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Adresse de l'Assemblée Provinciale de la partie du nord de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale.

Paris, imprimerie de Demonville, 1790. In-8 de 23 pp., cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Les membres de l'Assemblée Provinciale dénoncent les décisions de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue de s'ériger en "corps législatif en ce qui concerne le régime intérieur", c'est à dire décider et voter les lois de la colonie, alors qu'elle n'a qu'un droit de proposition. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4382. — Inconnu de Ryckebusch et de Sabin.

Americana.

Paris, librairie Dufossé, 1876-1879. 10 volumes in-8; percaline verte (pour les trois premier), percaline rouge pour les autres, titre en lettres dorées sur le premier plat (reliure de l'éditeur).

Rare réunion de catalogues de la librairie Dufossé consacrés à l'Amérique. Le catalogue de la librairie, prévu à l'origine comme un bulletin trimestriel, et uniquement consacré au continent américain, sera en fait publié de façon irrégulière, étendu au reste du monde, et le titre subira quelques variations: - 1ère année. Americana. Bulletin bibliographique trimestriel des livres relatifs à l'Amérique. N° 1 (1er trimestre 1876); N° 2 (2ème trimestre 1876); N° 3-4 (3ème et 4ème trimestres 1876). - 2ère année. Americana. Bulletin bibliographique trimestriel des livres relatifs à l'Amérique & aux colonies. N° 1 (1er trimestre 1877); N° 2,3,4 (parus en avril 1878). - 3ème année. Americana. Catalogue de livres anciens et modernes de cartes, de portraits & d'autographes relatifs à l'Amérique & aux colonies, Océanie, Afrique, Asie. 1879. - 3ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial, et de l'amateur de livres relatif à l'Asie, à l'Afrique, à l'Océanie et au nord de l'Europe. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8-12. - 4ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. N°1, 2, 3, 4-12. - 6ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7-12. - 7ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7-12. - 8ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6-12. - 9ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. 1892. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7-12. - 10ème série. Americana. Bulletin du bouquiniste américain et colonial. N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7-12. En 1901, la librairie Dufossé fut racheté par Charles Chadenat qui continua l'activité encore quelque temps. Bon exemplaire. Coiffes émoussées, un dos passé, petits frottements épars.

Aperçu historique, statistique et topographique sur l'état d'Alger.

Paris, Ch. Picquet, 1830. In-12 de viij-238 pp., et un atlas in-folio oblong ; demi-veau fauve, dos lisses ornés, pièces de titre noires, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et augmentée de 20 pages et de 4 cartes et 5 lithographies dans l'atlas. L'atlas contient 7 cartes ou plans gravés, dont 6 dépliants (2 sont d'après les relevés du capitaine Boutin) et de 14 planches lithographiées, dont plusieurs issues de la collection du colonel Rottiers représentant des vues et des costumes. Ouvrage publié par le Dépôt Général de la Guerre à l'usage de l'armée expéditionnaire d'Afrique, qui quitta le port de Toulon le 25 mai 1830, en direction d'Alger. Il fut rédigé par le géographe Charles Picquet, en grande partie d'après le rapport du capitaine Boutin, envoyé en mission d'espionnage, en 1808, dans la régence d'Alger; c'est en grande partie sur ses plans que l'armée française s'emparera d'Alger le 5 juin 1830. Le texte comprend une partie historique qui est un résumé des principales expéditions dirigées par diverses nation européennes contre l'Afrique du nord, depuis la fin du XVe siècle. La deuxième partie est une description du pays, et la troisième un exposé de son organisation militaire. Bon exemplaire. Manque la page de titre de l'atlas. Gay, 852 (première édition).

Approvisionnemens de St. Domingue. Réponse des députés des manufactures et du commerce de France, aux motions de MM. De Cocherel & Raynaud, députés de l'isle de St. Somingue à l'Assemblée Nationale.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de (1) f., 55 pp.; cartonnage à la bradel de papier marbré vert, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Réponse datée du 24 septembre 1789 et signée par 21 députés des ports de Marseille, Bayonne, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Lorient, Le Havre, Rouen, Dieppe, Amiens et Dunkerque qui y dénoncent les arguments avancés par les colons de Saint-Domingue pour ouvrir la colonie au commerce des blés. Bon exemplaire. Tache brune dans la marge en fin de volume. Inconnu de Max Bissainthe, de Monglond et de Sabin.

Catalogue des cartes géographiques, topographiques & marines de la bibliothèque du prince Alexandre Labanoff de Rostoff, à Saint-Pétersbourg.

Paris, Firmin Didot, 1823. In-8, maroquin rouge, dos à nerfs richement orné, filets en encadrement et fleurons aux angles des plats, plat recouvert de papier bleu postérieur, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Ouvrage publié à compte d'auteur, tiré à 340 exemplaires non mis dans le commerce. Ce catalogue fut rédigé par Charles Picquet et le prince Alexandre Labonov-Rostovski (1788-1866), diplomate russe. Bel exemplaire dnas une élégante reliure de l'époque. Il est enrichi d'une lettre manuscrite avec ex-dono, de la part du prince à M. Coulon, avocat lyonnais, membre de la société des bibliophiles français, et un ex-dono manuscrit de M. Chastel aîné à M. Laurent de Dignoscyo, inspecteur des domaines des hôpitaux civils de Lyon, avec ex-libris de ce dernier.

Comptes généraux de la Martinique, depuis le 9 décembre 1814, jusqu'au 31 décembre 1816.

Paris, J. L. Scherff, 1817. In-4 à pagination multiple; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Ouvrage composé de 2 tableaux dépliants. Ces comptes furent vérifiés par une Commission créée par le gouverneur, le comte Pierre de Vaugiraud. Nommé en décembre 1814, il fut chargé de remettre de l'ordre dans les comptes publics qui se trouvaient en grand désordre après l'occupation anglaise. Dans ces comptes, outre la vérification des comptes royaux et municipaux, on trouve celle des fees (une taxe anglaise), celle de la caisse des curateurs des successions vacantes, et celle de la régie des biens des déportés et des absents. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Conquête de l'isle de Minorque par les Français, ou journal historique de cette expédition par mer & par terre.

1756. In-12 de (2) ff., vij-(1 bl.)-180 pp.; demi-veau havane, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouge mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage attribué à François Morénas par La France Littéraire, et à Pierre-Laurent Buirette de Belloy par Barbier. [Suivi de :] - Lettre d'un négociant à un milord, dans laquelle on considère, sans partialité, l'importance de l'île Minorque, & de Port-Mahon; avec l'historique & une description abrégé de l'une & de l'autre. S.l., 1756. (2) ff., 63 pp. Traduction, par Guillaume Mazéas, de l'ouvrage anglais The importance of the island of Minorca..., publié la même année à Londres. - [FORBONNAIS (François Véron Duvergne de)]. Essai sur l'admission des navires neutres dans nos colonies. S.l., 1755. 107 pp. En 1755, au début de la guerre de Sept ans, l'Angleterre ouvrit les hostilités sans déclaration de guerre et captura de nombreux navires français. La marine française ne pouvant plus assurer le service des colonies dont elle avait le monopole, l'auteur proposa, pour remédier à ce problème, d'ouvrir les ports aux navires des nations n'ayant pas pris part à la guerre. - Nouvelle de Minorque. Compiègne, Louis Bertrand, 1757. 16 pp. - Lettre d'un Mahonois à un Anglois. S.l., 1756. 47 pp. - Lettre d'un grenadier à sa maitresse sur la prise du fort S. Philipp. S.l., 1756. 12 pp. Bel exemplaire.

De la nécessité de différer l'expédition de Saint-Domingue. Par Mr. T. O***.

Paris, L. G. Michaud, 1814. In-8 de 62-(2 bl.) pp.; broché, couverture bleue muette de l'époque.

Au moment de la première restauration, plusieurs anciens colons de Saint-Domingue réclamaient la mise sur pied d'une expédition pour récupérer la colonie perdue. L'auteur estimait qu'il ne fallait pas se précipiter, alors que le congrès de Vienne n'était pas terminé, que les puissances alliées n'avaient pas pris de position sur l'esclavage ni sur la traite, et surtout tant que l'on ne connaissait pas la situation sur place. Bel exemplaire. Sabin, 26369.

Des castes indiennes.

Karical , 11 avril 1773. In-4 (24 x 18,5 cm) de (23) pp.; broché, couverture bleue de l'époque.

Manuscrit du XVIII°siècle. Manuscrit à l'encre noire, très lisible. Intéressante étude sur l'organisation de la société indienne, probablement rédigée par un missionnaire chargé de rendre compte, auprès d'un supérieur, des obstacles que le christianisme rencontrait en Inde. Elle a été rédigée à Karikal, l'un des cinq établissements français de l'Inde, situé sur la côte de Coromandel, à 140 km au sud de Pondichéry. L'auteur (ou les auteurs) commence par préciser que, vivant en Inde depuis plusieurs années, et parlant et lisant plusieurs langues locales, il se trouve à même d’expliquer ce que sont réellement les castes indiennes sur lesquelles les Européens sont très mal informés. Après une présentation générale des quatre castes principales (Brâhmanes ou prêtres, Rajas ou princes, Veichies ou marchands et Souddres), avec les usages liés aux différences régionales et linguistiques, l'auteur examine plus particulièrement deux aspects qui semblent le vrai motif de ce mémoire. I. Si les Indiens sont frivoles ou puériles. Non, et d’ailleurs leurs propres coutumes leurs paraissent bien moins étranges que celles qu'ils voient aux Européens présent aux Indes. II. Si les coutumes des Indiens sont superstitieuses. Oui, les Indiens ont des pratiques superstitieuses, mais tout ce qui est coutume n'est pas superstition. Et, à ce sujet, l'auteur aborde la question des Parias. Il justifie le fait que les parias chrétiens sont mis à part dans les églises pour éviter que les autres Indiens convertis ne soient considérés comme déchus de leur caste et exclus du reste de la société. En conclusion l'auteur plaide pour le respect du système des castes qui ne doit relever que du pouvoir politique. Ainsi, les obstacles à la diffusion du christianisme seront levés. Couverture légèrement écornée, petites traces de maniement sur les premiers feuillets.

Discours prononcé à l'Assemblée Nationale, le 2 octobre 1790, au nom de l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue.

Paris, Didot fils aîné, 1790. In-8 de 34 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, picèce de titre de maroquin vert au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Discours en forme de justification prononcé par un membre de l'Assemblée Générale de Saint-Domingue, dans lequel il retrace les premiers troubles survenus dans l'île, depuis l'annonce de la révolution jusqu'à leur départ en juillet 1790. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5497. — Manque à Sabin.

Déclaration du roi, concernant la course sur les ennemis de l'état.

Paris, P. G. Simon, 1778. In-4 de 15 pp.; en feuilles, non rogné.

Déclaration donnée à Versailles le 24 juin 1778 qui réactualise l'ordonnance de 1691. En janvier 1778, la France signa un traité d'alliance avec les colons américains en guerre contre l'Angleterre. Le roi accorda alors toutes sortes de facilités aux armateurs qui souhaitaient armer des navires pour mener la guerre de course contre les navires anglais. Bon exemplaire. Inconnu de Polak.

Extrait des procès-verbaux de l'Assemblée Nationale, relativement à l'état des personnes dans les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 12 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Textes et exposés des motifs des décrets des 13 et 15 mai 1791 qui abandonnaient les décisions relatives au sort des "personnes non-libres" et de "l'état politique des gens de couleur" aux assemblées coloniales. Bon exemplaire. Ryckebusch, 3105.

Faits et idées sur Saint-Domingue, relativement à la révolution actuelle.

Paris, Séguy-Thiboust, 1789. In-4 de 40 pp.

Réunion de plusieurs textes et documents sur les conséquences de la réunion des Etats-généraux à Saint-Domingue : Un rappel des événements depuis l'annonce de la convocation des États-généraux; une protestation contre la décision de ne pas autoriser l'envoi de députés des colonies aux États-généraux; une réflexion sur les travaux de la société correspondante des colons français assemblés à Paris; une proposition de constitution pour Saint-Domingue; ou encore un tableau de la population blanche. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5734. — Monglond, I, 232. — Inconnu de Sabin.

Historia de la isla de Santo Domingo, continuada hasta los ultimos acontecimientos durante la insurreccion de los xefes negros, especialmente en el ano 1800 (VIII de la republica francesca) y siguientes hasta el presente de 1806. Por D. V. A. E. P.

Madrid, imprenta de Villalpando, 1806. Petit in-8 de (1) f., 270 pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre tabac, tranches jaunes (reliure de l'époque).

Première et seule édition, rare. L'ouvrage relate l'histoire de l'île de Saint-Domingue et plus particulièrement la révolte des esclaves, l'expédition de Saint-Domingue du général Leclerc, et la proclamation de l'indépendance d'Haïti. Bel exemplaire. Palau, 115191.

Inauguraçao do caminho de ferro do Valle do Vouga Espinho-Vizieu-Aveiro.

1908. In-folio oblong; percaline verte de l'éditeur, titre en lettres dorées sur le premier plat.

Rare album comprenant 25 reproductions photographiques de Emilio Biel & Cie à Porto, dont 2 sur double page, montrant des vues d'ouvrages d'art et de villes traversées par la ligne de chemin de fer de la vallée de Vouga, au Portugal. La ligne relie Espinho, au sud de Porto, à Vizeu (dans la région centre), puis à Aveiro sur l'Atlantique. Elle fut construite par la Compagnie Française pour la Construction et l'Exploitation des Chemins de Fer à l'étranger, et dirigée par l'entrepreneur François Mercier, également propriétaire de la Société des chemins de fer du Centre. Rare exemplaire contenant 5 photographies supplémentaires, non répertoriées dans la liste des planches en début de volume: une autre vue de Oliveira de Azemeis, la construction d'une gare et 3 vues de la ligne de chemin de fer. Bel exemplaire. Coiffes et coins émoussés.

L'assemblée générale de la partie françoise de Saint-Domingue aux représentants de la nation.

Paris, Didot, 1790. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 octobre 1790 et signée de Bérault, président, Aimé Gaultier, vice-président, Daubonneau, Denix, Gault et d'Augy, secrétaires. Députés de l'assemblée de Saint-Marc, ils quittèrent Saint-Domingue sur le vaisseau le Léopard après que le gouverneur, Antoine de Thomassin de Peynier, les ai dispersé. Dans cette lettre, ils mettent en avant la pureté de leurs intentions tout en demandant que l'assemblée leur permettent de déposer les pièces pour leur défense et qu'elle leur communique celles de leur accusation. Bon exemplaire. Max bissainthe, 4529. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Les Américains réunis à Paris, & ci-devant composant l'Assemblée Générale de la partie françoise de Saint-Domingue, à l'Assemblée Nationale.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre adressée à l'Assemblée Nationale par les membres de l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue se trouvant à Paris. En effet, par le décret du 12 octobre 1790 l'Assemblée Nationale avait mis fin a cette "assemblée générale séante à Saint-Marc", déclaré ses décrets "nuls & incapables de recevoir aucune exécution" et déchus les membres de cette assemblée de leur statut de député avant de décider ultérieurement de leur sort. Cette échéance arriva en ce début d'année 1791 et les membres déchus de l'Assemblée Coloniale cherchent, dans cette lettre, à convaincre de la pureté de leurs intentions. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4434. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Lettre des colons résidens à St-Domingue.

1788. In-8 de 15 pp.; cartonnage papier marbré, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Rare lettre collective d'environ 3000 propriétaires et planteurs de Saint-Domingue, dans laquelle ils demandent au roi Louis XVI de pouvoir être représenté à l'assemblée des états généraux dont ils ont apprit la convocation, et surtout expriment leur volonté de se gouverner eux-mêmes. Bon exemplaire portant la mention manuscrite "certifié véritable, commissaire rapporteur, M. De Gouy". Max Bissainthe, 6633. — Manque à Ryckebusch et à Sabin.

Lettre et déclaration des députés de Saint-Domingue à l'Assemblée Nationale, adressée à leurs commettans.

1790. In-8 de 7 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 9 août 1790 et signée par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, de Chabanon, Jean-François Reynaud de Villeverd, René-Armand Le Vasseur de Villeblanches, dans laquelle ils rendent compte des démarches effectuées contre le ministre de la marine et des colonies César-Henri de La Luzerne. En effet, ils constituèrent un dossier contre ce dernier et le déposèrent au Comité des Rapports de l'Assemblée Nationale "sous la clause bien expresse de ne donner copie à M. de la Luzerne que des articles qui le concernoient en bien ou en mal, et non des autres passages qui pouvoient compromettre des colons, des citoyens, le salut de la colonie, en un mot le secret de nos commettans". Par la suite, ils durent avertir leurs mandants que le ministre avait exigé, et obtenu, la communication de l'intégralité des pièces du dossier. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6654. — Inconnu de Sabin et de Monglond.

Livre d'heures.

Tours, Mame, 1855. In-18 de (2) ff., 608 pp.;maroquin rouge, dos à nerfs orné, large dentelle aux petits fers encadrant les plats, chiffre RR sous couronne fermée sur les plats, coupes filetées, encadrement intérieur, tranches dorées (reliure de l'époque de Petit successeur de Simier).

Ouvrage comprenant un titre en chromolithographie et 4 planches gravées. Impression sur deux colonnes avec encadrement gravé à chaque page. D'après une note manuscrite encollée sur les gardes et datée de 1874, cet exemplaire est celui du prince Rakoto, roi de Madagascar de 1861 à 1863 sous le nom de Radama II. Puis le volume a appartenu à Joseph Lambert, puis à sa sœur. Joseph Lambert fut l'un des rares Européens, avec Jean Laborde premier consul de France à Madagascar, à être admis à la cour de la reine Ranavalona I°. Sous le règne de Radama II, il conclut la "Charte Lambert" lui procurant un droit d'exploitation exclusif de toute la partie nord de l'île. Par la suite, ce monopole fut utilisée par la France et débouchera sur l'annexion de Madagascar en tant que colonie. Après la mort de Radama II, Lambert partit aux Comores en 1865 où il régna comme régent de Mohéli jusqu'en 1871. Il mourut deux ans plus tard. Bon exemplaire. Quelques piqûres, charnières internes fragilisées.

Loi relative aux colonies, & particulièrement à celle de l'île Cayenne & de la Guyane françoise. Décret de l'Assemblée Nationale, du 5 juillet 1792.

Grenoble, imprimerie de J.M. Cuchet, 1792. Petit in-4 de 4 pp.; en feuilles, sans couverture.

Créée par décret du 28 mars 1790, l'assemblée coloniale de Guyane s'arrogea rapidement tous les pouvoirs, légiférant par décrets sur tous les sujets et refusant l'autorité du gouverneur au point que ce dernier quitta la colonie au début de 1791. Le 5 juillet 1792, l'Assemblée Nationale Législative décida l'envoi d'un commissaire civil "chargé de faire procéder sans délai, à la réorganisation de l'assemblée coloniale". Les dispositions prises par l'assemblée coloniale ne furent pas toutes annulée; ainsi les "jugemens rendus par les tribunaux que l'assemblée coloniale auroit substitué aux tribunaux précédements existans […] seront exécutés selon leur forme & teneur" et "sont aussi confirmés les actes par lesquels l'assemblée coloniale […] auroit affranchi, en récompense de leurs services, des nègres", mais "tous les citoyens qui auroient été exilés ou déportés sans jugement légal, sont libres de retourner dans la colonie". Le commissaire civil devait également se faire rendre compte de l'administration civile et autoriser ou annuler les actes de l'assemblée coloniale en fonction de leur conformité au droit français. Bon exemplaire.

Mexico y sus alrededores. Coleccion de monumentos, trajes y paisajes dibujados al natural y litografiados por los artistas mexicanos.

Mexico, 1855-1856. In-folio, de (1) f., 37 pp. ; demi-chagrin vert, dos à nerfs orné, plat de percaline verte, titre frappé or sur le premier, tranches dorées (reliure de l'époque).

Ouvrage traitant de la ville de Mexico et de ses environs, de ses paysages, de ses habitants et de leurs modes vestimentaires, ou encore de ses monuments. L'illustration se compose d'un titre-frontispice et de 39 planches lithographiées à deux tons, certaines en couleurs. Chaque légende est imprimée en espagnol, en anglais et en francais. Le nombre de planches varie selon les exemplaires, les préférences des propriétaires et des relieurs contribuant à ces différences. Sabin n'en indique que 18 et Colas 30. Bel exemplaire. Légères rousseurs, défauts d'usage à la reliure. Abbey, 672. — Colas, I, 547. — Leclerc, Supplément, 2864. — Lipperheide, 1624. — Mathes, Mexico on Stone, p. 30. — Palau, 167505. — Sabin, 48590.

Mémoire introductif d'instance présenté à MM. les membres du Conseil du contentieux administratif de Cochinchine dans la cause entre MM. Vandelet et Dussutour (demandeurs), et M. le gouverneur de Cochinchine (défendeur).

Saigon, C. Guilland & Martinon, 1883. In-8 de 84 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

En 1881, les négociants français Vandelet et Dussutour obtinrent du roi du Cambodge, et pour trois ans, le monopole du commerce de l'opium et de l'alcool de fabrication indigène. Mais le gouverneur de Cochinchine, désigné comme arbitre pour régler un différent entre le roi et les négociants, en profita pour ajouter de nouvelles clauses au contrat, ce qui donna lieu à de nombreuses difficultés. Bon exemplaire.

Observations d'un colon sur les inconvéniens et les dangers de séparer le département des colonies de celui de la marine.

1790. In-8 de 16 pp. ; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le 26 octobre 1790, Charles-Pierre Claret de Fleurieu fut nommé ministre de la marine, et demanda la séparation de son ministère d'avec les colonies. Un projet de décret en ce sens fut rédigé que l'auteur de ces observations contredit point à point. Bon exemplaire. Inconnu des principales bibliographies.

Plans et environs de Londres.

6 plans gravés, entoilés et pliés, placés dans un emboîtage commun en demi-maroquin rouge, dos lisse orné, armes d'Orléans en tête et chiffre LPO en pied du dos (emboîtage de l'époque).

Contient: - FADEN (W.). A new topographical map of the country in the vicinity of London. 1810. 85 x 82 cm. Contours aquarellés. - London in miniature with the surrounding villages an entire plan. Edward Mogg, 1822. 54 x 95 cm. Partiellement aquarellé. - London and Westminster in the reign of queen Elizabeth, 1563. Sans nom ni date. 41 x 107 cm. Entièrement aquarellé. - Londres avec les additions prises sur un plan de 1802. Paris, au dépôt général de la guerre, an 12 [1804]. 40 x 54 cm. - FADEN (W.). The country twenty-five miles round London. 1802. 104 x 127 cm. Partiellement aquarellé. - Cary's new and accurate plan of London and Westminster, the borough of Southwark and part adjacent. London, Cary, 1819. 82 x 153 cm. Partiellement aquarellé. Très bel exemplaire aux armes et au chiffre de Louis-Philippe d'Orléans avec ses armes et son chiffre au dos de l'emboîtage, et une étiquette à ses armes au dos de chacune des cartes. Catalogue de la vente de la bibliothèque de Louis-Philippe de 1852, n° 1390. - OHR, 2577.

Précis des vexations exercées par ordre du Ministère François, contre les habitans de Tabago et leurs créanciers anglois.

Paris de l'imprimerie du Patriote françois 1790 1 feuillet in-4 de 2 pp., broché.

Rare pamphlet contre Philippe-Rose Roume, dit de Saint-Laurent, commissaire-général et ordonnateur de Tobago, chargé par le Ministre de la Marine d'étudier les réclamations des colons de cette île. En effet, cette colonie était devenue française en 1783, et les colons anglais se plaignaient de la façon dont les articles du traité de cession étaient appliqués. Bon exemplaire. Inconnu de Sabin.

Précis sur la colonisation des bords de la Nana, à la Guyane française.

Paris, Imprimerie Nationale, 1835. In-8 de (2) ff., 70 pp.; cartonnage gris (reliure moderne).

Première édition. Rapport officiel remis à l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies, au sujet d'une tentative de colonisation par des "laboureurs européens" sur les rives de la Mana en Guyane pour y "donner un développement plus considérable à la production des denrées coloniales". Ce fut un échec, mais, en 1828, Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, proposa d'y fonder une colonie pour y élever et établir des orphelins. Le rapport relate les progrès de cet établissement jusqu'à la fin de l'année 1834. Bon exemplaire. Leclerc, II, 3455.

Question de l'abolition de l'esclavage. Documents parlementaires.

Paris, Guiraudet et Jouaust, 1840. In-8 de84 pp.; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Cet ouvrage constitue la traduction française de divers extraits des débats du parlement anglais en 1833 sur l'abolition de l'esclavage. Bon exemplaire. Mouillure angulaire en début d'ouvrage, rousseurs en fin de volume.

Rapport sur la commission établie à Tabago, fait au nom des Comités de commerce et des colonies, réunis.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 18-(2 bl.) pp.; cartonnage de papier marbré, titre en long au dos, non rogné (reliure moderne).

Rapport technique qui demandait l'abrogation d'une commission établie "sous l'ancien gouvernement" et chargée de juger les droits des créanciers des terres à Tobago, ces derniers étant contraire au traité fait avec l'Angleterre lorsque, en 1713, l'île de Tobago devint française. Bon exemplaire. Quelques piqûres sur les premiers et derniers feuillets. Inconnu de Monglond et de Sabin.

Relation d'une conspiration tramée par les Nègres, dans l'isle de S. Domingue ; défense que fait le Jésuite confesseur, aux Negres qu'on suplicie, de révéler leurs fauteurs et complices.

1758. In-12 de 8 pp.; cartonnage de papier vert muet (reliure postérieure).

Rare petite plaquette contenant des extraits d'une lettre d'un colon de Saint-Domingue, datée du 24 juin 1758, et relatant les procès et les exécutions d'esclaves accusés d'être des complices de François Mackandal. Esclave marron et meneur de plusieurs rébellions, il fut capturé, jugé et comdamné à mort en 1758. Dans les mois qui suivirent, de nombreux complices furent arrêtés puis interrogées, avec des dénionciations à la clé de sorte "qu'on en brûle quatre ou cinq tous les mois: il y a déjà eu vingt-quatre Negres ou Negresses esclaves, & trois Negres libres qui ont subi le même sort" (page 4). Bon exemplaire. Ex-libris gravé et armorié du prince Marc-Antoine Borghèse (1814-1886). Max Bissainthe, 7688.

Relation des missions et des voyages des évesques vicaires apostoliques et de leurs ecclésiastiques és années 1676 & 1677.

Paris, Charles Angot, 1680. In-8 de (8) ff., 242-(1) pp. ; veau havane moucheté, dos à nerfs orné, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Rédigé par Luc Fermanel de Favery, cet ouvrage relate l'état de la mission au Siam des pères des Missions Etrangères de Paris. Il concerne les années 1676 et 1677, alors que la mission y était implantée depuis une vingtaine d'années. Il retrace une visite du père de Beryte au père Vachet en Cochinchine, la persécution de l'année 1676, et l'arrivée des pères Le Roux et Paumard. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit de l'époque du couvent de la Visitation Ste Marie du Mans. Coins frottés, un mors fendu sur 3 cm. Cordier, BI, 826.

Réplique des députés des manufactures & du commerce de France à MM. les députés de Saint-Domingue, concernant l'approvisionnement des colonies.

Versailles, Imprimerie de Ph.-D. Pierres, 1789. In-8 de 20 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin brun avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre signée par 23 députés défendant les intérêts des marchands des ports de France, dans laquelle ils s'opposent à l'ouverture des ports de Saint-Domingue pour le commerce avec les navires étrangers, et contestent l'exactitude des chiffres avancés par les députés pour la promouvoir. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7708. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

Réponse au mémoire justificatif de l'administration de M. de Vioménil à la Martinique.

1790. In-4 de (1) f., 26 pp., broché.

Première édition. Elle est signée Arnaud de Corio et Ruste, députés de la ville de Saint-Pierre, et de plusieurs paroisses de la Martinique. Elle donne le point de vue des colons de la ville de Saint-Pierre, partisans de la Révolution, contre "l'administration aristocrique de M. de Vioménil", qui "se flatte que la révolution ne sera pas opérée" car "il y a à Saint-Pierre, & dans toutes les autres colonies, des gens vendus aux Anglois pour y semer l'esprit de révolte". Antoine-Charles Du Houx de Vioménil fut le second de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis, avant d'être nommé gouverneur de La Martinique en 1789. En juillet 1790, il publia une Réponse de M. le comte de Vioménil aux inculpations calomnieuses qui ont été répandues contre lui relativement à son administration à la Martinique.

Résumés historiques sur la Perse moderne, l'Inde et la Chine, en quatre parties.

Bordeaux, Prosper Faye, 1843. In-8 de (6) ff., 353 pp., (1) f. ; demi-veau fauve, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Ouvrage peu commun divisé en quatre parties comprenant un résumé historique sur la Perse, un résumé historique sur la Chine, un précis sommaire de l'histoire des Tartares, et des notices sur la Corée, le Japon, le Tonkin, la Cochinchine, l'Inde et l'Arabie moderne. Bon exemplaire. Légères rousseurs.

Réunion de 3 catalogues de l'imprimerie catholique de Beyrouth.

Beyrouth, 1878. In-8, toile beige, dos lisse, pièce de titre de veau rouge (reliure du XXe siècle).

On trouve ainsi relié : - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, 1878. 11-(1)-15 pp. Couvertures bleues conservées. Catalogue d'ouvrages imprimées en arabe et en syriaque, dont la première partie donne la liste en français, et la seconde est imprimée en arabe. - Catalogue de l'imprimerie catholique des PP. missionnaires de la compagnie de Jésus en Syrie. Beyrouth, imprimerie catholique, 1888. 38 pp., (15) ff. Première couverture conservée. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabes et en syriaque, (principalement des livres religieux et des manuels d'étude de l'arabe). Le titre de chaque ouvrage est imprimé en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Les 15 derniers feuillets contiennent des spécimens de tous les caractères de l'imprimerie (hébreux, samaritains, syriaques, arabes, arméniens, grecs et latins). - Catalogue spécial de l'imprimerie catholique (fondée en 1853). Beyrouth, librairie de l'imprimerie catholique, 1904. 67-iij pp., (2) ff. Couvertures illustrées conservées. Catalogue d'ouvrages imprimés en arabe, syriaque et bilingue français-arabe. Les titres des ouvrages sont imprimés en arabe, les commentaires et les tarifs sont en français. Le fond de l'éditeur s'est agrandi, on y trouve des manuels d'arabe, des recueils de poésies, des contes (dont les milles et une nuits), des revues. Bel exemplaire.

Souvenir de Chambéry et de ses environs.

Chambéry, Perrin, vers 1860. In-8 oblong, demi-percaline verte à la bradel avec coins, pièce de titre de maroquin rouge, couvertures conservées (reliure du XXe siècle).

Album composé d'un titre et de 12 planches lithographiées d'après les dessins de J. Champod (Cathédrale de Chambéry, Hôtel de Ville, château, Colonne de Boigne, Les Charmelles habitation de Jean-Jacques Rousseau, ou encore une vue générale du Mont Blanc prise au-dessus de Sallanches). Bel exemplaire. Ex-libris avec la devise "librorum flos illibatus".

Supplément à la dénonciation de M. de La Luzerne, ministre de la marine et des colonies, ou réponse par des pièces justificatives, sans réplique, au prétendu mémoire justificatif qu'il a publié en juin 1790.

Vers 1790. In-8 de 31 pp. ; cartonnage de papier marbré, titre au dos (reliure moderne).

Signé par 10 députés de Saint-Domingue (dont Louis-Marthe de Gouy d'Arsy qui avait déjà publié un opuscule contre le ministre), cette brochure ou plutôt ce pamphlet, répond au mémoire justificatif du ministre cherchant à se disculper de l'accusation d'être responsable de la ruine des colonies. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 6008. — Inconnu des principales bibliographies.

Tom le Nègre.

Pont-à-Mousson, Haguenthal, 1874. Planche lithographiéée et coloriée de 41 x 27 cm.

Curieuse planche d'images d'Épinal, à neuf cases, relatant, lors de la guerre de Sécession, les aventures du jeune Tom, esclave dans les plantations du sud des État-Unis, et qui combatit dans les rangs de l'armée des confédérés après s'être évadé. Bel exemplaire. Journal général de l'imprimerie et de la librairie. Deuxième série, tome 18, 1874, n° 1287.

ANDRÉ (Jean-François).

Gramont le grand, dernier chef des flibustiers, aventuriers et boucaniers d'Amérique, etc.; ses talens insinuans et spirituels.

Paris, Tiger, 1813. In-18 de 107 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première et seule édition ancienne, illustrée d'un frontispice gravé. Vie romancée de Michel de Grandmont, ou Grammont (1645-1686), corsaire et flibustier dans les Caraïbes. Naviguant à bord du bateau le Hardi, il est notamment connu pour avoir pris les villes de Macaraibo, Trujillo, La Guaira, Cumana et Puerto Caballo au Venezuela, ainsi que les villes de Veracruz et Campeche au Mexique. Bon exemplaire. Cioranescu, XVIII° siècle, 7911.

ANTHOINE de SAINT-JOSEPH (Antoine-Ignace).

Essai historique sur le commerce et la navigation de la Mer-Noire, ou voyage et entreprises pour établir des rapports commerciaux et maritimes entre les ports de la Mer-Noire et ceux de la Méditerranée.

Paris, H. Agasse, an XIII-1805. In-8 de xvj-300-(1) pp.; basane racinée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, roulette encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'une grande carte gravée dépliante de Barbié Du Bocage. A l'issu de la guerre russo-turque de 1768-1774, la Russie obtint la liberté de naviguer sur la mer Noire, et, en 1778, Catherine II fit construire le port de Kherson sur le Dniepr. L'auteur, ayant fait fortune dans le négoce à Constantinople, reçut de Versailles la mission de se rendre en Russie pour y éudier la possibilité d'établir le commerce entre la France et la Russie par la méditerranée au lieu du long et couteux voyage par le nord. Son ouvrage contient le récit de son voyage en Crimée accompagné d'observations sur le commerce, le récit de l'établissement de relations commerciales entre Marseille et la mer Noire, les textes de traités et lois sur le commerce, des instructions nautique de la mer Noire, et d'autre informations pratiques pour les négociants désireux de se lancer dans ce commerce. Bel exemplaire. Ex-libris de l'auteur, et probablement sa signature autographe. Légères rousseurs. Atabey, 26. — Brunet, VI, 4172. — Monglond, VI, 1109. — Polak, 115.

AUBARET (Louis Gabriel) — TRINH (Hoài Duc).

Gia-Dinh-Thun-Chi. Histoire et description de la basse Cochinchine (pays de Gia-Dinh).

Paris, Imprimerie Impériale, 1863. Grand in-8 de (2) ff., xiij-(1 bl.)-359 pp. ; demi-basane fauve, dos lisse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite du chinois par Gabriel Aubaret, et illustrée d'un tableau dépliant et d'une grande carte dépliante gravée avec les contours en couleurs. Après avoir participé aux campagnes de Chine et de Cochinchine, le lieutenant de vaisseau Aubaret fut nommé, en 1861, inspecteur des Affaires indigènes à Saïgon. Il se consacra alors à la rédaction de ses ouvrages sur la langue, l'histoire et la justice annamites. Promu capitaine de frégate en juillet 1862, et devenu inspecteur en chef des Affaires asiatiques, il accompagna, l'année suivante, l'ambassade annamite qui se rendait en France afin de négocier le rachat des trois provinces orientales de Cochinchine perdues par l'Annam à la suite du traité de paix du 5 juin 1862. En octobre 1863, il fut nommé consul de France à Bangkok avec pour mission d'engager avec la cour de Hué de nouvelles négociations, qui aboutiront au traité du 21 juin 1864. Cette chronique historique du pays de Gia Dinh (qui deviendra plus tard Saïgon puis Ho chi Minh Ville) fut rédigé au début du XIXe siècle par le mandarin lettré Trinh Hoàc Duc, dont le nom est orthographié Trang Hoï-Duc dans l'introduction. La première partie retrace l'histoire du Vietnam à partir du milieu du XVIIe siècle; la seconde est une description géographique et un inventaire des ressources de la province. Bon exemplaire. Restauration au dos. Cordier, BI, 1689. — Cordier, BS, 2633. [Joint :] - AUBARET (Louis Gabriel). Gia-Dinh-Thung-Chi. Description de Gia-Dinh, Basse Cochinchine. [Suivi de :] Historique. Sans lieu, [vers 1863]. Manuscrit autographe. 4 cahiers in-4 de (1) f., (92) pp. – (1) f., (68) pp. – (1) f., (92) pp. – (1) f., (81) pp., soit (4) ff. et 333 pp. au total; brochés. Maîtrisant parfaitement le chinois et l'annamite, Aubaret donne ici la traduction française d'un livre écrit une trentaine d'années auparavant par un haut fonctionnaire du vice-roi de Gia-Dinh, Ninh-Vai-Duc, réputé pour sa grande érudition. Il précise au sujet de cet ouvrage : "Les lettrés annamites ne pouvaient occuper aucune position un peu importante en Basse Cochinchine sans la connaissance complète de cette compilation historique et géographique" (Introduction, pp. 1-2). La première partie, qui occupe les trois premiers cahiers, contient une description géographique détaillée de la Basse Cochinchine, avec l'indication des ressources naturelles et agricoles. Elle contient aussi des considérations sur les mœurs et les coutumes des habitants. Quant à la seconde partie, qui correspond au dernier cahier, elle expose l'histoire de la conquête des six provinces de la Cochinchine sur le royaume de Cambodge, et établit, à partir d'une chronologie précise, la priorité du royaume d'Annam sur celui de Siam en tant que suzerain du Cambodge. Le début de cette partie manque, un seul cahier étant présent ici. Le manuscrit possède un plan différent et quelques variantes dans la rédaction. - AUBARET (Louis Gabriel). Note I. Gouvernement et mandarinat du Royaume d'Annam. – Note II. Administration et divisions territoriales administratives de la Basse Cochinchine. Sans lieu, [vers 1863]. In-folio de (18) pp. numérotées 205 à 222; en feuilles, avec annotations de l'imprimeur. La première de ces notes décrit l'organisation du gouvernement d'Annam, constitué de 6 ministères (ou "grands tribunaux") : Intérieur, Finances, Rites et Cérémonies, Guerre, Justice et Travaux publics. Chaque ministre est assisté par plusieurs hauts-fonctionnaires : assesseurs, conseillers, délégués, sous-délégués, etc. Les ministres dépendent du grand-censeur, ou grand chancelier du royaume, pour le civil, et du grand-maréchal pour le militaire, ce dernier étant le chef suprême de l'armée. Celle-ci est divisée en infanterie et marine : l'infanterie se compose de 80 régiments de 500 hommes chacun, soit 40000 hommes au total; la marine, placée sous les ordres d'un amiral en chef, comprend 30 régiments, soit 15000 hommes. Aubaret décrit ensuite le territoire de Hué (la capitale), qui est administré d'une façon différente de celle des autres provinces, puis il s'intéresse au mandarinat, très hiérarchisé et composé de neuf degrés, chaque degré étant divisé en deux classes . La seconde note est consacrée à la Basse Cochinchine. Aubaret décrit en détail son administration : vice-roi (sous le régime annamite); gouverneurs généraux et gouverneurs; administration supérieure et mandarinat; divisions d'une province en arrondissements (phu), eux-mêmes subdivisés en sous-arrondissements (huyên); nominations et promotions chez les fonctionnaires; enseignement supérieur; examens; grades littéraires; division des arrondissements en cantons et en villages?c La note se termine par un tableau des trois provinces annamites de la Basse Cochinchine : Vinh-Long, An-Giang et Ha-Tien. Cette intéressante étude sur les institutions annamites fut publiée en appendice à l'ouvrage intitulé Gia-Dinh-Thung-Chi. Histoire et description de la Basse Cochinchine, Paris, Imprimerie Impériale, 1863, pp. 339 à 351. Joint également: - Histoire et description de la Basse Cochinchine. Traduit pour la première fois d'après les textes chinois originaux. Publié par ordre de S.E. le comte de Chasseloup Laubat, ministre de la Marine et des Colonies. Introduction. Manuscrit autographe, avec ratures et corrections. Paris, 1er juillet 1860. In-folio de 12 pp. (numér. 1-11; 10 bis); en feuilles, annotations de l'imprimeur [1863]. - Lettre autographe signée au ministre (en minute) concernant l'impression de l'ouvrage. Sans lieu, 10 août [1863], 2 pp. in-8. - [Instructions sur le tirage de la carte générale de la Cochinchine]. Manuscrit autographe. Sans lieu, [1863], 1 p. in-8. - Note sur la Cochinchine. Fascicule autographié. Sans lieu, [1863]. In-folio de 24 pp., broché. - [Notes de travail]. Environ 10 pp. de différents formats.

AUBARET (Louis-Gabriel).

Grammaire de la langue annamite.

Paris, Imprimerie Impériale, 1864. In-8 de (2) ff., viij-112 pp.; demi-basane verte, dos lisse orné de filets (reliure fin du XIXe siècle).

Première édition, peu commune, qui manque au catalogue de la BNF; le CCFr n'en mentionne que deux exemplaires conservés à l'Ecole des langues orientales, à Paris. Une seconde édition, enrichie d'un vocabulaire français-annamite et annamite-français, a paru à l'Imprimerie Impériale en 1867.. [Relié avec:] LAUNE (Henri). Notions pratiques de langue annamite fondées sur l'étude séparée des tonalités, suivies de fables, légendes et jugements, traduits mot à mot; avec une étude philologiques des textes. Paris, imprimerie nationale, 1890. x-250-(1) pp. Première édition. Bon exemplaire. Cordier, BI, 2297. [Joint: ] Grammaire annamite. Première épreuve. [Paris, Imprimerie Impériale], 9 décembre 1863 – 8 . VIII pp. gr. in-8 pour l'Introduction, et 23 ff. pour la Grammaire (les deux premiers gr. in-8, les suivants in-folio oblong repliés); en feuilles. On joint le manuscrit autographe de l'Introduction. Sans lieu, 1863. In-folio de (8) pp., en feuilles, avec ratures et corrections. Première épreuve imprimée de la Grammaire annamite de Louis Gabriel Aubaret (1825-1894), officier de marine, consul de France à Bangkok et orientaliste. Elle contient les parties suivantes : Introduction. – Grammaire annamite (en 292 articles) : Prolégomènes : intonations, prononciation, voyelles, consonnes. Chap. I : Du substantif. II : De l'adjectif. III : Des noms propres. IV : Des noms de nombre. V : Des pronoms. VI : Du verbe. VII : Des adverbes. VIII : Des prépositions. IX : Des conjonctions. X : Des interjections. XI : Des particules. "La langue vulgaire, parlée dans le royaume d'Annam, est un dialecte du chinois. Elle en diffère beaucoup cependant. [Les] intonations forment la plus grande comme la principale difficulté de la langue [qui] n'admet que rarement les dissyllabes, si communément employés en Chine [...]. Ces dissyllabes, étant composés de deux mots dont le sens est à peu près le même, permettent de ne pas apporter une extrême attention aux intonations, et même souvent de les négliger. Il n'en est presque jamais de même dans la langue annamite, où l'idée est le plus souvent rendue par un simple mot. Il s'ensuit alors [?c] qu'il est indispensable de ne pas se tromper sur l'intonation, sous peine de ne pas être compris ou d'exprimer des pensées entièrement étrangères à ce que l'on a voulu dire [...]. Le but que nous nous sommes proposés par-dessus tout est de venir en aide aux personnes qui désirent faire usage de la langue annamite, soit pour remplir des fonctions en Cochinchine, soit pour y voyager ou y faire du commerce; c'est pourquoi nous nous sommes attachés spécialement à la langue vulgaire proprement dite. Nous avons donc élagué avec soin les expressions chinoises que le peuple ne comprend pas [...]. Ce livre a pour but d'aider les Européens dans l'étude de l'annamite, en tant que langue parlée, et de répandre en même temps chez les indigènes un système de transcription qui, s'il se généralisait, serait pour le peuple un puissant moyen d'instruction et d'assimilation à nos idées..." (Introduction). Cet ouvrage a été publié, avec quelques variantes dans le texte et l'ajout de deux paragraphes (locutions diverses et division du temps) sous le titre : Grammaire de la langue annamite, Paris, Imprimerie Impériale, 1864, in-8 de VIII-112 pp.

AUBARET (Louis-Gabriel).

Hoang-Viêt-Luât-Le. Code annamite. Lois et réglements du royaume d'Annam.

Paris, Imprimerie Impériale, 1865. 2 volumes in-8 de (2) ff., xiv-(1)-(1 bl.)-394 pp. — (2) ff., 309 pp. ; toile verte, pièces de titre et de tomaison brunes, couvertures imprimées conservées (reliure moderne).

Ouvrage traduit par Louis-Gabriel Aubaret. Bon exemplaire. Cordier, BI, 1847. [Joint :] AUBARET (Louis Gabriel). Code pénal annamite. Hoàng viêt luât lê. Lois et règlements du Royaume d'Annam traduits pour la première fois d'après le texte original par Monsieur Aubaret, lieutenant de vaisseau, sous le gouvernement de Monsieur le c. amiral Bonard, et publié sous le ministère de S.E. Monsieur le comte de Chasseloup Laubat, ministre de la marine et des colonies. Sans lieu, , [vers 1862]. Manuscrit. 7 cahiers in-folio (les 5 premiers autographes) de (1) f., 76 pp., plus (6) ff. volants. – (1) f., 35 pp. – (1) f., 37 pp. – (1) f., 37 pp. – (1) f., 36 pp. – (1) f., 60 pp. – (1) f., pp. 61 à 101, soit (13) ff. et 322 pp. au total; brochés. On joint deux épreuves imprimées : - Notice du traducteur [du Code pénal annamite]. 1re épreuve. [Paris, Imprimerie Impériale], Atelier oriental, 6 novembre 1863, 2 ff. in-folio imprimés et annotés, avec le bon à tirer d'Aubaret. - Idem. 2e épreuve, contenant la préface de l'empereur Gia-Long. [Paris, Imprimerie Impériale], Atelier oriental, 30 décembre 1863, XIV pp. en une feuille repliée gr. in-8, plus un tirage provisoire paginé [V] à XIV, en feuilles, avec annotations. Manuscrit, en partie autographe, de la traduction du Code pénal annamite par le lieutenant de vaisseau Louis Gabriel Aubaret (1825-1894), orientaliste et diplomate, nommé inspecteur des Affaires asiatiques peu après la conquête des trois provinces orientales de la Cochinchine par le contre-amiral Bonard en 1861-1862. Destinée aux personnes "qui s'occupent de l'avenir de la Cochinchine", cette traduction avait pour but de rendre accessibles des textes jusqu'alors réservés aux mandarins. "Le Code pénal annamite [?c] est entièrement basé sur le modèle du code qui régit actuellement la Chine [?c]. Ce code, écrit en langue chinoise, comme le sont du reste toutes les pièces officielles et la plus grande partie de tout ce qui s'écrit en Cochinchine, est composé de deux parties bien distinctes, dont l'une, nommée Luât en annamite et Lu en chinois, est la représentation de la loi fondamentale, loi à peu près immuable depuis une haute antiquité [?c]. La deuxième partie, que les Annamites nomment Lê et les Chinois Li, est ce que l'on a traduit par l'expression de règlements supplémentaires. Ces règlements, variables et susceptibles de révision, ne sont pas à proprement parler le commentaire de la loi, mais ils en sont comme le prolongement et l'extension?c" (Préface, p. 1). Cette division en loi fondamentale/règlements supplémentaires se retrouve dans les différentes sections du Code pénal annamite : Livre premier : préliminaires, différentes sortes de vols, des peines et de leur rachat (1er cahier, pp. 1-26). – Livre quatrième (ou deuxième partie) : De l'homicide et des querelles (1er cahier, pp. 27-76 et 2e cahier, pp. 1-35, table à la fin). – Livre cinquième (biffé et remplacé par troisième partie; s'étend jusqu'à la huitième partie) : Des insultes, des plaintes en justice, de la prévarication, du faux et de la supercherie (3e cahier en totalité & 4e cahier, pp. 1-17; table à la fin). – Livre sixième (biffé et remplacé par neuvième partie) : De l'adultère (4e cahier, pp. 18-28). – Dixième partie : Délits divers (4e cahier, pp. 28-37 & 5e cahier, pp. 1-21). – [Onzième] partie : Des coupables et des prisonniers (5e cahier, pp. 22-36). Les deux derniers cahiers, d'une autre main, sont intitulés "1er cahier" et "1er cahier, suite". Ils contiennent : Livre II : Lois générales (pp. 1-52). – Livre III (biffé et remplacé par première partie) : Des rebelles et des voleurs (pp. 53-101; la table se trouve, avec une pagination différente, en tête du livre premier, dans le 1er cahier). Cet important manuscrit a été publié sous le titre Code pénal annamite. Lois et règlements du royaume d'Annam, traduits du texte chinois original, Saïgon, 1862, in-8. Cette édition est très rare. L'ouvrage a été réédité à Paris, Imprimerie Impériale, 1865, en 2 vol. in-8. Cordier, Bibliotheca Indosinica, 1847, ne mentionne que cette dernière édition.

AUGY (d').

Réflexions sur une lettre écrite le 16 mai, par le sieur Peynier, à l'Assemblée Générale de la partie française de Saint-Domingue, séante à Saint-Marc.

Paris, imprimerie de L. Potier de Lille, 1791. In-8 de 8 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 7 février et signée d'Augy, habitant de la paroisse de Plaisance, dans laquelle il prend la défense des députés de Saint Marc contre le gouverneur de Saint-Domingue, Antoine Thomassin de Peynier. Ce dernier estimait que les décisions de l'Assemblée de Saint-Marc, même si elles pouvaient être justifiées, ne pouvaient être approuvées car contraire à la loi. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4547. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BALFOUR (Jean).

Mémoire du sieur Jean Balfour, habitant de l'isle de Tabago, à messieurs les députés à l'Assemblée nationale de France.

Paris, Prault, 1790. In-4 de 30 pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

D'origine écossaise et cultivateur depuis vingt ans sur l'île de Tabago, Jean Balfour dénonce dans son "Mémoire" les abus et les saisies des administrateurs français après la cession de l'île par les Anglais en 1783. Bel exemplaire.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Complot d'Arnold et de Sir Henry Clinton contre les États-Unis d'Amérique, et contre le général Washington. Septembre 1780.

Paris, P. Didot l'ainé, 1816. In-8 de (2) ff., xliv-184 pp. ; demi-maroquin rouge, dos lisse orné, tranches marbrées (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustrée d'un plan représentant les Forts, batteries et poste de West Point en 1780, et de 2 portraits gravés de Washington et d'Arnold. Ouvrage relatant la trahison du Général américain Arnold, qui voulut livrer le fort américain de West Point aux Anglais durant la guerre d'Indépendance. Bel exemplaire. Légères rousseurs. Howes, B-114. — Sabin 3302.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Mémoire et observations […] sur une dénonciation signée par treize de MM. les députés de Saint-Domingue, et faite à l'Assemblée Nationale au nom d'un des trois comités de la colonie.

Paris, Knapen & fils, 1790. In-4 de 58 pp.; cartonnage de papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Intendant de Saint-Domingue de 1786 à 1789, François de Barbé-Marbois prit la défense de César-Henri de La Luzerne, gouverneur de Saint-Domingue de 1785 à 1787 et ministre de la marine et des colonies de 1787 à 1790, qui fut violemment attaqué par un groupe de députés de Saint-Domingue mené par Louis-Marthe de Gouy d'Arsy. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4590. — Monglond, I, 931. — Sabin, 3310.

BARBÉ-MARBOIS (François de).

Réclamation de M. l'intendant de Saint-Domingue, enregistrée au conseil supérieur de cette colonie.

1789. In-8 de 14 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long (reliure moderne).

Lettre datée du 11 mai 1789 dans laquelle son auteur remet en cause la capacité de l'Assemblée de faire des lois, et explique pourquoi il n'approuve pas la proposition d'ouvrir au commerce des étrangers dans une partie des ports de l'île. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 7622. — Inconnu de Monglond et de Sabin.

BARBÉ-MARBOIS (François de). — DU CHILLEAU (Marie-Charles).

Correspondance de M. le marquis Du Chilleau, gouverneur général de St Domingue, avec M. le comte de La Luzerne, ministre de la marine, & M. de Marbois, intendant de Saint-Domingue, relaticement à l'introduction des farines étrangères dans cette colonie.

Paris, 1789. In-8 de (1) f., 37 pp.; toile écrue, dos lisse, pièce de titre de chagrin marron avec le titre en long (reliure moderne).

Ouvrage composé d'un tableau dépliant. Au printemps 1789, à l'annonce de mauvaises récoltes en France, et devant le risque d'une absence d'approvisionnement de la part de la métropole, le gouverneur de Saint-Domingue décida de permettre "pour un tems, l'introduction dans la colonie, de la farine étrangère ainsi que du biscuit". Mais il ne partageait pas ce point de vue, contraire à la loi qui voulait que la colonie n'ait d'échange commercial qu'avec la métropole. Bon exemplaire à grandes marges. Le tableau, en fin de volume, est monté à l'envers. Max Bissainthe, 5560. — Monglond, I, 227. — Sabin, 21062.

BARNAVE (Antoine).

Instruction pour les colonies, présentée à l'assemblée nationale, au nom du comité chargé de ce travail, le 23 mars 1790.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 28 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).

Projet de décret proposé à l'Assemblée par le Comité Colonial, au sujet de l'application du décret du 8 mars 1790. Ce dernier prévoyait que les colonies convoquent des assemblées coloniales pour faire part à l'Assemblée Nationale de "leurs vues sur la Constitution, sur l'administration, sur les loix, & généralement sur tous les objets qui peuvent concourir à leur prospérité". Bon exemplaire. Max Bissainthe, 4599. — Ryckebusch, 492.

BARROW (John).

Voyage à la Cochinchine, par les îles de Madère, de Ténériffe et du cap Verd, le Brésil et l'île de Java, contenant des renseignemens nouveaux et authentiques sur l'état naturel et civil de ces divers pays; accompagné de la relation officielle d'un Voyage au pays des Boushouanas, dans l'intérieur de l'Afrique australe.

Paris, Arthus-Bertrand, 1807. 2 tomes reliés en un volumes in-8 de xiv-406-(1) pp. — (2) ff., 408 pp., et un atlas in-4 ; demi-basane brune, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison rouge et noir, tranches jaunes (reliure à l'imitation du XIXe siècle).

Première édition française, traduite par Malte-Brun. Elle est accompagnée d'un atlas de 18 planches gravées par Tardieu (vues du port de Praya, du grand aqueduc à Rio-de-Janeiro, carte de l'Afrique australe, costumes, scènes de genre, et 2 planches en couleurs de botanique). Sir John Barrow accompagna lord George Macartney dans son ambassade en Chine de 1792 à 1794, puis, en 1797, dans la nouvelle colonie du Cap où il fut chargé de réconcilier les Boers et les Cafres. Rentré en Angleterre en 1804, il occupa durant quarante ans le poste de secrétaitre de l'Amirauté, où il joua un rôle important comme promoteur des voyages d'exploration scientifiques de John Ross, Parry, ou encore John Franklin. Le présent ouvrage contient de précieux renseignements sur les pays visités (Madère, les Canaries, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Indonésie ou encore le Vietnam). Bon exemplaire. Quelques rousseurs. Borba de Moraes, 88. — Cordier, BI, 2424-2425. — Garraux, 25. — Mendelssohn, I, 89. — Rodrigues, 355. — Sabin, 3658.

BARTHELEMY (Charles).

Renseignemens sur les Nègres marrons de Surinam.

Cayenne, 5 octobre 1837. Manuscrit autographe signé. Petit in-folio de (9) pp.; broché, traces de reliure.

Etude sur les Noirs marrons originaires de Surinam, installés en Guyane française, et leurs difficiles relations avec l'administration coloniale. L'auteur, né à Cayenne, exerçait la profession d'avoué près les tribunaux, après avoir été secrétaire de mairie et greffier de justice de paix à Sinnamary. Il était aussi correspondant de la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin, ainsi que de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen. Les Noirs marrons étaient le nom donné aux esclaves noirs révoltés ou enfuis des plantations avant l'abolition de l'esclavage. Certains d'entre eux, qui avaient quitté la colonie voisine de Surinam (Guyane hollandaise) dans le courant du XVIIIe siècle, étaient venus s'installer en territoire français, dans le haut de la rivière du Maroni, pour former une communauté de plus de trois mille personnes. En 1783, le gouverneur de la Guyane française, le baron Alexandre Ferdinand de Bessner, décida d'entrer en contact avec eux, afin de leur proposer une alliance avec, en échange, l'attribution de possessions sur le Maroni. Pour cette mission, il nomma deux commissaires accompagnés d'un préfet apostolique. "Les deux commissaires étaient les sieurs Jacquet et Duplant, escortés d'un guide et d'un interprète; ils trouvèrent sur les lieux une garde avancée [?c]. Le commissaire Duplant dit qu'il venait de la part du gouverneur français pour parler au général Albony, chef de cette bande de noirs marrons. Ils furent conduits par la garde jusqu'au quartier général. Que venez-vous faire ici, dit Albony. Etes-vous des espions ? Où est la preuve que vous êtes envoyés par votre gouvernement ? Les commissaires [?c] lui montrent leurs papiers. Vous moquez-vous de moi, dit Albony, ignorez-vous que je ne sais pas lire ? Pourquoi votre gouverneur ne m'a-t-il pas envoyé quelque chose qui parle aux yeux ? Nous manquons de munitions de guerre et de toile propre à nous habiller?c" (pp. 1-2). De retour à Cayenne, les deux commissaires firent leur rapport au gouverneur, qui accorda à Albony toutes les armes et fournitures demandées. Celles-ci furent acheminées lors d'une seconde expédition, qui fut aussi la dernière : "Les colons conçurent des inquiétudes dans la démarche du gouverneur; ils portèrent plainte contre lui au département de la Marine, M. le maréchal de Castries, alors ministre des colonies, écrivit au gouverneur dans les termes les plus durs et les plus désobligeans, le baron de Besner tomba malade de chagrin et en mourut. On dit même qu'il avança la fin de ses jours par une forte dose d'opium?c" (p. 3). Barthélémy donne les raisons de ce désaveu : "Les colons croyaient apercevoir une arrière-pensée dans les vues profondes de cet administrateur, ils craignaient alors, comme ils craignent encore en ce moment, de perdre leurs esclaves". Puis il ajoute : "Cependant le gouvernement hollandais fit à cette époque un traité avec eux, et depuis environ 50 ans que ce traité existe [?c], les Hollandais ont toujours retiré comme ils retirent encore en ce moment de grands avantages de ces Nègres qui sont fort laborieux et industrieux à cause du commerce intérieur?c" (p. 4). Malgré cet accord, les Noirs marrons souhaiteraient faire commerce avec les Français : "Ils prétendent que le gouvernement hollandais de Surinam ne leur fait pas assez d'avantages; ils préfèrent faire le commerce intérieur avec nous. Ils excellent dans l'art de scier les madriers, les planches d'acajou et autres bois propres aux constructions civiles et navales, ils cultivent du riz et différentes denrées coloniales. Ils sont organisés en tribus ayant chacune un chef particulier; la police est parfaitement maintenue chez eux?c" (p. 5). L'auteur précise aussi que cette population, connue sous le nom de "Nègres Bosse" (ou Bosneger), se monte, en 1837, à plus de six mille personnes. Il est ensuite question du grave incident qui eut lieu avec l'un des groupes ethniques de cette communauté, les Bonis (ou Alukus) : "En l'année 1836, M. Leprieur voyageant dans l'intérieur des terres par ordre du ministère, découvrit dans le haut de la rivière d'Oyapock une peuplade de 700 Noirs qui s'étaient depuis plusieurs années détachés de la grande bande de 6000 de Surinam. M. Leprieur au nom du gouvernement leur fit des promesses. Ils demandèrent de leur côté à venir cultiver nos terres [?c]. Six ou 8 mois après, le gouverneur de Surinam écrivit à celui de Cayenne pour l'inviter à ne plus recevoir dans la colonie aucun Noir provenant de la bande de 700 réfugiés dans le haut de la rivière d'Oyapock, connus sous la dénomination de Nègres Bonny, attendu [?c] que ces Noirs réfugiés étaient en mauvaise intelligence avec la grande bande [?c]. Le gouverneur de Cayenne, sur cet avis, donna l'ordre, dit-on, au commandant du poste militaire établi à Oyapock, de ne pas laisser échapper un seul Noir de la bande Bonny [?c]. Jusqu'au moment où cet ordre irréfléchi fut donné, ces malheureux Noirs, dignes de toute notre sollicitude, étaient en relation bienveillante avec quelques habitans du canton d'Oyapock, ils nous rendaient quelques services, ramenaient nos Noirs marrons et procuraient des vivres à quelques habitans en échange de tafia et d'outils aratoires. Au commencement du mois d'avril dernier [1837], huit de ces Noirs se présentèrent au poste d'Oyapock sans aucune démonstration hostile, venant au contraire réitérer l'offre de cultiver nos terres; ils furent sur-le-champ arrêtés par le commandant, quatre parvinrent à s'évader et quatre furent fusillés !!! La nouvelle de cette exécution militaire parvint à Cayenne [?c] et occasionna une grande rumeur dans la ville. Chacun se demandait quel pouvait être le motif d'un acte aussi violent, aussi irréfléchi qui d'un moment à l'autre pouvait nous exposer à des représailles de la part des Nègres Bonny?c" (pp. 5-7). Le mois suivant, l'affaire fut portée devant le Conseil colonial qui demanda des explications au gouverneur, François Dominique Laurens de Choisy, lequel avait soutenu l'officier commandant le poste d'Oyapock. Peu de temps après, le gouverneur fut rappelé en France par le ministère de la Marine pour justifier sa conduite. [Il sera remplacé par le capitaine de vaisseau Paul de Nourquer du Camper, qui occupa le poste jusqu'en 1839]. L'auteur conclut : "Il résulte des renseignements ci-dessus : que le gouvernement local doit une réparation aux Nègres Bonny à cause de l'injustice commise à l'égard de quatre de ces malheureux [?c], que les lois de l'hospitalité et de l'honneur national nous en imposent le devoir et qu'aucune considération ne peut nous contraindre à refuser l'offre que nous font 700 Noirs réfugiés à venir participer à nos travaux ou cultures, que la Guyane a besoin de bras pour exploiter ses terres incultes et que les circonstances sont favorables pour accepter avec empressement l'offre des Noirs Bonny?c" (pp. 8-9). Sur Barthélémy, cf. A. Héron, Liste générale des membres de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen de 1744-1745 à 1900-1901. Rouen, impr. de Léon Gy, 1903, p. 87 (nomination de Charles Barthélémy comme correspondant de l'Académie le 18 mars 1853).

BELLEGARRIGUE (Anselme).

Les femmes d'Amérique.

Paris, Blanchard, 1853. In-24 de 96 pp. ; demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition séparée de cet ouvrage paru dans les numéro de septembre et d'octobre 1851 de la revue La liberté de penser. L'auteur voyagea en Amérique du nord entre 1846 et 1848, où il découvrit les bienfaits de la liberté individuelle. Il participa à la révolution de 1848 mais fut bien vite déçu car il n'acceptait aucune autorité et prônait l'anarchie. Dans cet ouvrage, il rend compte de ses observations de la société américaine en l'abordant par la place que les femmes y occupaient. Bon exemplaire. Sabin, 4509.

BERGEAUD (Émeric).

Stella.

Paris, E. Dentu, 1859. In-18 de viij-330 pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition, rare, du premier roman haïtien. Né aux Cayes en 1818, Émeric Bergeaud fut le secrétaire de son oncle, le général Jérôme-Maximilien Borgella, commandant de l'arrondissement des Cayes. En 1848, il s'exila lorsque le président Faustin Soulouque se fit proclamer empereur. C'est à l'île Saint Thomas qu'il rédigea son roman qui relate l'histoire de deux demi-frères, Romulus et Rémus, qui luttaient pour l'indépendance d'Haïti. Malade, Bergeaud confia son manuscrit à son cousin, l'historien Alexis-Beaubrun Ardouin, qui fit éditer l'ouvrage après la mort de son auteur. Bon exemplaire. Quelques piqûres, plus prononcées en début et fin de volume. Max Bissainthe, 385. — Inconnu des principales bibliographies.

BIANCHI (Noé).

Viaggio da Venezia al S. Sepolcro, ed al monte Sinai.

Venise, Remondini, 1781. In-8 de 136 pp.; cartonnage de papier dominoté de l'époque, non rogné.

Écrit par un franciscain au XVIe siècle, ce guide de pélerinage connut de nombreuses rééditions. Il est illustré d'une centaine de bois gravés dans le texte dont 5 vues de ville sur double page (Corfou, Modon, Candie, Rhodes, Le Caire). Les autres illustrations représentent la ville de Venise, les pincipaux monuments et curiosités de la Terre-Sainte, du Sinaï et d'Égypte. L'ouvrage se termine par une représentation d'un dromadaire, et par un bois réunissant un babouin, un crocodile, une licorne et une salamandre. Coiffes et coins frotté, mors en parties fendus. Tobler, 70 (pour des éditions antérieures).

BISSETTE (Cyrille-Charles-Auguste).

Pétition à la chambre des députés.

Paris, imprimerie de Poussielgue, 1846. In-8 de (1) f., 27-(3 bl.) pp. ; cartonnage de papier gris, titre au dos (reliure moderne).

Première édition. L'auteur proteste contre la saisie d'un lot de ses livres et brochures qu'il avait envoyés en Martinique où ils furent mis sous scellé dans les entrepôts de la douane et où des exemplaires disparurent. Bel exemplaire. Ryckebusch, 846 (cite un exemplaire de 15 pp., c'est à dire sans les pièces justificatives). — Sabin, 5652.

BLANC-GILLI (Mathieu).

Éloge du capitaine Cook.

Amsterdam, et se trouve à Paris, Morin, 1787. In-8 de viij-117 pp.; broché, couverture bleu-gris de l'époque, titre inscrit à l'encre sur le premier plat, non rogné.

Première édition de cet ouvrage peu commun. Célèbre navigateur anglais, James Cook apporta une contribution très importante à la connaissance du Pacifique grâce à ses nombreuses levées hydrographiques, révélant l'existence d'un hémisphère océanique. Au cours de sa première expédition de 1768 à 1771, il découvrit l'archipel des îles de la Société, la Nouvelle Zélande, les côtes orientales de l'Australie et, en 1772, lors de son second voyage, il visita les îles Marquises, les Nouvelles Hébrides et la Nouvelle Calédonie. La dernière expédition, de 1776 à 1779, avait pour but de trouver un passage entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique par le nord du continent américain. Il parvint à atteindre le détroit de Béring, mais de retour dans les îles Sandwich, qu'il avait découverte préalablement, il fut tué par des indigènes le 14 février 1779. Mathieu Blanc-Gilli était un auteur provençal qui fut député à l'Assemblée Législative sous la Révolution Française. En 1791, il publia un ouvrage intitulé "Observations importantes sur les troubles de Saint-Domingue" dans lequel il défend l'abolition progressive de l'esclavage. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Dos cassé, feuillets écornés.

BLANCHETIÈRE-BELLEVUE (Jacques-Honoré).

Courte réponse à gros mémoire.

Paris, Imprimerie Nationale, 1790. In-8 de 15 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Brochure publiée en réponse au Mémoire des officiers municipaux de la ville de Saint-Pierre, isle Martinique, sur les évènements arrivés en juin 1790. Député extraordinaire de la Martinique, l'auteur prend la défense du gouverneur de la Martinique, Claude-Charles de Damas, qui avait supprimé la municipalité de Saint-Pierre après les troubles de juin 1790; ce dont les officiers municipaux se plaignent dans le mémoire auquel celui-ci répond. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

BLUNT (Edmund-March).

Le pilote américain, contenant la description des côtes orientales de l'Amérique du nord, depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu'au Mississipi; suivi d'une notice sur le gulf-stream.

Paris, Imprimerie Royale, 1826. In-8 de vij-(1 bl.)-359 pp.; cartonnage à la bradel de papier chocolat, pièce de titre de maroquin noir, non rogné et non coupé (reliure de l'époque de Devillers, avec son étiquette en fin de volume).

Édition originale française, établie sur ordre du ministre de la Marine et des Colonies, par Placide Magré. Cet ouvrage de l'hydrographe Edmund Blunt donne les renseignements les plus étendus et les plus authentiques pour l'époque, sur la navigation des côtes est de l Amérique septentrionale. Bel exemplaire avec provenances prestigieuses. Envoi autographe signé du traducteur au chevalier de Rossel, contre-amiral, et directeur adjoint du Dépôt des Cartes et Plans de la Marine. Il en deviendra directeur en 1827 jusqu'à sa mort en 1829. Ex-libris de Jean-André Dezauche, fils de Jean-Claude Dezauche, tous deux graveurs, cartographes et titulaires du monopole de la vente des cartes du Dépôt de la Marine. Leclerc, I, 177. — Polak, 899. — Sabin, 6028.

BONNIÈRES (Alexandre-Jules Benoist de) — GERBIER (Pierre-Jean-Baptiste) — HARDOIN de LA REYNERIE (Louis-Eugène).

Consultation pout les actionnaires de la Compagnie des Indes.

Paris, Lottin l'aîné & Lottin de S. Germain, 1788. In-4 de 103 pp. ; cartonnage de papier marbré rouge à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne).

Ouvrage comprenant 14 tableaux dont 2 dépliants. Consultation rédigée par trois avocats chargés de la défense des actionnaires de la Compagnie des Indes Française, dont le privilège avait été suspendu en 1769 à cause d'un très fort endettement. De ce fait, le commerce avec l'Asie n'était plus soumis à un monopole et ouvert à tous les navires. Les actionnaires de la Compagnie n'en furent pas satisfaits et entendirent démontrer que ce privilège était la propriété des actionnaires, qu'il n'était pas possible d'y porter atteinte, et qu'une compagnie pour le commerce avec l'Inde était nécessaire. Bon exemplaire.

BORÉ (Eugène).

Correspondance et mémoires d'un voyageur en Orient.

Paris, Olivier-Fulgence, 1840. in-8 de viij-425 pp. — (2) ff., 498 pp.; basane bleue, dos lisses ornés, filet encadrant les plats, chiffre sur le premier plat, coupes et chasses ornées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée d'une carte dépliante de l'Asie Mineure. Prêtre et professeur d'arménien au Collège de France, l'auteur se rendit en Arménie pour approfondir l'étude des langues orientales. Il séjourna 6 mois à Constantinople (de décembre 1836 à mai 1837), résida à Erzurum en Anatolie, puis à Tabriz, en Perse, où il fonda une école chrétienne. Son ouvrage contient de nombreuses lettres écrites durant son voyage à différents correspondants, mais principalement à son frère Léon, le journal de son voyage de Constantinople jusqu'en Arménie, plusieurs mémoires envoyés à diverses institutions dont un sur la Chaldée et les Chaldéens, ou encore le récit d'un voyage de Téhéran à Ispahan. Bel exemplaire. Quelques piqûres en début et fin de volume. Blackmer, 166. — Hage Chahine, 572.

BOURGES (Jacques de).

Relation du voyage de monseigneur l'évêque de Beryte, vicaire apostolique du royaume de la Cochinchine, par la Turquie, la Perse, les Indes, &c. jusqu'au royaume de Siam, & autres lieux.

Paris, Denys Bechet, 1668. In-8 de (4) ff., 245-(3) pp.; vélin souple de l'époque.

Deuxième édition. Récit du voyage et de la première mission chrétienne au Siam, qui fut conduite par Pierre Lambert de La Motte, l'un des fondateurs des Missions étrangères de Paris, et nommé par le pape vicaire apostolique de Cochinchine. En 1660, accompagné d'un prêtre, et d'un laïc, Jacques de Bourges prit la route pour le Siam en évitant de passer par les possessions portugaises qui étaient hostiles au projet. Ils prirent un navire de Marseille à Alexandrette, au sud de la Turquie, poursuivirent par la terre et passèrent par Alep, et Bagdad. Ils descendirent le Tigre en bateau jusqu'à Bassora, se rendirent à Ispahan puis à Suratte et rejoignirent la Cochinchine en passant par l'Inde et le Népal. Charmés par les richesses de ce royaume, la bonté de ses habitants et la grandeur de son monarque, les religieux se persuadèrent que le Siam pouvait être converti au catholicisme. Les missionnaires informèrent Louis XIV de leurs espoirs et durant vingt ans, la Compagnie de Jésus n'aura de cesse d'asseoir ses positions dans la région et d'encourager le roi Phra Naraï à renoncer au bouddhisme pour adopter la religion catholique. [Relié avec:] - PALLU (François). Relation abrégée des missions et des voyages des évesques françois envoyez aux royaumes de la Chine, Cochinchine, Tonquin, & Siam. Paris, Denys Bechet, 1668. (6) ff., 148 pp. Fondateur des Missions Etrangères, François Pallu fut ensuite nommé vicaire apostolique de la province de Fo-Kien, en Chine. De 1667 à 1684, il effectua trois voyages au Siam et en Chine, et lutta dans ses travaux contre l'influence toute puissante des Jésuites, qui le forçèrent deux fois à retourner en Europe ; ces derniers le tinrent même en captivité durant six mois après le naufrage de son navire sur une des îles Philippines. Nommé administrateur général des Missions de l'empire de Chine après que sa conduite fut approuvée par la cour de Rome, c'est au cours de son dernier voyage qu'il succomba, épuisé par ses aventures. Bel exemplaire en vélin de l'époque. Petites tâches et froissements sur le vélin de la reliure. Boucher de La Richarderie, IV, 376. — Brébion, 102. — Chadenat, 532, 6510. — Cordier, BI, 825, 827. — Cordier, BS, 827. — Hage Chahine, 599. — Wilson, 28.

BOURGES (Jules).

Journal de voyage dans le Haut-Sénégal.

1883-1884. Manuscrit autographe in-folio paginé 3 à 50, (1) p., broché, les pp. 1 et 2 manquent, les pp. 3 et 4 sont détachées, qq. déchirures aux premiers ff.

Importante relation d'un vétérinaire de l'armée française ayant fait partie de l'expédition dirigée par le lieutenant-colonel Boilève dans le Haut-Sénégal en 1883-1884. Cette expédition faisait suite à celles de Gallieni (1880) et de Borgnis-Desbordes (1881, 1882 et 1883). Ce dernier, désigné comme commandant supérieur du Territoire français du Haut-Sénégal (devenu par la suite le Soudan français, puis le Mali), eut pour successeur, en septembre 1883, le lieutenant-colonel Charles-Emile Boilève (1837-1899), dont le nom est mentionné p. 47 du présent manuscrit. D'après les instructions ministérielles, cet officier avait pour mission de renforcer l'autorité de la France dans les régions récemment conquises. Le journal du voyage couvre la période du 18 octobre 1883 au 23 avril 1884. La campagne avait commencé le 1er octobre, date du départ de Toulon à bord de la Sarthe. Après une quarantaine de 11 jours à Bop'Diara (Sénégal), l'expédition arrive à Saint-Louis le 27 octobre. Le départ pour le Haut-Sénégal a lieu le 4 novembre; le 14, la colonne expéditionnaire arrive à Kayes où elle reste jusqu'au 16 décembre. Le 25 a lieu l'arrivée à Bafoulabé, poste situé au confluent de deux rivières, le Bafing et le Backoy, qui se réunissent pour former le Sénégal. Bourgès consigne dans son journal de nombreuses observations sur la température, le climat, les animaux, l'alimentation et l'état sanitaire des troupes. Le 13 janvier 1884, la colonne quitte Bafoulabé pour le fort de Badumbé où elle s'installe du 19 janvier au 6 février. Le vétérinaire continue à observer cette région qu'il semble apprécier. Mais il n'oublie pas que le climat est défavorable aux Européens : "Le Ht Sénégal a été fait pour les Noirs qui l'habitent ou plutôt l'espèce humaine, à travers les siècles, s'y est acclimatée; mais il y a des millions d'années que ces phénomènes se sont produits et nous devons, je crois, ne pas attacher trop de prix à une terre qui nous est si meurtrière. Quoi que nous fassions, un jour ou l'autre, nous en arriverons là, c'est-à-dire qu'il faudra se décider à ne plus mettre les pieds dans un pays qui est si différent du nôtre?c" (p. 20). Il justifie toutefois l'intervention française : "Les Noirs ne nous aiment pas parce que c'est en leur faisant une guerre nécessaire que nous sommes arrivés à établir notre domination, à implanter notre drapeau chez eux. Cette guerre, ils l'ont voulu, puisque c'est en essayant de placer des obstacles sur la progression de notre marche civilisatrice que des conflits sont devenus imminents [?c]. Il leur en a coûté quelquefois de chercher des combats que nous n'avions pas l'intention de livrer; ils ont chèrement payé la résistance et se sont trouvés dans la pénible nécessité d'abandonner leurs villages, incendiés par nous, alors qu'ils refusaient avec obstination de conclure des traités salutaires que nous leur proposions de signer?c" (p. 22). L'étape suivante de l'expédition est Kita, du 16 février au 17 mars. Bourgès habite la case qui avait été construite pour le colonel Borgnis-Desbordes, mais elle est actuellement attaquée par les termites. Il décrit le fort de Kita, dont le commandant est mal vu de la population, puis le marché de cette ville où la garnison du poste peut s'approvisionner. Il évoque aussi le chef indigène Samory qui se faisait verser un lourd tribut par les populations locales. Bourgès constate que des ouvriers chinois sont employés dans tous les postes du Haut-Sénégal. Il remarque que ces employés supportent mal le climat, et que beaucoup d'entre eux ont succombé lors des travaux du chemin de fer Sénégal-Niger. La fin du manuscrit est consacrée aux officiers disparus pendant le voyage, et à l'arrivée à Bamako où la colonne expéditionnaire séjourne du 2 au 23 avril 1884. Le récit s'achève par une description de la mosquée de Bamako. Né en 1856 à Bétaille (Lot), Jules Bourgès fit ses études à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Diplômé en 1878, il entra dans l'armée et participa à différentes campagnes : Haut-Sénégal (1883-1884), Tonkin (1886-1888), Chine (1900-1902). Promu vétérinaire-major en 1902, puis vétérinaire principal en 1907, il devint, en 1914, chef du Service vétérinaire de la 5e armée. En décembre 1917, il fut nommé directeur du Service vétérinaire de la Direction des étapes du groupe des armées de l'Est. Il quitta le service en août 1918 et reçut, en 1920, la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Membre de l'Association centrale des vétérinaires, Jules Bourgès est l'auteur de rapports annuels publiés dans le Recueil de mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires militaires. Il écrivit aussi un ouvrage intitulé : Notice sur le Soudan français et le Tonkin, Paris, Asselin et Houzeau, 1893, in-8, dans lequel de nombreux passages traitent du cheval et du mulet. On joint : - BOURGèS (Jules). Inspection des viandes. [Suivi de :] Maréchalerie. Hygiène. Ration des animaux. Travail des animaux. Pathologie. Manuscrit. S.l.n.d. [1884]. In-folio de 38 pp., broché. - BOURGèS (Jules). [Observations thermométriques]. Manuscrit en partie autographe. S.l.n.d. [Tonkin, 1886-1887]. In-folio de 23 pp., broché. - [BOURGèS (Jules)]. Correspondance et papiers personnels. Ensemble d'environ 50 documents relatifs à sa carrière : état des services, ordres de mobilisation, affectations, mutations, lettres de divers correspondants, etc. Paris, Versailles, Alfort?c, 1878-1931, environ 80 pp. de différents formats. On joint un journal intitulé : La Dépêche Coloniale. Paris, 20 octobre 1896, 4 pp. gr. in-folio, déchirures au niveau des plis. Sur les publications de Jules Bourgès, cf. Mennessier de La Lance, Essai de bibliographie hippique, I, Paris, 1915, p. 163.

BREEMAAT (Guy).

Photographies de Côte d'Ivoire.

Abidjan, vers 1958. Ensemble de 133 photographies originales de format 13 x 18 cm conservées dans 6 albums in-8 à chemises transparentes.

Importante réunion de photographies prises peu avant l'indépendance de la Côte d'Ivoire (1960). Sur les 133 photographies, 128 comportent une numérotation au verso (1-44, 44 bis, 45-53, 56-65, 65 bis, 66-128) et 5 ne sont pas numérotées. La plupart portent, au verso, des cachets "Photo Information – Côte d'Ivoire" ou "Service de l'Information de la Côte d'Ivoire". Parmi cet ensemble, 9 photographies sont signées Breemaat (n° 6, 7, 20, 21, 26, 28, 49, 82, 107) et 1 est signée Kouassi (non numérotée). Le premier album, consacré à l'agglomération d'Abidjan, s'ouvre par un plan d'ensemble : forêts classées de l'Anguédégou, de la Djibi et d'Abouabou, Parc national du Banco, quartiers d'Adjamé et de Cocody, lagune Ebrié, île de Petit-Bassam, Port-Bouët, etc. Puis il montre des scènes de la vie quotidienne (lavoir, marché), des objets ethnographiques dans un musée, le bâtiment de la Poste ainsi que d'autres édifices publics. Il contient ensuite des photographies, la plupart aériennes, où l'on voit différents quartiers d'Abidjan et de Petit-Bassam. On y remarque notamment le nouveau pont, construit à partir de 1954 et inauguré en 1957. Nommé depuis Pont Félix-Houphouët-Boigny, il relie Abidjan à Petit-Bassam en traversant la lagune Ebrié. Les photographies montrent sa construction, à côté de l'ancien pont flottant en service depuis 1931, puis, dans le deuxième album, les travaux achevés, l'ouverture à la circulation automobile et les vestiges de l'ancien pont que l'on a commencé à démolir. Ce même album contient des photographies prises dans les forêts voisines et le long du littoral. Le troisième album présente aussi quelques vues de la côte : pirogues disposées le long d'une rive, parfois conduites par des enfants ou des villageois, filets de pêche mis à sécher, navire de commerce chargeant des denrées… A la suite se trouvent plusieurs portraits de villageois et de jeunes femmes en costume traditionnel, présentant souvent des marques de scarification sur le visage ou le corps. L'album suivant est en grande partie consacré aux ressources agricoles : manutentionnaires transportant des régimes de banane, enfants montrant des cabosses de cacao, ouvrier présentant un ananas de grande taille, etc. A la suite se trouvent quelques clichés d'animaux pris dans un parc zoologique. Quant au cinquième album, il contient presque exclusivement des photographies de fêtes villageoises : scènes de groupe avec des danseurs en costumes, portant parfois des masques et des tenues particulières à ce genre de cérémonie. D'autres photographies de costumes et de masques se trouvent dans le dernier album; celui-ci contient aussi une vue d'un village avec ses maisons en terre, et s'achève par une photographie signée Kouassi montrant un homme politique africain entouré de deux militaires français. Ces photographies ne semblent pas avoir été publiées. Elles sont inconnues du catalogue de la BnF, qui indique toutefois que Guy Breemaat réalisa, notamment entre 1959 et 1986, plusieurs portraits de personnalités tels que Guy Mollet, Paul Delouvrier, le pasteur Boegner, le grand rabbin Kaplan, etc. (source : département des Estampes et de la Photographie). On joint 7 photographies en double et une en triple. Ensemble bien conservé. Description des albums : 1) Photographies n° 1 à 22 + 2 non numérotées (Abidjan - accès nord du pont, construction du pont), soit 24 photos. (Les n° 21 et 22 sont en double). 2) Photographies n° 23 à 45 et 44 bis, soit 24 photos. 3) Photographies n° 46 à 53, 56 à 66, 65 bis + 1 non numérotée (navire marchand à quai), soit 21 photos. 4) Photographies n° 67 à 90, soit 24 photos. (Les n° 67, 69, 87 sont en double; le n° 69 est en triple). 5) Photographies n° 91 à 114, soit 24 photos. 6) Photographies n° 115 à 128 + 2 non numérotées (vue aérienne de bâtiments d'exploitation et cérémonie avec des militaires français), soit 16 photos. (Les n° 127 et 128 sont en double).

BRISSOT de WARVILLE (Jacques-Pierre).

Réplique à la première et dernière lettre de Louis-Marthe Gouy, défenseur de la traite des Noirs et de l'esclavage.

Paris, Belin, Desenne, Bailly, et au bureau du Patriote François, 1791. In-8 de (1) f., 54 pp.;

Louis-Marthe de Gouy d'Arsy épousa une riche créole de Saint-Domingue et, bien que n'y ayant jamais résidé, il réussit à se faire nommer député de cette île. Durant son mandat, il s'évertua à prendre la défense des intérêts économiques des colons blancs. Fondateur de la Société des amis des Noirs, Brissot milita pour l'abolition de la traite et ne manquait pas une occasion de polémiquer avec ses adversaires. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 8099. — Monglond, II, 144. — Ryckebusch, 1080. — Sabin, 8039.

BUIES (Arthur).

La province de Québec.

1900. In-16 de xiv-352 pp.; demi-chagrin rouge, dos à nerfs, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'une grande carte dépliante en couleurs, de quelques illustrations dans le texte et de 11 illustrations photographiques à pleine page. Écrit par un journaliste et chroniqueur québéquois de talent, ce petit ouvrage de présentation de la province de Québec fut propablement rédigé à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris. L'auteur y traite de l'histoire de la province, puis de la géographie, des ressources naturelles (forêts, pêche, agriculture, mines), de l'industrie, du commerce, et du système politique et administratif. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de François-Gilbert Miville Dechêne, ministre de l'agriculture du Québec, daté du 14 juillet 1900 à Paris, soit pendant l'exposition universelle.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Le détroit de Panama. Documents relatifs à la solution parfaite du problème de Panama (détroit libre, large et profond). Ces documents renferment des détails sur la solution très imparfaite adoptée par les États-Unis (canal à écluses) et sur les mauvais résultats des trois premières années de travaux du gouvernement américain.

Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. In-8 de (2) ff., 305-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerfs, couvertures conservées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de nombreux schémas et illustrations dans le texte dont 9 planches d'après des photographies, et d'une grande planche dépliante. L'auteur fut l'un des acteurs majeurs de la construction du canal de Panama: ingénieur puis entrepreneur avant la faillite de la première compagnie de Panama, actionnaire de la seconde qu'il réussit à faire racheter par les États-Unis, et enfin négociateur du traité entre le Panama nouvellement indépendant et les États-Unis pour la construction du canal. Au moment où il publia cet ouvrage, il rentra en France et critiqua la manière dont les Américains menaient les travaux. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture à Gaston Mestaye, qui fut ingénieur sur le canal de Panama. Dos passé.

BUNAU-VARILLA (Philippe).

Panama. La création, la destruction, la résurrection.

Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1913. In-8 de (3) ff., ij-774-(1) pp.; demi-chagrin marron, dos à nerf, première couverture conservée (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré de 16 planches d'après des photographies (dont une avec serpente légendée), et de 3 planches dépliantes. Ingénieur français, Philippe Buneau-Varilla fut engagé en 1884 pour participer à la construction du Canal de Panama. De retour en France, il créa sa compagnie qui obtint un contrat avec la société de Panama pour la construction d'une section du canal, la plus difficile, celle de Culebra (ou coupe Gaillard). En 1889, la Compagnie de Panama fit faillite et la construction fut arrêtée, mais lui avait fait fortune. Accusé d'avoir obtenu des prix trop élévés pour ses services, il fut contraint de prendre des parts dans la Compagnie Nouvelle du Canal de Panama fondée en 1894, et qui reprenait les droits de l'ancienne compagnie. Il se rendit alors aux États-Unis pour convaincre le gouvernement de racheter le projet, ce qui fut fait en 1902. Mais la Colombie (à qui appartenait le Panama) ayant refusée d'entériner le traité, Philippe Buneau-Varilla et les États-Unis soutinrent une sécession qui aboutit à l'indépendance de Panama. Puis il fut nommé ministre plénipotentiaire du Panama chargé de négocier un traité avec les États-Unis, le traité Hay-Bunau-Varilla, qui fut signé en novembre 1903, et qui accordait une concession perpétuelle aux États-Unis autour du canal, lequel fut achevé en 1914. Bon exemplaire. Dos passé.

CAMBODGE — BONNIGAL (Paul).

Vue d'un temple à Phnom Penh.

Vers 1915. Aquarelle originale sur papier (65 x 51 cm).

Magnifique vue d'un temple situé à Phnom Penh. Elle est attribuée à Paul Bonnigal qui était médecin de 2e classe en poste au Cambodge en 1915-1918. Devenue capitale du royaume du Cambodge à l'époque de l'Indochine française, Phnom Penh était surnommée "la Perle de l'Asie" dans les années 1920. Très belle et spectaculaire aquarelle.

CANCLAUX (Jean-Baptiste Camille de).

Pièce signée, en partie imprimée, signée également par le major du régiment, le capitaine commandant le détachement et le commissaire des guerres.

Auray, 1792. 1 p. in-4 oblong (22,4 x 29,3 cm), en-tête imprimé "Régiment du Port-au-Prince" corrigé à l'encre "Cap", vignette et encadrement gravés, sceau de la municipalité d'Auray et apostille des officiers municipaux, traces de plis.

Congé de rétablissement d'un fusilier du régiment du Cap. "Nous soussignés, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, avoir donné Congé de rétablissement au nommé Pierre Ménager, dit Ménager fusilier, de la Compagnie de Lamaronière au Régt du Cap en garnison à Auray, âgé de vingt-huit ans […] pour aller à Rémalard en Perche…". Maréchal de camp, le général Canclaux venait de remporter, le 8 juillet précédent, une importante victoire contre les Vendéens près de Quimper. Peu après, il reçut la mission de veiller à l'embarquement à Brest des troupes pour Saint-Domingue. Nommé lieutenant général en septembre, il défendra victorieusement Nantes contre 80000 Vendéens en 1793. On joint : [REGIMENT DU CAP]. Certificat de service, signé par les administrateurs du régiment. Landerneau, 20 frimaire an 3 [10 décembre 1794], 1 p. in-8 oblong, sceau du 106e régiment d'infanterie, traces de plis. "Nous membres du Conseil d'administration du ci-devant Régiment du Cap actuellement 2e bataillon du 106e régiment, certifions à qui il appartient, que le citoyen Pierre Ménager […] âgé de 30 ans […] a servi en qualité de fusilier dans la compagnie ci-devant La Marronnière au dit Régiment du Cap depuis le 12 juin 1786 jusqu'au 26 juillet 1792; qu'il s'y est comporté toujours en brave militaire. [Il] a fait la campagne contre les Nègres révoltés de l'Amérique en 1791". Le certificat fait ici allusion au soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, qui eut lieu en août 1791, à la suite de l'opposition des colons aux décrets de l'Assemblée nationale sur l'égalité des droits. Intéressant ensemble.

CASTONNET DES FOSSES (Henri).

Une lettre inédite de La Boullaye Le Gouz.

Angers, imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1886. In-8 de 16 pp.; broché, couverture rose imprimée.

Tiré à part d'un article publié en 1882 dans les Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Il s'agit de la retranscription d'une lettre, datée de 1666 et envoyée à Colbert par François de La Boullaye-Le Gouz, membre d'une ambassade envoyée à Ispahan pour y négocier un traité de commerce pour l'établissement de la Compagnie des Indes en Perse. Bon exemplaire conservé dans sa brochure d'origine. Envoi autographe signé de l'auteur sur la couverture, dont le nom du dédicataire a été enlevé. Petit manque à la couverture. Bords de la couverture passés.

CAYLUS (Marquis de).

Sommaire des maximes et des vuës du Marquis de Caylus, dans l'administration des isles françoises du Vent de l'Amérique et des lettres qu'il a écrit en conséquence.

1749. Manuscrit in-folio de 69 pp., broché, non rogné.

Copie d'un rapport destiné au ministre de la Marine, Antoine-Louis Rouillé, comte de Jouy, qui venait de remplacer le comte de Maurepas. Dans ce mémoire, le gouverneur des îles du Vent, le marquis de Caylus, passe en revue tous les sujets qui relèvent de sa compétence : rétablissement de l'autorité royale, défense des îles contre les anglais, les milices, l'artillerie et les armes, ou encore les officiers majors et les fortifications. Il évoque aussi les domaines, qui habituellement, sont du ressort de l'intendant : justice, police, finance et commerce. A plusieurs reprises, il est question des esclaves, très nombreux dans les îles. Mouillure claire marginale. Fiche plus détaillée sur demande.

CHACATON (Henri de) — DAMOUR (Henri de).

Orient. Cinq paysages à l'eau-forte par Ch. Damour.

Paris, Ch. Furne, 1850. In-folio en feuilles, couverture de papier beige illustrée.

Suite complète de 5 gravures à l'eau-forte en premier tirage, avec les noms du peintre et du graveur. Charles Damour (1813-1901), fut élève d'Ingres à l'école des Beaux-Arts, puis il voyagea en Italie. à son retour en France, il se spécialisa dans la gravure à l'eau-forte dont il améliora le procédé dit au verni mou. Il grava plusieurs suites de gravures d'après l'œuvre du peintre orientaliste Henri de Chacaton, dont la nôtre représente: - Deux personnages puisant de l'eau dans une mare. - Une femme se baignant sous des palmiers - Un dormeur dans un hamac sous des palmiers. - Un chasseur avec un arc dans un paysage oriental. - Un homme à dos d'âne avec son chameau au pied des murailles d'une ville. Gravure à l'état de neuf, chemise écornée avec le dos en partie fendu. Beraldi, Les graveurs du XIX° siècle, V, 84. - Invetaire du fond français, V, 357-9.

CHAMBRY (G.).

Notes de voyage aux Indes, en chine et au Japon, par un officier en congé.

Paris, Georges Chamerot, 1887. In-8 de viij-318 pp.; demi-percaline bordeaux à la bradel, pièce de titre, non rogné (reliure de l'époque).

Première édition, peu commune, illustrée d'une carte gravée indiquant l'itinéraire de l'auteur. Journal d'un voyage d'agrément fait durant l'année 1882. Parti de Paris le 22 décembre 1881, l'auteur débarqua à Bombay le mois suivant. Il parcourut le nord de l'Inde (Calcutta, Bénarès, Lucknow, Delhi, Jaipur, Agra, le Cachemire, Shimla), la Birmanie, Pondichéry, Ceylan, la Cochinchine (Saïgon) et la Chine depuis Hong-Kong jusqu'à Pékin. Il visita également le Japon et les temples de Nikko avant de retourner en France en avril 1883. Bon exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au prince de Sagan (Hélie de Talleyrand-Périgord 1859-1937). Dos passé, coiffes frottées.

CHAMPOLLION (Jean-François, dit le jeune).

Lettres à M. le duc de Blacas d'Aulps […– relatives au Musée Royal égyptien de Turin.

Paris, Firmin Didot père et fils, 1824-1826. 2 parties reliées en un volume in-8 de (2) ff., 109 pp. — (2) ff., 167 pp.; basane flammée, dos lisse orné, coupes et chasses ornées à froid, tranches dorées (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 17 planches gravées dont 14 dépliantes et 1 coloriée. Réunion de deux lettres écrites au duc de Blacas d'Aulps, premier gentilhomme de la chambre de Charles X et collectionneur d'antiquités. Champollion y décrit les pièces égyptiennes du musée de Turin formé à partir de la collection de Bernardino Drovetti (un diplomate et aventurier qui fut consul de France à Alexandrie), que le roi Charles-Félix de Savoie venait d'acquérir. Bon exemplaire. Quelques piqûres, pages 69/70 et 167 de la seconde partie roussies. Gay, 141. — Hage Chahine, 880. — Ibrahim-Hilmy, I, 127

CHAPPE d'AUTEROCHE (Jean).

Voyage en Sibérie.

Amsterdam, Marc Michel Rey, 1769-1770. 2 volumes petit in-8 de (1) f., xvj-viij-316 pp. — (1) f., pages 317 à 683-(1); basane mouchetée, dos à nerfs orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Deuxième édition, abrégée et illustrée de 7 planches gravées dont 2 dépliantes, et de 5 tableaux dépliants. Élu membre à l'Académie des Sciences en 1759, Jean Chappe d'Auteroche fut désigné pour aller observer en Sibérie le passage de Vénus devant le soleil. Il partit de Paris en novembre de l'année suivante et effectua le trajet entre Saint-Pétersbourg et Tobolsk en traîneau. Le récit de son voyage contient des renseignements scientifiques et de nombreux détails sur les mœurs et le gouvernement de Russie, ainsi qu'une description du Kamtchatka. Bel exemplaire.

CHARLEVOIX (Pierre-François-Xavier de).

Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence du Christianisme dans l'empire du Japon. Où l'on voit les différenres révolutions qui ont agité cette monarchie pendant plus d'un siècle.

Rouen, Jacques Joseph Le Boullenger, 1715. 3 volumes petit in-12 de (22) ff., 337-(25) pp. — (1) f., 398-(34) pp. — (1) f., 460-(22) pp.; basane racinée, dos lisses ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du début du XIXe siècle).

Première édition, rare. Premier ouvrage du père Charlevoix dans lequel il retrace l'histoire du christiannisme au Japon. Il s'inspira de l'ouvrage du père Jean Crasset, Histoire de l'église au Japon, publié en 1689, qu'il abrégea, compléta de notes sur les us et coutumes, les costumes des habitants, la situation politique du Japon, sa topographie et son histoire naturelle, jusqu'en 1715. Cet ouvrage est différent de l'Histoire et description générale du Japon, qu'il publia en 1737. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit des Frères des écoles Chrétienne de Reims, et cachet de congrégation sur les titres. Brunet, II, 1806. — Cordier, BJ, 421. — Sommervogel, II, 1075.

CHASSERIAU (Frédéric).

M. le vice-amiral Lalande [titre au dos de la reliure].

1844. Manuscrit autographe, avec ratures et corrections. Petit in-folio (32,3 x 21 cm) de (6) ff.; demi-percaline rose, plats de papier marbré, titre doré au dos (reliure fin XIXe ou début XXe, signée Franz).

Minute autographe, de la main de Chassériau, du discours prononcé par le baron de Mackau, ministre de la Marine et des Colonies, aux obsèques du vice-amiral Lalande, décédé le 19 mai 1844. Il retrace les principales étapes de la carrière du marin. Né au Mans en 1787, Julien Pierre Lalande entra dans la Marine en 1803 : "[Il] se distingua dans le combat acharné à la suite duquel les frégates l'Italienne, la Calypso & la Cybèle, capitaines Jurien, Jacob & Cocault, attaqués le 24 février 1809 dans la rade des Sables-d'Olonne, se firent abandonner par une division anglaise de 3 vaisseaux, 2 frégates & 1 corvette aux ordres du vice-amiral Stopford…" (f. 3). Il est ensuite question de sa campagne aux Antilles en 1814, puis de son activité de 1822 à 1843, lorsqu'il commanda des divisions navales ou des escadres. Elu député, Lalande continua à s'intéresser aux intérêts de la Marine et resta fidèle au Roi. Frère du peintre Théodore Chassériau, Frédéric Victor Charles Chassériau (1807-1881) était à l'époque chef de cabinet du ministre de la Marine et des Colonies. Partisan de l'émancipation des esclaves, il écrivit un Précis de l'abolition de l'esclavage dans les colonies anglaises (1840-1841), ainsi que plusieurs ouvrages sur l'histoire et l'organisation de la Marine. Il est aussi l'auteur de nombreux articles biographiques sur des marins célèbres. Ses travaux lui valurent le titre d'historiographe de la Marine. Le manuscrit fut relié par Franz Ostermann, relieur d'origine alsacienne établi à Paris après 1870. Connu sous le nom de Franz, il exerça de 1872 jusqu'à son décès en 1938, ayant eu Edmond About et Francisque Sarcey parmi ses clients (Fléty, Dictionnaire des relieurs, p. 138). Qq. légères rousseurs. Provenance : Baron Arthur Chassériau (1850-1934), dont le père était le cousin germain de Frédéric Chassériau, avec son ex-libris armorié (Jougla de Morenas, Grand armorial de France, t. II, p. 404, n° 8668).

CHASTELLUX (François-Jean de Beauvoir, marquis de).

Voyage en Amérique.

Paris, et se trouve à Bruxelles, B. Le Francq, 1786. In-8 de 136 pp. ; cartonnage de papier marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Le texte de cette édition est repris de la première, non autorisée, composée d’après le journal manuscrit de Chastellux. Une édition « officielle » parut cette même année 1786 à Paris chez Prault. Chastellux participa à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique comme major général dans le corps expéditionnaire de Rochambeau. C'est lors de cette expédition qu'il rédigea le journal de deux voyages qu'il entreprit ; le premier qui le mena de Newport à Philadelphie, puis à Albany, et Saratoga; et le second en Virginie et en Pennsylvanie. Son récit contient de nombreux détails sur l'histoire naturelle, les différents lieux témoins des évènements de la guerre, des observations sur les mœurs des habitants et sur le caractère des personnages ayant joué un rôle dans l'histoire récente du pays, dont Washington avec qui il s'était lié. Bon exemplaire. Sabin, 12228. — Leclerc, I, 326.

CHAUMONT (Alexandre, marquis de).

Relation de l'ambassade à la cour du roy de Siam. Avec ce qui s'est passé de plus remarquable durant son voyage.

Paris, Arnoult Seneuze et Daniel Horthemels, 1686. In-12 de (1) f., 110-117-(2)-28 pp.; veau brun, dos à nerfs orné (reliure de l'époque).

Deuxième édition, publiée la même année que la première, et comprenant en fin de volume les 28 pages de la liste des présents. Elle est illustrée de 9 planches gravées dont 3 dépliantes (indigènes, éléphants, bateaux). En 1685, Louis XIV envoya une ambassade au Siam placée sous la direction du chevalier de Chaumont, avec l'abbé de Choisy comme historiographe, et accompagnée de six Jésuites placés sous la direction du père Tachard. Elle était chargée de recueillir sur le pays toutes les observations utiles au commerce, à la politique, aux sciences et à la religion. Ils arrivèrent en septembre 1685 et le roi de Siam les reçut avec les plus grands honneurs. Un traité de commerce franco-siamois fut signé le 10 décembre, et le chevalier de Chaumont revint en France avec de nombreux cadeaux et une ambassade siamoise qui fit sensation à Versailles. Bon exemplaire. Petite mouillure marginale aux premières pages. Boucher de La Richarderie, V, 99 (édition de 1687). — Chadenat, 2826 (qui n'a que 8 planches). — Cioranescu, XVIIe s., 18992. — Cordier, BI, 935.

CHAVANNES de LA GIRAUDIÈRE (Hippolyte).

Les petits voyageurs en Californie.

Tours, Mame et Cie, 1853. In-12 de (2) ff., 188 pp.; percaline bleue, dos lisse orné, décors polychromes au dos et sur les plats, tranches dorées (reliure de l'éditeur).

Première édition, illustrée de 8 planches lithographiées et coloriées. Cet ouvrage était destiné aux enfants, et publié au moment de la ruée vers l'or en Californie, et raconte l'histoire d'un père et ses deux garçons partis en Californie où il firent fortune grace à l'orpaillage. L'ouvrage fut réédité en 1857 et 1858 sous le titre de Voyage en Californie. Bel exemplaire parfaitement conservé dans sa reliure d'éditeur. Quelques piqûres. Sabin, 12350 (éditions de 1857).

CHOPARD (Jean-Paul, pseud. du capitaine (Guillaume-Joseph Gardarein-Freytet).

Quelques personnages officiels à Tahiti

Brest, imprimerie de J. B. Lefournier, 1871. In-8 de vj-85 pp.; broché, couverture beige imprimée.

Première édition. À travers le portrait de plusieurs personnalités de Tahiti, et en citant de nombreux documents officiels, l'auteur prend la défense du père Honoré Laval, missionnaire aux îles Gambier, accusé de pratiquer le commerce et de gouverner en sous main. Bon exemplaire. Dos cassé et couverture écornée, avec de petits manques. O'Reilly, Tahiti, 7283.

CLAUZEL (Bertrand).

Explications.

Paris, Ambroise Dupont, 1837. In-8 de 189 pp., (1) f. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées (reliure moderne).

Première édition, illustrée de 3 cartes lithographiées dépliantes de la région de Constantine. Le général Bertrand Clauzel fut nommé commandant en chef de l'armée d'Afrique après la révolution de Juillet. Il continua la conquête de l'Algérie, occupa Blida et Médéa mais ne put garder la province de Constantine, ce qui lui valut d''être remplacé en mars 1831. Renvoyé en Algérie en 1832, il fut nommé gouverneur général en 1835 et commanda la première expédition de Constantine, en novembre 1836, dont on lui attribua l'échec, et dont la conséquence fut sa destitution. Dans cet ouvrage, il présente sa défense et dénonce le manque de moyens et l'absence de renfort qui le forcèrent d'abandonner ce siège. Bon exemplaire. Non cité par Gay.

CLOUE (Georges-Charles).

Renseignements hydrographiques sur la mer d'Azof. Complétés à l'aide de quelques notes dues à plusieurs officiers de marine et à MM. Ploix et Manen.

Paris Firmin Didot 1856. In-8 de (2) ff., 76-(1) pp. ; demi-chagrin rouge à coins, dos lisse orné (reliure de l'époque).

Seule édition de ce ouvrage. Elle est illustrée de nombreux profils de côtes dans le texte et de 8 cartes dépliantes. En 1854-1855, au terme des campagnes de la Baltique et de Crimée, auxquelles il participa, Cloué fut promu capitaine de frégate.Ses relevés hydrographiques permirent la prise du fort de Kimburn. Bel exemplaire. Envoi autographe signé de l'auteur au conseiller d'état directeur du personnel de la marine (envoi en partie biffé). Polak, 1796.

COCHEREL (Nicolas-Robert de).

Dernière réponse de M. de Cocherel, député de S. Domingue, à messieurs les députés du commerce.

Versailles, Baudouin, 1789. In-8 de 16 pp.; cartonnage marbré de papier vert à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge avec le titre en long, non rogné (reliure moderne).

Député de Saint-Domingue, l'auteur prit le parti du marquis Du Chilleau, gouverneur des colonies françaises aux Antilles, qui avait autorisé l'importation de farines américaines directement dans les colonies. Cette mesure fut combattue par les représentants des ports de commerce en France qui contestaient la validité des arguments en faveur de cette décision. Bon exemplaire. Max Bissainthe, 5148. — Inconnu de Monglond. — Sabin, 14050.

CONSIDÉRANT (Victor).

Au Texas.

Paris, Librairie Phalanstérienne, 1854. In-8 de (2) ff., 194, 4 pp. ; cartonnage rouge, dos lisse (reliure de l'époque).

Édition originale très rare ; elle ne fut adressée qu'à des amis de l'auteur. L'illustration se compose d'une carte gravée du Texas d'après Colton et d'une carte des États-Unis. Adepte du socialisme utopique de Fourier, Considérant partit en 1852 pour l'Amérique du Nord où il voulait fonder des phalanstères, habitation de la commune sociétaire régie par le système de Fourier. Après avoir visité les villes de New York, Boston, Buffalo, il remonta la rivière Rouge au Texas et traversa les prairies osages, peuplées d'Indiens. Duran deux mois, Considérant explora le Texas de la rivière Rouge à la rivière Brazos et de la Trinité à Austin City. Il visita aussi la baie de Galveston, la Nouvelle-Orléans et revint en France en Août 1853. Bon exemplaire dans sa première reliure. Rousseurs éparses, coins usés. Jenkins, Basic Texas Books, 33. — Numa Broc, Amérique, 88. — Sabin, 15925.

COOK (James) — RICKMAN (John).

Troisième Voyage de Cook, ou Journal d'une expédition faite dans la mer pacifique du sud et du nord, en 1776, 1777, 1778, 1779 et 1780.

Versailles, chez Poinçot, et à Paris, chez Belin, 1783. In-8 de lxiv-454 pp. ; veau havane raciné, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).

Ouvrage illustré d'un frontispice gravé représentant la mort du capitaine Cook et d'une carte gravée dépliante. Parti le 12 juillet 1776 de Plymouth avec la Résolution, Cook fut rejoint au Cap par le navire la Découverte. Son voyage l'emmena en divers endroits du Pacifique : Nouvelle-Zélande, Tahiti, l'archipel des Iles Hawaï, l'Alaska, et le détroit de Bering. Bloqué par la banquise, il retourna aux îles Sandwich où il fut attaqué et massacré par des indigènes. Le récit de ce voyage est l'œuvre de John Rickman, lieutenant à bord de la Découverte, et fut publié avant la relation officielle. Bel exemplaire. Petite tache marginale aux derniers feuillets, manque le faux-titre. O'Reilly, Tahiti, 421.

COOPER (Thomas).

Renseignements sur l'Amérique.

Paris, Maradan, an III-1795. In-8 de xx-292 pp.; demi-veau brun, dos lisse orné de filets, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Première édition française, traduite de l'anglais, et illustrée d'une carte gravée dépliante. Cooper s'était rendu en Amérique en 1793 pour y étudier les possibilités d'y émigrer avec sa famille. Durant son séjour à Philadelphie, le congrès étant assemblé, il en profita pour "acquérir des renseignements satisfaisants sur toutes les parties du continent" qu'il n'a pas eu l'occasion de visiter. Il décida de rentrer en Angleterre y chercher sa famille, et publia un ouvrage contenant les renseignements qu'il avait collecté. Dans son ouvrage, il indique les "prix des terres, des denrées et des travaux, de la construction politique, des loix, du climat etc.", il donne sur chaque Etat tous les renseignements utiles à un futur, et termine son ouvrage par le texte de la constitution des États-Unis. Bel exemplaire provenant de la bibliothèque du château de Dampierre avec son ex-libris armorié. Leclerc, I, 392. — Sabin, 16616.

CORANCEZ (Louis-Alexandre-Olivier de).

Histoire des Wahabis, depuis leur origine jusqu'à la fin de 1809.

Paris, Crapart, 1810. In-8 de (2) ff., viij-222 pp.; demi-basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées jaunes (reliure de l'époque).

Première édition de cet ouvrage peu commun. Après avoir participé à l'Expédition d'Égypte, Corancez fut nommé, en 1802, consul général à Alep, et ensuite à Bagdad. Sa conduite dans ses nouvelles fonctions lui valut le respect et la confiance de la population. De 1808 à 1812, il fit un voyage d'Alep à Constantinople, puis il voyagea en Asie mineure, à Chypre et en Syrie. C'est à Alep, où il résida sept années, qu'il réunit les renseignements sur les Wahhabis, qui, depuis 1744, avaient conquis une partie de la péninsule arabique et formé le premier état saoudien. En 1810, date de la publication de l'ouvrage, les Wahhabis étaient en pleine expansion, mais, à partir de 1811, une contre-offensive ottomane conduisit à leur défaite. Bon exemplaire. Habiles restaurations, mouillure claire marginale aux premier et dernier feuillets. Atabey, 282. — Hage Chahine, 1091. — Wilson, 48.

COURANT (sergent-major).

Lettre autographe signée à la citoyenne Courant la jeune, demeurant rue de Paris à Moulins, département de l'Allier

Lorient, 6 floréal an 12 [26 avril 1804]. 3 pp. in-4 (24,4 x 19,4 cm), adresse et marques postales.

Intéressante lettre sur le transport des troupes de Brest à Rochefort, puis de Nantes à Boulogne, malgré le blocus anglais. Elle est illustrée d'un dessin aquarellé représentant la frégate l'Infatigable, sur laquelle le militaire avait pris place au cours de la première traversée vers Rochefort. Courant était sergent-major de la 22e compagnie du 37e régiment d'infanterie de ligne basé à Brest. Il donne ici des nouvelles à sa femme : "Je te dirai, ma bonne amie, qu'il y a 6 compagnies de notre régiment qui ont embarqué le 15 nivôse [6 janvier 1804], du nombre desquels j'ai fait partie; sur différens batimens de guerre que nous avons conduit à Rochefort sans dangers, quoique ayant passé au milieu d'une flotte anglaise, qui, au moyen du brouillard, ne nous a pas aperçus; arrivés à Rochefort, où nous sommes restés jusqu'au 10 pluviôse [31 janvier], époque où nous en sommes partis, nous n'avons pas mis un seul instant le pied à terre, nous avons toujours restés dans nos batimens, car il nous était bien défendu d'en sortir, attendu que les Anglais nous tenaient bloqués". Il ajoute : "Cependant il est survenu un vent si violent que MM. les Anglais se sont retirés, et alors nous avons entrés en rade; où étant, nous avons débarqué pour nous rendre à Nantes; aussitôt notre arrivée dans cette ville, il s'est trouvé une division de bateaux plats que nous avons été obligés de conduire à Boulogne avec le 40e régiment; et certes cela n'a pas été sans peine, car à la hauteur de Brest, une division anglaise nous a poursuivis et ayant livré le combat nous avons été forcés d'entrer dans la baie d'Audierne, où nous avons restés pendant huit jours avec beaucoup de peine, attendu que ces bateaux sont si petits qu'on est obligé de rester toujours assis dans la calle; nous avons eu le malheur d'en perdre deux qui ont coulé à fond avec tout l'équipage et un qui a été pris par l'ennemi…". Le convoi arrive à Boulogne le 30 ventôse [21 mars 1804] : "Il n'existe rien de plus beau au monde que la réunion des batimens devant Boulogne, on présume que c'est de là que doit partir l'expédition…". Puis Courant reçoit l'ordre de rejoindre son régiment à Lorient, d'où il écrit la présente lettre. Exécuté par l'un de ses amis, le dessin aquarellé représente l'Infatigable, une frégate de 32 canons qui avait effectué, en 1802, un transport de troupes de Cherbourg au Cap Français (Saint-Domingue), puis une mission à La Havane (Cuba) avant de rejoindre Brest. En 1806, elle sera prise par les Anglais en sortant de Rochefort et deviendra le HMS Immortality; non réarmée dans la Royal Navy, la frégate sera démolie en 1811. Cf. Roche (Jean-Michel), Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, I, p. 256. Petits manques de papier, légères rousseurs.

DELALANDE — SAINT-DOMINGUE.

Plan des terreins nommés vulgairement les Bas de la Ravine autrement les Bas de la Pointe de Leogane à Mr le Marquis de Beauharnois conforme à l'original relatif au procès verbal d'arpentage de nous arpenteur du Roy. Plan manuscrit à l'aquarelle, encre noire et lavis, signé dans l'angle inférieur droit.

1730. 1 p. in-folio (env. 48 x 35,5 cm); traces de plis, petits trous, rousseurs et mouillures marginales.

Plan topographique aquarellé d'une habitation de Saint-Domingue, située dans la partie sud de la colonie, près de Léogane. Ce plan, exécuté à l'échelle de 1000 pas, 3 pieds et 7 pouces, représente la propriété, limitée au sud-ouest par la rivière de la Pointe et l'habitation des héritiers Harang, au sud-est par le chemin de la Petite Rivière, au nord-est par l'habitation des héritiers Petit et au nord-ouest par la mer des Caraïbes. Les différentes parcelles sont indiquées par des lettres majuscules et les contours de l'habitation ont été délicatement bordés de rose. Le propriétaire de cette habitation était Charles, marquis de Beauharnais. Né à Orléans en 1671, il fut garde de la marine à Rochefort en 1691, lieutenant de vaisseau à Toulon en 1696, capitaine de frégate à Dunkerque en 1707, capitaine de vaisseau à Rochefort en 1721, puis gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France et province de Louisiane de 1726 à 1747. Nommé à Brest en 1748, il mourut à Paris l'année suivante (source : Bernadette et Philippe Rossignol, Origine des habitations Beauharnais de Saint-Domingue, sur le site www.ghcaraibe.org). Précieux document.

DELATTRE (François-Pascal).

Rapport fait au nom des comités réunis de Constitution, de la Marine, d'Agriculture et de Commerce, & des Colonies, à la séance du 7 mai 1791; sur les colonies.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 11 pp.; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux au dos avec le titre en long (reliure moderne).

Proposition de décret rédigé par le comité colonial, auquel se sont joint les comités mentionnés dans le titre, qui prévoit "qu"aucune loi sur l'état des personnes ne pourra être faite par le corps législatif, pour les colonies, que sur la demande précise & formelle des assemblées coloniales". Bon exemplaire. Ryckebusch, 2430.

DESEINE (François-Jacques).

Rome moderne, première ville de l'Europe, avec toutes ses magnificences et ses délices.

Leyde, Pierre Vander Aa, 1713. 6 volumes in-12 à pagination continue de 14) ff., 298 pp. — (2) ff., pp. 299 à 549 — (2) ff., pp. 551 à 806 — (2) ff., pp. 807 à 1098, 1098-1 à 1098-48 — (2) ff., 1099 à 1426 — (2) ff., 1427 à 1738, (20) pp. ; veau fauve, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, pièces de possession de maroquin noir, chiffre BB sur les entrenerfs, filets encadrant les plats, coupes ornées, tranches mouchetées (reliure de l'époque).

Deuxième édition, considérablement augmentée, et la première avec des illustrations. Elle comprend un frontispice sur double page, un feuillet de dédicace sur double page, une carte d'Italie dépliante, un grand plan de Rome dépliant, 28 planches dont 25 dépliantes, et 75 planches sur 71 feuillets compris dans la pagination (soit 4 planches recto/verso). Bel exemplaire dans une élégante reliure au chiffre et frappée de la marque de la Bibliothèque Bignon. L'abbé Jean-Paul Bignon (1662-1743) fut bibliothécaire et intendant du cabinet des médailles du Roi. O.H.R., 870.

DESNOS (Louis-Charles).

Etrennes utiles et nécessaires aux commerçans et voyageurs ou Indicateur fidèle enseignant toutes les routes royales et particulières de la France, et les chemins de communication qui traversent les grandes routes : les villes, bourgs, villages, hameaux, châteaux, abbayes, hôtelleries, rivières, bois et les limites de chaque province, distinguées.

Paris, chez le S. Desnos, 1773. In-16 de 176 pp. (dont 20 de texte) ; maroquin rouge, dos lisse orné, triple filet doré encadrant les plats avec fleurons aux angles, dentelle intérieure, filet doré sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).

L'illustration se compose d'un frontispice et d'un titre gravés, de 3 cartes gravées à double page, et de 156 cartes détaillées des routes de France gravées recto verso. Les cartes à double page sont : Carte générale des routes de France, Environs de Paris et une carte ajoutée non numérotée portant le titre Environs de Dijon. Précieux ouvrage de cartographie routière "Rendu si complet, tant pour le détail topographique, que pour l'exécution, que les amateurs y trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer". ìditeur parisien de la seconde moitié du dix-huitième siècle, Louis-Charles Desnos était "libraire et ingénieur géographe pour les globes et les sphères de Sa Majesté Danoise". Comme éditeur, il publia entre 1764 et 1786 une série d'atlas thématiques, et travailla notamment avec Brion de la Tour. Bel exemplaire. Ex-libris manuscrit sur la page de titre de Le Baillif. Grand-Carteret, Les Almanachs Français, 581 (édition de 1777) ; Shirley, Maps in the Atlases of the British Library, I, T.DESN-5a.

DILLON (Arthur).

Motifs de la motion faite à l'Assemblée Nationale, le 4 mars 1791.

Paris, Imprimerie Nationale, 1791. In-8 de 3 pp.; cartonnage de papier marbré vert à la bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux avec le titre en long (reliure moderne).

Député des colons de la Martinique, l'auteur se défend d'avoir voulu stigmatiser la Société des Amis des Noirs dans une motion faite le même jour à l'Assemblée. Il dit respecter et estimer la plupart de ses membres, tout en déplorant leurs idées sur les colonies, qu'il attribue à leur ignorance des lieux. Bon exemplaire. Inconnu de Monglond et de Sabin.

DILLON (Arthur).

Pièces justificatives sur l'affaire de la Martinique, qui constatent la conduite patriotique de M. de Damas, gouverneur-général de cette colonie.

1790. In-4 de 18 pp. ; cartonnage de papier marbré à la bradel, pièce de titre de maroquin rouge (reliure moderne).

Réunion, par Arthur Dillon, député de la Martinique à l'Assemblée Nationale, de documents et courriers écrit à l'occasion des évènements de Saint-Pierre, en juin 1790, où "trois officiers brevetés & un nombre considérable de Gens de Couleurs libres ont été massacrés, pendus ou mis à mort de différentes manières par le peuple de Saint-Pierre". Bon exemplaire. Sabin, 18361.

DU HALDE (Jean-Baptiste).

Description géographique, historique, chronologique, politique et physique de l'empire de la Chine et de la Tartarie chinoise.

Paris, P. G. Le Mercier, 1735. 4 volumes in-folio de (2) ff., viij-lij-iij-592 pp. — (2) ff., iv-725-(1) pp. — (2) ff., iv-564-(3) pp. — (2) ff., ij-520 pp. ; veau brun, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, filets encadrant les plats, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition. Elle est illustré de 15 planches gravées dont 8 doubles et 2 dépliantes (cortège d'un vice roi, cortège de noces, obsèques, plantes, navires et pêches, monnaies et sceaux, costumes, traitement de la soie, portraits, musique, bâtiments), de 7 plans de villes, et de 43 cartes gravées dont 21 dépliantes et 21 à double page (Tartarie, Chine et ses provinces, Corée, Sibérie, Tibet). Véritable encyclopédie de la Chine, l'ouvrage contient une description géographique des quinze provinces, une histoire abrégée, une description des institutions du pays, de son industrie, de sa littérature, des religions et des sciences. Il fut rédigé par le père Jean-Baptiste Du Halde à partir des nombreuses lettres envoyées par les missionnaires jésuites en Chine et de traductions de textes chinois sur des sujets très divers. On y trouve également un abrégé de la relation des explorations de Béring avec la première description de l'Alaska. L'ouvrage connut un grand succès dès sa publication; les philosophes des Lumières y trouvant de quoi nourrir leurs réflexions et polémiques sur les religions, les civilisations et les mœurs, tandis que les manufacturiers s'intéressaient au secret de la fabrication de la porcelaine ou à l'élevage des vers à soie. La réputation de l'ouvrage tient également aux cartes qui l'illustrent : la première carte de Corée par le père Jean-Baptiste Régis et les cartes des provinces de Chine, de Tartarie et du Tibet par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville. Bel exemplaire. Habiles restaurations. Brunet, II, 870. — Chadenat, 57. — Cordier, BS, 48. — Lada-Mocarski, 2. — Lust, Western Books of China, 12. — Sommervogel, IV, 35.

DUBUISSON (Pierre-Ulrich).

Nouvelles considérations sur Saint-Domingue.

Paris, Cellot & Jombert, 1780. 2 tomes en un volume in-8 de (2) ff., 178-(2) pp., (2) ff., 164 pp. ; veau havane marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, coupes filetées, tranches rouges (reliure de l'époque).

Première édition, illustrée de 2 tableaux dépliants (Etat des revenus et impôts ; Etat des productions, octroi et consommations des colonies). Ouvrage publié en réponse à celui d'Hilliard d'Auberteuil, Considérations sur l'état présent de la colonie française de Saint-Domingue, publié en 1776, et qui dénonçait les abus des colons et de l'administration. Bel exemplaire. Quelques piqûres en fin de volume. Max Bissainthe, 5548. — Sabin, 21038.

DUPANLOUP (Félix).

Lettre de monseigneur l'évêque d'Orléans au clergé de son diocèse sur l'esclavage.

Orléans, Georges Jacob, 1862. In-8 paginé de 387 à 399; broché, couverture beige imprimée.

Alors que les États-Unis se déchiraient en une guerre de sécession sur la question de l'esclavage, Mgr Dupanloup demanda à son clergé de dire une prière pour les esclaves "Priez, Messieurs, priez beaucoup, afin qu'une solution pacifique de ce lamentable problème de l'esclavage se prépare" (page 396). Joint: une lettre autographe signée dans laquelle l'auteur offre son opuscule et invite son correspondant à assiter à une représentation de la tragédie Les Perses d'Eschyle, donnée à Orléans par les élèves du petit séminaire, la veille de la fête de Jeanne d'Arc. Bon exemplaire. Manque à Ryckebusch.

DUPIN (baron Charles).

Mémoire adressé par le conseil des délégués des colonies à messieurs les membres du Conseil des ministres.

Paris, Firmin Didot frères, 1842. In-8 de 14 pp. ; cartonnage marbré, titre au dos (reliure moderne).

Mémoire rédigé par Charles Dupin au nom du Conseil des délégués des colonies composé de Charles Dupin et Jollivet pour la Martinique, le comte de Chazelles et Desmirail pour la Guadeloupe, le vice-amiral Baudin et Dejean de la Bâtie pour la Réunion, et Favard pour la Guyane. Il y dénonce la loi de 1840 sur le prix du sucre en métropole qui, écrit-il, conduit les colonies à la ruine. Bon exemplaire. Ryckebusch, 2874.