous des Ouadaïens, il organisa une expédition qui le mena dans le Bahr el Ghazal, au Tchad, et leva un millier de kilomètres d'itinéraires. Après le Tchad, Bordeaux participa aux dernières opérations de pacification de la Côte d'Ivoire. En 1918, il fut nommé général de brigade et commanda, de 1920 à 1923, la Brigade sénégalaise à l'armée du Levant. En 1924-1925, il devint commandant supérieur des troupes du Congo français et de l'Afrique Equatoriale Française. Il prit sa retraite en 1926 et mourut en 1951 à Thonon (Haute-Savoie). Sources : Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Afrique, p. 38. – Amicale nationale du 3e RIMa-3e RIC, des Anciens d'Outre-Mer et des troupes de Marine du Morbihan (site Internet). – Armée du Levant, sur www.charley-kieffer.fr. Quelques photographies sont volantes ou partiellement détachées, mais bon état intérieur

BORY de SAINT-VINCENT (Jean-Baptiste).

Voyage dans les quatre principales îles des mers d'Afrique, fait par ordre du gouvernement, pendant les années neuf et dix de la République (1801 et 1802).

Paris, F. Buisson, an XIII-1802. 3 volumes in-8 de xv-(1)-408 pp. — (2) ff., 431 pp. — (2) ff., 473 pp., et un atlas in-4 ; demi-veau havane, dos lisse ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches marbrées, non rogné pour l'atlas (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition accompagnée d'un atlas de 58 planches gravées: cartes (dont une grande de la Réunion par l'auteur), profils de côte, botanique et zoologie, et des vues (principalement de phénomènes géologiques et volcaniques ; la dernière planche, qui est en couleurs, montre une coulée de lave d'un volcan). En 1800, Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, embarqua comme zoologiste sur la corvette La Naturaliste, l'un des deux navires de l'expédition de Baudin aux Terres Australes. Mais il quitta l'expédition lors de l'escale à l'île Maurice, et visita la Réunion où il réalisa la première description scientifique du Piton de la Fournaise. Il donna également le nom de son professeur, Dolomieu, au cratère qui s'était formé en 1791. Dans le récit de son voyage il relate la traversée du Havre à Ténérife, son séjour à l'île Maurice et son arrivée à La Réunion, ses deux expéditions au Piton, ses diverses excursions sur l'île, puis son retour en France après une escale à l'île Sainte-Hélène. Bon exemplaire. Petite mouillure marginale à certaines planches. Gay, 2999. — Monglond, VI, 749. — Nissen, ZBI, 475. — Pritzel, 1024. — Ryckebusch, 963.

BORÉ (Eugène).

Correspondance et mémoires d'un voyageur en Orient.

Paris, Olivier-Fulgence, 1840. in-8 de viij-425 pp. — (2) ff., 498 pp.; basane bleue, dos lisses ornés, filet encadrant les plats, chiffre sur le premier plat, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte dépliante de l'Asie Mineure. Prêtre et professeur d'arménien au Collège de France, l'auteur se rendit en Arménie pour approfondir l'étude des langues orientales. Il séjourna 6 mois à Constantinople (de décembre 1836 à mai 1837), résida à Erzurum en Anatolie, puis à Tabriz, en Perse, où il fonda une école chrétienne. Son ouvrage contient de nombreuses lettres écrites durant son voyage à différents correspondants, mais principalement à son frère Léon, le journal de son voyage de Constantinople jusqu'en Arménie, plusieurs mémoires envoyés à diverses institutions dont un sur la Chaldée et les Chaldéens, ou encore le récit d'un voyage de Téhéran à Ispahan. Bel exemplaire. Quelques piqûres en début et fin de volume. Blackmer, 166. — Hage Chahine, 572.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BREEMAAT (Guy).

Photographies de Côte d'Ivoire.

Abidjan, vers 1958. Ensemble de 133 photographies originales de format 13 x 18 cm conservées dans 6 albums in-8 à chemises transparentes.

Importante réunion de photographies prises peu avant l'indépendance de la Côte d'Ivoire (1960). Sur les 133 photographies, 128 comportent une numérotation au verso (1-44, 44 bis, 45-53, 56-65, 65 bis, 66-128) et 5 ne sont pas numérotées. La plupart portent, au verso, des cachets "Photo Information – Côte d'Ivoire" ou "Service de l'Information de la Côte d'Ivoire". Parmi cet ensemble, 9 photographies sont signées Breemaat (n° 6, 7, 20, 21, 26, 28, 49, 82, 107) et 1 est signée Kouassi (non numérotée). Le premier album, consacré à l'agglomération d'Abidjan, s'ouvre par un plan d'ensemble : forêts classées de l'Anguédégou, de la Djibi et d'Abouabou, Parc national du Banco, quartiers d'Adjamé et de Cocody, lagune Ebrié, île de Petit-Bassam, Port-Bouët, etc. Puis il montre des scènes de la vie quotidienne (lavoir, marché), des objets ethnographiques dans un musée, le bâtiment de la Poste ainsi que d'autres édifices publics. Il contient ensuite des photographies, la plupart aériennes, où l'on voit différents quartiers d'Abidjan et de Petit-Bassam. On y remarque notamment le nouveau pont, construit à partir de 1954 et inauguré en 1957. Nommé depuis Pont Félix-Houphouët-Boigny, il relie Abidjan à Petit-Bassam en traversant la lagune Ebrié. Les photographies montrent sa construction, à côté de l'ancien pont flottant en service depuis 1931, puis, dans le deuxième album, les travaux achevés, l'ouverture à la circulation automobile et les vestiges de l'ancien pont que l'on a commencé à démolir. Ce même album contient des photographies prises dans les forêts voisines et le long du littoral. Le troisième album présente aussi quelques vues de la côte : pirogues disposées le long d'une rive, parfois conduites par des enfants ou des villageois, filets de pêche mis à sécher, navire de commerce chargeant des denrées… A la suite se trouvent plusieurs portraits de villageois et de jeunes femmes en costume traditionnel, présentant souvent des marques de scarification sur le visage ou le corps. L'album suivant est en grande partie consacré aux ressources agricoles : manutentionnaires transportant des régimes de banane, enfants montrant des cabosses de cacao, ouvrier présentant un ananas de grande taille, etc. A la suite se trouvent quelques clichés d'animaux pris dans un parc zoologique. Quant au cinquième album, il contient presque exclusivement des photographies de fêtes villageoises : scènes de groupe avec des danseurs en costumes, portant parfois des masques et des tenues particulières à ce genre de cérémonie. D'autres photographies de costumes et de masques se trouvent dans le dernier album; celui-ci contient aussi une vue d'un village avec ses maisons en terre, et s'achève par une photographie signée Kouassi montrant un homme politique africain entouré de deux militaires français. Ces photographies ne semblent pas avoir été publiées. Elles sont inconnues du catalogue de la BnF, qui indique toutefois que Guy Breemaat réalisa, notamment entre 1959 et 1986, plusieurs portraits de personnalités tels que Guy Mollet, Paul Delouvrier, le pasteur Boegner, le grand rabbin Kaplan, etc. (source : département des Estampes et de la Photographie). On joint 7 photographies en double et une en triple. Ensemble bien conservé. Description des albums : 1) Photographies n° 1 à 22 + 2 non numérotées (Abidjan - accès nord du pont, construction du pont), soit 24 photos. (Les n° 21 et 22 sont en double). 2) Photographies n° 23 à 45 et 44 bis, soit 24 photos. 3) Photographies n° 46 à 53, 56 à 66, 65 bis + 1 non numérotée (navire marchand à quai), soit 21 photos. 4) Photographies n° 67 à 90, soit 24 photos. (Les n° 67, 69, 87 sont en double; le n° 69 est en triple). 5) Photographies n° 91 à 114, soit 24 photos. 6) Photographies n° 115 à 128 + 2 non numérotées (vue aérienne de bâtiments d'exploitation et cérémonie avec des militaires français), soit 16 photos. (Les n° 127 et 128 sont en double).

BRUUN (Johan Jacob).

Novus atlas Daniae. Iste tome af Siaelland [Tome I. Sjaelland].

Kiöbenhavn, Johan Jacob Bruun, 1761. In-folio de (4) ff. ; maroquin rouge, dos à nerfs orné, double encadrement de filets, fleurons et dentelle dorée, dentelle intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).

50 planches gravées sur cuivre hors texte dont 1 dépliante, plus 1 planche gravée dépliante ajoutée. Elles sont datées entre 1729 et 1761. Très rare édition originale de ce magnifique recueil de vues topographiques gravées sur l'île de Sjaelland au Danemark. Parmi les villes représentées on trouve Copenhague, Roskilde, Ringsted, Helsingor ou encore Frederiksborg. Ces vues témoignent de la vie rurale et citadine à cette époque. Elles sont animées de personnages et pour quelques-unes de charmantes scènes champêtres : gardiens de troupeaux, récolte des moissons. Miniaturiste et peintre de prospects, Johan Jacob Bruun avait pour ambition d'éditer un atlas complet des villes du Danemark. Pour des raisons financières, il dut malheureusement renoncer à ce projet. Seul le tome I fut publié. Bruun avait prévu un second tome avec 88 planches mais celui-ci ne parut jamais. A sa mort, le graveur G.L. Lahde racheta les cuivres et réédita ces 50 planches avec 10 planches supplémentaires entre 1799 et 1805. La dernière planche ajoutée représente le catafalque et l'enterrement de la reine Louise en janvier 1752, et porte au verso la signature autographe de l'artiste. Rare recueil dans une magnifique reliure décorative en plein maroquin du temps.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Le détroit de Panama. Documents relatifs à la solution parfaite du problème de Panama (détroit libre, large et profond). Ces documents renferment des détails sur la solution très imparfaite adoptée par les États-Unis (canal à écluses) et sur les mauvais résultats des trois premières années de travaux du gouvernement américain.

Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. In-8 de (2) ff., 305-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de nombreux schémas et illustrations dans le texte dont 9 planches d'après des photographies, et d'une grande planche dépliante. L'auteur fut l'un des acteurs majeurs de la construction du canal de Panama: ingénieur puis entrepreneur avant la faillite de la première compagnie de Panama, actionnaire de la seconde qu'il réussit à faire racheter par les États-Unis, et enfin négociateur du traité entre le Panama nouvellement indépendant et les États-Unis pour la construction du canal. Au moment où il publia cet ouvrage, il rentra en France et critiqua la manière dont les Américains menaient les travaux. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture à Gaston Mestaye, qui fut ingénieur sur le canal de Panama. Dos passé.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

BURET (François).

Une traversée ou sensations d'un passager.

Paris, Lecointe et Pougin, 1833. In-8 de (2) ff., xi-(1 bl.)-231-(1) pp.; veau cerise, dos lisse orné en long dans le style rocaille, filet et roulette encadrant les plats, coupes et chasses ornées, tranches dorées (reliure de l'époque).

Ouvrage très rare relatant un voyage à l'Île Maurice et contenant un manuel des termes de marine à l'usage des passagers. [Avec, relié à la suite:] - Un tirage d'épreuve avec des corrections manuscrites de la préface et de la fin du chapitre 14 et un chapitre 15 qui n'a pas été conservé dans l'édition définitive. - Voyage de Bordeaux à Pauillac sur le bateau à vapeur la Marie-Thérèse. Bordeaux, Lavigne jeune, sans date. 8 pp. Pièce en vers attribuée François Buret d'après une note manuscrite en début de volume. - Réflexions sur les contributions indirectes relatives aux boissons. Par un propriétaire placé entre le Médoc et le Blayais. Bordeaux, Lavigne jeune, 1829. 15 pp., signé F. D. B. Bel exemplaire. Envoi autographe de l'auteur à son fils Paul Buret, élève de la marine. Rousseurs au premier ouvrage.

BURGUES de MISSIESSY (Édouard-Thomas).

Arrimage des vaisseaux, publié par ordre du Roi, sous le ministère de M. le comte de La Luzerne, ministre et secrétaire d'État, ayant le département de la Marine et des Colonies.

Paris, Imprimerie Royale, 1789. In-4 de (2) ff., 152 pp.; demi-veau moucheté à petits coins de vélin, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 6 planches gravées dépliantes. Le sujet de cet ouvrage n'est pas si anecdotique qu'il paraît l'être, il est même très important. En effet, l'arrimage d'un navire ayant des conséquences importantes sur sa stabilité et sa gouvernabilité, il est important de bien répartir les charges à l'intérieur du vaisseau, de façon à ce que la distribution des marchandises composant sa charge lui procure la plus grande stabilité. Ceci est également vrai pour les vivres, dont la consommation par l'équipage tout au long du voyage réduit la charge, mais ne doit pas en modifier l'équilibre général. Bel exemplaire. Polak, 1320.

BURNES (Alexandre).

Voyages de l'embouchure de l'Indus à Lahor, Caboul, Balkh et à Boukhara, et retour par la Perse, pendant les années 1831, 1832 et 1833.

Paris, Arthus Bertrand, 1835. 3 volumes de texte in-8 de (2) ff., XI, 354 pp. — (2) ff., VIII, 375 pp. — (2) ff., 392 pp., dont un atlas ; demi-maroquin vert, dos lisses ornés de petits bateaux, tranches paille (reliure de l'époque).

Édition originale de la traduction française. L'atlas est illustré d'une carte et de 11 planches gravées (costume, type, médailles, vues). En 1830, Burnes fut chargé d'une expédition dans l'intérieur de l'Asie, durant laquelle il traversa le Punjab jusqu'à l'Indus et s'avança par le Peshawur jusqu'à Caboul où il fut accueilli par le rajah Dost-mahomed. Il se rendit ensuite à Balk et à Bokhara, franchit la frontière occidentale de la Perse, visita les villes de Téhéran, Ispahan et Schiraz et embarqua à Bushire pour l'Inde. Nommé lieutenant-colonel en 1836, Burnes est un des hommes qui a le plus contribué à l'établissement de la domination anglaise dans l'Inde et un des premiers voyageurs à avoir parcouru l'intérieur du continent asiatique. Magnifique exemplaire dans une reliure décorative. Quelques rousseurs. Chadenat, 4227. — Hage Chahine, 720. — Wilson, 35 (pour l'édition anglaise de 1835).

CAMBODGE — BONNIGAL (Paul).

Vue d'un temple à Phnom Penh.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (65 x 51 cm).

Magnifique vue d'un temple situé à Phnom Penh. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Devenue capitale du royaume du Cambodge à l'époque de l'Indochine française, Phnom Penh était surnommée "la Perle de l'Asie" dans les années 1920. Très belle et spectaculaire aquarelle.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CHARDON (Daniel-Marc-Antoine).

Essai sur la colonie de Sainte-Lucie. Par un ancien intendant de cette Isle. Suivi de trois mémoires interessans, deux concernant les Jésuites, et le troisième le général d'Oxat.

Neuchâtel, Société Typographique, 1779. In-8 de (1) f., ij-254 pp. ; veau marbré, dos lisse orné en long, armes en pied du dos, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées de rouge (reliure de l'époque).

"Ouvrage peu connu" (Leclerc). Les deux mémoires sur les Jésuites sont relatifs aux jésuites de la Martinique, et sont signés Petrel. Le troisième est une histoire de Nicolas d'Oxat, général suisse, de religion protestante, au service de Charles VI, qui fut condamné à mort et exécuté après avoir été rendu responsables de la perte de Nissa, lors de la campagne de 1737 contre les Turcs. [Relié avec :] KLEEMAN (Nicolas-Ernest). Voyage de Vienne à Belgrade et à Kilianova, dans le pays des Tartares Budziacs et Nogais dans la Crimée, et de Kaffa à Contantinople, au travers de la mer Noire; avec le retour à Vienne, par Trieste. Fait dans les années 1768, 1769 & 1770. On y a joint la description des choses les plus remarquables concernant la Crimée. Neuchatel, Société Typographique, 1780. (1) f., 246 pp. Première traduction française. Ce voyage a été fait avant la conquête de la Crimée par les Russes. La "Petite-Tartarie" avait un souverain particulier, tributaire de la Porte. Bel exemplaire aux armes de Jean Lemulier de Bressey, conseiller au Parlement de bourgogne. OHR, 1221-1. Ñ Leclerc, 1440. Ñ Sabin, 12017. Ñ Atabey, 632. Ñ Weber, II, 562. Ñ Boucher de La Richarderie, II-171. Ñ Cioranescu, 18 s., 53202.

CHARLEVOIX (Pierre-François-Xavier de).

Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon. Où l'on voit les différenres révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle.

Rouen, Jacques Joseph Le Boullenger, 1715. 3 volumes petit in-12 de (22) ff., 337-(25) pp. — (1) f., 398-(34) pp. — (1) f., 460-(22) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Première édition, rare. Premier ouvrage du père Charlevoix dans lequel il retrace l'histoire du christiannisme au Japon. Il s'inspira de l'ouvrage du père Jean Crasset, Histoire de l'église au Japon, publié en 1689, qu'il abrégea, compléta de notes sur les us et coutumes, les costumes des habitants, la situation politique du Japon, sa topographie et son histoire naturelle, jusqu'en 1715. Cet ouvrage est différent de l'Histoire et description générale du Japon, qu'il publia en 1737. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit des Frères des écoles Chrétienne de Reims, et cachet de congrégation sur les titres. Brunet, II, 1806. — Cordier, BJ, 421. — Sommervogel, II, 1075.

CHASSERIAU (Frédéric).

M. le vice-amiral Lalande [titre au dos de la reliure].

1844. Manuscrit autographe, avec ratures et corrections. Petit in-folio (32,3 x 21 cm) de (6) ff.; demi-percaline rose, plats de papier marbré, titre doré au dos (reliure fin XIXe ou début XXe, signée Franz).

Minute autographe, de la main de Chassériau, du discours prononcé par le baron de Mackau, ministre de la Marine et des Colonies, aux obsèques du vice-amiral Lalande, décédé le 19 mai 1844. Il retrace les principales étapes de la carrière du marin. Né au Mans en 1787, Julien Pierre Lalande entra dans la Marine en 1803 : "[Il] se distingua dans le combat acharné à la suite duquel les frégates l'Italienne, la Calypso & la Cybèle, capitaines Jurien, Jacob & Cocault, attaqués le 24 février 1809 dans la rade des Sables-d'Olonne, se firent abandonner par une division anglaise de 3 vaisseaux, 2 frégates & 1 corvette aux ordres du vice-amiral Stopford…" (f. 3). Il est ensuite question de sa campagne aux Antilles en 1814, puis de son activité de 1822 à 1843, lorsqu'il commanda des divisions navales ou des escadres. Elu député, Lalande continua à s'intéresser aux intérêts de la Marine et resta fidèle au Roi. Frère du peintre Théodore Chassériau, Frédéric Victor Charles Chassériau (1807-1881) était à l'époque chef de cabinet du ministre de la Marine et des Colonies. Partisan de l'émancipation des esclaves, il écrivit un Précis de l'abolition de l'esclavage dans les colonies anglaises (1840-1841), ainsi que plusieurs ouvrages sur l'histoire et l'organisation de la Marine. Il est aussi l'auteur de nombreux articles biographiques sur des marins célèbres. Ses travaux lui valurent le titre d'historiographe de la Marine. Le manuscrit fut relié par Franz Ostermann, relieur d'origine alsacienne établi à Paris après 1870. Connu sous le nom de Franz, il exerça de 1872 jusqu'à son décès en 1938, ayant eu Edmond About et Francisque Sarcey parmi ses clients (Fléty, Dictionnaire des relieurs, p. 138). Qq. légères rousseurs. Provenance : Baron Arthur Chassériau (1850-1934), dont le père était le cousin germain de Frédéric Chassériau, avec son ex-libris armorié (Jougla de Morenas, Grand armorial de France, t. II, p. 404, n° 8668).

CLOUE (Georges-Charles).

Renseignements hydrographiques sur la mer d'Azof. Complétés à l'aide de quelques notes dues à plusieurs officiers de marine et à MM. Ploix et Manen.

Paris Firmin Didot 1856. In-8 de (2) ff., 76-(1) pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Seule édition de ce ouvrage. Elle est illustrée de nombreux profils de côtes dans le texte et de 8 cartes dépliantes. En 1854-1855, au terme des campagnes de la Baltique et de Crimée, auxquelles il participa, Cloué fut promu capitaine de frégate.Ses relevés hydrographiques permirent la prise du fort de Kimburn. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au conseiller d'état directeur du personnel de la marine (envoi en partie biffé). Polak, 1796.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

COCHIN (Augustin).

L'Espagne et l'esclavage dans les îles de Cuba et de Porto-Rico.

Paris, J. Claye, 1869. In-8 de 29-(3 bl.) pp.; broché, couverture orangée imprimée, non rogné.

Tiré à part d'un article paru dans la Revue des deux mondes du 1er mai 1869. Après avoir publié, en 1861, un ouvrage historique sur l'abolition de l'esclavage, l'auteur s'attache, dans cette brochure, à analyser la situation dans les colonies espagnoles, parmi les dernières à n'avoir pas encore aboli l'esclavage, et au moment où Cuba était en pleine insurrection. Bel exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Sabin, 14067.

CONSIDÉRANT (Victor).

Au Texas.

Paris, Librairie Phalanstérienne, 1854. In-8 de (2) ff., 194, 4 pp. ; cartonnage rouge, dos lisse (reliure de l'époque).

Édition originale très rare ; elle ne fut adressée qu'à des amis de l'auteur. L'illustration se compose d'une carte gravée du Texas d'après Colton et d'une carte des États-Unis. Adepte du socialisme utopique de Fourier, Considérant partit en 1852 pour l'Amérique du Nord où il voulait fonder des phalanstères, habitation de la commune sociétaire régie par le système de Fourier. Après avoir visité les villes de New York, Boston, Buffalo, il remonta la rivière Rouge au Texas et traversa les prairies osages, peuplées d'Indiens. Duran deux mois, Considérant explora le Texas de la rivière Rouge à la rivière Brazos et de la Trinité à Austin City. Il visita aussi la baie de Galveston, la Nouvelle-Orléans et revint en France en Août 1853. Bon exemplaire dans sa première reliure. Rousseurs éparses, coins usés. Jenkins, Basic Texas Books, 33. — Numa Broc, Amérique, 88. — Sabin, 15925.

COULANGE (de).

Saint-Germain en Laye pittoresque et ses environs.

Saint-Germain-en-Laye, Payer et Paul, 1875-1876. Grand in-4; demi-percaline verte, dos lisse orné de filets (reliure de l'époque).

Rare recueil comprenant un titre et 30 planches lithographiées d'après les dessins de Coulange, dont 20 à fond teinté et 7 sur papier de couleurs, représentant les principaux monuments de Saint-Germain-en-Laye (12 vues), ainsi que des vues de Mareil-Marly, Mesnil-le-Roi, Fourqueux, Marly-le-Roi (2), Poissy, Le Vésinet (2), Chambourcy, Port-Marly, Croissy, aqueduc de Marly, Chatou, Louveciennes, Bougival, Les Loges, Sartrouville, et L'Etang-la-Ville. Chaque planche est accompagnée d'un feuillet de texte explicatif. Bel exemplaire.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DESEINE (François-Jacques).

Rome moderne, première ville de l'Europe, avec toutes ses magnificences et ses délices.

Leyde, Pierre Vander Aa, 1713. 6 volumes in-12 à pagination continue de 14) ff., 298 pp. — (2) ff., pp. 299 à 549 — (2) ff., pp. 551 à 806 — (2) ff., pp. 807 à 1098, 1098-1 à 1098-48 — (2) ff., 1099 à 1426 — (2) ff., 1427 à 1738, (20) pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, pièces de possession de maroquin noir, chiffre BB sur les entrenerfs, filets encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Deuxième édition, considérablement augmentée, et la première avec des illustrations. Elle comprend un frontispice sur double page, un feuillet de dédicace sur double page, une carte d'Italie dépliante, un grand plan de Rome dépliant, 28 planches dont 25 dépliantes, et 75 planches sur 71 feuillets compris dans la pagination (soit 4 planches recto/verso). Bel exemplaire dans une élégante reliure au chiffre et frappée de la marque de la Bibliothèque Bignon. L'abbé Jean-Paul Bignon (1662-1743) fut bibliothécaire et intendant du cabinet des médailles du Roi. O.H.R., 870.

DESNOS (Louis-Charles).

Etrennes utiles et nécessaires aux commerçans et voyageurs ou Indicateur fidèle enseignant toutes les routes royales et particulières de la France, et les chemins de communication qui traversent les grandes routes : les villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux, abbayes, hôtelleries, rivières, bois et les limites de chaque province, distinguées.

Paris, chez le S. Desnos, 1773. In-16 de 176 pp. (dont 20 de texte) ; maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons aux angles, dentelle intérieure, filet doré sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un frontispice et d'un titre gravés, de 3 cartes gravées à double page, et de 156 cartes détaillées des routes de France gravées recto verso. Les cartes à double page sont : Carte générale des routes de France, Environs de Paris et une carte ajoutée non numérotée portant le titre Environs de Dijon. Précieux ouvrage de cartographie routière "Rendu si complet, tant pour le détail topographique, que pour l'exécution, que les amateurs y trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer". ìditeur parisien de la seconde moitié du dix-huitième siècle, Louis-Charles Desnos était "libraire et ingénieur géographe pour les globes et les sphères de Sa Majesté Danoise". Comme éditeur, il publia entre 1764 et 1786 une série d'atlas thématiques, et travailla notamment avec Brion de la Tour. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la page de titre de Le Baillif. Grand-Carteret, Les Almanachs Français, 581 (édition de 1777) ; Shirley, Maps in the Atlases of the British Library, I, T.DESN-5a.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU BOIS-AYMÉ (Jean-Marie-Joseph-Aimé Dubois dit).

Mémoire sur les tribus arabes des déserts de l'Égypte.

Livourne, Jean Marenigh, 1814. In-8 de 90-(2 bl.) pp.; demi-veau fauve, dos lisse orné de filets, pièce de titre de maroquin rouge, non rogné (reliure à l'imitation).

[Suivi de:] Mémoire sur la ville et la vallée Deqoçeir et sur les peuples [sic] nomades qui habitent cette partie de l'ancienne troglodityque. 40 pp. Mémoire sur les anciennes limites de la mer Rouge. 16 pp. Réunion de trois des six Mémoires sur l'Égypte, tirés à petit nombres, et qui avaient été publiées dans la Description de l'Égypte à la section état moderne. Elève de l'école Polytechnique, Jean-Marie Dubois fit partie de l'expédition d'Égypte durant laquelle il fut nommé ingénieur des Pont et chaussées. Il participa à plusieurs mission pour étudier la mer Rouge, le régime du Nil, ou encore le système d'irrigation. De retour en France il entra dans l'administration des douanes. Bel exemplaire à très grandes marges. Gay, 2011. — Quérard, II, 606.

DUMORIER (Joseph-Pierre).

Sur les troubles des colonies, et l'unique moyen d'assurer la tranquilité, la prospérité et la fidélité de ces dépendances de l'Empire. En réfutation des deux discours de M. Brissot, des 1er et3 décembre 1791.

Paris, Didot jeune, décembre 1791. Petit in-8 de (1) f., 60 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Commissaire civil de tous les établissements coloniaux français situés au delà du cap de Bonne-Espérance, l'auteur revient sur l'histoire des conséquences de la Révolution Française dans les colonies où elle provoqua troubles et rébellion. Il conclut en demandant à l'Assemblée de ne plus statuer sur les colonies, en accord avec le décret du 24 septembre qui donne aux Conseils Coloniaux le pouvoir de légiférer sur les affaires intérieures des colonies. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.

DUPUCH (Élie-Louis).

Précis historique des troubles survenus à la Guadeloupe depuis l'arrivée des commissaires du roi à la Martinique.

Paris, Imprimerie Nationale, 1792. In-8 de (1) f., 47 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Rare brochure décrivant les événements survenus à la Guadeloupe au début de la Révolution. Élie-Louis Dupuch fut notaire à Basse-Terre de 1781 à 1790, date à laquelle il fut envoyé à Paris par la commune de Basse-Terre pour y rendre compte des troubles survenus dans l'île. Dans son compte-rendu, il prit parti contre le gouverneur et contre les décisions de l'Assemblée Coloniale. Bon exemplaire. Certains feuillets courts de marge sans atteinte au texte, petite mouillure marginale aux derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DÉMEUNIER (Jean-Nicolas, comte).

L'esprit des usages et des coutumes des différens peuples, où observations tirées des voyageurs & des historiens.

Londres, et se trouve à Paris, Pissot, 1776. 3 volumes in-8 de xvj-415 pp. — viij-365 pp. — viij-336 pp.; veau marbré, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Dans cet ouvrage, l'auteur propose un rapprochement des mœurs, usages, coutumes et loix des différents peuples. Il les a classés en différents chapitres qui sont: aliments et repas; femmes; mariage; naissance; chefs et souverain; la guerre; des distinction; esclavage et servitude; beauté et parure; pudeur, chasteté et continence; superstitions; société ou usages domestiques; lois pénales; les épreuves. (par le feu ou l'eau, le duel); supplices; homicides; maladie, médecine et mort; obsèques. Le comte Démeunier était un homme politique français, auteur de plusieurs essais historiques et de nombreuses traductions de livres de voyages anglais (troisième voyage de Cook, Rickman Forrest, voyages de Vancouver). Il fut l'un des principaux défenseurs de la cause américaine en France. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur les titres Petit-Thouar. Cioranescu, XVIIIe siècle, 22932.

EBERSTEINS (Harijs).

Portrait d'une antillaise en robe traditionnelle.

1947. Huile sur toile signée en haut à droite (38 46,5 cm), encadrement.

Harijs Ebersteins (1906-1964) était un peintre de portrait né en Lettonie à Riga. Il se spécialisa dans la représentation de femme de la haute société. Bel exemplaire.

ELISSEEFF (S.). — IACOVLEFF (Alexandre).

Le théatre japonais (kabuki).

Paris, Jules Meynial, 1933. In-folio de (2) ff., 94-(5) pp., broché, couverture imprimée, illustrée et rempliée.

Première édition de l'un des plus beaux ouvrages jamais publiés sur l'art théâtral japonais. L'illustration de Iacovleff se compose de 48 dessins dans le texte et de 32 planches en noir et en sépia, tirées en héliogravure. Elles représentent, avec un très grand réalisme, les acteurs, les scènes et les mouvements caractéristiques du théâtre Kabuki, qu'il observa probablement durant son séjour de six mois au Japon en 1917. Tirage à 500 exemplaires sur Arches. Très bel exemplaire parfaitement conservé.

ETON (William).

Tableau historique, politique, et moderne de l'empire ottoman.

Paris, Tavernier, an VII [1799]. 2 tomes reliés en un volume in-8 de (2) ff., iv-xxij-352 pp., (2) ff., 320 pp.; veau marbré, dos lisse orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes ornées, tranches jaunes mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais par J. E. Lefèvre. À travers ce portrait de l'Empire Ottoman, William Eton, diplomate anglais, entendait démontrer que la Grande-Bretagne, alliée aux Russes, devait s'opposer par tous les moyens aux Turcs, pour les chasser d'Europe, libérer la Grèce, et assurer ainsi l'influence de son pays en Méditerranée. Mais son ouvrage ayant paru au moment de l'expédition d'Égypte, la Turquie devint l'alliée de la Grande-Bretagne au sein de la deuxième coalition contre la France révolutionnaire. Bel exemplaire. Atabey, 410. — Blackmer, 558 (édition anglaise). — Monglond, IV, 1033. — Weber, II, 792.